VIE DE GEMMA GALGANI - La Séraphique Vierge de Lucques - R. P. Germain

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Message  Monique Jeu 02 Sep 2021, 7:53 am

En ce même mois de septembre 1899 (les raisons de santé ramenèrent à Lucques le père Gaétan) en apprenant l'issue de l'examen médical et son influence défavorable sur l'esprit deMonseigneur Volpi, lui-même sentit sa conviction première fortement ébranlée. Mais le Seigneur daigna tenir à son égard la même conduite qu'envers l'apôtre saint Thomas. « Portez ici votre doigt ; considérez mes mains et ne soyez pas incrédule mais fidèle. » Pendant les deux mois de son séjour dans la ville, le père Gaétan revit à loisir le phénomène de la stigmatisation, il observa, il palpa et bientôt ses doutes s'évanouirent. Dans une lettre à Monseigneur il s'empressait d'annoncer qu'ayant tenu à refaire l'expérience du médecin il avait fait laver à trois ou quatre reprises les plaies des mains, d'apparence profonde ; elles n'avaient pas disparu et le sang, un instant arrêté, avait repris chaque fois de couler.

Le très révérend père Pierre-Paul, que ses fonctions de provincial ramenaient fréquemment à Lucques, le chevalier Mateo Giannini, son épouse, son fils aîné, et notamment sa sœur madame Cécilia, toutes personnes fort honorables et absolument dignes de créance, eurent maintes et maintes fois l'occasion de constater pendant l'espace d'un an et demi, après comme avant la visite du docteur, les stigmates et les autres signes de la Passion qui feront l'objet de la fin de ce chapitre. Le témoignage du très révérend père Pierre-Paul est particulièrement autorisé. Sa doctrine, son zèle et sa prudence dans le gouvernement, dans la direction des âmes et dans le ministère apostolique sont connus et appréciés en Italie. Après qu'il eut exercé quelque temps la charge de Supérieur Général de la Congrégation des Passionistes, le Souverain Pontife Pie X lui confia la visite apostolique de dix diocèses importants, et finit par l'élever au siège archiépiscopal de Camérino.

Aux attestations précédentes on voudra bien me permettre de joindre la mienne, car j'eus dans la suite toutes les facilités de vérifier et de contrôler rigoureusement les faits prodigieux qui plut à Dieu d'opérer en sa servante.

Reste, il est vrai, relativement aux stigmates, l'infructueuse épreuve du médecin, mais la déposition de plusieurs membres dc la famille Giannini, confirmant la réalité des plaies avant l'examen ; la prédiction miraculeuse de cet examen et de son inutilité, puis la disparition subite, sous les mains du docteur, de plaies ou blessures certainement existantes puisque le sang s'épanchait, constituent une preuve évidente du caractère surnaturel du phénomène. Tout s'était passé comme l'avait annoncé Gemma de la part de Jésus. On eut été bien plus en droit. dans le cas contraire, de suspecter la réalité de ses communications avec le Sauveur, et partant l'origine divine des stigmates.

Admirons ici les dispositions de la Providence. La jeune fille ne vivait point dans la solitude d'un cloître fermé à la curiosité publique, mais au milieu du monde. La nécessité de se rendre de sa maison dans celle des Giannini, on à l'église pour l'audition de la sainte messe, la réception de l'Eucharistie et la visite du très Saint Sacrement l'obligeait de sortir plusieurs fois le jour. Seuls, quelques membres très sûrs de la famille Giannini connaissaient les faits extraordinaires en question, et le secret en était si bien gardé qu'en réalité on les ignorait dans la ville de Lucques. Mais que fût-il arrivé si le médecin ou d'autres étrangers eussent constaté l'existence des stigmates et des autres signes merveilleux ? Que d'épreuves et de contre-épreuves dans la suite ? Que de curieux guettant les sorties de Gemma ou son arrivée à l'église ? L'humble vierge fut devenue le sujet des conversations de toute la ville, et des moqueries d'un grand nombre. Le Seigneur. en soustrayant au regard du médecin et d'autres profanes le prodigieux phénomène, humilia sa servante et tint cachée cette gemme précieuse.

Du reste la prudence, la sagesse, la doctrine et l'honorabilité des personnes qui observèrent ces prodiges, y compris Monseigueur Volpi lui-même, peuvent bien suppléer à l'insuccès de l'inspection médicale. La science ne peut avoir la prétention de donner l'explication du surnaturel, elle doit se borner à la constatation des faits. Or le témoignage des savants n'est pas indispensable pour qu'un fait soit admis. Quiconque a des yeux pour voir, les mains pour toucher peut en attester la vérité. Et comme dans notre cas le phénomène, n'étant point permanent, se manifestait par reprises diverses, le savant pourra seulement affirmer qu'au moment de son inspection il ne s'est pas produit. Mais pour le rendre indubitable, la parole des témoins très dignes de foi qui l’ont observé bien des fois doit suffire.


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Message  Monique Ven 03 Sep 2021, 8:19 am

Les autres signes de la Passion dont je vais parler, en empiétant pour certains sur l'ordre chronologique, n'ont pas été moins sévèrement vérifiés dans la servante de Dieu.

Les saints favorisés des cinq stigmates en même temps sont rares. L'Esprit souffle où il veut et comme il veut, atteignant toujours ses très hautes fins, Il Lui a plu de diriger particulièrement sur l'heureuse Gemma le torrent de ses faveurs, et de lui donner part, non seulement aux cinq plaies simultanées du divin Crucifié, mais à tous les supplices de sa Passion.

La prodigieuse sueur de sang mentionnée dans son récit par Monseigneur Moreschini, et que j'avais eu déjà l'occasion de signaler, fut constatée fréquemment chez l'angélique jeune fille durant ses méditations sur l'Agonie du jardin des Oliviers ou sur d'autres mystères de la Passion. Elle n'apparaissait cependant pas dans ses extases périodiques du jeudi et du vendredi, mais en d'autres, et parfois même lorsqu'elle jouissait de la plénitude des sens. Comprimé dans le cœur et les artères par la véhémence de sa compassion douloureuse, le sang sortait par tous les pores, spécialement par ceux du côté gauche de la poitrine, qui renferme le cœur, et Gemma baignait alors littéralement dans son sang.

Avec quel respect les anges devaient le recueillir et le présenter au Seigneur, afin d'apaiser sa justice par les mérites de l'innocente victime qui le répandait si généreusement à l'exemple du divin supplicié du Calvaire !

La flagellation du Rédempteur suivit de près sa sueur sanglante de Gethsémanie. Notre jeune vierge contemplait toujours ce douloureux mystère avec un sentiment spécial de dévotion. Comptant une à une les plaies profondes creusées par les fouets sur le corps sacré de son céleste Époux, elle disait : « Toutes sont des œuvres d'amour. » Et l'envie la consumait de les voir également imprimées dans sa propre chair. Les extases où le Seigneur se montrait couvert de plaies, qu'il l'invitait à toucher et à baiser, n'étaient point faites pour tempérer le feu de ses désirs.


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Message  Monique Sam 04 Sep 2021, 8:24 am

Enfin, le premier vendredi de mars de l’année 1901, pendant son extase habituelle, tandis qu'elle suppliait avec, larmes son divin Époux de lui donner quelque participation au martyre de sa flagellation, elle se vit exaucée. « Vendredi, vers deux heures, m'écrivait-elle, Jésus m'a fait sentir quelques petits coups. Je suis toute plaies, mon père, et j'en souffre un tant soit peu. Vive Jésus ! » Ces plaies étaient loin d'être imaginaires. Madame Cécilia, qui les a bien des fois attentivement examinées, en donne la description suivante :

« Le premier vendredi de mars, je m'aperçus que Gemma souffrait plus que de coutume dans son extase. Je lui pris un bras ; il portait de grandes raies rouges. J'en approchai un mouchoir ; il fut taché de sang. Comme la sainte enfant paraissait souffrir beaucoup et que je l'entendais dire : « Seraient-ce vos coups, ô Jésus ? » je pensai à une invisible flagellation. Cela se renouvela les trois autres vendredis de mars, avec aggravation progressive. Le second vendredi, le corps de l'extatique était déchiré ; le troisième, on apercevait presque les os ; le quatrième, c'était une chose sans nom : des plaies de toutes parts, et d'une profondeur, par endroits, d'un centimètre. Après deux ou trois jours elles disparaissaient sans laisser de traces. Je voulus une fois bander deux de ces plaies mais elles s'envenimèrent au lieu dc se refermer, et je ne pus enlever le pansement sans réveiller les plus vives douleurs ; leur guérison s'effectua peu à peu d'elle-même. Les autres s'étaient cicatrisées sans délai. »

« Ces plaies se distribuaient ainsi : deux sur chaque bras, longues de quatre à cinq centimètres et très profondes ; une à la poitrine, bien au milieu et dans la direction de la gorge ; deux au-dessus du genou, les plus considérables et plutôt oblongues ; deux aux genoux, comme d'ailleurs au coude, lesquelles découvraient presque l'os ; deux à chaque mollet, rondes et plus grandes qu'une pièce de deux francs ; deux autres sur le devant de la jambe, le long de l'os ; une enfin, profonde et plus ou moins circulaire, à chaque cou-de-pied. Il y en avait d'autres sur le tronc, dont je n'ai bien pu me rendre compte. »

Le premier vendredi on n'apercevait, je l'ai déjà dit, que des raies sanguinolentes ; mais dans la suite ce furent de profondes déchirures, et comme j'en demandais à Gemma la raison. elle répondit : « D'abord c'étaient les verges ; maintenant ce sont les fouets. » Pour vous faire une idée de son état lamentable, représentez-vous le grand crucifix de notre salle à manger, aux pieds duquel elle aimait tant à prier. La ressemblance était parfaite mêmes meurtrissures, mêmes déchirures de la peau et des chairs dans les mêmes parties du corps, même aspect émouvant. Le sang s'en échappait par ruisselets dont quelques-uns mesuraient de quarante à cinquante centimètres de long sur cinq de large ; il descendait jusqu'à terre si elle était debout, et, lorsqu'elle était couchée, mouillait les draps de lit, trempant tout le matelas.

