Le Centurion de Capharnaüm : Qui est-il ?

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Message  Louis Sam 13 Juil - 11:18

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Centurion de Capharnaüm

I

« Lorsque Jésus fut entré à Capharnaüm, un centurion s'approcha de lui, le priant et disant : Seigneur, mon serviteur, qui est paralytique et couché dans la maison, souffre beaucoup. Jésus lui dit : Je viendrai, et je le guérirai. Et le centurion répondit : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison ; mais dites seulement à votre parole, et mon serviteur sera guéri. Car moi aussi je suis un homme soumis à l'autorité d'un autre; j'ai sous moi des soldats, et je dis à celui ci : Va, et il va ; et à un autre : Viens, et il vient ; et à mon serviteur: Fais cela, et il le fait. Jésus, l'entendant, admira, et dit à ceux qui le suivaient : En vérité, je vous le dis, je n'ai point trouvé une si grande foi en Israël. Jésus dit au centurion : Allez, qu'il vous soit fait comme vous avez cru. Et le serviteur fut guéri à cette heure même (1). »

II

L'Évangile ne fait pas de littérature, il ne vise pas à l'effet. Cependant il peint avec une perfection inimitable les scènes qu'il décrit. Après dix-huit siècles on ne lit pas l'histoire de la Passion, on la voit, on l'entend, on y assiste. Il en est ainsi de la conversion de la Samaritaine, de la guérison de l'aveugle-né, et en particulier du fait qui nous occupe aujourd’hui.

On voit le brave capitaine de Capharnaüm s'avancer sans embarras comme sans prétention, simple et respectueux dans sa demande. On l'admire à cause de sa foi. On l'aime à cause de sa bonté pour son serviteur, à cause de son humilité et de la franchise toute militaire de son langage. Si on l'aime, sans le connaître autrement que par son grade et par sa bienveillante démarche, que serait-ce si on savait qui il était, comment il se trouvait à Capharnaüm, d'où il venait et ce qu'il est devenu après l'insigne faveur dont il fut l'objet ?

III

Avant que nous essayions de le dire, deux remarques se présentent. La première sur les centurions romains. Sept sont nommés dans le Nouveau Testament, et tous montrent le plus beau caractère.

Le premier est le centurion de Capharnaüm ; le second, le centurion du Calvaire qui proclame la divinité de Noire-Seigneur, en face de ses bourreaux ; le troisième, le centurion de Césarée qui fut le premier gentil converti par les apôtres; le quatrième, le centurion de Jérusalem qui délivra saint Paul de la flagellation, en avertissant le tribun Lysias qu'il était citoyen romain; le cinquième, cet autre centurion de Jérusalem qui sauva saint Paul de la mort, en conduisant au même tribun le neveu du grand Apôtre, chargé de révéler le complot des Juifs contre son oncle; le sixième, un autre centurion de Césarée, qui, préposé à la garde de saint Paul, lui laissait toute liberté compatible avec sa consigne, sans empêcher aucun des amis de saint Paul de le visiter et de lui rendre toute sorte de services; le septième est le centurion Julius qui conduisit saint Paul à Rome et eut pour lui les plus grands égards.

Comme l'âme des lettrés de Jérusalem, scribes et pharisiens, ou celle des sophistes modernes, l'âme de ces officiers…
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(1) Matth., VIII, 5-13.

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Message  Louis Dim 14 Juil - 11:07

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IV

Comme l'âme des lettrés de Jérusalem, scribes et pharisiens, ou celle des sophistes modernes, l'âme de ces officiers romains n'est ni imbibée de fiel, ni cuirassée de sophismes. Braves, ils ne craignent pas de s'opposer à d'injustes violences; humains, loin d'aggraver les ordres qui leur sont donnés, ils les adoucissent par la manière dont ils les exécutent; avec leur bon sens militaire, ils comprennent qu'il n'y a pas à raisonner contre les miracles, et ils se rendent à l'évidence : ce caractère héréditaire du soldat est, nous n'hésitons pas à le dire, une des gloires de l'humanité. Puisse le prêtre, cet autre soldat, reprendre sa place naturelle auprès de ses compagnons d'armes, et la loyauté, soutenue par la loi, nous rendra ces guerriers chrétiens, dont les anciens types brilleront dans l'histoire d'un éclat immortel !

