Mère Agnès de Jésus

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ROBERT.
Arthur
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Message  Arthur Ven 07 Aoû 2009, 9:19 am


Elle faisait, un jour, cette réflexion sur le Pater :


" Quelle bonté de la part de Notre-Seigneur ! Il aurait bien pu ne pas parler de péché; mais il savait bien que nous l'offenserions toujours, alors, il nous fait dire : " Pardonnez-nous nos offenses " et il nous presse de pardonner nous-mêmes aux autres : " Pardonnez-nous comme nous pardonnons. "


Au cours du séjour à la Crypte de la Basilique, après le sinistre de Lisieux, les menaces se faisaient si angoissantes que les prêtres organisèrent une neuvaine d'adoration devant le saint Ciboire, à peine éclairé, dans cette pénombre forcée où l'on vivait jour et nuit. Mère Agnès de Jésus adressa à sa Communauté ce mot d'ordre :


Mes Chères Soeurs,


" Je vous le répète, allez le plus possible près du Saint-Sacrement qui est exposé, mais humblement on pourrait dire.


Ce matin, je me rappelais, en voyant ce petit Ciboire sur l'autel, une petite localité près de Lisieux, qui s'appelle : " le petit bon Dieu ". Et je me disais : " C'est vraiment ici " le petit bon Dieu ". Ce n'est pas le Dieu des vengeances, c'est un Dieu dont l'apparence même nous invite à nous jeter confiants à ses pieds, sur son Coeur plein de miséricorde et qui a grand'pitié de nous en ce moment.


Allons donc " au petit bon Dieu ", qui ne prend cette faible apparence que pour nous attirer davantage à lui. "

Votre petite Mère.



Dans les derniers mois de sa vie, elle exprimait toujours la même pensée de confiance absolue :


" Le bon Dieu ne demande qu'à nous combler de grâces... On lui fait de la peine en n'y croyant pas assez. "

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Message  Arthur Lun 10 Aoû 2009, 9:14 am



Nous avons déjà parlé de sa grande dévotion pour la Sainte Face de Notre-Seigneur. Plus elle avançait dans la vie, et plus elle s'attachait aux mystères douloureux du Sauveur. Entendant lire la Passion, l'année qui précéda sa mort, elle interrompit son infirmière :


" Je comprends mieux, dans ma vieillesse, les souffrances de Notre-Seigneur... "


En se plongeant dans leur méditation, elle en retirait un suc d'amour. Ainsi, le Vendredi-Saint de l'année 1915, elle disait :


" Nous nous occupons beaucoup, depuis quelques mois, des tristes événements de la guerre. Notre compassion va surtout aux pauvres blessés; notre coeur se serre à la pensée de leurs souffrances; nous nous disons, avec vérité, qu'ils sont nos défenseurs, nos sauveurs, puisqu'ils meurent pour nous.


" Nous pensons encore que la guerre et ses horreurs sont un châtiment du péché, et nous déplorons le péché, nous voudrions le détruire en nous et sur toute la terre.


" Aujourd'hui, que nos regards s'arrêtent sur la seule Victime qui puisse détruire le péché et ses conséquences, sur Jésus, Sauveur du monde entier, qui a fait autre chose que de défendre notre Patrie terrestre, nous délivrer d'un joug humain, mais qui s'est laissé blesser et mettre cruellement à mort pour nous empêcher de tomber en enfer, sous le joug de Satan, pour nous rendre notre Patrie des Cieux, perdus à jamais.


" Ceux qui défendent le sol des patries de la terre ne prennent pas sur eux ses crimes; ils sont regardés avec admiration de Dieu, s'ils sont fidèle dans leur coeur, et des hommes toujours. Le terme est consacré : vainqueurs ou vaincus, quand ils meurent, on les dit : " tombés glorieusement au champ d'honneur " .


" Lui, Jésus, pendant son immolation entendait, au lieu des louanges, des blasphèmes et des moqueries.


" ... Son âme divinement innocente a supporté, pour ainsi dire, la malédiction qui nous était due et, pour nous faire redevenir enfants de Dieu, il a subi l'épreuve d'en être abandonné.


" Approchons-nous de ce doux Jésus victime des pécheurs dont nous sommes du nombre, compatissons à son incomparable tristesse, à ses amères souffrances, surtout à l'agonie terrible de son Coeur car, au Jardin des Oliviers, quelle angoisse pour lui de voir que, malgré sa mort, beaucoup d'âmes se livreraient quand même au démon, à ses oeuvres, à son Enfer.


" Voyez ce que nous éprouvons quand on nous parle de défaites pour la France : " Tant de sang versé inutilement ", soupirons-nous.


" ...Comment donc a fait Notre-Seigneur pour soutenir la pensée horrible de l'inutilité de son sacrifice pour tant d'âmes infidèles ? Quel mystère que ces insuccès d'un Dieu ! Peut-on comprendre comment il n'est pas arrivé à grouper autour de lui, dans un sentiment d'inexprimable reconnaissance, les hommes de tous les siècles ? Mais non, il était écrit et Jésus l'a rappelé avant sa Passion : " Je frapperai le Pasteur et les brebis seront dispersées. "


" Comme il est incompris notre divin Pasteur ! Comme on l'aime peu ! Comme on le fuit, quand on ne le persécute pas. Mais, quel bonheur pour nous quand l'Écriture ajoute : " J'étendrai la main sur les petits. " Les petits, c'est-à-dire les humbles sans doute. "


L'âme de Mère Agnès de Jésus souffrait du rejet, par les hommes, des grâces rédemptrices. Dans une conversation intime avec l'une de ses enfants, elle laissait échapper ce mot :


" Que c'est triste, tous ces pécheurs qui se perdent, et comme le bon Dieu me fait pitié ! J'allais dire... " Prions pour lui ..."

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Message  Arthur Mar 11 Aoû 2009, 9:09 am




Un jour, déjà malade, elle regardait le Calvaire, dans le préau, et dit :


" La Croix... Le bon Dieu a fait de belles choses. On ne peut rien dire de la vie de Notre-Seigneur, c'est trop beau... "


Une lettre écrite par elle, le 30 mars 1941, et dans laquelle elle s'adresse à son aînée, récemment décédée, exprime à vifs ces sentiments :


Soeur Marie du Sacré-Coeur

parmi les séraphins, au Ciel.


