Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens

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Message  ROBERT. Sam 19 Mai 2012, 5:26 pm

Eric a écrit:
ROBERT. a écrit:
Vous devez rêver Louis ! Ici, personne ne cite l'Abbé Rorbacher tout croche ! Laughing .
.
Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens - Page 4 80494

Cher RoHbert, Very Happy
Vous ai-je déjà dit que, Sandrine et moi, nous aimions beaucoup votre humour ?

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Merci pour votre humour qui me détend de l'incartade Invicta !!
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Message  Invité Lun 21 Mai 2012, 4:52 pm

Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1900.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 164 a écrit:


Enfin, ce fut dans le temps même de leur bannissement que les évêques écrivirent avec le plus de zèle et de force pour la défense de la doctrine catholique. Ce fut alors que, du fond de sa retraite, Athanase adressait au peuple d'Alexandrie, aux évêques d'Egypte, et même à dès particuliers, des lettres, des traités entiers, où, avec plus de pénétration que jamais, il leur développait les erreurs de l'arianisme, la vérité de la foi catholique et le courage invincible avec lequel il fallait la défendre. Son peuple gémissait de se voir privé d'églises. Dieu vous consolera, lui écrivait-il : si les ariens ont des temples, vous avez la foi des apôtres; s'ils sont dans le lieu, ils sont loin de la foi; vous, au contraire, si vous êtes hors du lieu, la foi est au dedans de vous. Lequel des deux est le plus grand, du lieu ou de la foi ? C'est la foi, évidemment. Qui donc a perdu ou conservé plus, celui qui a le lieu ou celui qui a la foi ? Le lieu est bon, quand la foi des apôtres y est prêchée; il est saint, quand le saint y habite (Athan., Opera).

La méchanceté des ariens alla si loin, qu'ils lui reprochèrent, comme une marque de lâcheté, sa fuite après l'invasion de Sébastien. Il se vit obligé de s'en justifier dans une apologie à part, et il le fait par l'exemple des prophètes, de Jésus-Christ même et de ses apôtres. Après avoir rappelé le grand nombre d'évêques que les ariens avaient maltraités et exilés, ainsi que les atrocités qu'ils avaient commises à Alexandrie, il ajoute ; Et maintenant ils regrettent de ne m'avoir pas tué et me reprochent la peur, sans penser que le blâme en retombe sur eux-mêmes ; car, s'il est mauvais de fuir, il est bien plus , mauvais de persécuter : l'un se cache pour éviter la mort, l'autre poursuit pour la donner. S'ils blâment la fuite, qu'ils rougissent donc de la poursuite. Ils n'ont qu'à cesser leurs embûches, et on cessera de fuir. Ils ne voient pas que la fuite des persécutés est une accusation contre les persécuteurs. Personne ne fuit celui qui est doux et humain, mais celui qui est cruel et impie. Les saints nous ont enseigné, et par leurs paroles et par leur exemple, qu'il est permis de fuir ; mais vous, comment prouverez-vous, par leur exemple et leur doctrine, qu'il est permis de persécuter (De fuga sua, n. 8 et seqq.)?



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Message  ROBERT. Lun 21 Mai 2012, 4:53 pm

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Guillaume a écrit:
Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1885.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 164 a écrit:


Enfin, ce fut dans le temps même de leur bannissement que les évêques écrivirent avec le plus de zèle et de force pour la défense de la doctrine catholique. Ce fut alors que, du fond de sa retraite, Athanase adressait au peuple d'Alexandrie, aux évêques d'Egypte, et même à dès particuliers, des lettres, des traités entiers, où, avec plus de pénétration que jamais, il leur développait les erreurs de l'arianisme, la vérité de la foi catholique et le courage invincible avec lequel il fallait la défendre. Son peuple gémissait de se voir privé d'églises. Dieu vous consolera, lui écrivait-il : si les ariens ont des temples, vous avez la foi des apôtres; s'ils sont dans le lieu, ils sont loin de la foi; vous, au contraire, si vous êtes hors du lieu, la foi est au dedans de vous. Lequel des deux est le plus grand, du lieu ou de la foi ? C'est la foi, évidemment. Qui donc a perdu ou conservé plus, celui qui a le lieu ou celui qui a la foi ? Le lieu est bon, quand la foi des apôtres y est prêchée; il est saint, quand le saint y habite (Athan., Opera).

La méchanceté des ariens alla si loin, qu'ils lui reprochèrent, comme une marque de lâcheté, sa fuite après l'invasion de Sébastien. Il se vit obligé de s'en justifier dans une apologie à part, et il le fait par l'exemple des prophètes, de Jésus-Christ même et de ses apôtres. Après avoir rappelé le grand nombre d'évêques que les ariens avaient maltraités et exilés, ainsi que les atrocités qu'ils avaient commises à Alexandrie, il ajoute ; Et maintenant ils regrettent de ne m'avoir pas tué et me reprochent la peur, sans penser que le blâme en retombe sur eux-mêmes ; car, s'il est mauvais de fuir, il est bien plus , mauvais de persécuter : l'un se cache pour éviter la mort, l'autre poursuit pour la donner. S'ils blâment la fuite, qu'ils rougissent donc de la poursuite. Ils n'ont qu'à cesser leurs embûches, et on cessera de fuir. Ils ne voient pas que la fuite des persécutés est une accusation contre les persécuteurs. Personne ne fuit celui qui est doux et humain, mais celui qui est cruel et impie. Les saints nous ont enseigné, et par leurs paroles et par leur exemple, qu'il est permis de fuir ; mais vous, comment prouverez-vous, par leur exemple et leur doctrine, qu'il est permis de persécuter (De fuga sua, n. 8 et seqq.)?

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Message  Eric Dim 27 Mai 2012, 6:46 pm

Voici une petite histoire qui va bien nous détendre !
Nous savons que Guigui (Garcia Moreno, par ailleurs ....) cite, dans ce fil, l' Abbé Rohrbacher,
Histoire universelle de l'Église catholique, Letouzey et Ané, 1885.


