Sainte Marthe : Qui est-elle ?

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Message  Louis le Jeu 17 Oct 2019, 6:14 am

Sainte Marthe

I

Nous lisons dans l'évangile de saint Luc, chapitre X, versets 38 et suivants : « Il arriva, comme Jésus et ses disciples s'en allaient prêchant par les bourgs et les villages, qu'il entra dans une petite ville. Et une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Et elle avait une sœur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.

« Or, Marthe était fort occupée à préparer tout ce qu'il fallait, et elle vint vers lui, et lui dit : Ne voyez-vous pas que ma sœur me laisse servir toute seule? Dites-lui qu'elle m'aide. Et le Seigneur répondant lui dit : Marthe, Marthe, vous vous inquiétez et vous vous troublez de beaucoup de choses. Or, une seule est nécessaire : Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point ôtée. »

II

A tous les points de vue, cet Évangile est d'une beauté qui ravit également l'imagination, l'esprit et le cœur. A l'inimitable simplicité de la parole, se joint la sublimité du fait. Par un contraste divinement poétique, ou plutôt par un rapprochement d'ineffable amour, on y voit l'Éternel, le Tout-Puissant, le Créateur des mondes, conversant familièrement avec sa petite créature, lui demandant l'hospitalité et la récompensant par des enseignements au-dessus de toute sagesse humaine.

Mais cette admirable page de l'Évangile demande, pour être bien comprise, quelques commentaires.

III

Il est dit que Notre-Seigneur voyageait avec ses apôtres, c'était l'usage ordinaire des chefs d'école de parcourir le pays, accompagnés de leurs disciples.

Il entra dans une petite ville: cette petite ville était Béthanie.

Notre-Seigneur y passait souvent, lorsqu'il se rendait à Jérusalem.

C'est de là qu'il partit pour faire son entrée triomphante dans la cité déicide, là qu'il prit dans la maison de Simon le Lépreux le repas célèbre par l'action de sainte Madeleine.

Marthe était la sœur aînée de Madeleine et de Lazare. Elle avait l'intendance de la maison, dont elle faisait les honneurs avec une cordialité et une distinction en rapport avec sa fortune et sa naissance. Le repas dont il s'agit dans notre Évangile fut donné à Béthanie, vers la fin du mois de septembre, à l'époque de la fête des Tabernacles. Ces explications faites, venons à la biographie de sainte Marthe.

C'est à Béthanie que naquit, un an ou deux après Notre-Seigneur, la vénérable hôtesse…

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Message  Louis le Ven 18 Oct 2019, 7:12 am

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IV

C'est à Béthanie que naquit, un an ou deux après Notre-Seigneur, la vénérable hôtesse du Fils de Dieu, la très sainte Marthe. Sa mère, nommée Eucharie, tirait son origine de la race royale d'Israël. Théophile, son père, Syrien de nation, était de noble race et très haut placé dans l'administration des affaires publiques. Son autorité s'étendait sur une grande partie du littoral de la Palestine. Ayant entendu prêcher Notre-Seigneur, il devint un de ses fidèles disciples. Il paraît qu'il mourut peu de temps après sa conversion ainsi que sa femme, attendu que l'Évangile ne parle ni de l'un ni de l'autre.

V

La bienheureuse Marthe avait une sœur d'une admirable beauté, nommée Marie, et un frère d'un naturel excellent, du nom de Lazare. Cette famille était fort riche. Outre un bon nombre de maisons à Jérusalem, elle possédait de grandes propriétés à Béthanie en Judée, à Magdalum dans la Galilée, sur les bords du lac de Génésareth, et une autre à Béthanie de Galilée, au delà du Jourdain, dans les lieux où Jean-Baptiste baptisait, environ à quatre lieues de la mer Morte. Lazare demeurait avec ses sœurs.

VI

Remarquons en passant une belle harmonie de la Providence. Saint Jean-Baptiste avait choisi pour baptiser cet endroit du Jourdain, parce que c'était au même lieu que les Hébreux, pour entrer dans la terre promise, avaient franchi le fleuve. Ce passage miraculeux était une image du baptême, qui introduit le chrétien dans la véritable terre promise, le ciel.

En mémoire de leur passage, les enfants d'Israël avaient déposé douze grandes pierres dans le lit du fleuve, une pour chaque tribu. Saint Jean-Baptiste y fait allusion lorsqu'il dit à ses auditeurs que Dieu peut des pierres mêmes faire des enfants d'Abraham. Ainsi, dans les paroles et les paraboles évangéliques, tout se rattache à des faits connus, qui les font retenir et qui les expliquent. L'endroit dont il s'agit s'appelait encore du temps de saint Jean-Baptiste Bethabara, qui veut dire lieu du passage.

Dans ses courses évangéliques au travers de la Galilée, le Sauveur passait souvent à…

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Message  Louis le Sam 19 Oct 2019, 5:46 am

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VII

Dans ses courses évangéliques au travers de la Galilée, le Sauveur passait souvent à Magdalum et recevait l'hospitalité chez Marthe et Marie. Avec un cœur généreux, les deux sœurs le servaient de leur mieux et lui donnaient de leurs biens tout ce qui était nécessaire à lui et à ses disciples. Si, parfois, le soin de leur maison les retenait chez elles, pendant que Notre-Seigneur annonçait au loin la bonne nouvelle, jamais elles ne manquaient de lui envoyer par leurs serviteurs ce qu'elles savaient lui être utile.

Ainsi, donner l'hospitalité au Fils de Dieu conversant parmi les hommes et pourvoir à tous ses besoins, était leur suprême bonheur. Plus enviable que tout autre, ce bonheur nous pouvons en jouir lorsque nous exerçons la charité envers les pauvres; car le divin Maître a dit : « Tout ce que vous ferez au moindre de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi-même que vous le faites. »

VIII

Quand il voyageait dans la Galilée, la maison de Marthe et de Marie, à Magdalum, était l'hôtellerie où le divin Rédempteur daignait descendre. En Judée, c'était à Béthanie qu'il retrouvait ses saintes et généreuses hôtesses. Là, ainsi qu'il a été dit, eut lieu le repas dont parle saint Luc. Comme le Sauveur voyageait toujours avec les apôtres et souvent avec les disciples, les convives étaient nombreux. Dès lors on comprend  la sollicitude de Marthe et le mouvement qu'elle devait se donner, afin que rien ne manquât à la réception.

IX

Pleine de confiance en sa sœur, Marie ne s'occupait que d'une chose, c'était de tenir compagnie au Sauveur et se nourrir de sa divine parole. Pour l'écouter elle s'asseyait à ses pieds. On sait que l'usage de s'asseoir par terre sur des tapis ou des coussins est encore général en Orient. Madeleine suivait donc la coutume de son pays. Cette position était de plus un signe d'humilité et de docilité. Ainsi, autrefois, dans l'université de Paris tous les écoliers, et parmi eux il y avait des fils de princes et de rois, étaient assis par terre sur de la paille, achetée par chaque écolier, dans la rue du Fouarre.

