L'Histoire de l'Église (Tome II)

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Message  Louis Mer 24 Juin 2009, 6:16 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE III
LA MYSTIQUE
II. Aux Pays-Bas. Aux Pays-Bas, les Frères de la vie commune inaugurèrent un mouvement de réaction en faveur d'une mystique à la fois plus affective et plus pratique : il s'appela « la Dévotion moderne ». Les deux plus fameux auteurs de cette école de Windesheim sont Gerlac Petersen et Thomas A' Kempis.

Gerlac Petersen (1378-1411) est connu pour le Soliloque enflammé, monologue intérieur et colloques avec Dieu. Cet ouvrage possède des traits de ressemblance frappants avec l'Imitation de Jésus-Christ. C'est à tort qu'on attribue parfois la paternité de l'Imitation à Gerson : car déjà, dans l'édition de ses œuvres qui date de 1488, on dit formellement qu'elle n'est pas de lui ; quant au second compétiteur, l'Italien Gersen, probablement, n'a-t-il jamais existé et n'est-il qu'un doublé fautif de Gerson;

d'ailleurs, Jean Busch, l'historien de Windesheim († 1479), attribue formellement, l'Imitation à Thomas A 'Kempis dans la seconde édition de son De viris illustribus de Windesen (1464). Thomas naquit en 138o à Kempens, près de Dusseldorf, dans la province rhénane; après avoir fait ses études à Deventer, il entra au monastère du Mont Saint-Agnès, près de Zwolle (Hollande) († 1471). Thomas composa l'Imitation selon une méthode propre aux chanoines de Windesheim, qui colligeaient des sentences et en faisaient des recueils ou rapiaria ; l'Imitation est, en effet, un recueil de maximes, de colloques et de prières. Thomas A' Kempis écrivit aussi nombre de sermons et d'opuscules à l'usage des religieux; citons le De disciplina claustratium, l'Epístola devota ad quemdam regularem[i], les [i]Sermones ad novicios. Dans ses œuvres, comme dans toutes celles qui sortirent de la congrégation de Windesheim, on trouve une spiritualité simple et pratique qui recommande les vertus, l'humilité, la patience, la régularité, bases de toute vie chrétienne.

C'est aux Pays-Bas qu'appartient aussi Denys le Chartreux (1402-1474). Né à Ryckel, dans le Limbourg, il entra dès l'âge de 20 ans à la chartreuse de Ruremonde. Son œuvre est une compilation ascétique et mystique où l'on trouve des conseils pratiques sur le mépris du monde, la résistance aux tentations, les joies de l'union divine ; il eut un grand succès, comparable pour certains traités à celui de l'Imitation (notamment le Speculum conversionis et le Speculum amatorum mundi). Au XVIe siècle, saint Ignace et saint François l'ont beaucoup pratiqué.

A l'Université de Paris…

À suivre.

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Message  Louis Jeu 25 Juin 2009, 6:03 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE III
LA MYSTIQUE
II. Aux Pays-Bas. …A l'Université de Paris, deux docteurs fameux attaquaient de front les faux mystiques : Pierre d'Ailly composa deux traités De falsis prophetis, le chancelier Gerson un De probatione spirituum. Mais Gerson écrivit aussi un grand nombre d'ouvrages mystiques, dont les principaux s'intitulent :La Montagne de la contemplation, la Théologie mystique spéculative et pratique, l'Eclaircissement scolastique de la théologie mystique, sans compter plusieurs opuscules tels que La Perfection du cœur, la Simplicité du cœur, l'Alphabet du divin amour. A l'exemple de saint Bonaventure, son maître préféré, il sut unir la spiritualité affective et la spéculative ; son dernier écrit, un commentaire du Cantique, rappelle saint Bernard.

Au mouvement de réaction contre les excès de la mystique spéculative, il faut rattacher la controverse « de la docte ignorance » qui s'alluma dans les monastères de la Haute-Bavière et de la Basse-Autriche. Il s'agissait de savoir si on ne devait pas repousser les pensées comme une entrave à la dévotion, ou si on devait faire la part de l'intelligence dans la contemplation. Le fameux Nicolas de Cuse se prononça dans ce dernier sens, et repoussa sagement la réaction excessive de la piété agnostique.

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I. Mystiques des Pays Bas. — GERLAC PETERSEN, Le soliloque enflammé, trad. Dom E. Assemaine, Saint-Maximin, 1921. — THOMOE HEMERKEN A KEMPIS, Opera omnia, édit. Pohl, Fribourg-Brig., 1902-18. — PUYOL, L'auteur du livre De Imitatione Christi, 1899. — A. DE BACKER, Essai bibliographique sur le livre De Imitatione Christi, Liège 1864. — V. BECKER, L'auteur de l'Imitation et les documents néerlandais, la Haye, 1882. — SPITZEN Les hollandismes de l'Imitation, Utrecht, 1884; Nouvelle défense de Thomas a Kempis, Utrecht, 1884. — K. HIRSCHE, Prolegomena zu einer neuen Ausgabe der Imitatio Christi, 3 vol.. Berlin. 1873-94. — DIONYSI CARTH, Opera omnia, Montreuil-sur-Mer, 1896 suiv. — S. AUTORE, art. Denys le Chartreux, dans Dict. Théol. — VACANDARD, Etudes de critique et d'histoire religieuse, 4e série. L'auteur de l'Imitation de Jésus-Christ, 1922. — DOM J. HUYBEN, Les premiers documents historiques concernant l'Imitation, dans Vie spirituelle, 1925-1926.
A suivre : III. En Italie.

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Message  Louis Sam 27 Juin 2009, 6:07 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE III
LA MYSTIQUE
III. En Italie. En Italie, on ne vit pas alors d'école bien tranchée, mais quelques fortes personnalités, au premier rang desquelles il faut placer Catherine de Sienne, Catherine de Bologne et Catherine de Gênes. Sainte Catherine de Sienne (1347-80), dès l'âge de 6 ans, fut favorisée d'une vision du Christ. Après des persécutions subies dans sa famille à cause de son refus de se marier, elle devint tertiaire dominicaine. Sa vie fut un long miracle : ravissements, stigmates, etc., ce qui ne l'empêchait pas de soigner les malades avec un dévouement héroïque. Un sait le rôle historique qu'elle joua à la fin de la captivité d'Avignon. Ses deux principaux écrits sont les Lettres et le Dialogue. Adressées à toutes les ferventes qui formaient sa « bella brigada », ses lettres sont empreintes de douceur, de fermeté, d'esprit pratique. Un colloque entre le Père éternel et Catherine, voilà ce qui constitue le Dialogue ; il se compose essentiellement de trois prières formulées par la sainte : l'une pour elle-même, l'autre pour le monde, la troisième en vue d'obtenir la réforme du clergé ; on y trouve une satire éloquente des vices du temps. Cependant, Catherine est avant tout une mystique spéculative, vraie fille de saint Thomas d'Aquin. Parmi ses historiens, il faut citer le bienheureux Raymond de Capoue qui écrivit sa Vie en latin.
A suivre.

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Message  Louis Lun 29 Juin 2009, 6:05 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE III
LA MYSTIQUE
III. En Italie. Sainte Catherine de Bologne est une franciscaine. Après avoir vécu à la cour de Ferrare, elle quitta le monde et se vit alors éprouvée par de violentes tentations qui cessèrent seulement le jour où elle entra chez les clarisses à Florence ; elle devait mourir en 1463 abbesse des clarisses de Bologne. Son traité Des sept armes spirituelles contre les ennemis de l’âme est une véritable autobiographie rédigée en italien ; sous le pseudonyme de Catella, la sainte y raconte ses luttes, ses efforts, ses faveurs spirituelles. L'ouvrage est maintenant connu sous le titre de Révélations de sainte Catherine.

Née à Gênes en i447 de l'illustre famille des Fiesque d'où sortirent Innocent IV et Adrien V, sainte Catherine de Gênes fut mariée contre son gré à Julien Adorno qui la rendit malheureuse. Veuve à vingt-trois ans, elle passa le reste de sa vie à se dévouer auprès des malades de l'hôpital de Gênes. Sainte Catherine a été frappée par l'idée de la pureté divine qui réclame de nous des purifications toujours plus grandes ; ainsi ccomposa-t-elle son célèbre traité du Purgatoire où elle décrit les tourments des âmes retenues dans leur élan amoureux par la vue de leurs péchés.
A suivre : Chapitre IV — Les Indulgences.

