MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C.

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Message  Louis le Jeu 02 Juil 2020, 5:26 am



VIII.

RELIQUES  D'ÉPINES  SIMPLES.

(SUITE)

[pages 215-216]

BORDEAUX. — L'église de Sainte-Croix de Bordeaux jouit d'un précieux débris de la couronne d'épines. Elle faisait partie autrefois des reliques des bénédictines & fut sauvée en 1793 par une sainte fille de l'ordre, la sœur Griot, morte centenaire en 1851, qui la remit, après le concordat, à M. Bournazeaux, curé de Sainte-Croix. Volée en 1853, la sainte épine fut retrouvée le même jour. Ce vol fut l'occasion d'un travail intéressant de M. l'abbé Dupuy dont on trouvera l'extrait aux pièces justificatives. Les authentiques ont été perdus & l'on ignore sa provenance.

L'épine a 50mm de longueur, 3mm  d'épaisseur à la base ; elle se termine en pointe, comme une grosse aiguille, & ressemble aux longues épines de ces plantes qu'on trouve en abondance le long de la Leyre & du Ciron & qu'on appelle vulgairement jungues ou ajoncs, espèce de juncus acutus. Elle est enfermée dans un tube en cristal de roche & un beau reliquaire en argent.

Les frères de la doctrine chrétienne ont un fragment d'épine de 9mm.

BOURBON-L'AARCHAMBAULT. On voit dans cette ville une épine de 60mm de longueur, 2mm d'épaisseur à la base, finissant en pointe d'aiguille & un peu noire (1), donnée par saint Louis à son fils Robert. Elle fleurissait, dit-on, tous les ans au 1er mai.

BRUGES. — A Bruges, un joli reliquaire du XVe siècle renferme une épine (2), dans le couvent de l'église de la Potterie.

BRUXELLES. — A Sainte-Gudule de Bruxelles , on voit une épine parfaitement conservée (3).

CARPENTAS. — Il existe dans cette ville, au couvent des dominicains, une épine de 45mm de longueur. Elle appartenait avant la Révolution à un couvent de cet ordre, d'où elle passa à la paroisse. Le curé l'a rendue à ses premiers possesseurs (Pl. XXI).

CHALETTE. — A Chalette, en Gâtinais, on voyait une épine de la longueur du petit doigt (4).

CHALONS (diocèse d'Autun). — Une épine à l'église de Saint-Pierre (5).

CHELLES. — Un inventaire des reliques de l'abbaye royale de Notre-Dame-de-Chelles y signale une épine (6).

CLUNY. — Une épine, donnée à l'abbaye des bénédictins par saint Louis, est actuellement dans l'église de Notre-Dame de cette ville.

COLLE

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Planch70

PLANCHE XXI

ÉPINES DE LA SAINTE COURONNE

On a figuré dans le haut de la planche deux faces de l'insigne relique de Pise, un fragment de cette branche vu à la loupe, une branche d'épines conservée à Wevelghem & portée par un petit ange en bronze doré.

La branche d'épines de Trèves a été tracée d'après les planches de dom Calmet, la relique n'existant plus à Trèves. Quoique grossier, ce dessin du savant bénédictin a cela d'important qu'il indique bien le caractère du zizyphus que l'on peut voir aux jardins botaniques de Pise & de Rome.

J'ai dessiné d'après nature les épines de Carpentras, Turin, Pise, Florence, Rome, Saint-Acheul & Nice. On m'a remis des figures exactes de trois épines conservées à Autun dans deux charmants reliquaires figurés dans le haut à droite.

Chablis, Arras, Lyon & les Jésuites de Vaugirard conservent des fragments de joncs enlevés à la couronne de Paris & figurés au bas de la planche.


(Page 212.)
__________________________________________________________

(1) Lettre de Mgr l'évêque de Moulins.
(2) M. Béthune.
(3) M. Stinglhamber.
(4) D. Morin, Histoire du Gâtinais.
(5) Mgr Bouange, vicaire général à Autun.
(6) L'abbé Denis, chanoine de Meaux.

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Message  Louis le Ven 03 Juil 2020, 6:30 am



VIII.

RELIQUES  D'ÉPINES  SIMPLES.

(SUITE)

[page 217]

COLLE. — On fait à Colle l'office & la fête de deux épines le deuxième dimanche de Pâques (1).

COMPIÈGNE. — M. l'abbé Bourgeois (2), archiprêtre de Compiègne, en m'envoyant une description des reliques insignes que possède son église, s'exprimait ainsi : « Voici ce que je lis à l'article 3 de l'inventaire : « Un beau cristal bien taillé & façonné, enchâssé en un reliquaire d'or, au bas duquel, sur un soubassement, sont écrits ces mots : Sciant omnes veraciter qnod in circulo aureo qui est in medio cristalli continetur pars una de corona Christi, & in cruce desuper continetur aculeus clavi unius Domini. »

« Sur ledit soubassement, qui est soutenu par trois dragons, sont huit anges de vermeil doré, &, au milieu du cristal, un cercle d'or dans lequel il y a une branche de la couronne d'épines de Notre-Seigneur.... Ces reliques proviennent d'Aix-la-Chapelle.

« Parmi les reliques de la Passion dont il est fait mention dans l'inventaire, l'église de Saint-Jacques ne possède plus que l'éponge. »

CUISERY (Saône-&-Loire).— Saint Bernard, pendant son séjour à Rome, avait reçu du pape Eugène, son disciple, un fragment de la branche de la sainte couronne , & l'avait porté à Cîteaux. Le reste de la branche, portant, dit-on, trois épines, est dans une châsse d'argent, en l'église du Villars, diocèse d'Autun. Un peintre de Tournus, qui l'a examinée, croit que les épines sont de bois d'acacia (3)

FERMO. — En 1270 le bienheureux Clément Briotti, prieur général des augustins, légua une épine à Sant'Elpidio. En 1377, les citoyens de Fermo s'en emparèrent à la suite d'un assaut & la placèrent dans le couvent des augustins.

FLORENCE. — Il semble que cette ville ait reçu la plus grande partie des épines de la vraie croix. Richa en signale vingt-sept, savoir : deux à Santa Maria degli Angioli, une à Santa Maria della Concezione, une à Sainte-Croix, une à San Giorgio del Santo Spirito, une à San Girolamo; quatre à Saint-Laurent, une à Santa Lucia in San Gallo, quatre à Saint-Marc, une à Sainte-Marie-des-Fleurs, deux au monastère de Monticelli, sept à Saint-Pierre-Majeur, trois à Sainte-Ursule. Il en ajoute quatorze à Santa Apollonia, & sept à Sainte-Marie-Nouvelle, mais elles sont évidemment fausses.

D'après mes renseignements personnels, il n'y en aurait plus qu'à Sainte-Croix, à Sainte-Marie-des-Fleurs & à Saint-Laurent.

Sainte-Croix.
_________________________________________________________________

(1)  Andrucci.
(2) Compiègne, pièces justificatives.
(3) Mgr Bouange, note sur une lettre de M. le curé de Cuisery.


Dernière édition par Louis le Jeu 20 Aoû 2020, 6:30 am, édité 2 fois (Raison : Insertion de 2 liens.)

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Message  Louis le Sam 04 Juil 2020, 6:13 am



VIII.

RELIQUES  D'ÉPINES  SIMPLES.

(SUITE)

[pages 218-219]

Sainte-Croix. — La famille Spinelli a, dit-on, donné au trésor de Sainte-Croix une épine qui est enfermée dans un cylindre en cristal de roche de plus de 2 centimètres de diamètre. Elle est droite, d'une surface galeuse, d'une couleur foncée, d'environ 27mm de longueur & 2 à 3mm  de diamètre moyen (Pl. XXI).

Dôme, ou Sainte-Marie-des-Fleurs. — Le grand reliquaire, qui contient des morceaux importants de la vraie croix, renferme également une épine dont la pointe carrée est retournée & attachée dans le haut de la relique. Tout compris, sa longueur pourrait être d'environ 30mm, son diamètre moyen 2mm, sa couleur blanc de laine tirant sur le gris, avec des taches brun foncé; sa surface brillante, sa forme conique à peu près régulière (Pl. XXI).

Saint-Laurent. — D'après Richa, les épines de Saint-Laurent sont au nombre de quatre & conservées dans un magnifique vase en cristal de roche portant le n° 22, avec une portion de la couronne. Quoique j'aie vu tout le trésor, & longuement cherché avec le clerc qui me le montrait la relique en question, il m'a été impossible de la découvrir, les reliquaires ayant perdu leurs numéros d'ordre à la suite de divers transfèrements.

FONTAINEBLEAU. — Il existait autrefois une épine dans le trésor de l'église royale de Fontainebleau (1).