Cependant Marthe, tout entière à la réception du divin Hôte…

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Message  Louis le Dim 20 Oct 2019, 6:26 am

Sainte Marthe

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X

Cependant Marthe, tout entière à la réception du divin Hôte, allait, venait, donnait des ordres, surveillait le service et, avec une sollicitude facile à comprendre, s'occupait des préparatifs du repas. Voyant sa sœur tranquillement assise aux pieds du Sauveur, elle n'y tient pas. Avec une familiarité qu'on ne se lasse pas d'admirer, elle s'approche du Sauveur, et lui dit : « Maître, ne voyez-vous pas que ma sœur me laisse seule pour tout faire? Dites-lui qu'elle m'aide. »

Marie ne s'émeut ni ne répond. Elle laisse le soin de sa défense à son cher Maître qui trouve dans l'attention de Marie à écouter sa parole, mille fois plus de délices que dans tous les festins. Avec une bonté qui correspond à la filiale confiance de Marthe, le Fils de Dieu lui répond : « Marthe, Marthe, vous vous préoccupez de beaucoup de choses. Or, une seule est nécessaire. »

XI

Remarquons que le Sauveur ne dit pas Marthe une seule fois, mais deux fois. C'est ainsi qu'on en use à l'égard de quelqu'un avec qui on est dans des rapports de familiarité ou d'une extrême bienveillance. Marthe, Marthe, comme si le Sauveur disait : Ma bonne Marthe. Et c'est Dieu lui-même qui parle ainsi à sa petite créature, O mon Dieu ! Que vous êtes bon!

Toutefois, si Marthe était seule pour donner des ordres et en surveiller l'exécution, elle n'était pas seule chargée de la mise en œuvre…

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Message  Louis le Lun 21 Oct 2019, 6:48 am

Sainte Marthe

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XII

Toutefois, si Marthe était seule pour donner des ordres et en surveiller l'exécution, elle n'était pas seule chargée de la mise en œuvre. Outre ses domestiques, elle avait pour la seconder sa femme de charge ou son intendante. Cette femme ou cette fille de confiance s'appelait Marcelle. Digne de sa maîtresse, Marcelle était une de ces grandes chrétiennes qu'on admire dans les âges héroïques de la foi naissante. Dans une condition ordinaire, elle donna d'éclatants exemples de foi et de courageux dévouement.

XIII

Avant d'entrer chez ses amis, Notre-Seigneur avait guéri un démoniaque, aveugle et muet tout ensemble. Témoin du miracle, une foule innombrable proclamait les louanges du Dieu Sauveur. Quant aux pharisiens, ils blasphémaient, attribuant le miracle à l'intervention de Beelzebuth, prince des démons. Sur ces entrefaites arriva la sainte Vierge avec quelques-uns de ses parents pour voir Notre-Seigneur et lui parler. Comme ils ne pouvaient approcher à cause de la foule, quelqu'un qui était à la porte dit au Sauveur, pour voir s'il préférait la chair et le sang à sa famille spirituelle : « Voici votre mère et vos frères qui sont dehors et qui vous cherchent. »

Connaissant le piège, Jésus répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » et étendant la main vers ses disciples: « Voici, dit-il, ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux est mon frère, ma sœur et ma mère. »

On croit que ceci eut lieu à Béthanie où nous sommes maintenant, et peu avant le repas que Marthe préparait avec tant de soin.

XIV

Quoi qu'il en soit, la divine réponse de Notre-Seigneur combla de joie ses amis. La bonne Marcelle ne put contenir la sienne. En dépit des pharisiens et pour confondre hautement ces hypocrites ennemis de son adorable Maître, elle s'écria au milieu de la foule : « Bienheureuses les entrailles qui vous ont porté et bienheureux le sein qui vous a nourri. »

Le Sauveur lui-même applaudit aux courageuses paroles de Marcelle, en ajoutant : « Ce n'est pas seulement, comme vous le proclamez, ma Mère qui est bienheureuse pour m’avoir engendré de la chair ; mais bienheureux aussi ceux qui écoutent et conservent dans leur cœur la parole de Dieu. »

XV

Comme l'ombre suit le corps, Marcelle est inséparable de ses bonnes maîtresses, Marthe et Marie. Après la Pentecôte et la persécution qui dispersa les Apôtres, elle fut jetée comme elles dans la barque homicide et aborda aux côtes de Provence. Sainte Madeleine s'étant retirée au désert, Marcelle, qui avait suivi saint Maximin à Aix, se rendit auprès de sainte Marthe à Avignon, assista à sa mort qui eut lieu à Tarascon, et avec ses compagnes, venues comme elle d'Orient, l'ensevelit et la déposa dans le tombeau.

Il est douteux si, après la mort de sa maîtresse, Marcelle retourna en Orient. Ce qui ne l'est pas, c'est que son corps fut, plus tôt ou plus tard, déposé à Saint-Maximin en Provence, dans la crypte de sainte Madeleine, où il fut trouvé en 1279, et qu'il y a été honoré jusqu'à la révolution du dernier siècle.

Revenons à sainte Marthe que nous avons laissée à Béthanie…

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Message  Louis le Mar 22 Oct 2019, 5:44 am

Sainte Marthe

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XVI

Revenons à sainte Marthe que nous avons laissée à Béthanie et où nous allons la retrouver. L'hospitalité est un précepte évangélique et une source de bénédiction. Au jour du jugement dernier elle sera un titre de gloire immortelle pour ceux qui l'auront exercée. « J'ai été étranger, dira le Souverain Juge, et vous m'avez donné l'hospitalité : venez, les bénis de mon Père. » Marthe n'attendra pas jusque là sa récompense : elle la recevra pendant sa vie et à l'heure de sa mort.

XVII

Son frère Lazare tombe dangereusement malade. Marthe et sa sœur s'empressent d'en informer leur divin ami. Remarquons leur message. Elles ne lui font pas dire : venez et guérissez notre frère. Avec une confiance et une simplicité ravissantes, elles se contentent de lui faire dire : « Maître, celui que vous aimez est malade. » Elles ne vont pas elles-mêmes trouver le Sauveur. D'une part, la maladie de leur frère les retient ; d'autre part, elles savent que la simple nouvelle suffira. C'est un nouveau trait de la familiarité avec laquelle le divin Maître permettait qu'elles en usassent avec lui.

Au lieu de se rendre sur-le-champ à Béthanie, le Sauveur resta deux jours à Béthabara sur les bords du Jourdain. Pour être différée, la demande de Marthe ne sera pas oubliée. Au contraire, le mystérieux délai a pour but d'en rendre l'accomplissement plus éclatant. Jésus viendra; et il fera mieux que de guérir Lazare, il le ressuscitera.