Bien ! Laughing

Voici, maintenant, la présentation de Garcia Moreno (Guillaume) sur le forum foicatholique de JCMD :

Bonjour,

Je suis catholique, vivant en région parisienne. La plupart d'entre vous me connaissent d'ailleurs.

N'ayant pas eu la chance de recevoir une éducation catholique, je dois me former par moi-même. Pas facile, à 26 ans, de brûler ce qu'on a adoré!

J'ai trouvé un maître dans ma formation spirituelle en la personne de l'Abbé René François Rohrbacher (photo) dont j'ai acquis la magistrale Histoire universelle de l'Eglise catholique en 13 volumes, édition Letouzey et Ané de 1880 (il me manque les volumes 9 et 10 mais peut-être une âme charitable sait où les trouver Smile ).

Un document que je recommande à ceux qui veulent réviser tous les enseignements erronés reçus depuis leur plus tendre enfance!

Admettons que la chose est comique !
Le gars cite sur TD (DE MANIÈRE ERRONÉE) l'édition de 1885 ....
Alors qu'il dit posséder l'édition de 1880 sur foicatholique !

Et notons cette phrase "extraordinaire" de Guillaume :
Un document que je recommande à ceux qui veulent réviser tous les enseignements erronés reçus depuis leur plus tendre enfance!

Quand on connait la falsification de Guillaume, concernant la lettre de Notre Saint Pape Jules Ier, sur ce fil !....

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Message  gabrielle Dim 27 Mai 2012, 7:05 pm

Il a du front tout le tour de la tête *ce gamin... Mad

* Expression québécoise: sans gêne, avoir du culot, effronté...
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Message  Eric Dim 27 Mai 2012, 7:18 pm

gabrielle a écrit:Il a du front tout le tour de la tête *ce gamin... Mad

* Expression québécoise: sans gêne, avoir du culot, effronté...
Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens - Page 4 80494 Laughing
Merci, Gabrielle !
Elles sont vraiment excellentes ces expressions !
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Message  gabrielle Dim 27 Mai 2012, 7:52 pm

Eric a écrit:
gabrielle a écrit:Il a du front tout le tour de la tête *ce gamin... Mad

* Expression québécoise: sans gêne, avoir du culot, effronté...
Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens - Page 4 80494 Laughing
Merci, Gabrielle !
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Message  ROBERT. Dim 27 Mai 2012, 8:30 pm

gabrielle a écrit:Il a du front tout le tour de la tête *ce gamin... Mad

* Expression québécoise: sans gêne, avoir du culot, effronté...

J'ose rajouter, chère Gabrielle, = un front de beu. (bœuf)
.
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Message  gabrielle Lun 28 Mai 2012, 7:17 am

ROBERT. a écrit:
gabrielle a écrit:Il a du front tout le tour de la tête *ce gamin... Mad

* Expression québécoise: sans gêne, avoir du culot, effronté...

J'ose rajouter, chère Gabrielle, = un front de beu. (bœuf)
.

C'est vrai, cher Robert, cette expression québécoise est l'équivalente de l'autre...

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Message  Sandrine Lun 28 Mai 2012, 7:19 am

gabrielle a écrit:
Eric a écrit:
gabrielle a écrit:Il a du front tout le tour de la tête *ce gamin... Mad

* Expression québécoise: sans gêne, avoir du culot, effronté...
Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens - Page 4 80494 Laughing
Merci, Gabrielle !
Elles sont vraiment excellentes ces expressions !
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De rien mon cher Éric...

Moi aussi de mon côté j'aime bien vos expressions, elles sont très imagées.. I love you Laughing

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Message  Catherine Lun 28 Mai 2012, 7:40 am

ROBERT. a écrit:
gabrielle a écrit:Il a du front tout le tour de la tête *ce gamin... Mad

* Expression québécoise: sans gêne, avoir du culot, effronté...

J'ose rajouter, chère Gabrielle, = un front de beu. (bœuf)
.

En somme, il a du toupet... Very Happy
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Message  gabrielle Lun 28 Mai 2012, 7:45 am

Catherine a écrit:
ROBERT. a écrit:
gabrielle a écrit:Il a du front tout le tour de la tête *ce gamin... Mad

* Expression québécoise: sans gêne, avoir du culot, effronté...

J'ose rajouter, chère Gabrielle, = un front de beu. (bœuf)
.

En somme, il a du toupet... Very Happy

Exactement.. Wink
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Message  ROBERT. Lun 28 Mai 2012, 2:58 pm

Catherine a écrit:
ROBERT. a écrit:
gabrielle a écrit:Il a du front tout le tour de la tête *ce gamin... Mad

* Expression québécoise: sans gêne, avoir du culot, effronté...

J'ose rajouter, chère Gabrielle, = un front de beu. (bœuf)
.

En somme, il a du toupet... Very Happy

Attention Guillaume de ne pas vous faire décoiffer par la Doctrine, le Magistère et... le Droit Canon... Very Happy
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Message  Invité Ven 01 Juin 2012, 5:03 pm

Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1900.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 164 a écrit:


Saint Eusèbe de Verceil, relégué à Scythopolis, écrivait aux Eglises d'Italie, qui lui avaient envoyé des députés avec des lettres et des aumônes. Il les félicitait de leur fermeté dans la foi et les exhortait à ne pas craindre les persécutions du moment. C'est un temps d'épreuve, dit-il, qui sert à découvrir les sentiments des véritables chrétiens. Si les ariens se sont appuyés du secours des hommes, c'est qu'ils n'ont pas celui de Dieu; s'ils l'avaient, ils ne se mettraient pas en peine de s'assujettir, comme ils font, les âmes des innocents par une puissance tout humaine et toute terrestre. Dans sa lettre, que nous avons encore, il raconte ce qu'il avait à souffrir des ariens. Il logea d'abord chez le comte Joseph, dont nous avons parlé ailleurs. Le comte étant venu à mourir, les ariens le transférèrent dans une autre maison, où il était comme prisonnier. Il fut visité dans son exil par saint Epiphane et par beaucoup d'autres personnes. Comme il distribuait les libéralités des églises, non-seulement aux prêtres et aux diacres bannis avec lui pour la foi, mais encore aux pauvres, les ariens entrèrent en fureur. Ils le tirèrent de son logis, tantôt en le traînant par terre, tantôt en le portant à la renverse, à demi-nu, et l'enfermèrent dans une petite-chambre, ou, pendant quatre jours, ils ne cessèrent de l'accabler d'injures pour l'obliger d'entrer dans leurs sentiments, disant qu'ils avaient reçu ordre de l'empereur de le traiter ainsi. Le saint, content de leur livrer son corps, ne leur répondit pas un seul mot. Ils voulurent empêcher les prêtres et les diacres de venir le voir comme auparavant, et défendre encore aux autres fidèles l'entrée de sa chambre. Sur quoi saint Eusèbe, qui ne voulait pas recevoir la nourriture de la main de ces impies, leur envoya un acte de protestation sous ce titre : Eusèbe, serviteur de Dieu, avec ses autres serviteurs qui souffrent avec moi pour la foi à Patrophile, le geôlier, et aux siens : c'était l'évêque arien de Scythopolis. Après un court récit des violences qu'il venait de souffrir de leur part, il leur déclare qu'il ne mangera point de pain et ne boira point d'eau qu'ils ne lui aient tous promis, et par écrit, de ne point empêcher ses frères, qui souffrent pour la même cause, de venir le voir et lui apporter de chez eux la nourriture nécessaire; autrement, il proteste qu'ils seront coupables de sa mort, et qu'il écrira à toutes les Eglises, afin que tout le monde sache ce que les ariens font souffrir aux catholiques. Après sa souscription, il ajoutait : « Je te conjure, toi qui lis cette lettre, par le Père, le Fils et le Saint- Esprit, de ne la pas supprimer, mais de la faire lire aux autres. »

Les ariens, cédant à une protestation si extraordinaire, renvoyèrent saint Eusèbe à son hospice, après l'avoir laissé quatre jours sans manger. Tout le peuple l'y conduisit avec joie, même à la vue des ariens, et entoura la maison de flambeaux et de lanternes. Le saint recommença de son côté à distribuer aux pauvres les aumônes qu'on lui avait apportées. Mais à peine jouit-il de cette liberté pendant vingt-cinq jours. Au bout de ce terme, les ariens revinrent à son logis, armés de bâtons, avec une multitude de gens perdus; et, ayant, rompu la muraille d'une maison voisine, ils se jetèrent sur lui avec violence, l'enlevèrent et l'enfermèrent dans une prison très-étroite, avec un prêtre nommé Tegrin. Ils emmenèrent et enfermèrent aussi les autres prêtres et diacres qui l'accompagnaient et, trois jours après, ils les envoyèrent en exil en divers lieux de leur autorité privée. Ils mirent dans la prison publique diverses personnes qui étaient venues le voir, et les y tinrent plusieurs jours. Ils y enfermèrent encore ceux qui le servaient et même des religieuses : puis, revenant à sa maison, ils pillèrent tout ce qu'il y avait, soit, pour sa subsistance, soit pour celle des confesseurs et des pauvres. Puis, pour apaiser le peuple qui murmurait de ces excès, ils rendirent au saint évêque quelques meubles de peu de conséquence, et retinrent l'argent pour eux. II semblait que leur dessein fût de le laisser mourir de faim dans la prison ; car ils empêchèrent qu'aucun des siens ne lui apportât à manger; et comme il ne voulait rien recevoir d'eux, il demeura six jours sans prendre aucune nourriture. Mais enfin les ariens, pressés par les cris de diverses personnes, laissèrent un des siens approcher, le sixième jour, pour le secourir dans le moment qu'il était près de mourir de défaillance (V. Tiilemont, Eusèbe de Verceil et Geillier).


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Message  ROBERT. Ven 01 Juin 2012, 5:04 pm


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Guillaume a écrit:
Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1885.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 164 a écrit:


Saint Eusèbe de Verceil, relégué à Scythopolis, écrivait aux Eglises d'Italie, qui lui avaient envoyé des députés avec des lettres et des aumônes. Il les félicitait de leur fermeté dans la foi et les exhortait à ne pas craindre les persécutions du moment. C'est un temps d'épreuve, dit-il, qui sert à découvrir les sentiments des véritables chrétiens. Si les ariens se sont appuyés du secours des hommes, c'est qu'ils n'ont pas celui de Dieu; s'ils l'avaient, ils ne se mettraient pas en peine de s'assujettir, comme ils font, les âmes des innocents par une puissance tout humaine et toute terrestre. Dans sa lettre, que nous avons encore, il raconte ce qu'il avait à souffrir des ariens. Il logea d'abord chez le comte Joseph, dont nous avons parlé ailleurs. Le comte étant venu à mourir, les ariens le transférèrent dans une autre maison, où il était comme prisonnier. Il fut visité dans son exil par saint Epiphane et par beaucoup d'autres personnes. Comme il distribuait les libéralités des églises, non-seulement aux prêtres et aux diacres bannis avec lui pour la foi, mais encore aux pauvres, les ariens entrèrent en fureur. Ils le tirèrent de son logis, tantôt en le traînant par terre, tantôt en le portant à la renverse, à demi-nu, et l'enfermèrent dans une petite-chambre, ou, pendant quatre jours, ils ne cessèrent de l'accabler d'injures pour l'obliger d'entrer dans leurs sentiments, disant qu'ils avaient reçu ordre de l'empereur de le traiter ainsi. Le saint, content de leur livrer son corps, ne leur répondit pas un seul mot. Ils voulurent empêcher les prêtres et les diacres de venir le voir comme auparavant, et défendre encore aux autres fidèles l'entrée de sa chambre. Sur quoi saint Eusèbe, qui ne voulait pas recevoir la nourriture de la main de ces impies, leur envoya un acte de protestation sous ce titre : Eusèbe, serviteur de Dieu, avec ses autres serviteurs qui souffrent avec moi pour la foi à Patrophile, le geôlier, et aux siens : c'était l'évêque arien de Scythopolis. Après un court récit des violences qu'il venait de souffrir de leur part, il leur déclare qu'il ne mangera point de pain et ne boira point d'eau qu'ils ne lui aient tous promis, et par écrit, de ne point empêcher ses frères, qui souffrent pour la même cause, de venir le voir et lui apporter de chez eux la nourriture nécessaire; autrement, il proteste qu'ils seront coupables de sa mort, et qu'il écrira à toutes les Eglises, afin que tout le monde sache ce que les ariens font souffrir aux catholiques. Après sa souscription, il ajoutait : « Je te conjure, toi qui lis cette lettre, par le Père, le Fils et le Saint- Esprit, de ne la pas supprimer, mais de la faire lire aux autres. »