GAND (Belgique).— Épine dans l'église de Saint-Michel, à Gand. Le reliquaire très-riche est une pièce de cristal de roche taillée en forme de croix portant sur le pied en or une inscription qui nous apprend une partie de son histoire. La famille royale d'Écosse possédait une épine qu'on croyait venir de saint Louis. En 1587, lorsque l'infortunée Marie Stuart monta sur l'échafaud, elle remit la sainte épine, que ses ancêtres lui avaient léguée, au comte de Northumberland, qui la donna avant de mourir à sa fille Élisabeth; celle-ci en fit présent à la Compagnie de Jésus qui la plaça dans le précieux reliquaire où elle se trouve aujourd'hui. Plus tard, le R. P. Leclerque, provincial des jésuites à Londres, fit parvenir ce trésor en Flandre pour y être conservé jusqu'à ce qu'on le réclamât. On suppose qu'elle fut portée à Gand en 1763, après la suppression des jésuites dans la Flandre française. Alors ce père recteur la confia à Govard-Gérard van Eersel, seizième évêque de Gand, qui a pu la conserver, en payant à l'État la valeur intrinsèque du reliquaire. A la mort du prélat en 1778, elle passa au vicaire général Maximilien de Meulenaere, lequel l'offrit en 1818 à l'église paroissiale de Saint-Michel (1).

GRAY (diocèse de Besançon). — La paroisse de Gray vénère une épine de la sainte couronne (2).

LAGNY (Seine-&-Marne). — Le roi Robert, après avoir restauré l'abbaye royale de Lagny dévastée par les Normands, lui donna diverses reliques & une épine.

LIBOURNE

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PLANCHE XXI

ÉPINES DE LA SAINTE COURONNE

On a figuré dans le haut de la planche deux faces de l'insigne relique de Pise, un fragment de cette branche vu à la loupe, une branche d'épines conservée à Wevelghem & portée par un petit ange en bronze doré.

La branche d'épines de Trèves a été tracée d'après les planches de dom Calmet, la relique n'existant plus à Trèves. Quoique grossier, ce dessin du savant bénédictin a cela d'important qu'il indique bien le caractère du zizyphus que l'on peut voir aux jardins botaniques de Pise & de Rome.

J'ai dessiné d'après nature les épines de Carpentras, Turin, Pise, Florence, Rome, Saint-Acheul & Nice. On m'a remis des figures exactes de trois épines conservées à Autun dans deux charmants reliquaires figurés dans le haut à droite.

Chablis, Arras, Lyon & les Jésuites de Vaugirard conservent des fragments de joncs enlevés à la couronne de Paris & figurés au bas de la planche.


(Page 212.)

(1) D. Morin. — Pièces justificatives Fontainebleau.
(1) Pièces justificatives.
(2) Mgr le cardinal Mathieu.


Dernière édition par Louis le Mar 08 Sep 2020, 6:51 am, édité 3 fois (Raison : Insertion de 3 liens.)

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Message  Louis le Dim 05 Juil 2020, 5:39 am



VIII.

RELIQUES  D'ÉPINES  SIMPLES.

(SUITE)

[pages 219-220]

LIBOURNE. — En 769, Charlemagne étant à Libourne, à la suite d'une maladie dont il faillit mourir, donna une sainte épine à l'église de Saint-Thomas. Dans la suite des temps elle fut portée dans la chapelle de Notre-Dame-de-l'Épinette, puis rapportée à la chapelle qui avait été dévastée dans les guerres & qui fut alors restaurée, puis à Saint-Thomas, où elle était plus en sûreté, & définitivement à l'église de Saint-Jean où elle est conservée dans une forte armoire en fer scellée dans l'épaisseur du mur de l'église. L'épinette a la forme d'une épine de 2 centimètres de longueur, de couleur foncée, semblable à celle de Saint-Cernin de Toulouse (3).

LONGPONT. — M. l'abbé Aug. Artaud, chanoine honoraire de Versailles, curé de Longpont, nous a signalé dans son église une épine de 2mm de longueur, semblable à celle de Paris (4).

MELUN conserve à l'hôpital de Saint-Nicolas une sainte épine probablement donnée par les rois de France qui habitaient souvent un palais voisin de l'hôpital, dans l'île de Notre-Dame, à Melun (5).

MILAN. — Parmi les reliques données par le pape Pie IV à son neveu saint Charles Borromée se trouvent quatre épines placées dans un reliquaire d'argent & fixées sur une branche d'épines en bronze doré.

Ces épines presque cylindriques, que j'ai dessinées sur place, rappellent celles qui se trouvent sur une espèce de cactus, ayant la forme d'une palette, très-connu en Italie & dans le midi de la France ; leur couleur est celle du chêne sec, les pointes sont émoussées ; leur longueur varie de 30 à 40mm.

NICE. — J'ai vu dans l'église de Saint-Augustin à Nice une épine à deux branches, dont la plus longue a 16mm, cassées dans le haut; sur une face on distingue des côtes, avec quelques taches brunes dans le haut; le fond de la couleur est gris de lin.

Les authentiques ont été perdus pendant la Révolution, mais le père Papocin, ancien augustin, curé en 1792 & encore en 1830, avait reconnu l'identité de la relique (Pl. XXI).

PERPIGNAN. — L'église de Saint-Jean-Baptiste à Perpignan possède une statue de sainte Hélène qui porte à la main droite une custode renfermant trois épines de la couronne de Notre-Seigneur (1).

Il y a encore quatre épines dans l'église de Saint-Matthieu (2).

PONTARLIER. — On vénère une épine dans la paroisse de Pontarlier, diocèse de Besançon, en France.

RAGUSE. — Une autre à Raguse, sous un reliquaire d'argent (3)).

REIMS. — Une à Reims, dans l'église de Saint-Pierre (4).

ROME. Sainte-Croix-in-Jérusalem. — A Sainte-Croix-in-Jérusalem deux épines droites, fines, ont 35mm environ de longueur; elles sont légèrement striées, d'un jaune gris de lin.

Saint-Bernard. — Les religieux de Saint-Bernard-des-Thermes m'ont montré dans leur couvent une épine droite très-aiguë de 20 mm de longueur.

Saint-Laurent-in-pane-perna. — Je n'ai pu voir l'épine de Saint-Laurent parce qu'elle est à la garde des religieuses cloîtrées. Un moine & une autre personne digne de confiance que j'y ai rencontrée m'ont dit qu'elle était très-grande. Je crois qu'ils ont exagéré la mesure. Le fait est, d'après cela, qu'elle doit être entière.

Saint-Pierre. — On voit deux épines à Saint-Pierre.

Diverses églises.


MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Planch70

PLANCHE XXI

ÉPINES DE LA SAINTE COURONNE

On a figuré dans le haut de la planche deux faces de l'insigne relique de Pise, un fragment de cette branche vu à la loupe, une branche d'épines conservée à Wevelghem & portée par un petit ange en bronze doré.

La branche d'épines de Trèves a été tracée d'après les planches de dom Calmet, la relique n'existant plus à Trèves. Quoique grossier, ce dessin du savant bénédictin a cela d'important qu'il indique bien le caractère du zizyphus que l'on peut voir aux jardins botaniques de Pise & de Rome.

J'ai dessiné d'après nature les épines de Carpentras, Turin, Pise, Florence, Rome, Saint-Acheul & Nice. On m'a remis des figures exactes de trois épines conservées à Autun dans deux charmants reliquaires figurés dans le haut à droite.

Chablis, Arras, Lyon & les Jésuites de Vaugirard conservent des fragments de joncs enlevés à la couronne de Paris & figurés au bas de la planche.


(Page 212.)

_____________________________________________________________________________

(3) Renseignements donnés par M. l'abbé Chabannes, curé de Libourne, transmis par M. de Salomon, professeur au collège de Bazas. Pièces justificatives.
(4) Pièces justificatives.
(5) M. l'abbé Denis.
(1) Voir pièces justificatives. Mgr Ramadié.
(2) Ibid.
(3) M. le chanoine Scurla.
(4) D.Marlot, Histoire de l'Église de Reims.


Dernière édition par Louis le Ven 28 Aoû 2020, 7:41 am, édité 3 fois (Raison : Insertion de liens.)

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Message  Louis le Lun 06 Juil 2020, 6:34 am



VIII.

RELIQUES  D'ÉPINES  SIMPLES.

(SUITE)

[pages 220-221]

Diverses églises. — D'après M. Barbier de Montault, les épines que l'on expose dans les églises de Rome sont au nombre de dix-neuf, sans compter les fragments qu'il n'a pas comptés. D'une teinte gris clair, elles sont longues, minces, effilées & aiguës. Quelques-unes, comme à Sainte-Praxède, sont encore rougies du sang de Jésus-Christ (1) (Pl. XXI).

