Vie de la Soeur Bourgeoys. (Table) COMPLET.

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Message  Louis Jeu 31 Jan 2013, 12:15 pm

VI. Dans cet état de peines,
la sœur Bourgeoys
vit retirée à l'écart. Ses occupations.

Lorsque la sœur Bourgeoys tomba dans les peines dont elle décrit ici le sujet, elle était l'une des conseillères qu'on avait données à la sœur Barbier, alors supérieure (1). Comme elle avait déjà atteint sa 75e année, et que dans cet état d'épreuves tout ce qu'elle voyait dans la maison, qui n'était pas conforme à cette grande austérité de vie, augmentait ses peines, on jugea convenable qu'elle gardât l'infirmerie, où la sœur Crolo était alors obligée de rester.

« Pendant près de quatre ans, dit-elle, j'ai demeuré à l'infirmerie, m'occupant à quelque peu de couture. J'y couchais et j'y mangeais pour tenir compagnie à ma sœur Crolo, qui ne pouvait descendre au réfectoire ; et c'était fort rarement que j'allais à l'église, car la sainte messe se disait alors dans la maison. Je ne sortais pas, ni ne parlais à aucune de mes sœurs; tout cela, comme on me disait, à cause de mon grand âge. Pendant ce temps, je parlai d'aller en France, ce qui ne réussit pas; mais j'avais toujours dans la pensée que DIEU demandait de cette communauté plus de perfection que je n'y en voyais. Quand, par quelque rencontre, je faisais là-dessus quelque réflexion, on me disait de ne pas m'en mettre en peine et que je ne répondrais de rien à ce sujet (2). »

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(l) Lettre commune des sœurs à M. Tronson, de l'année 1695.
(2) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : VII. Ces peines de la sœur Bourgeoys sont très-utiles aux sœurs de la Congrégation.

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Message  Louis Ven 01 Fév 2013, 6:22 am

VII. Ces peines de la sœur Bourgeoys
sont très-utiles aux sœurs de la Congrégation.

On ne saurait méconnaître la sagesse de la conduite divine sur la Congrégation, dans les peines mêmes dont elle voulut que la sœur Bourgeoys fût éprouvée, sur la fin de sa longue carrière. Le dépouillement extérieur dans lequel elle avait formé ses premières compagnes, surpassait les forces communes, et ne pouvait, par conséquent, persévérer à ce degré parmi les sœurs. DIEU voulut donc leur mettre sous les yeux cette persévérance ferme et constante de la fondatrice dans la voie étroite, et cet état de peines continuelles causées par les justes tempéraments que le soin de leur santé demandait, afin de leur apprendre à ne s'accorder que ceux qui leur seraient absolument indispensables, sans préjudice toutefois du dépouillement intérieur nécessaire à tous les chrétiens.

« Mon expérience m'apprend, écrivait la sœur Bourgeoys, qu'on prend avec facilité les aises du corps ; la nature se les accorde quelquefois avec quelques petits scrupules, qui se passent en un moment, spécialement quand nous sommes invitées à nous donner les commodités par condescendance à autrui, ou par quelques paroles qui nous flattent et qu'on nous dit pour nous y engager. Mais après avoir été quelque temps dans cette vie molle et relâchée, lorsqu'il s'agit de retourner à la petite vie, à la vie étroite, il faut de grands efforts. Alors notre ennemi ne manque point à venir au secours de notre pauvre nature, qui ne dit jamais : c'est assez; et ensuite la nature en vient elle-même à des recherches souvent nuisibles, trouvant aisément nécessaire ce qui la flatte et lui plaît (1).»

Il convenait que la sœur Bourgeoys, suscitée pour donner naissance à la Congrégation, pût servir à jamais de modèle de ferveur à toutes ses filles. Aussi la sagesse de DIEU voulut qu'en acceptant avec une entière soumission d'esprit et de cœur toutes les mitigations raisonnables, que la nécessité avait obligé d'apporter à la règle primitive, et que M. de Saint-Vallier avait autorisées par ses nouveaux règlements, cette digne fondatrice ne laissât pas de persévérer jusqu'à la fin de ses jours dans son premier genre de vie. Rien n'eût été en effet plus pernicieux à la Congrégation, qu'une conduite différente de la part de la sœur Bourgeoys. Elle eût introduit comme infailliblement le relâchement dans l'institut, en faisant considérer comme la mesure exacte de la perfection des sœurs, ce qui n'était qu'une pure condescendance à la faiblesse humaine.

Enfin les peines si vives qu'elle endura dans l'état d'épreuves dont nous parlons, étaient sans doute ordonnées de DIEU, pour qu'elle obtînt, par ses mérites et par sa ferveur, à toutes les sœurs de la Congrégation , la grâce de garder inviolablement le dépouillement intérieur, et de ne jamais excéder dans les petits adoucissements, que leur faiblesse et l'assujettissement à leurs pénibles emplois, rendent nécessaires.

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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : VII Les peines de la sœur Bourgeoys l'obligent…

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Message  Louis Ven 01 Fév 2013, 12:06 pm

VIII. Les peines de la sœur Bourgeoys
l'obligent à mettre par écrit
ses vues sur la perfection de son institut.

Un autre effet que DIEU voulait en retirer, tant pour l'édification de l'Église que pour le bien de la Congrégation, ce fut d'obliger la sœur Bourgeoys, par ces épreuves, à mettre par écrit toutes les circonstances admirables de sa vocation en Canada, et les lumières qu'elle avait reçues de lui sur l'excellence, la perfection et l'esprit de son institut.

« Depuis longtemps, écrit-elle, il me semblait que NOTRE-SEIGNEUR demandait quelque chose de cette communauté; mais la nuit du 3 au 4 juillet 1697, je me suis sentie pressée par une très-forte pensée qui me vint à l'esprit, et il me semblait qu'on me faisait connaître qu'il fallait que je fusse le Jonas de la Congrégation, pour avertir cette maison de ses manquements, au risque d'être jetée dans la mer. Me sentant donc extraordinairement pressée, je m'offris de tout mon cœur pour faire la volonté de DIEU, et j'en fus louée.

Je me contentai alors de me proposer de demander avis sur ce que je devais faire ; mais la nuit du 5 au 6 octobre, cette pensée me revint aussi violemment que la première fois. Alors je me déterminai à faire ce que je pourrais pour correspondre fidèlement par la suite. Je m'en ouvris à M. Caille, notre supérieur, et à M. de Valens, et ils me dirent de parler de ces choses à notre supérieure. Je lui fis un billet de ce que je voyais pour lors.

Enfin, quelques jours après, j'ai été fort pressée par la crainte d'être infidèle, et je me suis résolue, de l'avis de ces Messieurs, de marquer par écrit ce qui me semble nécessaire. Je me suis donc servie de ma plume, dans l'espérance qu'en faisant mon possible, la miséricorde de DIEU me délivrera du châtiment que mon peu de fidélité méritait, après avoir tant de fois réitéré la promesse d'embrasser la volonté de DIEU, au moindre signe que j'en pourrais connaître (1).

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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : IX. Les peines de la sœur Bourgeoys l'obligent...


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Message  Louis Sam 02 Fév 2013, 6:22 am

IX. Les peines de la sœur Bourgeoys
l'obligent à mettre par écrit
les circonstances les plus merveilleuses de sa vie.

Après ce préambule, la sœur Bourgeoys commence par raconter en détail les grâces dont DIEU l'avait prévenue dès son enfance, pour l'appeler à la perfection ; toutes les circonstances de sa vocation pour le Canada ; la manière dont elle connut M. de Maisonneuve ; son premier voyage à Paris et de là à Montréal; le commencement de ses écoles ; son second voyage en France, et la bénédiction que DIEU répandit sur toutes les démarches qu'elle fit pour s'associer ses premières compagnes; la manière dont elle vivait à Villemarie ; son troisième voyage en France : en un mot, elle raconte presque tout ce que nous avons rapporté d'elle dans cet ouvrage, lorsque nous avons cité ses propres écrits.

Ainsi, un fruit précieux de ses rudes épreuves fut de nous procurer, sans qu'elle y songeât, sa vie écrite par elle-même à l'âge de 78 ans ; vie dont nous aurions ignoré les merveilles, si DIEU n'eût mis son cœur comme sous le pressoir, par les peines dont nous parlons. Car ce furent ces peines qui, malgré sa grande répugnance à parler d'elle-même, la firent se résoudre enfin à être, comme elle le dit, le Jonas de la Congrégation, en révélant tout ce que DIEU avait fait jusque alors en sa faveur pour la rendre un instrument digne d'exécuter ses desseins, et l'élever à une perfection éminente.

Lorsqu'elle était ainsi occupée à écrire, elle fit, en 1698, les exercices de la retraite spirituelle ; et ce qui montre de plus en plus la pureté des motifs qui la dirigeaient dans ce travail, elle se proposa pour l'une des fins de cette retraite, de tâcher de découvrir, dit-elle, s'il n'y a point d'autre intention qui me fait parler, que la pure gloire de DIEU. Je prie sa bonté de me le faire connaître par qui il lui plaira, de la manière et dans le temps qu'il ordonnera, à quoi je me soumets de tout mon cœur (1). »

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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : X. Les peines de la sœur Bourgeoys l'obligent à décrire les qualités...


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Message  ROBERT. Sam 02 Fév 2013, 2:13 pm

Louis a écrit:
IX. Les peines de la sœur Bourgeoys
l'obligent à mettre par écrit
les circonstances les plus merveilleuses de sa vie.

...le Jonas de la Congrégation..
___________________________________

(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : X. Les peines de la sœur Bourgeoys l'obligent à décrire les qualités...


Preuve de plus, s'il en est besoin, que les figures de l'Ancien Testament,

trouvent toujours leur alter ego,, si l'on peut s'exprimer ainsi, dans le Nouveau...

.
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Message  Louis Sam 02 Fév 2013, 3:52 pm

X. Les peines de la sœur Bourgeoys
l'obligent à décrire les qualités
de l'amour que les sœurs
de la Congrégation doivent avoir pour DIEU.

Dans ses écrits, après avoir raconté les circonstances de sa vocation, comme autant de marques de la perfection à laquelle DIEU appelait ses filles, elle expose ses vues sur la nature et l'étendue de cette perfection, et leur laisse ainsi les plus pures lumières qu'elle avait reçues de DIEU, tant pour leur sanctification personnelle, que pour celle des âmes au salut desquelles elles sont appelées à travailler. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des vertus qu'elle leur recommande, ni exposer ses avis et ses admirables conseils. Mais ce ne sera pas nous éloigner de notre but, que de rapporter quelques-unes de ses pensées sur les deux grands objets auxquels elle revient sans cesse, DIEU et le prochain.

« Je vois, dit-elle, que, si on veut conserver et augmenter les grâces de DIEU sur cette communauté, et attirer ses bénédictions sur l'éducation des enfants, qui, sans cela, demeurerait stérile, il faut se résoudre à détruire tout ce qui est contraire aux lois et aux commandements de l'amour de DIEU et du prochain. Nous sommes obligés d'aimer DIEU pardessus toutes choses et plus que nous-mêmes, et le prochain pour l'amour de DIEU. Je trouve qu'il y a plusieurs sortes d'amour parmi le monde : l'amour des étrangers, l'amour des passants, l'amour des pauvres, l'amour des associés, celui des amis, celui des parents, et enfin l'amour pur. On est touché de compassion pour des étrangers, quand on apprend que leur pays est opprimé ou saccagé. On aime les passants, parce qu'ils apportent quelque gain; les pauvres, à qui on donne le superflu ; les associés, car leur perte est dommageable ; les amis, parce que leur conversation plaît et est agréable; les parents, parce qu'on en reçoit du bien, ou que l'on craint d'être châtié par eux. Mais il n'y a que l'amour pur qui pénètre le cœur de DIEU et à qui rien n'est refusé. Cet amour se trouve rarement; et c'est le véritable amour : car aucune chose ne le touche, ni le bien, ni le mal. Il ne connaît point ses intérêts, ni même ses besoins ; la maladie ou la santé lui sont indifférentes ; la prospérité ou l'adversité, la consolation ou la sécheresse, tout lui est égal, et il donne sa vie avec plaisir pour les choses aimées. Je regarde les personnes détachées de tout et seulement attachées à DIEU, comme ce petit poisson appelé remora qui arrête, dit-on, les grands navires; c'est-à-dire tout ce qui peut nuire à l'avancement d'une communauté.

