Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

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Message  Louis Lun 16 Jan - 7:03

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VII. LA SENSATION (suite)
Par où il est manifeste que l'organe du sens est vraiment en puissance quant à tout ce qui est la détermination de tel objet à connaître; et s'il est déterminé à cet objet, c'est par l'action de cet objet sur lui. D'un mot, ce qui est pour lui connaissable dans cet objet, par exemple, la couleur dans l'objet coloré, s'il s'agit de l'organe du sens de la vue, devient le principe de sa détermination dans l'acte de connaître.

Or, nous le savons, tout principe de détermination a raison de forme, par rapport au principe indéterminé qu'il détermine, et qui, par rapport à lui, a raison de matière en quelque sorte ou de principe en puissance.

Il suit de là que l'objet extérieur qui agit sur l'organe du sens et le détermine à l'acte de connaître, a vraiment raison de forme, par rapport à cet organe, dans l'ordre de cet acte de la connaissance.

Dans l'ordre de cet acte de la connaissance ; non dans l'ordre d'être. Et voilà pourquoi la couleur, forme de l'œil dans l'acte de voir, ne fera pas que l'œil soit couleur dans l'ordre de l'être, c'est-à-dire qu'il soit lui-même coloré de cette couleur; mais elle fera qu'il soit couleur et celte couleur, dans l'ordre du connaître, c'est-à-dire qu'il sera cette couleur dans la ligne de l'acte de la connaissance. Et, parce que tout être agit selon qu'il est dans la ligne de tel acte, l'organe du sens de la vue étant cette couleur par l'image ou les traits de cette couleur qui agit sur lui et s'imprime en lui, il s'ensuit qu'il agit selon cette couleur qu'il est, dans cet ordre de l'acte de la connaissance, et, en effet, il connaît cette couleur.

Voilà l'admirable genèse de l'acte de la connaissance, dès sa première manifestation dans la connaissance sensible, phase première du mouvement vital d'ordre nouveau qui est celui de l'animal. Et nous pouvons déjà mesurer ou entrevoir la distance qui sépare, de ce premier chef, la perfection de la vie de l'animal de celle de la vie du végétal.

Si, pour tous les deux…

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Message  Louis Lun 16 Jan - 13:06

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VII. LA SENSATION (suite)
Si, pour tous les deux, le mouvement vital commence par le dehors, par le concours d'un objet extérieur, le mode dont cet objet concourt à l'acte vital diffère sans proportion dans l'un et dans l'autre. Dans le végétal, c'est un concours tout matériel; dans l'animal, c'est un concours où la matière elle-même semble déjà se spiritualiser. L'action de l'objet sur le sujet, la manière dont il s'imprime en lui n'est plus d'ordre proprement physique ou physico-chimique; elle est d'ordre intentionnel, pour garder le mot de saint Thomas. La forme de l'objet qui est en lui pour le constituer dans son être physique, — par un procédé insaisissable à l'analyse, en ce qu'il a de vraiment vital, ou comme principe déterminant et formel dans l'acte de connaître, — passe dans le sujet vivant de la vie sensible et ne fait plus qu'un avec lui en fonction de cet acte de connaître. De là ce mot si profond, d'une portée en quelque sorte infinie, que nous devons à Aristote et que saint Thomas ne cessera de reproduire, à tous les degrés de la vie que nous aurons à parcourir désormais : savoir que l'objet connu et le sujet connaissant ne font qu'un dans l'ordre de l'acte de connaître.

Et parce qu'il s'agit, non plus de l'acte d'être en soi ou dans son être propre substantiel ou accidentel, mais de l'acte de connaître ou de l'acte d'être dans l'ordre de l'acte de connaître, il se pourra que le même être substantiel en qui se trouvera la faculté de connaître, ou, pour la connaissance sensible, l'organe du sens apte à connaître, sans cesser d'être ce qu'il est en lui-même, c'est-à-dire le même et unique être substantiel, — n'ayant que son unique forme substantielle qui le détermine dans son être à lui, — reçoive en lui, dans sa faculté de connaître, selon l'être intentionnel ou en fonction de l'acte de connaître et pour amener déterminément cet acte, les formes d'une infinité d'autres êtres existant en dehors de lui selon leur être réel substantiel ou accidentel. Et c'est ainsi que, dans la ligne du sens de la vue, l'animal qui vit de son degré de vie propre ou en tant qu'animal distinct du végétal, pourra recevoir en lui les formes ou les espèces et les images intentionnelles de toutes les couleurs ; l'ouïe, les formes ou les espèces, ou les images intentionnelles de tous les sons, en harmonie avec elle. De même, l'odorat, pour tous les parfums; le goût, pour toutes les saveurs; le sens du toucher, pour la perception de toutes les qualités tangibles.

De là, cet autre mot d'Aristote que,…


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Message  Louis Mar 17 Jan - 6:57

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VII. LA SENSATION (suite)
De là, cet autre mot d'Aristote que, par sa faculté de connaître, le sujet connaissant, à mesure qu'il connaît, ou que sa faculté passe de la puissance à l'acte en recevant les formes des objets qu'il connaît, devient tous ces divers objets, et, dans la zone de son objet formel comprenant, comme possible, une infinité d'objets matériels, il peut ainsi devenir toutes choses. L'œil en connaissant les couleurs peut devenir, dans cet ordre de la connaissance des couleurs, tous les objets colorés tombant sous sa sphère de perception, et, par suite, les percevoir tous, les connaître tous, sous la raison particulière d'objets colorés de telle ou telle couleur. Il en faut dire autant de l'ouïe, pour les sons; de l'odorat, pour les parfums ; du goût, pour les saveurs ; du toucher, pour les qualités tangibles.

Et c'est ainsi que, par la voie de ses sens extérieurs, l'animal, dès son premier acte de vie sensible, qui est sa vie propre comme animal, par où il se distingue du végétal, peut recevoir en lui tous ces divers aspects du monde extérieur, et devenir, lui-même, dans l'ordre déjà d'une certaine immatérialité, tous ces objets extérieurs qu'il a pour fonction ou prérogative de pouvoir connaître.

Mais ce n'est là que le début ou le premier acte de cette vie de sensation qui est le propre de l'animal.