SAINT-ACHEUL. — Il existe à Saint-Acheul, département de la Somme, une épine qui semble avoir été coupée en deux dans le sens de la longueur, en sorte que la partie qui repose sur le fond du reliquaire est plate. Vers l'extrémité, on remarque une tache. Elle a été envoyée de Rome à Saint-Acheul en 1823 par un père jésuite, Joseph Ferrari, qui consentit à s'en dépouiller pour qu'on lui rendît plus d'honneurs. Ce renseignement m'a été donné par le R. P. Dorr, directeur de la maison de Saint-Acheul (Pl. XXI).

SAINT-ÉTIENNE-EN-FOREZ. — L'histoire de Notre-Dame du Puy nous apprend que le jour même où saint Louis reçut la sainte couronne de Sens, il en tira une épine dont il fit présent à Bernard, évêque du Puy, qui l'avait accompagné dans son voyage. L'église de Notre-Dame du Puy avait encore cette précieuse relique à l'époque de la Révolution. Il paraît qu'elle fut alors transportée à Saint-Étienne-en-Forez, où on la conserve aujourd'hui.

SOLEILMONT (Belgique). — Une épine était autrefois en grande vénération à l'abbaye de Soleilmont, près Charleroi, supprimée en 1794.

SOLESMES. — On vénère dans l'église de l'abbaye une des épines du Sauveur donnée avant même que saint Louis eût acquis la couronne. Par un rare bonheur, elle a été conservée & s'y retrouve après toutes nos dissensions civiles (2) .

STANBROOK (Worcester). — M. l'abbé Morrall m'a signalé au couvent de Stanbrook deux ou trois épines qui appartenaient à l'abbaye de Glustenburg avant sa dissolution.

TOULOUSE (France). — Mgr l'archevêque de Toulouse a bien voulu faire ouvrir le reliquaire de la sainte épine de Saint-Cernin & m'en adresser le procès-verbal dans lequel on lit la description suivante :

« La longueur de l'épine est de 41mm. Elle paraît cylindrique, légèrement conique, en forme d'aiguille, à pointe un peu émoussée, à surface lisse, bien que recouverte de poussière blanche. Le diamètre transversal de l'épine à sa base est de 1mm ½. Elle présente une légère courbure, sa couleur est d'un brun châtain. »

Le savant professeur de la Faculté de Toulouse, M. de Cloos, suppose que l'épine qu'il a examinée appartient à une espèce de cratœgus qui croît en Syrie. M. Pietro Savi, de Pise, est du même avis, & pense que cette épine est trop longue pour avoir appartenu au zizyphus spina Christi. Il est permis de croire que le rhamnus n'a pas été la seule épine employée par les soldats pour la sainte couronne (1).

IX. TABLE DES RELIQUES DE LA COURONNE D'ÉPINES…

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Planch70

PLANCHE XXI

ÉPINES DE LA SAINTE COURONNE

On a figuré dans le haut de la planche deux faces de l'insigne relique de Pise, un fragment de cette branche vu à la loupe, une branche d'épines conservée à Wevelghem & portée par un petit ange en bronze doré.

La branche d'épines de Trèves a été tracée d'après les planches de dom Calmet, la relique n'existant plus à Trèves. Quoique grossier, ce dessin du savant bénédictin a cela d'important qu'il indique bien le caractère du zizyphus que l'on peut voir aux jardins botaniques de Pise & de Rome.

J'ai dessiné d'après nature les épines de Carpentras, Turin, Pise, Florence, Rome, Saint-Acheul & Nice. On m'a remis des figures exactes de trois épines conservées à Autun dans deux charmants reliquaires figurés dans le haut à droite.

Chablis, Arras, Lyon & les Jésuites de Vaugirard conservent des fragments de joncs enlevés à la couronne de Paris & figurés au bas de la planche.

(Page 212.)
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MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Page_219
(2) Revue archéologique,avril 1847, p. 67.
(1) Pièces justificatives.


Dernière édition par Louis le Dim 30 Aoû 2020, 6:31 am, édité 2 fois (Raison : Ajout de la note (2) et du lien.)

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Message  Louis le Mar 07 Juil 2020, 6:23 am

.

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Page_222
MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Page_221

[pages 222-223]


X. Jusqu'à présent…

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Message  Louis le Mer 08 Juil 2020, 6:26 am

X.

[pages 223-224]

Jusqu'à présent nous avons examiné les instruments les plus directs du supplice de Notre-Seigneur, tels que la croix, les clous, le titre & la couronne d'épines. Dans les deux chapitres qui vont suivre nous verrons les linges qui ont servi à l'ensevelissement de Jésus-Christ, ses vêtements & ses images imprimées sur des tissus. Le sixième & dernier chapitre sera consacré aux autres instruments & reliques de la Passion, tels que la colonne, la scala santa, la lance, &c., &c, & enfin le saint sépulcre.

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Page_223

Chapitre IV. LES SAINTS SUAIRES

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Message  Louis le Jeu 09 Juil 2020, 5:46 am

CHAPITRE IV

[page 225]

LES SAINTS SUAIRES

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Page_227ES évangélistes, voulant nous montrer l'importance des linges qui servirent à envelopper le corps de Jésus, en parlent plusieurs fois, lorsque Joseph & Nicodème l'ensevelissent suivant la coutume des Juifs & lorsque les apôtres reviennent au sépulcre. Les fidèles ont conservé avec amour ces reliques précieuses & abondantes.  Comme pour la croix, cette abondance pouvant  devenir un prétexte pour nier leur authenticité, j'ai cherché à démontrer que l'ensevelissement juif employait des quantités prodigieuses de tissus.

Malheureusement il nous reste peu de renseignements émanant directement des Hébreux; mais nous en avons de complets sur un peuple avec lequel ils ont été longtemps & souvent mêlés, dont ils ont pris beaucoup d'usages, & dont l'histoire & les monuments, après quarante siècles, nous ont révélé sur ces usages les détails les plus circonstanciés. D. Langellé & les savants qui ont traité ces questions, s'appuyant sur la Bible, sont d'accord pour dire que les Juifs imitèrent de fort près les cérémonies des Égyptiens pour la sépulture de leurs morts. En étudiant donc ces derniers nous apprendrons ce qu'ont fait les premiers. Tel est l'objet des études qui vont suivre & dont on me pardonnera les développements en raison de la gravité du sujet.


A suivre : I. ENSEVELISSEMENT CHEZ LES JUIFS ET CHEZ LES  HÉBREUX...

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Message  Louis le Ven 10 Juil 2020, 6:21 am



I.

ENSEVELISSEMENT CHEZ LES JUIFS ET CHEZ LES  HÉBREUX.

[pages 226-227]

LA GENÈSE. Le plus ancien document nous est fourni par la Genèse (ch. L, v. 2-3-25) «.... Joseph commanda aux médecins qu'il avait à son service d'embaumer le corps de son père. Ils exécutèrent l'ordre qu'il leur avait donné, ce qui dura quarante jours, parce que c'était l'habitude d'employer ce temps pour embaumer les corps morts... Joseph mourut âgé de cent dix ans accomplis, & son corps ayant été embaumé fut mis dans un cercueil en Égypte. »

On voit qu'à propos de l'Égypte l'auteur inspiré confirme le rapprochement dont je viens de parler; & en racontant l'embaumement de Jacob par Joseph & celui de Joseph lui-même, il semble raconter un embaumement égyptien.

SAINT JEAN (1). — Lorsque saint Jean fait voir Lazare, qui avait été mort, sorti du tombeau lié aux pieds & aux mains avec des bandelettes, & le visage enveloppé d'un suaire, ne nous montre-t-il pas une momie avec ses linges & ses bandelettes ?

Nous pouvons donc suivre avec assurance les auteurs qui ont décrit les ensevelissements égyptiens pour y trouver les coutumes juives.

HÉRODOTE. — Le plus ancien de tous, Hérodote, après avoir dit les pourparlers entre la famille & les embaumeurs, continue ainsi :

« Embaumement de 1re classe. — D'abord, avec un fer courbé, ils extraient la cervelle par les narines, du moins la plus grande part, & le reste par l'injection de substances dissolvantes. Ensuite, avec une pierre éthiopienne aiguisée, ils tendent le flanc, font sortir tous les intestins de l'abdomen, le lavent avec du vin de palmier, le saupoudrent de parfums broyés, & finalement le recousent, après l'avoir rempli de myrrhe pure concassée, de cannelle & d'autres parfums dont l'encens seul est exclu. Ces choses faites, ils sèchent le corps dans du natron & l'y laissent plongé pendant soixante-dix jours.