Les ariens, cédant à une protestation si extraordinaire, renvoyèrent saint Eusèbe à son hospice, après l'avoir laissé quatre jours sans manger. Tout le peuple l'y conduisit avec joie, même à la vue des ariens, et entoura la maison de flambeaux et de lanternes. Le saint recommença de son côté à distribuer aux pauvres les aumônes qu'on lui avait apportées. Mais à peine jouit-il de cette liberté pendant vingt-cinq jours. Au bout de ce terme, les ariens revinrent à son logis, armés de bâtons, avec une multitude de gens perdus; et, ayant, rompu la muraille d'une maison voisine, ils se jetèrent sur lui avec violence, l'enlevèrent et l'enfermèrent dans une prison très-étroite, avec un prêtre nommé Tegrin. Ils emmenèrent et enfermèrent aussi les autres prêtres et diacres qui l'accompagnaient et, trois jours après, ils les envoyèrent en exil en divers lieux de leur autorité privée. Ils mirent dans la prison publique diverses personnes qui étaient venues le voir, et les y tinrent plusieurs jours. Ils y enfermèrent encore ceux qui le servaient et même des religieuses : puis, revenant à sa maison, ils pillèrent tout ce qu'il y avait, soit, pour sa subsistance, soit pour celle des confesseurs et des pauvres. Puis, pour apaiser le peuple qui murmurait de ces excès, ils rendirent au saint évêque quelques meubles de peu de conséquence, et retinrent l'argent pour eux. II semblait que leur dessein fût de le laisser mourir de faim dans la prison ; car ils empêchèrent qu'aucun des siens ne lui apportât à manger; et comme il ne voulait rien recevoir d'eux, il demeura six jours sans prendre aucune nourriture. Mais enfin les ariens, pressés par les cris de diverses personnes, laissèrent un des siens approcher, le sixième jour, pour le secourir dans le moment qu'il était près de mourir de défaillance (V. Tiilemont, Eusèbe de Verceil et Geillier).
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Message  Invité Sam 02 Juin 2012, 5:16 pm

Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1900.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 165 a écrit:

Plus tranquille dans son exil de, Phrygie, saint Hilaire écrivait ses douze livres de la Trinité. Le premier à développer ces profonds mystères parmi les Occidentaux, dont le langage à cet égard n'était pas encore bien fixé, il a quelques locutions singulières, qu'il faut expliquer par tout l'ensemble. Lui-même déplore plus d'une fois l'indigence et l'impropriété du langage humain pour parler de Dieu. Après avoir rappelé l'incohérence et l'incertitude de la philosophie humaine, il fait voir la certitude et l'accord de la philosophie chrétienne, par l'Ancien et le Nouveau Testament. Dans le premier, Dieu lui- même se définit : Je suis Celui qui suis. Dans le second, un pêcheur de Galilée, s'élevant au-dessus de tous les sages, au-dessus même de toutes les créatures , et, pénétrant jusqu'au sein de la divinité, commence ainsi son évangile : Dans le principe était le Verbe , et le Verbe était chez Dieu, et le Verbe était Dieu. Ce que saint Hilaire développe avec sublimité et profondeur. Le but principal de tout l'ouvrage est de prouver, par les deux Testaments, la Trinité et la consubstantialité des personnes divines, et en particulier la divinité de Jésus-Christ, et de réfuter les objections de Sabellius et d'Arius. On y sent cette fontaine d'eaux vives qui jaillissent jusqu'à la vie éternelle. C'est partout comme une plénitude infinie de foi et de vigueur, qui démontre à elle seule que l'Eglise catholique n'était pas près de sa ruine.

Quant à l'Ancien Testament, il pose comme une vérité incontestable, que chaque fois que Dieu y apparaît sous une figure humaine aux patriarches et aux prophètes, c'est Dieu le Verbe, qui voulait pour ainsi dire s'essayer lui-même et nous habituer d'avance à l'incarnation réelle. En quoi il est d'accord avec saint Justin, saint Irénée, Origène, Théophile d'Antioche, Clément d'Alexandrie, Tertullien, saint Cyprien, les Pères du concile d'Antioche contre Paul de Samosate, sans compter saint Ambroise, saint Léon et beaucoup d'autres. Les ariens eux-mêmes en convenaient : on le voit par Eusèbe, dans sa Démonstration évangélique, et par le concile de Sirmium, contre Photin; où l'on a prononcé anathème contre qui soutiendrait le contraire. Parmi les modernes , cette tradition a été dignement résumée et continuée par Bossuet. C'est une des vues les plus profondes, et les plus lumineuses pour bien saisir l'ensemble et la merveilleuse beauté des deux alliances.