Le développement et la perfection de cette vie en lui nous marquera de nouveaux degrés d'excellence ou de transcendance par rapport à la vie du végétal.

De tous ces degrés d'excellence, le plus caractéristique, celui-là même qui va être comme la note spécifique dans l'ordre de la perfection du mouvement vital propre à l'animal, consiste en ce que ce mouvement vital, à la différence de celui du végétal, demeurera désormais et s'achèvera à l'intérieur du vivant lui-même. Pour le végétal, nous l'avons vu, le terme du mouvement vital, arrivé à sa perfection dernière, retournait au dehors, sous la forme d'un fruit, qui devait se développer à son tour et donner un être nouveau vivant de la même vie que l'être dont il émane. Pour l'animal, considéré dans le degré de vie qui lui est propre et qui est la sensation, la connaissance sensible et tout ce qui s'y rattache, son mouvement vital s'achève et a sa dernière perfection dans le sujet lui-même. Il n'a pas à retourner au dehors. C'est au-dedans du sujet qui connaît que se parfait l'acte de connaissance.

Toutefois…

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Message  Louis Mar 17 Jan - 14:04

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VII. LA SENSATION (suite)
Toutefois, — et c'est ici que nous allons poser le jalon de notre marche ou de notre ascension vers un degré de vie plus parfait que celui de l'animal, — s'il est vrai, comme nous venons de le noter, que le mouvement vital propre à l'animal et consistant dans l'acte de sensation s'achève au-dedans du sujet, ce n'est point dans la même faculté de connaître qu'il a son terme ou sa perfection.

Chacun des sens extérieurs de l'animal perçoit son objet propre : la vue, les couleurs; l'ouïe, les sons; l'odorat, les parfums; le goût, les saveurs; le toucher, les qualités tangibles. Ils perçoivent ces objets par une action vitale, immanente. L'acte de vision se fait dans l'œil; l'acte d'audition, dans l'oreille; et ainsi de suite pour chacun des autres actes des divers sens. Il est bien vrai que, par cet acte qui se fait en eux, les sens perçoivent l'objet extérieur. Mais ils le perçoivent en eux-mêmes. C'est bien la couleur extérieure que l'œil voit. Mais l'acte de vision de cette couleur se fait en lui. Et, pour autant, la couleur vue est en lui. C'est en lui que vient la forme ou l'espèce, ou l'image de la couleur selon cet être intentionnel dont nous avons parlé. Et c'est lui vraiment que cette couleur fait passer de la puissance à l'acte par rapport à elle. Déterminé à l'acte de cette couleur, il agit selon cette détermination. Et comme son action est une action vitale, immanente, elle produit son fruit intérieur, qui n'est pas autre que cette même couleur vue. En tant que vue, cette couleur est dans l'œil. Elle est exprimée en lui. Et c'est cette expression qui est l'acte même de vision.

Mais le sens de la vue ne garde pas pour lui cette couleur vue ou l'expression vitale de la couleur qu'il voit. Il la transmet, dans le vivant qu'est l'animal, à une autre faculté sensible, qui est en retrait, si l'on peut ainsi dire, sur les sens extérieurs, et qui constitue comme le point central ou de convergence auquel viennent aboutir les perceptions de chacun de ces sens. Il le faut pour que le vivant qu'est l'animal puisse centraliser les perceptions éparses de chacun des sens extérieurs et avoir la perception globale de tous ces divers aspects des objets extérieurs perçus par chacun des divers sens. Cette perception globale elle-même ne restera pas dans le sens central ou commun qui la réalise. Il faut, en effet, que soit cette perception globale, soit les diverses perceptions particulières qui ne se produisent que lorsque les objets extérieurs agissent sur les sens de l'animal, puissent être conservées dans l’animal même quand les objets extérieurs n'agissent plus sur ces sens. Et, à cet effet, se trouve en lui un autre sens intérieur, qui est comme le réservoir où se conserveront toutes ces perceptions. C'est le sens de l'imagination. Le trajet du mouvement vital de la connaissance, dans l'ordre de la perception sensible devra aboutir jusque-là. L'objet extérieur perçu par le sens qui lui est proportionné est transmis par ce dernier au sens central, et celui-ci à son tour transmet toutes les perceptions centralisées à l'imagination qui les conserve.

Encore est-il que…

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Message  Louis Mer 18 Jan - 7:36

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VII. LA SENSATION (suite)
Encore est-il que, parallèlement à cette perception des qualités physiques des objets extérieurs par chacun des sens de l'animal, doit exister aussi, dans ce dernier, une autre sorte de perception qui a pour organe un sens nouveau, intérieur, celui-là, ou qui n'agit que sur ce que les sens extérieurs de concert avec le sens central lui révèlent, mais qui a pour fonction de percevoir dans l'objet extérieur des virtualités ou des rapports qui ne sont pas du domaine des autres sens.

C'est par ce sens nouveau, appelé du nom d'instinct, que l'animal reconnaît tout de suite le caractère d'utile ou de bon et celui de nuisible ou de mauvais que peut avoir pour lui tel être ou tel objet extérieur perçu par ses sens. Il se pourra aussi qu'il se rende compte de ce caractère en raison d'une expérience préalable soit en bien soit en mal. Et, dans ce dernier cas, l'instinct sera complété par la mémoire.

On le voit, si le mouvement vital dans l'ordre de la vie sensible n'a pas à retourner au dehors, comme pour la plante, s'il s'achève et se parfait au-dedans, il a pour caractéristique essentielle de ne point s'achever dans la même faculté. Une série de facultés se complétant l'une l'autre est préparée à l'effet de recevoir le fruit vital de la sensation qui n'est à son terme parfait que dans l'imagination et la mémoire.

Bien que, de ce chef, imparfaite en elle-même, dans l'ordre du mouvement vital, et préparant les voies à une perfection plus haute, la vie sensible ne laissait pas que d'être bien autrement parfaite que la vie de la plante ou du végétal.

Elle l'est aussi, plus parfaite, en raison d'un ordre nouveau de facultés qui se trouvent dans l'animal, entièrement hors de cadre par rapport à celles du végétal.

