L'Histoire de l'Église (Tome II)

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Message  Louis Ven 20 Mar 2009, 6:56 pm

La Crise Gallicane

De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE III

LE GRAND SCHISME
2. L’échec des solutions diverses. Urbain VI empira encore la situation. Son adversaire lui avait abandonné l'Italie ; avec sa nature vindicative, il s'absorba dans des conflits personnels et employa toutes ses forces à lutter contre Jeanne de Naples, sa puissante voisine qui s'était déclarée cémentite. Pour se procurer des ressources, il osa dépouiller églises et autels, puis chargea l'ambitieux Charles de Durazzo d'exécuter ses vengeances. L'expédition terminée, celui-ci ne se souciait plus d'Urbain VI, qui vint jusqu'à Naples réclamer ses droits ; une lutte s'en suivit ; assiégé dans Nocera, Urbain VI parvint à se dégager. Les cardinaux que toute cette politique inquiétait, résolurent de mettre Urbain VI en tutelle; le complot découvert, il en fit torturer plusieurs.

Tout cela déconsidéra le parti italien trop affaibli désormais pour briser le schisme. De son côté, le pape d'Avignon ne l'emporterait que s'il devenait le pape de Rome ; il fallait donc recourir à « la voie de fait », c'est-à-dire aux armes. Dans ce but, Clément VII lia à sa cause les Angevins, auxquels il promettait le retour à Naples : Louis Ier d'Anjou, puis son fils Louis II remportèrent, en Italie, des succès brillants, mais éphémères, qui ne servirent en rien la cause clémentine ; une combinaison s'appuyant sur Jean Galéas Visconti et sur son gendre, Louis d'Orléans, échoua de même. Ces expéditions italiennes sans résultat décisif avaient coûté très cher, le clergé regimbait; on était las du schisme ; puisque la « voie de fait » n'avait pas réussi, il fallait en trouver une autre.

En 1394, un referendum organisé par l'Université montra que l'opinion penchait vers la voie de cession : les deux pontifes abandonneraient la tiare, et on procéderait à une nouvelle élection. Mais Clément VII n'était point de cet avis ; quand l'Université essaya de le persuader, il s'écria : « C'est mauvais ! c'est venimeux ! » Plus habile, son successeur en Avignon, Benoit XIII (1394-1417), protestait de sa bonne volonté ; il parvint à rallier à lui des personnages tels que Nicolas de Clamanges qui devint son secrétaire, Pierre d'Ailly, à qui il donne l'évêché du Puy, saint Vincent Ferrier. Il se déclarait partisan d'une voie médiale, la voie de conférences , et demandait à s'aboucher avec le pape de Rome. Il faisait, d'ailleurs, mille chicanes. Furieuse, l'Université résolut de faire triompher par la force la voie de cession. Réunie en mai 1398, une assemblée du clergé de France vota, .sur son conseil, la soustraction d'obédience : on refusait de reconnaître l'autorité du pontife d'Avignon jusqu'à ce que l'union fût réalisée. Bohême, Hongrie et Navarre adoptèrent la même attitude.

En pratique, la mesure eut des effets inattendus : la cour de France voulait le désistement des deux rivaux, non le triomphe du pape romain ; or, en annihilant Benoît XIII, la soustraction d'obédience augmentait le prestige de son rival que les décisions françaises n'atteignaient pas. Le jubilé de l'an 14oo amena, à Rome, nombre de pèlerins ; faisant abstraction de toute obédience, ils accouraient recueillir des indulgences. Dans le même temps, on assiégeait le pape d'Avignon dans son palais, en vue de le forcer à abdiquer (1398-1403), situation plus ridicule que tragique ; en mars 1403, Benoît XIII parvint à s'enfuir. D'ailleurs, à l'instigation de Nicolas de Clamanges et de Gerson, une nouvelle assemblée du clergé de France lui restituait l'obédience.

Le schisme s'éternisait…

A suivre.

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Message  Louis Sam 21 Mar 2009, 7:09 pm

La Crise Gallicane

De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE III

LE GRAND SCHISME
2. L’échec des solutions diverses. … Le schisme s'éternisait. Du côté romain, après Urbain VI (1378-1389), avaient suivi Boniface IX (1389-1404), Innocent VII (1404-1406), enfin Grégoire XII (1406-1415). Au début de son pontificat, celui-ci ne cessait de répéter qu'il était prêt à accepter une entrevue avec Benoît XIII : pure comédie. Partis à la rencontre l'un de l'autre pour abdiquer ensemble à Savone, les deux papes trouvèrent moyen de ne se rencontrer jamais : Grégoire XII ne voulut pas dépasser Lucques, ni Benoit XIII Porto Venere.

Cette déloyauté attira au pontife romain les mêmes déboires qu'à celui d'Avignon, dix ans plus tôt : un parti se forma contre lui dans le Sacré-Collège ; pour y tenir tête, il créa quatre cardinaux de son choix. Mal lui en prit ; sept opposants rompirent ouvertement avec lui et en appelèrent « du pape mal informé au pape mieux informé, à Jésus-Christ, à un concile général, au pape à venir ». De son côté, Benoit XIII se voyait sous le coup d'une deuxième soustraction d'obédience à lui infligée par la France.

A suivre.

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Message  Louis Dim 22 Mar 2009, 7:12 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE III

LE GRAND SCHISME
2. L’échec des solutions diverses. La voie de cession n'ayant pas abouti, on prônait maintenant un nouveau système, la voie conciliaire. Cardinaux romains et cardinaux d'Avignon, brouillés avec leurs papes respectifs, tinrent ensemble conférence à Livourne (14o8) et résolurent de réunir un concile général à Pise. En vain, les deux pontifes essayèrent-ils d'établir un contre-courant en convoquant de leur côté des assemblées : l'une à Perpignan, sous la protection du roi d'Aragon, l'autre à Cividale, dans le Frioul (14o9) ; ils ne purent empêcher les cardinaux de réunir un plus grand nombre d'adhérents. Le concile de Pise se déclara canonique dans sa convocation, œcuménique et représentant l'Eglise entière.

Pour expliquer une assertion aussi hardie, on établit que les deux papes se trouvaient hors l'Eglise : ils étaient non seulement fauteurs de schismes, mais hérétiques comme coupables d'avoir ébranlé la croyance à l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique. Le concile œcuménique déposa les deux papes, puis en élut un nouveau, Petros Philargos, archevêque de Milan, qui prit le nom d'Alexandre V (1409). Décédé l'année suivante, il trouva un successeur en Balthasar Cossa, dit Jean XXIII. Le pontife de Pise rallia à lui l'Empereur, la France et l'Angleterre ; Benoit XIII conserva l'Espagne et l'Ecosse ; à Grégoire XII restèrent fidèles la plupart des Etats italiens. Ainsi, au lieu de deux pontifes, on en compta trois : Eglise tricéphale.

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I. Le grand Schisme.Travaux : SALEMBIER, Petrus de Aliaco, Lille, 1886. — MASSON, Jean Gerson, sa vie, son temps et ses oeuvres, Lyon, 1894, — L. GAYET, Le grand Schisme d'Occident, 2 vol., 1889. — NOEL VALOIS, La France et le grand Schisme d'Occident, 4 vol., 1896-1902. — L. SALEMBIER, Le grand Schisme d'Occident, nouv. édit. revue et augm., 1921. — M. JANSEN, Papst Bonifacius IX und seine Beziehungen zur deutschen Kirche, 1904. — A. LAFONTAINE, Jehan Gerson, 1906. — Sources : Thierry de Niem, De schismate libiri IV, éd. Erler, 1890. — NICOLAS DE CLAMENCIS, De corrupto ecclesiæ statu, dans ses œuvres, éd. Lydius, Leyde, 1613. — Œuvres de S. Vincent Ferrier, éd. Farges, 1909, 2 vol. ; De moderno Ecclesiæ statu, éd. A. Sorbelli, 1910 etc.

A suivre : 3. L’anarchie des idées : Wiclef et Jean Hus.