Ceux qui ont pu voir ces plaies vives en font la même description. Leur origine surnaturelle n'est point contestable, car il eût été impossible à la jeune fille de se déchirer de la sorte avec des disciplines ou d'autres instruments de pénitence. D'ailleurs ces horribles blessures se formaient durant l'extase même, en présence de témoins, et disparaissaient avec une rapidité humainement inexplicable. On devinait à l'attitude de la chère victime combien elle devait souffrir sous les coups invisibles qui ouvraient de telles plaies dans la chair vive. « Pendant la flagellation, dit un témoin, elle apparaît en proie à de terribles souffrances, mais ne remue pas. Parfois surviennent de légères convulsions, et les bras tremblent. Il est évident qu'elle possède alors toute sa sensibilité. Pauvre enfant, à la voir ainsi souffrir, comme le cœur se serre Et savez-vous ce qu'elle me dit au milieu de ces tortures ? « Recommandez-moi beaucoup à Jésus. » Je l'entends ajouter : « Ô ma céleste Mère ! Ô Père éternel ! » Après l'extase, elle ressent de la faiblesse, mais pour peu de temps. J' ai remarqué qu'elle garde parfaitement le souvenir de tout ce qui s'est passé. »


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Message  Monique Dim 05 Sep 2021, 8:17 am

On ne sait si ce phénomène mystique se renouvela d'autres fois que les vendredis de mars de l'année 1901. Il se pourrait, car l'humble vierge apportait une habileté sans égale à tenir dans le secret les dons de Dieu. Un jour qu'elle avait demandé à madame Cécilia la permission de prendre un bain dans la maison, parce qu'elle sentait, disait-elle, ses vêtements collés à la chair, on trouva ce corps virginal sillonné en tous sens de larges plaies desséchées, où la chemise s'était incrustée par endroits. Pour la détacher du dos, on fut contraint de rouvrir les blessures non sans d'atroces douleurs.

Et cependant, à l'entendre, tous ces tourments consistaient seulement en quelques petits coups que lui faisait sentir Jésus, pour lui donner la grâce de souffrir un tant soit peu.

Les Évangélistes racontent qu'après la flagellation du Sauveur, la soldatesque du prétoire, se saisissant de sa personne sacrée, entr'autres marques de dérision le couronna d'épines dont les pointes cruelles s'enfonçaient dans la tête.

Couronne adorée ! quel chrétien pourrait te refuser son amour, et ne point considérer comme un suprême honneur d'en ceindre son front, lorsque tu as ceint le front même de l'Homme-Dieu ?

La vierge de Lucques avait trop approfondi les mystères de l'infinie grandeur du Christ pour ne pas s'être éprise, de bonne heure, de son douloureux diadème comme d'un incomparable joyau. Plusieurs fois d'ailleurs le Rédempteur lui avait apparu, sa sanglante couronne au front, lui demandant si elle ne la voulait point. Lorsque la sainte jeune fille eut acquis par ses désirs et les purifications mystiques la dernière préparation à ce don extraordinaire, les actes succédèrent aux paroles, la réalité à la vision.

« Enfin, ce soir, écrivait-elle le 19 juillet 1900, après avoir souffert six jours de l'éloignement de Jésus, j'ai fait effort pour me recueillir. J'ai commencé à prier, comme tous les jeudis ; je pensais au crucifiement de Jésus. D'abord, je n'éprouvais aucun sentiment ; après quelques moments, un peu de recueillement est survenu Jésus était proche. Dans mon recueillement la tête m'est partie comme les autres fois, et je me suis trouvée devant Jésus qui endurait des peines terribles. Peut-on voir souffrir Jésus et ne pas chercher à le soulager ? Je me suis sentie pénétrée d'un grand désir de souffrir, et j'ai demandé instamment à Jésus de le satisfaire. Il m'a aussitôt exaucée s'approchant de moi, Il a enlevé de sa tête la couronne d'épines pour la poser sur la mienne en la pressant de ses mains divines contre mes tempes. Ce sont des moments douloureux, mais heureux. Je suis restée une heure à souffrir ainsi avec Jésus. »

Un peu plus tard. Gemma réécrivait : « Hier, à trois heures de l'après-midi, lasse et épuisée, j'éprouvais, à vrai dire, une grande répugnance, lorsque de nouveau je me trouvai devant Jésus ; mais il n'était plus triste comme la nuit passée. Après m'avoir fait quelques caresses, il enleva de ma tête, d’un air très content, la couronne d'épines, (Je souffris un peu à ce moment, mais moins) et la remit sur la sienne. Toute douleur disparut alors ; je recouvrai soudain mes forces et me sentis mieux qu'avant de souffrir. »


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Message  Monique Lun 06 Sep 2021, 8:58 am

Les effets palpables de ces apparitions démontrèrent qu'elles n'étaient point le produit d'une imagination malade. La tête de la chère enfant apparaissait, à l'heure même, percée de piqûres d'où coulait un sang vif, et non seulement sur son pourtour, mais dans toute sa surface sous les cheveux ; ce qui donnerait créance à l'opinion de quelques saints contemplatifs, d'après lesquels la couronne d'épines -aurait couvert toute la tête du Sauveur. Gemma dit clairement, parlant de celle que son Ange lui montra pour la première fois, qu'elle avait comme la forme d'une large calotte.

Parfois les piqûres, presque invisibles à l'oeil nu, se devinaient seulement au sang qu'elles dégorgeaient. D'autres fois, au témoignage d'un très digne prêtre, monsieur Lorenzo Agrimonti, et d'autres témoins oculaires, on distinguait parfaitement au front et au cuir chevelu des trous d'épines, triangulaires, à chacun desquels perlait une large goutte de sang.

Le prodige se renouvela régulièrement, toujours durant le même espace de temps, du jeudi au vendredi de chaque semaine, même après la disparition définitive des autres stigmates. Il commençait très souvent avant l'extase habituelle du jeudi soir. Pendant le repas de famille, on voyait apparaître sur le front de Gemma, en nombre toujours croissant, des gouttes sanglantes qui descendaient le long des joues, du cou, des vêtements. « Chaque cheveu, affirme un témoin, avait sa goutte, de sorte que le sang découlait jusqu'à terre. »

C'était un spectacle émouvant, capable d'attendrir un cœur de pierre. On avait devant soi la plus belle reproduction de l'Ecce-Homo. « Si vous aviez vu, père, m'écrivait-on, le sang jaillir de ses yeux, de ses oreilles, de son front et de ses tempes ! on aurait dit des fontaines ; j'en ai trempé deux mouchoirs. Et dans sa poitrine quelle effervescence ! » (4).

Me trouvant moi-même, un jour, témoin de ce fait prodigieux, je fis essuyer et laver toutes ces petites plaies de la tête mais après quelques minutes le sang se reprenait à jaillir des mêmes points, pour baigner de nouveau le virginal visage. Il sortait vivement, comme sous une forte pression, coulait le long des joues et ne tardait pas à se dessécher sur la peau.

Monseigneur Moreschini, dont nous avons rapporté l'opinion sur les stigmates et la sueur de sang, fut également le spectateur du mystique couronnement d'épines. Voici le résultat de ses observations autorisées.

