Le centurion de Césarée : Qui est-il ?

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Message  Louis Lun 22 Juil 2019, 6:24 am

Le centurion de Césarée

I

Nous lisons au chapitre x des Actes des Apôtres : « Il y avait à Césarée un homme nommé Corneille, centurion d'une cohorte de la légion appelée Italique, religieux, et craignant Dieu ainsi que toute sa famille, faisant de grandes aumônes au peuple et priant Dieu sans cesse, et il vit manifestement dans une vision, environ vers la neuvième heure du jour, un ange de Dieu qui vint à lui, disant : « Corneille ! » Et Corneille le regardant, saisi de frayeur, lui dit : « Que voulez-vous, Seigneur? »

L'ange reprit : « Vos prières et vos aumônes sont montées en présence de Dieu, et il s'est souvenu de vous. Et maintenant, envoyez quelques-uns de vos serviteurs à Joppé, et faites venir un homme appelé Simon et surnommé Pierre. Il est chez un corroyeur nommé Simon, dont la maison est près de la mer, il vous dira ce qu'il faut que vous fassiez. »

II

« Et lorsque l'ange qui lui parlait se fut retiré, il appela deux de ses serviteurs et un soldat qui craignait Dieu, parmi ceux qui servaient sous lui. Et après leur avoir tout raconté, il les envoya à Joppé... Ayant trouvé saint Pierre, ils lui dirent : « Le centurion Corneille, homme juste et craignant Dieu, a reçu d'un saint ange l'ordre de vous appeler chez lui et d'écouter vos paroles. » Saint Pierre partit avec eux, et le jour suivant il arriva à Césarée. Corneille les attendait, avec ses parents et ses amis les plus intimes... et saint Pierre les baptisa. »


III

Le vertueux centurion est le premier gentil converti par les Apôtres. Par les Apôtres, car le prince éthiopien l'avait été par le diacre Philippe. C'est lui qui ouvre la voie glorieuse dans laquelle tant d'autres le suivront. Ce n'est ni saint Jean, ni saint André, ni aucun autre Apôtre que Dieu appelle à l'introduire dans l'Église. L'honneur en est réservé à Pierre.

C'est ainsi que, jusque dans les circonstances les plus petites en apparence, ,,,

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Message  Louis Mar 23 Juil 2019, 7:31 am

Le centurion de Césarée

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IV

C'est ainsi que, jusque dans les circonstances les plus petites en apparence, l'Évangile a soin de faire ressortir la suprématie de saint Pierre. Le premier, après Notre-Seigneur, il parle aux juifs ; le premier aux gentils. Pasteur de toute l'Église, sa mission était de réunir dans le même bercail les gentils et les juifs, qui tous ensemble devaient le reconnaître, le vénérer, l'écouter comme leur chef et leur père commun.

V

Le texte sacré rapporte en détail l'histoire du baptême du brave centurion; mais sur sa vie il garde un silence absolu. Est-il impossible de lever un coin du voile qui cache une  existence si glorieusement privilégiée ? Nous allons le demander à la tradition. Rappelons-nous d'abord que Dieu, quand il appelle à lui par des faveurs éclatantes, montre la grandeur de ses desseins sur ceux qui en sont l'objet. D'après ce principe, on est en droit de conclure que le centurion Corneille a dû tenir une place importante dans la primitive Église.

VI

Nous savons que Cornélius était un gentil craignant Dieu ; qu'il était un homme de guerre ; qu'il était en garnison à Césarée ; qu'il était centurion d'une cohorte romaine, et que cette cohorte s'appelait Italique. Ces données forment la base de son histoire.

VII

Cornélius était un gentil craignant Dieu, c'est-à-dire, suivant le langage des juifs, un prosélyte de la porte . Pendant le règne de la loi de Moïse, il y avait deux sortes de prosélytes : les prosélytes de la porte, proselyti portæ[/i], et les prosélytes de la justice, proselyti justitiæ

Les premiers étaient des gentils qui manifestaient le désir d'embrasser la religion juive, mais qui ne participaient ni à la circoncision, ni aux cérémonies, ni aux mystères de la loi. Ils s'obligeaient seulement à ne rien dire contre Moïse, et à ne rien faire contre les préceptes du Décalogue. Dans le temple de Jérusalem, un lieu particulier leur était réservé, qui s'appelait le parvis des Gentils.