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Message  Louis Mar 30 Juin 2009, 6:55 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE IV
LES INDULGENCES
A cette époque, la liturgie sacramentaire est presque définitivement fixée. On s'achemine vers le baptême par infusion, et bientôt celui par submersion ne sera plus guère conservé qu'à Milan ; l'usage se répand de baptiser les enfants peu après leur naissance. La communion reste peu fréquentée, et la messe trop rarement célébrée : le synode de Ravenne (1314) se plaint que beaucoup de prêtres ne célèbrent jamais la messe et demande qu'ils la disent au moins une fois l'an ; d'autres (Tarragone, 1317 ; Tolède, 1324) prescrivent qu'ils le fassent deux ou trois fois par an. Cependant, un certain progrès s'affirme, spécialement par l'influence des Frères de la Vie commune (voir Imitation de J.-C).

I. Les différentes sortes d’indulgences. La plus importante innovation sacramentaire est le développement donné à la concession des indulgences. On applique l'ancien tarif pénitentiel non plus pour imposer des pénitences, mais seulement en vue de remettre les peines dues au péché ; dès lors le nombre des années et semaines remises n'ont plus d'équivalent pratique ; ce sont des valeurs hors de cours dont on peut user largement ; ajoutons que les papes étaient importunés par les requêtes des monastères et des églises, des princes et des évêques, et que d'ailleurs la baisse géné¬rale de la foi demandait des adoucissements.

On voit paraître alors des indulgences spéciales…
A suivre.

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Message  Louis Mer 01 Juil 2009, 5:46 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE IV
LES INDULGENCES
I. Les différentes sortes d’indulgences. On voit paraître alors des indulgences spéciales : le jubilé et les confessionalia.

A la fin du XIIIe siècle se répandit l'idée qu'au début de chaque siècle les papes accordent un « jubilé » sous forme d'une indulgence plénière à gagner par la visite des églises de Rome ; Boniface VIII accrédita cette opinion en publiant le jubilé pour l'année 13oo « et in quolibet anno centesimo venturo » ; le succès de cette concession dépassa toute imagination. Aussi dès 1343, Clément VI déclare que le jubilé se célébrera tous les 5o ans ; Urbain VI en 1389 réduira l'espace à 33 ans. puis Paul II à 25. Enfin l'usage s'introduira d'accorder un jubilé non seulement à l'avènement d'un souverain pontife, mais aussi à l'occasion de situations graves dans lesquelles la papauté pouvait se trouver. Dès la fin du XIVe siècle, Anglais et Portugais pourront gagner le jubilé chez eux.

2° Les confessionalia ou litteræ confessionales étaient des indults donnant droit à se choisir un confesseur qui, entre autres pouvoirs extraordinaires, pourrait remettre avec les péchés toutes les peines y attachées ; Jean XXII accorda ce privilège in articulo mortis. Certains de ces confessionalia portent la mention absolvas a pœna, et a culpa ; une telle formule qu'on retrouve encore dans d'autres concessions d'indulgences induisit en erreur plusieurs historiens qui ont dénoncé parfois dans l'indulgence un moyen facile de libérer sa conscience. En réalité, c'est la confession, condition de la réception de l'indulgence qui libérait de la coulpe, et quant à l'indulgence proprement dite elle ne détruisit jamais que la peine temporelle due au péché ; les prédicateurs du temps ne cessèrent de combattre toute fausse interprétation.
A suivre.

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Message  Louis Ven 03 Juil 2009, 5:28 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE IV
LES INDULGENCES
II. Les abus. Nul doute pourtant que les indulgences aient parfois prêté à des abus. Les concessions d'indulgences se multiplièrent pour un motif souvent trop fiscal : les papes du xve siècle qui ont besoin d'argent soit pour organiser la guerre, contre les Turcs, soit pour soutenir leur réputation de mécènes s'en procurent souvent de cette manière ; Léon X n'emprunte des sommes énormes aux grands banquiers tels que les Függer et les Fiescobaldi qu'en donnant pour garantie la prédication des indulgences. Il y en a de toutes sortes : les unes doivent subvenir aux œuvres pieuses et charitables (construction d'églises, d'hôpitaux, croisades, etc.), les autres à des nécessités d'ordre temporel et général (construction des ports, des digues, des routes, etc...).

D'autre part, les autorités, princes, évêques, villes, sur le territoire desquelles s'étend l'indulgence prétendent à une quote-part ; il s'opère donc des accords entre elles et la papauté ; ainsi Charles-Quint obtient-il l'émission d'une indulgence aux Pays-Bas en vue de la réparation des digues : le tiers des sommes doit revenir au pape, le reste à l'empereur (1515).

Enfin les prédicateurs directs de l'indulgence se doublaient de collecteurs dont les bureaux s'établissaient auprès de la chaire et du confessionnal, ce qui donnait à l'entreprise « un singulier air de foire ». Il faut noter cependant que les pauvres ne payaient rien.

En résumé, l'indulgence apparaît trop souvent comme une opération fructueuse à trois degrés : le pape, les autorités séculières, les collecteurs directs. N'oublions pas toutefois les services rendus par ce moyen :

au point de vue des intérêts généraux : après la « désolation » de la guerre de Cent ans surtout, il facilita grandement la restauration de la prospérité économique et sociale.

Comme l'indulgence supposait toujours la prédication de sermons, et qu'elle requérait la confession, comme d'autre part elle était très populaire, elle eut souvent alors les heureux résultats qu'obtiennent de nos jours « les missions ».

Enfin, au xve siècle, apparaissent les indulgences applicables aux défunts : en 1489 on voit le légat Péraudi en prêcher une semblable en Allemagne pour subvenir à la croisade.
A suivre III. Le chemin de croix.

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Message  Louis Dim 05 Juil 2009, 6:08 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE IV
LES INDULGENCES
III. Le chemin de croix. Pèlerins et croisés qui se rendaient à Jérusalem avaient la dévotion de s'arrêter et de prier aux endroits où la tradition marquait les principaux événements de la voie douloureuse. Mais beaucoup de chrétiens qui ne pouvaient aller en Palestine résolurent d'y suppléer ; et de même que le Rosaire devint le psautier populaire, et que le scapulaire suppléa pour les simples fidèles à l'habit religieux, de même le pèlerinage spirituel remplaça pour le peuple la visite des lieux saints. Entrevue par le Bx Suso, cette dévotion fut accréditée surtout par les mystiques flamands. Cependant la détermination des stations demeurait flottante : Adam Kraft (1490) en comptait 8, d'autres 12, 17 et jusqu'à 34. Les deux ouvrages qui auront le plus d'influence sur le développement de cette pratique, sont la Gheestelyck Perimagrie du carme Jean Pascha, publié à Louvain en 1563 et le traité du franciscain Adrichomius intitulé Jerusalem sicut Christi tempore floruit (1584) ; ce dernier auteur compte douze stations présentées dans l'ordre actuel et il ne manque que les deux dernières. Ces deux ouvrages « façonneront en pratique la dévotion du « Chemin de la Croix en Occident » ; ils iront jusqu'à modifier l'itinéraire de la Voie douloureuse à Jérusalem même où les Franciscains devront adapter peu à peu les stations à la piété des fidèles.
_______________________________________________

I. Indulgences. — A. FAUCIEUX (A. Chollet), Les Indulgences devant l'histoire et le droit canon, dans Rev. des sciences ecclésiastiques. 1887 et 1888. — H. C. LEA, A history of auricular confession and indulgences, t. III. Indulgences (trad. franc. Salomon Reinach) : voir au sujet de ce livre. Mgr. BOUDINHON, Sur l'histoire des indulgences, à propos d'un livre récent, dans Rev. hist. et litt. relig., 1898. t. III. p. 435-55. — Mgr. N. PAULUS, Johann Tetzel, der ablassprediger, Mayence, 1899. — SCHULTE, Die Fugger in Rom (1495-1529). Leipzig, 1904. — E. GÖLLER. Der Ausbruch der Reformation und die spät mittelalterliche Ablasspraxis. Frib-en-Brisg. 1917. — P. GALTIER. art. Indulgences, dans Dict. Théol. — ET. MAGNIN, art. Indulgences, dans Dict. Théol. — THURSTON, Etude historique sur le Chemin de la Croix, trad. Boudinhon, 1907.
A suivre Chapitre V— Le culte marial .