« Ayant appris, dit-il, qu'en dehors des stigmates l'angélique vierge endurait souvent le supplice du couronnement d'épines, je me proposai d'assister à cette scène de douleur, et de voir de mes yeux le sang couler de la tête de la jeune fille. »

« J'arrivai à l'heure voulue et après une courte attente j'entrai avec monsieur l'abbé Lorenzo Agrimonti dans la chambre où Gemma venait de se retirer quelques instants auparavant. Je la vis étendue sur son lit, déjà hors des sens et paraissant livrée à un cruel martyre. J'attendis plus de deux heures et demie, bien résolu de ne point partir avant d'avoir constaté l'effusion du sang. Le cœur de l'extatique, en proie à des palpitations d'une violence inouïe, soulevait la couverture au-dessus de sa poitrine et faisait trembler le lit. J'éprouvai des sentiments de dévotion mêlés, je l'avoue, de terreur. Après une heure ou un peu plus, les palpitations se calmèrent et le sang se prit à sourdre de la tête en si grande abondance que l'oreiller et même les draps de lit en furent imprégnés. En plusieurs endroits, notamment à la partie supérieure du front, il s'amoncelait en grumeaux. L'épanchement s'arrêta vers onze heures et demie de la nuit, et la jeune fille, qui avait eu jusqu'alors quelques légers mouvements, garda une immobilité complète jusque vers trois heures. La respiration était à peine perceptible ; le visage, baigné d'un sang vermeil, présentait un aspect cadavérique ; on l'aurait crue morte. Je me retirai. Lorsque je la revis au point du jour, vers six heures, déjà levée et prête à se rendre à l'église pour la sainte communion, son visage avait repris ses couleurs naturelles, comme si la nuit eût été calme et sans souffrance. »


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Message  Monique Mar 07 Sep 2021, 7:59 am

Plusieurs contemplatifs ont aimé à s'arrêter, avec sainte Thérèse, à la considération d'une plaie particulière du Rédempteur, que l'Évangile passe sous silence celle de l'épaule gauche, creusée par le poids de la croix pendant le douloureux trajet du prétoire au Calvaire. Gemma la portait également dans sa chair, bien que certains l'aient confondue avec les plaies de la flagellation. Très large, profonde et toujours sanglante, elle était le siège d'une vive douleur qui forçait la pauvre patiente à marcher inclinée de ce côté. Elle disparaissait en même temps que les autres le vendredi soir ou, au plus tard, le samedi matin, avec cette différence que la douleur continuait de s'en faire sentir plus ou moins longtemps.

Cette participation merveilleuse aux différents supplices de la Passion durait encore à la fin de février 1901. J'écrivis alors à Gemma de solliciter du divin Sauveur la fin de ces phénomènes extérieurs. L'humble jeune fille, qui avait tant désiré leur disparition, et maintes fois supplié Jésus de la lui accorder. Priant cette fois avec le mérite de l'obéissance, se vit enfin exaucée.

Les stigmates des mains, des pieds et du côté ne s'ouvrirent plus, sauf une fois. comme je l'ai rapporté. Les piqûres d'épines persistèrent quelque temps seulement sur toute la tête, de même que les plaies de la flagellation. Mais les douteurs, loin de s'évanouir, se firent plus vives. L'écoulement de sang procurait en effet à la douce victime, de son propre aveu, un véritable soulagement. On voyait donc encore, au réveil de ces tortures, les larmes jaillir de ses yeux et tout son corps dans le frémissement.

Cependant le Seigneur voulut ménager à sa servante une consolation : à force de se débattre dans la poitrine, son cœur provoqua fréquemment la rupture de quelque vaisseau, dont le sang affluait à la bouche par gorgées. La chère enfant s'en montrait tout heureuse. On l'entendait s'écrier dans une extase : « Jésus, je vous donnerais volontiers mes mains et mes pieds ; je ne le puis. » À ce moment, le Seigneur en vue d'éprouver son obéissance lui montrait ses mains transpercées, comme pour demander sang pour sang. « Mais je ne le puis, reprenait Gemma ; j'en souffre, mais l'obéissance est préférable aux victimes. »


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Message  Monique Mer 08 Sep 2021, 7:28 am

« Si vous l'aviez vue, ce Vendredi-Saint, d'une heure à trois, m’écrivait madame Cécilia ; j'ai cru qu'elle se mourait. Que de sang elle a rendu et elle disait : Mon Jésus, je ne puis vous donner le sang des autres parties de mon corps, mais je vous donne celui du cœur. »

Il me resterait à rappeler en ce moment, pour être complet, comment l'admirable victime, après la disparition des stigmates sanglants, participa réellement aux autres tourments de la Passion ; à la dislocation des os du Sauveur pendant le supplice du crucifiement ; à l'horrible tension de ses membres cloués au dur gibet ; à l'exténuation de tous les organes de son corps sacré durant les trois heures de sa cruelle agonie ; à la soif brûtante qui le faisait s'écrier : Sitio. De l'aveu même de Gemma, et suivant l'attestation unanime de plusieurs personnes qui ont observé en elle, avec émerveillement, ces différents phénomènes extérieurs, il ne lui a rien manqué de ce qui devait la rendre une parfaite image de Jésus crucifié. Dans un but de brièveté, je ne rapporterai ni ces détails, ni ces témoignages.

Je devrais également faire mention du martyre intérieur du cœur, qui fut certainement le plus ineffabte des mystères de la Passion. Après avoir partagé les douleurs physiques de Jésus, Gemma agonisa en esprit avec Lui sur la croix, comme en offre en exemple le témoignage, cité plus haut, de Monseigneur Moreschini. Mais comment décrire dans notre pauvre langage humain ces mystérieuses agonies ! La poitrine haletante de l'extatique, ses yeux caves, ses lèvres décolorées, son teint cadavérique en donnaient une faible idée.

Ainsi fut exaucée sous toute son étendue, la fervente prière que, de honne heure la vue de Jésus crucifié avait fait jaillir du cœur et des lèvres de cette enfant aimée du ciel : « Jésus, rendez-moi semblable à vous ; faites-moi souffrir avec vous ; ne m'épargnez pas. Vous souffrez, je veux souffrir aussi ; vous êtes l'Homme des douleurs, je veux être la fille des douleurs. »

On peut certes appliquer à Gemma, dans leur plein sens, les paroles de saint Paul : « Ceux qui retracent en eux-mêmes la véritable image du Fils de Dieu, sont les prédestinés et les élus. »


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Message  Monique Jeu 09 Sep 2021, 6:59 am

CHAPITRE IX




GEMMA EST PROVIDENTIELLEMENT REÇUE COMME UNE FILLE

ADOPTIVE DANS LA FAMILLE GIANNINI.

SA VIE CHEZ SES BIENFAITEURS. (1900)



------------


Le jour où monsieur et madame Giannini rentrèrent avec leurs enfants de leur courte saison d'eaux, madame Cécilia, que désolait la pensée d'avoir à renvoyer la chère Gemma dans sa famille, se vit grandement embarrassée. Ne pouvant se résoudre à la séparation, elle se présenta devant son frère et sa belle-sœur et leur dit : « Dieu a conduit vers moi l'ange que vous voyez ici ; ne pourrait-il rester avec nous ? Sans doute, il y a déjà onze enfants à la maison, mais un de plus ne se connaîtra pas. » Rassurée par quelques paroles favorables, l'excellente dame court chez les tantes de Gemma pour en obtenir le consentement de la garder à demeure comme sa propre fille. Une telle proposition affligea beaucoup les bonnes tantes auxquelles il paraissait trop dur de se priver de l'unique consolation de leur foyer désolé. Néanmoins, réfléchissant à la gêne profonde de leur famille, à la situation particulière qui résultait pour leur nièce de son extraordinaire piété, de son amour de la retraite et de sa vocation religieuse depuis longtemps manifeste, elles l'autorisèrent, d'abord, à vivre à son gré tantôt dans leur maison, tantôt dans celle des Giannini. Gemma se servit admirablement de cette permission, surtout les jeudis et les vendredis, pour laisser ignorer aux siens les grâces prodigieuses que l'on connaît déjà. Finalement, au mois de septembre 1900, après bien des tergiversations, ses tantes donnèrent un plein acquiescement aux désirs de ses bienfaiteurs, et elle passa définitivement dans leur famille.

Qui n'admirerait ici un vrai miracle de la Providence ? On rencontre assurément dans nos pays chrétiens des veuves sans enfants, de pieuses dames solitaires qui dans un but dc charité ou simplement de commodité et de consolation personnelle adoptent des orphelines abandonnées. Mais qui n'aurait cru hasardée, téméraire et même irréalisable la généreuse pensée de faire admettre Gemma dans une famille comptant déjà onze enfants, tous d'âge très jeune et logés dans une maison proportionnellement restreinte ? Bien plus, celle que l'on proposait à l'adoption était fille d'une mère emportée, jeune encore, par la tuberculose. Par quelle légèreté inconcevable s'exposait-on au danger de la contagion en introduisant au sein d'une florissante jeunesse une étrangère peut-être contaminée ?

Mais tel était le bon plaisir divin ; et contre les desseins de Dieu, il n'y a, dit l'apôtre saint Paul, ni prudence, ni conseil, ni obstacle qui tienne. En effet les premières propositions de madame Cécilia furent accueillies avec joie par le chevalier Matteo Giannini, par son épouse. par tous ses enfants et par le vénérable prêtre, monsieur l'abbé Lorenzo Agrimonti, qui vivait retiré dans cette famille où on l'aimait à l'égal d'un second père. Les gens de service eux-mêmes manifestèrent leur satisfaction. « Que Gemma soit la bienvenue, dirent les pieux parents. Elle sera la douzième des enfants que le ciel nous a donnés. Que tous honorent notre nouvelle fille ; que les domestiques la respectent et ne la laissent manquer de rien. » - « Elle sera notre septième sœur, disaient les filles, et nous l'aimerons comme l'une d'entre nous. » Ainsi parlaient également les garçons un peu grands. L'arrivée de Gemma fut donc un sujet de fête et d'allégresse pour toute cette famille bénie.


