Mère Agnès de Jésus

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ROBERT.
Arthur
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Mère Agnès de Jésus - Page 6 Empty Re: Mère Agnès de Jésus

Message  Arthur Mer 21 Oct 2009, 7:52 pm


Cette fois, les religieuses veulent se réfugier dans l'autre aile du couvent, à l'Infirmerie de notre petite Sainte. Mais insouciante du danger et fidèle à son devoir, Mère Agnès de Jésus s'attarde et l'une de ses filles a juste le temps de la saisir dans ses bras pour se blottir avec elle dans un appartement, quand le déluge d'airain les circonscrit de nouveau. Le préau disparaissait sous une fumée âcre et jaunâtre.


On en sort encore indemne, mais quelles perspectives pour la nuit prochaine ?

" J'ai fait au bon Dieu le sacrifice de notre petit Carmel, s'il le veut ! ", avait confié les jours précédents la vénérée Prieure.

Dans cette soirée lugubre du 7 juin, elle est prête même au sacrifice d'Abraham, puisqu'elle déclare aux Soeurs du Tour :


" J'ai dit au bon Dieu : " Mon Dieu, je vous fais même le sacrifice de mes filles, si vous le voulez..."


C'était trop ! Thérèse dut recueillir l'offrande héroïque et la présenter au Seigneur, obtenant de se faire l'ange tutélaire de toutes les oblations généreuses de sa " petite Mère ", pour qu'elles soient épargnées.


Peu à peu, on voit s'élever, au-dessus des bâtiments, les incendies voisins, dont les flammèches s'abattaient même dans le préau. Les moniales étaient cependant décidées à demeurer coûte que coûte dans la clôture.

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Message  ROBERT. Mer 21 Oct 2009, 8:15 pm

" C'est la visite nocturne de Nicodème à Jésus. Ce docteur en Israël ne comprit qu'alors le divin oracle sur la petitesse évangélique. Si j'avais vécu au temps de Notre-Seigneur, j'aurais fait comme lui, je serais allé trouver Jésus, la nuit, pour n'avoir personne autour de moi qui m'aurait empêchée de lui dire ce que je voulais et d'entendre une parole spéciale de sa bouche divine.

Mais, c'est cela que nous faisons au Carmel; nous y sommes venues l'écouter, la nuit, je veux dire loin du monde. Et, dans cette solitude, il nous enseigne tout ce que nous devons savoir. Il nous demande comme à moi, aujourd'hui, de renaître, même au temps de la vieillesse, pour nous simplifier toujours davantage, de sorte qu'il ne reste plus en notre âme que conscience de sa faiblesse et confiance proportionnée en Dieu notre Père.

(...)nous simplifier toujours davantage, de sorte qu'il ne reste plus en notre âme que conscience de sa faiblesse et confiance proportionnée en Dieu notre Père.(...)
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Message  Arthur Jeu 22 Oct 2009, 7:47 pm


Mais, à la nuit tombante, M. le Supérieur de la Mission de France fait demander Mère Agnès de Jésus et l'invite fortement à se rendre avec la Communauté à la Basilique où les chapelains s'étaient réfugiés; l'incendie gagnait sans cesse, le feu allait certainement atteindre le Monastère et il serait extrêmement imprudent d'y rester seules sans secours.


" Mais, c'est impossible, murmura-t-elle. Nous ne pouvons quitter notre Carmel.

-- Ma Mère, c'est une grave responsabilité pour vous, reprit M. le Supérieur; vous êtes en danger ainsi que vos filles.

-- Si c'est un devoir, nous allons le faire, mais dans combien de temps ?

-- Quelques minutes, ma Mère, le temps de prendre chacune une couverture. Nous vous attendons. "


Comment rendre le déchirement de cette heure ? Le Carmel de Thérèse, ce reliquaire insigne, va être la proie des flammes...À près de quatre-vingt-trois ans, Mère Agnès de Jésus doit abandonner ces lieux bénis entre tous, où elle a vécu elle-même soixante-deux ans !


Sa douleur est poignante, mais elle la domine paisiblement sans même l'exprimer, et elle donne l'ordre de se préparer rapidement au départ. On retire le Saint Sacrement du tabernacle; Il va gravir avec nous ce Calvaire.


Au seuil de la porte conventuelle, en silence, L'admirable Prieure jette un dernier regard sur son petit Carmel et le bénit de la main, puis elle franchit la clôture sans un mot de regret. Elle reste un chef à ce moment tragique, comme toujours. Et toutes la suivent, portant sa souffrance, qui double la leur.


Nous ne pouvons relater en détail cet exode, au milieu d'immeubles en feu s'écroulant l'un après l'autre, cette ascension difficile de la chaotique avenue sillonnée de trous de bombes, de débris de toutes sortes, de cadavres même, lorsqu'apparut, au sommet, de la blanche Basilique thérésienne, à peu près intacte, surplombant la cité détruite de sa imposante, telle une citadelle inexpugnable.


Quelle espérance s'alluma dans les coeurs des religieuses ! Elles pouvaient affronter les rafales de fer et de flammes, Thérèse les garderait chez elle.

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Message  Arthur Sam 24 Oct 2009, 10:29 am


Les voici dans la Crypte privée de lumière, sommairement campées dans la chapelle de la Vierge du Sourire, au milieu de beaucoup de réfugiés, et même de blessés relevés sous les décombres par les courageux prêtres et séminaristes de la Mission de France qui, le lendemain, arrachèrent aux flammes le monastère et ses précieuses Reliques.


La vie s'organisa dans le cantonnement; plusieurs messes chaque matin, un chapelet médité le soir avec Bénédiction du Saint-Sacrement, la récitation de l'Office canonial lui donnait un cachet de piété très envié des autres Lexoviens, dispersés dans des fermes ou des tranchées de fortune.


Il s'avéra bientôt qu'il faudrait prolonger le séjour là-haut jusqu'à la libération de Lisieux, car les bombardements continuaient et la ville n'était plus qu'un désert.

Le 13 juin, un messager du cardinal Suhard put atteindre Lisieux, pour remettre à Mère Agnès de Jésus le Bref Pontifical du Patronage de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus sur la France.


Il était, nous l'avons dit, daté du 3 mai car, dans son extrême bienveillance, le Saint-Père aurait voulu qu'il parvînt comme Son Auguste présent, pour le Jubilé de diamant du 8. Ce fut un nouveau motif d'espoir que ravivait l'invocation chantée, chaque soir après le Salut, d'une voix suppliante " Sancta Teresa, Galliae Patrona, ora pro nobis ".


Dans cette épreuve, quel adoucissement de trouver refuge à la Basilique. Pour la " petite Mère " de Thérèse ce fut comme une réponse divine à un secret désir de voir un jour de près ce temple, dont la silhouette, contemplée du Carmel, faisait jaillir en elle un hymne perpétuel d'actions de grâces.


