MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C.

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Message  Louis le Dim 07 Juin 2020, 6:26 am

VI.

INTÉGRITÉ DE  LA RELIQUE..

[pages 187-188]

La description que je viens de donner n'est pas tout à fait d'accord avec celle du mémorial ou journal de Rome de 1492. D'après ce journal, le titre était plus grand qu'aujourd'hui. Faut-il y voir qu'il ait été réduit successivement, ainsi qu'il résulte des constatations faites au XVIe & au XVIIe siècle ?

En 1564 on visita ce précieux monument & en se reportant à la description de 1492 ou crut voir que depuis ce temps il avait été diminué à gauche du côté où était le mot JVDÆORVM, mais qu'il était resté intact vers la droite ; enfin en 1648, lors d'un nouvel examen, on remarqua que le côté droit, où était le mot JESVS, était aussi emporté, de sorte qu'il ne restait plus que le milieu de l'inscription primitive : NAZARENVS RE (1].

Voilà ce que racontent des historiens savants & graves, mais qui attachaient peu d'importance à l'exactitude scrupuleuse des mesures, à une époque où l'on se contentait d'à peu près dans la description des monuments.

Cherchons à en dégager la vérité.

Lælius Petronius, en 1492, a cru voir une tablette de marbre. Elle est en terre cuite. Il a lu: HIC EST TITVLVS VERÆ CRVCIS. J'ai lu & copié : TITVLVS VERÆ CRVCIS seulement.

Arrêtons-nous un instant sur ce monument de terre cuite, qui est bien le même en 1492 & en 1869. La fidélité avec laquelle ces reliques sont gardées nous présente d'abord une garantie certaine d'identité. On ne peut dire qu'il date du moyen âge ; car il porte en lui-même une preuve irrécusable de l'époque où il a été exécuté. Les magnifiques lettres dont il est couvert ont certainement été tracées dans les temps antiques.

Quant aux diminutions successives constatées un peu légèrement sur le titre en 1564 & en 1648, elles n'ont aucune réalité ; est-ce que l'histoire, qui précise avec tant de soin les enlèvements successifs faits sur une relique de la vraie croix à Saint-Pierre de Rome, aurait été muette sur des enlèvements contemporains des premiers, & bien autrement importants à l'égard d'une relique dont l'intégrité était plus nécessaire à conserver que celle de morceaux de bois déjà tant divisés?

Nous allons trouver une nouvelle preuve de l'authenticité de la brique…
__________________________________________________________________

(1) Benoit XIV,  liv. I, ch. VII, n. 68. — Niquet, De sancta cruce, p. 60.


Dernière édition par Louis le Mar 16 Juin 2020, 6:01 am, édité 2 fois (Raison : Balise.)

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Message  Louis le Lun 08 Juin 2020, 6:45 am

VI.

INTÉGRITÉ DE  LA RELIQUE..

(SUITE)

[pages 188-189]

Nous allons trouver une nouvelle preuve de l'authenticité de la brique servant de couvercle & de la relique elle-même dans leur examen comparatif, qui montrera qu'elles sont exactement faites l'une pour l'autre, & peuvent ainsi se servir réciproquement de contrôle.

La niche disposée pour recevoir le titre dans la clef du grand arc de l'antique basilique devait être entourée d'une feuillure dans laquelle se plaçait la brique servant de volet ou de couvercle. Supposons que cette feuillure, comme dans des conditions analogues nous la verrions aujourd'hui, ait 20mm de largeur, la niche aurait eu dans les deux sens deux fois 20mm soit 40mm de moins que son couvercle. Rappelons-nous que les mesures du couvercle étaient 320mm  sur 210mm, la niche sera de 280mm sur 170mm.

Il y avait dans cette niche une boîte en plomb, nécessairement plus petite & pouvant laisser 10mm de jeu tout autour. Déduisant ce jeu de la grandeur de la niche, nous aurons encore à ôter deux fois 10mm, c'est-à-dire 20mm sur les deux dimensions, 280mm & 170mm, & nous trouverons pour la mesure extérieure de la boîte 260mm sur 150mm.

Mais la tablette portant le titre ne pouvait remplir exactement cette boîte ; elle avait elle-même une certaine épaisseur. Évaluons à 10mm ce qu'il faudrait compter tout autour pour l'épaisseur du plomb & le jeu entre l'intérieur du plomb & la relique, soit 20mm  de chaque côté, à ôter de 260mm sur 150mm, la tablette devrait avoir 240 mm sur 130mm . Or ce sont précisément les dimensions du bois sacré. La brique & le titre sont donc parfaitement en rapport.

Une indication de mesure du journal de Rome de 1492 semble contredire ce que je viens d'avancer. Le journal donne au titre une largeur d'un palme & demi. Or, le palme romain étant de 222mm, la mesure correspondrait à 333mm tandis que nous n'y trouvons que 240mm .

Admettant un moment que la mesure de 333mm soit vraie, les mots NAZARENVS RE occupant 210mm, l'inscription Jesus Nazarenus Rex Judæor, telle que le journal la suppose, aurait dû occuper le double de la place, soit 420mm, plus un certain espace à chaque extrémité ; ce qui est loin de ses 333mm . Il s'est donc trompé ou sur la mesure, ou sur le texte. Je crois qu'il s'est trompé sur les deux.

Mais comment expliquer que deux fois, à un siècle d'intervalle, on n'ait pas vu la relique telle qu'elle est réellement ? C'est que l'homme en général est prédisposé à voir les choses comme il le désire.

En 1492, dans la joie d'avoir retrouvé un monument, pour ainsi dire parlant, …

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Message  Louis le Mar 09 Juin 2020, 7:30 am

VI.

INTÉGRITÉ DE  LA RELIQUE.

(SUITE)

[pages 189-190]

En 1492, dans la joie d'avoir retrouvé un monument, pour ainsi dire parlant, du sacrifice de la croix, on n'y regarde pas de très-près, on croit avoir le titre entier ; l'imagination le complète. Lælius Petronius remarque, il est vrai, que le dernier mot s'arrête à R; pas de doute pour lui, en mettant au net des notes prises avec empressement, c'est le dernier R de JUDÆORVM & non pas la première lettre du mot REX.

En 1564 on s'approche de la vérité, mais on n'en envisage encore qu'un côté, & l'on reconnaît que le mot JUDÆORVM manque entièrement à la fin de l'inscription ; c'était le plus grand effort de la critique ; on ne songe pas à voir si le commencement est bien comme le journal de Rome l'a décrit.

En 1648 la critique archéologique est plus avancée, & l'on voit la relique exactement comme nous la voyons aujourd'hui.

Si le titre eût été apporté tout entier à Rome, comment eût-il été possible qu'on en possédât dans diverses églises & notamment à la Sainte-Chapelle de Paris où le P. Durand, peu après le temps de saint Louis, a vu la tablette portant l'inscription tout entière : Jesus Nazarenus Rex Judæorum (1).

Jérusalem en avait aussi, au témoignage du moine Antonin, voyageant dans la terre sainte avant que le pays eût été ravagé par les barbares. « Ce religieux, en faisant le dénombrement des saintes reliques qu'il vénéra à Jérusalem, rapporte une particularité intéressante, ignorée jusqu'ici par tous les auteurs qui ont écrit sur le titre de la vraie croix ; c'est que dans la basilique Constantine, bâtie sur le saint sépulcre, on lui montra le titre qui avait été mis sur la tête du Sauveur, & où il était écrit : JESVS NAZARENVS REX JUDÆORVM.  Je l'ai tenu de mes mains, dit-il, & l'ai baisé (1]. » Le moine Antonin, en voyant une portion insigne du titre de la croix, dit qu'il a vu le titre, comme nous disons encore : le titre de la croix est à Rome.

Rome, nous venons de le voir, ignorait l'existence de son saint trésor ; ce n'est donc pas de là que la relique de Paris serait venue, mais bien plutôt de Constantinople. Sainte Hélène a partagé sans doute l'insigne relique en trois parties comme elle le fit pour la croix ; elle dut en donner une partie à Jérusalem où le moine Antonin l'a vue, une autre à Constantinople d'où elle vint à Paris, & la troisième à Rome, sauvée providentiellement par l'oubli qui la protégea pendant dix siècles.

______________________________

Des fragments des deux premières ont pu se répandre à Rome dans les églises de Sainte-Croix-in-Jérusalem, de Saint-Jean-de-Latran, Saint-Marc, & dans celle d'Anagni près Rome ; — enfin à Toulouse, où l'église de la Daurade exposait le 3 mai & le 14 septembre un titre, que d'ailleurs on n'y retrouve plus.

