Vie de Mlle Mance et Hôtel-Dieu de Villemarie (Table) COMPLET

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Message  Louis Jeu 18 Oct 2012, 10:20 am

XII. Amour de la sœur Macé pour le travail — sa grande charité.

Ainsi, elle a fait l'office de sœur converse tant qu'elle en a eu la force, c'est-à-dire pendant plus de trente ans, se chargeant du soin de la basse-cour, donnant à manger à deux vaches qu'on avait alors, tirant leur lait, les envoyant aux champs ; nourrissant aussi six autres animaux qu'on élevait pour avoir du lard; car vers ce temps on n'aurait pu, sans s'exposer aux surprises des Iroquois, aller à la chasse de l'orignal. Elle prenait de ces animaux toutes sortes de soins; et, comme pour la soulager dans un travail si pénible on lui avait donné une jeune fille, elle ne pouvait souffrir que celle-ci fît rien sans son concours, lui aidant à porter leur manger, à nettoyer les auges et à cueillir tous les jours pendant l'été de l'herbe dans le jardin, aux ardeurs du soleil. Elle s'était chargée pareillement du soin de la volaille.

Enfin elle faisait fréquemment les lessives, les coulait, aidait à les laver et à les plier, et tout cela sans embarras, sans inquiétude, disant qu'elle était la moins chargée de ses sœurs, étant toujours pleine de compassion pour elles, cherchant les occasions de leur faire plaisir la nuit comme le jour, et de prendre sur elle, si elle l'eût pu, les fardeaux de toutes.

Sa grande charité lui donnait une sincère estime pour tout le monde, et la portait à juger toujours favorablement des actions du prochain, même dans les cas où chacun s'accordait à les condamner. Si elle ne pouvait les excuser absolument, elle se rejetait sur l’intention, s'efforçant de persuader aux autres qu'elle avait été bonne et pure.

Il est vrai que quelques personnes croyaient voir de l'excès dans cette grande indulgence de la sœur Macé ; mais il faut remarquer que, si elle était si portée à excuser le prochain lorsqu'elle n'était placée qu'au second rang, étant devenue supérieure, elle corrigeait exactement les moindres fautes dans toutes les personnes qui lui étaient soumises, sans cesser pourtant d'offrir à toutes un modèle parfait de charité, de patience, d'humilité, de silence et de recueillement. Ce serait le cas de faire connaître ici les vertus de la sœur Maillet, que DIEU avait associée à la sœur Macé et à la mère de Brésoles ; mais nous parlerons d'elle dans la suite, pour ne pas trop interrompre ici les détails que nous avons entrepris de donner sur la vie pauvre de ces saintes filles (1).

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(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.


A suivre : XIII. Secours temporels que les hospitalières reçoivent…

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Message  Louis Ven 19 Oct 2012, 6:19 am

XIII. Secours temporels que les hospitalières reçoivent de
M. de Fancamp et des prêtres de Saint-Sulpice.

On pourrait demander d'où elles tiraient le strict nécessaire, n'ayant point de revenus, dans une colonie naissante, qui n'offrait aucune ressource et qui était elle-même exposée à manquer de tout, à cause de la pauvreté de ses habitants. Voici quels furent les moyens que la divine Providence fournit aux filles de Saint-Joseph pour pourvoir à leurs plus pressants besoins. M. de Fancamp et M. Macé, apprenant la résolution généreuse qu'elles avaient prise de ne pas abandonner le service de la colonie, quoiqu'elles y fussent sans aucune ressource assurée, furent si touchés d'un si héroïque dévouement, que depuis ils leur envoyèrent pour leur entretien 4 à 500 livres chaque année. Au commencement, elles les employèrent à se procurer des hardes et des meubles de première nécessité, et surtout à faire quelque défrichement sur leurs terres dites de Saint-Joseph, où elles occupèrent les deux hommes qu'elles avaient amenés de France, et qui s'étaient engagés à leur service pour l'espace de trois ans.

Mais comme ce défrichement s'opérait trop lentement pour procurer du pain à ces vertueuses filles, les associés de Montréal leur donnèrent l'usage de quatre arpents de terre de leur propre domaine pour les aider à subsister en attendant. Par la bénédiction que DIEU répandait sur les travaux qu'elles y faisaient faire, elles y recueillaient assez de blé pour leur usage et pour payer les gages de leurs domestiques, en vendant le surplus de la récolte afin de se procurer par là de l'argent. M. Macé, dont nous parlons, fut leur principal soutien, et leur procura successivement 37 à 38,000 livres :

A suivre…

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Message  Louis Ven 19 Oct 2012, 11:59 am

XIII. Secours temporels que les hospitalières reçoivent de
M. de Fancamp et des prêtres de Saint-Sulpice.
(suite)

M. Macé, dont nous parlons, fut leur principal soutien, et leur procura successivement 37 à 38,000 livres :

« Ce qui aurait pu, dit la sœur Morin, lui mériter très-justement le titre de fondateur. Un autre ecclésiastique de Saint-Sulpice, qui les aida aussi beaucoup de ses largesses, ce fut M. Souart. Cet homme, plein de zèle pour la gloire de DIEU, charitable envers les pauvres, et particulièrement envers les malades, n'avait pas de plus grande joie, dit encore la sœur Morin, que de répandre son bien en aumônes, et de se dépouiller de tout, afin de mourir pauvre lui-même. Il a donné en effet tout son bien de patrimoine, quoiqu'il passât la somme de 80,000 livres. Je ne dirai point ici le bien que ce grand serviteur de DIEU a fait à notre monastère ; vous le remarquerez dans la suite de cette histoire, où j'aurai occasion de parler de lui (1). »

Outre ces secours…

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(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.


A suivre : XIV. Les filles de Saint-Joseph composent…

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Message  Louis Lun 22 Oct 2012, 8:46 am

XIV. Les filles de Saint-Joseph composent
des remèdes dont la vertu les aide à subsister.

Outre ces secours, quelles recevaient de la charité de leurs amis, DIEU leur fournit un autre moyen de subsistance dans les remèdes que la mère de Brésoles composait, et qui étaient en grande estime dans toute la colonie. On a vu que pendant son séjour à la Flèche elle avait si bien profité des leçons d'un chimiste de mérite, qu'elle avait passé pour plus habile que lui dans cet art. A Villemarie, elle fit clore un petit jardin où elle sema des plantes sauvages pour en composer des remèdes. Elle le cultivait de ses propres mains ; tout y croissait à plaisir, et on allait le voir par curiosité ; on ne pouvait s'empêcher d'être frappé de la bénédiction que DIEU donnait à ces plantes.

Il est vrai que, par un effet de sa dévotion ordinaire, la mère de Brésoles avait coutume de s'adresser à l'enfant JESUS pour qu'il daignât bénir ce jardin, et que dans ce dessein elle y portait fréquemment sa sainte image.

