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Message  Louis Dim 06 Jan 2013, 12:41 pm

VII. Sentiments de M. Tronson sur
les visions prétendues de la sœur Tardy.

Dès que M. Tronson eut connaissance des visions de la sœur Tardy, et de l'illusion qui avait gagné M. de Lacolombière et de M. Bailly, il écrivit en ces termes, en 1691:

« Les lettres que j'ai reçues cette année m'apprennent les visions imaginaires, les prophéties ridicules et les desseins extravagants de la sœur Tardy. Je plains MM. Bailly et de Lacolombière de s'être ainsi laissé surprendre; je ne les avais jamais crus susceptibles de pareilles illusions, ni capables d'entrer dans de si visibles égarements (l). Les vues que l'on avait eues sur les trois communautés sont chimériques, et leur union union est impraticable. Que chacun, dit saint Paul, demeure dans la vocation où il est appelé (2). Hors de là toute la perfection qu'on se proposerait ne serait qu'imaginaire. Il vaut mieux que l'hôpital des filles de Saint-Joseph demeure seul, la Congrégation seule, le séminaire seul, les Ermites, maîtres d'école seuls, que de faire de toutes ces communautés un agrégat qui ne causerait que de la confusion (3).

« Quant à la sœur Tardy, lorsqu'elle assure qu'elle connaît l'état de ceux qui vont à la communion, je dis que l'on fait très-mal de la croire, et qu'à mon avis on ferait bien de la regarder comme une visionnaire. Tant de retours d'âmes du purgatoire ne serviront pas à lui donner plus de créance. La vue de l'ordre nouveau est la production d'une tête creuse et d'une imagination échauffée. Le mélange des biens et des personnes de divers instituts vient de la même source (1).

II faut que vous soyez sûrs que lorsque DIEU… »

____________________________________________

(1) Lettre à MM. Dollier et de Belmont. 1691.
(2) Ire Épître aux Corinthiens, ch. VII, v. 20.
(3) Lettre à M. de Casson, du 28 février 1692.
(1) Ibid., réponses aux questions de M. de Belmont, du 2 mars 1691.

A suivre…

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Message  Louis Lun 07 Jan 2013, 6:30 am

VII. Sentiments de M. Tronson sur
les visions prétendues de la sœur Tardy.


(suite)

« II faut que vous soyez sûrs que lorsque DIEU demandera quelque chose de vous, il vous le fera connaître, non par visions ou par révélations, mais par les voies ordinaires, c'est-à-dire par le séminaire de Saint-Sulpice, sans avoir recours aux gens de l'autre monde. Les règles communes que l'Église nous donne, nous suffisent (2) ; toutes les voies extraordinaires, qui nous font quitter les emplois où nous sommes par vocation, et qui nous tirent des conduites communes, n'ont jamais une bonne fin. M. Olier, notre très-honoré fondateur, a reçu durant sa vie des grâces bien extraordinaires, mais jamais il ne les a prises pour règle de conduite ; et il nous a laissé pour maxime, qu'il ne fallait jamais s'y arrêter qu'elles n'eussent été vérifiées par les voies ordinaires.

« Ainsi, que M. Dollier de Casson confesse à son ordinaire, qu'il continue à faire ce que doit faire un supérieur, qu'il agisse comme étant assuré que c'est DIEU qui l'a appelé à cet emploi, et qu'il ne songe plus à le quitter (1). Il faut aussi que la supérieure de la Congrégation se rassure ; que vous travailliez en paix comme autrefois, et que vous mainteniez l'ordre et la subordination (2). Je crois qu'on devrait ôter de l'esprit des filles de la Congrégation et de celles de l'Hôtel-Dieu, à qui on a donné de si grandes idées de cet établissement, la pensée qu'il puisse réussir; de peur que dans l'attente du succès, et dans l'espérance d'une vie plus sainte, elles ne fassent pas assez d'état de celle où elles ont été appelées (3). »

_________________________________________________

(2) Lettre à MM. Dollier et de Belmont, du 2 février 1692.
(1) Lettre à M. de Casson, du 28 février 1692.
(2) Lettre à MM. Dollier et de Belmont, du 2 février 1692.
(3) Lettre à M. de Casson, du 28 février 1692.

A suivre : VIII. M. de Lacolombière et M. Bailly rappelés en France. ..

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Message  Louis Lun 07 Jan 2013, 12:36 pm

VIII.M. de Lacolombière et M. Bailly rappelés en France.
La sœur Tardy va à Paris.
M. Tronson écrit à la sœur Bourgeoys.

Mais pour contribuer plus efficacement à rétablir l’ordre, M. Tronson écrivit à M. Bailly et à M. de Lacolombière de repasser incontinent en France (4), M. Bailly s'embarqua en effet, ainsi que M. de Lacolombière, qui accompagna M. de Saint-Vallier dans un voyage que ce prélat fit cette année à Paris. Mais comme l'un et l'autre étaient toujours persuadés de la vérité des visions de la sœur Tardy, ils engagèrent celle-ci à entreprendre elle-même ce voyage, dans l'espérance qu'elle en convaincrait aussi M. Tronson, sans le consentement duquel leurs projets de perfection ne pouvaient s'effectuer.

Elle traversa donc la mer dans cette folle attente. M. Tronson ne jugea pas à propos d'entrer lui-même en discussion avec elle sur ses prétendues visions. Il se contenta d'envoyer de sa part au parloir M. Letellier, l'un des prêtres de Saint-Sulpice, et celui-ci fit avouer sans peine à la sœur Tardy que ce qu'elle prenait pour des lumières divines n'était que l'effet de son imagination (1).

Cependant, quoique la sœur Bourgeoys eût tant d'intérêt à l'éloignement de M. de Lacolombière, de M. Bailly et de la sœur visionnaire, elle fit paraître la pureté de sa charité en écrivant à M. Tronson pour lui demander leur retour à Villemarie. Il lui répondit le 4 mars 1692:

« Je souhaite que les esprits de vos bonnes filles soient calmes ; que les sujets de peine que l'on vous a donnés soient dissipés, et que, toutes rentrant dans la voie commune de l'obéissance, vous puissiez voir la sainte paix, que JESUS-CHRIST vous a méritée par sa mort, bien établie dans votre maison. Je ne crois pas que la sœur Tardy y retourne, ni que M. Bailly et M. de Lacolombière remontent à Montréal. Quelque saintes que soient ces trois personnes, et quelque service qu'en eût pu retirer votre maison, vous ne devez point regretter leur absence ; et vous en saurez mieux les raisons sur les lieux, que je ne pourrais vous les mander (1). »

_________________________________________

(4) Lettre à MM. Dollier et de Belmont, 1691.
(1) Lettre à M. de Casson, du 28 février 1692.
(1) Lettre à M. Tronson à la sœur Bourgeoys, du 4 mars 1692.

A suivre : IX. M. Tronson rappelle en France, M. Guyotte, qui s’entremettait pour le retour de la sœur Tardy en Canada.

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Message  Louis Mar 08 Jan 2013, 6:37 am

IX. M. Tronson rappelle en France, M. Guyotte,
qui s’entremettait pour le retour de la sœur Tardy en Canada.

Mais comme, à Villemarie, les esprits, prévenus en faveur de la sœur Tardy, jugeaient que son retour était absolument nécessaire pour l'érection de la nouvelle communauté, dont ils s'imaginaient qu'elle serait la fondatrice, on écrivit à M. de Saint-Vallier, alors en France, pour qu'il la renvoyât en Canada (2).