______________________________

Résumons cette discussion pour en tirer l'expression fidèle de la vérité que nous cherchons.

Nous trouvons aujourd'hui une relique du titre & un couvercle en terre cuite parfaitement faits l'un pour l'autre. Les lettres sur la terre cuite sont nécessairement antiques & n'appartiennent pas au moyen âge.

Des erreurs commises dans les mesures approximatives, prises sans le soin qu'y apporte la critique moderne, sont une nouvelle preuve de la parfaite concordance du titre & de son couvercle. On n'a pu en rien détacher, ni réduire son étendue ; donc nous possédons dans son intégrité primitive la relique donnée à Rome par sainte Hélène.

AJOUT de Louis, vers 14:46, a écrit: En complément à ces chapitres I à  VI, voici, à ce propos, le verset 37 de saint Matthieu, ch. XXVII de la sainte Bible selon la Vulgate, de l’abbé Glaire, avec son commentaire, tiré en grande partie du même ROHAULT DE FLEURY et que nous retrouverons dans ce fil sur Le Titre de la Croix.

37. Et ils mirent au-dessus de sa tête sa condamnation ainsi écrite : CELUI-CI EST JÉSUS, LE ROI DES JUIFS.
_____________________________________________________________________________________________

37. * Celui-ci est Jésus, roi des Juifs. « Un écriteau destiné à faire connaître les motifs de la condamnation [était] porté en avant du condamné, ou attaché à son cou ; il était parfois remplacé par une proclamation du crieur public, annonçant le nom du criminel et l'arrêt de la justice. Il était préparé quand Notre Seigneur sortit du prétoire, afin de le précéder dans le long parcours de la voie douloureuse. Le titre ne tenait pas encore à la croix, à laquelle il ne fut attaché avec des clous que sur le Calvaire. »

Les trois premiers évangélistes n'ont pas rapporté mot à mot l'inscription ; ils n'en ont donné que le sens. Saint Jean est le seul qui l'ait littéralement reproduite, en nous apprenant qu'elle portait ces mots : Jésus de Nazareth, roi des Juifs , écrits en trois langues, en hébreu ou araméen, en grec et en latin. L'église de Sainte-Croix de Jérusalem, à Rome, possède un fragment considérable du titre de la croix.

« C’est une petite planche [de chêne ou bien de sycomore ou de peuplier] de 235 millimètres de largeur sur 130 millimètres de hauteur, sillonnée de trous de vers. On y voit très-distinctement deux restes d'inscriptions grecque & romaine, & dans le haut, l'extrémité de quelques lignes courbes qui paraissent être ceux d'une troisième inscription [en lettres hébraïques]. La seconde inscription porte : Nazarenous (en caractères grecs) et la troisième NAZARINUS RE. Les lettres sont légèrement en creux, comme si elles avaient été tracées avec cet outil particulier dont les charpentiers se servent de nos jours pour marquer le bois, ou simplement avec une petite gouge. Elles ont de 28 millimètres  à 30 millimètres. Peintes en rouge sur un fond blanc, que je n'y ai plus remarqué, elles devaient être très-visibles à la hauteur où Ponce Pilate les fit placer. Les mots sont écrits [en rebours] de droite à gauche, en suivant l'ordre du titre hébreu, et les lettres sont renversées comme si on les voyait dans une glace. » (ROHAULT DE FLEURY.) Le titre de la croix, dans son intégrité, devait avoir approximativement 65 centimètres sur 20.

VII. ÉTAT PRIMITIF DU TITRE....

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Message  Louis le Mer 10 Juin 2020, 5:42 am

VII.

ÉTAT PRIMITIF DU TITRE.

[page 191]

Après avoir décrit ses débris, nous avons à rechercher quelle était la figure du titre complet, tel que Pilate le fit écrire. Nous rapporterons les objections grammaticales qui ont été faites, & les réponses de Gretzer (1616), Niquet (1670), Montfaucon (1708), Gosselin (1828), & d'autres.

Textes des évangiles. — D'après l'Évangile il était en trois écritures : hébraïque, grecque & latine.


MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Poge_110

Il est crucifié parce qu'il est roi des Juifs, Rex Judæorum. Qu'importent les omissions du nom de Jésus par saint Marc & par saint Luc? tout le peuple connaissait ce nom. Quant aux mots hic est ajoutés par saint Matthieu & par saint Luc, ils sont les mêmes que ceux indûment ajoutés par Lælius Petronius à l'inscription de la brique qui couvrait la relique ; ils ne sont pas du style des inscriptions ; ils sont inutiles ; ils n'ont donc pas dû être écrits. Il suffit, comme le rapporte Niquet, que tous les auteurs soient d'accord sur ce point, que le titre se composait uniquement des mots donnés par saint Jean.

Saint Jean est le seul qui emploie le mot Nazarenus, afin de compléter ce que les autres avaient dit ; &, par une circonstance singulière, c'est presque l'unique mot que nous ait conservé la relique du titre, comme pour confirmer le texte de saint Jean, le seul qui n'ait pas quitté Notre-Seigneur un instant pendant sa passion. Il a vu & rapporté littéralement ce dont les autres ont donné l'esprit. Si l'on eût voulu falsifier la relique, on eût cherché, ce me semble, à être plus adroit en la composant de manière à satisfaire aux quatre versions.
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MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Page_153

VIII. OBJECTIONS GRAMMATICALES.

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Message  Louis le Jeu 11 Juin 2020, 6:09 am

.
(Note de Louis :  Cette section  contenant beaucoup de caractères grecs, nous en publierons  les IMAGES. Bien à vous.)

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Page1910


Venons à la seconde objection…

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Message  Louis le Ven 12 Juin 2020, 6:47 am

VIII.

OBJECTIONS GRAMMATICALES.

(SUITE)
.

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Page1911

ce qui veut dire…

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Message  Louis le Sam 13 Juin 2020, 6:36 am

VIII.

OBJECTIONS GRAMMATICALES.

(SUITE)
.

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Page1918


Il est singulier que, parmi toutes les objections faites contre l'authenticité du titre...…

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Message  Louis le Dim 14 Juin 2020, 5:35 am

VIII.

OBJECTIONS GRAMMATICALES.

(SUITE)
.

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Page1919
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Message  Louis le Lun 15 Juin 2020, 6:06 am

IX.

TRADUCTION DU TITRE.

[pages 195-196]

Après avoir bien établi l'authenticité du document sacré que les âges nous ont légué, il nous reste à donner la traduction du titre dans son intégrité, c'est-à-dire les essais qui ont été faits pour L'obtenir. Feu M. Lehir, de savante & sainte mémoire, en me donnant à ce sujet de précieux renseignements, me disait qu'on l'avait dix fois tenté en vain.

Jusqu'à présent on a voulu lire trois inscriptions, latine, grecque, syriaque. C'est de cette donnée qu'est parti M. Drach dans la restauration qu'il a tentée & que j'ai donnée dans mes planches, à cause de la place d'honneur qu'elle occupe à côté de la relique de Sainte-Croix-in-Jerusalem, & malgré toutes les sérieuses critiques dont elle a été l'objet.

Si, au lieu de voir trois langues différentes, on lit la même langue écrite avec des caractères hébreux, grecs & latins, cum litteris hebraicis, græcis & latinis, il me semble que beaucoup d'objections s'évanouiraient. Ce sujet a été traité savamment par M. l'abbé Sionnet dans l'Auxiliaire catholique de 1845. Transcrivons ici tout ce que dit l'auteur à ce sujet & qui paraît concluant.

« Cette lecture, dit-il, je dois l'avouer, est loin de pouvoir être admise au premier abord ; elle donne pour la partie hébraïque un texte latin, tandis que la tradition tout entière nous parle d'un titre en trois langues ; &, en effet, il semble qu'il en devait être ainsi, puisque le but de cette inscription était de faire connaître à ceux qui, à Jérusalem, parlaient syro-chaldaïque, grec ou latin, le motif de la condamnation de Jésus. Or ce but aurait-il pu être atteint par une simple transcription? A ces considérations qui ne manquent pas de force, j'en oppose qui me semblent avoir encore plus de valeur. Rien n'est arbitraire dans la lecture où je suis arrivé : les lettres sont celles en usage du temps de Notre-Seigneur, & elles s'accordent avec les traces restées sur le bois, de telle sorte qu'elles ne pourraient être remplacées par d'autres. La ligne grecque, très-lisible dans ce qui reste, donne aussi la simple transcription du mot Nazarenus. La lettre qui suit ce mot, parfaitement arrêtée par le bas, ne peut être un iota, mais est certainement un rho, premier élément du mot Rex. Les articles manquent complètement; d'où je conclus que la ligne en caractères grecs, comme celle en caractères hébreux, ne contient que le titre latin ; c'est probablement pour faciliter la lecture de ce titre qu'il a été écrit de droite à gauche, de même que la transcription grecque. Les Juifs ont conservé cet usage, & rien de si fréquent parmi eux que des ouvrages arabes, syriaques, allemands, espagnols simplement transcrits en lettres hébraïques.»

