L'APOCALYPSE

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Message  gabrielle Mar 5 Déc - 7:52

C'est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu : c’est parce qu’ils sont ainsi purifiés, que les élus méritent de jouir de la vision béatifique. Et ils le servent jour et nuit dans son temple, ils célèbrent perpétuellement la grande liturgie dans la patrie céleste. Et Celui qui siège sur le trône, Notre-Seigneur Jésus-Christ en personne, les possédera éternellement : il les protégera, les gouvernera, leur fera part de tous ses biens.

Ils n’auront plus jamais faim, parce qu’ils se nourriront du Pain supersubstantiel  ; ni soif, parce qu’ils boiront à volonté aux sources de l’eau vive. Ils auront à satiété tout ce qu’ils pourront désirer, et rien ne viendra plus les incommoder. Le soleil ne tombera plus sur eux, ni aucune intempérie, ils n’auront plus à craindre aucune persécution, ni aucun contre-temps.

Parce qu’ils seront sous le sceptre de l’Agneau, qui est au milieu du trône, c’est-à-dire du Christ, plein d’innocence et de miséricorde. C’est Lui qui les gardera dans le bien, sans qu’aucune chute, aucun égarement puisse les en faire sortir, et il les conduira aux sources des eaux vives, c’est-à-dire aux trésors de la Sagesse, de la Puissance, de la Bonté divines. Là, ils trouveront la joie sans mélange, que rien ne pourra désormais leur ôter. Plus on puise à ces sources, plus elles apparaissent profondes ; plus on boit de ces eaux, plus le désir augmente d’en boire encore. Mais pour arriver jusqu’à elles, il faut aller d’abord aux cinq fontaines que les Juifs ont ouvert dans la chair du Sauveur, à ces cinq plaies sacrées d’où jaillit l’eau merveilleuse qui purifie l’âme, éteint ses mauvais désirs, et lui donne la joie. C’est d’elles que parlait mystérieusement le  prophète Isaïe quand il disait : Vous puiserez les eaux de la joie aux sources du Sauveur .

Et Dieu essuiera toutes les larmes de leurs yeux. Comment expliquer la douceur de ces paroles? Saint Jean nous fait entendre que les consolations divines et la béatitude éternelle iront à ceux qui versent ici- bas des larmes de componction, selon la parole de Notre-Seigneur lui-même : Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés . L’Apôtre dit : toutes larmes, c’est-à-dire : toutes espèces de larmes, pour montrer que les causes qui font pleurer les Saints sont diverses : tantôt ils pleurent la perte des âmes, qui ont méprisé le sang de Jésus-Christ; tantôt, ce sont leurs propres péchés, ou la longueur de leur exil ici-bas, ou les persécutions qu’ils ont à souffrir. Mais toutes ces larmes seront séchées, toutes ces douleurs deviendront des sources de bonheur éternel.

Troisième Vision LES SEPT TROMPETTES
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Message  gabrielle Jeu 7 Déc - 16:48

Troisième Vision

LES SEPT TROMPETTES

PREMIÈRE PARTIE

LES QUATRE PREMIÈRES

Chapitre VIII. — 1. Et lorsque [l’Agneau] eut ouvert le septième sceau, il se fit un silence dans le ciel, d’environ une demi-heure.

— 2. Et je vis sept anges qui se tenaient en la présence de Dieu ; et sept trompettes leur furent données.

— 3. Et un autre ange vint, et il se tint devant l'autel, ayant un encensoir d’or : et on lui apporta un grand nombre de [charbons] enflammés, pour qu’il offrît [une oblation] faite des prières de tous les saints, sur l’autel d’or qui est devant le trône de Dieu.

— 4. Et la fumée des [charbons] enflammés, [faite] des prières des saints, monta de la main de l’ange en présence de Dieu.

— 5. Et l’ange prit l’encensoir, et il le remplit du feu de l’autel, et il l’envoya sur la terre, et il se fit des tonnerres, et des voix, et des éclairs, et un grand tremblement de terre.

— 6. Et les sept anges, qui avaient les sept trompettes, se préparèrent à sonner de la trompette.

— 7. Et le premier ange sonna de la trompette : et il se fit de la grêle, et du feu, mélangés dans du sang ; et  [tout cela] fut envoyé sur la terré, et la troisième partie de la terre fut consumée, et la troisième partie des arbres fut brûlée, et toute l’herbe verte fut consumée.

— 8. Et le second ange sonna de la trompette : et [il y eut] comme une grande montagne embrasée de feu, [qui] fut jetée dans la mer, et la troisième partie de la mer devint du sang.

— 9. Et la troisième partie de la créature, de ceux qui avaient des âmes dans la mer, mourut, et la troisième partie des navires périt.

— 10. Et le troisième ange sonna de la trompette ; et il tomba du ciel une grande étoile embrasée comme une torche, et elle tomba dans la troisième partie des fleuves et dans les sources des eaux :

— 11. Et le nom de l’étoile se dit : Absinthe, et la troisième partie des eaux fut changée en absinthe, et un grand nombre d’hommes périrent à cause des eaux, parce qu’elles étaient devenues amères.

— 12. Et le quatrième ange sonna de la trompette : et la troisième partie du soleil fut frappée, et la troisième partie de la lune, et la troisième partie des étoiles, de telle sorte que la troisième partie de ceux-ci fut obscurcie, et la troisième partie du jour ne brillait plus, et de même la troisième partie de la nuit,

— 13. Et je vis, et j’entendis la voix d’un aigle qui volait par le milieu du ciel, et qui disait d’une voix puissante : Malheur, malheur, malheur à eaux qui habitent sur la terre, à cause des voix des trois autres anges, qui allaient sonner de la trompette.

Ce chapitre s’ouvre
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Message  gabrielle Ven 8 Déc - 17:30

Ce chapitre s’ouvre sur un verset qui appartient encore à la deuxième vision de l’Apocalypse et qui dit la rupture du dernier des sept sceaux dont le livre était signé. Cette septième révélation fait voir quel sera l’état de l’Église après le règne de l’Antéchrist, dont le sceau précédent avait annoncé l’avènement redoutable ; la chrétienté jouira alors d’une grande paix, durant laquelle il sera permis aux docteurs et aux saints de prêcher l’Évangile comme ils le voudront. Mais cette phase durera peu de temps : une demi-heure, dit saint Jean. Si nous nous en rapportons à la prophétie de Daniel, cette demi-heure représente environ quarante-cinq jours. Le prophète, en effet, après avoir annoncé que l’abomination de la désolation durerait mille deux cent quatre-vingt-dix jours, ajoute : Bienheureux celui qui attend et qui parvient jusqu’à mille trois cent trente-cinq jours . Paroles que saint Jérôme interprète ainsi : «  Bienheureux celui qui, après la mort de l’Antéchrist, survenue au bout de deux mille deux cent quatre-vingt-dix jours, soit après un règne d’un peu plus de trois ans et demi, attendra encore quarante-cinq jours, jusqu’à la venue du Sauveur. »


§ 1. — La distribution des trompettes.

Aussitôt après la promesse de cette paix, commence, sans transition, une vision nouvelle, la troisième : l’accomplissement de notre salut et l’histoire de l’Église y sont repris sous des symboles mystérieux, dont l’apparition successive est provoquée par sept anges, qui sonnent tour à tour de la trompette. Et je vis, dit l’Apôtre, sept anges qui se tenaient en la présence de Dieu, le cœur tourné vers Lui par la ferveur et la continuité de leur contemplation, prêts à faire n’importe quoi et à aller n’importe où pour son service. Les anges sont évoqués pour que les prédicateurs sachent qu’ils ont en eux un modèle accompli des vertus qu’ils doivent mettre en pratique. Sept trompettes leur sont données, pour dire que nul ne peut s’investir soi-même de la mission de prédicateur, mais qu’il faut être chargé de cette fonction par l’autorité légitime de l’Église. La prédication est comparée à la trompette, qui est à la fois un instrument de guerre et un instrument de triomphe, parce qu’elle consiste essentiellement à appeler les chrétiens au combat et à annoncer les victoires de Christ. Et les trompettes sont au nombre de sept pour rappeler la part essentielle de l’Esprit septiforme dans la conversion des hommes.



