Vie de Mlle Mance et Hôtel-Dieu de Villemarie (Table) COMPLET

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Message  Louis Ven 07 Sep 2012, 2:50 pm

1656. II. La Compagnie de Montréal s’engage à
donner la conduite de l’Hôtel-Dieu aux filles de Saint-Joseph.

La négociation eut tout le succès que l’un et l’autre s’en étaient promis. Le 31 mars 1656, M. Olier, M. de Fancamp, M. de La Dauversière, M. de Maisonneuve, ainsi que quatre autres associés de Montréal, firent un compromis avec les hospitalières de Saint-Joseph de la Flèche pour assurer à celles-ci la direction de l'hôpital de Villemarie.

Par cet acte ils s'engageaient, au nom de leurs autres associés et au nom de la personne fondatrice, qui ne veut être connue (c'est ainsi que Mmede Bullion est désignée dans leur contrat), à recevoir dans cette maison trois ou quatre hospitalières de Saint-Joseph et à leur en donner la propriété, ainsi que celle des bâtiments qu'ils y feront construire pour le logement de ces filles.

Ils promettent aussi de leur donner telle quantité de terre que M. de Maisonneuve, Mlle Mance et les hospitalières elles-mêmes détermineront d'un commun avis : le tout est donné à la communauté que les filles de Saint-Joseph formeront à Villemarie, et dont les biens seront séparés de ceux des pauvres. De leur côté, les hospitalières s'engagèrent à envoyer, dès que les logements seraient en état, trois ou quatre de leurs sœurs avec une pension annuelle de cinquante écus au moins pour chacune, et à leur fournir tous les meubles nécessaires à leur communauté.

Enfin il fut stipulé que si la colonie de Montréal était contrainte d'abandonner pour un temps ce pays, les hospitalières de Villemarie seraient reçues dans la maison de la Flèche, qui jouirait alors de leur revenu jusqu'à leur retour en Canada.

Cet acte fut passé à Paris devant Chaussière, et signé par M. Olier, M. de Bretonvilliers, M. de Maisonneuve et par tous les autres associés présents, ainsi que par M. Blondel procureur des hospitalières de la Flèche (1).

_________________________________________________________

(1) Acte de Chaussière , notaire à Paris, du 31 mars 1656.

A suivre : 1657. III. MlleMance se démet le poignet…

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Message  Louis Sam 08 Sep 2012, 7:25 am

1657. III. MlleMance se démet le poignet,
et devient incapable de rendre aucun service l'Hôtel-Dieu

Mais, pendant qu'en France M. de Maisonneuve disposait ainsi les moyens d'attirer les hospitalières de Saint-Joseph à Montréal, un accident survenu à Mlle Mance fit sentir plus vivement que jamais le besoin qu'on y avait de leurs services.

Le dimanche 28 janvier 1657, à huit heures du matin, elle tomba sur la glace et dans sa chute, qui fut très-rude, elle se rompit l'avant-bras droit, et se démit le poignet. Le chirurgien du lieu, Etienne Bouchard, s'étant rendu une demi-heure après à l'Hôtel-Dieu pour la visiter, la trouva étendue sur un lit, en proie à des douleurs si excessives, qu'elle resta un quart d'heure sans connaissance (2). Lorsqu'elle fut revenue à elle, il reconnut sans peine que les deux os de l'avant-bras étaient rompus, mais il ne s'aperçut pas de la dislocation du poignet. C'est pourquoi, dans les soins qu'il lui donna depuis ce jour, il se borna à la guérir de sa raclure, sans songer à la dislocation, qu'il ne remarqua que six mois après, c'est-à-dire lorsqu’il n’y eut plus de remède à ce mal (*). Aussi, presque toutes les fois qu’il la pansait, les douleurs vives et extrêmes qu’elle éprouvait la faisait entrer dans des convulsions si étranges, que dans une de ces circonstances quatre hommes vigoureux ne furent pas capables de la tenir (1).

Cependant Mlle Mance était fort considérée par tout ce qu’il y avait de personnes de condition dans le Canada, le bruit de cet accident se répandit bientôt jusqu’à Québec. M. d’Ailleboust, qui tenait alors la place de gouverneur général, y fut surtout très-sensible, et ne négligea rien pour procurer son rétablissement (2). Elle fut visitée par le lieutenant des chirurgiens du Canada, Jean Madry, qui résidait à Québec (3). Mais celui-ci, non plus que Bouchard, ne s’aperçut pas de la dislocation du poignet, en sorte que le bras de Mlle Mance tomba dans un état d'amaigrissement excessif, quoique la fracture fût entièrement guérie. « Je demeurai tout à fait privée de l'usage de ma main, écrit-elle, et de plus j'en souffrais beaucoup. J'étais obligée de porter toujours mon bras en écharpe, ne pouvant le soutenir autrement ou sans quelque autre appui. Depuis le moment de ma fracture je ne pus m'aider ni me servir de ma main en aucune manière, ni avoir la moindre liberté, en sorte qu'il me fallait habiller et servir comme un enfant (1).»


(*) Etienne Bouchard, né de la paroisse Saint-Paul à Paris, et ensuite résidant à Épernon, s’obligea par contrat passé le 10 mai 1653, devant de Lafousse, notaire à la Flèche, à servir la colonie de Montréal, en sa qualité de chirurgien, l’espace de cinq ans, sous les ordres de M. de Maisonneuve. De son côté, la Compagnie de Montréal prit l’engagement de le conduire gratuitement à Villemarie, de le nourrir, de le loger pendant ce temps, et de le reconduire en France, comme aussi de lui fournir à Villemarie tous les instruments de chirurgie nécessaires ; enfin, de lui donner cent cinquante livres d’honoraires chaque année (1).

(1) Acte de Lafousse, notaire à la Flèche, du 10 mai 1653


_________________________________________________

(2) Attestations autographes de miracles attribués à M. Olier, p. 59. — Rapport d'Etienne Bouchard.
(1) Attestations authentiques de miracles, etc. — Déclaration de Mlle Mance du 13 février 1659, p. 51 et suiv.
(2) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(3) Attestations, etc., p, 61. — Rapport de Jean Madry.
(1) Attestations, etc. Déclaration de Mlle Mance du 13 février 1659.

A suivre : IV. Arrivée des prêtres de Saint-Sulpice à Villemarie.

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Message  Louis Dim 09 Sep 2012, 6:48 am

IV. Arrivée des prêtres de Saint-Sulpice à Villemarie.

Elle était dans cet état, lorsque M. de Maisonneuve arriva à Villemarie avec quatre ecclésiastiques de Saint-Sulpice, M. Souart, M. Galinier, M. Dallet, à la tête desquels était M. de Queylus, abbé de Locdieu, que M. Olier venait de rappeler de Vivarais, et d’admettre au nombre des associés de Montréal.

La désignation de ces Messieurs pour la mission de Villemarie fut le dernier acte d’autorité que fit M. Olier, étant mort le 2 avril de cette même année, avant même qu’ils eussent mis à la voile (2) : circonstance qui donna lieu à Mlle Mance de bénir la bonté divine de l’empressement qu’elle avait mis à envoyer M. de Maisonneuve en France pour les obtenir. Car si celui-ci eût différé son départ jusqu’après la mort de M. Olier, il y a toute apparence que ces ecclésiastiques n'auraient pu aller en Canada, à cause des grandes oppositions qui s'élevèrent contre leur voyage, et auxquelles on aurait cédé.

Ils partirent néanmoins, sur l'assurance donnée par M. Olier avant sa mort que DIEU voulait qu'on exécutât ce dessein, et qu'il ne manquerait pas de le bénir dans la suite. MlleMance, qui les avait désirés si ardemment, s'empressa de leur céder une chambre de l'hôpital, où ils se logèrent en attendant qu'ils eussent fait construire un bâtiment pour leur communauté.