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Message  ROBERT. Sam 02 Juin 2012, 5:17 pm

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Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1885.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 165 a écrit:

Plus tranquille dans son exil de, Phrygie, saint Hilaire écrivait ses douze livres de la Trinité. Le premier à développer ces profonds mystères parmi les Occidentaux, dont le langage à cet égard n'était pas encore bien fixé, il a quelques locutions singulières, qu'il faut expliquer par tout l'ensemble. Lui-même déplore plus d'une fois l'indigence et l'impropriété du langage humain pour parler de Dieu. Après avoir rappelé l'incohérence et l'incertitude de la philosophie humaine, il fait voir la certitude et l'accord de la philosophie chrétienne, par l'Ancien et le Nouveau Testament. Dans le premier, Dieu lui- même se définit : Je suis Celui qui suis. Dans le second, un pêcheur de Galilée, s'élevant au-dessus de tous les sages, au-dessus même de toutes les créatures , et, pénétrant jusqu'au sein de la divinité, commence ainsi son évangile : Dans le principe était le Verbe , et le Verbe était chez Dieu, et le Verbe était Dieu. Ce que saint Hilaire développe avec sublimité et profondeur. Le but principal de tout l'ouvrage est de prouver, par les deux Testaments, la Trinité et la consubstantialité des personnes divines, et en particulier la divinité de Jésus-Christ, et de réfuter les objections de Sabellius et d'Arius. On y sent cette fontaine d'eaux vives qui jaillissent jusqu'à la vie éternelle. C'est partout comme une plénitude infinie de foi et de vigueur, qui démontre à elle seule que l'Eglise catholique n'était pas près de sa ruine.

Quant à l'Ancien Testament, il pose comme une vérité incontestable, que chaque fois que Dieu y apparaît sous une figure humaine aux patriarches et aux prophètes, c'est Dieu le Verbe, qui voulait pour ainsi dire s'essayer lui-même et nous habituer d'avance à l'incarnation réelle. En quoi il est d'accord avec saint Justin, saint Irénée, Origène, Théophile d'Antioche, Clément d'Alexandrie, Tertullien, saint Cyprien, les Pères du concile d'Antioche contre Paul de Samosate, sans compter saint Ambroise, saint Léon et beaucoup d'autres. Les ariens eux-mêmes en convenaient : on le voit par Eusèbe, dans sa Démonstration évangélique, et par le concile de Sirmium, contre Photin; où l'on a prononcé anathème contre qui soutiendrait le contraire. Parmi les modernes , cette tradition a été dignement résumée et continuée par Bossuet. C'est une des vues les plus profondes, et les plus lumineuses pour bien saisir l'ensemble et la merveilleuse beauté des deux alliances.
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Message  Eric Sam 02 Juin 2012, 5:24 pm

"Cher" falsificateur Zinsinouste !

Eric a écrit:Voici une petite histoire qui va bien nous détendre !
Nous savons que Guigui (Garcia Moreno, par ailleurs ....) cite, dans ce fil, l' Abbé Rohrbacher,
Histoire universelle de l'Église catholique, Letouzey et Ané, 1885.


Bien ! Laughing

Voici, maintenant, la présentation de Garcia Moreno (Guillaume) sur le forum foicatholique de JCMD :

Bonjour,

Je suis catholique, vivant en région parisienne. La plupart d'entre vous me connaissent d'ailleurs.

N'ayant pas eu la chance de recevoir une éducation catholique, je dois me former par moi-même. Pas facile, à 26 ans, de brûler ce qu'on a adoré!

J'ai trouvé un maître dans ma formation spirituelle en la personne de l'Abbé René François Rohrbacher (photo) dont j'ai acquis la magistrale Histoire universelle de l'Eglise catholique en 13 volumes, édition Letouzey et Ané de 1880 (il me manque les volumes 9 et 10 mais peut-être une âme charitable sait où les trouver Smile ).

Un document que je recommande à ceux qui veulent réviser tous les enseignements erronés reçus depuis leur plus tendre enfance!

Admettons que la chose est comique !
Le gars cite sur TD (DE MANIÈRE ERRONÉE) l'édition de 1885 ....
Alors qu'il dit posséder l'édition de 1880 sur foicatholique !

Et notons cette phrase "extraordinaire" de Guillaume :
Un document que je recommande à ceux qui veulent réviser tous les enseignements erronés reçus depuis leur plus tendre enfance!

Quand on connait la falsification de Guillaume, concernant la lettre de Notre Saint Pape Jules Ier, sur ce fil !....

Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens - Page 4 154224

Vu que votre édition de 1880 ne vous sert pas du tout .... Je suis preneur !
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Message  Invité Lun 04 Juin 2012, 4:26 pm

Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1900.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 165.


A considérer humainement l'exil des évêques, la puissance des ariens, on aurait pu désespérer de l'Eglise catholique et, de la vérité. Saint Hilaire montre, par les hérésies de Sabellius et d'Arius, que l'Eglise triomphe toujours. La force de la vérité est si grande, dit-il, que ses ennemis mêmes l'éclaircissent : inébranlable de sa nature, plus elle est attaquée, plus elle s'affermit. Le propre de l'Eglise est de vaincre quand on la blesse, d'être comprise quand on l'accuse, d'acquérir quand on l'abandonne. Pour elle, elle voudrait que tous demeurassent dans son sein, et qu'elle ne fût point obligée d'en chasser plusieurs qui se rendent indignes d'y habiter. Mais quand les hérétiques en sortent, ou qu'elle les en fait sortir, si elle perd d'un côté l'occasion de leur procurer le salut, elle gagne de l'autre, en faisant voir, par l'exemple des hérétiques, eux-mêmes, le bonheur qu'il y a de lui demeurer attaché.

L'Eglise établie de Dieu, et fondée par les apôtres, étant une dans sa doctrine, subsiste toujours, et tout ce que l'on peut dire contre, ne sert qu'à l'éclaircir davantage ; d'où il arrive que quand les hérétiques se combattent les uns les autres et même se vainquent, la victoire est toute pour l'Eglise. Car ils se combattent tous sur des erreurs que l'Eglise rejette également. Sabellius, par exemple, voyant clairement dans l'Ecriture la divinité de Jésus-Christ, mais ne sachant pas qu'il est né et distingué du Père, prétend qu'ils ne sont qu'une même personne.


