(P. Justificatives) sur les MÉMOIRES de la Passion de N.-S. J.-C.

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Message  Louis le Sam 21 Nov 2020, 11:43 am

MAËSTRICHT. — NOTE SUR LA CROIX DE MAËSTRICHT, ACTUELLEMENT
A  SAINT-PIERRE  DE ROME, PAR M. L'ABBÉ WILLEMS.

« La crainte de M. Rohault de Fleury, à savoir que Maëstricht, comme tant d'autres vénérables églises, n'ait été dépouillée de son unique trésor, n'est que trop fondée en partie. La croix qui se trouvait autrefois à la collégiale de Notre-Dame, & qui fut donnée par l'empereur Philippe, en 1204, n'y est plus. Elle a été remise en 1836-37 à  S. S. Grégoire XVI, & se trouve maintenant à Rome. Pour dédommager autant que possible l'église de Notre-Dame, S. S. Pie IX lui a fait cadeau, en 1862, d'un précieux reliquaire renfermant une parcelle de la vraie croix.

« Pour le reste, quoique les trésors artistiques de Maëstricht aient été en partie fondus durant la révolution française, les trésors sacrés, à savoir les reliques elles-mêmes, lui ont été presque  tous conservés; notamment  à l'ancienne collégiale de Saint-Servais, maintenant paroissiale, on a encore une croix-reliquaire faite en 1490, en imitation de celle de Notre-Dame & renfermant des morceaux joints ensemble, en quantité notable, de la vraie croix; un auteur maëstrichtois en dit, dans un opuscule de l'année 1520 : « Dominica crux ut nunc visitur, ad altitudinem fere cubitalem cum suppeditaneo ascendens, argentea theca non ita pridem inclusa est. » Le catalogue des reliques de l'église Saint-Servais, dressé en 1677 par le doyen du chapitre, dit de la même relique : « Habemus denique in hac ecclesia crucem magnam, patriarcalis crucis forma, videlicet cum duplici trabe transversa, ex ligno sanctæ crucis, in qua unicus Dei Filius Patri consubstantialis charitate ineffabili consummata acerbissima passione pro salute mundi mori dignatus est. »                                            

« Cette croix est en argent doré, de la grandeur de celle qu'on vénérait autrefois à Notre-Dame, les particules ont une couleur brune assez foncée. L'épaisseur n'en est pas bien visible.
                                                                                                           
« Parmi les reliques de la vraie croix vénérées dans le diocèse de Ruremonde, méritent encore une mention spéciale celles qui se conservent à Venloo & à Vauxbach. Cette dernière a été visitée & examinée en 1244 par saint Boniface, évêque de Lausanne, lors de la consécration de l'église abbatiale de Hoogdorch dans le diocèse de Bois-le-Duc, où se trouvait alors cette relique. En 1648, ou environ, lorsque le monastère de Hoogdorch fut supprimé par les protestants, cette relique fut transportée à l'abbaye de Roldue, & lorsque cette abbaye fut à son tour supprimée par la révolution française, la précieuse relique, de la longueur d'un doigt, fut transférée à l'église paroissiale de Wambach, où elle est encore vénérée; lors de la visite de saint Boniface, des gouttes de sang sont sorties à trois reprises de ce bois précieux, comme il est attesté par le diplôme de saint Boniface lui-même, qui est publié dans  l'Historia episcopatus Sylveducnsis, & en dernier lieu dans  le précis historique de 1853, qui se publie à Bruxelles. Cette relique est spécialement vénérée, & Mgr de Ruremonde vient de demander à Rome un office spécial, en l'honneur du miracle arrivé a cette croix par la distillation des gouttes de sang, miracle arrivé le 4 septembre 1244. « La description du trésor des reliques de Saint-Servais va être publiée sous peu dans le Beffroi de Bruges.

« La description des anciennes étoffes ou reliques qui se trouvent à Notre-Dame & à Saint-Servais va de même être publiée bientôt par M. le chevalier de Linas, d Arras, en France ; cette dernière description comprendra entre autres les vêtements épiscopaux  de Saint-Servais, qui datent au moins du IVe siècle. »

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis le Dim 22 Nov 2020, 7:22 am


BOURGES. — Mgr   DE   LA  TOUR  DAUVERGNE,   ARCHEVÊQUE  DE   BOURGES,

à M. Rohault de Fleury.

