Saint Jean Bosco

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Message  Arthur Mar 23 Juin 2009, 5:48 am

Un soir de mai, par une pluie battante, un gamin de quinze ans frappe à la porte. Il est trempé jusqu'aux os. Il demande un toit, une bouchée de pain. Maman Marguerite l'accueille près du feu, lui sert une écuelle de soupe. Il est récemment arrivé de Valsesia avec pour capital trois lires qu'il a déjà dépensées. Il est apprenti maçon, il est orphelin ; il n'a pas encore été admis à la communion ni à la confirmation. Il se confessait du temps que sa mère était en vie.

-- Où vas-tu maintenant ?

-- Je n'en sais rien. N'auriez-vous pas un coin pour moi, rien que pour cette nuit ?

Et ce disant il pleure et Maman Marguerite pleure avec lui. Don Bosco répond :

-- Si j'étais sûr que tu ne sois pas un voleur ! ... Mais on m'a déjà dérobé des couvertures. Si tu allais m'enlever le reste ? ...

-- Non Monsieur l'abbé, pas cela ! Je suis pauvre, mais je n'ai jamais volé.

Don Bosco ru regard interroge sa mère :

-- Voulez-vous, maman, que pour cette nuit ?

-- Où voulez-vous que je le case ? ..

-- Dans la cuisine.

-- Et s'il m'emporte les marmites ? ...

-- J'y aurai l'oeil.

Et tous les trois, ô scène sublime en sa simplicité ! le fils, la mère et l'orphelin improvisent la couchette : quatre supports de briques superposées, deux planches, un matelas que Don Bosco va retirer de son propre lit, deux draps et une couverture.

Et c'est le premier lit de l'hospice salésien (mai 1847) qui un jour hébergera plus de mille sans-abri.

La couche est dressée. Maman Marguerite adresse à l'enfant une petite exhortation sur la nécessité du travail, sur la fidélité aux devoirs religieux.

Et c'est là l'origine du "mot du soir " qui est en usage aujourd'hui dans les maisons salésiennes du monde entier.

-- Dis tes prières maintenant, mon petit.

-- Je ne les sais plus, marmonne celui-ci en baissant la tête.

-- Tu répéteras après moi.

Maman Marguerite épelle les paroles du Pater et de l'Ave que l'apprenti maçon redit après elle.

Arthur

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Message  Arthur Mer 24 Juin 2009, 9:16 am

A ce premier hospitalisé s'en ajoutent d'autres. Don Bosco leur procure le logis, leur trouve un emploi en ville. Lui-même il aide sa mère à tenir la pension ; il fend le bois, il balaye, épluche les pommes de terre, écosse les haricots, allume le feu et, au besoin, cuisine les plats, heureux de pouvoir dire à ses chers jeunes :

-- Faites honneur ! le maître-queux, c'est moi.

Il assaisonne le menu de savoureuses boutades :

-- J'aurais bien voulu dénicher un bout de viande, mais patience ! Sitôt que je rencontrerai un boeuf sans propriétaire, je ne le manquerai pas, et ce jour-là vous aurez meilleur chère.

Et tous les jours s'accroît sa famille d'adoption. les premiers servis, ce sont les enfants. Pour eux il dépense tout ce qui lui passe par les mains. Maman Marguerite laisse percer ses inquiétudes :

-- Si tu continues de ce train, tu finiras sur le pavé.

-- Oh ! pour moi, répondit-il avec un geste de superbe désintéressement, ce sera toujours assez d'une place à l'hospice de Cottolengo.


Arthur

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Message  Arthur Jeu 25 Juin 2009, 8:24 am

La location du hangar Pinardi (avril 1846) marque le point de départ et le centre d'où l'Oratoire se ramifia et prit son essor.

Outre le hangar, Don Bosco a loué le 1er décembre 1846, la maison Pinardi et ses dépendances. Le 19 février 1851, il achète le tout pour 30 30 000 lires. Le 9 mars 1848, il acquiert la maison Moretta pour 11 800 lires ; le 16 juillet 1860, la maison Filippi avec son jardin et son pré pour 65 000 lires.


En même temps qu'il élargit son domaine, il bâtit. La chapelle trop étroite aménagée dans le hangar est remplacée par l'église Saint-François de sales, inaugurée le 20 juin 1852.

Il construit l'Hospice qui comprend dortoirs, écoles, réfectoires. Il l'inaugure en octobre 1853 et le peuple aussitôt de 75 hospitalisés.


Parmi tant de labeurs et de tracas, Don Bosco compose et publie de 1844 à 1870 plus de 100 ouvrages, opuscules , brochures. Il aborde tous les genres, tous les sujets : religion, morale, histoire, controverse, nouvelles, théâtre, économie domestique. Il vulgarise le système décimal par un traité et une comédie. Son Histoire sainte n'a pas cessé actuellement de faire recette. Son Histoire ecclésiastique comblait en son temps une lacune. Son Histoire d'Italie aurait été agréée comme le manuel d'État si l'auteur avait consenti à certaines retouches contraires à sa conscience. Toute son âme de fils, d'ami, de père palpite dans les exquises biographies de Don Cafasso, de Louis Comollo, de Dominique Savio. Du vivant même de Don Bosco, son livre de piété : Le jeune homme prémuni (Il Giovanne Provveduto), lancé en 1847, se réédite 122 fois, avec chaque fois un tirage de 50 000 exemplaires. Total : six millions cent mille.