" Tu es au Ciel, ma bien-aimée Marie, et tu pénètres maintenant jusqu'au plus intime de mon âme; oh! non, je ne t'ai pas perdue, au contraire. Mais, quand même, je veux t'écrire une petite lettre à la fin de ma retraite, la seconde depuis ton départ pour la vraie Patrie. ( Fais lire cette lettre à Thérèse. )


... " Je t'entends toujours me dire et me redire, avec un accent que je ne puis rendre : " Oh! comme nos coeurs sont détachés de la terre ! " Pour le tien, c'est fait complètement; pour le mien, il reste un fil à couper, mais rien qu'un fil, et un fil léger, il me semble. Je ne vais pas t'expliquer pourquoi, tu le vois et le sais mieux que moi.


" Oui, tu le vois et tu me vois prendre plusieurs fois par jour, quand je le puis, le chemin du jardin, et me rendre à Gethsémanie. "


( On nomme ainsi une petite île dans le bras de rivière qui traverse le jardin, où sont placés divers modèles de statues des Anges figurant au Chemin de Croix extérieur de la Basilique, et un groupe de Notre-Seigneur à l'agonie, consolé lui-même par un Ange. )


" Là, je m'agenouille aux pieds de Notre-Seigneur et j'appuie un moment ma main sur son Coeur, en lui disant : " Que votre règne arrive ! Que votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel . " Et j'ai l'intention de faire cela au nom de ce pauvre univers, aujourd'hui bouleversé parce qu'il s'est éloigné, hélas ! " de Celui qui pouvait lui donner la paix. "


" Il y a quelques jours, en faisant ce geste et en regardant le visage de Notre-Seigneur, je lui dis, comme si je l'avais vu vraiment : " Est-ce que je vous ennuie en répétant toujours la même chose ? " Je désirais bien avoir une réponse et, le soir, à l'oraison, ouvrant l'Évangile au hasard, je suis tombée sur ces mots : " Quelqu'un m'a touché, car j'ai senti qu'une vertu est sortie de moi. "


Oh ! que j'ai été émue et encouragée à le " toucher " souvent, afin que souvent une vertu sorte de lui pour la Sainte Église, pour les pauvres pécheurs, pour la Communauté, pour tout.


" Je reviens à mon pèlerinage. Avant de quitter Gethsémani, je ne manque jamais d'aller vers l'ange qui présente le voile de Véronique. Alors, je caresse trois fois la Sainte Face : une fois au nom de Thérèse, une fois en ton nom Marie, et une fois au mien.


" Quand je quitte l'Ermitage, je me dirige vers le Chemin de Croix, que je fais en quelques instants. ... " Et je pense que les heures de la Passion de Jésus sont comme des heures éternelles qui sont fixées là-haut, pour être le grand sujet d'amour et de reconnaissance de tous les élus, de gloire aussi pour Notre-Seigneur. Ce sentiment profond que j'éprouve est difficile à exprimer.


" Jamais je ne me lasse de faire ce Chemin de la Croix. Depuis mon Jubilé, c'est la consolation et la force de ma vie. Il y a, en effet, sept ans
-- en 1934, le 9 mai, lendemain de mes " Noces d'Or " -- que les belles stations ont été installées au jardin. C'est certainement le plus précieux cadeau que j'ai reçu alors. "

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Message  Arthur Mer 12 Aoû 2009, 8:57 am



Dès avant la Messe et par tous les temps, elle partait, rapide comme Madeleine se rendant au Tombeau, vers son Chemin de Croix. elle le fit ainsi jusqu'à sa descente à l'Infirmerie.


Pour la consolation d'une de ses filles, très éprouvée physiquement, elle précisait, en 1943, la façon dont elle faisait ses Chemins de Croix si fréquents :


" A chaque station, je dis, ... dans un regard d'amour : " Doux et humble Jésus ! " Devant les stations où figure la Sainte Vierge, j'ajoute : " Douce et humble Marie " ; puis, elle détaille ses pensées devant toutes les scènes; par exemple, à la douzième :


" Doux et humble Jésus ! Douce et humble Marie ! qui acceptez ces trois heures de martyre avec tant de douceur et d'humilité, rendez mon coeur semblable aux vôtres. "


À la fin de la via crucis elle terminait ainsi :


" Doux et humble Joseph, douce et humble Thérèse, tous les doux et humbles du Paradis, rendez mon coeur semblable aux vôtres ", et, le plus souvent, pensant à sa Communauté, elle mettait au pluriel : " Rendez nos coeurs, semblables aux vôtres. "


Si elle suivait Jésus au Calvaire, nous avons vu qu'elle le suivait aussi amoureusement dans le saint Évangile :


" Quand je serai au Ciel, disait-elle, je demanderai à Jésus de se montrer à moi, comme il était sur la terre. "


En attendant, elle l'adorait sous les voiles eucharistiques, et se réjouissait particulièrement de voir le Saint Sacrement exposé dans la Chapelle, plutôt qu'à l'Oratoire privé, parce qu'alors, il pouvait recevoir aussi les hommages des fidèles.


Dès ici-bas, enfin, elle aimait à contempler le Christ victorieux de la mort, dans le mystère de sa Résurrection. Elle achève son cahier de confidences à ses deux soeurs, en leur révélant ses sentiments quand revient, chaque année, la belle fête de Pâques :


" Depuis que je suis au Carmel, cette " fête des fêtes ", cette " solennité des solennités " a toujours fait vibrer mon âme. Les grandes fatigues de la Semaine Sainte, de l'office chanté, ce dimanche, à deux heures du matin ( à cette époque il en était ainsi ) ne diminuent pas mon bonheur surnaturel, au contraire. Cette austérité est comme un arrière-goût d'exil, qui augmente la force et le charme divin.


" La lecture de l'Année Liturgique, expliquant avec onction si pénétrante les splendeurs du mystère, est pour beaucoup, j'en suis sûre, dans cette disposition.


