MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C.

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Message  Louis le Mer 16 Sep 2020, 7:24 am



INVENTION  DE LA CROIX.

[pages 47-48]

SUITE

« Vers ce même temps, Hélène, mère de Constantin, femme d'une foi incomparable, dont la piété sincère égalait la rare munificence, avertie par de célestes visions se rend à Jérusalem & demande aux habitants quel est le lieu où le divin corps a été attaché & suspendu au gibet. Ce lieu était difficile à trouver, car d'anciens persécuteurs y avaient élevé une statue à Vénus, afin que les chrétiens qui auraient voulu venir y adorer le Christ parussent adresser leurs hommages à la déesse; aussi était-il peu fréquenté & presque oublié. Après l'avoir débarrassé des objets profanes qui le souillaient, & des décombres qui y étaient amoncelés, elle trouva trois croix confusément placées. Mais la joie que lui causa cette découverte fut tempérée par l'impossibilité de distinguer à qui chacune d'elles avait appartenu. On y trouva aussi le titre écrit par Pilate en lettres grecques, latines & hébraïques; mais là encore il n'y avait rien qui indiquât d'une manière assez claire le gibet de Notre-Seigneur. Là déjà l'incertitude de l'homme réclame le témoignage du ciel. »

Le miracle de la guérison d'une femme à demi morte fit reconnaître la vraie croix (1).

« La reine, dont ce signe manifeste avait réalisé les vœux, fit élever un temple d'une magnificence royale au lieu même où elle avait trouvé la croix; elle porta à son fils les clous qui avaient attaché le corps de Notre-Seigneur. Avec les uns, il fit un frein qui devait lui servir à la guerre ; il employa les autres à armer un casque propre au même usage. Quant au bois de notre salut, elle en rapporta une partie à son fils, & laissa l'autre sur le lieu même, après l'avoir enfermée dans des boîtes d'argent, que l'on a conservées jusqu'à nos jours avec soin & vénération. »

Saint Paulin, évêque de Nola, ajoute quelques détails qui manquaient à la narration de saint Ambroise :

« Sainte Hélène réunit les plus doctes des chrétiens & des juifs, & sachant par eux où était le Calvaire, elle fit faire des fouilles par un grand nombre d'ouvriers civils & militaires, & trouva trois croix parmi lesquelles la résurrection d'un mort indiqua la véritable (2). »

« Les païens, dit Sozomène au Ve siècle, pour dénaturer ces lieux consacrés par la mort de Notre-Seigneur, avaient amoncelé sur le calvaire & sur la place de la résurrection une grande quantité de terre, de sorte qu'au lieu d'un creux, le terrain présentait un monticule, ils l'avaient environné d'une muraille; enfin ils y avaient bâti un temple à Vénus, afin d'en éloigner les chrétiens qui auraient pu vouloir vénérer les lieux saints, mais qui craignaient qu'on ne crut qu'ils adressaient leur culte aux faux dieux (3). »

Saint Théophane raconte ainsi l'histoire de l'invention de la croix…
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(1) NOTE de Louis : Cette note, rédigée en latin, est disponible sur demande. Bien à vous.
(2) Trombelli, II, p. 263.
(3) Sozomène, Hist. de l'Égl., De inventione crucis, 2 vol., 1747.

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Message  Louis le Jeu 17 Sep 2020, 6:47 am



INVENTION  DE LA CROIX.

[pages 48-50]

SUITE

Saint Théophane raconte ainsi l'histoire de l'invention de la croix à l'année xx du règne de Constantin (4) :

« Macaire,  évêque de Jérusalem, qui assista au concile de Nicée, reçut de l'empereur l'ordre de rechercher, à son retour, le lieu de la sainte résurrection, le Golgotha du Calvaire & le bois vivifiant de la croix. La même année, Hélène, mère de Constantin, femme douée d'une âme toute céleste, fut couronnée par son fils. Une vision miraculeuse lui ordonna de partir pour Jérusalem, de rendre à la lumière les divins lieux que des mains impies & profanes avaient enfouis dans le sein de la terre; elle demanda alors à l'empereur l'autorisation d'exécuter les ordres venus du ciel; Constantin, touché par ce prodige, condescendit aux désirs de sa mère. »

L'auteur reprend sa narration à l'année XXI de Constantin (1).