« Au bout de ces soixante-dix jours, ils lavent le corps & l'enveloppent tout entier de bandelettes du linge le plus fin, enduites de gomme, dont les Égyptiens font un grand usage au lieu de colle. Les parents reprennent alors le cadavre, le renferment dans un coffre de bois à forme humaine, & le déposent debout dans la chambre sépulcrale.

« 2e classe.
___________________________________________

(1) Jean, XI, 44.

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Message  Louis le Sam 11 Juil 2020, 6:49 am



I.

ENSEVELISSEMENT CHEZ LES JUIFS ET CHEZ LES  HÉBREUX.

(SUITE)

[pages 227-228]

« 2e classe. — Après avoir rempli leurs seringues d'huile de cèdre, ils injectent cette huile dans l'abdomen du mort sans l'ouvrir ni en retirer les entrailles, & ils ont soin de retenir le liquide de telle sorte qu'il ne puisse s'échapper. Ensuite, ils plongent le corps dans le natron & l'y laissent le temps prescrit, puis ils font sortir des cavités l'huile de cèdre que d'abord ils y ont introduite ; or, elle a assez de force pour emporter avec elle intestins & viscères; elle a tout liquéfié.

« Extérieurement le natron a desséché les chairs, & il ne reste du mort que la peau & les os.

« 3e embaumement, — à l'usage de la classe pauvre.

« Les embaumeurs font dans les intestins une injection de raifort & ils sèchent le corps dans le natron pendant les soixante-dix jours.

« Ils évitent d'user de coutumes grecques, & pour tout dire, d'aucune de celles des autres hommes. »

DIODORE DE SICILE. — Diodore de Sicile, qui vivait quatre siècles après Hérodote, sous Jules César & sous Auguste, complète cette description & y ajoute quelques détails :

« Lorsqu'un Égyptien vient à mourir, les parents & les amis du défunt, après s'être couvert la tête de fange, parcourent chaque jour la ville en se lamentant jusqu’au moment où le corps est déposé dans son tombeau.

« Il y a trois manières pour les funérailles :

« La 1re coûte 1 talent d'argent (1) ;

« La 2e 20 mines (2) ;

« La 3e coûte très-peu.

« Celui qui s'appelle le scribe marque d'un trait sur la hanche gauche du cadavre couché par terre de quelle manière on doit faire l'ouverture. L'inciseur fait, avec un couteau de pierre d'Éthiopie, une incision de la grandeur déterminée par la loi, & s'enfuit, poursuivi à coups de pierres par les assistants, qui ont en horreur ceux qui profanent un mort. Les embaumeurs, au contraire, jouissent d'une grande considération, étant acolytes des prêtres. Réunis autour du corps, l'un d'eux, introduisant sa main par l'ouverture pratiquée sur le cadavre, pénètre dans le thorax & en retire tout ce qui s'y trouve contenu, à l'exception du cœur & des reins. Un autre nettoie les viscères avec du vin de palmier & divers parfums. Enfin, après avoir enduit, pendant plus de trente jours, d'huile de cèdre & de drogues de différentes espèces, la totalité du corps, & l'avoir ensuite parfumé de myrrhe, de cinnamomum & d'autres aromates qui contribuent non-seulement à sa conservation, mais lui donnent encore une agréable odeur, ils le rendent aux parents du mort. Le cadavre est alors si parfaitement préparé que chacun des membres se trouve dans toute son intégrité, au point même que les poils des sourcils, ainsi que les cils des paupières, sont conservés, que l'aspect du corps n'est pas altéré, & que l'on peut aisément reconnaître le caractère de la figure (1). »

ABD-ALLATIF, médecin & historien arabe (1161-1231). Dans une description de l'Égypte (2), fort curieuse pour l'époque où elle a été écrite, parlant des sépultures, dit que les corps sont enveloppés dans des linceuls de toile de chanvre. Il y en a pour lesquels on a employé plus de mille aunes de toiles. Quelle que soit la mesure traduite par le mot aune, l'auteur voulait exprimer une quantité considérable.

CAILL[I]AUD. — Nous arrivons aux auteurs contemporains…
______________________________________________________________

(1) 5,560 francs.
(2) 1,853 francs.
(1) Diodore de Sicile, liv. I, ch. XCI, trad. par Miot, p. 183. Didot, 1835.
(2)  Traduction de Sacy, 1810, 1 vol. in-4º, p. 198.

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Message  Louis le Dim 12 Juil 2020, 6:13 am



I.

ENSEVELISSEMENT CHEZ LES JUIFS ET CHEZ LES  HÉBREUX.

(SUITE)

[pages 228-229]

CAILL[I]AUD. — Nous arrivons aux auteurs contemporains, & parmi les descriptions de momies, très-multipliées de nos jours, je choisirai celles qui se rattacheront de plus près à mon sujet.

On lit dans le voyage de Caill[i]aud à Meroé la description d'une momie de Pétéménon, dit Ammonius, mort à vingt & un ans, le 2 juin 116 de notre ère, qui a été dépouillée le 30 septembre 1823 3 :

« Voici ce qui est relatif aux linges qui la couvraient :

« Une toile peinte avec de riches détails formait l'enveloppe extérieure.

« Avec ses enveloppes la momie pesait 106 kilogrammes. La circonférence de la tête était de 1m,38. On commença par dérouler les bandelettes qui fixaient sur le corps la toile peinte. On trouva ensuite des papyrus; divers morceaux de toile assez grossière ; puis d'autres d'un tissu plus fin ; une espèce de cravate liée avec un nœud plat autour du cou.

« On continua d'enlever beaucoup de linges serrés par d'étroites bandelettes, entre autres trois petites serviettes de toile qu'on eût dit être encore neuves, effilées des deux bouts en forme de franges & pareilles à celles qui sont encore en usage dans le pays.

« Troisième enveloppe, comme la précédente composée de cinq serviettes & de longs morceaux de toile pliés en plusieurs doubles, servant à grossir les côtés, le tout fixé par de longues bandes.

« La quatrième enveloppe, entourée de bandes plus larges, en vieux linge grossier, contenait quatre tuniques égyptiennes ou chemises sans manches & en partie décousues sur les côtés. Ces tuniques ont 3 p. 8. p. de largeur (1m, 20), & les coutures sont artistement faites ; quelques-unes sont réparées, reprisées, avec des pièces bien mises.

« Par-dessus ces tuniques, trois espèces de linceuls fortement imprégnés de bitume enveloppaient entièrement la momie.

« Cinquième enveloppe : bandelettes roulées, les unes en longueur, de la tête aux pieds, les autres transversalement, qui maintenaient quatre grandes pièces de toile assez fine & divers morceaux de beau linge, parmi lesquels se trouvaient trois serviettes en pièces, c'est-à-dire encore unies par leurs extrémités, que de petits liteaux & l'interruption de la trame font reconnaître. »

Paraissait ensuite une nouvelle couche d'asphalte. Toutes ces toiles étaient d'une conservation parfaite; une d'elles a servi de serviette longtemps à l'auteur.

« Parmi ces dépouilles si bien conservées, on distingue encore trois longues écharpes d'une tissure assez belle, quoiqu'un peu grosse, frangées, effilées par chaque bout.

« Après avoir enlevé beaucoup de bandelettes & quinze linges pénétrés d'un bitume jaune, nous en découvrîmes dans la septième & dernière enveloppe sept ou huit autres enduits d'un bitume noir & tenace, adhérant très-fortement à la peau.

« Près de trois heures s'étaient écoulées dans cette opération ; nous avions déroulé 380 mètres de bandelettes de 2 & 3 pouces de largeur, & 250 à 300 mètres carrés (environ 2,800 pieds carrés) de toiles diverses. »

Le corps de la momie du sexe masculin a 1m,73 [5 p. 3 p. 9 lig.).  Les membres étaient enveloppés par une croûte volumineuse de baume, qu'il a fallu enlever avec un ciseau & un marteau  pour arriver à la momie.

PASSALAQUA. — Peu de temps après Caill[i]aud, Passalaqua publiait en 1826 un…
_____________________________________________________

(3) Tome V, p. 8.  

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Message  Louis le Lun 13 Juil 2020, 6:11 am



I.

ENSEVELISSEMENT CHEZ LES JUIFS ET CHEZ LES  HÉBREUX.

(SUITE)

[pages 230-231]

PASSALAQUA. — Peu de temps après Caill(i)aud, Passalaqua publiait en 1826 un catalogue des antiquités découvertes en Égypte. Il y discute l'opinion d'Hérodote qu'il combat dans quelques détails, & parle toujours d'une « épaisse couche de bandelettes & de toile. » Tantôt les membres sont enveloppés séparément, tantôt ils sont réunis, & toujours en définitive couverts par des masses énormes de linges. — Les momies grecques ne diffèrent des momies égyptiennes que par les formes extérieures des boîtes, par la dorure & par une disposition particulière des linges qui enveloppent séparément les doigts.

