(P. Justificatives) sur les MÉMOIRES de la Passion de N.-S. J.-C.

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Message  Louis Sam 21 Nov 2020, 11:43 am

MAËSTRICHT. — NOTE SUR LA CROIX DE MAËSTRICHT, ACTUELLEMENT
A  SAINT-PIERRE  DE ROME, PAR M. L'ABBÉ WILLEMS.

« La crainte de M. Rohault de Fleury, à savoir que Maëstricht, comme tant d'autres vénérables églises, n'ait été dépouillée de son unique trésor, n'est que trop fondée en partie. La croix qui se trouvait autrefois à la collégiale de Notre-Dame, & qui fut donnée par l'empereur Philippe, en 1204, n'y est plus. Elle a été remise en 1836-37 à  S. S. Grégoire XVI, & se trouve maintenant à Rome. Pour dédommager autant que possible l'église de Notre-Dame, S. S. Pie IX lui a fait cadeau, en 1862, d'un précieux reliquaire renfermant une parcelle de la vraie croix.

« Pour le reste, quoique les trésors artistiques de Maëstricht aient été en partie fondus durant la révolution française, les trésors sacrés, à savoir les reliques elles-mêmes, lui ont été presque  tous conservés; notamment  à l'ancienne collégiale de Saint-Servais, maintenant paroissiale, on a encore une croix-reliquaire faite en 1490, en imitation de celle de Notre-Dame & renfermant des morceaux joints ensemble, en quantité notable, de la vraie croix; un auteur maëstrichtois en dit, dans un opuscule de l'année 1520 : « Dominica crux ut nunc visitur, ad altitudinem fere cubitalem cum suppeditaneo ascendens, argentea theca non ita pridem inclusa est. » Le catalogue des reliques de l'église Saint-Servais, dressé en 1677 par le doyen du chapitre, dit de la même relique : « Habemus denique in hac ecclesia crucem magnam, patriarcalis crucis forma, videlicet cum duplici trabe transversa, ex ligno sanctæ crucis, in qua unicus Dei Filius Patri consubstantialis charitate ineffabili consummata acerbissima passione pro salute mundi mori dignatus est. »                                            

« Cette croix est en argent doré, de la grandeur de celle qu'on vénérait autrefois à Notre-Dame, les particules ont une couleur brune assez foncée. L'épaisseur n'en est pas bien visible.
                                                                                                           
« Parmi les reliques de la vraie croix vénérées dans le diocèse de Ruremonde, méritent encore une mention spéciale celles qui se conservent à Venloo & à Vauxbach. Cette dernière a été visitée & examinée en 1244 par saint Boniface, évêque de Lausanne, lors de la consécration de l'église abbatiale de Hoogdorch dans le diocèse de Bois-le-Duc, où se trouvait alors cette relique. En 1648, ou environ, lorsque le monastère de Hoogdorch fut supprimé par les protestants, cette relique fut transportée à l'abbaye de Roldue, & lorsque cette abbaye fut à son tour supprimée par la révolution française, la précieuse relique, de la longueur d'un doigt, fut transférée à l'église paroissiale de Wambach, où elle est encore vénérée; lors de la visite de saint Boniface, des gouttes de sang sont sorties à trois reprises de ce bois précieux, comme il est attesté par le diplôme de saint Boniface lui-même, qui est publié dans  l'Historia episcopatus Sylveducnsis, & en dernier lieu dans  le précis historique de 1853, qui se publie à Bruxelles. Cette relique est spécialement vénérée, & Mgr de Ruremonde vient de demander à Rome un office spécial, en l'honneur du miracle arrivé a cette croix par la distillation des gouttes de sang, miracle arrivé le 4 septembre 1244. « La description du trésor des reliques de Saint-Servais va être publiée sous peu dans le Beffroi de Bruges.

« La description des anciennes étoffes ou reliques qui se trouvent à Notre-Dame & à Saint-Servais va de même être publiée bientôt par M. le chevalier de Linas, d Arras, en France ; cette dernière description comprendra entre autres les vêtements épiscopaux  de Saint-Servais, qui datent au moins du IVe siècle. »

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Dim 22 Nov 2020, 7:22 am


BOURGES. — Mgr   DE   LA  TOUR  DAUVERGNE,   ARCHEVÊQUE  DE   BOURGES,

à M. Rohault de Fleury.

« Bourges, 20 octobre 1865.

« Monsieur, une absence assez longue m'a privé jusqu'ici de l'honneur de répondre à votre lettre du 4 courant, & de vous remercier du fac-similé que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Notre pauvre trésor a perdu à la Révolution presque toutes ses richesses d'autrefois; nous n'avons plus d'épines ni de clous. Il ne nous reste plus qu'un morceau de la vraie croix, assez important il est vrai, dont vous recevrez ces jours-ci une reproduction. Il mesure près de 80mm de longueur sur 15mm de largeur.

« La cathédrale d'Arras possède un morceau de la vraie croix plus considérable encore, & une épine qui paraît bien, en effet, par ses dimensions, provenir de l'acacia triacanthos. Je vous donne ce détail en passant, dans la pensée que peut-être les richesses de l'Artois en ce genre ne vous sont pas connues.

« Agréez, &c, &c... »

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Lun 23 Nov 2020, 7:40 am



DIJON. — EXTRAIT   D'UNE LETTRE DE M. L'ABBÉ PILLOT, VICAIRE GÉNÉRAL.


« Dijon, 22 novembre 1868.


« ... Je vous envoie aujourd'hui la forme & les dimensions des fragments de la vraie croix que possède la cathédrale de Dijon. Ces fragments sont au nombre de quatre... (Voir pl. XII). L'épaisseur du bois vénérable est d'environ 2mm, la couleur est d'un brun foncé tirant sur le noir.

« La croix de bois noir qui la contenait se trouvant disloquée, je fus chargé de la faire restaurer. Au milieu du croisillon avait été creusée une petite croix fermée sur le devant par un verre. La relique couverte d'un papier noir ne s'apercevait pas; seulement on savait par tradition que cette grande croix de bois renfermait une parcelle de la vraie croix; on la vénérait de confiance, & par tradition ; personne ne l'avait visitée depuis la Révolution.

« Ayant enlevé le verre, je déchirai le papier noir, &, sous une enveloppe ou deux, je découvris l'admirable & très-précieuse parcelle dont je vous adresse, ainsi que je viens de le dire, la forme & les vraies dimensions . Au-dessous se trouvait l'authentique, dont je vous donne ici la substance, n'en ayant point tiré copie. Voici la note que j'ai écrite à cette occasion sur le registre de nos saintes reliques :

« Les fragments considérables de la vraie croix renfermés dans ce reliquaire proviennent de la chapelle portative des ducs de Bourgogne. Ils ont été extraits le jeudi saint 1796 par le citoyen Bres, vicaire épiscopal de M. Volfius. L'authentique dressée en cette circonstance & signée par MM. Volfius, Bres, Delamare prêtre, Pierre Heulle prêtre & Rousselot, a été reconnue par Mgr François-Victor Rivet, ce mercredi saint 12 avril 1854. Ces deux pièces, c'est-à-dire l'authentique de M. Volfius & l'acte de reconnaissance de cette authentique, sont renfermées dans le reliquaire sous le carton qui recouvre les saintes parcelles... »

M. L'ABBÉ BERGEROT, CURÉ DE RIEL,  DIOCÈSE DE DIJON, A  M. Rohault de Fleury...

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Message  Louis Mar 24 Nov 2020, 7:01 am


DIJON.

SUITE

M. L'ABBÉ BERGEROT, CURÉ DE RIEL,  DIOCÈSE DE DIJON,

A  M. Rohault de Fleury.

« Riel-les-Eaux, ce 20 décembre 1868.»

« ..... Pendant la grande révolution, les précieux reliquaires qui composaient le trésor de la Sainte-Chapelle furent, avec beaucoup d'autres objets d'une inappréciable valeur, portés au Garde-Meuble. Un vol bien connu dans l'histoire fut commis. La Convention envoya quelques-uns de ses membres pour dresser un état des objets qui pouvaient rester après ce vol audacieux. L'un de ces députes, Jean de Bry, père de M. le préfet actuel de la Côte-d'Or, eut l'heureuse inspiration de détourner un morceau de la croix dite de Saint-Louis; ce morceau, comme le dit un chroniqueur, n'était d'aucune valeur pour la monnaie. Jean de Bry avait pour ami un célèbre & savant médecin, M.  Bourdois, grand amateur d'antiquités. II lui remit donc une partie du morceau de la vraie croix. Le docteur prit par écrit acte du don qui lui était fait, & cette pièce restée dès lors inséparable de la sainte relique, cette pièce très-bien conservée, est actuellement entre les mains de Mgr l'évêque de Dijon. »

Copie exacte de la note de M. Bourdois transcrite par M. le vicaire général Pillot.

« Je déclare que le morceau ci-inclus m'a été donné par le député Jean de Bry, comme un débris de la croix rapportée par saint Louis & conservée depuis lui jusqu'au moment de la Révolution.

« Cette croix était au Garde-Meuble dans l'instant où il fut volé; & Jean de Bry, l'un des commissaires nommés pour constater ce vol des diamants & les effets qui pouvaient encore rester, fit casser en sa présence la croix, dont il m'a donné le morceau ci-joint.

« Signé : Bourdois, rue Saint-Honoré, n° 85, ce 15 vendémiaire an II.

« Je déclare, en outre, que je suis possesseur de ce morceau depuis l'an 1796. »

« Le papier plié en quatre portait au dos écrit par M. Bourdois : « Morceau de la vraie croix. »

« M. Pillot ajoute : « Certifié conforme à l'original conservé à l'évêché & sur lequel j'ai fait moi-même la présente copie. Dijon, 28 décembre 1862. Signé: Pillot, v. g. »

« M. Bourdois eut dans la suite pour valet un homme des plus honorables nommé Philippe Genty, natif de Riel-les-Eaux. Devenu héritier d'une partie du mobilier de son maître, il rapporta au village le saint objet, qu'il conserva jusqu'à sa mort comme le plus précieux souvenir de l'illustre docteur (1). Ensuite, la relique fut donnée à sa nièce & filleule Thérèse Teinturier (aujourd'hui âgée de 29 ans, une de mes plus dignes paroissiennes).

« Comment a été constatée l'authenticité de cette relique?

« Le 17 juillet 1860, je la remis à Dijon à Monseigneur. En ce moment se trouvait au palais épiscopal M. le curé de Notre-Dame de Versailles, qui fut chargé par Sa Grandeur de remettre, à son passage à Paris, entre les mains de Son Ém. le cardinal Morlot, le morceau de la vraie croix avec l'écrit susmentionné.