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Message  Monique Ven 10 Sep 2021, 8:18 am

L'aînée des filles, Annetta, s'affectionna particulièrement à la nouvelle venue. Déjà, lors de leurs premières rencontres, en juillet 1899, ces deux âmes s'étaient comprises et liées d'une amitié que le temps ne devait pas refroidir. La lettre suivante met en relief le caractère de cette liaison. Gemma l'adressait le 7 août à Annetta partie récemment avec sa famille pour les eaux de Viareggio.



Ma très chère Annetia,



« En prenant la plume pour m'entretenir aver vous nos derniers adieux me reviennent à la pensée, avec les promesses échangés entre nous à ce moment de la separation. Et comment pourrions-nous les oublier ? Pour ma part du moins, comment le pourrais-je ? Non, cela ne me paraît pas possible. Je n’ai eu que peu de jours le plaisir de causer avec vous, mais ces quelques paroles, ces petits entretiens dont Jésus seul était l'objet m'ont laissé dans le cœur une si vive impression et permettez-moi de vous le dire, une telle affection pour vous, que je ne sais comment m'exprimer, Nous nous sommes counues trop lard, ou du moins trop tard a commencé notre amitié. Mais précisément parce qu'elle vient tard nous voulons nous mieux appliquer à aimer Jésus et à l'aimer beaucoup. Nous voulons exhaler vers lui les sentiments les plus tendres. »

« Je voudrais que mon cœur n'eut de palpitations, de soupirs, de vie que pour Jésus ; je voudrais que ma langue ne sût proférer que le nom de Jésus ; que mes yeux n'eussent de regards que pour Jésus ; que ma plume ne sût écrire que de Jésus, et que mes pensées ne s'envolent que vers Jésus, Plusieurs fois j'ai cherché s'il était sur la terre un objet qui pût recevoir mes affections ; mais je n'en trouve d'autre, sur la terre ou au ciel, que mon bien-aimé Jésus, Cependant bien des fois je me suis égarée parmi les ennuyeuses dissipations de la terre ; et qu'ils sont nombreux ceux qui se perdent dans les vanités du monde ! Ceux-là sont fous assurément ce qui ne se pourrait s'ils pensaient à Jésus. Jésus changerait leur cœur, leurs affections, leurs sentiments, leurs soupirs ; et s'ils éprouvaient un seul instant le bonheur de rester avec Jésus, je dis qu'ils ne voudraient plus le quitter. »

« Et nous, réussirons-nous enfin à aimer véritablement Jésus ? Moi en particulier qui ne cesse dc l'offenser et qui ai le courage d'ajouter de nouvelles épines à celles de la couronne cruelle qui étreint son cœur. Pauvre Jésus ! Mais ce Jésus, s'avez-vous comment il se venge de mes infidélités ? Il me montre souvent ses plaies, ses mains d'où coule un sang rédempteur, son coeur consumé par un incendie d'amour, ses bras ouverts pour nous enlacer, et il me dit qu'il est tout entier victime de son grand amour pour nous. »

« Je prie toujours Jésus de me faire arriver bien vite au momeut tant désiré d'entrer dans un couvent ; car je sens que dans le monde on ne se trouve pas bien et qu'il ne peut nous rendre heureux en aucune manière. »

« Je vous prie de ne pas m'oublier dans vos prières aux pieds de Jésus crucifié, je ferai de même à votre égard, selon mon pouvoir. Mais n'attendez rien de mes prières : elles sont trop faibles. Cette lettre vous trouvera, je Ie desire et je l'espère, en bonne santé. Si vous n'y voyez aucune difficulté, vous me ferez plaisir de saluer votre mère, et de la prier de se souvenir quelquefois de moi auprès de Jésus. »

« Excusez ma vilaine écriture, et aussi le peu de sens de ma lettre : je ne sais rien faire. Prions, prions Jésus ensemble de nous donner la force de ne vivre que pour l'aimer seul. Que l'on ne vive que pour l'aimer : et qu'il nous accorde la grâce d'expirer sur son cœur en un fervent transport d'amour. Je vous salue bien. Priez beaucoup, beaucoup pour la pauvre Gemma. »


A suivre...
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Message  Monique Sam 11 Sep 2021, 7:44 am

La seule vue d’une telle jeune fille, alors âgée de vingt-et-un ans, inspirait à son nouvel entourage autant de sympathie que d'admiration. D'ailleurs on commence à la connaître : humble, docile, respectueuse, incapable d'une légèreté ou d'un caprice, et puis si dévouée et si bonne ! Au milieu de ses bienfaiteurs, elle ne fut jamais une occasion de trouble, de malentendu ou de dispute, ni avec les domestiques ni avec les enfants. Qui ne sait, cependant, combien facilement les enfants de caractère, d'âge et de sexe différents trouvent à redire sur une personne étrangère entrée chez eux, non comme leur servante, mais comme leur commensale et leur égale ! Mais les faits sont là, et tout récents : on peut les vérifier. « Je puis jurer. atteste la maîtresse de cette maison, n'avoir jamais remarqué dans ma famille, durant les trois ans et huit mois que nous avons possédé Gemma, le moindre inconvénient qui lui fut imputable, comme je n'ai aperçu en elle aucun défaut ; je dis aucun inconvénient, aucun défaut, même des plus légers. »

La servante de Dieu commençait un genre de vie nouveau en un sens. Faute de place elle couchait tantôt dans la chambre d'une des filles ainées, tantôt dans celle de sa mère adoptive, madame Cécilia, que désormais nous appellerons tante pour éviter toute confusion. Gemma l'appelait avec une ineffable tendresse sa maman.

Comme à la maison paternelle, Jésus occupait la meilleure et la plus grande partie de sa journée. Le matin, dès le réveil de sa tante, elle se levait promptement, faisait sa toilette en quelques minutes, mettait son chapeau et se tenait prête à se rendre à l'église. À ce moment, elle n'entreprenait aucun travail, si pressant qu'il fût, et s'abstenait même de causer ; les prémices de la journée devaient être à Jésus. Ainsi, d'accord avec sa tante qui du reste suivait toujours son exemple, elle était debout avant le jour, quand les autres dormaient encore et n'avaient aucun besoin de son assistance.

Elle s'en allait, silencieuse et recueillie, entendre deux messes : l'une de préparation à la communion quelle n'omettait jamais, l'autre d'action de grâces. De retour à la maison, elle se joignait aux filles aînées et aux femmes de service pour donner ses soins aux plus jeunes enfants et les faire prier ; puis, un petit travail en main, elle se portait çà et là, partout où sa présence pouvait être utile.

Gemma s'entendait à merveille à la broderie et aux fins ouvrages de dames, jamais cependant elle ne voulut en entreprendre c'eût été, à ses yeux de la vanité et une vraie perte de temps. Elle préférait raccommoder, tricoter, s'occuper à de semblables travaux, de peu d'apparence, mais de beaucoup de patience et de très grande utilité dans une famille nombreuse.


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Message  Monique Dim 12 Sep 2021, 7:54 am

Bien qu'habituée dès son enfance à être servie par des domestiques, elle avait une préférence pour les besognes les plus humbles. On la voyait puiser de l'eau, faire les chambres avec les servantes. laver la vaisselle et prêter son concours à la cuisinière.

Sur ses désirs, le soin des malades lui était réservé, et elle suffisait seule à tous leurs besoins. Une domestique de la maison, affligée d'abcès répugnants aux jambes, reçut ainsi l'offre de ses services et en fut soignée avec un admirable empressement. La dernière des servantes n'eût pas montré autant de sollicitude pour la meilleure des maitresses. Gemma faisait son lit, rangeait sa chambre et, à genoux devant elle, pansait ses plaies purulentes. Pour toute reconnaissance, cette femme grossière, couvrait sa charitable infirmière d'injures et de mépris. « Vous m'êtes en horreur, lui dit-elle un jour, et je ne veux plus vous voir près de mon lit. » Loin de s'en prendre, la douce jeune fille, redoublant de dévoûment, cherchait de nouveaux moyens d'être agréable à l'ingrate et peu délicate servante.

Laissée libre, Gemma eût travaillé toute la journée, sans un moment de répit mais sa mère adoptive ne l'entendait pas ainsi. On l'avait reçue dans la famille pour y être une consolation et un bon exemple par ses vertus et sa sainte conversation, non pour servir ; aussi, lorsqu'elle avait pris sa part des occupations communes : « Laissez maintenant, disait sa tante, laissez se reposer ma chère Gemma » ; et elle l'amenait à la salle de travail ou à la cour de la maison. Là, tout en se livrant à quelque petit travail de couture ou de tricotage, ces deux belles âmes devisaient des choses spirituelles. On parlait de l'amour du divin Maître, de la communion du matin, de la fête du jour. La tante profitait de ces moments pour dresser des pièges innocents à la simplicité de la jeune fille, et surprendre les secrets de sa vie intérieure. Au milieu d'un dialogue enflammé, elle la pressait soudain de demandes avec une telle habileté que souvent Gemnma communiquait naïvement les lumières reçues au divin banquet, les résolutions prises, les détails de ses extases, etc. Grâce à ce pieux stratagème que j'avais suggéré moi-même, il nous a été possible de découvrir bien des détails extraordinaires et édifiants qui seraient, sans cela, restés à jamais ignorés. La conversation reprenait chaque jour, à tous les moments libres. sans rien perdre de son charme.