Au moyen de ces plantes sauvages, dont elle chercha à connaître la propriété, elle se mit donc à composer diverses sortes de remèdes, qu'elle inventa elle-même. Ces remèdes, par l'efficacité que DIEU leur donna, eurent en peu de temps une très-grande vogue dans tout le pays. La réputation de la mère de Brésoles fut même si universelle, qu'elle ne surpassa pas seulement celle d'un chirurgien jusque alors en grand crédit à Villemarie, mais qu'elle effaça même celle de M. Souart et de tous les autres médecins du Canada. Les personnes les plus riches voulaient avoir de ses remèdes, et la consultaient dans leurs maladies avec une confiance qui surpassait tout ce qu'on pourrait dire : jusque-là que les malades croyaient ne pouvoir mourir quand ils s'étaient mis entre ses mains ou qu'ils suivaient ses ordonnances.

Cette estime universelle était fondée sur les guérisons éclatantes que cette sainte fille opérait, et qui dans l'opinion de plusieurs passaient pour surnaturelles. Si l'on apportait à l'Hôtel-Dieu des hommes blessés par les Iroquois, ce qui arrivait fréquemment, elle préparait aussitôt des médicaments qui les guérissaient, quoique leurs blessures fussent très-considérables. Elle en composait pour toutes sortes de maladies ; et comme les effets qu'ils produisaient étaient tout autres que ceux des remèdes qu'on apportait de France, on disait communément que ses médicaments étaient miraculeux. Aussi les sauvages eux-mêmes, tant les alliés des Français que les Iroquois, avaient-ils une estime singulière pour la mère de Brésoles. Ils s'étaient accordés à la surnommer dans leur langue le soleil qui luit, à cause, disaient-ils, qu'elle redonnait la vie aux malades par ses soins et ses remèdes, comme cet astre la donne aux plantes par sa lumière et sa chaleur (1).

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(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.


A suivre : xv. Le bonhomme Jouaneaux. — Sa chute et sa guérison.

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Message  Louis Lun 22 Oct 2012, 3:18 pm

xv. Le bonhomme Jouaneaux. — Sa chute et sa guérison.

Un autre fruit remarquable de l'habileté de la mère de Brésoles à guérir les blessés, ce fut d'acquérir par ce moyen à l'Hôtel-Dieu un dévoué et fidèle serviteur dans la personne de Mathurin Jouaneaux, qui, après sa guérison, touché de reconnaissance, se donna à cette maison avec tout ce qu'il possédait de biens en Canada. L'histoire de cet homme simple et généreux mérite de trouver place dans cet ouvrage.

Il avait quitté le lieu des Perrières, paroisse d'Aubigné en Anjou, pour servir durant cinq ans en qualité de défricheur la Compagnie de Montréal, d'après un contrat passé à la Flèche le 2 mai 1653 (1). Le temps de son engagement étant expiré, il reçut de M. de Maisonneuve, au nom des seigneurs, quinze arpents a de terre, au lieu dit alors la contrée de Saint-Joseph, pour en jouir en toute propriété, à la charge de défricher cette terre, d'y faire bâtir une maison, et de payer tous les ans aux seigneurs trois deniers de cens pour chaque arpent a (2).

A peine fut-il en possession de ce terrain, qu'il en mit cinq arpents a en valeur ; et comme ce défrichement l'exposait aux surprises des Iroquois, qui se cachaient partout pour surprendre les travailleurs, il se creusa une retraite sous terre, où il demeura seul pendant plusieurs années. Ce réduit ne recevait le jour que par la porte ; un vieux tronc d'arbre creusé par le laps des temps, qui se trouvait au-dessus, servait de tuyau pour conduire la fumée de son foyer.

En exécution de son contrat de concession, et aussi pour mettre ses grains en sûreté, Jouaneaux construisit près de son réduit une petite grange en bois qu'il couvrit de planches. Mais avant qu'elle fût fermée tout autour, et vraisemblablement lorsqu'il en achevait la toiture, il tomba du haut de sa grange et se blessa grièvement à la tête. On le porta aussitôt à l'Hôtel-Dieu, quoique sans espoir de guérison, car on jugeait que sa blessure était mortelle. Cependant les filles du Saint-Joseph, par l'assiduité et l'intelligence de leurs soins, et par l'efficacité de leurs remèdes, parvinrent à lui rendre la santé.


(a : Note de Louis: 1 arpent équivaut à 192 pieds ou env. 58 m.)

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(1) Acte de Lafousse, notaire à la Flèche 2 mai 1653.
(2) Archives des hospitalières de Villemarie ; concession faite par M. de Maisonneuve, le 9 mai 1659.


A suivre : XVI. Jouaneaux se donne au service de l'Hôtel-Dieu avec tout ce qu'il possède en Canada.


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Message  Louis Mar 23 Oct 2012, 7:11 am

XVI. Jouaneaux se donne au service de l'Hôtel-Dieu
avec tout ce qu'il possède en Canada.

Jouaneaux, se voyant guéri contre son attente, songea à ce qu'il pourrait faire pour témoigner sa reconnaissance à ces charitables sœurs (1).

« Elles m'ont rendu la vie, se dit-il à lui-même; sans elles je ne serais plus. Le don de tout ce qui m'appartient est trop peu de chose pour reconnaître un bienfait de cette importance. Puisqu'elles m'ont sauvé la vie, il faut que j'en consacre le reste à les servir, et que je me donne moi-même à elles avec le peu de bien que je possède. »

Ce qu'il résolut avec tant de générosité, il l'exécuta avec une fidélité parfaite le 12 mars 1660, en présence de M. Vignal, prêtre de Saint-Sulpice, de M. de Maisonneuve et de M. d'Ailleboust, il fit don de sa personne, de ses quinze arpents a de terre, et de tous ses petits biens mobiliers, aux filles de Saint-Joseph ; « promettant de sa part, est-il dit dans le contrat de ce jour, de s'occuper pour leur service, tant que DIEU lui donnera des forces, et en tout ce à quoi il leur plaira de l'employer. »

Comme cet homme jouissait d'une parfaite réputation dans la colonie, qu'il était pieux, zélé pour le travail, et qu'il avait un grand désir de se séparer du monde autant qu'il pourrait, pour fuir les occasions de pécher, et de se consacrer au service de DIEU, les filles de Saint-Joseph acceptèrent volontiers ces généreuses propositions, et promirent de le nourrir, loger et entretenir sain et malade jusqu’à la fin de ses jours (1).

Dans l'état de pauvreté extrême où elles étaient alors, l'acquisition qu'elles firent de lui et de ses petits biens fut pour elles un grand soulagement et une espèce de fortune. Outre ses quinze arpents de terre dont il les enrichit, il leur donna encore sa vache et son porc.

« Quoique tout ce bien fût peu de chose, dit la sœur Morin, c'était beaucoup pour nos sœurs, dans la nécessité où elles étaient de tout. La vache leur donna du lait, et le porc du lard après sa mort, ce qui leur fut d'une grande douceur. »

Mais surtout, le bonhomme Jouaneaux leur rendit de très-grands services…


(a : Note de Louis: 1 arpent équivaut à 192 pieds ou env. 58 m.)
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(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.