Ces Messieurs, à leur arrivée, la comblèrent de joie, et répandirent l'allégresse dans tout le pays lorsqu'ils annoncèrent que les filles de Saint-Joseph de la Flèche avaient été choisies par la Compagnie de Montréal pour prendre la conduite de l'Hôtel-Dieu , et qu'elles pourraient partir de France dès que les bâtiments destinés pour elles seraient prêts à les recevoir (1).

_________________________________________________________

(2) Vie de M. Olier, t. II, p. 433 et suiv.
(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
A suivre : V. Les filles de Saint-Joseph n'ayant point de fondation à Villemarie,
M. de Queylus songe à appeler les hospitalières de Québec.


Dernière édition par Louis le Sam 15 Sep 2012, 12:26 pm, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Message  Louis Lun 10 Sep 2012, 6:24 am

V. Les filles de Saint-Joseph n'ayant point de fondation à Villemarie,
M. de Queylus songe à appeler les hospitalières de Québec.

Cependant une difficulté plus considérable devait retarder encore leur départ : c'était le manque de fonds pour subsister à Villemarie. Conformément aux intentions de M. de La Dauversière, et à l'esprit de désintéressement qu'il avait su inspirer à son institut, Mme de Bullion, en fondant l'Hôtel-Dieu de Villemarie, avait exigé qu'on y établit des hospitalières qui servissent les pauvres gratuitement, et non aux dépens de sa fondation (1). Or, les cinquante écus de pension que les filles de Saint-Joseph, par suite du compromis du 31 mars 1656 (2), devaient apporter en Canada, n'étaient pas suffisants pour les y faire vivre, dans un temps où tout s'y vendait à un prix excessif.

D'ailleurs, les terres que la Compagnie de Montréal avait promis de leur donner, étant alors couvertes de bois, ne produisaient aucun revenu; et, pour les mettre en valeur, il fallait faire des dépenses énormes, que ces filles étaient incapables de supporter. En vue donc de hâter leur départ, Mlle Mance résolut d'aller trouver Mme de Bullion, afin d'obtenir de sa grande charité une fondation pour elles, et de les amener elle-même à Villemarie (3). Mais lorsqu'elle était sur le point d'exécuter ce dessein, elle reçut de M. de Queylus un sujet de mortification qui lui fut très-sensible.

Cet ecclésiastique, qui…

_________________________________________________________

(1) Acte de Chaussière, notaire à Paris, du 17 mars 1648.
(2) Acte de Chaussière, notaire à Paris, du 31 mars 1656.
(3) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, de 1657 à 1658.


A suivre…


Dernière édition par Louis le Sam 15 Sep 2012, 12:23 pm, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Message  Louis Lun 10 Sep 2012, 8:30 pm

V. Les filles de Saint-Joseph n'ayant point de fondation à Villemarie,
M. de Queylus songe à appeler les hospitalières de Québec.
(suite)

Cet ecclésiastique, qui, avant son départ de France, travaillait depuis sept à huit ans à la conversion des calvinistes et à la réformation du clergé dans le Vivarais (4), ignorait entièrement le dessein de DIEU sur les trois communautés destinées à répandre dans le Canada l'esprit delà Sainte-Famille; et DIEU, pour montrer sans doute que ce dessein n'avait point été concerté par les hommes, permit qu'il s'efforçât d'abord de le traverser.

Peu de jours après son arrivée à Villemarie, M. de Queylus fut obligé de partir pour Québec, où il resta onze mois (1); et durant ce temps il eut occasion de visiter les hospitalières que Mme la duchesse d'Aiguillon y avait fondées. Ces filles, qui suivaient la règle de Saint-Augustin, avaient été tirées de l'Hôtel-Dieu de Dieppe, de la communauté même à qui les RR. PP. Jésuites avaient désiré en 1639 que M. de La Dauversière confiât l'administration de l'hôpital de la Flèche, plutôt que d'établir un nouvel institut d'hospitalières, dont une colonie serait ensuite envoyée dans l'île de Montréal.

On a raconté que ces mêmes religieuses, invitées alors par M. de La Dauversière, et autorisées par l'évêque d'Angers à s'établir en effet à la Flèche, n'avaient pu, malgré le désir qu'elles en avaient, y envoyer quelques-unes d'entre elles. Mais depuis l'arrivée de Mlle Mance en Canada en 1641, et surtout depuis que l'Hôtel-Dieu de Villemarie avait été fondé par Mme de Bullion, elles désiraient de pouvoir renouer ce premier dessein, en prenant elles-mêmes la conduite de cet établissement.

M. de Queylus se montra tout disposé à entrer dans leurs vues; au rapport de la mère Juchereau, il les pressa même de l'accepter, et fit tant, qu'à la fin elles y consentirent (1), dans l'espérance qu'elles avaient d'obtenir de Mme la duchesse d'Aiguillon une fondation pour s'établir à Villemarie.

___________________________________________________

(4) Vie de M. de Queylus, par Grandet, — Vie de M. Olier, t. ii, p. 418 et suiv.
(1) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, ibid.
(1) Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, par la mère Juchereau, p. 114 — Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin. Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, 1657-1658.


A suivre : VI. Pourquoi M. de Queylus pense à appeler les hospitalières de Québec.


Dernière édition par Louis le Mer 12 Sep 2012, 8:59 am, édité 1 fois (Raison : Correction des références de bas de page.)

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Message  Louis Mer 12 Sep 2012, 6:10 am

VI. Pourquoi M. de Queylus pense à appeler les hospitalières de Québec.

A ne considérer les choses que selon les règles de la prudence ordinaire, ce parti paraissait être sage et très-utile à la colonie de Montréal.

« M. l’abbé de Queylus, dit encore la mère Juchereau, jugea que ce serait un avantage pour nous et pour tout le pays s'il n'y avait à Québec et à Villemarie qu'un même institut parce que cela entretiendrait mieux la paix qui doit être entre les maisons religieuses. »

D'ailleurs, les hospitalières de Saint-Joseph n'étant point érigées alors en ordre religieux, on craignait avec raison qu'elles ne trouvassent que difficilement des sujets en Canada, et qu'ainsi leur communauté ne vint bientôt à s'éteindre Au reste, elles étaient dans l'impossibilité de s'y établir, n'ayant point de fondation, ni même d'espérance probable d'en avoir. Enfin, depuis l'accident survenu à Mlle Mance, qui la rendait inutile à l'Hôtel-Dieu, il était urgent de pourvoir sans délai au service de cette maison.

Dans l'incertitude où l'on était alors à l'égard des hospitalières de Saint-Joseph, M. de Queylus conclut donc qu'il valait mieux profiter de la bonne volonté de celles de Québec que d'exposer l'établissement à périr. Il est vrai que le compromis, fait au nom de Mme de Bullion, et signé par M. Olier et les autres associés, attribuait la direction de cette maison aux filles de Saint-Joseph. Mais comme elles n'étaient pas en état de la prendre alors et que d'ailleurs il y avait nécessité d'y pourvoir au plus tôt, M. de Queylus pouvait croire qu'il suivait les intentions des seigneurs et celles de la fondatrice en procurant que les hospitalières de Québec en eussent la conduite au défaut des autres. Car il est à remarquer que dans le contrat de fondation de l'Hôtel-Dieu il avait été expressément stipulé par Mme de Bullion et par les seigneurs , que si l'on ne trouvait pas d'hospitalières qui voulussent administrer l'Hôtel-Dieu gratuitement, sans être à la charge de cette maison, la fondatrice ordonnait que l'administration fût faite par les seigneurs de l'île, et régie par telles personnes qu'il leur plairait choisir (1).

M. de Queylus, l'un des seigneurs, et leur représentant en Canada, jugeant donc apparemment que ce cas était arrivé, ne fit pas difficulté d'offrir l'établissement aux hospitalières de Québec, dans l'espérance de faire agréer ce projet aux autres associés ses confrères.