Ce sont les facultés d'ordre affectif…

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Message  Louis Mer 18 Jan - 13:56

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VII. LA SENSATION (suite)
Ce sont les facultés d'ordre affectif.

A proprement parler, les mouvements d'ordre affectif ne se trouvent, parmi les êtres qui sont, qu'à partir du degré d'être qui commence avec les vivants de vie sensible. Ni la plante, ni, à plus forte raison, le minéral, ne possèdent le privilège de ces sortes de mouvements.

Il est vrai que même ces êtres corporels d'ordre inférieur doivent être conçus comme portant en eux un certain mouvement ou principe de mouvement qui tend ou les faits tendres à ce qui pour eux constitue un vrai bien. Et cela même est la caractéristique du mouvement affectif : se porter vers un bien. Mais s'ils ont ce mouvement, c'est en vertu de leur nature seule. Ce n'est pas en raison d'un quelque chose reçu en eux distinctement de ce qui constitue cette nature. C'est par sa forme substantielle, unie à sa matière et constituant son être, que le minéral et aussi la plante vont à réaliser, utilisant, pour cela, leurs propriétés actives et passives, ou leurs puissances végétatives, ce qui est leur bien propre : car ce bien propre est tout entier déterminé ou limité par les principes mêmes qui constituent leur être ou leur substance.

Pour le vivant de vie sensible, tout change…

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Message  Louis Jeu 19 Jan - 6:51

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VII. LA SENSATION (suite)
Pour le vivant de vie sensible, tout change. Pour le vivant de vie sensible, tout change. La sensation, nous l'avons vu, consiste essentiellement en ceci, que la forme de l'objet perçu vient dans le sujet qui la perçoit, pour l'informer, c'est-à-dire, pour le déterminer, non pas dans l'ordre d'être, mais dans l'ordre de connaître, à ce qu'il est lui-même dans la ligne qui constitue sa raison formelle d'objet de connaissance : couleur, son, odeur, saveur, qualités tangibles. Le sujet connaissant devient l'objet connu, tous les objets connus. Il reste uniquement lui-même, dans l'ordre de son être substantiel. Mais cet être substantiel est d'une perfection telle — c'est cela même qui constitue la raison de ce nouveau degré d'être, apporté par la forme substantielle qu'est l'âme de l'animal — qu'il peut, en restant identiquement et uniquement lui-même dans l'ordre d'être, recevoir, dans l'ordre de la connaissance, par les facultés de connaître qui s'ajoutent à son être et dérivent de lui, tout ce qui rentre dans la ligne de son objet formel de connaissance : par l'œil, toutes les couleurs; par l'ouïe, tous les sons proportionnés; par l'odorat, toutes les odeurs; par le goût, toutes les saveurs; par le toucher, toutes les qualités tangibles; par le sens central, tout cela en même temps; par l'instinct, l'harmonie ou la désharmonie, dans l'ordre de l'utile ou du nuisible, de tous les êtres du monde corporel avec lesquels ses sens le mettent en contact.

Et, précisément, par cette dernière faculté de perception, qui est, chez lui, la plus haute, la plus parfaite, l'animal saisit, dans tous les êtres corporels qu'il perçoit, la raison de bien ou de mal, au sens particulier et courant de ces mots, que ces divers êtres ont pour lui. Cette raison de bien ou de mal n'est point déterminée chez lui par ses seuls principes d'être que sont la matière et la forme constituant sa substance. La matière et la forme n'ont trait qu'à son être, à sa forme d'être, qui est unique, tout être qui est devant nécessairement être un dans sa substance. Ce n'est donc point par sa matière et par sa forme, comme telles, qu'il pourra être ordonné, par mode de tendance intérieure ou de mouvement affectif, aux êtres qui relèvent, pour lui, de l'ordre de la connaissance sensible. Par sa forme et sa matière il n'est ordonné qu'à ce qu'il est lui-même substantiellement. Par les formes d'ordre intentionnel que la connaissance lui apporte, il entre en rapport avec tout ce que ces formes représentent. Et il entre en rapport avec tout cela, selon que tout cela peut avoir, à son endroit, une raison de bien ou de non-bien. Il faudra donc qu'il y ait, en lui, un ordre de facultés nouvelles proportionnées, selon qu'il lui faudra s'y porter ou les fuir, à toutes ces raisons de bien ou à tous ces nouveaux objets qui sont pour lui, en effet, ou un bien ou un mal, un bien à rechercher, un mal à éviter.

Cet ordre de facultés nouvelles…

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Message  Louis Jeu 19 Jan - 13:58

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VII. LA SENSATION (suite)
Cet ordre de facultés nouvelles, absolument propres au vivant de vie sensible qu'est l'animal, est appelé d'un nom spécial. Elles constituent son appétit sensible. Le mot appétit n'est rien autre ici que la traduction littérale du mot latin appetitus, qui vient du verbe appetere, lequel porte avec lui le sens de tendance vers quelque chose. Et c'est donc, proprement, exprimé par ce mot, le mouvement affectif selon qu'il appartient à l'ordre de la vie sensible qui est la vie propre de l'animal comme tel.

L'appétit sensible désigne donc la faculté ou les facultés qui sont, dans l'animal, le principe immédiat des mouvement(s) affectifs commandés, chez lui, par l'ordre nouveau de ses facultés de connaissance sensible.

Nous avons dit la faculté ou les facultés


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Message  Louis Ven 20 Jan - 7:14

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VII. LA SENSATION (suite)
Nous avons dit la faculté ou les facultés, parce que, dans la réalité et selon que l'exige la nature même du mouvement affectif qui est le propre de l'animal, ce n'est pas une faculté seulement d'ordre affectif que nous devons trouver chez lui; mais deux, irréductibles l'une à l'autre.

Le mouvement affectif sensible peut porter sur le bien ou le mal sensible comme tel; ou sur le bien ou le mal sensible, qui revêtent le caractère d'ardu ou de difficile. Dans le premier cas, il suffira d'une faculté proportionnée à ce bien ou à ce mal sensible. Dans le second cas, il faudra une faculté dont le propre sera d'atteindre la raison même d'ardu ou de difficile, qui se trouvera jointe au bien ou au mal considérés comme tel. De là, pour l'animal, ces deux facultés affectives sensibles, qu'on appellera du nom commun d'appétit, en ajoutant, pour les distinguer, les mots d'appétit de convoitise, et d'appétit irascible.

