HISTOIRE DE SAINT FRANCOIS DE XAVIER

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HISTOIRE DE SAINT FRANCOIS DE XAVIER - Page 5 Empty Re: HISTOIRE DE SAINT FRANCOIS DE XAVIER

Message  Monique Ven 29 Avr 2022, 7:23 am

« Le vice-roi éprouve une affection paternelle pour ces néophytes, et il vient de la leur témoigner d'unie manière éclatante. Tous ces habitants de la côte sont pêcheurs de perles, et. n'ont pour vivre, eux et leurs familles, que cette pénible industrie. Les Sarrasins leur avaient enlevé les barques dont ils se servent pour cette pêche. Le vice-roi l'apprend, équipe une flotte, attaque les Sarrasins, les bat, les met en déroute, fait un effroyable carnage de ces infidèles et leur enlève tous leurs vaisseaux à l'exception d'un seul. Après cette victoire, il rendit aux néophytes les plus riches lés barques qui leur avaient été enlevées, et il donna aux plus pauvres les barques prises sur l'ennemi, couronnant ainsi une grande victoire par une œuvre de charité éminente. C'était à la protection divine qu'il devait le succès de ses armes ; il le reconnaissait en partageant avec les pauvres les fruits qu'il en avait recueillis.

« Les Sarrasins, consternés de leurs pertes et de leur défaite, n'osent lever les yeux. Tous leurs chefs, tous les hommes en état de porter les armes ont été engloutis dans les flots.

« Nos néophytes aiment le vice-roi avec une tendresse filiale. Vous ne sauriez croire l'intérêt avec lequel il me recommande cette nouvelle vigne. Il travaille maintenant à l'exécution d'un projet qui contribuera puissamment aux progrès de la religion chrétienne : c'est celui de réunir dans une île, sous la domination d'un roi de son choix, tous les chrétiens dispersés dans ces vastes contrées, à d'immenses distances les uns des autres.

Si le souverain pontife connaissait le zèle et les efforts de don Martino-Alfonso de Souza pour propager la foi, il lui donnerait des éloges publics, afin d'exciter des sentiments semblables dans tous les dignitaires dont l'autorité serait un secours puissant pour la religion....

« Je le recommande à vos prières et à celles de la Société, afin que Dieu daigne lui accorder les grâces dont il a besoin, et la persévérance dans ses saintes entreprises; car ce sera, non celui qui aura bien commencé, mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, qui recevra la récompense.

« Pour moi, soutenu par la bonté infinie, soutenu par vos prières, par le saint sacrifice que vous et mes frères offrez pour moi, j'espère que, s'il ne nous est pas donné de nous revoir en ce monde, nous nous reverrons dans l'heureuse Éternité, avec ne joie infiniment plus grande.


« FRANÇOIS DE XAVIER. »


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Message  Monique Sam 30 Avr 2022, 1:59 pm

Notre humble apôtre omet dans cette lettre une circonstance que nous croyons devoir mentionner.. Ce fut à sa prière que le vice-roi vint au secours des Palawars écrasés par les Sarrasins; ces peuples avaient, il est vrai, une grande affection pour don Alfonso, mais ils éprouvaient pour François de Xavier un amour et une vénération incomparables.

Ces sentiments devinrent tels, qu'ils passèrent comme un précieux héritage aux générations qui suivirent, et, aujourd'hui encore, les missionnaires trouvent vivant, sur ces côtes, le souvenir de l'illustre apôtre des Indes, que ces peuples appellent toujours leur grand Père.

Nous trouvons la suite détaillée de cette intéressante mission des côtes de la Pêcherie, dans une autre lettre de Xavier à la Compagnie de Jésus. Nous la reproduirons à peu près entièrement, afin que le lecteur puisse apprécier davantage cette grande âme qui sait si admirablement se rapetisser pour ainsi dire, afin de se mettre à la portée des intelligences qu'elle veut éclairer et sauver pour la gloire du Dieu qu'elle aime.

La date de cette lettre nous dit que déjà depuis plus d'une année, saint François de Xavier parcourait la côte et travaillait, comme nous allons le voir, avec une activité et un succès miraculeux.


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Message  Monique Dim 01 Mai 2022, 7:34 am

IV


SAINT FRANÇOIS DE XAVIER A LA COMPAGNIE DE JÉSUS, A ROME.


Cochin, 12 janvier 1544.


----------



«Que la grâce et l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec nous. Ainsi soit-il.

«Voici la troisième année que j'ai quitté Lisbonne, et la troisième fois que je vous écris, mais je n'ai encore reçu de vous qu'une seule lettre, en date du 13 février 1542, et le vaisseau qui la portait ayant été obligé de séjourner assez longtemps au Mozambique, elle ne m'est parvenue qu'en novembre dernier. Dieu sait le plaisir et la consolation qu'elle m'a fait éprouver !...

«Je suis, avec Francisco Mancias, dans la chrétienté de Comorin qui, déjà nombreuse précédemment, s'accroît chaque jour davantage. En arrivant, mon premier soin fut de m'assurer du degré d'instruction de ces peuples, et à chacune de mes questions sur les dogmes les plus importants de la religion, ils me répondaient invariablement qu'ils étaient chrétiens, mais qu'ignorant la langue portugaise, ils n'avaient pu rien apprendre des mystères et des préceptes du christianisme. Je pris ceux d'entre eux qui me parurent les plus intelligents, et qui avaient quelque connaissance de l'espagnol ou du portugais; nous nous réunîmes plusieurs jours de suite, et nous parvînmes, après bien des difficultés, à traduire, en peu de temps, un catéchisme en langue malaise. Dès que je l'eus appris, je commençai à parcourir toutes les bourgades une clochette à la main. Je rassemble ainsi autour de moi, deux fois par jour, les hommes et les enfants, et je leur explique le catéchisme; un mois suffit aux enfants pour l'apprendre parfaitement. Quand ils le savent bien par cœur, je leur recommande de le répéter à leurs parents, à leurs serviteurs et à leurs voisins.


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Message  Monique Lun 02 Mai 2022, 7:14 am

«Le dimanche, tout le monde se rend à l'église avec empressement : hommes, femmes, enfants, tous ont un égal désir de s'instruire. Là, je commence, au nom de la très-sainte Trinité, à réciter, en langue malaise, à haute voix et lentement, l'Oraison dominicale, la Salutation angélique et le Symbole des Apôtres, que tous répètent après moi, avec un plaisir et un intérêt bien évidents. Je reprends ensuite le Symbole, m'arrêtant à chaque article, et demandant à chacun des assistants, personnellement, s'il croit du fond du coeur ce qu'il vient de prononcer. Chacun, croisant ses mains sur sa poitrine, répond affirmativement. Je leur fais réciter le Symbole plus souvent que les autres prières, leur répétant qu'il n'y a de chrétiens, que ceux qui croient ce qu'il renferme.

« Après le Symbole, je passe au Décalogue, leur expliquant qu'il y a dans le christianisme dix lois que tout chrétien est obligé d'observer exactement, et qu'à ce prix seulement il aura part à un bonheur éternel, tandis que celui qui méprise une seule de ces lois sera damné éternellement s'il ne fait pénitence. Tous, néophytes et païens, sont également émerveillés de la sainteté de la loi chrétienne, et de sa parfaite conformité avec la raison.

«Après ces explications, je reviens encore au Symbole mis en vers; nous chantons le premier article de foi, qui est suivi de ce couplet de cantique

« Jésus, Fils du Dieu vivant; accordez-nous la grâce de croire fermement ce premier article de foi; nous vous offrons, pour l'obtenir, la prière que vous-même nous avez enseignée. »

Ce couplet chanté, nous récitons le Pater. Puis nous passons au second article du Symbole, après lequel nous chantons ce couplet à Marie :

«Sainte Marie, Mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ, obtenez-nous de votre cher Fils la grâce de croire cet article de foi sans aucun doute. »

« Ce second couplet est suivi de la récitation de l'Ave.

