LA RELIGION DE COMBAT PAR L’Abbé Joseph LÉMANN

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Message  Monique Sam 20 Avr 2024, 6:02 am

Lorsqu’il sera élevé, les anges craindront, et dans leur frayeur, ils se purifieront. — Hélas ! ces terrifiantes expressions ne concordent que trop avec ce que l'Evangile annonce de la puissance de faire tomber que possédera l'Antéchrist et que la secte prépare ! L’Evangile annonce en effet : s'il était possible, les élus
eux-mêmes seraient séduits1 ; et Job dit : dans leur frayeur, les anges se purifieront !

Il méprisera le fer comme de la paille, et l'airain comme du bois vermoulu. L'archer ne le mettra point en fuite, et il se rira des dards lancés contre lui. Les rayons du soleil seront sous lui; et il marchera sur l'or comme sur la boue. Il fera bouillonné la mer comme une chaudière, et il la mettra au même état que les liqueurs huileuses qui servent aux parfums, et que le feu fait élever. — Il y aurait une exagération infinie dans les termes dont se sert ici l’Écriture, s'ils désignaient uniquement quelque monstre des mers, le crocodile ou la baleine. Mais tout est exact dans ces termes, s’ils s'appliquent au monstre d’impiété que prépare les sectes. Saint Paul confirme les prodiges diaboliques qu’il accomplira : Il doit venir accompagné de la puissance de Satan, arec toutes sortes de miracles et de signes et de prodiges trompeurs. Il n’y a plus alors à s’étonner si les rayons du soleil doivent être sous lui, et s’il doit faire bouillonner la mer.

Il n'y a point de puissance sur la terre qui puisse être comparée à la sienne. C'est lui qui est le roi de tous les enfants d'orgueil. — Ce dernier verset est comme la clef du chiffre. Il ne faut plus se demander avec indécision quel est le monstre visé par Job : c’est le roi de tous les superbes, c’est l’orgueil éternellement subsistant, c’est le Diable !

D’autre part,

La ressemblance des fils de ténèbres, nés de l’apostasie moderne, avec le type maudit, a été suivie trait par trait, verset par verset: en conséquence, sur eux tombe aussi, de tout son poids, l’apostrophe du Christ aux pharisiens de son temps :

Vous avez pour père le Diable.


1 Saint Matthieu, XXIV, 21. — Seconde Épitre au Thessal., II, 9. — Apoc., XIII, 12.



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Message  Monique Dim 21 Avr 2024, 7:48 am

II

« Exagérations mystiques! dira-t-on peut-être en lisant ce qui précède; cela rappelle les descriptions du moyen âge où l’on dépeignait le Diable sous la forme d’un monstre couvert d’écailles avec des torches dans la gueule. » — Nous n’en disconvenons pas; mais qu’on prenne la peine de considérer ces physionomies sectaires en elle-même, abstraction faite du prototype diabolique : on constatera que leurs laideurs ne sont pas moins réelles qu’effrayantes.

En effet, la déchéance qu’on y remarque tout d’abord est l’effacement de la franchise chrétienne et française par la réapparition de la vieille hypocrisie pharisaïque.

Quoi de plus ouvert qu'une physionomie chrétienne? Y a-t-il un peuple sur lequel ce cachet du christianisme se soit imprimé avec plus d’ampleur et de netteté que le peuple de la très noble France? Air franc, langage franc, manières franches : tous ces dons ont été ceux du peuple de Clovis et de saint Louis; le reste de l’univers se penchait sur la France comme sur un beau lac aux ondes transparentes !

L’Emmentissime Cardinal Guibert, archevêque de Paris, ému du péril qui menaçait le caractère du peuple français, parlait en ces termes, il y a vingt cinq ans, de la franchise de sa langue : « La langue française est la plus belle des langues modernes. Quelle clarté dans l’expression ! Quelle noble simplicité dans les tournures 1 Quelle aptitude à rendre ce qu’il y a de plus insaisissable dans la pensée ! Elle semble être l’instrument naturel du spiritualisme chrétien, dont elle est du reste, en grande partie, l’ouvrage inventé ou façonné pour les besoins de ses conceptions. Elle porte un cachet qui lui est propre de droiture et de sincérité. Elle est la langue franche par excellence, et l’on ne peut, sans faire violence à sa nature, s’en servir pour déguiser la pensée. Elle semble née du génie chrétien, nous dirions presque du texte de l’Évangile, dont elle reproduit bien souvent le tour, le caractère, et nous ne savons quoi de sage, de calme et de tempéré qui n’appartient qu’au texte sacré 1. »


1 Œuvres du cardinal Guibert, t. II, p. 307.