Chacun de ces deux appétits aura ses mouvements affectifs, qui porteront le nom générique de passions. L'appétit de convoitise se portera vers le bien sensible d'un premier mouvement qui se retrouvera dans tous les autres et qui se nomme l'amour. Si l'objet aimé est absent, un nouveau mouvement affectif se produira, qui s'appellera le désir. Ce sera le plaisir, si l'objet aimé est présent et que l'animal en jouisse. Par contre, quand il s'agira du mal, on aura la haine, et le dégoût ou la fuite, et la tristesse. Tout le cycle des mouvements affectifs de l'appétit de convoitise se ramène à ces six mouvements ou passions.

L'appétit irascible aura un premier mouvement qui portera sur le bien à conquérir malgré le mal ou la difficulté qui l'entoure; et ce sera l'espoir de le posséder. Cet espoir de le posséder fera naître l'audace, s'attaquant au mal pour en triompher. Si, au contraire, la raison des difficultés l'emportait dans l'estime de l'animal, le mouvement affectif correspondant serait la crainte, pouvant aller jusqu'au désespoir. Et, dans l'hypothèse où le mal est présent, mais avec une certaine possibilité de le repousser et d'en triompher, on a le mouvement de colère.

Tels sont les onze mouvements affectifs auxquels peuvent…

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Message  Louis Ven 20 Jan - 13:10

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VII. LA SENSATION (suite)
Tels sont les onze mouvements affectifs auxquels peuvent et doivent se ramener tous les mouvements affectifs de l'animal.

Au service de ces divers mouvements affectifs et à l'effet de se procurer ou d'atteindre le bien qu'il aime, ou de fuir le mal qu'il déteste ou qu'il redoute, se trouvera encore, dans l'animal, une dernière faculté, qu'on appelle du nom de faculté motrice. C'est par elle que s'expliquent les mouvements de l'animal qui le font aller et venir, selon les exigences de sa vie à lui.

Pour toutes ces facultés devront se trouver et se trouvent, en effet, dans l'animal, des organes proportionnés. Car chacune de ces facultés étant d'ordre particulier, matériel, elles n'existent, comme dans leur sujet, que dans le composé corporel ; mais non dans le composé comme tel, puisque aussi bien elles ne se trouvent que dans le vivant, et dans le vivant doué de vie sensible, selon les divers aspects qui constituent cette vie.

De même donc que, dans le végétal, en raison de ses trois fonctions distinctes, il fallait des parties hétérogènes constituant des organes divers proportionnés à chacune d'elles; de même, dans l'animal, il faudra, en plus de ces mêmes organes destinés aux fonctions de la vie végétative qui est en lui comme dans la plante, mais plus perfectionnés comme est plus perfectionnée cette vie en lui, — d'autres organes, tout à fait spéciaux, qui répondront aux nécessités ou aux exigences de sa vie d'ordre sensible. Considérés clans leur partie centrale, ces organes s'appelleront, pour les facultés de connaître, la tête; et pour les facultés d'aimer, le cœur.

Il est inutile d'insister, en finissant, pour faire remarquer, une fois de plus, l'excellence ou la perfection de ce nouveau degré de vie.

Si la plante l'emportait déjà, sans proportion, sur tout le monde minéral, que dire de l'animal, en qui se trouve, étant sa caractéristique propre, la vie sensible que nous venons de préciser à grands traits?

Nous ajouterons ce seul mot…

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Message  Louis Sam 21 Jan - 6:40

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VII. LA SENSATION (suite)
Nous ajouterons ce seul mot plante, à l'effet de la bien entendre sous sa raison de mouvement vital, il ne pouvait suffire d'en connaître les conditions matérielles que peut révéler l'analyse scientifique, combien plus faudra-t-il dire que le vivant de vie sensible ne sera jamais connu dans ce qui constitue le formel de sa vie, si l'on ne considère ou si l'on considère surtout le côté matériel ou organique de cette vie! Il peut être bon, assurément, et il sera même indispensable parfois de connaître le détail de cet organisme : tel, le cas du savant qui vaque à la science de l'anatomie, ou encore celui du médecin ou du chirurgien qui aura à manier ces diverses parties ou ces divers organes. Mais le simple spectateur qui regarde du dehors et qui voit le vivant de vie sensible qu'est l'animal exerçant les opérations de cette vie et les exerçant d'autant plus parfaitement qu'il est plus intégralement lui-même, non soumis, par conséquent, à l'action ou au contrôle de l'expérimentateur qui le dissèque ou du praticien qui travaille à le guérir, quand il est malade, sera, sans aucun doute, admirablement placé pour juger du caractère de cette vie en ce qui la constitue dans sa perfection.

Nous avons vu la perfection des nouveaux degrés d'être et de vie que constitue la sensation propre à l'animal. Dans notre prochaine étude, nous aborderons un nouveau degré, qui se superposera à tous ceux que nous avons constatés déjà, et qui les dépassera, au point d'ouvrir devant nous un monde nouveau insoupçonné jusqu'ici : le monde proprement métaphysique.

A suivre : VIII. LA PENSÉE

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Message  Louis Sam 21 Jan - 14:13

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VIII. LA PENSÉE
La vie sensible, qui est le propre de l'animal, nous est apparue avec des caractères de perfection l'élevant, presque sans proportion, au-dessus de la vie végétative qui est le propre de la plante. Elle est, comme toute vie, un mouvement du dedans. Mais, à la différence de la vie de la plante qui avait son point de départ au dehors et se terminait aussi au dehors, la vie de l'animal, si elle suppose encore, elle aussi, un élément venu du dehors, ne retourne plus au dehors, dans son terme ; elle demeure et s'achève au-dedans. Son fruit vital est d'ordre essentiellement intérieur. Et c'est par là, nous l'avons vu, que se marque ou se caractérise son degré de perfection qui l'élève si fort au-dessus de la vie de la plante.