« Oh ! qu'une communauté est obligée à DIEU, s'il lui fait la grâce de posséder ce petit rémora, qui obtient de lui tout ce qu'il demande pour sa gloire et pour le bien du prochain ! Les personnes de communauté ont tous les moyens de parvenir à cet amour : l'observance des règles, l'accomplissement des vœux, les maximes de l'Évangile, les grâces de DIEU qui y sont très-abondantes. Pour arriver à cet amour d'union, il faut que nous purgions nos âmes par une parfaite contrition, et nos corps par la pénitence. La lampe de l'Église fait bien comprendre cette union. L'huile étant bien clarifiée, et le coton bien préparé, le feu tire l'huile jusqu'à la dernière goutte. Notre âme est représentée par l'huile, notre corps par le coton, duquel il reste ensuite un peu de cendre, marque de la résurrection qui doit arriver à la fin du monde, et le SAINT-ESPRIT est figuré par le feu. Si l'huile est sale, elle ne peut éclairer; si la mèche n'était pas propre, le feu n'aurait pas moyen de tirer cette huile : de même le feu du SAINT-ESPRIT, ne trouvant pas nos âmes bien préparées, ni nos corps purifiés, ne trouve point lieu de les embraser de son divin amour, et ne fait pas cet amour d'union avec DIEU dont je parle (1).»

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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : XI. Qualités de l'amour que les sœurs de la Congrégation doivent avoir pour le prochain.

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Message  Louis Dim 03 Fév 2013, 6:51 am

XI. Qualités de l'amour que les sœurs
de la Congrégation doivent avoir pour le prochain.

« Il faut abolir encore tout ce qui est contraire à l'amour du prochain, comme sont toutes les paroles de médisance, de raillerie ; s'abstenir de contrefaire les personnes, même en récréation, ou de rechercher leurs actions, à moins d'une nécessité, ce qu'il faut faire avec prudence. Mais DIEU ne se contente point que l'on conserve l'amour que l'on doit au prochain ; il veut que l'on conserve le prochain dans l'amour qu'il nous doit. Il faut donc donner le manteau à qui veut avoir la robe, plutôt que de plaider. Il est très-visible que tous les accidents qui arrivent à la Congrégation, sont causés par des manquements à ce précepte, et que les grâces sont pour l'ordinaire la récompense de la fidélité à le soutenir. J'ai toujours remarqué qu'en cédant quelque chose pour obéir à DIEU , et ne pas altérer le prochain, on a gagné davantage; et qu'au contraire il est toujours arrivé quelque accident après les procès. La Pointe-Saint-Charles a brûlé après le procès pour un cheval et autres disputes. La grange de Verdun a été brûlée, et le blé gâté au retour de Québec, après le procès avec le fermier. Dans les difficultés qui arrivent, il se trouve assez de personnes charitables pour les accorder sans aller en justice (1). »
_______________________________

(1) Ibid.

A suivre : XII. La sœur Bourgeoys trace le portrait d'une personne de communauté qui n'a que l'apparence du vrai amour de DIEU.

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Message  Louis Dim 03 Fév 2013, 12:47 pm

XII. La sœur Bourgeoys trace le portrait
d'une personne de communauté
qui n'a que l'apparence du vrai amour de DIEU.

Parmi les instructions que la sœur Bourgeoys nous a laissées, elle trace le portrait d'une personne de communauté qui n'a que l'apparence de cet amour parfait de DIEU et du prochain qu'elle voulait voir régner dans les cœurs de toutes ses filles ; et nous le rapporterons ici comme un abrégé remarquable de tout ce qu'elle a écrit sur les écueils que les personnes de communauté ont à éviter pour ne pas tomber dans la lâcheté et la tiédeur.

« Tandis qu'une âme qui aime vraiment DIEU, obéit à tout ce qui est commandé, et obéit de jugement et d'esprit, s'étudiant à ne jamais raisonner sur les commandements, tandis qu'elle fait ses mortifications et ses autres bonnes œuvres en secret et à la vue de DIEU seul, et qu'elle ne manque pas de refuser à la nature ce qui ne lui est point nécessaire, l'âme qui n'est à DIEU qu'avec réserve, n'aspire pas plus haut qu'à éviter le péché. Les scrupules ne la piquent point ; elle obéit à la cloche et à la supérieure ; mais elle est bien aise de n'entendre ni l'une ni l'autre. Si elle n'obéit pas, elle croit qu'elle n'y est pas obligée, et qu'en toutes choses il faut examiner si le commandement est bien à propos. Elle se mortifie quand cela parait, et qu'on le sait; mais elle cherche ses aises en tout. Elle aime la propreté à l'excès, et ne croit jamais avoir d'amour-propre en cela. Enfin, elle trouve des nécessités pour avoir tout ce qu'elle veut. Par exemple, qu'on se porte mieux quand on est bien nourri ; qu'on prie DIEU plus attentivement quand on est à son aise ; que de souffrir le mépris fait souvent beaucoup de tort, et donne trop de liberté de faire bien des péchés. Elle ne croit jamais avoir failli, s'excuse en toute rencontre, et sait trouver des raisons aux dépens souvent de la vérité. Si elle a quelque office à remplir, elle ne manque à aucune des circonstances extérieures; mais la perfection n'est pas de son goût; la coutume est sa règle ordinaire. Elle aime à être regardée et considérée quand elle a réussi en quelque chose, et y prend bonne part. Elle embrasse toutes les difficultés et les surmonte par humeur. Elle hasarde sa santé, sa vie même, pour s'accommoder à son amour-propre et le satisfaire ; mais pour le service de DIEU et le soulagement du prochain, elle craint le froid, la boue, et toutes les petites difficultés qui se présentent. Elle se dit la servante des plus méprisées, et elle répugne de rendre à la maison quelque service humiliant.

« Elle va avec toutes sortes de compagnies sans scrupule, dans l'espérance qu'elle aura assez de prudence pour ne pas offenser DIEU. Elle ne se lasse point des entretiens, des récréations avec les personnes du siècle. Elle n'a jamais rien à donner aux pauvres, ni pour faire plaisir à personne, sinon à ses amies. Elle pardonne en apparence, mais réserve son ressentiment, qui paraît en beaucoup d'occasions. Elle se met de toutes les dévotions, elle a toutes sortes de livres, elle veut des chapelets, des médailles, des croix et d'autres objets de piété ; mais elle ne veut pas être critiquée. Elle craint plus le mépris que l'offense de DIEU dans ses fautes. Si elle parle du prochain, c'est d'un ton de compassion ; elle rapporte aux autres ce qu'on en a dit, et le condamne pour ses fautes. Elle veut que tout le monde soit saint et fasse son devoir, sans se mettre en peine d'être du nombre. Elle prétend redresser tout le monde et n'être redressée par personne, et croit que nulle n'est suffisante pour lui apprendre son devoir. Elle se mêle de tout, elle veut savoir tout ce qui se passe. Enfin elle remplit son esprit de tant de choses, qu'elle ne se donne pas le temps de penser sérieusement à la grande affaire du salut, à la vraie et solide vertu (1). »


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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : XIII. Portrait de l'âme animée du vrai amour de DIEU.

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Message  Louis Lun 04 Fév 2013, 6:15 am

XIII. Portrait de l'âme animée du vrai amour de DIEU.

« La sagesse divine, qui est le chemin de la perfection, veut qu'on quitte tout, qu'on se détache de tout, même de sa propre volonté; qu'on travaille à mortifier ses sens, ses yeux, son humeur, ses passions. Elle veut qu'on souffre le mépris, même la haine, la pauvreté, les incommodités et tout ce qui déplaît à la nature, spécialement dans le boire, le manger, le vêtir, le dormir, le parler; enfin, qu'on se retire de tous les entretiens et des familiarités, même permis à la prudence humaine. Cette divine sagesse veut aussi qu'on se contente de livres utiles pour la perfection, et qu'on en savoure le sens. Qu'on estime toutes les dévotions ; mais qu'on s'attache à la principale, qui est d'aimer DIEU de tout son cœur et le prochain comme soi-même. Qu'on trouve moyen de rendre service au prochain dans les occasions qui peuvent se présenter, et qu'alors on le serve pour l'amour de DIEU. Qu'on prie pour le prochain comme pour soi- même. Qu'on ne se mêle point des affaires des autres, si cela ne nous regarde point ; et qu'on excuse les intentions, quand les fautes ne peuvent l'être. Qu'on ne fasse jamais de rapports; mais qu'on avertisse la supérieure quand cela est nécessaire. Elle veut encore, cette sagesse divine, qu'on considère la vie de la sainte Vierge et ses actions, quand elle était au monde, afin de l'imiter autant que possible. Qu'on se conserve partout en la présence de DIEU , et qu'on se souvienne sans cesse de ses enseignements. Qu'on soit soumis d'avance aux châtiments, à la mort, pour les souffrir quand DIEU l'ordonnera. Qu'on souffre les maux sans se plaindre; qu'on suive les avis de ceux qui nous conduisent, et qu'on soit exacte au règlement jusqu'à laisser le point sans tirer l'aiguille (1). »
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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : XIV. Devoirs de la supérieure de la Congrégation.

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Message  Louis Lun 04 Fév 2013, 2:19 pm

XIV.Devoirs de la supérieure de la Congrégation.

A ces avis si remplis de l'esprit de DIEU, et si propres à maintenir la ferveur dans une communauté, nous ajouterons quelques vues de la sœur Bourgeoys sur les devoirs de la supérieure, chargée par état de procurer l'avancement de toutes ses sœurs.

« La supérieure doit instruire les sujets par ses exemples et par des entretiens généraux et particuliers, mais surtout par ses prières continuelles auprès de DIEU. Quoiqu'elle doive avoir la vue sur toute la maison, et qu'elle puisse mettre la main à tout, elle ne doit s'appliquer à aucun emploi, pour vaquer exclusivement à tout l'intérieur. Car sa grande obligation est de former les sujets à marcher dans les voies de la perfection. Qu'elle leur fasse comprendre l'importance de ne détourner jamais leur intérieur du dessein de plaire à DIEU. Qu'elle soit douce ; mais aussi qu'elle soit ferme pour user de correction et de pénitence quand il en sera besoin, sans que les reproches qu'on pourra lui faire sur sa fermeté, lui fassent rien céder à la tiédeur ou à la lâcheté dans le service de DIEU. Qu'elle se fasse rendre compte de leurs oraisons, de leurs lectures, de leurs communions, et les fortifie dans leurs saintes pratiques. De temps en temps, il faut que la supérieure s'informe s'il n'y a point de retranchements à faire relativement à la pauvreté, comme dans les ajustements, les chambres; à l'obéissance, à la garde du silence ; en un mot, qu'elle examine tout ce qui serait contraire à l'avancement spirituel, afin de le réformer par le supérieur ou par d'autres, quand elle ne le pourra pas faire elle-même. Si elle est bien unie avec ses officières et avec toutes les sœurs, DIEU fera par elle tout ce qu'elle voudra (1). »

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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : xv. Prières de la sœur Bourgeoys pour la Congrégation.