XVIII

Cependant on vient annoncer à Marthe que le Sauveur arrive et qu'il est à l'entrée de Béthanie. L'heureuse nouvelle est donnée non à Marie, mais à Marthe. En effet, Marthe était l'aînée de la famille et la maîtresse de maison. C'est à elle qu'arrivaient les lettres et les nouvelles. Sans perdre un instant, sans même songer à prévenir sa sœur, elle court à la rencontre du Sauveur. Avec la même familiarité dont nous avons déjà vu plusieurs exemples, elle fait un petit reproche au bon Maître, en lui disant : « Si vous aviez été ici, c'est-à-dire si vous étiez venu quand nous vous avons prévenu, mon frère ne serait pas mort. » Puis, comme pour se corriger, elle reprend incontinent : « Mais je sais que tout ce que vous demanderez à Dieu il vous l'accordera. »

XIX

Ces paroles semblent indiquer une certaine faiblesse dans la foi de Marthe à la toute-puissance du Sauveur lui-même. Aussi le bon maître engage avec elle le touchant dialogue que tout le monde connaît, et par lequel il conduit Marthe, de la croyance à la résurrection générale de tous les hommes à la fin du monde, à la résurrection possible de Lazare; puis, au miracle de cette résurrection qui va être opérée sous ses yeux ; enfin à la divinité de celui qui l'accomplira. « Eh bien ! oui, répond Marthe, je crois que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Après cette profession de foi, le Sauveur lui fait signe…

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Message  Louis le Mer 23 Oct 2019, 6:00 am

Sainte Marthe

SUITE

XX

Après cette profession de foi, le Sauveur lui fait signe d'appeler sa sœur. Il la fait venir soit pour faire sentir à Marthe l'imperfection de sa confiance et de sa foi, soit pour consoler Madeleine, en la rendant témoin de la résurrection de son frère, soit pour récompenser visiblement la foi de Marie, en accordant le miracle à sa prière. Elle arrive tout courant, tombe aux pieds de son bon Maître et les arrose de ses larmes. Douleur, amour, confiance : tout est dans ces larmes. Jésus ne peut retenir les siennes et le miracle est obtenu.

XXI

Cette éclatante faveur porte à un degré qu'on ne peut comprendre l'affection et la reconnaissance de Marthe pour Notre-Seigneur. Plus que jamais, la maison de ses amis est sa maison. Béthanie est le lieu préféré de son repos. C'est là qu'il prend part, quelques jours avant sa passion, au festin dont le souvenir, aussi étendu que le monde chrétien, durera jusqu'à la fin des siècles. Marthe sert à table, Madeleine répand son parfum ; Lazare est parmi les convives ; Judas murmure.

XXII

A la sainte allégresse de cette journée mémorable, succèdent bientôt les incompréhensibles tristesses du Calvaire. Ce qu'éprouva sainte Marthe pendant la Passion, nous ne le saurons qu'au jour du jugement. Comme il arrive toujours dans la vie des saints, aux tristesses succèdent les consolations, ainsi que dans la nature le calme succède à la tempête. Jésus est sorti victorieux du tombeau. Il a été vu par Marie qui le dit à sa sœur. Pendant les quarante jours qui s'étendent de Pâques à l'Ascension la joie de Marthe est à son comble. Le moment de la dernière séparation est arrivé. Avec les disciples, avec la sainte Vierge et sainte Madeleine, elle assiste au retour triomphant du bon Maître dans le ciel.

Enfermée au cénacle avec les disciples, la sainte Vierge et les autres saintes femmes …

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Message  Louis le Jeu 24 Oct 2019, 7:09 am

Sainte Marthe

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XXIII

Enfermée au cénacle avec les disciples, la sainte Vierge et les autres saintes femmes, Marthe reçoit l'esprit de l'apostolat.

Se dégager de tous les liens terrestres, afin de vaquer sans obstacle à leur glorieuse mission et donner un exemple éclatant de cette charité qui devait renouveler le monde, tel fut après la Pentecôte le premier acte de Marthe, de Marie et de Lazare. Ayant vendu leur riche patrimoine, ils en mirent le prix aux pieds de saint Pierre. En compagnie des veuves et des femmes de haute naissance, Marthe et Marie servaient avec un merveilleux dévouement la Reine du ciel et les Apôtres. C'étaient, entre autres, Marie Cléophas et Marie Salomé, belle-sœur et nièce de la très sainte Vierge, et que, suivant l'usage des Hébreux, les évangélistes appellent ses sœurs.

XXIV

Cependant un léger mouvement de jalousie donna lieu à quelques murmures de la part des Juifs venus de Grèce. Ils prétendaient que dans le service journalier des saints on préférait à leurs veuves les femmes de Galilée et de Judée. Ce qu'ayant su le prince des Apôtres convoqua une assemblée et choisit, pour avoir l'intendance des tables et des femmes qui servaient, sept diacres (note de Louis : voir 7 Diacres) :  Étienne, Philippe, Parménas, Timon, Procore, Nicanor et Nicolas. Ce petit nuage dissipé, le soleil de la charité continua de briller sur ces heureux fidèles, qui ne formaient tous ensemble qu'un cœur et qu'une âme.

XXV

La paix dont jouissait l'admirable église de Jérusalem ne fut pas de longue durée. Née dans le sang, l'Église doit croître par le sang et triompher par le sang. Un an après l'Ascension de Notre-Seigneur, l'an 34, saint Étienne avait été martyrisé. Tous les disciples furent dispersés. Seuls les Apôtres purent rester quelque temps encore à Jérusalem avec la sainte Vierge et les saintes femmes.

Mais, quelques années après, par un conseil adorable de la sagesse éternelle…

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Message  Louis le Ven 25 Oct 2019, 6:31 am

Sainte Marthe

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XXVI

Mais, quelques années après, par un conseil adorable de la sagesse éternelle, qui voulait que la gloire de Marthe et de Marie resplendît dans tout l'univers, ces deux amies du Sauveur furent, comme nous l'avons vu dans la vie de sainte Madeleine, expulsées par les Juifs et miraculeusement conduites aux rivages des Gaules. Arrivée à Marseille, la sainte colonie s'empressa de répondre à sa vocation. La foi reçue à Marseille, sainte Marthe se rendit à Aix, métropole de la seconde Narbonnaise, puis, avec Maximin, elle se dirigea vers les villes d'Arles et d'Avignon.

L'arrivée de cette étrangère, sa vie pauvre, la beauté vénérable de son visage, la noblesse de ses manières, ne tardèrent pas à exciter la curiosité publique. On voulut savoir qui elle était, d'où elle venait, ce qu'elle cherchait. Marthe profita de ces dispositions pour annoncer la bonne nouvelle. Ce qu'elle savait du Sauveur, ce qu'elle avait appris de sa bouche, elle le prêchait et le confirmait par des miracles. Un des plus éclatants fut celui que je vais rapporter.

XXVII

En arrivant dans sa grotte aérienne, sainte Madeleine y avait trouvé un horrible dragon que ses prières en avaient expulsé ; mais l'affreuse bête n'était pas morte. Entre Arles et Avignon, sur les bords du Rhône, se trouvait une forêt de bois rabougris, appelée luçus niger, bois noir. C'est dans cette forêt, peuplée de reptiles venimeux, que le dragon s'était réfugié. C'est de là qu'il exerçait ses ravages et portait l'épouvante dans toute la contrée. Plusieurs fois les habitants des environs s'étaient réunis pour lui donner la chasse. Le monstre avait dévoré les plus courageux et échappé à tous les coups.

XXVIII

Un jour que sainte Marthe annonçait l'Évangile à une grande multitude, on vint, comme à l'ordinaire, à parler du dragon, Pour tenter la sainte, quelques-uns lui dirent : « Si le Dieu que vous prêchez a quelque puissance, qu'il la montre en nous délivrant de ce monstre. » Marthe leur répondit : « Si vous êtes prêts à croire, tout est possible à celui qui croit. — Nous promettons de croire, » répondit tout le peuple.