« Bourges, 20 octobre 1865.

« Monsieur, une absence assez longue m'a privé jusqu'ici de l'honneur de répondre à votre lettre du 4 courant, & de vous remercier du fac-similé que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Notre pauvre trésor a perdu à la Révolution presque toutes ses richesses d'autrefois; nous n'avons plus d'épines ni de clous. Il ne nous reste plus qu'un morceau de la vraie croix, assez important il est vrai, dont vous recevrez ces jours-ci une reproduction. Il mesure près de 80mm de longueur sur 15mm de largeur.

« La cathédrale d'Arras possède un morceau de la vraie croix plus considérable encore, & une épine qui paraît bien, en effet, par ses dimensions, provenir de l'acacia triacanthos. Je vous donne ce détail en passant, dans la pensée que peut-être les richesses de l'Artois en ce genre ne vous sont pas connues.

« Agréez, &c, &c... »

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis le Lun 23 Nov 2020, 7:40 am



DIJON. — EXTRAIT   D'UNE LETTRE DE M. L'ABBÉ PILLOT, VICAIRE GÉNÉRAL.


« Dijon, 22 novembre 1868.


« ... Je vous envoie aujourd'hui la forme & les dimensions des fragments de la vraie croix que possède la cathédrale de Dijon. Ces fragments sont au nombre de quatre... (Voir pl. XII). L'épaisseur du bois vénérable est d'environ 2mm, la couleur est d'un brun foncé tirant sur le noir.

« La croix de bois noir qui la contenait se trouvant disloquée, je fus chargé de la faire restaurer. Au milieu du croisillon avait été creusée une petite croix fermée sur le devant par un verre. La relique couverte d'un papier noir ne s'apercevait pas; seulement on savait par tradition que cette grande croix de bois renfermait une parcelle de la vraie croix; on la vénérait de confiance, & par tradition ; personne ne l'avait visitée depuis la Révolution.

« Ayant enlevé le verre, je déchirai le papier noir, &, sous une enveloppe ou deux, je découvris l'admirable & très-précieuse parcelle dont je vous adresse, ainsi que je viens de le dire, la forme & les vraies dimensions . Au-dessous se trouvait l'authentique, dont je vous donne ici la substance, n'en ayant point tiré copie. Voici la note que j'ai écrite à cette occasion sur le registre de nos saintes reliques :

« Les fragments considérables de la vraie croix renfermés dans ce reliquaire proviennent de la chapelle portative des ducs de Bourgogne. Ils ont été extraits le jeudi saint 1796 par le citoyen Bres, vicaire épiscopal de M. Volfius. L'authentique dressée en cette circonstance & signée par MM. Volfius, Bres, Delamare prêtre, Pierre Heulle prêtre & Rousselot, a été reconnue par Mgr François-Victor Rivet, ce mercredi saint 12 avril 1854. Ces deux pièces, c'est-à-dire l'authentique de M. Volfius & l'acte de reconnaissance de cette authentique, sont renfermées dans le reliquaire sous le carton qui recouvre les saintes parcelles... »

M. L'ABBÉ BERGEROT, CURÉ DE RIEL,  DIOCÈSE DE DIJON, A  M. Rohault de Fleury...

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Message  Louis le Mar 24 Nov 2020, 7:01 am


DIJON.

SUITE

M. L'ABBÉ BERGEROT, CURÉ DE RIEL,  DIOCÈSE DE DIJON,

A  M. Rohault de Fleury.

« Riel-les-Eaux, ce 20 décembre 1868.»