« La même année, le divin Constantin envoya à Jérusalem la bienheureuse Hélène avec une forte somme d'argent, pour rechercher la croix vivifiante du Sauveur. Le patriarche alla au-devant de l'impératrice, lui rendit les honneurs qui lui étaient dus, puis se retira avec elle loin de la vie bruyante des courtisans ; & là, au milieu de jeûnes & de ferventes prières, il s'occupa de la recherche du bois tant désiré.

« Après ces actes préparatoires, un signe du ciel indiqua enfin à Macaire un lieu où avaient été érigés un temple & une statue à l'impure Vénus : Hélène, impératrice par la grâce de Dieu, usant de son pouvoir royal, employa une foule d'ouvriers à fouiller complètement l'endroit désigné; elle fit enlever toutes les démolitions, & le débarrassa des constructions qu'Ælius Adrien y avait élevées à grands frais. On découvrit bientôt le saint sépulcre & le lieu du Calvaire; & près de là,  à l'orient, on retira trois croix. Des  recherches plus minutieuses firent trouver aussi des clous ; puis, quand tous se demandaient avec anxiété quelle pouvait être la croix de Notre-Seigneur, & que la bienheureuse Hélène était, à ce sujet, accablée d'un profond chagrin, la foi de l'évêque Macaire, dont le nom seul exprime la béatitude, leva tous les doutes. Il fit approcher ces trois croix d'une dame illustre, dont la vie ne laissait plus d'espoir, & qui était déjà à l'agonie ; il reconnut ainsi celle du Seigneur; car, dès que la mourante fut à l'ombre de la vraie croix, quoiqu'elle fût privée de souffle & de mouvement, poussée par une force divine, elle tressaillit & rendit grâce à Dieu à haute voix. La très-pieuse Hélène, toute tremblante & bondissant de joie, ayant enlevé la croix vivifiante, en porta une partie avec les clous à son fils, & donna le reste, enfermé dans une cassette d'argent, à l'évêque Macaire, comme un monument pour la postérité. Elle fit élever une église sur le saint sépulcre & le Calvaire, une autre, au nom de son fils, à l'endroit où la croix vivifiante avait été trouvée; d'autres, enfin, à Bethléem & sur le mont des Oliviers ; puis elle revint auprès du très-illustre Constantin.  »

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Tous ces faits sont actuellement dans le domaine de l'histoire. On peut en concilier les récits de la manière suivante : ...
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(4), et (1) : NOTE de Louis: Ces notes, rédigées en latin, sont disponibles sur demande. Bien à vous.

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Message  Louis le Ven 18 Sep 2020, 7:20 am

INVENTION  DE LA CROIX.

[pages 50-51]

SUITE

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Tous ces faits sont actuellement dans le domaine de l'histoire. On peut en concilier les récits de la manière suivante :

Les Juifs, après la déposition de Notre-Seigneur & des larrons, jetèrent leurs croix, ou dans une citerne, ou dans la vallée au-dessous du Golgotha, & les couvrirent de terre ; puis les immondices & les déblais de la ville venant s'ajouter à ces terres, la vallée fut comblée, comme on le voit aujourd'hui, & les croix cachées de plus en plus sous ces débris. Le Golgotha était fort étroit; si on mesure la distance entre le milieu du rocher, qui est encore à nu, & la vallée actuellement comblée, mais indiquée par les escaliers qui descendent au lieu de l'invention, dans l'enceinte du temple du Saint-Sépulcre, on ne compte guère que 40 mètres, & on peut dire avec raison que les instruments du supplice ont été enterrés sur le lieu même de l'exécution.

Cette opinion est confirmée dans une tradition rapportée par le savant Gretser, qui, cependant, n'en tire pas les mêmes conséquences :

«  Carnifices cruces Christi & latronum in vallem monti Golgothæo subjectam, præcipitasse, terraque obruisse, deinde egestis ac exoneratis super illas totius civitatis sordibus, vallem oppletam fuisse, crucesque sub sordium acervo, obrutas delituisse (1). »

Là, les croix étaient en sûreté; en effet, lorsque Adrien fit construire le temple, il dut en asseoir les fondements sur le rocher & ne pas les étendre inutilement & à grands frais jusque dans la vallée, sur un sol de remblais inconsistant. C'était le lieu du supplice & non celui du dépôt obscur de croix ignorées qu'il voulait cacher. Dieu permit ainsi qu'elles fussent tout naturellement protégées.