Pleine de confiance en son bon Maître, la sainte demande où est le dragon. On la conduit à l'entrée du Nerluc (niger lucus noir bois) où l'effroyable animal avait coutume de se tenir, quand il ne cherchait pas sa proie sur les bords du Rhône. Son repaire était une caverne, qui servait de tombeau à un grand nombre d'habitants.

Marthe entre dans le bois…

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Message  Louis le Sam 26 Oct 2019, 7:55 am


Sainte Marthe

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XXIX

Marthe entre dans le bois. Le peuple la suit de loin, non sans frayeur. Arrivée à l'entrée de la caverne, Marthe s'arrête et d'une voix assurée dit au monstre : « Au nom de mon Seigneur, Jésus-Christ, je t'ordonne de sortir. »

A l'instant on voit paraître une bête si affreuse que sa vue seule glaçait d'épouvante. C'était un animal d'une longueur et d'une grosseur monstrueuse, qui tenait du crocodile par ses écailles et par ses dents longues et tranchantes, du quadrupède par ses pattes, de la chauve-souris par ses ailes, et du serpent par la queue.

XXX

Marthe fait le signe de la croix et s'avance tranquillement vers le monstre, lui lie le cou avec sa ceinture et le tire hors de son antre. Puis, se tournant vers le peuple, qui considérait de loin ce spectacle, elle dit : « N'ayez peur; je tiens le prisonnier. Approchez courageusement au nom de mon Dieu, et mettez-le en pièces. » On hésite. Marthe reprend le peuple de son peu de foi et l'anime à frapper hardiment le dragon. Enfin on se rassure et on s'acharne sur le monstre qu'on met en lambeaux. Chacun admire le tranquille courage de Marthe qui tient immobile cette bête immense, pendant qu'on la perce de coups. Comme elle habitait dans le voisinage de Tarascon, elle fut, du nom de cette ville, appelée Tarasque. C'est ainsi que les peuples de la province de Vienne, ayant vu ou appris ce miracle, crurent au Seigneur et furent baptisés. A partir de ce moment, Marthe fut aimée et honorée comme elle en était digne.

L'existence de ce dragon dompté par sainte Marthe n'est ni une fable inventée à plaisir, ni une légende du moyen âge dans le sens moderne du mot, ni une figure représentant le triomphe du christianisme sur le paganisme: c'est un fait réel…

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Message  Louis le Dim 27 Oct 2019, 7:41 am

Sainte Marthe

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XXXI

L'existence de ce dragon dompté par sainte Marthe n'est ni une fable inventée à plaisir, ni une légende du moyen âge dans le sens moderne du mot, ni une figure représentant le triomphe du christianisme sur le paganisme: c'est un fait réel. Ainsi l'affirme la tradition : tradition sous toutes les formes : artistique, liturgique, dramatique.

Tradition artistique : La Tarasque est représentée sous une forme horrible, dans l'église de la Major, à Marseille; dans le cloître de Saint-Maximin, à Saint-Maximin ; dans l'église de Saint-Sauveur, à Aix; dans le cloître de Saint-Trophime, à Arles; et ailleurs.

Tradition liturgique : Les anciens livres d'église en font mention, même hors de la Provence, comme à Lyon, Cologne, Auch, Tours, Paris, le Puy en Velay.

XXXII

Tradition dramatique : Une coutume immémoriale en perpétua le souvenir de génération en génération. A Tarascon, le jour de la fête de sainte Marthe, a lieu une procession solennelle. En tête de la procession et devant la croix, on porte un simulacre de la Tarasque, qu'une jeune fille, vêtue de satin bleu, avec un voile rose, tient attachée par une ceinture de soie. A la main elle tient un bénitier garni d'un grand aspersoir et représente sainte Marthe triomphant du monstre.

XXXIII

Autrefois, pour rendre la figure plus frappante, le simulacre marchait, comme s'il était vivant. De temps en temps, il se détournait et poussait sa queue vers les groupes trop rapprochés de son passage ; il avançait la tête et ouvrait sa large gueule, comme pour les dévorer. La jeune fille faisait alors une aspersion sur le monstre qui s'apaisait aussitôt et semblait perdre sa férocité naturelle. Devant et derrière l'animal des hommes armés de vieilles piques ou de masses d'armes, et vêtus d'habits légers qui, par leur forme singulière, imitaient les armures de fer du moyen âge, représentaient le peuple de Tarascon mettant en pièces la Tarasque.

XXXIV

Voulant m'assurer si cette tradition était toujours vivante, je me suis adressé au vénérable archiprêtre de Tarascon. Voici sa réponse: « La procession de sainte Marthe se fait aujourd'hui comme elle s'est faite de temps immémorial. Elle se compose des fidèles et du clergé, qui précèdent la châsse de sainte Marthe, portée par les marins pieds nus. C'est depuis longtemps un privilège attaché à leur corporation.

« Quant à la part réservée à la Tarasque, son simulacre, en la forme que lui a donnée le roi Réné, précède la procession, et une jeune fille vêtue en satin bleu avec un voile rose la tient attachée avec un grand ruban de soie. Elle tient un bénitier et un aspersoir et figure sainte Marthe triomphant de la Tarasque (1). »

Ainsi, sainte Marthe triomphant d'un dragon et, par ce miracle, mettant fin au paganisme dans une partie de la Gaule Narbonnaise…
_______________________________________________________________

(1) « L'ancienne forme de la Tarasque ressemblait à un crocodile. » Lettre du 19 décembre 1855.

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Sainte Marthe : Qui est-elle ? Empty Re: Sainte Marthe : Qui est-elle ?

Message  Louis le Lun 28 Oct 2019, 7:03 am

Sainte Marthe

SUITE

XXXV

Ainsi, sainte Marthe triomphant d'un dragon et, par ce miracle, mettant fin au paganisme dans une partie de la Gaule Narbonnaise : voilà ce que la tradition atteste non comme un symbole, mais comme un fait réel. Pourquoi ne le serait-il pas? où est l'impossibilité ? prétendre que ce n'est qu'un symbole, est une interprétation gratuite, dictée uniquement par la peur du surnaturel. C'est du rationalisme pur, au moyen duquel on peut démolir toute la Bible, à commencer par le serpent du paradis terrestre.

Où est la fausseté de la tradition ? qui l'a démontrée ? où sont les monuments nouveaux qui détruisent les anciens ? qui sommes-nous pour venir, après tant de siècles, contester un fait admis par les contemporains ? un fait auquel se rattache un immense événement, la conservation d'un peuple ? un fait qui se perpétue dans le nom même d'une ville? un fait passé dans la croyance générale des plus célèbres Eglises ? Nier n'est pas prouver. La possession fait droit.  Jusqu’à ce qu'on ait détruit la base d'un fait, le fait demeure.

XXXVI

D'ailleurs, l'histoire de la Tarasque n'est pas une histoire isolée. Elle est d'autant plus certaine, qu'elle se relie à tout un système de faits analogues, consignés dans les annales de l'humanité, prédits dans l'Évangile et confirmés par la science. Qui ne le sait? parmi les premiers apôtres du Christianisme, un grand nombre en mettant le pied sur un sol idolâtre eurent à combattre des serpents affreux, des dragons.