§ 2. — L’encensoir d’or.
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Message  gabrielle Dim 10 Déc - 7:04

§ 2. — L’encensoir d’or.

Et un autre ange vint, un ange d’une nature supérieure, l’ange du grand conseil, le Fils de Dieu lui-même. Il fallait qu'il vint, en effet, Lui d’abord, pour que les apôtres pussent prêcher l’Évangile; il fallait qu’il se revêtît d’une chair semblable à la nôtre, et qu'il se tînt debout devant l'autel, s’offrant à son Père en victime expiatoire, prêt à accomplir la volonté divine jusqu’à la mort, et la mort de la croix. — Il avait à la main un encensoir d'or, symbole de cette petite Église qu’il avait forgée du métal de sa propre Sagesse, et dans laquelle il avait allumé le feu de son amour ; brasier incandescent de charité, seul digne, seul capable de faire monter jusqu’au ciel le parfum de prières agréables à Dieu. Cet encensoir d’or, néanmoins, représente aussi l’âme, ou le Cœur de notre Sauveur Jésus. Il le tient dans sa main, parce qu’il fut toujours maître de ses mouvements les plus secrets, n’ayant point en sa chair la concupiscence originelle. C’est dans le même sens que le Prophète royal, parlant en son nom, avait dit : Mon âme est toujours dans mes mains . Ce Cœur est vraiment un coeur d'or, lui qui ne connut jamais la moindre souillure, la moindre imperfection, et qui s’identifie avec la charité parfaite.

A l’imitation du Christ, nous aussi, quand nous voulons que nos prières soient exaucées, il faut que nous tenions dans nos mains cet encensoir d'or, et que nous déposions nos oraisons dans ce Cœur, qui seul est capable de fléchir la divine justice et d’obtenir tout ce qu’il veut.

Et on lui apporta un grand nombre de charbons enflammés
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Message  gabrielle Mar 12 Déc - 6:31

Et on lui apporta un grand nombre de charbons enflammés, c’est-à-dire de prières ardentes faites par les justes; pour qu’il choisît parmi elles, et qu’il offrit à Dieu une oblation faite de prières de tous les Saints. Notre-Seigneur, en effet, ne présente à son Père que les prières utiles pour le salut des âmes. Et celles-là même ne sont agréées de la divine Majesté que si elles sont déposées par Lui sur l’autel d’or, qui symbolise sa Passion, dont le souvenir est toujours présent devant le trône de Dieu. De même que l’encens, pour dégager son parfum, doit être mis sur le feu, de même nos prières ne montent jusqu’aux pieds de la divine Majesté qu’à la condition d’être comme versées sur les souffrances de Jésus-Christ. La croix du Sauveur est vraiment l’autel de la liturgie éternelle, sur lequel a été immolée la Victime véritable, dont les autres n’étaient que la figure; autel étincelant comme l’or parce qu’il est couvert du sang du Christ et constellé de ses plaies ; bois précieux entre tous les bois, comme le chante l’Eglise , de la même façon que l’or est précieux entre tous les métaux.

Et la fumée des charbons allumés, c’est-à-dire la ferveur des prières des Saints, monta jusqu’à Dieu de la main de l’ange, entendez : par la vertu, l’intercession et les mérites de Jésus-Christ. Et l’ange prit l’encensoir, la petite Église qu’il avait forgée pendant sa vie terrestre, il le remplit du feu de l’autel, au jour de la Pentecôte, quand il fit descendre sur elle le Saint-Esprit ; et il le jeta sur la terre, envoyant ses apôtres vers toutes les nations pour allumer parmi les hommes le feu de la divine charité. Alors se produisirent des tonnerres, des voix, des éclairs et un grand tremblement de terre, Nous avons expliqué déjà le sens de ces paroles, qui désignent les miracles et les signes éclatants dont s’accompagna la prédication apostolique. Et les sept anges qui avaient reçu les sept trompettes se préparèrent à en sonner. Ce détail n’est pas rapporté en vain : il est destiné à faire comprendre aux prédicateurs qu’ils doivent, eux aussi, se préparer, avant d’annoncer la parole de Dieu, dans la prière, dans l’étude de la vérité et la pratique des vertus.


§ 3. — La première trompette.
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Message  gabrielle Jeu 14 Déc - 6:46

§ 3. — La première trompette.

Et le premier ange sonna de la trompette, ou plus exactement : chanta de la trompette. Les deux mots s’accordent assez mal ; mais leur rapprochement, fait à dessein, enseignent à ceux qui prêchent qu’ils doivent, pour gagner les coeurs de leurs auditeurs, allier la proclamation des vérités chrétiennes les plus redoutables, telles que la rigueur du Jugement dernier, à une grande douceur dans la forme de leurs discours. Au son de cette première trompette, qui symbolise la première prédication des Apôtres, celle qu’ils firent aux Juifs au lendemain de la Pentecôte, il se produisit de la grêle et du feu, mélanges avec du sang. La grêle représente la violente persécution qui se déchaîna aussitôt ; le feu, la charité des premiers chrétiens, qui s’enflamma dans les supplices, et se mélangea à ceux-ci dans le sang des premiers martyrs. La mise à mort de saint Étienne nous offre une image presque littérale de ce qui est dit ici : sous la grêle de pierres dont l’accablent les Juifs, le martyr s’embrase du feu de la charité. Il prie pour ses bourreaux, comme l’avait fait le Christ sur la croix : Seigneur, suppliait-il, ne leur imputes point cela à péché . Et après ce magnifique cri d’amour, il tombe, baignant dans son sang.

Et tout cela fui envoyé sur la terre. La nouvelle de ces événements se propagea partout. Et la troisième partie de la terre fut consumée, et la troisième partie des arbres fut brûlée, et toute l'herbe verte fut consumée. La terre désigne ici les habitants de notre planète, l’humanité tout entière. La troisième partie ne doit pas s’entendre du tiers numérique, pas plus que le « Tiers état » ne s’identifiait autrefois avec le tiers réel de la population française. Mais, à envisager la totalité des hommes sous l’angle de leur salut, on peut les ranger en trois grandes catégories :

1° ceux qui n’ont jamais commis de fautes graves et qui cherchent en tout temps à accomplir la loi de Dieu;

— 2° ceux qui, après de sérieux désordres, se convertissent et font pénitence ; —

3° ceux qui, au contraire, ne veulent point faire pénitence et meurent dans leur péché. Les deux premières espèces sont dans la voie du salut, la troisième partie est destinée au feu éternel.


Les arbres représentent les hommes que Dieu a plantés, avec un soin spécial, dans le jardin de son Église, tels que les clercs, les prélats, les religieux, pour qu'ils y croissent et y fructifient spirituellement. Parmi eux, les uns se sanctifient dans la vie contemplative, d’autres dans la vie active.


La troisième partie désigne ceux qui ne portent aucun fruit, ni dans l’une ni dans l’autre, et qui seront maudits au jour du jugement. L‘herbe verte, enfin, figure les hommes qui vivent, pour ainsi parler, au ras de terre ; qui suivent uniquement les inclinations de la chair, sans s’élever jamais au-dessus du monde présent. Ici, il n’est plus question d’un tiers seulement; ils sont tous dans la voie de la damnation.

§ 4. — La deuxième trompette
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Message  gabrielle Sam 16 Déc - 15:38

§ 4. — La deuxième trompette.

Et le second ange sonna de la trompette. Cette seconde prédication est celle que les mêmes Apôtres firent entendre, non plus cette fois aux Juifs, mais aux Gentils, quand ils se furent partagés les provinces de l’univers. Et il y eut comme une grande montagne embrasée de feu qui fut jetée dans la mer, et le tiers de la mer devint comme du sang. La mer, toujours en mouvement, est le symbole de la Gentilité, c’est-à-dire de l’humanité non régénérée par le baptême, esclave de la loi du péché, toujours agitée par la triple concupiscence des yeux, de la chair, de l’esprit. Lorsque le démon, figuré ici par la montagne en feu, vit venir les Apôtres à elle, il se jeta avec furie au milieu des païens pour les soulever contre la nouvelle doctrine. Malgré cela, une partie des Gentils embrassa la foi chrétienne et se fit baptiser ; une autre partie demeura indifférente. La troisième partie seule se déchaîna contre les prédicateurs et devint semblable à du sang, par la cruauté des supplices qu’elle leur fit subir.