« Après examen & confrontation Son Éminence envoya à Monseigneur de Dijon un certificat constatant l'authenticité de notre sainte relique, qui maintenant fait partie du trésor de l'évêché de Dijon.

« Monseigneur nous a fait don d'un reliquaire, conservé à l'église paroissiale, renfermant un fragment en forme de croix dont la tige a 35mm sur 3mm & 2mm, & la traverse 29mm sur 2mm & 2mm. La couleur brun fauve marron...

« Monseigneur m'a fait don particulier d'un reliquaire contenant une croix dont le montant a 14mm, la traverse 9mm, de 1mm ½ d'épaisseur & de même largeur que la croix paroissiale,

« Je remarque sur les deux reliques une petite raie noire longitudinale...

« Permettez-moi de vous féliciter de la belle œuvre que vous avez entreprise. Vos efforts sont comme un chant perpétuel d'une strophe du Vexilla... Arbor decora & fulgida...»

Mgr L'ABBÉ PILLOT, VICAIRE GÉNÉRAL DE S. G. MGR L’ÉVÊQUE DE DIJON…
___________________________________________________________________

(1) Le nom de M. Bourdois figure dans le Supplément  du Dictionnaire des grands hommes, édition Perennès.

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Message  Louis Mer 25 Nov 2020, 6:01 am

DIJON.

SUITE

Mgr L'ABBÉ PILLOT, VICAIRE GÉNÉRAL DE S. G. MGR L’ÉVÊQUE DE DIJON,

A  M. Rohault de Fleury.

«  Dijon, 27 février 1869.»

« .....Vraie croix à l'évêché.

« Ce fragment, nous avons cru devoir le partager en deux parties égales, en le sciant par le milieu dans sa longueur.

« Je vous envoie le plan exact des deux fragments, lesquels, appliqués l'un sur l'autre, représentent le fragment tel qu'il était lorsqu'il a été remis à Monseigneur.

« La longueur totale..... est de 156mm, la plus grande largeur de 26mm, la plus grande épaisseur de 10mm (les deux fragments réunis).

« Le dessous du fragment n° 1 est entièrement plat, & paraît avoir été couvert d'une couche de peinture noire, ainsi que ce qui reste encore des bords, en haut, en bas & des deux côtés.

« Cette couleur noire indique parfaitement les dimensions qu'avait primitivement le fragment.

« Ce qui ne peut être positivement déterminé, c'est l'épaisseur primitive, car tout le dessus a été entaillé plus ou moins inégalement, moins au milieu, davantage sur les bords. Toutefois, dans un petit endroit, on croit voir la couleur noire faire un retour sur le dessus, ce qui donne 10mm d'épaisseur...

« L'épaisseur des fragments de la vraie croix que possède notre église cathédrale est de 2 à 3mm. »

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Jeu 26 Nov 2020, 6:49 am

LILLE. — MONSEIGNEUR   RÉGNIER,   ARCHEVÊQUE   DE  CAMBRAI,

à M. Rohault de Fleury.

« Bailleul, 2 octobre 1865.

« .....Je vous félicite beaucoup de votre pieuse entreprise & j'espère que, Dieu aidant, vous la conduirez à bonne fin. Je trouverai en arrivant à Cambrai, dans un mois, le spécimen que vous avez eu la bonté de m'adresser. Merci de ce précieux envoi. Je ne connais pas de reliques considérables de la vraie croix à Lille; mais je puis vous en indiquer une magnifique, si vous ne la connaissez déjà. Elle se trouve à l'hospice des incurables à Baugé (Maine-à-Loire)...

« J'ai des notes précieuses sur la parcelle insigne de la vraie croix que vous supposiez devoir être à Lille, & qui s'y trouve effectivement. Ces notes sont accompagnées d'un dessin qui donne exactement la forme & les dimensions de la relique. Je pourrai vous envoyer cela à Rome, si vous le souhaitez.

« II y a dans la chapelle du palais épiscopal de Gand une parcelle également très-insigne de la vraie croix. Elle appartenait aux rois d'Angleterre, & les évêques de Gand l'ont en dépôt depuis la révolution religieuse d'Henri VIII. Son authenticité est parfaitement constatée. »

Le 13 septembre 1866, envoi des pièces relatives à la relique insigne de la vraie croix que possède l'église paroissiale de Saint-Étienne, à Lille.

Quelques documents relatifs à l'insigne relique de la vraie croix conservée dans l'église de Saint-Etienne,  à Lille.

NOTE de Louis : ces documents sont édités en latin et seront publiés sure demande. Bien à vous.

Leçons du second Nocturne des Matines, en la fête de l'Oblation de la sainte Croix. (Avant la révolution française, cette solennité se célébrait chaque année, le 16 juillet, dans l'ancienne collégiale de Saint-Pierre, à Lille.)

NOTE de Louis : ces 3 leçons sont éditées en latin et seront publiées sure demande. Bien à vous.

Extrait de Buselin, Histoire de la Flandre française, liv. II, chap. VII, p. 284.

« .....Parmi les principaux ornements du chapitre de Saint-Pierre, on doit considérer surtout les morceaux qu'il possédait de la très-sainte croix du Christ. Ils excitent l'admiration de ceux qui les voient, tant par leur grandeur que par leurs ornements. On en a fait une double croix avec un seul tronc, & deux branches transversales. La hauteur du tronc a près d'un pied; son épaisseur est un peu moindre que celle d'un pouce; les branches transversales sont également épaisses; la plus haute est plus courte que celle qui est en dessous : conforme à toutes les descriptions de la croix du patriarche. Une tablette revêtue intérieurement d'or & extérieurement d'argent nous désigne ce beau monument. Beaucoup de pierres précieuses y sont enchâssées pour son ornement & son éclat. On pense que l'ouvrage est de Byzance, & que c'est de là qu'est venu le présent. La pièce de monnaie & la tablette d'or qui pendent de l'autre côté & qui portent des caractères grecs confirment cette idée. Un côté de la tablette représente le Christ sur la croix, avec cette inscription:
H  CTAVPΏCIC; l'autre côté représente le Christ sortant du tombeau avec cette épigraphe: H  ANACTACIC (1). »

Dessin, en vraie grandeur, de l'insigne relique de la vraie croix, conservée dans l'église Saint-Étienne, à Lille (voir pl. XII).

Forme. — Ainsi que le montre la figure ci-jointe, l'insigne relique est une double croix. L'arbre ou le tronc, du haut en bas, est d'une seule pièce ; les bras sont rapportés, les arêtes sont peu régulières, elles paraissent usées par un frottement prolongé.

Couleur. — A première vue, & à distance, le bois de l'insigne relique ressemble assez à du chêne vieux qui n'aurait pas été verni. En l'examinant de plus près, on le prendrait facilement, sauf une teinte plus sombre & une certaine dureté de ton, pour du sapin vieux. Ce qui lui donne cette dernière apparence, ce sont surtout sept ou huit veines parallèles d'un brun-rouge très-foncé, qui vont presque régulièrement dans le sens de la longueur des morceaux. Ces veines, qui sont indiquées sur le dessin par des lignes au crayon, pénètrent dans toute la profondeur du bois.

Remarque. — Il n'est pas du tout improbable que le tronc ait été un peu raccourci par une section faite en bas ; ce qui tend à le faire supposer, c'est qu'en cet endroit toutes les arêtes sont très-irrégulières, & paraissent taillées au couteau.
_______________________________________________________

(1) On peut consulter également Gretzer, t. III, p. 538.

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Ven 27 Nov 2020, 7:33 am



LYON. — SON ÉM. LE CARDINAL DE BONALD à M. Rohault de Fleury.


« Milan, 21 septembre 1866.


« Je suis loin de Lyon dans ce moment, monsieur, c'est la cause du retard que j'ai mis à répondre à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire.

« Votre nom, monsieur, est trop honorablement connu à Lyon pour que je ne sois très-flatté d'entrer en relations avec vous.   .

« Nous possédons à la métropole plusieurs parcelles assez considérables de la vraie croix. Elles nous viennent de plusieurs papes. Je les ai réunies dans un même reliquaire, qui, quoique moderne, offre assez d'intérêt. Il sort des ateliers de M. Poussielgue-Rusand, dont j'ai eu à louer le bon goût. J'ai voulu que les médailles d'or des empereurs d'Orient qui se sont occupés surtout de la vraie croix ornassent ce reliquaire. J'avais le bonheur de posséder ces médailles & j'ai pensé qu'elles ne dépareraient pas le reliquaire de la croix trouvée par sainte Hélène.

« Nous serions charmés, monsieur, que quelque circonstance vous amenât à Lyon. Nous nous empresserions de mettre sous vos yeux le petit trésor archéologique de notre cathédrale.

« Nous avons aussi un reliquaire qui appartenait à Pie VII, dans lequel j'ai mis une parcelle assez importante de la couronne d'épines que Mgr de Quélen m'avait donnée.

« Veuillez agréer, monsieur, &c. »

Notice sur les reliques des saints de l'Église de Lyon, par D. M. (tiré à cent exemplaires).
Lyon, 1865, page 49, appendice.

Reliquaire du bois de la vraie croix à la cathédrale...

« II est une relique qui n'est étrangère nulle part : c'est le bois de la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le sauveur & le juge du genre humain...

« Le premier fragment de ce bois sacré, que notre chapitre primatial possède, lui fut donné au XIIIe siècle par Ponce de Chaponay, qui l'avait apporté d'Orient. Ce fragment avait fait partie de la chapelle des empereurs de Constantinople. Il fut sauvé du pillage en 1562 par Jean Cropet, greffier choisi par les calvinistes pour faire l'inventaire de l'argenterie & des meubles de notre église métropolitaine (1). Après la mort de Jean Cropet, sa veuve le rendit aux chanoines, qui le firent renfermer dans un reliquaire en forme de croix latine, à double croisillon garni de velours & enrichi de perles. On présentait cette croix à la vénération des fidèles, le vendredi saint.

« Lors de notre grande révolution, comme les dévastateurs se montraient surtout avides des objets d'or & d'argent, après avoir enlevé les perles qui entouraient la relique, ils la jetèrent à terre.  Le suisse de l'église  la ramassa & plus tard la porta à Fribourg, où Mgr l'évêque de Lausanne, qui a son siège dans cette ville, ne permit qu'elle y fût publiquement vénérée qu'après avoir délégué, pour en faire la reconnaissance, trois ecclésiastiques lyonnais alors réfugiés en Suisse : c'étaient MM. Marduel, vicaire de Notre-Dame de la Plâtière, jadis habitué de la Primatiale; Marchand, prêtre perpétuel de la même église; & Gay, sacristain custode de Sainte-Croix. Tous la reconnurent aisément à la forme du velours qui lui servait de soutien, remarquant en outre que la trace des perles, placées autrefois aux extrémités, paraissait encore. C'est pourquoi, par acte du 23 mai 1794, le prélat que nous venons de nommer permit d'exposer ce fragment de la croix de Notre-Seigneur dans les églises de son diocèse.