Elle ne se lassait pas de l'admirer, méditant sur la magnanime récompense donnée par Dieu à l'humilité volontaire de sa petite Servante. Ce contraste envers sa vie cachée et une telle apothéose produisait, en elle comme en ses filles, un sentiment indicible de reconnaissance.

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Message  Arthur Mar 27 Oct 2009, 7:44 pm



Et voici que pendant quatre-vingts jours et quatre-vingts nuits, elle allait vivre à l'ombre de cette chère Basilique. La semi-obscurité ne permettait pas de bien juger des coloris et des détails, mais on pouvait toutefois apprécier la pureté des lignes et l'ampleur de l'ensemble.


Un dimanche, Mgr Germain invita Mère Agnès de Jésus et Soeur Geneviève à monter jusqu'à la partie haute du dôme et, par prudence, on se munit d'un siège portatif. Quel étonnement de voir cette vénérée Mère gravir plus aisément que les autres les escaliers étroits de la tourelle en refusant toute pause.


Arrivée aux galeries supérieures, elle se plongea dans le beauté du splendide horizon s'étendant bien au delà de la vallée, ne prêtant même pas attention aux avions lâchant leurs bombes tout autour. Et comme on la conjurait de se garer derrière quelque pilier, elle répondait crânement :

" Non, laissez-moi tout voir, pendant que j'y suis. "


Elle éprouva le besoin de compléter son poème : " Ce que j'ai vu ", par ses impressions sur cette vision inespérée de la Basilique :

Pour mes " Noces de Diamant ",

J'avais eu ce désir étrange :

Visiter le beau Monument,

Le Temple érigé pour notre Ange.

Elle est exaucé, mais à travers le fer et le feu. Sa foi n'en est pas désarmée. Comment ne pas admirer la jeunesse d'âme de cette octogénaire qui, voyant menacé tout ce qu'elle a de plus cher, lance ce cri de confiance éperdue :

Mais d'ailleurs, quand disparaîtrait

De notre Sainte tout vestige,

Notre coeur encore vous louerait,

Ô Dieu, que l'Amour seul dirige !

Car, dans vos profonds jugements,

Nous dit la Parole inspirée :

" Un seul jour est comme mille ans,

Et mille ans, comme une journée... "

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Message  Arthur Jeu 29 Oct 2009, 8:28 am


La vie de prière et de travail se poursuivait hors des grilles; vie bien dangereuse, mais spécialement en certaines périodes, où les prêtres jugeaient prudent de donner l'absolution générale avant la nuit. Au cours de ces longues heures nocturnes, que de chapelets récités à haute voix, d'invocations criées vers le Ciel !

La courageuse Prieure frôlait sans précautions le péril et elle causa, de ce fait, à diverses reprises, de mortelles inquiétudes à son entourage. Après un raid meurtrier, où elle était demeurée tout simplement à sa table de travail, près d'une verrière brisée, on trouva un fragment de bombe qui aurait pu la blesser. Durant un autre bombardement qui faisait trembler la Basilique... et ses hôtes, voyant sa Communauté autour d'elle, dans l'épouvante, elle dit d'un air si doux :

" Il n'y a qu'à bénir le bon Dieu de tout, quoiqu'il arrive ! "

Plusieurs fois, pendant le séjour sur la Colline, elle redescendit au Carmel, pour juger personnellement des dégâts, et surtout, de la protection extraordinaire dont il était l'objet. En voyant le préau ensoleillé, ses rosiers fleuris en abondance, la paix indéfinissable du cloître, à côté des spectacles apocalyptiques de l'extérieur, ses yeux se remplissaient de larmes, elle baisait les murs, en disant :


" Mon coeur est plein de reconnaissance envers le bon Dieu qui nous a préservées si visiblement. Je l'aime tant notre petit Carmel..."


Sur l'avis favorable qui lui fut donné, elle profita de cette exclaustration forcée et prolongée, pour se rendre, avec Soeur Geneviève et son Conseil, au cimetière de la ville, tout proche de la Basilique, revoir ce petit enclos privilégié, où tant de foules vinrent prier notre Sainte, et s'agenouiller sur la tombe de ses vénérés parents.


Puis, elle fit une visite aux chers Buissonnets, remarquablement protégés, eux aussi. Notre pauvre cité était bien morne, mais quelques voisins ayant appris que Mère Agnès de Jésus allait venir, une maman lui fit présenter une rose magnifique par son gracieux bambin; d'autres approchèrent leurs petits pour qu'elle les embrassât et ces mères en pleuraient de bonheur.

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Message  Arthur Lun 02 Nov 2009, 7:56 am



La nouvelle du sinistre de Lisieux avait causé une très grande émotion, tant en France qu'à l'étranger, et des lettres touchantes arrivèrent de partout. Ele répondait elle-même à beaucoup, remerciant des marques de sympathie et encourageant ceux que la guerre avait atteints.


Le 16 juillet, dans ce cadre qui évoquait un peu celui des catacombes, elle reçut les premiers voeux d'une jeune professe.


Cependant, on parlait sérieusement d'une évacuation de Lisieux, imposée par les forces occupantes. S. Em. le cardinal Suhard et plusieurs de nos amis parisiens pressaient les Carmélites de devancer cet ordre, et leur offraient l'accueil de diverses Maisons religieuses. De plus, ils faisaient mettre à leur disposition des camions du Secours National pour les transporter ainsi que les principales reliques.


Dilemme cruel : fallait-il négliger ces concours précieux et providentiels, qui ne pourraient plus être assurés si la situation militaire empirait, pour risquer, alors, une fuite dangereuse sur les routes et sous la mitraille ?


D'autre part, quitter Lisieux, c'était le véritable exil et l'abandon du Carmel au pillage et à toutes les dévastations. L'angoisse était telle pour tous, qu'une neuvaine d'adoration fut organisée à la Crypte, et l'on se souvient de l'invitation que fit, à cette occasion, Mère Agnès de Jésus d'aller prier assidûment devant " le petit bon Dieu ".


Pour elle, son âme ne variait pas dans son abandon devant la mort possible et la destruction de tout. Et cependant, elle fit cette confidence, dont la finale inattendue frappa beaucoup :


" Je prie et j'ai confiance. Je demande au bon Dieu qu'il écarte de nous ce calice, mais c'est tout. Je pense à Moïse disant : " Seigneur, pas ceci, pas cela. " Moi, je ne suis pas portée à prier ainsi. Je craindrais de lui faire de la peine en disant, par exemple : Mon Dieu, je sais que vous nous aimez trop, pour permettre cette épreuve.