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Message  Louis Mar 05 Fév 2013, 6:48 am

XV.Prières de la sœur Bourgeoys pour la Congrégation.

Telle était l'étendue de la perfection que la sœur Bourgeoys désirait dans son institut. Les écrits qu'elle composait ainsi avant d'achever sa course, étaient comme le testament spirituel qu'elle se hâtait de laisser à ses filles, afin de leur léguer son esprit. Mais pour conserver parmi elles cet esprit primitif de zèle et de ferveur, que la bonté divine y avait répandu, elle adressait encore à DIEU et à Marie les prières les plus ardentes. Il faut l'entendre elle-même exprimer dans ses écrits les désirs de son cœur. Rappelant à la très-sainte Vierge les assurances qu'elle lui avait données de ne pas l'abandonner dans la formation de cette œuvre, elle lui dit:

« Ma bonne et très-honorée mère, je ne vous demande ni biens, ni richesses, ni plaisirs, ni honneurs pour la vie présente dans cette maison; mais que DIEU y soit aimé, obéi et servi, et qu'on y fasse sa sainte volonté, dans l'observance de ses saints commandements. Ne permettez pas que l'on y reçoive des filles d'un esprit superbe, orgueilleux et présomptueux ; des filles médisantes , railleuses, qui ont le monde dans le cœur, et qui font gloire de picoter et de médire du prochain ; ni de ces esprits mous et relâchés qui ne veulent point avancer dans le chemin de la perfection, non pas même étudier la pratique des maximes et des autres enseignements que notre bon maître, JESUS, nous a enseignés, qui ont été enregistrés dans les Evangiles, scellés de son sang et que vous avez si constamment pratiqués.

« Très-sainte Vierge, ô ma bonne mère, ne permettez pas que notre ennemi puisse dire qu'il a fait une brèche en votre petite compagnie. Souffrez que je vous fasse la prière que le prophète Moïse faisait à DIEU pour la conservation du peuple hébreu : Seigneur, ne le perdez point : car cela donnerait occasion de dire que vous l'avez amené en ce désert afin de le perdre (1). Ne pourrait-on pas dire (quoique sans raison) que vous avez manqué de me secourir ? Je confesse que je n'ai pas fait en toute ma vie, non-seulement dix actions, mais une seule avec toute la perfection que je devais. Mais si vous priez pour une de vos servantes et pour cette petite troupe à laquelle je suis liée pour votre service, je suis sûre que vous serez exaucée. Faites en faveur de vos petites filles ce que vous avez fait pour tant de misérables. Je demande pour elles que toutes soient du nombre des élus.

« 0 Père éternel et tout-puissant, prosternée aux pieds de votre divine majesté…

_______________________________________

(1) Deutéronome, ch. IX, v. 26.

A suivre…

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Message  Louis Mar 05 Fév 2013, 11:37 am

XV.Prières de la sœur Bourgeoys pour la Congrégation.

(suite)

« 0 Père éternel et tout-puissant, prosternée aux pieds de votre divine majesté, je confesse ma misère, qui me contraint d'avouer que je suis la plus abaissée de toutes les créatures. J'ose cependant m'adresser à vous, malgré ma confusion, fondant ma confiance sur les mérites et sur le sang précieux qui a été donné pour nous racheter, et étant prête, avec votre grâce, à perdre plutôt la vie que de manquer à soutenir la vérité de vos paroles (et des saints commandements que vous nous avez donnés pour notre perfection). Le souvenir des bienfaits que j'ai reçus et que je reçois continuellement de votre miséricorde, m'oblige à la reconnaissance jusqu'au dernier moment de ma vie. Si je suis assez heureuse que d'être dans la compagnie des bienheureux, je continuerai, si vous me le permettez, à vous prier pour cette petite communauté, non pour vous demander de la combler des biens, des honneurs ou des plaisirs de la vie présente ; mais pour que votre sainte volonté y soit faite, que l'on y suive le chemin que votre bonté nous a enseigné, et où la sainte Vierge a si fidèlement marché. Comme aussi pour vous demander que toutes les filles qui y sont et celles qui y seront ci-après, et ceux qui contribueront à les faire avancer dans le chemin de la perfection et dans l'état auquel vous nous avez appelées, soient du nombre des élus. Je crois que ma demande est juste; si je ne suis pas exaucée, c'est que je n'ai pas les qualités que je dois avoir. Mais je vous les demande par l'amour que vous avez porté aux hommes, en donnant votre Fils unique pour nous racheter, et par la grâce de votre SAINT-ESPRIT, que je vous demande avec humilité. 0 sainte Vierge, je joins mes faibles prières à l'amour avec lequel vous obtenez si parfaitement vos demandes. Mon saint Ange, joignez-vous à moi, afin que nous puissions un jour louer, tous ensemble , l'auteur de nos êtres, dans la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il (1). »
__________________________________________

(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : CHAPITRE V. MORT PRÉCIEUSE DE LA SOEUR BOURGEOYS. SES OBSÈQUES.


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Message  Louis Mer 06 Fév 2013, 6:25 am

CHAPITRE V.

PRÉCIEUSE DE LA SOEUR BOURGEOYS

SES OBSÈQUES.

I.La sœur Bourgeoys tombe malade
après s'être offerte à DIEU
à la place d'une sœur agonisante.

On comprend aisément avec quelle ardeur cette vénérable fondatrice, arrivée à la fin de sa longue carrière, soupirait après la bienheureuse éternité. À l'âge d'environ 79 ans, elle éprouva une grande maladie, qui d'abord lui donna l'espérance de jouir bientôt de la possession de son DIEU. Mais se voyant dénie de son attente, par l'effet des prières ferventes que ses filles avaient adressées au Ciel pour obtenir de la conserver encore quelque temps parmi elles, elle se plaignait agréablement, depuis son retour à la santé, de ce que, par leurs soins et leurs prières, elles avaient prolongé la durée de son exil (1).

Toutefois, DIEU ne tarda pas à exaucer les vœux de sa fidèle servante. La nuit qui précéda le 1er janvier 1700 , la sœur Catherine Charly, maîtresse des novices, malade à l'infirmerie, et qui déjà avait reçu les derniers sacrements, éprouva une violente crise, qu'on regarda comme l'annonce de sa mort prochaine. Effrayées du danger, les sœurs qui la veillaient coururent de toutes parts dans la communauté, pour annoncer aux autres cette triste nouvelle, et les inviter à assister aux prières qu'on allait faire pour la mourante.

Lorsque la sœur Bourgeoys apprit que la sœur Saint-Ange était à l'extrémité, elle poussa un grand soupir, qu'elle accompagna d'une courte mais fervente prière. Cette prière lui fut sans doute inspirée, non-seulement par le grand amour qu'elle avait pour DIEU et le désir ardent de jouir au plus tôt de sa présence, mais encore par son humilité profonde et par l'intérêt qu'elle prenait au bien de la Congrégation, pour laquelle elle aurait volontiers sacrifié mille fois sa vie : « Ah ! mon DIEU, s'écria-t-elle, que ne me prenez-vous, moi qui suis inutile à tout dans cette maison, plutôt que cette pauvre sœur, qui peut encore y rendre de grands services ! »

DIEU l'exauça à l'heure même. Car la malade commença à se trouver mieux dès ce moment, et fut bientôt tout à fait hors de danger ; tandis que, sur le soir du même jour, la sœur Bourgeoys, auparavant pleine de santé malgré son grand âge, se sentit atteinte d'une grosse fièvre, accompagnée de douleurs très-aiguës qui ne lui laissèrent presque aucun relâche, les douze jours qu'elle vécut encore (1)

_________________________________________________

(1) Vie de la sœur Bourgeoys , 1818, p. 167.
(1) Vie, etc. p. 166-167. Vie par M. Ransonet, p. 80.

A suivre : II. Maladie de la sœur Bourgeoys. Sa sainte mort.


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Message  Louis Mer 06 Fév 2013, 1:19 pm

II. Maladie de la sœur Bourgeoys. Sa sainte mort.

Au milieu de ces vives douleurs, qui arrachaient quelquefois à la nature accablée des cris involontaires, on ne l'entendit jamais ni murmurer ni se plaindre. Elle recevait sans réplique tout ce qu'il plaisait au médecin de lui ordonner, ou aux sœurs qui la servaient, de lui présenter pour son soulagement, malgré la répugnance qu'elle éprouvait pour ces sortes de remèdes, et l'expérience qu'elle avait qu'ils ne servaient qu'à la faire souffrir de plus en plus. C'était ce qu'elle désirait avec ardeur ; car, dans sa maladie même, elle cherchait à augmenter ses douleurs par des postures gênantes. L'infirmière ayant enfin remarqué cette industrie de sa mortification, elle en reprit la sainte malade, et alors la mortification céda à l'obéissance. Semblable au saint homme Job, elle bénissait continuellement le Seigneur.

C'était surtout dans ses plus vives douleurs, que les transports de son amour pour DIEU éclataient par des aspirations en forme de cantiques de louange. Elle en chantait souvent elle-même, et invitait les sœurs qui étaient auprès d'elle à chanter ceux qu'elle leur suggérait, comme les plus propres à entretenir dans son cœur le goût de la céleste patrie et les désirs les plus enflammés d'y arriver bientôt.

Son grand amour pour la Congrégation la porta, dans le peu de jours qu'elle vécut encore, à faire à ses sœurs une recommandation importante. Ce fut de profiter des ouvertures que la Providence pourrait leur offrir, pour reconstruire, sur un plan plus vaste, les salles destinées aux sœurs, aux pensionnaires et aux externes, dont le nombre s'était accru considérablement depuis la construction de la nouvelle maison, où les sœurs demeuraient alors.

Enfin, pendant les douze jours que dura sa maladie, elle ne cessa de faire admirer sa mortification, son obéissance, sa soumission aux ordres de DIEU , et le désir ardent qu'elle éprouvait d'aller se réunir à lui. Ce fut dans ces sentiments qu'elle reçut les derniers sacrements, et qu'enfin le douzième jour, étant tombée le matin dans une douce agonie qui dura trois heures, et ayant les mains modestement croisées sur sa poitrine, elle rendit paisiblement son âme à son Créateur, le 12 janvier 1700, la 47e année depuis son arrivée à Villemarie, et de son âge la 80e (1).

___________________________________

(1) Vie de la sœur Bourgeoys , 1818, p. 167-168 — Vie de la même par M. Ransonet, p. 80-81.

A suivre : III. Obsèques de la sœur Bourgeoys.


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Message  Louis Jeu 07 Fév 2013, 7:05 am

III.Obsèques de la sœur Bourgeoys.

Elle n'eut pas plutôt rendu le dernier soupir, que son visage, jusque alors extraordinairement altéré par l'excès des souffrances de cette dernière maladie, et par ses austérités habituelles, brilla tout à coup d'un éclat qu'on prit avec raison pour une marque de la gloire dont son âme jouissait déjà dans le ciel. Ce fut à cette occasion que la sœur Charly, alors parfaitement rétablie, prit, par vénération pour la sœur Bourgeoys, et par reconnaissance pour elle, le nom de sœur du Saint-Sacrement , que la défunte avait porté. Dès que le bruit de cette mort se répandit dans le public, on accourut de toutes parts à la Congrégation. Le corps avait été exposé dans l'église des sœurs ; on y vit un très-grand concours de personnes de toute condition de la ville et de la campagne. Chacun témoignait le plus vif empressement pour avoir des reliques d'une défunte si justement vénérée, ou quelque chose qui lui eût appartenu, ou au moins pour faire toucher à son corps des médailles, des chapelets , ou d'autres semblables objets de dévotion (1).