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Message  Arthur Sam 27 Juin 2009, 9:41 am

Mais les idées de liberté pénètrent partout. Charles-Albert en 1848, abroge les lois d'exception contre les non-catholiques. Voici que des hautes vallées du Piedmont les Vaudois essaiment vers Turin, y entreprennent une campagne de prosélytisme. Comme notre héros bat en brèche leurs doctrines, ils s'attaquent directement à lui. Celui-ci les contre-attaque sur leur propre terrain ; opposant le tract au tract, il fonde les Lectures Catholiques, cahiers plus ou moins volumineux, sans périodicité fixe, dont la première livraison paraît le 3 mars 1853 à la Typographie De Agostini, à Turin. Don Bosco ne tardera guère à les éditer lui-même. Ici encore, il se révèle Salésien, imitant l'apôtre du Chablais, le créateur de la feuille de propagande.

Il pratiqua le journalisme de juin 1848 à février 1849, rédigeant presque seul et trouvant les fonds pour imprimer " L'Ami de la jeunesse", périodique bihebdomadaire, qui ne dépassa pas le 61e numéro, il fonda la Bibliothèque de la jeunesse italienne, destinée à publier et à propager les classiques expurgés, soit anciens, soit modernes. Il organisa une Société pour la diffusion des lectures catholiques et autres livres catholiques. Bref, il fut dans la presse un véritable initiateur.

On aurait tort de croire que ce polygraphe bâcle sa copie. S'il ne pose pas à l'écrivain, il n'en déploie pas moins les dons caractéristiques de l'homme de plume. Il a tout lu et sa mémoire n'oublie rien. Il dispose d'un trésor énorme de notes et de références, d'une bibliothèque choisie, celle de la Pension ecclésiastique. il compose la nuit et, malgré les cahots, dans les trains et les voitures. Et il se corrige, il évolue. Dans les débuts, il est redondant et fleuri. peu à peu il se dépouille, il aboutit au fin des fins qui est la simplicité. Il se soumets aux critiques. Silvio Pellico, qui a revu plusieurs de ses manuscrits, lui dit un jour :

-- N'ayez pas peur de fatiguer le dictionnaire. Pour moi, je n'écris pas une page sans le consulter.

Cet avis, Don Bosco le répétera aux jeunes et il ajoutera :

-- Je le tiens de Sylvio Pellico et je l'ai expérimenté.

En septembre 1850, au cours d'une visite à Manzoni, villégiaturant à Stresa, il fut stupéfait des ratures sans nombres qui surchargeaient les manuscrits du célèbre poète et romancier. Ces exemples le préservèrent de la négligence et, quoiqu'il n'ait pas eu le loisir d'aller en Florence, comme le fit Manzoni, épurer son style dans la source toscane, il n'en écrit pas moins une langue correcte et châtiée, qui tire son mordant et sa saveur de l'emploi du mot propre. S'il ne recule pas devant une forme dialectale ou devant un gallicisme (le français n'était-il par couramment parlé dans la haute-société ?), c'est pour mieux se mettre à la portée de tout le monde.

Au souci des âmes, il sacrifie le purisme et la pompe classique. Dans son Histoire ecclésiastique, il avait loué saint Pierre sous le titre de grand clavigère. Maman Marguerite s'était exclamée :

-- Clavigère ? Où est ce pays ?

Et Don Bosco de biffer et d'écrire portier.

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Message  Arthur Mar 30 Juin 2009, 8:03 pm

En vain les Vaudois s'efforcent-ils de contrebattre les Lectures Catholiques par les Lectures Evangéliques. Celles-ci ne gagnent pas de lecteurs. En vain leurs ministres tentent-ils de confondre Don Bosco en des conférences privées. L'un d'eux en appelle un jour à la version grecque de l'Écriture. Don Bosco sur-le-champ exhibe le texte désiré. Alors le solennel prédicant se met à feuilleter la Bible à l'envers.

-- Pardon ! remarque don Bosco. Si vous tourniez le livre du bon côté, vous trouveriez peut-être la citation.

S'inspirant de ce fait, Don Bosco écrira une comédie étincelante : Una disputa tra un avvocato ed un ministro protestante. On comprend si, dès lors, les dissidents s'acharnent contre lui. Ils essayent de le corrompre avec de l'argent. Deux de ces messieurs viennent lui offrir quatre billets de mille (août 1853) :

-- Prenez, Monsieur l'abbé. C'est notre premier subside, ce ne sera pas le dernier.

Et en même temps d'insister pour que les Lectures Catholiques ne paraissent plus. Don Bosco refuse net. Nos deux Vaudois changent d'attitude :

-- Vous avez tort, jette l'un d'eux. Qui sait ce qu'il adviendra de vous ? Si vous sortiez de chez vous, seriez-vous sûr d'y remettre les pieds ?

Ces menaces n'intimident pas l'apôtre inconfusible ; mais ce n'est plus dorénavant à coups d'arguments qu'ils ferrailleront contre lui, c'est à coups de poignard, à coups de pistolet ou par le poison.

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Message  Arthur Mer 01 Juil 2009, 8:19 pm

Ils lui tentent des traquenards. Ils l'envoient quérir en hâte après souper sous prétexte d'un mourant à confesser. Don Bosco se méfie, il épie chaque geste de ses suivants. Un soir, il a observé que, pour lui remplir son verre, les parents d'un prétendu agonisant se servent d'une bouteille à part. Mis en éveil, il se contente de trinquer sans boire. Ses hôtes désappointés le saisissent par les épaules et se mettent en devoir de lui ingurgiter par force le liquide suspect Don Bosco s'en tire par une ruse :

-- Si vous y tenez absolument, laissez-moi les mains libres.