V

La seconde remarque a pour objet les paroles de Notre-Seigneur sur le centenier. Le digne officier a mérité le plus magnifique éloge que jamais oreille humaine ait entendu. « De tant de milliers d'hommes qui respirent sur le globe, sans excepter le peuple des croyants, lui dit le Fils de Dieu, vous êtes celui qui avez le plus de foi. » Heureux centurion, que je voudrais vous ressembler !

« A part saint Jean-Baptiste et la sainte Vierge, continue saint Jean Chrysostome, le centurion de Capharnaüm a plus de foi que tous les autres.
Il a plus de foi qu'André qui crut, mais sur la parole miraculeuse de Jean-Baptiste disant: Voici l'Agneau de Dieu.
Plus de foi que Pierre qui crut sur la parole d'André lui disant ; Nous avons trouvé le Messie.
Plus de foi que Philippe qui crut en lisant les Écritures.
Plus de foi que Nathanaël qui crut seulement après avoir vu un miracle.
Plus de foi que Jaïre qui ne dit pas : Un mot suffit pour guérir ma fille; mais : Venez la guérir.
Plus de foi que Nicodème qui exprime un doute au sujet du baptême en disant : Comment cela peut-il se faire?
Plus de foi que les sœurs de Lazare qui disent : Seigneur, si vous aviez été ici, notre frère ne serait pas mort. »

VI

Cette supériorité de foi dans le centenier se manifeste par la manière dont il s'exprime. Avec de savants commentateurs, nous croyons que ces mots : Dic tantum verbo et sanabitur puer meus, qu'on traduit ordinairement : Dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri, ont un sens plus profond et plus beau. Elles doivent se rendre ainsi ; Dites seulement à votre parole et mon serviteur sera guéri. Sans prendre la peine de venir vous-même dans ma maison, commandez à votre parole d'y aller. Elle vous obéira et portera la santé à mon serviteur.

Ce sens auquel ne répugne ni le texte latin ni le texte grec semble évidemment avoir été dans l'esprit du centurion, comme le prouve ce qu'il ajoute de la docilité de ses soldats à accomplir ses ordres. Vous qui êtes tout-puissant, votre, parole vous obéira bien mieux encore que mes soldats ne m'obéissent. Au seul son de ma voix ils vont et viennent partout où je veux. A plus forte raison votre parole ira, quelle que soit la distance, exécuter les ordres que vous daignerez, lui donner.

L'admirable parole que nous venons de rapporter fut dite à Capharnaüm…

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Message  Louis Lun 15 Juil - 10:57

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VII

L'admirable parole que nous venons de rapporter fut dite à Capharnaüm. On le sait, Capharnaüm devint la patrie adoptive du Sauveur et comme le centre de ses missions. Cette ville, si souvent nommée dans l'Évangile, était située à l'extrême frontière de la Galilée, du côté de la Phénicie, vers l'embouchure du Jourdain, sur le bord occidental du lac de Tibériade et dans la tribu de Nephtali.

Par sa position avantageuse, elle devint le centre du commerce de toute la Palestine et la première ville de Galilée. Ses richesses, son luxe, sa dépravation lui attirèrent les justes anathèmes de Notre-Seigneur. Une ruine complète lui fut annoncée, et cette ruine a eu lieu. Un amas de misérables huttes habitées par quelques pauvres pêcheurs, telle est aujourd'hui l'opulente Capharnaüm. Ainsi de Tyr, ainsi de Babylone, ainsi de Ninive et de toutes les cités sur lesquelles est tombé l'onus du Seigneur, comme dit l'Écriture, c'est-à-dire le poids de la colère divine. Qui a des oreilles pour entendre, entende.