« ..... Pendant la grande révolution, les précieux reliquaires qui composaient le trésor de la Sainte-Chapelle furent, avec beaucoup d'autres objets d'une inappréciable valeur, portés au Garde-Meuble. Un vol bien connu dans l'histoire fut commis. La Convention envoya quelques-uns de ses membres pour dresser un état des objets qui pouvaient rester après ce vol audacieux. L'un de ces députes, Jean de Bry, père de M. le préfet actuel de la Côte-d'Or, eut l'heureuse inspiration de détourner un morceau de la croix dite de Saint-Louis; ce morceau, comme le dit un chroniqueur, n'était d'aucune valeur pour la monnaie. Jean de Bry avait pour ami un célèbre & savant médecin, M.  Bourdois, grand amateur d'antiquités. II lui remit donc une partie du morceau de la vraie croix. Le docteur prit par écrit acte du don qui lui était fait, & cette pièce restée dès lors inséparable de la sainte relique, cette pièce très-bien conservée, est actuellement entre les mains de Mgr l'évêque de Dijon. »

Copie exacte de la note de M. Bourdois transcrite par M. le vicaire général Pillot.

« Je déclare que le morceau ci-inclus m'a été donné par le député Jean de Bry, comme un débris de la croix rapportée par saint Louis & conservée depuis lui jusqu'au moment de la Révolution.

« Cette croix était au Garde-Meuble dans l'instant où il fut volé; & Jean de Bry, l'un des commissaires nommés pour constater ce vol des diamants & les effets qui pouvaient encore rester, fit casser en sa présence la croix, dont il m'a donné le morceau ci-joint.

« Signé : Bourdois, rue Saint-Honoré, n° 85, ce 15 vendémiaire an II.

« Je déclare, en outre, que je suis possesseur de ce morceau depuis l'an 1796. »

« Le papier plié en quatre portait au dos écrit par M. Bourdois : « Morceau de la vraie croix. »

« M. Pillot ajoute : « Certifié conforme à l'original conservé à l'évêché & sur lequel j'ai fait moi-même la présente copie. Dijon, 28 décembre 1862. Signé: Pillot, v. g. »

« M. Bourdois eut dans la suite pour valet un homme des plus honorables nommé Philippe Genty, natif de Riel-les-Eaux. Devenu héritier d'une partie du mobilier de son maître, il rapporta au village le saint objet, qu'il conserva jusqu'à sa mort comme le plus précieux souvenir de l'illustre docteur (1). Ensuite, la relique fut donnée à sa nièce & filleule Thérèse Teinturier (aujourd'hui âgée de 29 ans, une de mes plus dignes paroissiennes).

« Comment a été constatée l'authenticité de cette relique?

« Le 17 juillet 1860, je la remis à Dijon à Monseigneur. En ce moment se trouvait au palais épiscopal M. le curé de Notre-Dame de Versailles, qui fut chargé par Sa Grandeur de remettre, à son passage à Paris, entre les mains de Son Ém. le cardinal Morlot, le morceau de la vraie croix avec l'écrit susmentionné.

« Après examen & confrontation Son Éminence envoya à Monseigneur de Dijon un certificat constatant l'authenticité de notre sainte relique, qui maintenant fait partie du trésor de l'évêché de Dijon.

« Monseigneur nous a fait don d'un reliquaire, conservé à l'église paroissiale, renfermant un fragment en forme de croix dont la tige a 35mm sur 3mm & 2mm, & la traverse 29mm sur 2mm & 2mm. La couleur brun fauve marron...

« Monseigneur m'a fait don particulier d'un reliquaire contenant une croix dont le montant a 14mm, la traverse 9mm, de 1mm ½ d'épaisseur & de même largeur que la croix paroissiale,

« Je remarque sur les deux reliques une petite raie noire longitudinale...

« Permettez-moi de vous féliciter de la belle œuvre que vous avez entreprise. Vos efforts sont comme un chant perpétuel d'une strophe du Vexilla... Arbor decora & fulgida...»

Mgr L'ABBÉ PILLOT, VICAIRE GÉNÉRAL DE S. G. MGR L’ÉVÊQUE DE DIJON…
___________________________________________________________________

(1) Le nom de M. Bourdois figure dans le Supplément  du Dictionnaire des grands hommes, édition Perennès.

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Message  Louis le Mer 25 Nov 2020, 6:01 am

DIJON.