« Après la restauration du culte en France, le même évêque, accédant au vœu de MM. les vicaires généraux de Lyon, leur rendit la sainte relique. Elle fut remise, le 31 juillet 1804, à M. l'abbé Frangin, délégué pour la recevoir, qui la rapporta à la Primatiale (archives de l'archevêché).

« Une seconde portion provient de l'abbaye de Saint-Denis; elle fut sauvée par les soins d'un membre de la commission temporaire, établie en 1794 pour la conservation des divers objets d'art trouvés dans le pillage des églises. Depuis, le même personnage se dessaisit de ce fragment en faveur de M. l'abbé de Pins, alors évêque nommé de Béziers, en y joignant une déclaration écrite par laquelle, à la date du 23 décembre 1819, il attestait, sous la foi du serment, l'exactitude du fait qui vient d'être rapporté. Devenu archevêque d'Amasie & administrateur apostolique de Lyon, Mgr de Pins enrichit de ce fragment notre église métropolitaine (archives de l'archevêché).

« Un troisième morceau avait été donné le 22 septembre 1804 au  cardinal Fesch, parla sacrée congrégation romaine des Reliques & des Indulgences. Les lettres de donation le désignent ainsi : magnam sacram partem vivificæ crucis D. N. Jesu Christi (archives de l'archevêché).

« Un quatrième appartenait aux princesses Victoire & Clotilde, filles de Louis XV. Elles s'étaient réfugiées, au temps de la Terreur, à Bologne, où elles moururent, laissant la relique qu'elles possédaient à M. l'abbé Courbon, qui leur servait d'aumônier. Rentré en France, & devenu vicaire général, cet ecclésiastique conserva ce morceau du bois de la croix jusqu'en 1824, date de sa mort, à laquelle il devint propriété de la cathédrale.

« Un cinquième fragment faisait partie du trésor des reliques de l'église de Saint-Chamond; il a été détaché d'une portion plus considérable qui fut donnée jadis à cette église par le roi saint Louis. On avait pu heureusement le conserver lors des deux grandes commotions sociales de 1562 & de 1793.

« Enfin, un sixième & dernier fragment était enchâssé dans la croix pastorale du cardinal Fleury; il échut à Tune de ses nièces qui vivait encore en 1844, & qui la donna à un ecclésiastique devenu depuis membre de notre chapitre primatial. Celui-ci a bien voulu le joindre aux autres fragments dont il vient d'être question. »

__________________________________________________________________

(1) Menestrier, Introduction à la. lecture de l'histoire, Lyon, 1694, p. 547.

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Message  Louis Sam 28 Nov 2020, 7:34 am

PONTIGNY. — EXTRAIT D'UNE NOTE DE M. L’ABBÉ JOBIN, CURÉ DE NOLAN.

« Le jour où Pie VII de sainte mémoire fut violemment enlevé de son siège en 1809, pendant la nuit du 5 au 6 juillet, la terreur fut si grande dans la ville qu'un grand nombre de religieux s'enfuirent, abandonnant leurs couvents à la merci des troupes françaises qui y étaient déjà casernées. Des soldats s'emparèrent de plusieurs objets précieux parmi lesquels se trouvait un morceau considérable de la vraie croix pris dans le trésor de l'un de ces couvents. Le même jour il fut remis à Mme Gille, femme du chirurgien au régiment de La Tour d'Auvergne, par deux officiers qui connaissaient sa piété. Mme Gille rapporta à Tonnerre cette précieuse relique avec son authentique qui se perdit avec le temps & qu'on n'a pu retrouver. Les démarches de M. l'abbé Labosse, curé de Cerisey, auprès de Mgr l'archevêque de Sens, firent instruire avec beaucoup de soin la cause de ce bois sacré pour lui restituer une authentique qui lui fut en effet donnée par l'autorité diocésaine, & il put le considérer comme provenant en effet de la croix de Notre-Seigneur.

« La partie la plus considérable de cette relique a été donnée par l'abbé Labosse à la maison des missionnaires de Pontigny (Yonne).

« Elle se compose de divers morceaux qui ont été ajoutés les uns aux autres & disposés en forme de croix, dont la hauteur est d'environ 300mm. La largeur du bois est de 15mm & son épaisseur très-faible.

« Une autre partie se trouve à Tonnerre, où la famille de Mme Gille en a conservé un morceau important.

« Une partie de la relique provenant de la famille Gille & de l'abbé Labosse a été donnée à l'église de Nolay. M. le curé, l'abbé Jobin, distribue des parcelles & de la sciure du bois sacré aux fidèles qui concourent à l'embellissement de son église.

« Celle de Nolay est en forme de croix & se compose de quatre fortes parcelles. Le montant de la croix a 10mm de haut, les bras en ont 50 ; la parcelle peut avoir 5 à 6mm de large sur 2 ou 2mm½ d'épaisseur.

« Le bois est noir extérieurement, à l'intérieur cette couleur est moins foncée & tire un peu sur le jaune ou le roux. M. Labosse pensait que c'était du cèdre ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'aujourd'hui le bois est encore odorant & très-dur. »

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Dim 29 Nov 2020, 5:38 am


TROYES. —  LE M.  L'ABBÉ COFFINET,  CHANOINE DE LA CATHEDRALE, À TROYES,
à M. Rohault de Fleury.


« Troyes, le 24 septembre 1866.

« Monsieur, Monseigneur m'a remis hier votre lettre du 22 août dernier, par laquelle vous demandez des renseignements sur les parcelles de la vraie croix conservées dans le trésor de notre cathédrale. Sa Grandeur, sachant que je me suis occupé d'un travail concernant ces précieuses reliques, m'a prié de vous faire parvenir les documents que vous désirez. Je m'empresse donc, monsieur, de vous informer que vous recevrez prochainement, par la voie du chemin de fer, un manuscrit de 24 pages in-folio. C'est un mémoire qui renferme des recherches historiques sur les parcelles que nous avons le bonheur de posséder, depuis 1205 jusqu'à ce jour. Je vous serai infiniment obligé de me renvoyer le plus tôt possible ce travail dont je n'ai pas pris copie, parce que le temps me manque pour le transcrire. Je vous autorise bien volontiers à y puiser tous les documents qui vous seraient nécessaires.

« Les parcelles incluses dans la capsule ovale dont il est question à la page 17 du manuscrit & aux notes 4 & 5 de la même page peuvent avoir 1mm d'épaisseur. Elles emplissent à peu près, en hauteur & en largeur, ladite capsule, & figurent dans son intérieur une croix à triple croisillon. Elles ont une teinte brune très-foncée, se rapprochant presque de la couleur noire.

« En 1855, j'ai publié une notice qui a pour titre : Recherches historiques sur l'origine des parcelles de la vraie croix, conservées dans le trésor de la cathédrale de Troyes. Elle a été insérée dans les Mémoires de la Société d'agriculture, des sciences, arts & belles-lettres du département de l'Aube, année 1855, t. XIX, p. 183 à 217. Je pense que vous trouverez ce volume à la Bibliothèque impériale de Paris. Cette notice est moins complète que le manuscrit que j'ai l'honneur de vous communiquer; car les faits historiques qui y sont consignés s'arrêtent à 1855, tandis que le manuscrit renferme des actes épiscopaux qui s'étendent jusqu'à l'année 1863. Je n'ai pas d'autres observations à ajouter aux détails que vous fournira la lecture de mon mémoire... »

« Troyes, le 28 septembre 1866.

« Monsieur, il m'est absolument impossible de savoir de combien de millimètres cubes se composaient les morceaux de la vraie croix, renfermés primitivement dans notre reliquaire byzantin. Il faudrait, pour établir à cet égard une appréciation à peu près certaine, connaître l'épaisseur & la largeur de ces morceaux. Or, d'après le procès-verbal de reconnaissance desdites reliques, rédigé sous les yeux de Mgr Claude-Mathias-Joseph de Barral, évêque de Troyes, le 27 avril 1773, il n'est question que de leur longueur. « Nous avons reconnu que les parties précieuses de la vraie croix sont disposées en forme de croix patriarcale (c'est-à-dire à double croisillon). — La tige a 9 pouces 6 lignes de longueur; — le premier croisillon a 3 pouces 3 lignes,, & le deuxième 5 pouces 6 lignes. »

« Comme vous le voyez, monsieur, à défaut de renseignements positifs, je dois garder sur ce point la plus grande réserve.

« Il m'est bien plus facile de vous donner les dimensions des parcelles qui existent actuellement dans le trésor de notre cathédrale. Je les ai visitées ce matin; voici le résultat de cet examen : Ainsi que j'ai eu l'honneur de vous le dire par ma lettre du 24 de ce mois, ces parcelles sont renfermées dans un médaillon d'argent de forme ovale qui, extérieurement, mesure 37mm de hauteur sur 22mm de largeur, & intérieurement 32mm de hauteur sur 7mm de largeur. Lesdites parcelles sont déposées dans l'intérieur de la capsule de manière à figurer une croix à triple croisillon. Je vous adresse la forme de cette croix : la longueur totale de la tige est 24,mm; celle du premier croisillon, de 6mm; celle du deuxième, de 8mm ; celle du troisième, de 15mm. L'épaisseur de chacune de ces parties est de 1mm ½. La largeur à la surface de chacune d'elles est de 2mm.

« Je crois, monsieur, avoir répondu à vos deux questions. Si cependant vous aviez besoin de nouveaux renseignements, je me mets entièrement à votre disposition. — Je dois ajouter que cette récente visite m'a démontré qu'une parfaite similitude existe, quant à la teinte du bois, entre la parcelle conservée dans le trésor de notre cathédrale & celle de la métropole de Paris figurée sur la planche que vous avez eu la bonté de m'adresser... »

Extrait d'un mémoire manuscrit par M. l'abbé Coffinet…

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Message  Louis Lun 30 Nov 2020, 7:34 am


TROYES.

SUITE

Extrait d'un mémoire manuscrit par M. l'abbé Coffinet, chanoine de la cathédrale de Troyes : Saintes reliques de la cathédrale de Troyes. — Deuxième procès-verbal, 15 janvier 1863.Parcelles renfermées dans une capsule ovale fixée à une croix d'argent.

« Le 22 avril 1204, le sac de Constantinople eut lieu par l'armée des croisés se composant de Français (la plupart Champenois), de Flamands & de Vénitiens...

