AVEC DIEU TOUJOURS

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Message  Roger Boivin Ven 03 Juil 2009, 12:09 am

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CHAPITRE XIII


PLUS PRES DE DIEU PAR L'ACCOMPLISSEMENT DU DEVOIR




Quodcumque facitis ex animo operamini sicut Domino et non hominibus, scientes quod a Domino accipietis retributionem : Quoi que vous fassiez, faites-le de bon coeur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur la récompense ( Col., III, 23 ).


Aimons la vie plus que ses à-côtés.


C'est un défaut très commun parmi les hommes que de chercher le bonheur dans les à-côtés de la vie au lieu de les voir dans la vie même. La plupart des mortels ne savent point apprécier les biens qu'ils possèdent et ne les estiment que lorsqu'ils en sont privés et dans la mesure où ils le sont.

La vraie sagesse consiste à reconnaître et à aimer les biens que la Providence nous accorde, à les utiliser avec action de grâces sans jamais en abuser.

quand nous disons « les biens », nous entendons par là tout ce qui peut contribuer à notre bonheur et à notre vraie grandeur.

Or, parmi ces biens, il en est un qui occupe dans notre vie une place primordiale et auquel beaucoup d'hommes sont loin d'attacher l'importance qu'il mérite. Ce bien précieux entre tous, c'est l'accomplissement du devoir.
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Message  Roger Boivin Ven 03 Juil 2009, 6:55 pm

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Primauté du devoir.


Le devoir ! Mot dur, austère, énervant pour un trop grand nombre d'hommes auxquels il paraît synonyme de corvée, de pénitence, de douleur.

Pour le vrai chrétien, au contraire, c'est un des mots les plus doux, les plus reposants, les plus mélodieux qui soient, synonyme de grandeur, de liberté, de noblesse vraie, de bon plaisir divin, de vie pour Dieu et selon Dieu.




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Ce que nous entendons par le devoir.


Mais avant d'aller plus loin, prévenons nos lecteurs que si le devoir s'entend de tout ce que nous sommes tenus de faire ou d'éviter, tant à l'égard de Dieu qu'à l'égard du prochain et de nous-mêmes, nous viserons ici principalement ce qu'on appelle communément les devoirs d'état et, plus spécialement encore, la tâche quotidienne qui, chez tant de personnes, prend la plus grande partie de la journée.

Ce devoir sera donc, pour une mère de famille, l'éducation de ses enfants et le soin de son ménage; pour un père, la préparation de l'avenir des siens et la besogne journalière qui doit l'assurer, le soin des entreprises dont il est chargé pour le bien de ses semblables; pour les enfants, c'est la fidélité à la tâche qui leur est imposée par l'obéissance ou par leur situation. Pour tous, enfin, c'est le travail, matériel ou intellectuel, que l'autorité - ou la Providence, ce qui est tout un - leur assigne à l'instant présent.
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Message  Roger Boivin Ven 03 Juil 2009, 8:12 pm

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Besognes nobles et tâches vulgaires.


Aux yeux du monde, on le sait, le devoir paraît plus ou moins noble, plus ou moins utile, selon son objet ; le monde distingue non seulement les arts libéraux et les arts mécaniques, mais aussi les professions nobles et les métiers vulgaires.

Ces distinctions, certes, ne sont pas tant sans fondement; il est des professions socialement plus utiles, plus sublimes par leur but, et qui, mieux que d'autres, tendent au bien de l'humanité.

Ces professions sont plus nobles en elles-mêmes, et il est bon de tenir un compte raisonnable de cette différence dans le choix d'une carrière. Mais cette différence est toute théorique et n'atteint nullement les personnes qui exercent ces professions; car elle peuvent, elles, être vraiment nobles de coeur dans une profession réputée commune et vile, comme elles peuvent être vulgaires et communes dans une profession noble et sainte.

Aussi, le choix d'une carrière une fois fait et la vie orientée dans un sens donné, il s'agit, en général, de la prendre telle qu'elle s'impose désormais et d'en remplir fidèlement les obligations spéciales, les devoirs propres.

