Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens

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Message  Invité Jeu 29 Mar 2012, 3:24 pm

Le Concile de Nicée avait été convoqué par l'Empereur Constantin pour arrêter une définition de foi.

Les Ariens, sectateurs de l'hérétique Arius, niaient que le Fils fût engendré et non crée ; ils acceptaient pour exprimer la foi en la seconde personne de la Trinité tous les autres termes excepter le mot homoousion (de la même substance) qu'ils ne pouvaient prononcer sans renoncer à leur hérésie.

Saint Athanase, évêque d'Alexandrie, devait se révéler l'un plus fermes champions de l'orthodoxie nicéenne.

Histoire de l'Église (Dom Ch. Poulet), Tome I
TROISIEME PÉRIODE

L'Empire Chrétien


De la conversion de Constantin à celle de Clovis (313-496)

II . LE IVe SIÈCLE

CHAPITRE PREMIER


L'ARIANISME DE CONSTANTIN A JULIEN L'APOSTAT

2. Nicée (325).

Les débats montrèrent qu'il y avait dans l'Assemblée, non pas deux partis, mais trois. D'abord, une majorité soucieuse d'orthodoxie et impatiente de condamner Arius; en face d'elle, une minorité infime de 22 membres, partisans de l'hérésiarque : puis, entre deux, un tiers parti dont le but était de sauver Arius en adoucissant ses formules. Le chef de celle faction remuante se nommait Eusèbe de Nicomédie, l'un des personnages les plus habiles et les plus astucieux de son temps ; Eusèbe de Césarée y avait aussi une place comme théologien; d'où le nom d'eusébien donné à ce tiers parti. Les deux Eusèbe proposèrent chacun un credo assez vague pour ne rien décider ; on finit par en admettre un très précis où l'on inséra ces deux expressions concernant le Fils: έχ τῆς οὐσίας τοῠ πατρός et όμοούσιος τῶ πατρι, consubstantialis Patri.

La victoire théologique était complète. L'homoousios brise l'hérésie arienne en signifiant que le Fils a même être intime que le Père. Si l'on décompose le mot, on voit, en effet, que le terme ὸυσια désigne dans le Père ce qu'il y a de fondamental et d'essentiel s'opposant aux caractères individuels ; or, cette ὸυσια est la même numériquement (ὄμος) dans le Père et dans le Fils. Nul danger, d'ailleurs, que le mot ait une saveur sabellienne : car, selon la remarque faite plus tard par saint Basile, « une chose, n'est jamais consubstantielle à elle-même, mais toujours à une autre » ; ainsi l'homoousios implique-t-il unité quant à la nature et distinction quant aux personnes.

Après quelques résistances, l'adhésion fut donnée par tous les évêques présents, et l'on put croire que le concile de Nicée avait rendu la paix religieuse. Constantin, d'ailleurs, se posait en défenseur intransigeant du Nicœnum ; comme Eusèbe de Nicomédie, Théognis de Nicée et Maris de Chalcédoine continuaient à intriguer, il les exila en Gaule.


Dernière édition par Guillaume le Sam 02 Juin 2012, 5:18 pm, édité 2 fois

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Message  Carolus.Magnus.Imperator. Jeu 29 Mar 2012, 3:28 pm

On dirait qu'il est en train de se taper une crise d'épilepsie ... il n'arrête plus d'ouvrir de nouveaux fils, le pauvre. Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens 80494

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Message  Sandrine Jeu 29 Mar 2012, 3:33 pm

Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:On dirait qu'il est en train de se taper une crise d'épilepsie ... il n'arrête plus d'ouvrir de nouveaux fils, le pauvre. Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens 80494
"comportement avec des activités et des centres d'intérêt restreints, stéréotypés et répétitifs" Laughing
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Message  Carolus.Magnus.Imperator. Jeu 29 Mar 2012, 3:33 pm

Sandrine a écrit:
Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:On dirait qu'il est en train de se taper une crise d'épilepsie ... il n'arrête plus d'ouvrir de nouveaux fils, le pauvre. Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens 80494
"comportement avec des activités et des centres d'intérêt restreints, stéréotypés et répétitifs" Laughing

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Message  Roger Boivin Jeu 29 Mar 2012, 5:20 pm

Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:
Sandrine a écrit:
Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:On dirait qu'il est en train de se taper une crise d'épilepsie ... il n'arrête plus d'ouvrir de nouveaux fils, le pauvre. Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens 80494
"comportement avec des activités et des centres d'intérêt restreints, stéréotypés et répétitifs" Laughing

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Et au terme, dans le meilleur et dans le pire des scénarios, qu'est-ce qui peut arriver pour un tel cas ? Shocked
..afin de prévenir le pire, d'éviter le pire ?
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Message  Sandrine Ven 30 Mar 2012, 2:45 am

roger a écrit:
Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:
Sandrine a écrit:
Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:On dirait qu'il est en train de se taper une crise d'épilepsie ... il n'arrête plus d'ouvrir de nouveaux fils, le pauvre. Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens 80494
"comportement avec des activités et des centres d'intérêt restreints, stéréotypés et répétitifs" Laughing

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Et au terme, dans le meilleur et dans le pire des scénarios, qu'est-ce qui peut arriver pour un tel cas ? Shocked
..afin de prévenir le pire, d'éviter le pire ?
Se faire autister ... euh assister ! Very Happy

Un autre remède un peu plus radical mais efficace dans ce cas particulier : un bon coup de CIC sur la tête pour remettre les idées en place. Parait qu'ça marche bien ! Laughing
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Message  Roger Boivin Ven 30 Mar 2012, 7:38 am

Sandrine a écrit:Un autre remède un peu plus radical mais efficace dans ce cas particulier : un bon coup de CIC sur la tête pour remettre les idées en place. Parait qu'ça marche bien ! Laughing
Et encore ! il a la tête dure.
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Message  Invité Ven 30 Mar 2012, 4:28 pm


Histoire de l'Église (Dom Ch. Poulet), Tome I
TROISIEME PÉRIODE

L'Empire Chrétien


De la conversion de Constantin à celle de Clovis (313-496)

II . LE IVe SIÈCLE

CHAPITRE PREMIER


L'ARIANISME DE CONSTANTIN A JULIEN L'APOSTAT

3. La réaction anti-nicéenne, 1ère phase : Les procès et les exils de saint Athanase.
(...)
Après 337, Athanase rentre à Alexandrie où il est reçu avec enthousiasme. Le parti eusébien recommence ses agissements ; en dépit d'un concile provincial d'Alexandrie, qui rétorque toutes les calomnies contre Athanase le siège patriarcal est livré à un intrus, Grégoire de Cappadoce ; on l’y établit de force. Mais la situation est changée : des deux fils de Constantin, l'aîné Constant, qui détient l'Occident, se pose en catholique : c'est dire que le pape et non plus l'empereur sera l'arbitre des discussions.

Le pape Jules (337-352) prend en main le procès de l'évêque d'Alexandrie ; il le convoque ainsi que ses adversaires à un concile de Rome. Conscients de leur infériorité, les eusébiens se récusent sous prétexte d'impossibilité matérielle causée par la guerre des Perses. Athanase paraît au concile muni des pièces justificatives qui émanent de procès-verbaux d'enquêtes officielles, ou de témoignages de ses évêques et de ses prêtres : il est justifié. Le pape Jules en informe les eusébiens, se plaignant d'ailleurs que le patriarche d'Alexandrie ait été condamné en Orient sans consulter l'évêque de Rome, « comme c'est l'usage ».