« Tandis que la plupart des guerriers enlevaient l'or, les pierreries, les tapis & les riches étoffes de l'Orient, les pèlerins, les seigneurs, les barons, les ecclésiastiques & les évêques qui faisaient partie de l'armée latine recueillirent un butin plus digne des soldats de Jésus-Christ...

« Lorsque l'ordre fut rétabli, on désigna trois églises dans lesquelles toutes les dépouilles de Constantinople devaient être déposées. Défense était faite, sous peine de la vie & de l'excommunication, de rien détourner du butin.

« Garnier de Trainel, cinquante-neuvième évêque de Troyes (1193-1205), grand aumônier de l'armée latine, fut constitué le gardien de ces splendides richesses.

« Ce prélat, déjà avancé en âge, avait pris la croix pour la seconde fois, en 1200... Son ascendant sur les croisés était immense... Son courage égalait ses autres qualités... Aussi pieux que brave, il avait déterminé en 1203 le jeune Alexis à prendre vis-à-vis du Saint-Siège l'engagement formel de soumettre l'Église grecque à l'Église de Rome... Il succomba à une épidémie le 14 avril 1205... Après sa mort, Jehan Langlais, son chapelain, rapporta à Troyes un lot précieux de reliques réservées par l'évêque. La plupart de ces objets portaient des inscriptions qui en constataient l'origine.

« 1° Une parcelle de la croix de Notre-Seigneur d'après un inventaire de 1429, dans un reliquaire en forme de croix double, dorée, sur un vase de cristal dont le pied est en argent. — Un inventaire du 20 juillet 1611 en fait mention.

« Deux bénédictins de Saint-Maur, en 1709, voient à Troyes, parmi les reliques qu'on y conserve, un moreau de bois de la vraie croix de 8 ou 10 pouces de long avec les deux croisillons, sur lesquels il y a des émaux où sont gravés des caractères grecs qui en font foi.

« En 1771, l'historien Grosley écrivit à M. Ganneau, rédacteur du Journal de Verdun,après avoir visité la relique :

« Cette croix, d'environ 2 pieds de hauteur, porte un double croisillon entièrement formé, ainsi que la tige, du bois de la vraie croix, encastré & scellé dans une monture décorée de filigranes, de ciselures & de tous les ornements que prodiguait le bas âge de la Grèce. Le bois de la croix que cette monture laisse à découvert a une enveloppe en argent de même travail que la principale partie du reliquaire. Cette enveloppe à charnières, que traversent des aiguilles, se détache du corps du reliquaire, & on l'en sépare dans toutes les occasions où la croix est exposée à la vénération publique. Le pommeau du pied du reliquaire est formé d'un cristal de roche, d'un volume fort considérable & grossièrement buriné. »

« L'authenticité de cette relique est constatée, ainsi que le lieu d'où elle sort, par cinq joyaux entourés de filigranes, chargés d'inscriptions grecques & immédiatement appliqués au bord de la vraie croix.

« Elle a été tirée du trésor même où Héraclius avait déposé la croix...

« On voulait rajeunir le reliquaire; Grosley eut le bon esprit de s'y opposer en disant que c'était l'authentique la plus véridique.

« Voici la traduction française des inscriptions placées sur les joyaux :

JE POSSÈDE  CELUI  QUI  ÉTENDIT LES MAINS SUR  LE BOIS
ET   DE'TRUISIT   L'EMPIRE   DU   PÉCHÉ,
CE   VERBE,   DIEU   ET  HOMME   TOUT   ENSEMBLE,
FIGURÉ   VIVEMENT   DANS   LES   ÉCRITURES.
JE   N'AVAIS   PAS   ENCORE   CE   BOIS   QUI   DONNE   LA   VICTOIRE;
AUPARAVANT  EMPLOYÉ  A  D'AUTRES  USAGES,  IL A  REÇU DEPUIS  UNE  DESTINATION NOUVELLE:
L'EMPEREUR CONSTANTIN,   L'AYANT  ORNÉ
DE  PIERRES   PRÉCIEUSES   ET   D'OR  ARTISTEMENT   TRAVAILLÉ,
LUI   DONNA  LA   FORME   MÊME   DU SIGNE  ENVOYÉ  DU CIEL
POUR   ÊTRE LE   SOUTIEN,  LA   PROTECTION ET  L'ASSURANCE DE NOTRE  VIE.
JUGE  DES JUGES,   TOI   QUI   DOIS   REMETTRE   LES   PÉCHÉS,
O CHRIST,   JE   TE   VÉNÈRE   CRUCIFIÉ;
TON AUGUSTE   CROIX   JE   L'ADORE,   O   VERBE,
ET   TA   SAINTE    RÉSURRECTION  JE  LA  VÉNÈRE.
JÉSUS  EST VAINQUEUR.

« C'était le 15 avril 1771 que Grosley exprimait les craintes que lui inspirait l'avenir de la croix monumentale ;…

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Message  Louis Mar 01 Déc 2020, 7:02 am


TROYES.

Extrait d'un mémoire manuscrit par M. l'abbé Coffinet, chanoine de la cathédrale de Troyes :… (SUITE)

« C'était le 15 avril 1771 que Grosley exprimait les craintes que lui inspirait l'avenir de la croix monumentale ; depuis deux mois, sous prétexte qu'elle était usée, il avait été décidé qu'elle serait remplacée par un autre reliquaire neuf, plus grand, plus élégant, plus riche...

« On apporte le reliquaire au moment de la translation, le 9 septembre 1772. Il se trouve trop petit, on en fait un autre, & la translation définitive eut lieu le 21 avril 1773. »

M. l'abbé Coffinet rapporte ensuite le procès-verbal de la translation, prêtres en surplis, étole, cierges, &c, puis l'acte épiscopal de Mgr de Barrai constatant l'authenticité :

« Les parties précieuses de la vraie croix sont disposées en forme de croix patriarcale, liées en quelques endroits avec de petites lames d'autres bois & du mastic. La tige a 9 pouces 6 lignes de longueur; le premier croisillon a 3 pouces 3 lignes, & le second 5 pouces 6 lignes. Les six extrémités sont garnies de petits caissons d'or émaillé, avec deux rosettes; de même, au milieu des croisillons & sur chacun des émaux est une inscription grecque en caractères anciens, dont quelques-uns commencent à s'effacer... Nous les avons transférées dans le nouveau reliquaire, qui est aussi en forme de croix patriarcale, à la réserve de quelques parcelles détachées que nous avons renfermées sous notre sceau, pour être déposées au trésor & pour faciliter l'exposition à la vénération des fidèles. »

« Le reliquaire manqué servit pour placer ces parcelles.

« Les parcelles détachées n'ont pas toutes été renfermées dans ce reliquaire. M. Roullon, chanoine fabricien & gardien du trésor, en conserva par devers lui une grande partie. Après la Révolution, il les déposa dans une capsule appliquée au centre d'une croix d'argent (celle que nous possédons), qu'il donna au chapitre en 1809...

« Les deux croix de l'orfèvre capitulaire ne devaient survivre que la durée de vingt ans au monument six ou sept fois séculaire qu'elles avaient remplacé. Elles ont été brisées, ainsi que toutes les châsses des trésors de notre cathédrale, dans les nuits du 9 & du 10 janvier 1794.

« Les parcelles de la vraie croix, comme la plupart des autres saintes reliques, furent jetées au milieu des flammes d'un grand feu qu'on avait allumé dans la chambre du prédicateur à la sacristie!...

« Les objets d'or & d'argent ont été fondus, convertis en monnaie ou envoyés à la Convention nationale... Les antiques, émaux, intailles, diamants, perles fines & camées ont été estimés à plus de 1 million!...

« La seconde croix qui contenait les principaux morceaux fut brisée en même temps, & la parcelle qu'elle contenait, brûlée.

« On ne conserve que la partie mise de côté par M. le chanoine Roullon….

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Message  Louis Mer 02 Déc 2020, 7:39 am


TROYES.

Extrait d'un mémoire manuscrit par M. l'abbé Coffinet, chanoine de la cathédrale de Troyes :…  (SUITE)

« On ne conserve que la partie mise de côté par M. le chanoine Roullon. Après des temps plus calmes, il fit faire une croix d'argent de 510mm  de hauteur, 260mm au croisillon. Au centre, une capsule ovale de 37mmde hauteur sur 22mm de largeur renferme les parcelles, encore assez notables, disposées pour représenter une croix à triple croisillon. Sur le pied est gravée l'inscription:
« Capitulo Trecensi unus e canonicis, 1807. »

L'auteur joint le certificat du chanoine & l'acte de reconnaissance de Mgr de la Tour-du-Pin-Montauban, qui présente un excellent résumé du remarquable rapport de M. l'abbé Coffinet dont je viens de faire des extraits:

« Des parcelles de bois nous ayant été présentées comme parcelles du bois de la vraie croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, & ensemble des manuscrits & attestations pour en prouver l'authenticité, nous avons reconnu par lesdits manuscrits & attestations :

1° qu'en l'an 1205, lors des croisades, notre illustre prédécesseur Mgr Garnier de Trainel, évêque de Troyes, qui accompagnait Thibault, comte souverain de Champagne, avait envoyé de Constantinople au chapitre de Troyes une portion insigne de la vraie croix;

2º que depuis cette époque elle avait été constamment exposée à la vénération des fidèles, dans l'église cathédrale de Troyes;

3º que le 21 avril 1773 cette précieuse relique fut solennellement transférée de son ancien reliquaire dans un nouveau, par Mgr Claude-Mathias-Joseph de Barral, évêque de Troyes, en présence du chapitre de la cathédrale;

4º que lors de cette translation, plusieurs parcelles furent détachées du bois sacré ;

5º que ces parcelles furent à l'instant soigneusement recueillies par Henri-Antoine Roullon,  docteur en théologie de la Faculté de Paris, chanoine & fabricien de la cathédrale, &, en cette qualité de fabricien, chargé du trésor des saintes reliques de ladite église;

6° que ces parcelles ont été religieusement & fidèlement conservées par lui-même jusqu'à ce jour, où il les a remises entre nos mains.

Ce considéré, nous avons jugé que lesdites parcelles sont vraiment des parcelles du bois de la vraie croix, que possédait l'église cathédrale de Troyes, & qu'elle a perdues dans les temps malheureux de la Révolution. Afin donc que des reliques aussi précieuses reçoivent le culte & les honneurs qui leur sont dus, nous les avons appliquées sur une étoffe de soie cramoisie, les avons enfermées dans une capse formée au milieu d'une croix d'argent toute neuve, laquelle capse est garnie d'un cristal par devant & scellée par derrière de notre sceau. Avons déposé le présent acte dans le pied de la croix & permettons d'exposer cette croix à la vénération des fidèles... »  
Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Jeu 03 Déc 2020, 6:46 am


RAGUSE. — EXTRAIT D’UN MANUSCRIT DE M. LE CHANOINE STEFANO SCURLA, DU 12 MAI 1866, PORTANT CE TITRE :   Note sur des parcelles du bois de la vraie croix que l’on vénère à Raguse.