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Message  Louis Jeu 09 Juil 2009, 6:00 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE V
LE CULTE MARIAL
I. La question de l’Immaculée Conception. La question de l’Immaculée Conception fut très débattue à celle époque. Ce fut un des rares avantages de la méthode hypothétique de Duns Scot que de lui faire envisager cette question : sans affirmer le privilège, il en soutint la possibilité : « il semble raisonnable, dit-il, d'attribuer à Marie ce qu'il y a de plus excellent, videtur probabile quod excellentius est attribuere Mariæ ».

Cependant, de nombreux docteurs s'inscrivirent contre le privilège, surtout certains dominicains ; ils s'appuyaient à tort sur l'autorité de saint Thomas qui en fait ne s'était jamais prononcé expressément sur ce problème.

En 1387, l'un d'eux, l'aragonais Jean de Monzon commit la double imprudence de taxer d'hérétique l'opinion qui soutient le privilège, et d'appuyer sa déclaration sur saint Thomas ; comme il s'opiniâtrait, quatorze propositions extraites de sa thèse furent interdites par l'Université, et l'évêque de Paris, Pierre d'Orgement défendit de les enseigner sous peine d'excommunication ; tout candidat à un grade universitaire devait adhérer à la condamnation. En Aragon, un autre dominicain, Nicolas Eymerie coupable de la même exagération fut censuré par le roi Jean I.

La réaction scotiste et franciscaine s'affirma aussi sur le terrain du culte ; dans la première moitié du xve siècle, on voit la fête de la Conception célébrée presque universellement ; le concile de Bâle — à l'époque, il est vrai, où il s'affirmait nettement schismatique — érigea la Conception en fête d'obligation et fit composer un office. Mais un pape allait intervenir avec plus d'autorité: comme le dominicain italien Vincent Bandelli recommençait à prétendre que c'était une impiété de soustraire la conception de Marie à la loi commune (1475), Sixte TV répliqua en approuvant successivement deux offices composés en l'honneur de l'Immaculée ; comme Bandelli continuait à ergoter, par la bulle Grave nimis le pape déclara « fausses et erronées les assertions de ceux qui prétendent appliquer à la seule conception spirituelle ou sanctification de la Vierge la fête célébrée par l'Eglise romaine ou accuser d'hérésie les partisans de la pieuse croyance ».
A suivre II — L’Angelus.

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Message  Louis Sam 11 Juil 2009, 6:23 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE V
LE CULTE MARIAL
II. L’Angelus. Les dévotions mariales achevaient de se former : ainsi le Rosaire dont nous avons parlé à l'époque précédente. L'Ave maria s'achevait : l'ajoute Nunc et in hora mortis se trouve pour la première fois dans un bréviaire chartreux vers 135o ; en 1514, on la lit aussi dans les bréviaires des trinitaires et des camaldules, en 1525 dans celui des franciscains ; peu après elle s'introduira parmi les fidèles. L'Angelus a pour origine le couvre-feu.

Durant cette sonnerie l'usage se répandit au xive siècle de réciter un ou plusieurs Ave; on le constate dès 1296 à Milan où l'aurait introduit Bonvicino de Riva, de l'ordre des Humiliés ; on le signale également en France où Clément V l'aurait autorisé ; en 1318 Jean XXII accorda des indulgences à ceux qui réciteraient trois Ave à l'heure du couvre-feu ; cette sonnerie servait à honorer le mystère de l'incarnation et la salutation de l'Ange.

Bientôt s'introduisit la sonnerie du matin durant laquelle on récitait l'Ave, le plus souvent pour honorer les douleurs de Marie au pied de la croix ; d'après saint Antonin, cette pratique était courante au milieu du xve siècle.

La sonnerie de midi plus récente que les deux autres servit d'abord à honorer la divine passion ; aussi n'avait-elle lieu que le vendredi ; mais Calixte III en 1456 et Louis XI en 1472 contribuèrent, à généraliser cet usage, l'un en le prescrivant avec la récitation des trois Ave pour obtenir la conjuration du péril turc, l'autre en l'étendant à toute la France pour l'obtention de la paix. 4° La fusion de ces trois dévotions commence à s'établir dès le début du xvie siècle où, à la prière de Briçonnet, évêque de Meaux et abbé de Saint-Germain-des-Prés, on voit Léon X accorder des indulgences aux fidèles qui réciteront à genoux trois Ave à ces moments là. Cependant la formule actuelle de l'Angélus n'apparaîtra que dans l'Officium parvium B. M. V., revisé par ordre de Pie V.

Deux docteurs parisiens se firent les promoteurs de la dévotion à Saint-Joseph. P. d'Ailly écrivit un traité De duodecim honoribus sancti Joseph; Gerson composa en français des Considérations sur saint Joseph, méditations au sujet « du virginal mariage de Notre-Dame cl de saint Joseph » ; au concile de Constance il prononça un discours éloquent pour obtenir l'érection d'une fête de saint Joseph. En Italie, saint Bernardin de Sienne esquissait toute une théologie de saint Joseph. Ce mouvement d'opinion aboutit à l'introduction de la fête au bréviaire romain par Sixte IV (19 mars).

______________________________________________

I. Immaculée Conception et culte marial. — X. LE BACHELET, Saint Thomas, Duns Scot et l'Immaculée Conception, dans Recherches de science religieuse, 1910, t. I. p. 601-16. — Mgr. PECHENARD, L'Immaculé Conception et l'ancienne Université de Paris dans Rev. clergé français, t. XLI (1905), p. 225-83. — P. DONCOEUR, La condamnation de Jean de Monzón par Pierre d'Orgement, évêque de Paris, dans Rev. quest. hist., t. LXXXII (1907). p. 176-87. — MORTIER, Hist. des Maîtres généraux de l'ordre des Frères Prêcheurs, t. III. p. 616-47. — X. LE BACHELET, art. Immaculée Conception, dans Dict. Théol. — DOM BERLIERE, art. Angélus et Angélique, dans Dict. Théol.
A suivre : CHAPITRE VI — LA RENAISSANCE ARTISTIQUE

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Message  Louis Dim 12 Juil 2009, 6:09 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE VI
LA RENAISSANCE ARTISTIQUE
I. La première renaissance en Italie. Il y eut en Italie deux renaissances successives : la première, celle des trecentistes, demeure généralement chrétienne dans son inspiration. Elle eut pour initiateur Giotto († 1337). Comme Dante en littérature, il est un personnage de transition.

« Il appartient au passé par la majesté de ses conceptions, la force de sa foi et la grandeur épique dont son âme déborde ; il annonce l'avenir, la Renaissance et les temps modernes, par sa curiosité et son réalisme. Nul n'a poussé aussi loin la science de la mimique » (E. del Monte).

Il a surtout décoré trois églises : Saint-François à Asise (Communion de Madeleine, Résurrection de Lazare, les miracles de. saint François), la Madonna dell' Arena à Padoue (Nativité, Adoration des mages, Jugement dernier), Santa Croce à Florence (les Funérailles de saint François, le Festin d'Hérode). Il a inauguré les grandes compositions symboliques où se révèle l'influence dantesque : ainsi le Triomphe de la Foi et le Triomphe de saint Thomas d'Aquin dont Raphaël reprendra le thème dans la Dispute du Saint-Sacrement et l'Ecole d'Athènes.

Le dominicain fra Angelico de Fiesole (1387-1455) reproduit les procédés des miniaturistes dont, il emploie les éclatantes couleurs, les fonds dorés, les bleus et les roses ; « la sérénité, la beauté surnaturelle de ses figures, leur naïveté vraiment angéliques les font admirer malgré la simplicité de sa technique » ; il faut citer surtout le Couronnement de la Vierge au Louvre, la Crucifixion (couvent Saint-Marc) où il a exprimé avec une intensité inouïe tous les sentiments, les fresques de l'Oratoire du pape (Vies de saint Etienne et de saint Laurent).
A suivre.