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Message  Louis Lun 23 Mar 2009, 7:07 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE III

LE GRAND SCHISME
3. L’anarchie des idées : Wiclef et Jean Hus. La confusion des idées croissait toujours, propagée par l'Université qui, en l'absence de toute autorité certaine, tendait à devenir la grande voix de la chrétienté. Le Moyen Age admet-tait sans discussion que le pape juge de tous n'est jugé par personne : il est Jésus-Christ lui-même. Par contre, les nouveaux docteurs différencient nettement le Christ et le pape : « C'est du Christ et non du pape que découle la juridiction des évêques et des prêtres » ; dès lors, la subordination de l'Eglise au Saint Siège n'apparaît plus qu'accidentelle : le pape faillible, l'Eglise seule infaillible, le concile général supérieur au pape, autant de nouveaux dogmes publiquement enseignés.

Au premier rang des novateurs, il faut placer Guillaume Occam : d'après lui, la constitution de l'Eglise doit fluctuer : absolutiste, ou aristocratique, ou démocratique selon les conditions du moment. Sur ce principe d'opportunisme, divers systèmes s'échafaudaient : il y eut le système aristocratique de Pierre d'Ailly : il accordait le magistère aux évêques composant la noblesse ecclésiastique, aux docteurs en théologie et en droit représentant la supériorité doctrinale et scientifique ; il y eut le système démocratique modéré de Jean Gerson : il admet les curés aussi bien que les évêques dans l'assemblée conciliaire; il y eut enfin le système démocratique pur ou multitudinarisme, d'après lequel le corps enseignant se compose non seulement des prêtres tous égaux entre eux, mais aussi de représentants laïques élus par les communes. A la faveur du schisme, ces idées font d'immenses progrès : Constance verra appliquer le système aristocratique, et Bâle le système démocratique.

Allant plus loin encore….
A suivre : Wiclef.

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Message  Louis Mar 24 Mar 2009, 7:04 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE III

LE GRAND SCHISME
3. L’anarchie des idées : Wiclef et Jean Hus. … Allant plus loin encore, certains veulent le rejet de toute autorité extérieure. Ces révolutionnaires basaient leur réforme de la constitution ecclésiastique sur une théorie de 1a prédestination qui substituait à l'Eglise visible et hiérarchisée une Eglise invisible dont on ne connaît pas les membres.

Pour l'Anglais Wiclef, en effet, toutes choses se trouvent réglées par une nécessité voulue de Dieu : chaque être est contraint à chacun de ses actes ; les prédestinés à la gloire peuvent commettre impunément tous les péchés puisque Dieu les y oblige ; les prédestinés à la damnation ont beau prier, puisque Dieu ne veut pas entendre. Où donc réside l'Eglise ? Dans les prédestinés à la gloire, élite mystérieuse qui est peut-être réduite à quelques laïques dispersés. Pape, cardinaux, évêques, prêtres peuvent lui appartenir, si, individuellement, ils sont rangés parmi les prédestinés à la gloire, mais non pas dans le cas contraire. En toute hypothèse, ils ne commandent pas à l'Eglise ; essentiellement spirituelle, elle n'a pas de chef. Arrière donc toute hiérarchie : le pape est l'Ante-Christ, ses partisans sont des idolâtres ; évêques et prêtres égaux entre eux restent de simples prédicateurs sans juridiction ; ils ne peuvent, d'ailleurs, atteindre le vrai prédestiné et nulle excommunication ne le mettra hors de l'Eglise. En cette société invisible des prédestinés, la Bible est source unique de la foi : aussi Wiclef entreprend-il de la traduire à l'usage des foules. Quant aux sacrements, ils sont abandonnés pour la plupart : Wiclef rejette la confession extérieure comme superflue, l'extrême-onction comme inventée ; quant à l'Eucharistie, elle ne contient qu'une présence morale du Christ avec subsistance du pain et du vin. Appuyée sur la seule aide de l'Ecriture, l'Eglise doit cependant accomplir une réforme absolue et héroïque, recouvrer une pauvreté apostolique : le wiclefisme contenait en germe toute une révolution politique et sociale.

A suivre.

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Message  Louis Mer 25 Mar 2009, 7:02 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE III
LE GRAND SCHISME
3. L’anarchie des idées : Wiclef et Jean Hus. Dès 1366, quand Urbain V réclama à Edouard III le tribut annuel de 1.000 marcs promis jadis par Jean sans Terre et non payé depuis 33 ans, l'hérésiarque soutint le refus de son souverain. D'antre part, Wiclef se choisissait des disciples dans les rangs du clergé inférieur pour faire contraste avec « l'Eglise riche, tombée au pouvoir du diable ». Il suscita tout un mouvement populaire contre les biens d'Eglise, contre les propriétés des religieux surtout, et dans l'exaspération des polémiques il réprouva jusqu'à l'institution monastique elle-même. En 1877, Wiclef est mandé devant un tribunal ecclésiastique présidé par Guillaume Courtney, évêque de Londres; mais la protection des gens de cour le garde ; elle le sauve aussi des huiles de Grégoire XI requérant son emprisonnement ; une assemblée d'évêques, devant laquelle il comparaît, se déclare satisfaite. L'audace croissante de Wyclif devait pourtant le perdre : le chancelier de l'Université d'Oxford défend bientôt d'enseigner ses propositions : son parti soulève le peuple et occasionne des actes de violences inouïs.

En effet, après avoir mis la Bible à la portée de tous, Wyclef la fit prêcher au peuple par des prêtres vêtus de peaux de mouton à laine rousse : d'où leur nom de « rousseaux » ou « pauvres prêtres » ; les catholiques les appelaient aussi lollards, semeurs d'ivraie (Lollium). Comme plus tard les anabaptistes en Allemagne, ils préparèrent l'éclosion de la « révolte des paysans » : ceux-ci réclamaient contre les charges qui pesaient sur eux, notamment la nouvelle capitation. L'insurrection allumée dans plusieurs comtés eut pour chef principal un disciple de Wiclef, John Ball. Elle prit un caractère nettement anarchique : l'un des meneurs, Jack Straw, proposait de résoudre la question sociale en tuant seigneurs, évêques, moines et curés. Les insurgés marchèrent sur Londres, où ils massacrèrent le chancelier John Sundbury, archevêque de Cantorbéry.

Regardé comme le fauteur indirect du mouvement, Wyclef fut traduit, en 1382, devant un synode de Londres par Guillaume Courtney, devenu archevêque de Cantorbéry ; on lui interdit d'enseigner et il se retira dans la cure de Lutterworth, où il écrivit son principal ouvrage, le Trialogus. Lorsqu'en 1399, Henri IV de Lancastre usurpa le trône, il résolut de combattre les Lollards, et, en 1401, il approuva le statut De hæretico comburendo, qui livrait au bras séculier l'hérétique convaincu devant une cour ecclésiastique. Son fils, Henri V (1413-22), continua à poursuivre les Lol¬lards et laissa condamner leur chef. John Oldcastle, bien qu'il fût son familier. Accaparée par les soucis de la guerre de Cent Ans, puis par la guerre des Deux Roses, l'Angleterre oublia les luttes religieuses, mais les idées de Wyclef, toujours latentes, reparaîtront au temps de la Réforme.

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I. Wiclef. — TREVELYAN. England in the age of Wycliffe, 1898. — J.LÖSERTH, The beginnings of Wyclifs activity in ecclesiastical politics, dans The English historical Review, 1896. — WATTIER, John Wycliff, sa vie, ses œuvres, sa doctrine, 1886. — J. LÖSERTH, Studien zar Kirchenpolitik Englands im 14 Jh. , 1908. — A. DAKIN, Die Begiehungen John Wiclifs un der Lollarden zu den Bellelmonchen, 1911 Pour les sources, voir WICLIFFE, Writings, Londres, 1885 et suiv.


A suivre : Jean Hus.

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Message  Louis Jeu 26 Mar 2009, 7:17 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE III

LE GRAND SCHISME
3. L’anarchie des idées : Wiclef et Jean Hus. Le mariage du roi d'Angleterre, Richard II, avec la princesse Anne, fille du roi de Bohême, occasionna des rapports fréquents entre les deux pays : des étudiants d'Oxford venus étudier à Prague y introduisirent les doctrines de Wiclef. Jean Hus, professeur à l'Université, se mit à la tête du mouvement ; il ne faisait que reprendre les idées de l'hérésiarque anglais, sauf qu'il conservait, le dogme de la transsubstantiation.