Toutefois, comme il ne pouvait conclure seul cette affaire, il voulut qu'elle demeurât secrète entre lui et ces religieuses (1) jusqu'à ce qu'elle eût reçu l'approbation de la Compagnie de Montréal.

___________________________________________________________

(1) Acte de Chaussière, à Paris, le 17 mars 1648.
(1) Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, p. 114.

A suivre : 1658. VII. M. de Queylus approuve le voyage de Mlle Mance en France.


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Message  Louis Jeu 13 Sep 2012, 6:31 am

1658. VII. M. de Queylus approuve le voyage de Mlle Mance en France.

Après onze mois de séjour à Québec, M. de Queylus retourna enfin à Villemarie. Mlle Mance, qui ignorait ses intentions, s'ouvrit à lui en toute simplicité sur le dessein qu'elle avait formé de faire le voyage de France.

« Monsieur, lui dit-elle, voilà que mon mal empire au lieu de se guérir : mon bras est quasi tout desséché, et me laisse le reste du corps en danger de quelque paralysie. Je ne le puis aucunement remuer, et même on ne peut y toucher sans me causer les plus vives douleurs. Cet état me met dans un embarras extrême, étant chargée d'un hôpital auquel je ne puis subvenir, et me voyant obligée de demeurer ainsi inutile tout le reste de mes jours. Cela étant, voyez ce qu'il est à propos que je fasse. Ne serait-il pas bon que j'allasse en France trouver la fondatrice pendant qu'elle est encore vivante, et que je parlasse aussi à messieurs de la Compagnie de Montréal, afin d'obtenir de la fondatrice, s'il se peut, un fonds pour des religieuses. La Compagnie n'est pas présentement en état de faire elle-même cette fondation, ayant à fournir à tant d'autres dépenses pour la colonie; et moi, de mon côté, je ne peux plus soigner les malades. Si je réussis, je tacherai d'amener ces bonnes hospitalières de la Flèche, avec lesquelles feu M. Olier et les autres associés ont, il y a déjà longtemps, passé contrat pour le même dessein. Que pensez-vous, Monsieur, de mon projet? »

A cette proposition, qui lui parut être une conjoncture favorable pour l'exécution du dessein qu'il méditait de son côté, M. de Queylus répondit avec beaucoup de joie à Mlle Mance, qu'elle ne pouvait mieux faire (1). C'est que, désirant de procurer aux hospitalières de Québec l'occasion de faire d'abord un essai à Villemarie, pour qu'elles jugeassent par elles-mêmes de l'opportunité de leur établissement dans ce lieu, il crut trouver dans le départ de Mlle Mance un prétexte naturel d'appeler quelques-unes de ces filles, comme pour la remplacer pendant son absence.

________________________________________________________

(1) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, de 1657 à 1658.

A suivre : VIII. M. de Queylus appelle à Villemarie deux hospitalières de Québec.


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Message  Louis Ven 14 Sep 2012, 6:12 am

VIII. M. de Queylus appelle à Villemarie deux hospitalières de Québec.

Mais, craignant de la blesser trop sensiblement s'il lui donnait d'abord à connaître le fond de sa pensée, car Mlle Mance n'avait en vue que les hospitalières de la Flèche, il feignit un motif spécieux, qui n'eut pas tout le succès qu'il s'en était promis. Ce fut de prier M. Souart d'aller à Québec afin de visiter une religieuse qui avait été malade, et de la conduire avec lui à Villemarie, sous prétexte de lui faire changer d'air et de la rétablir par ce moyen. Cette religieuse, la mère Marie-René Bouillé de la Nativité (1), personne de mérite, était apparemment celle qu'on se proposait de mettre à la tête de l'Hôtel-Dieu.

M. Souart avait étudié la médecine avant d'être ecclésiastique, et il l'exerçait en Canada (2), par permission du Souverain-Pontife (3). Ne connaissant pas les intentions de M. de Queylus, il crut qu'il s'agissait simplement de donner une consultation à cette religieuse, comme il le faisait à l'égard de tous ceux qui avaient recours à lui et de lui procurer quelque soulagement par ce changement de lieu. Il se rendit donc aussitôt à Québec. Les hospitalières, non contentes d'envoyer la mère Bouille à Villemarie, lui donnèrent encore pour compagne la mère Jeanne-Thomas-Agnès de Saint-Paul (4).

Enfin le P. Dequen, Jésuite, qui remplissait alors à Québec les fonctions de grand-vicaire au nom de l'archevêque de Rouen (5), et désirait, conjointement avec ses confrères, l'exécution du projet de M. de Queylus (6), donna à ces filles toutes les permissions nécessaires. Elles partirent donc de Québec sous la conduite de M. Souart, le 18 septembre de cette année 1658 (1).

_____________________________________________

(1) Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, p. 114-115.
(2) Histoire des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(3) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson,, ibid.
(4) Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, ibid. — Annales des hospitalières, ibid.
(5) Archives à l’archevêché de Rouen, lettre de M. de Harley sur la juridiction du Canada , 1658.
(6) Histoire des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(1) Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec, par la mère Juchereau, p. 115.

A suivre : IX. Mlle Mance reçoit à l’Hôtel-Dieu les deux hospitalières de Québec.


Dernière édition par Louis le Sam 15 Sep 2012, 12:22 pm, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Message  Louis Sam 15 Sep 2012, 6:18 am

IX. Mlle Mance reçoit à l’Hôtel-Dieu les deux hospitalières de Québec.

Dès qu'elles furent débarquées à Villemarie, M. de Queylus, qui n'avait rien dit à Mlle Mance de leur voyage, alla aussitôt la prévenir de leur arrivée, et lui dit : « Voici deux bonnes filles hospitalières qui arrivent; l'une d'elles a eu besoin de changer d'air ; elles vont venir vous saluer et vous demander le couvert. » Peu après les deux religieuses entrèrent.

Mlle Mance, un peu interdite, ne put s'empêcher de soupçonner dans leur arrivée quelque dessein d'établissement ; elle leur fit néanmoins la meilleure réception qu'elle put, leur donna une chambre de sa maison (2), et leur dit agréablement : « Vous venez, mes mères, et moi je m'en vais. »

Après avoir causé quelque temps avec elles, elle alla visiter M. de Maisonneuve. Celui-ci, jugeant aussi que ces religieuses étaient venues dans le dessein de supplanter les hospitalières de la Flèche, malgré le compromis signé par M. Olier et par lui-même, reçut assez froidement Mlle Mance. Il croyait d'abord qu'elle les avait elle-même appelées à Villemarie ; et il était étonné qu'elle ne lui eût rien dit de son dessein. Mais il fut aisé de le détromper sur ce dernier point, et lorsqu'elle lui eut appris que ces religieuses n'étaient venues, disait-on, que pour changer d'air, ils se mirent à rire l'un et l'autre, et se séparèrent bons amis (1).

Mlle Mance ne put s'empêcher d'être blessée de ce procédé, qu'elle avait droit de juger comme peu délicat à son égard. Elle n'en témoigna cependant aucune peine, ni à M. de Queylus, ni à ces religieuses, qu'elle combla au contraire d'honnêtetés, et à qui elle fit, pendant les deux jours qu'elle demeura avec elles, tous les bons traitements qu'elle put.

____________________________________________________________

(2) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(1) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, de 1657 à 1658. — Histoire du Canada, par M. de Belmont.


A suivre : X. Mlle Mance charge Mlle de La Bardilliaire du soin de l'Hôtel-Dieu pendant son absence.