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Message  Louis Dim 12 Juil 2009, 6:09 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE VI
LA RENAISSANCE ARTISTIQUE
I. La première renaissance en Italie. Il y eut en Italie deux renaissances successives : la première, celle des trecentistes, demeure généralement chrétienne dans son inspiration. Elle eut pour initiateur Giotto († 1337). Comme Dante en littérature, il est un personnage de transition.

« Il appartient au passé par la majesté de ses conceptions, la force de sa foi et la grandeur épique dont son âme déborde ; il annonce l'avenir, la Renaissance et les temps modernes, par sa curiosité et son réalisme. Nul n'a poussé aussi loin la science de la mimique » (E. del Monte).

Il a surtout décoré trois églises : Saint-François à Asise (Communion de Madeleine, Résurrection de Lazare, les miracles de. saint François), la Madonna dell' Arena à Padoue (Nativité, Adoration des mages, Jugement dernier), Santa Croce à Florence (les Funérailles de saint François, le Festin d'Hérode). Il a inauguré les grandes compositions symboliques où se révèle l'influence dantesque : ainsi le Triomphe de la Foi et le Triomphe de saint Thomas d'Aquin dont Raphaël reprendra le thème dans la Dispute du Saint-Sacrement et l'Ecole d'Athènes.

Le dominicain fra Angelico de Fiesole (1387-1455) reproduit les procédés des miniaturistes dont, il emploie les éclatantes couleurs, les fonds dorés, les bleus et les roses ; « la sérénité, la beauté surnaturelle de ses figures, leur naïveté vraiment angéliques les font admirer malgré la simplicité de sa technique » ; il faut citer surtout le Couronnement de la Vierge au Louvre, la Crucifixion (couvent Saint-Marc) où il a exprimé avec une intensité inouïe tous les sentiments, les fresques de l'Oratoire du pape (Vies de saint Etienne et de saint Laurent).
A suivre.

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Message  Louis Mar 14 Juil 2009, 6:23 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE VI
LA RENAISSANCE ARTISTIQUE
I. La première renaissance en Italie. A l'art de ces primitifs italiens succède un réalisme religieux dont Masaccio est l'initiateur. Il s'épanouit dans l'école florentine avec Lippi, Boticelli et Ghirlandajo. Fra Filippo Lippi (1406-1469), qui a beaucoup d'aisance et une grande variété d'expression, reste célèbre pour ses fresques du Prato (Vie de saint Jean-Baptiste et de saint Etienne). Son élève, Boticelli (1444-1510), gracieux avec raffinement, séduit par l'attrait toujours chaste de ses types étranges : on connaît surtout ses Vierges du Louvre, son Adoration des Mages et son Allégorie du Printemps. Chez Ghirlandajo, il faut admirer la simplicité sévère, la beauté des types, la pureté du goût, surtout dans ses grandes fresques du chœur de Sainte-Marie-Nouvelle. L'école de Padoue représente spécialement le culte de l'antiquité : son grand homme est Andrea Mantegna (1430-1506), peintre savant et érudit qui sut vivifier l'archéologie par son imagination. Citons encore Le Pérugin (1446-1526), artiste éclectique qui fut le maître de Raphaël ; Luca Signorelli de Cortone (1441-1523), qui annonce Michel Ange par la force de l'expression dramatique (Jugement dernier du dôme d'Orvieto) ; à Venise Gentile († 1507) et Giovanni Bellini († 1516) s'attachent surtout non pas comme les Toscans à la beauté du dessin, mais à l'harmonie des couleurs et aux jeux de lumière.

Les deux maîtres de la sculpture sont alors Ghiberti et Donatello. Ghiberti (1378-1455) est célèbre pour ses deux portes de bronze, du Baptistère de Florence, dont l'une représente en vingt-huit bas-reliefs des scènes du Nouveau Testament, l'autre dix-huit sujets empruntés au Nouveau Testament; ce qui frappe, c'est la perfection de l'ensemble : personnages graves, symétriquement ordonnés, très vivants. Mais, tandis que son œuvre procède encore de l'art gothique et ménage la transition, la sculpture dé Donatello opère une révolution par un réalisme expressif basé sur l'observation de la nature et l'étude des modèles antiques: il faut citer saint Jean-Baptiste, saint Georges et Madeleine pénitente. Parmi les sculpteurs florentins du Trecento, on peut encore nommer Lucca della Robbia (1400-1482), qui s'efforça de concilier les traditions de l'idéalisme chrétien avec le réalisme. Le grand initiateur de l'architecture de la Renaissance fut Brunellesco (1377-1444). qui sut marier la ligne grecque avec l'arcade romaine et la coupole byzantine. Pour terminer l'Eglise Sainte-Marie-des-Fleurs, cathédrale de Florence, il réunit les quatre nefs isolées par une coupole à huit pans ; elle a servi de modèle à des milliers d'autres.

____________________________________________________

I. Renaissance artistique. — J. GUIRAIJD, op. cit., 1911. — E. MUNTZ. Histoire de l'art pendant la Renaissance. 3 vol. 1889-95 ; Les précurseurs de la Renaissance en Italie. 1882 ; Raphaël sa vie, son œuvre et son temps, 2e éd.. 1886. — A. MICHEL, Histoire de l'art, t. IV. 1906-09. — G. LAFENESTRE, La peinture italienne. 2 vol., 1891 : Venise, 1897 : Florence, 1895. — H. COCHIN. Le bienheureux Fra Giovanni Angelico Fiesole (coll. les Saints), 1906. — L. SCOTT, Brunellesco, 1902. — L. PALUSTRE, L'architecture de la Renaissance, 1892. — C . PERKINS, Les sculpteurs italiens, 1891. — A. ALEXANDRE, Donatello. 1906. — J. KLACZKO. Rome et la Renaissance. Essais et Esquisse, Jules II. 2e; édit. 1909. — A. J. WAUTER, La peinture flamande (Bibl. de l'enseignement des Beaux Arts). — G. LAFENESTRE, Saint François d'Assise et Savonarole, inspirateurs de l'art italien, 1911. — A. SCHMARSOW. Hubert und Jan Van Eyck. Leipzig, 1924. — FRIEDLAENDER, Die altniederlandische Malerci, 3 vol., Berlin, 1924-1925. — L. DIMIER et L. RÉAU, L'histoire de la peinture française depuis les origines jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, t. I. Moyen âge et Renaissance, 1926.
A suivre : II. La renaissance aux Pays-Bas et en Allemagne.

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Message  ROBERT. Mar 14 Juil 2009, 7:29 pm

Spoiler:
Louis a écrit:
Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE VI
LA RENAISSANCE ARTISTIQUE
I. La première renaissance en Italie. A l'art de ces primitifs italiens succède un réalisme religieux dont Masaccio est l'initiateur. Il s'épanouit dans l'école florentine avec Lippi, Boticelli et Ghirlandajo. Fra Filippo Lippi (1406-1469), qui a beaucoup d'aisance et une grande variété d'expression, reste célèbre pour ses fresques du Prato (Vie de saint Jean-Baptiste et de saint Etienne). Son élève, Boticelli (1444-1510), gracieux avec raffinement, séduit par l'attrait toujours chaste de ses types étranges : on connaît surtout ses Vierges du Louvre, son Adoration des Mages et son Allégorie du Printemps. Chez Ghirlandajo, il faut admirer la simplicité sévère, la beauté des types, la pureté du goût, surtout dans ses grandes fresques du chœur de Sainte-Marie-Nouvelle. L'école de Padoue représente spécialement le culte de l'antiquité : son grand homme est Andrea Mantegna (1430-1506), peintre savant et érudit qui sut vivifier l'archéologie par son imagination. Citons encore Le Pérugin (1446-1526), artiste éclectique qui fut le maître de Raphaël ; Luca Signorelli de Cortone (1441-1523), qui annonce Michel Ange par la force de l'expression dramatique (Jugement dernier du dôme d'Orvieto) ; à Venise Gentile († 1507) et Giovanni Bellini († 1516) s'attachent surtout non pas comme les Toscans à la beauté du dessin, mais à l'harmonie des couleurs et aux jeux de lumière.