Or, ces devoirs, par le seul fait qu'ils sont des devoirs, c'est-à-dire des tâches voulues par Dieu, acquièrent aux yeux du chrétien un caractère sacré qui les rend infiniment nobles et sanctifiants.
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Message  Roger Boivin Ven 03 Juil 2009, 10:35 pm

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Tout devoir est chose noble.


La volonté divine confère une dignité sublime, qui les assimile aux actes mêmes de la religion, bien qu'ils ne puissent tenir lieu de ceux-ci, ni en dispenser, sauf en de rares cas.

Et de fait, qu'est-ce qu'un acte de religion ? C'est un acte ayant pour but d'honorer la Divinité, de reconnaître son domaine sur nous, de nous la rendre propice, de nous obtenir le pardon de nos fautes ou les faveurs du ciel.

Or, l'accomplissement fidèle du devoir, dans des sentiments qui conviennent à une âme chrétienne, revêt tous les caractères d'un acte de religion : il est voulu par Dieu, il est fait en conformité avec les desseins de la Providence, il est un acte d'obéissance au décrets du ciel, il a, par là même, pour effet de glorifier Dieu, d'incliner vers nous son coeur et de nous attirer sa miséricorde et ses bienfaits.

Il va sans dire que, pour obtenir pleinement ces heureux effets, il est nécessaire que l'âme considère le devoir sous un aspect surnaturel, c'est-à-dire comme l'accomplissement de la volonté du Père, et qu'elle ait l'intention de le remplir de son mieux ce noble but.
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Message  Roger Boivin Ven 03 Juil 2009, 10:56 pm

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Rien de plus saint.


Moyennant ces saintes dispositions, l'accomplissement du devoir le plus modeste devient la chose la plus sainte et la plus grande qui soit, et c'est à peine si l'on peut encore faire une distinction entre les actions les plus sublimes et les besognes les plus vulgaires.

Le grand prêtre offrant le sacrifice au Très-Haut dans le temple de Jérusalem accomplissait un acte incontestablement saint; et cependant Marie vaquant aux humbles soins de son ménage et Joseph travaillant à son établi étaient sans doute plus grands devant Dieu que le grand prêtre.

Pourquoi ? Parce que Marie et Joseph accomplissaient, tout comme le grand prêtre, la besogne que Dieu leur demandait, mais qu'ils s'y livraient avec un amour plus ardent et une intention plus pure.

Vérité frappante et que nous ne saurions trop mettre en relief : de même que l'ouvrier fait l'oeuvre de son maître et l'enfant l'oeuvre de son père quand ils obéissent aux ordres reçus, ainsi faisons-nous l'oeuvre de dieu en accomplissant notre devoir.

L'oeuvre de Dieu ! Donc une oeuvre divine !

Eh ! oui, car nous collaborons avec notre Père du ciel à l'ordre du monde.
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Message  Roger Boivin Sam 04 Juil 2009, 7:13 pm

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Ni de plus consolant.


Oeuvre sainte, oeuvre grande entre toutes, le devoir est aussi, et par le fait même, une oeuvre consolante et une source de bonheur.

Quelle joie pour l'âme pieuse de penser que la besogne qu'elle accomplit plaît au Père qu'elle aime, et que Dieu la contemple d'un regard de complaisance !

Pour le pauvre ouvrier qui se voit humainement inférieur à la plus part de ses semblables, quelle consolation de penser que, s'il est fidèle à la loi du devoir, cette infériorité n'existe nullement devant Dieu, devant ce Dieu qui doit être un jour notre juge et le réparateur de toutes les injustices !