« Tribun bien plus que rhéteur, il n'épargne pas les personnalités même les plus hautes, il s'en prend surtout au clergé, en séduit une partie et attaque le reste avec une animosité d'esprit opiniâtre et mal équilibré. Confesseur de la reine Sophie, il s'était créé des protecteurs à la cour du faible et voluptueux Wenceslas. » (Salembier.)

Le conflit se doublait d'une querelle de nationalités : alors, comme aujourd'hui deux partis divisaient la Bohême, l'un allemand, l'autre tchèque : le premier se prononça contre Jean Hus, le second l'appuya. Déposé en l'an 1400, Wenceslas conservait ses Etats ; pour reprendre son rang, il était disposé à user de tous les moyens ; dans le mouvement tchéco-hussite, il vit une force à exploiter. Les Tchèques disposaient dans les conseils de l'Université d'une seule voix contre trois aux nations de langue allemande (Allemagne, Saxe et Pologne) ; le roi renversa les proportions et donna trois voix aux Tchèques contre une aux Allemands : vexés, ceux-ci se retirèrent pour aller fonder l'Université de Leipzig ; la conséquence fut le triomphe du parti hussite à Prague. En vain, multiplia-t-on les mesures de rigueur ecclésiastique : condamnation des écrits wiclefistes (1410); excommunication contre Hus (1411), interdit jeté sur les lieux où il se réfugiait (1412). Soutenu par l'autorité civile et par le sentiment populaire, le mouvement allait toujours grossissant.

Mais ses excès, son irrespect pour toute hiérarchie amenèrent un revirement. Le, pape de Pise, Jean XXIII, ayant publié la croisade contre le roi Ladislas de Naples, la concession d'indulgences faite à cette occasion provoqua les protestations des hussites.

Comme plus tard Luther, Hus faisait de la négation des indulgences un corollaire de sa doctrine sur la prédestination : « Si quelqu'un n'est pas prédestiné, disait-il, l'indulgence ne peut l'aider, et, si quelqu’un est prédestiné, le pape ne peut pas le savoir. » Ses partisans outragèrent dans les Eglises les prédicateurs de l'indulgence, et le chevalier de Walstein alla jusqu'à attacher au cou d'une prostituée la bulle pontificale qu'on brûla ensuite solennellement. Wenceslas dut enfin intervenir; trois sectaires furent décapités ; mais Hus les célébra comme des martyrs. L'indignation éclata parmi les hussites eux-mêmes ; plusieurs se détachèrent du maître, entre autres les professeurs Etienne de Palec et Stanislas de Znaïm. Wenceslas dut exiger que Hus quittât la ville de Prague frappée d'interdit par le fait de sa présence.

_________________________________________

I. Jean Hus. — V. KYBAL, Etude sur les origines du mouvement hussite en Bohême, dans Rev. hist. , t. CIII — E. DENIS. HUSS et la guerre des Hussites, 1878 ; Fin de l'indépendance de la Bohême. 2 vol.. 1890. — F. H. V. GRAF, LÜTZOW, The life and times of master John Hus. 1909. — E. J. KITTS , Pope Johann XXIII, and Master John Hus of Bohemia, 1910. — J. LÖSERTH, Hus and Wiclif, 2e éd., Munich, 1925. — P. MONCELLE, art. Huss et art. Hussites , dans Dict. Théol. — E. AMANN, art. Jérôme de Prague, dans Dict. Théol.

A suivre : CHAPITRE IV – Le Concile de Constance.

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Message  Louis Ven 27 Mar 2009, 7:12 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE IV

LE CONCILE DE CONSTANCE
I. La fin du schisme : Martin V. Ainsi, en 1414, deux maux minaient la chrétienté : le Grand Schisme et l'hérésie hussite. En l'absence de toute autorité pontificale incontestée, on se souvint que l'Empereur était le protecteur né de la chrétienté. Le pape de Pise, Jean XXIII, échouait dans toutes ses entreprises : un concile réuni par lui en 1412 s'était séparé faute de membres et faute d'entente ; bientôt, il voyait son allié, Ladislas de Naples, le trahir, marcher sur Rome et la piller. Affolé, Jean XXIII recourut à l'empereur élu Sigismond. Celui-ci savait ce qu'il voulait ; comme chef du Saint Empire, il poursuivait la fin du schisme; comme futur roi de Bohème, il désirait l'extinction de l'hérésie hussite. Nul autre remède que la voie conciliaire : Sigismond fixa la réunion dans une ville allemande, Constance, il imposa ce choix à Jean XXIII impuissant et il le notifia aux deux autres papes, Grégoire XII et Benoit XIII.

Pour triompher, Jean XXIII arriva à Constance avec de nombreux cardinaux italiens ; mais l'opinion lui était très défavorable ; en vue de contrebalancer le parti johannite, on décida de voter par nations, et d'accorder droit de suffrage dans chaque nation non seulement aux prélats, mais aux procureurs des chapitres et des universités, ainsi qu'aux députés des princes ; c'était, d'ailleurs, une concession aux idées régnantes. Les Pères de Constance entendirent bientôt lecture d'un mémoire anonyme contenant des accusations énormes contre le pape de Pise. Par crainte d'être traduit devant l'assemblée, il promit solennellement de renoncer au pontificat pour la paix de l'Eglise ; puis, s'imaginant que son départ serait la mort du concile, il s'enfuit sous un déguisement et se retira à Schaffhouse. Mais, cette disparition ne fit qu'augmenter la force des éléments d'opposition. Stimulés par les membres de l'Université, notamment par Pierre d'Ailly et Gerson, les Pères rédigèrent dans les sessions IV et V les fameux articles suivants :

A suivre.

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Message  Louis Sam 28 Mar 2009, 7:23 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).
CHAPITRE IV

LE CONCILE DE CONSTANCE
I. La fin du schisme : Martin V. ...Stimulés par les membres de l'Université, notamment par Pierre d'Ailly et Gerson, les Pères rédigèrent dans les sessions IV et V les fameux articles suivants :

« Le concile de Constance, légitimement assemblé dans le Saint Esprit, formant un concile œcuménique et représentant l'Eglise militante, tient sa puissance immédiatement de Dieu ; et tout le monde, y compris le pape, est obligé de lui obéir en ce qui concerne la foi, l'extinction du schisme et la réforme de l'Eglise dans son chef et dans ses membres » (in his quæ pertinent ad fidem et exstirpationem dicti schismatis et reformationem generalem Ecclesiæ. in capite et in membris)

Quiconque y résiste opiniâtrement pourra être puni selon les lois et les voies de droit. C'était accorder tout pouvoir ù l'assemblée de Constance.

L'autorité du concile étant extrêmement utile et nécessaire à l'Eglise... la fuite du pape est un scandale manifeste, une opposition formelle à tous les engagements qu'il a pris; s'il ne se met en devoir de satisfaire au concile, il se rendra extrêmement suspect de schisme et même d'hérésie.

Le pape Jean XXIII et toutes les personnes invitées au concile ont joui d'une pleine liberté à Constance. C'était discréditer complètement le prétendant.

« A ne considérer que le texte de ces décrets, on pourrait admettre que la supériorité du concile sur le Pape était bornée au cas du schisme, dont on poursuivait la fin ; et c'est ainsi que beaucoup de personnes l'ont compris alors et par la suite ; mais il ressort des opinions émises par les Pères de Constance et par leurs actes même, qu'ils y attachaient une signification générale et dogmatique. La grande erreur fut de vouloir poser comme règle applicable à tous les temps, des expédients auxquels on était obligé d'avoir recours pour parer à des circonstances extraordinaires. » (Pastor.)

Mais ces décrets ne sont pas des définitions dogmatiques :

à cause de l'opposition d'une partie notable de l'assemblée, de la protestation préalable de onze cardinaux et de l'absence volontaire de quatre autres ;

2.° à cause de la nature tumultueuse du vote auquel prirent part des gens qui n'y avaient pas droit ;

parce que le pape Martin V ne les approuva jamais dans la suite.