VIII

Revenons au centurion. Un homme qui par sa foi est l'Abraham de l’Évangile a dû, comme l'antique Père des croyants, être appelé à quelque chose de grand pour la gloire de Dieu : admettre le contraire nous paraît difficile. Mais à quoi fut-il appelé? Le texte sacré ne le dit pas. Reste la tradition. Pour nous, elle est plus clairement que partout ailleurs consignée dans la chronique de Flavius Dexter, dont nous allons montrer l'autorité.

IX

Disons d'abord que dans cette biographie, comme dans quelques autres, nous la suivons de préférence à celle de Métaphraste et de ceux qui l'ont copié. Ce n'est pas, à Dieu ne plaise, que nous accusions d'ignorance le savant hagiographe de l'Orient, dont Bellarmin fait un si grand éloge; mais écrivant en Orient et en grec, à la cour de Constantinople, il a pu ne pas connaître la chronique de Dexter écrite en Occident et en latin. D'ailleurs, pour la biographie du centenier du Calvaire en particulier, la tradition dont Métaphraste est l'organe nous semble, sur plusieurs points, peu consistante avec elle-même, par conséquent moins sûre que celle de Dexter.

Suivant des témoignages nombreux et autorisés, Flavius Lucius Dexter, Espagnol d'origine, était…

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Message  Louis Mar 16 Juil - 10:14

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X

Suivant des témoignages nombreux et autorisés, Flavius Lucius Dexter, Espagnol d'origine, était contemporain de saint Jérôme et d'Orose, avec qui il entretenait un commerce de lettres. Jeune encore, il fut nommé préfet du prétoire. En cette qualité, il eut sous la main les archives des provinces de l'empire, en particulier les registres militaires qui contenaient les noms, les mouvements, les garnisons, les faits et gestes des légions. Grand amateur d'histoire et très ardent au travail, nous savons, par saint Jérôme, qu'il avait composé une chronique universelle, omnimodam historiam texuisse.

XI


Dès le septième siècle, cette chronique était très connue en Espagne ; elle fut même continuée par Maxime, archevêque de Saragosse, de l'an 468 à 644. A la suite des guerres des Barbares et des Sarrasins, cette chronique avait disparu comme bien d'autres ouvrages. Retrouvée en manuscrit dans l'abbaye de Fulde, elle fut copiée par le Père Jésuite Torialba et publiée en 1619. Tous les savants espagnols : cardinaux, évêques, religieux et laïques, l'accueillirent avec bonheur. Entre leurs mains étaient revenus les titres authentiques de leurs anciennes traditions.

XII

Découverte sous le règne de la critique de réaction, l'œuvre de Dexter fut attaquée, comme l'ont été les Ouvrages de saint Denis l'Aréopagite, les monuments de l'apostolat de Lazare, de saint Lin et tant d'autres. Les biographies modernes et les érudits de seconde main répètent ces mêmes attaques sans se donner la peine d'en rechercher la valeur. Vint enfin l'heure de la vérité. Au commencement du dix-septième siècle la chronique de Dexter fut, à notre avis, victorieusement vengée par le savant Père Bivar, qui l'a enrichie d'un précieux commentaire, et qui en a démontré l'authenticité par une masse de témoignages. A son autorité s'ajoute celle de Sponde, illustre continuateur de Baronius.

Or, voici ce que nous apprend cette précieuse chronique touchant le centurion de Capharnaüm…

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Message  Louis Mer 17 Juil - 10:52

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XIII

Or, voici ce que nous apprend cette précieuse chronique touchant le centurion de Capharnaüm.

XIV

Le centurion de Capharnaüm s'appelait Caïus Cornelius. Il  était né en Espagne, était marié et avait un fils qui fut le centurion du Calvaire. Caïus Cornélius sont des noms romains et tout ce qu'il y a de plus romain. Pour qui connaît tant soit peu la nomenclature  romaine, il est certain que Caïus est un prénom, et Cornelius un nom patronymique ou de famille. C'est le nom de la race ou gens Cornelia, la plus célèbre de toute l'histoire romaine  (1).