Rufin, écrivant après l'invention du titre & les renseignements puisés par l'auteur à Jérusalem même, parle ainsi de l'inscription : On trouva à côté de la croix ce titre en lettres hébraïques, grecques & latines.

M. l'abbé Sionnet trouve dans les traces au-dessus du commencement du…

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Message  Louis le Mar 16 Juin 2020, 5:58 am

IX.

TRADUCTION DU TITRE.

(SUITE)

[page 197]

M. l'abbé Sionnet trouve dans les traces au-dessus du commencement du mot Nazarenus celles du mot Jésus ; & d'après lui la lecture entière du titre hébreu serait : ISCHOU NTSRNOUS, dont il donne la restitution en caractères antiques, dans une planche jointe à sa discussion,

Ce que M. l'abbé Sionnet ne dit pas, & qui me paraît très-important à l'appui de son opinion, c'est que le mot latin nazarenus traduit par nazarenous, & écrit avec des caractères grecs, montre un Romain cherchant à faire prononcer par des Grecs l'u en ou comme le prononçaient les Romains. Niquet (1), qui me suggère cette réflexion, donne de bonnes raisons pour prouver que telle était leur prononciation.

Enfin M. l'abbé Martigny (2), au mot inscription de son dictionnaire, ajoute un nouveau poids en faveur de cette thèse, en rapportant, d'après M. le chevalier de Rossi, des exemples d'inscriptions latines écrites en caractères grecs, & d'épitaphes latino-grecques. « La coutume d'écrire des inscriptions de différents genres en lettres grecques était déjà reçue chez les anciens Romains, En voici un exemple du cimetière Priscille :

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Page_155

Quelquefois les lettres grecques sont entremêlées aux latines ; dans d'autres tous les mots sont grecs, un seul est latin, mais aussi en caractères grecs.

Tout était anormal & monstrueux dans le procès & la condamnation de Jésus-Christ. M. Dupin, dans un livre fort curieux (3), l'a parfaitement démontré au point de vue du droit. Qu'y aurait-il de plus anormal dans l'acte du soldat romain, probablement peu versé dans les langues grecque & syriaque, qui écrit du latin cum litteris hebraicis, grœcis & latinis?

J'ai démontré l'authenticité du titre, j'en ai donné la traduction, il me reste à donner ses dimensions & sa place, pour pouvoir le reproduire dans les représentations de la croix.

X. DIMENSIONS, XI. PLACE DU TITRE …
______________________________________________________________

(1) De cruce p. 118.
(2) Dict. des antiq. chrétiennes, p. 311, col. 1.
(3) Jésus devant Caïphe & Pilate, 1864.

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Message  Louis le Mer 17 Juin 2020, 6:16 am

X.

DIMENSIONS DU TITRE .

[page 198]

Ses dimensions résultent de sa restauration complète & sont approximativement de 65 centimètres sur 20. Si on applique, comme je l'ai toujours fait, les mesures antiques, on trouvera une coudée & demie de largeur sur une demi-coudée de hauteur.

XI.

PLACE DU TITRE .

[page 198]

Saint Jean (XIX, 19) a dit: Scripsit.... titulum.... & posuit SUPER CRUCEM. Saint Matthieu (XXVII, 37) : Et imposuerunt SUPER CAPUT EJUS causant ipsius scriptam.

Ces deux textes s'expliquent l'un par l'autre, c'était sur la croix & au-dessus de la tête que le titre fut placé; nouvelle raison à ajouter à celles que j'ai données précédemment pour prouver que le montant de la croix dépassait la traverse.

Ce devait être sans doute pour rappeler le titre que, dans les représentations de la croix, & dans les imitations qu'on en fit avec ses fragments, la deuxième branche a été ajoutée ; & l'on y trouve l'origine matérielle de la croix pastorale ou de Jérusalem, opinion d'ailleurs accréditée chez les Grecs, ainsi que je le tiens de M. l’archiprêtre aumônier de l'ambassade russe à Paris.

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Page1921

LA COURONNE D’ÉPINES.

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Message  Louis le Jeu 18 Juin 2020, 6:40 am

CHAPITRE IIIe

[pages 199-200]

LA COURONNE D’ÉPINES.

I.

LA COURONNE D’ÉPINES D’APRÈS LES AUTEURS.

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Page1915 USQU'À présent on n'a pas déterminé d'une manière précise la forme & la nature de la couronne d'épines portée par Jésus-Christ; les uns la supposent en joncs auxquels ils cherchent à trouver des épines, les autres disent qu'elle était en rhamnus. C'est une chose singulière que des hommes considérables tels que Benoît XIV, Baronius, Mamachus, Joseph Averianus, Jean Muller, Gretzer, &c, aient été si peu d'accord sur un fait aussi facile à constater que celui de la nature de la couronne d'épines, dont nous avons des reliques importantes.

Les écrivains sacrés parlent de joncs & de rhamnus; & les reliques bien observées nous font voir du jonc & du rhamnus. Une des vieilles hymnes du bréviaire romain contient ces paroles remarquables : Junco palustri sceptra cedant. Voilà pour le jonc. Quant au rhamnus, Saint Grégoire de Nysse applique à la couronne ces paroles du Psalmiste : Priusquam intelligerent spinæ vestræ rhamnum.

Il est intéressant de connaître les opinions si diverses qui se sont produites, chez des hommes cherchant la vérité, discutant savamment des textes, mais négligeant les observations qui se faisaient autrefois avec moins de méthode qu'à présent,

Benoît XIV, dans son beau livre…

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Message  Louis le Ven 19 Juin 2020, 5:42 am



I.

LA COURONNE D’ÉPINES D’APRES LES AUTEURS.

(SUITE)

[page 200]

Benoît XIV, dans son beau livre De festis dominicis (1), rapporte l'opinion de quelques auteurs qui pensent que la couronne était en jonc marin, où les épines se trouvent à l'extrémité des tiges. Il cite le témoignage du P. Durand, mort en 1333, un des plus anciens qui aient examiné la couronne de Paris & qui affirme qu'elle était en jonc marin. Ce qu'il y a de certain, d'après lui, c'est que la couronne n'était pas une simple bande ceignant le front & les tempes, mais bien une espèce de bonnet (pileus), couvrant tout le crâne & la partie supérieure de la tête. Notre-Seigneur a été crucifié avec la couronne d'épines, & en admettant même qu'elle lui ait été enlevée lorsqu'il fut dépouillé de ses vêtements, sans aucun doute elle lui a été remise sur la tête, comme complément des insignes dérisoires de la royauté rappelée par le titre. Origène pense que la couronne une fois sur la tête n'en fut pas enlevée (2). Philippe Diez appelle la couronne le casque du Fils de Dieu. Jean Eckius la compare à un bonnet, qui couvre toute la tête.

Lampergius dit qu'elle est composée d'épines longues, aiguës, acérées & disposées de manière à blesser aussi bien le sommet de la tête que les tempes, qu'elle l'entoure en un mot comme un bonnet : ad modum pilei (3).

Saint-Vincent (4) s'exprime ainsi : Et capiti ejus imposuerunt coronam quæ eum septuaginta duobus locis crudeliter vulneraverit, nam erat ad modum pilei, ita quod undique caput tegeret & tangeret.

Bartholin admet l'épine blanche pour la couronne, qui ne pouvait être de jonc marin dont les pointes n'eussent pas été assez fortes ni assez multipliées pour blesser la tête.

D'après Baronius, les soldats n'ont pas dû se servir de jonc marin qui croît loin de Jérusalem, mais plutôt de rhamnus , arbrisseau terrestre que l'on trouve près de la ville.

Del Rio a vu souvent la grande partie de la couronne à Paris & des épines en Espagne au monastère de la Spina, à Louvain, &c, qui n'ont rien de commun avec le jonc marin, mais qui ressemblent plutôt au rhamnus ou au paliurus. Il y avait donc alors à Paris des épines que nous n'y possédons plus.

Baillet…
________________________________________________________________

(1)  Liv. I, ch. VII.
(2)  ... Corona spinea semel imposita, (et [?]) nunquam detracta. (Bosio, p. 93.)
(3)  Palaeotti, ch. XIII, p. 148.
(4)  Palaeotti, ch. III, p. 31.