Cependant, quelque élevé que soit ce nouveau degré de perfection, dans l'ordre du mouvement vital, il ne laisse pas que de porter encore, en lui-même, et du côté où il s'élève au-dessus de la vie de la plante, une imperfection essentielle. Il s'achève au-dedans, nous l'avons dit. Mais ce n'est point dans une seule et même faculté qu'il s'achève. Ce fruit vital qui émane du sens percevant son objet ne demeure point dans le sens qui le produit. Il est transmis à un autre sens qui doit l'utiliser, en le surélevant, pour la perfection de l'animal. Et, dans l'ordre de la connaissance sensible, qui est son acte propre, l'acte spécifique de son degré de vie, l'animal possède, doit posséder tout un groupe de facultés de connaître dont chacune a son rôle distinct, coopérant pour une part seulement à la totalité ou à la perfection de cette connaissance sensible ou du mouvement vital qu'elle spécifie.

En poursuivant notre étude philosophique de l'ordre des choses et des degrés de perfection…


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Message  Louis Dim 22 Jan - 7:42

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VIII. LA PENSÉE (suite)
En poursuivant notre étude philosophique de l'ordre des choses et des degrés de perfection qui s'échelonnent dans ce monde matériel au milieu duquel nous vivons, au-dessus de l'animal vivant de la vie sensible, se présente un être nouveau, qui doit nous intéresser au plus haut point, puisqu'il n'est pas autre que nous-mêmes. Sa place, dans la hiérarchie des êtres, marquera tout ensemble un terme et un commencement. Il va nous apparaître au sommet du monde physique. De tous les êtres qui tombent sous nos sens et dont nous nous sommes appliqués jusqu'ici à saisir, dans l'intime de leur essence, les degrés ascendants, aucun ne lui sera supérieur. Il en sera vraiment le roi. Mais sa royauté ne s'étendra qu'au monde de la nature ou des corps. Il ne laissera pas que d'avoir, au-dessus de lui, des êtres que sa nature à lui nous permettra d'entrevoir et qui constitueront le monde transcendant des êtres incorporels, des êtres spirituels, des êtres proprement métaphysiques.

L'homme va nous apparaître au confin des deux mondes.

Il est au sommet du monde des corps ou du monde physique. En lui se retrouvent tous les degrés parcourus jusqu’'ici. Parce qu'il appartient au monde des corps, il a une nature qui porte à sa base les deux principes essentiels constatés par nous dès le premier pas de notre étude philosophique. L'homme est un composé de matière première et de forme substantielle. Mais, parce qu'il est au sommet du monde des corps, il porte en lui tous les degrés de perfection où nous avons vu s'élever le monde matériel par les transformations substantielles qui ont fait passer la matière de l'être élémentaire à l'être mixte minéral, de l'être minéral à l'être végétal, de l'être végétal à l'être animal. Dans son ascension, la matière a gardé toutes les virtualités des formes précédentes qui l'ont fixée successivement dans tous ces divers degrés d'être. Elle est riche désormais de toutes ces virtualités. Elle porte à la forme humaine qui doit maintenant la parfaire toutes les dispositions constituées par les virtualités des formes précédentes. Et c'est pour cela que l'homme, dans son être humain aura toutes les perfections des éléments, des mixtes, des végétaux, des animaux, avec ceci en plus que ces perfections seront mises au service d'une forme plus haute, et, par là même, élevées à la hauteur de cette nouvelle forme.

L'homme sera donc…

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Message  Louis Dim 22 Jan - 15:08

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VIII. LA PENSÉE (suite)
L'homme sera donc un vivant où nous retrouverons, portée à une perfection transcendante, la vie du végétal ou de la plante, et la vie de l'animal. Les fonctions de la vie végétative propres à la plante, avec leurs organes respectifs; et aussi les fonctions de la vie sensitive propre à l'animal avec tous ses organes si multiples, si divers, si riches en perfection, tout cela se retrouvera dans l'homme avec le caractère de perfection transcendante que tout cela doit avoir en lui en raison de son nouveau degré de perfection, qui le spécifie et le constitue proprement lui-même.

Ce nouveau degré, qui va nous permettre d'apprécier à quelle hauteur nous sommes parvenus dans la hiérarchie des êtres, c'est la vie de la pensée.

Comme toute vie, elle sera essentiellement d'ordre intérieur. Ce sera un mouvement du dedans. Et parce qu'elle s'élève au-dessus de la vie de la plante et au-dessus de la vie de l'animal, son caractère de mouvement intérieur l'emportera sur celui que nous avions déjà trouvé dans ces deux premiers degrés de vie.

Nous venons de rappeler que la vie de l'animal comme tel, ou sa vie sensible, l'emportait sur la vie de la plante parce qu'elle s'achevait au-dedans. Mais, nous le rappelions aussi tout à l'heure, elle avait encore ce caractère d'imperfection, qu'elle supposait, à l'intérieur du vivant, plusieurs facultés distinctes, concourant chacune pour une part à la perfection de l'acte de connaître qui spécifiait l'animal.

Pour l'homme, dans sa vie de pensée,…

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Message  Louis Lun 23 Jan - 7:38

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VIII. LA PENSÉE (suite)
Pour l'homme, dans sa vie de pensée, la perfection consistera en ce que son fruit vital, non seulement demeurera au-dedans du sujet, comme pour l'animal, mais, de plus, s'achèvera et demeurera dans une seule et même faculté de connaître. Il n'y a, dans l'homme, pour sa vie intellectuelle ou de pensée, qui est sa vie propre et qui le spécifie, qu'une seule faculté de connaître : l'intelligence. Ici, tout commence et s'achève dans une même faculté. L'être pensant, comme tel, le vivant de la vie de la pensée, l'homme, sous ce jour, qui est le sien propre, dans l'ordre des êtres ou des vivants du monde physique et corporel, est un être simple, un être qui n'a pas à se décomposer, si l'on peut ainsi dire, en parties, ou en organes, ou en facultés distinctes et multiples. Il est un.

Il est un. Et cette unité constitue sa perfection d'absolue transcendance. Par là, il laisse à une distance infinie, au-dessous de lui, tous les autres êtres, tous les autres vivants du monde de la nature.

Sa faculté de connaître est une. Sous sa raison d'être connaissant, il se concentre en elle. Il se définit par elle. En elle et par elle s'épanouit toute sa vie, toute sa vie qui le spécifie.