Les deux maîtres de la sculpture sont alors Ghiberti et Donatello. Ghiberti (1378-1455) est célèbre pour ses deux portes de bronze, du Baptistère de Florence, dont l'une représente en vingt-huit bas-reliefs des scènes du Nouveau Testament, l'autre dix-huit sujets empruntés au Nouveau Testament; ce qui frappe, c'est la perfection de l'ensemble : personnages graves, symétriquement ordonnés, très vivants. Mais, tandis que son œuvre procède encore de l'art gothique et ménage la transition, la sculpture dé Donatello opère une révolution par un réalisme expressif basé sur l'observation de la nature et l'étude des modèles antiques: il faut citer saint Jean-Baptiste, saint Georges et Madeleine pénitente. Parmi les sculpteurs florentins du Trecento, on peut encore nommer Lucca della Robbia (1400-1482), qui s'efforça de concilier les traditions de l'idéalisme chrétien avec le réalisme. Le grand initiateur de l'architecture de la Renaissance fut Brunellesco (1377-1444). qui sut marier la ligne grecque avec l'arcade romaine et la coupole byzantine. Pour terminer l'Eglise Sainte-Marie-des-Fleurs, cathédrale de Florence, il réunit les quatre nefs isolées par une coupole à huit pans ; elle a servi de modèle à des milliers d'autres.

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I. Renaissance artistique. — J. GUIRAIJD, op. cit., 1911. — E. MUNTZ. Histoire de l'art pendant la Renaissance. 3 vol. 1889-95 ; Les précurseurs de la Renaissance en Italie. 1882 ; Raphaël sa vie, son œuvre et son temps, 2e éd.. 1886. — A. MICHEL, Histoire de l'art, t. IV. 1906-09. — G. LAFENESTRE, La peinture italienne. 2 vol., 1891 : Venise, 1897 : Florence, 1895. — H. COCHIN. Le bienheureux Fra Giovanni Angelico Fiesole (coll. les Saints), 1906. — L. SCOTT, Brunellesco, 1902. — L. PALUSTRE, L'architecture de la Renaissance, 1892. — C . PERKINS, Les sculpteurs italiens, 1891. — A. ALEXANDRE, Donatello. 1906. — J. KLACZKO. Rome et la Renaissance. Essais et Esquisse, Jules II. 2e; édit. 1909. — A. J. WAUTER, La peinture flamande (Bibl. de l'enseignement des Beaux Arts). — G. LAFENESTRE, Saint François d'Assise et Savonarole, inspirateurs de l'art italien, 1911. — A. SCHMARSOW. Hubert und Jan Van Eyck. Leipzig, 1924. — FRIEDLAENDER, Die altniederlandische Malerci, 3 vol., Berlin, 1924-1925. — L. DIMIER et L. RÉAU, L'histoire de la peinture française depuis les origines jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, t. I. Moyen âge et Renaissance, 1926.
A suivre : II. La renaissance aux Pays-Bas et en Allemagne.
Dites donc cher ami, c'est un ouvrage colossal que vous accomplissez avec cette Histoire de l'Église BRAVO L'Histoire de l'Église (Tome II) - Page 5 962688
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Message  Louis Jeu 16 Juil 2009, 6:02 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE VI
LA RENAISSANCE ARTISTIQUE
II. La renaissance aux Pays-Bas et en Allemagne. Cependant, s'épanouissait, en Flandre, une Renaissance septentrionale due à la prospérité des grandes cités commerçantes telles que Bruges et Gand, ainsi qu'à la libéralité des ducs de Bourgogne. Le centre fut ici Bruges, comme en Italie Florence. Quatre noms dominent : les Van Eyck, Roger de la Pature, Hans Memling et Quentin Metsys. L'œuvre capitale des Van Eyck est le grand retable de l'Agneau mystique, où paraît un ardent amour de la nature qui se manifeste dans la liberté des attitudes et des gestes, et dans le sens de la vérité précise et minutieuse ; grâce à l'emploi d'huiles plus siccatives, ils donnèrent aux couleurs une étonnante richesse.

Roger de la Pature (1406-1464), fondateur de l'école brabançonne, est plus dur; mais la profondeur du sentiment dramatique est intense dans ses tableaux, surtout dans ses figures de Christ profondément humaines et douloureuses : citons la Mise au tombeau du musée de Berlin et la Déposition de Croix du Louvre, où la raideur et la lividité du cadavre font un effet poignant.

Tandis que les Van Eyck visaient à la grandeur et Roger au pathétique, Hans Memling préfère la grâce, l'émotion tendre et communicative : il faut citer sa Chasse de sainte Ursule, l'Adoration des Mages, le Mariage mystique de sainte Catherine et le Jugement dernier.

Après eux, Quentin Metzys (1466-153o), de l'école d'Anvers, éblouira par la vie des physionomies, l'habillement somptueux des personnages, le coloris vif et moelleux: ses œuvres les plus remarquables sont le Christ entouré d'anges et l'Ecce homo. L'influence des peintres flamands se répandit partout : en Allemagne et en France, en Espagne et en Italie.

A suivre.

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Message  Louis Sam 18 Juil 2009, 6:14 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE VI
LA RENAISSANCE ARTISTIQUE
II. La renaissance aux Pays-Bas et en Allemagne. « Cité sainte » de la Germanie et principal centre commercial du Rhin, Cologne possédait à la fois un clergé puissant et une bourgeoisie riche et dévote : aussi eut-elle une école artistique renommée. Son peintre le plus fameux est Stéphane Lochner († 1451), le fra Angelico rhénan, dont le chef-d'œuvre est le « Dombild » ou retable de la cathédrale (Annonciation, Adoration des mages) ; faut citer aussi la Vierge au buisson de roses et la Vierge à la violette..

L'école d'Augsbourg en Souabe est représentée par Hans Holbein le Vieux (1460-1517 ?), et son fils Hans Holbein le jeune, chez qui le réalisme de l'école allemande se mélange d'idéalisme et de noblesse ; son chef-d'œuvre est la Madone du bourgmestre Meïer.

A Nuremberg vécut Albert Dürer, le maître de la renaissance germanique, plus grand comme graveur que comme peintre ; dans ses gravures « une scrupuleuse observation de la nature s'unit à la pleine fantaisie d'une imagination germanique » ; ses principales œuvres sont la Fête du Rosaire, les Saints adorant la Trinité, une Apocalypse, une Vie de la Vierge en dix-neuf feuilles, une Petite Passion en trente-six feuilles et une Grande Passion en douze feuilles.

La sculpture allemande produisit un nombre considérable d'oeuvres d'art au xve siècle : stalles de chœur et rétables d'autel où se montre un réalisme minutieux et pittoresque. Les trois grands maîtres appartiennent à Nüremberg : Adam Kraft, Veit Stoss et Peter Vischer.

Kraft († 15o5), surtout connu pour son Chemin de croix, a beaucoup de puissance et de verve dramatique ; Veit Stoss, plus délicat et plus gracieux, représenta dans sa Couronne de roses les sept joies de la Vierge en sept médaillons réunis par une simple couronne de roses.

Peter Vischer († 1529) exécuta la Chasse de saint Sebald que couronnent trois baldaquins soutenus par quatre couples de piliers portant à mi-hauteur les douze apôtres et, au sommet, les douze prophètes. L'inscription qui orne cette chasse indique bien le caractère strictement religieux de l'Ecole allemande : « Ceci a été exécuté à la louange unique du Dieu tout-puissant, et en l'honneur du prince du ciel, saint Sebald, à l'aide des aumônes données par les dévotes gens. »
A suivre : III. La deuxième renaissance en Italie.

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Message  Louis Dim 19 Juil 2009, 6:04 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE VI
LA RENAISSANCE ARTISTIQUE
III. La deuxième renaissance en Italie. On ne peut en dire autant de la seconde renaissance italienne que domine le triumvirat de Michel Ange, Léonard de Vinci et Raphaël. Avant eux, Bramante d'Urbin, le plus grand architecte de la Renaissance, se rendit surtout célèbre lorsque, déjà sexagénaire, il fut chargé par Jules II de restaurer le Vatican et de reconstruire la vieille église de Saint-Pierre. Pour relier les différentes parties qui composaient le Vatican, il construisit un double corps de bâtiments ayant pour façade des loggie à deux étages et qui servait d'enceinte à un stade pour les tournois. 11 n'eut pas le temps († 1514) de réaliser son plan de Saint-Pierre: une coupole centrale d'où rayonneraient quatre bras d'une croix grecque terminés par un chevet arrondi. Les artistes qui, successivement, reprendront l'œuvre, la modifieront complètement ; mais l'influence de Bramante se prolongera à travers l'architecture occidentale, lui imposant le plan à coupole centrale et la décoration composée avec les colonnes et les frises des ordres romains.