Les seconds recevaient la circoncision, vivaient selon la loi de Moïse, et participaient aux cérémonies et aux mystères de Jérusalem. Deux choses les distinguaient des juifs d'origine, le nom de prosélytes et l'exclusion des charges publiques.

Au moment de sa conversion, Cornélius se trouvait à …

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Message  Louis Mer 24 Juil 2019, 6:50 am

Le Centurion de Césarée

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VIII

Au moment de sa conversion, Cornélius se trouvait à Césarée de Palestine. Bâtie en l'honneur d'Auguste, par Hérode Ier, sur l'emplacement de l'ancienne forteresse, appelée la tour de Straton, Césarée était une ville très importante, à une journée de chemin de Joppé, aujourd'hui Jaffa.

IX

Par sa situation sur le bord de la Méditerranée, elle était la clef de la Palestine. Aussi, les Romains en firent une place de premier ordre, dans laquelle ils entretenaient une nombreuse garnison. Convertie au christianisme, Césarée devint la métropole de la Palestine et eut le pas sur Jérusalem. Cette prééminence lui fut conservée jusqu'au milieu du VIe siècle. Au concile de Constantinople, en 553, le pape Vigile soumit l'église de Césarée à celle de Jérusalem, qu'il érigea en siège patriarcal. Aujourd'hui Césarée, tombée au pouvoir des Turcs, a perdu son importance et changé son nom en celui de Kaisarieh.

X

Quel était le grade de Cornélius? Sous les Césars, la légion romaine était partagée en dix cohortes de six cents fantassins et de soixante cavaliers. A son tour la cohorte se divisait en centuries ou compagnies de cent hommes.

Comme son nom l'indique, le centurion Cornélius commandait-il à cent hommes seulement, ou, comme on pourrait le conclure du texte évangélique, était-il le chef de toute la cohorte? C'est une question secondaire, à laquelle nous ne voulons pas nous arrêter. Dans le premier cas, le grade de Cornélius aurait répondu à celui de capitaine. Dans le second, à celui de colonel ou de chef de bataillon.

XI

Passant sur ce détail, arrivons au point capital de nos recherches:

* Qui était le centurion Corneille?
* quel était son pays ?
* et qu'est-il devenu après son baptême ?

Il est certain que Cornélius est un nom patronymique romain...


Dernière édition par Louis le Mer 31 Juil 2019, 7:28 am, édité 3 fois (Raison : Insertion de liens.)

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Message  Louis Jeu 25 Juil 2019, 7:14 am

Le centurion de Césarée

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XII

Il est certain que Cornélius est un nom patronymique romain. C'est le nom de la gens ou race Cornélie, la plus illustre de Rome. Nous l'avons dit dans notre Biographie du centurion du Calvaire.

XIII

De là un rapprochement qui est loin de déplaire. L'Enfant-Dieu avait appelé à son berceau les rois de l'Orient, comme prémices de la gentilité. Saint Pierre, son lieutenant, conduit à la foi, comme prémices de son apostolat parmi les gentils, un homme de l'Occident dont la race ne le cédait, ni en puissance, ni en gloire, à aucune dynastie royale.

De quel pays était l'homme privilégié de la Providence? La tradition la plus autorisée le fait naître en Espagne : Venons aux preuves. La cohorte dont faisait partie Cornélius s'appelait Italique : Centurio cohortis quæ dicitur italica. Quelle était cette cohorte et d'où venait-elle ? Il était d'usage que les cohortes, comme les légions, prissent le nom du pays où elles avaient été levées (1). Quelquefois leur bravoure, leurs exploits leur méritaient un surnom particulier : Ferrea, Pia, Fidelis. Ainsi, nous avons la Scythique, la Gauloise, la Germanique, etc.

XIV

Au temps dont nous parlons, plusieurs légions romaines servaient en Syrie. Tacite nomme la IIIe légion la Gauloise ; la IVe la Scythique ; la Ve la Macédonienne; la VIe la Ferrée ; la XIIe la Foudroyante; la XVe l'Apollinaire (2). Les médailles syriennes de la même époque sont d'accord avec Tacite.

Or, une des cohortes de la XVe légion s:appelait la cohorte Italique. Nous le savons avec certitude par l'inscription suivante : « A Lucius Maesius Rufus, fils de Lucius, de la tribu Pallia, procurateur d'Auguste, tribun militaire de la XVe légion l'Apollinaire, tribun de la cohorte militaire Italique, volontaire, qui est en Syrie, préfet des artisans pour la seconde fois (3) ».