Nous avons vu, au sujet de l'animal…

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Message  Louis Lun 23 Jan - 13:43

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VIII. LA PENSÉE (suite)
Nous avons vu, au sujet de l'animal, dans sa vie sensible, que, même dans ce premier degré, la connaissance impliquait essentiellement que le sujet connaissant pouvait avoir en lui, selon un ordre d'être nouveau, ce qui n'est pas sa propre nature à lui. C'est en cela même que consiste la transcendance de son degré d'être, qu'à la différence des êtres inférieurs, sans en excepter le végétal, qui ne peuvent être qu'eux-mêmes, l'être connaissant ou le sujet qui connaît peut être les êtres autres que lui. L'œil qui voit la couleur est, en quelque manière, la couleur qu'il voit ; l'oreille qui entend un son est le son qu'elle entend ; et il en est de même pour toutes les autres facultés sensibles de connaissance. La faculté qui connaît, dans son acte de connaître, est la chose même qu'elle connaît. Et nous avons dit que, par là, cette faculté de connaître, ou le sujet connaissant, par cette faculté devenait, en quelque sorte, tout ce qui est dans la ligne, dans la zone ou la sphère de son acte de connaître, de l'objet qui spécifie cet acte. De là, la perfection de cette vie de connaissance.

Mais, dans l'ordre de la vie sensible…

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Message  Louis Mar 24 Jan - 7:08

PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

VIII. LA PENSÉE (suite)
Mais, dans l'ordre de la vie sensible, chaque faculté, ou le sujet connaissant, en raison de chacune de ces facultés, ne devient qu'une catégorie d'êtres, si l'on peut ainsi dire. Encore est-il qu'il ne devient qu'un aspect extérieur de cette catégorie. C'est ainsi que l'œil, ou l'être sentant, en raison de son œil et de l'acte qu'il accomplit par lui, ne devient que la couleur; et l'oreille, le son; et l'odorat, l'odeur; et le goût, la saveur; et le toucher, les qualités tangibles. Le sens central lui-même ne devient que le côté extérieur des êtres sensibles perçus comme tels. Même l'instinct ne perçoit que certaines qualités du sujet extérieur qui frappe les sens. Aucun de ces sens, ni tous ces sens pris ensemble, ou le sujet connaissant qui se spécifie par eux, ne perçoivent et ne possèdent en eux, se l'assimilant et le faisant leur, ou plutôt s'identifiant à lui, dans l'ordre de la connaissance, le fond dernier de ce qui est, qu'il s'agisse d'un seul des êtres qui sont, ou, plus encore, de leur ensemble.

Ce que les sens ou le sujet qui vit de la vie sensible sont impuissants à réaliser, parce que ce n'est point de leur domaine ou de la zone d'action qui revienne à leur degré d'être, à leur perfection dans la hiérarchie des êtres et des vivants, l'être pensant va le posséder en propre. Sa vie de pensée, sa vie à lui, comme être pensant, comme sujet en qui se trouve la faculté une qui concentre à elle seule et spécifie toute la vie de la pensée, a pour prérogative essentielle de voir s'ouvrir devant son regard, et de pouvoir posséder en elle-même, de pouvoir faire sien, en se l'assimilant, en s'identifiant à lui, sous aucune exception ou réserve, tout ce qui est. Son domaine propre est le domaine de l'être. Entre cette faculté et l'être, entre l'être doué de cette faculté et tout ce qui est, entre l'être pensant et tous les êtres qui sont ou qui relèvent de l'être, à quelque titre que ce soit, — le néant seul excepté, — un rapport d'adéquation existe, qui fait que l'essence de l'un appelle l'essence de l'autre.

C'est jusque-là que s'étend le domaine de la vie pensante, c'est tout cela qu'il comprend….

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Message  Louis Mar 24 Jan - 15:06

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VIII. LA PENSÉE (suite)
C'est jusque-là que s'étend le domaine de la vie pensante, c'est tout cela qu'il comprend. C'est là que l'homme, comme tel, ou comme être spécifié par sa caractérisque d'être pensant, peut et doit établir sa demeure.

A quelle distance ne sommes-nous pas de l'être élémentaire dans le monde des corps, ou de l'être mixte du règne minéral, ou du végétal, ou de l'animal ?

Et, pourtant, nous sommes toujours sur terre, toujours dans le monde physique ou des corps. Aussi bien, à côté de la transcendance de sa vie, pour l'homme, comme être pensante, nous remarquerons les liens qui retiennent encore cette vie à la terre.

Il y a, d'abord, que son objet lui vient du dehors, par ses sens. Et, à cause de cela, s'il est vrai, comme nous l'avons dit, que sa perfection exclut toute multiplicité de facultés dans l'ordre de la connaissance, l'unique faculté de connaître qui la spécifie est en dépendance essentielle d'une faculté parallèle, d'ordre intellectuel, elle aussi, qui, sans doute, n'est pas une autre faculté de connaître, mais qui est requise indispensablement pour que l'unique faculté de connaître puisse produire son acte.

On peut dire de cette autre faculté qu'elle est le trait distinctif de l'être humain parmi tous les êtres qui sont. Les êtres inférieurs à l'homme ne l'ont pas, puisqu'il s'agit d'une faculté d'ordre intellectuel, et que, dans l'échelle ascendante de la hiérarchie des êtres, l'homme est le premier qui inaugure la vie intellectuelle ou de la pensée. D'autre part, les êtres supérieurs à l'homme n'ont point cette faculté; car toute sa raison d'être, nous l'allons dire, est de rendre possible à l'homme la vie de la pensée qu'il doit, en raison de sa nature d'être corporel, aller puiser, quant à ses éléments premiers, dans le monde de la matière ou des corps.

Cette faculté nouvelle, en effet, qui est spéciale à l'homme, a pour office ou pour fonction de faire passer du monde sensible et matériel au monde intelligible et immatériel la connaissance des êtres venus du dehors par l'entremise des sens.