Michel-Ange Buonarotti (1475-1564) fut avant tout un sculpteur. Jules II lui commanda son tombeau jamais achevé, mais où se trouve le Moïse assis, farouche, dominateur et menaçant. Jules II l'occupa aussi à la décoration de la Chapelle sixtine dont il peignit le plafond avec une puissance et une grandeur vraiment bibliques (La Création du monde, de l'homme, de la femme, Adam et Eve, etc.). Plus tard, Léon X le chargea de continuer Saint-Pierre de Home, qu'il couronna d'une magnifique coupole. Son imagination grandiose échafaude des compositions « titanesques ».

Sculpteur, architecte, ingénieur, Léonard de Vinci fut avant tout un peintre pour qui l'art est une chose mentale « cosa mentale » : s'il étudie la réalité, s'il fouille l'anatomie du corps humain et « pousse jusqu'à la volupté la recherche amoureuse du modelé », il désire pourtant exprimer d'abord la psychologie des personnages : ainsi, sa composition de la Cène est-elle un drame où l'on voit tous les personnages sous le coup du mot prononcé par le Christ : « L'un de vous me trahira. » Parmi ses œuvres, citons : la Madeleine (Palais Pitti), la Vierge aux Rochers, le Saint Jean (Louvre), Herodiade (tribune de Florence).

A suivre.

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Message  Louis Lun 20 Juil 2009, 6:01 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE VI
LA RENAISSANCE ARTISTIQUE
III. La deuxième renaissance en Italie. Tandis que Léonard de Vinci et Michel Ange communiquent à leurs œuvres une profonde empreinte personnelle, Raphaël (1483-1520) « semble avoir employé tout son génie à créer le mode d'expression le plus général, le type de beauté le plus impersonnel où toutes les aspérités de la personnalité se fondent dans l'eurythmie ». Il porta à sa perfection la beauté classique. Son activité fut prodigieuse. Dans les stanzes du Vatican, il traita de grands sujets philosophiques (la Dispute du Saint-Sacrement, l'Ecole d'Athènes), ou historiques (Héliodore chassé du temple, Attila arrêté par-saint Léon). Il peignit aussi une admirable série de madones : les premières candides et tendres, les dernières majestueuses et glorieuses ; les plus célèbres sont : la Vierge à la Chaise (Florence) et la Madone de saint Sixte (Dresde).

Mais le souci de la forme pour elle-même, en dehors de toute inspiration vraiment chrétienne, dominait dès lors. Si Fra Bartholomeo, fils spirituel de Savonarole,. est un vrai contemplatif qui exprime avec sobriété la beauté morale (Descente de Croix et Couronnement de la Vierge, au palais Pitti), son élève, Andrea del Sarto (1446-1531), donne à ses figures de saintes une attitude langoureuse au milieu d'une profusion de lumière et de couleurs gaies (La Charité). Ces tendances païennes s'accentuent chez les peintres vénitiens, chez un Giorgone et un Giovanni Palma de Bergame, qui peignent indifféremment des madones et des courtisanes ; si le Titien, parfois très sensuel, a pu exprimer des sentiments religieux, c'est grâce à la souplesse exceptionnelle de son talent (Mise au tombeau, du Louvre). Avec le Corrège, qui inaugure le précieux et le joli, la peinture religieuse achèvera de se tourner en tendresse affadie, en gestes caressants, en sourires engageants (Mariage mystique de sainte Catherine, au Louvre, ; Madone de saint Jérôme, à Parme.

A suivre : IV. La renaissance en France.

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Message  Louis Mer 22 Juil 2009, 4:49 pm

Aspect général de la Chrétienté avant la Réforme.
CHAPITRE VI
LA RENAISSANCE ARTISTIQUE
IV. La renaissance en France. En France, avant les guerres d'Italie, la Renaissance n'avait pas eu le même épanouissement. Cependant, deux mécènes, frères de Charles V, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et Jean de France, duc de Berry, suscitèrent des initiatives : le premier eut à son service, le peintre Claus Sluter, du comté de Hollande, qui composa le tombeau de Philippe le Hardi, les statues du portail de, la Chapelle à la chartreuse de Champmol et le Puits de Moïse, base d'un calvaire pour le cloître de cette même chartreuse et où l'on voit les fameuses statues de Moïse, de, Daniel et d'Isaïe ; son réalisme puissant reste de bon aloi.

Le duc de Berry fil exécuter de magnifiques Heures qui sont les chefs-d'œuvres de la miniature. L'école de Tours, qui se forma au xve siècle, produisit deux grands artistes : Jehan Foucquet (1415-8o), miniaturiste incomparable, mêle aux seines religieuses tous les personnages du temps avec leurs poses familières, leur costume, leurs manières d'être (Livre. d'heures d'Etienne Chevalier) ; le Breton Michel Colombe († 1512), influencé par la Renaissance italienne, mais resté fidèle à la tradition des vieux maîtres gothiques, inaugura chez nous une sculpture idéalisée, à la fois grave et élégante (Tombeau du duc François II de Bretagne à Nantes, le Saint Georges terrassant le dragon au Louvre). Il imagina les sépulcres et les mises au tombeau (église Saint-Sauveur de La Rochelle), où l'on groupait autour du Christ une dizaine de personnages grandeur naturelle ; on en trouve un grand nombre clans les églises françaises du xve et du xvie siècles ; les plus célèbres sont ceux de Solesmes el de Saint-Mihiel.
A suivre : L’Éclosion de la Réforme ( 1517-1559)

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Message  Louis Ven 24 Juil 2009, 6:49 pm

L’Éclosion de la Réforme (1517-1559)
CHAPITRE PREMIER

LES ORIGINES DE LA RÉFORME ALLEMANDE

LE LUTHÉRANISME
I. Les causes religieuses et politiques de la réforme allemande : l’humanisme érasmien. La Réforme est un fait complexe dont nous avons vu les causes multiples apparaître durant la période précédente : au point de vue religieux, le succès du nominalisme occamiste, au point de vue politique, l'abaissement du prestige de la papauté attaquée durant la première moitié du xve siècle par les partisans de la supériorité conciliaire, et discréditée durant la seconde par ses mœurs trop séculières et les abus de sa fiscalité. A ces causes générales il faut en ajouter qui sont plus spéciales à l'Allemagne. Nul part, le haut clergé n'est plus riche, ni moins édifiant : possesseurs du tiers des biens d'Empire, évêques et abbés mènent une existence de grands seigneurs, vivant dans un luxe effréné, ne portant plus l'habit ecclésiastique et méconnaissant trop souvent la loi du célibat : ainsi, le prince évèque de Trêves, Richard de Spire, vit-il comme un homme de guerre ; Herman de Wied, électeur de Cologne a la réputation de n'avoir dit la messe que trois fois en sa vie et de ne point même savoir le latin. Avec la complicité intéressée de la curie romaine, ces princes ecclésiastiques cumulent les bénéfices : dès l'âge de 13 ans, Georges de Bavière possède les canonicats de Mayence, de Cologne et de Trêves, la prévôté de Saint-Donatien à Bruges, l'évêché de Spire, etc. En opposition, tout un prolétariat ecclésiastique, réduit à la portion congrue, ne parvient à vivre qu'en greffant sur son ministère sacerdotal des métiers et occupations séculières ; aigri par la pauvreté, il est prêt a sympathiser avec tout mouvement révolutionnaire : aussi, les plus influents des réformateurs, Luther, Zwingle, Karlstadt., Münzer, Æcolampade, etc., sortiront du clergé séculier ou régulier.