" Tous les ans, au chant de l'Exultet, mon coeur exulte. C'est une grâce, je le reconnais, mais d'ailleurs " tout est grâce ", même quand on ne sent rien ni à Pâques, ni à aucune fête. Le bon Dieu a ses desseins, il faut le louer de tout dans la foi, en attendant la Fête des Cieux, dans l'extase
éternelle. "

Arthur

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Message  Arthur Jeu 13 Aoû 2009, 8:56 am


La "petite Mère " de Thérèse était fidèle à renouveler, chaque soir avant de s'endormir, l'Acte d'Offrande en victime à l'Amour miséricordieux. Elle complétait par des petites " rubriques " -- aimables comme toutes ses manières -- et par la prière à laquelle nous avons déjà fait allusion et elle ajoutait :


" Créez en moi un coeur pur, ô mon Dieu. Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de votre oeil ", et son habituel soupir : " Jésus, doux et humble de Coeur ! "


Dans sa lettre touchante à Soeur Marie du Sacré-Coeur, au paradis, à laquelle nous empruntons ce passage, elle note encore :


" De ton temps, ma Marie, du temps de tes grandes infirmités, je disais : " Celle que vous aimez est malade... " Et j'ajoutais, pour le toucher et lui montrer que je lui faisais confiance : " Merci, mon Jésus ! " Aujourd'hui encore, je fais la même prière pour la France. "


Ce message fraternel se terminait ainsi :


" Ma petite soeur chérie, je reviens de ma retraite demain soir. Ce matin, dimanche, au moment de la Communion, j'ai eu une petite grâce que je vais te confier. Je sentais mon coeur... tellement vide de tout le créé, que je me disais : Ce doit être cela un coeur pur. C'était comme un vide lumineux. Alors, j'ai pensé que ma demande de tous les soirs était exaucée, que Jésus avait vraiment créé en moi un coeur pur.


" Ma Marie bien-aimée, ma Thérèse chérie, veillez sur moi et soyez-moi présentes, comme vous l'êtes tant aujourd'hui, jusqu'à ma mort.


" Je demande au bon Dieu d'augmenter votre bonheur céleste en lisant ma lettre. "

Votre Pauline,

Sr Agnès de Jésus.

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Message  Arthur Lun 17 Aoû 2009, 9:03 am




Nous ne nous attarderons pas sur sa dévotion pour la Très Sainte Vierge, qui était venue lui " sourire ", à elle aussi, au matin de sa vie, et qui l'avait attirée sur la Montagne bénie du Carmel.



Depuis sa retraite de 1942, elle récitait tous les jours le rosaire :


" Comment pouvez-vous en trouver le temps, lui demandait-on, surmenée et dérangée continuellement comme vous l'êtes ?


-- Le bon Dieu m'a donné de la ténacité, répondit-elle. Je sens que la Sainte Vierge est contente. Elle me le rend : elle m'aide d'une manière incroyable dans une foule de choses, surtout à me mettre au-dessus de bien des petites peines. Je suis dans une paix ! "


Parmi ses dévotions, nous mentionnerons seulement encore celle qu'elle professait pour le grand Docteur des Nations. Elle avait sous la main, pour les relire fréquemment, des extraits de ses Épîtres :


" Quel grand saint que saint Paul ! s'exclamait-elle, si ardent, si zélé et si humble ! Il n'oublie pas qu'il a péché, il le rappelle : " J'ai persécuté les fidèles du Christ ! " Je l'aime bien mon saint Patron. "

Arthur

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Message  Arthur Mer 19 Aoû 2009, 7:29 am


Il est aisé de supposer que, si Mère Agnès de Jésus ouvrait aussi pleinement son coeur à la charité divine, elle ne laissait pas de pratiquer le second commandement, que le Seigneur assimile au premier : la charité fraternelle.


Au terme de son existence, on aurait pu lui dire, comme les disciples de saint Jean : " Pourquoi nous faire toujours cette recommandation ? " C'était la conclusion de ses homélies maternelles et comme son point de repère d'un bon état d'âme. Nous prenons, au hasard, quelques-une de ses pensées :


" Oh ! que le bon Dieu est bon de nous donner des occasions de pratiquer la douceur, l'humilité, la patience; cela nous donne une nouvelle expérience que tout doit nous détacher de la terre, que nous serons heureuses, en attendant le Ciel, qu'en pratiquant la charité qui suffit à tout.


" Il faut que ce Carmel de bénédiction soit pour Notre-Seigneur une nouvelle maison de Béthanie, plus agréable encore que la première, puisque les Marthe ne jalousent pas les Marie, toutes se faisant à la fois Marthe et Marie, pour servir et aimer Celui qui nous dispense à toutes, dans le secret, ses inestimables dons.


"... Nous profiterons de plus en plus, j'en suis sure, des bénéfices inappréciables que nous procure la vie commune. Si on l'appelle un martyre, c'est qu'il y a une palme à cueillir.


" Soyez sûres que les plus heureuses en Communauté, ce ne sont pas celles qui semblent avoir toute la confiance des Supérieurs, ni celles qui brillent par leurs talents, ni celles qui ont la consolation de suivre la Règle, ni celles encore qui ont l'attrait de la pauvreté, du silence, de l'austérité.


Non, et pourtant les plus heureuses sont les plus vraiment mortifiées, c'est-à-dire les plus charitables dans leurs moindres actions et même dans leurs pensées vis-à-vis du prochain, car il faut de l'héroïsme pour atteindre cet idéal de charité récompensé par le plus pur bonheur ".


Elle rappelait l'exemple de Thérèse :


" Quand notre petite Sainte allait à la récréation, ce n'était pas pour se récréer, c'était pour récréer son Bien-Aimé, par sa charité fraternelle, accomplir ainsi son Commandement nouveau et mériter de l'aimer toujours davantage, jusqu'à l'infini. Alors, un bonheur divin, d'autant plus profond que son abnégation était plus grande et plus cachée, entrait dans son âme, ou pour mieux dire, c'est elle qui entrait, dès cette vie, dans la joie de son Seigneur. "

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Message  Arthur Jeu 20 Aoû 2009, 8:45 pm



La charité de Mère Agnès de Jésus rayonnait dans tout son extérieur. Elle conserva toute sa vie et jusqu'en l'extrême vieillesse, ces manières charmantes, ces gestes pleins de grâce, qui n'offraient rien de composé parce qu'ils lui étaient naturels.