Et la troisième partie de la créature, de ceux qui avaient des âmes dans la mer, mourut. La créature désigne, dans ce passage, non pas l’ensemble des êtres en général, mais ceux-là seuls auxquels tous les autres sont ordonnés, et pour lesquels Dieu a fait l’univers : ceux qui vivent selon la raison. La même expression se retrouve dans l’Epître aux Romains , lorsque saint Paul parle des attributs invisibles de Dieu, que la créature du monde — c’est-à-dire : l’homme — peut entrevoir, au moyen des choses créées. Saint Jean précise d’ailleurs sa pensée en ajoutant : de ceux qui avaient des âmes dans la mer, par opposition à ceux qui vivent comme s’ils n’en avaient pas, et qui vont toujours de ci de là, ballottés comme des corps morts sur les vagues, par les fluctuations de leur concupiscence. De ces sages donc, les uns vinrent presque naturellement au christianisme par le résultat de leurs réflexions; d’autres furent convertis par la prédication des apôtres; d’autres enfin refusèrent de se rendre à la lumière et forment la troisième partie dont il est question ici, qui mourut  spirituellement, en n’acceptant pas la Vie qui s’offrait à elle.


Et la troisième partie des navires périt. Les navires symbolisent mystiquement les rois, les princes, les chefs, tous ceux auxquels Dieu donne autorité sur les hommes pour conduire ceux-ci, à travers la mer de ce monde, jusqu’au port du salut. En entendant la parole des Apôtres, les uns se convertirent, d’autres se montrèrent simplement tolérants, les derniers enfin se transformèrent en persécuteurs, et s’enfoncèrent dans leur perte éternelle comme un navire qui s’engloutit dans les flots.




§ 5. — La troisième trompette
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Message  gabrielle Mar 19 Déc - 7:52

§ 5. — La troisième trompette.

Et le troisième ange sonna de la trompette. Cette troisième prédication est celle que firent entendre les grands Docteurs du IVe siècle, quand, grâce à la paix de Constantin, ils purent développer librement la doctrine des Apôtres, et quand se déclarèrent les grandes hérésies. Alors il tomba du ciel une grande étoile, embrasée comme  une torche. Démasquée par eux, les maîtres d’erreurs, tels qu’Arius, Pelage, Nestorius, etc..., qui d’abord brillaient au firmament de l’Église par l’éclat de leur parole et de leurs œuvres, tombèrent dans la révolte, se séparant de la communion catholique. Ils brûlèrent comme des torches, parce qu’ils continuèrent, une fois tombés, à jeter un certain éclat : mais cette lumière n’a plus rien de la pureté de celle des étoiles. L’étoile brille, toujours sereine, toujours limpide, toujours égale à elle-même ; la torche, au contraire, se consume par sa propre flamme et dévore tout ce qu’elle touche. Ainsi font les hérétiques, qui se détruisent, et perdent les autres par la fureur de leur zèle.

Et elle tomba dans la troisième partie des fleuves. Les fleuves représentent ici les saintes Écritures qui arrosent l’âme, la fécondent, entretiennent sa vie spirituelle. D’ordinaire, on n’y distingue que deux parties, l’Ancien et le Nouveau Testament, mais l’auteur en compte trois, et cela pour notre instruction. Cette troisième partie désigne les expositions des saints Docteurs, si étroitement liées, dans l’esprit de l’Église, au texte sacré qu’elles font corps avec celui-ci pour constituer le bloc indéformable et inexpugnable de la Tradition catholique.


Nous avons dit déjà son importance , et saint Jean ici la met bien en lumière. C’est sur cette tierce partie — on ne le redira jamais assez — que tombent les théologiens qui se perdent. Les hérétiques et ceux qui marchent sur leurs traces, acceptent sans peine l’autorité de l’Ancien comme du Nouveau Testament ; mais ils rejettent l’interprétation authentique qu’en ont donnée les saints Pères; ils prétendent les expliquer par des lumières nouvelles. Ainsi ils vont à leur propre ruine, entraînant leurs disciples avec eux. C’est pourquoi saint Jean ajoute que l’étoile tomba dans les sources des eaux, empoisonnant les sources où les chrétiens viennent alimenter leur foi et leur piété.

Et le nom de l'étoile se dit Absinthe, parce que l’hérésie rend amer tout ce à quoi elle se mêle. De ce fait, la troisième partie des eaux fut changée en absinthe : c’est-à-dire, selon ce que nous venons d’exposer, le commentaire pervers donné de l’Écriture par ceux qui s’écartent de la tradition, changea en amertume ce livre divin, dont le Saint- Esprit compare la douceur au lait et au miel. Et ainsi infecté d’erreur, il devient un breuvage de mort pour ceux qui veulent s’y désaltérer, lui qui a été donné aux hommes pour y puiser les eaux vives de la grâce.

§ 6. — La quatrième trompette et l’annonce des trois « Vae ».
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Message  gabrielle Ven 22 Déc - 7:17

§ 6. — La quatrième trompette et l’annonce des trois « Vae ».

La trompette du quatrième ange désigne tout l’ensemble des Docteurs qui se sont succédé dans l’histoire de l’Église, depuis ceux dont il vient d’être question jusqu’à ceux qui précéderont immédiatement l’Antéchrist. A travers les siècles, leur mission est toujours la même : elle consiste à dénoncer les erreurs et les défaillances qui compromettront la santé morale du peuple chrétien.

Leur parole a pour effet de faire tomber le tiers du soleil, de la lune et des étoiles, c’est-à-dire de démasquer les pasteurs négligents qui ne font pas leur devoir. Car le soleil, la lune, les étoiles, qui tour à tour illuminent la terre, sont la figure des prélats, des prêtres, des religieux, de tous ceux qui sont chargés par Dieu d’éclairer la masse des fidèles durant le temps que durera le monde présent. Parmi eux, les uns sont vraiment tout à leur devoir, et se sanctifient en sanctifiant les autres : ils forment la première partie; d’autres négligent leur propre sanctification, mais du moins s’acquittent convenablement du ministère qui leur est assigné : ils font la seconde partie. D’autres enfin n’ont souci ni de leur propre âme, ni de celles dont ils ont la charge : ils constituent la troisième partie, celle qui est obscurcie, qui perd tout son lustre devant les prédications énergiques des serviteurs de Dieu.

Et la troisième partie du jour ne brillait point, et de même la troisième partie de la nuit : l’auteur veut dire par là que, du fait de la défaillance de certains pasteurs, toute une partie de l’humanité n’avait plus de lumière pour l’éclairer dans son travail durant le jour, ni de lune ou d’étoile pour la guider dans la nuit. Le travail du jour représente les bonnes œuvres qu’il faut accomplir pour gagner le denier de la récompense éternelle ; la marche dans la nuit symbolise la recherche de Dieu, dans l’obscurité de la vie présente, à la seule lumière de la foi. Privés de ceux qui étaient chargés de les éclairer, les hommes délaissèrent les bonnes œuvres et perdirent la foi.

Avant d’aborder la prédication des trois anges oui restent, saint Jean l’annonce par un bref préambule, pour souligner, le caractère particulièrement terrible des luttes qui précéderont la fin du monde : Et je vis, dit-il, et j'entendis la voix d'un aigle, symbole de tous ceux qui pénètrent profondément dans les mystères divins. Il volait par le milieu du ciel, bien supérieur aux choses de la terre, marchant droit son chemin sans se laisser détourner ni à droite ni à gauche. Et il disait d'une voix puissante ; Malheur, malheur, malheur à ceux qui habitent la terre, non seulement de corps, mais de coeur ; à ceux dont toutes les affections et les préoccupations vont aux biens, aux plaisirs, aux honneurs du monde présent. Esclaves de leurs trois concupiscences, ils sont menacés de châtiments effroyables pour chacune d’elles, et les anges qui viennent vont leur en donner le détail
.