L'inhumation de ce saint corps donna lieu à une pieuse contestation entre la Congrégation et le séminaire. C'était à qui aurait le dépôt d'une si précieuse dépouille. Les sœurs désiraient avec raison que le corps de leur sainte fondatrice reposât au milieu d'elles dans leur église ; mais comme les sœurs de la Congrégation sont filles de paroisse, M. Dollier de Casson, qui, en sa qualité de grand-vicaire du diocèse, et de supérieur du séminaire, devait s'intéresser aussi à l'avantage et à la gloire de la paroisse de Villemarie, partagea le différend, en ordonnant que le corps serait enterré dans l'église paroissiale, et que le cœur serait placé dans l'église de la Congrégation.

En conséquence le lendemain, 13 janvier, les obsèques furent célébrées à la paroisse. Il y eut un concours dont on n'avait point vu jusque alors d'exemple à Villemarie, tant pour l'affluence des fidèles, que pour les sentiments d'estime et de vénération qu'ils témoignaient tous à l'égard de la défunte. M. le chevalier de Callière, gouverneur général du Canada, M. de Vaudreuil, gouverneur particulier de Villemarie, et toutes les autres personnes de mérite et de distinction, se firent un devoir d'honorer les obsèques de leur présence. Tout le clergé et les religieux de la ville et des environs se trouvèrent aussi réunis ce jour-là dans l'église paroissiale: jamais on n'y avait vu un si grand nombre de prêtres. M. Dollier de Casson, alors âgé de 80 ans, qui avait eu des rapports si intimes avec la sœur Bourgeoys, et l'avait toujours honorée comme l'un des plus rares présents que la bonté divine eût faits au Canada, prononça lui-même l'oraison funèbre de la défunte. Il s'étendit sur les vertus qu'elle avait fait paraître dans sa vie admirable, et exhorta les sœurs de la Congrégation à la faire revivre chacune en particulier dans sa propre personne, et toutes ensemble dans leur communauté (1).

Enfin M. René de Breslay, prêtre du séminaire, chargé alors des fonctions curiales…

_____________________________________________________

(1) Vie de la sœur etc., p. 169.
(1) Vie de la sœur etc., p. 170-171.
(1) Vie de la sœur Bourgeoys, par M. Ransonet , p. 83.

A suivre…


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Message  Louis Jeu 07 Fév 2013, 12:12 pm

III.Obsèques de la sœur Bourgeoys. (suite)

… Enfin M. René de Breslay, prêtre du séminaire, chargé alors des fonctions curiales (2), fit la cérémonie de l'inhumation du corps, qui fut déposé à l'entrée de la chapelle de l'enfant JESUS, dite communément de la sainte Vierge, où les sœurs avaient leur sépulture (3). La sœur Bourgeoys était née à Troyes, en 1620, sous l'épiscopat de M. René de Breslay, et la Providence voulut que M. René de Breslay, petit-neveu du précédent, lui rendît à Montréal les derniers devoirs de la sépulture chrétienne. Un ecclésiastique distingué du pays, écrivant ce jour-là même les circonstances de cette touchante cérémonie à l'un de ses amis, lui disait. : « Il n'y a jamais eu tant de prêtres ni tant de religieux dans l'église de Montréal, qu'il en est venu ce matin aux obsèques de la sœur Bourgeoys, le concours du peuple a été extraordinaire; et si les saints se canonisaient comme autrefois, on dirait demain la messe de sainte Marguerite du Canada (1). »

M. Dollier de Casson fit mettre sur le cercueil l'épitaphe suivante, gravée sur une table de cuivre :


« CY GIST vénérable sœur Marguerite Bourgeoys, institutrice, fondatrice et première supérieure des filles de la Congrégation de Notre-Dame, établies en l'île de Montréal, pour l'instruction des filles, tant dans la ville qu'à la campagne, décédée le douzième janvier 1700. Priez DIEU pour le repos de son âme (2). »
____________________________________________________

(2) Inscription conservée à la Congrégation.
_________________________________________________________________

(2) Lettre de M. Tronson à M. de Breslay, 1698, etc.
(3) Registres de la paroisse de Villemarie, janvier 1700.
(1) Vie de la sœur Bourgeoys, par M. Ransonet, p. 83.

A suivre : IV. Le cœur de la sœur Bourgeoys est placé dans l'église de la Congrégation.

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Message  Louis Ven 08 Fév 2013, 6:18 am

IV.Le cœur de la sœur Bourgeoys est placé dans l'église de la Congrégation.

Le cœur de la défunte, ayant été embaumé avec soin, fut renfermé dans une boîte de plomb en forme de cœur, et gardé un mois entier avant qu'on le mit dans une niche, creusée dans le mur de l'église de la Congrégation, destinée à le renfermer. Pendant tout ce temps, la même dévotion que le peuple avait à aller prier sur son tombeau, le porta aussi à vénérer son cœur et à y faire toucher toutes sortes d'objets de piété, comme aussi à se procurer des parcelles de linge imbibées de son sang. Enfin, le 11 février, qui était le trentième jour depuis celui du décès, on fit dans l'église de la Congrégation un service solennel, semblable à celui des obsèques, et qui fut célébré par M. de Belmont, grand-vicaire du diocèse, alors directeur du séminaire de Villemarie. Tout le clergé de la ville et des environs et les personnes les plus respectables assistèrent à ce second service. Le cœur était exposé dans la nef, sous un voile blanc. Après la messe et les prières ordinaires aux services des défunts, M. de Belmont prit dans ses mains la boîte qui renfermait le cœur, et, précédé du clergé, il la porta dans le lieu qui avait été disposé pour la recevoir. On ferma l'entrée de cette niche par une plaque de plomb, en attendant qu'on en mit une autre de cuivre, revêtue de l'inscription suivante :

Le cœur que couvre cette pierre.
Ennemi de la chair, détaché de la terre,
N'eut point d'autre trésor qu'un essaim précieux
De vierges que son zèle assembla dans ces lieux (1).
_____________________________________________________________________

(1) Vie de la sœur Bourgeoys , 1818, p. 172-173.

A suivre : V. Oraison funèbre de la sœur Bourgeoys par M. de Belmont.

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Message  Louis Ven 08 Fév 2013, 12:09 pm

V.Oraison funèbre de la sœur Bourgeoys par M. de Belmont.


(NOTE de LOUIS : A partir d’ici , les nos. V, VI et suivants, pour le texte de M. de Belmont, j’ai espacé les paragraphes pour plus de clarté (espérant le tout dans la même intelligence du texte !)

Dans cette cérémonie, M. de Belmont prononça une seconde oraison funèbre de la sœur Bourgeoys, qu'on conserve encore au séminaire de Saint-Sulpice à Paris, écrite en partie de la main de l'auteur. Rien n'est plus propre que ce discours, à montrer la haute vénération que la défunte avait inspirée par ses vertus éminentes; car M. de Belmont ne craint pas de la montrer à ses auditeurs comme triomphante déjà dans la gloire, et veillant du haut du ciel sur l'institut formé par ses soins.

Nous ne saurions mieux terminer cette Vie, qu'en rapportant ici cette oraison funèbre, comme une confirmation authentique de tout ce que nous avons raconté des œuvres et des vertus de cette fille incomparable. M. de Belmont s'adresse aux sœurs de la Congrégation, et leur parle en ces termes (1) :

« Soyez mes imitatrices, comme je l'ai été de Jésus-Christ (2).

« L'Église, en ordonnant des sacrifices pour les défunts, trente jours après leur mort, ne prétend point affliger de nouveau leurs proches par le souvenir de la perte qu'ils ont faite. Elle ne veut point rouvrir une plaie qui saigne encore, ni faire verser de nouvelles larmes ; au contraire, elle prétend les essuyer, par l'espérance que ceux qu'ils ont pleurés ne sont plus à plaindre. Elle veut que la nature fasse place à la grâce, et que tous ces tendres sentiments se terminent, enfin, à un souvenir paisible, plein d'estime et de reconnaissance, qui dispose les vivants à faire revivre en eux leurs ancêtres par l'imitation de leurs vertus, et à les rejoindre un jour au ciel, par la participation à la même récompense.

« Mes sœurs, vous avez rempli tous les devoirs de la piété et de la reconnaissance envers votre chère et illustre défunte, d'une manière digne d'elle et de vous, et si la tendresse pour une si bonne mère a arraché à vos yeux quelques larmes, l'exemple de saint Augustin, qui confesse avoir pleuré la sienne, vous excuse.»

__________________________________________

(1) Eloges de quelques personnes mortes en odeur de vertu, par M. de Belmont.
(2) Ire Épître aux Corinthiens, ch. XI, v. 1.

A suivre : VI. M. de Belmont montre la sœur Bourgeoys comme veillant du séjour de la gloire sur son institut.


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Message  Louis Sam 09 Fév 2013, 6:50 am

VI. M. de Belmont montre la sœur Bourgeoys
comme veillant du séjour de la gloire sur son institut.

« Mais vous voulez bien, mes sœurs, que je vous dise que c'en est assez pour vous, et trop pour elle, puisque les personnes du mérite de votre chère institutrice ne meurent qu'à demi, et vivent toujours par la meilleure partie d'elles-mêmes. Ainsi, c'est avoir assez donné au deuil, aux larmes et à la douleur. Votre mère n'est morte qu'à demi, car, si vous regrettez en elle l'interruption d'une vie si belle, vous pouvez la lui rendre en la faisant revivre dans votre communauté. Si vous vous plaignez que la mort ait ravi sa présence à vos yeux, il faut que l'amour, dont le propre est de faire ressembler à l'objet qu'on aime, exprime son image en vous, et la rende présente en vos personnes. Et certes, il semble que la divine Providence, voulant que son corps pur ait été rendu à la terre, et que son cœur seul soit demeuré parmi vous, vous montre que telle a été en effet son intention, et que son esprit doit vous tenir désormais la place de son corps.

« Oui, mes sœurs, n'en doutez pas, elle ne fut jamais plus efficacement parmi vous que maintenant; elle est en état d'être à présent plus véritablement votre supérieure et votre mère qu'elle ne le fut jamais, et cela autant par intérêt que par inclination. Par intérêt : puisque vous êtes destinées à augmenter sa gloire, et qu'ayant été la source de ses mérites, vous êtes son trésor. Aussi son cœur est-il parmi vous, selon la parole de NOTRE-SEIGNEUR : Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur (1). Par inclination: car la gloire dont elle jouit ne fait qu'augmenter l'amour maternel qu'elle vous portait. Étant en état de vous connaître plus clairement, de veiller sur vous plus soigneusement, de vous aider plus puissamment, elle porte sur vous ses yeux, ses affections, ses soins, et a pour vous une inclination infinie. Je me la figure telle que cet aigle dont parle l'Écriture, qui voltige au-dessus de son nid, étendant ses ailes, appelant ses petits et les excitant à voler (1), tout empressé de leur montrer les voies élevées du ciel.

« C'est ce que fera sans doute, désormais, ce cœur que vous allez placer dans le lieu de vos saints exercices. Il sera sur vos têtes pour présider à vos prières, et en être le supplément. Il sera devant vos yeux, pour servir d'exemple à votre dévotion. Heureuses si ce cœur, qui a été si fort selon le cœur de DIEU , devient le modèle du vôtre !

« Maintenant qu'il ne craint plus la vanité, il semble vous dire ces paroles de l'Apôtre, que son humilité ne lui aurait pas permis de vous adresser durant sa vie mortelle : Soyez mes imitatrices dans le soin que j'ai eu d'imiter JESUS-CHRIST (2). Oui, elle l'a imité; ce qui est commun à tous les élus, puisqu'il n'y pas d'élus que ceux qui seront trouvés conformes à cet aîné des prédestinés (3). Mais les âmes qu'il a choisies pour ses plus grandes-œuvres, sont celles qui ont avec lui le plus de traits de ressemblance, qui font plus d'honneur à ce divin original ; et cette grande servante de DIEU a sans doute été de ce nombre.