Je suis certaine qu'il nous aime particulièrement, mais je ne sais pas comment il veut le montrer. Je préfère m'en remettre à lui. Il nous a tant protégées déjà. N'est-ce-pas miraculeux qu'au milieu d'une telle tourmente, notre pauvre petit Monastère soit encore debout ? Pourtant, au soir de la clôture de notre grande neuvaine, j'ai dit au bon Dieu à propos de l'évacuation qui semble inévitable :


" Faites tout ce que vous voudrez, mais ne nous imposez pas l'évacuation. " Je sentais bien que je pouvais lui dire cela, parce que d'habitude, j'accepte tout ce qu'il veut. "


Cependant, elle laissa toute latitude de partir à celles d'entre ses filles qui l'auraient désiré; il ne s'en trouva pas.


Les duels d'artillerie se déroulèrent sur nos têtes, durant plusieurs jours et plusieurs nuits, mais la confiance maternelle ne fut pas trompée; la main de notre petite Thérèse nous protégea jusqu'à la fin.

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Message  Arthur Mar 03 Nov 2009, 7:23 pm

Pendant l'exode à la Crypte, bien des personnes de la ville ou des environs vinrent saluer Mère Agnès de Jésus, trop heureuses de la voir sans grille. Elle aurait préféré éviter ces visites mais, très simplement, elle s'y prêtait par bonté.


À l'arrivée des troupes alliées, eurent lieu des scènes charmantes. Des officiers réclamaient la signature de " Pauline ", la soeur de la " Petite Fleur " ; à une Messe solennelle célébrée au lendemain de la libération et où communièrent un millier de soldats, une quête fut faite.

La Prieure s'était modestement cachée derrière une balustrade de la petite chapelle de la Sainte Vierge. Mais, tout à coup, deux soldats, se détachant de leurs camarades, viennent s'agenouiller devant elle et déposent à ses pieds le produit de leur collecte : " L'offrande des pauvres ", s'excusent-ils, et ils baisent ses mains avec vénération.

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Message  Arthur Jeu 05 Nov 2009, 8:16 am

*

Enfin, le 27 août, fête de la Transverbération de sainte Thérèse d'Avila, sonna l'heure du retour. En procession, escortant la petite chasse de vermeil contenant les Reliques de sa petite Sainte, et accompagnée d'une foule émue, la Communauté descendit de la Colline vers la chère clôture qui, jamais, ne parut plus douce et plus belle.


Voici la petite exhortation que nous offrit Mère Agnès de Jésus :


" Que pourrais-je vous dire à cette heure de notre rentrée dans notre béni Monastère ? Mon coeur, comme les vôtres, est plein d'une reconnaissance inexprimable. Sans doute, nous avons souffert, mais combien notre souffrance a été adoucie ! Les Israélites, captifs à Babylone, pleuraient sur les rives du fleuve en se souvenant de Sion et refusaient de chanter leurs cantiques sur une terre étrangère.


" Nous, nous avons pu continuer à chanter nos cantiques, nous n'étions pas sur une terre étrangère et ceux qui nous entouraient n'étaient pas nos ennemis. Et puis, notre exil a été adouci, sanctifié par plusieurs messes journalières, la présence de Jésus au Très Saint-Sacrement, le voisinage et l'appui de saints prêtres, dans cette Crypte merveilleuse édifiée à la gloire de notre grande petite Thérèse.


Nous avons pu contempler de près sa splendide Basilique, nous promener, rêvant du Ciel, sur le Parvis, sous les cloîtres, dont la vue s'étend au loin sur les belles campagnes.


" Nous avons pu aussi nous rendre compte, de tout près, de la protection merveilleuse accordée à cette Basilique, par les nombreuses traces de bombardements qui l'entourent. Et, de cette hauteur, nous apercevions, dans la vallée, au milieu des ruines de Lisieux, notre petit clocher, notre dôme intacts.

" Un jour, où des pensées de reconnaissance remplissaient particulièrement mon coeur, j'ai ouvert le saint Évangile et suis tombée sur ces mots : " Cependant, le Centurion et ceux qui étaient là avec lui à garder Jésus, voyant le tremblement de terre et les choses qui se passaient disaient :


" Cet homme était vraiment le Fils de Dieu. " J'ai fait alors le rapprochement : Il faut reconnaître l'amour particulier du bon Dieu pour notre petite Thérèse, puisqu'il a fait de si grandes choses, afin de prouver qu'elle a été vraiment " Fille de Dieu ".


" Oh! qu'elle nous aide à reprendre avec ferveur notre vie religieuse ! Et n'oublions pas que nous aurions pu, nous aussi, perdre la vie dans ce cataclysme, comme tant d'autres religieuses. Alors, cette vie qui nous a été conservée, il faut pleinement l'employer à la gloire du Seigneur, c'est-à-dire à la pratique de toutes les vertus, surtout celle de la charité fraternelle.


" Si cela et tant d'autres choses nous coûtent, pensons que l'encouragement donné à sainte Jeanne d'Arc par ses Voix est aussi pour nous : " N'aie souci de ton martyre, prends tout en gré, tu t'en iras par grande victoire au Royaume du Paradis. "


" Oui, " prenons tout en gré " et, plus nous aurons à souffrir, plus nous nous laisserons brûler à petit feu par les sacrifices journaliers, plus grande et plus puissante sera la flamme d'amour qui purifiera nos âmes et leur méritera d'aller droit au Ciel. "

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Message  Arthur Ven 06 Nov 2009, 8:27 am





CHAPITRE IX

LA NOBLE FIN D'UNE GRANDE VIE


Il ne nous reste plus qu'à dépeindre le soir de cette longue et si fructueuse vie. Comme après une journée de beau soleil, nous voyons le firmament s'irradier de tons chauds, ainsi on put admirer chez Mère Agnès de Jésus un magnifique couchant...


Jusqu'en 1945, où la chute que nous avons déjà mentionnée commença d'ébranler sérieusement sa santé, elle continua sa vie normale et surmenée. Au terme de sa retraite privée de 1948, elle rapporta du désert ce bouquet spirituel :


" Notre-Seigneur m'a rejointe dès le premier jour de mon voyage, comme les disciples d'Emmaüs, et il m'a accompagnée jusqu'au dernier jour, et je ne l'ai pas laissé partir. Alors, j'espère qu'il est resté avec moi, car " il se fait tard et le jour de ma vie est sur son déclin ". La vôtre aussi, mes chères Soeurs, car la vie la plus longue est toujours bien courte.


" Qu'avons-nous donc à faire, vous et moi ?