L'homme vivra donc de la vie pensante…

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Message  Louis Mer 25 Jan - 7:02

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VIII. LA PENSÉE (suite)
L'homme vivra donc de la vie pensante. Il aura le privilège de cette vie si haute et si transcendante. Mais il l'aura en conformité avec sa nature d'être physique ou corporel, constitué par les deux principes essentiels à tous les êtres de cette nature : la matière première et la forme substantielle. Sa forme substantielle aura la prérogative d'émerger au-dessus de la matière, et, dans les êtres matériels, elle pourra saisir les conditions immatérielles qui les font appartenir au monde intelligible. Toutefois, l'exercice de cette prérogative sera subordonné pour elle, dans l'ordre naturel, à la mise en contact de l'être humain, par toutes ses facultés subalternes, avec le monde des réalités extérieures.

Et c'est pourquoi la perfection de sa vie intellectuelle ou pensante, pour être, sans proportion, au-dessus de la perfection de la vie sensible, puisqu'on elle, nous l'avons dit, tout s'achèvera en une seule et même faculté, l'intelligence, ne laissera pourtant pas d'avoir avec elle cette imperfection essentielle, par rapport à des perfections plus hautes qui nous apparaîtront bientôt, qu'elle devra, elle aussi, comme la vie végétative et comme la vie sensible, aller puiser au dehors le premier élément ou le premier objet dont elle se nourrira.

Toutefois ce côté extérieur…

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Message  Louis Mer 25 Jan - 15:21

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VIII. LA PENSÉE (suite)
Toutefois ce côté extérieur de son objet a quelque chose qui participe déjà à l'excellence de la vie intellectuelle. Ce n'est pas, en effet, directement au dehors que l'intelligence ira puiser son objet comme le faisait la plante ou l'animal. C'est au-dedans du sujet lui-même, bien qu'en dehors de la faculté intellectuelle. L'image sensible où l'intelligence puisera son idée a été déjà épurée par l'entremise des divers sens extérieurs et intérieurs qui se trouvent dans l'homme, faisant partie de sa vie sensible, en fonction de sa vie intellectuelle que cette vie sensible, dans l'homme, a pour mission ou pour office de préparer.

C'est dans l'imagination, l'une des facultés sensibles intérieures les plus parfaites, que l'intelligence ira chercher l'objet dont elle vivra. Et c'est pour que cet objet, déjà épuré par toutes les facultés sensibles prérequises, devienne formellement apte à s'imprimer dans l'intelligence et alimenter la vie pensante de l'homme, que se trouve, en lui, cette faculté dont nous avons parlé, immatérielle et d'ordre intellectuel, qui rend actuellement intelligible l'image sensible, jusque-là et en elle-même, intelligible en puissance seulement.

Cette faculté, que le génie d'Aristote..

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Message  Louis Jeu 26 Jan - 8:17

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VIII. LA PENSÉE (suite)
Cette faculté, que le génie d'Aristote a su découvrir dans notre nature humaine et que le génie de Thomas d'Aquin a si admirablement vengée des fausses interprétations dont les philosophes arabes avaient voulu la dénaturer, porte un nom classique dans la philosophie péripatéticienne. On l'appelle l'intellect agent. Et la faculté intellectuelle proprement dite qui a pour fonction d'accomplir l'acte de connaissance intellectuelle constituant dans l'homme la vie pensante qui le spécifie est appelée du nom d'intellect possible. On voit tout de suite, après ce que nous venons de dire du rôle de ces deux facultés dans la vie pensante propre à l'homme, le sens de ces deux appellations. De part et d'autre, nous avons le mot intellect , du latin intellectus, qu'on pourrait traduire aussi par le mot intelligence.

Pour la première des deux facultés, on ajoute intellect agent , à l'effet de marquer son rôle à l'endroit de l'objet intelligible qui sera l'aliment de la pensée. Et cela veut dire que cette faculté a pour fonction de rendre actuellement intelligible l'objet venu des sens qui n'était, jusque-là, intelligible qu'en puissance. De là le nom d'intellect agent.

Quant à l'autre faculté, on l'appelle intellect possible, du mot latin possibilis, pour marquer la condition qui est la sienne, dans l'homme, de n'avoir, avec soi ou de par soi, aucun objet intelligible en acte, mais de ne les avoir qu'en puissance, de pouvoir seulement les avoir lorsque l'intellect agent les aura rendus aptes à être imprimés en lui, après les avoir fait intelligibles en acte par le procédé d'abstraction. On pourrait l'appeler aussi, en français, du nom d'entendement réceptif, pour marquer que c'est lui qui produit l'acte d'entendre au sens intellectuel de ce mot et selon qu'il est pris couramment par Bossuet ; et qu'il produit son acte en recevant ou après avoir reçu et à condition de les avoir ainsi reçus en lui les objets venus du dehors et rendus intelligibles par la lumière de l'intellect agent tombant sur les images de ces objets conservées dans l'imagination.

Le rôle de ces deux facultés, essentielles toutes deux à la vie de la pensée…

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Message  Louis Jeu 26 Jan - 13:56

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VIII. LA PENSÉE (suite)
Le rôle de ces deux facultés, essentielles toutes deux à la vie de la pensée telle que nous la trouvons dans l'homme, caractérise au sens le plus formellement spécifique cette vie humaine de la pensée. Elles sont la raison de son excellence, et marquent aussi la limite de sa perfection.

Quelque imparfaite qu'elle soit dans l'ordre de la vie de la pensée, elle ne laisse pas d'être, comme telle et parce qu'elle est vraiment une vie de pensée, revêtue de cette perfection essentielle que nous avons déjà marquée et qui place si haut la vie proprement humaine au-dessus de la vie des êtres inférieurs à l'homme.

Cette perfection essentielle, nous l'avons dit, c'est qu'elle ouvre de part en part, bien que selon la modalité que nous venons de souligner, devant le regard de l'intelligence de l'homme, tout le domaine de l'être.

Une conséquence de cette perfection va nous apparaître, éblouissante, dans l'ordre des facultés affectives qui devront correspondre, dans l'homme, à sa faculté de connaître, comme correspondaient, dans l'animal, à ses facultés de connaissance sensible, les facultés affectives sensibles.