_________________________________________________________________

(1) Evangile selon saint Matthieu, ch. VI. v. 21.
(1) Deutéronome, ch.XXXII, v. 11.
(2) Ire Épître aux Corinthiens, ch.XI, v. 1.
(3) Épître aux Romains, ch.VIII, v. 29.

A suivre : VII. Union de la sœur Bourgeoys à JESUS-CHRIST. Son amour ardent pour la Croix.


Dernière édition par Louis le Sam 09 Fév 2013, 3:55 pm, édité 1 fois (Raison : orthographe et présentation.)

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Message  Louis Sam 09 Fév 2013, 12:18 pm

VII.Union de la sœur Bourgeoys à JESUS-CHRIST.
Son amour ardent pour la Croix.

« Le soin qu'elle a pris d'éviter l'éclat et de s'effacer aux yeux du monde, nous a dérobé la connaissance de ses grâces. C'est pourquoi je m'arrêterai plutôt à vous faire ressouvenir des exemples de vertu qu'elle vous a donnés et dont vous avez été les témoins, qu'à vous raconter le détail des actes héroïques qu'elle a pratiqués. Vous savez que, prenant un sommeil fort court, elle passait les nuits, aussi bien que les jours, en oraison presque continuelle, et que, dans le moment précieux de la sainte communion, comme elle recevait son époux, les yeux ordinairement baignés de larmes, dans une bouche parfumée d'amoureux soupirs, il semblait que son cœur venait, tout enflammé d'amour, à la rencontre de son bien-aimé. Voilà ce dont vous avez été témoins ; mais pour les faveurs intérieures, ces paroles, ces colloques du saint amour, qui sont au-dessus du langage des hommes, ce sont des mystères qui ne nous sont pas connus. Le principal fruit de cette union avec JESUS-CHRIST, c'est qu'elle l'a imité dans son amour pour la Croix, dans son zèle pour les âmes, dans son courage : trois vertus qui sont particulièrement le caractère de cette grande servante de DIEU.

« Dans son amour de la Croix, je renferme, sous un seul mot, son amour de la pauvreté, de la souffrance et de l'humiliation, qui sont en effet les trois parties de la Croix ; car si l'humilité en fait le pied, la pauvreté et la souffrance en font les deux bras. Vous n'avez qu'à rappeler dans votre esprit les sentiments amoureux qu'elle avait de la pauvreté ; sa fidélité à se refuser les choses les plus nécessaires, et à se contenter des plus viles ; son abstinence prodigieuse, qui l'obligeait à ne se nourrir que du reste des autres. Tout le monde sait son désintéressement et son détachement universel. Mais quel exemple n'en a-t-elle point donné dans l'embrasement de sa maison ? DIEU , qui voulait épurer cette âme précieuse, la traite comme il traita autrefois le saint homme Job : il lui ôte sa maison, ses provisions, et, ce qui est plus sensible, deux excellentes colonnes de sa communauté; et on l'a vue offrir à DIEU en holocauste ces deux victimes, dont l'une était sa nièce, et le louer avec une héroïque résignation.

La souffrance est la sœur de la pauvreté et sa compagne inséparable. Quels travaux ne lui a-t-il pas fallu supporter dans le commencement et dans la suite de cette vie pauvre et dénuée ! Les peines et les travaux de l'esprit ont succédé à ceux du corps, et comme elle les a endurés avec une douceur, une égalité et une patience parfaite, ils ont véritablement contribué à la rendre vile à ses propres yeux, mais très-grande à ceux de DIEU et des Anges. L'obéissance qu'elle a rendue, non-seulement à ses supérieurs, mais même à ses propres filles, est une leçon d'humilité pratique plus persuasive que n'auraient pu l'être tous ses discours. Voilà une partie de ce qu'a produit son amour pour la Croix.

Mes sœurs, vous avez eu part à sa pauvreté et à ses souffrances, vous suivrez aussi les vestiges de son humilité. Etant à votre tête, elle vous a mis la Croix entre les mains, ou plutôt elle vous a mis entre les bras de la Croix , pour y vivre et y mourir. Suivez ses exemples, montez sur la Croix, selon le conseil de saint François de Sales, sans espoir d'en descendre jamais. Mettez votre tête dans les épines des difficultés de la vie régulière ; exposez votre cœur à la lance de la contradiction; laissez clouer vos mains aux clous de l'obéissance, comme l'a fait votre digne mère ; enfin, soyez ses imitatrices, comme elle l'a été elle-même de JESUS-CHRIST.

A suivre : VIII. Zèle de la sœur Bourgeoys pour le salut des âmes.

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Message  Louis Dim 10 Fév 2013, 6:48 am

VIII.Zèle de la sœur Bourgeoys pour le salut des âmes.

« Le second trait de ressemblance que votre bonne mère a emprunté du Sauveur pour le faire passer en vous et vous le communiquer, c'est le zèle du salut des âmes. Je laisse les coups d'essais qu'elle fit dans sa plus tendre jeunesse, à l'égard des petites filles qu'elle instruisait à la crainte de DIEU; je laisse là le soin qu'elle prit du salut de ses frères et sœurs dans la maison paternelle, pour passer à ce qu'elle a fait en cette colonie. Appelée à la vie parfaite et apostolique par une faveur miraculeuse de la très-sainte Vierge, elle répond si généreusement à la grâce, que, suivant à travers les flots et les périls de la mer, JESUS-CHRIST qui l'appelait dans ce nouveau monde, elle forme le généreux dessein de lui conquérir la moitié de la société, en lui gagnant toutes les personnes de son sexe; et qu'animée de l'esprit apostolique , elle entreprend avec tant de bénédiction l'éducation des filles et l'établissement des écoles. C'est à ce zèle que le Canada doit ce qu'il a de bonnes mères de famille, qui toutes ont appris d'elle les principes de la crainte et de l'amour de DIEU.

« Vous êtes vous-mêmes, mes sœurs, les plus beaux fruits de son zèle qui vous a enfantées à JESUS-CHRIST (1). C'est son zèle qui lui a fait rassembler cette compagnie d'amazones chrétiennes, pour combattre le démon, et le combattre, non dans le retranchement de la clôture, mais au milieu du monde. C'est pour cela, mes sœurs, qu'elle vous a instituées filles séculières de paroisse, pour être, comme la portion la plus précieuse du troupeau, la bonne odeur de JESUS-CHRIST; odeur médicinale qui corrige l'air empesté du monde (1).

« Elle a prétendu que la présence de DIEU vous servît en tout lieu d'un inaccessible retranchement, et, comme dit l'Ecriture, d'une clôture de feu (2); et qu'armées de la sorte, vous allassiez, comme des tabernacles vivants, sous lesquels JESUS-CHRIST est caché, pour conquérir le monde, en travaillant par l'éducation à lui gagner les cœurs des enfants, et en édifiant les grandes personnes par vos exemples.

« Oh ! combien est précieuse , mes sœurs, la postérité que Dieu donne (3) à votre vénérable mère ! Quelle consolation pour elle et pour vous, de penser qu' on offrira dans la suite bien des Vierges au Roi des rois, qui auront été attirées par elle (4) et par vous-mêmes !

___________________________________________________

(1) Ire Épître aux Corinthiens, ch.IV, v. 15.
(1) IIre Épître aux Corinthiens, ch.II, v. 16.
(2) Prophétie de Zacharie, ch.II, v. 16.
(3) Livre de la Sagesse ch.IV, v. 2.
(4) Psaume XLIV, v. 15.

A suivre : IX. Courage chrétien de la Sœur Bourgeoys.


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Message  Louis Dim 10 Fév 2013, 12:01 pm

IX.Courage chrétien de la Sœur Bourgeoys.

« Enfin, une autre vertu que cette grande servante de DIEU a puisée dans son union avec JESUS-CHRIST, c'est son courage ; et quand je dis son courage, je dis sa confiance et sa foi. Cette véritable fille d' Abraham sort de son pays, sans connaître celui où elle va (5) ; elle se jette entre les bras de DIEU qui l'appelle; elle est ferme dans sa confiance, et croit qu'il pourra faire sortir de son néant une grande et nombreuse famille (1). De là la magnanimité avec laquelle elle a envisagé les périls de la mer, ceux de la guerre, et entrepris avec une constance invincible les œuvres que vous voyez accomplies par elle avec un si glorieux succès. Les apôtres, sans éloquence, sans la prudence du monde, ont fait ce que les richesses, l'autorité et la puissance n'auraient pu exécuter, DIEU se plaisant à confondre ainsi la sagesse humaine, en choisissant les instruments les plus faibles pour renverser ce qu'il y a de plus fort (2). Mes sœurs, le bras de DIEU n'est pas raccourci (3), il en fera autant par vous, qu'il appelle à marcher sur les traces des saints apôtres, à la suite de votre admirable institutrice.

« Mais je laisse à cette bonne mère le soin de vous inspirer ce que je ne puis vous dire sur cet amour de la croix, du zèle des âmes et de la confiance en DIEU. Je me décharge moi-même avec bien de l'assurance de ce soin sur le cœur de votre bonne mère. Toutes les fois qu'étant assemblées dans ce saint lieu pour vaquer à vos exercices, vous porterez les yeux sur ce cœur, qui a servi autrefois de tabernacle au Saint-Esprit (4), imaginez-vous entendre votre vénérable mère vous adresser ces paroles de saint Paul : Mes filles, ma joie, ma couronne, persévérez dans la ferveur (1), travaillez à votre perfection et à celle du troupeau qui vous est confié ; enfin, faites en sorte que comme nous nous sommes aimées sur la terre, nous soyons aussi toutes réunies (2) au ciel. »

_________________________________________________

(5) Épître aux Hébreux, ch.XI, v. 8.
(1) Épître aux Romains, ch.IV, v. 17 et suiv.
(2) Ire Épître aux Corinthiens, ch.I, v. 25 et suiv.
(3) Isaïe, ch.LIX, v. 1.
(4) Ire Épître aux Corinthiens, ch.VI, v. 19.
(1) Épître aux Philippiens, ch.IV, v. 1.
(2) Livre des Rois, ch.I, v. 25.

A suivre : X. Eloges donnés à la sœur Bourgeoys après sa mort.


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Message  Louis Lun 11 Fév 2013, 6:10 am

X. Eloges donnés à la sœur Bourgeoys après sa mort.

Nous pourrions ajouter à cet éloge diverses guérisons obtenues par l'intercession de la sœur Bourgeoys, qu'on semble avoir tenues pour surnaturelles. Nous pourrions rapporter aussi les témoignages nombreux d'estime et de vénération qui lui ont été donnés, comme à l'envi, par les personnes les plus recommandables du Canada, dans leurs lettres de condoléance aux sœurs de la Congrégation, après la mort de cette sainte institutrice. De ce nombre furent M. de Laval, premier évêque de Québec; M. de Saint-Vallier, son successeur; M. Desmaizerets, supérieur du séminaire de Québec; le R. P. Bouvart, supérieur des jésuites de la même ville ; la mère du Sacré-Cœur, supérieure de l'Hôtel-Dieu ; la mère de l'Incarnation, supérieure de l'hôpital général ; Mme de Champigny, femme de l'intendant du Canada; la mère Marie-Paul de Blaigny, supérieure de la Congrégation de Troyes (3). On voit dans tontes ces lettres les sentiments de haute estime que la sœur Bourgeoys avait fait naître dans tous les cœurs par ses éminentes vertus. Mais l'éloge le plus incontestable qu'on puisse faire d'elle, est certainement le simple récit de son admirable vie, que nous avons essayé d'écrire dans cet ouvrage ...
________________________________________

(3) Vie de la sœur Bourgeoys , 1818, p. 175-176-177-178-179.