Sur le moment, on bénéficia des articles votés. Jean XXIII fut bientôt déposé pour avoir fomenté le schisme par sa fuite, et pour d'autres griefs personnels. Grégoire XII renonça volontairement à la tiare. Quant à Benoît XIII, en vain Sigismond alla-t-il le trouver à Perpignan, requérant son abdication ; en vain, les princes espagnols eux-mêmes se détachèrent-ils de lui ; réfugié avec trois cardinaux dans la forteresse de Péniscola, il persistait à se dire le chef de la chrétienté ; il fallut le déposer comme Jean XXIII. Le terrain ainsi déblayé, le 11 novembre 1417, le cardinal Otto Colonna fut élu et prit le nom de Martin V. Enfin le Grand Schisme était clos.

A suivre : 2. La condamnation de Jean Hus.

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Message  Louis Dim 29 Mar 2009, 7:06 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE IV

LE CONCILE DE CONSTANCE
2. La condamnation de Jean Hus. L'Assemblée de Constance jugea également la cause de Jean Hus. Trente propositions tirées de ses ouvrages furent anathématisées ; mais il refusa de se soumettre. En vain lui laissa-t-on plus d'un mois pour se rétracter ; en vain les personnages les plus éminents comme le cardinal d'Ailly et l'empereur Sigismond insistèrent-ils auprès de lui, il demeura inébranlable. On le dégrada, on le déclara exclus de l'Eglise ; livré au magistrat de Constance il périt sur le bûcher de même que son ami Jérôme de Prague relaps. Mais le parti hussite restait puissant : il s'appuyait sur Wenceslas poussé par sa jalousie contre Sigismond, son frère ; il avait pour lui une grande partie de la noblesse de Bohème et de Moravie.

A Prague, les maisons des adversaires de Hus furent saccagées, les ecclésiastiques maltraités et chassés, l'archevêque assiégé dans son palais et menacé de mort. Dans une diète tenue à Prague, la noblesse rédigea une lettre de protestation au concile de Constance ; elle formait une alliance ayant pour but de soutenir la liberté de la prédication, de s'opposer aux excommunications, de n'obéir à l'autorité épiscopale qu'autant qu'elle agirait conformément à l'Ecriture.

Toute dévouée au hussitisme, l'Université recommandait aux chrétiens de communier sous les deux espèces selon la coutume de la primitive Eglise ; les hussites prirent le calice pour signe de ralliement : d'où leur nom de calixtins ou utraquistes. En face d'eux, mal secondés par le pouvoir royal, les catholiques restaient impuissants.

Nicolas de Pistna, Jean Zizka et l'ex-prémontré Jean de Sélau conduisaient le parti hussite: Le dimanche 3o juillet 1419, Jean de Sélau fit avec ses partisans une procession solennelle ; en arrivant devant l'hôtel de ville une bagarre se produisit et le bruit courut qu'on avait jeté une pierre sur Jean de Sélau portant le calice; Les hussites furieux se précipitant dans l'hôtel jetèrent par les fenêtres sept conseillers ; les malheureux furent reçus sur les piques des émeutiers (défenestration de Prague).

La capitale tout entière se souleva ; le, roi Wenceslas en fut tellement irrité qu'il succomba à une attaque d'apoplexie. L'avènement de l'Empereur Sigismond au trône de Bohême ne ramena pas le calme ; il dut faire la guerre au parti hussite exalté ou taborite, ainsi appelé parce que son centre fut la petite ville de Tabor dans le voisinage de laquelle Hus avait passé son exil. Ziska, chef du parti, était le plus fameux capitaine de son temps ; avec les paysans fanatisés armés de fléaux ou de piques, il combattit les armées féodales et fut partout vainqueur (+ 1424)


___________________________________

1. Le sauf-conduit accordé par Sigismond garantissait le voyage de Hus jusqu'à Constance, pour y être paisiblement interrogé. Aussi l'empereur put-il avoir des scrupules en voyant Hus interné avant son interrogatoire ; mais il n'avait nullement entendu par le sauf-conduit protéger l'hérétique s'il s'acharnait. Il avait même dit à Hus que « si quelqu'un voulait persévérer opiniâtrement dans son hérésie, il serait, lui, Sigismond. le premier à le conduire au bûcher », et Hus n'avait pas protesté contre cette manière d'entendre le sauf-conduit.
A suivre.

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Message  Louis Lun 30 Mar 2009, 7:10 pm

La Crise Gallicane

De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE IV

LE CONCILE DE CONSTANCE
3. La réforme de l'Eglise : synode de Sienne. La question de la réforme de l'Eglise avait été abordée à la fin du concile de Constance. Comme la commission spéciale n'aboutissait en rien à cause des divergences entre nations, on décida qu'il serait porté des décrets sur ce qui concernait la réforme générale, mais que pour le reste le Saint-Siège s'entendrait avec chaque nation par voie de concordats : il y eut un concordat germanique conclu pour cinq ans, un concordat anglais, un concordat français s'étendant aussi aux Italiens et aux Espagnols, mais dont le parlement de Paris refusa l'enregistrement ; ces accords réglaient en particulier la question des annales, des appels à Rome, des provisions, des indulgences (mai et juillet 1418).

Quant au décret de réformation générale :

il révoquait en principe les unions de bénéfices et les exemptions accordées depuis Grégoire XI,

il défendait d'appliquer à la Chambre apostolique les biens ecclésiastiques vacants,

il renouvelait les peines contre la simonie, limitait le droit de lever des décimes au cas de grande nécessité et sur l'avis des cardinaux, 4° enfin il édictait quelques prescriptions relatives à l'habit des clercs.

Ce n'était qu'une réforme ébauchée. Mais, avant de se séparer, les pères de. Constance avaient porté le décret Frequens relatif à la périodicité des conciles généraux.

« Moins de cinq ans après la clôture du présent synode un nouveau concile général sera célébré, puis un troisième dans les sept ans qui suivront la clôture du deuxième, après quoi les conciles généraux se succéderont régulièrement de dix en dix ans » (9 octobre, 1417).


A suivre

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Message  Louis Mar 31 Mar 2009, 6:30 pm

La Crise Gallicane

De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE IV

LE CONCILE DE CONSTANCE
3. La réforme de l'Eglise : synode de Sienne. La théorie conciliaire était à ce point répandue que Martin V ne crut pas pouvoir passer outre; il réunit un concile à Pavie en avril 1423 ; bientôt, par suite d'une épidémie on le transféra à Sienne. Les idées de Constance y furent reprises ; la nation française proposa que les décrets des conciles généraux fussent irréformables, et jouissent par conséquent d'une infaillibilité pratique ; elle demandait aussi que les décisions importantes ne pussent être prises par le pape sans l'assentiment du Sacré-Collège. L'énergique Martin V (1417-1431) n'était guère disposé à capituler : profitant des tiraillements qui se produisirent dans la nation française pour la nomination d'un président. il résolut la dissolution. Avant de se retirer, les Pères décidèrent la réunion du prochain concile à Bale ; le péril était au moins différé pour sept ans.

Durant le temps laissé libre, le pape n'allait-il pas opérer lui-même les réformes ? Martin V institua dans ce but une commission cardinalice ; l'enquête aboutit à une constitution pontificale qui édictait différentes réformes : les cardinaux devraient diminuer leur train de maison, les évêques et abbés étaient rappelés à la résidence. Mais il ne paraît point que les décisions aient été appliquées avec vigueur : trop d'hommes en auraient pâti. L'opinion n'attendait rien des mesures pontificales ; on n'espérait que dans le concile. Martin V se résigna à la convocation : mais en désignant Césarini comme président de la future assemblée, il lui conférait le droit de la transférer et de la dissoudre : la monarchie pontificale demeurait donc absolue. Malheureusement Martin V mourait frappé d'apoplexie, le 20 février 1431.