A suivre …

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Message  Louis Mar 23 Oct 2012, 1:39 pm

XVI. Jouaneaux se donne au service de l'Hôtel-Dieu
avec tout ce qu'il possède en Canada.


(suite)

Mais surtout, le bonhomme Jouaneaux leur rendit de très-grands services par les soins qu'il donna à leurs travaux domestiques. Il s'employait lui-même avec grande affection à défricher leurs terres, et bâtit à Saint-Joseph une cabane pour y loger plusieurs hommes qui travaillaient sous sa conduite. Enfin il ménageait toutes choses avec plus de soin et de sollicitude, et prenait plus de peine que si c'eût été pour son intérêt particulier (1).

1661.

Touchées de son dévouement et de son zèle infatigable à les servir, les filles de Saint-Joseph, pour le lier plus étroitement encore à leur maison, lui donnèrent une déclaration par écrit, le 21 mai 1661, en présence de M. Souart et de M. de Maisonneuve, par laquelle elles s'obligèrent à le regarder comme un membre de leur communauté, et en cette qualité à le rendre participant de toutes leurs prières et bonnes œuvres, comme aussi à faire pour son entretien pendant sa vie, et pour le repos de son âme après sa mort, ce qu'elles feraient pour l'une de leurs propres sœurs (2).
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(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(2) Archives des hospitalières de Villemarie, contrat du 21 mai 1661.

A suivre : XVII. Mme d'Ailleboust se retire à l'Hôtel-Dieu en qualité de pensionnaire.

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Message  Louis Mer 24 Oct 2012, 6:54 am

XVII. Mme d'Ailleboust se retire à l'Hôtel-Dieu en qualité de pensionnaire.

M. d'Ailleboust, dont on a parlé plus haut, étant venu à mourir la première année que les filles de Saint-Joseph étaient à Villemarie (3), cet événement fut un autre moyen que la Providence leur ménagea pour les aider dans leur détresse. D'après leur règle, elles peuvent recevoir dans leur maison en qualité de pensionnaires les dames pieuses qui veulent s'y retirer (4). L'éclat que leur vertu jetait dans la colonie, et la vénération qu'on leur portait, firent désirer à Mme d'Ailleboust, dès qu'elle se vit veuve et entièrement libre de sa personne, de demeurer dans leur compagnie, pour s'animer par leurs saints exemples au service de DIEU.

Elle se défit de tout son train, ne se réserva qu'une fille dévote pour en recevoir les services qu'exigeaient la délicatesse de sa santé et ses infirmités habituelles, et s'enferma dans la petite maison des filles de Saint-Joseph, qu'on pouvait appeler le couvent de la pauvreté et de la mortification. Il est vrai qu'on lui apprêtait son ordinaire à part, et que, les chambres des hospitalières étant petites, sombres et exposées au couchant, Mlle Mance lui en avait donné une plus commode dans sa maison, située à une extrémité de l'Hôtel-Dieu, et contiguë aux offices des sœurs.

Mme d'Ailleboust y était cependant fort à l'étroit, ayant avec elle sa fille de chambre et ses meubles ; mais le désir de vivre avec les servantes de DIEU lui fit surmonter toutes ces incommodités, quelque pénibles qu'elles pussent être à la nature.

Nous devons ajouter qu'en cherchant…

__________________________________

(3) Registre des sépultures de Villemarie, 1er juin 1660. — Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson.Histoire du Canada, par M. de Bellemont.
(4) Constitutions des filles hospitalières de Saint-Joseph, in-12º, 1643.

A suivre…

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Message  Louis Mer 24 Oct 2012, 11:40 am

XVII. Mme d'Ailleboust se retire à l'Hôtel-Dieu en qualité de pensionnaire. (suite)

Nous devons ajouter qu'en cherchant à s'édifier auprès des filles de Saint-Joseph elle leur donna elle-même de touchants exemples d'édification. Elle gardait la clôture fort régulièrement, ne sortait jamais, et ne recevait personne du dehors dans sa chambre. Son entretien était fort dévot et tout à fait religieux ; on ne voyait rien en elle de l'esprit du monde, vivant humble et rabaissée comme si elle ne l'eût jamais connu, quoiqu'elle fût très-avantagée de dons naturels tant du corps que de l'esprit.

Elle jouissait de 20,000 livres de fortune, ce qui était beaucoup pour le temps dans ce pays. En entrant chez les hospitalières, elle leur donna, outre deux vaches, qui leur furent d'un grand secours, une somme d'argent et diverses marchandises.

Elles employèrent l'argent à construire les premiers bâtiments qui furent faits sur la terre dite de Saint-Joseph, et commencèrent alors à y tenir ménage, y ayant maison, grange et étable, mais le tout fort petitement et avec des craintes continuelles de la part des Iroquois, comme nous le dirons dans la suite.

Toutefois, DIEU…

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Message  Louis Jeu 25 Oct 2012, 6:37 am

XVII. Mme d'Ailleboust se retire à l'Hôtel-Dieu en qualité de pensionnaire.

(suite)

Toutefois, DIEU, qui voulait tenir ces saintes filles dans une exacte pauvreté, ne permit pas que Mme d'Ailleboust leur fît tout le bien qu'elle s'était proposé. Nous verrons qu'au bout de trois ans elle fut obligée par M. de Laval de se retirer à Québec pour y donner naissance à la confrérie de la Sainte-Famille, et qu'elle quitta ainsi l'Hôtel-Dieu de Villemarie, d'où elle emporta tout ce qu'elle avait.

Mais cette grande pauvreté n'altérait en rien la joie de ces généreuses filles. Au contraire, elles étaient comblées d'une indicible consolation lorsqu'après avoir employé tous les moyens que commandait la sagesse chrétienne, elles se voyaient quelquefois dépourvues de tout, étant bien assurées que DIEU ne leur ôtait ainsi tous les appuis humains que pour faire paraître d'une manière plus sensible les soins de sa providence sur elles.

Une épreuve très-dure qu'elles eurent à subir fort longtemps, sans pouvoir y apporter d'autre remède que la patience et la confiance en DIEU, fut la crainte où elles étaient de ne pouvoir maintenir leur communauté à Villemarie par défaut de novices, comme nous allons le raconter au chapitre suivant ( 1 ).

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(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.

A suivre : Chapitre III.

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Message  Louis Jeu 25 Oct 2012, 12:01 pm

CHAPITRE III

DIFFICULTES QU’EPROUVENT LES FILLES
DE SAINT-JOSEPH POUR AVOIR DES NOVICES.
ETABLISSEMENT DE LA CONFRERIE DE LA SAINTE-FAMILLE.
PROFESSION DES SŒURS MORIN ET DENIS.

I. Mlles de Belestre, Moyen, Mulloys et Mathurine
ne peuvent soutenir les épreuves du noviciat.

On a vu qu'avant le départ des filles de Saint-Joseph pour le Canada, M. de Laval s'était montré peu favorable à leur dessein. Comme on avait tout lieu de craindre qu'il ne refusât de les ériger en communauté à Villemarie, et que par suite de ce refus elles n'y trouvassent point de novices, Mlle Mance et les ecclésiastiques de Saint-Sulpice avaient eu soin d'amener de France plusieurs jeunes personnes ferventes , qui désiraient de se consacrer à DIEU dans l'institut de Saint-Joseph.