SAMUEL BIRCH. — Quelques années plus tard, avant 1850, Samuel Birch, décrivant l'ouverture de la momie d'une reine devant des savants anglais (1), constate plusieurs couches de carton formées par une grande quantité de toiles de lin superposées & liées par une substance visqueuse, des globules ou cristaux d'une belle gomme ou d'autres substances, des courroies de cuir se croisant sur la poitrine, des papyrus avec caractères hiératiques, & toujours des quantités considérables de linges.

Le même auteur, à Florence, en 1855, assista au dépouillement d'une autre momie ; il la représente couverte d'une première enveloppe dans toute sa longueur, puis de plusieurs séries d'enveloppes, de petits bandages régulièrement placés pour former des carrés autour de la tète, &c.

DOCTEUR BROCA. — Ce qui domine dans toutes ces descriptions, c'est l'emploi de quantités prodigieuses de linge. Une expérience faite aux yeux de tout Paris lors de l'Exposition universelle de 1867, & décrite par M. le docteur Broca, confirme ces témoignages.

La momie est enveloppée dans un premier suaire en toile rose, maintenu par d'étroites bandelettes dont les nœuds viennent se réunir en avant sur un même point. Elle a sur la poitrine un filet en perles bleues. Six figures de la déesse Patsche, en carton doré d'un seul côté, sont accrochées par la tête à ce filet. Le carton est formé par des morceaux de toile collés ensemble. Sous le suaire rose commence l'enroulement des bandelettes ; leur largeur est de 8 à 10 centimètres, & leur longueur de 5 à 6 mètres. Leur ensemble mesure au moins 250 à 300 mètres.

Leurs plans sont plusieurs fois interrompus par des suaires qui enveloppent entièrement le sujet. Après un dévidage de plus de deux heures, on est enfin arrivé aux bandelettes qui s'enroulent autour des bras & des jambes.

La toile des suaires & des bandelettes, très-remarquablement tissée, est de cinq ou six qualités différentes. Les plus belles portent le nom d'Horus ; mais parmi les compresses non marquées on trouve des pièces grossières, du linge reprisé.

WILKINSON
____________________________________________________________

(1) Account of the examination mummy the archeological journal, septembre 1850, p. 273.

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Message  Louis le Mar 14 Juil 2020, 6:02 am



I.

ENSEVELISSEMENT CHEZ LES JUIFS ET CHEZ LES  HÉBREUX.

(SUITE)

[pages 231-232]

WILKINSON. — On trouve dans un ouvrage anglais de M. Wilkinson, intitulé Mœurs & coutumes (1) des renseignements intéressants que je ne crois pas devoir omettre :

La fabrication des tissus, dit-il, était célèbre en Égypte, qui les exportait chez les nations étrangères; Salomon en acheta beaucoup.

Les vêtements de laine étaient portés surtout par les basses classes, quelquefois aussi par les classes riches, mais jamais par les prêtres. Le coton était porté par toutes.

Les expériences microscopiques du docteur Ure, de Bauer, Thompson & autres montrent que les fibres du lin sont cylindriques, transparentes, articulées & réunies comme dans un roseau. Les fils de coton sont comme un ruban plat avec une lisière à chaque bord. On ne peut donc s'y méprendre, excepté quand le coton n'est pas arrivé à toute sa maturité. Alors la forme plate du centre est moins apparente. Les mêmes expériences, faites sur des linges de momies, ont montré invariablement du lin sans mélange, même de coton.

ITALIE. — J'ai vu à Turin & au musée égyptien du Vatican des momies semblables, sauf quelques légères variantes, à celles du Louvre & à celles dont nous venons de lire la description.

Cette coutume d'envelopper les morts remonte à la plus haute antiquité, persiste chez les Égyptiens sous les dominations grecque & romaine, & se retrouve encore dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. Or, les chrétiens n'ont pu la prendre que des Juifs eux-mêmes, continuateurs des Égyptiens. Étant à Rome, conduit par M. le Cher de Rossi dans les catacombes de Saint-Calixte, je vis deux corps couverts de linges. L'un paraît enveloppé d'une simple toile, où l'on distingue sur le devant les larges coutures qui le fermaient; l'autre embaumé à la manière égyptienne; c'est une vraie momie. Le premier est gris, le second presque noir. Si donc on trouve des dispositions de linges semblables à celles décrites précédemment dans le Ier & le IIe siècle en Égypte & même à Rome, à plus forte raison ne doit-on pas admettre que cet usage était en pleine vigueur au moment où Notre-Seigneur fut mis au tombeau ?

Jusqu'à présent nous avons considéré les linges des momies au point de vue de la quantité de linges, cherchons actuellement, pour terminer ces études, quelles étaient la qualité & la nature de ces tissus.

TISSUS DES MOMIES. — L'obligeante intervention de MM. les conservateurs du musée égyptien du Louvre & du Muséum d'histoire naturelle m'a permis de faire, avec l'aide d'un des premiers industriels de Paris, des observations minutieuses sur des échantillons qu'ils ont bien voulu mettre à ma disposition. Je les ai pesés pour en déduire le poids de l'étoffe au mètre superficiel Note de Louis, j'ai compté les fils de la trame & de la chaîne, & choisi les principaux pour en dresser le tableau ci-après, où ils sont classés d'après leurs poids, en commençant par les plus légers, qui sont en général les plus beaux.

Les villes d'Alençon, Armentières, Bapaume, Cambrai, Lille, le Mans & Mortagne ont des fabrications spéciales, bien connues des personnes qui se servent de ces étoffes. Elles donneront des termes de comparaison entre les saints suaires, les linges de momies & nos tissus de lin. J'ai ajouté quelques prix du commerce, qui sont encore une mesure d'appréciation relative.

TABLEAU OÙ SONT CLASSÉS LES ÉCHANTILLONS DE LINGES DE MOMIES.
_________________________________________________

(1) Manners and customs vol. V, p. 381, & vol. III, p. 115.  

Note de Louis: Le mètre superficiel est ce que l'on appelle communément le mètre carré (m2) .

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Message  Louis le Mer 15 Juil 2020, 6:07 am



I.

ENSEVELISSEMENT CHEZ LES JUIFS ET CHEZ LES  HÉBREUX.

(SUITE)

[page 233-234]

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Page_229

Il ressort de ce tableau que par centimètre la chaîne a presque toujours deux fois plus de fils que la trame ; mais, par contre, les fils de la trame sont beaucoup plus forts, ce qui se rapproche d'une proportion plus avantageuse à la solidité. En disant dans le tableau aux nos 17 & 18 : par deux & trois fils, on entend que deux fils de chaîne se soulèvent en même temps pour faire passer deux & trois fils courant ensemble dans la même navette. Dans les étoffes modernes fabriquées mécaniquement, les nombres de fils à la trame & à la chaîne sont à peu près les mêmes. La moyenne des prix d'étoffes actuelles analogues est de 1 fr. à 1 fr. 20 le mètre superficiel. La couleur des échantillons observés se rapproche de celle du nankin des Indes.

En résumé, après avoir ainsi démontré que la Bible, la tradition, tous les auteurs, & les observations les plus scrupuleuses s'accordent à faire reconnaître jusqu'à 200 & 300 mètres superficiels Note de Louis de linges en lin sur une seule momie, nous allons revenir à l'ensevelissement de Notre-Seigneur ; & en étudiant les reliques des saints suaires nous ne serons point étonnés qu'on en trouve dans tant de lieux divers.

II. ENSEVELISSEMENT DE NOTRE-SEIGNEUR.
________________________________________________________

Note de Louis: Le mètre superficiel est ce que l'on appelle communément le mètre carré (m2)



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Message  Louis le Jeu 16 Juil 2020, 5:51 am



II.

ENSEVELISSEMENT DE NOTRE-SEIGNEUR.

[page 234-235]

D'après tout ce qui précède, il est incontestable qu'un grand nombre de linges ont dû être employés à l'ensevelissement du Sauveur. La respectueuse prodigalité indiquée par l'Évangile dans l'emploi des aromates prouve qu'on n'a pas dû épargner davantage les linges & bandelettes, d'ailleurs nécessaires pour les maintenir. De plus, il est bien probable que l'on conserva tout ce qui avait été sanctifié par le contact de son divin corps.