I. — « Raguse est très-riche en reliques de la vraie croix, & la principale est sans contredit le magnifique fragment placé dans une croix d'argent, que l'on voit dans le reliquaire de la cathédrale.

« Quoiqu'il n'y ait pas de document public qui atteste sa provenance & nous assure de son authenticité, cependant les renseignements particuliers suffisent pour nous donner toute garantie à cet égard.

« Quelques écrivains du pays voudraient qu'elle vînt de Rome, & qu'elle ait été apportée dans notre ville par Paulimir Belo, quand sur la fin du [size=12]Xesiècle il partit de Rome, pour reprendre le trône de ses pères.

« ... Cependant... peu de personnes croient que ce soit ainsi que les précieux fragments ont été apportés à Raguse, & ils leur attribuent une autre origine.

« Crescimir III régna en Croatie de 1000 à 1035, & s'étant soumis à la suprématie de la Porte, il en reçut honneurs & secours. Son fils Étienne lui succéda, & dans une grande maladie il fit vœu de visiter l'église de Saint-Étienne, de la restaurer & de l'enrichir, & consacra à ces travaux une somme de 6000 hyperpères de Raguse. Après avoir recouvré la santé, il joignit à ces libéralités le don des terres de Bruno, Bergatto, Ombla, Gravosa, Malfi, & une partie de Gionchetto, avec la condition que dans toutes ces localités on élèverait une église en l'honneur de saint Étienne. On voit encore deux de ces églises à Ombla & à Malfi.

« Le roi étant mort vers 1050, sa veuve Marguerite, emportant avec elle ses trésors, se retira à Raguse, & donna à l'église de Saint-Étienne 200 livres d'argent pour y renfermer ses reliques & en outre deux morceaux de bois de la vraie croix. Elle prit ensuite le voile avec deux de ses demoiselles d'honneur, fit bâtir près de Saint-Étienne une chapelle dédiée à sainte Marguerite & fut ensevelie dans le cimetière de Saint-Étienne. Une inscription sur la façade de la petite église de Sainte-Marguerite, reconstruite en 1571 par le sénat de Raguse pour faire place à des fortifications, relate la tradition qui en attribue la fondation à cette reine.

« Presque tous les écrivains de Raguse s'accordent à dire que les deux morceaux proviennent d'elle.

«... Ils ont été toujours conservés dans le reliquaire avec un grand soin, & ils figurent tous deux dans un inventaire de 1493. Depuis ce moment on n'en trouve plus qu'un, sans savoir comment l'autre a pu disparaître. Retirées des ruines, les saintes reliques, qui se conservaient dans la cathédrale, furent provisoirement placées dans le fort Revellino, puis transportées dans le chapitre des dominicains le dernier dimanche de juillet de la même année, ainsi que l'écrit l'archidiacre Giorgi à l'abbé Étienne de Gradi, patrice de Raguse, bibliothécaire de la Vaticane, en date du 4 août 1667.

« Elles restèrent chez les dominicains jusqu'au moment où elles furent transférées solennellement, en 1785, dans la chapelle de la cathédrale.

« La richesse de ce trésor est vraiment remarquable, & l'abondance des saintes reliques qui sont conservées dans ce magnifique ouvrage d'or, d'argent, représentant des tètes, des mains, des pieds, des calices, des vases, &c, est tel que, sous ce point de vue, Raguse est vraiment distinguée des autres villes de la chrétienté.

« L'insigne relique de la vraie croix est renfermée dans une croix d'argent doré qui a 555mm de haut, 450mm de large. Sur les quatre angles, d'un côté on voit en relief les quatre évangélistes, au faîte saint Jean, dans le bas saint Luc, dans le bras droit saint Matthieu, & dans le gauche saint Marc. A l'envers on voit aussi quatre figures, c'est-à-dire au faîte la sainte Vierge & l'enfant Jésus, au bas sainte Claire avec un calice à la main, au bras droit saint Biagio qui tient la ville dans sa main, & au bras gauche saint Étienne, premier martyr, avec un encensoir. Dans le milieu de la croix il y a, du haut en bas, une ouverture longue de 255mm large de 120mm, couverte des deux côtés par une glace garnie d'un treillis en argent doré, & où se trouve ce précieux bois que l'on peut voir ainsi des deux faces.

« Ce fragment, dont la plus grande hauteur est de 241mm, & la largeur de 80mm, est très-irrégulier, ainsi qu'on peut le voir par la figure. Les deux faces, vues de près, sont criblées de fentes dont les unes sont à peine visibles, & les autres ont de 2 à 3mm de largeur.

« L'épaisseur du bois, autant qu'on peut en juger dans son irrégularité, est en moyenne de 25mm.

« Sa couleur est celle de la châtaigne, très-foncée, presque noirâtre; sa consistance est si forte que le fer le mieux affilé ne pourrait en enlever un morceau, sans le briser en parcelles irrégulières.

« On ignore quand le saint bois a été placé dans cette croix d'argent, cependant le travail doit en être très-ancien.

« Possesseurs de parties si considérables, on comprend bien que les Ragusains en aient détaché quelques-unes pour les placer dans des coffrets, des croix, des vases, des tablettes, qui sont consignés dans les divers inventaires du trésor & qui figurent notamment dans celui de 1844….

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Message  Louis Ven 04 Déc 2020, 7:12 am


RAGUSE.

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« Possesseurs de parties si considérables, on comprend bien que les Ragusains en aient détaché quelques-unes pour les placer dans des coffrets, des croix, des vases, des tablettes, qui sont consignés dans les divers inventaires du trésor & qui figurent notamment dans celui de 1844.

« I° Crux patriarchalis in tabula. Très-petite table couverte d'une lame d'argent de 180mm, sur 288mm; on voit dans le haut, en bas-relief, deux anges, & dans le bas, adroite la sainte Vierge, & à gauche saint Jean. Dans le milieu de cette tablette une croix patriarcale de quelque mastic très-fendillé, où se trouve une parcelle très-petite de la vraie croix. Le travail doit être très-ancien.

« 2º Crucis lignum in tabula cum lamina argentea. Table couverte d'une lame d'argent de 220mm, sur 375mm, semblable à la précédente, avec cette différence que la croix du milieu est en bois dur, contenant dans le milieu de la traverse inférieure quelque minime fragment du saint bois.

« 3º Signum crucis. Coffret en forme d'ostensoir d'argent de 370mm de hauteur, compris la base. Dans le milieu de ce coffret soutenu par un aigle, il y a un fragment du saint bois de 27mm sur 32mm de hauteur, qui devait avoir autrefois 47 mm de hauteur, parce que dans le cordon de la soie orange avec lequel le bois est attaché on remarque un vide de 15mm qui devait être occupé autrefois par la sainte relique. A l'envers le sceau du chapitre est imprimé sur de la cire d'Espagne.

« Ce fragment, qui était dans un coffret de bois doré, a été placé dans celui-ci le 29 mars 1743.

« 4º Theca informa pyxidis cum ligno sanctæ crucis & reliquiis plurimorum sanctorum martyrum. Un très-minime morceau du saint bois.

« 5º Crux patriarchalis lignea cum lamina argentea. Croix patriarcale de 380mm de hauteur, 130mm à la traverse supérieure, & 180mm à la traverse inférieure; le travail doit être très-ancien. Dans la partie supérieure de la croix il y a un vide en forme de croix où devait être placé le saint bois. Trois côtés manquent; il reste seulement la base, longue de 30mm, large de 3mm.

« Dans la partie inférieure de la croix il y a de même un vide en forme de croix où devait se trouver du saint bois. Il n'en reste que la traverse de 37mm & une partie de la base de 25mm. Cette perte doit être attribuée au peu de soin que l'on a pris de le garnir avec du verre ou autrement. La couleur en est beaucoup plus claire que celle de l'autre bois renfermé dans le reliquaire.

« 6° Crux argentea. Croix d'argent doré orné d'émail, travail très-ancien, privée de son bois.

« 7º Crux argentea. Croix également d'argent, d'un travail très-ancien, privée de son bois.

« 8° Tabula lignea deaurata cum cruce Domini. Petit cadre doré, avec une croix d'argent de 5omm sur 60 & un très-petit fragment du saint bois. Elle a été transportée à la cathédrale du couvent des religieuses de Sainte-Marie.

« 9º Crux argentea cum particulis ligni sacræ crucis. Dans une croix de 260mm sur 205, se trouve un fragment de la vraie croix de 67mm sur 7mm non couvert par du verre, & par ce motif plus clair en couleur que les autres fragments du saint bois.

« Nota. — Le fragment du saint bois qui se vénère dans la grande croix d'argent était plus grand autrefois. Le défunt évêque de Raguse, Thomas Gederlinich, en détacha une portion pour en faire présent au cardinal Jacques-Philippe Fransoni. Dans cette circonstance quelques personnes dévotes & beaucoup d'églises eurent la consolation d'en obtenir des parcelles.

« Le même évêque en donna ensuite un fragment à l'archiduc Maximilien, actuellement empereur du Mexique, qui le fit entourer de diamants, & qui, lors de son pèlerinage à Jérusalem, entre autres largesses, en fit hommage à la chapelle de Sainte-Hélène, pour le placer dans la croix que tient cette sainte. »

II. — « Outre l'insigne fragment du bois de la vraie croix & les autres parcelles qui se conservent dans le reliquaire de la cathédrale…

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Message  Louis Sam 05 Déc 2020, 7:13 am


RAGUSE.

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II. — «  Outre l'insigne fragment du bois de la vraie croix & les autres parcelles qui se conservent dans le reliquaire de la cathédrale, on en voit un autre dans une croix d'argent apportée de Jérusalem par le frère Boniface de Stéphanisda, alors qu'il était gardien du saint sépulcre. Boniface, d'une très-grande science, avait étudié à Paris & fut condisciple de Sixte-Quint.

« Sous Paul IV, en 1555, il obtint la permission d'ouvrir le saint sépulcre, ce qui eut alors lieu la première fois depuis sainte Hélène. Il y trouva trois morceaux de bois de la vraie croix enveloppés dans un voile très-fin, sans doute placés dans le sépulcre même par sainte Hélène ; à peine le voile fut-il exposé à l'air, qu'il se défit comme une toile d'araignée, en laissant seulement quelques fils d'or qui étaient tissés avec ceux de lin.

« Il remit dans le sépulcre un morceau du saint bois, & obtint la permission de pouvoir distribuer le reste & de l'employer dans la chrétienté au profit de la terre sainte.