De ce nombre fut Mlle de Belestre. A peine la mère de Brésoles et ses compagnes étaient-elles installées à l'Hôtel-Dieu de Villemarie, qu'elles l'admirent au noviciat, ainsi que Mlle Moyen (1). Celle-ci, emmenée d'abord en captivité par les Iroquois, après que ces barbares eurent massacré M. Moyen son père, et sa famille, à l'île aux Oies, avait été ramenée à Villemarie avec sa sœur et d'autres, pour être échangés contre des prisonniers ennemis (2). Mlle Mance, touchée de compassion sur le sort de ces deux orphelines, adopta dans cette circonstance celle dont nous parlons. Cette demoiselle, d'une des plus honorables familles du Canada, était un modèle de vertu, et ne désirait que de se vouer sans partage au service de DIEU , aussi bien que Mlle de Belestre. Elles entrèrent donc l'une et l'autre à l'Hôtel-Dieu pour y commencer leur noviciat : c'était durant l'hiver de 1659 à 1660. Mais leurs forces ne répondirent pas à la ferveur qui les animait. Le genre de vie si pauvre et si dur des filles de Saint-Joseph, les travaux accablants qu'elles avaient continuellement sur les bras, les eurent bientôt mises hors d'état de continuer leur épreuve : en sorte que l'une et l'autre se virent contraintes de quitter le noviciat peu de temps après qu'elles y étaient entrées (3).

L'été suivant, il arriva de France une jeune demoiselle très-pieuse, en grande odeur de vertu à Blois, où elle était née, Madeleine Mulloys de La Borde, qui désirait aussi d'entrer dans le nouvel établissement de Saint-Joseph à Villemarie. Elle commença son noviciat, ainsi qu'une fille dévote de Saumur appelée vulgairement sœur Mathurine, qui devait être sœur domestique.

Après quelque temps d'essai, elles ne purent non plus soutenir un genre de vie si austère, avouant que la pauvreté et la mortification qu'on y pratiquait surpassaient entièrement leurs forces. Elles se retirèrent à leur tour, quoique remplies de vénération pour les filles de Saint-Joseph, dont elles ne pouvaient se lasser de louer partout la vertu et le mérite; ce que faisaient pareillement Mlle Moyen et Mlle de Belestre, après avoir quitté cette sainte maison (1).

_____________________________________

(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(2) Histoire du Montréal, par M. Dollier de Casson.
(3) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
A suivre : II. Catherine Gaucher entre au noviciat, et est contrainte d’en sortir.

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Message  Louis Ven 26 Oct 2012, 6:49 am

II. Catherine Gaucher entre au noviciat,
et est contrainte d’en sortir.

Une autre demoiselle, issue d'une famille noble de Senlis, Mlle Catherine Gaucher de Belleville, avait quitté la paroisse Saint-Sulpice à Paris (2), où demeuraient ses parents, et avait suivi Mlle Mance à Villemarie dans l'intention d'y embrasser l'institut des filles de Saint-Joseph. Ses parents, qui lui portaient une très-grande affection, avaient d'abord voulu lui faire contracter une alliance très-honorable selon le monde. Elle éprouva des répugnances si insurmontables pour l'état du mariage, et un désir si ardent de se donner irrévocablement à DIEU , qu'elle prit la généreuse résolution de passer en Canada pour se vouer au service des malades dans l'établissement que les filles de Saint-Joseph allaient y fonder. M. Souart, dont on a parlé, et qui était son cousin, obtint le consentement des parents de Mlle Gaucher, fit les frais de son voyage à Villemarie, et se chargea de pourvoir à tous ses besoins. Elle entra donc au noviciat; mais, après quelques mois d'épreuve, ne ressentant aucun attrait pour ce genre de vie, elle se vit contrainte à son tour, malgré sa piété et sa ferveur, de rentrer dans le monde.

Enfin il arriva que cette vertueuse demoiselle, après avoir refusé en France un riche établissement, épousa à Villemarie un gentilhomme qui y tenait un rang honorable, M. Jean-Baptiste Migeon de Bransac. Il parut que DIEU l'avait ainsi ordonné pour procurer le bien de la colonie, auquel ces deux vertueux époux contribuèrent efficacement par leur vie édifiante et par la piété sincère qu'ils surent inspirer à leurs enfants. Car deux de leurs filles embrassèrent la vie religieuse, l'une dans l'institut même de Saint-Joseph, l'autre dans celui des Ursulines; et Catherine Gaucher, leur mère, après la mort de son mari, rentra au noviciat de l'Hôtel-Dieu à l'âge de soixante-dix ans, et finit ses jours en grande odeur de vertu dans cette maison, comme nous le dirons dans la suite (1).

__________________

(2) Registre des mariages de la paroisse de Villemarie, année 1665.
(1) Circulaire de la sœur Gaucher ; archives des hospitalières de la Flèche.

III. Postulantes qui rentrent ensuite dans le monde et procurent le bien de la colonie.

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Message  Louis Ven 26 Oct 2012, 11:49 am

III. Postulantes qui rentrent ensuite
dans le monde et procurent le bien de la colonie.

Ce fut la même conduite que DIEU tint sur toutes les autres demoiselles dont nous avons parlé : elles furent toutes recherchées en mariage pour les charmes de leur vertu, et répandirent une grande édification dans la colonie. Mlle Moyen épousa M. Dugué, capitaine de condition et de mérite ; et sa sœur, Élisabeth Moyen, fut mariée à M. Lambert Closse, major de Villemarie. Mlle Mulloys épousa M. Etienne Pezard de La Touche. Catherine de Lavaux, que Mlle Mance avait amenée auparavant pour qu'elle la secondât à l'Hôtel-Dieu, avait aussi quitté cette maison et épousé Gilbert Barbier, ce fervent chrétien qui rendit de si grands services au pays par son courage et par son zèle. Ces vertueux époux donnèrent à la Congrégation, dans la personne de Marie Barbier, leur fille (2), une supérieure digne de remplacer la sœur Bourgeoys (3); et une autre de leurs enfants, Adrienne Barbier, parut d'abord être destinée à entrer dans l'institut de Saint-Joseph. Lorsque Mme d'Ailleboust se fut retirée à l'Hôtel-Dieu, la nécessité pour les sœurs de lui faire son ordinaire à part et de soigner les deux vaches qu'elle leur avait données, les obligèrent à prendre chez elles cette jeune fille pour aider la sœur Macé, chargée de tous les détails du ménage.

Adrienne Barbier, alors âgée de onze à douze ans, profita si bien des exemples qu'elle eut sous les yeux, qu'en peu d'années elle devint un modèle d'obéissance, d'humilité, de mortification, d'amour du travail et de l'oraison. Elle était d'un extérieur charmant, d'une modestie angélique, toujours prête à se gêner pour rendre service. Les filles de Saint-Joseph admiraient en elle cette réunion de si heureuses qualités, et ne doutaient pas qu'elle ne devint une sœur domestique accomplie.