Sa petite taille et son agilité y prêtaient encore; elle semblait " voler " d'un lieu à un autre, se posant à peine, mais observant tout et apportant par son sourire, partout où elle passait, un rayon de soleil. Elle était l'âme de la maison, si bien qu'on baptisait " éclipse " le temps de ses retraites.


Le R. P. Martin, fondateur des Missionnaires et des Oblates de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, après l'un de ses fréquents voyages à Lisieux, ayant eu l'occasion de la voir, écrivait à une Carmélite :


" Il y a huit jours que je vous quittais et, depuis, je garde toujours aussi pénétrante une impression que j'ai emportée et qui est celle, plus vive que jamais, d'une immense bonté rencontrée.


" ... Cette chère Mère Agnès de Jésus, quelle impression elle me laisse. Elle a une grâce toute particulière que le bon Dieu lui donne et qui attire si fort que je ne sais pas, en ce qui me concerne, ce que je ne ferais pas pour elle. "


On sait de quelle façon exquise sainte Thérèse se pliait aux caractères de ses novices, entrant dans le jeu de toupie, ou proposant la coquille, pour celle qu'il fallait prendre par ces moyens enfantins.


Sa " petite Mère " n'agissait pas autrement avec l'ancienne " joueuse de quilles sur la Montagne du Carmel ", minée par un mal terrible, un lupus qui lui dévorait la face, et qu'elle supportait, d'ailleurs, avec une admirable et patiente résignation.


Découvrant, par exemple, dans une revue, une jolie tête d'enfant coiffée d'un petit capuchon, elle la découpait et la donnait à la malade avec ce billet :


" X... est le petit bébé du bon Dieu. Voici l'image de sa petite âme confiante. Son lupus est bien caché sous la capeline de l'abandon. "


Une autre fois, c'était un négrillon qui se présentait avec cette devise manuscrite :


" Je vais au Ciel. Thérèse m'entraîne. " Je suis noire, mais je suis belle " par la souffrance. C'est Jésus qui le dit. "


Ou bien une ancre portant cette enseigne : " Malgré mon lupus, je vis dans la sainte Espérance qui ne sera pas confondue. "


La pauvre Soeur s'était fait un petit album de ces messages maternels, qui semaient des fleurs de joies sur sa croix.


À une autre patiente, qu'elle soutenait au loin, par une lettre journalière, elle écrivait :


" Je suis absolument nouée... Mais, j'ai encore la tête hors de l'eau pour vous crier : Bon courage ! dans quelques jours, quel bonheur ! retour à la patrie du Carmel, en attendant la patrie du Ciel. "


Cette bonté s'enveloppait de charme. Un jour, elle revenait du jardin, tenant à la main une haute graminée; elle dit d'un air malicieux, en la brandissant :


" Voyez, je suis grande comme une herbe des champs ! pas plus haute qu'une herbe ! "


Elle réalisait ce qu'elle avait écrit autrefois :


" L'âme n'a pas d'âge, comme la petite colombe ne peut avoir de ride. "


Elle avait instinctivement horreur de tout ce qui sentait la prétention, soit dans les paroles, soit dans les écrits et les lectures et la combattait chez ses filles. Ayant entendu parler d'une Supérieure que l'on nommait " une religieuse de grand style ", elle dit :


" Ce n'est toujours pas de moi qu'on pourra jamais dire cela! et je n'y tiens pas du reste. " Elle ne put s'empêcher d'ajouter : " c'est si laid ! "


Sa simplicité d'ailleurs, loin de masquer ses qualités, ajoutait à leur ascendant. Un religieux disait d'elle :


" Dans les rares moments -- comme ceux d'une Transfiguration -- où il m'a été donné de l'approcher, j'ai surtout senti, goûté, expérimenté son exquise bonté, sa délicatesse inouïe. Tout ce que j'entends d'elle est une grâce ineffable."

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Message  Arthur Lun 24 Aoû 2009, 8:25 am




CHAPITRE VII

MODÈLE ET APÔTRE DE L'ENFANCE SPIRITUELLE.




Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a dit tout ce qu'elle devait à sa " petite Mère ". Celle-ci, à son tour, s'imprégna à fond des enseignements de sa soeur tant aimée. Elle en vécut, elle le diffusa.


Elle met, comme elle, à la base de sa spiritualité la vue paisible du néant de toutes choses et de son propre néant.


" Si vous saviez, confiait-elle, comme mon coeur est détaché de la terre et en pleine vérité, il me semble, essayant de laisser tomber beaucoup de choses, presque tout, pour ne pas alourdir son essor vers le bon Dieu.
" Tout ce qui passe n'est rien, rien... oh! que cette parole me fait du bien. "


Mais à ces heures de lumière succédaient aussi des heures de ténèbres et " de tentation, même contre la confiance en Dieu ", au point qu'elle éprouvait, dira-t-elle, " des angoisses inexprimables ". Alors, elle gémissait :


" Parfois j'en suis réduite à " soupirer " cette parole de l'Imitation : " Voyez, Seigneur, mon impuissance et ma fragilité, que tout manifeste à vos
yeux ". Et alors, ô merveille de miséricorde, je me sens aussi heureuse et paisible que dans le premier cas, quelquefois même davantage encore. "


Pour encourager ses filles dans ce dénuement qu'est la détresse de l'âme, elle invitait à considérer Jésus, dans sa Passion, en proie à l'accablement, à l'angoisse la plus extrême :


" Pauvre Jésus, concluait-elle, il est pourtant aidé sans le sentir, on n'en peut douter, mais c'est comme en secret, comme à la dérobée, juste assez pour lui donner la force d'aller jusqu'au bout sans défaillir.


" Au pied de la Croix, disons à notre Époux bien-aimé, le coeur rempli de la plus grande reconnaissance : " Je vous remercie, ô bon Jésus, de n'avoir point voulu demander à votre Père ces douze légions d'anges qui, vous le saviez bien, seraient accourues aussitôt, soit pour vous délivrer, soit pour adoucir votre Passion.


Je vous remercie de n'avoir pas dit, en subissant toutes vos douleurs et humiliations, que votre Coeur surabondait de joie. Non, vous n'avez pas voulu opérer le salut du monde dans des transports d'allégresse; il eût manqué alors quelque chose à votre douloureuse Passion.