DEUXIEME PARTIE

LES CINQUIEME ET SIXIEME TROMPETTES
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Message  gabrielle Sam 23 Déc - 6:48

DEUXIEME PARTIE
LES CINQUIEME ET SIXIEME TROMPETTES

Chapitre IX. — 1. Et le cinquième ange sonna de la trompette : et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre, et il lui fut donnée la clef du puits de l’abîme.

— 2. Et elle ouvrit le puits de l’abîme, et une fumée monta du puits, comme la fumée d’une grande fournaise : et le soleil fut obscurci, et l’air, par la fumée du puits,

— 3. Et de la fumée du puits sortirent des sauterelles sur la terre : et puissance fut donnée à celles-ci, comme ont puissance les scorpions de la terre :

— 4. Et il leur fut prescrit de ne pas nuire à l’herbe de la terre, ni à tout ce qui est vert, ni à tout arbre, si ce n’est seulement aux hommes qui n’ont pas le signe de Dieu sur leurs fronts.

— 5. Et il leur fut donné non pas de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois : et leur tourment est semblable au tourment du scorpion, lorsqu’il pique un homme.

— 6. Et en ces jours-là, les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront point ; et ils désireront mourir, et la mort s’enfuira d’eux.

— 7. Et ces ressemblances de sauterelles sont semblables à des chevaux préparés pour le combat : et sur leurs têtes, il y a comme des couronnes semblables à de l’or : et leurs visages sont comme des visages d’hommes.

— 8. Et elles avaient des cheveux comme des cheveux de femme et leurs dents étaient comme des dents de lion.

— 9, Et elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer et la voix de leurs ailes étaient comme une voix de chars de chevaux nombreux courants au combat ;

— 10. Et elles avaient des queues pareilles à des scorpions, et il y avait des aiguillons dans leurs queues : et leur pouvoir [est] de nuire aux hommes pendant cinq mois : et elles avaient au-dessus d’elles,

— 11. (comme) roi l’Ange  de l' abîme, qui a nom en hébreu Abaddon, en grec Appollyon, en latin ayant le nom d’Exterminateur.

— 12. La première malédiction s’en est allée, et voici qu'encore deux malédictions viennent après ces choses.

— 13. Et le sixième ange sonna de la trompette : et j’entendis une voix [qui montait] des quatre cornes de l’autel d’or, qui est devant les yeux de Dieu,

— 14 disant au sixième ange, qui avait la trompette : Délie les quatre anges qui ont été enchaînés dans le grand fleuve de l’Euphrate.

— 15. Et les quatre anges furent déliés, qui étaient prêts pour l'heure, et le jour, et le mois, et l’année afin de tuer le tiers des hommes.

— 16. Et le nombre de l’armée à cheval était de vingt mille fois dix mille. Et j’entendis leur nombre.

— 17. Et de même je vis les chevaux dans la vision : et ceux qui étaient assis sur eux, avaient des cuirasses de feu, et d’hyacinthe, et de soufre, et les têtes des chevaux étaient comme des têtes de lions : et de leur bouche sortit du feu, de la fumée, et du soufre.

— 18. Et par ces trois plaies fut tué le tiers des hommes, en raison du feu, et de la fumée, et du soufre qui sortaient de leur bouche.

— 19. La puissance des chevaux en effet est dans leur bouche, et dans leurs queues. Car leurs queues sont semblables à des serpents, ayant des têtes : et c’est par celles-ci qu’elles font du mal.

— 20. Et tous les autres hommes qui ne furent pas tués dans ces plaies, ne firent point pénitence des œuvres de leurs mains, pour ne plus adorer les démons, et les idoles d’or, et d’argent, et de bronze, et de pierre, et de bois, qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher,

— 21. et ils ne firent point pénitence de leurs homicides ni de leurs empoisonnements ni de leur fornication ni de leurs vols.

§ 1. — La cinquième trompette et le premier « Vae ».

Saint et  joyeux Noël a tout mes amis catholiques.

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Message  gabrielle Mar 26 Déc - 11:53

§ 1. — La cinquième trompette et le premier « Vae ».

La trompette du cinquième Auge représente la lutte que l'Eglise aura à mener contre les hérésies qui précéderont la venue de l’Antéchrist : Je vis, dit saint Jean, une étoile qui était tombée du ciel sur la terre, et il lui fut donné la clef du puits de l'abîme. Cette étoile à laquelle on donne une clef représente un être vivant, et celui-ci ne peut être que le démon. Il est comparé à un étoile, parce qu'il avait été créé lumineux et pur, parce qu’il était fait pour orner le ciel et chanter la gloire de Dieu : mais à la suite de sa rébellion il fut chassé de la cour céleste, et tomba sur la terre. En réalité, il fut précipité au fond de l’Enfer, mais l’expression : tomber sur la terre est mise ici pour signifier qu’il a la permission de demeurer sur notre globe, afin d’y tenter les hommes jusqu’à la fin des temps.

Saint Jean ne dit pas qu’il le vit tomber sous ses yeux : le mot cecidisse, en latin, au parfait, et, en grec, le participe passé ? indiquent qu’il s’agit d’un événement déjà réalisé : en effet, ce n’est pas sous les accents de la cinquième trompette que tombera le démon. La chute s’est produite aux origines du monde, et nul homme n’en fut le témoin, hormis Celui qui dit dans l’Évangile : J’ai vu Satan tomber du ciel comme la foudre .

Et il lui fut donné la clef du puits de l’abîme, c’est-à-dire l’adresse nécessaire pour fermer à la grâce et ouvrir au péché le cœur des hérétiques. L’abîme, abyssus, désigne proprement un lieu dans lequel la lumière ne peut pénétrer ; en y ajoutant le mot « puits » qui indique un trou profond creusé par la main de l’homme, l’auteur veut marquer que les méchants ont fait de leur cœur, par leur propre travail, un gouffre profond, dans lequel les rayons de la sagesse divine ne peuvent plus pénétrer.

2. L’ouverture du puits de l’abime et les sauterelles.
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Message  gabrielle Jeu 28 Déc - 6:15

2. L’ouverture du puits de l’abime et les sauterelles.

Et il ouvrit le puits de l’abîme : il poussa les hérétiques à publier au dehors toutes les erreurs et tous les desseins pervers qu’ils cachaient au fond d’eux-mêmes. Et la fumée monta de ce puits comme d’une grande fournaise, c’est-à-dire leur doctrine en sortit, aveuglant et étouffant, comme une fumée épaisse, tous ceux qui la respirèrent ; et cette fumée était semblable à celle d’une grande fournaise, parce qu’elle ressemblait à s’y méprendre à celle de l’Antéchrist lui-même. Et le soleil fut obscurci : et la lumière du Christ qui éclaire son Église fut comme voilée; et l'air, c’est-à-dire la foi, parce que cette vertu est un milieu aussi nécessaire à la vie spirituelle que l’air à la vie naturelle; l'air fut obscurci, comme par un brouillard, dans lequel beaucoup perdirent le chemin de la vérité.

Et de la fumée dit puits sortirent des sauterelles, qui se répandirent sur la terre : la doctrine des hérétiques engendra une multitude de disciples, bien incapables de se maintenir dans les hauteurs comme les aigles ou les colombes, c’est-à- dire comme les Saints, sur les ailes de leurs vertus, mais s’efforçant vainement de s’y élever par des bonds disgracieux et désordonnés comme les sauterelles, pour retomber aussitôt sur la terre, sur leurs préoccupations matérielles, et dévorer tout ce qu’ils trouvent. Dieu permit qu’il leur fut donné une puissance semblable à celle des scorpions... Le scorpion ne porte pas son arme venimeuse dans sa tête, comme le serpent, mais dans sa queue ; il ne se jette pas sur sa victime avec une attitude menaçante : il s’approche d’elle au contraire, doucement, comme s’il voulait la caresser ; puis soudain il lui enfonce son dard à l’improviste et lui fait une blessure mortelle. — Ainsi ces hérétiques ne chercheront pas à se faire des adeptes, les armes à la main ; ils s’appliqueront à séduire d’abord les gens sans méfiance, et lorsque ceux-ci se seront laissés prendre à leurs manières doucereuses, ils leur inoculeront le poison qui les perdra.