On prétend que la cohorte Italique était la première delà légion. En cette qualité, elle avait la garde de l'aigle, était plus forte que les autres cohortes et marchait à leur tête.

Voici un document non moins précieux. Dion Cassius…
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(1)  Nec dubium ejus nationis illos fuisse milites ex qua cohors tota erat denominata... Erantque cohortium nomina sicut et legionum, quæ etiam denominatæ sæpe reperiuntur a provinciis, ex quibus milites delecti essect. Bar. an. 41, n. 3 ; Dio Cass., Hist., lib. V et lib. VI.
(2)  Annal., lib. XV, c. 6; Hist., lib. II, c. 74 ; lib. II, c. I; Akerman, dans les Annales de phil. chrét., 1850, p. 96 et suiv.
(3) Gruter, Corp. inscript., p. 434.

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Message  Louis Ven 26 Juil 2019, 7:00 am

Le Centurion de Césarée

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XV

Voici un document non moins précieux. Dion Cassius nous apprend que la VIe légion, la légion de fer ou la Ferrée, occupait la Judée (1). Cette légion est renommée dans l'histoire, pour sa bravoure et sa fidélité, et elle nous intéresse par le lieu où elle séjourna durant de longues années. Établie en Judée par Auguste, elle y resta jusqu'au règne de Néron, qui la fit partir pour la guerre d'Arménie. Au retour, elle reprit ses premières garnisons, elle les tint jusqu'au moment où Mutianus la conduisit en Italie contre Vitellius.

XVI

Ce n'est pas tout : Goltius rapporte une inscription qui appelle en propres ternies la VIe légion, legio Hispanica, légion espagnole (2). Ainsi nous avons, au témoignage des auteurs profanes, une cohorte appelée Italique et une légion appelée Espagnole, l'une et l'autre séjournent en Syrie et même en Palestine, au temps des Apôtres. Nous verrons bientôt combien sont précieuses ces indications.

En attendant, ce n'est pas sans une vraie jouissance qu'on voit la concordance de l'Évangile avec l'histoire profane. Une fois de plus, on prend en pitié les petits mécréants qui voudraient faire de Notre-Seigneur un mythe et des faits évangéliques des fables, sans rapport avec les faits de l'histoire générale.

XVII

Pour connaître la patrie de Cornélius, reste à trouver la signification du mot Italique. Veut-il dire d'Italie? quelques-uns le prétendent. Lucius Dexter et son très savant commentateur Bivarius, sont d'un avis contraire. Ils soutiennent que le mot italica veut dire d'Italique, ville d'Espagne. Tout porte à croire, qu'ils ont raison.

1° Le mot italicus veut si bien dire de la ville d'Italique, que…
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(1)   Sextae (Legiones) duæ, una in inferiori Britannia, Victrix ; altera in Judæa, Ferrata;  Hist. lib. LV, p. 494, édit. in-fol. Hambourg, 1752.
(2)  Thesaur. rer. antiq., p. 95.

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Message  Louis Sam 27 Juil 2019, 6:55 am

Le Centurion de Césarée

SUITE

XVIII

1° Le mot Italicus veut si bien dire de la ville d’Italique , que le célèbre poète Silius Italicus, qui fut consul sous Domitien, s'appelait Italicus , du nom de la ville d'Italique d'où il était originaire.

2° Que le mot Italicus s'emploie assez rarement dans le sens d'Italien, comme le prouvent de nombreux exemples ; les auteurs disent plus volontiers Italus.

3° Qu'il était d'usage de donner aux légions le numéro d'ordre qui correspondait à celui de la province romaine où elles avaient été levées, suivant Tite-Live (1) [ ?] ; la sixième province romaine était l'Espagne ultérieure, c'est-à-dire la partie de l'Espagne située au delà du Bétis ou Guadalquivir, Provincia sexta Hispaniæ ulterioris.

4° Que l'Espagne ultérieure était, en Europe, la province la plus éloignée du centre de l'empire. Or, nous savons encore par Tite-Live (2), que les légions étaient d'ordinaire envoyées à une distance de Rome qui correspondait à la distance même de la province où elles avaient été recrutées. Ainsi les légions Gauloise, Espagnole, Germanique, étaient choisies de préférence pour servir aux extrémités de l'empire, c'est-à-dire en Orient. C'est encore ainsi que la XVIe cohorte, la Séquanaise, servait en Cappadoce.