" Rien qu'à écouter constamment Notre-Seigneur, à suivre ses inspirations, chaque jour et à toute heure, à souffrir tout ce qu'il permet, à nous confier en lui pour tout, disant avec notre sainte petite Thérèse : " C'est toujours ce qu'il fait que j'aime. "


" Un jour viendra , le dernier, où il nous fera entrer avec lui dans l'Hôtellerie du Ciel, et là, il nous sera donné de le connaître pleinement " à la fraction du pain ", à la Communion éternelle. "


Une Soeur lui demandant, dans l'intimité, comment Jésus s'était montré à elle en sa solitude, elle répondit :


" Pas avec des consolations; avec des grâces de force et de vérité. "


Vers cette époque, elle raconta ceci :


" J'ai vu la petite Thérèse en rêve, cette nuit. Elle était comme je l'ai connue autrefois. Elle m'a dit, en souriant :


" Vous vieillissez, ma petite Mère. "


Et je lui est répondu :


" Rien ne saurait me faire plus de plaisir que ce que vous me dites-là. "


Elle ne cherchait donc point à s'illusionner et, souvent, faisait allusion à sa mort prochaine. En janvier 1943 déjà, à l'arrivée du nouvel Aumônier, ne lui avait-elle pas déclaré à sa première visite :


" C'est vous, mon Père, qui me donnerez l'Extrême-Onction. "

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Message  Arthur Sam 07 Nov 2009, 9:20 am


À la veille de la sainte Agnès de l'année 1949, elle fut atteinte de congestion pulmonaire et l'on jugea indispensable de la transporter, de sa froide cellule, au nord, dans une infirmerie chauffée, ayant vue sur le jardin, et même sur la Basilique. Il lui en coûta quelque peu, mais elle acquiesça; ce mot résume son attitude devant tous les sacrifices qui s'imposèrent à elle, dans la suite.


Le 8 mai, tout à fait dans l'intimité, on fêta ses " Noces de Rubis " : la petite goutte de sang se mêlait à l'éclat de l'or et du diamant...


Bientôt, elle vit la plume lui tomber subitement des mains. Ce lui fut une vrai douleur. Que de bien, quelle somme de travail elle avait accompli par sa plume ? Sa belle écriture, avait été remarquée par le Saint-Père lui-même, qui disait à Mgr Picaud devant une lettre de la Prieure de Lisieux : " Voyez quelle écriture ferme, Monseigneur, et à cet âge ! "


Un moine bénédictin notait, de son côté, en parlant d'elle :


" Je voulais vous dire combien j'ai admiré sa belle écriture si ferme, si large, toute ouverte. Je ne suis pas graphologue, mais quelle belle âme on devine... "


La plume, cette fois défaillait, mais l'âme restait forte. Mère Agnès de Jésus ne murmura pas une plainte :


" Je l'offre au bon Dieu " dit-elle simplement à Soeur Geneviève, en confidence. Pour lui donner l'illusion qu'elle pouvait encore écrire, on essayait, parfois, de lui faire tracer sa signature; il lui fallait beaucoup d'efforts pour former des caractères minuscules et tremblés. Ses traits à elle-même se contractaient douloureusement devant le pauvre résultat d'une telle fatigue.


Elle marchait encore avec l'aide d'une canne et appuyée au bras de l'une de ses filles. Une Soeur la rencontrant ainsi, voulut la consoler :


" Le bon Dieu vous gardera vos jambes, ma petite Mère. "


Elle se retourne vivement :


" Le bon Dieu fera ce qu'il voudra ! "


Une novice lui rappelait le troisième anniversaire de son entrée au Carmel:


" Alors, remarqua-t-elle, je vous ai reçue en pleine vie ! "


Au fur et à mesure que ses forces déclinaient et qu'elle devait renoncer à tel ou tel exercice commun, elle en souffrait profondément. Ce lui fut même une véritable épreuve d'âme de continuer à porter la charge de Prieure, sans pouvoir être présente au milieu de ses filles, avec cette fidélité parfaite qu'elle avait toujours observée.


Elle exposa son scrupule aux Supérieurs qui, évidemment, la rassurèrent, lui laissant entendre qu'elle devait rester jusqu'à sa mort, au poste où l'avait placée le Saint-Siège.


Quelquefois, on la surprenait pensive et si on la questionnait:


" Tout me fuit ", répondait-elle avec résignation.


Ou encore :


" Je ne pense qu'à une seule chose, être bien au bon Dieu.


" Je m'abandonne; je voudrais ne jamais lui résister. Je me demande ce qu'il aura de nouveau aujourd'hui... " Elle sous-entendait : comme renoncement.

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Message  Arthur Lun 09 Nov 2009, 6:51 am


Le 1er novembre 1950, elle put encore recevoir une profession, mais quelques jours après, son état de dépression totale inspira les plus vives inquiétudes :


" C'est une lampe qui s'éteint faute d'huile; vous la verrez s'endormir pour ne plus se réveiller ", disaient les docteurs et on jugea prudent de lui faire donner l'Extrême-Onction, le 12 novembre. Malgré sa faiblesse si grande, elle s'unit en pleine connaissance à la cérémonie et comme on lui demandait après si elle désirait quelque chose :


" Rien que le Ciel ", murmura-t-elle.


Cette pensée du Ciel ne la quittait plus, Les médecins la soignaient avec dévouement que nous devons qualifier de " filial ". S. S. Pie XII, informé indirectement, lui envoya Sa Bénédiction et manifesta le désir d'être tenu au courant.


Elle revint progressivement à la vie, et de façon si inespérée, que les docteurs y virent une nette intervention de sa sainte Petite Soeur.


Elle avait toutefois traversé les affres de l'agonie. Très agitée, une nuit, son infirmière l'entendait gémir :


" C'est triste la mort ! "


-- Mais non, ma petite Mère, lui dit-elle pour l'encourager, c'est l'entrée dans la vie.


-- Il faut y être... seule, poursuivit-elle avec angoisse. Je n'en puis plus ! Mon Dieu, je vous en prie, ayez pitié de moi ! Je m'abandonne à la
grâce ! "

Ou encore :


" O mon Dieu, venez me chercher ! " Mais, elle ajoutait aussitôt :


" Il faut ne vouloir que sa volonté... Je voudrais que le bon Dieu soit glorifié plus que tout !... "

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Message  Arthur Mar 10 Nov 2009, 6:44 am


Le bon Dieu voulait ajouter un fleuron à son cinquantenaire de Priorat.


Dans le courant de décembre, le Carmel eut les premiers échos de la Constitution apostolique : Sponsa Christi, du 21 novembre, et de l'invitation qu'y faisait le Saint-Père aux moniales de revenir aux Voeux solennels.


Puisque le Ciel leur gardait leur Mère, les religieuses désirèrent faire au plus tôt ce don total entre ses mains. Les démarches furent activées dans ce but et, le 19 mars 1951, Mère Agnès de Jésus prononça elle-même ses Voeux solennels et reçut ceux de ses filles.