Et il leur fut interdit
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Message  gabrielle Ven 29 Déc - 6:18

Et il leur fut interdit de nuire à l'herbe de la terre, ni à tout ce qui est vert, ni à tout arbre : ces trois termes marquent les trois degrés classiques de la vie spirituelle : l'herbe qui sort à peine de terre symbolise l’état des commençants; la plante, qui s’élève sous la poussée de la sève intérieure, celui des progressants, qui se développent sous l’action de la grâce; l'arbre, celui des parfaits, c’est-à-dire des hommes qui solidement établis dans la vertu, portent les fruits abondants de leurs bonnes œuvres et couvrent les autres de leur ombre. Il fut donc interdit aux hérétiques de nuire à aucun de ceux qui s’adonnent à la vie spirituelle : pleine liberté au contraire leur fut laissée à l’égard des hommes qui n'ont point le signe de Dieu sur leur front, de ceux dont parle le prophète Ezéchiel et qui ne sont point marques du Thau , c’est-à-dire de la croix du Christ; qui rougissent d’elle, qui ne veulent point se faire ses disciples, ni mettre en elle leur espérance; qui n’ont ni la charité, ni les œuvres.


Cependant, cette interdiction de nuire aux justes ne doit s’entendre que dans le domaine spirituel ; c’est seulement l’âme de ces derniers, qui ne pourra être tuée, c’est-à-dire séparée de sa Vie, séparée de Dieu ; mais les méchants auront le pouvoir de les tourmenter dans leurs corps pendant cinq mois, c’est-à-dire de les persécuter pendant toute la durée de la vie présente : le mois en effet est la durée de la révolution de la lune, et celle-ci symbolise l’inconstance des choses d’ici-bas. Le nombre cinq y ajoute l’évocation des cinq âges de la vie humaine : bas-âge, enfance, adolescence, âge mur, vieillesse.

Et leur persécution sera semblable à la manière dont s'y prend le scorpion pour tuer un homme, qu’il caresse d’abord, puis qu’il pique sauvagement et fait mourir à petit feu. Elle sera si violente que les hommes, même les justes, chercheront la mort, et ils ne la trouveront point : ils chercheront la mort temporelle, pour éviter la mort éternelle, redoutant d’apostasier sous la rigueur des tourments ; et ils ne là trouveront point, parce que Dieu veut qu’ils subissent leur épreuve; et ils désireront mourir, comme Elie dans le désert, anéanti sous le poids de la tristesse qui l’accablait ; et la mort s'enfuira loin d'eux, afin qu’ils continuent leur tâche et que l’Église ne disparaisse point.

Et ces ressemblances de sauterelles
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Message  gabrielle Sam 30 Déc - 7:02

Et ces ressemblances de sauterelles, c’est-à-dire : ces hérétiques qui m’apparaissaient sous forme de sauterelles, étaient semblables aussi à des chevaux préparés pour le combat; parce que, contenant avec peine leur fougue, ils étaient prêts à s’élancer dans n’importe quelle direction, sans discernement personnel, mettant toute leur impétuosité et leur force au service de leur cavalier, le diable. Cette image de sauterelles qui se croient des chevaux fait songer en outre à la grenouille qui se prenait pour un bœuf, et nous laisse deviner la haute opinion d’eux-mêmes qu’auront les impies. Sur leurs têtes, il y avait des couronnes qui semblaient être d'or, parce qu'ils étaient auréolés d’un faux-semblant de sagesse, et d’intelligence des Écritures ; et leurs visages ressemblaient à des visages d'hommes, parce qu’ils proféraient des maximes humanitaires, et donnaient l’impression d’agir et de parler selon la raison. Mais, sous ces couronnes, ils avaient des cheveux comme ceux des femmes, et, sous ces visages, des dents comme celles des lions. Des cheveux de femmes, parce que cette fausse sagesse ne recouvrait que des pensées molles et efféminées ; des dents de lions, parce qu’ils étaient toujours prêts à déchirer et à dévorer.


Ils avaient autour de la poitrine des cuirasses comme des cuirasses de fer : leurs cœurs, bardés de préjugés et de faux principes, étaient absolument impénétrables aux traits de la vérité ; et le bruit de leurs ailes était pareil au bruit que font les chevaux des chars courant nombreux vers la bataille : c’est- à-dire qu’incapables de fournir des arguments raisonnables pour appuyer leur doctrine, ils y suppléent par le tumulte de leurs paroles. L'auteur compare leurs discours à des ailes, parce que les hérétiques affectent de parler de choses élevées, et semblent planer très haut dans leurs considérations : mais il ajoute que ces discours sont semblables à ceux d’une troupe de chars courant au combat. En effet, une troupe qui s’élance à l’assaut fait entendre toutes sortes de cris et de bruits disparates : roulement des chars, hennissements des chevaux, sonneries des trompettes, appels des chefs, clameurs des soldats, cliquetis des armes, etc... Ce vacarme, ainsi produit par des éléments discordants, ne tire son unité que de l’adversaire contre lequel il est dirigé. Ainsi les ennemis de l’Église font entendre les voix les plus hétéroclites, les plus contradictoires : mais il forment bloc de par leur haine commune contre l'Épouse du Christ.

Et ils avaient des queues semblables aux queues des scorpions
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Message  gabrielle Dim 31 Déc - 5:35

Et ils avaient des queues semblables aux queues des scorpions : ils traînaient derrière eux des axiomes ou des principes, qui excellent à séduire les hommes, mais qui dissimulent des aiguillons pleins de souffrances et de mort. Ceci s'est rencontré bien souvent dans l’histoire de notre planète : les révolutions s’y font avec grand tumulte et pour de généreux principes. Elles s’abritent derrière les étendards de la liberté, de l’amour des hommes, de la défense des faibles, etc. ; mais derrière elles se montre la queue du scorpion : la persécution religieuse et la haine du Christ.

Et ils avaient le pouvoir de nuire aux hommes durant cinq mois, entendez durant tout le temps de la vie présente, ainsi que nous venons de l’expliquer plus haut. Et ils avaient au-dessus d'eux un roi, dont le nom se dit en hébreu Abaddon, en grec Appollyon, et en latin Exterminateur. — Ce roi n’est autre, il est aisé de le deviner, que l’ange de l’abîme. Son nom est donné ici en hébreu, en grec et en latin pour faire entendre qu’il veut imiter le Christ, dont le titre royal fut inscrit de la même manière au sommet de la croix. Ces trois langues, en effet, représentent toutes les autres. Elles marquent que la souveraineté du Christ s’étend à l’univers entier et s’exerce dans les trois mondes auxquels appartient l’homme : le monde visible, unifié alors sous la tutelle de Rome, et donc sous celle du latin ; le monde de l’intelligence, où la pensée grecque règne en maîtresse incontestée ; le monde surnaturel, parce que, quand Dieu a parlé aux hommes par l’intermédiaire des Prophètes ou de son divin Fils, il l’a fait en hébreu. Le démon, que saint Augustin appelle le singe de Dieu, a donc la prétention d’exercer, lui aussi, une autorité universelle et dans tous les domaines. Mais tandis que le Christ est essentiellement Roi, c’est-à-dire : conducteur, parce que toute son activité s’est employée à conduire les hommes à leur fin, qui est Dieu ; le démon, lui, est appelé exterminateur, c’est-à-dire celui qui détourne du terme, parce qu’il n’a d’autre dessein, en toutes choses, que d’empêcher les hommes d’atteindre à cette fin. Tous doivent savoir ce qu’ils ont à attendre de Lui.