« Nous suivons ainsi tous les articles, ajoutant à chacun le couplet de cantique et la récitation du Pater ou de l'Ave.

« Pour leur bien apprendre le Décalogue, j'emploie la même méthode. Nous chantons le premier commandement, ainsi que la prière :

« Jésus, Fils du Dieu vivant, accordez-nous la grâce de vous aimer par-dessus toutes choses; pour l'obtenir nous vous offrons la prière que vous-même nous avez enseignée. »

« Et nous récitons le Pater, après lequel nous chantons

«Sainte Marie, Mère de Jésus-Christ obtenez-nous de votre divin Fils la grâce d'observer fidèlement ce premier commandement.

«Ce couplet chanté nous récitons l'Ave Maria.


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Message  Monique Mar 03 Mai 2022, 6:45 am

« Ainsi de suite, en conformant la prière chantée au sens du commandement qui la précède. Je leur fais comprendre ensuite que lorsqu'ils auront obtenu de la bonté de Dieu les grâces qu'ils viennent de lui demander, ils en obtiendront abondammentyt6nt le reste.

«Je fais réciter le Confiteor aux catéchumènes, soit en général, soit en particulier; je leur fais répéter ensuite le Symbole, leur demandant à chaque article s'ils le croient bien fermement, et, après leur réponse affirmative, je leur fais une exhortation que j'ai composée en malais, dans laquelle je passe en revue les dogmes les plus importants de la foi catholique, et les devoirs qui s'y rattachent pour la vie chrétienne. Quand ils sont suffisamment préparés, je les baptise.

« Nous terminons tous nos exercices par le chant du Salve Regina, afin d'obtenir la protection de la sainte Vierge (1).

« Pour vous donner l'idée de l'empressement de ces peuples à recevoir la grâce du baptême, je vous dirai que souvent je baptise dans une seule journée des peuplades entières; que mes bras tombent de lassitude, et qu'à force de répéter le Symbole et les prières, ma voix totalement épuisée finit par s'éteindre et je tombe de faiblesse.

« Le baptême des enfants produit des fruits incroyables; j'ai la confiance qu'avec l'aide de Dieu, ces enfants vaudront mieux que leurs pères. L'horreur qu'ils éprouvent pour l'idolâtrie, va jusqu'à faire des reproches à leurs parents lorsqu'ils les aperçoivent rendre le moindre culte à une de leurs idoles, et ils accourent me les dénoncer. Dès que j'apprends que quelqu'un a sacrifié aux idoles, je me rends dans la maison avec une foule d'enfants qui jettent au démon plus d'outrages qu'il n'a reçu d'honneurs de leurs parents ou voisins. Ces enfants font une guerre acharnée aux idoles; ils les renversent, les brisent, les foulent aux pieds, les couvrent d'ignominie.


------------

1 Le saint apôtre des Indes avait la plus tendre dévotion à Marie, et tout particulièrement à son immaculée Conception, qu'il avait fait vu de défendre toute sa vie contre ceux qui l'attaqueraient en sa présence.


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Message  Monique Mer 04 Mai 2022, 7:38 am

« J'habitais, depuis quatre mois, une ville entièrement chrétienne, où je travaillais à traduire le catéchisme, et chaque jour une multitude d'indigènes accouraient de tous les environs pour me prier de réciter des prières sur les malades qu'ils m'amenaient, et d'aller porter le même secours à ceux qui ne pouvaient se traîner jusqu'à moi. Pendant quatre mois, bien que l'affluence fût immense et qu'une grande partie de mon temps fût employée à réciter l'Evangile sur tous les malades qui le désiraient, j'avais pu continuer à inscrire les enfants et les adultes, à répondre aux questions qu'on venait me proposer, à ensevelir les morts... Mais la foule croissait chaque jour, et comme je tenais fort à satisfaire tous ces pauvres gens, dans la crainte qu'un refus n'affaiblît leur confiance dans le secours de la religion, je pris le parti d'envoyer des enfants, à ma place, dans, les différentes bourgades où j'étais appelé.

« Ces enfants, en arrivant auprès des malades, réunissaient les parents et les voisins, leur faisaient réciter le Credo, cherchaient à inspirer aux malades la confiance et l'espérance en Dieu, et récitaient ensuite les oraisons de l'Eglise. Et il arrivait que Dieu, touché de la piété de ces enfants et de celles des assistants, rendait la santé aux malades et guérissait en même temps leurs infirmités spirituelles. Dieu manifestant ainsi sa puissance et sa bonté, établit son règne et la confiance en Jésus-Christ son Fils, sur la ruine des démons.

« Maintenant, je ne me contente plus d'envoyer les enfants aux malades; je les envoie dans les bourgades instruire les ignorants, enseigner dans les maisons, dans les rues, les premiers éléments de la religion. Quand ils ont suffisamment enseigné dans un village, je les envoie dans un autre; puis, je parcours tous ces lieux, je laisse un exemplaire du catéchisme dans chacun, en recommandant à ceux qui savent écrire, de le copier et de l'apprendre par cœur, afin de l'enseigner aux autres; je fixe le lieu où on doit se réunir tous les jours de fête, pour chanter les prières et les principaux dogmes de la religion chrétienne, et je désigne celui qui doit présider ces réunions. Don Martino Alfonso, qui aime notre Société en proportion de son zèle pour la gloire de Dieu, a bien voulu, sur ma demande, allouer une somme de quatre. mille sous d'or que les indigènes appellent fanons pour les honoraires de ces présidents de paroisses. Il fait les plus vives instances au roi, dans toutes ses lettres, afin d'obtenir des membres de notre Société pour ce pays; car ici, des multitudes de peuples ne sont plongées dans les ténèbres de l'idolâtrie que faute d'apôtres pour les éclairer.


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Message  Monique Jeu 05 Mai 2022, 6:41 am

« Que de fois il m'est venu la pensée que, si je le pouvais, je me transporterais en Europe, et dussé-je passer pour fou, je voudrais en parcourir les académies et crier à tous ces savants, surtout à ceux de Paris, à tous ces hommes qui ont plus de doctrine que de charité :

« C'est par votre faute que d'effrayantes multitudes d'âmes sont exclues du royaume des cieux ! » Ah ! plût à Dieu ! me suis-je dit souvent, que ces docteurs eussent autant d'ardeur pour le salut des âmes, qu'ils en ont pour les sciences humaines ! Un jour ils auront à rendre un compte bien redoutable de la science qu'ils ont acquise, des talents qui leur ont été confiés ! Peut-être cette pensée les ébranlerait-elle ! peut être donneraient-ils quelques moments à l'oraison et entendraient-ils la voix de Dieu ! Ils feraient peut-être un effort sur eux-mêmes; ils s'arracheraient à leurs habitudes terrestres et se mettraient à l'entière disposition de la volonté de Dieu ! Peut-être s'écrieraient-ils du fond du cœur

« Seigneur, me voici; je suis à vous, tout à vous ! Envoyez-moi où vous voudrez, fût-ce dans les Indes ! »

« Grand Dieu ! que leur vie serait bien plus heureuse ! Quelle paix ils goûteraient ! Avec quel calme et quelle confiance ils se présenteraient au jugement du Dieu vivant auquel nul ne pourra se soustraire ! Alors, comme le serviteur de l'Évangile, ils diraient avec joie : Seigneur, vous m'avez donné cinq talents, voilà que j'en ai gagné cinq autres.

« ...... Dieu sait que, dans l'impossibilité de retourner en Europe, j'ai eu souvent la pensée d'écrire à l'Université de Paris, et particulièrement à nos docteurs Corne et Picard (1), pour leur dire la prodigieuse multitude d'âmes qu'il serait facile d'amener à la connaissance de Jésus-Christ, si les hommes étaient moins occupés de leur gloire personnelle que de celle de Dieu.