Et, dégagé, il recule jusqu'à la porte, l'ouvre en coup de vent et livre passage à quatre de ses grands élèves qu'il avait postés là en cas d'alerte.

Une autre fois, il est à peine introduit dans la chambre d'une pseudo-malade que les lumières s'éteignent et qu'on l'assaille avec des matraques. Il ne doit son salut qu'à une chaise qu'il utilise tour à tour comme casque et bouclier.

En août 1854, les hérétiques soudoient un énergumène du nom d'Andréis qui, muni d'un coutelas, poursuit partout Don Bosco. Le forcené avoue au commandeur Dupré qu'il est stipendié et ajoute :

-- Si vous me donnez le même prix, je le laisserai tranquille.

Et, pour le même prix, le commandeur Dupré achète la liberté de Don Bosco.

S'il échappe aux embûches, c'est que toujours aux heures critiques se manifeste la protection d'en haut. Un chien mystérieux s'institue son gardien. D'où vient-il ? Pourquoi s'intéresse-t-il à Don Bosco ? Nul ne l'a jamais su, nul ne le saura jamais.


Dernière édition par Arthur le Jeu 02 Juil 2009, 8:29 pm, édité 1 fois

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Message  Arthur Jeu 02 Juil 2009, 8:29 pm


Pour la première fois, un soir d'automne 1852, il surgit près de l'homme de Dieu aux prises avec des malandrins. Effrayés par ses crocs et ses aboiements féroces, les agresseurs détalent. Don Bosco lui-même n'est pas rassuré, mais devant lui le terrible molosse se radoucit, répond aux caresses par des lÈchements de mains, l'accompagne humblement jusqu'à l'Oratoire. De ce jour, la bête sans origine et sans nom se comporte avec lui comme un garde du corps. Elle apparaît chaque fois que son maître est en danger. A cause de son poil, on l'appelle le gris.

Dans la nuit, Don Bosco remonte le Corso Regina Margherita. Soudain de derrière un orme, jaillissent deux étincelles, deux coups de pistolet. L'arme a raté, mais le tireur sort de l'ombre, bondit sur le passant. Heureusement, le gris survient, se précipite sur le sicaire qui prend la fuite.

Par un soir brumeux de novembre, Don Bosco s'avise que les deux individus qui le précèdent dans la rue règlent leur pas sur le sien, changent de trottoir en même temps que lui. Comment déjouer leurs mauvais desseins ? En revenanrt en arrière ? En disparaissant dans une maison ? Mais à peine a-t-il tourné les talons que les vauriens lui sautent sur le dos, l'aveuglent d'un manteau jeté sur la figure et le baîllonnent. Il eût été perdu, sans l'intervention foudroyante de le gris.

Le gris aime Don Bosco et les enfants de Don Bosco. Ceux-ci le lui rendent bien, Par eux, il se laisse cajoler, taquiner, tirer les oreilles, serrer le museau. A L'Oratoire, il est chez lui, il flâne dans la cour, pénètre dans la cuisine, au réfectoire, mais n'accepte jamais la moindre bouchée. A-t-il faim ? A-t-il soif ? Nul ne l'a jamais vu manger ni boire. Par contre, il a des pressentiments inexplicables. Un soir, il interdit à son maître de sortir. Il se couche sur le seuil, il grogne, il barre le passage. Don Bosco se résout à remettre sa visite à un autre jour. Un quart d'heure après, un voisin accourt à l'Oratoire, essoufflé :

-- Surtout que Don Bosco ne mette pas les pieds dehors ! Un attentat est monté pour ce soir.

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Message  Arthur Sam 04 Juil 2009, 10:27 am

Nouvelle tentative de meurtre vers la fin de l'automne 1874. Le portier de l'Oratoire, Jean Deppert, reçoit en pleine poitrine le coup de couteau destiné à son patron et s'écroule dans une mare de sang.

En 1880, c'est un ancien élève qui se présente, Don Bosco l'accueille affectueusement, non sans remarquer ses yeux égarés, son agitation fébrile :

-- Parle, cher enfant. Dis-moi ce qui t'amène.

Le jeune homme tombe à genoux, éclate en sanglots, avoue qu'il est franc-maçon ; que, la secte ayant condamné Don Bosco, le sort a désigné douze affidés dont chacun par ordre de tirage, est tenu d'exécuter la sentence.

-- Or, continue ce malheureux, C'est moi qui vient en tête de liste. C'est moi qui doit frapper le premier. C'est pourquoi je suis venu ... Moi ! tuer Don Bosco ! Après tant de bienfaits ! Impossible. En violant ma promesse, en dévoilant le secret, j'encours les représailles des complices. C'est fatal. Mais tuer Don Bosco ! Jamais !

Et de jeter à terre l'arme qu'il dissimulait dans ses habits et de s'enfuir précipitamment. Deux jours après, on apprend que des sauveteurs l'ont retiré du fleuve où il tentait de se noyer. Don Bosco s'emploie à l'encourager, lui procure des ressources et, d'accord avec son père, combine son passage et son établissement à l'étranger, hors des atteintes de la vendetta.

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Message  Arthur Lun 06 Juil 2009, 8:58 pm

La même 1880, un autre jeune homme a été introduit. Malgré ses airs farouches, Don Bosco lui indique une place près de lui sur le divan, mais il le tient à l'oeil,surveille ses mouvements. Voici qu'en s'asseyant le visiteur laisse glisser de sa poche sur le velours du siège un revolver. D'un geste imperceptible, Don Bosco l'escamote et l'enfouit dans sa poche. L'entretien s'amorce. Soudain, l'inconnu s'échauffe, devient provoquant et, pour se donner du coeur, fourre la mains dans sa poche. Surpris, il se lève, se fouille et se refouille. A son tour, Don Bosco se lève et d'un air détaché :

-- Vous cherchez quelque chose ?