Saint Jean, en disant que Jésus-Christ fut enseveli suivant la coutume des Hébreux, qui enveloppaient les corps de linceuls de la tête aux pieds, excluait celle des Romains qui brûlaient les corps & conservaient les cendres dans des urnes. Il avait été enveloppé de myrrhe & d'aloès dont les sucs très-amers ont la propriété de préserver les corps de la putréfaction, & dont le poids était de cent livres, tandis que quatre ou cinq livres eussent suffi à la rigueur. Cette grande quantité d'aromates fait voir qu'il n'était pas seulement enduit, mais plongé dans les parfums, pour accélérer l'opération, en évitant de toucher au corps. Ce ne furent pas en effet des hommes habitués à ce travail vulgaire, mais des hommes nobles & de haut rang; c'était Joseph d'Arimathie, riche & décurion, qui avait demandé à Pilate le corps de Jésus ; c'était Nicodème, prince des Juifs, qui avait acheté les aromates. Quoiqu'ils ne le considérassent encore que comme un prophète & un homme vraiment admirable, ils voulaient cependant, dit saint Jean Chrysostome, lui donner, par cette profusion digne de sainte Madeleine, un témoignage de leur amour & de leur foi.

Le suaire dont se servit Joseph d'Arimathie devait envelopper décemment le corps pour le porter au tombeau, indépendamment des autres linges nécessaires à l'embaumement. Nous avons vu, d'après saint Jean, plusieurs linges & un suaire qui avait été sur sa tête. Jésus-Christ était resté dans le tombeau tout le samedi. Le soir de ce jour, sainte Madeleine & Marie, mère de Jacques, & Salomé, revinrent avec des aromates & des parfums, voulant ajouter encore aux honneurs rendus par les hommes dont le dévouement les avait précédées, ou continuer l'opération de l'embaumement qui durait en général quarante jours.

On n'entend plus parler alors de ces objets sacrés dont, trois siècles seulement après, sainte Hélène retrouva les reliques répandues ensuite dans le monde entier. Je vais essayer d'en suivre la trace partout où il en existe & de raconter l'histoire de chacune d'elles.

III. RELIQUES DES SAINTS SUAIRES...


Dernière édition par Louis le Mar 21 Juil 2020, 2:28 pm, édité 1 fois (Raison : Reformatage.)

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Message  Louis le Ven 17 Juil 2020, 5:54 am



III.

RELIQUES DES SAINTS SUAIRES.

[pages 235-237]

BESANÇON. — Un inventaire des saintes reliques de Besançon en 1353 fait mention d'un saint suaire dont il n'était pas question dans un précédent inventaire de 1051. C'est donc dans cet intervalle, c'est-à-dire vers le XIIIe siècle, en 1253 d'après le R. P. Langellé, qu'il a été apporté dans cette ville. Dunod pense, avec les meilleurs critiques, qu'il vint à Besançon après la prise de Constantinople en 1204. En effet, plusieurs seigneurs du comté de Bourgogne prirent part à cette expédition, & l'on sait qu'une des plus douces récompenses de leurs exploits était de pouvoir rapporter quelques reliques insignes dans leur pays, où elles devenaient un monument perpétuel de leurs hauts faits & de leur courage.

Othon de la Roche était un de ces guerriers illustres, & les princes croisés, pour prix de sa valeur, lui laissèrent, disent les chroniques, une des plus belles reliques qui fussent à Constantinople. Othon l'envoya à son père qui la donna en 1206 à Amédée de Tramelay, archevêque de Besançon (1). La relique a été conservée, mais les authentiques ont péri dans un incendie allumé par la foudre en 1349. Les auteurs qui l'ont vue & touchée disent qu'elle était en étoffe de lin terrestre, commun, doux comme celui d'Égypte, souple & tissé avec des dessins, comme du linge damassé. Sa longueur était de 2m,60, sa largeur de 1m,30.

S. E. Mgr le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, auquel j'ai pris la liberté de m'adresser, a eu la bonté de me répondre, & prouve, par les détails dans lesquels il a bien voulu entrer, sa foi dans l'authenticité de cette relique. Malheureusement l'église de Besançon a perdu pendant la Révolution les insignes reliques de la Passion de Notre-Seigneur qu'elle possédait. Elles ont toutes été prises, brûlées ou dispersées. Quant au saint suaire, il ne fut pas brûlé, comme on l'a cru jusqu'à ces derniers temps. Très-désireux de le retrouver, monseigneur a fait pour cela toutes les recherches les plus minutieuses.

Les archives de la préfecture du Doubs conservent la lettre d'envoi à Paris, & l'original de l'accusé de réception. A la Convention le rapport fut fait, selon l'esprit du temps, par le député Vau, de la Côte-d'Or, qui déposa la relique sur le bureau; il n'est pas dit ensuite dans la séance ce qu'on en fit. Le numéro du Journal de Paris du lendemain dit bien qu'on l'a envoyé aux hôpitaux pour en faire de la charpie, mais aucune décision authentique ne se trouvant dans le Moniteur, Son Éminence a fait compulser les archives & toutes les bibliothèques de Paris sans amener aucun résultat.

Tout ce qui reste à Besançon des appartenances du saint suaire est le coffret de bois dans lequel était renfermé celui de vermeil contenant le saint suaire. Ce coffret est d'un bois de senteur, médiocrement travaillé, avec des arabesques d'origine orientale.

On peut lire dans la Vie des saints de la Franche-Comté, par les professeurs du collège de Saint-François-Xavier de Besançon, en 1856, une histoire très-intéressante du saint suaire de Besançon, de son arrivée en France, de son culte, des miracles qu'on lui attribue. Son Éminence m'en a envoyé la copie ; il y a joint l'extrait latin de l'exposé qu'il avait fait à Rome, en 1862, sur les affaires du saint suaire, afin d'en obtenir l'office propre, qui lui a été accordé (1).

CAHORS
________________________________________________

(1) Vie des saints de la Franche-Comté.
(1) Voir aux pièces justificatives. — Besançon.



Dernière édition par Louis le Mar 08 Sep 2020, 6:56 am, édité 2 fois (Raison : Reformatage et pièces justificatives.)

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Message  Louis le Dim 19 Juil 2020, 6:17 am



RELIQUES DES SAINTS SUAIRES.

[pages 239-240]

(SUITE)

CAHORS. — M. Philippe Maury, curé de la cathédrale de Cahors, m'a remis sur la sainte coiffe de cette ville une note d'où j'extrais ce qui suit :

«..... La cathédrale de Cahors possède une très-précieuse relique honorée sous le nom de sainte coiffe ou suaire de la tête de Notre-Seigneur. C'est un linge composé de trois doubles en fin lin d'Égypte superposés (M. Champollion, après l'avoir attentivement examiné, déclara que ce linge, d'après sa structure, devait remonter à l'époque de Notre-Seigneur). Les doubles extérieurs & intérieurs sont comme une gaze très-légère ; la sainte coiffe affecte la forme d'un serre-tête, qui s'agrafait sous le menton par une boutonnière, destiné à une assez grande tête. Elle est tachée de plusieurs taches de sang, de deux en particulier qui traversent tous les doubles. D'après une tradition non interrompue, quoique vague dans son origine, cette relique fut donnée par Charlemagne ou quelque personne de sa famille à l'église de Cahors, l'une des plus anciennes des Gaules.  Le pape Calixte II, en 1119, vint la visiter & consacrer lui-même l'autel de la chapelle du Saint-Suaire, & le grand autel de la cathédrale.

« Jusqu'à la révolution de 89, il y avait chaque année un immense concours de pèlerins à Cahors, aux fêtes de la Pentecôte, pour venir vénérer la relique.

« Le malheur des temps avait fait baisser ce culte qui se continue néanmoins dans le diocèse, qui a un office particulier de la sainte coiffe, approuvé par le saint-siège. »

CARCASSONNE...


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Message  Louis le Lun 20 Juil 2020, 5:44 am



III.

RELIQUES DES SAINTS SUAIRES.

[page 240]

(SUITE)

CARCASSONNE. — A l'hôpital du Pont, dans la ville de Carcassonne, le saint cabouin (coiffe) de Notre-Seigneur est l'objet d'un culte populaire (1).

COMPIÈGNE
_______________________________________

(1) M. l'abbé Denis, chanoine de Meaux.


Dernière édition par Louis le Mar 21 Juil 2020, 2:26 pm, édité 1 fois (Raison : Reformatage.)

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Message  Louis le Mar 21 Juil 2020, 6:20 am



III.

RELIQUES DES SAINTS SUAIRES.

(SUITE)

[pages 240-241]

V.

COMPIÈGNE. — On conservait dans l'église de Saint-Corneille, à Compiègne, un linceul blanc qu'on appelle le saint suaire de Jésus-Christ, & beaucoup d'autres bandelettes que l'on croyait venir de la même origine. Il paraît avoir été apporté en 877 par Charles le Chauve, d'Aix-la-Chapelle qui le devait à la munificence de Charlemagne. Il était alors enfermé dans une boite d'ivoire ayant la forme d'une église. Il fut ensuite placé en 1092 dans une châsse magnifique |ornée des pierres les plus précieuses & donnée par Mathilde, femme de Guillaume le Conquérant, par un acte de Foucault de Bonneval avec le sceau de Philippe, roi de France.