------------

1 Il écrivit en effet à l'Université de Paris, mais cette lettre n'a pas été retrouvée. Le docteur Juan de Rada, navarrais, assure en avoir eu une copie. La famille de notre saint en eut connaissance, sans doute, car un de ses petits neveux, Géronimo de Xavier, entrait dans la compagnie de Jésus, trente ans après la mort du grand apôtre, et, en 1595, il avait pénétré à la cour du Grand Mogol dont il avait gagné l'affection, et prêchait ouvertement l'Évangile dans ses Etats.


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Message  Monique Ven 06 Mai 2022, 7:04 am

« Priez donc, mes frères bien-aimés, priez le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans son champ ! « Le collège de Goa est presque achevé. On y élève des enfants de plusieurs nations qu'on retire ainsi des ténèbres du paganisme. Les uns apprennent seulement à lire et à écrire; d'autres apprennent le latin. Le Père Paul, recteur, les confesse, les instruit et leur dit la messe tous les jours. Le collège est assez vaste pour contenir cinq, cents élèves; il est doté en proportion et reçoit d'abondantes aumônes du vice-roi et des personnes riches.

«Les chrétiens du pays appellent ce collège : le Séminaire de Sainte-Foi. Ils ont raison, car, avec l'aide de Dieu, nous espérons qu'au moyen de ce séminaire, l'Église fera de si grandes conquêtes sur le paganisme, qu'elle étendra un jour sa domination sur tout l'Orient.

« Parmi les païens de ce pays, il est une classe d'hommes qu'on appelle brahmes ou brachmanes; ils ont la garde des temples et ils les desservent. C'est une race perverse et méchante, et qui me fait dire à Dieu Seigneur, délivrez-moi de cette nation impie, de ces hommes trompeurs et pervers. Toute leur science et leur habileté consiste à envelopper d ans leurs pièges la foule simple et ignorante. Au nom de leurs dieux, ils font apporter à leurs temples tout ce qu'ils désirent, et eux, leurs femmes et leurs enfants vivent ainsi aux dépens du peuple, à qui ils persuadent que leurs statues mangent et boivent comme les mortels. Et les pauvres ignorants n'oseraient prendre leurs repas avant d'avoir offert à l'idole une pièce de monnaie. Des brahmes ne cessent d'épouvanter les simples, en les menaçant de toutes sortes de maux s'ils manquent de générosité envers les dieux; et le peuple, frappé de terreur, se hâte de satisfaire la cupidité de ces fourbes.

« Les brachmanes de cette côte sont furieux contre moi, parce que j'ai dévoilé leurs turpitudes. Lorsqu'ils sont seuls avec moi, ils m'avouent suis détour qu'ils ne vivent que de leurs mensonges; ils conviennent de leur ignorance et me disent qu'à moi seul j'en sais plus qu'eux tous ensemble. Souvent ils m'envoient des présents que je refuse toujours, à leur grand regret, car ils voudraient m'imposer des obligations pour me forcer au silence. Ils cherchent âme flatter et me disent :

« Nous savons très-bien qu'il n'y a qu'un Dieu, et nous le prierons pour toi. »

« A toutes leurs avances je réponds comme il convient, et je n'en travaille pas moins à dessiller les yeux du peuple. Un grand nombre de ces pauvres ignorants a reçu le baptême, mais beaucoup d'autres résistent encore par la crainte que leur inspirent les brachmanes.


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Message  Monique Sam 07 Mai 2022, 7:24 am

« Depuis que j'habite ces contrées, je n'ai pu convertir qu'un brahme, très jeune homme qui enseigne aux enfants les premiers éléments de la religion chrétienne.

« Lorsque je parcours les bourgades des néophytes, je passe d'ordinaire au milieu des pagodes qu'habitent ces imposteurs. Dernièrement, j'eus l'idée d'entrer dans un do ces temples où deux cents brahmes étaient réunis. Plusieurs vinrent au-devant de moi, et, après l'échange de quelques paroles indifférentes ou de politesse, je leur demandai à quel précepte leurs dieux attachent la béatitude future.

« Aussitôt s'élève entre eux une discussion aussi vive que prolongée pour savoir qui me répondra; enfin la parole est cédée au plus âgé. Le vieillard octogénaire me demande, à son tour, ce que nous prescrit le Dieu des chrétiens. Voyant où tend sa ruse, je lui réponds que je le satisferai quand il aura répondu à ma question. Forcé de me découvrir son, ignorance, il me dit que les dieux n'exigent que deux choses : la première, de ne point tuer les vaches dont ils prennent la forme; la seconde, de faire du bien aux brahmes qui sont leurs serviteurs et leurs favoris.

« Cette réponse me peina profondément ! J'éprouvais au fond de l'âme une bien cuisante douleur, en voyant jusqu'à quel point le démon aveugle les hommes. Je priai alors les brahmes de m'écouter, et je récitai à haute voix le Symbole des Apôtres et les Commandements de Dieu. Puis, je leur expliquai en peu de mots le paradis, l'enfer, le jugement. Je leur dis quels seront ceux qui jouiront de la béatitude éternelle, et ceux qui seront plongés dans des supplices qui auront la durée de l'éternité, l'intensité de l'infini.

« A ces derniers mots, ils se levèrent tous et vinrent en foule m'embrasser en criant que le Dieu des chrétiens est le seul vrai Dieu, et que ses lois sont en parfaite harmonie avec la raison. Ils me demandèrent si les âmes des hommes périssent avec le corps, aussi bien que celles des animaux. Alors Dieu me suggéra un raisonnement si bien à leur portée, qu'ils furent tous convaincus de l'immortalité de l'âme. Les raisonnements par lesquels on cherche à convaincre les ignorants, ne doivent rien avoir de la subtilité de ceux que nos docteurs emploient dans leurs livres; il faut les mesurer à la capacité de ces pauvres intelligences.


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Message  Monique Dim 08 Mai 2022, 6:58 am

« Les brahmes me demandèrent encore comment il se fait que, dans le sommeil, nous voyons nos parents, nos amis et que nous nous entretenions avec eux ce qui, mes bien chers frères, m'arrive très-souvent pour vous; si Dieu est blanc ou s'il est noir; car les Indiens, qui sont noirs généralement, attribuent cette couleur à leurs divinités. Leurs idoles peintes en noir, et frottées d'une huile infecte ont un aspect hideux et dégoûtant !

« Après avoir satisfait à toutes leurs questions, je les pressai d'embrasser une religion qu'ils reconnaissaient être la seule vraie. A cela ils m'opposèrent les frivoles prétextes de beaucoup de chrétiens qui redoutent un changement de vie: cela ferait parler, ils perdraient la ressource qui seule leur donne de quoi vivre.

« Je n'ai rencontré, sur tonte la côte, qu'un seul brahme ayant un peu d'instruction, et qu'on dit avoir été élevé dans un noble et célèbre collège. Je cherchai à le voir en particulier, il s'y prêta volontiers, et, sur les questions que je lui adressai, il me répondit qu'ils étaient tous liés par serment et ne pouvaient rien laisser connaître de leurs doctrines; mais, par amitié pour moi, il me parlerait ouvertement. J'appris ainsi que le premier de leurs mystères est qu'il n'y a qu'un Dieu, créateur du ciel et de la terre, à qui seul ils doivent un culte, et que leurs idoles ne sont que les images des démons. Ils ont des monuments qu'ils regardent comme des livres sacrés, et qui contiennent des lois qu'ils croient divines. Pour les enseigner, ils se servent d'une langue aussi inconnue au vulgaire que le latin l'est chez nous.

« Mon brahme me développa ensuite leurs préceptes divins; ils ne valent pas la peine de vous être répétés. Ils observent le septième jour, et font ce jour-là cette prière qu'ils répètent de temps en temps dans leur langue sacrée : Dieu, je te vénère, j'implore ton secours à jamais. En raison de leur serment, cette prière se récite à voix basse, afin que nul ne puisse les entendre. Leur livre contient une prophétie annonçant qu'un jour tous les peuples de la terre professeront une seule et même religion.