-- Oui ... J'avais là un objet ... qui n'y est plus.

S'approchant de la prote, une main sur le loquet et de l'autre montrant le revolver, Don Bosco lui jette :

-- C'est peut-être bien ... cet objet que vous avez perdu ?

L'inconnu blêmit, sans parole, pétrifié.

L'homme de Dieu ouvre la porte et signifie au misérable d'avoir à déguerpir, le fait escorter jusque dans la rue où l'on s'aperçoit que stationne une voiture entourée de malandrins en expectative, échangeant des propos à voix basse. Ils ont vite compris que le coup est manqué. Et la mafia se disperse, grommelant de fureur dépitée.

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Message  Arthur Jeu 09 Juil 2009, 9:11 pm




V LA FAMILLE DU MIRACLE


L'Oratoire se dresse, bergerie spacieuse et cependant insuffisante. Quelques jours après l'inauguration de l'église agrandie de Saint-François de Sales, commence la construction d'un internat ( juillet 1852 ). L'édifice s'achève en octobre 1853. Aussitôt viennent l'occuper 65 élèves.


Après l'internat, les ateliers. Il faut préserver les apprentis des sorties en ville pour l'initiation professionnelle. Celle-ci désormais se fera à domicile. Don Bosco érige des locaux : il y installe cordonnerie, couture, menuiserie, serrurerie, ébénisterie, imprimerie et reliure.


Mais il faut prévoir l'avenir. Instituer une Congrégation, comme l'y exhortent Mgr Fransoni et Don Cafasso, n'est-ce-pas une idée absurde dans une époque où le gouvernement supprime celles qui existent ? À cette objection, c'est un ministre d'État qui fournit la réponse, en 1857, cet Urbain Rattazi dont le nom reste lié à la loi de 1855 qui proscrit les religieux non prêcheurs, non enseignants et non hospitaliers.


Il assure qu'une Société qui ne jouirait pas de la main morte, qui serait une association de citoyens libres dans un but de bienfaisance, entrerait dans le cadre de la législation en vigueur.


Don Bosco prend note de ces promesses et mûrit son dessein. Il en parle à Pie IX dans une audience ( 9 mars 1858 ). Le Pape l'encourage et précise :


-- Que votre Institut comporte des voeux pour maintenir l'unité de l'esprit et des oeuvres; que les statuts soient d'observance facile; que le costume et les exercices de piété ne distinguent pas vos religieux des prêtres séculiers.


Au même Pie IX, Don Bosco remet le manuscrit des règles le 21 mars 1858.


En attendant, des vocations se préparent. Il les réunit le 18 décembre 1859 en une séance d'allure capitulaire. Don Bosco y est acclamé Supérieur général. Le 14 mai 1862, vingt-deux novices émettent les trois voeux entre ses mains.


Exister de fait, ce n'est pas le principal pour une Congrégation : elle n'est pas fondée tant qu'elle n'a pas d'existence canonique. Si Rome fut lente à sanctionner les Constitutions présentées par Don Bosco, ce ne fut pas seulement à cause de leur caractère nouveau, mais aussi parce que les autorités diocésaines ne le soutenait pas.

Arthur

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Message  Arthur Sam 11 Juil 2009, 3:27 pm

Pour soulever les obstacles, Don Bosco dispose de trois leviers irrésistible : son indomptable foi dans la projection de Marie, la prière des jeunes et sa propre puissance de thaumaturge.


Pour que Marie la seconde, il va lui dédier un temple grandiose sous le vocable de Secours des chrétiens. En décembre 1862, il a confié cette pensée aux siens. Il n'ignore pas les difficultés, il les surmonte l'une après l'autre. Lorsqu'il s'agit de solder les prix des fondations et des pilotis, L'entrepreneur réclamant une avance pour le salaire des ouvriers, Don Bosco l'invite à tendre les mains :

-- Prenez tout ce que j'ai. Ce sera un acompte.

Et de retourner sa bourse ; il en tombe huit sous, Nous ne dépeindrons pas l'effarement de l'entrepreneur.

-- Tranquillisez-vous reprend l'homme de Dieu, La Sainte Vierge y pourvoira.

Elle y pourvoit, en effet, Le premier devis ne s'élevait pas à 500 000 lires ; la Madone fournira plus d'un million. C'est elle qui procure le rendement aux quêtes de son serviteur, à ses souscriptions, à ses ventes, à ses loteries. C'est par elle et pour elle qu'il opère des miracles. Par elle il guérit le vieux commandeur Cotta qui lui promet douze mille lires. C'est elle qui le conduit chez un malade riche alité depuis trois ans. Après avoir écouté ses doléances, l'apôtre de Marie lui expose qu'il lui faut trois mille lires pour le soir même :

-- Trois mille lires ! Si au moins je pouvais me lever et aller à la banque ...

-- La Vierge Auxiliatrice est la maîtresse de l'impossible.

-- Je n'ai même plus de vêtements.

-- Vous n'avez qu'à en acheter.

Le malade ordonne au valet de courir au magasin.

On apporte les habits. il se lève, il marche, il mange avec un appétit surprenant. Il descend l'escalier sans aide aucune, il saute en voiture et, de même que Notre Dame l'a fait sortir du lit, il fait pour elle sortir ses écus de la banque.