Pour la mère de famille, pour l'humble ménagère toute absorbée par des soins vulgaires, et qui vit oubliée dans son modeste logis, quel sujet d'allégresse de songer que, devant le bon Dieu, elle ne le cède en rien aux privilégiés du monde et même à ceux du cloître, pourvu qu'elle remplisse avec ferveur et fidélité la tâche que sa situation lui impose et qui, par le fait même, est voulue par le ciel !
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Message  Roger Boivin Sam 04 Juil 2009, 7:21 pm

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CHAPITRE XIV


PLUS PRES DE DIEU PAR LA CONFORMITE AU VOULOIR DIVIN




Non omnis qui dicit mihi : Domine, Domine, intrahit in regnum coelorum, sed qui fecerit voluntatem Patris mei : Ce ne sont pas tous ceux qui disent « Seigneur, seigneur », qui entreront dans le royaume des cieux, mais celui qui accomplit la volonté de mon Père ( Matth., VII, 21 ).


La condition de toute grandeur.


Ce que nous venons de dire de la fidélité au devoir n'est qu'un aspect particulier d'une loi plus générale, qui veut que notre volonté se conforme en tout et partout à la sainte volonté de Dieu.

Il n'est évidemment rien au monde qui l'emporte en perfection sur cette volonté divine, car en Dieu la volonté se confond avec son essence, et dire que la volonté divine l'emporte sur toute chose en perfection, c'est dire que Dieu est plus parfait que ses oeuvres, ce qui est l'évidence même.

En réalité, nul acte n'a de valeur que dans la mesure où il est voulu par Dieu, ou du moins dans la mesure où l'âme le croit voulu par Dieu.

D'où vient, en effet, que la prière, les sacrements, la divine Eucharistie, l'Incarnation du Verbe sont des choses particulièrement saintes, sinon parce qu'elles sont, à un titre spécial, voulues par Dieu, comme des moyens particulièrement efficaces de nous rapprocher de Lui et de nous unir à Lui ?

Jésus lui-même, quand il nous donne les raisons de son anéantissement dans l'Incarnation, affirme qu'il est venu tout simplement afin de faire la volonté du Père qui l'envoyait.

Ce motif de la volonté divine était, en réalité, celui qu'il présentait comme justification et fin de tous ses actes : de sa venue en ce monde, ainsi que nous venons de le voir; de sa prédication ( où il ne disait que ce que son Père voulait qu'il dise ); de ses souffrances ( au jardin des Oliviers, il les accepte en disant : « Que votre volonté se fasse » ); et saint Paul nous explique que si le Christ a été glorifié, c'est pour son obéissance à la volonté du Père : « Il s'est fait obéissant jusqu'à la mort, et c'est pourquoi Dieu l'a exalté » ( Phil., II, 9 ).

Notre idéal doit être d'imiter notre divin Modèle, sutout sur ce point capital et vraiment central de sa sainte vie.
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Message  Roger Boivin Dim 05 Juil 2009, 4:04 pm

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Elle divinise nos actions.


L'intention D'accomplir la volonté de Dieu conférera à nos moindres actes une valeur pour ainsi dire infinie, car cette intention les revêt en quelque sorte d'un caractère sacré, divin.

Si je vous posait cette question : « Qu'est-ce qui vaut mieux, qu'est-ce qui est plus méritoire, de faire une visite au saint-Sacrement ou de laver la vaisselle ? » C'est évidemment de visiter Notre-Seigneur ! » Mais ne vous pressez point de parler ainsi; cette réponse ne serait vraie que si vous aviez toute liberté de faire l'une ou l'autre de ces deux actions. Pour peu que l'obéissance, le devoir d'état ou les convenances vous commandent le lavage de la vaisselle, cette besogne est voulue par Dieu et devient pour vous plus sainte et plus méritoire qu'une visite à l'église, puisque celle-ci ne vous est point demandée en ce moment et que le devoir ou les convenances l'excluent.

Si donc nous tenons à être de vrais chrétiens, notre première ambition sera de faire en tout la sainte volonté de Dieu.
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Message  Roger Boivin Dim 05 Juil 2009, 8:39 pm

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Où la trouvons-nous ?
Dans le devoir, le conseil, l'inévitable.



Mais cette volonté, qui donne tant de prix aux moindres choses, où et quand pouvons-nous l'accomplir ? Comment se manifeste-t-elle à nous ?