« Ce brahme me demanda de lui expliquer, à mon tour, les préceptes du christianisme, me promettant de me garder le secret le plus absolu. Je lui répondis que je n'en ferais rien, s'il ne me promettait, au contraire, de publier partout, et à haute voix, ce qu'il saurait de notre sainte religion. Sur sa promesse, je lui expliquai ces paroles du divin Sauveur, qui sont l'abrégé du christianisme : Celui qui croira , et qui sera baptisé, sera sauvé. Je lui donnai cette parole et le Symbole des Apôtres avec un long commentaire; j'y ajoutai le Décalogue, et lui fis voir le rapport existant entre le dogme et la morale.


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Message  Monique Lun 09 Mai 2022, 6:46 am

« Un jour il vint me trouver, me dit qu'il avait rêvé qu'il était chrétien, associé à mes travaux et au comble de la joie. Il me pria de l'admettre en secret à nos mystères; mais cette condition étant illicite, je ne pus lui accorder le baptême. Je ne doute pas que Dieu ne lui fasse un jour la grâce d'être chrétien. Je lui ai bien recommandé d'enseigner aux simples et aux ignorants qu'il n'y a qu'un Dieu, créateur du ciel et de la terre, et qui règne dans les cieux. Il serait déjà chrétien, s'il n'était retenu par la crainte d'être persécuté par les démons pour avoir manqué à son serment.

« Voilà tout ce que mes travaux peuvent avoir d'intéressant pour vous, à moins que je ne vous parle des joies .ineffables dont Dieu se plait à combler ceux qui travaillent à défricher cette terre inculte et barbare. Elles sont si abondantes, si solides, que ce sont assurément les seules qu'on puisse goûter en cette vie.

« Il me semble entendre un de ces ouvriers apostoliques s'écrier dans l'ivresse de son âme

« C'est assez ! Seigneur, c'est assez ! c'est trop pour cette vie !... Mettez un terme à mon bonheur !.... Ou si, dans votre infinie miséricorde, vous voulez m'inonder des joies célestes, enlevez-moi de cette terre ! elle doit être une vallée de larmes; transportez-moi dans le séjour des bienheureux ! Celui qui a goûté ces ineffables délices, ne peut plus vivre hors de votre divine présence !... »

« Mes frères bien-aimés, c'est un plaisir bien doux pour moi que de penser à vous et de me rappeler votre amitié, que je dois à l'immense miséricorde de Dieu. Je repassé souvent en moi-même les années écoulées, et c'est avec une vive douleur que je vois le temps que j'ai perdu, et combien peu j'ai profité de votre amitié, de votre société, de votre science des choses de Dieu ! C'est à vos prières, tout éloigné que je sois de vous tous, que Dieu me fait la grâce de me révéler la multitude infinie de mes péchés; c'est à vos prières qu'il m'a donné la force et le courage de venir instruire les nations idolâtres. Je rends d'immenses actions de grâces à la Bonté divine et à votre charité.


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Message  Monique Mar 10 Mai 2022, 8:03 am

« De tous les fruits que la divine Providence m'a fait recueillir en cette vie, celui que j'ai apprécié le plus est l'approbation et la confirmation de notre Institut par le Saint-Siège. Je rends à Dieu d'immortelles actions de grâces de ce qu'il a daigné sanctionner à jamais, parla bouche de son vicaire, la règle qu'il a révélée et dictée à son serviteur, notre Père Ignace.

«Je prie le Seigneur puisque dans sa bonté il nous a réunis sous la même règle, en même temps que dans l'intérêt de sa gloire il nous a séparés et dispersés à de si grandes distances les uns des autres, de nous réunir de nouveau dans le séjour des bienheureux !

« Entre autres intercessions, invoquons celle des enfants que j'ai baptisés et que Dieu, dans sa miséricorde infinie, a rappelés à lui avant qu'ils n'eussent terni la robe de leur innocence. Je crois qu'ils sont au nombre de mille et plus.

Je les invoque pour obtenir la grâce de faire, sur cette terre d'exil et de misère, ce, que Dieu veut, et de la manière qu'il le veut.

« Le moindre de vos frères en Jésus-Christ.

« FRANÇOIS. »


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Message  Monique Mer 11 Mai 2022, 7:34 am

V


Les miracles accompagnaient partout les prédications de Xavier. On a vu, dans la lettre qui précède, qu'on accourait de plusieurs points opposés et très-éloignés, pour le conjurer de venir réciter l'Evangile sur les malades alors en grand nombre, que les malades étaient guéris ordinairement, et qu'afin d'en satisfaire plusieurs à la fois, il envoyait des enfants pour le remplacer. Mais ce que le saint ne dit pas, c'est qu'il donnait à ces enfants une médaille, un chapelet, une image, un objet de piété qu'il portait sur lui ou qu'il avait touché, ce qui suffisait pour lui communiquer fine vertu miraculeuse.

Un jour, on vient de Manapar lui dire que l'un des hommes les plus importants du pays est possédé du démon, et on le supplie de le venir délivrer. L'apôtre, en ce moment entouré d'une foule immense qu'il instruisait, appelle un jeune adolescent, lui remet un crucifix qu'il portait toujours sur sa poitrine, et lui ordonne d'aller sans crainte mettre en fuite le démon :

« Ne reviens qu'après l'avoir honteusement chassé ! dit-il à l'enfant. »

A l'arrivée du petit messager, le possédé fait entendre les plus affreux hurlements; ses membres convulsionnés font horreur à voir. L'enfant n'en est point effrayé : il chante les prières que le saint Père lui a enseignées, il ordonne au démon de se retirer et au malade de baiser le crucifix du saint Père ; et le démon obéit et abandonne sa victime.

François de Xavier va trouver un des habitants de cette même ville de Manapar et le prie de l'écouter un moment, afin de laisser pénétrer la lumière dans son esprit, car le malheureux Indien était encore idolâtre et refusait l'instruction dont il avait si grand besoin. Il s'emporte contre le saint apôtre et le chasse en lui disant : « Je n'entrerai jamais dans l'église des chrétiens ! Si j'en avais un jour l'intention, je voudrais qu'on m'en défendit l'entrée ! »


A suivre...
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HISTOIRE DE SAINT FRANCOIS DE XAVIER - Page 5 Empty Re: HISTOIRE DE SAINT FRANCOIS DE XAVIER

Message  Monique Jeu 12 Mai 2022, 8:26 am

Quelques jours après, cet Indien est attaqué par des hommes armés qui ont juré sa mort. Il parvient à s'échapper de leurs mains ; il court, il cherche un abri contre ceux qui le poursuivent en rugissant, et il n'en voit d'autre que l'église des chrétiens; elle est ouverte, mais il en. est encore éloigné. Il s'y dirige en courant, tandis que les chrétiens qui y étaient réunis en ce moment, épouvantés des cris des païens, et craignant le pillage dont leur église est souvent menacée, se hâtent d'en fermer les portes. Le malheureux Indien est tué par ses ennemis à la porte même de l'église que, dans son impiété, il avait souhaité se voir fermer sur lui, le jour où il voudrait en franchir le seuil...

Sur cette même côte de la Pêcherie, le saint, en visitant un village, trouve un pauvre Palawar couvert d'ulcères, manquant de tout, entièrement nu et n'ayant plus la force de supporter la vie. Le cœur de Xavier est profondément ému de cet excès de douleur et de misère. Il s'agenouille auprès du malade, il lui parle avec des larmes dans la voix; il le console avec une tendresse de père; il lave ses plaies dont personne n'osait approcher, tant elles étaient repoussantes, et cédant à son ardent désir de mortifications et de souffrances, se souvenant d'ailleurs de la délicatesse de sa nature, qui autrefois allait jusqu'à la recherche, il boit une partie de l'eau qui a servi à laver les plaies de l'Indien !!!..... Il s'éloigne ensuite du malade qu'il vient d'embrasser avec l'effusion de la plus tendre charité, et se met en prière. Quelques instant après il se relève, revient au malade.... Le Palawar se regardait, examinait ses membres, les tâtait, ouvrait de grands yeux... Il était guéri ! ses plaies étaient fermées; son corps était parfaitement net et ne paraissait pas avoir jamais souffert !