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Message  Louis Dim 16 Sep 2012, 6:44 am

X. Mlle Mance charge Mlle de La Bardillière
du soin de l'Hôtel-Dieu pendant son absence.

Elle crut pourtant qu'il était de son devoir d'empêcher qu'elles ne prissent l'administration de l'Hôtel-Dieu durant son absence (2), et comme par le contrat de fondation elle en avait été établie administratrice jusqu'à la fin de ses jours par Mme de Bullion (3), elle chargea de ses pouvoirs une pieuse personne nommée Mlle de La Bardillière, en lui faisant toutes les recommandations qu'elle jugea à propos.

Celle-ci, aidée d'une servante, administra en effet l'Hôtel-Dieu pendant l'absence de Mlle Mance.

Elle déploya tant de zèle, de charité et d'intelligence dans le service des malades, qu'elle mérita l'approbation de toute la colonie, et spécialement des deux religieuses de Québec. Celles-ci ne purent s'empêcher de louer aussi sa fidélité et sa fermeté à exécuter les ordres de Mlle Mance; car Mlle de La Bardillière ne leur permit jamais de servir les malades, quelque instance qu'elles lui en fissent, et veilla constamment à ce qu'elles ne prissent possession de rien dans la maison (1).

____________________________________________

(2) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(3) Contrat de fondation, Chaussières, notaire à Paris, supra.
(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.

A suivre : XI. Mlle Mance promet à M. de Queylus de solliciter en faveur des hospitalières de Québec.


Dernière édition par Louis le Dim 16 Sep 2012, 8:50 pm, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Vie de Mlle Mance et Hôtel-Dieu de Villemarie (Table)  COMPLET - Page 4 Empty Re: Vie de Mlle Mance et Hôtel-Dieu de Villemarie (Table) COMPLET

Message  Louis Dim 16 Sep 2012, 11:46 am

XI. Mlle Mance promet à M. de Queylus
de solliciter en faveur des hospitalières de Québec.

M. de Queylus, qui ne pouvait plus tenir secret son dessein, en parla enfin ouvertement à Mlle Mance avant son départ, et lui exposa les motifs qui semblaient demander que l'on donnât à ces filles l'administration de l'Hôtel-Dieu.

Il ajouta que, d'après le contrat de fondation, on devait la confier à des hospitalières qui vécussent de leurs propres revenus; que, celles de La Flèche n'en ayant point d'assuré, et celles de Québec espérant obtenir une fondation pour s'établir à l'Hôtel-Dieu de Villemarie, il la priait, par l'affection qu'elle portait à cette maison, où elle ne pouvait plus être utile, de faire agréer ces religieuses aux associés de Montréal lorsqu'elle serait à Paris.

La vertu de Mlle Mance et son parfait détachement parurent avec éclat dans cette rencontre. Quoiqu'elle désirât ardemment les hospitalières de Saint-Joseph, et qu'elle n'eût jamais songé qu'à cet institut, elle porta l'abnégation de ses propres vues jusqu'à promettre à M. de Queylus non-seulement d'engager les associés à faire choix de celles de Québec, si elles pouvaient obtenir la fondation dont il lui parlait, mais encore d'aller elle-même solliciter Mme la duchesse d'Aiguillon de les fonder à Villemarie.

Enfin, pour ne rien négliger de ce qui pouvait faire réussir ce dessein, M. de Queylus eut soin d'en écrire aux associés et à M. de La Dauversière lui-même, leur marquant que les religieuses de Québec étaient désirées par toute la colonie. Comme apparemment la sœur Bourgeoys se montrait favorable à leur établissement, à cause des difficultés que présentait alors celui des hospitalières de la Flèche, il ajoutait qu'elle-même était de cet avis (1).

Mais l'état d'infirmité de Mlle Mance, qui avait fait naître ce projet, n'était, dans les conseils secrets de la divine Providence, qu'un moyen ménagé pour attirer au contraire à Villemarie les hospitalières de la Flèche, et DIEU ne permettait qu'il s'élevât tant d'obstacles contre leur départ, que pour montrer ensuite avec plus d'éclat que leur établissement dans l'île de Montréal serait son ouvrage.

____________________________________

(1) Annales des hospitalières, etc.

A suivre : XII. Mlle Mance et la sœur Bourgeoys passent en France.

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Message  Louis Lun 17 Sep 2012, 6:04 am

XII. Mlle Mance et la sœur Bourgeoys passent en France.

Bien plus, la chute de Mlle Mance devait aussi servir à y attirer la Congrégation de Notre-Dame, et procurer par là l'entier accomplissement du dessein de DIEU dans l'établissement des trois communautés destinées à faire honorer la Sainte-Famille en Canada. Incapable de se rendre à elle-même le moindre service, et même de s'habiller, Mlle Mance avait absolument besoin d'une personne de confiance qui prît soin d'elle dans son voyage.

La sœur Bourgeoys, qui ne pouvait suffire seule au travail des écoles, n'eut pas plutôt appris son dessein, qu'elle alla s'offrir pour l'accompagner. Elle ne songeait pas alors à faire ce voyage, elle était même tout occupée de la première construction de la chapelle de Notre-Dame de Bonsecours; mais le désir d'avoir des compagnes qui la secondassent dans son œuvre la détermina à suspendre aussitôt sa bâtisse, pour saisir une occasion si favorable d'aller en France former cette recrue, comme elle le fit en effet.

Elle partit donc de Villemarie avec Mlle Mance, le 29 septembre 1658 (1), deux jours après que les religieuses hospitalières y étaient arrivées (2). Elles se rendirent de là à Québec pour l'embarquement, et séjournèrent huit jours dans ce lieu. Mlle Mance alla loger chez les hospitalières, qui s'efforcèrent de la traiter du mieux qu'elles purent, pour lui témoigner leur reconnaissance tant du bon accueil qu'elle avait fait à leurs sœurs à Villemarie (3), que de l'intérêt qu'elle voulait bien porter à leur dessein d'établissement, en le recommandant à la Compagnie de Montréal et à la duchesse d'Aiguillon elle-même.

Enfin, le 14 octobre, elles mirent à la voile. A la réserve de cinq ou six hommes catholiques, tout le reste de l'équipage se trouvait composé de huguenots ; et, contre les ordonnances du roi, ils chantaient régulièrement leurs prières soir et matin, et à d'autres moments de la journée. Quoique Mlle Mance fût incapable de se remuer, et qu'elle restât constamment dans la chambre aux canons, elle ne laissa pas d'exercer sur ces hérétiques l'ascendant que sa vertu et son rare mérite lui donnaient, comme naturellement, partout où elle était. Lorsqu'on fut arrivé sous la ligne, elle les pria de ne plus chanter selon leur coutume, ajoutant qu'elle était obligée de rendre compte de tout ce qui se faisait sur le navire ; et après cette seule observation, ils cessèrent entièrement leurs chants (1).

______________________________________________

(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys, archives de la Congrégation
(2) Histoire du Montréal etc.
(3) Ibid.
(1) Mémoires autographes de la sœur Bourgeoys, archives de la Congrégation

A suivre : 1659. XIII. Entrevue de Mlle Mance, avec M. de La Dauversière...


_________________
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Message  ROBERT. Lun 17 Sep 2012, 2:25 pm

Louis a écrit:
XII. Mlle Mance et la sœur Bourgeoys passent en France.

Enfin, le 14 octobre, elles mirent à la voile. A la réserve de cinq ou six hommes catholiques, tout le reste de l'équipage se trouvait composé de huguenots ; et, contre les ordonnances du roi, ils chantaient régulièrement leurs prières soir et matin, et à d'autres moments de la journée. Quoique Mlle Mance fût incapable de se remuer, et qu'elle restât constamment dans la chambre aux canons, elle ne laissa pas d'exercer sur ces hérétiques l'ascendant que sa vertu et son rare mérite lui donnaient, comme naturellement, partout où elle était. Lorsqu'on fut arrivé sous la ligne, elle les pria de ne plus chanter selon leur coutume, ajoutant qu'elle était obligée de rendre compte de tout ce qui se faisait sur le navire ; et après cette seule observation, ils cessèrent entièrement leurs chants (1).
______________________________________________

(1) Ecrits autographes de la sœur Bourgeoys, archives de la Congrégation
(2) Histoire du Montréal etc.
(3) Ibid.
(1) Mémoires autographes de la sœur Bourgeoys, archives de la Congrégation

A suivre : 1659. XIII. Entrevue de Mlle Mance, avec M. de La Dauversière...