5° Que la question est tranchée par ce fait que la VIe légion, présente en Judée, s'appelait l'Espagnole.

Si les détails précédents ne nous donnent pas encore le sens précis du mot Italique , ils nous aident puissamment à le trouver…
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(1) Hist., lib. LIII.
(2) Ibid.

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Message  Louis Dim 28 Juil 2019, 6:43 am

Le Centurion de Césarée

SUITE

XIX

Si les détails précédents ne nous donnent pas encore le sens précis du mot Italique , ils nous aident puissamment à le trouver. En effet, dans l'Espagne ultérieure, patrie de la VIe légion, se trouvait une ville célèbre, fondée par Scipion l'Africain, et nommée Italica (1). C'est aujourd'hui Séville la Vieille, Sevilla Vieja. Devenue fameuse entre toutes les villes de la péninsule Ibérique, Italica donna le jour à deux empereurs, Trajan et Adrien, et au consul Silius Italicus.

XX

La cohorte nommée Italique, dont Cornélius était le centurion, avait donc été levée dans cette ville, composée tout entière, chefs et soldats, comme c'était l'usage, d'habitants de la même ville; et, par cette raison, Cornélius avait eu la même ville pour berceau. « Ce n'est pas, dit Baronius, de la légion dont elle faisait partie, mais du pays où elle avait été recrutée, que la cohorte Italique tirait son nom (2). »

Son nom romain ne fait pas objection. D'une part, comme…
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(1)  Plin., Hist,,]ïb. III, c. 37 ; Ptolem. Geograph., lib. II, c. 4.
(2) Non a Legione, sed a natione inditum est cohorti nomen, ut Italica diceretur. An. XLI, n. 3.

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Message  Louis Lun 29 Juil 2019, 6:39 am

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SUITE

XXI

Son nom romain ne fait pas objection. D'une part, comme nous l'avons dit ailleurs, la ville d'Italica avait été fondée par Scipion, qui était lui aussi de la gens Cornelia. Serait-il étonnant que des membres de la même famille fussent venus s'établir dans une cité qui devait son origine à un de leurs ancêtres, ou qu'ils y résidassent en qualité de fonctionnaires ? Pour jouir de la considération publique, peut-être pour avancer leur fortune, pouvaient-ils être mieux placés? D'autre part, nous savons qu'il y avait des Cornélius en Espagne. Sénèque cite, comme son contemporain, un célèbre orateur espagnol du nom de Cornélius (1).

XXII

Une chose, d'ailleurs, est certaine; il y avait alors en Palestine de nombreux soldats espagnols, comme le prouve la présence de la VIe légion. A cette légion, ou à la cohorte d'Italica, appartenaient peut-être ces étrangers, qui demandèrent à l'apôtre saint Philippe de voir Notre-Seigneur : car on tient qu'ils étaient Espagnols. Ne serait-ce pas également à la sollicitation des Espagnols, présents en Judée, que l'apôtre saint Jacques partit comme un trait, et, sans s'arrêter nulle part, se rendit directement en Espagne?

XXIII

D'ailleurs il n'y avait pas alors en Judée que des Espagnols et des soldats espagnols : Hérode Ier avait pour gardes du corps une compagnie de Gaulois. Tous ces faits et d'autres encore s'expliquent sans difficulté et s'admettent de même. En ce temps-là, au rapport d'Eusèbe, la Palestine se remplissait de multitudes innombrables, venues des contrées les plus éloignées du globe, pour voir les choses prodigieuses qui s'y accomplissaient.

Enfin, saint Jérôme nous semble confirmer nettement ce qui vient d'être dit sur la patrie de Cornélius…
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(1) Onomast. rom. Litt., C, p. 279.

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Message  Louis Mar 30 Juil 2019, 7:11 am

Le Centurion de Césarée

SUITE

XXIV

Enfin, saint Jérôme nous semble confirmer nettement ce qui vient d'être dit sur la patrie de Cornélius. Répondant à Lucinius, originaire de l'Espagne ultérieure, et y résidant : « C'est vraiment en vous, lui dit-il, et dans le Cornélius, le centurion de la cohorte Italique, que se sont vérifiées ces paroles du Seigneur : « Beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident et reposeront dans le sein d'Abraham. » Le centurion Cornélius préfigurait la foi de mon cher Lucinius (1). »

Mais en quoi la préfigurait-il ? était-ce seulement par sa fidélité à la Grâce? Le texte de saint Jérôme dit bien plus que cela. C'était surtout parce que, originaire du même pays que Lucinius, il était venu à l'Évangile des extrémités de l'Occident. Si on adoptait un autre sens, les paroles de saint Jérôme manqueraient d'exactitude, puisqu'au moment de sa conversion, le centurion Corneille n'était ni aux extrémités de l'Orient, ni aux extrémités de l'Occident, mais à Césarée, non loin de Jérusalem.