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Message  Monique Lun 22 Avr 2024, 7:36 am

Or, c'est auprès de cette très noble race franque et en usant de sa langue franche, que la hideuse hypocrisie pharisaïque a fait sa réapparition. L’esprit sectaire ne pouvait trouver de milieu plus favorable pour mieux faire ressortir le contraste que sa haine a rêvé.

On sait ce qui a caractérisé l’hypocrisie des pharisiens au temps de Jésus. Non seulement elle s’enveloppait des apparences de la vertu, de la probité et de l’honneur pour cacher ses vilenies, ce qui est l’hypocrisie ordinaire, mais projetant sur Jésus les infamies qu’elle commettait, elle l’accusait de violation de la loi et de pacte avec le diable, pour le noircir devant le peuple et le perdra. Impudente, elle fut encore homicide, elle fit mourir le Juste. C’est ce mélange d'impudence et de meurtre qui a constitué la hideuse hypocrisie pharisaïque, et c’est à elle principalement qu’il faut attribuer l’incroyable aveuglement et la réprobation de la nation juive. A la fin de sa vie, durant la Semaine sainte, le Christ n’ayant plus de ménagements politiques à garder, prononça huit fois malheur contre cette hypocrisie des Pharisiens. « Malheur à vous, Pharisiens hypocrites, » et, pour apprendre que c’est ce vice qui tue les patries, il termina les huit terribles anathèmes par l'annonce de la destruction de Jérusalem.

Cette hypocrisie abominable et dangereuse vicie la France et les autres patries chrétiennes :

Les justes, les chrétiens, les honnêtes gens ne sont-ils pas accusés ? L’accusation ne les désigne-t-elle pas comme dénués de patriotisme, de science, de capacités, de vertus ? Et qui les accuse ? Des sectaires dont la conduite privée et la conduite publique ne sont trop souvent que pourriture, impéritie ou scandale. O impudence ! les descendants des Turenue et des Noailles ne sont-ils pas accusés de ne plus comprendre la France et de la desservir ? Les papes qui ont amassé, sur l’Italie, tant de gloire, ne sont-ils pas désignés et honnis comme destructeurs de l’Italie? Les sœurs de Saint-Vincent de Paul ne sont-elle pas expulsées comme des aventurières? La langue française ne s'enrichit-elle pas ou plutôt ne s’enlaidit-elle pas, pour tuer la vertu et le dévouement, de cette étrange signification désaffecter1 ? et le siège du chancelier Lhôpital ne voit-il pas passer des juges que Caïphe eût embrassés ?

Hypocrisie maçonnique, tu sues l'ancien crime de Judée : en toi revit le pharisien au cœur retors et aux ongles cruels ! Rougis, Sidon, a dit la mer, rougis de honte-; ô France, rougis de tant de fils que l’apostasie a défigurés!  



1 Ces mots {laïcisation, désaffectation) ne sont pas français. On est cependant obligé de s'en servir depuis quelques années pour exprimer un ordre de faits où la justice et la raison ne sont pas mieux traitées que la langue nationale.
(Mgr Perraud, évêque d’Autun.)

2 Isaïe, XXIII, 4.




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Message  Monique Mar 23 Avr 2024, 7:37 am

III


L’hypocrisie pharisaïque en Judée dissimulait derrière elle une honteuse dépravation de mœurs. Derrière l’hypocrisie maçonnique se dissimule également une débauche qui n’est plus un secret, mais qu'on dit indescriptible dans certains mystères des loges.

Saint Paul a caractérisé l'époque d’apostasie par l’expression de mystère d'iniquité1 : évidemment la débauche y occupera une large place. Il y a, en effet, cette différence entre le christianisme et la maçonnerie, que le christianisme admet bien des mystères dans les connaissances, mais nullement dans les actes, tandis qu’auprès de la maçonnerie c’est l’opposé : elle ne veut pas de mystères pour l’esprit; par contre, elle en enveloppe les actes, et ces actes recouvrent, dans l’épaisseur de certaines loges, les plus monstrueux excès de débauche.

O religion catholique, tu enseignes des mystères transparents en quelque sorte, tant ils sont suaves et doux à porter ! Longtemps les peuples leur ont due leur bonheur, ne connaissant que ceux-là. Maintenant, ils en connaissent d’autres, et ceux qui les acceptent sont exposés à devenir des personnes affreuses, en n’ayant plus que des préoccupations abominables.