La première des trois tribulations annoncées, celle qui doit être suscitée par le précurseur de l’Antéchrist, prend fin ici; mais voici qu’il en vient deux autres, avec les trompettes des sixième et septième Anges : celle de l’Antéchrist lui-même, et celle qui accompagnera le Jugement dernier.


§ 3. — La sixième trompette : L'annonce de la persécution de l'Antéchrist.
Et le sixième Ange sonna de la trompette
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Message  gabrielle Mer 3 Jan - 6:41

§ 3. — La sixième trompette : L'annonce de la persécution de l'Antéchrist.

Et le sixième Ange sonna de la trompette : ce sixième messager représente les prédicateurs qui auront à lutter contre l’Antéchrist.

Et j’entendis une voix qui montait des quatre cornes de l’autel d’or, lequel se trouve toujours en la présence de Dieu. L’autel représente ici l’Église, sur laquelle Dieu veille sans cesse. Elle est dite « en or » parce qu’elle est faite du même métal que son divin Fondateur. Comme Lui, elle est toute sagesse, charité, obéissance, vertus que l’or symbolise à la fois par son éclat, sa pureté, sa ductilité. Les quatre cornes qui la protègent contre l’erreur sont les quatre Évangiles, et avec eux toute la légion des Docteurs et des défenseurs de la foi. La voix qui monte de ces cornes, c’est celle de la Tradition. Et cette voix était une, parce que cette tradition est unanime à avertir les pasteurs que la persécution de l’Antéchrist sera particulièrement redoutable. C’est pourquoi elle dit ici au sixième Ange, c’est-à-dire aux prédicateurs de ce temps-là : Délie les quatre Anges qui sont enchaînés dans le grand fleuve de l'Euphrate. Entendez : Annoncez aux hommes que les démons, qui étaient enchaînés jusqu’à maintenant, vont être lâchés dans le monde. — L’Euphrate, sur lequel était bâtie la ville de Babylone, se signale par la profondeur de son lit, la rapidité de son cours, la couleur limoneuse de ses eaux : il est ainsi la figure du courant fangeux qui va de Babylone à la mer, c’est-à-dire des passions qui conduisent de la cité du monde aux Enfers. Sous ces passions, se tient en tout temps l’esprit du mal, mais contenu par la miséricorde de Dieu en d’étroites limites. Survienne un incident : une guerre, une révolution, une émeute, le voilà qui s’agite avec la permission de Dieu, et qui entraîne les hommes dans toutes sortes de crimes. Au temps de l’Antéchrist, il aura puissance contre l’Église, comme il l’eut contre Notre-Seigneur à l’heure de sa Passion.

Et les démons furent déliés,
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Message  gabrielle Jeu 4 Jan - 6:27

Et les démons furent déliés, eux qui étaient prêts pour l'heure, pour le jour, pour le mois, pour l'année. L’auteur veut nous indiquer par là que le démon est toujours prêt à nuire aux hommes, afin de nous exhorter à être toujours sur nos gardes. Et licence leur fut donnée de tuer, c’est-à-dire de faire mourir spirituellement, de précipiter dans l’abîme du péché, la troisième partie de la terre. On peut, sous l’angle du salut éternel, diviser les hommes en trois catégories : les innocents, qui n’ont jamais commis de faute grave ; les pécheurs qui se repentent de leurs fautes, et ceux dont le coeur endurci se refuse à faire pénitence. C’est de cette dernière espèce qu’il est question ici.

Mais les quatre démons ne s’avançaient pas seuls au combat. Derrière eux, il y avait une masse énorme de cavaliers : vingt mille fois dix mille, dit le texte de la Vulgate, c’est-à-dire 200 millions, une multitude immense. Le texte grec porte simplement : des myriades de myriades. Et j'entendis leur nombre, ajoute saint Jean. L’Apôtre eut-il vraiment connaissance du nombre des damnés ? Ces mots permettraient de le supposer. En tous cas, il ne nous l’a point révélé. Beaucoup de commentateurs anciens complètent ainsi cette phrase : « Et je compris que le nombre des damnés était plus considérable que celui des élus. » Ces cavaliers représentent à la fois les démons inférieurs, qui obéissent à leurs princes, et les hommes qui, pleinement conscients de ce qu’ils font, épousent la cause de ces esprits mauvais et emploient toutes leurs ressources à mener le combat contre l’Eglise.

Et de même que les cavaliers, je vis dans cette vision leurs chevaux
. Les chevaux désignent au contraire les hommes grossiers qui, emportés par leurs passions, servent comme de monture aux précédents et aux puissances infernales pour répandre leurs erreurs à travers le monde. Et ceux qui les montaient avaient des cuirasses de feu, d'hyacinthe et de soufre: des cuirasses parce que leur cœur  enfermé dans sa malice, est invulnérable à tous les traits de la grâce ; et ces cuirasses sont faites de la triple concupiscence déchaînée : elles sont de feu, parce qu’ils brûlent du désir de conquérir l’univers, prêts sans cesse à l’incendier tout entier ; elles sont d'hyacinthe, parce qu’ils se croient des êtres célestes. L’hyacinthe est en effet une variété bleu- de-ciel de la pierre précieuse appelée « Zirkon » par les naturalistes  ; elles sont de soufre, parce qu’ils répandent autour d’eux l’odeur fétide de la luxure, et spécialement de celle qui est contre nature. — Bien que ce passage vise directement les démons, l’auteur parle d’eux comme s’ils étaient des hommes, pour marquer les passions qu’ils excitent dans ces derniers, quand ils font, pour ainsi parler, corps avec eux.

Les têtes des chevaux
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Message  gabrielle Ven 5 Jan - 12:59


Les têtes des chevaux
, c’est-à-dire, les grands hérésiarques et les chefs de cette armée des persécuteurs de l’Église, étaient semblables à des têtes de lions : parce qu’ils sont orgueilleux, cruels, prêts à tout dévorer ; — de leur bouche sortait du feu, de la fumée et du soufre; du feu, parce que leur parole, au contraire de celle du Christ, que l’Écriture compare à de la rosée, est toute pleine de colère, de haine, d’excitation au crime ; de la fumée, parce que leur doctrine est sans consistance et qu’elle aveugle au lieu d’éclairer ; du soufre, parce que leurs discours sont pleins d’impureté. Sous l'action de ces trois plaies, savoir des fléaux déchaînés par le feu, la fumée et le soufre qui sortaient ainsi de leur bouche, le tiers de l'humanité fut tué. Devant la persécution en effet, une partie des hommes se cachera ; une autre confessera sa foi et rendra témoignage au Christ ; une troisième Le reniera, et c’est celle-là qui périra de la seconde mort, de la mort éternelle.

Tandis que la puissance des Apôtres est dans le Verbe, et dans la force de Dieu, celle au contraire de ces chevaux, c’est-à-dire de ces messagers de l’erreur, sera dans leur bouche, dans leur habileté à flatter et à séduire; et dans leurs queues, c’est-à- dire dans le soin qu’ils mettent à couvrir leur ignominie ; la queue en effet dissimule la partie la plus honteuse du corps de l’animal. Le livre des Proverbes nous déclare que les lèvres de la courtisane, c’est-à-dire de l’âme qui veut entraîner les autres au péché, sont semblables à un rayon de miel  ; et celui d’Isaïe, que le Prophète qui enseigne le mensonge, celui-là est une queue. Il cache la corruption de sa doctrine sous son apparente honorabilité de prophète. Ces queues sont semblables à des serpents, à ce serpent qui se glissa dans le Paradis terrestre pour faire tomber nos premiers parents ; et elles ont des têtes, elles ont à leur service les princes et les puissants de ce monde, et c'est par là qu'elles nuisent, c’est grâce à eux qu’elles peuvent faire tant de mal. On voit par ces mots que les ennemis de l’Église se serviront et de la ruse et de la puissance séculière pour parvenir à leurs fins.