De son côté, Adrienne désirait beaucoup de s'attacher à elles jusqu'à la fin de ses jours ; mais, au bout de quatre ans, sa mère, quoique très-pieuse, la retira de l'Hôtel-Dieu pour la marier. « Elle sert DIEU dans le monde, écrivait dans la suite la sœur Morin, et est mère d'une nombreuse famille, qu'elle nourrit et élève dans l'amour et dans la crainte de NOTRE-SEIGNEUR, avec édification et sagesse en toutes choses (1). »

Il en fut de même de quatre vertueuses filles que Mlle Mance avait amenées de France pour l'aider à l'Hôtel-Dieu avant l'arrivée des filles de Saint-Joseph. Mlle de La Bardilière, dont nous avons parlé, quitta aussi l'Hôtel-Dieu et devint mère de famille. Enfin, durant les trente-trois premières années qu'elles furent à Villemarie, les hospitalières donnèrent l'entrée de leur communauté à plus de vingt filles pleines de courage et de piété, qui néanmoins furent obligées d'en sortir, ne pouvant s'accoutumer à un genre de vie si accablant pour la nature. « DIEU le permit ainsi, dit la sœur Morin, pour peupler la nouvelle colonie (1), et lui donner des mères de famille remplies de son esprit et de son amour. »

______________________________

(2) Registres de la paroisse de Villemarie ; mariages et naissances.
(3) Vie de la sœur Bourgeoys ; Notice sur la sœur Barbier, t.II, p. 100.
(1)Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(1)Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.

A suivre : IV. M. de Laval refuse de nouveau d’approuver canoniquement la communauté de Saint-Joseph.

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Message  Louis Sam 27 Oct 2012, 6:51 am

IV. M. de Laval refuse de nouveau d’approuver
canoniquement la communauté de Saint-Joseph.

Cependant, la communauté des filles de Saint-Joseph, toujours composée des trois premières hospitalières venues de France, et toutes d'un âge assez avancé, ne pouvait se maintenir longtemps si elle ne recevait des novices. Et comme M. de Laval refusait toujours de l'ériger selon les formes, il était à craindre que, parmi les jeunes personnes du pays, aucune ne voulût y entrer. C'était pour les filles de Saint-Joseph et pour les ecclésiastiques du séminaire, non moins que pour tous les colons, le sujet d'une très-sensible épreuve. M. Souart s'adressa de nouveau à M. de Laval pour le conjurer de consommer cet établissement. II lui représenta l'extrême nécessité où étaient ces filles d'avoir des aides qui les soulageassent dans le service des malades, dont le nombre augmentait de jour en jour; qu'il leur était impossible de soutenir seules une si accablante charge, et qu'il n'y avait pas d'apparence qu'elles reçussent jamais aucune novice tant qu'elles n'auraient pas été établies canoniquement.

« Mais à toutes les raisons qu'il put alléguer, rapporte la sœur Morin, les personnes qui étaient du sentiment contraire dirent, pour toute réponse, que si les filles de Saint-Joseph ne pouvaient subsister plus longtemps dans l'état où elles étaient, elles n'avaient qu'à s'unir aux hospitalières de Québec. »

Une réponse si précise et si nette fit juger à M. Souart et à ces filles qu'il était inutile d'insister davantage, et que le seul parti qu'ils avaient à prendre était d'attendre avec paix et confiance le moment que DIEU avait marqué pour l'accomplissement de ses desseins (1).

________________________

(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.

A suivre : 1662. V. Vocation de la sœur Marie Morin. — Elle entre à l’Hôtel-Dieu.

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Message  Louis Sam 27 Oct 2012, 4:01 pm

1662. V. Vocation de la sœur Marie Morin. — Elle entre à l’Hôtel-Dieu.

Elles reçurent cependant, au mois d'août 1662, une jeune postulante dont la vocation parut manifestement divine, et qui fut la première qui embrassa leur institut à Villemarie. Nous parlons de la sœur Marie Morin, la même que nous citons fréquemment dans cet ouvrage, et que nous ne pouvons nous dispenser de faire connaître ici. Elle était née à Québec, le jour de la fête de saint Joseph 1649, d'une famille honorable, mais peu aisée, et avait été levée des fonts sacrés par M. d'Ailleboust, associé de Montréal, et alors gouverneur général de la Nouvelle-France. Dès qu'elle apprit, en 1659, que trois hospitalières de Saint-Joseph étaient arrivées à Québec pour aller de là s'établir à Villemarie, elle éprouva le désir d'entrer dans leur institut (1), quoiqu'il existât une communauté d'hospitalières à Québec, lieu de sa résidence. L'espérance de répandre son sang pour la foi fut le motif qui lui inspira une résolution si extraordinaire; car Villemarie, le boulevard de la colonie française en Canada, était aussi le principal théâtre de la guerre, et le lieu où les Iroquois exerçaient surtout leur cruauté.

Mais la jeune Marie n'avait encore que onze ans, et ses parents devaient regarder ce désir comme l'effet d'une indiscrétion de ferveur pardonnable à l'inexpérience d'un enfant. Elle persista néanmoins dans sa résolution; elle ne cessa de réitérer sa demande, et fit tant, qu'à la fin ses parents consentirent à son départ pour Villemarie. M. de Laval, informé de son dessein, voulut la voir, et eut la bonté de l'envoyer lui-même aux hospitalières de Saint-Joseph. Quelque faible que fût ce secours, — car la postulante, alors âgée de treize ans et demi, devait être entièrement à la charge de la communauté, n'ayant ni dot ni pension, — elles la reçurent avec une vive satisfaction, et témoignèrent une joie qu'il serait difficile d'exprimer.

Au milieu des difficultés qu'elles éprouvaient de trouver des novices, elles ne pouvaient n'être pas touchées très-sensiblement de voir une jeune personne d'un extérieur avantageux, d'un esprit vif et agréable, quitter son pays, s'arracher à la tendresse de ses proches, pour vivre dans la société de trois hospitalières déjà âgées, et partager avec elles les privations les plus dures et les travaux les plus accablants. Aussi lui donnèrent-elles des marques d'une affection vraiment maternelle, et elles ne négligèrent rien pour lui faire aimer le séjour de l'Hôtel-Dieu, lui disant même agréablement, afin de dissiper la peine qu'elle ressentait de se voir à la charge d'une maison d'ailleurs si pauvre, qu'elle n'eût à s'inquiéter de rien, que saint Joseph serait sa dot et lui tiendrait lieu de tout. Mme d'Ailleboust, la seule personne qu'elle connût à Villemarie, eut aussi pour elle toutes sortes d'attentions, tant à cause de l'estime qu'elle faisait de son dévouement que par considération pour M. d'Ailleboust son mari, dont nous avons dit que cette jeune personne était la filleule (1).

______________________________

(1) Circulaire de la sœur Morin ; archives des hospitalières de la Flèche.
(1) Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
A suivre : VI. Tentations que la sœur Morin éprouve contre sa vocation.