Débaucher et embaucher, ce sont, en effet, les deux préoccupations de la milice diabolique : débaucher, par des mœurs bestiales; embaucher, pour mener à l’assaut de l’Église et de la société. Le nombre des recrues est déjà incalculable. On ne rencontre plus seulement, comme autrefois, dans les carrefours écartés, mais dans toutes les rues et sur toutes les places publiques, de ces vieillards précoces à trente ans, chez qui la croyance à l’existence de l'âme a disparu. Le front chauve, les joues hâves et creuses, le corps chancelant, ils ont encore du feu dans le regard pour haïr et conspirer; c’est la laideur de la débauche ! A leur aspect, a-t-on dit dans une phrase célèbre, on croit entendre les pas du fossoyeur se hâtant de venir enlever le cadavre : encore s’il ne s’agissait que de leur seul cadavre ; mais en bêtes méchantes, ils veulent sentir celui de la société à côté du leur : la faire sauter et pourrir ensemble !


1 Mysterium iniquitatis (11e épitre aux Thessal., II, 7)




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Message  Monique Mer 24 Avr 2024, 8:26 am

Parmi ces débauchés, les plus lettrés étalent, dans leur haine contre l’Eglise, une effronterie qui consiste à accuser de mal leurs victimes qui sont pures et belles ; impudiques, ils se montrent impudents : l’impudence est le caractère de la débauche apostate. Se rappelle-t-on le signal de persécution qui, il y a vingt ans, fut donné contre les congrégations religieuses ? Le journal l'Opinion nationale ne les comparait-il pas à une vermine immonde qui infecte la société ? Citons textuellement :

« ... Il existe en certaines parties de l’Afrique et de l’Amérique un insecte d’une activité et d’une fécondité effrayante : le pou de bois, une espèce de termite. « C’est une bête molle, blanchâtre, sans résistance apparente et qu’on dirait même aveugle, organisée qu’elle eût pour vivre dans les ténèbres. Cependant, lorsqu’elle s’attaque aux habitations, il faut toujours finir par lui céder la place. Rien ne peut l'arrêter. Sans bruit elle ronge solives, poutres, madriers, et jusqu’à la rampe de l’escalier. Vous appuyez dessus sans défiance : le bois cède sous les doigts.

« Les poux vont ainsi creusant, creusant avec une activité incroyable, et se multipliant chaque nuit par milliers et milliards. Il avancent. Au dehors, nulle trace; tout conserve l’apparence de la solidité, jusqu’à ce qu’un jour, au premier souffle de la tempête, la maison tombe en poussière sur ses habitants surpris et montre, au grand jour, l'innombrable et immonde fourmilière des poux, grouillant sur les ruines... »


De la vermine, les Petites Sœurs des pauvres ! De la vermine, les Sœurs de Saint-Vincent de Paul ! Le Livre des Proverbes dit du châtiment réservé à certains débauchés que : l’œil qui, dans ses débauches, insulte à son père et méprise l'enfantement de sa mère, sera arraché par les corbeaux des torrents, et dévoré par les petits de l'aigle1) serres des corbeaux et des aigles, quelle dureté vengeresse n’aurez-vous pas, au jugement de Dieu, pour punir les yeux impudiques qui, outrageant l’Église leur mère, ont aperçu des poux et de la vermine là où il n’y avait que la pureté des anges et la charité des séraphins ! Cette débauche de langage de  l'Opinion nationale a été, pourtant, dépassée : Renan a écrit l'Abbesse de Jouarre; nous pouvons nommer, nous ne pouvons pas citer.


1 Proverbes, xxx, 18.



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Message  Monique Ven 26 Avr 2024, 7:41 am

IV


Le cœur fie l’apostat est dur ; sa physionomie l'est aussi. La dureté fait suite à l’hypocrisie et à la débauche. Examinons les sombres exercices de cette dureté, chez ces fils dégénérés. Elle s’exerce d’abord contre le Christ leur Dieu et bienfaiteur de leur patrie. Ils consomment sur Lui un attentat qui lui avait été épargné dans sa douloureuse Passion.

Quel attentat ?  