Quel encouragement pour nous. Nous-mêmes, quand la grâce de consolation nous soulève, nous avons des élans, nous irions au martyre avec enthousiasme; mais souvent, pour ne pas dire toujours... ce que nous pouvons faire de mieux et de plus méritoire, c'est encore de répéter avec l'aide d'une autre grâce, non moins précieuse, ce verset du Magnificat :


" Mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur ", de me sentir faible, inconstante, incapable d'accepter joyeusement la moindre souffrance, la moindre humiliation. "


Elle livrait, une autre fois, cette comparaison à propos de la pauvreté spirituelle si l'âme, dans la sécheresse absolue, garde une volonté droite et soutenue de faire de son mieux, surtout par la pratique de la charité fraternelle :


" Elle ressemble, expliquait-elle, à cette veuve de l'Écriture qui reçut Élie dans sa maison, et dont la charité fut si merveilleusement récompensée. Toutefois le Prophète n'apporte pas chez elle l'abondance de tous les biens, mais ce qui suffit. Et comment penser que ce n'est pas le meilleur pour la terre, quand nous l'entendons dire à cette femme, avec autant de solennité : " Ainsi parle le Dieu d'Israël : ce peu d'huile ne diminuera pas jusqu'au jour où le Seigneur fera tomber la pluie sur la terre. "


Aussi, attendait-elle du Seigneur, le soutien d'heure en heure :


" Si le bon Dieu ne vous met pas dans la main, écrivait-elle, la petite pièce de la vertu au moment du besoin, on ne peut payer, on ne peut pas passer sans mettre le nez à terre. "

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Message  Arthur Mer 26 Aoû 2009, 9:31 pm


Au soir d'une journée pénible, où elle craignait d'avoir manqué de vertu, la Sainte Vierge lui obtint une grâce de lumière si apaisante qu'elle écrivit ensuite :


" Il m'est resté de cette grâce une assurance intérieure que toutes les délices du Ciel nous seront données un jour, pour rien, à la condition d'être humbles de coeur, de ne nous appuyer jamais sur aucune de nos oeuvres, et de pratiquer la charité fraternelle. "


Sur ce thème favori, ses pensées avaient une saveur inexprimable. Littéralement, elle en vivait.


Elle convie sa soeur Léonie à se rencontrer avec elle et leurs autres soeurs, à la Crèche, chargées de toutes sortes de cadeaux. Puis, elle corrige aussitôt :


" Mais, après tout, si nous cheminons ensemble, avant d'entrer dans l'étable, la plus riche donnera à la plus pauvre et le petit Jésus nous voyant également chargées, nous donnera le même sourire. Ah ! je dis des bêtises, arrivons tous simplement avec nos coeurs chargés d'humilité, d'amour et de confiance, c'est-à-die de ce que Jésus est venu chercher sur la terre, le reste lui est égal ou presque égal, il n'a pas besoin de nos dons, mais uniquement de notre amour. "


On lui témoignait de l'admiration pour sa puissance de travail, au delà de ses quatre-vingts ans :


" il n'y a rien en moi à admirer. C'est Jésus qu'il faut admirer. S'il y a quelque chose de bien en moi, c'est lui qui l'a mis. "


Elle revenait sur cette conviction en racontant :


" Tantôt, je suis allée au jardin et vous connaissez le creux que forment les mains jointes de Jésus à l'agonie; j'ai mis la main dans le creux et j'en ai retiré plusieurs feuilles mortes qui ne se voyaient pas. Alors, je me suis dit : C'est cela ma vie ! des feuilles mortes ! Mais, dans les mains de Jésus, elles se transformeront en fruits mûrs pour la vie éternelle. Et c'est en tenant ces fruits mûrs que je me présenterai ou plutôt que Jésus me présentera à son Père céleste le jour de ma mort.


" Cette histoire vraie est aussi votre histoire merveilleuse. Faites-en l'objet d'une petite méditation d'un éclair, vous en sortirez encore plus humble de coeur. "

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Message  Arthur Jeu 27 Aoû 2009, 9:16 pm




Elle savait ainsi, à chaque pas, puiser une lumière dans les moindres incidents ou dans la nature qui, pour elle, chantait vraiment l'amour du Créateur. Goûtons encore les enseignements qu'elle tire d'une vitre brisée et des mauvaises herbes :


" Je regardais dernièrement une vitre brisée; la cassure exposée au soleil, ce n'était que rayonnements à éblouir et je pensais que c'était l'image de l'humilité que nous donne souvent le manque de forces physiques.


" Nos misères ressemblent aux mauvaises herbes qui, toutes mauvaises qu'elles sont, produisent de jolies fleurs. Est-ce-que, dans la pelouse du préau, les petites pâquerettes nous déplaisent ?


Elles naissent pourtant de mauvaises herbes et voyez comme nous les regardons avec bonheur. Le bon Dieu est comme nous, et de peur qu'en arrachant tout à fait nos mauvaises herbes, nous ayons moins d'humilité, moins de défiance de nous-même et de recours à lui, à tout instant, il dit à ses anges, comme dans la parabole de l'ivraie et du bon grain :


" Laissez croître l'un et l'autre jusqu'au temps de la mois-
son ", c'est-à-dire, laissez croître l'humilité qui ne peut germer sans l'humiliation produite par la faiblesse et l'infirmité reconnue de mes pauvres petites créatures. "


C'est une figure du même genre qu'elle empruntait une autre fois, au lendemain de sa fête, où la table priorale avait été fleurie au réfectoire :


" Une chose, toute petite, est venue me rappeler le caractère si doux du bon Dieu. C'est une branche de gui, placée tout près de moi sur la table au réfectoire. Je me suis dit : Voici une petite plante qui se trouve à la place d'honneur aujourd'hui; ce n'est pourtant qu'un parasite, une mauvaise herbe, mais tout de même, comme elle se fait bien pardonner, car elle est très gracieuse et très originale, avec ses angles et ses fleurs qui sont comme des perles fines.