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Message  Louis Dim 28 Oct 2012, 6:44 am

VI. Tentations que la sœur Morin éprouve contre sa vocation.

Mais DIEU , qui voulait sanctifier les hospitalières de Saint-Joseph par la croix, ne tarda pas à tempérer la joie qu'elles prouvaient de la réception de cette postulante. Pour leur apprendre à ne mettre leur confiance qu'en lui seul, il permit que la sœur Morin, en attendant qu'elle eût atteint l'âge requis pour prononcer ses engagements, essuyât deux maladies qui la conduisirent aux portes du tombeau.

Délivrée de l'une et de l'autre par les soins assidus qui lui furent prodigués, malgré la pauvreté de la communauté, la sœur Morin ressentit bientôt de grands dégoûts de sa vocation.

Pendant quatre ans, se voyant seule au noviciat, sans autre compagnie que celle de trois hospitalières venues de France, toutes fort sérieuses et avancées en âge, et presque sans espérance d'en avoir jamais d'autres dans cette maison, la perspective de cet avenir la remplissait de tristesse et l'affligeait vivement.

A cela vint se joindre une tentation des plus violentes : une affection pour ses parents si vive et si excessive, qu'elle n'avait jamais rien éprouvé de semblable pour eux, quoiqu'elle les eût toujours aimés très-tendrement : tentation qui la sollicitait fortement à quitter l'Hôtel-Dieu pour aller les rejoindre. Elle passa deux ans et demi dans ce combat, n'osant se déterminer à sortir du noviciat, crainte d'être infidèle à DIEU et de se perdre dans le monde, et pourtant ne pouvant se résoudre absolument à y demeurer.

Une troisième sorte de peine, qui ne l'accablait pas moins que les précédentes, c'était la difficulté d'atteindre les vertus qu'elle admirait, dans la mère de Brésoles et dans les deux autres, leur extrême mortification, leur grand esprit de pénitence, se disant que jamais elle ne pourrait s'élever à une si sublime perfection (1).

____________________________

(1)Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.

A suivre : VII. La sœur Morin est résolue d’embrasser l’institut…

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Message  Louis Dim 28 Oct 2012, 1:23 pm

VII. La sœur Morin est résolue d’embrasser l’institut.
— M. de Laval s’oppose d’abord à sa vocation, puis il y consent.

M. Souart et un autre ecclésiastique de Saint-Sulpice en qui elle avait confiance, M. Pérot, ne négligèrent rien pour la fortifier contre ces épreuves, et pour l'encourager à persévérer. M. Pérot surtout y contribua beaucoup en lui montrant le danger qu'elle courrait si elle venait à quitter le noviciat de son propre mouvement. II s'efforça aussi de lui faire comprendre que la vertu éminente de la mère de Brésoles et de ses deux compagnes devait à la vérité servir de modèle à toutes les sœurs qui leur succéderaient, mais non de mesure à la ferveur que DIEU demanderait de chacune, ces trois premières mères ayant reçu une plénitude de grâce proportionnée au dessein que DIEU avait eu sur elles en les établissant les fondements de l'édifice spirituel de cette communauté.

Enfin, après deux ans et demi de ce furieux orage, succéda dans l'esprit et dans le cœur de la novice le calme le plus parfait ; et elle se trouva plus déterminée que jamais à persévérer jusqu'à la mort dans sa vocation. M. Souart écrivit donc à M. de Laval pour le prier d'autoriser la réception de la sœur Morin, dont le temps d'épreuve était achevé (1).

« Mais elle ne fut pas plutôt résolue de ne point quitter l'Hôtel-Dieu, dit cette sœur parlant d'elle-même, que M. de Laval, qui l’avait envoyée lui-même, forma des obstacles à sa réception. Il fit réflexion que, permettant aux filles de Saint-Joseph de lui donner leur habit, c'était les établir tacitement, et manquer à la parole qu'il avait donnée de ne le point faire; et il manda ses sentiments sur cela à M. Souart. »

Il était naturel que ce refus, auquel on était si loin de s'attendre, fût un grand sujet de mortification pour ces saintes filles et pour tous ceux qui leur étaient dévoués; et comme la réponse ne laissait entrevoir aucune lueur d'espérance, on prit le parti de garder le silence sur cette affaire, et d'en abandonner le succès à la seule providence de DIEU. Cette confiance ne fut pas vaine, car DIEU daigna changer lui-même les dispositions du prélat, comme nous le raconterons après que nous aurons exposé les événements qui donnèrent lieu à un changement si extraordinaire (1).

______________________

(1)Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.
(1) Ibid.

A suivre …

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Message  Louis Lun 29 Oct 2012, 8:03 am

VII. La sœur Morin est résolue d’embrasser l’institut.
— M. de Laval s’oppose d’abord à sa vocation, puis il y consent.


(suite)

Mais elle ne fut pas plutôt résolue de ne point quitter l'Hôtel-Dieu, dit cette sœur parlant d'elle-même, que M. de Laval, qui l’avait envoyée lui-même, forma des obstacles à sa réception. Il fit réflexion que, permettant aux filles de Saint-Joseph de lui donner leur habit, c'était les établir tacitement, et manquer à la parole qu'il avait donnée de ne le point faire; et il manda ses sentiments sur cela à M. Souart. »

Il était naturel que ce refus, auquel on était si loin de s'attendre, fût un grand sujet de mortification pour ces saintes filles et pour tous ceux qui leur étaient dévoués; et comme la réponse ne laissait entrevoir aucune lueur d'espérance, on prit le parti de garder le silence sur cette affaire, et d'en abandonner le succès à la seule providence de DIEU. Cette confiance ne fut pas vaine, car DIEU daigna changer lui-même les dispositions du prélat, comme nous le raconterons après que nous aurons exposé les événements qui donnèrent lieu à un changement si extraordinaire (1).

_______________

(1)Annales des hospitalières de Villemarie, par la sœur Morin.

A suivre : 1663. VIII. Affreux tremblement de terre arrivé en Canada.

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Message  Louis Lun 29 Oct 2012, 12:38 pm

1663. VIII. Affreux tremblement de terre arrivé en Canada.

Au mois de février 1663, le Canada fut agité par un tremblement de terre le plus étonnant qu'on eût vu depuis longtemps dans ce pays. Il eut pour avant-coureur l'apparition d'un météore qui, avec un bruit égal à celui du tonnerre, parut sur Villemarie, et après avoir parcouru les airs alla comme se perdre derrière la montagne qui donne son nom à l'île de Montréal. Le même globe de flammes parut aussi sur Québec (2).

Or, le 5 février, qui cette année tomba le lundi gras, entre quatre et cinq heures du soir, pendant que M. Souart faisait, selon l'usage, la prière commune dans l'église de l'Hôtel-Dieu, qui servait alors de paroisse, et où quantité de personnes étaient réunies, on entendit en même temps dans toute l'étendue du Canada un grand bruissement comme celui du feu qui a pris à une maison. Après que ce bruit eut duré cinq ou six minutes, la terre trembla tout à coup avec tant de violence, que les plus grandes maisons de Villemarie étaient aussi agitées que le serait une petite maison de cartes qu'on mettrait au gré du vent.