Qu'on ne s'étonne pas de ces merveilles ! Elles s'expliquent par la prière d'un saint et par les prières des jeunes. Chaque pierre de cette église a été édifiée par un miracle de l'homme de Dieu, et chaque miracle a été obtenu par l'intercession d'un innocent. C'est pourquoi l'honneur de poser la dernière pierre au sommet du dôme revient à une main d'enfant (septembre 1866).

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Message  Arthur Lun 13 Juil 2009, 8:47 pm

Deux ans encore pour décorer le temple et le meubler. Enfin voici l'aube du jour tant souhaité de la Dédicace (9 juin 1868). Une foule dense et recueillie se masse sur le parvis et, sitôt les portes ouvertes, envahit la nef, les chapelles latérales, le choeur, s'unit d'enthousiasme au Te Deum de la jubilation. Le fête se prolonge huit jours, durant lesquels le sanctuaire ne désemplit pas, des voix épiscopales célèbrent la clémence et les exploits de la divine Auxiliatrice qui prodigue des grâces de conversion et des faveurs temporelles.

Je ne sais pas si l'histoire de l'art renferme des pages plus émouvantes que celles où l'on raconte la première entrée de Justinien dans Sainte-Sophie, le premier coup d'oeil triomphant de Brunelleschi sur le dôme vertigineux de Santa-Maria-del-Fiore, la première messe de Don Bosco sous la coupole de Notre-Dame Auxiliatrice.

La Madone de Don Bosco ! C'est ainsi que le peuple appelle désormais la Vierge secourable. Une mère éplorée amène son fils au thaumaturge, son fils qui recule devant une opération chirurgicale, l'ablation d'un oeil. Don Bosco lui passe la main sur les yeux et lui dit :

-- Tu seras bon chrétien, n'est-ce pas ? Tu n'oublieras pas de remercier la Madone ?

Et à la mère :

-- Cet enfant, vous me l'offrirez pour les oeuvres de la Madone ?

-- Oh ! puissé-je !

-- Cela ira bien. Vous verrez.

Et le fils de guérir et de se dévouer comme typographe à l'apostolat salésien.

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Message  Arthur Jeu 16 Juil 2009, 10:31 am

Maintenant que Marie est contente, Don Bosco éprouve en elle un surcroît de confiance. Par elle, il emportera les hésitations de Rome. Il vient précisément de recevoir une réponse défavorable, notifiée par Mgr Svegliati, secrétaire de la Congrégation des Evêques et Réguliers (20 octobre 1868).

Comment pourrait-il en être autrement ? Sa requête n'est pas appuyée par la recommandation de son archevêque et les canonistes inventent mille raisons pour différer l'approbation de ses règles. Reste le recours suprême à l'autorité de Pie IX. Mais le Pape ne va jamais ou très rarement contre ses conseillers. De tous côtés on dissuade l'homme de Dieu de pousser actuellement cette affaire. Qu'il temporise ! Malgré les avis contraires, il prend le train pour Rome (9 janvier 1869). Il part seul, il a pour compagne invisible la Vierge du Secours, par la vertu de laquelle il va coup sur coup opérer trois miracles impressionnants.

Du cardinal Berardi, l'un de ses adversaires les plus tenaces, il guérit le neveu gravement atteint de la typhoïde. Le cardinal, en retour, lui promet l'appoint de son crédit.

Le cardinal Antonelli interviendrait volontiers en sa faveur, mais un cruel accès de goutte l'immobilise dans sa chambre. L'homme de Dieu dissipe ses douleurs, et dès le lendemain le cardinal secrétaire d'Etat se trouve capable de se rendre lui-même chez le Pape et de plaider la cause des Salésiens.

Reste l'irréductible Mgr Svegliati. celui-ci est cloué au lit par une forte pneumonie.

-- Vous voyez vous-même, explique-t-il. D'ici longtemps je ne pourrai bouger. Suis-je bien sûr d'ailleurs d'en revenir ?

-- Vous en reviendrez, Monseigneur. Invoquez Notre-Dame Auxiliatrice et promettez-lui de vous intéresser à notre pauvre Congrégation si éprouvée.

-- La promesse est aisée ; mais je ne suis pas à la veille d'une amélioration. Le mal empire d'heure en heure.

-- Vous verrez Monseigneur, vous verrez demain matin.

-- La Madone vous entende !

Contre toute attente, la fièvre tombe pendant la nuit, l'inflammation disparaît. Dès L,aube, Monseigneur se lève et va dans la journée avertir le Saint-Père qu'il a changé d'opinion.

Rien ne résiste à Marie et aux supplications des jeunes. La réunion plénière des Evêques et Réguliers est fixée au 19 février 1869. Là-bas, au Valdocco, le saint Sacrement est exposé, la prière ne chôme pas, maîtres et enfants assiègent le Seigneur et l'Immaculée. Ici, à Rome se tient la séance critique. La Congrégation salésienne est approuvée pour dix ans.

Lorsque plus tard, se repose la question brûlante de L'approbation définitive des règles, un cardinal sur quatre vote négativement. A l'audition du procès-verbal, l'immortel Pie IX, le pape de l'Immaculée, s'écrie résolument :

-- Il manque une voix, je mets la mienne (3 avril 1874).

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Message  Arthur Mer 22 Juil 2009, 9:39 am

La même année 1874 apporte à Don Bosco l'une des plus sensibles consolations de sa vie : il réalise ses projets, ancien déjà, de fonder une mission en terre païenne.