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Message  Monique Lun 13 Sep 2021, 7:12 am

Après ces fervents colloques, si l'excellente dame s'éloignait pour un temps notable et qu'un autre membre de la famille vint prendre sa place, Gemma saisissait le premier moment propice pour se retirer sans bruit dans la solitude de sa chambre ou dans l'oratoire domestique, et s'y entretenir intimement avec Dieu.

Ainsi passaient leurs journées ces deux saintes âmes. Lorsqu'on songe au travail excessif que faisait peser sur la tante la bonne administration de la maison, on se demande comment, sans négliger aucune de ses nombreuses occupations, elle trouvait encore de longs moments à passer en compagnie de sa chère fille adoptive. Il est vrai qu'elle avait coutume de dire : « Avec Gemma, je me repose. Sa seule vue me délasse et je ne sens plus le poids de la fatigue ni l'amertume des épreuves. Quel compte, ajoutait-elle, n'aurai-je pas à rendre à Dieu, si je n'apprécie le don qu'il m'a fait en cette angélique créature, et si je n'en retire du profit pour mon âme. »

Madame Giustina Giannini m'écrivait également : « De notre Gemma, je vous dirai seulement qu'en elle le surnaturel éclate chaque jour davantage ; lorsque je la regarde, il me semble apercevoir dans sa physionomie je ne sais quoi qui n'est pas de ce monde. Quel bonheur de vivre avec un tel ange ! Il est impossible de la dépeindre. Pour tout dire, c'est un ange dans la chair. »

Tel fut jusqu'à la fin le sentiment de toute la famille. Le vénérable prêtre qui en était l'hôte aimé dépose à son tour : « Je me pris à admirer, dès le premier instant que je la connus, cette jeune fille si enrichie des dons de Dieu. Il y avait en elle une extraordinaire et ravissante ingénuité qui servait de contrepoids à une intelligence et à une perspicacité peu communes. Je ne pouvais m'empêcher de l'observer continuellement. Tout le temps que nous l'avons possédée, je n'ai pas aperçu en elle le moindre défaut, mais j'ai toujours eu l'occasion d'admirer sa scrupuleuse exactitude à tous ses devoirs, une entière abnégation de la volonté et la pratique de toutes les vertus. Ces vertus étaient exercées avec tant d'élan, de constance et d'égalité d'âme, qu'elles paraissaient lui être devenues naturelles J'étais particulièrement étonné de son profond recueillement et de son infinie union avec Dieu. Même au milieu des occupations domestiques les plus distrayantes, elle était comme absorbée dans les choses divines ; ce qui ne l'empêchait nullement de très bien s'acquitter de son travail. Son admirable piété rayonnait dans toute sa personne. mais surtout dans ses yeux toujours modestement baissés. J'avoue que lorsque je venais à les rencontrer, j'étais saisi et impressionné au point de ne pouvoir les fixer. »

La déposition de ce bon prêtre pleine d'autres détails, s'achève ainsi : « Le bien spirituel que j'ai retiré de mon commerce avec cette âme privilégiée, Dieu seul le sait. La consolation et le soulagement que j'y ai puisés, mon cœur peut le dire, car il est encore et sera toujours sous le charme de ses manières angéliques, qui m'édifièrent plus que jamais à l'époque de ma maladie. Je fus alors émerveillé de la délicatesse de ses soins, de son adresse et de sa sollicitude qui avait quelque chose de vraiment maternel. »


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Message  Monique Mar 14 Sep 2021, 6:56 am

Un autre très digne ecclésiastique, ami de la famille qu'il fréquentait beaucoup, ne s'exprime pas autrement. Voici un extrait de son témoignage : « La modestie et l'ingénue simplicité que reflétait la physionomie de Gemma me faisaient la meilleure impression. Il ne m'a pas été possible de remarquer en elle la plus légère imperfection, bien que j'aie pu l'observer fort souvent et de très près. Ses rapports étaient empreints d'une grâce et d'une affabilité naturelles qui révélaient la beauté d'une âme pure. Elle ne fixait jamais le visage de son interlocuteur ; son regard se dirigeait ailleurs, avec je ne sais quelle expression extraordinaire Ses paroles étaient rares. car elle se contentait de répondre lorsqu'on l'interrogeait. Je ne l'ai jamais entendue parler d'elle-même. S'informait-on de sa mauvaise santé ? ses paroles mesurées, semblaient sortir avec peine de sa bouche. Qu'elle fût une bien belle âme, d'une exquise délicatesse de conscience et toute éprise d'amour divin, j’en étais convaincu mais je n'aurais jamais soupçonné son éminente sainteté. »

Gemma assistait au repas commun le matin et le soir, mais plutôt par pure forme, aurait-on dit. Comme quelques onces, à peine, de nourriture lui suffisaient, dès qu'elle avait pris quelques cuillerées de bouillon, se levant de table sous un bon prétexte, elle se rendait à la cuisine et n'en revenait que pour prendre quelques autres bouchées en compagnie de la famille. À la fin du repas, elle se retirait immédiatement dans sa chambre sans prendre part à la conversation qui suivait d'habitude. Jamais de promenades non plus, et comme sa répugnance à leur égard était connue, on s'abstenait d'insister. Vers le soir, elle se rendait à l'église pour la bénédiction du très Saint Sacrement, si en usage dans la pieuse cité de Lucques, et n'en revenait qu'à une heure tardive.

Tels étaient son silence d'action et sa parfaite discrétion dans l'intérieur de la maison, qu'elle y passait presque inaperçue. On n'y entendait jamais sa voix ni son rire. On ne la voyait jamais courir ou marcher d'un air affairé, bien que l'ardeur de son caractère l'eût naturellement portée à la vivacité des mouvements. À l'arrivée d'une personne étrangère, elle se retirait immédiatement, autant pour laisser toute liberté aux membres de la famille que pour s'éviter, par la fuite d'entretiens inutiles, des causes de distraction ; et sur ce point elle poussa si loin le scrupule qu'après plusieurs années elle ne connaissait, peut-on dire, aucun des habitués de la maison. Elle ignorait également les incidents de la vie familiale, et détournait son attention dès qu'ils devenaient le sujet de la conversation.

Pour pratiquer une semblable réserve il faut certainement un intérieur bien harmonisé, qui ait la seule vertu pour règle et Dieu seul pour but.


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Message  Monique Mer 15 Sep 2021, 8:40 am

Dans cette famille vraiment chrétienne la compatissante jeune fille goûtait souvent la consolation d'exercer envers les pauvres cette charité dont nous lui avons vu donner des preuves au temps de l'aisance de la maison paternelle. On la voyait à tout moment demander à sa tante quelques restes de cuisine en faveur d'un indigent. Chaque fois quelle entendait sonner à la porte, elle croyait à l'arrivée d'un pauvre, et si on n'ouvrait promptement elle demandait la permission d'aller le faire elle-même.

Presque toujours, d'ailleurs, Gemma se trouvait en présence d'un mendiant. Heureuse alors, comme à la découverte d'un trésor, elle le faisait entrer dans la cœur, le priait de s'asseoir, courait chercher quelque bon morceau et revenait bientôt, toute joyeuse, l'offrir avec des façons charmantes. Elle s'asseyait à ses côtés et, tandis qu'il mangeait, lui faisait une pieuse exhortation. « Avez-vous entendu la messe aujourd'hui ? Combien y-a-t-il de temps que vous ne vous êtes pas approché des sacrements ? Et la prière, la faites-vous matin et soir ? Pensez-vous quelquefois à ce que Jésus a souffert pour nous ? etc. » Après cette entrée en matière, elle insinuait doucement dans l'esprit du pauvre de salutaires pensées de foi, de piété, de résignation ; et celui-ci, tout restauré dans son corps et dans son âme, s'en allait content.