Nous avons dit, en effet, que l'animal, vivant de la vie sensible, recevait en lui les formes sensibles des autres êtres qui sont au dehors et que, pour autant, il lui fallait des facultés affectives proportionnées à ces nouvelles formes, lui permettant d'accepter ou de refuser ces êtres du dehors selon qu'il les percevait comme un bien pour lui ou comme un mal. Et parce qu'il ne s'agissait là que d'un bien on d'un mal sensible, perçu par les facultés sensibles, la faculté ou les facultés affectives sensibles proportionnées étaient limitées elles-mêmes à cette raison de bien ou de mal sensible. Pour cette même raison, du reste, il fallait, nous l'avons dit, que la faculté affective sensible portant sur le bien ou le mal sensible comme tel, fût distincte de la faculté affective sensible qui porterait sur le bien ou le mal sensible ayant le caractère de difficile ou ardu.


Dans la vie de pensée qui est le propre de l'homme…

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Message  Louis Ven 27 Jan - 8:09

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VIII. LA PENSÉE (suite)
Dans la vie de pensée qui est le propre de l'homme, ce n'est pas seulement, ce n'est même pas directement les formes sensibles des êtres du dehors qui pénètrent dans l'homme et font que l'homme devienne les formes qu'il perçoit. La pensée a pour objet propre, dans l'homme, les formes ou les natures des êtres sensibles, mais non plus sous leur caractère de natures ou de formes sensibles; ceci est le propre du sens, dans l'homme. La pensée a ces natures pour objet propre et connaturel selon qu'en elles se trouve réalisée la raison d'être qui est son objet propre, comme la raison de couleur est l'objet propre du sens de la vue ; et la raison de son, l'objet propre de l'ouïe ; et chacun des autres sensibles propres, l'objet de tel ou tel autre sens ; ou la raison de sensible comme tel, l'objet du sens central.

Il suit de là que l'homme vivant de la vie de pensée devra porter en lui, correspondant à sa faculté de connaître, une faculté affective qui lui permettra d'accepter ou de refuser tout ce qui sera perçu par cette faculté, dans tout le domaine de l'être, comme étant ou pouvant être un bien ou un mal pour lui. Dès là qu'en soi rien n'est excepté de cette raison d'être et de cette raison de bien, il s'ensuit que nous n'aurons pas besoin, ici, de distinguer plusieurs facultés affectives, comme cela était nécessaire pour la vie sensible propre à l'animal. La même faculté s'étendra à tout.

De plus, cette unique faculté, — parce qu'elle aura pour objet propre la raison même de bien dans son universalité, comme la faculté de connaître qui la commande et la spécifie a pour objet propre la raison d'être dans son universalité ou sa totalité, — portera avec elle, absolument inaliénable, une prérogative qui consacrera définitivement la royauté de l'homme dans la vie de la pensée qui est sa vie propre et spécifiquement humaine. Elle aura la prérogative de la liberté.

Par son intelligence et par sa volonté, l'homme est essentiellement libre.…

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Message  Louis Ven 27 Jan - 13:56

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VIII. LA PENSÉE (suite)
Par son intelligence et par sa volonté, l'homme est essentiellement libre. Et cela veut dire qu'il est maître de ses actes. Si, par sa volonté, il se porte sur un bien particulier quelconque, ou s'il s'en détourne, son acte dépend de lui. Il peut se porter vers ce bien ou s'en détourner comme il lui plaît et selon qu'il lui plaît, étant lui-même l'arbitre du plaisir qui le fait se porter sur ce bien ou du déplaisir qui le fait s'en détourner.

Tandis que l'animal, dans son mouvement affectif sensible, est totalement dominé ou maîtrisé par l'objet sensible qui agit sur sa faculté affective, de telle sorte que si cet objet l'affecte en bien, il s'y porte nécessairement, et s'il l'affecte en mal, nécessairement il s'en détourne, — l'homme, au contraire, dans son mouvement affectif de volonté commandé par sa raison, domine l'objet qui se présente à lui. Il en est le maître. S'il se porte vers lui, ou s'il s'en détourne, c'est, sans doute, parce qu'il y a, dans cet objet, une raison de bien qui l'attire ou une raison de mal qui le repousse.

Mais ni cette raison de bien ni cette raison de mal n'agissent nécessairement sur sa faculté affective. Cette faculté est plus vaste que n'importe quelle raison de bien ou de mal particulier se présentant à elle. Elle est faite pour le bien comme tel; non pour tel bien particulier. Par conséquent, rien ne saurait la remplir et la nécessiter à vouloir, que ce qui est le bien même. Tout bien particulier pourra l'amener à vouloir. Mais, si elle le veut, en dernière analyse, ce sera uniquement parce qu'elle se sera déterminée à le vouloir. Elle pouvait refuser de vouloir ce bien-là. Si, en effet, ce bien particulier, dès là qu'il est un certain bien, a, en lui, une raison qui peut amener l'acte de vouloir de la part de la volonté faite pour le bien ; d'autre part, comme il n'est qu'un bien particulier : considéré dans la raison de limite qui l'affecte, il peut se présenter comme un non-bien ; et, de ce chef, la volonté pourra le rejeter. Si donc elle s'y porte, c'est parce qu'elle aura choisi de s'y porter. Et ce choix est l'acte même du libre arbitre.

Du même coup, se révèle à nos yeux…

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Message  Louis Sam 28 Jan - 7:13

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VIII. LA PENSÉE (suite)
Du même coup, se révèle à nos yeux, comme apanage de la vie de pensée propre à l'homme, parmi tous les êtres du monde des corps, ce caractère d'agent responsable et moral, qui le constitue l'arbitre de son propre destin, soit en bien, soit en mal. C'est tout le domaine de la vie morale qui s'ouvre ici devant nous, et qui formera, plus tard, l'objet de tout un nouvel ordre d'études.

Pour le moment et alors que nous ne considérons encore que l'ordre des choses ou la hiérarchie des êtres, il nous suffit de remarquer que, dans le monde des corps où nous vivons et dont nous faisons partie, seul l'être humain, par sa vie de pensée, se révèle à nous avec ce caractère d'agent moral ou libre, qui fait qu'il est responsable de ses actes, pouvant mériter ou démériter, selon qu'il veut ou non en conformité du bien que sa raison lui prescrit ou lui défend de vouloir.

Ce caractère d'agent moral et responsable…

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