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Message  Louis le Sam 20 Juin 2020, 6:44 am

I.

LA COURONNE D’ÉPINES D’APRES LES AUTEURS.

(SUITE)

[page 201]

Baillet (1), sur la foi de Guillaume Durand, & sans y regarder lui-même, admet que la couronne de Paris est en jonc marin ; mais il trouve que c'est faire violence aux Écritures, & d'après cela semble douter de l'authenticité de la reli¬que. Il aurait été rassuré s'il avait vu comme nous non pas du jonc marin, mais bien le jonc le plus ordinaire & le plus inoffensif.

Gretzer discute l'opinion de ceux qui veulent qu'elle ait été en jonc marin, se range à l'avis de Bellonius d'accord avec saint Jérôme & saint Grégoire de Nysse & dit qu'elle était en rhamnus, plante commune en Judée, & que les Italiens appellent Spina santa. Il ajoute (2) : Quot spinas corona spinea habuerit incertum est ; licet alii dicant septuaginta duos fuisse, alii plures, alii pauciores.

Saint Augustin, saint Jérôme, Cassiodore disent que le rhamnus a des épines cruelles, une fleur agréable, un fruit très-épineux ; l'arbuste est tellement hérissé d'épines qu'il retient tout ce qu'il touche, blesse ce qu'il a retenu & se dilate dans le sang des blessés.

Dioscoride le décrit ainsi : « Le rhamnus pousse dans les haies, portant des branches droites & des pointes en forme d'épines aiguës aux feuilles petites oblongues, un peu grasses, tendres (3)... »

Le P. Lamy est d'avis qu'elle était en rhamnus.

Dom Calmet parle aussi (4) du rhamnus, sorte de buisson ou d'épine surnommé ner-prun ou nar-prun, ou bouc-épine. Le nom de rhamnus se trouve dans trois endroits de la Vulgate :
Dixeruntque omnia ligna ad rhamnum (5).
Egrediatur ignis de rhamno (6).
Et enfin :
Priusquam intelligerent spinæ vestræ rhamnum, sicut viventes, sic in ira absorbet eos (7).

« Avant qu'ils puissent connaître que leurs épines sont parvenues à la force d'un arbrisseau, il les engloutira tout vivants dans sa colère. »

L'hébreu porte : « Avant que vos chaudières aient senti la chaleur de vos épines allumées, la colère de Dieu comme un tourbillon les renversera. »

Gosselin …
________________________________________________________________________

(1) Vie des saints, t. IV, p. 247.
(2) De cruce, t. I, ch. XII.
(3) Rhamnus fructicat in sepibus, ramos ferens rectos & aculeos in acutæ spinæ modum, foliis parvis oblongis sub pinguibus, teneris...
(4) Dict. de la Bible, 1730.
(5) Liber Judicam, IX, 14.
(6) Ibid., IX, 15.
(7) Psalm.., LVII, 10.

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Message  Louis le Dim 21 Juin 2020, 5:26 am

I.

LA COURONNE D’ÉPINES D’APRES LES AUTEURS.

(SUITE)

[page 202]

Gosselin (1) s'est le plus approché de la vérité. Il commence par développer son sentiment sur la diversité des opinions des auteurs, & dit : « Il paraît en effet que cette question ne peut être aujourd'hui décidée ni par le témoignage des anciens auteurs, ni même vraisemblablement d'après l'inspection de la sainte couronne... Il semble assez naturel, dit-il en terminant, de penser que les soldats se servirent de jonc marin ou de quelque plante herbacée pour lier & maintenir les épines dont ils voulaient former la couronne de Jésus-Christ.

« Plusieurs de ces épines, que l'on vénère dans différentes églises, sont d'une matière toute différente du jonc marin. Ce sont de véritables épines de bois, très-longues & très-aiguës, quelquefois même de petites branches de bois épineux qui semblent annoncer une espèce de Nerprun (rhamnus), autant qu'on peut en juger par les dessins qui s'en trouvent dans les ouvrages que nous avons cités... Une épine que nous avons sous les yeux a été reconnue comme étant l'épine que Linnée, avec les botanistes anciens, appelle rhamnus spina Christi, & les botanistes modernes : Zizyphus spina Christi. »

« Ajoutons cependant, avec plusieurs savants auteurs, qu'on ne doit pas juger facilement de la nature de la sainte couronne d'après la nature des saintes épines que l'on vénère dans différentes églises, à moins qu'on n'ait d'ailleurs des preuves certaines de leur authenticité, parce que la difficulté ou l'impossibilité d'obtenir des épines de la sainte couronne a quelquefois engagé à les imiter, aussi bien que les autres instruments de la Passion de Jésus-Christ, pour satisfaire à la dévotion des peuples. »

Nous sommes, je crois, en mesure de dire actuellement ce que la sagacité de Gosselin lui a fait entrevoir, quoiqu'en restant toujours dans le doute, dont aucun autre auteur n'est sorti jusqu'à présent. Pour mettre d'accord l'histoire & les monuments, il fallait rapprocher, comme j'ai eu le bonheur de pouvoir le faire, la relique de joncs à Paris & celle de zizyphus à Pise. Examinons la première, qui est unique ; nous retrouverons la seconde avec d'autres de même nature.

II. RELIQUE DE JONCS A NOTRE-DAME DE PARIS….
___________________________________________________________

(1) Reliques de Notre-Dame de Paris, 1828.

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Message  Louis le Lun 22 Juin 2020, 5:50 am

II.

RELIQUE  DE JONCS A NOTRE-DAME  DE PARIS.

[pages 202-203]

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Planch67

PLANCHE XX

LA COURONNE D’ÉPINES A PARIS

Saint Louis, ayant dégagé les insignes reliques que Baudouin avait données comme garantie aux Vénitiens, apporta la couronne d'épines de Sens à Paris (1239) & lui fit faire le plus beau reliquaire qu'un roi puisse offrir à un pareil trésor : il éleva la Sainte-Chapelle.

La couronne se compose d'un anneau de petits joncs réunis en faisceau. Le diamètre intérieur est de 21 centimètres.

On voit dans le bas de la planche un fragment grandeur de nature; au-dessus un jonc grossi à la loupe, &t tout en haut, le reliquaire renfermant la couronne tout entière au quart de sa grandeur.

On a gravé sur la même  planche  deux  faces du clou conservé à Notre-Dame de Paris. Il ne reste plus d'épines à Paris.

(Voir le frontispice)
Page 202.

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Les-Tresors-de-Notre-Dame-la-Bataille-pour-la-couronne-dEpines

Notre-Dame de Paris

Cette insigne relique, peut-être la plus remarquable de celles que possèdent les chrétiens, à cause de son intégrité relative, nous vient sans conteste de saint Louis, & est conservée dans le trésor de la cathédrale de Paris. Comme les autres restes des instruments de la Passion, elle demeura cachée pendant les quatre premiers siècles. En 409 saint Paulin, évêque de Nola, en admettait l'existence comme un fait notoire ; Saint Grégoire de Tours paraît être le premier qui en ait parlé explicitement; le patriarche de Jérusalem, vers l'an 800, envoya à Charlemagne un clou, des épines & un morceau considérable de la croix. Charles le Chauve donna ces reliques à l'abbaye de Saint-Denis. Une inscription du XIIe siècle placée sur son tombeau rappelle cette donation.

Au temps de la première croisade, pour engager les Latins à s'emparer de Constantinople, Alexis Comnène écrivit en 1100 à Robert, comte de Flandres, que l'on conservait beaucoup de reliques insignes à Constantinople (1).

L'empereur de Constantinople Baudouin II, avait emprunté aux Vénitiens une somme de 13,075 hyperpères correspondant à 156,900 livres de notre monnaie. Ne pouvant se libérer, il s'adressa en 1238 au roi de France, qui paya la dette & devint possesseur des reliques que l'empereur avait consignées comme gage entre les mains de ses prêteurs (2).