Les personnes qui étaient dans l'église, aussi bien que M. Souart, en sortirent aussitôt, pour n'être pas écrasées sous ses ruines ; et, parmi les malades de l'Hôtel-Dieu, ceux qui eurent assez de force pour se soustraire au danger sortirent promptement des salles et allèrent dans la cour, pendant que les autres, plus faibles, conjuraient à grands cris la miséricorde de DIEU, pensant que leur dernière heure était arrivée.

Ceux qui étaient sortis se couchaient sur la neige, car la terre était agitée par des mouvements si violents, qu'on ne pouvait pas se tenir sur ses pieds, et qu'on se voyait contraint de s'étendre à plat pour ne pas tomber de sa hauteur.

Au moment où le tremblement de terre commença, Mme d'Ailleboust…

________________________

(2) Relation de la Nouvelle-France de 1662 et 1663, par le P. Jérôme Lallemant, pag. 2 et 3.

A suivre…

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Message  Louis Mar 30 Oct 2012, 7:06 am

1663. VIII. Affreux tremblement de terre arrivé en Canada.

(suite)

Au moment où le tremblement de terre commença, Mme d'Ailleboust, qui était au lit, se leva précipitamment, et, sans prendre le temps de s'habiller, sortit aussitôt sans jupe ni souliers, n'ayant qu'un mantelet sur ses épaules, tandis que sa femme de chambre courait après elle avec une jupe en main pour l'en revêtir, ce qu'elle ne put faire à cause de l'agitation de la terre, qui creusait des précipices sous ses pieds. Elle entra ainsi dans la grande salle, criant de toute sa force : Confession, mon Père, confession, parlant à M. Souart, son confesseur. Au milieu de l'épouvante générale, la mère de Brésoles, la sœur Macé et la sœur Maillet, demeurèrent en prière devant le tabernacle, sans songer à chercher leur salut dans la fuite (1).

« Dans l'effroi qui m'avait saisie, dit la sœur Morin, j'étais encouragée par l'exemple de Mme d'Ailleboust, qui marchait devant moi. Nous trouvâmes nos chères sœurs souffrant une agonie mortelle devant le très-saint Sacrement, où elles étaient prosternées. Ma sœur Macé était sans parole ; cependant aucune de nous ne sortit dehors ; je crois que l'excès de la peur nous donna cette constance.

M. Souart s'est reproché bien des fois de ne nous avoir pas fait sortir de l'église, d'autant qu'elle pouvait tomber sans que la terre s'abîmât. Le lendemain mardi, à quatre heures du matin, eut lieu un second tremblement de terre, qui nous balança dans nos lits bien plus rudement que ne l'avaient fait nos mères nourrices dans notre enfance ; et malgré cela aucune de nous ne se leva du lit, se confiant en la protection du SEIGNEUR, de la très-sainte Vierge et du grand saint Joseph (1).

Le soir du même jour, pendant notre récréation, la terre trembla pour la troisième fois, mais plus doucement et sans rien renverser. »

_________________________

(1) Annales des hospitalières de Villemarie, tremblement de terre de 1663.
(1) Annales des hospitalières, ibid.

A suivre : IX. Ce tremblement de terre fut regardé comme un avertissement du Ciel.

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Message  Louis Mar 30 Oct 2012, 2:56 pm

IX. Ce tremblement de terre fut regardé comme un avertissement du Ciel.

II parut bien que ce bouleversement si épouvantable n'avait été ordonné de DIEU que pour réveiller la crainte de ses jugements, et ranimer l'amour de sa religion dans tous les cœurs. Quoiqu'on eût déjà vu en Canada des forêts abattues, des rochers renversés les uns sur les autres, des terres enfoncées et abîmées par des tremblements de terre (1), celui-ci néanmoins offrit trois circonstances très-remarquables, qui le firent regarder avec raison comme un avertissement du Ciel.

D'abord, il persévéra jusque dans le mois d'août, c'est-à-dire plus de six mois, quoique les secousses ne fussent pas également rudes.

En second lieu, il se fit sentir, le même jour et au même instant, dans une étendue de pays de deux cents lieues de longueur sur cent lieues de largeur, c'est-à-dire depuis l'Ile Percée jusqu'au delà du Montréal, comme aussi dans la Nouvelle-Angleterre et dans l'Acadie.

Enfin, une dernière circonstance parut être à chacun évidemment providentielle : c'est qu'au milieu d'une confusion si universelle, personne ne périt ni ne reçut la moindre blessure. « Nous voyons proche de nous, écrivait le P. Jérôme Lallemant, de grandes ouvertures qui se sont faites, et une prodigieuse étendue de pays toute perdue ; nous nous voyons environnés de bouleversements et de ruines, sans que nous ayons perdu un enfant, non pas même un cheveu de la tête. Pendant, que les montagnes d'alentour ont été abîmées, nous n'avons eu que quelques cheminées démolies (2). » C'est ce qu'atteste aussi M. Boucher de Boucherville dans l'histoire du Canada qu'il dédia, cette même année, à M. Colbert (3).

___________________

(1) Les singularités de la France antarctique, par Thevet, Paris, 1558, in-4º, ch. 81, folio 161.
(2) Relation de 1662 et 1663, p. 6 et suiv.
(3) Histoire véritable et naturelle de la Nouvelle-France, Paris, 1664, in-12, avant-propos.

A suivre…

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Message  Louis Mer 31 Oct 2012, 8:12 am

IX. Ce tremblement de terre fut regardé comme un avertissement du Ciel.

(suite)

« Un honnête homme de nos amis, écrivait cette même année la mère de l'Incarnation, avait fait bâtir une maison avec un fort beau moulin, sur la pointe d'une roche de marbre : la roche, dans une secousse, s'est ouverte, et le moulin et la maison ont été enfoncés dans l'abîme qui s'est fait. Mais ce qui est admirable, parmi des débris si étranges et si universels, nul n'a péri, ni même n'a été blessé. C'est une marque toute visible de la protection de DIEU sur son peuple, qui nous donne de justes sujets de croire qu'il ne se fâche contre nous que pour nous sauver. Nous espérons qu'il tirera sa gloire de nos frayeurs, par la conversion de tant d'âmes qui étaient endormies dans leurs péchés, et qui ne se pouvaient éveiller de leur sommeil par les simples mouvements d'une grâce intérieure (1).

« Car, au même temps que DIEU a ébranlé les montagnes et les rochers de marbre de ces contrées, on eût dit qu'il prenait plaisir à ébranler les consciences: les jours de carnaval ont été changés en des jours de pénitence et de tristesse ; les prières publiques, les processions, les pèlerinages ont été continuels; les jeûnes au pain et à l’eau, fort fréquents ; les confessions générales, plus sincères qu'elles ne l'auraient été dans l'extrémité des maladies. Je ne crois pas que dans tout le pays il y ait eu un habitant qui n'ait fait une confession générale. On a vu des réconciliations admirables, les ennemis se mettre à genoux les uns devant les autres pour se demander pardon, avec tant de douleur, qu'il était aisé de voir que ces changements étaient des coups du Ciel et de la miséricorde de DIEU plutôt que de sa justice (*) (1). »

_____________________________________

(1) Lettres de la mère de l’Incarnation, in-4º, 1681, 2e partie, lett. 65, du 20 août 1663, p. 586.
(1) Lettres, ibid., lett. 67, p. 590.