Source : dossier réalisé par Louis sur Mi Ca El
Voici maintenant l'abbé Rohrbacher rapporte l'histoire des démêlés entre Saint Athanase et les eusébiens :
Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin. a écrit:

Cette tournure des affaires n'accommodait guère les eusébiens. Ils sentirent qu'ils ne seraient pas les maîtres à Rome. Après avoir demandé un concile et un jugement au Pape, ils aimèrent mieux se rendre juges de leur propre cause. Ils s'assemblèrent à An­tioche. L'occasion en était là dédicace d'une église, que le grand Constantin y avait commencée dix ans auparavant".

Athanase y fut déposé, sous' prétexte qu'il était remonté sur son siège sans la permission préalable d'un concile, et un autre fut élu à sa place. On abandonna Piste comme trop décrié et comme hors d'état de se soutenir à Alexandrie contre Athanase. Le choix tomba d'abord sur Eusèbe, depuis évêque d'Emèse, homme savant, originaire d'Edesse et formé à l'école d'Eusèbe de Césarée. Mais il était trop sage pour vouloir devenir évèque d'Alexandrie. Il savait combien Athanase y était aimé. Un certain Grégoire de Cappadoce accepta, et fut ordonné à An­tioche.

Les évêques de ce concile publièrent successive­ment quatre professions de foi différentes. Comme les principaux d'entre eux étaient accusés d'hérésie, ils disaient dans la première : « Nous n'avons point été les sectateurs d'Arius, comment suivrions-nous un-prêtre, étant évêques? Nous n'avons reçu aucune autre profession de foi que celle qui a été proposée dès le commencement. ; Mais nous avons examiné et éprouvé sa créance, et nous l'avons reçu plutôt que nous ne l'avons suivi. Vous le verrez par ce que nous allons dire. » Venait ensuite une formule conçue de telle sorte, qu'elle pouvait contenter les catholiques et les ariens. Les eusébiens eurent soin d'envoyer cette lettre à tous les évêques dans chaque ville. Mais comme ils demeurèrent longtemps à Antioche, ils proposèrent et envoyèrent une nouvelle formule, con-. damnant ainsi la première. C'était celle du martyr saint Lucien, que nous avons vue en son temps. Bientôt on la trouva trop longue, et par là même un peu obscure. Théophrone, évèque de Tyane, en proposa une plus courte, avec un anathème contre Mar­cel d'Ancyre et contre Sabellius et Paul de Samosate, dont on l'accusait de suivre les erreurs. Enfin, plus tard, Narcisse de Nèroniade et Maris de Chalcédoine, avec deux autres, en envoyèrent une quatrième à l'empereur Constant dans les Gaules. A l'exception du mot de consubstantiel, les ariens s'expri­maient dans ces diverses formules comme les catho­liques (Athan., De Synod. ; Hilar., De Synod.); mais ils ne croyaient pas ce qu'ils disaient, comme la suite le fera voir ; ils voulaient seulement s'affermir par un air d'orthodoxie, pour répandre ensuite leurs idées.


Dernière édition par Guillaume le Sam 31 Mar 2012, 5:30 pm, édité 1 fois

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Message  gabrielle Sam 31 Mar 2012, 8:25 am

Vos citations de Dom Poulet, si je ne m'abuse, proviennent du travail de Louis sur Mi ca EL!?... vous avez beau y apporté des petites différences... on reconnait facilement le boulot de Louis, ne serait-il pas juste, ( comme vous l'avez fait pour Laetitia) d'avoir au moins la décence de dire que vous les avez prise dans le travail de Louis?

Non pas, qu'elles appartiennent à Louis pas plus que celle de Laetitia sont à elles, mais tout simplement pour ne pas s'attribuer un boulot et une fort belle mise en page, que l'on n'a pas fait...

La justice c'est pour tout le monde, pas seulement pour nos favoris.


PS: A moins que vous ayez la même manière de présenter vos dossier?

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Message  ROBERT. Sam 31 Mar 2012, 11:35 am

.
Guillaume présentant ses dossiers de la même manière que Louis ?

Laissez-moi en douter fortement...

.
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Message  Invité Sam 31 Mar 2012, 5:36 pm

Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin. Page 116. a écrit:

Pendant ce temps, le cappadocien Grégoire avait commencé son intrusion à Alexandrie à main armée. Pour le soutenir, Constance, qui présidait en quelque sorte à toutes ces manœuvres, avait nommé Philagre pour la seconde fois préfet d'Egypte. Il était de Cappadoce, comme Grégoire, mais, de plus, apostat et sans mœurs. Les eusébiens en avaient déjà éprouvé le talent pour persécuter les catholiques, quand ils firent les informations dans la Maréote. D'après les . ordres qu'il avait reçus, il annonça donc, par forme d'édit, que Grégoire était le nouvel évèque envoyé par la cour. Comme jusque-là on n'avait entendu parler de rien, une consternation extraordinaire s'em­para de tous les esprits. Bientôt on vit le nouvel évè­que entouré d'ariens. Des lamentations épouvantables remplirent toute la ville, mais particulièrement la demeure des principaux magistrats. Là, les catho­liques se plaignaient que leur évèque eût été déposé sans aucun jugement canonique, que c'était pour plaire aux ariens qu'on se permettait ces procédés inouïs. S'il y avait des plaintes contre l’évêque, il fallait assembler le peuple, et, en sa présence, exa­miner le tout d'après les lois ecclésiastiques. L’évêque fût-il coupable, on ne pouvait .pas imposer à l'E­glise un évêque étranger, un homme vendu, un arien. Ainsi parlait le peuple.

C'était, précisément le saint temps de carême, la préparation à la fête des souf­frances du Sauveur; les églises étaient par consé­quent très-fréquentées. Le pauvre peuple affluait en­core à l'église, comme si elle ne pouvait être envahie et profanée par l’évêque intrus, tant que lui-même y serait. Mais Grégoire s'avança avec des soldats ; des poldève et des païens furent requis par Philagre pour prendre part à l'assaut! Ils pénétrèrent avec des ar­mes de toute espèce : les vierges consacrées à Dieu furent dépouillées et maltraitées, les ascètes foulés aux pieds et battus à mort, les sanctuaires profanés, l'église pillée et livrée aux flammes. Il y eut des ca­tholiques tués à coups d'épée, il y en eut d'autres confisqués et vendus comme esclaves. Grégoire, es­corté du gouverneur, renouvela des horreurs pareilles dans une seconde église, le jour même du Vendredi saint. Athanase se trouvait dans une autre. Pour pré­venir de plus grands malheurs et ne pas voir lès mê­mes abominations répétées partout, il prit la fuite. En effet, Philagre avait reçu ordre de le chercher et de lui couper la.tète. Force fut alors d'abandonner les églises aux ariens.

Le peuple se vit dans la nécessité ou de commu­niquer avec eux, ou de se priver de la prière en commun et du culte public
; Il ne lui était pas même loisible de prier chez soi ; car quiconque le faisait et n'assistait point aux assemblées ariennes, était mal­traité. Jamais il n'y avait eu persécution pareille.
(...)