« Saint Louis, ayant obtenu cette concession, envoya à Constantinople deux religieux dominicains, Jacques & André, dont l'un, ayant été prieur dans un couvent de cette ville, avait vu plus d'une fois la sainte couronne d'épines, qui faisait partie des reliques concédées, & était bien instruit de tout ce qui la concernait. Baudouin, alors à Saint-Germain, les fit accompagner d'un de ses officiers avec des lettres patentes par lesquelles il ordonnait aux seigneurs de délivrer la sainte relique aux envoyés du roi. Avant de quitter Constantinople, on prit toutes les précautions propres à constater l'authenticité & la conservation de cet objet sacré. La caisse qui la renfermait fut scellée des sceaux des seigneurs français (3). Après avoir échappé aux dangers de la mer…
_________________________________________________________________

(1)  Voici les reliques auxquelles il fait allusion :
La colonne à laquelle Notre-Seigneur a été attaché ;
Le fouet dont il a été flagellé ;
La robe de pourpre dont il a été revêtu ;
La couronne d'épines;
Le roseau qu'on lui a donné pour sceptre ;
Les habits dont on l'a dépouillé ;
Une partie considérable de sa croix ;
Les clous qui ont servi à son crucifiement ;
Les linges trouvés dans son tombeau.

(2)  Gilbert, Description de la basilique métropolitaine de Paris, 1821.
(3)  Gosselin, p. 103.

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Message  Louis le Mar 23 Juin 2020, 10:53 am


II.

RELIQUE  DE  JONCS   A  NOTRE-DAME  DE PARIS.

(SUITE)

[page 204]

…Après avoir échappé aux dangers de la mer, sérieux à cette époque de l'année, car on s'était embarqué vers Noël, la sainte couronne arriva à Venise où elle fut déposée dans le trésor de la chapelle de Saint-Marc, jusqu'à ce que toutes les conditions du marché avec les Vénitiens fussent remplies. Les ambassadeurs du roi, ayant reconnu les sceaux, reprirent le chemin de la France. Saint Louis, accompagné de la reine sa mère, des princes ses frères, de plusieurs prélats & seigneurs de la cour, alla au-devant d'eux & rencontra la sainte couronne à Villeneuve-l'Archevêque, à cinq lieues de Sens, le 10 août 1239. On ouvrit d'abord la caisse de bois qui renfermait la sainte relique & l'on en vérifia les sceaux, avec les actes qui en établissaient l'authenticité. On ouvrit ensuite la châsse d'argent, puis le vase d'or qui renfermait la sainte couronne, & on la fit voir au roi & à tous les assistants...

« Le lendemain le roi partit pour Paris, où se fit, huit jours après, la réception solennelle de la sainte relique (1)

«... Quelques années après la translation que nous venons de rapporter, saint Louis, ayant reçu de l'empereur Baudouin une portion considérable de la vraie croix avec d'autres reliques, fit bâtir sur l'emplacement de l'ancienne chapelle du palais celle qu'on voit aujourd'hui ; cet édifice, commencé vers l'an 1241 & fini en 1248, coûta au pieux monarque environ 40,000 livres de son temps, évaluées communément à 800,000 livres de notre monnaie (2). »

C'est dans le même temps que, par un singulier rapprochement, les Pisans consacraient un reliquaire du même genre à une autre portion de la couronne d'épines. Et la Santa Maria della Spina de Pise est, comme la Sainte-Chapelle de Paris, une merveille d'architecture ; c'est là qu'ont été conservées deux parties de la couronne, suffisantes pour nous faire bien connaître cet horrible instrument du supplice de Notre-Seigneur. Et par une autre coïncidence qui marque bien l'instabilité des choses humaines, ni l'une ni l'autre châsse de marbre ou de pierre n'a gardé jusqu'à présent sa relique ; mais les deux reliques sont entières, & les châsses restaurées pourraient encore les recevoir.

Ces reliques n'étaient pas les seules de cet ordre que Paris possédât ; au dire de Gretzer (3), cette ville en avait obtenu bien auparavant. Justinien, empereur (527), donna à saint Germain, évêque de Paris (4), des épines de la sainte couronne qu'il plaça avec une grande vénération dans l'église de Sainte-Croix.

Charlemagne en avait obtenu de Constantin, empereur de Constantinople…
___________________________________________________________________________________________

(1) Gretzer, ch. XCV, raconte ainsi cette translation : Cui cum afferetur obviant reverentiæ causa processit, comitantihus episcopis, regnique proceribus, multis cum lacrymis & suspiriis, nudis pedibus, affluante undique & in genua procumbente populo.
(2) Gosselin, p. 108.
(3) Ch. XCV.
(4)  Né à Autun, en 495 + 576.

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Message  Louis le Mer 24 Juin 2020, 6:53 am


II.

RELIQUE DE JONCS  A NOTRE-DAME DE PARIS.

(SUITE)

[pages 205-206]

Charlemagne en avait obtenu de Constantin, empereur de Constantinople. Nous transcrivons ici de nouveau un passage important des grandes annales de France :

« Au retour de Jérusalem, le dict Charlemagne passa par Constantinople, & luy fist, le dict Constantin empereur, offrir de grands présents & trésors d'or, d'argent & de pierres précieuses. Mais le dict Charlemagne, qui avait empris le dict voyage pour l'honneur de Nostre-Seigneur Jésus-Christ, ne voulut avoir de son travail & labeur nulle rémunération temporelle, & n'en voulut riens prendre : mais il demanda au dict empereur aucunes reliques de la Passion de Jésus-Christ, & de ses saints. A cette cause, le dict empereur de Constantinople lui donna un des clous, de quoi Nostre-Seigneur Jésus-Christ fut crucifié, des épines de sa couronne, laquelle en sa présence florist miraculeusement, & grande partie du fust de la vraie croix 1. »

Jacques Bosio, au dire de Bartholin (2), a vu à Paris plusieurs épines fixées à une branche. On sait en effet qu'indépendamment de l'anneau de joncs qui constitue la couronne de Notre-Dame, saint Louis avait acquis des épines.

Toutes ces reliques ont été religieusement conservées dans de riches reliquaires à la Sainte-Chapelle jusqu'à la révolution. L'occupation même de Paris par les Anglais n'avait pas porté atteinte à l'usage où l'on était de les vénérer.

Depuis la fondation de la Sainte-Chapelle jusqu'en 1656 les clefs étaient gardées par le roi lui-même ou par un seigneur délégué qui ne pouvait les prêter sans l'ordre du roi (3).

La châsse de Notre-Dame rappelle la mémorable histoire de la relique dont saint Louis avait enrichi la fille aînée de l'Eglise. On lit sur sa première face : « La sainte couronne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, conquise par Baudouin, à la prise de Constantinople en 1204, engagée aux Vénitiens en 1238, fut reçue avec grande piété par saint Louis à Villeneuve, près Sens, le 10 août 1239.»

Sur la seconde face : « Transférée de la Sainte-Chapelle à l'abbaye de Saint-Denis, en France, par ordre de Louis XVI en 1791, rapportée à Paris en 1793, dépouillée à l'hôtel des Monnaies & portée à la Bibliothèque nationale en 1794, elle fut enfin restituée à l'église Notre-Dame, par ordre du gouvernement, le 26 octobre 1804. »

Sur la troisième face : « Reconnue le 15 octobre 1805 par P. Dienzi & C. N. Warenflot, vicaire général de Coutances, chargés en 1791 d'en prendre une parcelle pour Port-Royal, elle a été transférée solennellement à l'église Notre-Dame par J. B. cardinal de Belloy, archevêque de Paris, le 10 août 1806. »

La couronne est renfermée dans un anneau de cristal en six pièces attachées par trois agrafes en bronze doré & par des fils de soie rouge, passant par des trous percés dans les rebords saillants du cristal, & formant une espèce de couture pour retenir les sceaux.

Elle se compose d'un anneau de petits joncs réunis en faisceaux. Le diamètre intérieur de l'anneau est de 210mm, la section a 15mm de diamètre. Les joncs sont reliés par 15 ou 16 attaches de joncs semblables. Un fil d'or court au milieu des attaches, pour consolider ces précieux débris. Le diamètre des joncs, qui sont très-fins, varie de 1mm à 1mm ½. Quelques-uns sont pliés & font voir que la plante est creuse; leur surface, examinée à la loupe, est sillonnée de petites côtes.

Indépendamment de l'authenticité que l'histoire assure à la relique de Notre-Dame, l'espèce d'invraisemblance qui l'environne au premier aspect, & qui cesse bientôt après un examen attentif, prouve qu'elle était vraiment la couronne de Notre-Seigneur. Si on eût voulu composer une couronne, d'après l'idée toute naturelle qu'on devait s'en faire, & que les peintres ont suivie sans réflexion, on n'aurait pas simulé un anneau de joncs au lieu d'épines, & on ne l'eût pas fait d'ailleurs trop grand pour la tête.

Je n'y ai reconnu aucune trace de la division en trois parties dont parle Gosselin, & qui aurait été faite au moment de la révolution. Il suffit d'examiner avec attention ce faisceau de joncs pour voir qu'il est intact, sauf quelques brins qu'on a pu lui enlever, mais que la division eût entraîné un éparpillement complet de toutes ses parties.