La châsse fut ouverte en 1516 & le 15 août 1628, Le procès-verbal de cette seconde ouverture indique que le linceul était plié en rouleau, enfermé dans deux doubles enveloppes de soie attachées par des cordons de soie de couleur. Ayant ôté ces enveloppes, on vit le saint suaire dont l'étoffe est si ancienne qu'on ne put qu'à grand'peine distinguer sa qualité. Elle est coffinée & fait plusieurs replis. Les liqueurs & onguents aromatiques dont on l'a imbibée la rendent plus épaisse & empêchent qu'on ne puisse discerner sa couleur. En général la plupart des assistants ont pensé que c'était un tissu de coton ou de lin fin façonné en damas. Sa longueur est de 2m,40 sur plus de 1m, 20 de largeur. L'inventaire, dont le manuscrit existe encore entre les mains de M. l'abbé Bourgeois, a été dressé en 1666, &vérifié onze fois par les hommes les plus sérieux jusqu'au 27 octobre 1684. Dom Langellé (1) confirme tous ces détails & applique à cette insigne relique une épigraphe tirée de Tertullien :

Mea est possessio, olim possideo, prias possideo, habeo origines firmas ab ipsis autoribus quorum fuit res.

Depuis la Révolution il n'en existe aucune trace. On dit que cette précieuse étoffe, tombée entre les mains de femmes ignorantes, avait servi à des usages profanes jusqu'à ce que, réduite à l'état de chiffons, elle ait cessé d'exister (2).

TURIN...
__________________________________________________________________________

(1)  Histoire du saint suaire de Compiègne Paris, 1684, in-12.
(2)  Chifflet, De linteis sepulchralibus Christi, Antuerpiæ, 1624, in-40, ch. XXVI,  & aux pièces justificatives, Compiègne. Mgr Gignoux, évêque de Beauvais ; M. l'abbé Millière, vicaire général ; & M. l'abbé Bourgeois, archiprêtre de Compiègne.




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Message  Louis le Mer 22 Juil 2020, 5:53 am



III.

RELIQUES DES SAINTS SUAIRES.

(SUITE)

[page 241-242]

TURIN. — Baillet, qui d'ailleurs a souvent besoin d'être contrôlé, raconte avec beaucoup de développement l'histoire du saint suaire de Turin.

Les chanoines de Liré en Champagne, à trois lieues de Troyes, reçurent cette relique de Godefroy de Charny, gentilhomme de Bourgogne, gouverneur de Picardie, qui la fit placer dans l'église qu'il fondait à cette intention, le 20 juin 1353. Il disait l'avoir conquise dans la guerre contre les infidèles, & reçue de Ugon IV, roi de Chypre, à qui il avait rendu de grands services.

Dès qu'elle fut exposée, elle attira à Liré un grand concours de fidèles. Cependant l'évêque de Troyes, Henri de Poitiers, n'y voyant pas d'authenticité suffisante, défendit aux chanoines de l'exposer. On l'emporta hors du diocèse dans un lieu où elle resta près de vingt-quatre ans. Vers l'an 1378, Godefroy de Charny le jeune, fils du fondateur de l'église, obtint du légat de Clément VII, à Avignon, la permission de placer le saint suaire dans l'église, sans être obligé de prendre le consentement de son évêque. L'évêque de Troyes, Pierre d'Arcies, défendit cette exposition, sous peine d'excommunication, jusqu'à ce que le pape en ait ordonné. Godefroy obtint contre cette défense un ordre du roi Charles VI pour la permettre. Sur la réclamation de l'évêque, le roi révoqua cette permission le 4 août 1389. Godefroy de Charny alla lui-même à Avignon se pourvoir devant Clément VII, qui confirma la permission donnée par le légat. L'évêque adressa alors une requête au pape, démontra que ce qu'on croyait être une impression du corps de Jésus-Christ sur la toile n'était qu'une peinture faite de main d'homme; que, d'après l'opinion commune, on était persuadé que ce suaire n'ayant jamais servi à Jésus-Christ, son exposition publique choquait les honnêtes gens & toutes les personnes de bon sens, & qu'elle portait le petit peuple à la superstition. Clément, se rendant aux raisons présentées par l'évêque, trancha la question & donna un bref du 6 janvier 1390 par lequel il permit d'exposer le drap sans ornements ni cierges, avec un écriteau indiquant que ce n'était pas le vrai suaire de Notre-Seigneur, mais une simple représentation comme les autres tableaux. Les chanoines y renoncèrent (1).

Chifflet confirme l'opinion de Baillet…
__________________________________________________________

(1) Baillet, Vies des saints, t. IV, p. 259.

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Message  Louis le Jeu 23 Juil 2020, 6:39 am



III.

RELIQUES DES SAINTS SUAIRES.

[page 242]

TURIN. [SUITE]

Chifflet confirme l'opinion de Baillet, en se contentant de rapporter que Clément VII interdit de montrer cette relique en public pour ne pas engager un peuple ignorant & grossier dans de vaines démonstrations religieuses, & continue son histoire sans avoir égard à ces objections. Dom Langellé dit qu'il importe peu que plusieurs se soient déclarés contre le culte de ce linge sacré, puisqu'on leur oppose un grand cardinal, saint Charles Borromée, & d'autres personnes; & de plus des bulles du pape, les miracles & le consentement des auteurs du XVIe & du XVIIe siècle.

Le saint suaire demeura ainsi renfermé jusqu'en 1418; les guerres civiles engagèrent les chanoines à le déposer avec d'autres reliques dans le château de Humbert, comte de la Roche, seigneur de Villers-Seyssel, qui avait épousé Marguerite de Charny, petite-fille & héritière de leur fondateur. Le comte donna aux chanoines un acte de reconnaissance en date du 6 juillet 1418.

Après sa mort, Marguerite fut condamnée par arrêt du parlement de Dôle, en Franche-Comté, à rendre le dépôt de Lire. Elle rendit en effet les reliques & les joyaux de l'église, en retenant seulement le saint suaire, sous prétexte que c'était une acquisition faite à la guerre par son grand-père Godefroy, & qui lui appartenait à titre d'héritière.

Un autre arrêt du même parlement du 8 mai 1443 lui permit de le garder encore trois ans, moyennant une somme d'argent qu'elle devait payer à l'église de Liré. Marguerite usa de divers délais, jusqu'à ce qu'étant allée à Chambéry en 1452, elle le laissa à la duchesse de Savoie, Anne de Chypre-Lusignan, & lui en fit donation par un acte dressé le 22 mars. Dès l'année suivante, le duc de Savoie fit battre des médailles avec des revers où était figuré le saint suaire, tenu par une femme à genoux ; & on commença à lui rendre un culte public à Chambéry. Les chanoines de Liré, ayant su ce qu'avait fait Marguerite, lui intentèrent un nouveau procès, & obtinrent de l'official de Besançon une sentence d'excommunication contre elle en 1457, sans pouvoir néanmoins en tirer aucune raison.

Après sa mort, ils prirent occasion du voyage que le duc de Savoie fit à Paris…

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Message  Louis le Ven 24 Juil 2020, 6:30 am



III.

RELIQUES DES SAINTS SUAIRES.

[pages 242-243]

TURIN. [SUITE]

Après sa mort, ils prirent occasion du voyage que le duc de Savoie fit à Paris en 1464 pour aller lui demander justice, & réclamer le saint suaire; mais au lieu de restituer la relique, il leur donna 50 francs (4 du petit poids) d'or de rente perpétuelle, payable au jour de saint André.

Le duc aîné, son fils, bâtit pour le saint suaire, dans le château de Chambéry, une chapelle qui fut érigée en église collégiale par une bulle de Paul II. Le saint suaire fut ensuite transporté à Vercelli, puis à Nice, où une rue porte le nom de Saint-Suaire, puis encore à Vercelli; enfin rendu à Chambéry en 1563. Emmanuel-Philibert le fit porter à Turin en 1578 pour épargner un pèlerinage à pied à saint Charles Borromée & l'y garda, malgré les promesses de le rendre à Chambéry (1). Cette relique était, au XVIe siècle, l'objet d'une si grande vénération, qu'en 1516, à la suite d'un vœu, François Ier vint à pied de Lyon à Chambéry pour la visiter.