Le but des recherches auxquelles nous venons de nous livrer, n'est pas seulement de faire connaître le centurion, de Césarée, mais encore d'autoriser la tradition concernant les deux autres centurions (1) nommés dans l'Évangile.

Lucius Dexter fixe à l'an 40 de Notre-Seigneur le baptême de Cornélius…
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(1) Vere nunc in te (o Lucini Boetice). Sermo Dominicus completus est : Multi ab Oriente et Occidente venient, et recumbent in sinu Abrahæ. Cornelius Centurio cohortis Italicae, jam tunc Lucinii mei prœfigurabat fidem. Apostolus Paulus scribens ad Romanos : Cum, inquit, in Hispaniam proficisci cœpero, spero quoi praeteriens videam vos, et a vobis deducar illuc. Tantis fluctibus approbavit, quid de illa provincia quaereret. T, 1, Epist. ad Lucin. Boet.

(1) Note de Louis : celui de Capharnaüm et celui du Calvaire.

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Message  Louis Mer 31 Juil 2019, 7:27 am

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SUITE

XXV

Lucius Dexter fixe à l'an 40 de Notre-Seigneur le baptême de Cornélius, Baronius à l'année suivante. La raison qu'il en donne est que pendant l'année 40, saint Pierre fut occupé à Lydda (1) où il guérit Énée le paralytique; puis, à Joppé (2), où il ressuscita la bonne Tabitha , et où il demeura de longs jours avant de revenir à Césarée. Aux yeux mêmes de Baronius, cette raison n'est pas décisive (3).

XXVI

Quoi qu'il en soit, après son baptême, Cornélius quitta l'état militaire et devint le disciple bien-aimé du prince des Apôtres, qui l'ordonna évêque de Césarée. Soit pour donner un éclat nouveau à la conversion de l'illustre néophyte, soit pour montrer par un fait public la substitution de la gentilité à la synagogue, saint Pierre créa Césarée métropole de la Palestine, avec prééminence sur Jérusalem.

XXVII

Cependant, aux jours de l'Église naissante, les évêques étalent, comme les Apôtres, des missionnaires. On les voit assez souvent passer d'une province à une autre, pour courir à de nouvelles conquêtes; il serait étonnant que le digne évêque de Césarée, Romain et soldat, n'eût pas donné un semblable exemple. Aussi la tradition nous le montre tour à tour en Phénicie, en Chypre, à Antioche. Éphèse même le reçut.

Là, ayant rencontré Timothée, il apprit que la ville de Scepsis, dans la Mysie (1) était plus que toute autre adonné au culte de Jupiter et d'Apollon, Cornélius se décida à aller attaquer le démon dans sa forteresse. Sans perdre un instant il part pour Scepsis. Le gouverneur de cette ville était Démétrius, espèce de philosophe rationaliste qui ne croyait à rien, sinon à l'obligation de haïr la vérité.

Apprenant l'arrivée de Cornélius, il le fait aussitôt appeler et lui demande…
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(1) Aujourd'hui Loddo.
(2)  Aujourd'hui Jaffa.
(3) An. 40, n. 18.

(1) Contrée de l'Asie Mineure, appelée aujourd'hui Kavassi, comptait parmi ses villes Scepsis, qui existe encore, et où furent, dit-on, retrouvés les ouvrages d'Aristote longtemps perdus.


Dernière édition par Louis le Jeu 15 Aoû 2019, 6:50 am, édité 1 fois (Raison : Ajout de 2 liens.)