SUITE

Mgr L'ABBÉ PILLOT, VICAIRE GÉNÉRAL DE S. G. MGR L’ÉVÊQUE DE DIJON,

A  M. Rohault de Fleury.

«  Dijon, 27 février 1869.»

« .....Vraie croix à l'évêché.

« Ce fragment, nous avons cru devoir le partager en deux parties égales, en le sciant par le milieu dans sa longueur.

« Je vous envoie le plan exact des deux fragments, lesquels, appliqués l'un sur l'autre, représentent le fragment tel qu'il était lorsqu'il a été remis à Monseigneur.

« La longueur totale..... est de 156mm, la plus grande largeur de 26mm, la plus grande épaisseur de 10mm (les deux fragments réunis).

« Le dessous du fragment n° 1 est entièrement plat, & paraît avoir été couvert d'une couche de peinture noire, ainsi que ce qui reste encore des bords, en haut, en bas & des deux côtés.

« Cette couleur noire indique parfaitement les dimensions qu'avait primitivement le fragment.

« Ce qui ne peut être positivement déterminé, c'est l'épaisseur primitive, car tout le dessus a été entaillé plus ou moins inégalement, moins au milieu, davantage sur les bords. Toutefois, dans un petit endroit, on croit voir la couleur noire faire un retour sur le dessus, ce qui donne 10mm d'épaisseur...

« L'épaisseur des fragments de la vraie croix que possède notre église cathédrale est de 2 à 3mm. »

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Hier à 6:49 am

LILLE. — MONSEIGNEUR   RÉGNIER,   ARCHEVÊQUE   DE  CAMBRAI,

à M. Rohault de Fleury.

« Bailleul, 2 octobre 1865.

« .....Je vous félicite beaucoup de votre pieuse entreprise & j'espère que, Dieu aidant, vous la conduirez à bonne fin. Je trouverai en arrivant à Cambrai, dans un mois, le spécimen que vous avez eu la bonté de m'adresser. Merci de ce précieux envoi. Je ne connais pas de reliques considérables de la vraie croix à Lille; mais je puis vous en indiquer une magnifique, si vous ne la connaissez déjà. Elle se trouve à l'hospice des incurables à Baugé (Maine-à-Loire)...

« J'ai des notes précieuses sur la parcelle insigne de la vraie croix que vous supposiez devoir être à Lille, & qui s'y trouve effectivement. Ces notes sont accompagnées d'un dessin qui donne exactement la forme & les dimensions de la relique. Je pourrai vous envoyer cela à Rome, si vous le souhaitez.

« II y a dans la chapelle du palais épiscopal de Gand une parcelle également très-insigne de la vraie croix. Elle appartenait aux rois d'Angleterre, & les évêques de Gand l'ont en dépôt depuis la révolution religieuse d'Henri VIII. Son authenticité est parfaitement constatée. »

Le 13 septembre 1866, envoi des pièces relatives à la relique insigne de la vraie croix que possède l'église paroissiale de Saint-Étienne, à Lille.

Quelques documents relatifs à l'insigne relique de la vraie croix conservée dans l'église de Saint-Etienne,  à Lille.

NOTE de Louis : ces documents sont édités en latin et seront publiés sure demande. Bien à vous.

Leçons du second Nocturne des Matines, en la fête de l'Oblation de la sainte Croix. (Avant la révolution française, cette solennité se célébrait chaque année, le 16 juillet, dans l'ancienne collégiale de Saint-Pierre, à Lille.)

NOTE de Louis : ces 3 leçons sont éditées en latin et seront publiées sure demande. Bien à vous.

Extrait de Buselin, Histoire de la Flandre française, liv. II, chap. VII, p. 284.