De son côté, M. Guyotte, prêtre du séminaire, chargé des fonctions curiales, et supérieur des sœurs de la Congrégation, écrivit à M. de Turmenie de fournir tout ce qui serait nécessaire à la sœur pour son retour à Villemarie; car M. Guyotte était aussi entré dans ses illusions (3).

Dès que M. Tronson eut appris les mouvements qu'on se donnait à ce sujet, il écrivit à M. de Turmenie d'empêcher le voyage de la sœur (4), et à M. Guyotte de repasser lui-même en France. Le départ de M. Guyotte affligea un grand nombre de paroissiens de Villemarie, qui lui étaient sincèrement attachés à cause du zèle avec lequel il administrait la paroisse. Ils adressèrent même une pétition à M. Tronson, outre une requête qu'ils avaient envoyée à M. de Saint-Vallier (5), et une autre à M. Dollier pour demander son retour (6).

« Quelque grand désir que tous les paroissiens me témoignent de le ravoir, écrivait M. Tronson, je n'ai garde d'y consentir. J'ai répondu à M. Le Ber, dont la lettre est signée d'une quarantaine de citoyens, que je ne vois nulle apparence que M. Guyotte puisse retourner en Canada.»

En effet, M. Tronson l'envoya au séminaire de Bourges pour aider M. de Lachétardie dans l'administration de la cure du séminaire. M. Guyotte demeura ferme dans sa vocation à Saint-Sulpice (1) ; il résista aux instantes sollicitations que lui fit faire M. Charon, fondateur de l'hôpital général de Villemarie, de repasser la mer pour prendre la conduite de ce nouvel établissement (2), et mourut au bout de quelques années dans les exercices d'une mission qu'il prêchait avec beaucoup de zèle (3).

_______________________________

(2) Lettre à M. de Belmont,1692.
(3) Lettre à M. Dollier, du 20 février 1693.
(4) Lettre à M. de Turménie,1693.
(5) Lettre à M. de Saint-Vallier,1694.
(6) Lettre à M. Dollier, du 7 avril 1694.
(1) Journal de M. Tronson, par M. Bourbon 26 décembre 1695, 15 janvier 1696.
(2) Archives du séminaire de Villemarie, lettre de M. de Baluze du 23 avril 1697.
(3) Lettres de M. Leschassier ; lettre à M. Charon, du 10 mars 1701.

A suivre : X. M. Tronson refuse à M. de Saint-Vallier de consentir au retour de M. Bailly et de M. de Lacolombière à Villemarie.


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Message  Louis Mar 08 Jan 2013, 12:12 pm

X.M. Tronson refuse à M. de Saint-Vallier
de consentir au retour
de M. Bailly et de M. de Lacolombière à Villemarie.

Il n’en fut pas de même de M. de Lacolombière ni de M. Bailly. Sachant que M. Tronson était résolu de ne pas les renvoyer à Villemarie, ils quittèrent la compagnie de Saint-Sulpice, et se retirèrent au séminaire des Missions étrangères (4), dans l'espérance de retourner par ce moyen en Canada.

M. de Saint-Vallier, qui manquait de sujets pour son diocèse, désirait en effet de les y ramener l'un et l'autre, et voulait même que M. Bailly reprît la conduite des sœurs de la Congrégation (5).

« Je dois vous dire, écrivait M. Tronson à M. Dollier que Mgr de Québec, sans craindre les mauvais effets et les suites fâcheuses que pourra causer le retour en Canada de M. de Lacolombière et de M. Bailly, est résolu de les y ramener avec lui. Il y a bien plus, car il me presse extrêmement pour consentir que M. Bailly remonte à Montréal, quoiqu'il ne soit plus des nôtres. C'est à quoi je ne puis donner les mains.

L’idée d'une communauté nouvelle et imaginaire pourrait se renouveler dans l'esprit des sœurs, et leur ferait beaucoup de tort. Enfin, après avoir exposé mes raisons au prélat, il m'a dit qu'il ne le ferait point monter à Montréal qu'après en avoir reçu trois lettres de vous autant de M. de Belmont. Je pense que vous verrez de quelle conséquence il est de n'avoir point parmi vous un tel homme, qui, tout saint qu'il est, ne laisserait pas, avec les meilleures intentions du monde, de vous embarrasser (1). »

« On doit avoir lieu de craindre que ces Messieurs n'empêchent que l'humilité et la simplicité ne se rétablissent dans les deux communautés de l'Hôtel-Dieu et de la Congrégation. Et il me semble que le prélat a eu assez de preuves de leur génie pour s'en défier (2). »

M. de Saint-Vallier se désista en effet à l'égard de M. Bailly, qui se retira dans le diocèse de…

________________________________________
(4) Lettre de M. Tronson à M. de Casson, du 28 février 1692.
(5) Lettre du même à M. de Belmont, 1692.
(1) Lettre à M. de Casson, du 28 février 1692.
(2) Lettre du même, du 20 février 1693.

A suivre…

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Message  Louis Mer 09 Jan 2013, 6:50 am

X. M. Tronson refuse à M. de Saint-Vallier
de consentir au retour
de M. Bailly et de M. de Lacolombière à Villemarie.


(suite)

M. de Saint-Vallier se désista en effet à l'égard de M. Bailly, qui se retira dans le diocèse de Chartres; mais, quoi que M. Tronson pût lui dire pour le dissuader de ramener M. de Lacolombière, il persista dans son dessein, et l'emmena avec lui à Québec (1). Toutefois il ne fut pas longtemps à s'en repentir. « Quoique M. de Lacolombière ait du talent et de la piété, lui répondait M. Tronson, je ne suis pas surpris que vous n'en soyez pas content. Je crois qu'il ne saurait mieux faire et pour vous, et pour lui, et pour le Canada, que de repasser en France (2). »

M. de Lacolombière demeura cependant à Québec, et ne fut détrompé enfin de ses illusions que lorsqu'il apprit que la sœur Tardy était morte en France (3). II fit alors des instances pour rentrer au séminaire de Villemarie, ce à quoi M. Tronson refusa de consentir, ainsi que M. Leschassier, son successeur. Il conserva néanmoins beaucoup d'attachement pour le séminaire, et lui légua divers objets par son testament (4).

Ce fut ainsi que, par sa sagesse et sa fermeté, M. Tronson dissipa ce furieux orage qui semblait devoir ruiner les trois communautés de Villemarie. Après le rétablissement de la paix, et l'éloignement de ceux qui avaient été l'occasion de tous ces troubles, M. Tronson écrivait : « Quelque saintes que soient les personnes, et quelque bien qu'elles puissent faire d'ailleurs par leurs talents, quand elles écoutent trop les visions et qu'elles autorisent trop les voies extraordinaires, elles ne sont pas propres pour des communautés, où l'on a pour règle de suivre les routes communes qui nous ont été tracées par nos pères. Ce n'est point par ces conduites singulières que NOTRE-SEIGNEUR veut faire honorer l'intérieur de sa divine mère, mais par la pratique des vertus qui ne se trouvent jamais sans l'obéissance (1). »

_____________________________________________

(1) i] Lettre du même, [/i] 11 avril 1692
(2) Lettre à M. de Saint-Vallier, du 27 mars 1694.
(3) Lettre à M. Dollier, du 29 mars 1696. — Lettre à M. de Belmont, 1697.
(4) Testament de M. de Lacolombière, archives de l’hôpital général.
(1) lettre à M. Séguenot, de 1692.

A suivre : XI. Les sœurs de Saint-Joseph s’étant logées à la Congrégation après leur incendie…

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Message  Louis Mer 09 Jan 2013, 2:51 pm

XI. Les sœurs de Saint-Joseph s’étant logées
à la Congrégation après leur incendie,
DIEU montre quelle est la vraie union
qui doit être entre ces deux communautés.