De la souche primitive sortirent plus de douze familles nombreuses et illustres : les Cossus, les Arvina, les Scipions, les Rufus, les Sylla, les Pienna, les Lentulus, les Cethegus, les Cinna. Par honneur pour cette maison, une des trente-cinq tribus du peuple romain s'appelait la tribu Cornelia. On sait qu'à l'exception de toutes les autres, la famille Cornelia conserva l'antique usage d'enterrer les morts, au lieu de les brûler. Sylla fut le premier qui, par crainte, dérogea à cet usage. A quelle branche appartenait le noble centurion de Capharnaüm ? on l''ignore.  Ce qu'on n'ignore pas, c'est qu'il sortait de la souche commune, la grande maison Cornelia, unique dans l'histoire romaine.
   
XV

Caïus Cornélius étant des noms romains, comment se trouvent-ils portés par un homme originaire d'Espagne ? La réponse n'est pas difficile. On sait que les Romains s'établissaient volontiers et en grand nombre dans les provinces tributaires de la république, soit pour les habiter comme propriétaires, soit pour les gouverner comme magistrats, souvent même à ce double titre.

Nous savons en particulier qu'il y avait des Cornelius en Espagne. Scipion l'Africain, qui était de la gens Cornelia, avait fondé dans ce pays la ville d'Italique. Serait-il étonnant que ses fils ou des membres de sa famille se fussent établis dans une ville fondée par leur père ou par leur parent? Pour jouir de la considération publique, peut-être pour avancer leur fortune, pouvaient-ils être mieux placés? Enfin Sénèque nous dit en propres termes qu'il y avait des Cornelius en Espagne. Il cite un célèbre orateur espagnol du nom de Cornelius.

XVI

Comment notre centurion se trouvait-il en Judée et même à Capharnaüm ? L'histoire profane, éclaircissant l'histoire évangélique, va résoudre la question. Par l'organe de Dion Cassius, elle nous apprend qu'au temps de Notre-Seigneur plusieurs légions romaines occupaient la province de Syrie et la sixième, appelée la légion de fer, servait dans la Judée proprement dite (1).

Or, cette sixième légion employée en Judée avait été levée en Espagne. De là vient que dans les inscriptions elle est appelée Legio hispanica. Sa bravoure et sa fidélité lui firent donner le surnom de Légion de fer, Legio ferrata. Etablie en Judée par Auguste, elle y séjourna pendant tout le règne de Tibère, et jusqu'à celui de Néron. Cet empereur la fit partir pour la guerre d'Arménie. Au retour elle reprit ses premières garnisons, elle les tint jusqu'au temps où Mutianus la conduisit en Italie contre Vitellius.

Envoyés pour maintenir l'ordre dans le pays, les six mille hommes dont se composait la légion n'étaient pas…
____________________________________________________________________________

(1) Nullam inter romanas gentes latius sparsam invenies atque Corneliam, cujus plures quam duodecim populosæ familiæ numerantur, omnes patriciæ dignitatis, honoribus et imperiis illustres. Onomasticon Roman., litt. C, p. 253.

(1) Sextæ legiones duæ : una in inferiori Britannia Victrix; altera in Judæa, [i]Ferrata. Hist.[i] lib. LV, p. 794, édit. in-fol. Hambourg, 1752.

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Message  Louis Jeu 18 Juil - 10:54

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XVII

Envoyés pour maintenir l'ordre dans le pays, les six mille hommes dont se composait la légion n'étaient pas tous réunis dans une seule ville. Comme les choses se pratiquent encore de nos jours, ils occupaient les différentes villes ou forteresses du territoire, par détachements plus ou moins considérables. Ainsi, nous voyons un centurion à Capharnaüm, un tribun et un centurion à Jérusalem. Pour les raisons qui précèdent, et pour celles que nous développerons dans la biographie du centurion de Césarée, il nous semblerait illogique de ne pas conclure que le centurion de Capharnaüm était Espagnol. De plus, nous avons à cet égard l'affirmation positive de Flavius Dexter : « Le centurion de Capharnaüm, natif de Malaga, dont Notre-Seigneur guérit le serviteur, était Espagnol, et jeta un grand éclat dans sa patrie (1). »