Ah bon ? Mlle Mance ne croyait donc pas les monstruosités de Ratzinger qui dit que toutes les religions sont bonnes ?
.
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Message  Louis Lun 17 Sep 2012, 3:06 pm

1659. XIII. Entrevue de Mlle Mance, avec M. de La Dauversière.
— Elle sollicite en vain la duchesse d'Aiguillon en faveur des hospitalières de Québec.

Arrivée à la Rochelle, Mlle Mance voulut d'abord se rendre à la Flèche, pour conférer avec M. de La Dauversière. Mais elle ne put absolument supporter le mouvement de la voiture, à cause de l'état de souffrance extrême où la réduisait son bras, et fut obligée de s'y faire porter en brancard (2). Sur la route, elle eut la dévotion de s'arrêter à Saumur pour faire le pèlerinage de la célèbre chapelle de Notre-Dame des Ardilliers, afin de recommander à la très-sainte Vierge le succès de son voyage ; et de là elle arriva enfin à la Flèche (3). Après tant de fatigues et d'incommodités qu'elle avait essuyées sur mer, et tant de secousses douloureuses que ses porteurs n'avaient pu lui éviter dans un si long chemin, elle espérait trouver quelque consolation dans son entrevue avec M. de La Dauversière. Il la reçut néanmoins avec beaucoup de froideur. Ce saint homme, apprenant par des lettres venues du Canada qu'il y avait à Villemarie des religieuses, crut que Mlle Mance venait lui faire rendre compte des fonds de l'Hôtel-Dieu, pour se détacher ensuite de la Compagnie de Montréal, et donner l'administration de la maison à ces filles (1).

Mais elle n'eut pas de peine à le rassurer sur tous ces points. Elle lui découvrit ses vraies dispositions touchant les hospitalières de la Flèche, et le dessein qu'elle avait de faire toutes les instances possibles auprès de Mme de Bullion pour qu'elle les fondât à Villemarie, comme elle y avait fondé l'Hôtel-Dieu. M. de La Dauversière reprit aussitôt pour Mlle Mance ses anciens sentiments, et l'union entre eux fut plus étroite qu'elle ne l'avait jamais été.

« M. de Queylus a beau faire, lui dit M. de La Dauversière, il n'empêchera pas que nos filles n'aillent à Montréal, et que les desseins de DIEU ne s'accomplissent (2). »

Néanmoins, lorsqu'elle se fut fait transporter à Paris, elle voulut s'acquitter religieusement de la promesse qu'elle avait faite en Canada de solliciter les associés en faveur de celles de Québec (1), si elles pouvaient trouver une fondation pour les établir. Dans ce dessein, elle visita Mme la duchesse d'Aiguillon, lui exposa l'état de délaissement où se trouvait réduit l'Hôtel-Dieu de Villemarie, et lui proposa d'y faire une fondation pour les mêmes hospitalières qu'elle avait déjà fondées à Québec. DIEU semblait avoir ménagé cette circonstance pour montrer de plus en plus qu'il avait résolu de n'établir à Villemarie que les filles de Saint-Joseph. Car cette dame, si charitable et si généreuse, qui, au rapport de M. du Ferrier, ne se refusait jamais à une bonne œuvre (2), ne jugea pas à propos de se charger de celle que Mlle Mance lui proposait: en sorte qu'on ne pensa plus à cette affaire, qui fut terminée par ce refus (3). Voici enfin comment la divine Providence fit trouver pour celles de la Flèche la fondation qu'elles désiraient, et dont le défaut avait empêché jusque alors leur départ pour Villemarie.

____________________________________________________

(2) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, de 1658 à 1659.
(3) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(1) Histoire du Montréal, ibid.
(2) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin. Histoire du Canada, par M. de Belmont.
(1) Annales des hospitalières, ibid. etc.
(2) Mém. De M. du Ferrier, mss. De la biblioth. Sainte Geneviève.
(3) Annales des hospitalières de Villemarie, ibid. etc.

A suivre : XIV. Mlle Mance visite M. de Bretonvilliers, Mme de Bullion et la Compagnie de Montréal…



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Message  Louis Mar 18 Sep 2012, 6:34 am

XIV. Mlle Mance visite M. de Bretonvilliers, Mme de Bullion
et la Compagnie de Montréal, qui s’efforce de procurer sa guérison.

A Paris, Mlle Mance s'empressa de visiter M. de Bretonvilliers, successeur de M. Olier dans la supériorité du séminaire de Saint-Sulpice, et ensuite Mme de Bullion. L'un et l'autre, voyant de leurs yeux l'état affligeant où sa chute l'avait réduite, ne purent s'empêcher de lui témoigner une très-vive et très-sincère compassion. Quelques jours après, les membres de la Compagnie de Montréal s'étant réunis en assemblée, elle leur fît un fidèle exposé de l'état de la colonie, et leur représenta ensuite l'impossibilité où elle était de prendre soin de l'Hôtel-Dieu, son âge et son état d'infirmité l'en empêchant absolument, si elle n'était secourue. Elle ajouta que le temps lui semblait être venu d'envoyer de ces bonnes hospitalières de la Flèche, sur lesquelles M. Olier et eux tous avaient jeté les yeux. Qu'enfin, elle ferait tout ce qu'elle pourrait auprès de sa chère dame fondatrice pour leur obtenir une fondation, et qu'elle osait tout espérer de sa grande charité.

Les associés lui exprimèrent leur reconnaissance pour tous les services qu'elle n'avait cessé de rendre à la colonie, et pour la sollicitude qu'elle voulait bien porter à l'Hôtel-Dieu dans cette occasion. Puis ils se mirent à parler entre eux de l'état de son bras, et furent unanimement d'avis de tenter sa guérison par toutes les voies possibles, après qu'on aurait consulté ce qu'il y avait de plus célèbres médecins et chirurgiens à Paris.

A suivre : xv. Les plus habiles médecins déclarent que l'infirmité de Mlle Mance est incurable.


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Message  Louis Mar 18 Sep 2012, 11:27 am

xv. Les plus habiles médecins déclarent
que l'infirmité de Mlle Mance est incurable.

Là-dessus, M. Duplessis, baron de Montbar, l'un des associés, offrit de la faire conduire par sa propre sœur, dans son carrosse, chez les plus habiles qu'on venait de nommer; et l'assemblée s'empressa d'approuver cette proposition. Mais tous les docteurs les plus expérimentés qu'elle consulta, après avoir bien examiné l'état de son bras, répondirent d'un commun accord que le mal était trop invétéré et la personne trop avancée en âge pour qu'on put jamais espérer de guérison ; que d'ailleurs, la peau étant dans le même état de sécheresse où serait un cuir à demi préparé, et le bras et la main demeurant sans mouvement, presque sans chaleur et sans vie, sans conserver de sensibilité que pour lui causer les plus vives douleurs dès qu'on venait à y toucher, il y avait tout lieu de craindre que le mal du bras ne se communiquât à tout le côté droit. Enfin ils déclarèrent que, si quelque charlatan osait entreprendre de la traiter pour la guérir, au lieu de la soulager il attirerait et irriterait les humeurs et la rendrait paralytique de la moitié du corps (1).

Au rapport de la sœur Morin, une sœur de Mlle Mance chez qui celle-ci logeait à Paris, proche l'église Saint-Sulpice, rue Férou (2), et un chanoine de la Sainte-Chapelle son parent, M. Dolbeau (*), firent de leur côté une assemblée de médecins et de chirurgiens, et ils conclurent tous unanimement que son bras et sa main étaient absolument incurables (1) .