A la suite des troubles dont on vient de parler, arriva, en 1695, l'incendie de l'Hôtel-Dieu, qui obligea les sœurs de Saint-Joseph à chercher, comme on l'a vu, un asile chez les sœurs de la Congrégation. Ce fut encore cette même année qu'eut lieu l'entrée de Mlle Le Ber dans cette communauté, en qualité de recluse. On vit alors dans la maison de la Congrégation trois sortes de personnes, unies entre elles par les liens de la plus étroite charité, vivre cependant sous la conduite des prêtres du séminaire, chacune selon leur vocation particulière et les règles propres de leur état.

Les religieuses hospitalières de Saint-Joseph suivaient les observances de leur ordre, et assistaient leurs malades dans cette maison ; les sœurs de la Congrégation pratiquaient de leur côté leurs exercices propres ; et enfin Mlle Le Ber vivait dans sa cellule, conformément à la règle qui lui avait été tracée; car, quoique associée de cœur et d'esprit à la Congrégation, elle n'en embrassa point l'institut. Les troubles précédents avaient eu pour motif le dessein chimérique de confondre les anciennes communautés en une seule, ainsi qu'une troisième qui devait être composée d'ermites ou de solitaires.

En réunissant donc de la sorte les hospitalières de Saint-Joseph et Mlle Le Ber aux sœurs de la Congrégation, DIEU sembla montrer la vraie nature de l'unité qu'il voulait voir régner entre elles, qui était d'unir ensemble les cœurs sans confondre la distinction des instituts.

« Je vois, écrivait la sœur Bourgeoys, que du jour que Mlle Le Ber est entrée dans cette communauté en qualité de solitaire, le 5 août 1695, les trois états de filles que NOTRE-SEIGNEUR a laissés après sa résurrection pour en être servi et pour servir à l'Église, comme sainte Madeleine par la vie solitaire, sainte Marthe par la vie active dans la clôture, et la très-sainte Vierge par la vie de zèle sans clôture extérieure; je vois, dis-je, que ces trois états sont réunis dans cette maison.

La recluse MlleLe Ber est dans l'état de sainte Madeleine, retenue dans sa grotte et appelée à la vie contemplative, comme saint Jean-Baptiste dans le désert.

Les hospitalières, depuis le jour de leur incendie, sont dans cette maison: c'est l'état de sainte Marthe.

Enfin les sœurs de la Congrégation, sans clôture extérieure, sont dans l'état de la sainte Vierge, notre sainte mère, notre souveraine et supérieure, qui embrasse tous les états de l'Église. Cette divine mère reçoit pourtant ces trois états de filles dans sa maison, pour nous faire connaître la grande union que nous devons avoir avec toutes les personnes qui s'emploient au service de DIEU, sous sa sainte protection (1). »

_______________________________________________

(1) Écrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : XII. Acte d’union des deux communautés composé par la sœur Bourgeoys.

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Message  Louis Jeu 10 Jan 2013, 7:21 am

XII. Acte d’union des deux communautés composé par la sœur Bourgeoys.

Aussi, pour rendre permanente cette union par un lien spécial, la sœur Bourgeoys voulut que la Congrégation et les sœurs de Saint-Joseph, avant leur séparation, contractassent ensemble une alliance spirituelle, qui les tînt étroitement liées d'esprit et de cœur, et les mît mutuellement en part des mérites qu'elles acquerraient en vaquant chacune aux fonctions propres de leur institut. Elle rédigea elle-même l'acte de cette association de charité ; nous le rapporterons ici, comme un monument des engagements sacrés qui ont uni jusqu'à ce jour ces deux communautés entre elles.

« Union spirituelle avec les religieuses de l'Hôtel-Dieu avant leur départ de la Congrégation pour retourner à l'hôpital. Dans l'intention où nous sommes de garder les commandements que DIEU par sa miséricorde nous a donnés dès la création du monde, dont le premier est celui-ci: Tu aimeras DIEU de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes les forces (1), nous supplions la divine et infinie Majesté d'augmenter notre amour, et nous lui protestons que nous n'avons et n'aurons jamais d'âme, de corps, de mémoire, de volonté, que pour les employer à faire sa volonté sainte pour le temps et pour l'éternité.

« Le second commandement est celui-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même (2) ; et ensuite DIEU nous a dit par son Apôtre : qu'il faut nous aimer les uns les autres, comme étant les membres d'un même corps (3). Pour accomplir donc ce second commandement, nous, sœurs de l'hôpital et de la Congrégation, étant par une providence spéciale, toutes ensemble dans la même maison, nous voulons bien faire alliance spirituelle, afin d'attirer par là la bénédiction de DIEU sur les emplois de nos instituts, que DIEU par sa miséricorde nous a confiés pour le soulagement des malades et l'instruction des filles.

« Nous confiant donc en la divine bonté, nous voulons toutes n'être qu'un cœur et qu'une âme (1), nous faisant participantes du peu de bien que DIEU voudra bien faire par nous; et nous espérons, par cette même grâce, éloigner de nous tout ce qui pourrait tant soit peu refroidir cette union : nous supportant dans les peines que nous pourrions ressentir, et dans les sujets que nous pourrions avoir de ne point persévérer dans cette union. Nous implorons le secours de la très-sainte Vierge, afin qu'elle soit notre protectrice, et qu'elle nous obtienne la grâce d'y être fidèles jusqu'à la mort. Ainsi soit-il (2). »
___________________________________________

(1) Deutéronome, ch. VI, v. 5.
(2) Évangile selon saint Matthieu, ch. XXII, v. 39.
(3) Épître aux Romains, ch. XII, v. 5 et 10.
(1) Actes des Apôtres, ch. IV, v. 32
(2) Écrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : XIII. Instances de la Congrégation et de l’Hôtel-Dieu pour être dirigées à l’avenir par le séminaire.


Dernière édition par Louis le Jeu 10 Jan 2013, 3:00 pm, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Message  Louis Jeu 10 Jan 2013, 11:54 am

XIII. Instances de la Congrégation et de l’Hôtel-Dieu
pour être dirigées à l’avenir par le séminaire.

Après les troubles que nous avons racontés, comme les religieux Récollets et les PP. Jésuites formaient les uns et les autres une résidence de leur ordre à Villemarie, les prêtres de Saint-Sulpice, de l'avis de M. Tronson (3), jugèrent à propos de proposer aux sœurs de la Congrégation et à celles de Saint-Joseph de prendre désormais leur directeur parmi ces religieux. La sœur Bourgeoys et la supérieure de l'Hôtel-Dieu, surprises de cette proposition, s'empressèrent d'écrire à M. Tronson, pour le conjurer de ne pas les abandonner, l'assurant que toutes avaient une entière confiance aux ecclésiastiques du séminaire, et que ce changement serait une source de troubles et de chagrin dans les deux communautés. Touché des motifs que la sœur Bourgeoys lui avait alléguées dans sa lettre, M. Tronson lui répondit en ces termes :

« Comme je crois que DIEU demande que nos Messieurs continuent encore de prendre soin de votre communauté, je condescends volontiers à votre désir, pourvu que vos filles se rendent bien dociles et profitent de leurs avis. Ce sera un bon moyen pour faire que nos Messieurs ne les quittent pas: car leur docilité sera une marque assez grande de la volonté de DIEU , qui seul les arrête dans cet emploi. Je crois que toutes vos bonnes sœurs seront obéissantes, que c'est là leurs dispositions présentes, et j'espère que DIEU en bénira les suites. Je souhaite que tout réussisse à la gloire de notre divin Maître, à la sanctification de vos filles, et à votre satisfaction (1). »

Il écrivait à la sœur Barbier : « Pourvu que vos sœurs soient fidèles à l'obéissance, nos Messieurs vous continueront volontiers les services qu'ils vous rendent. Je serais même ravi qu'ils pussent contribuer à votre avancement, et le comble de ma joie serait que NOTRE-SEIGNEUR bénît assez leur travail pour vous rendre toutes saintes et selon le cœur de DIEU. J'espère que le passé n'y mettra point d'obstacle, les intentions ayant été bonnes, et les voies extraordinaires étant maintenant écartées. Ainsi laissons le passé dans l'oubli, abandonnons l'avenir à la Providence et donnons le présent à la fidélité, pour ne nous point écarter des règles de perfection que les saints et l'Évangile nous donnent (1). »

_________________________________________________

(3) lettre du 25 février 1693.
(1) Lettres de M. Tronson; lettres du mois de mars 1693 et du 23 mars 1694.
(1) Ibid., lettre à la sœur Barbier, du 23 mars 1694.