« Après avoir fermé le saint sépulcre, il rétablit dessus un autel, l'orna avec de précieux marbres & plaça dessus une pierre pour perpétuer la mémoire de ce fait, qui fut, avec toutes ses circonstances, enregistré dans les archives du saint sépulcre.

« Boniface divisa le saint bois en plusieurs parties dont il donna au souverain pontife Paul IV, au cardinal Caspio, au cardinal de l'Aracœli, à Philippe II, roi d'Espagne, comme bienfaiteur de la terre sainte.

« Il donna encore, en 1558, à l'empereur Ferdinand IV, à la république de Venise, des fragments de la colonne. Il en envoya aussi à Raguse, sa patrie, en y joignant un morceau du saint sépulcre. Devenu évêque de Stagno, il envoya à la cathédrale de Saint-Biagio à Raguse un morceau qu'il s'était réservé. »

III. — « Outre les fragments qui se conservent dans la cathédrale, il y en a un…

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Message  Louis Dim 06 Déc 2020, 6:36 am


RAGUSE.

SUITE

III. — « Outre les fragments qui se conservent dans la cathédrale, il y en a un dans une croix patriarcale d'argent conservée dans le reliquaire des pères dominicains de Raguse. Cette croix est haute de plus de 19 pouces, la traverse d'en haut a 8 pouces, celle d'en bas 11 pouces ½ ; elle est ornée de roses & d'étoiles & d'inscriptions en lettres serbes d'où il résulte qu'au XIVe siècle, vers 1310, cette croix a été faite par l'ordre du roi Urôs & qu'un morceau du bois y fut placé par Grégoire II, évêque de Rassia (Servie), qu'elle fut réparée en 1548, & qu'elle appartenait au couvent des dominicains de Gravosa.

« On ne sait quand ni comment elle échut à ce couvent. Cerva suppose qu'elle aura été apportée à Raguse par quelque marchand de cette ville qui se trouvait dans la Servie ou l'Herzégovine, au moment de la chute de ce royaume. Cette croix resta dans le couvent des dominicains de Gravosa jusqu'en 1618, époque où, pour plus de sûreté, on la porta dans le couvent de ces pères qui est dans la ville, & jusqu'en 1714 on était dans l'usage de la porter à l'église de Gravosa au jour de l'Invention de la sainte croix, le 3 mai, pour l'exposer à la vénération des fidèles.

« Vers l'année 1697, la croix ayant été, suivant l'usage, transportée à Gravosa, pour la fête de l'église, un religieux du même ordre, à l'insu des autres pères, ouvrit la croix, en tira un fragment du vrai bois & le donna au baron Saponara, Napolitain, ambassadeur de l'empereur Léopold, résident à Raguse, en l'engageant à garder le secret, qu'il conserva en effet jusqu'à la mort du religieux. Après la mort de celui-ci, le baron Saponara, pour assurer l'authenticité de sa relique, s'adressa à Étienne de Biagio Tudissio, un des gardiens du trésor public, pour en obtenir le certificat. Alors la croix des dominicains fut ouverte en présence des religieux de l'ordre & l'on trouva qu'il y manquait un morceau en bas du montant de la croix elle-même; ils virent ainsi que leur croix avait été violée, & privée du morceau qui se trouvait entre les mains du baron. Ils décidèrent alors qu'on ne la transporterait plus à Gravosa. Les pères donnèrent de tout cela une attestation qui servit d'authentique à la croix volée.

« Cette croix d'Urôs, qui appartient aux dominicains, est pleine de fragments du saint bois qui en occupent tout le vide. Le bois est de la même couleur que le fragment que l'on vénère dans la cathédrale & paraît être exactement de même nature.

« La largeur du montant est de 25mm l'épaisseur de 17mm. »

M. LE CHANOINE SCURLA  (traduction).

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Message  Louis Lun 07 Déc 2020, 5:10 am


RAGUSE.

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M. LE CHANOINE SCURLA  (traduction).

Raguse, 22 juillet 1868.


« Très-cher monsieur,

«... C'est à peine si j'ai terminé ces jours derniers l'impression de ma brochure sur le reliquaire de notre cathédrale; je vous en envoie un exemplaire, que je vous prie d'agréer en témoignage de ma profonde estime; j'y joins la traduction de la préface, ainsi que celle des passages où j'ai l'honneur d'en référer à votre autorité.

« Le Père prieur des dominicains m'a montré votre lettre dans laquelle vous lui demandiez des éclaircissements sur la croix d'Urôs. Je me suis chargé d'y répondre.

« 1° Je vous mande d'abord le dessin grandeur naturelle de ladite croix, qui confirme les mesures que je vous indiquais dans mes dernières lettres. — Vous trouverez à la page 108 de ma brochure la gravure de cette croix.

« 2º J'y joins une parcelle du bois de la sainte croix que j'ai pu obtenir des pères dominicains, & que j'ai enlevée moi-même de la croix d'Urôs. — Elle est détachée d'un fragment d'environ 30mm dont vous pourrez ainsi faire examiner la nature & sur laquelle vous voudrez bien me donner votre sentiment.

« A cette occasion, en ouvrant un côté de la croix, je me suis persuadé qu'un tiers à peine de ce reliquaire était encore rempli du saint bois, réduit en fragments plus ou moins considérables & reliés avec de la soie... »

Trésor de la cathédrale de Raguse. — Historique du bois de la sainte croix, du lange de Notre-Seigneur & des autres reliques relatives à la vie & à la mort de Notre-Seigneur,  par M. le chanoine Seurla, 1868 (extraits de la préface).

« Toutes les personnes du pays ou de l'étranger visitant le trésor des saintes reliques de notre cathédrale demeurent surprises d'un tel monument de la piété de nos pères...

« Au printemps de l'année passée, une personne haut placée me demanda une relation sur le bois de la sainte croix que nous vénérons, pour la transmettre à l'hagiographe français M. Rohault de Fleury, qui depuis plusieurs années se livre à des études aussi sérieuses que persévérantes sur les reliques de la Passion de Notre-Seigneur.

« Je fis de mon mieux & je remplis ma mission aussi bien que le permit le peu de temps dont je pus disposer...

« Un tel jugement sur nos reliques... m'engagea à revoir mon premier travail, à le compléter par de nouveaux renseignements & à le rendre capable d'être publié, non comme œuvre littéraire, mais comme un simple exposé de la vérité... Tel a été mon unique but; si je l'ai atteint, il me servira de récompense. »

Fin de la pièce justifivative.

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Message  Louis Mar 08 Déc 2020, 7:10 am



LONDRES. — M. L’ABBÉ  ROUSE. 8, YORK-PLACE, LONDRES,  W.
à M. Rohault de Fleury.

« Londres, 14 février 1868.

« Monsieur, Mgr Manning m'a chargé de répondre à votre lettre du 27 janvier. Dans la matière de reliques de la Passion nous n'avons pas grand'chose en Angleterre. Monseigneur croit que la partie de la relique provenant de la tour de Londres est dans la possession de Lord Pètre, 57, Portland-place, Londres, W. Vous pourriez vous adresser aussi à Mgr Weld Isleworth, Londres, W, qui est capable d'en avoir quelque morceau & qui pourrait sans doute vous donner des renseignements sur d'autres parties qui sont en possession des familles anglaises. Dans l'église des Oblats de Saint-Charles de Londres, il y a une partie de la vraie croix avec une collection considérable de reliques sur laquelle vous pourriez vous adresser au Père Manning, S. Marys, Westbourne-grove-North, Bayswater, Londres, W.

« La plus grande collection de reliques en Angleterre est au collège des Ushaw, près de Durham. Je vais vous donner les adresses de nos seigneurs les évêques d'Angleterre...

« Veuillez agréer, monsieur, &c. »
Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Mer 09 Déc 2020, 6:15 am

ANGLETERRE.

Ces pièces justificatives relatent : 1° les reliques de LORD PÈTRE; — 2º celles de PLOWDEN; — 3º de SAINTE-MARIE BERGHOTT ; — 4º de SAINTE-MARIE À YORK; — 5º de SAINT-GEORGES SOUTHWARK; — 6º de SLINDON;—7º de SAINT-GRÉGOIRE DOWNSIDE.

LORD PÈTRE. — Lady  Douglas  à M. Rohault  de Fleury

« Shorndon-Hall Brenturod, 8 avril 1868.

« Monsieur, j'ai l'honneur de vous envoyer, de la part de mon frère lord Pètre, deux esquisses des deux morceaux de bois de la vraie croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que  vous lui demandez dans votre lettre du 22 mars. J'espère que vous y trouverez tout ce qu'il vous faut. Lord Pètre ayant été très-malade  n'a pu répondre à votre lettre plus tôt, & il m'a chargée maintenant de vous écrire de sa part. Recevez, monsieur... »

NOTE JOINTE À LA LETTRE CI-DESSUS. — « Cette relique de la vraie croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ a été donnée à lord Pètre par Mgr François Weld. L'esquisse donne la grandeur des deux morceaux de bois, & la couleur (noir roux) ainsi que l'épaisseur. Ces morceaux sont d'une couleur très-foncée & paraissent être de la nature du vieux bois de chêne ou d'ébène, dur & noir.

« Une autre relique de la vraie croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ est une partie d'un très-grand morceau, dit Pars stipitis crucis Salvatoris nostri, qui se trouvait autrefois avec les bijoux de la couronne dans la tour de Londres. Le morceau dont voici l'esquisse fut détaché de ce grand morceau pendant le règne de Jacques Ier, roi d'Angleterre, & donné enfin l'an 1713 à lady Pètre, par le Père provincial des jésuites anglais à Gand. L'esquisse donne la longueur & la largeur des morceaux avec l'idée de la couleur (blond foncé) & la qualité du bois, qui est à peu près de l'épaisseur d'un demi-franc. »

PLOWDEN.  —   LE R. P.. MORRALL À DOWNSIDE à M. Rohault de Fleury.

« Collège Bath, 6 mai 1868.

« J'ai reçu  du très-révérend chanoine  Tobin, chapelain de  monsieur  Plowden  de Plowden Hall Salop,  un fac-simile de la relique de la vraie croix que l'on conserve à Plowden, avec une copie de l'authentique.  Il me dit que la couleur est brune & le bois solide... »

AUTHENTIQUE DE LA RELIQUE DE M. PLOWDEN,  JOINTE  À  LA  LETTRE DU R. P. MORRALL.

« 6 mai 1868.

Ce document est publié en latin. Il sera publié sur demande. Bien à vous.

Ste MARIE BERGHOTT, —  LA   RÉVÉRENDE MÈRE MARIE BRENAN,

A M. Rohault de Fleury.

Abbaye de Sainte-Marie Berghott-Est, 16 avril 1868.