Cérémonie extrêmement touchante qui eut lieu dans son infirmerie, où elle était alitée, mais qu'elle supporta sans fatigue excessive. Dans des conditions analogues une novice avait fait sa profession, le 27 février.


Avec le retour du printemps, ont put la sortir même au jardin, refaire ses pèlerinages d'antan. Le soleil lui redonnait vigueur et appétit; elle lisait, montrait de plus en plus d'intérêt à toutes choses; c'était une véritable reprise de vie, qui comblait tout le monde de joie et d'espoir, malgré sa conviction à elle, qui lui faisait dire :


" Je suis comme quelqu'un qui est près du Ciel. Jésus me laisse encore un peu sur la terre, mais c'est comme si je n'y étais plus. "


Et elle jouissait, par avance, de ce Ciel tant attendu :


" Qu'on est heureux d'être au bon Dieu ! Il nous en réserve de belles choses au Ciel. On ne peut pas savoir ce que c'est... Le connaître ... J'ai soif des eaux de la vie éternelle ! "

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Message  Arthur Jeu 12 Nov 2009, 8:13 am



La marche, cependant, lui étant trop fatigante, elle dut se résigner au fauteuil roulant, qu'elle avait tant appréhendé ! Mais là encore, elle n'émit aucune plainte. Au cours de ses promenades, on sonnait la Communauté, qui accourait joyeuse, faisait une petite récréation avec elle et recevait sa bénédiction.


Elle se rendait aussi quelquefois au Tour pour voir ses chères enfants de l'extérieur; enfin, elle assistait au Salut du Très Saint-Sacrement.


Le 2 juillet, anniversaire de sa première Communion, Mère Agnès de Jésus passa un bon moment dans l'Oratoire, où le Saint-Sacrement était exposé. Ce fut sa dernière adoration. Il en advint d'elle comme de sa sainte petite Soeur, dont elle avait écrit dans les Novissima Verba :


" 2 juillet : Elle alla, pour la dernière fois devant le Saint-Sacrement à l'Oratoire, dans l'après-midi; mais elle était à bout de forces. Je la vie regarder l'Hostie longtemps et je devinais que c'était sans aucune consolation, mais avec beaucoup de paix au fond du coeur. "


Le 13 juillet, Mgr Germain vint chercher au Carmel, pour l'installer définitivement à la Basilique, le grand Reliquaire du bras droit de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, tenu en réserve, pour cette fin, depuis 1934. Le Ciel semblait attendre cet événement pour laisser le mérite de ce don à Mère Agnès de Jésus puisque, dès le lendemain, elle se trouva plus fatiguée.


Le dimanche 15, M. l'Aumônier lui apporta la sainte Communion, comme tous les jours depuis le 11 novembre. Mais, en fin de matinée, elle parut prostrée et eut une crise d'étouffement. Le docteur habituel étant absent, on fit appel à son dévoué suppléant, qui diagnostiqua aussitôt des points de congestion pulmonaire.


À midi, elle commença à haute voix la récitation de l'Angelus, mais elle s'arrêta sur ces mots : " Ecce ancilla Domini. " N'était-ce pas le résumé de toute sa vie de fidélité aimante ?

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Message  Arthur Ven 13 Nov 2009, 7:02 am



La nuit suivante, elle entra dans une sorte de demi-coma, d'origine urémique. C'était le 16 juillet 1951, soixante-septième anniversaire de sa Prise de Voile. Sa Mère du Ciel la cachait sous son voile, répondant à son attente, puisqu'elle avait dit, le 8 mai précédent, en parlant de la Sainte Vierge :


" Il faut l'aimer, l'aimer toujours davantage, c'est la " Porte du Ciel ". Et elle avait achevé comme en un soupir profond :


" Ne trouvez-vous pas qu'il n'y a que le silence qui parle ?... "


Mesurait-elle ce qui l'attendait ?


Au début de cette nuit, avant qu'elle tombât en plein assoupissement, son infirmière fut frappée de voir son regard, douloureux et anxieux, se porter sans cesse sur une aquarelle représentant la Vierge bénie, soutenant maternellement dans ses bras une Carmélite mourante.


Puis il se dirigeait vers la Sainte Face, pour revenir avec insistance vers Celle qui allait être bientôt, pour elle, " Janua Caeli "


Deux Soeurs Tourières prenaient part au Triduum organisé à Lourdes, ces jours-là même, pour le VIIe Centenaire du Saint Scapulaire et avaient fait célébrer une Messe à son intention à la grotte miraculeuse.


" Vous allez m'empêcher d'aller au Ciel, j'en ai si grande envie ", avait-elle dit peu auparavant. Le bon Dieu prit en pitié ses désirs... Le 17, la grâce de l'Extrême-Onction lui fut renouvelée.


Le 23 juillet, le Saint-Père lui fit adresser ce télégramme :


" Sa Sainteté informée aggravation votre état de santé, vous accorde très paternellement gage abondants réconforts célestes par intercession fraternelle sainte Thérèse, spéciale Bénédiction. "


Hélas ! il fallut se contenter de déposer quelques instants l'Auguste message sur son front.


Ce sommeil paisisble, sans souffrance apparente, se prolongea treize jours, déconcertant les deux docteurs qui l'entouraient des soins les plus attentifs, autant inspirés par leur science que par leur vénération respectueuse.


L'un deux, très attaché à notre Carmel, la considérant comme sa mère, grâce au concours non moins affectueux d'un autre ami qui l'amenait lui-même en auto, fit à plusieurs reprises, en ces jours, le voyage de Paris-Lisieux, pour la visiter.


On ne se lassait pas de la contempler, le tête légèrement inclinée sur la droite, rappelant l'attitude, gracieuse et abandonnée, de l'enfant endormi dans les bras de son Père : " la dormition dans le Seigneur ", remarquait Mgr Germain, entré pour la bénir.

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Message  Arthur Sam 14 Nov 2009, 7:23 pm



Le 7 avril 1897, à sa " petite Mère " qui lui avouait ses appréhensions du redoutable passage de la mort, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus avait répondu :


" Le bon Dieu vous pompera comme une petite goutte de rosée. "


Mère Agnès de Jésus avait inscrit cette consolante promesse dans ses notes intimes, en la commentant ainsi :


" Le Seigneur nous dit par un prophète " qu'un soleil de justice se lèvera pour ceux qui l'aiment et que la guérison sera dans ses rayons. "


" ...La petite goutte de rosée ne sera donc pas détruite, mais seulement pompée et attirée par le Soleil d'Amour, et la guérison de son âme sera dans ses rayons, c'est-à-dire qu'elle se trouvera en même temps, pompée et purifiée. "


Cette double prophétie sur laquelle se basait la suprême espérance de notre Mère se réalisait sous nos yeux : comme la rosée du matin n'est aspirée que lentement par la chaleur des rayons solaires, ainsi son âme bénie était attirée suavement, dans un doux et long sommeil, vers le divin foyer de l'Amour.