A suivre : XIV. M. de Valens est nommé directeur de la Congrégation.


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Message  Louis Ven 11 Jan 2013, 5:05 am

XIV.M. de Valens est nommé directeur de la Congrégation.

Les vœux de M. Tronson pour la sanctification des sœurs furent heureusement accomplis par la bénédiction que DIEU se plut à répandre sur le zèle de M. de Valens, l'un des ecclésiastiques du séminaire, chargé alors de leur direction (2). Il succédait à M. du Chaigneau, qui les dirigea après le départ de M. Bailly, et qui ne pouvait plus, à cause de ses autres fonctions, leur donner toute l'application que demandait la conduite de leurs consciences (3). M. de Valens se faisait remarquer par une grande obéissance et une profonde humilité. D'autant plus en état de procurer la sanctification des sœurs qu'il s'en estimait plus incapable, il fut effrayé de ce fardeau, et écrivit quelque temps après à M. Tronson pour le prier de l'en faire décharger.

« Votre disposition et votre fidélité à obéir, lui répondit M. Tronson, attireront sur vous bien des grâces et suppléeront au peu de capacité que vous croyez avoir. Ces bonnes filles souhaitent fort que vous continuiez à leur rendre service, connaissant le bien que vous faites parmi elles. C'est ce qui fait que j'en écris à M. Dollier, afin que, s'il peut, il ne vous change point d'emploi et qu'il leur laisse celle satisfaction (1).»

Il écrivait aux sœurs de la Congrégation elles-mêmes: « Je souhaite qu'on puisse vous laisser M. de Valens. Comme M. Dollier est persuadé, aussi bien que nous, des avantages que le pays retire de votre institut, il fera volontiers tout ce qui pourra dépendre de lui pour y entretenir la ferveur, et faire en sorte que toutes les sœurs se perfectionnent de plus en plus (2). »

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(2) Lettre de M. Tronson à M. de Valens., 1693.
(3) Lettre de la sœur Bourgeoys, du mois de mars, 1693.— à M. Dollier, du 20 février 1693.
(1) Lettre de M. De Valens, 28 mars, 1695.
(2) lettre à la sœur Barbier, du 27 mars 1695.

A suivre : XV. La sœur Bourgeoys se démet enfin de sa charge de supérieure….


Dernière édition par Louis le Sam 12 Jan 2013, 6:07 am, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Message  Louis Ven 11 Jan 2013, 12:08 pm

XV. La sœur Bourgeoys se démet enfin
de sa charge de supérieure.
Elle est délivrée de ses peines.

Après la cessation des troubles qui avaient agité la Congrégation, la sœur Bourgeoys obtint enfin d'exécuter le dessein qu'elle méditait depuis si longtemps, de se démettre de la fonction de supérieure. M. de Saint-Vallier ayant visité de nouveau la communauté en 1693, elle lui réitéra ses instances, et cette fois elle fut exaucée, ainsi qu'elle le raconte elle-même dans ses mémoires:

« Monseigneur, à qui trois ans auparavant j'avais exposé mes raisons, dit-elle, me demanda quel sujet j'avais de me démettre de la supériorité. Je lui répondis que peut-être DIEU me donnerait quelque temps de vie et que je pourrais m'entretenir avec la nouvelle supérieure de tout ce que l'expérience m'avait fait connaître depuis plus de quarante ans; et il approuva mes raisons. Mais en même temps la pensée me vint d'avoir promis à DIEU et ne point quitter pour toutes les peines que je pourrais avoir. Je ne lui dis pas cette forte réflexion que j'avais, et la crainte de passer pour une personne qui aime la supériorité (en revenant sur ma demande) me fit passer outre (1). »

En conséquence de l'approbation donnée par M. de Saint-Vallier, la sœur Bourgeoys assembla la communauté au mois de septembre 1693, et après avoir fait humblement sa démission en la manière marquée dans les constitutions qui servaient de règle, quoique non autorisées encore, elle fit de vive voix à ses sœurs, et leur laissa par écrit, la déclaration suivante (2) :

« Il n'est plus question de parler de moi que comme d'une misérable, qui, pour n'avoir pas été fidèle dans l'emploi qui m'avait été si amoureusement confié, mérite de très-grands châtiments, qui s'augmenteront encore par la peine que mon relâchement vous a fait ressentir. Je vous en demande pardon et le secours de vos prières. Mettez-y le remède autant qu'il se pourra. Il faut changer promptement de supérieure, et que celle qui sera élue fasse garder exactement les règles, jusqu'à la plus petite; car, sans cela, qu'y a-t-il de plus dans cette communauté que ce que font les personnes du monde, qui vivent chrétiennement ? Entretenez-vous dans cet esprit que vous devez avoir, qui est la pauvreté, le mépris, l'obéissance et l'abandon entre les mains de DIEU. »

La démission ainsi faite, on laissa passer quelques jours, pendant lesquels la sœur Bourgeoys donna le premier exemple de la conduite qu'une supérieure de la Congrégation doit tenir après s'être déposée, et jusqu'au temps d'une nouvelle élection (1).

« Quelques personnes me disaient, rapporte-t-elle, que je pouvais choisir une supérieure. Je tâchai de faire que ce fût ma sœur Barbier. Aussitôt qu'elle fut élue, la joie se répandit dans la maison (2).»

Personne parmi les sœurs n'en ressentit une plus douce que celle qu'éprouva alors la sœur Bourgeoys. Car, peu après sa démission, elle se trouva délivrée des peines d'esprit si accablantes qui la tourmentaient par suite de la déclaration que lui avait faite la sœur Tardy plus de quatre ans auparavant.

« Depuis que je n'ai plus les peines que j'ai eues pendant cinquante mois, notre bon DIEU, dit-elle, me fait la grâce que tous les désirs que je sens se terminent doucement. Cependant je n'ai rien fait pour mériter cette miséricorde, elle est toute gratuite. Il me semble que j'ai toute la volonté d'en être reconnaissante, n'ayant plus rien à faire que de m'étudier à accomplir la volonté de DIEU, à laquelle je me suis vouée de tout temps (1). »

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(1) Écrits autographes de la sœur Bourgeoys.
(2) Vie de la sœur Bourgeoys, 1818. P. 152.
(1) Ibid.
(2) Écrits autographes de la sœur Bourgeoys.
(1) Vie de la sœur Bourgeoys, 1818. P. 152.— Vie de la même, par M. Ransonet, p. 78.

A suivre : Chapitre III. Esprit de la Congrégation. La sœur Bourgeoys obtient enfin...

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Message  Louis Sam 12 Jan 2013, 6:23 am

.
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Vie de la Soeur Bourgeoys. (Table) COMPLET.  - Page 13 A_m_tr10

(*)

.
CHAPITRE III.