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Message  Louis Jeu 01 Aoû 2019, 7:22 am

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SUITE

XXVIII

Apprenant l'arrivée de Cornélius, il le fait aussitôt appeler et lui demande qui il est, d'où il vient et pourquoi il vient ? Avec une franchise toute militaire, Cornélius lui répond : « Je suis le serviteur du Dieu vivant, et je viens pour vous tirer des profondes ténèbres dans lesquelles vous êtes enseveli, et faire luire à vos yeux la lumière de la vérité. »

Ne comprenant rien à ce langage, Démétrius lui dit : « Je te demande une chose et tu m'en réponds une autre ! Par tous les dieux, si tu ne me dis pas en détail quels sont tes desseins et qui t'envoie, tu le payeras de ta tête! »

XXIX

« Je suis centurion, lui répond Cornélius; et après lui avoir raconté son histoire il ajoute : Ayant appris que vous étiez, vous, votre femme et tous vos administrés dans les ténèbres de l'idolâtrie, je suis venu pour vous faire connaître le vrai Dieu.

— Tu radotes, lui dit Démétrius, et j'aurai pitié de toi. Trêve de tes billevesées, et commence par sacrifier aux dieux.

—  A quels dieux? demanda Cornélius.

—  A quels autres, dit Démétrius, si ce n'est Jupiter et Apollon. Si tu refuses, tu seras traité comme un sacrilège ; et nous verrons s'il y a un autre Dieu qui puisse te délivrer de mes mains.

—  Oui, il y en a un qui non seulement peut me délivrer de vos mains, mais réduire vos dieux en poussière et faire évanouir la confiance que vous mettez en eux.

—  Je t'ai déjà juré, si tu ne sacrifies pas aux dieux, de te livrer aux supplices, et tu ne me crois pas!

—  Démétrius, écoutez-moi ; je ne sacrifie pas à des dieux sourds et muets; car il est écrit : Ta adoreras un seul Dieu et tu le serviras lui seul ; au reste, montrez-moi vos dieux. »

XXX

Démétrius prend cette demande pour une disposition à sacrifier. « Qu'on ouvre, dit-il, le temple de Jupiter et d'Apollon, et qu'on y conduise cet étranger. » Le bruit de ce qui va passer se répand dans la ville et le peuple en foule accourt au temple, précédé de Démétrius, de sa femme Eventia et de son fils Démétrius.

Arrivé dans le temple, Cornélius, suivant la coutume des chrétiens, se tourne vers l'Orient et fait cette prière :

« O Dieu qui faites trembler la terre ; qui bouleversez les profondeurs de la mer; qui, au temps de David, avez détruit le temple de Bel, tué le dragon et enchaîné les lions, renversez ce temple et brisez toutes les idoles, afin que ce peuple connaisse la puissance de votre bras ! »

Sa prière finie, Cornélius sort du temple, dont les colonnes…

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Message  Louis Ven 02 Aoû 2019, 7:12 am

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SUITE

XXXI

Sa prière finie, Cornélius sort du temple, dont les colonnes s'agitent sur leurs bases ; des craquements se font entendre : chacun s'empresse de fuir. Le temple s'écroule et les idoles sont brisées en mille pièces. Sous les ruines demeurent ensevelis la femme et le fils du gouverneur.

Plein de colère, Démétrius fait arrêter le thaumaturge. Le vieux capitaine ne s'effraye pas pour si peu. D'un pas ferme il s'avance vers le gouverneur, et lui dit en souriant : « Où sont maintenant vos grands dieux? — C'est par tes secrets magiques, que tu as détruit notre temple et brisé les statues de nos dieux ; mais tu me le payeras cher! » Puis, se tournant vers les soldats de sa garde : « Qu'on le conduise en prison; qu'on le suspende par les pieds et par les mains liés ensemble, et qu'on le laisse dans cette position pendant toute la nuit! » L'ordre est exécuté sur-le-champ.

XXXII

Cependant un domestique de Démétrius, nommé Téléphon, arrive hors de lui-même, et lui dit : « Ma maîtresse et votre-fils ont péri dans les ruines du temple. » Démétrius ne se connaît plus; il accuse ses dieux d'impuissance; leur reproche de s'être laissés vaincre par un étranger; et, enfin ordonne de chercher au plus vite sous les décombres le corps de sa femme et de son fis.