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Message  gabrielle Dim 01 Avr 2012, 7:05 am

Guillaume a écrit:
Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin. Page 116. a écrit:

Pendant ce temps, le cappadocien Grégoire avait commencé son intrusion à Alexandrie à main armée. Pour le soutenir, Constance, qui présidait en quelque sorte à toutes ces manœuvres, avait nommé Philagre pour la seconde fois préfet d'Egypte. Il était de Cappadoce, comme Grégoire, mais, de plus, apostat et sans mœurs. Les eusébiens en avaient déjà éprouvé le talent pour persécuter les catholiques, quand ils firent les informations dans la Maréote. D'après les . ordres qu'il avait reçus, il annonça donc, par forme d'édit, que Grégoire était le nouvel évèque envoyé par la cour. Comme jusque-là on n'avait entendu parler de rien, une consternation extraordinaire s'em­para de tous les esprits. Bientôt on vit le nouvel évè­que entouré d'ariens. Des lamentations épouvantables remplirent toute la ville, mais particulièrement la demeure des principaux magistrats. Là, les catho­liques se plaignaient que leur évèque eût été déposé sans aucun jugement canonique, que c'était pour plaire aux ariens qu'on se permettait ces procédés inouïs. S'il y avait des plaintes contre l’évêque, il fallait assembler le peuple, et, en sa présence, exa­miner le tout d'après les lois ecclésiastiques. L’évêque fût-il coupable, on ne pouvait .pas imposer à l'E­glise un évêque étranger, un homme vendu, un arien. Ainsi parlait le peuple.

C'était, précisément le saint temps de carême, la préparation à la fête des souf­frances du Sauveur; les églises étaient par consé­quent très-fréquentées. Le pauvre peuple affluait en­core à l'église, comme si elle ne pouvait être envahie et profanée par l’évêque intrus, tant que lui-même y serait. Mais Grégoire s'avança avec des soldats ; des poldève et des païens furent requis par Philagre pour prendre part à l'assaut! Ils pénétrèrent avec des ar­mes de toute espèce : les vierges consacrées à Dieu furent dépouillées et maltraitées, les ascètes foulés aux pieds et battus à mort, les sanctuaires profanés, l'église pillée et livrée aux flammes. Il y eut des ca­tholiques tués à coups d'épée, il y en eut d'autres confisqués et vendus comme esclaves. Grégoire, es­corté du gouverneur, renouvela des horreurs pareilles dans une seconde église, le jour même du Vendredi saint. Athanase se trouvait dans une autre. Pour pré­venir de plus grands malheurs et ne pas voir lès mê­mes abominations répétées partout, il prit la fuite. En effet, Philagre avait reçu ordre de le chercher et de lui couper la.tète. Force fut alors d'abandonner les églises aux ariens.

Le peuple se vit dans la nécessité ou de commu­niquer avec eux, ou de se priver de la prière en commun et du culte public
; Il ne lui était pas même loisible de prier chez soi ; car quiconque le faisait et n'assistait point aux assemblées ariennes, était mal­traité. Jamais il n'y avait eu persécution pareille.
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Message  Louis Dim 01 Avr 2012, 7:51 am

En raison de vos manipulations d'éditions de vos messages, ce procédé étant malhonnête, vous êtes suspendus jusqu'au 15 avril 2012.

Bien à vous.

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Message  Invité Sam 21 Avr 2012, 3:50 pm

Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin. Page 116. a écrit:

Après l'invasion de cet intrus, saint Athanase se tint , caché quelque temps dans le voisinage d'Alexandrie, pour voir un peu les suites. Il écrivit alors une lettre-circulaire à tous les évêques, où il fait connaître publiquement l'histoire de l'intrusion du nouvel évèque. A la fin , il les presse de ne pas rester indifférents au grand malheur de l'Eglise d'Alexandrie; de ne pas laisser fouler aux pieds par les hérétiques un membre si distingué du corps de l'Eglise universelle, mais de compatir à ses souffrances; car l'apôtre dit que quand un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui ; qu'il faut pleurer avec ceux qui pleurent. Or, l'outrage d'une église devait être regardé comme l'outrage de toutes les églises; le Sauveur de toutes était blasphémé, les lois de toutes opprimées. C'est pourquoi ils ne devaient pas reconnaître Grégoire ni lui envoyer de lettres de communion, mais se prononcer contre lui, et, en compatissant aux évêques et au peuple de l'Egypte, leur donner l'assurance qu'ils n'étaient ni seuls ni abandonnés, afin qu'ils se pussent réjouir de l'unité de la foi en Jésus-Christ,

Cependant saint Athanase, après avoir rempli ses obligations envers son Eglise d'Alexandrie et envers l'Eglise universelle, s'embarqua pour Rome, où il était appelé, afin de provoquer une décision finale contre les eusébiens, dans le concile qu'ils avaient eux-mêmes demandé. Le Pape était l'unique soutien du grand nombre des persécutés; car non-seulement saint Athanase, mais Marcel d'Ancyre et Asclépas de Gaze, chassés tous deux de nouveau, de plus un, grand nombre d'évêques de Thrace, de Syrie, de Phénicie et de Palestine, s'étaient-réfugiés auprès de lui, afin d'être tenus par le chef comme membres du corps. Socrate dit : « Quand ils eurent instruit Jules de ce qui les concernait, celui-ci, selon la prérogative de l'Eglise romaine, les munit de lettres où il s'exprimait avec une grande autorité, les renvoya en Orient, après avoir rendu à chacun d'eux, son siège, et blâmé fortement ceux qui avaient eu la témérité de les déposer. Etant donc partis de Rome, et appuyés sur les rescrits de l'évêque Jules, ils reprirent possession de leurs églises, et envoyèrent les lettres à ceux à qui elles étaient adressées (Soc., ' 1. 2, c. 15). » Sozomène dit de son côté : « L'évêque de Rome ayant examiné la cause de chacun, et, les voyant tous d'accord en la foi du concile de Nicée, les reçut à sa communion, attendu qu'ils pensaient comme lui. Et parce que le soin de tout lui appartient en vertu de la dignité de son trône, il rendit à chacun son église (Sozom., 1. 3, c. 8 ). » C'est ainsi que parlent ces deux historiens grecs, nés une quarantaine d'années après la conclusion de ces affaires, une dizaine après la mort de saint Athanase.

(…) Jules envoya aux eusébiens les prêtres Elpide et Philoxène, afin qu'ils vinssent d'autant plus sûrement au concile qu'ils avaient eux-mêmes provoqué. Mais eux s'épouvantaient d'un jugement libre ecclésiastique, et avaient peur d'Athanase. Ils osèrent même retenir les légats plusieurs mois ; puis, en les congédiant, ils leur donnèrent pour Jules une lettre composée, dit Sozomène (Ibid., c. 8 ), avec tous les artifices de la rhétorique et de la chicane, respirant l'ironie et la menace. Elle portait que la sollicitude de l'Eglise romaine était universellement connue ; car, dès l'origine, elle a été l'école des apôtres et la métropole de la piété, quoique les docteurs de la foi lui fussent venus de l'Orient. Eux, toutefois, ne croyaient pas devoir lui céder à cause de sa grandeur et de la multitude de son peuple, attendu qu’ils lui étaient supérieurs en vertus et en sentiments. On voit ici le caractère indélébile de tous les sectaires. Ne pouvant nier la primauté de Rome, ils la tournent en dérision. Les expressions de respect sont des équivoques moqueuses. Le mot grec que nous avons rendu par sollicitude, signifie encore rivalité, ambition. Le mot que nous avons rendu par école des apôtres, est en grec le même qu'emploie Aristophane pour désigner ridiculement la maison de Socrate, et peut se rendre trivialement par boutique-à-penser. On voit quel esprit animait les eusébiens. Après cela, ils faisaient un crime à Jules d'avoir reçu Athanase, et s'indignaient de ce que leur concile à eux était ainsi vilipendé et leur jugement abrogé. Que cela était contraire aux lois de l'Eglise : aussi leurs prédécesseurs avaient-ils respecté la décision de l'Eglise romaine contre Novatien. Que c'était dans un esprit de partialité que Jules préférait la communion d'Athanase à la leur. Ils disaient à la fin que, quoique très-offensés, ils continueraient cependant la communion avec Jules, s'il approuvait la déposition de ceux qu'ils avaient chassés et l'institution de ceux qu'ils avaient ordonnés à leur place. Sinon, ils lui annonçaient tout le contraire. Quant à ce qu'ils avaient fait contre les décrets du concile de Nicée, ils ne répondirent rien, si ce n'est qu'ils avaient eu des raisons pour le faire, et qu'il était inutile de les dire, puisqu'on les accusait sur tout. Pour ce qui est de venir au concile de Rome, ils ne le pouvaient pas, parce que le terme était trop court, et que, d'ailleurs, ils en étaient empêchés par la guerre des Perses. Voilà comme s'excusaient, ou plutôt comme se jouaient les eusébiens.
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Message  ROBERT. Sam 21 Avr 2012, 3:55 pm