« Monsieur, ci-inclus les dimensions exactes de la relique de la sainte croix, & j'ai peint ce papier de la couleur la plus rapprochée de celle du saint bois.

« La fermeture du reliquaire en verre empêche de reconnaître exactement l'épaisseur du bois, qui paraît mince. Plus tard j'espère être à même de vous envoyer l'histoire de l'enchâssement de cette sainte relique...

« Je vous souhaite tous les succès dans votre sainte entreprise. »

Ste MARIE À YORK…

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Message  Louis Jeu 10 Déc 2020, 4:41 am


ANGLETERRE.

SUITE

Ste MARIE À YORK. —  S. G. Mgr CORNTHWAITE,  ÉVÊQUE  DE  BEVERLEY SPRINGFIELD-HOUSE,

à M. Rohault de Flenry.

« Little-Woodhouse-Leeds, 24 juillet 1868.

« ..... Ci-inclus vous trouverez les renseignements que vous désirez au sujet de l'insigne relique de la sainte croix que nous vénérons dans un des couvents de mon diocèse. Je crois que vous les lirez avec intérêt, & qu'ils mériteront une notice dans votre ouvrage. »

NOTE JOINTE À LA LETTRE DE MONSEIGNEUR. — « Dans le couvent de Sainte-Marie, de l'Institut de la Bienheureuse Vierge, à York, il y a une relique considérable de la vraie croix. Elle a la forme d'une croix de Jérusalem, & a 5 pouces de longueur; les bras de la croix ont chacun  1 pouce ½ de long, & la largeur du bois est partout d'un tiers de  pouce. Sur le bois sacré il y a trois empreintes du sceau officiel dont se servait le vicaire capitulaire qui administrait le diocèse de Saint-Omer, de l'année du Seigneur 1657 à 1662.

« La boîte renfermant la relique est en argent doré, le devant s'ouvre complètement, étant formé de plusieurs pièces unies par des charnières. Autour de l'extérieur de la boîte est gravée l'inscription suivante :
Ce document est publié en latin. Il sera publié sur demande. Bien à vous.

« La croix de Jérusalem est considérée comme très-ancienne, son ornementation est celle qui était commune au Xe siècle. C'est aussi évidemment une croix qui fut faite pour être portée, ayant un anneau au sommet, & n'étant à aucun égard un reliquaire destiné à être exposé. Cela laisse à supposer que c'était la croix pectorale du patriarche Arnulph.

« De plus, comme il est rapporté dans l'histoire de la première croisade, écrite par un témoin oculaire, que les croisés trouvèrent dans la cité sainte une relique considérable de la sainte croix, que le patriarche Arnulph (qui avait été clerc de Robert, duc de Normandie) portait à la tête de l'armée chrétienne, au siège d'Ascalon, il paraît probable que la relique ainsi portée en cette occasion était la même que celle qui a été si longtemps possédée par le couvent, à York.

« On ne sait ni comment ni quand cette relique précieuse fut donnée à la communauté.

« Il y a toutefois dans le même couvent une autre relique de la vraie croix, reconnue authentique par François de Valbelle, évêque de Saint-Omer; cette dernière relique fut donnée au couvent par le révérend J. Lawson, S. J., en 1792.

« Elle a 1 pouce ¼ de large, & est renfermée dans un reliquaire en argent avec les reliques de saint Ignace Loyola & de saint François Xavier. En même temps, avec ce reliquaire, le révérend J. Lawson consigna à la communauté, à York, un état rédigé comme suit : « Cette relique de la sainte croix de notre Sauveur Jésus-Christ fut donnée par Arnulph, patriarche de Jérusalem, à un chevalier anglais, Shirley, comme récompense de sa valeur dans la prise de la cité sainte, en l'année 1099. »

« De l'état ci-dessus il résulte que la plus petite relique fut prise sur la plus grande à une certaine époque, quand le reliquaire de cette dernière fut réparé; car il y a des traces visibles & que la boîte a été réparée & qu'une portion de la relique a été enlevée. »

SOUTHWARK.

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Message  Louis Ven 11 Déc 2020, 7:21 am


ANGLETERRE.

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SOUTHWARK. — S.  G. Mgr GRANT, ÉVÊQUE DE SOUTHWARK, à M. Rohault de Fleury.

« Saint-Georges Southwark, ce 7 septembre 1868.

« Monsieur, j'espère que vos savantes recherches sur les reliques de la Passion seront couronnées d'un plein succès. Je possède deux reliques très-petites dans des croix pectorales à peu près de † cette mesure. Il y en a d'autres semblables chez des particuliers. Outre celles-ci, j'en ai deux, dont l'une sans cachet, d'une couleur brun-noir & de cette mesure précisément, & je ne puis pas connaître le poids, ni le bois de celles-ci. Puis à l'église de Saint-Richard, à Slindon, comté de Sussex, il y en a une autre. En voici la description.

« J’ai l’honneur d’être…

  THOMAS, évêque de Southwark.»

SLINDON. — « La relique de Slindon. Long., 90mm; larg., 12mm ½; épaiss. irrég., 7mm ½. Couleur brun clair. Des hommes accoutumés à travailler dans les bois ici disent que le bois de la relique ne ressemble en rien au bois de ce pays. Le menuisier dit que c'est un bois très-vieux & étranger, & pense que c'est du cèdre. »

St GRÉGOIRE DOWNSIDE.LE R.  P. MORRALL à M. Rohault de Fleury.

« Monastère & collège de Saint-Grégoire Downside-Bath, 4 avril 1868.

« Mon cher monsieur, j'ai beaucoup de plaisir à répondre aux questions de votre lettre du 22 mars... Je vous envoie un croquis aussi exact que je puis le prendre, parce que la relique est renfermée dans un reliquaire du temps de Charles Ier d'Angleterre (circa a. D. 1646), & dont l'ouverture est maintenant scellée. Les rayons dorés datent d'un temps antérieur.

« La pièce a été brisée & non coupée dans une autre pièce plus grande, & les fibres sont grandes, mais on en a coupé de petites pièces. La surface est luisante avec l'apparence d'une grande dureté. La couleur est un peu noirâtre, ou plutôt d'un riche brun, & le bois anglais auquel elle ressemble le plus est un morceau de vieux chêne, mais sans les marques transversales qu'on voit dans le chêne. Les bords ne sont pas exactement en droite ligne; l'épaisseur n'est pas la même partout.

« Nous savons par tradition que notre parcelle de la sainte croix est la même que le roi Alfred avait reçue du pape & qu'il avait donnée à l'abbaye de Glastenburg, & qu'elle avait été portée à Londres à la dissolution de l'abbaye, après l'exécution de l'abbé; mais nous n'en avons pas de documents.

« Ce que nous savons, c'est qu'elle était dans la chapelle de la reine Marie, fille de Henri VIII, & que Jean Feckenham, de l'ordre de Saint-Benoît, qui était le dernier abbé qui a eu la possession de l'abbaye de Westminster & aussi l'aumônier de la reine, l'a préservée de la profanation à la mort de Marie, & qu'elle a été en notre possession depuis cette date.

« Dans notre couvent des religieuses, à Stanbrook, Vorcester, il y a deux ou trois épines de la couronne de Notre-Seigneur qui appartenaient à l'abbaye de Glastenburg avant sa dissolution. »
Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Sam 12 Déc 2020, 7:08 am



NUREMBERG. — Il n'existe aujourd'hui aucune relique de la Passion de Notre-Seigneur à Nuremberg. Il est certain qu'autrefois cette ville en possédait une grande quantité, & M. de Fleury les aura trouvées mentionnées dans les documents.

L'empereur Sigismond avait transporté en 1424, avec les insignes de l'Empire (savoir : l'épée de Charlemagne, le globe impérial, le sceptre de saint Maurice, une albe, une étole, le pluviale, les gants, des bas, des souliers, des sandales, une bague, les éperons & les bracelets de Charlemagne), les saintes reliques à Nuremberg, pour qu'elles y fussent conservées à tout jamais.

Ces reliques comprenaient : 1° La sainte lance; 2º Un saint clou; 3º Un morceau de la vraie croix; 4º Un morceau de la nappe de la sainte Cène; 5º Un morceau du suaire de Notre-Seigneur; 6° Cinq épines de la couronne; 7º Un morceau de la crèche de Notre-Seigneur; 8° Un bras de sainte Anne; 9° Une dent de saint Jean-Baptiste.

Où sont à présent ces reliques? On a supposé qu'elles se trouvent à Vienne avec les insignes de l'Empire, avec lesquels elles étaient sous clef. Les insignes ont été transportés de Nuremberg à Francfort, à l'occasion du couronnement des empereurs. En l'année 1796, ils ont été sauvés à Ratisbonne, puis à Pechlorn, enfin à Vienne, où ils se trouvent encore. On présume donc que les reliques se trouvent aussi à Vienne, mais on n'en a aucune assurance. Depuis la Réforme, elles ont été perdues pour Nuremberg (2).
_________________________________________________________

(2) Note remise par Mme la baronne d'Eichtal.

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Dim 13 Déc 2020, 6:17 am


BRUXELLES. —  M. STINGLAMBERT, À BRUXELLES, à M. Rohault de Fleury.

Notice sur la relique de saint-Bon, conservée en l’église de Sainte Gudule. À Bruxelles.

« Parmi les nombreuses reliques dont les archiducs Albert & Isabelle ont enrichi l'église des Saints-Michel-&-Gudule, la plus remarquable est un grand morceau de la sainte croix ayant en hauteur 14 pouces, en épaisseur un demi-pouce, en largeur 2 pouces, &, dans la longueur de la pièce qui forme la croix, 7 pouces.

«Florent III, comte de Hollande, avait, dans le temps des croisades, obtenu le précieux trésor en terre sainte; dans la suite, il appartint à diverses personnes de distinction, jusqu'à ce qu'enfin le vicaire apostolique Vosmer, archevêque de Philippi, en fit don à LL. AA. Albert & Isabelle.

« Le 7 janvier 1650, cette précieuse relique fut donnée par l'archevêque de Malines, Jacques Boonen, au chapitre de l'église Sainte-Gudule, en exécution du testament de l'infante Isabelle; l'archevêque ordonna de placer devant cette croix une hostie consacrée, afin que Jésus-Christ fût adoré sur le même bois sur lequel il était mort pour le salut des hommes. On fit en l'honneur de cette relique de pieuses fondations : l'archevêque accorda des indulgences, & pendant plus d'un siècle on vit s'accroître la dévotion envers la sainte croix dans cette église.