Elle se manifeste principalement sous trois formes : celle du devoir, celle du conseil, celle de l'inévitable.


Celle du devoir. Nous en avons déjà parlé. le devoir embrasse à la fois les commandements de Dieu, les obligations de notre état, nos engagements et dettes sociales. tout cela, habituons-nous à le voir sous le jour aimable et lumineux de la très sainte volonté de Dieu.

Sous le nom de
conseil, nous groupons les actes qui, sans être strictement commandés et obligatoires, nous sont recommandés comme moyens de perfection ou comme convenances sociales : l'amabilité envers le prochain, la serviabilité, la participation aux oeuvres d'apostolat, de charité, de préservation; tout travail, enfin, qui contribue à écarter le mal, la misère, la laideur et à établir plus de bien, de joie saine, de beauté dans la vie du prochain et dans la nôtre.


Dernière édition par Roger le Dim 05 Juil 2009, 8:44 pm, édité 1 fois
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Message  Roger Boivin Dim 05 Juil 2009, 8:40 pm

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L'inévitable et la souffrance.


J'ajoute que l'inévitable aussi est une des formes de la volonté divine.

On l'a dit, l'inévitable est divin.

Or, le domaine de l'inévitable est fort étendu, aussi étendu que celui de la souffrance involontaire et que les lois inéluctables de la vie et de la nature.

Le froid et la chaleur, la maladie et la mort, les accidents et les revers qu'on n'a pu prévenir, la faiblesse et l'impuissance en face d'un ennui, les humiliations imméritées, les insuccès et les déceptions, autant de choses où nous devons savoir envisager la volonté de Dieu.

Et qu'on ne dise pas : « C'est ma faute, je l'ai mérité. Au fond, c'est moi qui l'ai voulu. Dieu ne le voulait peut-être pas. »

Il est possible que Dieu ne voulût pas ce qui a occasionné votre souffrance, et que vous en ayez été l'artisan par vos fautes ou vos répugnances. Mais il ne s'agit pas de juger le passé; il s'agit du présent.
Cette souffrance qui survient, peu importe quelle en a été la cause, Dieu la veut-il, oui ou non ?

Il la veut assurément, ou du moins il la permet puisque vous ne pouvez plus l'éviter.

Dès lors, quelle doit être votre attitude ?

Celle de la résignation à la sainte volonté du Ciel, qui vous offre là l'occasion d'expier, de vous purifier, de vous sanctifier. Vous êtes du nombre de ceux dont l'Ecriture dit : « Beatus vir qui suffert tentationem ( Jac., I, 12 ) : Heureux l'homme que l'épreuve atteint, car après avoir été approuvé il recevra la couronne de vie. »

Notre conformité à la volonté de Dieu peut s'étendre plus loin encore qu'à la souffrance sous toutes ses formes.

Elle peut avantageusement prendre la forme de l'admiration et de la louange pour l'ordonnance et l'harmonie du monde, pour les lois qui régissent la nature, les corps et les âmes.
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Message  Roger Boivin Lun 06 Juil 2009, 7:42 pm

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Comment y faire face ?


Mais remarquez que la conformité à la sainte volonté de Dieu n'exige nullement que nous subissions sans réagir toutes les souffrances qui nous atteignent ou nous menacent.

Nous avons parfaitement le droit, et souvent le devoir, d'écarter la douleur et de favoriser le bien-être dans la mesure du possible.

L'horreur de la souffrance est un sentiment providentiel, qu'il est légitime de suivre quand il ne lèse pas les droits de Dieu ou du prochain.

Jésus n'a jamais condamné ceux qui cherchaient la guérison de leurs maux. Il secondait même leurs désirs par ses miracles. Lui-même d'ailleurs, en présence des tourments de sa Passion, a prié son Père d'éloigner ce calice.