Il suffira de citer : saint Honoré, dans l'île de Lérins; saint Julien, au Mans ; saint Armel, saint Tugdal, saint Efflam, saint Brieuc, saint Paul, en Bretagne. Dans le Var Draguignan , qui doit son nom au combat victorieux d'un de ses premiers apôtres contre un dragon. Je ne sais combien l'histoire nomme de lieux en Écosse et ailleurs, témoins des mêmes combats.

XXXVII

L'ignorance seule peut s'en étonner. Le démon, sous la forme du serpent vivant, de serpent en chair et en os, a été adoré chez tous les peuples de l'antiquité sans excepter ni les Grecs, ni les Romains, ni les Babyloniens, ni les Égyptiens. Il l'est encore aujourd'hui dans l'Inde et dans une partie de l'Afrique. La Chine et la Cochinchine n'ont pas de plus grand Dieu que le dragon. Comment les premiers apôtres du christianisme n'auraient-ils pas rencontré ce Dieu universel, ce Dieu suprême, ainsi que nos missionnaires actuels le rencontrent encore dans un bon nombre de leurs missions ?

N'est-ce pas en prévision de ce fait que, parmi les pouvoirs conférés aux Apôtres, au moment de partir pour le grand combat contre le Prince et le Dieu du monde païen, Notre-Seigneur nomme en particulier celui de triompher non des lions et des tigres, mais des serpents ? Ils en ont triomphé, en effet, soit en les chassant de leurs temples et de leurs bois sacrés, soit en les tuant, soit en les empêchant de nuire : serpentes tollent. Le premier qui se montre investi de ce pouvoir est saint Paul dans l'île de Malte.

Il faut ajouter que la forme du monstre dompté par sainte Marthe n'est pas une raison de nier son existence matérielle…

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Message  Louis le Mar 29 Oct 2019, 7:08 am

Sainte Marthe

SUITE

XXXVIII

Il faut ajouter que la forme du monstre dompté par sainte Marthe n'est pas une raison de nier son existence matérielle. D'abord, l'histoire rapporte des exemples d'animaux monstrueux, dont il serait impertinent de nier là réalité. Tels sont ceux dont parlent saint Athanase, Sozomène, Fortunat de Poitiers et autres historiens anciens et modernes. De ce qu'on n'en voit plus, conclure qu'on n'en a jamais vu : pauvre raisonnement. Qu'on n'admette pas, si on veut, des espèces monstrueuses qui se perpétuent ; mais comme on voit des monstres parmi les hommes, pourquoi ne s'en trouverait-il pas parmi les bêtes ? au reste, pour justifier l'existence de la Tarasque, pas n'est besoin de recourir à toutes ces suppositions.

XXXIX

La description de ce monstre, telle qu'elle nous a été laissée par les plus anciens historiens, établit que la Tarasque était un dragon. Or, l'existence du dragon n'est plus douteuse. Pour le chrétien elle ne l'a jamais été. Il a toujours su par l'Écriture que le dragon existait; et de plus, que c'est la forme et le nom que Satan prenait et devait prendre, pour lutter extérieurement contre l'Église (1).

Quant au voltairien, il en est aujourd'hui pour le ridicule de ses négations. Les découvertes des naturalistes modernes, Cuvier, Buckland, Zimmermann et autres, accomplies en France, en Angleterre, en Allemagne, ont à jamais fermé la bouche à l'incrédulité, en mettant au jour les fossiles de ces effroyables dragons.

Laissons notre plus illustre géologue parler du dragon auquel il donne le nom scientifique de Megalosaurus
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(1) « Draco, serpens antiquus qui seducit universum orbem. » Draco, passim; Apoc. XII.

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Message  Louis le Mer 30 Oct 2019, 7:42 am

Sainte Marthe

SUITE

XL

Laissons notre plus illustre géologue parler du dragon auquel il donne le nom scientifique de Megalosaurus. « Un genre de reptiles bien remarquable, dit Cuvier, et dont les dépouilles abondent dans les sables supérieurs, c'est le Megalosaurus (grand lézard). Il est ainsi nommé à juste titre. Car avec les formes des lézards et particulièrement des monitors, dont il a aussi les dents tranchantes et dentelées, il était d'une taille si énorme, qu'en lui supposant les proportions des monitors, il devait passer soixante-dix pieds de longueur. C'était un lézard comme une baleine (1). »

XLI

Il continue : « Nous voici arrivés à ceux de tous les reptiles, et peut-être de tous les animaux fossiles, qui ressemblent le moins à ce que l'on connaît, et dont les combinaisons de structure paraîtraient, sans aucun doute, incroyables à quiconque ne serait pas à portée de les observer par lui-même. Le Plesiosaurus (2), avec des pattes de cétacé, une tête de lézard et un long cou, composé de plus de trente vertèbres, nombre supérieur à celui de tous les autres animaux connus, qui est aussi long que son corps, et qui s'élève et qui se replie comme le corps des serpents : voilà ce que le Plésiosaurus et l'Ichthyosaurus (poisson lézard) sont venus nous offrir après avoir été ensevelis pendant plusieurs milliers d'années sous d'énormes amas de pierres et de marbres (1). »

Parlant du ptérodactyle-géant (doigts agiles) : « Voilà donc, ajoute le grand naturaliste, un animal qui dans son ostéologie, depuis les dents jusqu'au bout des ongles, offre tous les caractères classiques des sauriens... C'était en même temps un animal pourvu de moyens de voler... qui pouvait encore se servir du plus court de ses doigts pour se suspendre ; mais dont la position tranquille devait être ordinairement sur ses pieds de derrière, comme celle des oiseaux. Alors il devait aussi, comme eux, tenir son cou renversé et recourbé en arrière, pour que son énorme tête ne rompît pas tout équilibre (2). »

XLII

Écoutons maintenant Zimmermann. « On trouve, dit le savant allemand, des fossiles de sauriens de la taille de la plus énorme baleine. A une de ces monstrueuses espèces appartient  l'Hydrarchos (roi des eaux), dont le squelette a cent vingt pieds de long... auquel nous joignons un autre monstre, qui paraît justifier toutes les légendes des temps antiques sur les dragons ailés. C'est le Ptérodactylus. Son patagion ou membrane qui sert à voler se déploie entre le pied de devant et le pied de derrière, de façon à laisser les griffes libres pour saisir la proie. La tête du monstre est presque aussi grande que la moitié du tronc. La mâchoire est armée de dents aiguës et recourbées, qui devaient en faire un terrible ennemi, pour les animaux dont il faisait ses victimes (3). »

Serait-ce un individu de cette espèce dont on a découvert en 1862 la gigantesque carcasse, dans une tranchée de chemin de fer, en exécution près de Poligny (Jura) ? La dimension des os recueillis est telle qu'on ne peut assigner à l'animal retrouvé moins de 30 à 40 mètres de longueur.

Le bois de Nerluc ayant été, comme la Sainte-Baume, délivré du dragon et les habitants du pays amenés à la foi, sainte Marthe se choisit une demeure à Tarascon…
_____________________________________________________________________________________________

(1) Recherches sur les fossiles , t. V, 2e part., p. 343.
(2) Forme de lézard.
(1) Recherches sur les fossiles , t. V, 2e part., p. 245.
(2) Op. cit., p. 245.
(3) Le monde avant la création de l'homme, liv. XXXII, p. 4, édit. 1856.