A suivre : Table des matières.


Dernière édition par Louis le Lun 11 Fév 2013, 10:18 am, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Message  Louis Lun 11 Fév 2013, 6:14 am

.

.

VIE DE  la sœur BOURGEOYS

Introduction


DESSEIN DE DIEU DANS LA  FONDATION DE VILLEMARIE.

I. L’institut de la sœur Bourgeoys est une suite du dessein de DIEU dans la fondation de Villemarie.
II. La fondation de Villemarie n'est point un dessein concerté par les hommes.
III. M. Olier et M. de La Dauversière forment une compagnie qui ne se propose pour fin que la pure gloire de DIEU.
IV. M. Olier et ses associés veulent former une ville dans l’île de Montréal; ils se proposent d’y établir trois communautés et de faire ériger un siège épiscopal.
V. Quelque téméraire que put paraître le dessein de Villemarie, les fondateurs en regardent le succès comme infaillible.
VI. Les fondateurs de Villemarie assurent que leur dessein est l’ouvrage de DIEU.
VII. Les fondateurs de Villemarie sont convaincus que leur dessein réussirait, quand même tous les colons seraient massacrés par les barbares.
VIII. Cette conviction a été pleinement justifiée par le succès de l’entreprise de Villemarie.
IX. Le dessein de Villemarie a réellement été inspiré de DIEU.
X. M. Olier à qui ce dessein avait été inspiré, en a mis par écrit quelques traits demeurés secrets jusqu’à ce jour.
XI. Dans l’établissement de l’Église DIEU s’est servi de l’infirmité pour faire paraître sa puissance.
XII. DIEU, ayant établi l’Église par JESUS, Marie et Joseph, veut donner une image de cette conduite par l’établissement de l’Église de Villemarie.
XIII. Dispositions nécessaires pour croire ce dessein de DIEU.
XIV. M. Olier est appelé de DIEU à représenter N.- SEIGNEUR dans cette nouvelle Église. Ses sentiments sur cette vocation.
XV. M. de La Dauversière est appelé de DIEU à faire honorer saint Joseph dans la colonie de Montréal en y établissant une communauté.
XVI. Rencontre de M. Olier et de M. de La Dauversière.
XVII. Compagnie de Montréal; elle acquiert de ce nom et s’engage à y établir trois communautés.
XVIII. Embarquement pour Montréal de M. de Maisonneuve.
XIX. Avant qu’on prenne possession de Montréal, M. de Olier la consacre à la Sainte Famille.  
XX. Arrivée des colons à Montréal. Paroles remarquables du père Vimont.
XXI. La colonie de Villemarie offre dans la sainteté de ses mœurs une image de l’Église primitive.
XXII. Zèle du frère Claude pour la sanctification de la colonie de Villemarie.
XXIII. Marie Rousseau, M. Le Gauffre, et autres, destinés à prier pour la colonie de Villemarie.
XXIV. Désirs de M. Olier d’aller travailler en personne à Villemarie.
XXV. Dans l’œuvre de Villemarie M. Olier doit agir efficacement, mais d’une manière cachée.
XXVI. M. Olier voit les dispositions intérieures des personnes de la colonie de Villemarie.
XXVII. Les trois communautés ont accompli les desseins de DIEU sans le connaître.
XXVIII. Le dessein de DIEU  est justifié par la vie de la sœur Bourgeoys.

NOTICE DES   PRINCIPAUX   MANUSCRITS   CITES   DANS   LA   VIE DE   LA   SŒUR   BOURGEOYS.  

ARCHIVES.

DÉCLARATION   DE  L’AUTEUR.  

PREMIÈRE PARTIE

LA PROVIDENCE   PRÉPARE   LA   SOEUR   BOURGEOYS
A ÉTABLIR L'INSTITUT DE LA CONGRÉGATION
DE   NOTRE- DAME,   A   VILLEMARIE.
 


CHAPITRE PREMIER

LA SŒUR BOURGEOYS EST APPELÉE À

IMITER LE ZÈLE DE LA TRES-SAINTE VIERGE

POUR LA SANCTIFICATION DES ÂMES.

I. Naissance de Marguerite Bourgeoys. Heureuses dispositions qu’elle montre dès le premier âge.
II. Indices qu’elle donne de sa vocation dès l’âge de dix ans
III. Après la mort de sa mère, elle s’applique à l'éducation d'un frère et d'une sœur, et aux soins du ménage.
IV. Établissement de la congrégation externe à Troyes.
V. Faveur extraordinaire qu’elle reçoit à la vue d’une statue de la très-sainte Vierge.
VI. Effets sensibles que cette faveur produit dans Mlle Bourgeoys.
VII. Mlle Bourgeoys est reçue dans la congrégation externe.
VIII. Son union aux dispositions intérieures de la très-sainte Vierge. Elle est élue préfète de la congrégation.
IX. La sœur Marguerite Bourgeoys se met sous la conduite de M. Jendret
X. La sœur Marguerite Bourgeoys se présente chez les carmélites, puis chez les clarisses, qui refusent de la recevoir.
XI. La sœur Bourgeoys se lie au service de Dieu dans le monde par le vœu  de et de pauvreté.
XII. M. Jendret juge que l a sœur Bourgeoys est appelée à honorer la vie de la très-sainte Vierge dans un nouvel institut.
XIII. M. Jendret compose des règles pour le nouvel institut dont il fait un essai.
XIV. Trait de courage de la sœur Bourgeoys. L'essai du nouvel Institut ne réussit pas.  
XV. La sœur Bourgeoys perd son père, et se retire auprès de Mme de Chuly. DIEU  la console.
XVI. NOTRE-SEIGNEUR se montre à la sœur Bourgeoys sous la forme d'un petit enfant.

CHAPITRE II

DIEU   FAIT  CONNAÎTRE   À LA  SOEUR  BOURGEOYS

QU'ELLE   EST   APPELÉE

À   EXERCER  SON   ZÈLE  À   VILLEMARIE.

I. En 1641, les religieuses de la congrégation de Troyes supplient M. de Maisonneuve d'emmener quelques-unes d'elles à Villemarie.
II. M. de Maisonneuve avait refusé leurs services, en leur faisant cependant des promesses pour l'avenir.
III. Les religieuses de la congrégation proposent à la sœur Bourgeoys de se joindre à elles lorsqu'elles iraient à Villemarie.
IV. M. de Maisonneuve repasse en France et se rend à Troyes pour visiter sa famille en 1653.
V. Songe remarquable de la sœur Bourgeoys qui la dispose à connaître sa vocation pour Villemarie.
VI. Les religieuses de la congrégation pressent de nouveau M. de Maisonneuve, et lui parlent de la sœur Bourgeoys.
VII. La sœur Bourgeoys raconte le songe qu'elle a eu. M. de Maisonneuve lui offre de la conduire à Villemarie.
VIII. M. de Maisonneuve refuse les services de la congrégation ainsi que ceux de la sœur Crolo.
IX. M. Jendret, consulté par M. de Maisonneuve, juge que DIEU appelle la  sœur à travailler en Canada.
X. M. Jendret répond à la sœur de partir sans crainte. M. Profit et le grand vicaire de Troyes lui font la même réponse.
XI. La très-sainte Vierge apparaît à la sœur Bourgeoys et lui ordonne de partir.
XII. La sœur Bourgeoys ne veut porter en Canada ni provisions ni argent. Sagesse d’un tel dépouillement.
XIII. La sœur Bourgeoys pratiqua ce dépouillement jusqu'à la fin de sa vie.
XIV. La sœur Bourgeoys part pour Paris. Efforts qu'on fait pour la dissuader d'aller en Canada.
XV. A Paris, Mlle de Bellevue, pour mettre obstacle au départ de la sœur, lui fait offrir d'être reçue carmélite.
XVI. La sœur Bourgeoys s'adresse à un Père jésuite, qui la confirme dans sa vocation pour le Canada.
XVII. Voyage de Paris à Orléans. Humiliations que la sœur y reçoit.
XVIII. Voyage d'Orléans à Nantes. Saintes industries de la sœur. Nouvelles humiliations qu'elle reçoit.
XIX. Humiliations que la sœur reçoit à Nantes
XX. A Nantes on cherche à inspirer à la sœur des doutes sur sa vocation pour le Canada.
XXI. Désolation de la sœur Bourgeoys. DIEU  lui rend le calme en la fixant sur sa vocation.
XXII. M de Maisonneuve donne ordre pour le départ. Attentions de M. Lecoq pour la sœur.

CHAPITRE III

TRAVERSÉE DE LA SŒUR BOURGEOYS EN CANADA.

SES  OCCUPATIONS  PENDANT  LES  QUATRES  PREMIÈRES ANNÉES

DE SON SÉJOUR À  VILLEMARIE.

I. Accidents divers que la sœur éprouve dès le commencement de la navigation.
II. La recrue pour Montréal est obligée de relâcher à Saint-Nazaire.  
III. La maladie se met sur le vaisseau. Zèle de la sœur Bourgeoys à assister les malades et les disposer à la mort.
IV. Extrémité où est réduit le Canada avant l'arrivée de M. de Maisonneuve.
IV. Prières qu'on fait à Québec pour l'arrivée de M. de Maisonneuve. Allégresse qui éclate à son arrivée.
VI. État d'abandon où était alors rétablissement de Québec. On veut y retenir la recrue de M. de Maisonneuve.
VII. La sœur Bourgeoys se lie d'une sainte amitié avec Mlle Mance.
VIII. Changement que la grâce opère dans les cent hommes à leur arrivée en Canada.
IX. Arrivée des cent hommes à Villemarie. Leur activité pour fortifier cette place. Leur piété.
X. La sœur Bourgeoys n'a d’abord aucun enfant à instruire. M. de Maisonneuve lui donne le soin de sa maison.
XI. La sœur Bourgeoys aide M. de Maisonneuve à s'avancer dans la perfection.
XII. Origine du pèlerinage de la montagne.
XIII. La sœur Bourgeoys rétablit la croix du pèlerinage de la montagne.
XIV. Charité de la sœur Bourgeoys à l’égard des colons de Villemarie.

CHAPITRE IV

ÉTABLISSEMENT DU SÉMINAIRE SAINT-SULPICE À VILLEMARIE.

LA  SŒUR BOURGEOYS COMMENCE SES ÉCOLES,

ET JETTE LES FONDEMENTS

DE L’ÉGLISE NOTRE-DAME DE BON SECOURS.

I. M. de Maisonneuve passe en France pour prier M. Olier d’envoyer de ses ecclésiastiques à Villemarie.
II. M. Olier nomme quatre ecclésiastiques pour Villemarie; il prend des mesures pour y établir les sœurs de Saint-Joseph, et meurt.
III. M.  de Queylus est nommé grand vicaire du Canada par l’archevêque de Rouen. Arrivée des prêtres de M. Olier à Villemarie.
IV. La sœur Bourgeoys commence ses écoles dans une étable,  qui lui est donnée par les seigneurs.  
V. Elle commence la CONGRÉGATION EXTERNE. Elle élève la première iroquoise qui ait reçu le baptême.
VI. Baptême de cette jeune Iroquoise ; sa sainte mort. Deux autres sauvagesses élevées par la sœur Bourgeoys.  
VII. La sœur Bourgeoys fait jeter les fondements de la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours.
VIII. M. de Queylus fait suspendre la construction de la chapelle en attendant son retour à Villemarie.
IX. La sœur prend la résolution de passer en France. Motifs de la Providence dans l'entreprise et dans l'interruption de Bon-Secours.