" Alors, j'ai pensé aux défauts que nous avons toutes, plus ou moins et qui se font aussi très bien pardonner, quand l'âme est profondément humble. "

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Message  Monique Jeu 27 Aoû 2009, 9:53 pm

Arthur a écrit:
Elle revenait sur cette conviction en racontant :


" Tantôt, je suis allée au jardin et vous connaissez le creux que forment les mains jointes de Jésus à l'agonie; j'ai mis la main dans le creux et j'en ai retiré plusieurs feuilles mortes qui ne se voyaient pas. Alors, je me suis dit : C'est cela ma vie ! des feuilles mortes ! Mais, dans les mains de Jésus, elles se transformeront en fruits mûrs pour la vie éternelle. Et c'est en tenant ces fruits mûrs que je me présenterai ou plutôt que Jésus me présentera à son Père céleste le jour de ma mort.


" Cette histoire vraie est aussi votre histoire merveilleuse. Faites-en l'objet d'une petite méditation d'un éclair, vous en sortirez encore plus humble de coeur. "

Je fais mienne cette histoire merveilleuse! Sujet a méditer...!!!!
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Message  Arthur Sam 29 Aoû 2009, 9:56 am

Puissions-nous tous agir comme vous Monique. Que Dieu vous garde en son Coeur. Mère Agnès de Jésus - Page 4 430970

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Message  Arthur Sam 29 Aoû 2009, 10:01 am

" Depuis sept ans, j'essaie de maintenir propres les piliers du cloître du Choeur, sans pouvoir y arriver. Je brosse, j'essuie sans me lasser et, peu à peu, comme résultat de tous mes soins, je vois quand même les moulures se patiner, la poussière se coller, enfin le salpêtre ronger le stuc.


" J'ai réfléchi, et j'ai vu que c'était une image de mon impuissance à tout bien. Alors, l'humble prière du Veni Sancte m'est revenue à la mémoire : " Sans votre secours, ô mon Dieu, il n'est rien dans l'homme, rien qui soit innocent. Lavez donc vous-même ce qui est souillé.


" La correction de nos défauts, la sanctification de notre âme sont vraiment l'oeuvre unique de l'Esprit-Saint, qui s'y emploie d'autant plus que cette âme est convaincue à fond de son impuissance totale et qu'elle fait néanmoins, avec persévérance, ses pauvres petits efforts, dont il tient compte avec tant de miséricorde et d'amour. "


Elle ne laissait pas échapper cette occasion d'ajouter cet autre avis :


" Reportons à présent ces lumières sur notre prochain, et quand nous ne pouvons faire autrement que de voir ses défauts, ne nous en étonnons pas plus que des nôtres.


Pensons que ce cher prochain fait au mieux, lui aussi, le petit ménage des piliers de son cloître intérieur, que, souvent, il soupire en le voyant s'encrasser malgré tous ses efforts et que, recourant au bon Dieu, s'humiliant, implorant son secours, reconnaissant que tout lui est souillé, il est très agréable à l'Esprit sanctificateur et suprême Consolateur, qui habite en lui avec délices. "

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Message  Arthur Lun 31 Aoû 2009, 8:35 pm

Elle précisait, au sujet de ces invocations bénies que nous avons déjà recueillies sur ses lèvres :


" Quand nous disons, quand nous soupirons : " Doux et humble Jésus ", cette aspiration attire en nous son Coeur doux et humble et c'est lui qui se manifeste au dehors, autour de nous, par nous, sans que nous y prenions garde. Oh ! que l'amour du bon Dieu est simple ! Ce n'est pas ce que beaucoup d'âmes s'imaginent. "


Quelle belle définition encore que celle-ci :


" La douceur et l'humilité du coeur, c'est le secret de l'amour parfait. "


Le rayonnement de l'humilité " et comme une ombre lumineuse ", disait-elle. C'est pourquoi sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus pouvait, dans toute la sincérité de son coeur, écrire à Mère Agnès de Jésus :


" Si ( petite Mère ) ne sait pas ce qu'elle est, moi je le sais bien et je l'aime ! oh oui ! mais que mon affection est pure ! c'est celle d'une enfant qui admire l'humilité de sa Mère. Vous me faites plus de bien que tous les livres du monde. "

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Message  ROBERT. Lun 31 Aoû 2009, 9:01 pm

Arthur a écrit:
Au soir d'une journée pénible, où elle craignait d'avoir manqué de vertu, la Sainte Vierge lui obtint une grâce de lumière si apaisante qu'elle écrivit ensuite :
" Il m'est resté de cette grâce une assurance intérieure que toutes les délices du Ciel nous seront données un jour, pour rien, à la condition d'être humbles de coeur, de ne nous appuyer jamais sur aucune de nos oeuvres, et de pratiquer la charité fraternelle. "


Tout faire pour la gloire de Dieu et aimer nos frères, voila le plus grand Commandement qui nous procurera comme le dit Saint Paul, un "poids

éternel de gloire." Merci bonne Sainte Vierge et Merci Arthur pour cette réflexion de Mère Agnès.
ROBERT.
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Message  ROBERT. Lun 31 Aoû 2009, 9:07 pm

Arthur a écrit:
" Reportons à présent ces lumières sur notre prochain, et quand nous ne pouvons faire autrement que de voir ses défauts, ne nous en étonnons pas plus que des nôtres.
Pensons que ce cher prochain fait au mieux, lui aussi, le petit ménage des piliers de son cloître intérieur, que, souvent, il soupire en le voyant s'encrasser malgré tous ses efforts et que, recourant au bon Dieu, s'humiliant, implorant son secours, reconnaissant que tout lui est souillé, il est très agréable à l'Esprit sanctificateur et suprême Consolateur, qui habite en lui avec délices. "



Que j'ai souvent tendance à ne pas voir dans les autres, qu'eux aussi essaient, travaillent à corriger leurs fautes!! Verrais-je la paille dans

l'œil du voisin et pas la poutre dans le mien ? Merci Mère Agnès, de me faire méditer la-dessus, car, si ce passage m'a frappé, c'est que le

chapeau doit me faire... Sad
ROBERT.
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Message  Arthur Mar 01 Sep 2009, 8:50 pm

C'est un passage qui m'a frappé aussi. C'est une leçon à retenir pour la charité fraternelle.