Antonio Miranda était catéchiste de notre saint, et, à ce titre, il lui était doublement cher. Une nuit, Antonio est mordu par une vipère et il meurt; le venin de ces reptiles est mortel dans les Indes. Le saint Père est appelé; il vient, mais il ne s'occupera pas des funérailles d'Antonio, il a besoin de lui pour l'instruction des Indiens; la gloire de Dieu, le salut des âmes sont intéressés aux travaux d'Antonio :

« Antonio ! dit le saint, d'une voix forte et vibrante, au nom de Jésus-Christ, levez-vous ! »

Et Antonio, mort depuis la nuit précédente, se relève plein de vie. Les marques du venin qui l'avait tué disparaissent en même temps. La foule, présente à ce prodige, pousse des cris joie et d'admiration; elle se jette aux pieds du saint Père, elle l'appelle le grand Dieu, et il est obligé de lui expliquer qu'il n'est que l'instrument de ce grand Dieu qui règne dans les cieux et qui l'a envoyé dans les Indes pour le faire connaître, le faire aimer, le faire servir par tous ceux qui l'écoutent, et par bien d'autres encore à qui il espère porter son nom.


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Message  Monique Ven 13 Mai 2022, 6:25 am

Dans un autre village, une jeune fille est emportée par une des fièvres violentes et pernicieuses du pays; la famille désespérée appelle le saint Père; il accourt et ressuscite la morte, en présence d'une foule de païens qui croient aussitôt au Dieu de Xavier et sollicitent la grâce du baptême.

Le même prodige se renouvelle pour un jeune homme mort de la même maladie, et d'aussi nombreuses conversions couronnent ce miracle.

On vient d'une autre bourgade solliciter le saint d'accourir pour rendre la vie à un enfant. La veille, ce pauvre enfant était tombé dans un puits; on l'avait retiré, il était mort; mais le Dieu du saint Père en a ressuscité d'autres, il peut bien ressusciter celui-ci. Les païens sont là, attendant et ne voulant pas croire aux prodiges que tant d'autres ont vus et qui les ont convaincus. François de Xavier ne les fait pas attendre; il arrive avec le messager, et voyant que l'enfant est mort, il prie pendant, quelques instants à quelques pas du cadavre, puis, se relevant, il ordonna à la mort de quitter l'enfant, il ordonne à la vie de le reprendre, et la mort et la vie obéissent à l'ordre de Xavier donné au nom de Jésus-Christ.

Les païens n'appelaient plus le saint apôtre que le grand Dieu de la nature.


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Message  Monique Sam 14 Mai 2022, 8:24 am

Plus François de Xavier opérait de prodiges, plus il vivait d'austérités et de mortifications. Sa nourriture était celle des plus pauvres d'entre les Indiens : du riz et de l'eau, jamais autre chose. Il s'abritait dans une misérable cabane de pêcheurs, il couchait sur la terre nue. Le vice-roi l'avait en quelque sorte forcé d'accepter un matelas et une couverture; Xavier avait vu un pauvre malade sur des feuilles sèches, il lui avait aussitôt donné couverture et matelas. Il ne dormait plus que trois heures; peu lui importait la dureté de sa couche pour un sommeil de si courte durée; n'avait-il pas à se reprocher quelque recherche dans sa première jeunesse? On a vu comment, dans les épanchements de sols âme, il déplorait ces quelques années que sa vie tout entière devait expier par des mortifications telles, qu'on serait tenté de les révoquer en doute, si elles n'étaient surabondamment prouvées. Il ne peut oublier que, pendant ces quelques années, il n'a aimé Dieu que de loin, pour ainsi dire, comme l'aiment beaucoup de chrétiens; et maintenant le zèle de sa gloire le brûle, le dévore. Les fatigues, les souffrances, les privations, les humiliations, il en est avide; car tout ce qu'il souffre dans cet apostolat si admirablement pénible, c'est pour Dieu; et Dieu a tant souffert pour nous ! Il souffre pour sauver des âmes; et pour le salut de ces âmes, Jésus-Christ a donné tout son sang ! Aussi, le saint apôtre compte-t-il pour rien tout ce qu'il fait pour Dieu, et se regarde-t-il comme bien plus redevable encore, à mesure que les prodiges se multiplient sur ses pas.

Xavier avait conquis sur l'enfer une grande étendue de côte; seul il ne pouvait suffire aux besoins spirituels de toutes ces chrétientés; de plus, sa présence était nécessaire à Goa où il avait plusieurs choses à régler, et il s'était embarqué, en novembre 1543, pour se rendre dans cette ville, emmenant deux indigènes qu'il devait laisser au collège de Sainte-Foi.


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Message  Monique Dim 15 Mai 2022, 7:30 am

Arrivé a Goa, il donne au Père Paul de Camerini toutes ses instructions relativement à la direction et à. l'administration du collège ; il envoie le Père Mancias au cap Comorin, il revoit et encourage les âmes qu'il a rendues à Dieu, et n'oublie ni ses chers lépreux, ni ses chers prisonniers; enfin, il choisit deux jeunes prêtres pour l'aider dans son apostolat, il emmène avec eux Juan d'Artiaga, officier de mérite et fervent chrétien, et un jeune indigène destiné à exercer les fonctions de catéchiste. Un mois lui suffit pour régler toutes ces choses. Pendant son court séjour dans cette ville, il eut la consolation de voir arriver quelques Pères de Portugal venant partager ses travaux :

« Nous avons trouvé le Père François à Goa, mandait le Père Melchior Gonzalez à ses frères d'Europe; ses vertus sont telles, que je n'en connais pas de comparables; il est embrasé de l'amour divin au degré le plus éminent; sa sainteté le fait regarder comme un martyr vivant, et je ne puis vous en rien dire qui approche de ce que j'ai vu. Après son départ, il nous a laissé un tel vide, qu'il me semblait n'être plus de la Compagnie. Ce vaillant soldat de Jésus-Christ ne boit jamais de vin, il est d'une très-forte constitution... »

De retour à la côte de la Pêcherie, où il écrivit l'admirable lettre qui fait le sujet de la section précédente, notre saint s'attache à former les deux prêtres dont il veut faire deux saints apôtres; il reprend ses prédications, ses instructions, ses fatigues habituelles de bourgade en bourgade, sans s'inquiéter des pluies, des chaleurs, d'aucun obstacle. Son zèle n'en connaît pas. Il entretient une correspondance des plus fréquentes avec le collège de Goa qu'il dirige par ses lettres, et avec le Père Mancias qu'il ne cesse d'encourager dans le nouveau ministère qu'il lui a confié :

« Par l'amour que nous portons à Jésus-Christ, lui mande-t-il de Punicaël, profitez de tous vos moments pour m'instruire de tout ce qui vous concerne, vous et vos collègues. Dès que je serai à Manapar, je donnerai de mes nouvelles. N'oubliez pas ce que je vous recommandai à votre départ : demandez à Dieu la patience nécessaire dans les commencements, pour traiter avec cette nation. Songez que le pays que vous habitez est un purgatoire destiné à vous purifier de toutes vos fautes, et admirez l'infinie bonté qui vous permet d'expier en ce monde les péchés de votre jeunesse, avec grand profit de mérite et beaucoup moins de peine que dans l'autre vie.