A la nouvelle de ce malheur, les principaux habitants de la ville accourent chez le gouverneur pour le consoler. Le palais en était rempli, lorsque le prêtre des idoles, chargé de présider au déblayement, vînt dire aux domestiques de Démétrius : « On entend de dessous les décombres la voix d'Eventia et de son fils, qui crient : « Grand est le Dieu des chrétiens qui nous a sauvés de ce péril, à la prière de son serviteur ! Démétrius, Démétrius, adorez-le avec nous et avec toute notre famille ; et dites à son serviteur de venir nous délivrer. »

XXXIII

Ivre de joie, le gouverneur court à la prison. Cornélius se présente à lui, délivré de ses liens par les anges, comme saint Pierre l'avait été, se promenant et louant Dieu. Démétrius tomba à ses genoux en s'écriant : « Il est grand le Dieu de Cornélius, qui a sauvé ma femme et mon fils dans les ruines du temple ! Serviteur du plus puissant des Dieux, nous croirons au Crucifié que tu prêches, moi et tous ceux qui sont avec moi, si tu viens retirer vivants mon fils et ma femme, des décombres sous lesquelles ils sont ensevelis. »

La proposition est acceptée. Debout parmi les ruines…

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Message  Louis Sam 03 Aoû 2019, 7:38 am

Le Centurion de Césarée

SUITE

XXXIV

La proposition est acceptée. Debout parmi les ruines du temple, Cornélius fait à haute voix, en présence de la multitude, cette belle prière : « Seigneur, Dieu des vertus, dont un regard ébranle la terre, fond les montagnes et dessèche les abîmes de la mer, exaucez les gémissements des enchaînés, et retirez de la terre Eventia et son fils, pour la gloire de votre nom. »

XXXV

Aussitôt les décombres s'entrouvrent et laissent sortir pleins de vie la femme et le fils du gouverneur. De leurs lèvres s'échappe aussitôt ce cri répété par tout le peuple : « Il est grand le Dieu des chrétiens, qui nous a délivrés de la mort par son serviteur Cornélius ! » Sur-le-champ deux cent sept personnes demandèrent le baptême, elles furent imitées par le gouverneur, sa femme, son fils, et la ville entière.

XXXVI

On regrette que l'histoire n'ait pas conservé d'autres traits de la vie du brave centurion ; car tout porte à croire qu'elle fut digne de sa miraculeuse vocation. Quoi qu'il en soit, après cette éclatante conversion, le vénérable évêque revint à Césarée, où il mourut le 2 du mois de février, jour auquel l'Église latine célèbre sa fête. En quelle année? nous ne le savons pas.

XXXVII

Ce que nous savons, c'est que la maison de Cornélius fut changée en église, et devint peut-être sa cathédrale. Cette vénérable église, berceau de la gentilité, existait encore à la fin du IVe siècle, ainsi que d'autres monuments du premier âge de la foi. Racontant son voyage avec saint Paul : « Le lendemain, dit saint Luc, nous vinmes à Césarée, et entrant dans la maison de Philippe, un des sept diacres, nous logeâmes chez lui. Il avait quatre filles vierges, toutes prophétesses (2). »

Sur quoi saint Jérôme, décrivant l'itinéraire de sainte Paule, de Rome à Jérusalem, nous dit que la petite-fille des Scipions, par conséquent la parente du centurion Cornélius, débarqua à Césarée et visita la maison de Cornélius devenue une église ; la demeure du diacre Philippe et les chambres de ses quatre filles », et ailleurs : « les quatre filles furent les prémices des vierges parmi les gentils, afin que Césarée, berceau de la foi des nations, devint aussi le premier parterre de la virginité chrétienne (1). »

La plupart des intéressants détails qu'on vient de lire se trouvent dans…
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(1)  Martyrol. Rom. et Annotat. (?)
(2)  Act. Ap., c. XXI, 8, 9.
(1) Adr. Jorin, lib. 1.

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Message  Louis Dim 04 Aoû 2019, 6:26 am

Le Centurion de Césarée

SUITE

XXXVIII

La plupart des intéressants détails qu'on vient de lire se trouvent dans la Grande Vie des Saints de Surius, l'ami intime du pape saint Pie V, qui l'avait en affection et en estime particulière, à cause de sa science et de sa vertu. A son tour, Surius traduit souvent Métaphraste. Comme les hypercritiques se sont acharnés à dénigrer ce grand homme, qu'on peut appeler le Bollandiste de l'Orient, c'est pour nous un devoir d'opposer à leurs négations injustifiées l'autorité d'un savant de premier ordre, et célèbre apologiste de la Religion, le vénérable cardinal Bellarmin.