« Les chirurgiens et les autres personnes capables et habiles en ces matières, » dit Mlle Mance elle-même dans un écrit dont nous parlerons bientôt, « m'assuraient qu'il n'y avait point de remède pour me rendre l'usage de ma main ; mais qu'il fallait seulement tâcher d'empêcher que la chaleur naturelle ne se retirât, et que mon bras ne vînt à se dessécher tout à fait et à mourir (2). »

_______________________________________

(*) Nicolas Dolbeau, docteur de Sorbonne, chanoine de Langres et de la Sainte-Chapelle de Paris, fut un zélé défenseur de la foi catholique contre les erreurs du jansénisme, et publia en 1651 l'écrit in-8º qui porte ce titre : Observations sur une lettre d'un abbé à un évêque à l'occasion de ce problème: « Si, en matière de grâce, les lieux du concile de Trente du sens desquels on ne convient pas entre les catholiques doivent être interprétés par saint Augustin. »

Les principaux fondements du jansénisme que cette lettre avait établis, sont examinés et renversés par l'auteur des Observations. (Langres savante, ou Recueil des savants et de ceux qui ont excellé dans les beaux-arts au diocèse de Langres, p. 39. )

_________________________________________

(1) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, de 1658 à 1659.
(2) Acte de Marreau, notaire à Paris, du 29 mars 1659.
(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(2) Attestations authentiques de miracles attribués à M. Olier , p. 51 et suiv.

A suivre : XVI. Mlle Mance a le mouvement d'aller invoquer M. Olier sur son tombeau.

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Message  Louis Mer 19 Sep 2012, 6:25 am

XVI. MlleMance a le mouvement d'aller invoquer M. Olier sur son tombeau.

Voyant donc qu'il n'y avait pour elle aucune espérance de guérison, et que même on lui interdisait toute espèce de remède, Mlle Mance ne songea plus qu'aux moyens d'avoir une fondation pour ses chères sœurs de Saint-Joseph. Sur ces entrefaites, elle eut la pensée d'aller vénérer le corps de M. Olier, ainsi que son cœur, qu'elle avait ouï dire avoir été embaumé séparément; et elle se rendit au séminaire de Saint-Sulpice avec la sœur Bourgeoys, dans l'espérance que M. de Bretonvilliers leur permettrait d'entrer dans la chapelle, où le corps était alors en dépôt.

Comme, d'après l'usage constant, les femmes n'entrent point dans cette maison, et qu'il fallait en traverser la cour pour pénétrer dans la chapelle, M. de Bretonvilliers les pria de venir dans un moment où la communauté serait à l'église de la paroisse, de peur que, si on les voyait entrer, d'autres dames ne fissent demander pour elles la même faveur.

Il leur assigna le jour de la Purification, 2 février de cette année 1659, ajoutant que pendant l'office de la paroisse il célébrerait lui-même la sainte messe dans la chapelle du séminaire, où elles pourraient communier; et qu'ensuite il lui apporterait le cœur de M. Olier, qu'il avait en dépôt dans sa chambre (1).

La sœur Bourgeoys désirait partir promptement pour Troyes, afin d'y chercher de zélées compagnes qui la suivissent à Villemarie ; elle ne put attendre jusqu'à ce jour (2) ; en sorte que le 2 février MlleMance se rendit seule au séminaire, à l'heure indiquée. Elle y allait sans penser à demander sa guérison. Mais DIEU, pour montrer par un témoignage singulier l'approbation qu'il donnait aux entreprises de cette sainte fille, et faire voir que cette infirmité n'avait été ordonnée par sa providence que pour attirer à Villemarie les filles de Saint-Joseph, voulut que Mlle Mance fût miraculeusement guérie par l'attouchement du cœur de M. Olier, et que cette guérison lui fit trouver aussitôt la fondation qu'elle sollicitait pour l'établissement de ces filles.


________________________________________________________

(1) Attestat. authentiques de miracles attribués à M. Olier , p. 51 Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, de 1658 à 1659.
(2) Mémoires autogr. de la sœur Bourgeoys.

A suivre : XVII. Impressions de grâce extraordinaire que Mlle Mance éprouve en entrant dans la chapelle où reposait le corps de M. Olier.


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Message  Louis Mer 19 Sep 2012, 4:36 pm

XVII. Impressions de grâce extraordinaire que
Mlle Mance éprouve en entrant
dans la chapelle où reposait le corps de M. Olier.

Nous ne saurions faire un récit plus naïf ni plus fidèle de ce miracle qu'en rapportant la relation qu'elle-même en écrivit.

« Étant tout à fait privée de l'usage de ma main depuis le moment de ma chute, qui fut le dimanche 28 janvier 1657 (*), à huit heures du matin, jusqu'au 2 février 1659, à dix heures, je n'usais d'aucun remède, n'espérant plus de guérison, n'ayant pas même la pensée de demander un miracle. J'étais contente de me soumettre à l'ordre de DIEU, et de demeurer ainsi toute ma vie en cet état de privation douloureuse et pénible. J'avais désiré de voir le cercueil de feu M. Olier, non pas dans la vue de mon soulagement, mais dans l'intention de l'honorer, l'estimant un très-grand serviteur de DIEU. J'eus la permission de le voir le jour de la Purification de la sainte Vierge. Je savais qu'il avait pendant sa vie grande dévotion à ce jour (**).

Comme je fus sur le point d'entrer dans la chapelle où repose son corps, la pensée me vint de demander à DIEU, par les mérites de son serviteur, qu'il lui plût de me donner un peu de force et quelque soulagement à mon bras, afin que je m'en pusse servir dans les choses les plus nécessaires, comme pour m'habiller et pour accommoder notre autel à Montréal.

Je dis : …

______________________________________________________

(*) La sœur Morin fixe la chute de Mlle Mance au 27 janvier; elle est inexacte en ce point. Cet accident arriva un jour de dimanche, comme le remarque M lleMance elle-même; ce qui ne peut être en effet que le 28, auquel tombait cette année le dimanche de la Septuagésime (1).

(**) M. Olier avait en effet une dévotion spéciale pour le jour de la Purification, parce que ce fui dans ce même jour, où l'Église chante ces paroles : Lumen ad revelationem gentium, qu'en l'année 1636 DIEU lui donna la première vue de sa vocation pour le Canada. Aussi choisit-il le jour de la Purification, en 1642, pour consacrer l'Ile de Montréal à la Sainte-Famille ( R. 180,199) ; et, de concert avec ses associés, obtint-il du pape Urbain VIII, l'année suivante, une indulgence plénière qu'ils pouvaient tous gagner ce jour-là en France, et que de leur côté tous les colons de Villemarie et les autres pouvaient gagner aussi à pareil jour, en visitant la chapelle provisoire, dédiée à la très-sainte Vierge dans ce lieu (163).


(1) L'Art de vérifier les dates, 1657.

A suivre …

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Message  Louis Jeu 20 Sep 2012, 6:06 am

XVII. Impressions de grâce extraordinaire
que Mlle Mance éprouve en entrant
dans la chapelle où reposait le corps de M. Olier.
(suite)

« 0 mon DIEU , je ne demande point de miracle, car j'en suis indigne; mais un peu de soulagement, et que je me puisse aider de mon bras. Comme j'entrais dans la chapelle, il me prit un grand saisissement de joie, si extraordinaire, que de ma vie je n'en ai senti de semblable. Mon cœur en était si plein, que je ne le puis exprimer. Mes yeux étaient comme deux fontaines de larmes qui ne tarissaient point : ce qui venait si doucement, que je me sentais comme toute fondue, sans aucun effort ni travail de ma part pour m'exciter à telle chose, à quoi je ne suis pas naturellement disposée. Je ne peux exprimer cela sinon en disant que c'était un effet de la grande complaisance que je sentais du bonheur que possède ce bienheureux serviteur de DIEU. Je lui parlais comme si je l'eusse vu de mes yeux, et avec beaucoup plus de confiance, sachant qu'il me connaissait à présent bien mieux que lorsqu'il était au monde ; qu'il voyait mes besoins et la sincérité de mon cœur, qui ne lui avait rien caché (1). »

M. Dollier de Casson avait appris les circonstances de cette guérison de la propre bouche de Mlle Mance, et il en rapporte quelques-unes qui méritent d'être conservées.