La tante, bien au courant de l'industrieuse charité de sa fille adoptive, considérait souvent, derrière les persiennes d'une fenêtre, cette scène attendrissante ; elle voyait son angélique visage s'enflammer, ses gestes s'animer, tout son être respirer une affectueuse compassion, et dans son cœur elle en bénissait le Seigneur. Prise parfois sur le fait, la jeune fille, rougissante, expliquait ainsi son amour des miséreux : « Ne suis-je pas pauvre, moi aussi ? Jésus m'a tout enlevé, et cependant il ne me laisse manquer de rien ; je suis même trop bien traitée. Et pourquoi les autres pauvres manqueraient-ils du nécessaire ? » Revenant un jour sur cette pensée, elle dit avec un sentiment touchant d'humilité : « Ce qu'on fait pour moi, on doit le faire comme à un pauvre rencontré sur le chemin ; autrement on n'aurait aucun mérite. »

Cette sublime délicatesse chrétienne dit assez quelle devait être la reconnaissance de Gemma pour ses bienfaiteurs. Simple dans ses manières et répugnant aux compliments, elle ne savait guère l'exprimer en paroles, mais dans certaines circonstances sa physionomie reflétait bien les sentiments de son cœur. « Mon Dieu, s'écriait-elle un jour, se croyant seule, comment reconnaître tout le bien qu'ils me font ? Je ne sais même pas leur dire merci, tant je suis grossière et ignorante. Pensez vous-même à eux, mon Dieu ; bénissez-les dans leurs intérêts matériels ; rendez-leur au centuple tant de bienfaits. S'il doit leur arriver quelque malheur, détournez-le s ur moi. »

Dans sa dernière maladie, elle dira parfois d'une voix affectueuse à l'un ou à l'autre membre de la famille : « Patientez encore un peu à mon égard. Je penserai à vous près de Jésus ; oui, au ciel je prierai toujours pour vous. »

Il est aisé de comprendre à de telles paroles, que malgré l'amour et les soins vraiment exquis dont elle se voyait entourée, la jeune fille, accueillie par charité, sentait jusqu'au vif l'humiliation de sa situation, et rougissait presque d'elle-même. Cependant, d'une résignation parfaite à la volonté divine, elle attendait en paix l'accomplissement des desseins de la Providence. Elle savait si bien cacher ses peines, que personne ne s'aperçut jamais de cette blessure qu'elle portait an cœur. « Je me replie sur mon cœur, écrivait-elle à son directeur, j'y trouve Jésus, et, à la pensée que je possède Jésus, je souris à travers mes larmes. Oui, je sens, je sens que je suis heureuse, même au milieu des désolations. »


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Message  Monique Jeu 16 Sep 2021, 7:54 am

Les prières continuelles de cette âme pure pour ses bienfaiteurs touchaient le cœur de Dieu et l'inclinaient à les combler de faveurs. « Oh ! si vous saviez, m'écrivait-elle elle-même, comme Jésus les protège ! Il les bénit à tout moment et écarte deux le malheur. »

La digne mère de cette famille fut atteinte d'un mal très grave, accompagné de violentes douleurs d'entrailles. Les médecins formaient déjà les plus pessimistes pronostics, lorsque Gemma, prise de pitié, supplia le Seigneur de transporter sur elle ces souffrances. Sa prière fut exaucée, et elle me l'apprenait en ces termes : « Les douleurs de la mère, que vous savez, je les ai prises, sur moi ; mais elles sont atroces, père, et je ne sais que devenir. » De fait, la mère fut guérie à l'heure même, mais l'héroïque jeune fille endura pendant de longs mois un cruel martyre.

Ange protecteur de ses hôtes charitables, Gemma leur dut à son tour de très grands avantages, même d'ordre spirituel. Le Seigneur dans sa sagesse ne l'avait conduite dans cette famille si chrétienne que pour mieux atteindre sur cette âme privilégiée ses fins miséricordieuses. Il voulait la faire passer par des voies extraordinaires et se glorifier en elle par des signes et des prodiges extérieurs que nous n'avons pas encore tous signalés. Or, dans la maison paternelle, ces manifestations mystiques eussent été mal interprétées, outre que Gemma n'y eût trouvé personne pour la comprendre, la guider et la soustraire aux regards profanes. Elle-même en était si convaincue que la seule pensée d'y retourner pour un seul jour la faisait trembler.

Dans sa famille adoptive, au contraire, elle était aussi bien, sinon mieux que dans un monastère. Ici, pas de visites mondaines, de tumulte, de dissipations. Toutes les personnes de son entourage, sans aucune exception, nourrissaient des sentiments profondément religieux. Madame Cécilia, qui lui servait de mère, pouvait aisément comprendre par sa grande expérience de la vie intérieure, les secrets de son âme et lui venir puissamment en aide. Douée d'une rare prudence, elle réussit à prévenir les racontages et les commentaires qui ne manquent jamais de s'élever dans le public à l'entour des faits extraordinaires d'ordre surnaturel.

Ainsi, dans une famille nombreuse et de relations nécessairement très étendues, puisqu'elle se livrait au commerce, la sainte jeune fille put vivre ignorée du monde ; et les faveurs dont le ciel la combla restèrent connues de ses seuls confesseurs et directeurs spirituels. Qui ne voit éclater ici la bonté de Dieu dans l'exercice de sa Providence ?

Et maintenant, avant de clore ce chapitre, nous ne pouvons nous empêcher de nous tourner vers l'honorable famille qui fut si affectueusement hospitalière pour Gemma. D'un cœur ému et au nom du Seigneur qu'elle entendait honorer par sa charité chrétienne, nous la remercions des bienfaits prodigués à sa fidèle servante.


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Message  Monique Ven 17 Sep 2021, 8:06 am

CHAPITRE X



LE NOUVEAU DIRECTEUR DE GEMMA.

(1900)



*******


Dans les grandes épreuves qui suivirent l'apparition des stigmates, le Seigneur await dirigé vers sa Servante pour la soutenir et la consoler plusieurs fils de la Passion, entr'autres le père Gaétan et le très révérend père Pierre-Paul.

Il lui avait appris en même temps par une claire locution qu'un religieux de cette Congrégation deviendrait son directeur. Les premiers furent d'un grand secours à Gemma dans ses nécessités spirituelles du moment, mais, leur mission passagère terminée, ils se retiraient l'un après l'autre, heureux d'avoir admiré dans cette âme d'élite les prodiges de la grâce.

Les jugements de Dieu, dit l'Apôtre, diffèrent de ceux des hommes. Souvent même ils en sont à l'opposé. Pour atteindre ses plus hautes fins, le Seigneur se plaît à se servir d'instruments vils et abjects, de ce qui n'est rien, afin que toute la gloire du bien accompli lui demeure manifestement aux yeux des hommes. (1). De cette nature devait être le directeur réservé à sa Servante. Celle-ci ne l'avait jamais vu, personne ne lui en avait jamais parlé, humainement elle ne pouvait savoir qu'il existât au monde ; et cependant elle le connaissait, dans son caractère, dans son âge et jusque dans son extérieur. Ce religieux demeurait à Rome. Sitôt que le Sauveur le lui eût montré par voie surnaturelle et désigné comme son père, s'abandonnant à la confiance illimitée qu'elle éprouvait à son égard, elle lui écrivit une lettre de dix pages dont voici le commencement : « Mon révérend père, depuis longtemps je sentais dans mon cœur avant tout un grand désir de vous voir, et aussi de vous écrire. Je demandais à mon confesseur la permission d'entrer en correspondance avec vous ; toujours il me la refusait. Samedi dernier, je renouvelai ma demande ; et il l'accueillit favorablement, à ma grande, satisfaction. Mais voici qu'au moment de vous écrire je me sens saisie de crainte ; et savez-vous pourquoi ? J'ai à vous dire des choses bien étranges dont certainement vous serez vous-même étonné. Je vous l'avoue franchement. j'ai la tête un peu détraquée : tantôt elle s'imagine voir, tantôt elle croit entendre des choses impossibles. Je dis impossibles, parce que Jésus n'a jamais parlé, ni ne s'est jamais révélé à des âmes telles que la mienne, très mauvaise. » Ici Gemma raconte la vision où lui fut montré son nouveau directeur, puis, pasant en revue ses deux dernières années, elle parle de sa grave maladie, de sa guérison miraculeuse, du Bienheureux Gabriel, de sa vocation à l'état religieux ; enfin elle annonce la future fondation, à Lucques, d'un monastère de religieuses Passionistes, entrant à ce sujet dans les détails les plus circonstanciés dont nous verrons plus loin la parfaite réalisation.


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Message  Monique Sam 18 Sep 2021, 9:07 am

La lettre, datée du 21 janvier 1900, se termine par la formule dont elle ne se départira jamais : « Je vous prie de me donner votre bénédiction, de me venir en aide et de prier pour la pauvre Gemma. »

Elle en écrivait bientôt une autre de six pages, dont j'extrais le passage suivant : « Hier, me trouvant en prière devant le saint Sacrement, je m'entendis appeler ; il me sembla que c'était Jésus. (Père, avant de continuer à me lire, je vous demande par charité de ne pas me croire, ne croyez rien ; j'écris seulement par obéissance ; sans cela je n'eusse pas dit un mot de ce qui va suivre). Jésus me dit : Ma fille, écris donc au Père que ton confesseur se mettra volontiers en rapports avec lui. Fais-le, tel est mon désir. - Je répondis : Mon Jésus, je vous comprends, vous voulez que le Père sache tout ce qui me concerne... J'allais continuer, mais il me parut que Jésus - si ce n'était ma tête m'interrompait, disant : Ceci est désormais ma volonté : que le confesseur mette le Père au courant de tout. »