________________________________________________

II. Concile de Constance. — Sources ; H. FINKE, Acta concilii Constantiensis, t. 1. Akten zur vorgeshichte des Konstanzer Konzils (1410-1414), Münster, 1896 ; t. II, Konzilstagebücher. Sermones. Reform und Verfassungakten, 1923. — RICHENTHAL (Ulrich von), Chronik des Konzils, éd. Buck, 1882.— Travaux: outre les travaux signalés sur le Grand Schisme, notamment Valois et Salembier, voir CREIGHTON, History of papacy during the period of Reformation, t. I ; The great schism, the council of Constance. Londres, 1882. — F. ROCQUAIN, La Cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther, t. Ill, 1897. — MARMOR, Das Concilium in Konstanz. Constance, 1898. — P. BLIEMETZRIEGER, Das General Konzil im grossen Abenländischen schism, 1904. — F.. J. KITTS. In the days of the councils, 1908. — H. FINKE, Forschungen, und quellen zur Geschichte des Constanzer Konzils, 1889. — A. BAUDRILLART, art. Constance, dans Dict. Théol.
A suivre : Chapitre V – Le concile de Bâle.

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Message  Louis Mer 01 Avr 2009, 6:01 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE V

LE CONCILE DE BÂLE
1. La question de dissolution : victoire du concile. Le nouvel élu Eugène IV était un chanoine régulier de Saint-Georges in Alga, énergique et austère. Des obstacles imprévus surgissaient pour la réunion du concile : une guerre austro-bourguignonne rendait difficile la venue à Bâle : à la première séance, le 2 juillet 1431, on ne comptait que 14 évêques et abbés. Eugène IV en profita pour dissoudre le concile, annonçant d'ailleurs qu'un synode complémentaire se réunirait dans dix-huit mois pour discuter la question d'Orient (bulles du 12 novembre I43I). Mais lors que ces décisions parvinrent à Bâle, l'assemblée s'était formée ; Césarini avait célébré, le 14 décembre, une séance solennelle. Les Pères résolurent de résister au pape en s'appuyant sur les décrets de Constance : « Le concile assemblé légitimement déclare qu'il ne peut être disons ni transféré par qui que ce soit, pas même par le pape, sans le consentement du concile lui-même ». L'assemblée restait encore peu nombreuse, mais elle sentait que l'opinion tenait pour elle ; l'Empereur Sigismond lui écrivait : « courage, nous sommes avec vous jusqu'à la mort » : bientôt on verrait les cardinaux paraître à Bâle : Capranica, Louis Aleman. Jean de Rochetaillée. etc.. ; Cesarini lui-même avait adopté le Credo de Constance qu'il essayait d'inculquer au pape. Le concile se crut tout permis : dans la IIIe session, les Pères sommèrent Eugène IV de retirer l'acte de dissolution et de se rendre en personne à Bâle dans les six mois « sinon ils pourvoiraient eux-mêmes aux nécessités de l'Eglise ».

Eugène IV comprit qu'il fallait négocier : il envoya à Bâle une ambassade conduite par l'archevêque de Tarente, Jean Bérardi de Tagliacozzo. Sans ambages, il exposa la thèse traditionnelle : « à supposer que le monde, entier pensât autrement, que le pape, ce serait lui quand même qui aurait raison ». En pratique, d'ailleurs, Eugène IV se montrait accommodant : il autorisait les Pères à résoudre à Bâle la question hussite, en attendant que le concile se transportât en une ville d'Italie où le pape pourrait plus facilement envoyer ses avis : conditions acceptables, si la querelle n'eût été qu'un malentendu ; mais elle restait profonde et doctrinale : les Pères étaient les promoteurs d'un dogme, celui de la suprématie conciliaire. « Que personne, répliquèrent-ils, ne s'avise de croire qu'un concile légitimement assemblé puisse se tromper ! si l'on admettait cette erreur, toute la foi catholique s'en trouverait ébranlée ; il n'y aurait plus rien de certain dans l'Eglise ». De cette infaillibilité conciliaire résultait la subordination du pape à l'assemblée baloise : d'où l'illégalité des mesures d'Eugène IV.

A suivre.

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Message  Louis Jeu 02 Avr 2009, 6:20 pm

La Crise Gallicane


De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).


CHAPITRE V


LE CONCILE DE BÂLE

1. La question de dissolution : victoire du concile. Alors, sollicité par les princes, abandonné des siens, malade et débile, le pape cède. Par la bulle Dudum sacrum en date du 15 décembre 1433, il se désavoue :

« Puisque de la dissolution antécédente sont nées de graves discussions qui pourraient aller encore en s'aggravant, nous décrétons que le concile général de Bâle s'est réuni légitimement dès le début, et tout ce qui a été fait par nous à son préjudice, nous le révoquons ».

Le pape approuvait les trois fins pour lesquelles l'assemblée s'était réunie: extirpation des hérésies, pacification de la chrétienté, réforme de l'Eglise ; mais on chercherait en vain dans la bulle une approbation de la théorie de la suprématie conciliaire. Le concile apparaît alors comme une Babel ecclésiastique où se pressent pêle-mêle docteurs, licenciés, simples bacheliers, chanoines, religieux et frères mendiants : multitude hétéroclite où le vote du clerc valait bien celui de l'évêque. L'anarchie y régna vite, la liberté jamais. On introduisit à Bâle toutes les causes ; l'assemblée devint une sorte de cour de cassation où les arrêts de Rome étaient révisés.

Bientôt, Bâle eut une vraie cour avec chancellerie, chambre, rote, pénitencerie. Puis, comme à Rome, on établit des impôts ; certains évêques levèrent sur leurs terres des subsides dits « caritatifs » ; en 1434, on imposera une demi-décime à toute la chrétienté, et même plus tard, le « quint denier », autrement dit le cinquième du revenu des bénéfices.

Pourtant, dans sa XXIe session (9 juin 1435), le concile votera la suppression des annates, principal revenu du Saint-Siège. Des occasions nouvelles furent fournies aux Pères de montrer leurs sentiments anti-papistes : la révolution romaine s'était faite l'auxiliaire du Visconti ; prisonnier dans Rome, Eugène IV s'évada et se retira à Florence. Puisque le Visconti s'autorisait d'un mandat conciliaire, l'empereur Sigismond pria l'assemblée de lui opposer un démenti absolu ; elle fit la sourde oreille. Bientôt, des ambassadeurs de la république romaine vinrent faire devant les Pères le procès d'Eugène IV ; ils proclamaient « la soustraction d'obédience », et se déclaraient disposés à passer sous l'autorité du concile ; celui-ci écouta sans indignation.

A suivre.

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Message  Louis Ven 03 Avr 2009, 6:23 pm

La Crise Gallicane

De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE V

LE CONCILE DE BÂLE
2. La question grecque: victoire d'Eugène IV.Menacés par les Turcs, les Orientaux désiraient renouer l'entente avec Rome dans un concile : ils prônaient la réunion de l'assemblée soit à Byzance soit en une ville d'Italie, ce qui réduirait les frais. Le mieux ne serait-il pas de tenir le concile à sainte Sophie ? Le pape envoya Christophe Garatoni débattre ce projet à Constantinople ; il fut adopté. Cependant le concile déclarait n'accepter pour lieu de conférence qu'une ville d'Occident.

En vain, les Grecs vinrent-ils expliquer aux Balois que la combinaison pontificale était la plus pratique ; il leur sembla que la supériorité conciliaire était en jeu et ils maintinrent leur avis. Pour soutenir les frais énormes, ils firent une émission d'indulgences ; et comme Eugène IV refusait d'y souscrire, ils passèrent outre. Bientôt, ils resserrèrent encore leurs exigences : les Grecs avaient insisté pour que la ville choisie fût située sur la côte italienne, ce qui favoriserait beaucoup les rapports avec l'Orient ; dans la crainte que l'influence pontificale ne devînt prépondérante, les Pères refusèrent, ne laissant le choix qu'entre Bâle, Avignon ou une ville de Savoie.

C'est alors qu'une scission très nette s'opéra au sein du concile : la majorité conduite par le cardinal Louis Aleman patrone Avignon, la minorité soutenue par Césarini souscrit aux vœux des Grecs. Dans la 25e session du 7 mai 1437, chaque parti veut imposer sa décision. Le décret de la minorité était le seul sensé ; Eugène IV le déclara conciliaire : par la bulle Doctoris Gentium du 18 septembre 1437, il transféra le concile de Bâle à Ferrare.