Toutes ses lettres à Francisco Mancias, Xavier les signe : « Votre frère très-aimant en Jésus-Christ François. »


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Message  Monique Lun 16 Mai 2022, 7:40 am

« Vous signifierez aux Patangats (2) que si l'on boit désormais du rack à Punicaël, je les rendrai responsables de ce délit. Engagez-les sérieusement à se corriger avant mon arrivée, et à veiller sur les mœurs de leurs subordonnés. Dites-leur que si je les trouve plongés dans les mêmes vices, en vertu des pouvoirs que je tiens du préteur, je les ferai conduire à Cochin; et ils n'en seront pas quittes pour ce voyage, qu'ils ne s'en flattent pas, car je suis très-résolu à leur retirer tous les moyens de retourner à Punicaël. »

Telle était la fermeté que le grand Xavier savait joindre à la plus douce, à la plus insinuante charité. Tous les soins qu'il donnait aux missions dont il était éloigné, ne ralentissaient en rien ses travaux et ses conquêtes; il s'enfonçait dans les terres, seul, sans guide et sans connaissance des lieux : « Vous pouvez vous faire une idée de ma vie depuis que je suis ici, écrivait-il d'un lieu dont il ignorait même le nom, n'étant compris de personne et ne pouvant me faire comprendre. Cependant, je baptise les nouveau-nés, car pour cela je n'ai pas besoin d'interprète, non plus que pour secourir les pauvres qui savent bien me faire comprendre leur misère. »



Les enfants chrétiens étaient souvent ses messagers pour porter ses lettres; quelques-uns même s'attachaient à lui et ne voulaient plus le quitter; alors il en faisait de petits catéchistes et des interprètes. Il en avait laissé un au Père Mancias, dont il lui parlait dans sa correspondance avec l'intérêt d'un père; rien n'est plus touchant de la part de l'admirable apôtre, absorbé par tant et de si magnifiques travaux, que le souvenir que nous trouvons pour cet enfant dans une lettre datée de Livare, 23 avril 1544 :



« Dites de ma part au petit Mathieu de continuer à être sage, de répéter à haute voix, en plein catéchisme, les leçons que vous lui donnez, et de bien prononcer. Quand j'arriverai près de vous, je lui ferai un petit présent qui, j'en suis sûr, lui fera grand plaisir. »



Afin de donner l'idée du détail dans lequel il entrait pour la direction des missions dont il était éloigné, nous citerons la fin de la même lettre :


« Dites-moi, ajoute-t-il, si les enfants sont exacts à se rendre aux prières, et combien d'entre eux les savent par cœur. Je vous en prie, n'épargnez ni papier, ni paroles pour les leur expliquer et les leur faire apprendre. Profitez de la première occasion pour me satisfaire sur tous ces points.

« Que le Seigneur soit avec vous comme je désire qu'il soit avec moi ! Portez-vous bien. Votre frère très-aimant en Jésus-Christ.



« FRANÇOIS. »



-------------


2 Chef de bourgade.


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Message  Monique Mer 18 Mai 2022, 6:14 am

Cependant, notre saint étendait le règne de Jésus-Christ avec une rapidité merveilleuse. A Tutucurin, il reçoit des lettres du Père Mancias, qui lui font regretter de ne pouvoir aller à lui aussitôt qu'il le voudrait. Le coeur et l'âme de Xavier sont si bien dans la réponse qu'il adresse à ce Père, que nous ne pouvons résister au désir de la donner à peu près entièrement; car notre but est de faire connaître surtout la vie intime du grand apôtre de l'Orient.



«MON TRÈS-CHER FRÈRE EN JÉSUS-CHRIST,



« Dieu, à qui rien n'est caché, sait combien j'aurais plus de plaisir à passer quelques jours avec vous qu'à rester à Tutucurin, séparé de vous par une si petite distance. Mais ma présence étant nécessaire ici pour terminer des difficultés qui pourraient entraîner les habitants dans des querelles dangereuses, il faut que tous deux nous sachions sacrifier cette consolation au précieux avantage que le service de Dieu peut retirer de cette pacification, et que nous nous réjouissions d'être là où nous ne voudrions pas être, et où nous retiennent la très-sainte volonté du Seigneur, son règne, sa gloire.

«Encore une fois, je vous en conjure, ne vous impatientez pas contre cette malheureuse nation, quelles que soient ses erreurs et ses rechutes. Je sais combien il nous est pénible d'être détournés à tout propos de nos travaux sérieux pour nous occuper de ses petits interêts; mais il faut digérer ces importunités avec calme et sérénité, et vous prêter gracieusement à ces contre-temps qui assiégent de tous côtés. Faites ce que vous pouvez; différez avec douceur ce que vous ne pouvez exécuter dans le moment; donnez de bonnes paroles à celui que vous ne pouvez satisfaire; excusez-vous avec bonté de ne pouvoir faire tout ce que vous voudriez. L'espérance console celui qui n'obtient pas de suite ce qu'il désire.

« Vous devez à Dieu des actions de grâces, et je crois que vous les lui rendez bien, de ce qu'il vous a placé là où vous ne pouvez être oisif, lors même que vous le voudriez, puisque des travaux sans nombre se disputent les instants de votre vie; mais ce qui en fait le prix, c'est qu'ils tendent tous à la gloire de Dieu.

«Je vous envoie Pedro; reuvoyez-moi Antonio dès qu'il sera rétabli, ce qui, je pense, n'ira pas au-delà de cinq ou six jours.

« A quelque besoin que vous soyez exposé, soit d'argent, soit de conseils, écrivez-moi de suite; les occasions ne peuvent vous manquer au milieu des allées et venues journalières de tant de monde.

« Supportez ce peuple avec une douceur et une patience que rien ne puisse altérer, afin de le retirer du vice et de le porter au bien. Si quelques-uns de ces pauvres Indiens sont rebelles à tous vos efforts; si vous ne pouvez les gagner par votre bonté et par votre indulgence, pensez que la mission qui vous a été donnée consiste à punir à propos ceux qui le méritent, et à pousser du mal au bien ceux qui peuvent être stimulés.

« Que Dieu vous accorde les secours que je lui demande pour moi-même !

« Votre frère bien-aimant en Jésus-Christ,



« FRANÇOIS. »


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Message  Monique Mer 18 Mai 2022, 6:17 am

V


Le 19 juin 1544, vers le soir, François de Xavier venait d'arriver à Coïmbatour, la population se pressait avec amour et vénération autour de son apôtre bien-aimé, et se réjouissait de son retour longtemps désiré, lorsque Manoël da Cruz, se rapprochant de lui, attendit qu'il eût cessé de parler à la foule, et lui dit aussitôt après

Saint Père, les nouvelles de la Pêcherie sont mauvaises !

Qu'y a-t-il, mon enfant? demanda le saint.

Les Badages sont descendus ! Ils ont tout pillé; les Palawars sont en fuite; ils meurent de faim dans les forêts ou dans les cavernes !

Mes chers Palawars ! mon Dieu !

Et le saint tenait ses mains jointes, ses yeux levés vers le ciel; il semblait prier, tandis que ses larmes coulaient doucement sur son visage.

Je vais à Manapar où je trouverai des ressources pour mes chers néophytes, reprit-il; je pars à l'instant; demain je volerai à leur secours. Pauvres Palawars !

Il partit, en effet, malgré la nuit, malgré la difficulté des chemins, et malgré la douleur des habitants de Coïmbatour, dont plusieurs voulurent l'accompagner pour le défendre en cas d'attaque.

Les Badages étaient un peuple de brigands, du royaume de Bisnagar, qui, de temps à autre, faisaient irruption sur les côtes et commettaient les plus effrayants excès. Laissons parler notre saint...


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Message  Monique Mer 18 Mai 2022, 6:24 am

AU PÈRE MANCIAS.


Manapar, 20 juin.



« Je pars pour le cap Comorin, emmenant vingt barques chargées de vivres pour secourir les pauvres néophytes qu'une invasion des Badages, mortels ennemis du nom chrétien, a frappés de terreur. Ils ont abandonné leurs foyers, ils se sont jetés dans des îles désertes où, au milieu des rochers, ils sont exposés aux ardeurs du soleil et aux horreurs de la faim et de la soif. Plusieurs ont déjà succombé à la misère ! Leur affreuse situation me déchire le cœur ! Priez donc, priez sans cesse pour nous, et faites prier les enfants. J'écris aux Portugais et aux magistrats de la côte pour les exhorter à venir au secours de ces infortunés. Faites en sorte, en recevant des aumônes, de ne rien recevoir des pauvres, bien moins encore de ceux qui se feraient prier, mais seulement du riche et de celui qui donne de bonne grâce. Dans cette collecte, il faut considérer la bonne volonté et les facultés de la main qui donne. »


AU MÊME.