Il est touchant d'observer que toutes ses entreprises lui furent inspirées par la pitié. S'il souhaite, et cela dès l'année 1848, envoyer des missionnaires en Patagonie et dans la Terre de Feu, c'est parce que les peuplades lui apparaissent de toutes les plus abandonnées.


Que les desseins généreux des grands initiateurs de l'apostolat proviennent d'une source divine, la foi le découvre à milles signes. Chez Don Bosco, cela éclate aux yeux même de la raison, cela est démontrable historiquement.


Ainsi pour la Mission de Patagonie, il la voit en songe en 1870, il contemple ses habitants, il discerne leurs haillons bariolés, leurs combats sanglants.


Cinq ans après. lorsqu'en 1874 le commandeur G. B. Gazzolo, consul de la République Argentine à Savone, ancien colon de Buenos-Ayres, le presse d'envoyer une équipe de Salésiens en Argentine, alors seulement il constate dans les récits des explorateurs que les sauvages qu'il a vus en rêve, ce sont des Patagons.

Arthur

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Message  Arthur Jeu 23 Juil 2009, 8:23 pm



Tandis que se développait la Pieuse Société Salésienne, l'occasion s'était offerte à Don Bosco d'organiser l'Institut des Filles de Marie-Auxiliatrice ( 1872 ), dont la fondatrice, Marie Mazzarello, semble promise à la gloire des autels.


L'homme de Dieu s'était entouré, dès 1850, d'une élite de collaborateurs laïques qu'il avait groupés en pieuse union provisoire. C'est une sorte de Tiers-Ordre moderne, qui ne ressemble à aucune association similaire.


Il en ébaucha le règlement en 1874 et le baptisa en 1876 du nom modeste d'Union des Coopérateurs Salésiens, dont le Bulletin Salésien est l'organe depuis 1877.


***


De la famille spirituelle de Don Bosco, Pie IX avait prédit, dans une audience accordée en 1877 à son fondateur, que sa croissance tiendrait du miracle.


En soixante-quinze ans ( 1859-1934 ), les Salésiens atteignent le nombre de 10,408.


En soixante-deux ans ( 1872-1934 ), les Filles de Marie-Auxuiliatrice atteignent le chiffre de 7,768.


Les coadjuteurs laïques sont aujourd'hui plus de 3,000.


Le Bulletin Salésien tire à 350,000 exemplaires.


À sa mort (1888 ), Don Bosco avait mis sur pied environ 250 établissements, éduquant en chiffre rond 300,000 enfants ou jeunes gens .( 1 )


( 1 ) Un visiteur lyonnais de passage à Turin en 1884 écrivait une lettre dont nous citons quelques extraits. Le lecteur sera heureux de connaître le développement de l'oeuvre à cette date : Sur l'Oratoire : " Il m'a semblé un village, et certes il en est de beaucoup moins peuplés ( près de 800 enfants ), sans compter les chefs-ouvriers, les employés, les abbés et Prêtres Salésiens... C'est une petite ville dans une grande. "

--- Sur Notre-Dame Auxiliatrice : " Ce monument spacieux imite Saint-Pierre de Rome jusque dans sa coupole... Ce n'est pas trop de nommer cette église le Fourvière de Turin, tant elle est visitée chaque jour par les bons chrétiens et aussi par les curieux. "


--- Sur les ateliers : " La belle salle de l'imprimerie, avec ses grandes machines, serait enviée par nos imprimeurs de France... Ces ateliers, joints à ceux de dorure et de reliure, alimentent une riche librairie où s'étalent les plus beaux livres liturgiques, les ouvrages classiques et les publications italiennes et françaises les plus utiles.


Les ateliers des tailleurs, des cordonniers, des menuisiers, ont tout ce qu'on leur désire. Mais je dois un compliment spécial aux forgerons et serruriers : ils exécutent d'importants travaux et possèdent les notions de la mécanique. " ( Cf. Sac. Eugenio Geria, Memorie Biografiche di San Giovanni Bosco, vol. XVII, p. 737. )

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Message  Arthur Lun 27 Juil 2009, 10:00 am


TROISIÈME PARTIE

LE RAYONNEMENT SOCIAL


1 __ Le prêtre


Don Bosco fut un génie social.


Son coup d'essai, l'Oratoire des jours de fête, fut son chef-d'oeuvre. Pour en perpétuer les bienfaits, il fonda une Congrégation remarquablement entraînée à l'action sociale.


Ce fut un précurseur. Parce qu'il fréquentait les petits, il connaissait leurs tares, sans doute, et leurs misères, mais aussi leurs ressources morales. Il savait que le peuple est le grand réservoir d'énergie.


En plein triomphe monarchique, il prévoyait le rôle que jouerait bientôt l'ouvrier dans la cité. Il a formé des générations d'artisans qui furent à la fois des valeurs techniques et des chrétiens modèles, des guides par l'exemple et des apôtres de paix civique.


On a coutume d'accorder aux Américains l'initiative de l'organisation du travail. Avant Taylor, Don Bosco innova ici comme ailleurs, et fit oeuvre durable. Son manuel à l'usage du chef du bureau directeur des ateliers, révèle un sens profond de la répartition des tâches, une sorte de divination des mesures d'ensemble et des moyens de contrôle qui améliorent le rendement de la partie productrice.


Si aujourd'hui les écoles professionnelles salésiennes, y compris celles d'agriculture, s'imposent à l'opinion universelle, c'est qu'elles se sont développées conformément aux principes et aux directives du fondateur. En cette matière comme dans la presse, Don Bosco se tint à l'avant-garde du progrès.