DEUXIÈME  PARTIE

ÉTABLISSEMENT  DE LA CONGRÉGATION.

FRUITS DE CET INSTITUT.
 


CHAPITRE PREMIER

PREMIER VOYAGE DE LA SŒUR BOURGEOYS EN FRANCE ;

ETABLISSEMENT DE LA CONGREGATION

DE NOTRE-DAME, ET DES FILLES DE SAINT-JOSEPH

A VILLEMARIE.


I. Occasion et motifs du voyage de la sœur Bourgeoys en France.
II. M. de Queylus revient à Villemarie. Son dessein de donner la conduite de l'Hôtel-Dieu aux Hospitalières de Québec.
III. La sœur Bourgeoys et Mlle Mance passent en France.
IV. Mlle Mance est guérie miraculeusement par l’attouchement du cœur de M. Olier, et obtint une fondation pour les sœurs de Saint-Joseph, à Villemarie.
V. Les sœurs Châtel et Crolo s'engagent à suivre la sœur Bourgeoys à Villemarie.
VI. Voyage de Troyes à Paris. La sœur Raisin s'engage aussi pour Villemarie. La sœur Hioux.
VII. Nouvelle recrue pour Villemarie. Désintéressement de la sœur Bourgeoys.
VIII. Difficultés qu'on  suscite à la recrue pour l'empêcher d’aller à Villemarie.
IX. Derniers adieux de M. de la Dauversière aux sœurs de Saint-Joseph.
X. La maladie se déclare sur le vaisseau. Zèle de la sœur Bourgeoys à assister les malades et les mourants.
XI. Arrivée et séjour de la sœur Bourgeoys à Québec.
XII. Avantages que la chute de Mlle Mance procura à la colonie.

CHAPITRE II

ÉPREUVES DIVERSES QUE LE SÉMINAIRE, LA

CONGRÉGATION ET LES FILLES DE SAINT-JOSEPH ONT À ESSUYER, DANS LES PREMIÈRES

ANNÉES DE LEUR ÉTABLISSEMENT À VILLEMARIE.


I. La compagnie de Montréal devient l’occasion de l’établissement d’un évêque en Canada, selon le premier dessein qu’elle avait eu dès sa formation.
II. M. de Laval, vicaire apostolique en Canada.  M. de Queylus cesse tout  exercice de juridiction pour l'archevêque de Rouen. Réclamation de cet archevêque.
III. Le roi et l'archevêque ordonnent à M. de Queylus de continuer l'exercice de sa juridiction. Ordre contradictoire.
IV. M. de Queylus est expulsé du Canada.
V. On s’efforce de faire repasser en France les hospitalières de Saint-Joseph.
VI. Diverses tentatives pour établir les Ursulines de Québec à Villemarie.
VII. Danger que court la colonie de Villemarie de succomber aux attaques des Iroquois. Résolution magnanime de dix-sept Montréalistes.
VIII. Cruautés des Iroquois. Massacre de M. Le Maistre..
IX. La face de M. Le Maistre est empreinte sur un mouchoir, après sa décollation.
X. Massacre de Saint-Père. Circonstance remarquable.
XI. M. Vignal est massacré et mangé par les Iroquois.
XII. DIEU préserve les sœurs de la Congrégation et celles de Saint-Joseph de tomber entre les mains des Iroquois.  
XIII. M. de Queylus est expulsé de nouveau du Canada.
XIV. La compagnie de Montréal se dissout. Le séminaire de Saint-Sulpice lui succède.
XV. Le respect pour M. Olier détermine le séminaire à ne point abandonner l'œuvre de Montréal.
XVI. On ôte au séminaire la justice de l’île de Montréal et le droit d’en  nommer le gouverneur. Humilité de M. de Maisonneuve.
XVII. M. de Maisonneuve est destitué du gouvernement de Villemarie et renvoyé en France.
XVIII. Les trois communautés de Villemarie donnent naissance à la confrérie de la sainte Famille.
XIX. Réception de la sœur Morin parmi les hospitalières de Saint-Joseph.


CHAPITRE III

Z ÈLE DE LA SŒUR BOURGEOYS POUR PROCURER LA

SANCTIFICATION DE LA COLONIE DE VILLEMARIE.  

I. La  justice de l’île de Montréal est rendue au séminaire. M. de Bretonvilliers nomme un nouveau gouverneur.
II. M. Talon désire que la Congrégation soit autorisée par des lettres patentes du roi. Retour de M. de Queylus à Villemarie.
III. M. de Queylus travaille à l'augmentation de la colonie ; il confie à la sœur Bourgeoys l'éducation de deux petites sauvagesses.
IV. La sœur Bourgeoys forme les enfants de Villemarie à la piété et à la vertu.
V. La sœur Bourgeoys inspire à ses élèves les habitudes de politesse. Elle les instruit et les forme au travail.
VI. La sœur Bourgeoys établit un pensionnat à Villemarie.
VII. La sœur Bourgeoys établit la Congrégation externe en faveur de ses anciennes élèves.
VIII. La sœur Bourgeoys établit la Providence en faveur des filles pauvres.
IX. La sœur Bourgeoys sert de mère aux filles qui viennent à Villemarie pour s'y établir.
X. La sœur Bourgeoys reçoit les filles et les femmes dans sa maison, pour y faire des retraites spirituelles.
XI. Austérités que pratique la sœur Bourgeoys, pour attirer la grâce de DIEU sur la colonie.
XII. Continuité et efficacité des prières de la sœur Bourgeoys pour la colonie.
XIII. Efficacité des exemples de vertu que la sœur Bourgeoys donne à la colonie.
XIV. Désintéressement et pauvreté volontaire de la sœur Bourgeoys et de ses filles.
XV. La sœur Bourgeoys établit une ferme, et fait construire un bâtiment pour sa communauté. Nouvelle maison plus spacieuse.
XVI. La sœur Bourgeoys promet à DIEU de reprendre la construction de Notre-Dame de Bon-Secours.

Prochain post la suite...


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CHAPITRE IV

DEUXIEME VOYAGE DE LA SŒUR BOURGEOYS EN FRANCE.

ELLE OBTIENT DES LETTRES PATENTES DU ROI

POUR SON INSTITUT,

ET FAIT CONSTRUIRE L’EGLISE DE NOTRE-DAME

DE BON-SECOURS.


I. Les Ursulines de Québec forment de nouveau le projet de d’établir à Villemarie.
II. On conseille à la sœur Bourgeoys de passer en France pour solliciter du roi des lettres patentes, et amener de nouveaux sujets pour sa communauté.
III. Second voyage de la sœur Bourgeoys en France. Sa traversée.
IV. Second voyage de la sœur Bourgeoys en France. Sa traversée.
V. Elle va loger chez M. de Maisonneuve.
VI. Bienveillance de M. Colbert pour la sœur Bourgeoys et pour la Congrégation.
VII. Lettres patentes du roi qui érigent la Congrégation en communauté.
VIII. La sœur Bourgeoys emmène avec elle six nouvelles compagnes pour entrer dans sa communauté.
IX. MM. Denis et Louis Leprêtre donnent une statue pour la chapelle de Bon-Secours.
X. M. de Fancamp, miraculeusement guéri à l'occasion de cette statue, donne à la sœur 30 pistoles, pour commencer la bâtisse de Bon-Secours.
XI. Séjour de la sœur Bourgeoys et de ses filles à Rouen.
XII. Pèlerinage à Notre-Dame des Neiges.
XIII. Traversée et arrivée à Québec.
XIV. Arrivée de la sœur Bourgeoys à Villemarie.
XV. La sœur Bourgeoys place la statue dans le petit appentis de bois. On obtient la permission de bâtir l'église de Bon-Secours.
XVI. Construction de l’église de Notre-Dame de Bon-Secours.
XVII. L’église de Bon-Secours est annexée à perpétuité à la paroisse de Villemarie.
XVIII. Le désir de M. Olier d’être chapelain de la très-sainte Vierge à Villemarie, est accompli dans la personne de ses disciples.
XIX. Le pèlerinage de Notre-Dame de Bon-Secours ranime la dévotion envers Marie.

CHAPITRE V

TROISIEME VOYAGE DE LA SŒUR BOURGEOYS EN FRANCE.

TENTATIVES QU’ELLE FAIT EN VAIN

POUR OBTENIR L’APPROBATION DES REGLES

DE SON INSTITUT.

I. Les nouvelles maîtresses venues de France en 1672 sont reçues sœurs de la Congrégation.
II. La sœur Bourgeoys obtient de M. de Laval la confirmation de la Congrégation.
III. Règlements provisoires observés jusque alors dans la Congrégation.
IV. Motifs qui déterminent la sœur Bourgeoys à son troisième voyage en France.
V. La sœur Bourgeoys veut se démettre de la supériorité. La très-sainte Vierge est élue supérieure perpétuelle de la Congrégation.
VI. Avant son départ de Québec, la sœur écrit à M. Remy sur l’objet de son voyage.
VII. Voyage de la sœur Bourgeoys de la Rochelle à Paris.
VIII. M. de Laval n’approuve pas le voyage de la sœur pour ses règlements, et lui défend d’emmener des compagnes avec elle.
IX. Mme de Miramion s’entremet sans succès auprès de M. de Laval pour les règlements de la Congrégation.
X. La sœur Bourgeoys, par obéissance à M. de Laval, n’emmène aucune compagne avec elle. Louis Frin.
XI. La sœur traverse la mer. Sa confiance en DIEU dans le danger que court l’équipage.
XII. Depuis ce voyage la sœur reçoit un grand nombre de filles dans sa communauté.
XIII. Après l’incendie de la Congrégation M. de Laval veut unir cette communauté aux Ursulines, craignant qu’elle ne s’éteignit par défaut de sujets.
XIV. Ce fut après l’incendie que la sœur reçut le plus de sujets. Avis qu’elle leur donnât en les recevant.

CHAPITRE VI.

LA SOEUR BOURGEOYS ÉTABLIT UNE MISSION

À LA MONTAGNE DE MONTRÉAL

POUR LA SANCTIFICATION DES FILLES SAUVAGESSES.

I. Pendant plus de 30 ans, on n’avait pu attirer des sauvages dans l’île de Montréal pour les y instruire.
II. Commencement de la mission de la Montagne en 1676.
III. La sœur Bourgeoys établit à la Montagne une école pour les sauvagesses. Gratification du roi.
IV. L’école de la Montagne est la première qu’on ait formée pour les sauvagesses. Pensionnaires et externes.
V. Éloge de l’école de la Montagne.
VI. La sœur Bourgeoys est chargée par le roi d’élever toutes les petites sauvagesses de la Montagne. Nouvelle gratifications du roi.
VII. La sœur Bourgeoys, d’abord effrayée par les difficultés de cette œuvre, l’entreprend ensuite avec confiance au secours de DIEU.
VIII. Les sauvagesses de la Montagne commencent à adopter l’usage de vêtements convenables. Plusieurs désirent d’être sœurs de la Congrégation.
IX. État de la mission de la Montagne décrit par M. de Saint-Vallier.
X. Barbe Attontinon, Iroquoise, est reçue sœur de la Congrégation.
XI. Thérèse Gannensagouas, Iroquoise, sœur de la Congrégation. Ses vertus.
XII. Notice sur Thoronhiongo, grand-père de Thérèse. Sa piété.
XIII. Thoronhiongo, devenu aveugle, prie tous les jours pour la conversion de son fils.
XIV. Thoronhiongo obtient, par la ferveur de ses prières, la conversion de son fils.
XV. Mort de Thérèse Gannensagouas.
XVI. Les sœurs missionnaires logées d’abord dans leurs cabanes. Leur grand esprit de mortification.
XVII. Fortifications faites au village de la Montagne. Les sœurs se logent dans deux tours du fort.