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Message  Louis le Jeu 31 Oct 2019, 6:37 am

Sainte Marthe

SUITE

XLIII

Le bois de Nerluc ayant été, comme la Sainte-Baume, délivré du dragon et les habitants du pays amenés à la foi, sainte Marthe se choisit une demeure à Tarascon. Elle s'y fit bâtir une maison de prière qu'elle s'appliqua à enrichir plus par ses vertus et ses miracles, que par des ornements inutiles. Cette petite habitation ou, si on aime mieux, ce petit oratoire, dans lequel la sainte hôtesse de Notre-Seigneur fut inhumée, est l'église basse, où l'on vénère encore son tombeau (1).

Le plus bel ornement de sa maison était Marthe elle-même. On ne voyait pas sans admiration cette noble vierge, cette femme à miracles, pratiquant un jeûne continuel, vêtue grossièrement, couchant sur un amas de branches d'arbres et de sarments ; se souvenant toujours de son ancienne charité, affable à tous, et en mémoire de son bon Maître, accordant aux membres l'hospitalité qu'elle avait eu le bonheur de donner au chef.

XLIV

Elle allait aussi fréquemment dans les villes et les bourgs, pour annoncer aux peuples la bonne nouvelle. La tradition locale nomme, comme ayant reçu la foi de sainte Marthe, certains lieux voisins de Tarascon, tels que Enanginum, aujourd’hui Saint-Gabriel; Glanum, aujourd'hui Saint-Remi ; Ugernum, qu'on croit être Pernes, au delà d'Avignon. Avignon même se croit avec raison redevable de la foi à sainte Marthe (1). Jusqu'à ces derniers temps, c'est dans la grotte où elle avait habité que le chapitre d'Avignon chantait la messe solennelle le jour de sa fête, et il y avait ce jour-là un grand concours à ce lieu béni.

XLV

La bienheureuse Marthe revenait à sa solitude chargée de gerbes spirituelles; car ce qu'elle enseignait par ses paroles, elle le prouvait par des miracles. Citons le suivant qui eut pour témoin une ville entière : Un jour, assise dans un endroit agréable, près d'Avignon, devant les portes de la ville, entre le Rhône et les remparts, Marthe la très sainte annonçait la parole de vie à la foule des habitants.

Or, un jeune homme qui était sur l'autre rive du Rhône, voyant cette affluence de peuple autour de Marthe, voulut, lui aussi, entendre ce qu'elle disait. Mais il n'y avait en cet endroit ni pont ni barque qui permît de passer le fleuve. Cependant, poussé par une sainte curiosité, se fiant d'ailleurs à son habileté de nageur, ce jeune homme se dépouille, se lance dans le Rhône et commence à nager contre le courant. Tous les yeux de la foule, placée sur la rive opposée, étaient fixés sur lui. Bientôt il est arrêté au milieu du trajet par les flots bouillonnants, et englouti par les ondes où il trouve la mort.

Le peuple pousse un grand cri ; et…
_____________________________________________________________________________

(1) En 1841 nous avons eu nous-même cette consolation.
(1) « Ecclesia Avenionensis  quæ inter cæteras cathedrales ecclcsias illarum partium claret, a beata Martha Christi hospita fundata. » Bulla Sixti IV, apud Faillon, t. I, p. 604.

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Message  Louis le Ven 01 Nov 2019, 6:58 am

Sainte Marthe

SUITE

XLVI

Le peuple pousse un grand cri ; et sur-le-champ des pêcheurs montés sur leurs barques vont à sa recherche. Ce n'est que le lendemain vers la neuvième heure qu'on retrouve le corps, qu'on vient déposer aux pieds de Marthe la très sainte. A cette nouvelle toute la ville accourt. Les plus nobles de l'un et de l'autre sexe supplient à genoux la servante du Seigneur, qu'il leur soit donné de contempler dans la résurrection de ce jeune homme les merveilles du Christ dont elle leur avait parlé.

XLVII

Comme son cœur très bon l'y portait, elle acquiesce à leurs prières ; mais à la condition que tous embrasseront la foi chrétienne. De toutes parts un cri unanime s'élève pour lui répondre : « Nous croirons que le Seigneur Sauveur est le vrai Fils de Dieu et Dieu lui-même. » La sainte se met en prières. Entraînés par son exemple, tous les spectateurs tombent à genoux. Bientôt, la sainte se lève, et s'approchant du cadavre, elle dit: « Au nom du Seigneur Sauveur, Fils de Dieu, levez-vous, jeune homme, et soyez le témoin de la puissance et de la bonté du Dieu que j'annonce. » Le jeune homme se lève plein de vie : un cri de joie retentit, les larmes coulent; le jeune homme demande le baptême et, après l'avoir reçu, retourne chez lui sain et sauf.

XLVIII

Plus tard on construisit une chapelle au lieu même du miracle. Au dernier siècle on la voyait encore dans la rue des Vieilles Lices, appelée aujourd'hui Calade. Nous trouvons le récit de ce miracle dans un des sermons de saint Vincent Ferrier. Le grand thaumaturge ajoute que sainte Marthe prêchait alors dans l'endroit occupé plus tard par le couvent des Dominicains.

Vers le même temps, il s'éleva dans la province d'Aquitaine une cruelle persécution de la part des gentils…

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Message  Louis le Sam 02 Nov 2019, 7:21 am

Sainte Marthe

SUITE

XLIX

Vers le même temps, il s'éleva dans la province d'Aquitaine une cruelle persécution de la part des gentils, et beaucoup de chrétiens furent envoyés en exil. Parmi eux Front, ou Frontinus, évêque de Périgueux, et Georges, évêque du Puy (1), se retirèrent à Tarascon auprès de sainte Marthe. Elle les reçut avec sa charité ordinaire et les retint jusqu'à ce qu'ils pussent rentrer dans leurs diocèses. En leur disant adieu, la sainte hôtesse du Seigneur parla en ces termes au bienheureux Front : « O évêque de Périgueux, sachez qu'à la fin de l'année prochaine, je sortirai de ce corps de mort. Je supplie, s'il vous plaît, votre sainteté de venir m'ensevelir. » L'évêque lui répondit : « J'assisterai à vos obsèques si Dieu le veut et si je vis encore. »

L

Les pontifes retournèrent à leurs églises, et Marthe la très sainte convoquant les siens auprès d'elle leur prédit que son passage de cette vie à l'autre arriverait après un an. Elle appelait les siens les pieuses vierges qu'elle avait réunies autour d'elle en communauté religieuse et avec qui elle vivait comme avec des sœurs. Pendant l'année qui précéda sa mort, Marthe, brûlée par la fièvre, demeura étendue sur son noble lit de sarments : c'était l'or qui, avant d'être mis en œuvre, se purifie et s'embellit dans le creuset.

Enfin, arriva le jour de son bienheureux trépas…
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(1) Envoyés dans les Gaules par saint Pierre.