III. NATURE DES PLANTES DE LA COURONNE…
__________________________________________________________

(1)  Bosio, p. 82.
(2)  Bartholin, De cruce Christi, Lyon, 1695. Épines.
(3) Gosselin, p. 102.

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Message  Louis le Jeu 25 Juin 2020, 5:46 am



III.

NATURE DES PLANTES DE LA COURONNE.

[pages 206-207]

Le Jardin des Plantes de Paris cultive un jonc appelé juncus balticus, originaire des pays chauds & qui paraît exactement semblable à la relique de Notre-Dame. Le juncus maritimus est plus gros ; le juncus acutus pourrait aussi remplir quelques-unes de ces conditions; mais il est plus uni. On voit dans la campagne de Pise du jonc semblable à celui de Notre-Dame. Quant aux épines, nul doute, d'après l'inspection très-attentive faite à Pise par M. le professeur Pietro Savi, que ce ne soit du rhamnus, nom générique de trois plantes qui se rapprochent tout à fait de l'épine de Pise, & que Linnée applique à des épines qui croissent en Orient.

J'ai trouvé vivant dans l'école de botanique de Pise la marrucca & le zizyphus vulgaris; tous deux du genre rhamnus; & dans le jardin botanique de Rome ces mêmes plantes & un autre zizyphus dit spina Christi, dont le jardinier m'a remis une branche.

Le zizyphus de Rome, avec de très-petites épines, était plus chétif, mais d'une végétation plus avancée. Cet avancement tient à ce que l'hiver 1865-1866, ayant été très-sec à Rome, était plus favorable aux plantes de la Syrie. Les feuilles avaient commencé à se développer avant la fin de mars, tandis qu'on n'en voyait aucune sur les autres rhamnus.

Les épines du zizyphus vulgaris, indigène à Rome, sont plus grandes que celles du spina Christi qui paraissent en être la reproduction en miniature ; les premières ont 20mm de longueur, les secondes en général 10mm; mais dans un pays plus chaud, dans sa patrie, cette plante doit avoir des épines plus grandes & plus fortes qu'en Europe. Les épines de ces jardins sont plus petites que la plupart de celles de nos reliques. J'en exprimais mon étonnement à M. Édouard Prilleux, savant botaniste de Paris, qui me dit que le zizyphus spina Christi a dans son climat des épines plus longues que le zizyphus vulgaris. Il ajoutait à ce renseignement que lezizyphus spina Christi était cultivé au jardin de botanique de l'école de médecine aujourd'hui détruit, par suite des embellissements du Luxembourg, & avait été envoyé de Naples, où probablement on doit encore le trouver cultivé dans le jardin botanique.

IV. FORME  DE  LA  COURONNE…

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Message  Louis le Ven 26 Juin 2020, 6:36 am



IV.

FORME DE LA COURONNE.

[pages 207-208]

Les branches de zizyphus spina Christiou jujubier brisées ou courbées vers le milieu pour prendre la forme d'un bonnet, pileus, étaient fixées par chacune de leurs extrémités, soit en dedans, soit au dehors du cercle de joncs, de celui sans conteste que nous avons à Paris. Il fallait que le cercle fût plus grand que le tour de la tête, afin de pouvoir l'y faire entrer, malgré le rétrécissement causé par l'introduction des branches; & l'on trouve en effet que la couronne de Notre-Dame placée seule sur la tête tomberait sur les épaules. On n'avait même pas besoin de nouveaux liens pour les fixer au cercle de joncs; & les rameaux passés alternativement dessus & dessous devaient suffire pour les maintenir. C'est cette opération que les auteurs ont pu appeler le tressage. Les soldats sans doute évitèrent de toucher à ces horribles épines dont chacune plus tranchante que la griffe du Lion fait jaillir le sang en abondance.

Représentons-nous, d'après cela, ce que devait être un supplice où les soldats enfonçaient à coups de bâton ces dards acérés !

J'espère, en examinant le frontispice des planches de ce mémoire, que le doute cessera & qu'au lieu d'un simple bandeau destiné toucher à peine aux tempes, on verra un affreux instrument de torture infligeant à chaque point de la tête les plus cruelles douleurs. Ce supplice faisait tellement horreur aux premiers chrétiens qu'ils ne le représentaient pas dans toute sa réalité & n'en exprimaient que des emblèmes. C'est ainsi que dans un tombeau, au musée de Latran, on voit le soldat poser respectueusement une couronne de roses & de laurier sur la tête de Notre-Seigneur imberbe. (Voir la vignette ci-jointe.)

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Page_216

Avec ces données il devient facile de reconstituer la couronne de Notre-Seigneur ; mais il ne faut pas se laisser influencer par les opinions de commentateurs ou d'artistes, que nous avons déjà rapportées & qui interprétaient les textes avec des idées faites d'avance & sans aucune étude des monuments. On supposait un véritable tressage comme dans une natte ; or le zizyphus ne pouvait se prêter à une pareille opération. On a pris une plante souple, armée de quelques innocentes épines, & on en a fait les modèles que l'on distribue à Jérusalem, & que les peintres, & notamment le Guide dans sa célèbre tête de Christ, ont constamment reproduits.

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Page_218

V. RELIQUES DE LA COURONNE…

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Message  Louis le Sam 27 Juin 2020, 6:32 am



V.

RELIQUE  DE  LA COURONNE.

[pages 209-210]

Les reliques des joncs détachés de la sainte couronne sont extrêmement rares, car le cercle de Notre-Dame paraît entier, & on n'a pu en arracher beaucoup de parcelles. On n'en connaît qu'un très-petit morceau aux Carmélites de l'avenue de Saxe à Paris, un à Arras, un à Lyon & d'autres à Chablis.

Les  épines sont beaucoup plus communes; voici celles indiquées par Gosselin (1) :

1° L'abbaye de Saint-Denis reçoit de Charles le Chauve, au IXe siècle, une portion de la sainte couronne (2), & de Philippe-Auguste en 1205 une épine venant de Baudouin Ier, empereur de Constantinople.

2° Vers 960 l'empereur Othon Ier fait un cadeau semblable au roi d'Angleterre Ethelstan, qui en cède une partie à l'église de Malmesbury.

3° Sainte Hélène envoie à Trêves une branche d'épines.

4° Le palais électoral de Munich en Bavière a une branche à cinq pointes qui paraît être une espèce de rhamnus.

5° Plusieurs églises de Cologne gardent un pareil trésor.

6° Sainte-Croix-de-Jérusalem à Rome nous montre deux longues épines envoyées par sainte Hélène.

7° L'église de la Confrérie de la Charité à Venise possède une branche d'épines avec quatre pointes.

8° L'église de Saint-Dominique à Bologne, & celle des Chartreux (3), sont dépositaires chacune d'une épine.

9° On en voit une très-longue à Citta di Castello, duché d'Urbin.

10° A Tarraga, au diocèse de Solsona en Catalogne, deux épines ont été reconnues authentiques en 1604 par le pape Clément VIII.

La plupart des églises dont on vient de parler possédaient ces épines avant la translation de la couronne à Paris. Celles qui suivent les ont obtenues depuis :

11º Saint Louis en donne une à Bernard, évêque du Puy, le jour où il reçut la sainte couronne de Sens.

12º II en donne encore au chapitre de Valence en Espagne,

13º Au chapitre de Tolède,

14º Au bienheureux Barthélemi de Brégance, évêque de Vicence dans l'État de Venise,

15º A l'abbaye du Bourg-Moyen de Blois,

16º A celle de Saint-Éloi près d'Arras,

17º Aux Cordeliers de Séez.

18º Le roi Jean Ier (1) en offre une à l'empereur Charles IV, qui en fit instituer la fête (1637) par le pape Innocent VI.

19º C'est de la couronne de la Sainte-Chapelle que viennent les épines gardées à Saint-Eustache, à Paris,

20º A Saint-Germain-l'Auxerrois,

21º Aux Saints-Innocents,

22º A Saint-Barthélemi,

23º Aux Mathurins,

24º Aux Carmes de la place Maubert,

25º A Port-Royal-des-Champs,

26º A Port-Royal de la ville, qui a eu la dernière.

A l'époque de la Réforme, Calvin en énumérait une quarantaine (2). Ces listes sont incomplètes & les renseignements que j'ai pu recueillir m'ont fait reconnaître qu'il en existe un beaucoup plus grand nombre. Sont-elles toutes authentiques ? Il est permis d'en douter ; on doit donc examiner avec soin leur nature, que je crois avoir suffisamment démontrée, & leur origine. Cependant leur grand nombre ne suffit pas pour les faire rejeter à priori ; car nous venons de voir quelle quantité prodigieuse d'épines pouvait contenir cette masse de branches épineuses réunies par un cercle de joncs sur la tête de Notre-Seigneur.