Nous pouvons donc sans péché, et même sans imperfection, nous efforcer d'écarter la souffrance de notre vie, nous pouvons chercher le mieux-être, à moins que notre vocation ne nous commande l'austorité. La tendance au bien, au beau, au mieux est un sentiment providentiel, lui aussi, qui ajoute en nous un complément à l'horreur de la souffrance et qui nous permet de collaborer avec le Créateur à l'ordre du monde.
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Message  Roger Boivin Lun 06 Juil 2009, 10:10 pm

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Profitons des occasions innombrables.


On devine, par ce que nous venons de dire, combien sont nombreuses les occasions de conformer notre volonté à celle de Dieu, et combien notre vie peut s'enrichir chaque jour grâce à la sainte habitude de voir partout les marques de cette volonté adorable.

Dans les champs comme à la ville, dans la pauvreté comme dans l'abondance, dans le monde comme dans le cloître, partout l'âme de bonne volonté peut témoigner ainsi son amour pour notre Père du ciel en conformant sa volonté à la sienne, en acceptant les intempéries des saisons, les contrariétés inévitables, les conséquences fâcheuses de ses actes, en observant, pour en louer Dieu, les sages lois qui régissent le monde matériel, le monde intellectuel, le monde moral.

C'est l'attitude louable et touchante de l'enfant aimant qui, plein de confiance en son père, se soumet librement à son vouloir et, le sachant très sage, admet sans récrimination toutes ses volontés et jusqu'à ses moindres désirs.

Chers lecteurs y pensez-vous assez ?
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Message  Roger Boivin Mar 07 Juil 2009, 1:26 pm

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CHAPITRE XV


PLUS PRES DE DIEU MEME PAR LES SOINS D'HYGIENE ET DE SANTE PHYSIQUE




Sivemanducatis, sive bibitis, sive aliud, quid facitis, omnia in gloriam Dei facite : Soit que vous mangiez, soit qie vous buviez ou que vous fassiez n'importe quoi, agissez toujours pour la gloire de Dieu ( Cor., X, 31 ).


La prière divinise toute la vie.


« Toute choses, dit saint Paul, contribuent au bien de ceux qui aiment Dieu ( Rom., VIII 27. ). » Le vrai chrétien, l'homme religieux et raisonnable sait orienter vers Dieu et rendre saintes et nobles les actions les plus vulgaires, celles même qui lui sont communes avec les êtres sans raison. Humble et simple, il ne s'élance pas d'abord vers les plus hautes cimes de la spiritualité. Tout en aspirant à un idéal grandiose, qui est de glorifier son Créateur, il vit dans la réalité qui s'impose d'abord à lui, et cette réalité lui sert de piedestal pour s'élever vers le ciel.

Sur ces actions les plus communes, celles qui se représentent chaque jour, il reporte volontiers tous les soins.

Nous voudrions, en ce chapitre, appeler l'attention du lecteur sur une série particulière d'actes journaliers, pour montrer les liens qui les rattachent à la volonté divine et à l'ordre de la providence, afin de l'inciter à les accomplir dans des vues de plus en plus hautes et plus chrétiennes.

Nous voulons parler du soin de la santé et, en général, de tout ce que nous faisons en vue du bien de notre corps.
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Message  Roger Boivin Mer 08 Juil 2009, 5:40 pm

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Le soin du corps est-il légitime ?


Et tout d'abord, avons-nous le droit de prendre soin de notre corps ? N'est-ce pas un désordre, chez un chrétien, une chrétienne, que de chercher à développer ses forces physiques, à consolider sa santé, à donner à sa personne la grâce et le maintien qui plaisent ?

Non, cela n'est point un désordre - au contraire - pourvu qu'on reste dans de justes limites et qu'on agisse dans une intention droite.

L'homme, en effet, a le droit d'user de sa raison pour embellir le monde qui l'entoure, pour multiplier les fleurs et les autres charmes de la nature, pour orner sa demeure des choses qui le réjouissent; en le faisant, il cède à un instinct inné qui répond à un dessein de Dieu, il collabore en quelque sorte à l'oeuvre divine en faisant mieux valoir les êtres sortis des mains du Très-Haut, il répare dans une certaine mesure le désordre introduit dans le monde par le péché. Or, s'il lui est permis, s'il est même louable d'embellir et d'améliorer le monde matériel qui l'entoure, pourquoi n'en serait-il pas de même, à fortiori, de ce petit monde intime qu'est sa propre personne ?