Sauvegarde
Spoiler:
Guillaume a écrit:
Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin. Page 116. a écrit:

Après l'invasion de cet intrus, saint Athanase se tint , caché quelque temps dans le voisinage d'Alexandrie, pour voir un peu les suites. Il écrivit alors une lettre-circulaire à tous les évêques, où il fait connaître publiquement l'histoire de l'intrusion du nouvel évèque. A la fin , il les presse de ne pas rester indifférents au grand malheur de l'Eglise d'Alexandrie; de ne pas laisser fouler aux pieds par les hérétiques un membre si distingué du corps de l'Eglise universelle, mais de compatir à ses souffrances; car l'apôtre dit que quand un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui ; qu'il faut pleurer avec ceux qui pleurent. Or, l'outrage d'une église devait être regardé comme l'outrage de toutes les églises; le Sauveur de toutes était blasphémé, les lois de toutes opprimées. C'est pourquoi ils ne devaient pas reconnaître Grégoire ni lui envoyer de lettres de communion, mais se prononcer contre lui, et, en compatissant aux évêques et au peuple de l'Egypte, leur donner l'assurance qu'ils n'étaient ni seuls ni abandonnés, afin qu'ils se pussent réjouir de l'unité de la foi en Jésus-Christ,

Cependant saint Athanase, après avoir rempli ses obligations envers son Eglise d'Alexandrie et envers l'Eglise universelle, s'embarqua pour Rome, où il était appelé, afin de provoquer une décision finale contre les eusébiens, dans le concile qu'ils avaient eux-mêmes demandé. Le Pape était l'unique soutien du grand nombre des persécutés; car non-seulement saint Athanase, mais Marcel d'Ancyre et Asclépas de Gaze, chassés tous deux de nouveau, de plus un, grand nombre d'évêques de Thrace, de Syrie, de Phénicie et de Palestine, s'étaient-réfugiés auprès de lui, afin d'être tenus par le chef comme membres du corps. Socrate dit : « Quand ils eurent instruit Jules de ce qui les concernait, celui-ci, selon la prérogative de l'Eglise romaine, les munit de lettres où il s'exprimait avec une grande autorité, les renvoya en Orient, après avoir rendu à chacun d'eux, son siège, et blâmé fortement ceux qui avaient eu la témérité de les déposer. Etant donc partis de Rome, et appuyés sur les rescrits de l'évêque Jules, ils reprirent possession de leurs églises, et envoyèrent les lettres à ceux à qui elles étaient adressées (Soc., ' 1. 2, c. 15). » Sozomène dit de son côté : « L'évêque de Rome ayant examiné la cause de chacun, et, les voyant tous d'accord en la foi du concile de Nicée, les reçut à sa communion, attendu qu'ils pensaient comme lui. Et parce que le soin de tout lui appartient en vertu de la dignité de son trône, il rendit à chacun son église (Sozom., 1. 3, c. 8 ). » C'est ainsi que parlent ces deux historiens grecs, nés une quarantaine d'années après la conclusion de ces affaires, une dizaine après la mort de saint Athanase.

(…) Jules envoya aux eusébiens les prêtres Elpide et Philoxène, afin qu'ils vinssent d'autant plus sûrement au concile qu'ils avaient eux-mêmes provoqué. Mais eux s'épouvantaient d'un jugement libre ecclésiastique, et avaient peur d'Athanase. Ils osèrent même retenir les légats plusieurs mois ; puis, en les congédiant, ils leur donnèrent pour Jules une lettre composée, dit Sozomène (Ibid., c. 8 ), avec tous les artifices de la rhétorique et de la chicane, respirant l'ironie et la menace. Elle portait que la sollicitude de l'Eglise romaine était universellement connue ; car, dès l'origine, elle a été l'école des apôtres et la métropole de la piété, quoique les docteurs de la foi lui fussent venus de l'Orient. Eux, toutefois, ne croyaient pas devoir lui céder à cause de sa grandeur et de la multitude de son peuple, attendu qu’ils lui étaient supérieurs en vertus et en sentiments. On voit ici le caractère indélébile de tous les sectaires. Ne pouvant nier la primauté de Rome, ils la tournent en dérision. Les expressions de respect sont des équivoques moqueuses. Le mot grec que nous avons rendu par sollicitude, signifie encore rivalité, ambition. Le mot que nous avons rendu par école des apôtres, est en grec le même qu'emploie Aristophane pour désigner ridiculement la maison de Socrate, et peut se rendre trivialement par boutique-à-penser. On voit quel esprit animait les eusébiens. Après cela, ils faisaient un crime à Jules d'avoir reçu Athanase, et s'indignaient de ce que leur concile à eux était ainsi vilipendé et leur jugement abrogé. Que cela était contraire aux lois de l'Eglise : aussi leurs prédécesseurs avaient-ils respecté la décision de l'Eglise romaine contre Novatien. Que c'était dans un esprit de partialité que Jules préférait la communion d'Athanase à la leur. Ils disaient à la fin que, quoique très-offensés, ils continueraient cependant la communion avec Jules, s'il approuvait la déposition de ceux qu'ils avaient chassés et l'institution de ceux qu'ils avaient ordonnés à leur place. Sinon, ils lui annonçaient tout le contraire. Quant à ce qu'ils avaient fait contre les décrets du concile de Nicée, ils ne répondirent rien, si ce n'est qu'ils avaient eu des raisons pour le faire, et qu'il était inutile de les dire, puisqu'on les accusait sur tout. Pour ce qui est de venir au concile de Rome, ils ne le pouvaient pas, parce que le terme était trop court, et que, d'ailleurs, ils en étaient empêchés par la guerre des Perses. Voilà comme s'excusaient, ou plutôt comme se jouaient les eusébiens.
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Message  Invité Mer 25 Avr 2012, 7:09 am

Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin. a écrit:

Jules répondit avec la véritable dignité d'un pasteur suprême, avec autant de franchise et d'énergie que de douceur chrétienne, avec la simplicité et la cordialité d'un apôtre, non moins qu'avec le zèle et l'incorruptibilité d'un protecteur de l'innocence opprimée. La lettre était écrite à la prière du concile de Rome, qui, après un soigneux examen, avait absous Athanase et Marcel. Jules disait dans l'exorde : « J'ai lu la lettre que m'ont apportée mes prêtres Elpidius et Philoxène, et je me suis étonné que, vous ayant écrit avec charité et dans la sincérité de mon cœur, vous m'ayez répondu avec un esprit de contention et non pas comme il était convenable ; car la lettre respire l'orgueil et l'arrogance : ce qui est éloigné de la foi chrétienne. A ce qui vous avait été écrit avec charité, il fallait répondre avec une charité égale, et non pas avec un esprit de dispute. Car n'était-ce pas une marque de charité d'avoir envoyé des prêtres pour compatir aux affligés et pour exhorter à venir ceux qui m'avaient écrit, afin de régler promptement toutes choses et de faire cesser les souffrances de nos frères, ainsi que les plaintes que l'on faisait contre vous? Quand j'eus lu votre lettre, après y avoir bien réfléchi, je la gardai par-devers moi sans la faire, voir, espérant toujours que quelqu'un viendrait de votre part et que je ne serais pas obligé de la publier; car je savais combien elle affligerait beaucoup des nôtres! Comme personne ne venait et qu'il devint nécessaire de la rendre publique, je vous avoue que tout le monde en fut étonné et eut de la peine à croire que vous l'eussiez écrite; car c'était une lettre de contention plutôt que de charité. Si celui, qui en est l'auteur a cherché la gloire de l'éloquence, ce motif conviendrait mieux à d'autres: Dans les affaires ecclésiastiques, il ne s'agit pas d'ostentation de paroles, mais des canons apostoliques et de la sollicitude à ne scandaliser pas un des plus petits de l'Eglise.

« Que si la cause de votre lettre est le chagrin et l'animosité que quelques petits esprits ont conçu les uns contre les autres, il ne fallait pas que le soleil se couchât sur leur colère, ou du moins qu'elle fut poussée jusqu'à la montrer par écrit. Car enfin, quel sujet vous en ai-je donné par ma lettre? Est-ce parce que je vous ai exhortés à vous trouver à un concile? Vous deviez plutôt vous en réjouir. Ceux qui se tiennent assurés de leur conduite ne trouvent pas mauvais qu'elle soit examinée par d'autres, ne craignant pas que ce qu'ils ont bien jugé devienne jamais injuste. C'est pourquoi le grand concile de Nicée a permis que les décrets d'un concile fussent examinés dans un autre afin que les juges, ayant devant les yeux le jugement qui pourra suivre, soient plus exacts dans l'examen des affaires, et que les parties ne croient pas avoir été jugées par passion. Vous ne pouvez honnêtement rejeter cette règle; car ce qui a une fois passé en coutume dans l'Eglise, et ce qui est confirmé par les conciles, ne doit pas être aboli par un petit nombre. »

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Message  gabrielle Mer 25 Avr 2012, 7:11 am

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Guillaume a écrit:
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Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin. a écrit:

Jules répondit avec la véritable dignité d'un pasteur suprême, avec autant de franchise et d'énergie que de douceur chrétienne, avec la simplicité et la cordialité d'un apôtre, non moins qu'avec le zèle et l'incorruptibilité d'un protecteur de l'innocence opprimée. La lettre était écrite à la prière du concile de Rome, qui, après un soigneux examen, avait absous Athanase et Marcel. Jules disait dans l'exorde : « J'ai lu la lettre que m'ont apportée mes prêtres Elpidius et Philoxène, et je me suis étonné que, vous ayant écrit avec charité et dans la sincérité de mon cœur, vous m'ayez répondu avec un esprit de contention et non pas comme il était convenable ; car la lettre respire l'orgueil et l'arrogance : ce qui est éloigné de la foi chrétienne. A ce qui vous avait été écrit avec charité, il fallait répondre avec une charité égale, et non pas avec un esprit de dispute. Car n'était-ce pas une marque de charité d'avoir envoyé des prêtres pour compatir aux affligés et pour exhorter à venir ceux qui m'avaient écrit, afin de régler promptement toutes choses et de faire cesser les souffrances de nos frères, ainsi que les plaintes que l'on faisait contre vous? Quand j'eus lu votre lettre, après y avoir bien réfléchi, je la gardai par-devers moi sans la faire, voir, espérant toujours que quelqu'un viendrait de votre part et que je ne serais pas obligé de la publier; car je savais combien elle affligerait beaucoup des nôtres! Comme personne ne venait et qu'il devint nécessaire de la rendre publique, je vous avoue que tout le monde en fut étonné et eut de la peine à croire que vous l'eussiez écrite; car c'était une lettre de contention plutôt que de charité. Si celui, qui en est l'auteur a cherché la gloire de l'éloquence, ce motif conviendrait mieux à d'autres: Dans les affaires ecclésiastiques, il ne s'agit pas d'ostentation de paroles, mais des canons apostoliques et de la sollicitude à ne scandaliser pas un des plus petits de l'Eglise.

« Que si la cause de votre lettre est le chagrin et l'animosité que quelques petits esprits ont conçu les uns contre les autres, il ne fallait pas que le soleil se couchât sur leur colère, ou du moins qu'elle fut poussée jusqu'à la montrer par écrit. Car enfin, quel sujet vous en ai-je donné par ma lettre? Est-ce parce que je vous ai exhortés à vous trouver à un concile? Vous deviez plutôt vous en réjouir. Ceux qui se tiennent assurés de leur conduite ne trouvent pas mauvais qu'elle soit examinée par d'autres, ne craignant pas que ce qu'ils ont bien jugé devienne jamais injuste. C'est pourquoi le grand concile de Nicée a permis que les décrets d'un concile fussent examinés dans un autre afin que les juges, ayant devant les yeux le jugement qui pourra suivre, soient plus exacts dans l'examen des affaires, et que les parties ne croient pas avoir été jugées par passion. Vous ne pouvez honnêtement rejeter cette règle; car ce qui a une fois passé en coutume dans l'Eglise, et ce qui est confirmé par les conciles, ne doit pas être aboli par un petit nombre. »
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Message  Invité Ven 27 Avr 2012, 2:12 am

Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin. a écrit:

Il leur représente ensuite combien ils sont déraisonnables de se plaindre d'avoir été appelés à ce concile, puisqu'il avait été demandé par leurs propres députés, le prêtre Macaire et les diacres Martyrius et Hésychius, qui se trouvaient confondus par les députés d'Athanase. De là, il passe à une autre plainte. Chaque concile, disaient les eusébiens, doit avoir une autorité inébranlable, et c'est déshonorer le juge, que de faire examiner par d'autres son jugement : ce qu'ils disaient principalement pour soutenir leurs conciles de Tyr et de Constantinople. A quoi Jules répond ainsi : « Voyez, mes chers frères, qui sont ceux qui déshonorent un concile et qui renversent les jugements déjà prononcés? Et, pour ne charger personne en particulier, je me borne à ce qui vient d'être fait. Les ariens, qu'Alexandre, évêque d'Alexandrie, d'heureuse mémoire, avait chassés; qui avaient été non-seulement excommuniés dans chaque ville, mais anathématisés par tout le concile de Nicée, et dont le crime était si grand, puisqu'ils s'attaquaient, non pas à un homme, mais, à Jésus-Christ même, le Fils du Dieu vivant : on dit que ces ariens rejetés par toute la terre et notés d'infamie dans toute l'Eglise, sont maintenant, reçus. Je ne crois pas que vous-mêmes puissiez l'apprendre sans indignation. Qui sont donc ceux qui déshonorent les conciles? ne sont-ce pas ceux qui comptent pour rien les suffrages des trois cents évêques, et qui préfèrent l'impiété à la piété? Car l'hérésie des ariens a été condamnée et proscrite par tous les évêques du monde; mais Athanase et Marcel en ont un grand nombre qui parlent et écrivent pour eux. On nous a rendu témoignage que Marcel avait résisté aux ariens dans le concile de Nicée; qu'Athanase n'avait pas été convaincu dans le concile de Tyr, et qu'il n'était pas présent dans la Maréote, où l'on prétend avoir fait des procédures contre lui. Or, vous savez, mes bien-aimés, que ce qui se fait en l'absence d'une des parties, est nul et suspect. Nonobstant tout cela, pour connaître exactement la vérité et ne recevoir de préjugé, ni, contre vous ni contre ceux qui nous ont écrit en leur faveur, nous les avons tous pressés de venir, afin de tout examiner dans un concile , et de ne pas condamner l'innocent ou absoudre le coupable. Ce n'est donc pas nous qui déshonorons aucun concile, mais ceux qui, contre la sentence des juges, reçoivent les ariens condamnés par tout le monde.