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Message  Louis le Dim 03 Nov 2019, 5:19 am

Sainte Marthe

SUITE

LI

Enfin, arriva le jour de son bienheureux trépas. Sa bien-aimée sœur, Marie Madeleine, morte depuis huit jours, lui apparut tenant un flambeau à la main. « Ma bien-aimée sœur, lui dit-elle, voici le Seigneur qui approche pour vous rappeler de cette vallée de misères. » A l'instant paraît le Sauveur resplendissant de lumière qui lui dit de sa voix la plus douce: « Venez, mon hôtesse, venez de l'exil, vous qui tant de fois m'avez donné l'hospitalité. » Le Sauveur accomplissait ainsi la parole du prophète : Bienheureux celui qui a l'intelligence du pauvre : Le Seigneur le délivrera au jour mauvais.

LII

La vision ayant disparu, Marthe se fit porter dehors, en plein air. On la plaça sur un lit de paille, sous un arbre touffu. C'est là que la sainte hôtesse du Fils de Dieu s'endormit du sommeil des justes, le huitième jour après la mort de sa sainte sœur Madeleine, dans la soixante-cinquième année de son âge. Les compagnons de sainte Marthe qui étaient venus avec elle d'Orient et lui étaient demeurés constamment attachés accoururent au bruit de son bienheureux trépas et déposèrent son corps dans l'oratoire qui lui avait servi de demeure. C'étaient Parménas, Germain, Sosthène, Epaphras, compagnons eux-mêmes de saint Trophime, évêque d'Arles, et aussi Marcelle, servante de sainte Marthe, Évodie et Syntique.

LIII

Le lendemain, qui était un dimanche, tous s'assemblèrent à la troisième heure (neuf heures du matin) pour inhumer dignement le saint corps. Et voici qu'à la même heure, tandis que le pontife saint Front, à Périgueux, allait célébrer la sainte messe, et qu'en attendant le peuple, il sommeillait dans sa chaire, le Seigneur lui apparut et lui dit : « Mon fils, venez et accomplissez la promesse que vous avez faite d'assister aux obsèques de Marthe, mon hôtesse. »

Il dit; et tous deux en un clin d'œil apparurent à Tarascon dans l'oratoire, tenant des livres à la main, Notre-Seigneur à la tête, l'évêque aux pieds du saint corps. Eux seuls le prirent et le déposèrent dans le tombeau, au grand étonnement des assistants. Les obsèques accomplies, ils sortent.

Un des assistants les suit et demande au Seigneur qui il est et d'où il est venu. Le Seigneur ne lui répond rien, mais il lui donne le livre qu'il tenait à la main. Celui-ci retourne au sépulcre et montre le livre à tous. On y lit à chaque page : « La mémoire de Marthe, hôtesse du Christ, sera éternelle; elle ne craindra pas les langues mauvaises.» Il n'y avait rien d'autre dans ce livre.

Cependant, à Périgueux, le diacre réveille le pontife, lui disant tout bas que l'heure du sacrifice passe et,,,

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Message  Louis le Lun 04 Nov 2019, 6:48 am

Sainte Marthe

SUITE

LIV

Cependant, à Périgueux, le diacre réveille le pontife, lui disant tout bas que l'heure du sacrifice passe et que le peuple est las d'attendre. « Ne soyez pas troublé, dit au peuple le saint évêque, le Seigneur Sauveur m'a transporté avec lui à Tarascon pour enterrer ensemble Marthe la très sainte, suivant la promesse que je lui en avais faite pendant sa vie. Envoyez donc maintenant quelqu'un à Tarascon, qui rapporte mon anneau et mes gants que j'ai quittés lorsque j'ai placé le saint corps dans le tombeau. »

LV

Qu'on juge de l'étonnement du peuple en entendant ces paroles ! sur-le-champ on envoie des députés à Tarascon. Les habitants de la ville remettent aux députés une lettre pour ceux de Périgueux auxquels ils marquent le jour et l'heure de la sépulture, dont personne à Périgueux ne pouvait avoir connaissance. Ils ajoutent qu'avec Front leur évêque, qu'ils connaissaient fort bien, il s'était trouvé aux funérailles de la bienheureuse Marthe un autre personnage, on ne peut plus vénérable, mais qu'ils ne connaissaient pas. Ils parlent aussi du livre et de son contenu, afin de savoir si leur évêque ne connaîtrait pas ce personnage. Du reste, ils renvoient l'anneau, ainsi que l'un des gants; mais ils gardent l'autre en témoignage d'un si grand miracle. Ce gant a été conservé à Tarascon, dans un reliquaire d'argent, jusqu'à la Révolution.

LVI

La présence de saint Front et de Notre-Seigneur aux obsèques de sainte Marthe est sans doute une grande merveille; mais elle n'a rien d'impossible. Pour le saint évêque de Périgueux, c'est un fait de bilocation, reproduit nombre de fois dans la vie des saints. Encore au dernier siècle, il eut lieu avec un grand éclat, dans la personne de saint Alphonse de Liguori. Tout le monde sait, ou peut savoir, que le vénérable évêque, présent à Nocéra, à dix lieues au delà de Naples, fut vu et bien vu à Rome, assistant à la mort du glorieux pape Clément XIV.

Quant à Notre-Seigneur, sa présence active à l'enterrement de sainte Marthe est comme une dette de reconnaissance qu'il voulut payer à sa charitable hôtesse. Cette divine présence est attestée par les liturgies des Églises de Provence, Aix, Apt, Marseille, et même par celles de Lyon, Orléans, Auch, Tours, Paris, Cologne, Constance; par celle des Dominicains et divers autres ordres religieux.

Pendant le huitième siècle on cacha dans la terre le corps de sainte Marthe…

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Message  Louis le Mar 05 Nov 2019, 6:17 am

Sainte Marthe

SUITE

LVII

Pendant le huitième siècle on cacha dans la terre le corps de sainte Marthe, comme celui de sa sœur, pour le soustraire aux profanations des Sarrasins, qui dévastaient alors la Provence. Avec les reliques de la sainte, on mit une tablette de marbre blanc, sur laquelle étaient gravés ces mots : hic Martha jacet: ci-gît Marthe. Cette tablette, trouvée ensuite avec le corps en 1187, fut depuis conservée dans le trésor de l'église de Sainte-Marthe. Le corps de la bienheureuse fut trouvé sans corruption.

Cette merveille est demeurée depuis comme visible à tous les yeux. Elle est même encore palpable dans la relique insigne de sainte Marthe, que possède l'église de Roujan, au diocèse de Montpellier. C'est le bras et la main gauche de ce saint corps. La main, qui est mince et petite, et le bras sont encore revêtus de leur peau, excepté une partie du bras, d'où quelqu'un, par une dévotion peu réglée, a détaché, dit-on, la peau qui manque. Mais dans cette partie même où l'os est ainsi décharné, on aperçoit divers cartilages; et, de plus, les doigts de la main sont encore accompagnés de leurs ongles, tous parfaitement entiers, à l'exception du pouce, pareillement enlevé par une piété mal entendue.