Le samedi 28 juillet au matin, le médecin constata un affaiblissement général et prévint que le dénouement approchait. Au début de l'après-midi, en effet, la respiration précipitée se fit intermittente, mais le coeur lutta quelques heures encore.


La Communauté entourait sa Mère chérie et dut, à regret, s'éloigner pour le chant du Salve et du Salut. Elle revint en hâte, appelée par la cloche de l'infirmerie et, un quart d'heure avant l'Angelus, tout à coup, les mains inertes et glacées de la sainte mourante pressèrent nettement celles des infirmières, enlacées dans les siennes; puis ses beaux yeux s'ouvrirent et fixèrent ses filles d'un regard clair et tout à fait lucide.


Comment exprimer le saisissement des religieuses devant se réveil inespéré, en cet instant suprême... Toutes s'empressèrent de réciter son invocation préférée : " Jésus, doux et humble de Coeur, rendez mon coeur semblable au vôtre. "


Aussitôt, une légère inclination de tête, un mouvement des lèvres, un sourire même, marquèrent son acquiescement; elle revenait donc, en pleine connaissance, pour un ultime adieu.


" Ma petite Mère, toutes vos enfants sont là, près de vous avec Soeur Geneviève. "


Alors, son regard enveloppa ses enfants et se tourna dans la direction de la très aimée Céline. On poursuivit les invocations au Sacré-Coeur qu'elle redisait jadis, avec tant de ferveur : " Jésus, doux et humble de Coeur, prenez mon coeur, qu'il soit bien vôtre; changez mon coeur avec le vôtre; placez mon coeur tout près du vôtre... " Une nouvelle inclination, prouva qu'elle s'unissait à cette prière.


L'acte d'offrande à l'amour de Thérèse fut récité à voix basse, puis :


" Mon Dieu, je vous aime.


" Vierge du Sourire, souriez-moi. "


Et enfin :

" Saint petite Thérèse, aidez-moi, venez me chercher..."


Et Thérèse " descendit " à cet appel. Au même instant, fermant à demi les yeux, sa " petite Mère " exhala son dernier soupir et s'envola pour l'ineffable rencontre...

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Message  Arthur Lun 16 Nov 2009, 8:22 am


La Sainte elle-même avait, de son vivant, savouré à l'avance la douceur de ce revoir éternel :


" Ma petite Mère, je ne puis vous dire ma reconnaissance; je pleure parce que je suis trop touchée de ce que vous avez fait pour moi depuis mon enfance. Oh ! tout ce que je vous dois ! Mais, quand je serai au Ciel, je dirai la vérité, je dirai aux saints : c'est ma " petite Mère " qui m'a donné tout ce qui vous plaît en moi. "


Et l'on entrevoit Thérèse " le Benjamin du bon Dieu ", comme disait justement Mère Agnès de Jésus, présenter elle-même au Souverain Juge et à toute l'assemblée des saints, cette " petite Mère " unique, à qui elle devait tant.


Au mois d'avril 1952, Mère Agnès de Jésus avait confié très simplement :


" J'ai vu dans le grand Livre des secrets du bon Dieu des choses ravissantes.


-- Étaient-ce des choses vous concernant ou d'autres, lui demanda-t-on ?


-- C'était pour moi " confirma-t-elle.


Elle devait les lire maintenant, en pleine lumière, et en goûter les fruits de joie.


Et c'était bien une paix céleste, une beauté sereine et indéfinissable, qui se reflétaient sur son visage. Maîtrisant son émotion, Soeur Geneviève de la Sainte-Face lui ferma les yeux. Il revenait à Céline de rendre ce dernier devoir à la " petite Mère ".

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Message  Arthur Mar 17 Nov 2009, 8:08 am



Dès que la nouvelle du décès fut connue à l'extérieur, Mgr Germain donna l'ordre de sonner, d'abord en glas, la cloche de la Basilique dont Mère Agnès de Jésus était la Marraine, puis tout le majestueux carillon s'ébranla en sonnerie de fête. C'était, aurait-on dit, l'annonce d'un triomphe et d'une grande allégresse...


Pour cette première nuit, la dépouille mortelle fut transportée dans l'Infirmerie de notre petite Sainte, là où tant de fraternelles et formelles assurances d'éternité avaient été données à celle qui venait de briser aussi ses liens.


Le lendemain dimanche, elle fut conduite au Choeur, et dès le début de l'après-midi, s'organisa, sous la surveillance empressée des Chapelains, un défilé émouvant qui se poursuivit jusqu'à la fermeture du cercueil, le mardi à quinze heures.


On ne saurait évaluer la foule qui se pressa durant ce temps devant la grille, car les communiqués de la radio et des journaux avaient soulevé une émotion incroyable dans le monde entier, et des personnes vinrent expressément de Belgique, de Suisse et même d'Amérique, en avion, pour voir Mère Agnès de Jésus et prier devant elle !


Une centaine de télégrammes ou câblogrammes arrivèrent de tous les pays, dont celui-ci du Souverain Pontife, signé très exceptionnellement de Son nom :


Cité du Vatican, 31 juillet 1951.


" Ayant appris avec peine la nouvelle de la mort de Notre Très chère Fille Agnès de Jésus, Nous recommandons à la miséricorde divine l'âme de votre vénérée Prieure, par L'intercession de la Sainte dont elle fut à la fois la soeur et la Mère et Nous vous accordons, ainsi qu'à Soeur Geneviève de la Sainte-Face et à toutes les Religieuses, Notre Bénédiction Apostolique. "

Pius PP. XII.

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Message  Arthur Mar 17 Nov 2009, 7:27 pm



Le 1er août furent célébrées les obsèques solennelles, avec Messe pontificale de Requiem, par Son Exc. Mgr Fallaize, évêque de Thmuis, sous la présidence de Son Exc. Mgr Picaud, évèque de Bayeux et Lisieux, qui, depuis quinze jours, retardait son départ en Bretagne, tenant à rendre à Mère Agnès de Jésus ce suprême hommage de sa profonde estime.


Il était entouré de S. Exc. Mgr Pasquet, l'évêque du Berceau de sainte Thérèse et de Pauline, du Révérendissime Père Abbé de la Grande Trappe de Soligny, de Mgr Testa, auditeur de la Nonciature de Paris, délégué par Son Excellence de la Nonce Apostolique, de plusieurs autres prélats, certains représentant leurs évêques empêchés et des Supérieurs généraux.