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Message  Arthur Mar 01 Sep 2009, 8:54 pm



Celui qui se reconnaît pauvre et misérable se repose aisément sur la puissance d'autrui, et combien mieux encore sur la toute puissance d'autrui, et combien mieux encore sur la toute-puissance d'un Dieu infiniment bon. Mère Agnès de Jésus, avec le grand esprit de foi que nous lui avons vu, ne s'écarta jamais de cette voie de l'abandon. Elle écrivait à sa soeur Céline, en leur commune épreuve filiale :


" Ne trouves-tu pas comme moi, qu'il est plus doux de se rappeler les jours de deuil et de larmes que les jours de joie ? Nos coeurs ne sont pas faits pour la joie, même la plus pure ! Ils sont faits seulement pour la joie du Ciel, et la souffrance toute seule les rassasie sur la terre.


Céline chérie, qu'il est doux aussi de ne pas savoir ce que Jésus nous réserve pour l'avenir... Oui, c'est une douceur et une grande douceur de vivre abandonnée au jour le jour, dans l'inutilité, s'il le veut ! Et qu'est-ce qu'il y a donc d'utile en ce monde sinon le seul amour du bon Dieu. "

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Message  ROBERT. Mer 02 Sep 2009, 9:26 pm

Arthur a écrit:

" Ne trouves-tu pas comme moi, qu'il est plus doux de se rappeler les jours de deuil et de larmes que les jours de joie ? Nos coeurs ne sont pas faits pour la joie, même la plus pure ! Ils sont faits seulement pour la joie du Ciel, et la souffrance toute seule les rassasie sur la terre.


(...) qu'il est doux aussi de ne pas savoir ce que Jésus nous réserve pour l'avenir... Oui, c'est une douceur et une grande douceur de vivre abandonnée au jour le jour, dans l'inutilité, s'il le veut ! Et qu'est-ce qu'il y a donc d'utile en ce monde sinon le seul amour du bon Dieu. "

Nos coeurs ne sont pas faits pour la joie, même la plus pure !

Il faut réaliser que tout, sur cette terre, passe.... SAUF LA CHARITÉ QUI ELLE NE PASSERA JAMAIS, ET NON SEULEMENT QU'ELLE

NE PASSERA JAMAIS MAIS QU'ELLE DURERA TANT QUE DIEU SERA DIEU...
ROBERT.
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Message  Arthur Ven 04 Sep 2009, 8:40 am



A la même encore, toujours au sujet de leur père :



" Nous sommes à la veille de quelque événement. Oh ! n'est-ce pas, comme on voudrait savoir ? Il me semble que le bon Jésus est très content qu'on lui fasse le sacrifice de ce désir, parce qu'alors c'est s'abandonner et abandonner tout ce qu'on aime à son amour, sur lequel on peut tant compter ! "


En 1948, au lendemain de la mort subite de la Sous-Prieure qui était son grand appui, elle dit à la Communauté en soulignant la coïncidence :


" J'ai remarqué spécialement à l'Office ce matin ces paroles du grand-prêtre Héli : " C'est le Seigneur ! Qu'il fasse ce qui est bon à ses Yeux. "


Dans un moment de délaissement intérieur, très peu de temps avant sa mort, elle confiait :


" Je suis éprouvée... Je ne sens pas le bon Dieu autant que le le voudrais, mais je crois et je m'abandonne, il est tout à moi, et je suis toute à lui ! "


Elle écrivait au lendemain du dimanche Gaudete, en 1939 :


" Il faudrait sans doute nous réjouir toujours dans le Seigneur, comme la sainte Église nous le redisait hier à la messe. Au fond de nos coeurs, qui sont entièrement au bon Dieu, c'est bien cela. Mais la vilaine sirène terrestre vient mugir à nos oreilles de temps en temps, et alors, on tremble, on a peur, on est angoissé. Cela est arrivé à Jésus au Jardin de l'Agonie; alors, il ne faut pas s'étonner de ces tristesses, elles sont bien méritoires. "


On sait combien son âme rêvait d'éternité. Et cependant, à une Soeur qui lui manifestait son désir intense du Ciel, elle ne sut que répondre :


" Pour moi, c'est l'abandon ! "

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Message  Arthur Lun 07 Sep 2009, 8:51 pm



Une de ses filles était gravement malade et sous le coup d'une intervention chirurgicale; elle s'efforce de la réconforter :


" Je n'ai pas cessé de penser à vous aujourd'hui, et cette pensée était une vraie prière pour vous obtenir la force dans votre épreuve, car c'est déjà long et dur. Oh ! je n'aime pas écrire ce mot : dur, car le bon Dieu n'est que douceur et nous devons penser que tout ce qu'il nous envoie et qui semble dur, ne sera que douceur pour nous toute l'éternité. C'est égal, la pensée du Ciel nous est bien nécessaire; notre heure viendra de goûter la félicité. "


Elle reprend le jour suivant :


" L'abandon parfait n'est pas si facile que çà ! D'ailleurs, nous ne pouvons pas nous le donner, mais le bon Dieu est obligé de nous le donner, quand nous l'en prions humblement. "


Une autre fois, elle distrait sa petite malade, sur un ton plus familier; c'était un 13 mai, anniversaire de la guérison de la petite Thérèse par la Vierge du Sourire :


" Ma première pensée, ce matin, a été de prier la Sainte Vierge de vous faire un beau sourire, comme à notre Thérèse autrefois et que ce sourire vous guérisse, mais j'ai demandé encore plus le sourire que la guérison, parce que " Méfie-té de tout ! " ( dicton normand ) de tout ce qui n'entrerait pas dans la volonté du bon Dieu; et comme elle nous est cachée " faut mieux l'abandon pour tout. Vive Jésus, vive sa Croix ! "


Elle fait quelques jeux de mots, dans une lettre à sa soeur Léonie, qui venait de lui apprendre qu'elle portait des lunettes, mais la leçon surnaturelle n'en est pas moins profonde sur la valeur du moment présent :


" Ce n'est pas trop de quatre yeux pour regarder en avant et en arrière de notre vie. En avant, le beau Ciel qui nous attend; en arrière, toutes les grâces que le bon Dieu nous a faites pendant ces années que nous avons passées sous son regard, sous sa divine protection.