CHAPITRE VII.

LA SOEUR BOURGEOYS ÉTABLIT DIVERSES MISSIONS FRANCAISES.


I.La sœur Bourgeoys devait travailler surtout à la sanctification des jeunes filles canadiennes. Sa dévotion au mystère de la Visitation.
II.Succès des missions françaises établis par la sœur Bourgeoys.
III.Premières missions. Esprit de pauvreté et de mortification des sœurs missionnaires.
IV.Mission de l’île d’Orléans. Ferveur apostolique des sœurs Anne et Marie Barbier.
V.Privations et souffrances qu’endurent les sœurs missionnaires à l’île d’Orléans.
VI.Fruits de sanctification par les sœurs de l’île d’Orléans.
VII.Établissement de la maison de la Providence à Québec.
VIII.Fruits que produit l’établissement de la Providence à Québec.
IX.Fruits de la mission de la Sainte-Famille. Mandement relatif aux petites filles.
X.La sœur Bourgeoys visite les missions de la Congrégation. Son esprit d’humilité.
XI.La sœur Bourgeoys donne naissance à l’hôpital général de Québec.
XII.La sœur Bourgeoys établit des écoles à Québec. Les sœurs y sont d’abord logées dans une étable.
XIII.Par délicatesse pour les Ursulines, et par zèle, la sœur achète une nouvelle maison à Québec.
XIV.Embarras de la sœur Bourgeoys pour satisfaire un créancier inexorable.
XV.La sœur Bourgeoys a recours à la très-sainte Vierge qui l’exauce à l’instant.
XVI.Missions du Château-Richer, de la Chine et de la Pointe-aux-Trembles.

TROISIÈME PARTIE

CONDUITE
DE LA PROVIDENCE DANS LA CONSERVATION
DE L’INSTITUT DE LA CONGRÉGATION.



CHAPITRE PREMIER

PROVIDENCE PARTICULIÈRE DE DIEU

SUR LE TEMPOREL

DE LA CONGRÉGATION.

I.Attention divine Providence sur des sœurs durant les temps de disette.
II.Incendie de la maison de la Congrégation.
III.Sentiments de la sœur Bourgeoys sur l’incendie de sa maison. Sentiments des amis de la Congrégation.
IV.La sœur Bourgeoys se détermine à bâtir une maison plus spacieuse et à la haute ville.
V.Confiance de la sœur Bourgeoys au secours de DIEU pour rebâtir la maison de la Congrégation.
VI.La sœur Bourgeoys forme le dessin de construire une église pour posséder le très-saint Sacrement dans sa maison.
VII.Vertus de Mlle Le Ber, recluse dans la maison de ses parents.
VIII.Mlle Le Ber fait construire l’église de la Congrégation, pour s’y ménager un appartement et y vivre recluse.
IX.Avant que l’église soit achevée, les sœurs possèdent le très-saint Sacrement, à l’occasion de l’incendie de l’Hôtel-Dieu.
X.Les sœurs de l’Hôtel-Dieu et leurs malades sont logés à la Congrégation.
XI.Mlle Le Ber entre à la Congrégation pour y vivre recluse.
XII.Le très-saint Sacrement repose enfin dans l’église de la Congrégation.
XIII.Reconnaissance de la sœur Bourgeoys pour cette faveur.
XIV.La Congrégation spécialement suscitée pour Villemarie. Efforts inutiles des religieuses de Troyes et d’autres communautés pour s’y établir.
XV.Projet pour établir les religieuses de la Visitation à Villemarie pour y instruire la jeunesse.
XVI.Sentiment de M. Tronson sur ce projet, qu’il juge contraire au dessein de DIEU sur la Congrégation.
XVII.Nouveau projet des Ursulines de Québec; elles s’adressent à M. Dollier.
XVIII.Les Ursulines de Québec s’adressent à M. Tronson. Réponse qu’il leur fait.

CHAPITRE II.

TROUBLES SUSCITÉS PAR L’ENNEMI DE TOUT BIEN,

POUR ÉTEINDRE DANS LA CONGRÉGATION

L’ESPRIT PROPRE DE CET INSTITUT.

I.Efforts du démon pour ruiner le dessein de DIEU sur la colonie, en éteignant l’esprit donné aux trois communautés.
II.Vues chimériques de la sœur Tardy de réunir les trois communautés en une seule.
III.M. de Saint-Vallier affaiblit, sans le vouloir, la dépendance qui régnait au séminaire.
IV.M. de Lacolombière et M. Bailly entrent dans les vues de la sœur Tardy. Déclaration extravagante de celle-ci à la sœur Bourgeoys.
V.Peines intérieures où DIEU permet que tombe la sœur Bourgeoys.
VI.La sœur Bourgeoys veut se démettre de la place de supérieure. DIEU met alors obstacle à ce dessein.
VII.Sentiments de M. Tronson sur les visions prétendues de la sœur Tardy.
VIII.M. de Lacolombière et M. Bailly rappelés en France. La sœur Tardy va à Paris. M. Tronson écrit à la sœur Bourgeoys.
IX.M. Tronson rappelle en France, M. Guyotte, qui s’entremettait pour le retour de la sœur Tardy en Canada.
X.M. Tronson refuse à M. de Saint-Vallier de consentir au retour de M. Bailly et de M. de Lacolombière à Villemarie.
XI.Les sœurs de Saint-Joseph s’étant logées à la Congrégation après leur incendie, DIEU montre quelle est la vraie union qui doit être entre ces deux communautés.
XII.Acte d’union des deux communautés composé par la sœur Bourgeoys.
XIII.Instances de la Congrégation et de l’Hôtel-Dieu pour être dirigées à l’avenir par le séminaire.
XIV.M. de Valens est nommé directeur de la Congrégation.
XV.La sœur Bourgeoys se démet enfin de sa charge de supérieure. Elle est délivrée de ses peines.


CHAPITRE III.

ESPRIT DE LA CONGRÉGATION.

LA SŒUR BOURGEOYS OBTIENT ENFIN DE SON ÉVÊQUE

DES RÈGLES CONFORMES À CET ESPRIT.

I.Difficultés qu’on forme contre l’institut de la Congrégation.
II.La très-sainte Vierge est regardée comme l'institutrice de la Congrégation.
III.Les filles de la Congrégation continuent les emplois de zèle que la très-sainte Vierge a exercés après la résurrection de NOTRE-SEIGNEUR.
IV.La très-sainte Vierge n'a pas moins de puissance qu'en ont eu les instituteurs d'ordres.
V.La règle que la très-sainte Vierge a suivie, c'est l'amour de DIEU et du prochain.
VI.A l’ imitation de la très-sainte Vierge, les sœurs de la Congrégation ne font point des vœux solennels.
VII.Pour imiter la très-sainte Vierge, les sœurs ne doivent point être astreintes à la clôture.
VIII.Les sœurs doivent aller en mission pour imiter les apôtres.
IX.Les sœurs de la Congrégation doivent être filles de paroisse.
X.Projet d'unir les sœurs de la Congrégation à l'institut des Ursulines.
XI.M. de Saint-Vallier désire cette union et prépare les moyens de l'opérer un jour.
XII.Suppression de l'œuvre de la Providence.
XIII.M. de Saint-Vallier assez faiblement disposé en faveur de la Congrégation.
XIV.La sœur Bourgeoys prie M. de Valens de composer des règles pour la Congrégation.
XV.M. de Saint-Vallier compose lui-même des règles assez conformes à celles des Ursulines, pour préparer par là la fusion qu'il méditait.
XVI.M. de Saint-Vallier veut mettre ses règlements à exécution. Il permet enfin aux sœurs de lui soumettre leurs observations.
XVII.M. de Saint-Vallier veut que M. Tronson examine ses règles et qu'il lui en marque son sentiment.
XVIII.M. Tronson désire que les sœurs lui exposent en détail toutes leurs difficultés sur ces règles.
XIX. Observations des sœurs touchant la règle de saint Augustin et les vœux qu'on veut leur imposer.
XX. Observations touchant les dots, les pensionnaires perpétuelles, les austérités corporelles, la clôture.
XXI.Lettres particulières de la sœur Bourgeoys à M. Tronson.
XXII.Réponse de M. Tronson. Son estime singulière pour la personne et les lumières de la sœur Bourgeoys.
XXIII.A la prière de M. Tronson M. de Saint-Vallier modifie ses règlements pour la Congrégation.
XXIV.Les sœurs de la Congrégation acceptent les nouvelles règles.
XXV.Satisfaction de M. Tronson après l'acceptation des règles.
XXVI.Faveurs spirituelles que M. de Saint-Vallier accorde aux sœurs de la Congrégation.
XXVII.M. de Saint-Vallier visite Mlle Le Ber.

CHAPITRE IV.

CONDUITE DE DIEU SUR LA CONGRÉGATION ,

DANS LA RÉSOLUTION QU'IL INSPIRE À LA SOEUR BOURGEOYS

DE METTRE PAR ÉCRIT

LES LUMIÈRES QU'ELLE AVAIT REÇUES SUR SON INSTITUT,

ET LES CIRCONSTANCES PRINCIPALES DE SA VIE.

I.DIEU envoie à la sœur Bourgeoys des peines intérieures qui l'obligent à mettre par écrit les lumières qu'elle avait reçues sur son institut.
II.La sœur Bourgeoys avait introduit dans la Congrégation le dépouillement réel, pour imiter la vie des apôtres.
III. Le précepte du dépouillement réel fait aux apôtres n'était que pour un temps.
IV.Le dépouillement réel, pratiqué par les filles de la Congrégation, ne pouvait être perpétuel dans cet institut.
V.Les adoucissements apportés au dépouillement réel sont l'occasion de peines intérieures pour la sœur Bourgeoys.
VI.Dans cet état de peines, la sœur Bourgeoys vit retirée à l'écart. Ses occupations.
VII.Ces peines de la sœur Bourgeoys sont très-utiles aux sœurs de la Congrégation.
VIII.Les peines de la sœur Bourgeoys l'obligent à mettre par écrit ses vues sur la perfection de son institut.
IX.Les peines de la sœur Bourgeoys l'obligent à mettre par écrit les circonstances les plus merveilleuses de sa vie.
X.Les peines de la sœur Bourgeoys l'obligent à décrire les qualités de l'amour que les sœurs de la Congrégation doivent avoir pour DIEU.
XI.Qualités de l'amour que les sœurs de la Congrégation doivent avoir pour le prochain.
XII.La sœur Bourgeoys trace le portrait d'une personne de communauté qui n'a que l'apparence du vrai amour de DIEU.
XIII.Portrait de l'âme animée du vrai amour de DIEU.
XIV.Devoirs de la supérieure de la Congrégation.
XV.Prières de la sœur Bourgeoys pour la Congrégation.


CHAPITRE V.

MORT PRÉCIEUSE DE LA SOEUR BOURGEOYS.

SES OBSÈQUES.

I.La sœur Bourgeoys tombe malade après s'être offerte à DIEU à la place d'une sœur agonisante.
II.Maladie de la sœur Bourgeoys. Sa sainte mort.
III.Obsèques de la sœur Bourgeoys.
IV.Le cœur de la sœur Bourgeoys est placé dans l'église de la Congrégation.
V.Oraison funèbre de la sœur Bourgeoys par M. de Belmont.
VI.M. de Belmont montre la sœur Bourgeoys comme veillant du séjour de la gloire sur son institut.
VII.Union de la sœur Bourgeoys à JESUS-CHRIST. Son amour ardent pour la Croix.
VIII.Zèle de la sœur Bourgeoys pour le salut des âmes.
IX.Courage chrétien de la Sœur Bourgeoys.
X. Eloges donnés à la sœur Bourgeoys après sa mort.





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