XVIII

L'histoire confirme le récit de Dexter en donnant deux raisons de la présence des soldats européens dans les provinces de l'Orient. La première, c'était la règle d'envoyer les légions dans les lieux les plus éloignés des pays où elles avaient été levées. La seconde, relative aux Gaulois et aux Espagnols, c'était la bravoure et la fidélité éprouvées des soldats de ces deux nations. Ainsi, Hérode Ier, le plus soupçonneux et le plus inquiet des tyrans, s'était donné pour garde non des orientaux, mais des Thraces, des Germains et des Gaulois. Quant aux Espagnols, leur réputation militaire était faite depuis les exploits de Numance et de Sagonte. Pas de troupes plus solides et plus fidèles (1).

Aussi, après la conquête, les empereurs romains les choisirent pour garder les principales provinces de l'empire…
___________________________________________________________________________

(1) Caius Cornelius centurio Capharnaumensis, dominus servi quem Dominus sanavit... hispanus... Malacitanus... mire floret in Hispania. Chron., an. 34 et 52.

(1) Cantaber ante omnes hyemisque  æstusque famisque
Invictus, palmamque exomni ferre  labore.

Sil. Ital., lib. III.

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Message  Louis Ven 19 Juil - 10:26

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XIX

Aussi, après la conquête, les empereurs romains les choisirent pour garder les principales provinces de l'empire, telles que l'Égypte, la Syrie, l'Arabie. A l'époque dont nous parlons, nulle province n'était plus turbulente, plus agitée par l'esprit de révolte que la Judée. Les troupes espagnoles y étaient à leur place. Les Césars leur donnaient une autre marque de confiance. Vingt-cinq ans avant Notre-Seigneur, Auguste choisit pour ses gardes du corps des soldats espagnols. Galba fit la même chose. Sous Pertinax les cohortes prétoriennes étaient presque entièrement composées d'Espagnols.

XX

Son temps de service étant écoulé, le digne centurion de Capharnaüm rentra en Espagne, durant la persécution qui suivit la mort de saint Étienne, à laquelle il avait assisté. Son nom, sa position sociale, son noble caractère et surtout le miracle éclatant qu'il avait obtenu, suivi d'un éloge plus éclatant encore, lui concilièrent l'estime et la vénération de ses compatriotes. II vit arriver avec bonheur le grand apôtre de l'Espagne, saint Jacques le Majeur. De sa main il reçut le baptême l'an 34 de Notre-Seigneur ; il retourna ensuite en Orient, d'où il revint avec saint Pierre; puis il accompagna saint Paul en Espagne, où il prêcha la foi qu'il avait si noblement professée. Tels sont les quelques détails que nous avons pu recueillir sur le centurion de Capharnaüm. Au reste, pour le rendre illustre, deux choses suffisent : l'éloge du Sauveur et la gloire d'avoir eu pour fils, dans le centurion du Calvaire, un digne héritier de la foi paternelle (1).
__________________________________________________________________________________________________

(1) Voir: Adrichomius, Descrip. veridic. Terra Sanctæ, tit. Gallilæa;L. Dexter, Chronic., an. 34, 52 ; Bivarius, ibid., Heleca, in Additionib.ad Dextrum; Nonnius in, Hispania, ch.  LXXXI ; Notitia provinciarum ; Morales, lib. X,  C.XXXIII; S. Chrystos. opus imperf. in Matth., homil. XXII, opp., t. VII, p. 839, édit. 1837 ; Onomasticon Roman., litt. C, p. 279 ; Goltzius, Thesaurus rei antiq., p. 95; Onuph. Panvinius, Reipub.  Rom. commentar., Imper, Rom., p. 170-179, etc.

FIN.

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