Éminemment social, il le fut encore dans les divers offices de médiation qu'il remplit entre le Saint-Siège et le gouvernement italien.


Il le fut en pédagogie.


Il le fut en se montrant d'abord, toujours et partout, un saint prêtre, un homme de la Providence, un héraut du monde surnaturel.

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Message  Arthur Mar 28 Juil 2009, 9:07 am

Le prêtre est un chaste, un recruteur de vocations virginales, un prédicateur d'office, un orant et un laborieux perpétuel. C'est un autre Christ; il renouvelle le Calvaire et la Cène, il remet les péchés. Si Don Bosco brilla dans chacune de ces vertus et de ces fonctions, il en est une cependant à laquelle son nom demeure indissolublement lié, son nom qui sonne, affirme Lemoyne, comme un synonyme de confesseur.


Le fils de Marguerite ne présente pas extérieurement le type aristocratique. Ce masque carré, ces orbites profondes, ces plis qui se creusent des ailes du nez aux commissures des lèvres fortement accusées, ce menton court que n'allège pas la grâce de l'ovale, décèlent une hérédité paysanne. Ses doigts noueux, ses larges mains, témoignent d'une affectation précoce au labeur.


Quand il passe, la tête légèrement baissée, vous remarquerez sans doute la dignité de son port, la souplesse de son allure, le recueillement de ses traits; mais vous ne serez pas entré en contact avec sa personnalité, vous n'aurez pas subi le choc inoubliable.


Celui-là ne l' a pas vu qui n'a pas rencontré son regard, ce regard qui s'échappe de ses clairs yeux bruns comme une vrille de lumière, ce regard au coup d'oeil infaillible, si souvent décisif. Là réside le secret de son action; par là se dégagent les mystérieux effluves de sa puisssante attraction.


Or, ce regard distille la pureté comme un arome. Pureté ombrageuse qui subodore l'approche du moindre mal. Lorsque, dans son intuition surnaturelle, il s'aperçoit que le Malin tourmente de vilaines pensées l'un ou l'autre de ses jeunes, il s'avance vers ce dernier et le gratifie d'une tape sur la joue, puis, lui prenant la tête entre les mains, il lui dit :


--- Ce n'est pas toi que j'ai battu : c'est le démon.


Jusque dans la caresse dont il récompense un enfant, il y a je ne sais quoi de pudique, de châtié, qui écarte toute idée d'affection charnelle. Afin de préserver sa chasteté, il ne recherche pas de pénitences extraordinaires.


Les mortifications les plus méritoires ne sont pas celles que l'on s'invente soi-même, ce sont celles que l'on accepte sans maugréer des mains de la Providence, comme s'accommoder du froid, du chaud, des maladies, des contrariétés, des personnes, des événements.


On se demande comment il concilie le surmenage avec frugalité d'ascète, il coupe d'eau son vin afin, assure-t-il, de le rendre meilleur. Il ne dort jamais plus de cinq heures; souvent, au point du jour il est encore à son bureau.


Il ne porte pas de cilice, mais il supporte sans murmure un eczéma bien plus intolérable qu'un cilice artificiel, un eczéma qui lui brûle la peau depuis 1845 et dont la mort seule émoussera les piqûres.

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Message  Arthur Mer 29 Juil 2009, 9:04 am

Recruteur de vocations, il prévoit dès les premiers prodromes du Risorgimento la crise prochaine des Séminaires et se préoccupe de découvrir çà et là des sujets aptes au sacerdoce. En 1865, 38 sur 45 des grands séminaristes de Turin sortent de l'Oratoire. En 1873, la proportion est de 110 sur 150. Au Séminaire de Casale en 1870, la proportion est de 38 sur 40. En 1883, les diverses maisons salésiennes avaient déjà donné à l'Église 2 000 prêtres.


Don Bosco a fondé l'oeuvre de Marie-Auxiliatrice pour les vocations des adultes à l'état ecclésiastique (1875-1876 ).


Des légions de prêtres lui doivent leur sacerdoce, des légions de vierges leur auréole.

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Message  Arthur Sam 01 Aoû 2009, 8:17 am


Orant et laborieux, son travail est une incessante prière et sa prière anime tout son travail. Vous le voyez vaquant à des besognes sans idéal : il balaye, il épluche les légumes, il brosse les habits. Vous ne soupçonnez pas que dans le même temps son esprit baigne dans les splendeurs de la contemplation.


Voulez-vous en faire l'expérience ? Allez lui demander un conseil, vous aurez l'impression très nette qu'il s'arrache à un colloque et qu'avant de vous répondre il prend conseil de Dieu.


Chez lui, pas de dédoublement successif entre l'homme d'oraison et l'homme de la vie ordinaire, tout s'unifie et se nivelle sur le plan surnaturel, où il évolue avec la même aisance que sur le plan naturel.


Don Bosco à sa stalle ou sur son prie-Dieu ! Les genoux posent à peine sur l'agenouilloir. Le corps se dresse d'un seul jet; tendu vers le ciel. Les mains se replient sur la poitrine ou se croisent sur l'accoudoir. La tête s'incline un peu, le visage sourit de béatitude.


Lorsqu'il se met à genoux par terre sous les arcades pour réciter avec ses jeunes la prière du soir, sa voix se détache parmi les autres. Quand il prononce : Notre Père qui êtes aux cieux, elle prend une inflexion d'insistance mouillée de tendresse.