« Marchant vers la chapelle, dit-il, elle vit M. Olier aussi présent en son esprit qu'on le pouvait avoir présent sans vision ; ce qui lui fit ressentir une joie si grande pour les avantages que les vertus de ce serviteur de JESUS-CHRIST lui avaient acquis devant DIEU, que, voulant ensuite se confesser, elle avoue qu'il lui fut impossible de le faire, et qu'elle ne put dire autre chose à son confesseur sinon : Monsieur, je suis saisie d'une telle joie, que je ne puis vous rien exprimer (1).

____________________________________________

(1) Attesta. authentiq. De miracles attribués à M. Olier ; déclaration de Mlle Mance p. 51.
(1) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, de 1658 à 1659.

A suivre : XVIII. Mlle Mance est miraculeusement guérie par l'attouchement du cœur de M. Olier.


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Message  Louis Jeu 20 Sep 2012, 11:41 am

XVIII. Mlle Mance est miraculeusement guérie
par l'attouchement du cœur de M. Olier.

«J'entendis la sainte messe, poursuit Mlle Mance, et communiai dans cette douceur extraordinaire, ne songeant point à mon bras qu'après la messe, lorsque M. de Bretonvilliers s'en allant à la paroisse pour assister à la procession, je le priai de me donner le cœur de feu M. Olier pour le faire toucher à mon bras, lui disant que je croyais que je n'aurais plus que faire du sang des taureaux et des bœufs pour ma guérison : car j'eus dès lors une confiance certaine d'être exaucée. Il me l'apporta et se retira : et moi, ayant pris ce précieux dépôt de ma main gauche, et pensant aux grâces que DIEU avait mises dans ce saint cœur, je le posai sur ma main droite tout enveloppée qu'elle était dans mon écharpe, et au même moment je sentis que ma main était devenue libre, et qu'elle soutenait sans appui le poids de la boîte de plomb où le cœur est renfermé : ce qui me surprit, m'étonna merveilleusement, et m'obligea de louer et de bénir la bonté divine de la grâce qu'elle me daignait faire, de manifester en moi la gloire et le mérite de son saint serviteur. Je sentis au même temps une chaleur extraordinaire se répandre par tout mon bras, jusqu'aux extrémités des doigts, et l'usage de ma main me fut rendu dès ce moment (1). »

A ces détails M. Dollier de Casson ajoute encore les circonstances suivantes :

« Mlle Mance ayant pris ce cœur, tout pesant, à cause du métal où il était enchâssé et du coffret de bois qui renfermait tout le reste, et l'ayant appuyé sur son bras, tout enveloppé de plusieurs différents linges attachés avec une multitude d'épingles, soudain voilà qu'une grosse chaleur lui descend de l'épaule et vient lui occuper le bras tout entier. Dans un instant son bras passe d'une extrême froideur à cet état de chaleur dont nous parlons, et en même temps toutes ses ligatures et ses enveloppes se défont d'elles-mêmes (2). »

Voyant que la liberté de son bras et de sa main lui était rendue d'une manière si évidemment miraculeuse, Mlle Mance voulut en consacrer à DIEU le premier usage par le signe de la croix qu'elle fit alors, ce qu'elle n'avait pu depuis sa chute.

__________________________________

(1) Déclaration de Mlle Mance, du 13 février 1659 ibid.
(2) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, de 1658 à 1659.

A suivre : XIX. Transports de joie que Mlle Mance éprouve après ce miracle.

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Vie de Mlle Mance et Hôtel-Dieu de Villemarie (Table)  COMPLET - Page 4 Empty Re: Vie de Mlle Mance et Hôtel-Dieu de Villemarie (Table) COMPLET

Message  Louis Ven 21 Sep 2012, 6:13 am

XIX. Transports de joie que Mlle Mance éprouve après ce miracle.

Les transports de sa reconnaissance et l'excès de sa joie furent tels, que, pendant les huit premiers jours qui suivirent sa guérison, elle en demeura comme ravie hors d'elle-même. Néanmoins, immédiatement après le miracle, ayant déposé le cœur dans l'endroit de la chapelle que M. de Bretonvilliers lui avait indiqué, elle eut assez de présence d'esprit pour remettre son bras dans son écharpe, afin que le portier ne s'aperçût de rien, et que M. de Bretonvilliers fût le premier à apprendre un prodige si étonnant. Elle retourna donc ainsi à la maison de sa sœur, qui était alors absente, et qui arriva peu après.

Mlle Mance, voulant lui faire connaître le bienfait qu'elle venait de recevoir, et ne le pouvant par ses paroles, à cause de l'excès de la joie qui inondait son âme, et qui lui ôtait toute liberté d'en proférer aucune, se mit incontinent à agir de sa main droite, lui montrant par cette sorte de langage qu'elle n'y avait plus de mal. Sa sœur, transportée à son tour de la plus inexprimable allégresse, ne put d'abord lui répondre que par ses larmes ; reprenant ensuite ses esprits :

« Ma sœur, lui dit-elle, qu'est-ce que je vois ? Est-ce la sainte Épine qui a fait cette merveille? »

— « Non, répond-elle, DIEU s'est servi du cœur de M. Olier. »

— « Ah ! lui dit sa sœur, il faut le publier partout; je vais l'apprendre aux Carmes-Déchaussés et dans « les communautés du voisinage. »

— « Non, ma sœur, reprend Mlle Mance, ne le faites pas : Messieurs du séminaire n'en savent rien encore ; il faut qu'ils le sachent les premiers ; après leur récréation nous irons le leur apprendre.»

Cela dit, elles se mirent à table, car l'heure de leur diner était venue. Mais il leur fut impossible de toucher à rien de ce qui leur avait été servi, la joie qui inondait leurs cœurs faisant oublier à l'une et à l'autre les besoins du corps, et leur tenant lieu de toute nourriture (1).

________________________________________________

(1) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson. Ib.

A suivre : XX. Mlle Mance se rend au séminaire, où elle donne une déclaration du miracle, signée de sa main.

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Message  Louis Ven 21 Sep 2012, 1:33 pm

XX. Mlle Mance se rend au séminaire,
où elle donne
une déclaration du miracle, signée de sa main.

Sur les deux heures, elles allèrent au séminaire de Saint-Sulpice. Une partie de la communauté était déjà retournée à l'église paroissiale pour l'office du soir. Mlle Mance, apprenant que M. de Bretonvilliers était encore dans la maison, le fit appeler ; et dès qu'il fut assez près pour qu'elle pût se faire facilement entendre de lui :

« Monsieur, lui dit-elle en lui montrant sa main, voilà des effets de M. Olier. »

A cette vue, M. de Bretonvilliers, comblé de consolation, dit à Mlle Mance :

« Ayant été témoin ce matin des effets de votre confiance, je croyais bien que vous seriez exaucée. »

Incontinent il réunit tout ce qui était resté d'ecclésiastiques au séminaire, les conduisit avec Mlle Mance dans la même chapelle où le miracle avait été opéré, et tous en rendirent à DIEU de vives actions de grâces. M. de Bretonvilliers lui demanda ensuite si sa main droite était assez libre pour qu'elle pût certifier par écrit la vérité du fait qui s'était passé en elle. Sur sa réponse affirmative, on apporta incontinent du papier et de l'encre, et aussitôt elle en donna cette courte déclaration dans le lieu même (1):

« JESUS, Marie, Joseph.