XXXIX

Né à Constantinople, au IXe siècle, d'une illustre famille, et élevé par son mérite aux plus hautes charges de l'empire, Siméon Métaphraste joignait à l'ardeur de l'étude la sainteté de la vie. A la prière de l'empereur Léon le Philosophe, il écrivit les Vies des Saints, tirées des anciens monuments : il fit en Orient ce que, par ordre de Louis XIII, Dussausay fit plus tard en Occident. Ministre de l'empereur et écrivant par ses ordres, il est indubitable que toutes les archives lui furent ouvertes et que même on dut s'empresser de lui fournir tous les documents désirables.

XL

Ces documents durent être très précieux et très nombreux. Pour deux raisons : la première, à cause du grand nombre de monastères qui se trouvaient dans les différentes provinces de l'empire : la seconde, parce que l'Orient est par excellence le pays de la tradition. Ainsi, d'une part, personne ne fut jamais aussi bien placé que Métaphraste pour connaître les monuments religieux de l'Église orientale; et, d'autre part, la science et la sainteté de Métaphraste répondent que ces monuments furent consciencieusement étudiés. Si, dans sa collection, il se rencontre des erreurs de détail, quel est l'ouvrage de longue haleine qui en soit exempt ?

« Métaphraste, dit Bellarmin…

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Message  Louis Lun 05 Aoû 2019, 5:56 am

Le Centurion de Césarée

XLI

« Métaphraste, dit Bellarmin, a écrit les Vies des Saints et les Conversions des païens, en si grand nombre qu'elles paraissent incroyables; de même beaucoup de miracles arrivés à la chute des temples et des idoles dont il n'est fait aucune mention dans les anciens historiens ; mais il a pu trouver, dans les bibliothèques qu'il a fouillées, des manuscrits fidèles, dont il s'est servi pour mettre au jour des choses auparavant inconnues. Il ne faut donc pas accuser facilement de fausseté un si grand et si saint homme (1). »

XLII

L'histoire merveilleuse du centurion Cornélius nous montre qu'il y avait parmi les païens des hommes craignant Dieu  et qui remplissaient leurs devoirs envers lui aussi bien que le permettait la mesure de grâces et de lumières dont ils étaient favorisés. Ainsi, le salut n'a jamais été impossible à personne et nul ne sera damné que par sa faute. Nous croyons même que, en général, les peuples païens valaient mieux que les prétendus grands hommes qu'on nous fait admirer. Ce n'est pas contre le pauvre peuple, mais contre les savants païens, les philosophes païens, que saint Paul lance les terribles accusations qu'on lit au chapitre Ier de l'Épître aux Romains.
_____________________________________________________________________________________

(1) Metaphrastes scripsit Vitas Sanctorum et coaversiones paganorum cum tanto numero ut incrcdibites videantur; denique miracula plurima in eversione templorum et idolorum, quorum mentio nulla est apud veteres historicos. Sed habere potuit ex Bibliothecis quas perscrutatus est, naanuscripta fldelia rerum autea occultarum, quibus usus fuerit : unde non facile tantus et tam sanctus vir falstiatis insimulari debet. De Scriptor, Eccles. lib. I.

Voir : Mamachi, Origin. et Antiquit. christ., t. I, lib. I, c. I, p. 78, in-4°, Rome, 1749; Onomast. Rom. litt. C. p. 253; Cor. a Lap. in Act. Ap. c. X, I, ; Bar., an. 41, n. 3; Dio Cass. Hist. lib. 5 et 55 ; Tacit. Annal. lib. XV, c. 6; hist. lib. 2. c. 74; et lib. 8. c. I; Akermau, dans les Annales de phil. chrét.., 1850, p. 96 et suiv.; Onuphr. Panvin., Rei public. Rom. Commentar. imper. Rom., p. 170 et 179; Galtius, Thesaur. Rer. antiq., p. 95; Litt. Cohort. 6; Titus Liv. Hist. lib. 35 et 53; Plin., Hist. lib. III, c. 4; Ptolem., Geograph., lib. II, c. 4; Bivarius, in Chroni. L. Dexter., an. 34, 40, etc. S. Hierony., t.1., Epist. ad Lucinium ; Surius, Vit. SS., 13 septemb.; Martyrol. Rom., 2 februar., cum adnotat. ; Petrus de Natalib. episc. Equil., Catalog. SS., lib. 3, p. 43; S. Hierony., Adv. Jovin., lib. I; Bellarm. De Scriptor. Eccl. lib. I, etc., etc.
FIN.

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