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Message  ROBERT. Lun 04 Juin 2012, 4:27 pm

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Guillaume a écrit:
Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1885.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 165.


A considérer humainement l'exil des évêques, la puissance des ariens, on aurait pu désespérer de l'Eglise catholique et, de la vérité. Saint Hilaire montre, par les hérésies de Sabellius et d'Arius, que l'Eglise triomphe toujours. La force de la vérité est si grande, dit-il, que ses ennemis mêmes l'éclaircissent : inébranlable de sa nature, plus elle est attaquée, plus elle s'affermit. Le propre de l'Eglise est de vaincre quand on la blesse, d'être comprise quand on l'accuse, d'acquérir quand on l'abandonne. Pour elle, elle voudrait que tous demeurassent dans son sein, et qu'elle ne fût point obligée d'en chasser plusieurs qui se rendent indignes d'y habiter. Mais quand les hérétiques en sortent, ou qu'elle les en fait sortir, si elle perd d'un côté l'occasion de leur procurer le salut, elle gagne de l'autre, en faisant voir, par l'exemple des hérétiques, eux-mêmes, le bonheur qu'il y a de lui demeurer attaché.

L'Eglise établie de Dieu, et fondée par les apôtres, étant une dans sa doctrine, subsiste toujours, et tout ce que l'on peut dire contre, ne sert qu'à l'éclaircir davantage ; d'où il arrive que quand les hérétiques se combattent les uns les autres et même se vainquent, la victoire est toute pour l'Eglise. Car ils se combattent tous sur des erreurs que l'Eglise rejette également. Sabellius, par exemple, voyant clairement dans l'Ecriture la divinité de Jésus-Christ, mais ne sachant pas qu'il est né et distingué du Père, prétend qu'ils ne sont qu'une même personne.
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Message  Invité Mar 05 Juin 2012, 4:56 pm

Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1900.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 165.


Arius, au contraire, convaincu de la distinction réelle du Père et du Fils, mais ne connaissant pas la divinité du Fils, ni l'unité de sa nature avec celle du Père, veut qu'il soit créature. Ainsi Sabellius réfute l'erreur d'Arius sur la divinité du Verbe, et Arius celle de Sabellius sur la distinction des personnes en Dieu; mais en se vainquant mutuellement, ils sont toujours vaincus sur ce qu'ils ajoutent d'eux-mêmes, et par là leur victoire est pour l'Eglise seule, dont la doctrine, fondée sur celle des Evangiles et des apôtres, fait profession de croire que Jésus-Christ est vrai Dieu (I. 7, n. 4-6).

Les ariens objectaient que le Fils n'était un avec le Père, que comme il lui a demandé que nous fussions un en lui, c'est-à-dire par l'union de volonté et non par l'unité de nature. Saint Hilaire remarque d'abord une différence : Jésus-Christ demande que nous soyons un, tandis qu'il dit de lui et de son Père : Nous sommes un. En outre, il s'élève à des considérations admirables, pour montrer que l'unité que Jésus-Christ a demandée pour nous avec lui, n'est pas seulement une. conformité de vouloir, mais encore une certaine unité ou union de nature. Le Père est dans le Christ, et le Christ est en nous et nous en lui, réellement, par l'incarnation et par l'eucharistie. Par l'incarnation, le Fils de Dieu s'est vraiment uni notre nature, il a vraiment pris notre chair; et nous, dans le sacrement du Seigneur, nous prenons vraiment le Verbe chair, suivant sa parole: Ma chair est vraiment viande, et mon sang est vraiment breuvage. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Comment donc ne pas croire qu'il demeure naturellement en nous, lui qui a pris inséparablement la nature de notre chair en se faisant homme, et. qui a uni la nature de sa chair à la nature divine pour nous en faire participants dans la communion ? Nous sommes donc une même chose, parce que le Père est dans le Christ, et le Christ en nous (1. 8, n. 13 et seqq.). C'est dans cette union mystérieuse, si.profondément ressentie par saint Hilaire, qu'on voit la source divine de cette vie, de cette force toujours renaissante dans l'Eglise catholique.


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Message  ROBERT. Mar 05 Juin 2012, 4:56 pm

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Guillaume a écrit:
Abbé Rohrbacher.
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Letouzey et Ané, 1885.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 165.


Arius, au contraire, convaincu de la distinction réelle du Père et du Fils, mais ne connaissant pas la divinité du Fils, ni l'unité de sa nature avec celle du Père, veut qu'il soit créature. Ainsi Sabellius réfute l'erreur d'Arius sur la divinité du Verbe, et Arius celle de Sabellius sur la distinction des personnes en Dieu; mais en se vainquant mutuellement, ils sont toujours vaincus sur ce qu'ils ajoutent d'eux-mêmes, et par là leur victoire est pour l'Eglise seule, dont la doctrine, fondée sur celle des Evangiles et des apôtres, fait profession de croire que Jésus-Christ est vrai Dieu (I. 7, n. 4-6).

Les ariens objectaient que le Fils n'était un avec le Père, que comme il lui a demandé que nous fussions un en lui, c'est-à-dire par l'union de volonté et non par l'unité de nature. Saint Hilaire remarque d'abord une différence : Jésus-Christ demande que nous soyons un, tandis qu'il dit de lui et de son Père : Nous sommes un. En outre, il s'élève à des considérations admirables, pour montrer que l'unité que Jésus-Christ a demandée pour nous avec lui, n'est pas seulement une. conformité de vouloir, mais encore une certaine unité ou union de nature. Le Père est dans le Christ, et le Christ est en nous et nous en lui, réellement, par l'incarnation et par l'eucharistie. Par l'incarnation, le Fils de Dieu s'est vraiment uni notre nature, il a vraiment pris notre chair; et nous, dans le sacrement du Seigneur, nous prenons vraiment le Verbe chair, suivant sa parole: Ma chair est vraiment viande, et mon sang est vraiment breuvage. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Comment donc ne pas croire qu'il demeure naturellement en nous, lui qui a pris inséparablement la nature de notre chair en se faisant homme, et. qui a uni la nature de sa chair à la nature divine pour nous en faire participants dans la communion ? Nous sommes donc une même chose, parce que le Père est dans le Christ, et le Christ en nous (1. 8, n. 13 et seqq.). C'est dans cette union mystérieuse, si.profondément ressentie par saint Hilaire, qu'on voit la source divine de cette vie, de cette force toujours renaissante dans l'Eglise catholique.
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Message  Invité Ven 08 Juin 2012, 4:47 pm

Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1900.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 165-166.