Jusqu'à nos jours elle ne quitta plus le riche sanctuaire que les souverains du Piémont lui ont élevé, & le dernier souvenir qui s'y rattache est tout à fait contemporain. Lors du mariage de Victor-Emmanuel à Turin, & à cette occasion, le saint suaire fut transféré de la chapelle où on le conserve au Palais-Madame; un témoin oculaire, aussi éclairé que digne de foi, Mgr Jeancart, évêque de Cérame, ayant assisté à cette imposante cérémonie, & vu le respect dont la relique était entourée, a eu la bonté de m'en raconter les détails, & d'y joindre la description suivante : « C'est une pièce d'étoffe de 4 mètres environ de longueur, en lin, un peu jauni par le temps & rayé comme du basin. De grandes taches, dont quelques-unes indiquent certainement la place de la tête, ne peuvent être attribuées qu'au sang divin dont ce saint suaire fut décoré. Le temps a fait dans le tissu des trous imperceptibles dont quelques-uns ont été réparés par les princesses. »

À suivre : DIVERS SAINTS SUAIRES...
____________________________________________

(1)  Baillet.

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Message  Louis le Sam 25 Juil 2020, 6:41 am



III.

RELIQUES DES SAINTS SUAIRES.

[page 243-244]

DIVERS SAINTS SUAIRES, — On parle d'autres linges sacrés désignés à tort sous ce nom, & entre autres d'un saint suaire qui aurait été cédé par Beaudouin à saint Louis. A Aix-la-Chapelle, peut-être le même qui fut apporté à Compiègne. A  Saint-Jean-de-Latran (2), à Sainte-Marie-Majeure,  à Saint-François-à-Ripa, à Sainte-Marie-in-Transtevere,  à Saint-Marc à Rome. A Jaën, ville d'Andalousie.

C'est un voile de la Véronique dont il sera question ci-après. Chez les religieuses d'Enxobregas près Lisbonne, avec la peinture du corps de Notre-Seigneur. A Toulouse (1). Et à Mayence. Dom Morin (2) en signale un fragment à l'abbaye de Ferrières.

J'ai vu à Lyon une parcelle du saint suaire provenant de la Sainte-Chapelle de Paris, de 26mm de long sur 18mm de large. On compte dix-neuf fils sur cette largeur. C'est une étoffe de lin tout unie, d'un tissu très-soigné, &, pour la finesse, comparable à ce qu'on appelle du gros Cambrai.

Il n'y a rien d'extraordinaire à ce que l'on trouve une si grande quantité de morceaux de linges, qui peuvent être des fragments de bandelettes. Si c'eût été des suaires entiers, on n'eût pas manqué de me les montrer à Rome, lorsque j'y cherchais avec tant de soin toutes les reliques de la Passion.


CHAPITRE V. LES VÉRONIQUES – LES SAINTES ROBES
________________________________________________

(2)  Chifflet,  De linteis sepulchralibus Christi.
(1) Guinaumont.
(2) Histoire du Gâtinais.

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Arc_de11

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Message  Louis le Dim 26 Juil 2020, 5:58 am

CHAPITRE V

LES VÉRONIQUES – LES SAINTES ROBES.

I

LES VÉRONIQUES.

[page 245-246]

MÉMOIRE sur les instruments de la Passion de N.-S. J.C. - Page 3 Page_230ES suaires nous sommes naturellement conduits à d'autres étoffes également sanctifiées par l'attouchement divin de Notre-Seigneur & d'abord à celles où l'on croit que sa sainte face a été imprimée.

Véronique du Vatican.— Saint Luc dit que Notre-Seigneur fut accompagné au Calvaire par une grande foule, & surtout par des femmes en pleurs auxquelles il dit : « Pleurez sur vous &vos fils, & non sur moi. » La tradition ajoute que l'une d'elles lui présenta un voile pour l'essuyer, & que ce voile étant plié en trois, l'image de Jésus-Christ se trouva trois fois représentée. On croit que la sainte femme qui essuya le visage de Notre-Seigneur s'appelait Bérénice ou Vénice dont, par corruption, on aurait fait Véronique, vraie image, appliquant à celle qui portait le voile le nom du portrait qui s'y imprima (1). On a conservé, dit-on, ces images dont l'une serait en Espagne, l'autre était à Jérusalem & la troisième est à Rome.

Celle-ci, apportée du temps de Tibère, aurait contribué à une guérison de cet empereur. Constantin l'aurait placée dans la basilique de Saint-Pierre, où dix fois par an on la montre au pape, aux cardinaux & aux fidèles agenouillés sur les dalles de la nef.

Une inscription, copiée par M. le chanoine Barbier de Montault dans la diaconie de Sainte-Marie-des-Martyrs, où l'on garde précieusement à l'autel du Crucifix les restes vermoulus d'un coffret de bois qui servit au transport de la sainte relique, nous apprend comment, par les mains mêmes de sainte Véronique, le voile de la sainte face vint de Palestine à Rome, Area in qua sacrum sudarium olim a diva Veronica delatum Romam ex Palestina hac in Basilica annis centum restituit.

Ce qu'il y a de certain, c'est que Jean VII lui fit faire un reliquaire en 705.

Le 23 novembre 1011, le pape Sergius lui consacra un autel dans l'église de Saint-Pierre au Vatican.

En 1200, Innocent III en fit mention dans le sermon du premier dimanche après l'Épiphanie.

En 1298, Boniface VIII enleva la relique de l'église du Saint-Esprit, où elle se trouvait alors, & la rapporta à la basilique du prince des apôtres.

Au XVe siècle, on établit une messe votive de la sainte Véronique ou sacrée représentation de Jésus-Christ.

En 1606, Paul V la plaça dans la nouvelle basilique de Saint-Pierre (1).

A Rome le cardinal Baronius, à Milan saint Charles Borromée, firent retrancher des titres liturgiques la fête de la sainte Véronique pour la remplacer par celle de la sainte Face de Notre-Seigneur. Benoît XIV, qui l'avait en grande vénération, ainsi que Urbain VIII, dit : « Que Véronique soit le nom d'une femme ou celui de la relique elle-même, il est certain que cette relique est honorée depuis beaucoup de siècles dans la basilique du Vatican. »

C'est ici, ce me semble, le lieu de rappeler ce que dit si sagement le savant dom Mabillon…
______________________________________________

(1) Baillet, t. IV, p. 21.
(1) Chifflet, ch. XXXIV.

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Message  Louis le Lun 27 Juil 2020, 7:08 am

CHAPITRE V

I

LES VÉRONIQUES.

[page 246-247]

Véronique du Vatican. [SUITE]

C'est ici, ce me semble, le lieu de rappeler ce que dit si sagement le savant dom Mabillon :

« Là où la tradition est immémoriale & l'identité établie, la possession du culte est un titre solide, qui ne pourrait être détruit que par des preuves certaines & évidentes... La présomption est en faveur des reliques qui jouissent de ces avantages ; car on ne les a pas exposées d'abord sans les avoir bien examinées. Les anciens canons le prescrivent,.. Il est donc de l'équité de juger en faveur de la possession, à moins qu'on n'ait de bonnes raisons d'en douter, mais des raisons précises & non vagues & générales. »

On distribue à Rome des gravures représentant une image très-nette de Notre-Seigneur. C'est plutôt une indication qu'une copie de la relique, où l'image est très-effacée. Les chanoines de Saint-Pierre ont seuls le privilège de voir cette insigne relique, qui est cachée même aux cardinaux. La réunion des évêques à Rome pour l'immaculée Conception a fait faire une heureuse exception à cette règle, & permis à M. l'abbé Barbier de Montault, qui se mit sous la conduite de l'un d'eux, de la voir de près, & de raconter ainsi sa visite dans les Annales archéologiques.

« Le 8 décembre 1854, on fit descendre cette insigne relique sur l'autel du Saint-Sacrement entre la sainte lance & le bois de la vraie croix. La sainte face est enfermée dans un cadre d'argent doré par endroits & de forme carrée, sévère d'aspect, & peu rehaussée d'ornements. La simplicité du relief fait d'autant plus ressortir l'intérieur du tableau, que protège un cristal épais. Malheureusement, par une de ces coutumes trop fréquentes en Italie, une lame de métal couvre l'intérieur & ne laisse dégagée que la figure dont elle dessine les contours. A ces contours franchement accusés l'on soupçonne de longs cheveux qui retombent sur les épaules, & une barbe courte qui se bifurque en deux mèches peu fournies. Le reste des traits est si vaguement dessiné, ou plutôt si complètement effacé, qu'il m'a fallu la meilleure volonté du monde pour apercevoir la trace des yeux & du nez. Ce qui augmente encore la confusion est une résille à mailles espacées, placée là dans le but d'empêcher le linge de tomber par morceaux. En somme on ne voit pas le fond de l'étoffe, cachée par une application inutile de métal, & à l'endroit de l'empreinte on n'aperçoit qu'une surface noirâtre & ne donnant pas de forme de figure humaine (1). »

VÉRONIQUE DE JAËN (ESPAGNE)
_______________________________________________________________________

(1) L'abbé Barbier de Montault, Annales archéologiques, t. XXIII, p. 231.

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