« .....Parmi les principaux ornements du chapitre de Saint-Pierre, on doit considérer surtout les morceaux qu'il possédait de la très-sainte croix du Christ. Ils excitent l'admiration de ceux qui les voient, tant par leur grandeur que par leurs ornements. On en a fait une double croix avec un seul tronc, & deux branches transversales. La hauteur du tronc a près d'un pied; son épaisseur est un peu moindre que celle d'un pouce; les branches transversales sont également épaisses; la plus haute est plus courte que celle qui est en dessous : conforme à toutes les descriptions de la croix du patriarche. Une tablette revêtue intérieurement d'or & extérieurement d'argent nous désigne ce beau monument. Beaucoup de pierres précieuses y sont enchâssées pour son ornement & son éclat. On pense que l'ouvrage est de Byzance, & que c'est de là qu'est venu le présent. La pièce de monnaie & la tablette d'or qui pendent de l'autre côté & qui portent des caractères grecs confirment cette idée. Un côté de la tablette représente le Christ sur la croix, avec cette inscription:
H  CTAVPΏCIC; l'autre côté représente le Christ sortant du tombeau avec cette épigraphe: H  ANACTACIC (1). »

Dessin, en vraie grandeur, de l'insigne relique de la vraie croix, conservée dans l'église Saint-Étienne, à Lille (voir pl. XII).

Forme. — Ainsi que le montre la figure ci-jointe, l'insigne relique est une double croix. L'arbre ou le tronc, du haut en bas, est d'une seule pièce ; les bras sont rapportés, les arêtes sont peu régulières, elles paraissent usées par un frottement prolongé.

Couleur. — A première vue, & à distance, le bois de l'insigne relique ressemble assez à du chêne vieux qui n'aurait pas été verni. En l'examinant de plus près, on le prendrait facilement, sauf une teinte plus sombre & une certaine dureté de ton, pour du sapin vieux. Ce qui lui donne cette dernière apparence, ce sont surtout sept ou huit veines parallèles d'un brun-rouge très-foncé, qui vont presque régulièrement dans le sens de la longueur des morceaux. Ces veines, qui sont indiquées sur le dessin par des lignes au crayon, pénètrent dans toute la profondeur du bois.

Remarque. — Il n'est pas du tout improbable que le tronc ait été un peu raccourci par une section faite en bas ; ce qui tend à le faire supposer, c'est qu'en cet endroit toutes les arêtes sont très-irrégulières, & paraissent taillées au couteau.
_______________________________________________________

(1) On peut consulter également Gretzer, t. III, p. 538.

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Aujourd'hui à 7:33 am



LYON. — SON ÉM. LE CARDINAL DE BONALD à M. Rohault de Fleury.


« Milan, 21 septembre 1866.


« Je suis loin de Lyon dans ce moment, monsieur, c'est la cause du retard que j'ai mis à répondre à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire.

« Votre nom, monsieur, est trop honorablement connu à Lyon pour que je ne sois très-flatté d'entrer en relations avec vous.   .

« Nous possédons à la métropole plusieurs parcelles assez considérables de la vraie croix. Elles nous viennent de plusieurs papes. Je les ai réunies dans un même reliquaire, qui, quoique moderne, offre assez d'intérêt. Il sort des ateliers de M. Poussielgue-Rusand, dont j'ai eu à louer le bon goût. J'ai voulu que les médailles d'or des empereurs d'Orient qui se sont occupés surtout de la vraie croix ornassent ce reliquaire. J'avais le bonheur de posséder ces médailles & j'ai pensé qu'elles ne dépareraient pas le reliquaire de la croix trouvée par sainte Hélène.

« Nous serions charmés, monsieur, que quelque circonstance vous amenât à Lyon. Nous nous empresserions de mettre sous vos yeux le petit trésor archéologique de notre cathédrale.

« Nous avons aussi un reliquaire qui appartenait à Pie VII, dans lequel j'ai mis une parcelle assez importante de la couronne d'épines que Mgr de Quélen m'avait donnée.

« Veuillez agréer, monsieur, &c. »

Notice sur les reliques des saints de l'Église de Lyon, par D. M. (tiré à cent exemplaires).
Lyon, 1865, page 49, appendice.

Reliquaire du bois de la vraie croix à la cathédrale...

« II est une relique qui n'est étrangère nulle part : c'est le bois de la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le sauveur & le juge du genre humain...