Cependant l'empereur Constance qui n'avait pas encore vu Rome, y fit son entrée vers la fin d'avril 357, comme triomphateur de Magnence, vaincu six ans auparavant. Il y parut avec une pompe et une gravité si affectée, qu'il fit paraître plus de vanité que de grandeur, et il admira plus Rome qu'il n'y fut admiré. On remarque, en général, que jamais, en public, il ne se moucha ni ne cracha ni ne tourna le visage d'un côté à l'autre. Seulement, il se baissait quand il traversait les portes, quoiqu'il fut de petite taille et les portes très-élevées. A la suite de l'empereur, se trouvait à Rome Eudoxe, évêque de Germanicie, sur les confins de Cappadoce. Quand on apprit la mort de Léonce d'Antioche, aussitôt Eudoxe demanda la permission de retourner à son Eglise, sous prétexte que sa présence y était nécessaire, mais, dans la réalité, pour s'emparer du siège d'Antioche par le crédit des eunuques du palais, et au nom de l'empereur qui n'en savait rien. Dès qu'il y fut intrus, il y rappela d'Egypte Aëtius et Eunomius, deux ariens éhontés, avec lesquels il enseigna sans détour, que non-seulement le Verbe n'était pas consubstantiel au Père, mais qu'il ne lui était pas même semblable en substance. C'était l'impiété d'Arius dans toute sa crudité. Elle fit horreur à beaucoup d'ariens modérés, qui se séparèrent d'eux (Soc., 1. 2, c. 37; Soz., 1. 4, c. 12; Theod., I. 2, c. 25). C'est ce qu'on nomma les demi-ariens, que les catholiques regardèrent toujours comme des frères, d'avec lesquels ils étaient moins divisés pour le sens que pour l'expression.

- A Rome, cependant, le peuple ne respirait que le pape Libère, et ne pouvait supporter Félix. Les principales dames romaines prièrent donc leurs maris de demander à l'empereur le retour du Pape, exilé depuis environ deux ans. Ils répondirent qu'ils craignaient la colère de l'empereur, que peut-être il ne pardonnerait pas à des hommes, qu'il aurait plus d'égard pour elles; que s'il ne leur accordait pas ce qu'elles demandaient, du moins ne leur en arriverait-il aucun mal. Ces dames suivirent le conseil de leurs maris et se présentèrent devant l'empereur, parées avec leur magnificence ordinaire, afin que, jugeant de leur qualité par leurs habits, il eût plus de considération pour elles. Elles le supplièrent donc d'avoir pitié de celte grande ville, privée de son pasteur et exposée aux insultes des loups. Constance répondit que Rome avait un pasteur capable de la gouverner, sans qu'il en fût besoin d'autre : il entendait Félix. Les dames romaines repartirent que personne n'entrait dans l'église quand Félix y était, parce que , encore qu'il gardât la foi de Nicée, il communiquait avec ceux qui la corrompaient. L'empereur leur promit sans doute d'avoir égard à leur demande; car, quelque temps après, il envoya des lettres à Rome qui annonçaient que Libère serait rappelé et gouvernerait l'Eglise en commun avec Félix. Mais quand on lut ces lettres dans le cirque, le peuple s'écria ironiquement : Cela est juste ! Comme il y a dans le cirque deux factions distinguées par leurs couleurs, chacune aura son pasteur. Après s'être ainsi moqués des lettres impériales, ils s'écrièrent tous d'une voix : Un Dieu, un Christ, un évêque ! Les choses allèrent encore plus loin. Il y eut à ce sujet des séditions à Rome, et même des meurtres. Ce qui fut cause que l'empereur consentit malgré lui, dit l'historien Socrate, à ce que Libère retournât à Rome, et y reprit son siège (Soc., 1. .2, c. 37). L'admirable Libère, dit Théodoret, s'en retourna donc (Theod., 1. 4, c. 15). D'autres anciens nous apprennent qu'il rentra dans Rome en vainqueur, que tout le peuple alla au-devant de lui plein de joie, et expulsa Félix.


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Message  Louis Ven 08 Juin 2012, 4:55 pm

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Guillaume a écrit:
Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1885.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 165-166.


Cependant l'empereur Constance qui n'avait pas encore vu Rome, y fit son entrée vers la fin d'avril 357, comme triomphateur de Magnence, vaincu six ans auparavant. Il y parut avec une pompe et une gravité si affectée, qu'il fit paraître plus de vanité que de grandeur, et il admira plus Rome qu'il n'y fut admiré. On remarque, en général, que jamais, en public, il ne se moucha ni ne cracha ni ne tourna le visage d'un côté à l'autre. Seulement, il se baissait quand il traversait les portes, quoiqu'il fut de petite taille et les portes très-élevées. A la suite de l'empereur, se trouvait à Rome Eudoxe, évêque de Germanicie, sur les confins de Cappadoce. Quand on apprit la mort de Léonce d'Antioche, aussitôt Eudoxe demanda la permission de retourner à son Eglise, sous prétexte que sa présence y était nécessaire, mais, dans la réalité, pour s'emparer du siège d'Antioche par le crédit des eunuques du palais, et au nom de l'empereur qui n'en savait rien. Dès qu'il y fut intrus, il y rappela d'Egypte Aëtius et Eunomius, deux ariens éhontés, avec lesquels il enseigna sans détour, que non-seulement le Verbe n'était pas consubstantiel au Père, mais qu'il ne lui était pas même semblable en substance. C'était l'impiété d'Arius dans toute sa crudité. Elle fit horreur à beaucoup d'ariens modérés, qui se séparèrent d'eux (Soc., 1. 2, c. 37; Soz., 1. 4, c. 12; Theod., I. 2, c. 25). C'est ce qu'on nomma les demi-ariens, que les catholiques regardèrent toujours comme des frères, d'avec lesquels ils étaient moins divisés pour le sens que pour l'expression.