Et tous les autres hommes, qui ne furent point tués par ces fléaux, — entendez : ceux qui n’auront point à subir la persécution de l’Antéchrist, — ne firent point pénitence de leurs œuvres mauvaises :ils continuèrent à adorer les démons et toutes ces idoles que l’homme se fabrique à lui-même avec tout ce qu’il peut trouver : idoles d'or, d'argent, de bronze, de pierre, de bois, alors que Dieu est un pur esprit, invisible et immatériel ; idoles qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher, qui sont donc bien incapables de rendre le moindre service à leurs adorateurs. Et ils ne firent point pénitence de leurs homicides, de leurs empoisonnements, de leur fornication, — le péché qui peuple l’Enfer, — et de leurs vols.

TROISIEME PARTIE
L’ANGE ET LE PETIT LIVRE
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Message  gabrielle Dim 7 Jan - 5:52

TROISIEME PARTIE
L’ANGE ET LE PETIT LIVRE

Chapitre X. — 1. Et je vis un autre ange, fort, qui descendait du ciel, revêtu d’un nuage ; [et il y avait] un arc-en-ciel autour de sa tête, et son visage était comme le soleil, et ses pieds étaient comme des colonnes de feu.

— 2. Et il avait dans sa main un petit livre ouvert : et il posa son pied droit sur la mer, son pied gauche sur la terre,

— 3. et il cria d’une voix puissante, comme quand le lion rugit. Et lorsqu’il eut crié, les sept tonnerres firent entendre leurs voix .

—4. Et lorsque les sept tonnerres eurent fait entendre leurs voix, je me préparais à écrire : et j’entendis une voix [venue] du ciel qui me disait : Scelle ce qu’on dit les sept tonnerres ; et ne l’écris point,

— 5. Et l’ange que je vis se tenant debout sur la mer et sur la terre, leva sa main vers le ciel :

— 6. et il jura par Celui qui vit dans les siècles des siècles, qui a créé le ciel, et ce qu’il renferme ; la terre et ce qu’elle renferme ; la mer et ce qu’elle renferme : Qu’il n’y aura plus de temps :

—-7. mais aux jours de la voix du septième ange, lorsqu’il commencera à sonner de la trompette, le mystère de Dieu sera consommé, comme il l’a annoncé par ses serviteurs, les Prophètes.

— 8. Et j’entendis la voix [venue] du ciel, qui parlait de nouveau avec moi et qui me disait : Va, et reçois le livre ouvert de la main de l'ange qui se tient sur la mer, et sur la terre. — 9. Et je m’en allai vers l’ange, lui disant de me donner le livre. Et il me dit : Reçois le livre, et dévore-le : et il remplira ton ventre d’amertume, mais dans ta bouche, il sera doux comme du miel.

— 10. Et je reçus le livre de la main de l’ange, et je le dévorai : et il était dans ma bouche doux comme du miel : et lorsque je l'eus dévoré, mon ventre se remplit d’amertume.

—XI, Et [l’ange] me dit : Il faut que tu prophétises de nouveau aux nations, aux peuples, aux langues, et à de nombreux rois.

§ 1. — L’Ange qui se tenait sur la terre et sur la mer.
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Message  gabrielle Lun 8 Jan - 6:55

§ 1. — L’Ange qui se tenait sur la terre et sur la mer.


APRÈS avoir décrit au chapitre précédent l’assaut des puissances du mal contre l’Église, sous le règne de l’Antéchrist, l’auteur va montrer maintenant les secours ménagés par Dieu à ses serviteurs contre ces redoutables événements. Ces secours seront d’une part l’assistance particulière du Fils de Dieu et la prédication renouvelée de l’Évangile, dont il va être traité au présent chapitre; d’autre part, l’intervention de deux mystérieux témoins qui doivent réconforter aux derniers jours les fidèles du Christ, et dont la mission sera décrite au chapitre suivant.

Et je vis un autre Ange, nous dit saint Jean : un ange bien différent des quatre dont il vient d’être parlé. Ceux-ci en effet sortaient, pour dévaster la terre, du fond de l’abîme, où ils étaient enchaînés : celui-là descendait du ciel, pour réparer les ruines du péché. Il était fort, il était le Fort par excellence, auquel rien ne peut résister. C’est cette force qui lui permit de supporter sans faiblir les affreuses souffrances de sa Passion, d’écraser la tête de Satan, d’arracher à l’Enfer tous les hommes qui ont voulu croire en Lui. Il descendait donc du ciel, enveloppé d'un nuage, c’est-à-dire de la chair immaculée dont il s’était revêtu dans le sein de la Bienheureuse Vierge Marie. Cette chair est comparée à un nuage, parce que son innocence la maintenait toujours, légère et comme immatérielle, au-dessus des affections terrestres ; parce que son ombre s’interposait entre le ciel et la terre pour protéger les hommes contre les ardeurs brûlantes de la colère divine; parce qu’elle portait en elle une pluie abondante de grâces, capable de fertiliser toute la terre. Isaïe s’était servi déjà de la même image : Voici, dit-il, que le Seigneur montera sur une nuée légère, et il entrera en Égypte, c’est-à-dire : dans le monde

Il avait, continue saint Jean, un arc-en-ciel autour de sa tête
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Message  gabrielle Mar 9 Jan - 6:22

Il avait, continue saint Jean, un arc-en-ciel autour de sa tête. L’arc-en-ciel, on le sait est le signe par lequel Dieu fit savoir aux hommes, après le déluge, que sa colère était apaisée. En disant que sa tête en était nimbée, l’auteur veut nous faire entendre que toutes les pensées du Christ, toutes ses réflexions allaient à rétablir la paix entre Dieu et les hommes. Son visage était étincelant comme le soleil, c’est-à-dire que la présence en Lui de la divinité se manifestait de la manière la plus éclatante ; et ses pieds étaient comme des colonnes de feu. Les pieds du Sauveur désignent ici les prédicateurs de l’Évangile, qui devaient porter le Verbe aux quatre coins du monde, comme les pieds portent le corps là où il veut aller. Le Prophète Isaïe avait dit dans le même sens : Qu'ïls sont beaux, les pieds de celui qui annonce la paix! Ces prédicateurs sont comparés à des colonnes, pour marquer et la fermeté de leur foi, et la patience avec laquelle ils supportèrent toutes les contradictions, toutes les injures, tous les tourments. Et ces colonnes étaient de feu, à l’imitation de celle qui jadis conduisait les Hébreux vers la Terre promise, parce que l’ardeur de leur charité illuminait les intelligences et guidait les cœurs vers la patrie éternelle.

Et l'Ange tenait dans sa main un petit livre ouvert : ce petit livre désigne l’Évangile, qui n’est pas plus gros, nous le savons par lui-même, qu’un grain de sénevé. Il est ouvert, parce qu’il est plus facilement accessible à tous les esprits que les livres de l’Ancien Testament. Le Christ le tient dans sa main parce qu’il ne s’est pas contenté d’en prêcher la doctrine du haut d’une chaire : il a pratiqué celle-ci à la lettre et en a exécuté ponctuellement tous les préceptes.

Et il posa son pied droit sur
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Message  gabrielle Jeu 11 Jan - 6:00

Et il posa son pied droit sur la mer, son pied gauche sur la terre, c’est-à-dire, Il envoya ses disciples tant sur la terre que vers les îles de la mer, afin d’y annoncer l’Évangile. Cependant, dans la distinction faite entre le pied droit et le pied gauche, nous pouvons voir, avec Rupert de Deutz, une allusion plus subtile : la mer représente parfois dans l’Écriture la Gentilité, abandonnée au mouvement de ses passions, par opposition au peuple Juif, qui était la terre choisie par Dieu pour y faire croître le plus beau fruit de la création, le Christ Jésus. D’autre part, le pied droit symbolise les Apôtres confirmés dans la foi après la Résurrection ; le pied gauche, les mêmes, mais encore faibles et chancelants, parce que, dit saint Thomas, « sinistra non ita nobilis et fortis est ut dextra pars ». Les Apôtres en effet n’avaient pas toujours été les colonnes dont nous parlions tout à l’heure. Que l’on se souvienne de leur hésitation devant les premières annonces de l’Eucharistie : Beaucoup de ses disciples, rapporte l’Évangile, en entendant Jésus leur parler de la nécessité de manger sa chair et de boire son sang, dirent : Cette parole est dure, et qui peut l'écouter? Et beaucoup s'éloignèrent, et ils ne venaient plus avec lui . Que l’on se souvienne aussi de leur fuite au moment où leur Maître fut arrêté, et du reniement de saint Pierre. Tant qu’ils furent dans cet état de faiblesse spirituelle, Notre-Seigneur ne les fit prêcher qu’en Judée, il leur défendit d’en dépasser les limites : Vous n'irez pas, leur disait-il, sur la route des Gentils, et vous n'entrerez pas dans les cités des Samaritains ; mais allez plutôt aux brebis qui ont péri de la maison d'Israël . Quand au contraire le Saint-Esprit fut venu ; quand il les eut confirmés en grâce, et que, les ayant revêtus de la force de Dieu, il en eût fait les hommes de sa droite, alors le divin Maître les envoya évangéliser l’univers entier : Allez, leur dit-il, instruisez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit . D’où nous pouvons déduire que quiconque ne se sent pas affermi dans la foi et porté par un zèle ardent, ne doit pas entreprendre d’aller convertir les infidèles ; mais il peut néanmoins travailler à évangéliser ses proches.