Après ce qu'on vient de lire, faut-il s'étonner que les reliques de sainte Marthe aient été…

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Message  Louis le Mer 06 Nov 2019, 6:41 am

Sainte Marthe

SUITE

LVIII

Après ce qu'on vient de lire, faut-il s'étonner que les reliques de sainte Marthe aient été de tout temps vénérées par un grand nombre de pèlerins de tous les pays et de toutes les conditions, depuis les plus puissants monarques jusqu'aux plus humbles fidèles ? De tout temps aussi, Notre-Seigneur s'est plu à récompenser par de nombreux miracles la confiance des fidèles pour sa chère et bienheureuse hôtesse. Un des plus éclatants fut la guérison de Clovis, notre premier roi chrétien.

LIX

L'an 500, ce prince, faisant la guerre à Gondebaud, roi des Burgondes, porta ses armes en Provence. Gondebaud, mis en fuite, se réfugia dans Avignon. Il fut assiégé par Clovis, qui le rendit tributaire. Or, Clovis n'étant qu'à quatre lieues du tombeau de sainte Marthe dut naturellement entendre parler des miracles que cette sainte opérait. Il se rendit à Tarascon.

A peine il eut touché le tombeau de la bienheureuse, qu'il fut délivré d'une affreuse maladie de reins dont il avait été jusqu'alors cruellement tourmenté.

En reconnaissance, il donna à Dieu par une charte scellée de son sceau la terre située autour de l'église de Sainte-Marthe, jusqu'à trois lieues de l'un et de l'autre côté du Rhône : toutes choses que jusqu'à ce jour (au VIIIe siècle) possède encore par un privilège perpétuel la sainte hôtesse du Seigneur.

Le tombeau de sainte Marthe, qui contient encore ses reliques, est un sarcophage…

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Message  Louis le Jeu 07 Nov 2019, 7:00 am

Sainte Marthe

SUITE

LX

Le tombeau de sainte Marthe, qui contient encore ses reliques, est un sarcophage, en marbre blanc, ayant des sujets sculptés sur l'une de ses faces, comme on en voit beaucoup dans les catacombes. Il représente Moïse faisant jaillir l'eau du rocher pour désaltérer le peuple hébreu dans le désert; Notre-Seigneur multipliant les pains et les poissons pour nourrir une grande foule dans le désert; Suzanne entre les deux vieillards figurant l'Église persécutée par les juifs et par les païens; Notre-Seigneur changeant l'eau en vin aux noces de Cana ; puis prédisant le reniement de saint Pierre, et enfin ressuscitant Lazare.

C'est l'histoire de la vie chrétienne, où l'âme est d'abord désaltérée et purifiée par l'eau du baptême, sortie de la pierre qui est le Christ : Petra autem erat Christus (1). Le Seigneur nourrit ensuite cette âme dans le désert du monde en multipliant pour elle le pain vivant descendu des deux, afin qu'elle ait la force de résister comme Suzanne aux tentations du démon et aux efforts de la persécution, aux ennemis intérieurs et extérieurs de sa foi. Par sa résistance victorieuse, l'âme, qui était auparavant sans saveur et sans vigueur comme l'eau, devient généreuse et fortifiante comme le vin, et ses mérites lui donnent un goût exquis devant Dieu. Que si cependant elle a quelquefois durant sa vie été faible comme Pierre, elle ne s'est pas découragée en voyant que le Seigneur pardonna à son apôtre repentant ; comme lui elle a pleuré ses fautes ; et c'est pourquoi elle espère que le Seigneur daignera la ressusciter comme Lazare non pour le jugement, mais pour la vie éternelle.

LXI

Quel symbolisme profond dans ce choix des sujets qui ornent un tombeau chrétien! Le baptême, la première communion, la lutte contre les passions et les impies, le progrès dans la vertu, la pénitence, la résurrection, tout est là, de la naissance spirituelle à la naissance éternelle. C'est aussi toute la vie de l'Église, depuis qu'elle est née du Christ endormi comme Adam, mais sur la croix. De la pierre frappée par la sainte lance est sortie l'eau qui régénère et le sang qui nourrit. Immortelle Suzanne, l'Église lutte sans rien perdre de sa pureté immaculée contre ses deux vieux ennemis, l'hérésie et le schisme, qui veulent sans cesse la souiller, mais Notre-Seigneur lui donne force et courage en opérant dans les âmes par sa grâce un changement plus merveilleux que celui qu'il fit à Cana ; d'un regard de miséricorde il amène au repentir ceux de ses enfants qui ont faibli comme Pierre ; et comme Lazare il les ressuscite à la vie de la grâce, qui est le principe de la vie de la gloire.

Quand reverrons-nous sur les tombeaux ces belles figures de notre foi et de nos espérances, épitaphes plus éloquentes et plus consolantes que de vaines paroles?

Malheureusement depuis deux siècles le tombeau de sainte Marthe n'est plus visible aux pèlerins …
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(1) I Cor., X, 4.

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Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
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Sainte Marthe : Qui est-elle ? Empty Re: Sainte Marthe : Qui est-elle ?

Message  Louis le Ven 08 Nov 2019, 7:36 am

Sainte Marthe

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LXII

Malheureusement depuis deux siècles le tombeau de sainte Marthe n'est plus visible aux pèlerins ; mais on en a fait mouler les bas-reliefs, il y a une trentaine d'années, et on les a reproduits en fonte dans l'église supérieure. C'est en 1653 que le tombeau fut caché sous un grand lit de parade en marbre blanc qui représente sainte Marthe sur son lit de mort. En 1793 les impies qui avaient mutilé le portail de l'église, brisé les statues des saints et les pierres sépulcrales, voulurent aussi détruire le tombeau de sainte Marthe et profaner ses reliques. Trois fois ils descendirent dans la crypte, et trois fois la puissance divine les arrêta (1). C'est alors qu'un ancien magistrat fit murer l'entrée de la crypte, qui fut rouverte, quelques années après, et où Notre-Seigneur glorifie encore sa sainte hôtesse par des guérisons miraculeuses.

Nous pouvons, et autant que notre condition peut le permettre, nous devons exercer à l'égard des pauvres, les frères de Notre-Seigneur, l'hospitalité et les œuvres de charité que sainte Marthe eut le bonheur d'exercer à l'égard du Fils de Dieu en personne. L'accomplissement ou l'oubli de ce devoir sera la base de la sentence qui, au jugement dernier, réglera notre sort éternel.
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(1) L'église de Sainte-Marthe perdit à la révolution une croix de cuivre à deux branches superposées, celle d'en haut plus étroite que celle d'en bas, dont on croit que sainte Marthe se servit quand elle prit la Tarasque. C'est ainsi qu'elle est mentionnée dans un inventaire de 1487. Elle était représentée dans les sculptures du portail qui date du douzième siècle. Cette croix servit de modèle à celle que portaient les chevaliers, les religieux et les religieuses de l'ordre du Saint-Esprit.

Eléments de cette biographie : Baron, an. 35; Raban Maur, Vit. B. Mariæ Mag., c. 28 ; Barthélémy, Vie des SS. de France ; de Cambis,  Annales d'Avignon; Martyrol. Gallican.; Corn, a Lapid. in Joan. XI; Petrus de Natalib., Catalog. SS., lib. I, cap. 72 ; et lib. VI, c. 151 ; Cuvier., Recherches sur les Fossiles, t. V, 2e part., p. 245, 343; Zimmermann, Le monde avant la création de l'homme, liv. XXXII, p. 4, etc., etc.
FIN.

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