- A Rome, cependant, le peuple ne respirait que le pape Libère, et ne pouvait supporter Félix. Les principales dames romaines prièrent donc leurs maris de demander à l'empereur le retour du Pape, exilé depuis environ deux ans. Ils répondirent qu'ils craignaient la colère de l'empereur, que peut-être il ne pardonnerait pas à des hommes, qu'il aurait plus d'égard pour elles; que s'il ne leur accordait pas ce qu'elles demandaient, du moins ne leur en arriverait-il aucun mal. Ces dames suivirent le conseil de leurs maris et se présentèrent devant l'empereur, parées avec leur magnificence ordinaire, afin que, jugeant de leur qualité par leurs habits, il eût plus de considération pour elles. Elles le supplièrent donc d'avoir pitié de celte grande ville, privée de son pasteur et exposée aux insultes des loups. Constance répondit que Rome avait un pasteur capable de la gouverner, sans qu'il en fût besoin d'autre : il entendait Félix. Les dames romaines repartirent que personne n'entrait dans l'église quand Félix y était, parce que , encore qu'il gardât la foi de Nicée, il communiquait avec ceux qui la corrompaient. L'empereur leur promit sans doute d'avoir égard à leur demande; car, quelque temps après, il envoya des lettres à Rome qui annonçaient que Libère serait rappelé et gouvernerait l'Eglise en commun avec Félix. Mais quand on lut ces lettres dans le cirque, le peuple s'écria ironiquement : Cela est juste ! Comme il y a dans le cirque deux factions distinguées par leurs couleurs, chacune aura son pasteur. Après s'être ainsi moqués des lettres impériales, ils s'écrièrent tous d'une voix : Un Dieu, un Christ, un évêque ! Les choses allèrent encore plus loin. Il y eut à ce sujet des séditions à Rome, et même des meurtres. Ce qui fut cause que l'empereur consentit malgré lui, dit l'historien Socrate, à ce que Libère retournât à Rome, et y reprit son siège (Soc., 1. .2, c. 37). L'admirable Libère, dit Théodoret, s'en retourna donc (Theod., 1. 4, c. 15). D'autres anciens nous apprennent qu'il rentra dans Rome en vainqueur, que tout le peuple alla au-devant de lui plein de joie, et expulsa Félix.

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Message  Invité Sam 09 Juin 2012, 4:57 pm

Abbé Rohrbacher.
Histoire universelle de l'Église catholique continuée jusqu'à nos jours par M. l'abbé Guillaume.
Letouzey et Ané, 1900.
Tome 3. Livre XXXIII. L'Eglise persécutée par Constance et Sapor. Page 165-166.


On s'étonnera sans doute que nous ne parlions pas de la chute du pape Libère, chute fameuse, que Bossuet entre autres a prouvée fort au long. Nous savons que, dans sa Défense de la déclaration gallicane, Bossuet met tout en œuvre pour établir que le pape Libère est tombé en souscrivant à l'arianisme; mais nous savons aussi, par le témoignage de son secrétaire, que dans une dernière révision de cet ouvrage, Bossuet raya tout l'endroit qui regarde le pape Libère, comme ne prouvant pas bien ce qu'il veut établir en ce lieu (Hist. de Bossuet, 1. 6 ; Pièc. just., p. 396, édit. de Lebel). Ce que Bossuet a cru devoir rayer de son Traité de la puissance ecclésiastique, nous croyons devoir le rayer de l’Histoire de l’Eglise; ce que Bossuet, après vingt ans de recherches et de méditations, n'a pu se démontrer, à lui-même, nous croyons qu'il ne peut se démontrer par personne.

On en peut voir les raisons détaillées dans la dissertation d'un docteur de Paris, publiée peu d'années après la mort de Bossuet; dans une autre plus récente du savant Zacharia; dans le docte Galland de Venise, au tome V de sa Bibliothèque des anciens Pères; enfin, et surtout, dans l'histoire critique du pape saint Libère, insérée au 23 septembre des Acta Sanctorum (1). Nous avons déjà indiqué quelques-unes de ces raisons plus haut ; nous en indiquerons d'autres, à mesure que l'occasion s'en présentera, et nous tâcherons de les résumer à la mort du saint Pape. Nous remarquerons seulement ici, d'après ce que nous venons de voir, que le peuple romain ne put souffrir Félix, parce que, tout en professant la foi de Nicée, il communiquait avec les ariens; que le pape Libère rentra à Rome en vainqueur, que le peuple le reçut en triomphe et chassa Félix. Avec cette conduite du peuple romain, comment supposer que ce même pape Libère venait de se déshonorer publiquement, en condamnant saint Athanase, en souscrivant à l'arianisme, et en adressant aux principaux ariens des lettres de communion, aussi pitoyables pour le style qu'abjectes pour le sentiment?

(1) Dissert. sur le pape Libère, dans laquelle on fait voir qu'il n'est pas tombé (par l'abbé Corgne); Paris, 1726, in-12; Fr. Ant. - Zachariœ. Dissert.de commentitio Liberii tapsu. In. Thes. théol., Ven., 1762, in-4e, t. II. p. 580; Galland, Bibl. Vet. Pat., t. V; Acia Sanct,, t. VJ, septemb.


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