Qu'ainsi soit nous le savons par ce qui s'est passé à Alexandrie, par un certain Carpone, qui, chassé par Alexandre à cause de l'hérésie d'Arius, accompagné de quelques autres chassés également pour la même hérésie, est venu ici, envoyé par un certain Grégoire. Nous le savons encore de vos députés; car avant l'arrivée des prêtres d'Athanase ils nous pressaient d'envoyer des lettres à un certain Piste à Alexandrie. Mais les prêtres d'Athanase, survenant, firent connaître que ce Piste était un arien, excommunié par l’évêque Alexandre et le concile de Nicée, ensuite ordonné par un certain Second, également chassé comme arien par le grand concile. Vos députés ne purent en disconvenir. Considérez maintenant qui sont ceux qui méritent le blâme, de nous, qu'on n'a pu persuader d'écrire à l'arien Piste, ou de ceux qui nous conseillaient de mépriser le grand concile et d'envoyer des lettres à des impies comme à des hommes pieux.

« Que si, comme vous l'écrivez, d'après l'exemple de Novat et de Paul de Samosate, il faut que ces décrets des conciles conservent leur force, il ne fallait pas infirmer la décision des trois cents, il ne fallait pas que le concile universel fût méprisé par un petit nombre; car les ariens sont hérétiques aussi bien que ceux-là, les sentences qui ont condamné les uns et les autres sont semblables. Maintenant donc qu'on a osé de pareilles choses, qui sont ceux qui ont rallumé le feu de la discorde? C'est nous que vous en accusez dans vos lettres. Quoi ! nous avons ramené la discorde parce que nous avons compati à des frères qui souffrent et que nous avons tout fait selon la règle? Ne sont-ce pas plutôt ceux qui, par contention et contrairement à la règle, ont violé les décrets des trois cents et déshonoré le concile en tout? Car non-seulement les ariens ont été reçus, mais des évêques ont cherché à passer d'un lieu à un autre. Si vous croyez véritablement que la dignité épiscopale est égale partout, et si, comme vous dites, vous ne jugez point des évêques par la grandeur des villes, il fallait que celui à qui on en avait confié une petite y demeurât, sans passer à celle dont il n'est pas chargé, ni mépriser celle qu'il a reçue de Dieu, et Dieu même qui l'y a mis, pour rechercher la vaine gloire des hommes. »

On ne pouvait, avec plus de finesse, de ménagement et de dignité, tourner contre les eusébiens un reproche qu'ils avaient voulu faire à l'Église romaine. La translation d'Eusèbe de Béryte à Nicomédie, de Nicomédie à Constantinople, était flagrante. Toute la lettre du Pape est aussi merveilleuse; c'est un chef-d'œuvre.

Les eusébiens se plaignaient de la brièveté du terme que Jules leur avait donné pour venir au concile ; il leur montre que ce n'est qu'un prétexte puisqu'ils ne se sont pas même mis en chemin et qu'ils avaient retenu si; longtemps ses prêtres ; c'est donc seulement une preuve qu'ils se déliaient de leur cause. La guerre des Perses n'avait aucun rapport avec un voyage d'Italie; du moins, avant tout, elle aurait dû les empêcher de causer des schismes, des afflictions et des pleurs dans les Églises. Les eusébiens se plaignaient encore qu'il n'avait écrit qu'à Eusèbe seul, et non à eux tous ; il dit qu'il n'a dû répondre qu'à ceux qui lui avaient écrit.

« Au reste, vous devez savoir que, si je vous ai écrit seul, ce n'est pas le sentiment de moi seul, mais encore de tous les évêques. d'Italie et de ces pays-ci; je n'ai pas voulu les faire écrire tous, de peur que ce ne fût à plusieurs une charge onéreuse. Mais, encore à présent les évêques sont venus au jour nommé et ont été du même avis, tel que je vous le marque de nouveau dans ma lettre. Ainsi, mes bien-aimés, quoique je vous écrive seul, sachez cependant que c'est le sentiment de tout le monde. »
Il vient ensuite au fond de l'affaire, et montre que ce n'est ni légèrement ni injustement qu'il a reçu à sa communion saint Athanase et Marcel d'Ancyre.
(…)


Dernière édition par Guillaume le Sam 19 Mai 2012, 8:03 am, édité 1 fois

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Message  Sandrine Ven 27 Avr 2012, 2:18 am

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Guillaume a écrit:
Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin. a écrit:
Il leur représente ensuite combien ils sont dérai¬sonnables de se plaindre d'avoir été appelés à ce concile, puisqu'il avait été demandé par leurs pro¬pres députés, le prêtre Macaire et les diacres Martyrius et Hésychius, qui se trouvaient confondus par les députés d'Athanase. De là, il passe à une autre plainte. Chaque concile, disaient les eusé¬biens, doit avoir une autorité inébranlable, et c'est déshonorer le juge, que. de faire examiner par d'autres son jugement : ce qu'ils disaient principale¬ment pour soutenir leurs conciles de Tyr et de Cons¬tantinople. A quoi Jules répond-ainsi : « Voyez, mes chers frères, qui sont ceux qui déshonorent un concile et qui renversent les jugements déjà pro¬noncés? Et, pour ne charger personne en particulier, je me borne à ce qui vient d'être fait. Les ariens, qu'Alexandre, évêque d'Alexandrie, d'heu¬reuse mémoire, avait chassés; qui avaient été non- seulement excommuniés dans chaque ville, mais anathématisés par tout le concile de Nicée, et dont le crime était si grand, puisqu'ils s'attaquaient, non pas à un homme, mais, à Jésus-Christ même, le Fils du Dieu vivant : on dit que ces ariens rejetés par toute la terre et notés d'infamie dans toute l'Eglise, sont maintenant, reçus. Je ne crois pas que vous-mêmes puissiez l'apprendre sans indignation. Qui .sont donc ceux qui déshonorent les conciles? ne sont-ce pas ceux qui comptent pour rien les suffrages des trois .cents évêques, et qui préfèrent l'impiété à la piété? Car l'hérésie des ariens a été condamnée et proscrite par tous les évêques du monde; mais Athanase et Marcel en ont un grand nombre qui parlent et écrivent pour eux. On nous a rendu témoignage que Marcel avait résisté aux ariens dans le concile de Nicée; qu'Athanase n'avait pas été convaincu dans le concile de Tyr, et qu'il n'était pas présent dans la Maréote, où l'on prétend avoir fait des procédures contre lui. Or, vous savez, mes bien-aimés, que ce qui se fait en l'absence d'une des parties, est nul et suspect. Nonobstant tout cela, pour connaître exactement la vérité et ne recevoir de préjugé, ni, contre vous ni contre ceux qui nous ont écrit en leur faveur, nous les avons tous pressés de venir, afin de tout examiner dans un concile , et de ne pas condamner l'innocent ou absoudre le coupable. Ce n'est donc pas nous qui déshonorons aucun concile, mais ceux qui, contre la sentence des juges, reçoivent les ariens condamnés par tout le monde.