A suivre.

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Message  Louis Sam 04 Avr 2009, 6:01 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE V

LE CONCILE DE BÂLE
2. La question grecque: victoire d'Eugène IV.C'était la guerre. Déjà les Balois avaient rédigé un long réquisitoire contre Eugène IV, l'accusant de simonie, népotisme, mauvais gouvernement, abus politiques ; on lui avait donné soixante jours pour venir se justifier (31 juillet 1437) ; le délai expiré, il fut déclaré contumace (1er octobre). Césarini essaya en vain de contenir la fureur de l'assemblée et quitta Bâle (9 janvier 1438). Dès lors plusieurs princes protestèrent : le duc de Bavière, le roi d'Angleterre. En France, à la demande de Charles VII, l'assemblée des évêques retint sans doute 23 des décrets de Bâle pour constituer la fameuse Pragmatique Sanction (juillet 1438) ; mais elle pria le roi de s'entremettre entre les Pères de Bâle et ceux de Ferrare ; de même, après s'être déclaré neutre (mars 1438), l'empereur Albert II réunit une diète à Mayence qui tout en acceptant plusieurs décrets du concile protesta contre ses procédés à l'égard d'Eugène IV dont Nicolas de Cusa et le dominicain espagnol Jean de Torquemada se constituaient les avocats (mars 1430).

Sous la direction du cardinal Louis Aleman, les Balois n'en poursuivaient pas moins la lutte. Le 16 mai 1439, ils votèrent les trois articles suivants :

« C'est une vérité de foi catholique que le saint concile général a puissance sur le pape et sur tout homme ;

c'est également une vérité de foi qu'un concile général légitimement réuni ne peut être sans son propre consentement, ni dissous, ni transféré, ni prorogé par le pontife romain ;

celui qui s'oppose avec obstination à ces vérités doit être déclaré hérétique ».

En conséquence on proclama Eugène IV hérétique relaps. Le 25 juin 1439 on décréta sa déposition. Notons que l'arrêt fut porté par 3oo clercs dont 30 au plus portaient la mitre. Quelques mois plus tard un collège électoral de 32 ecclésiastiques choisis parmi les membres du concile élurent pape le duc de Savoie, Amédée VIII qui veuf et père de famille vivait paisiblement dans son riche ermitage de Ripaille, près du lac de Genève; il prit le nom de Félix V. Le 24 juin 1440, il entra solennellement à Bâle. Amédée fui reconnu par la Savoie, l'Aragon, la Hongrie et plusieurs princes allemands ; mais de concert avec une nouvelle assemblée du clergé tenue à Bourges le 2 septembre 1440, Charles VII se prononça pour Eugène IV, tout en exprimant le désir d'un prochain concile œcuménique qui ferait la paix religieuse. Bientôt, brouillé avec les Balois qui prétendaient lui commander, Félix V se retirait à Lausanne tandis qu'Eugène IV rentrait à Rome. Le concile de Bâle s'éteignit dans le ridicule.

A suivre

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Message  Louis Dim 05 Avr 2009, 6:19 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE V
LE CONCILE DE BÂLE
3. La question hussite.Le seul service qu'il ait rendu fut de négocier avec les Hussites (1433). Leurs envoyés demandèrent la liberté de prédication, l'interdiction des biens temporels pour le clergé, la communion sous les deux espèces. Le parti hussite modéré finit par s'entendre avec les délégués balois venus à Prague : la communion sous les deux espèces fut tolérée pour la Bohême et la Hongrie (1433). Ces décisions furent scellées à Iglau par l'empereur Sigismond, les envoyés du concile et les plénipotentiaires balois : on les appela compactais d'Iglau (1436). L'accord accrut la force de l'hussitisme modéré : au combat de Lipan (l434) il avait écrasé les taborites commandés par Procope le Grand. On vit alors en Bohême des catholiques s'appelant les uns calixtins et utraquistes, les autres subinistes. Mais les com¬pactats ne furent pour beaucoup d'hérétiques qu'un échappatoire ; aussi Pie II finira-t-il par les supprimer en déclarant que le concile de Bâle et Sigismond n'avaient accord.'' ces concessions que sous la pression des circonstances. Il s'ensuivit une lutte des subinistes et des utraquistes que soutenait Georges Podiébrad, gouverneur du pays. Les prédications de saint Jean Capistran à partir de 1451 et 1452, enfin l'avènement de Ladislas II en 1472 achèveront de ruiner l'utraquisme.

Cependant, il resta des hussites exaltés ou taborites. Ils avaient d'abord compté sur la faveur de. l'archevêque de Prague Kokyzana et sur l'appui de Georges Podiébrad qui leur donna sa seigneurie de Licz où ils se retirèrent assez nombreux sous le nom de Frères de Bohême. Mais le pape les accusait d'hérésie. Podiébrad dut les chasser, ils se retirèrent dans les forêts et les montagnes. Il y avait sur les frontières austro-moraves des Vaudois émigrés qui prétendaient posséder « des évêques légitimes descendant sans interruption des apôtres » : par eux, les Frères de Bohême s'assurèrent une hiérarchie. On les verra s'allier à Luther, puis tomber dans le calvinisme.

______________________________

I. Le concile de Bâle.Sources : Concilium Basiliense, 7 vol-, 1896-1910. — Travaux: CREIGHTON, A history of the papacy during the period of Reformation, t. II. The council of Basel. the papal restoration (1418-1464), Londres, 1882. — ROCQUAIN, op. cit., t..III. — PASTOR, Histoire des papes, trad. Furcy Raynaud, t. I. NOEL VALOIS. La crise religieuse du xve siècle. Le pape et le concile (1418-1450), 2 vol., 1909. — G. PEROUSE, Le cardinal Louis Aleman, 1904. — M. BOULTING, Aeneas Sylvius, 1908. — E. VANSTENBERGHE, Nicolas de Cues, 1920. — A. BAUDRILLART, art. Bâle, dans Dict. de Théol. — G. MOLLAT, art. Aleman, dans Dict. Hist. — BRUCHET, Le château de Ripaille.
A suivre : Chapitre VI La Papauté et les nations.

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Message  Louis Lun 06 Avr 2009, 6:26 pm

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De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE VI

LA PAPAUTÉ ET LES NATIONS
1. La Pragmatique sanction de Bourges.Au concile de Bâle, la « nation française » s'était montrée la plus acharnée contre la cour de Rome, moins par tendance schismatique que pour des motifs fiscaux. Ne voulant ni rejeter, ni accepter en bloc les décrets du concile, Charles VII convoqua à Bourges une assemblée du clergé à laquelle assistèrent nonces pontificaux et envoyés balois (1er mai 1438). Par un sacrifice obligatoire aux idées régnantes, l'assemblée reconnut la supériorité des conciles œcuméniques, selon la doctrine de Constance. Mais les principales dispositions concernaient la collation des bénéfices que le pape ne pourra plus s'arroger ; réserves, expectatives, annates sont supprimées ; à l'avenir, les évêques et abbés seront élus par les chapitres et convents comme au moyen âge. Cependant, ajoutait un amendement « l'Assemblée ne voit pas d'inconvénient à ce que parfois les rois ou les princes interviennent dans les élections au moyen de douces prières ». Aussi l'élection prétendue libre dépendra-t-elle le plus souvent de la candidature officielle : pour faire élire Jouvenel des Ursins au siège de Reims Charles VIII n'écrira pas moins de quatre fois au chapitre et il ira jusqu'à confisquer le temporel des évêques qui refuseront de conférer des bénéfices à ses créatures ; Pie II pourra bien déclarer en ses Commentaires que la Pragmatique fait des évêques « les esclaves des laïques ».