Eu réalité, Monseigneur Volpi se sentait lui-même inspiré de rechercher cet aide qu'il ne connaissait pourtant pas. Mieux placé que personne pour apprécier la rare vertu de la chère enfant, il comprenait l'importance de la direction d'une telle âme et l'étendue de sa responsabilité. Parfois, à cause de ses nombreuses et graves occupations non moins que par humilité, le sage prélat, je l'ai déjà dit, dirigeait sa pénitente vers d'autres confesseurs dont ensuite il sollicitait les conseils. Le phénomène de la stigmatisation, de la sueur de sang et des extases devenues très fréquentes avait fini d'éveiller toutes ses appréhensions, et bien que rassuré d'abord par le père Gaétan et le très révérend père Pierre-Paul, les doutes revenaient par moments dans son esprit et les craintes dans son cœur. Saisissant l'occasion d'un voyage à Rome, Monseigneur voulut avoir un entretien avec moi, mais nous ne pûmes nous rencontrer. Au mois d'août, il me faisait parvenir par mon Provincial l'invitation de me rendre à Lucques afin de procéder sur place à l'examen de la servante de Dieu. Comme par principe j'ai toujours admis difficilement l'opération divine dans ces faits insolites, surtout lorsqu'ils se produisent chez des femmes, je lui conseillai de ne pas s'inquiéter outre mesure et de mettre simplement sa pénitente dans la voie ordinaire, battue du commun des fidèles. Sa Grandeur m'écrivit de nouveau pour me donner certains éclaircissements sur ces manifestations extraordinaires. Je persistai dans mon sentiment et fus même assez mal inspiré pour suggérer au vénérable évêque l'essai des exorcismes. Devant une telle méfiance de ma part sa perplexité ne fit que grandir. Voulant que mon jugement fût basé sur des constatations et des expériences personnelles, il obtint de mon Provincial un ordre qui m'obligea d'optempérer à ses désirs.


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Message  Monique Dim 19 Sep 2021, 9:07 am

J'arrivai à Lucques aux premiers jours de septembre et me rendis dans la maison de la famille Giannini. En m'apercevant. Gemma me reconnut et vint à ma rencontre avec une vive allégresse. J'avoue qu'en sa présence j'éprouvai des sentiments de dévotion et de vénération comme devant un être céleste. Nous allâmes nous agenouiller ensemble aux pieds du crucifix de l'oratoire domestique. Gemma pleura de joie et de reconnaissance envers le Seigneur, et je pleurai avec elle. Mon Dieu, me dis-je alors, si la présence d'un juste excite de tels sentiments dans l'âme, que fera votre propre présence dans la patrie des bienheureux ? Par ces singulières impressions le Seigneur me préparait à admirer une scène merveilleuse qui devait éloigner de mon esprit, dès le début et pour jamais, toute ombre de doute.

C'était un jeudi. Au milieu du dîner, Gemma, pressentant l'extase, se lève de table et se retire tranquillement dans sa chambre. Bientôt après, sa mère adoptive m'appelle ; je la suis et je trouve la jeune fille en pleine extase, sur le point d'engager avec la justice divine une lutte animée dont l'enjeu est la conversion d'un pécheur. J'avoue n'avoir, jamais de ma vie, assisté à spectacle plus émouvant.

L'extatique, assise sur sa couchette, tourne les yeux, le visage, toute sa personne vers le point de la chambre où se montre le Seigneur. Émue sans agitation, elle apparaît résolue, dans l'attitude d'une personne en discussion qui veut l'emporter à tout prix. Elle commence : « Puisque vous êtes venu, Jésus, je vous supplierai de nouveau pour mon pécheur. Il est votre fils et mon frère : sauvez-le, Jésus ; » et elle le nomme. C'était un étranger dont elle avait fait à Lucques la connaissance, et que plusieurs fois déjà, mue par une inspiration intérieure, elle avait averti de vive voix et par écrit, de mettre ordre à sa conscience, sans se contenter du renom de bon chrétien dont il jouissait dans le public. Or Jésus, sourd aux recommandations de sa servante, semble décidé à le traiter en juste juge. Gemma reprend done sans se décourager « Pourquoi ne m'écoutez-vous plus aujourd'hui, ô Jésus ! Vous avez tant fait pour une seule âme, et celle-ci, vous refusez de la sauver ? Sauvez-la Jésus, sauvez-la... Soyez bon. Jésus, ne me parlez pas ainsi. Dans la bouche de celui qui est la miséricorde même, cette parole j'abandonne sonne si mal ; vous ne devez pas la dire. Vous avez répandu, sans le mesurer, votre sang pour les pécheurs, et maintenant vous voulez mesurer la quantité de nos péchés ? Vous ne m'écoutez plus ? et à qui alors dois-je recourir ? Votre sang, vous l'avez versé pour lui comme pour moi. Moi, vous me sauvez, et lui, non ? Je ne me lèverai plus d'ici ; sauvez-le. Dites-moi que vous le sauvez. Je m'offre comme victime pour tous, mais particulièrement pour lui. Je vous promets de ne rien vous refuser : me le donnez-vous ? c'est une âme. Pensez-y, Jésus, c'est une âme qui vous a coûté beaucoup. Elle deviendra bonne, et se corrigera.

Pour toute réponse, le Seigneur continue d'opposer la divine justice. Et Gemma de répliquer en s'animant davantage : « Je ne cherche point votre justice, mais votre miséricorde. De grâce, Jésus, allez trouver ce pauvre pécheur et donnez une douce étreinte à son cœur ; vous verrez qu'il se convertira ; essayez au moins... Écoutez, Jésus vous avez, dites-vous, multiplié les assauts pour le gagner ; mais vous ne l'avez jamais appelé votre fils ; essayez de suite, dites-lui que vous êtes son père, et qu'il est votre fils. Vous verrez, vous verrez qu'à ce doux nom de père son coeur endurci s'amollira. »


A suivre...
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Message  Monique Lun 20 Sep 2021, 6:17 am

À ce moment, le Seigneur, pour montrer à sa servante les motifs de sa sévérité, lui découvre une à une, avec les plus petites circonstances de temps et de lieu, les fautes de ce pécheur, en concluant que la mesure est comble. La pauvre enfant, qui a répété à haute voix toute cette confession, en demeure épouvantée ; les bras lui tombent, elle pousse un profond soupir ; tout espoir de vaincre semble l'avoir fuie. Tout à coup, son abattement se dissipe, et elle revient à l'attaque : « Je sais, je sais, Jésus, qu'il vous a beaucoup offensé ; mais ne l'ai-je point fait davantage ? et cependant vous avez usé envers moi de miséricorde. Je sais, je sais ; Jésus, qu'il vous a fait pleurer ; mais en ce moment, Jésus, vous ne devez point penser à ses péchés ; vous devez penser à votre sang répandu. Que de bonté vous avez eue même pour moi Usez envers mon pécheur, je vous en prie, des mêmes délicatesses d'amour dont j'ai été l'objet. Souvenez-vous, Jésus, que je le veux au ciel ! Triomphez, triomphez ; je vous le demande par charité. »

Cependant le Seigneur reste toujours inflexible, et Gemma retombe dans l'abattement et l'anxiété ; elle garde le silence, paraissant abandonner la lutte, quand soudain brille à son esprit un autre motif qui lui semble invincible. Elle reprend vivement courage et s'écrie : « Bien, je suis une pécheresse : vous ne pourriez trouver pire que moi, vous-même me l'avez dit. Non, je ne mérite pas, je le confesse, que vous m'écoutiez. Mais je vous présente un autre intercesseur : c'est votre propre Mère qui vous prie en sa faveur. Allez-vous dire non à votre Mère ? Certainement, à elle vous ne le pourrez pas. Et maintenant répondez-moi, Jésus, que mon pécheur est sauvé. » Cette fois, c'est la victoire ; le miséricordieux Seigneur accorde la grâce et la scène change d'aspect. Avec un air de joie indescriptible, Gemma s'écrie : « Il est sauvé, il est sauvé ! Vous avez vaincu, Jésus ; triomphez toujours ainsi » et elle sort de l'extase.

Ce spectacle vraiment poignant avait duré une bonne demi-heure. Pour le décrire, j'ai emprunté les propres paroles de Gemma, recueillies à la plume au moment même, ou soigneusement confiées à ma mémoire.

Je m'étais aussitôt retiré dans ma chambre, livré à mille pensées, lorsque j'entendis frapper à la porte. On m'annonçait un monsieur étranger. Je le fis entrer. Il se jeta à mes pieds en pleurant et me pria de le confesser. Mon Dieu, quel fut mon saisissement ! c'était le pécheur de Gemma, converti à l'heure même. Il s'accusa de toutes les fautes révélées dans l'extase par la servante de Dieu, n'en oubliant qu'une seule que je pus lui rappeler. Je le consolai, je lui racontai la scène qui venait d'avoir lieu, et j'en obtins l'autorisation de publier ces merveilles du Seigneur. Après nous être réciproquement embrassés, je le congédiai.


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Message  Monique Mar 21 Sep 2021, 8:09 am

Plusieurs années déjà se sont écoulées depuis cet événement et il me semble l'avoir encore sous les yeux, tant mon impression fut profonde.