ESPRIT DE LA CONGRÉGATION.
LA SŒUR BOURGEOYS OBTIENT ENFIN DE SON ÉVÊQUE
DES RÈGLES CONFORMES À CET ESPRIT.

I. Difficultés qu’on forme contre l’institut de la Congrégation.

Il y avait déjà plus de quarante ans que la sœur Bourgeoys était établie à Villemarie, et plus de vingt ans que sa communauté avait été érigée par lettres patentes du roi, sans qu'elle eût pu obtenir encore des évêques de Québec l'approbation de règles propres à son institut. Quoique manifestement approuvé de DIEU par les fruits qu'il produisait, l'institut de la Congrégation avait cependant paru suspect à plusieurs. Jusque alors on avait vu les vierges consacrées à DIEU , suivre quelqu'une des règles approuvées par l'Église, et demeurer renfermées dans la clôture de leurs couvents.

Les sœurs de la Congrégation, et quelques autres qui parurent en France vers le même temps, vivaient au contraire sans clôture, sans vœux de religion, n'assistaient à d'autres offices qu'à ceux de leur paroisse, et exerçaient leur zèle partout où le service du prochain les appelait. Un genre de vie si nouveau pouvait bien paraître suspect, comme tout ce qui a quelque apparence de nouveauté dans l'Église, et DIEU permit qu'on formât, contre l'institut naissant des filles de la Congrégation, des difficultés qui tinrent longtemps en suspens l'autorité épiscopale, d'ailleurs assez portée à unir ces filles aux Ursulines de Québec. La sœur Bourgeoys rappelle elle-même, dans ses Mémoires, les difficultés diverses qu'on lui objectait, et il est aisé de voir, par ses réponses, combien la sagesse de DIEU, qui lui avait inspiré le dessein de cet institut, se plaisait à lui en découvrir avec netteté la convenance et les moyens.



(*) Note de Louis : Ce me semble être une lettre de la Soeur Bourgeoys à M. Tronson sur les motifs de l'établissement d'une Communauté à Montréal.
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A suivre : II. La très-sainte Vierge est regardée comme l'institutrice de la Congrégation.

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Message  Louis Sam 12 Jan 2013, 1:03 pm

II. La très-sainte Vierge est regardée comme l'institutrice de la Congrégation.

« On nous demande, dit-elle, pourquoi nous n'embrassons pas quelqu'un des ordres que les instituteurs inspirés de DIEU ont établis dans l'Église?

« Voici la réponse : L'état que nous embrassons, en nous engageant dans cette communauté sans clôture, est l'état même de la sainte Vierge, notre institutrice, notre mère et notre souveraine. Ayant reçu de DIEU le domaine de ce pays, conformément aux prières qui lui ont été adressées par les personnes qui y sont venues les premières, elle a eu dessein de faire instruire les petites filles en bonnes chrétiennes, pour qu'elles fussent ensuite de bonnes mères de famille. Pour cela, elle a choisi les pauvres filles de la Congrégation, sans esprit, sans conduite, sans talents et sans bien ; comme NOTRE-SEIGNEUR , pour instruire tout le monde de sa doctrine et de son Evangile, avait choisi des hommes grossiers et peu estimés du monde.

« Diverses marques montrent, en effet, que la sainte Vierge a agréé qu'il y eût une troupe de filles qui s'assemblassent dans l'île de Montréal, pour honorer la vie qu'elle a menée dans le monde; de plus, qu'il y aurait un séminaire qui serait sous sa protection; qu'enfin on y bâtirait une église sous son nom, et une ville sous le titre de Villemarie. Tout cela a été accompli. La Congrégation a pris naissance dans ce pays, et il me semble qu'elle est la première communauté qui s'y soit formée. Les autres étaient déjà formées en France avant de venir en Canada ; les premières filles de la Congrégation y sont même venues sans aucun dessein de communauté.

« Si donc la sainte Vierge nous favorise tant que de nous donner quelque petit rang au nombre de ses servantes, ne devons-nous pas employer toutes nos forces, notre industrie, notre vie même, pour contribuer en quelque chose à l'instruction des filles, et continuer ses pieux emplois (1)?

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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : III. Les filles de la Congrégation continuent les emplois…

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Message  Louis Dim 13 Jan 2013, 6:37 am

III.Les filles de la Congrégation continuent
les emplois de zèle que la très-sainte Vierge
a exercés après la résurrection de NOTRE-SEIGNEUR.

« Car, après la résurrection de NOTRE-SEIGNEUR, elle a contribué par ses soins à établir l'Eglise et à la fortifier. Elle a instruit les premiers chrétiens en tout ce qu'elle a trouvé d'occasions de faire connaître et aimer NOTRE-SEIGNEUR , n'ayant jamais refusé de se trouver là où la charité, où la nécessité réclamaient son secours. Quand quelqu'un se détournait du bon chemin, elle faisait tout par ses prières et ses exhortations pour le remettre dans la bonne voie. A son imitation, les sœurs de la Congrégation doivent donc recevoir des filles et des femmes en retraite, et faire tout leur possible pour les aider à réformer leurs mœurs.

« Il est vrai que sa vie était comme une eau cristalline , qui, découlant des fontaines du Sauveur (2), désaltérait tous ceux qui s'approchaient de sa personne, et que la vie des sœurs de la Congrégation, comparée à la sienne, est semblable à une eau qui reçoit toutes les immondices, et ne désaltère point.

« Néanmoins, comme elles doivent pratiquer ses vertus et exercer ses emplois, pour servir à l'Église, il faut que, selon leur pouvoir, et avec la grâce de DIEU , elles fassent comprendre par leurs instructions, et surtout par leurs exemples, aux filles et aux femmes, l'importance d'embrasser les commandements de DIEU , et de travailler à la réformation de leurs mœurs. Au cénacle, où elle présidait, elle reçut une surabondance de grâces par-dessus toutes celles qu'elle avait reçues jusque alors. De cette surabondance elle répand ses faveurs sur les personnes qui s'exercent aux vertus qu'elle a pratiquées pour établir et fortifier l'Église, et les fait aussi découler sur cette petite troupe de filles qu'elle a choisies pour former de bonnes chrétiennes dans ce pays qui lui est consacré.

« Il est donc bien raisonnable que nous nous engagions à suivre la vie qu'elle a menée, à imiter les vertus qu'elle a pratiquées, et à nous appliquer aux emplois qu'elle a exercés (1).

________________________________________

(2) Isaïe, chap. XII, v.3.
(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : IV. La très-sainte Vierge n'a pas moins de puissance qu'en ont eu les instituteurs d'ordres.

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Message  Louis Dim 13 Jan 2013, 11:36 am

IV. La très-sainte Vierge n'a pas moins de puissance
qu'en ont eu les instituteurs d'ordres.

« On nous demande encore pourquoi nous ne prenons pas pour protecteur quelqu'un des saints fondateurs d'ordres, qui ont attiré tant de personnes à entrer dans leurs instituts, ce qui serait un moyen d'engager les filles à s'associer à nous.

« DIEU ayant donné aux saints fondateurs d'ordres le pouvoir d'attirer tant de personnes à la connaissance de leur salut, nous ne doutons point qu'il n'ait donné aussi la même puissance à notre très-chère institutrice, qui est sa mère, et qui a soutenu l'Église depuis la mort de son Fils jusqu'à la descente du SAINT-ESPRIT. Au cénacle elle a présidé, comme une reine gouverne ses États durant la minorité de ses enfants: car les apôtres n'étaient pas encore capables de conduire l'Église, et après qu'ils eurent été remplis du SAINT-ESPRIT, et qu'ils exercèrent leur sacerdoce, quoiqu'elle les respectât comme ses pères et ses seigneurs, les apôtres la respectaient comme leur mère et prenaient même ses conseils.