Le 2 février 1659, en la chapelle du séminaire, après la sainte messe, j'ai écrit ces mots de ma main droite, de laquelle je n'avais eu aucun usage depuis deux ans. —JEANNE MANCE.»

Cette déclaration, qu'on conserve en original au séminaire de Saint-Sulpice, porte encore comme une impression de l'émotion involontaire qu'éprouvait Mlle Mance lorsqu'elle l'écrivit. Quoique les lettres en soient toutes bien formées, l'écriture en est toute tremblante; ce qui fait dire à M. Dollier de Casson, dans la relation qu'il nous a laissée de ce miracle : « Si l'écriture a quelque défaut, il faut l'attribuer à l'extrême joie dont Mlle Mance était émue, et non à l'infirmité du bras et de la main (1). » En effet, le 13 du même mois, Mlle Mance écrivit de cette même main une déclaration détaillée, que nous avons rapportée déjà en très-grande partie, et dont l'écriture, ferme et nette, ne diffère en rien de celle qui lui était ordinaire avant sa chute. Après avoir pris DIEU à témoin de la vérité de cette relation, elle la conclut par ces paroles :

« Je déclare que tout ce que j'ai écrit ci-dessus, en ces deux petites feuilles, est véritable et sincère. En foi de quoi je l'ai écrit et signé de la même main dont j'ai reçu l'usage. A Paris, ce 13 février 1659.

JEANNE MANCE (2). »

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(1) Attestations authentiques de miracles attribués à M. Olier , p. 49.
(1) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, de 1658 à 1659.
(2) Attestations authentiques de miracles, p. 51 et suiv.

A suivre : XXI. Mlle Mance raconte sa guérison à la sœur Bourgeoys et à la Compagnie le Montréal.

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Message  Louis Sam 22 Sep 2012, 6:29 am

XXI. Mlle Mance raconte sa guérison
à la sœur Bourgeoys et à la Compagnie le Montréal.

Immédiatement après sa guérison, elle s'empressa d'écrire cette heureuse nouvelle à la sœur Bourgeoys, sa sainte et fidèle compagne. « Je reçus d'elle à Troyes, dit cette dernière, une lettre où elle me mandait qu'elle était guérie, et qu'elle m'écrivait de sa propre main. Je montrai cette lettre à un médecin et à d'autres, en leur racontant la manière dont son bras avait été rompu ; et chacun me dit que cette guérison ne se pouvait faire sans miracle (3). »

Le bruit ne tarda pas à s'en répandre dans Paris. Dès le lendemain, 3 février, qui était un lundi, les membres de la Compagnie de Montréal, plus intéressés que personne à en connaître toutes les circonstances, s'empressèrent de se réunir en assemblée, et invitèrent Mlle Mance à leur en faire le récit. Elle satisfit à leur désir avec des transports de cette joie inexprimable dont elle était tout inondée, et qui pendant huit jours lui permit à peine de prendre quelque nourriture.

En l'entendant parler, ils ne pouvaient témoigner assez leur reconnaissance à DIEU de ce qu'il honorait ainsi la mémoire de leur confrère, et voulait qu'il procurât encore, après sa mort, le bien de la colonie par cette guérison, qui mettait Mlle Mance en état de lui rendre de nouveaux services. Ils admiraient qu'il eût par là donné au cœur de M. Olier le moyen de témoigner à cette demoiselle sa gratitude pour le dévouement si généreux qu'elle faisait paraître en faveur d'une œuvre à laquelle il prenait lui-même tant de part lorsqu'il était vivant; et ils ne doutèrent pas que DIEU ne bénît encore Villemarie, puisqu'il la mettait sous la protection d'un intercesseur si puissant auprès de lui (1).

__________________________________________

(3) Mémoires autographes de la sœur Bourgeoys ; vie de la même, t. I, p. 113.
(1) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson, de 1658 à 1659.


Vie de Mlle Mance et Hôtel-Dieu de Villemarie (Table)  COMPLET - Page 4 Captur32


A suivre : XXII. Empressement qu'on témoigne à Paris pour voir Mlle Mance.


Dernière édition par Louis le Sam 22 Sep 2012, 4:24 pm, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Message  Louis Sam 22 Sep 2012, 11:05 am

XXII. Empressement qu'on témoigne
à Paris pour voir Mlle Mance.

Mais ce ne furent pas seulement les associés de Montréal qui firent paraître tant d'empressements à connaitre les particularités de ce miracle. Une multitude de personnes de distinction et de dames de la première qualité voulurent en entendre le récit de la propre bouche de Mlle Mance. Elle recevait tant de visites, qu'elle était épuisée de parler ; et toutes ces dames, qui se succédaient pour la voir, se retiraient aussi satisfaites des belles qualités de sa personne qu'édifiées de sa grande piété. C'était parmi elles à qui aurait le bonheur de la posséder quelques heures dans sa maison, et comme Mlle Mance avait le don de gagner tout le monde par son abord et par les charmes secrets de sa vertu, on la regarda bientôt comme une sainte à miracles. On alla même jusqu'à couper des morceaux de sa robe par dévotion, et à la fin elle se vit contrainte de ne plus aller qu'en voiture dans les rues.

«Je lui ai ouï raconter ces détails par récréation, rapporte la sœur Morin, et elle en parlait comme d'une absurdité. L'estime qu'on avait conçue de moi, disait-elle, me faisait souffrir une sorte de martyre, puisque de ma part je n'avais contribué à cette merveille que par ma misère et mon infirmité, qui avait attiré sur moi la miséricorde de DIEU; aussi me tardait-t-il de quitter Paris, afin de n'être plus connue (1). »

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(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.

A suivre : XXIII. Certitude du miracle opéré sur Mlle Mance.

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Message  Louis Dim 23 Sep 2012, 6:50 am

XXIII. Certitude du miracle opéré sur Mlle Mance.

L'empressement de toutes ces personnes à voir Mlle Mance avait pour motif la certitude incontestable, et même la persévérance du miracle, toujours subsistant, qui s'était opéré en elle.

« Il se réitère tous les jours, de l'aveu de tous ceux qui veulent prendre la peine de voir le bras de Mlle Mance, écrit M. Dollier de Casson. Car il y a cela de particulier dans ce miracle, qu'il est continuel et manifeste, l'articulation du poignet étant demeurée disloquée comme auparavant. Malgré cela, elle se sert de son bras et de sa main sans éprouver aucune douleur, et comme s'ils étaient en bon état. C'est aussi ce que tous les hommes experts en ces matières ont avoué et attesté (1). »

Les plus importantes de ces attestations sont sans doute celles des deux chirurgiens qui avaient traité Mlle Mance avant son voyage en France, et qui, à son retour en Canada, certifièrent le prodige dont nous parlons.

Le sieur Madry, dans sa déclaration du 25 août de l'année suivante, s'exprimait en ces termes : « Depuis que Mlle Mance est retournée de France, je l'ai vue se bien servir de sa main droite, et le bras fortifié; le tout sans la dislocation remise, ce qui ne se peut faire par remèdes humains (2). »

Etienne Bouchard, dans son rapport du 10 juillet de la même année, disait pareillement : « Et maintenant je reconnais qu'elle est bien guérie, et qu'elle s'aide parfaitement de son bras et de sa main, quoique la dislocation ne soit pas remise en son lieu et place (1). »

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(1) Histoire du Montréal,1658-1659.
(2) Attestations authentiques de miracles attribués à M. Olier ; rapport de Jean Madry, p. 61
(1) Rapport d’Étienne Bouchard, p. 59.
A suivre : XXIV. Mlle Mance fait le récit de sa guérison à Mme de Bullion, qui donne une fondations pour les filles de Saint-Joseph.

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