Guidée par les renseignements des vieillards & parce qu'on connaissait l'habitude des Juifs d'enterrer les cadavres des suppliciés avec tous les instruments du supplice (2), sainte Hélène fit faire des fouilles par un grand nombre d'ouvriers civils & militaires, & trouva trois croix pareilles, entre lesquelles il était difficile de distinguer celle qui avait servi à Notre-Seigneur. Elle était assistée de saint Macaire, qui les fit toucher successivement, les uns disent à une dame mourante, les autres au corps d'une morte, dont la résurrection indiqua par un miracle la croix véritable.

II. INVENTION  DE LA CROIX. — OBJECTIONS.
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(1) Gretser, liv. I, ch. LXIII.
(2) Le rabbin Maïmonide, dans le texte du Sanhédrin, ch. XV, dit :  (NOTE de Louis: La suite de cette note, rédigée en latin, est disponible sur demande. Bien à vous.)

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Message  Louis Hier à 7:05 am

II.


INVENTION  DE LA CROIX. — OBJECTIONS.

[pages 51-52]

Tous les témoignages pour l'invention de la croix émanent des écrivains sacrés. L'incrédulité en conclut qu'ils sont intéressés, & les récuse.

Qui est-ce qui doute de l'histoire de César? & cependant ce sont des Romains qui l'ont écrite. Mais cette certitude éclate surtout lorsqu'on nous montre des monuments de son époque, des inscriptions, des armes, des camps retranchés dans les Gaules. Les reliques sont un des monuments matériels de la venue du Christ. Saint Cyrille, saint Chrysostome, saint Paulin de Nola, Juvénal en envoient dans le monde entier, qui les reçoit comme un précieux trésor. Peut-on supposer le monde entier, & le monde contemporain, dupe d'une supercherie?

Les versions diffèrent un peu dans la forme, mais cette diversité est elle-même une preuve qu'on ne s'est pas copié, tout en racontant une histoire vraie au fond & qui était dans toutes les bouches.

Les deux principales objections sont le silence d'Eusèbe & l'impossibilité prétendue de conserver sous terre, pendant trois siècles, des bois qui auraient dû s'y pourrir.

Salmatius & d'autres ont reproduit la première. D'après Dallœus, Eusèbe de Césarée, évêque voisin de Jérusalem, familier de sainte Hélène, parle de son voyage en Judée, des deux églises qu'elle élève, l'une à Bethléem, l'autre sur le mont des Oliviers, entre dans des détails sur ses largesses & ne dit pas un mot de l'invention de ces croix (1). Eusèbe dans cet ouvrage s'occupait plus des actes de la vie de sainte Hélène & des églises qu'elle avait fondées que de celles de Constantin; or là il n'est pas question de l'église du Saint-Sépulcre. Cette omission d'Eusèbe ne lui peut être reprochée que dans un seul de ses écrits, auquel suppléent les deux passages que l'on va lire. Dans une autre occasion il rapporte une lettre de Constantin à Macaire, évêque de Jérusalem, qui fait certainement allusion au miracle de l'invention de la croix & qui commence ainsi : « Tant est grande la grâce de notre Sauveur, que nul discours ne peut suffire à raconter le miracle actuel; car avoir trouvé le monument de cette sainte Passion, caché depuis longues années sous terre pour être soustrait à l'ennemi commun, puis rendu à la lumière pour briller aux yeux de ses serviteurs, dépasse toute admiration. »

Enfin, dans un passage de la Chronique du même Eusèbe, traduit en latin par saint Jérôme, on lit : « Hélène, mère de Constantin, avertie par des visions célestes, trouva à Jérusalem l'instrument du salut des hommes (2). »

Quant à la difficulté de la conservation du bois, les recherches modernes me fournissent une foule de réponses. Je citerai Herculanum & Pompéi, qui nous ont livré beaucoup de fragments de bois antiques. Puis, si on attribue leur préservation à l'action du feu, j'offrirai comme exemple irréfragable les étais étrusques retrouvés par M. Simonin (3) dans les mines de Campiglia, les cintres enfouis dans des constructions de pisé des aqueducs de Carthage, & les pilotis récemment découverts dans le port de cette cité bien plus ancienne que Notre-Seigneur, & que les savants ont reconnus provenir des mêmes espèces de bois que ceux de la vraie croix.

La question est assez grave pour que je rapporte quelques détails à ce sujet :…
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(1) Trombelli, t. II, p. 262.— Bollandistes, 3 mai, p. 360.
(2) Trombelli, t. II, p. 266.
(3) Simonin, la Toscane & la mer Tyrrhénienne, 1868, p. 34.

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