« Nous ne doutons donc pas de sa puissance ; d'ailleurs elle nous en a donné assez de preuves jusqu'à ce jour.

« Ainsi on avait été huit ans sans pouvoir élever d'enfants à Villemarie, et la première qui est restée vivante a été élevée à la Congrégation.

« La première Iroquoise baptisée y a été aussi élevée et y est morte.

« La première Iroquoise qui a été reçue en communauté, l'a été à la Congrégation, où elle a porté l'habit douze ans.

« La première fille de Villemarie qui s'est donnée au service de DIEU , a pris ce parti en entrant dans la Congrégation.

« La première école des filles sauvages a été ouverte par les sœurs de cette communauté.

« Enfin la première église qui a subsisté en ce pays est Notre-Dame de Bon-Secours (1).

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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.
V. La règle que la très-sainte Vierge a suivie…

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Message  Louis Lun 14 Jan 2013, 5:25 am

V. La règle que la très-sainte Vierge a suivie,
c'est l'amour de DIEU et du prochain.

« On nous demande pourquoi nous ne prenons pas la règle de quelqu'un des fondateurs d'ordres dans l'Église.

« Nous répondons que la règle de la charité est celle que la sainte Vierge a prescrite à tous ceux qui ont eu l'honneur d'être à sa suite, et que même les premiers chrétiens n'en avaient pas d'autre ; car l'amour de DIEU et du prochain renferme toute la loi (2).

« Les statuts nécessaires et essentiels que nous devons garder premièrement, sont les commandements de DIEU , auxquels il faut être attaché inséparablement. Hors de ces statuts, nul ne peut être sauvé. Les anges qui ont détourné leur vue de DIEU par un orgueil épouvantable de leur propre excellence, sont précipités, sans qu'ils puissent avoir aucune ressource, s'étant désunis des statuts essentiels à toute créature, c'est-à-dire de DIEU. Aussitôt que la sainte Vierge a été au monde, elle l'a reconnu pour son Créateur, elle l'a adoré en esprit et en vérité, elle l'a remercié de tous ses bienfaits, elle a embrassé ses commandements avec désir de les observer fidèlement, et a souhaité de pouvoir prendre le parti de DIEU sur la terre, comme les bons Anges l'avaient fait dans le ciel.

« Les sœurs de la Congrégation s'efforcent, selon leur pouvoir et avec la grâce de DIEU , de faire ce qu'elle a fait, et de prendre le parti de DIEU en l'éducation des filles. Toutes nos pensées, nos paroles et nos actions doivent avoir pour commencement et pour fin d'embrasser les commandements de DIEU. Enfin, ils devraient être marqués partout, jusque sur le seuil de nos portes, étant très-certain que la plus petite inobservance que l'on en fait, est un faux pas qui peut conduire à la perdition. Il faut donc, dans les écoles et dans les instructions, faire comprendre l'importance de les observer.

« Voilà les statuts que nous devons suivre invariablement dans la Congrégation. Nos constitutions sont NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST , qui, étant descendu du ciel, s'est fait homme, pour faire connaître au genre humain, par exemples et par paroles, jusqu'à mourir sur une croix, les moyens d'accomplir les commandements de DIEU (1).

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(2) Épître aux Romains, chap. XIII, v. 10
(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : VI. A l'imitation de la très-sainte Vierge, les sœurs…


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Message  Louis Lun 14 Jan 2013, 12:15 pm

VI. A l’imitation de la très-sainte Vierge,
les sœurs de la Congrégation ne font point des vœux solennels.

« On nous demande pourquoi nous ne faisons pas les vœux solennels que les instituteurs d'ordres ont prescrits pour faire observer fidèlement les enseignements et les conseils de NOTRE-SEIGNEUR , la pauvreté, la chasteté, l'obéissance, et qui portent à une grande perfection ceux qui les contractent.

« Nous répondons que la très-sainte Vierge, notre chère institutrice, s'est consacrée à DIEU sans le concours du monde. Son vœu de virginité n'a été connu qu'à la salutation de l'Ange, et ses autres vœux que par la pratique constante qu'elle en a faite toute sa vie. De même nous faisons des vœux sans concours de monde : mais il est bon que tout le monde les connaisse dans leur pratique.

« Autant que la pauvreté de notre nature corrompue nous le permettra, nous souhaitons garder, avec la grâce de DIEU et le secours de notre institutrice, pauvreté, chasteté et obéissance, tout le temps que nous serons dans cette maison ; et nous espérons les pratiquer aussi parfaitement que si nous faisions des vœux solennels.

« Car l'obligation de la pauvreté, par exemple, est dans le cœur, l'intérieur faisant agir l'extérieur; et, dans les vraies congréganistes, la pensée que c'est à DIEU qu'elles ont voué la pauvreté, fait qu'elles se privent de tout ce qui peut en rompre l'observance, non-seulement dans le vêtement, la nourriture et le reste, mais encore dans toute leur conduite.

« Si elles sont pauvres de cœur, elles céderont à tout le monde, se rangeront à l'humeur des autres, et croiront que personne ne doit se faire à leur humeur: les pauvres sont sujets aux riches, comme les enfants à leurs parents, les soldats à leurs capitaines. Elles reçoivent tout par aumône ; elles acceptent l'emploi et le travail tels qu'ils leur sont offerts, sans réplique, ni murmure, tâchant d'édifier le prochain partout, et lui rendant service dans toutes les occasions (1).

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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : VII. Pour imiter la très-sainte Vierge, les sœurs…


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Message  Louis Mar 15 Jan 2013, 5:28 am

VII. Pour imiter la très-sainte Vierge,
les sœurs ne doivent point être astreintes à la clôture.

« On nous demande pourquoi nous aimons mieux être sans clôture que d'être cloîtrées, le cloître étant la conservation des personnes de notre sexe.

« Nous répondons que la sainte Vierge n'a point été cloîtrée. Elle a bien été retirée dans une solitude intérieure ; mais elle ne s'est jamais exemptée d'aucun voyage où il y eût quelque bien à faire, ou quelque œuvre de charité à exercer. La regardant comme notre institutrice, nous ne sommes point cloîtrées, quoique vivant en communauté, afin d'être employées, pour l'instruction des filles, dans les lieux que les personnes qui nous conduisent trouvent à propos.

« Il est vrai que le cloître est la conservation de notre sexe; mais pouvons-nous avoir une plus grande protectrice que celle qui a été comme une tige de la pureté dans laquelle DIEU avait créé le monde, et qu'il avait réservée, comme les prophètes l'avaient annoncé, pour être propre au mystère de l'incarnation de son Fils ; qui enfin a été préservée de la tache originelle, a été par conséquent la première avocate du monde?

« Pouvons-nous avoir une plus grande protectrice que cette auguste Vierge qui a été constituée fille du Père, mère du Fils, épouse du SAINT-ESPRIT, et le temple de la très-sainte Trinité en terre ; qui a contribué à la formation du corps sacré du Fils de DIEU que nous recevons en la sainte communion, pour la nourriture de nos âmes ; et à qui le Père éternel a confié la très-sainte humanité de son Verbe, pour être nourrie et élevée dans la vie humaine?

0 sainte Vierge, par le pouvoir que vous avez reçu de DIEU sur toutes les créatures, je vous supplie très-humblement de défendre cette petite troupe contre l'attaque des ennemis du salut, et de marquer au frontispice de cette communauté :

« Sauve-garde de la Reine du ciel (1). »

Nous pouvons remarquer ici en passant que cette prière de la sœur Bourgeoys…

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(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre...