Le corps humain est un des chefs-d'oeuvre de Dieu, une merveille où éclate son ineffable sagesse : les études que les savants en ont faites sont des hymnes magnifiques à la gloire du Tout-Puissant. De quel droit dédaignerions-nous ce que Dieu entoure de ses soins, ce qui est un don de sa libéralité infinie ?

De plus, le corps est la demeure et l'instrument de l'âme; si nous avons le devoir d'aimer notre âme, comment n'aurions-nous pas le droit de lui offrir une demeure belle et digne d'elle, et le devoir de lui fournir, dans la mesure où cela dépend de nous, un instrument énergique et docile ? Deux choses qui supposent un soin raisonnable de notre santé.

Enfin et surtout, ce corps, au témoignage de l'Ecriture ( Cor., VI, 19. ) et de la raison, est le temple de Dieu; or, s'il est louable d'orner et d'enrichir les temples bâtis de nos mains parce que le Fils de Dieu y habite, comment pourrait-on nous faire un reproche d'entretenir en nous, par respect pour l'être divin qui y réside, une vie pleine et abondante, image - et, très souvent, condition indispensable - de la vie de l'âme ? Comment ne serait-il pas licite et louable d'apporter à sa mise et à sa toilette non pas certes une coquetterie inspirée par la vanité, mais une certaine grâce modeste et sans affectation qui mette mieux en relief l'oeuvre du Créateur et fasse disparaître les tristes conséquences du péché en nous ?

Poser ces questions, n'est-ce pas les résoudre ?
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Message  Roger Boivin Mer 08 Juil 2009, 7:41 pm

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Oui c'est même un devoir.


Mais il y a plus : le soin de la santé, un entretient raisonnable du corps est non seulement chose permise, c'est un devoir. Et voici pourquoi.

C'est un devoir non seulement de ne pas se donner directement ou indirectement la mort, mais aussi de prendre les mesures voulues pour être à même d'accomplir exactement les obligations de notre charge et de notre condition. Or, on sait qu'à cet effet une santé parfaite est généralement indispensable.

C'est un devoir de ne pas mettre d'entraves à la pratique de la charité, de la patience, de la justice envers le prochain. Or, qui ne sait que chez beaucoup d'hommes l'exercice de ces vertus est rendu difficile, pour ne pas dire d'avantage, quand la santé est délabrée ?

C'est un devoir de n'être pas à charge à autrui et de ne point attrister sa vie par notre faute. Or, on sait tous les ennuis, les inquiétudes, les dérangements qu'entraînent la maladie dans le cercle où nous vivons : d'où l'obligation d'éviter ce qui peut nous y exposer.

C'est un devoir, aussi, de ménager toutes nos ressources physiques et morales pour exercer autour de nous une influence utile et bienfaisante, surtout si, en qualité de parents, de chefs ou de tuteurs, nous avons charge d'âmes; or, on sait qu'à de rares exceptions près l'homme est sensiblement amoindri pour le bien dès que sa santé laisse à désirer.

Mais à quoi bon insister davantage ? Ce que nous venons de dire suffit pour faire comprendre que, pour le vrai chrétien, le soin raisonnable du corps et de la santé apparaît non seulement comme un devoir, mais comme une oeuvre sainte. Pour lui, ce soin n'est plus, comme pour le mondain vaniteux et viveur, le geste de l'animal qui se rue sur sa pâture, qui lisse son poil ou fait la roue; c'est le geste de l'enfant attentif au désir de son père et qui, en tout, veut mettre ses actes et sa personne en harmonie avec ce désir qu'il aime et respecte.
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Message  Roger Boivin Mer 08 Juil 2009, 10:14 pm

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Une objection : Et les saints ?