« Mais la Révolution, qui avait éclaté en France, vint aussi exercer ses ravages dans notre pays, &, dans l'affreux pillage de l'église de Sainte-Gudule, au mois de mars 1793, la relique de la sainte croix fut dépouillée de ses ornements précieux & brisée en deux morceaux, que l'on est heureusement parvenu à recouvrer, & qui, dans le mois de mai de la même année, furent reconnus par le nonce apostolique, sur le témoignage du doyen & d'autres ecclésiastiques, pour être les morceaux qu'on avait honorés dans ladite église. Le reliquaire fut reconstruit, les deux parties de la sainte croix liées par un fil de soie rouge, scellé du sceau du nonce apostolique, furent remises dans ce reliquaire. La restitution de la précieuse relique fut solennellement célébrée le 29 septembre 1793. La dévotion des fidèles à la sainte croix fut bientôt de nouveau interrompue par une seconde invasion des Français dans notre pays, &, depuis cette malheureuse époque, diminua tellement que les habitants de Bruxelles paraissaient ne plus connaître le précieux trésor auquel leurs ancêtres se plaisaient à témoigner leur profond respect. Pour faire revivre cette louable dévotion, on a arrêté de célébrer solennellement les fêtes de la sainte croix dans l'église de Sainte-Gudule, & d'exposer, tous les vendredis de l'année, la relique de la sainte croix sur l'autel du Saint-Sacrement de miracle, depuis la première jusqu'à la dernière messe. »

Bruxelles, le 10 décembre 1866.

« Monsieur... je possède les mesures exactes de la relique. On a ouvert pour moi le reliquaire, & j'ai pris mes mesures sur la relique elle-même.

« L'arbre de la croix est d'une seule pièce; il mesure 470mm de hauteur. Il a été brisé pendant la Révolution, en 1793 ; les deux parties ont été rejointes & réunies par un ruban portant un cachet aux deux bouts. Le bris s'est formé par éclats; quelque bien rajustés qu'ils soient, il faut peut-être déduire, à cause des légers interstices,5mm de la mesure que je viens de donner.

« La traverse n'est pas d'une seule pièce, pour autant que j'ai pu en juger, n'ayant vu la croix que d'un seul côté; je ne sais pas si la traverse passant derrière l'arbre est sans solution de continuité. Cette traverse est de 275mm , dont il faudrait déduire 30mm environ, si elle offre une solution de continuité; l'arbre a, en effet, environ 30mm  de largeur à cet endroit.
« L'arbre, à ses deux extrémités, a, comme la traverse, 65mm de largeur; il va, ainsi que la traverse, en se rétrécissant jusqu'au point d'intersection. L'épaisseur du bois est de 14mm.

« Cette relique passe à Bruxelles pour la plus grande connue. Elle ne fut sauvée du pillage dans lequel périt tout le trésor de notre cathédrale que grâce au peu de valeur de la matière qui compose le reliquaire; celui-ci est en cuivre.

« La couleur du bois est celle du vieux chêne noirci ; on ne voit point de veines fortement apparentes; les fibres sont très-serrées & ne laissent voir que ces interstices, ces pores étroits qui seraient dans le bois de chêne.

« Au bas de l'arbre se trouve un trou assez grand, dont les parois sont déchirées. On dit que c'est là que fut planté le clou qui perçait les pieds de Notre-Seigneur. '

« Dans le même reliquaire se trouve une épine de la couronne de Jésus-Christ, parfaitement conservée.

« A certaines époques de l'année, on place sur la relique de la vraie croix une hostie consacrée, & on offre ainsi le Christ lui-même en croix à la vénération des fidèles. »


Bruxelles, 25 mars 1867.

« ..... Je puis enfin vous satisfaire au sujet de la relique de la vraie croix que possède notre cathédrale. Je viens de quitter le chimiste qui a bien voulu se prêter à mon désir.

« En voyant la grandeur du morceau, il a jugé inutile d'en soumettre une parcelle au microscope. Il s'est borné à l'étudier au moyen d'une loupe puissante.

« Le caractère du bois est résineux, de la famille des sapins & pins. Le chimiste croit même pouvoir affirmer que c'est du bois de cèdre; il se fonde sur l'identité constatée entre ce bois & celui des cercueils de quelques momies égyptiennes qu'il a eu l'occasion d'étudier, & qu'il a reconnu être en bois de cèdre... »

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Lun 14 Déc 2020, 7:29 am


ANGERS. — M. L’ABBÉ MACHEFER, CHANOINE  HONORAIRE À ANGERS,
à M. Rohault de Fleury.

«  16  octobre 1866.

« ... Je suis enfin en mesure de vous donner quelques détails sur la vraie croix & sur la sainte épine, qui se trouvent en l'église de Saint-Laud d'Angers :

« 1º Vraie croix.— Avant la révolution de 1793, cette relique était composée de quatre morceaux d'environ 7mm d'épaisseur, qui formaient par leur réunion une croix assez régulière. La tradition rapporte que trois de ces morceaux furent donnés au temps des croisades par des rois de Jérusalem, & le quatrième par un roi de Sicile.

« Quoi qu'il en soit de cette tradition, il est certain que Foulques V, roi de Jérusalem, envoya à Angers le morceau le plus important. Cette croix était connue par toute la France dès le temps de saint Louis; mais ce fut surtout sous le règne de Louis XI qu'elle devint célèbre. Différents traits de la vie de ce prince le prouvent avec évidence. C'était en effet sur cette précieuse relique qu'il faisait jurer les ducs de Bretagne, de Bourgogne, &c, &c, pour leur faire observer leurs serments. C'est pour cette cause qu'il la fit transporter plusieurs fois à Nantes, à Paris, &c, &c. Le chapitre de Saint-Laud en était le gardien, & son érection n'avait pas eu d'autre motif. Chaque année, au temps de la Passion & pendant les fêtes de Pâques, le concours prodigieux des fidèles attestait la vénération que les chrétiens avaient pour cette sainte relique. Plusieurs bulles des souverains pontifes, des lettres de plusieurs rois & des procès-verbaux dressés sur la demande de Louis XI font foi de nombreux miracles qui s'étaient opérés, soit en faveur de ceux qui priaient devant cette vraie croix, soit contre les parjures qui l'avaient prise à témoin de leurs serments; toutes les authentiques & les pièces rappelant les faits énoncés ci-dessus étaient renfermées avec la vraie croix elle-même dans un coffre. Au moment de la révolution, le coffre fut porté devant le comité révolutionnaire, & les objets qu'il renfermait furent dispersés. Viger, orfèvre d'Angers, défait lui-même la vraie croix devant le comité, & obtient d'en emporter deux morceaux pour sa tante & sa sœur. Ces saintes femmes confient ce précieux trésor, l'un à M. le curé de Saint-Joseph d'Angers, l'autre à M. le curé de Contigné (Maine-&-Loire). Les troubles finis, & la paix rendue à l'Église, ces deux morceaux furent remis entre les mains de Mgr Étienne-Alexandre Bernier, évêque d'Orléans, ancien curé de Saint-Laud. Ce prélat les soumit, avec le procès-verbal qui les accompagnait, au jugement & à l'examen de Mgr Joseph Spina, archevêque de Corinthe.

« Sa Grandeur en a reconnu l'authenticité par un écrit en date du 4 décembre 1801. Cependant, pour lever toute espèce de doute, Mgr Bernier fit diviser ces reliques de manière à en faire une croix, & il y fit ajouter une parcelle de la vraie croix de Rome. Après ces précautions, il la restitua à l'église de Saint-Laud. Enfin Mgr Charles Montault, évêque d'Angers, autorisa l'exposition publique de cette sainte relique le 2 mars 1804.

« Le 29 septembre 1843, elle fut transférée de son reliquaire d'argent dans un reliquaire en or par M. Joubert, grand vicaire de Mgr Guillaume-Laurent-Louis Angebault, évêque d'Angers. Des indulgences plénières ont été accordées par le cardinal Caprara, par induite des 28, 29 février 1804 & 15 avril 1807.— Le bâton de la croix est de 70mm de longueur & mm de largeur. Les bras sont séparés & ont 20mm chacun de longueur. Le pied est recouvert de soie rouge dans une longueur de 10mm; l'épaisseur ne paraît pas dépasser 3mm. Le tout paraît composé de plusieurs morceaux posés à la suite les uns des autres. Les uns sont plus grands, les autres plus petits.

« 2º Sainte épine. — Le 20 mars 1801, Mgr Joseph Spina avait aussi reconnu l'authenticité de la parcelle d'une sainte épine que possédait l'église de Saint-Laud. Mgr Charles Montault en autorisa l'exposition publique le 2 mai 1807. Des indulgences plénières ont été accordées par le cardinal Caprara le 15 avril 1807.

« Cette relique est très-belle; elle mesure 13mm en longueur & de mm à 1mm,5 de large. Son épaisseur est environ de 3mm. On dirait un fragment d’écorce  sur lequel deux nervures sont parfaitement visibles.

« Tous les documents que nous possédons sur ces saintes reliques se trouvent : 1º au presbytère de l'église Saint-Laud; 2º aux archives de la Société des sciences & arts d'Angers; 3º à la bibliothèque de la ville... »

Fin de cette pièce justificative.

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Message  Louis Mar 15 Déc 2020, 6:50 am



ARLES. — M. L’ABBÉ MOREL, ARCHIPRÊTRE DE SAINT-TROPHIME
à M. Rohault de Fleury.

« Arles, le 1er juin 1867.

« Monsieur, j'ai reçu avec le plus vif intérêt la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser & le dessin de la couronne d'épines de Notre-Seigneur. L'ouvrage que vous préparez ne peut manquer d'être accueilli avec le plus grand empressement, & je vous prie de vouloir bien me compter dès ce jour parmi vos souscripteurs.

« La gravure que vous désirez & que vous trouverez sous ce pli est d'une exactitude frappante; je regrette seulement qu'elle ait perdu sa fraîcheur. La précieuse relique qu'elle renferme n'est pas la seule que possède notre métropole. Le pape Clément XI l'avait enrichie de deux parcelles insignes d'environ 4 centimètres de long, disposées en croix & renfermées dans un bijou en cristal monté sur un pied de vermeil & entouré d'une dentelure or & argent du meilleur goût; l'ancien chapitre primatial conserve encore deux morceaux considérables de la vraie croix : l'un, d'environ 6 centimètres de long sur 1 centimètre de diamètre; il était incrusté dans la croix en vermeil du maître-autel; l'autre, conservé dans la sainte arche qui contenait le corps de saint Trophime, premier évêque d'Arles, & un grand nombre d'autres reliques ; les deux morceaux de la croix sauvés providentiellement avec toutes les preuves morales & matérielles m'ont été remis, & par moi à notre sainte église. Vous voyez donc, monsieur, combien nous sommes riches dans l'héritage que Jésus-Christ a laissé à son Église, & partant tout l'intérêt que nous devons attacher à votre précieux travail. »

Fin de cette pièce justificative.

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