Nous aurons à examiner deux espèces de reliques, le jonc & les épines. Celles du jonc sont excessivement rares & leur histoire les montre sortant de la couronne de Paris. Nous en verrons d'abord l'inventaire, puis nous passerons aux villes qui possèdent des branches entières où il est facile de reconnaître la plante, & enfin à celles qui n'ont conservé que des épines détachées.

VI. RELIQUES DE JONCS…
_____________________________________________________

(1) Page 120.
(2) Ne proviendraient-elles pas de celles que Constantin, empereur de Constantinople, donna à Charlemagne revenant de Jérusalem, ainsi que le raconte Nicole Gilles dans les Annales françaises, dont nous venons de donner un extrait, d'après Bosio ?
(3) Malloni.
(1) Il dit que de toutes les églises qui prétendent avoir des épines de la sainte couronne, il n'y en a presque pas qui ne reconnaissent les avoir reçues de la Sainte-Chapelle.
(2) Baillet écrivait cela avant que les églises eussent été dépouillées de leurs trésors.

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Message  Louis le Dim 28 Juin 2020, 6:47 am



VI.

RELIQUES DE  JONCS.

[page 211]

ARRAS (Pl. XXI.) — Le jonc d'Arras est placé dans un tube en cristal adapté à deux palmes en bronze doré. Sa longueur est de 55mm, d'après le dessin qui m'a été envoyé par Sa Grandeur Mgr Lequette, évêque d'Arras, & grâce à l'intermédiaire de M. l'abbé Proyart, son grand vicaire. Elle a été donnée à l'ancienne cathédrale (1556) par Antoine Ternot, évêque d'Arras, plus connu sous le nom de cardinal de Granvelle, qui mourut archevêque de Malines. Emportée en émigration, elle ne revint qu'en 1820, avec le morceau de la vraie croix.

AUTUN. La cathédrale d'Autun possède un fragment de jonc dont je parlerai plus loin avec les autres épines de cette ville (Pl. XXI).

CHABLIS (Pl. XXI). — La relique de joncs de Chablis paraît être la plus importante, après celle de Notre-Dame de Paris. M. l'abbé Thomas, curé doyen de Chablis, envoyant le dessin, m'écrivait : « Je la tiens de don Dienzi, trésorier de l'abbaye de Saint-Denis, qui lui-même l'avait détachée de la couronne, au moment de l'enlèvement du reliquaire du trésor en 1793. Cette relique est parfaitement semblable à celle de Notre-Dame, c'est donc du jonc. Vous trouverez encore du jonc chez les dames du Calvaire & chez les pères jésuites de Vaugirard. »

LILLE. — L'église de Notre-Dame-de-la-Treille & celle de Saint-Pierre à Lille ont obtenu, il y a quelques années, un fragment de la couronne de Paris, qui avait appartenu à Mgr de Quélen, archevêque de Paris.

LYON. — A la cathédrale de Lyon, Saint-Jean, il existe un jonc de 60mm environ, exactement pareil à celui de Notre-Dame de Paris. Il est placé dans un beau reliquaire style Louis XIV, qui avait appartenu à Pie VII & que l'on retrouva chez un marchand d'antiquités.

Ce jonc fut donné à Mgr de Bonald, alors évêque du Puy, par Mgr de Quélen lors de la translation des restes de saint François de Sales (1826). L'archevêque de Paris espérait avoir quelque chose de plus que les autres évêques qui n'avaient rien apporté ; on ne lui donna rien de plus ; il laissa alors un bel ornement de chapelle qu'il avait promis, & garda pour lui la portion du jonc de la couronne qu'il avait dû donner.

M. le chanoine Chapot alla à Paris en 1826 à l'époque du transfèrement des reliques de la sainte épine dans un plus beau reliquaire. Naturellement & plus malheureusement encore, dès qu'on découvre une relique, chacun en désire des parcelles; & Mgr de Quélen accorda des fragments du jonc de la couronne à chacun des neuf chanoines présents & à M. Cahier.

M. Cahier, orfèvre, chargé de faire un reliquaire, partagea son morceau de 18mm avec M. Chapot qui en obtint 9mm. Comme ils étaient dix, on doit en conclure que le jonc de Mgr de Quélen devait avoir environ 180mm de longueur. Je suis bien de l'avis du vénérable chanoine de Lyon ; ces divisions de reliques amoindrissent leur prestige, & suppriment des pèlerinages qui n'ont plus de raison pour aller vénérer au loin ce qu'on a près de soi.

VAUGIRARD. — Les jésuites conservent du jonc provenant nécessairement de la couronne de Paris (PL XXI).

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Planch70

PLANCHE XXI

ÉPINES DE LA SAINTE COURONNE

On a figuré dans le haut de la planche deux faces de l'insigne relique de Pise, un fragment de cette branche vu à la loupe, une branche d'épines conservée à Wevelghem & portée par un petit ange en bronze doré.

La branche d'épines de Trèves a été tracée d'après les planches de dom Calmet, la relique n'existant plus à Trèves. Quoique grossier, ce dessin du savant bénédictin a cela d'important qu'il indique bien le caractère du zizyphus que l'on peut voir aux jardins botaniques de Pise & de Rome.

J'ai dessiné d'après nature les épines de Carpentras, Turin, Pise, Florence, Rome, Saint-Acheul & Nice. On m'a remis des figures exactes de trois épines conservées à Autun dans deux charmants reliquaires figurés dans le haut à droite.

Chablis, Arras, Lyon & les Jésuites de Vaugirard conservent des fragments de joncs enlevés à la couronne de Paris & figurés au bas de la planche.

(Page 212.)


VII. RELIQUES DE BRANCHES DE ZIZIPHUS….

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Message  Louis le Lun 29 Juin 2020, 6:54 am



VII.

RELIQUES  DE  BRANCHES  DE ZIZIPHUS.

[pages 212-213]

ANDECHS en Bavière a reçu en dépôt quatre branches d'épines dont l'une a 110mm de longueur (1).

MUNICH. — « On conserve une relique du même genre dans l'église du palais électoral de Munich, en Bavière. Un savant botaniste de nos jours, qui a vu un dessin exact de cette branche d'épines, croit qu'elle provient d'une espèce de ner--prun (rhamnus). Benoît XIV nous apprend que cette branche est garnie de cinq pointes, & que le pape Innocent XI permit (1681) à l'église de Munich de célébrer chaque année une fête en l'honneur de cette précieuse relique le lundi de la semaine de la Passion (2). » Une note qui m'est communiquée par Mme la baronne d'Eichtahl ajoute un dessin trop peu exact pour être reproduit, mais accusant bien la nature de la plante indiquée par Gosselin. Les pointes sont d'un rouge foncé, la tige est jaunâtre.

PISE. — Une branche d'épine rapportée par les Pisans au XIIIe siècle a motivé la construction de la jolie église de la Spina, une des célébrités artistiques de l'Italie. La relique était enfermée dans une châsse de métal aussi admirable par le travail que par la matière. Des voleurs s'étant introduits par une croisée basse dans la chapelle, prirent la partie supérieure du reliquaire, en laissant sur place l'épine & la partie inférieure maintenue par de fortes barres de fer. On porta alors la relique à l'hôpital desservi par les pères capucins, où S. E. le cardinal Corsi m'a permis de la voir.

Elle est depuis 1824 dans un reliquaire en bronze doré, cachée par un rideau de soie rouge & enfermée dans une armoire bien modeste. Je l'ai dessinée sur plusieurs de ses faces. C'est une branche de 80mm de hauteur ayant porté autrefois six épines, dont trois seulement sont intactes. Les unes sont droites, les autres plus courtes & recourbées au bas des premières qu'elles accompagnent.

La couleur générale, surtout celle des épines, est d'un noir-brun très-brillant. Il y a sur un côté de la tige des taches verdâtres plus claires. Un arrachement sur la tige laisse voir des fibres très-serrées dont la couleur est la même que celle du manteau des capucins.

L'épine principale a plus de 20mm de longueur, une autre en a été détachée & portée dans le trésor de la cathédrale (Pl. XXI).

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MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Planch70

PLANCHE XXI

ÉPINES DE LA SAINTE COURONNE

On a figuré dans le haut de la planche deux faces de l'insigne relique de Pise, un fragment de cette branche vu à la loupe, une branche d'épines conservée à Wevelghem & portée par un petit ange en bronze doré.