Qu'on ne nous objecte point la conduite de ces saints qui ont non seulement « réduit en servitude », mais l'on affaibli, exténué, torturé, martyrisé. En le traitant avec cette rigueur, ils poursuivaient un but louable entre tous ; la libération de leur âme. Tout homme doit maintenir en soi cette souveraineté, même au prix des austorités s'il n'a pas d'autre moyen d'obéir à la voix de sa conscience. Quant à ceux qui ont, comme à plaisir, réduit leur corps à la maladie, ils ne sont pas nombreux, et c'est leur intention de plaire à Dieu qui fut leur excuse et leur justification. Il est évident que l'homme a toujours le droit, et même le devoir, de sacrifier un bien inférieur, comme celui du corps, à un bien supérieur, comme celui de l'âme, dans la mesure où ce sacrifice lui apparait comme nécessaire.

Ce que nous venons de dire explique et justifie largement la conduite de nos Papes qui encouragent et bénissent les sociétés de gymnastique, celle d'un cardinal Mercier et de tant d'autres prélats qui favorisent de toutes manières les exercices physiques et les sports destinés à fortifier le corps des jeunes gens.

Mens sana in corpore sano, cet idéal des Romains de l'ancien temps est aussi un idéal chrétien parce qu'il est un idéal divin : l'homme n'est dans son état normal que s'il possède à la fois la santé du corps et celle de l'âme, ou s'il s'efforce de la recouvrer quand il l'a perdue.
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Message  Roger Boivin Jeu 09 Juil 2009, 7:19 pm

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Quelques règles pratiques.


Ces principes posés, il nous reste à tracer rapidement quelques règles pour la vie pratique.

Comme on orne un sanctuaire et qu'on veille avec soin à la conservation d'un instrument précieux, ainsi devons-nous entretenir dans notre corps santé, vigueur et beauté, parce que ce corps, malgré toutes ses inclinations mauvaises, est le temple de Dieu et l'instrument de notre âme.

Mais n'oublions jamais qu'il n'est qu'un temple, et non le Dieu qui l'habite; qu'il n'est qu'un instrument, et non un maître à qui l'âme doive obéissance; que, s'il faut en avoir un soin raisonnable, il n'est pas permis de le flatter, de le dorloter, de lâcher les rênes à tous ses appétits.

Le soin de la santé physique doit s'harmoniser avec celui de la santé morale et lui être subordonné. Aussi est-ce un devoir non seulement d'éviter tout excès qui nuirait à l'organisme, comme l'intempérance, le vice, le surmenage, mais encore de pratiquer la mortification afin de maintenir le corps sous la dépendance de l'âme
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Message  Roger Boivin Ven 10 Juil 2009, 12:22 pm

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Bienfait de la mortification.

Et qu'on ne s'effraie pas de ce mot : la mortification : car la mortification est souvent la première condition d'une bonne santé; quand celle-ci s'altère, il n'est pas rare que ce soit par le fait d'une négligence ou d'un abus qui s'explique par un manque de mortification. La première des mortification doit consister à être raisonnable et modéré en tout, et chacune des conditions suivantes, qui sont nécessaires pour bien se porter, suppose toute une série d'actes ou d'abstentions qui ne se réalisent qu'au prix d'une mortification.

Pour bien se porter, en effet, il faut être propre : mais la propreté suppose bien des actes qui n'offrent pour la plus part des hommes qu'un attrait fort relatif et qu'on accomplit pas sans effort;
c'est si vrai que Lacordaire appelait la propreté une demi-vertu, et nous ne craignons pas de dire qu'elle devient une vertu véritable dès qu'on la pratique dans l'esprit que le présent article s'efforce d'inculquer à ses lecteurs : excellente mortification.

Pour se bien porter, on doit fortifier son corps et le rendre résistant; or, n'est-il pas plus naturel à l'homme de fuir l'effort et tout ce qui coûte que de se l'imposer comme un moyen conforme aux desseins de la Providence ? Un peu de mortification y aiderait puissamment.