Le Très Révérend Père Provincial de Paris, le Très Révérend Père Provincial d'Avignon-Aquitaine et de nombreux Prieurs et religieux des divers couvents, constituèrent une escorte carmélitaine à celle qui avait tant fait pour doter la famille de sainte Thérèse d'Avila et de saint Jean de la Croix d'un nouveau fleuron de sainteté.


Les chants de la Maîtrise de la Basilique alternaient avec un choeur admirablement fourni par les Religieux Carmes et les très nombreux prêtres assistants.


L'orgue modulait des airs de cantiques bien appropriés :


Heureux qui dès son enfance,


Soumis aux lois du Seigneur...


et surtout la mélodie du poème : " La Nielle des blés ", composé par cette Mère bien-aimée :


Ô Dieu ! ton jugement, qu'il est doux pour mon âme !


J'avais bien deviné ce que je trouve en Toi.



Après la messe, Mgr Picaud monta en chaire et, d'une voix souvent coupée par l'émotion, il mit en relief, avec son éloquence si persuasive, le rôle providentiel et si parfaitement rempli par Mère Agnès de Jésus, dans la vie et la survie de sa glorieuse petite Soeur.


Puis, les évêques et les prélats, une partie du clergé, environ soixante-quinze ecclésiastiques, entrèrent en clôture pour les trois absoutes, données par Notre Très Révérend Père Provincial de Paris, et LL. EE. Nos Seigneurs Pasquet et Fallaize.


Elles furent chantées a capella par les RR. PP. Carmes qui, revêtus de leurs manteaux blancs, prirent ensuite le cercueil pour le porter à l'entrée toute proche du caveau situé sous la Châsse, où reposait déjà Soeur Marie du Sacré-Coeur.


Thérèse n'avait-elle pas prédit cette heure, lorsqu'elle disait à Mère Agnès de Jésus, le 2 août 1897 :


" Je serai bientôt dans les horreurs du tombeau ! Vous y serez un jour aussi, ma petite Mère. Et, en vous voyant arriver auprès de moi
" mes os humiliés tressailliront d'allégresse " .


Et nous aussi jouissons de cette présence que confirme encore cette promesse jaillit du coeur de notre Mère :


" Oh ! je ne quitterai pas mon petit Carmel ... "

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Message  Arthur Jeu 19 Nov 2009, 8:01 am


APPENDICES


PENSÉES DÉTACHÉES

DE

MÈRE AGNÈS DE JÉSUS




L'AMOUR DE DIEU.

Gravissons en chantant la Montagne de l'Amour, sachant bien que peines ou joies, tout ce qui nous arrive ne peut que contribuer à augmenter l'amour de Jésus dans nos coeurs, avec sa " paix qui surpasse tout sentiment ".


Une âme qui aime le bon Dieu et accomplit toujours sa volonté est un univers de joie pour lui. Soyons cette âme, émergeons, par notre vie fervente, au-dessus du cloaque de péchés qui couvrent presque toute la terre.


Donner toute liberté au bon Dieu sur nous, c'est cela le véritable amour, la confiance absolue.


Si vous avez un désir constant de prouver votre amour à Jésus, vous êtes une de ces âmes toutes livrées à l'Amour.


Le plus petit acte de vertu, le moindre des sacrifices accompli par une âme fidèle, sous le souffle de l'Esprit-Saint, est comme une étincelle qui s'échappe d'un foyer pour aller porter l'incendie là où Dieu veut.


Votre Époux est un médecin d'amour qui vous suit et guérit à mesure les blessures du chemin.


" Courage ! Nous avançons vers notre vraie Patrie du Ciel, mais n'est-il pas déjà bien doux, ici-bas, d'aimer notre Dieu si bon ?

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Message  Arthur Sam 21 Nov 2009, 8:43 am



HUMILITÉ.


Cultivons uniquement dans nos jardins fermés les fleurs d'Évangile pur : l'humilité, la charité, l'oubli de soi. Et nous serons en plein dans la vérité.


Si dans notre état misérable, nous gardons les ailes de l'humilité et de la confiance, d'un seul coup nous atteignons les sommets du bonheur où l'âme, dès cette vie, goûte les fruits de ce qu'elle a souffert.


Plus nous nous enfoncerons avec courage dans la nuit bénie de l'humilité vraie et sincère, plus aussi nous recevrons la propriété de briller, d'étinceler autour de nous.


L'âme humble seule fait le bien véritable, répare, à son insu, le plus grand des maux qui est l'orgueil, soutient le monde avec sa faiblesse et ravit l'Esprit du Seigneur, qui se répand en elle sans obstacle, lui fait accomplir des merveilles inépuisables de salut pour les âmes, enfin, trouve en elle un second ciel.


Au bon Dieu, je sers des choses bien décousues, mais il est si bon que tous ces morceaux-là lui plaisent; il les remet bout à bout et sa toute-puissante miséricorde y jette un glacis divin qui fait disparaître les coutures. Voilà ce que j'espère de lui.


Ce n'est pas la peine de réussir d'une façon éclatante dans notre travail de perfection; ce n'est pas cela que Jésus demande; Il regarde nos efforts avec délices quand ils sont inspirée par l'amour. Quelquefois même, nos défaites acceptées humblement attirent davantage sa tendresse compatissante et le touchent plus que nos victoires.


Soyons toujours prêtes à avouer nos misères, ne craignons pas qu'elles soient connues et d'en être reprises, ne nous les excusons même pas à nous-même; regardons-les bien en face, soupirant sans cesse après la flamme d'amour qui doit les consumer; alors elles se transformeront en belles fleurs d'humilité et nous n'aurons pas à les expier après notre mort.


Au contraire, elles nous auront fait gagner des trésors de mérites et de gloire pour l'éternité.


Il est vrai, comme le dit l'auteur de l'Imitation, qu' " à l'instant où l'on se recherche soi-même, à l'instant on cesse d'aimer " ; mais il est vrai aussi qu'à l'instant même où l'on s'humilie, on recommence, ou plutôt on continue l'exercice de l'amour, qui ne peut être interrompu par des fautes involontaires, dont nous déplorons le retour jusqu'à notre dernier soupir.


Il ne faut pas oublier de demander au bon Dieu l'humilité, comme on demande, dans le Pater, le pain quotidien, parce que c'est la vérité entière qui, seule, peut apaiser notre faim spirituelle et nous donner le bonheur et la paix.


Les meilleures bénédictions divines ne fuient pas les âmes cachées, au contraire, et telle qui s'immole depuis de longues années, peut-être, sous seul regard de son Époux, sans être honorée de la confiance humaine, accomplit quand même de grandes choses et s'attire la confiance de son Créateur.


Si notre vie passe comme l'ombre, qu'elle se passe donc aussi dans l'ombre !... Alors il se creusera dans notre âme un abîme de paix, où tous les vains bruits de l'orgueil humain viendront expirer, nous laissant goûter Dieu.