La branche d'épines de Trèves a été tracée d'après les planches de dom Calmet, la relique n'existant plus à Trèves. Quoique grossier, ce dessin du savant bénédictin a cela d'important qu'il indique bien le caractère du zizyphus que l'on peut voir aux jardins botaniques de Pise & de Rome.

J'ai dessiné d'après nature les épines de Carpentras, Turin, Pise, Florence, Rome, Saint-Acheul & Nice. On m'a remis des figures exactes de trois épines conservées à Autun dans deux charmants reliquaires figurés dans le haut à droite.

Chablis, Arras, Lyon & les Jésuites de Vaugirard conservent des fragments de joncs enlevés à la couronne de Paris & figurés au bas de la planche.

(Page 212.)


TRÈVES. — Les reliques de Trèves, venues de sainte Hélène…

___________________________________________________________

(1)  Voir les Pièces justificatives pour cette relique & pour toutes les autres.
(2)  Gosselin, p. 121.


Nota Bene a écrit: Les pièces justificatives concernant les villes seront fournies sur demande. Bien à vous.


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Message  Louis le Mar 30 Juin 2020, 6:00 am


VII.

RELIQUES  DE  BRANCHES  DE  ZIZIPHUS.

(SUITE)

[pages 213-214]

TRÈVES. — Les reliques de Trèves, venues de sainte Hélène, ont un grand caractère d'authenticité; on y distinguait autrefois une branche d'épines de 110mm environ de longueur portant encore une épine droite & quelques épines courbes, dessinée assez grossièrement par dom Calmet (1), mais présentant nettement le même caractère botanique que celle de Pise, c'est-à-dire une épine courbe joignant une épine droite. La conformité de ces deux reliques est une preuve réciproque de leur authenticité (Pl. XXI.)

VENISE. — Malloni, le commentateur de Palæotti , dit qu'il a vu, examiné, étudié quatre épines qui se trouvaient dans le trésor de Sainte-Marie des Grâces à Venise ; qu'elles avaient conservé la base par laquelle elles tenaient à la branche; & qu'il est certain que ce n'est pas du jonc marin, mais de véritables épines.

Ce n'est pas quatre épines, mais deux seulement que M. l'abbé Passini m'a fait voir dans le trésor de Saint-Marc. Elles ont été données par saint Louis à la République, dans une petite boîte en velours & argent doré ; vingt fleurs de lis en argent sont placées sur le couvercle ; on en compte dix sur les côtés, & sur la face, avec une ravissante serrure gothique, certainement du temps de saint Louis. Un pareil reliquaire est un véritable authentique.

La plus longue des épines a 60mm, d'une couleur blanchâtre ; l'autre 48mm.

AU VILLARS, diocèse d'Autun, on vénère une branche portant trois épines dans une châsse d'argent (1).

WEVELGHEM (Belgique). — Une relique de la couronne d'épines est l'objet d'un pèlerinage à l'église paroissiale du village de Wevelghem, aux environs de Courtrai.

Elle consiste en une branche qui paraît de même nature que celle de Pise & qui est soutenue par un petit ange en vermeil rappelant le style du XVe siècle (Pl. XXI) (2).

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PLANCHE XXI

ÉPINES DE LA SAINTE COURONNE

On a figuré dans le haut de la planche deux faces de l'insigne relique de Pise, un fragment de cette branche vu à la loupe, une branche d'épines conservée à Wevelghem & portée par un petit ange en bronze doré.

La branche d'épines de Trèves a été tracée d'après les planches de dom Calmet, la relique n'existant plus à Trèves. Quoique grossier, ce dessin du savant bénédictin a cela d'important qu'il indique bien le caractère du zizyphus que l'on peut voir aux jardins botaniques de Pise & de Rome.

J'ai dessiné d'après nature les épines de Carpentras, Turin, Pise, Florence, Rome, Saint-Acheul & Nice. On m'a remis des figures exactes de trois épines conservées à Autun dans deux charmants reliquaires figurés dans le haut à droite.

Chablis, Arras, Lyon & les Jésuites de Vaugirard conservent des fragments de joncs enlevés à la couronne de Paris & figurés au bas de la planche.


(Page 212.)

VIII. RELIQUES  D'ÉPINES  SIMPLES…
______________________________________________________

(1) Mossoni.
(1)  Mgr Bouange. Voir Cuisery, & pièces justificatives.
(2)  Pièces justificatives.
Nota Bene a écrit: Les pièces justificatives concernant les villes seront fournies sur demande. Bien à vous.

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Message  Louis le Mer 01 Juil 2020, 6:32 am



VIII.

RELIQUES  D'ÉPINES  SIMPLES.

[pages 214-215]

ANDREA. — Dans la chapelle de Saint-Richard à Andrea, dans la province de Naples, une épine est, dit-on, l'objet d'un miracle le vendredi saint (3).

ANGERS. — A Saint-Laud d'Angers une épine de 13mm de long & de 1mm à 1mm 1/2 de large sur 3/10 de millimètres d'épaisseur, a l'apparence d'un fragment d'écorce sur lequel deux nervures sont très-visibles.

AUTUN. — On vénère à la cathédrale une relique de la sainte couronne d'épines enfermée dans un petit reliquaire d'argent composé de deux parties distinctes qui se superposent en formant un cylindre destiné à recevoir la sainte épine ;  la partie supérieure  est munie   d'un verre qui   laisse voir la relique.

L'épine est cylindrique, & a sensiblement le même diamètre dans toute sa longueur ; en l'examinant vers la section supérieure , elle paraît évidée à l'intérieur, & ressemblerait d'après M. l'abbé Lacotte, à un morceau d'écorce de bouleau roulé & jauni par le temps. Mgr Bouange nous apprend que cette épine détachée du trésor de Paris a été donnée à Autun au commencement de ce siècle.

L'église de la Visitation à Autun en a aussi un fragment assez considérable, provenant de la même source, détaché au XVIe siècle. Ce doit être du jonc auquel s'applique très-bien la description de M. l'abbé Lacotte.

Le grand séminaire de la même ville possède deux épines de la sainte couronne, l'une de 38mm, l'autre de 34mm, blanches dans leur plus grande partie & d'un brun noir à leur base ; elles sont disposées dans un très-riche reliquaire en or & diamants qui est lui-même un objet très-précieux, & présente intrinsèquement une garantie d'authenticité; sa petitesse me permet de le donner dans mes planches. Cette relique était autrefois vénérée dans l'abbaye royale de Saint-Andoche-les-Autun. Copie de l'authentique m'a été remise par M. l'abbé Picard, vicaire général & supérieur du grand séminaire. C'est un procès-verbal dressé en 1813 par Mgr Imberties, évêque d'Autun, constatant que la relique a été reconnue par plusieurs anciennes religieuses de l'abbaye qui l'avaient vénérée avant la Révolution (Pl. XXI) (1).

BAUME. — Une épine est déposée à Baume, diocèse de Besançon.

BESANÇON. — Avant la Révolution, deux épines avaient été envoyées à Besançon par Hugues Michiel, originaire de cette ville & évêque de Paris en 1330. Ce prélat avait destiné l'une de ces reliques au chapitre de Saint-Jean, l'autre à celui de Sainte-Madeleine. Elles disparurent en 1794. Cette église possède encore quelques parcelles enfermées dans un reliquaire en forme de couronne d'épines (2).

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 2 Planch70

PLANCHE XXI

ÉPINES DE LA SAINTE COURONNE

On a figuré dans le haut de la planche deux faces de l'insigne relique de Pise, un fragment de cette branche vu à la loupe, une branche d'épines conservée à Wevelghem & portée par un petit ange en bronze doré.

La branche d'épines de Trèves a été tracée d'après les planches de dom Calmet, la relique n'existant plus à Trèves. Quoique grossier, ce dessin du savant bénédictin a cela d'important qu'il indique bien le caractère du zizyphus que l'on peut voir aux jardins botaniques de Pise & de Rome.

J'ai dessiné d'après nature les épines de Carpentras, Turin, Pise, Florence, Rome, Saint-Acheul & Nice. On m'a remis des figures exactes de trois épines conservées à Autun dans deux charmants reliquaires figurés dans le haut à droite.

Chablis, Arras, Lyon & les Jésuites de Vaugirard conservent des fragments de joncs enlevés à la couronne de Paris & figurés au bas de la planche.


(Page 212.)

BORDEAUX
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(3) Barbier de Montault, Sarnelli.
(1)   Voir pièces justificatives.
(2)   Lettre de Mgr le cardinal Mathieu, pièces justificatives.  

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