D'autre part, un prolétariat de la noblesse, frondeur et batailleur, ne songe qu'à pêcher en eau trouble et à se lancer à la curée ; ces chevaliers sont d'autant plus entreprenants que le pouvoir impérial reste faible devant une féodalité libertaire : conséquence lointaine des longues querelles des guelfes et des gibelins qui, en absorbant les forces de l'empereur dans la péninsule, ne lui ont point permis d'asseoir son pouvoir en Allemagne. Un autre résultat de ces luttes avait été de renforcer l'antagonisme naturel des Germains et des Italiens : la haine des Romains sera un trait commun à tous les réformistes, clercs et nobles, et Luther saura bien l'exploiter. L'antipathie s'est encore accrue par suite de la transformation de la Rome de la Renaissance où prédomine un culte tout extérieur, tandis que l'Allemand est attiré par la vie intérieure et mystique. Les abus de la fiscalité pontificale achèveront d'exaspérer cet anti-romanisme qui semblait être une forme du patriotisme germain.

Un tel état religieux et social de l'Allemagne…

A suivre.

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Message  Louis Sam 25 Juil 2009, 6:42 pm

L’Éclosion de la Réforme (1517-1559)

CHAPITRE PREMIER

LES ORIGINES DE LA RÉFORME ALLEMANDE

LE LUTHÉRANISME
I. Les causes religieuses et politiques de la réforme allemande : l’humanisme érasmien. ... Un tel état religieux et social de l'Allemagne explique qu'il existât un humanisme germanique réformiste et frondeur dont le choryphée fut Erasme. Né à Rotterdam, il se forma chez les Frères de la vie commune à Deventer et à Bois-le-Duc, entra au monastère de Stein, près de Gouda, puis, moine défroqué, vécut sous le patronage de hauts protecteurs. Très différent, des humanistes italiens, il ne prône point un retour scandaleux à l'épicuréisme, mais il rêve de combiner la sagesse antique avec le christianisme. En conséquence à la dogmatique scholastique, il oppose une philosophie large et nuancée, l'Evangelica philosophia. Ainsi s'exprime-i-il dans ses Adagia, dans l'Enchiridion mililis christiani et surtout dans l'Eloge de la Folie, Moriœ Encomium, où la Folie raille théologiens scholastiques, moines et papes. Sur le terrain scripturaire, sous prétexte de reproduire « la peinture vivante du Christ » et « la vraie parole des apôtres », il bat en brèche l'autorité de la Vulgate et, appliquant aux textes sacrés les procédés d'une critique libre, il donne une édition du texte grec du Nouveau-Testament, accompagnée d'une nouvelle version latine d'après laquelle Luther fera plus tard sa traduction allemande. Pourtant, cet humaniste réformiste prétend bien rester dans l'Eglise; il répugne de toute sa nature aux procédés violents, et, plus tard, il combattra Luther; il n'en reste pas moins le précurseur le plus attitré de la Réforme.
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I. L'Allemagne à la veille de la Réforme : Erasme. — J. JANSSEN, Geschiehte des deutschen Volkes seit dem Ausgang des Mittelalters. 8 vol., édit, revue par Pastor, t. I-II, 1897. trad. franc. par E. Paris. 1887-1911. — DRUMOND, Erasmus, his life and character, 2 vol., Londres. 1873. — FEUGÈRE, Erasme, Etude sur sa vie et ses ouvrages. 1874. — PINEAU, Erasme, 1924. — P. GODET, art Erasme, dans Dict. Théol. — IMBART DE LA TOUR, Les origines de la Réforme, t. II, 1909. — PAQUIER, L'humanisme et la Réforme, 1900. — HUMBERT CLAUDE, Erasme et Luther, leur polémique sur le libre arbitre, 1909.

A suivre. : II. Les théologiens précurseurs de la réforme.

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Message  Louis Dim 26 Juil 2009, 6:03 pm

L’Éclosion de la Réforme (1517-1559)
CHAPITRE PREMIER

LES ORIGINES DE LA RÉFORME ALLEMANDE

LE LUTHÉRANISME
II. Les théologiens précurseurs de la réforme. D'ailleurs, sur un terrain strictement théologique, voici de vrais réformistes, héritiers de Wiclef et de Jean Hus. Ainsi, Jean Wesel nie-t-il toute hiérarchie au nom d'un prédestinatianisme fataliste : celui que Dieu veut sauver le sera, même si les prêtres le condamnent ; un seul moyen de salut : s'attacher à l'Ecriture comme à l'unique règle de la foi. Wesel appliqua particulièrement ces idées aux indulgences. « L'indulgence, dit-il, ne peut être déduite ni du pouvoir des clefs parce que l'Ecriture n'en parle absolument pas, ni du trésor des mérites parce que personne ne peut savoir si Dieu admet la prétendue compensation. » Traduit devant le tribunal d'Inquisition de Mayence, Wesel se rétracta et finit ses jours chez les Augustins. Jean Wessel Gansfort aboutit à une semblable négation de l'autorité ecclésiastique : pour lui, en effet, la communion spirituelle vaut la réception réelle de l'Eucharistie, quand elle est faite avec ferveur ; dès lors, le sacrement disparaît, et le fidèle isolé se suffit à lui-même. De même, Jean Pupper de Goch tend à proclamer la Sainte Ecriture seule règle infaillible de la foi et des mœurs au détriment de l'autorité ecclésiastique. D'après lui, ce que la loi extérieure prescrit à l'homme, bonnes œuvres, obligations ecclésiastiques, vœux, etc., demeure sans mérite et nuit même à la perfection chrétienne : seul, le bien librement accompli par la volonté est méritoire.

A suivre. : III. L'explication psychologique du luthéranisme.

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Message  Louis Mar 28 Juil 2009, 6:08 pm

L’Éclosion de la Réforme (1517-1559)
CHAPITRE PREMIER
LES ORIGINES DE LA RÉFORME ALLEMANDE

LE LUTHÉRANISME
III. L'explication psychologique du luthéranisme. C'est dans un milieu si préparé à l'entendre qu'apparut Luther. Il naquit à Eisleben en Thuringe, le 10 novembre 1483. Il fut élevé rudement, si bien qu'il songea même à s'enfuir de la maison paternelle ; cette éducation qui, sur le moment, pouvait contenir la violence naturelle de son caractère, développa chez lui le penchant à l'inquiétude. Ayant fait ses études de latin à Magdebourg et à Eisenach, il entra à l'Université d’Erfürt, où il s'adonna à la philosophie et au droit. Son tempérament bizarre s'accentuait, il prenait sans doute part aux plaisirs de ses camarades, mais tombait soudain dans la mélancolie, accablé par des tourments de conscience : « Si je suis entré au couvent, avouera-t-il, c'est que je désespérais de moi-même. » Comme il se trouvait dans ces dispositions, un orage qui le surprit aux portes d’Erfürt faillit lui coûter la vie. « Sous l'empire de l'effroi, écrivit-il plus tard, je prononçai un vœu, contraint et forcé », celui d'entrer en religion (2 juillet 15o5). Son père, qui connaissait son caractère, voulut en vain le retenir ; il entra dans l'ordre des ermites de Saint-Augustin, à Erfürt, erreur fondamentale, cause de ses troubles grandissants d'où naîtra sa théologie nouvelle.

Profès en septembre 15o6, prêtre en mai 1507, Luther fut envoyé par le provincial Jean de Staupitz à l'Université de Wittenberg pour y enseigner la théologie. En 1510, il se rend à Rome, délégué des couvents de la stricte observance ; il ne semble pas qu'il faille faire de ce voyage, ainsi que Luther l'a prétendu, un événement capital dans sa vie comme si les abus romains l'eussent scandalisé au point d'altérer sa foi. Les raisons de sa chute sont tout intérieures : l'obsession du péché e poursuit, la lutte de la chair contre l'esprit le remplit de terreur, et, vivant dans le relâchement, il est porté à désespérer toujours plus de la nature humaine. Cette évolution aboutit au Commentaire sur l'Épître aux Romains (avril 1515 - octobre 1516) : Luther y proclame que le péché originel vicie complètement la nature humaine et qu'il la livre à la concupiscence, « privation de toute rectitude et de tout pouvoir dans toutes nos facultés tant du corps que de l'âme », si bien que chacun de nos actes est péché mortel. Radicalement incapable d'aucun bien, l'homme ne sera sauvé que par la foi : à l'âme pécheresse, Dieu donne la foi par laquelle se reconnaissant mauvaise, elle se confie en lui et reçoit pour récompense la justification. Ce double principe de la concupiscence invincible et de la justification par la foi seule est le centre même du Luthéranisme ; il apparaît comme le coup de désespoir de l'homme tenté à qui il doit apporter la paix : « Si nous avons la foi, il suffit, toutes nos angoisses de conscience deviennent superflues. » C'est le dogme de la certitude du salut personnel.