Enfin — vice radical — cette Pragmatique sanction de Bourges rédigée contre Rome fut conclue sans elle ; on décréta que « l'œuvre de Bourges ne serait sous aucun prétexte soumise à l'assentiment du pape ». On comprend dès lors qu'une réaction se produisit : la nouvelle Assemblée du clergé réunie à Bourges en 1452 soupçonnera la légitimité d'un tel acte ; pour l'authentiquer, les légistes exhiberont une prétendue Pragmatique de saint Louis rédigée contre les exactions de la cour romaine, et presque en tout conforme à celle de 1438. En 1461, Louis XI renia la Pragmatique, sans doute pour accaparer davantage encore les nominations ecclésiastique en les soustrayant aux patrons laïques et aux chapitres ; en effet, par l'accord de 1472, le pape promettait de tenir compte de la recommandation royale ; on s'acheminait ainsi vers le concordat de 1516 ; mais aux yeux des magistrats la Pragmatique demeura la vraie charte des libertés gallicanes.


___________________________________________________

I. La Pragmatique et les Concordats. — NOEL VALOIS, Histoire de la Pragmatique Sanction de Bourges sous Charles VII, 1906. — J. COMBET, Louis XI et le Saint Siège, 1903.— R. REY, Louis XI et les Etats pontificaux de France au XVe siècle, 1899. — DE BEAUCOURT, Charles VII et la pacification de l'Eglise, dans Rev. quest. hist., 1888 (XLIII), p. 390_419. — J. SALVJNI. L'application de la Pragmatique Sanction sous Charles VII et Louis XI au chapitre cathédral de Paris, dans Rev. d'Hist. de l'Eglise de France, 1902 (III), 121-48, 276-96, 421-31, 550-63.

A suivre: II. Les concordats allemands.


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Message  Louis Lun 13 Avr 2009, 8:35 pm

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CHAPITRE VI

LA PAPAUTÉ ET LES NATIONS
II. Les concordats allemands. En Allemagne, les rapports avec Rome se réglèrent par des concordats. Dans la question baloise, après s'être déclaré neutre (mars 1438), l'empereur Albert suivit l'exemple de Charles VII et réunit à Mayence une diète qui adhéra aux décrets du concile (mars 1439). Mais, en 1446, Eugène IV vainqueur déposa les archevêques de Trêves et de Cologne, partisans de l'antipape Félix V ; à Francfort-sur-le-Mein, les princes allemands protestèrent d'abord ; puis, grâce à l'habileté d'Aeneas Sylvius, secrétaire de la chancellerie de Frédéric III, on parvint à négocier un accord, dit concordat des princes : liberté des élections, limitation des appels ù Rome, reconnaissance des décrets de Constance sur la supériorité des conciles généraux, telles furent les clauses souscrites par Eugène IV qui, concernant les décrets de Constance, ajouta toutefois cette restriction : « comme l'ont fait mes prédécesseurs » ; d'ailleurs, dans une bulle secrète (bulla salvatoria), il rétractait par avance toute concession « qui pouvait être préjudiciable au siège romain ». Son successeur, Nicolas V montra des dispositions conciliantes et la diète d'Aschaffenbourg (juillet 1447) négocia avec lui un nouveau concordat, celui de Vienne (17 février 1448). Il maintint dans sa teneur générale le concordat, d'Eugène IV avec le principe de l'élection libre : toutefois, on concédait au pape de nommer directement aux bénéfices apud sedem apostolicam vacantia, ainsi qu'aux bénéfices ordinaires des églises collégiales et cathédrales, s'ils viennent à vaquer dans les mois de nombre impair ; en cas d'élection contestable, le pape pourrait d'ailleurs intervenir et imposer un candidat meilleur. D'autre part, les annates supprimées seraient remplacées par une taxe raisonnable à percevoir tous les deux ans. « Sans doute, il y avait des inconvénients à ce concordat : la connaissance insuffisante des personnes et des conditions locales exposait le pape à de grandes et nombreuses erreurs dans les choix qu'il aurait à faire ; mais d'autre part, la mainmise de la noblesse allemande était un plus grand mal encore. Ces deux lacunes, et le manque d'éducation sacerdotale du clergé allemand feront que, soixante ans plus tard, des centaines de titulaires de bénéfices se détacheront de l'Eglise pour passer à Luther. Mais ce concordat scellait du moins le bon accord de l'empire avec la papauté. »

A suivre : III. L'administration de l'Eglise romaine.

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Message  Louis Mar 14 Avr 2009, 6:05 pm

La Crise Gallicane

De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE VI

LA PAPAUTÉ ET LES NATIONS
III. L'administration de l'Eglise romaine. En regard des nationalités organisées, la papauté dut aussi veiller à posséder un Etat réglé à la manière moderne. La centralisation qui s'opéra aux XIVe et XVe siècles amena, dès l'époque d'Avignon, un renforcement de l'administration pontificale. On y distingue alors trois institutions principales : la chancellerie, la chambre apostolique et la pénitencerie.

L'ancienne chancellerie comprenait les divers bureaux qui expédiaient les lettres pontificales. A sa tête, se trouvait le vice-chancelier duquel relevaient les collèges de scribes ; le plus en vue fut celui des abréviateurs du Parc majeur qui dressaient la minute, ou l'esquisse des bulles pontificales ; il se recruta au XVe siècle parmi les humanistes.

La chambre apostolique est constituée par l'ensemble des bureaux où se traitent les affaires financières. Le cardinal camerlingue la dirige, véritable ministre des finances. Sous ses ordres, les collecteurs apostoliques perçoivent à travers la chrétienté toutes les redevances, non seulement celles imposées aux bénéficiaires, mais les décimes et indulgences ; leur rôle s'amplifie souvent pour devenir politique et diplomatique. De même, le camerlingue est le principal conseiller du pape ; sous lui, des secrétaires rédigent la correspondance politique et les lettres secrètes.

La pénitencerie s'occupait de ce qui concerne le retrait d'une censure ecclésiastique (excommunication, suspense et interdit), la levée d'une irrégularité empêchant d'exercer les fonctions sacrées, enfin les dispenses de mariage, l'absolution des cas réservés, les indulgences. De la pénitencerie qu'il réorganisa, Eugène IV eût voulu faire l'instrument des réformes projetées. Tous ces fonctionnaires pontificaux formaient une classe sociale ecclésiastique, celle des curiaux dont beaucoup étaient mariés, et qui firent de Rome une cosmopolis chrétienne. ¡Mais, par le souci trop exclusif qu'ils prirent des choses temporelles, ils sécularisèrent plus ou moins la curie, et souvent ils soutinrent le Sacré-Collège dans ses vues ambitieuses.

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I. Centralisation avignonnaise. — G. MOLLAT. Les papes d'Avignon, 3e éd., 1920 ; La fiscalité pontificale au XIVe siècle. Période d'Avignon et grand schisme. 1905.

A suivre.

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Message  Louis Mer 15 Avr 2009, 6:32 pm

La Crise Gallicane

De l’avènement de Boniface VIII à l’ouverture du concile de Florence (1294-1438).

CHAPITRE VI

LA PAPAUTÉ ET LES NATIONS
III. L'administration de l'Eglise romaine.

II. La réhabilitation de Jeanne d'Arc. — Par ses victoire d'Orléans el de Patay, la bergerette de Domrémy avait sauvé la France du péril anglo-bourguignon et fait sacrer Charles VII à Reims ; prise à Compiègne, elle avait été condamnée au bûcher avec la complicité du vice-inquisiteur de France Jean Le Maistre (1431). On attendit vingt ans avant de reviser le procès : une première enquête officielle eut lieu en 1450 et un rapport fut envoyé à Nicolas V. Lorsqu'un an plus tard, en vue d'obtenir le retrait de la Pragmatique et la participation de la France à la croisade, Nicolas V envoya en France comme légat le cardinal d'Estouteville, celui-ci voulut s'assurer la bienveillance royale en travaillant à la réhabilitation de Jeanne d'Arc. D'Estouteville ouvrit une enquête pour laquelle il s'adjoignit l'inquisiteur général en France, le dominicain Jean Bréhal ; celui-ci interrogera les témoins et s'appuyant sur les rapports de deux jurisconsultes éprouvés, Paul Fontanus et Théodore de Lellis, composa un Summarium, résumé des chefs d'accusation formulés par les juges de Rouen ; d'après ces données on rédigea un rapport qui fut envoyé à Rome au nom de la mère et des frères de Jeanne. Le nouveau pape Calixte III accepta la supplique et nomma trois commissaires chargés de rendre une sentence définitive : Jean Juvenal des Oursins, évêque de Reims, Guillaume Chartier. évêque de Paris, Olivier, évêque de Coutances, auxquels fut adjoint l'inquisiteur Jean Bréhal. Après une nouvelle enquête, la réhabilitation fut prononcée solennellement à Rouen le 7 juillet 1456. C'est sur les conclusions de Jean Bréhal que s'appuiera principalement Pie X pour prononcer la béatification de l'héroïne.