Au sens moral, les pieds représentent, comme on sait, la miséricorde de Notre-Seigneur. Cette miséricorde se fait sentir à nous tantôt sous la forme de consolations : c’est le pied droit; tantôt sous forme d’épreuves, destinées à nous purifier : c’est le pied gauche. Le Sauveur pose son pied droit sur la mer quand, par la douceur de sa visite, il apaise les agitations de l’âme et lui donne la paix; il pose son pied gauche sur la terre, quand, par les épreuves qu'il lui envoie il appuie sur les points malades, sur les affections trop terrestres dont elle est infectée et les perce comme des abcès.

§ 2. — Les sept tonnerres et le serment de l’Ange
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Message  gabrielle Sam 13 Jan - 6:50

§ 2. — Les sept tonnerres et le serment de l’Ange.

Et l’Ange cria d’une voix forte, semblable à celle du lion quand il rugit. Cette voix forte c’était celle qui avait fait sortir Lazare de son tombeau, en l’appelant par son nom; c’est elle qui poussa sur la croix ce cri déchirant, capable d’émouvoir tous les cœurs jusqu’à la fin du monde : Eli, Eli, lamma sabactani ! De même que le cri du lion fait trembler tous les autres animaux, — c’est le prophète Amos qui nous l’enseigne : le lion rugit, dit-il, qui donc n’aura pas peur?  — de même la voix du Christ ouvrit les tombeaux, fendit le rocher, fit trembler les Enfers, glaça les démons d’épouvante, délivra les justes retenus dans les limbes.

Et lorsqu’il eut crié, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. Les sept tonnerres représentent ici l’ensemble des Prophéties de l’Ancien Testament. Tout Prophète n’est-il pas, comme le tonnerre, une voix venue du ciel? Avant la naissance du Christ, grands et petits avaient tonné sur le peuple d’Israël, ils avaient fait entendre des-menaces redoutables, mais dont le sens demeurait inintelligible, parce que Celui qui est la clef de l’Écriture ne s’était point encore montré. Quand II fut venu, quand II eut parlé Lui-même, alors ces prophéties firent entendre leur voix; alors elles devinrent claires, au moins pour ceux qui avaient des oreilles attentives. Et parce que saint Jean était de ceux-là, il se mit en devoir d'écrire ce qu’il avait entendu, pour tirer les Juifs de leur aveuglement. Mais le Seigneur l’en empêcha : Scelle, lui dit-il, ce qu'ont dit les sept tonnerres : et ne l'écris pas. Le moment n’est pas encore venu de le livrer au domaine public. Il ne faut pas jeter aux chiens ce qui est saint : il ne faut pas livrer le sens mystique de la parole divine à ceux qui ne sont pas capables de l’entendre, car ils le tourneront en dérision et s’enfonceront ainsi davantage dans leur incrédulité.

Saint Jean connut, à n’en pas douter, et tous les Apôtres comme lui, le sens caché de l’Écriture : maints passages des Évangiles et des Épîtres le montrent clairement. Mais ce ne fut pas leur mission de l’exposer : l’Église était encore trop petite, sa foi était trop voisine du paganisme, pour que le plus grand nombre des nouveaux convertis pussent le supporter. Ce devait être la tâche des Pères et des Docteurs, aux âges suivants. C’est pourquoi saint Paul nous dit : J'ai posé le fondement ; un autre bâtit dessus .
Et l'Ange que j'avais vu debout
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Message  gabrielle Dim 14 Jan - 6:58

Et l'Ange que j'avais vu debout sur la terre et sur la mer leva sa main vers le ciel : Notre-Seigneur, quand il eut achevé l’œuvre de Rédemption, éleva sa propre Humanité vers le ciel, au jour de son Ascension glorieuse, comme un signe de ralliement destiné à entraîner tous les hommes vers leur destinée éternelle.

Et il jura,
c’est-à-dire il affirma de la façon la plus solennelle, sous la garantie du Dieu tout-puissant, qui vit à travers les siècles des siècles, et qui est ainsi la source inépuisable de toute vie; qui a créé le ciel et tout ce qu'il renferme, c’est-à-dire le soleil, la lune, la variété infinie des étoiles : la terre et tout ce qu'elle contient, c’est-à-dire les animaux, les arbres, les plantes, etc..., la mer et tous les poissons qu’elle renferme. Il affirma donc, de par ce Dieu qui est le Créateur et le Maître souverain de toutes choses, qu’après la trompette du septième Ange, le temps cessera de couler, c’est-à-dire : il n’y aura plus de temps pour la pénitence. Alors se réalisera ce qu’a annoncé l’Apôtre saint Paul : qu’avec la dernière trompette, nous ressusciterons tous en un instant, en un clin d'œil . Alors il n’y aura plus pour les élus aucune vicissitude, il n’y aura plus de nuit alternant avec le jour, plus d’hiver succédant à l’été, plus d’épreuves menaçant leur bonheur. Ils seront fixés à jamais dans une béatitude que rien ne troublera jamais plus.

Cette immutabilité toutefois ne s’étendra point aux réprouvés, qui, eux, continueront de subir des supplices divers, et de passer, selon Job, des eaux glacées de la neige à une chaleur excessive . Le Psalmiste nous dit en effet que leur temps à eux durera à travers les siècles, c’est-à-dire : éternellement .

Ainsi donc, quand aura commencé à sonner la septième trompette; quand on entendra la voix des prédicateurs des derniers temps, alors se consommera le mystère de Dieu; alors s’accomplira au grand jour le jugement suprême, qui maintenant nous est caché ; alors seront dévoilées avec éclat les récompenses qui attendent les bons, les châtiments réservés aux méchants, comme Dieu nous l'a annoncé bien souvent par ses serviteurs les Prophètes.
§ 3. — Le livre qu’il faut dévorer.
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Message  gabrielle Lun 15 Jan - 6:50

§ 3. — Le livre qu’il faut dévorer.

Et j'entendis la voix, venue du ciel, qui me parlait de nouveau et me disait : Va et reçois le livre ouvert de la main de l'Ange, qui se tient debout sur la terre et sur la mer; c’est-à-dire : « Va demander l'intelligence de la Sainte Écriture au Christ, qui domine maintenant toutes les puissances de la terre et toutes les persécutions, car c’est Lui qui en a manifesté les secrets par sa vie, sa mort, sa résurrection. » Ces paroles ne s’adressaient point à saint Jean en sa personne, puisqu’il avait reçu déjà l’intelligence des Écritures, au soir de Pâques, quand Notre-Seigneur la donna à tous les Apôtres . Mais Dieu lui parlait ainsi en tant qu’il était la figure des prédicateurs à venir ; pour faire entendre à tous ceux-ci que leur premier soin, avant d’aller prêcher, doit être de se munir de la connaissance approfondie des Livres Saints, étudiée à la lumière de la vie et de la mort du Sauveur.

Saint Jean s'en alla donc vers l'Ange,
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