Ce n'est pas le sentiment de moi seul, mais encore de tous les évêques. d'Italie et de ces pays-ci; je n'ai pas voulu les faire écrire tous, de peur que ce ne fût à plusieurs une charge onéreuse. Mais, encore à présent les évêques sont venus au jour nommé et ont été du même avis, tel que je vous le marque de nouveau dans ma lettre. Ainsi, mes bien-aimés, quoique je vous écrive seul, sachez cependant que c'est le sentiment de tout le monde. »
Il vient ensuite au fond de l'affaire, et montre que ce n'est ni légèrement ni injustement qu'il a reçu à sa communion saint Athanase et Marcel d'Ancyre.
(…)
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Message  Invité Lun 30 Avr 2012, 6:45 am

Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin a écrit:

Les lettres et les efforts du pape Jules n'obtinrent pas de suite tout leur effet. Il leur fallut encore du temps et des négociations. D'abord il informa l'empereur Constant, qui écrivit à Constance, son frère, le priant de lui envoyer trois évêques pour rendre compte de la déposition de Paul et d'Athanase. Constance en envoya quatre, qui vinrent en Gaule comme députés du concile d'Antioche. Maximin de Trêves ne voulut point les recevoir, et eux ne voulurent point accepter de conférence avec saint Athanase, prétendant justifier leur procédé et soutenir le jugement des Orientaux. Et comme on leur demanda leur profession de foi, ils cachèrent celle qui avait été publiée à Antioche, c'est-à-dire la seconde, et présentèrent à l'empereur Constant la quatrième, composée quelques mois après. Il vit ainsi qu'ils avaient persécuté ces deux évêques sans sujet, et que ce n'était pour aucun crime, comme ils prétendaient, mais parce qu'ils ne, convenaient pas avec eux de la doctrine, ce qui obligea l'empereur à les renvoyer, sans se laisser persuader à leurs discours (Soc., 1. 2, c. 18; Soz., 1. 3, c. 10).

Les eusèbiens se voyant suspects aux Occidentaux, s'assemblèrent à Antioche l'an 345, et firent une cinquième profession de foi très-longue. Sans nommer les ariens, ils en condamnaient les principales propositions ; mais ils condamnèrent en même temps Marcel d'Ancyre et son disciple Photin, évêque de Sirmium. Ce dernier se trouva vraiment condamnable. Ils envoyèrent leur longue formule à Milan, où se trouvaient assemblés plusieurs évêques, ainsi que saint Athanase, que l'empereur Constant y avait fait venir. Les Occidentaux répondirent simplement qu'ils se contentaient de la foi de Nicée sans rien chercher au-delà, et refusèrent de souscrire la nouvelle formule. Au contraire, ils pressèrent les députés orientaux de condamner nommément la doctrine d'Arius, ce qu'ils refusèrent, et se retirèrent en colère du concile de Milan : c'était l'an 346. Cependant, à la prière du pape saint Jules et d'autres évêques, l'empereur Constant avait écrit à son frère Constance, pour assembler un concile d'Orient et d'Occident, afin de réunir l'Eglise divisée, et de rétablir Athanase et Paul dans leurs sièges. On convint de part et d'autre de tenir un concile à Sardique en Illyrie, aux confins des deux empires. Il y fut convoqué par l'autorité du pape saint Jules; car Socrate nous apprend que quelques Orientaux l'accusèrent d'avoir fixé un terme trop court (Soc., I. -2, c. 16 ; Niceph., I. 9, c. 12).


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Message  Sandrine Lun 30 Avr 2012, 6:45 am

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Guillaume a écrit:
Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin a écrit:

Les lettres et les efforts du pape Jules n'obtinrent pas de suite tout leur effet. Il leur fallut encore du temps et des négociations. D'abord il informa l'empereur Constant, qui écrivit à Constance, son frère, le priant de lui envoyer trois évêques pour rendre compte de la déposition de Paul et d'Athanase. Constance en envoya quatre, qui vinrent en Gaule comme députés du concile d'Antioche. Maximin de Trêves ne voulut point les recevoir, et eux ne voulurent point accepter de conférence avec saint Athanase, prétendant justifier leur procédé et soutenir le jugement des Orientaux. Et comme on leur demanda leur profession de foi, ils cachèrent celle qui avait été publiée à Antioche, c'est-à-dire la seconde, et présentèrent à l'empereur Constant la quatrième, composée quelques mois après. Il vit ainsi qu'ils avaient persécuté ces deux évêques sans sujet, et que ce n'était pour aucun crime, comme ils prétendaient, mais parce qu'ils ne, convenaient pas avec eux de la doctrine, ce qui obligea l'empereur à les renvoyer, sans se laisser persuader à leurs discours (Soc., 1. 2, c. 18; Soz., 1. 3, c. 10).

Les eusèbiens se voyant suspects aux Occidentaux, s'assemblèrent à Antioche l'an 345, et firent une cinquième profession de foi très-longue. Sans nommer les ariens, ils en condamnaient les principales propositions ; mais ils condamnèrent en même temps Marcel d'Ancyre et son disciple Photin, évêque de Sirmium. Ce dernier se trouva vraiment condamnable. Ils envoyèrent leur longue formule à Milan, où se trouvaient assemblés plusieurs évêques, ainsi que saint Athanase, que l'empereur Constant y avait fait venir. Les Occidentaux répondirent simplement qu'ils se contentaient de la foi de Nicée sans rien chercher au-delà, et refusèrent de souscrire la nouvelle formule. Au contraire, ils pressèrent les députés orientaux de condamner nommément la doctrine d'Arius, ce qu'ils refusèrent, et se retirèrent en colère du concile de Milan : c'était l'an 346. Cependant, à la prière du pape saint Jules et d'autres évêques, l'empereur Constant avait écrit à son frère Constance, pour assembler un concile d'Orient et d'Occident, afin de réunir l'Eglise divisée, et de rétablir Athanase et Paul dans leurs sièges. On convint de part et d'autre de tenir un concile à Sardique en Illyrie, aux confins des deux empires. Il y fut convoqué par l'autorité du pape saint Jules; car Socrate nous apprend que quelques Orientaux l'accusèrent d'avoir fixé un terme trop court (Soc., I. -2, c. 16 ; Niceph., I. 9, c. 12).

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Message  Invité Mar 01 Mai 2012, 7:16 am

Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin. Page 122 a écrit:


Le concile s'assembla donc en 347.
(…) Les Orientaux, ou plutôt les eusébiens qui les dominaient, amenaient avec eux des pédagogues et des avocats, le comte Musonien et Hésychius, général d'armée. Avec leur puissance, ils se croyaient maîtres du concile : c'est pourquoi ils y vinrent avec beaucoup d'empressement.