Pas trop de quatre yeux non plus, pour regarder de tout près le beau présent qui nous est fait; ce présent du moment présent qui est destiné à faire notre présent éternel; car tel que nous l'aurons pris avec toutes ses richesses, tel nous prendrons notre Ciel. Si nous en laissons tomber de ces richesses sur la terre, sans en profiter, ça ne remontera pas au Ciel; tant pis pour nous !


Tu vois, ma petite soeur bien-aimée, le sermon que t'a valu ta paire de lunettes. Et pourtant ta petite soeur-maman n'est pas sermonneuse, ce n'est pas dans son caractère. Tu te plains que ta bonne Mère n'est pas guérie par Thérèse. Moi, J'aime mieux qu'elle fasse des miracles ailleurs que chez nous. Que chez nous, elle donne de marcher pleinement dans sa voie de confiance et d'amour; je ne lui en demande pas davantage et je trouve que j'ai tout ! "

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Message  Arthur Mer 09 Sep 2009, 8:11 am



Ce " tout " elle y aspire sans cesse :

" Les assujettissements de la vie religieuse et le travail intime de notre perfection pourront nous sembler difficiles, parfois. Pensons alors que notre doux Sauveur nous promet le Saint-Esprit sous le titre de " Consolateur ".

Il sait donc bien que nous sommes faibles, que notre exil est bien douloureux, que la vertu, même la mieux affermie, a ses défaillances, que souvent tout semble contribuer autour de nous à nous faire verser des larmes...

Il sait tout cela et alors voyant que nous n'avons plus la force de ramer, parce que le vent nous est contraire, il vient à nous dans la nuit de l'épreuve, il nous ranime par de bonnes inspirations, il fait renaître la paix et la joie dans notre âme par ce rayon de grâce et d'amour, qui n'est autre que le Consolateur promis, L'Esprit-Saint. "


C'est bien ainsi qu'elle comprend la mansuétude divine :


" Je pense que le bon Dieu est digne de tout; que c'est bien peu ce qu'on lui donne, mais qu'il est heureux tout de même, comme si on lui donnait l'univers. "


Elle compte, pour elle-même, sur cette magnanimité divine :


" je voudrais aller au Ciel tout droit, lui disait une Soeur.


-- Pour moi, cela m'est égal, répondit-elle. Je trouverai bien tout ce que le bon Dieu fera.


-- Ce n'est pas étonnant que vous pensiez cela, reprit son enfant; vous, ma petite Mère, vous irez au Ciel sans détours.


-- Je l'espère, répliqua-t-elle simplement. Ce devrait être ainsi. Avez-vous remarqué que nous demandons tous les jours cette grâce dans l'hymne de None :

" Donne-nous cette lumière du soir

Qui garde notre vie sans déclin,

Et que le prix d'une sainte mort,

L'éternelle gloire la suive sans délai... "


Cette espérance personnelle devenait une certitude formelle quand il s'agissait de sa sainte petite Soeur; elle le soulignait en ces termes :


" Je mettrais ma main au feu, pour affirmer que la petit Thérèse est allée droit au Ciel; je ne veux même pas qu'on dise qu'elle a fait une seconde de Purgatoire.

" Sans cette croyance, la " petite voie " est détruite de fond en comble; il faut qu'elle repose là-dessus. "

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Message  Arthur Jeu 10 Sep 2009, 9:11 am



Au début de sa vie religieuse, Mère Agnès de Jésus s'était sentie portée très fortement vers les pénitences extraordinaires, ou du moins de surérogation, et elle y entraîna Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui s'en montra heureuse. Mais elle fut amenée à modifier sa manière de voir. Elle le précise ainsi :


" Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, vers la fin de sa vie, me parla d'elle-même, sans que je l'ai interrogée à ce sujet, des instruments de pénitence. Elle savait que j'avais de l'attrait pour ce genre de mortification. Elle me mit en garde, m'assura que ce n'était pas fait pour les âmes qui suivraient " sa voie ", et ajouta ces paroles de Jésus :


" Prenez sur vous MON JOUG et recevez mes leçon, car je suis doux et humble de Coeur et vous trouverez le repos de vos âmes, car MON JOUG est doux et mon fardeau léger. Vous voyez, ma Mère, il faut que nous prenions SON joug, il ne nous dit pas de nous en imposer un autre... "


" Par le joug du Seigneur, elle entendait, non seulement les épreuves intérieures et extérieures, mais la Règle, à laquelle elle recommandait d'être si fidèle ( y compris, bien entendu, les disciplines prescrites par les Constitutions. )


" Ce conseil ne contenait aucune critique à l'égard de ceux qui, dans une voie différente de la sienne se portent, par choix, aux instruments de pénitence. N'a-t-elle pas dit à Jésus : " Il y a beaucoup de demeures dans le Royaume de mon Père... "


" Elle me parlait ainsi pour m'éclairer, parce que j'avais été Prieure, que je pouvais l'être encore et qu'elle avait peur que j'engage les âmes dans cette voie. Ce n'était pas par crainte de décourager la faiblesse de petites âmes qui craindraient de souffrir, c'est parce qu'elle pensait que l'on prend appui sur ces moyens de perfection, en s'imaginant que l'on fait quelque chose, et c'était pour toutes les âmes en général, qu'elle ne les appréciait pas. "

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Message  Arthur Ven 11 Sep 2009, 8:29 am

Dans une conversation avec ses filles, elle leur livre encore ces détails :


" Après l'aventure de sa petite croix de fer, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus était tout à fait opposée à l'emploi des instruments de pénitence. Elle avait compris qu'elle s'était trompée, que le bon Dieu ne lui demandait pas cela. En m'en parlant, elle me regardait avec une sorte d'inquiétude, se demandant ce que j'allais dire. Quand elle vit que je le prenais bien, elle fut soulagée. "


On montra alors à Mère Agnès de Jésus les tableaux de la " Petite Voie " qui représentent la Sainte découragée par tous les instruments de pénitence, et elle assura qu'elle avait exprimé là sa pensée personnelle. Puis, examinant les tableaux suivants : Bethléem, etc..., elle dit : " C'est une autre orientation. "

Elle demeura scrupuleusement fidèle aux austérités imposées par la Règle; il était même bien difficile de lui faire accepter des soulagements nécessaire à sa santé, mais, fidèle aux enseignements de Thérèse, elle s'abstint de mortifications corporelles supplémentaires.

Arthur

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