L'Histoire de l'Église (Tome II) - Page 5 Luther

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I. Luther.Sources : KNAAKE, D. Martin Luher's Werke. Kritisehe Gesammt Ausgabe, 14 vol., Weimar, 1883 sq. — Travaux : DENIFLE, Luther et le luthéranisme, 4 vol., trad. Paquier, 2e éd., 1909 — J. JANSSEN, L'Allemagne et la Réforme, 8 vol., trad. E. Paris, 1887-1911 (cette traduction, à l'exception des t. VII et VIII n'a pas bénéficié de la révision faite par L. Pastor). — L. PASTOR, Histoire des papes, trad. Furcy Raynaud, puis A. Poizat. — H. GRISAR, Luther, 3 vol., Fribourg, 1911-12. — IMBART DE LA TOUR, Les origines de la Réforme, t. Ill, 1914. — L. CRISTIANI, Du luthéranisme au protestantisme. Evolution de Luther, de 1517 à 1528, 1911 ; Luther et le luthéranisme, 1909 ; Luther et la question sociale, 1912 ; Luther. De la liberté du chrétien, trad: franc, avec introd. et notes, 1914 ; Les propos de table de Luther, Rev. quest. hist., 1911-12 ; Luther au couvent, ibid, 1914 ; art. Réforme, dans Dict. Apol. — J. PAQUIER, Luther et l'Allemagne, 1918 ; art. Allemagne, dans Dict. d'hist. — JUNDT, Le développement de la pensée religieuse de Luther jusqu'en 1517, 1906. — KATKOFF, Recherches sur le procès à Rome de Luther, 1905. — J. MARITAIN, Trois réformateurs, Luther, Descartes, Rousseau, 1925.

A suivre. : IV. L'occasion de la rupture : la querelle des Indulgences.

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Message  Louis Jeu 30 Juil 2009, 6:19 pm

L’Éclosion de la Réforme (1517-1559)
CHAPITRE PREMIER
LES ORIGINES DE LA RÉFORME ALLEMANDE
LE LUTHÉRANISME
IV. L'occasion de la rupture : la querelle des Indulgences. Dès 1516, Luther se trouvait hors de l'orthodoxie. Sa rupture ouverte éclata l'année suivante à l'occasion du « scandale des indulgences ». En août 1514, Albert de Brandebourg, déjà archevêque de Magdebourg et administrateur du diocèse de Halberstadt, fut promu archevêque de Mayence ; pour couvrir les frais de son installation, une indulgence plénière fut concédée dans les trois diocèses placés sous sa juridiction : moitié du profit devait revenir à l'archevêque, moitié à la construction de Saint-Pierre de Rome.

Le dominicain Tetzel, prédicateur de l'indulgence, déclara sans doute que la confession préalable était nécessaire aux vivants, mais il accordait que, pour rendre l'indulgence applicable aux morts, l'état de grâce n'était point requis ; ainsi put-il sembler à plusieurs que la contribution pécuniaire était l'essentielle condition de l'indulgence. Il y eut des protestataires, tels que Jean Eck, Jérôme Emser, Cochlaeus, Georges de Saxe ; mais tous réservaient les droits du pape.

Par contre, dans les 95 thèses affichées la veille de la Toussaint 1517 à la porte de la collégiale du château de Wittemberg, Luther affirmait que « le Pape n'a pas le droit de remettre d'autres peines que celles qu'il a imposées lui-même » (thèse V), et que « tout chrétien vraiment contrit a la rémission entière de la faute et de la peine » (thèse XXXVI). Les thèses avaient, d'ailleurs, l'allure d'un pamphlet anti-romain : « Pourquoi, y lisait-on, pourquoi le Pape, dont les richesses sont plus grasses que celles des Crassus les plus opulents, n'élève-t-il pas sa basilique de Saint-Pierre avec son argent plutôt qu'avec celui des pauvres fidèles ?»

Ce côté polémique du factum satisfaisait les passions anti romaines d'un public allemand déjà très excité contre le « trafic des indulgences » : voilà ce qui fit son énorme, succès à travers l'Allemagne. Dès lors, si savantes qu'elles fussent, les réfutations devaient rester sans grande portée : il y eut les Antithèses de Jean Tetzel, dont les copies furent brûlées par les étudiants de Witternberg ; il y eut, à Cologne, la protestation du dominicain Jacques Hoogstraten et, à Ingolstadt, celle du professeur Jean Eck dans ses Remarques ou Obelisci. Mais qu'importait à Luther : la question des indulgences n'avait été pour lui qu'une heureuse occasion de révolte ; dès 1518, dans une réunion solennelle des Augustins à Heidelberg, il montrait toute l'ampleur de sa fausse doctrine, lorsqu'au nom de saint Augustin et contre les Pélagiens, il affirmait la corruption absolue de la volonté humaine et la destruction du libre arbitre par le péché originel, ainsi que la passivité de l'homme sous l'action divine.
A suivre. : V. Les interventions romaines et la révolte ouverte.

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Message  Louis Dim 02 Aoû 2009, 6:02 pm

L’Éclosion de la Réforme (1517-1559)
CHAPITRE PREMIER

LES ORIGINES DE LA RÉFORME ALLEMANDE
LE LUTHÉRANISME
V. Les interventions romaines et la révolte ouverte. Cependant, à l'égard du pape, il se montra d'abord très réservé. Le 3o mai, il envoyait à Léon X l'explication latine de ses thèses sur les Indulgences, intitulée Resolutiones, avec une lettre très humble : « Si j'ai mérité la mort, disait-il, je consens à mourir. » Cité à Rome, il se déroba sous prétexte de pauvreté, mais accepta de se justifier ; sur les instances de l'électeur de Saxe, Léon X l'autorisa à cornparaître simplement à Augsbourg devant le cardinal légat Cajetan.

Celui-ci accueillit l'hérésiarque avec douceur ; toutefois, perçant à fond ses théories, il lui demanda de rétracter spécialement la septième de ses Resolutiones, d'après laquelle la justification ne vient pas du sacrement, mais de la foi, non sacramentum, sed fides sacramenti justificat. Toujours travaillé par les troubles intérieurs qui motivaient sa théorie de la justification par la foi seule, Luther consentit bien à souscrire une vague lettre pleine de déférence, mais refusa de se rétracter ; dans la nuit du 20 au 21 octobre, il quitte furtivement Augsbourg ; le 23 octobre, il lance son Appel du pape mal informé, au pape mieux informé, puis le 28 novembre son Appel du pape au concile général. Il peut, d'ailleurs, compter sur l'appui du prince électeur, Frédéric de Saxe, qui refuse à Cajetan de le livrer avant qu'il n'ait été jugé par quelque université (8 décembre).

Rome se résolut à une seconde tentative. Pour dirimer le conflit des indulgences, Léon X avait publié, le 9 novembre, une lettre qui distinguait entre la remise de la coulpe par le sacrement et la remise de la peine par l'indulgence, mais qui maintenait la prérogative pontificale, de puiser « au trésor de Jésus-Christ et des saints ». Toute équivoque ainsi dissipée, le pape députa en Saxe son camérier, Charles de Miltiz, personnage doux et souple : il devait gagner l'appui du pouvoir séculier en remettant au prince électeur de Saxe, la rose d'or, puis persuader Luther. Celui-ci écrivit bien, sous la dictée du légat, une lettre de soumission, mais qui ne contenait pas une rétractation formelle (5 ou 6 janvier 1519) : « Dieu et toutes les créatures me sont témoin, y disait-il, que je n'ai jamais eu l'intention de combattre l'Eglise romaine », ce qui ne l'empêcha pas de se demander deux mois après, dans une lettre, à Spalatin, « si le pape est véritablement l'Antéchrist ou seulement son apôtre » (13 mars 1519). Ainsi, Léon X avait-il été joué.

A suivre. : Dispute de Leipzig.

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