Mais quand ils virent que les Occidentaux n'avaient à leur tête qu'Osius [évêque de Cordoue] et les légats du pape Jules, et que ce concile serait un jugement purement ecclésiastique, sans assistance de comte ni de soldats, ils furent surpris et troublés par les remords de leur conscience. Ils s'étaient imaginé que saint Athanase et les autres accusés n'oseraient pas même se présenter ; cependant ils les voyaient comparaître hardiment. Ils voyaient qu'il était venu contre eux-mêmes des accusateurs de diverses églises, avec les preuves en main ; que quelques-uns de ceux qu'ils avaient fait bannir, se représentaient avec les chaînes dont on les avait chargés; que des évêques venaient parler pour d'autres qui étaient encore exilés; que des parents et des amis de ceux qu'ils avaient fait mourir se présentaient ; que d'autres évêques racontaient comment, par des calomnies, ils avaient mis leur vie en péril, et avaient fait effectivement périr de leurs confrères, entre autres l'évêque Théodule, qui mourut dans sa fuite. Quelques-uns montraient les coups d'épée qu'ils avaient reçus ; d'autres se plaignaient de la faim qu'on leur avait fait souffrir. Ce n'étaient pas seulement des particuliers, mais des églises entières, dont les députés représentaient les violences des soldats et de la populace, les menaces des juges, les suppositions de lettres fausses, les vierges dépouillées, les ministres sacrés jetés en prison, les églises incendiées ; et tout cela pour contraindre les catholiques à communiquer avec les ariens. Les eusébiens voyaient encore que deux évêques orientaux, Macaire de Palestine et Astérius d'Arabie, après avoir fait le voyage avec eux, les avaient quittés pour se réunir aux Occidentaux, à qui ils avaient découvert leurs fourberies et leurs alarmes.

Voyant tout cela, ils résolurent de venir à Sardique, pour témoigner de la confiance en leur cause; mais y étant arrivés, ils se renfermèrent dans le palais où ils étaient logés, et se dirent les uns aux autres : « Nous sommes venus pour une chose, et nous en voyons une autre ; nous avons amené des comtes, et le jugement se fait sans eux : nous serons assurément condamnés. Vous savez tous quels sont les ordres des empereurs : Athanase a les procédures de la Maréote, qui ne serviront qu'à le justifier et à nous couvrir de confusion. A quoi donc nous arrêtons-nous? Inventons des prétextes et nous retirons : il vaut mieux fuir, quelque honte qu'il y ait, que d’être convaincus et jugés calomniateurs. Si nous fuyons, nous pouvons encore soutenir notre parti : s'ils nous condamnent en notre absence, nous avons la protection de l'empereur, qui ne nous laissera pas chasser de nos églises. » Telles étaient les pensées des eusébiens. Osius et les autres évêques leur parlaient souvent, relevant la confiance de saint Athanase et des autres accusés : Si vous craignez le jugement, disaient-ils, pourquoi êtes-vous venus? il ne fallait pas venir, ou ne pas reculer ensuite. Voilà Athanase et ceux que vous accusiez en leur absence : ils se présentent, afin que vous puissiez les convaincre, si vous avez de quoi le faire. Si vous en faites semblant, sans le pouvoir, vous êtes des calomniateurs manifestes; et c'est le jugement que le concile portera de vous. (…)


Dernière édition par Guillaume le Mer 02 Mai 2012, 5:27 pm, édité 1 fois

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Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens Empty Re: Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens

Message  Louis Mar 01 Mai 2012, 7:20 am

Sauvegarde

Spoiler:
Guillaume a écrit:
Abbé Rohrbacher . Histoire universelle de l'Église catholique. Tome 3.
Livre XXXII. Souffrances de l'Eglise sous Constantin a écrit:


Le concile s'assembla donc en 347.
(…) Les Orientaux, ou plutôt les eusébiens qui les dominaient, amenaient avec eux des pédagogues et des avocats, le comte Musonien et Hésychius, général d'armée. Avec leur puissance, ils se croyaient maîtres du concile : c'est pourquoi ils y vinrent avec beaucoup d'empressement.

Mais quand ils virent que les Occidentaux n'avaient à leur tête qu'Osius [évêque de Cordoue] et les légats du pape Jules, et que ce concile serait un jugement purement ecclésiastique, sans assistance de comte ni de soldats, ils furent surpris et troublés par les remords de leur conscience. Ils s'étaient imaginé que saint Athanase et les autres accusés n'oseraient pas même se présenter ; cependant ils les voyaient comparaître hardiment. Ils voyaient qu'il était venu contre eux-mêmes des accusateurs de diverses églises, avec les preuves en main ; que quelques-uns de ceux qu'ils avaient fait bannir, se représentaient avec les chaînes dont on les avait chargés; que des évêques venaient parler pour d'autres qui étaient encore exilés; que des parents et des amis de ceux qu'ils avaient fait mourir se présentaient ; que d'autres évêques racontaient comment, par des calomnies, ils avaient mis leur vie en péril, et avaient fait effectivement périr de leurs confrères, entre autres l'évêque Théodule, qui mourut dans sa fuite. Quelques-uns montraient les coups d'épée qu'ils avaient reçus ; d'autres se plaignaient de la faim qu'on leur avait fait souffrir. Ce n'étaient pas seulement des particuliers, mais des églises entières, dont les députés représentaient les violences des soldats et de la populace, les menaces des juges, les suppositions de lettres fausses, les vierges dépouillées, les ministres sacrés jetés en prison, les églises incendiées ; et tout cela pour contraindre les catholiques à communiquer avec les ariens. Les eusébiens voyaient encore que deux évêques orientaux, Macaire de Palestine et Astérius d'Arabie, après avoir fait le voyage avec eux, les avaient quittés pour se réunir aux Occidentaux, à qui ils avaient découvert leurs fourberies et leurs alarmes.

Voyant tout cela, ils résolurent de venir à Sardique, pour témoigner de la confiance en leur cause; mais y étant arrivés, ils se renfermèrent dans le palais où ils étaient logés, et se dirent les uns aux autres : « Nous sommes venus pour une chose, et nous en voyons une autre ; nous avons amené des comtes, et le jugement se fait sans eux : nous serons assurément condamnés. Vous savez tous quels sont les ordres des empereurs : Athanase a les procédures de la Maréote, qui ne serviront qu'à le justifier et à nous couvrir de confusion. A quoi donc nous arrêtons-nous? Inventons des prétextes et nous retirons : il vaut mieux fuir, quelque honte qu'il y ait, que d’être convaincus et jugés calomniateurs. Si nous fuyons, nous pouvons encore soutenir notre parti : s'ils nous condamnent en notre absence, nous avons la protection de l'empereur, qui ne nous laissera pas chasser de nos églises. » Telles étaient les pensées des eusébiens. Osius et les autres évêques leur parlaient souvent, relevant la confiance de saint Athanase et des autres accusés : Si vous craignez le jugement, disaient-ils, pourquoi êtes-vous venus? il ne fallait pas venir, ou ne pas reculer ensuite. Voilà Athanase et ceux que vous accusiez en leur absence : ils se présentent, afin que vous puissiez les convaincre, si vous avez de quoi le faire. Si vous en faites semblant, sans le pouvoir, vous êtes des calomniateurs manifestes; et c'est le jugement que le concile portera de vous.

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Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens Empty Re: Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens

Message  Eric Mar 01 Mai 2012, 11:03 am

Dites-moi, Chazerain, de quelle édition de l'Histoire universelle de l'abbé Rohrbacher vous servez-vous ici ?
Ne croyez-vous pas qu'il serait plus honnête de donner aussi la pagination et d'indiquer lorsque vous sautez des paragraphes ?

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Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens Empty Re: Luttes des Pères de l'Eglise contre les ariens et semi-ariens

Message  Eric Mer 02 Mai 2012, 4:53 pm

Eric a écrit:Dites-moi, Chazerain, de quelle édition de l'Histoire universelle de l'abbé Rohrbacher vous servez-vous ici ?
Ne croyez-vous pas qu'il serait plus honnête de donner aussi la pagination et d'indiquer lorsque vous sautez des paragraphes ?

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