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Message  Louis Mar 15 Jan 2013, 11:45 am

VII. Pour imiter la très-sainte Vierge,
les sœurs ne doivent point être astreintes à la clôture.


(suite)

Nous pouvons remarquer ici en passant que cette prière de la sœur Bourgeoys a été exaucée jusqu'à ce jour par la Reine des vierges, à la grande édification des peuples du Canada. L'expérience a montré, en effet, que, loin de recevoir aucune atteinte du contact du monde, au milieu duquel elles sont répandues, les sœurs de la Congrégation y ont porté constamment la bonne odeur de JESUS-CHRIST , et des vertus les plus parfaites qu'on puisse pratiquer dans le cloître. La mère Juchereau, dans son Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec, qu'elle a poussée jusqu'à l'année 1716, leur rendait ce beau témoignage:

« La sœur Bourgeoys et ses compagnes, en formant l'établissement de la Congrégation, si utile à toute la colonie, ont élevé une des plus florissantes communautés du Canada. Elles se sont maintenues jusqu'à présent dans l'estime de tous les gens de bien, et la malignité de la médisance n'a pas encore eu aucune prise sur les sujets de cette maison (2). »

Nous ajouterons que depuis la mère Juchereau elles ont conservé constamment cette réputation d'intégrité parfaite, et c'est l'hommage que leur rend un écrivain canadien, qu'on n'accusera pas de partialité dans les éloges qu'il donne aux institutions religieuses :

« Le respect dont les sœurs de la Congrégation, dit-il, ont été l'objet dans tous les temps de la part du peuple, est une preuve de leur mérite et de leur utilité (1). »

____________________________________

(2) Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec, p. 120.
(1) Histoire du Canada, par M. Garneau, 1845 , in-8°, t. I, p, 361.

A suivre : VIII. Les sœurs doivent aller en mission pour imiter les apôtres.


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Message  Louis Mer 16 Jan 2013, 5:56 am

VIII.Les sœurs doivent aller en mission pour imiter les apôtres.

« On nous demande, continue la sœur Bourgeoys, pourquoi nous faisons des missions, qui nous mettent en hasard de beaucoup souffrir, et même d'être prises, tuées, brûlées par les sauvages.

« Nous répondons que les apôtres sont allés dans tous les quartiers du monde pour prêcher JESUS-CHRIST, et qu'à leur exemple nous sommes pressées d'aller le faire connaître dans tous les lieux de ce pays où nous serons envoyées. Si les apôtres ont donné leurs travaux, leur vie et tout ce qu'ils pouvaient prétendre en ce monde, pour faire connaître DIEU, pourquoi les filles de la Congrégation ne sacrifieraient-elles pas leur santé, leur satisfaction, leur repos et leur vie pour l'instruction des filles à la vie chrétienne et aux bonnes mœurs ?

« NOTRE-SEIGNEUR demanda à ses apôtres s'ils boiraient son calice (2), et on demande aux filles de cette communauté si elles peuvent embrasser la pauvreté et le mépris. Pour pouvoir instruire gratis, elles se contentent de peu, se privent de tout, et vivent partout pauvrement. Et comme les apôtres, elles travaillent même les nuits pour gagner leur vie, et n'être à charge à personne. Aussi cette communauté doit être une image du collège des apôtres ; mais je compare le collège apostolique à une étoile qui est au firmament, et la Congrégation à un brin de neige qui tombe en forme d'étoile, et qui peut se fondre à la moindre chaleur.

« C'est pourquoi, pour conserver et augmenter la grâce de DIEU sur cette communauté, il faut donner le manteau à qui veut avoir la robe, prêter au prochain, quand cela se peut sans s'incommoder, ne pas faire plus de fond d'une fille de condition que d'une autre qui aurait plus de vertus; en un mot, il faut faire passer la sagesse divine avant la prudence humaine (1).

______________________________________________

(2) Evangile selon saint Marc, ch. x, v. 38.
(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : IX. Les sœurs de la Congrégation doivent être filles de paroisse.

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Message  Louis Mer 16 Jan 2013, 12:40 pm

IX.Les sœurs de la Congrégation doivent être filles de paroisse.

« Enfin on nous demande pourquoi nous aimons mieux être filles de paroisse que d'être en notre particulier, où nous n'aurions pas les mêmes privations qu'il faut avoir à la paroisse, et pourquoi nous espérons d'être toujours conduites par les séminaires.

« Voici la réponse : La sainte Vierge a agréé qu'il y eût à Montréal un séminaire qui serait sous sa protection. L'église de la paroisse nous représente le cénacle où la sainte Vierge a présidé, et les séminaires nous représentent le collège des apôtres. Ils tâchent de les imiter pour étendre et fortifier le christianisme, pour faire connaître DIEU et détruire le péché dans tous les lieux où ils peuvent s'établir. Tous les apôtres ont perdu la vie dans ces emplois, ce qui n'empêche pas le zèle des séminaires d'y consacrer leur force et même leur vie.

« Pour honorer donc la vie de la sainte Vierge, nous devons être filles de paroisse, être gouvernées par les séminaires, avoir une place à l'église paroissiale pour y conduire les écolières, et assister nous-mêmes aux grand’messe, aux vêpres et aux saluts, y communier quelquefois. Enfin les derniers sacrements nous doivent être administrés par l'ordre de la paroisse, et c'est là que nous devons avoir notre sépulture (1).»

______________________________________________

(l) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys. — Lettre de la sœur à M. Tronson, de l'année 1695.

A suivre : X. Projet d'unir les sœurs de la Congrégation à l'institut des Ursulines.


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Message  Louis Jeu 17 Jan 2013, 5:43 am

X. Projet d'unir les sœurs de la Congrégation à l'institut des Ursulines.

Telles étaient les lumières que la sagesse divine avait données à la sœur Bourgeoys sur l'esprit , les pratiques et les emplois de son institut, et qui furent pleinement justifiées par l'expérience , au grand avantage de la colonie. Si cette sage fondatrice, ainsi qu'il a été dit, regardait les commandements de DIEU comme les premiers statuts de sa communauté, et l'Evangile comme ses constitutions, ce n'est pas qu'elle jugeât inutile de lui donner des règles particulières pour y conserver l'esprit primitif; mais elle était convaincue que la Congrégation, appelée à retracer, par ses œuvres de zèle, la vie de la très-sainte Vierge après l'Ascension du Sauveur, ne pouvait adopter les règlements des instituts religieux, tous voués à des fins différentes de la sienne, et d'ailleurs astreints à garder la clôture, qu'elle jugeait incompatible avec les fonctions de son institut.

Nous avons raconté déjà les tentatives que l'on avait faites plusieurs fois pour établir à Villemarie les Ursulines de Québec. Selon toutes les apparences, ce projet aurait été mis à exécution, si M. Dollier de Casson n'eût représenté à M. de Saint-Vallier que deux communautés, vouées à l'instruction des jeunes filles, ne pourraient y trouver assez de matière à leur zèle. Les Ursulines, qui déjà y avaient choisi un local convenable à leur dessein, comprirent elles-mêmes que leur projet était en effet impraticable, et M. de Saint-Vallier, de son côté, en sentit aussi tous les inconvénients.

Comme cependant elles désiraient toujours d'avoir à Villemarie une maison de leur ordre, elles firent proposer plusieurs fois, et proposèrent elles-mêmes aux sœurs de la Congrégation, d'embrasser la règle des Ursulines, pour ne former plus entre elles qu'un seul institut (1) (*).

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(1) Archives de la Congrégation:Remontrances des sœurs au sujet des règles.