L'action divine apparaissait manifestement dans cet ensemble de circonstances extraordinaires aboutissant à la conversion d'un pécheur. Quel homme de bon sens pourrait y reconnaître un simple jeu de l'imagination ou l'effet d'une affection nerveuse ? Et quant au démon, s'il s'entend à merveille à traîner les âmes en enfer, il n'en est plus ainsi quand il s'agit de les amener au repentir, surtout de la manière que l'on vient de voir.

Toutefois comme il est imprudent d'asseoir un jugement définitif sur un fait isolé, si admirable soit-il, je me pris à étudier avec le plus grand soin l'esprit de la Servante de Dieu. Mes observations continuèrent sans relâche durant trois ans Aidé des lumières de la théologie ascétique et mystique, et des sciences physiologiques modernes, je soumis la jeune fille à des épreuves longues et variées ; je n'en ai négligé aucune indiquée en pareil cas ; et, circonstance digne de remarque, aucune ne vint jamais démentir mes premières impressions.

Monseigneur Volpi se montra très satisfait de mon œuvre et heureux de me confier la direction de sa pénitente. Gemma, qui avait craint un moment plus que tout autre que je ne fusse un naïf, parut revenir de la mort à la vie le jour où je lui donnai l'assurance que les manifestations surnaturelles dont elle était l'objet venaient du ciel et qu'elle pouvait sans crainte se laisser conduire par l'Esprit-Saint dans cette voie. Cependant en vue de l'humilier, je la traitai plutôt sévèrement jusqu'à la fin, et je la mortifiai sans relâche. Elle n'en resta pas moins toujours à mon égard pleine d'attentions et dévouée, m'appelant même avec une ingénuité enfantine son papa. Parfois elle modifiait aimablement l'appellation. « Oh ! disait-elle, quel mauvais papa m'a donné Jésus !»

Sa reconnaissance envers Dieu qui lui avait, croyait-elle, envoyé un tel aide, et envers son pauvre ministre dont elle s'exagérait bien certainement les services rendus, étaient sans égale.


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Message  Monique Mer 22 Sep 2021, 7:23 am

Elle m'écrivait un jour « O père, merci infiniment pour tant de soins que vous prenez et que vous prendrez, j'en suis sûre, de ma pauvre âme. Si vous réussissez à me sauver, vous verrez ce que je ferai pour vous, vous verrez Quand je serai au ciel, je vous attirerai à tout prix après moi. » Et une autre fois : « Si vous saviez quel bien me font vos lettres, vos petites exhortations ! J'espère que vous une connaissez à fond maintenant. Priez Jésus pour moi, et pour qu'il vous éclaire à mon sujet. Ensuite convertissez-moi. Y réussirez-vous, mon cher père ? Je suis toujours si dure à attendrir. Quand votre dernière lettre a provoqué en moi cette réflexion, j'ai pleuré, et je pleure encore en y pensant. Vive Jésus ! »

Comme on le peut conclure des paroles précédentes, cette direction spirituelle se faisait surtout par correspondance. Très souvent cependant le Seigneur, voulant ménager à une âme qui lui était si chère une assistance plus spéciale, disposait les événements de telle sorte que, sans combinaison de ma part, je me trouvais obligé, à l'occasion d'un voyage, de passer par la ville de Lucques. Avec le consentement de mes supérieurs je descendais chez la famille Giannini, où j'avais toute facilité de pourvoir aux besoins spirituels de la sainte enfant et de continuer de près mes observations.

Certes il faisait bon guider une âme si vertueuse, si détachée d'esprit et de cœur de toute chose terrestre, et encore plus d'elle-même ; humble, docile, affectueuse ; si prompte au sacrifice, si remplie de foi et d'amour divin, et en même temps, de manières si naturelles et si aisées qu'à peine l'eussiez-vous distinguée sous ce rapport de tout autre jeune fille. Ce n'est pas ici le moment de décrire ses rares qualités ; je dirai seulement que les entretiens et le surcroît de travail nécessités par mon devoir d'activer de plus en plus les progrès de ma fille spirituelle vers la perfection, et sa correspondance aux impulsions de la grâce ne m'occasionnaient ni ennui ni lassitude, mais un véritable plaisir. Je pouvais rester de longues heures à conférer avec elle des choses divines sans m'en apercevoir.

Sa parole, quoique brève et paraissant sortir péniblement de ses lèvres, portait l'empreinte de tant de bon sens, de justesse et d'onction céleste que c'était un charme de l'entendre.

Moins laconique dans sa correspondance, sans doute parce que l'absence de l'interlocuteur atténuait sa vive répugnance à parler de soi, elle écrivait d'assez longues lettres, sans nul souci de l'art, mais sous la dictée de son cœur ou même de l'esprit de Dieu ; et cependant leur rédaction ne laisse rien à désirer. Gemma les adressait d'abord à son confesseur, puis aussi et avec plus de fréquence et d'abandon à son nouveau directeur. Je conservais celles-ci avec soin, je les confrontais l'une avec l'autre, les récentes avec les anciennes, et je demeurai chaque jour plus convaincu de la réalité du travail divin dans cette belle âme et de ses progrès de géant dans les voies de la sainteté. Combien de fois à leur lecture, attendri et ravi jusqu'aux larmes, me suis-je surpris levant les mains au ciel pour présenter au Seigneur ces admirables feuillets, fruits de sa divine grâce. (2)


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(2) Les Lettres et Extases de Gemma Galgani ont paru en ilalien. La traduction francaise est en préparation.


A suivre...
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Message  Monique Jeu 23 Sep 2021, 8:08 am

Je ne sais pourquoi dans ce chapitre je me suis arrogé le titre de nouveau directeur de Gemma. Quoi qu'en dise la Servante de Dieu, je ne le trouve pas exact. Son confesseur et directeur, depuis ses premières années jusqu'à sa mort, fut toujours Monseigneur l'évêque Giovanni Volpi, auquel je servis simplement d'aide ; je possédais plus de loisirs, et je n'étais pas astreint, comme sa Grandeur, par une haute situation dans la hiérarchie, à une réserve qui frisait la défiance, je dirai même, le mépris.

Du reste, le véritable directeur de Gemma, c'était l'Esprit-Saint qui se plait prendre le gouvernement immédiat de certaines âmes privilégiées ; c'était son divin époux, Jésus ; c'était sa céleste Mère, son Ange gardien, comme on le verra mieux encore dans la suite. Pour ce qui me regarde, un fait demeure indubitable : de mon contact avec la Servante de Dieu j'ai retiré des biens inappréciables. J'ai senti se raviver dans mon cœur la foi, le désir des choses célestes, l'amour de la vertu.


Grâces infinies vous en soient rendues, Seigneur Jésus, qui par des voies toujours admirables pourvoyez au bien des âmes dont toutes les aspirations ne tendent qu'à vous plaire.


A suivre...
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Message  Monique Hier à 6:56 am

CHAPITRE XI




MOYENS DE PERFECTION : DÉTACHEMENT.



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Que celui qui veut venir après moi, dit le Seigneur Jésus, se dépouille de tout ce qu'il possède, renonce à soi-même, se charge de la croix et me suive. Suivre Jésus, c'est s'engager dans la voie de la sainteté, se revêtir de l'homme céleste et parfait, qui n'est autre que ce grand Dieu incarné lui-même ; c'est donc se dépouiller du vieil homme, de l'homme de la nature, qui est terrestre et vicieux, renoncer à ses penchants désordonnés et leur résister par une lutte continuelle. Une pareille entreprise, pour être couronnée d'un succès complet, exige un détachement absolu de tout le créé et plus encore de soi-même, une mortification assidue, une humilité profonde, de la générosité d'âme et un grand courage dans l'épreuve et la souffrance. Tels sont en effet les moyens qui conduisent de rares élus à la perfection évangélique ; et ceux-là deviennent les plus grands saints, qui se signalent davantage dans leur mise en pratique.

Dès sa première enfance, Gemma conçut le désir de marcher sur les traces de Jésus d'aussi près que possible, et se rendit parfaitement compte des moyens indispensables. Elle les mit si bien en œuvre qu'on peut la classer au rang des héroïnes de la vertu, le plus en honneur dans l'Église. Arrêtons-nous d'abord à son détachement.

C'est une chose ardue, pour une jeune fille du monde, de renoncer à la vanité de la toilette. La nature incline si fort le sexe faible au désir de paraître et dc plaire que sans un secours tout particulier d'en haut il se laisse plus ou moins entraîner. Dieu fit de bonne heure à Gemma cette grâce spéciale, surtout le sévère avertissement de son Ange gardien, rapporté au chapitre IV.

Depuis lors elle ne porta plus la moindre parure et son habillement fut des plus simples : une jupe de laine noire, avec un mantelet de même étoffe et de même couleur, et un chapeau de paille également noir. Pas de manchettes aux poignets, de collerette à la gorge, de pendants aux oreilles, d'épingles d'ornement à la poitrine, de fleurs ou de rubans au chapeau ; c'est en vain que sur ce point sa famille lui faisait des reproches. Tel fut jusqu'à sa mort, l'hiver comme l'été, les jours communs et les jours de fête, l'unique vêtement de Gemma elle n'en voulut jamais d'autre.


A suivre...
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