Il nous est bien permis, à nous qui ne faisons en apparence rien de grand, de nous rappeler la divine réponse de Jésus aux disciples qui lui racontaient avec enthousiasme leurs oeuvres d'apostolat :" Réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms sont écrits dans le Ciel. "


Il voulait dire, il me semble : Rien n'est grand, si ce n'est la douceur et l'humilité, et ce n'est pas à cause de vos oeuvres d'éclat, mais par ma seule miséricorde que vous obtiendrez la grâce et la gloire.

Je vous désire une grâce puissante de vraie humilité car elle suffit à tout, elle est notre paix, notre bonheur dans les angoisses de l'exil.


Comme Jésus a choisi et exercé un travail des plus modestes, des plus vulgaires pendant les plus longues années de sa vie mortelle, portons-nous aussi à tout ce qui est humble, monotone, sans éclat, et ne nous distinguons pas de nos Soeurs, n'estimant jamais qu'une science, celle de la vérité, qui est de faire uniquement la volonté du bon Dieu, sans aucune attache à quoi que ce soit.


Jamais nous n'arriverons à la perfection; nous ne pouvons arriver, avec la grâce, qu'à être humble, et alors l'on fait " ces petits riens " qui constituent le devoir, avec une grande paix et douceur.


Si nous n'avons pas toujours le courage d'affronter les épines pour cueillir de belles roses, il nous reste cette ressource de nous baisser pour cueillir de simples petites violettes, c'est-à-dire de nous humilier intérieurement et cela suffit devant Dieu.

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Message  ROBERT. Sam 21 Nov 2009, 7:39 pm

Arthur a écrit:
Si notre vie passe comme l'ombre, qu'elle se passe donc aussi dans l'ombre !... Alors il se creusera dans notre âme un abîme de paix, où tous les vains bruits de l'orgueil humain viendront expirer, nous laissant goûter Dieu.

N'est-il pas écrit dans les Écritures: Pour vivre heureux, vivons cachés ?
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Message  Arthur Dim 22 Nov 2009, 11:25 am

Et aussi :

"Voulez-vous apprendre et savoir quelque chose qui vous serve ? Aimez à vivre inconnu et à n'être compté pour rien."

(L'imitation de Jésus-Christ)

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Message  Arthur Lun 23 Nov 2009, 8:26 am




ABANDON


À toutes les épreuves de cette vie, je veux répondre : Ainsi-soit-il.


Ma grâce à moi, c'est de trouver bien tout ce que le bon Dieu fait.


Quand on aime le bon Dieu et qu'on s'abandonne pleinement à lui, tout est en ordre, malgré le plus pénible et le plus apparent désordre.


Que votre âme produise à tout instant des actes d'abandon et d'amour, mais tout simplement, au fil des événements les plus ordinaires qui se présentent.


Rien n'égale les inspirations directes de Jésus, même dans la nuit, dans le silence de la foi.


Le désir du Seigneur est que nous ne souffrions jamais, que nous jouissions toujours en aimant d'un amour surnaturel tout ce qu'il envoie, tout ce qu'il permet, tout les sacrifices qu'il demande de nous.


Bien vouloir tout ce que le bon Dieu veut en chaque circonstance de notre vie, c'est la divine bombe atomique qui détruit en nous tout ce qui déplaît ou plaît moins au Seigneur, et laisse toute la place à son amour.


Passons courageusement -- le coeur bien abandonné au bon Dieu -- à travers les épreuves qu'il nous envoie " pour voir jusqu'où nous pousserons notre confiance " et, si nous savons le bénir dans la nuit de l'exil, le louer de tout ce qu'il fait ou permet, sans essayer de comprendre ses voies mystérieuses, nous le bénirons d'autant plus, quand il déchira tous les voiles.


" Faisons tout de bon coeur " , même ce qui nous plaît le moins et qui pourrait bien durer toute notre vie; attachons-nous à toutes les volontés du bon Dieu, sans raisonner jamais; ce sera le meilleur moyen de bien préparer notre éternité de libertés saintes.


Offrons à notre Dieu, en toute rencontre, le sacrifice de louange et d'action de grâce. N'attendons pas à comprendre, comme nous le ferons dans l'éternité, pourquoi " telle épine a blessé notre coeur ", pourquoi telle croix est si pesante, si nuisible apparemment, et pourquoi alors nous n'en sommes pas délivrées, malgré nos gémissements et nos larmes.


Faisons confiance au Seigneur. C'est cela qui est un " sacrifice d'agréable odeur " à ses yeux.


Si notre paix doit consister dans une grande patience, c'est donc que nous devons être exercés de différentes façons sur cette terre d'exil et qu'une solitude extérieure et intérieure absolue, à moins d'une grâce très spéciale, ne peut durer longtemps, qu'elle n'entre pas dans les dessins de Dieu qui veut que " la vie de l'homme sur la terre soit un combat perpétuel " .


Il faut répondre " oui " à Jésus lorsqu'il nous demande si nous voulons être guéries, si nous voulons de ses bienfaits. Il est vrai qu'il faut dire " oui " à tous les moyens qu'il emploie et se laisser mettre quelquefois " de la boue sur les yeux " pour voir ensuite ses merveilles.


C'est le bon Dieu " qui sait ce qui nous est avantageux " Oh ! l'abandon, quel remède à toutes nos inquiétudes et quelle douceur !

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Message  Arthur Mar 24 Nov 2009, 7:56 am

CONFIANCE


Il n'y a que la confiance qui peut donner la paix.


Seule une confiance aveugle dans le bon Dieu nous donne la force de tout accepter et d'être même heureuse dans notre acceptation.


Il faut faire confiance au bon Dieu pour tout, et moins nous comprenons sa volonté, plus nous devons l'embrasser avec amour et confiance. Autrement, où serait le mérite de la foi ?


Déployez de plus en plus vos ailes de confiance en Dieu et de défiance de vous-même, pour voler bien haut et habiter les Cieux par avance.


Que de sujets nous avons, ici-bas, de ne point nous attacher à la terre ! Mais, d'autre part, quels sujets nous avons de mettre notre confiance absolue en Dieu, qui dirige nos vies au gré de ses désirs cachés, pour notre salut et notre bonheur éternel.


Comme il faut souffrir " pour faire du bien sur la terre " et qu'elle est méritoire notre confiance en Dieu, à certaines heures. C'est pourtant cette seule confiance qui le touche, qui le porte à nous secourir, qui augmente en nous son amour.


Sur la terre, toutes les cartes sont brouillées, le bon Dieu seul peut connaître son jeu d'amour. J'ai bien hâte de savoir ce "dessous des cartes ". En attendant, c'est l'abandon seul et la confiance qui nous gardent la paix et le bonheur.

Arthur

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