« Le premier fragment de ce bois sacré, que notre chapitre primatial possède, lui fut donné au XIIIe siècle par Ponce de Chaponay, qui l'avait apporté d'Orient. Ce fragment avait fait partie de la chapelle des empereurs de Constantinople. Il fut sauvé du pillage en 1562 par Jean Cropet, greffier choisi par les calvinistes pour faire l'inventaire de l'argenterie & des meubles de notre église métropolitaine (1). Après la mort de Jean Cropet, sa veuve le rendit aux chanoines, qui le firent renfermer dans un reliquaire en forme de croix latine, à double croisillon garni de velours & enrichi de perles. On présentait cette croix à la vénération des fidèles, le vendredi saint.

« Lors de notre grande révolution, comme les dévastateurs se montraient surtout avides des objets d'or & d'argent, après avoir enlevé les perles qui entouraient la relique, ils la jetèrent à terre.  Le suisse de l'église  la ramassa & plus tard la porta à Fribourg, où Mgr l'évêque de Lausanne, qui a son siège dans cette ville, ne permit qu'elle y fût publiquement vénérée qu'après avoir délégué, pour en faire la reconnaissance, trois ecclésiastiques lyonnais alors réfugiés en Suisse : c'étaient MM. Marduel, vicaire de Notre-Dame de la Plâtière, jadis habitué de la Primatiale; Marchand, prêtre perpétuel de la même église; & Gay, sacristain custode de Sainte-Croix. Tous la reconnurent aisément à la forme du velours qui lui servait de soutien, remarquant en outre que la trace des perles, placées autrefois aux extrémités, paraissait encore. C'est pourquoi, par acte du 23 mai 1794, le prélat que nous venons de nommer permit d'exposer ce fragment de la croix de Notre-Seigneur dans les églises de son diocèse.

« Après la restauration du culte en France, le même évêque, accédant au vœu de MM. les vicaires généraux de Lyon, leur rendit la sainte relique. Elle fut remise, le 31 juillet 1804, à M. l'abbé Frangin, délégué pour la recevoir, qui la rapporta à la Primatiale (archives de l'archevêché).

« Une seconde portion provient de l'abbaye de Saint-Denis; elle fut sauvée par les soins d'un membre de la commission temporaire, établie en 1794 pour la conservation des divers objets d'art trouvés dans le pillage des églises. Depuis, le même personnage se dessaisit de ce fragment en faveur de M. l'abbé de Pins, alors évêque nommé de Béziers, en y joignant une déclaration écrite par laquelle, à la date du 23 décembre 1819, il attestait, sous la foi du serment, l'exactitude du fait qui vient d'être rapporté. Devenu archevêque d'Amasie & administrateur apostolique de Lyon, Mgr de Pins enrichit de ce fragment notre église métropolitaine (archives de l'archevêché).

« Un troisième morceau avait été donné le 22 septembre 1804 au  cardinal Fesch, parla sacrée congrégation romaine des Reliques & des Indulgences. Les lettres de donation le désignent ainsi : magnam sacram partem vivificæ crucis D. N. Jesu Christi (archives de l'archevêché).

« Un quatrième appartenait aux princesses Victoire & Clotilde, filles de Louis XV. Elles s'étaient réfugiées, au temps de la Terreur, à Bologne, où elles moururent, laissant la relique qu'elles possédaient à M. l'abbé Courbon, qui leur servait d'aumônier. Rentré en France, & devenu vicaire général, cet ecclésiastique conserva ce morceau du bois de la croix jusqu'en 1824, date de sa mort, à laquelle il devint propriété de la cathédrale.

« Un cinquième fragment faisait partie du trésor des reliques de l'église de Saint-Chamond; il a été détaché d'une portion plus considérable qui fut donnée jadis à cette église par le roi saint Louis. On avait pu heureusement le conserver lors des deux grandes commotions sociales de 1562 & de 1793.

« Enfin, un sixième & dernier fragment était enchâssé dans la croix pastorale du cardinal Fleury; il échut à Tune de ses nièces qui vivait encore en 1844, & qui la donna à un ecclésiastique devenu depuis membre de notre chapitre primatial. Celui-ci a bien voulu le joindre aux autres fragments dont il vient d'être question. »

__________________________________________________________________

(1) Menestrier, Introduction à la. lecture de l'histoire, Lyon, 1694, p. 547.

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