30 juin.



« Depuis mardi je suis retourné à Manapar. Dieu sait quelles peines ce voyage m'a données. J'étais parti avec vingt tones (1) pour secourir et consoler les chrétiens; les vents semblaient s'être conjurés contre moi. Je n'ai jamais pu, ni à force de rames, ni à la remorque, amener une seule barque au pied du promontoire ! Tous mes moyens, tous mes efforts, tout a été inutile. Si les vents cèdent, je me remettrai en route pour . secourir, comme je le pourrai, ces pauvres infortunés dans leur détresse. Qui pourrait avoir le coeur assez dur pour être témoin d'une telle infortune, et cesser de tenter les derniers efforts de la charité? Je ne sais si, de toutes les misères qui assiègent l'humanité, celle qui accable ce malheureux peuple, qui comme nous croit en Jésus-Christ, n'est pas la plus horrible ! Tous les jours il arrive à Manapar de ces pauvres dépouillés; ils viennent en foule, et sont entièrement nus et mourants de faim ! . .


« Nous avons été huit jours en mer, et je sais maintenant par expérience combien les tones sont incommodes, surtout quand il faut lutter contre la fureur des vents, fureur telle, que tous les efforts humains n'ont pu la maîtriser. »


------------


1 Barques du pays


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Message  Monique Jeu 19 Mai 2022, 7:48 am

AU MÊME.


1er août.



« En allant par terre, je suis enfin parvenu au promontoire, pour visiter et consoler les chrétiens qui ont échappé à la férocité des brigands. Je n'ai jamais vu de spectacle aussi affreux ! Je n'avais autour de moi que pâleur, nudité, famine, désolation ! Là, je voyais épars dans les champs des cadavres infects; ici, des blessés, des malades étendus sans secours, sans médicaments, et luttant contre la mort qui les étreignait ! Des vieillards décrépis, exténués, gémissant sous le poids des années et de la misère, essayaient en vain de faire quelques pas; des femmes abandonnées, des enfants venant au monde sur les chemins, des hommes réduits à une telle stupidité, qu'ils ne tentaient même pas de leur porter secours... Si un pareil spectacle frappait jamais vos yeux, votre coeur en éprouverait un déchirement inguérissable !

« J'ai fait transporter tous les pauvres à Manapar ; le plus grand nombre y est déjà arrivé. Nous nous occupons de pourvoir à leurs besoins les plus urgents. Priez le Seigneur notre Dieu de toucher de compassion le coeur des riches en faveur de ces malheureux consumés par tous les genres de misères. »



Quelques jours après, il ajoutait ce post-scriptum à une lettre prête à partir :



« A l'instant même; je reçois une lettre de Guarim qui m'annonce que les chrétiens ont été dépouillés par les Badages, qu'ils se sont sauvés dans les bois, et que l'un d'eux a été blessé, ainsi qu'un gentil. Les nouvelles les plus affligeantes nous accablent de toute part ! Que. Dieu soit toujours loué ! »



Et le saint vole aussitôt au secours de la chrétienté nouvellement envahie; puis il écrit au roi de Travancor pour lui demander d'arrêter la fureur et les dévastations des Badages. Ce prince, qui se faisait appeler le grand Monarque, et qui désirait vivement connaître le saint Père, dont les miracles et les succès apostoliques avaient porté la réputation dans tous les états de la presqu'île en deçà du Gange, lui envoya des députés pour l'inviter à le venir voir; et lui promettre de prendre, à l'égard des Badages, toutes les mesures nécessaires pour assurer la tranquillité des Palawars. Notre saint, heureux de l'occasion qui se présentait de porter le nom de Jésus-Christ au milieu de cette nation entièrement idolâtre, se prépara à partir.


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Message  Monique Ven 20 Mai 2022, 8:00 am

« Au milieu des dangers auxquels je vais être exposé, écrivait-il le 8 novembre 1544, je mets ma confiance dans le secours du ciel, que m'obtiendront vos prières et celles des petits enfants de votre troupeau. Sous ces auspices, je pars et vais affronter avec calme tous les périls dont les chrétiens qui m'entourent me font le plus effrayant tableau. Ils me répètent sans cesse que prendre la route de terre, c'est m'exposer à une perte certaine; que les barbares habitants de ces contrées, me regardant comme le soutien du nom chrétien, ne manqueront pas de décharger sur ma tête toute la haine qu'ils portent à notre sainte religion; qu'il est de la plus grande imprudence d'entreprendre à pied ce long voyage de trente lieues. Mais, pour vous ouvrir mon âme tout entière, je vous dirai qu'il est des moments où la vie m'est à charge. Je me sens entraîné, malgré moi, vers tous les points dont on cherche à me détourner. Il m'est bien plus avantageux d'être massacré en haine de notre sainte religion, que de vivre comme témoin impuissant de tous les outrages qui se commettent tous les jours envers notre Dieu, malgré tous nos efforts pour les empêcher. Rien ne m'attriste comme l'impuissance où je suis de mettre un frein aux scandales affreux que donnent certaines personnes que vous connaissez ! »

Ce cri de douleur, échappé à la grande âme de Xavier, était justifié par les exactions que les Portugais exerçaient sur les malheureux Indiens et par le désordre de leur conduite qui mettait obstacle aux progrès du christianisme, ou entraînait les néophytes dans de déplorables rechutes. Mais Dieu réservait une grande consolation à son apôtre.

A peine François de Xavier, accompagné seulement de Vaz Fernandez, est-il entré sur les terres du royaume de Travancor, que la population se porte en foule autour de lui... non pour le massacrer, comme l'avaient craint les chrétiens, mais pour le voir, mais pour, l'entendre..: La langue de ces peuples ne ressemble en rien à celle des pays déjà parcourus par notre saint; c'est une langue toute nouvelle pour lui, et pourtant il parle de Dieu à ce peuple qui l'entoure, et ce peuple le comprend; il bat des mains, il applaudit aux vérités qu'il entend !... Et Xavier, à son tour, comprend ce que la foule lui adresse et il s'établit aussitôt un rapport, un échange dont chacun s'émerveille1 Cette langue barbare, Xavier la parle, la prononce comme un naturel de Travancor ! Il s'exprime avec la même facilité que s'il traitait avec des Espagnols ou des Français!... C'est que l'illustre apôtre était « conduit par le Saint-Esprit » comme l'avait prédit, cinquante ans auparavant, le saint martyr Pedro de Covilham, et que le Saint-Esprit le comblait de tous ses dons, comme preuve incontestable de sa présence. Jusqu'ici, nous avions vu François de Xavier prophétiser et opérer d'éclatants miracles; et maintenant le voilà possédant le don des langues. Partout où il ira désormais, les peuples le comprendront et il les comprendra; et, pour lui, les comprendre et en être compris, c'est en avoir déjà fait la conquête à Jésus-Christ et à son Eglise. Toute la côte de Travancor se soumit au joug de l'Evangile à mesure que Xavier la parcourut, et, sur sa demande, le roi ayant autorisé ses sujets à professer ouvertement le christianisme, quarante-cinq églises furent aussitôt élevées par la piété des néophytes; en un mois seulement l'Apôtre baptisa dix mille païens ! En entrant dans chaque village, il réunissait tous les habitants, hommes, femmes et enfants; il les conduisait dans la campagne, et là, il plaçait les hommes d'un côté, les femmes de l'autre, et, pour être entendu de tous, il montait sur un arbre et leur annonçait les vérités chrétiennes. L'enthousiasme des païens était tel en l'écoutant, qu'aussitôt après l'instruction ils couraient à leurs pagodes et les renversaient de fond en comble : « Je ne puis vous peindre la joie que j'éprouve, écrivait notre saint, en voyant tomber sous le marteau de mes nouveaux chrétiens ces temples et ces idoles naguère l'objet de leur culte. Telles sont les conquêtes de la croix sur l'empire de Satan... Encore une fois, ma joie et mon bonheur sont alors. au-dessus de toute expression : la langue, la plume sont insuffisantes pour peindre mon ravissement ! »


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1 Ou Collan.