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Sur Jeanne d'Arc, voir surtout PETIT DE JULLEVILLE, Jeanne d'Arc (coll. les Saints), 1900. — R. P. AYROLES, La vraie Jeanne d'Arc, 1893_98. — DUNAND, Histoire complète de J. d'Arc. 3 vol., 1902 ; Etudes critiques sur l'histoire de J. d'Arc, 3 vol. 1904-09. — G. HANOTAUX, J. d'Arc. 1912. — U. CHEVALIER, L'abjuration de J. d'Arc au cimetière de Rouen, 1902. — Mgr. TOUCHET, J. d'Arc, 2 vol., 1921. — A. LANG. J. d'Arc, trad. française (coll. Nelson). — Pour les sources, consulter QUICHERAT, Procès de condamnation et de réhabilitation de J. d'Arc, 5 vol, 1841-49. — CHAMPION, Le procès de J. d'Arc, 2 vol.. 1923.

A suivre : La fin du Moyen Age (1438-1517)

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Message  Louis Jeu 16 Avr 2009, 6:02 pm

La fin du Moyen Age (1438-1517)

CHAPITRE PREMIER

LA QUESTION D’ORIENT
I. Le péril turc et le concile de Florence. Dès le xive siècle, une nouvelle force menaça l'Orient orthodoxe : celle des Turcs Osmanlis. Sur les ruines de l'empire des Seljoukides détruit en 1294, ils s'établirent en Asie-Mineure. Othman Ier s'empara de Brousse (1326), puis son fils Orkhan de Nicomédie, Nicée, Gallipoli. Bientôt, les Turcs s'établirent aussi sur la rive d'Europe; en 1360, Amurat Ier s'emparait d'Andrinople, et, à la fameuse journée de Kossovo, triomphait de tous les Etats balkaniques. Dès lors, Constantinople était cernée de toutes parts. Conscients du péril, les Byzantins avaient appelé Rome à leur aide : Andronic III avait envoyé à Benoit XIII le moine Barlaam pour négocier la réunion des Eglises (1339) ; nous avons dit déjà que l'intervention de Clément VI aboutit à la formation d'une ligue navale entre Vénitiens et Latins d'Orient, à la prise de Smyrne (1344) et à la victoire d'Imbros (1347), succès d'ailleurs éphémères ; pressé par la menace, l'empereur Jean V vint en personne trouver Urbain V à Rome et abjura le schisme sans que son peuple le suivît.

Enfin, l'Occident s'émut d'un péril qui menaçait à nouveau toute la chrétienté ; 12.000 Français, l'élite de la noblesse, ayant à sa tête le comte de Nevers, firent leur jonction avec les Hongrois du roi Sigismond, ils franchirent le Danube et investirent Nicopolis, où ils subirent un épouvantable désastre dû autant à leur folle témérité qu'à la discipline des janissaires turcs (1396). C'est alors que Philippe de Mézières, qui rêva toute sa vie de créer un ordre militaire de chevalerie pour la conquête des Lieux Saints, écrivit son Epitre Lamentable. Le maréchal Boucicaut (1366-1421) entreprit en vain des croisières contre les Turcs ; tout eût été perdu sans une nouvelle invasion asiatique, celle des Mongols de Tamerlan qui, occupant l'Asie Mineure, vainquirent le sultan Bajazet Ier à la journée d'Ancyre (1402). Mais aucune création politique durable ne succéda à la victoire des Mongols. Après dix ans d'anarchie, la puissance turque se trouva déjà reconstituée entre les mains de Mahomet 1er, puis de son fils Amurat II, qui reprit le mouvement d'extension territoriale.

A suivre.

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Message  Louis Ven 17 Avr 2009, 6:10 pm

La fin du Moyen Age (1438-1517)

CHAPITRE PREMIER

LA QUESTION D’ORIENT
I. Le péril turc et le concile de Florence. Devant le péril imminent, des démarches furent esquissées par Jean VIII Paléologue auprès de Martin V et d'Eugène IV. A Byzance, il se forma un parti nationaliste qui prônait la tenue d'un concile d'union. Au temps des premiers conflits aigus entre le pape et le concile de Bâle, c'eût été l'occasion d'un transfert à Bologne ; les Balois opposèrent un refus formel. Eugène IV ne cessa pourtant de négocier avec l'empereur ; on parla d'Ancône. Mais le transport, était chose dispendieuse sur laquelle on ne parvenait pas à s'entendre. Dès lors, le mieux ne serait-il pas de réunir le concile à Sainte-Sophie?

Le pape envoya Christophe Garatoni débattre ce projet à Constantinople ; il fut adopté. Cependant, les Balois déclaraient n'accepter pour lieu de conférence qu'une ville d'Occident ; en vain, les Grecs vinrent-ils leur expliquer que la combinaison pontificale était la plus pratique ; comme il leur semblait que la supériorité conciliaire était en jeu, ils maintinrent leur avis. Bientôt, les Balois resserrèrent encore leurs exigences : les Grecs avaient insisté pour que la ville choisie fût située sur la côte italienne, ce qui favoriserait beaucoup les rapports avec l'Orient ; dans la crainte que l'influence pontificale ne devint prépondérante, ils refusèrentt, ne laissant le choix qu'entre Bâle, Avignon ou une ville de Savoie. On sait que, se ralliant à l'avis d'une sage minorité, Eugène IV passa outre et transféra le concile à Ferrare, où les Grecs arrivèrent bientôt.

A suivre.

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Message  Louis Sam 18 Avr 2009, 6:00 pm

La fin du Moyen Age (1438-1517)

CHAPITRE PREMIER

LA QUESTION D’ORIENT
I. Le péril turc et le concile de Florence. Si le basileus et les patriotes byzantins désiraient un accord, il se trouvait des réfractaires décidés à faire de l'obstruction. Le Filioque fut leur cheval de bataille ; se refusant à toute discussion théologique, ils déclaraient qu'à priori, il était toujours interdit, même pour combattre une hérésie, d'ajouter un seul mot au symbole. Déjà, la rupture semblait imminente quand l'empereur décida de passer outre, et d'aborder le problème dogmatique foncier : celui de la procession du Saint-Esprit ; le désir d'une entente et la pression impériale expliquent l'influence croissante que vont prendre les unionistes. On décida, d'ailleurs, que les délibérations se feraient non plus en séances publiques, mais au sein de commissions dont les délégués seraient choisis parmi les unionistes. Cette phase décisive se déroula à Florence, où le concile dut se transporter à cause de la peste sévissant à Ferrare.

Conduite par Bessarion
A suivre.

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Message  Louis Dim 19 Avr 2009, 6:13 pm

La fin du Moyen Age (1438-1517)

CHAPITRE PREMIER

LA QUESTION D’ORIENT
I. Le péril turc et le concile de Florence. …Conduite par Bessarion, la controverse fut avant tout de théologie positive : il s'agissait de savoir lequel des deux partis avait pour lui l'Antiquité.

En faveur du Filioque, les Latins arguaient deux passages de saint Epiphane et un de saint Basile : quant aux opposants, ils pouvaient bien tirer de la Patrologie grecque des citations où il était affirmé que le Paraclet procède du Père, mais aucune où il fut nié qu'il procède également du Fils ; toutefois, la subtilité grecque trouvait encore un biais en niant l'authenticité des citations alléguées par les Latins.

Alors, sortant des arguments patristiques, Jean de Raguse porta la question sur le terrain dogmatique : il affirma que l'Eglise romaine, ne reconnaissait qu'une seule et non deux causes de la procession du Saint-Esprit, le Fils recevant du Père deux choses, son être et son pouvoir de produire le Saint-Esprit ; ainsi sa croyance n'était-elle pas différente de la grecque.

Enfin, Jean Scholarios…
A suivre.

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