A suivre : le (*) …


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Message  Louis Jeu 17 Jan 2013, 10:52 am

X. Projet d'unir les sœurs de la Congrégation à l'institut des Ursulines.

suite: le (*)
______________________________
(*) Dans ses voyages à Québec, la sœur Bourgeoys ne manquait pas de visiter les Ursulines, pour entretenir avec ces religieuses des rapports mutuels de charité. Ce fut apparemment à l'occasion de ces visites qu'elles lui firent plusieurs fois la proposition dont nous parlons. Quoique cette digne fondatrice eût reçu de DIEU des lumières particulières sur les moyens qu'elle devait employer dans l'éducation et l'instruction des enfants, elle ne laissait pas d'adopter les pratiques qu'on lui suggérait, lorsqu'elle y voyait quelque avantage. Jusqu'à son troisième voyage en France, elle avait permis aux jeunes demoiselles de son pensionnat de visiter quelquefois leurs parents. Comme les sœurs de la Congrégation étaient dans l'usage de conduire leurs élèves à l'église paroissiale, pour les offices publics les dimanches et les fêtes, et même tous les jours pour la sainte messe, elle n'avait pas jugé que ses pensionnaires fussent exposées à une grande dissipation en visitant leurs familles à certaines époques de l'année, surtout dans les premiers temps de la colonie, où la piété était partout en si grand honneur.

Mais en 1679 s'étant rendue à Québec pour se disposer à son dernier voyage d'Europe, les Ursulines de cette ville lui apprirent qu'elles avaient été contraintes de supprimer toutes les sorties de leurs pensionnaires; et sur les raisons qu'elles lui donnèrent de cette suppression, elle résolut d'en user de même; ce qu'elle fit en effet après son retour en Canada. Avant de s'embarquer pour la France, elle en écrivit en ces termes à M. Remy :

« Les Ursulines de Québec trouvent que les sorties en ville causent bien de la perte de temps et donnent lieu à des entretiens, a des rapports qui nuisent à l'instruction de leurs pensionnaires. Elles ont pris le parti de supprimer ces sorties, et ont résisté pour cela jusqu’à M. le comte (de Frontenac), qui voulait faire sortir une fille dont il paie la pension, pour qu'elle allât voir mademoiselle de Bécancourt, sa tante, qui était à Québec.

Enfin leurs pensionnaires ne sortent plus; et on le trouve bon, quoiqu'au commencement ces religieuses aient eu bien de la peine. Quand il survient quelque occasion fort pressante de faire sortir quelques pensionnaires, elles envoient en demander la permission au père Béchefer, leur supérieur. Je crois que ce serait fort bien d'en user de même. Je vais en faire dire un petit mot à ma sœur Elisabeth; et quand la chose n'aurait pas son effet dès à présent, cela disposera les esprits à son entière exécution à l'arrivée des règles (1). »

_____________________________________

(1) Archives de la Congrégation; lettre de la sœur à M. Remy,du 11 novembre 1679.
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A suivre : XI. M. de Saint–Vallier désire cette union et prépare les moyens de l'opérer un jour.

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Message  Louis Ven 18 Jan 2013, 6:29 am

XI. M. de Saint–Vallier désire cette union
et prépare les moyens de l'opérer un jour.

M. de Saint-Vallier désirait beaucoup aussi cette fusion, et il fit tout ce qu'il put pour y amener la sœur Bourgeoys et ses filles. « C'est à quoi nous avons toujours déclaré à Monseigneur ne pouvoir consentir, écrivaient ces dernières en 1694, attendu que nous n'avions pas fait dessein, en nous mettant à la Congrégation, d'embrasser la vie religieuse, dont les Ursulines font profession (1). »

Si ce prélat montrait tant de zèle à procurer l'union des deux communautés en une seule, c'était pour éteindre avec honneur la Congrégation, dont le genre de vie lui paraissait trop extraordinaire dans des filles pour que leur institut pût se maintenir, et être longtemps utile à ses diocésains. En vue de préparer les voies à cette fusion, il leur avait proposé plusieurs fois d'adopter la clôture, et comme elles y témoignaient toutes une entière opposition, il les assurait que tôt ou tard elles y seraient contraintes par nécessité. Dans le même dessein, il voulut les obliger à exiger des filles qui demandaient à entrer dans la Congrégation, une dot, qu'il portait jusqu'à 2,000 livres. Cette mesure excita bien des murmures contre elles à Villemarie et ailleurs, dans la croyance où chacun était qu'elles l'avaient elles-mêmes sollicitée de leur évêque, quoiqu'elles en fussent toutes très-affligées, surtout la sœur Bourgeoys, qui la regardait avec raison comme une cause de ruine pour son institut (1).

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(1) Remontrances , ibid.
(1) Remontrances , ibid.

A suivre : XII. Suppression de l'œuvre de la Providence.

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Message  Louis Ven 18 Jan 2013, 2:46 pm

XII. Suppression de l'œuvre de la Providence.

La suppression de la maison de la Providence fut encore pour elles l'occasion de nouvelles épreuves de la part de M. de Saint-Vallier. Cette œuvre paroissiale, que des circonstances particulières avaient fait naître, était établie, comme on l'a vu, pour apprendre à travailler à des filles pauvres, et n'était soutenue que par les efforts de la charité. Jusque alors les sœurs de la Congrégation en avaient eu la conduite, mais son objet n'entrait pas assez dans les fonctions propres de leur institut, entièrement voué à l'instruction et à l'éducation des enfants, pour qu'elles dussent la continuer d'une manière fixe et perpétuelle, surtout lorsque le séminaire cessa de contribuer à son entretien. Car après le rappel de M. de Lacolombière et de M. Bailly en France, à l'occasion des visions prétendues de la sœur Tardy, ainsi qu'on l'a raconté au chapitre précédent, M. Tronson fut d'avis qu'on supprimât l'établissement de la Providence. Considérant que M. Charon donnait naissance à une communauté d'Hospitaliers, et que d'autres en formaient une d'Ermites pour les écoles, il craignit que celle des filles de la Providence ne donnât lieu à de nouveaux troubles, et ne renouvelât les anciennes divisions. « Je ne serais nullement d'avis, écrivait-il, de faire tant de nouveaux établissements. Mes vues seraient de mettre les filles de la Providence à la Congrégation, ou à l'hôpital général de Québec, pour ne point trop multiplier les communautés (1). »

C'était le parti qu'on se proposait de prendre, lorsque M. de Saint-Vallier, très-porté à former de nouveaux établissements, exprima le désir de conserver la Providence; et comme le séminaire ne devait plus y contribuer de ses aumônes, ce prélat voulut obliger les sœurs de la Congrégation à en faire tous les frais. Elles lui représentèrent avec respect l'impuissance où elles étaient de suffire à cette dépense, à cause des grandes charges qu'elles avaient déjà. Il insista néanmoins; et, quoi qu'elles pussent lui dire, il ne laissa pas d'insister encore (1). La sœur Bourgeoys, par un effet de sa grande confiance en DIEU, aurait volontiers continué cette bonne œuvre (2), si ses sœurs étaient entrées dans les mêmes vues. Mais la chose ayant été mise en délibération, toutes furent d'avis de la refuser, comme étant d'une dépense très-onéreuse, à laquelle leur communauté ne pourrait absolument suffire. On fit donc connaître au prélat le résultat de la délibération.

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(1) Lettres du mois de mars 1692, du 25 février 1693; lettre à M. Dollier de Casson, du 14 mars 1694.
(1) Archives de la Congrégation , Remontrances des sœurs un sujet des règles.
(2) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys.

A suivre : XIII. M. de Saint-Vallier assez faiblement disposé en faveur de la Congrégation.

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