Pour bien se porter, il faut rendre le corps souple et agile afin de lui permettre de travailler vite et bien et de faire face honorablement à toutes les situations où l'on peut se trouver. Or, qui ne voit que pour en arriver là il faut s'imposer bien des efforts, bien des exercices souvent gênants et fastidieux. Les hommes de sport nous donnent sur ce point d'énergiques leçons.

Pour se bien porter, il faut se priver de ce qui fait tort et qui, parfois, offre des attraits puissants pour la sensualité; il faut se modérer dans le boire et le manger; il faut être réglé dans ses habitudes; toutes choses qui supposent une contrainte au moins relative imposée à la nature, une mortification de nos désirs ou de nos goûts.

Bref, pour se bien porter et accomplir, sous ce rapport aussi, la volonté divine, il faut se faire violence en bien des choses, ce qui est conforme aux enseignements de l'ascétique chrétienne. Et, ce qui nous paraît digne de remarque, c'est que la force physique et la force morale s'alimentent à la même source : la mortification bien entendue.

Aussi faut-il applaudir de tout coeur ces parents et ces maîtres chrétiens qui mettent au premier rang des pénitences - après celles qu'imposent la religion et le devoir - celles qui consistent à s'astreindre, en vue de Dieu, aux règles de l'hygiène, de la propreté et de l'endurence physique.

Bref, respectons l'oeuvre de Dieu non seulement autour de nous, mais en nous. Dieu fait éclater sa puissance, sa bonté, sa sagesse dans notre corps; il ne nous est pas défendu de mettre ses dons en relief, pourvu que ce soit dans les limites du bon sens, de la modestie, de la tempérance. Entretenons avec dignité le temple divin dont nous avons la garde, embellissons-le même, mais gardons-nous de lui sacrifier les droits de l'âme ou ceux de Dieu et du prochain. Pénétrons-nous de ces pensées, et ces soins vulgaires deviendront des moyens de plaire à Dieu, des occasions de nous rapprocher de Lui.
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Message  Roger Boivin Ven 10 Juil 2009, 7:59 pm

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PRIERE


Puisque mon activité est si étroitement mêlée à la vôtre, ô mon Dieu, et qu'en tout ce que je fais votre part d'action est infiniment supérieure à la mienne, ne permettez pas que je profane jamais votre divine collaboration par une conduite indigne de vous et surtout par le péché.

Puissé-je, au contraire, avoir à coeur de sanctifier toutes mes actions en les accomplissant de telle sorte qu'elles vous plaisent et vous honorent, ô mon divin Collaborateur.

Et puisque vous tenez à ce que nous vous traitions en père, je désir ardemment me comporter toujours envers vous comme un fils affectueux et confiant, soucieux avant tout de vous satisfaire en toute chose.

Et comme mon union avec vous, ô Père, est plus étroite qu'aucune autre union en ce monde, puissé-je ne plus la perdre si longtemps de vue : puissent mon esprit et mon coeur se tourner volontairement vers vous pour vous louer, vous remercier, vous implorer.

Mais, mieux encore que par mes paroles, je voudrais, Seigneur, vous louer par mes actes, par la fuite de tout mal, par l'harmonie d'une vie toute chrétienne, par une fidélité indéfectible à mes devoirs, par le souci de me rendre utile au prochain, par l'habitude de vous voir partout autour de moi, dans la personne de mes frères, dans les perfections de votre oeuvre, dans les charmes de vos créatures.

Ces désirs et ces résolutions je vous les offre et les confie, ô Père, accordez-moi d'y rester bien fidèle; rappelez-moi en temps opportun; préservez-moi du découragement si je venais à les perdre de vue trop souvent. Il me semble, Seigneur, que mon intention est droite et ma bonne volonté entière : ne la laissez pas défaillir, ô vous qui donnez à tous le vouloir et la force d'agir; je vous le demande au nom de Jésus, mon Sauveur. Ainsi soit-il, oh ! oui, ainsi soit-il.



.

FIN.

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