A suivre : le (*)


Dernière édition par Louis le Mer 31 Oct 2012, 3:24 pm, édité 2 fois (Raison : balisage)

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Message  Louis Mer 31 Oct 2012, 3:21 pm

IX. Ce tremblement de terre fut regardé comme un avertissement du Ciel.

(suite du *)

(*) En citant ici la mère de l'Incarnation, nous lui offrirons, au nom de tous les Canadiens, une juste réparation pour l'outrage fait à sa mémoire par un écrivain moderne, à l'occasion du tremblement de terre dont nous parlons. Cet auteur, à qui l'on peut reprocher de produire, sous le nom d'Histoire, les inventions de son esprit, aura cru peut-être donner du relief à son pays en introduisant sur la scène l'erreur du quiétisme, et en y associant les personnes les plus vénérées jusque alors, entre autres la mère de l'Incarnation et Mme d'Ailleboust.

Mais, outre que les traiter de la sorte, c'est fouler aux pieds les devoirs de la reconnaissance, qu'elles méritent de tous les cœurs canadiens, c'est aussi violer à leur égard l'équité et la justice la plus rigoureuse ; et assurément l'auteur n'eût pas songé à leur faire une pareille imputation, s'il eût mieux connu en quoi consistait le quiétisme, et s'il eût considéré que l'une et l'autre n'étaient déjà plus lorsqu'en France on commença à parler de cette erreur.

Au reste, c'est l'inconvénient où doit tomber tout écrivain qui, sans se donner la peine d'étudier l'histoire dans ses véritables sources, se contente de présenter, sous la couleur de vues hardies et nouvelles, les idées qu'il s'est formées dans son propre esprit, et qui croit suppléer, par ses prétendus aperçus, à l'insuffisance de ses recherches et à l'incomplet de sa narration. Cette manière d'écrire, faussement appelée Philosophie de l'histoire, est, dit-on, un progrès de l'esprit humain ; oui, mais un progrès vers la barbarie ; puisque, si tous les écrivains marchaient par cette voie nouvelle, l'histoire serait bientôt toute défigurée, entièrement méconnaissable, et ne différerait guère de celle des temps fabuleux. C'est ce qui serait à craindre pour celle du Canada, si elle était toujours traitée de celle manière. Voici comment l'écrivain dont nous parlons signale le quiétisme prétendu des dames de ce pays : …


A suivre…


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Message  Louis Jeu 01 Nov 2012, 7:29 am

IX. Ce tremblement de terre fut regardé comme un avertissement du Ciel. (suite du *)

(*) Voici comment l'écrivain dont nous parlons signale le quiétisme prétendu des dames de ce pays :

« Cette secte, car on lui a donné ce nom, se jeta dans la spiritualité..... Il paraît que plusieurs personnes furent imbues de son esprit en Canada. On assure que Mme d'Ailleboust s'était vouée a JESUS-CHRIST dès sa jeunesse, inspirée par le culte intérieur et l'amour pur et désintéressé, et que, malgré son mariage, elle conserva jusqu'à la fin de ses jours sa pureté virginale. Devenue veuve, elle fut recherchée en mariage ; mais, à l'exemple de la fondatrice du quiétisme (Mme Guyon), elle refusa constamment les partis les plus avantageux. DIEU lui avait donné, dans le langage de ces rêveurs, l'esprit de prophétie, le don des larmes, le discernement des esprits, et plusieurs autres grâces gratuites.

Le tremblement de terre de 1663 fut le plus beau temps du quiétisme en Canada... La supérieure de l'Hôtel-Dieu de Québec, et la célèbre Marie de l'Incarnation, supérieure des Ursulines, partagèrent ce délire de la dévotion ; mais la dernière est celle qui donna le plus d'éclat dans ce pays, à cause de la spiritualité, pieuse chimère qui affecta pendant longtemps plusieurs intelligences tendres et romanesques, surtout parmi les personnes du sexe (1). »

L'auteur, qui fait lui-même ici ce petit roman, ajoute avec la même assurance : « Le clergé se contenta d'observer une réserve respectueuse devant ce phénomène moral (le quiétisme), n'osant blâmer ce que quelques-uns pouvaient prendre pour de saintes inspirations, et d'autres pour des illusions innocentes, causées par un excès de fausse piété (2). »

On ne sait vraiment ce que veut dire ici l'écrivain, ni dans quelle source il a puisé ce qu'il avance…

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(1) Histoire du Canada, par F.-X. Garneau, Québec 1845, t. I, p. 369.
(2) Ibid. t. I, p. 370.

A suivre…

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Message  Louis Jeu 01 Nov 2012, 12:16 pm

IX. Ce tremblement de terre fut regardé comme un avertissement du Ciel. (suite du *)

(*) On ne sait vraiment ce que veut dire ici l'écrivain, ni dans quelle source il a puisé ce qu'il avance : car on ne voit nulle trace de cette réserve respectueuse du clergé, ni de ce phénomène moral qu'il a cru apercevoir.

Nous lisons au contraire que Marie de l'Incarnation a été constamment estimée et vénérée par le clergé canadien pour la solidité de sa dévotion, et que jamais personne n'a soupçonné qu'il pût y avoir quelque excès dans sa conduite intérieure ou extérieure. On sait qu'après la publication de sa Vie, accueillie avec respect en Canada aussi bien qu'en France, on fit paraître ses lettres en 1681 ; et ce recueil, rempli de tant de précieux détails pour l'histoire du Canada, et des maximes les plus solides de la vie chrétienne, fut reçu partout avec un applaudissement universel.

Plus tard, le P. de Charlevoix composa une nouvelle Vie de cette religieuse, également bien accueillie en France et en Canada; et, sans rapporter ici les témoignages nombreux de l'estime publique dont la mère de l'Incarnation a constamment joui de la part de toutes les personnes versées dans la saine spiritualité, nous nous contenterons de citer celui d'un théologien très-capable de porter un jugement dans cette matière, et assez connu pour sa sagesse et sa modération.

Nous voulons parler de M. Émery, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, auteur de l'Esprit de sainte Thérèse, et de celui de Leibnitz. Il écrivait ainsi au coadjuteur de Québec, le 5 janvier 1802 : « J'ai beaucoup de vénération pour les Ursulines de Québec, qui sans doute ont hérité des vertus éminentes de la mère Marie de l'Incarnation. Oserais-je vous prier de les engager à dire pour moi un Pater et un Ave sur son tombeau ? Dans la dernière retraite que j'ai faite, sa Vie, ses Lettres et ses Méditations ont seules fourni la matière de mes oraisons et de mes lectures. C'est une sainte que je révère bien sincèrement, et que je mets dans mon estime à côté de sainte Thérèse (1). »

Fin du (*)

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(1) Archives de l’archevêché de Québec ; lettre autographe de M. Emery.

A suivre : IX. Ce tremblement de terre fut regardé comme un avertissement du Ciel. (fin)

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