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Message  Monique Sam 21 Mai 2022, 8:04 am

Les brachmanes, exaspérés de ce succès l'attendirent souvent au passage dans les ténèbres de la nuit faisant pleuvoir autour de lui une grêle de flèches, dont une seule l'atteignit et ne put qu'effleurer sa peau; il jaillit quelques gouttes de sang et ce fut tout; la Providence veillait sur son élu. Désolés de leur insuccès, les brachmanes tentèrent inutilement d'autres moyens; ils brûlèrent même plusieurs maisons, espérant qu'il s'était réfugié, dans l'une ou dans l'autre : ce fut en vain. Dieu gardait «son vase d'élection, » tous les efforts de l'enfer devaient être impuissants à le briser. Les chrétiens, effrayés et tremblant pour la vie de leur Père bien-aimé, entouraient à distance et bien armés la maison dans laquelle il se retirait; mais une nuit le saint se vit forcé de fuir pour éviter, l'incendie du village entier où il se trouvait. Accompagné d'âne garde nombreuse de fidèles néophytes, Xavier gagna la campagne, monta sur un arbre, s'y cacha dans le feuillage et y attendit le jour; ce moyen le sauva de la rage infernale des prêtres des idoles.

Cependant les Badages, contre lesquels les mesures du roi de Travancor avaient été insuffisantes, firent une nouvelle invasion sur la côte, et s'attaquèrent précisément aux pêcheurs de celle de Travancor, du côté du cap Comorin. Cette fois, c'était une armée sous le commandement du naïr de Maduré, capitaine expérimenté; il s'agissait, non plus d'une surprise, mais d'une guerre ouverte et déclarée. Le roi de Travancor réunit des troupes, se met à son tour sur le pied de guerre et marche contre l'ennemi. On annonce à Xavier cette accablante nouvelle. L'apôtre tombe à deux genoux, il se prosterne le front dans la poussière

« Seigneur ! s'écrie-t-il, souvenez-vous que vous êtes le Dieu des Miséricordes infinies, le protecteur de vos fidèles chrétiens ! n'abandonnez pas à la rage de ces loups dévorants le troupeau dont vous m'avez fait le pasteur ! Que les nouveaux chrétiens, si faibles encore dans la foi, ne se repentent pas de l'avoir embrassée ! Que les infidèles n'aient pas l'avantage d'opprimer ceux qui mettent leur espérance en vous seul ! » Après cette prière, il se relève plein de force, de courage, de résolution; son visage semble refléter un rayon divin :

« Suivez-moi ! dit-il aux chrétiens qui se pressent autour de lui; suivez-moi ! Dieu est pour nous ! »

Et prenant son crucifix à la main, il marche à la tête de ses chrétiens, comme le conquérant marche à la victoire. Arrivé à la plaine par laquelle venaient les ennemis rangés en ordre de bataille, Xavier s'avance jusqu'à portée de la voix; là, il s'arrête, il élève son crucifix, et du ton d'un souverain qui parle à des rebelles :

Arrêtez, leur dit-il; au nom du Dieu vivant, je vous défends d'aller plus avant! et, de sa part, je vous ordonne de vous retirer !

Les ennemis sont foudroyés par ces paroles; ils ne savent plus ni avancer ni reculer...

Qu'est-ce donc? crient les derniers. En avant !

Nous ne pouvons avancer, répondent ceux des premiers rangs; nous avons devant nous un géant vêtu de noir, et dont les yeux lancent des flèches de feu !...


A suivre...
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HISTOIRE DE SAINT FRANCOIS DE XAVIER - Page 5 Empty Re: HISTOIRE DE SAINT FRANCOIS DE XAVIER

Message  Monique Dim 22 Mai 2022, 7:30 am

La chose paraît incroyable; quelques-uns des plus intrépides avancent à la tête des troupes... mais le géant formidable leur apparaît menaçant et terrible ! Ils veulent fuir, et se précipitent les uns sur les autres en jetant des cris de rage et d'épouvante; le pêle-mêle devient effroyable, ils se heurtent et se brisent; la voix de leur chef n'est plus entendue, chacun n'est plus occupé que de sa sûreté personnelle, et leur fuite désordonnée ne peut s'effectuer qu'à travers mille difficultés. Les néophytes, de leur côté, courent annoncer ce merveilleux événement dans tous les villages voisins; la nouvelle se répand au loin, et le roi de Travancor, arrivant en ce moment à la tête des siens pour combattre les Badages, s'écrie qu'il veut voir le grand homme qui vient d'opérer ce prodige. Xavier se rend à son désir; le roi l'embrasse, le remercie chaleureusement dans les termes les plus pompeux, et termine sa harangue indienne en lui disant :

Je m'appelle le grand Roi; je veux que désormais mes sujets vous nomment le grand Père!

C'est à Jésus-Christ seul, répond François de Xavier, c'est au Dieu des chrétiens que chacun doit rendre grâces; vous ne devez voir en moi qu'un instrument des plus faibles, et qui ne peut rien par lui-même.

Le roi, bien qu'il ne comprît pas la réponse de l'apôtre, n'en demanda pas l'explication. Il ne voulait pas pour lui-même de la religion qui ne permet pas le vice; mais il voulait la laisser propager dans ses Etats pour plaire à Xavier. En conséquence, il fit publier un édit par lequel il ordonnait à ses sujets d'obéir au grand Père comme à lui-même; cet édit renouvelait en même temps l'autorisation de professer ouvertement la religion de son frère Xavier, grand Père du royaume de Travancor. Pour faciliter les choses, le grand Roi envoyait souvent au grand Père des sommes d'argent considérables, que le Père de Xavier distribuait aux pauvres.

Notre saint parcourut toute la côte avec le même succès qu'en arrivant, et une liberté plus grande. A Coulan , près du cap Comorin, il trouva plus de résistance; il prêchait depuis plusieurs jours et ne voyait tomber à ses pieds, chaque fois, qu'un petit nombre d'idolâtres. Xavier n'était pas accoutumé à voir la parole de Dieu porter si peu de fruits; son âme s'en attristait. Un jour, entouré de païens qui l'écoutent froidement, son visage paraît s'enflammer tout à coup, son regard se fixe vers le ciel :

« Seigneur ! s'écrie-t-il, en répandant des larmes de douleur, tous les curs sont entre vos mains ! Vous pouvez, si vous le voulez, fléchir les plus obstinés, amollir les plus durs! Donnez aujourd'hui cette gloire au sang de Jésus-Christ, au nom de votre divin Fils ! n Et se tournant vers ses auditeurs

Eh bien ! vous ne croyez pas ma parole? Croyez alors ce qui peut la rendre croyable! Quelle preuve voulez-vous des vérités que je vous annonce?

Au même instant, il se souvient que, la veille, un homme fut enterré non loin de l'endroit où il parle

Ouvrez, dit-il, cette tombe, que vous fermâtes
hier; retirez-en le corps, mais assurez-vous s'il est réellement mort !

Les Indiens se portent en grand nombre à la tombe fermée la veille;-ils en retirent le cadavre

Grand Père, il sent déjà bien mauvais; il est bien mort, assurément, disent-ils au saint qui s'était approché d'eux.

Placez-le là.

On le met à terre, aux pieds de l'apôtre, qui s'agenouille un instant, puis se relevant plein d'assurance et s'adressant au cadavre :

« Au nom du Dieu vivant, je t'ordonne de te lever pour preuve des vérités que je prêche ! »


A l'instant le mort se relève, plein de vie, plein de santé, plein de vigueur, et la foule bat des mains, pleure, trépigne, se jette aux pieds de Xavier et demande le baptême en criant qu'il n'y a de vrai Dieu que celui du grand Père.


A suivre...
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