Don Bosco célébrant la messe ! Rien d'affecté dans ses gestes, rien que de simple et de conforme aux rubriques. Parfois une larme perle sur sa face ou bien une rougeur ardente s'y diffuse. Que se passe-t-il ? C'est le coeur éperdu qui se liquéfie, c'est la fournaise d'amour qui lance des flammes. À plusieurs reprises, il fut ravi en extase au moment de l'Élévation et resta jusqu'à dix minutes suspendu en l'air.


Don Bosco vieux et infirme, cherchant l'ombre à cause de ses yeux malades, étendu de longues heures sur son pauvre sofa ! L'âge a ployé le robuste lutteur, mais la figure s'éclaire du même sourire.


Les mains ne lâchent pas l'arme invincible du chapelet. Les lèvres égrènent des Ave inépuisablement. Et quand la lassitude l'empêche d'épeler des syllabes, ce sont les bras qui se lèvent, muette imploration, pour traduire encore d'une certaine manière son amoureuse conformité au bon plaisir divin.

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Message  Roger Boivin Sam 01 Aoû 2009, 10:37 am

Sublime cette page !
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Message  gabrielle Sam 01 Aoû 2009, 10:54 am

Bien d'accord avec vous Roger...

Et pourquoi?

Je pense que tout se résume dans cette phrase


Chez lui, pas de dédoublement successif entre l'homme d'oraison et l'homme de la vie ordinaire, tout s'unifie et se nivelle sur le plan surnaturel, où il évolue avec la même aisance que sur le plan naturel.

Il ne fait qu'un, il n'a qu'un coeur, et ce coeur ne fait pas de partage dans l'amour.

Ce qui retarde souvent les âmes c'est justement ce partage, ce dédoublement. une manière à la prière et une autre manière dans la vie ordinaire engendre nécessairement une grave lacune.

Dieu étant UN, l'homme ne peut être deux.
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Message  ROBERT. Sam 01 Aoû 2009, 1:25 pm

.

Ayant oublié Don Bosco depuis quelques jours et y revenant aujourd'hui, avec cette magnifique description qu'on y fait de ce saint prêtre, où

sa sainteté éclate partout, toujours et en tout, je ne peux qu'être en accord avec vous cher ami:


Roger a écrit:Sublime cette page !

Et comme le dit Gabrielle, sa sainteté parait partout, toujours et en tout.

Cher Roger, on pourrait le prendre comme patron non seulement des Écoles mais aussi des concierges...


Dernière édition par ROBERT. le Sam 01 Aoû 2009, 6:51 pm, édité 1 fois (Raison : balise)
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Message  Roger Boivin Sam 01 Aoû 2009, 6:35 pm

Very Happy
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Message  Arthur Lun 03 Aoû 2009, 9:27 am

Du haut de la chaire, Don Bosco retenait haletants les auditoires les plus divers. Et cela en dépit des règles de l'art. Presque point d'action, une langue populaire, un style monotone, une diction lente, et toujours des sujets mélancoliques : les fins dernières, la brièveté de la vie, la soudaineté de la mort, l'impénitence finale, la fausse honte en confession, etc...


Mais l'orateur était tellement ému, une chaleur de persuasion émanait de sa parole qu'on l'écoutait, sans se fatiguer, parfois des heures durant. C'est une étincelle jaillie du Coeur de Jésus qui enflamme l'éloquence du prêtre catholique. Hoc Pectus est quod disertos facit. Quand Don Bosco prêchait, cette étincelle devenait incendie.


Un auditeur écrivait ( 29 mai 1861 ) : " A la sortie de l'église, beaucoup s'écriaient émerveillés : " Oh ! que de belles choses Don Bosco ce matin nous a dites ! Je passerais à l'entendre le jour et la nuit ! "

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Message  Arthur Mar 04 Aoû 2009, 9:05 am


" Le chemin le plus court du paradis, c'est la confession ". Ce mot est de lui. Partant, sa préoccupation la plus constante fut-elle d'engager les âmes dans cette voie du salut. D'ordinaire, il confessait deux ou trois heures par jour; le samedi, il confessait de dix à douze heures. Parfois, il employait à ce ministère toute la journée et toute la nuit.


Il confessait partout, en train, en voiture, dans les auberges, en pleine campagne, derrière une haie, même chemin faisant.


À lui personnellement la confession n'apparut jamais comme une charge. Dès sa jeunesse il y allait chaque semaine avec empressement, comme au divin remède. Devenu prêtre, il s'ingénia de mille façons à pénétrer les jeunes du même goût, du même zèle. Il conseillait aux confesseurs appelés au tribunal de la pénitence de s'y rendre en toute hâte " esprit de joie, con animo ilare. "


On cite souvent cette assertion de Don Lemoyne : "Chaque phrase de Don Bosco était pour inviter les gens à se confesser. " Cette hyperbole contient une large part de vérité. Cette invitation directe ou indirecte, Don Bosco l'adressait un peu à tout le monde. Et le fait est qu'elle était rarement repoussée.


Les pécheurs se sentaient bouleversés, pressés de retourner à Dieu. Et, quels qu'ils fussent, simples tâcherons ou personnages de marque, honnêtes gens ou malfaiteurs, ils tombaient à ses genoux et lui ouvraient leur conscience.


À l'Oratoire, son confessionnal est un fauteuil posé entre deux agenouilloirs. C'est là qu'il demeure assis, infatigable, toujours attentif, insensible à l'ennui, au froid et au chaud, aux piqûres des moustiques, à l'assaut des insectes dont l'afflige parfois une clientèle peu soucieuse des lois de l'hygiène.

Arthur

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