« Les juifs, dit l’Evangile, ne voulant pas que les corps demeurassent à la croix le jour du sabbat, prièrent Pilate qu'on leur rompit les jambes et qu'on les ôtât. «

Les soldats vinrent donc et rompirent les jambes du premier larron, et de l'autre qui était crucifié avec lui. « Etant venus à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes. » ;

Voilà le récit de l’Evangile, rapprochons-le d’un autre récit du, Vieux Testament :
Il était défendu de briser aucun des os de l'agneau pascal. La veille de la fameuse sortie d’Égypte, lorsque les familles d’Israël reçurent l’ordre d’immoler, chacune en son particulier, l’agneau pascal et de le manger, il y eut cette défense de la part de l’Eternel : Vous immolerez chacune un agneau, mais en ayant bien soin de ne briser aucun de ses os. C’était une annonce prophétique de ce qui se passerait sur le Golgotha, alors que, au soir du Vendredi Saint, le véritable Agneau qui efface les péchés du monde serait immolé, mais non brisé. Avancez vers les croix, soldats romains armés de barres de fer ! Quinze cents années avant que vous arriviez, la prophétie annonçait votre démarche aux familles d’Israël : Vous ne briserez aucun de ses os! Au bout des quinze cents années, les soldats passaient devant les croix, brisaient les larrons, mais ne touchaient pas à l’Agneau. N’est-ce pas saisissant de grandeur lugubre ? Dieu est le maître des volontés et des événements !

Mais pourquoi donc Lui seul des trois crucifiés n’a- t-il pas été touché ?

Parce qu’il ne convenait pas que son corps, temple exquis d’architecture divine, fût troublé dans ses admirables proportions; chef-d’œuvre d’albâtre formé de la très pure Vierge Marie, il n’était pas permis à la violence de le briser ou de le dégrader. Aussi, quand les exécuteurs envoyés par Pilate arrivèrent avec leurs maillets de fer, la Providence qui, quinze cents années d’avance, avait annoncé ce qu’elle ménagerait, veillait sur son chef-d’œuvre. Oui, les coups de marteaux eurent la liberté de retentir sur la croix de l’Agneau, pour clouer ses mains et ses pieds, mais halte ! pour les barres de fer : II était déjà mort, dit l’Évangile; elles s’inclinèrent et passèrent...

Hélas ! si elles se sont abaissées il y a dix-neuf siècles, elles se relèvent aujourd’hui, et brisent la croix. Il s’est formé, par l’apostasie, au sein de la société chrétienne, une race dure, oh ! très dure, contre Jésus-Christ son bienfaiteur. Cette race d’endurcissement ose, et savoure, contre lui l'attentat qui lui avait été épargné sur le Golgotha : le brisement. Les coups de barre de fer ont retenti dans toute la France. Ils retentissent sur les places publiques et dans les écoles des enfants épouvantés; retentissent dans les hôpitaux, près des lits d'agonie ; retentissent dans les cimetières, sur la cendre des morts. Les crucifix sont rompus, les croix sont abattues. En brisant les crucifix, c’est Lui que vous briseriez, ô impies féroces, si vous le pouviez ! Vous ne vous retenez plus pour le dire. Les infamies de toutes sortes qui se commettent dans vos loges contre l’image du Christ et dont le récit, quoique incomplet, fait dresser les cheveux sur la tète, ne laissent aucun doute sur vos affreuses dispositions.


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Message  Monique Sam 27 Avr 2024, 7:13 am

V


La dureté de l'apostasie envers le Christ n’est pas suffisamment expliquée par les maillets du Golgotha; évoquons une autre scène qui appartient au paganisme : le crime de la Voie scélérate.

C’était dans les commencements de la fondation de Rome, Servius Tullius était roi. Sa fille Tullia avait épousé Tarquin le Superbe, qui détrôna son beau-père, l’accabla d'outrages et le précipita du haut des degrés du palais. A ce moment, Tullia accourait à la hâte sur son char pour saluer roi son époux. Elle aperçut le corps du malheureux Tullius étendu à terreau milieu du chemin. Cette fille atroce défendit au conducteur de se détourner, et fit jaser les roues du char sur le corps de son père. La rue où s’accomplit cette horrible scène reçut et garde encore le nom de Voie scélérate 1.

De la Voie scélérate qui est à Rome, passons à la Voie douloureuse qui est à Jérusalem. La Voie douloureuse est ainsi nommée parce que l’Homme-Dieu y a souffert, et qu’au sommet de cette montée des douleurs se trouve le Golgotha.

Chose remarquable et admirable (et cependant, pas assez remarquée et admirée), la Voie douloureuse qui est à Jérusalem s’est en quelque sorte prolongée chez toutes les nations du globe, à travers toutes les directions de l’espace : car partout où s’est élevée une croix, c’est la Voie douloureuse prolongée. Chacun de nos calvaires, chacun des emplacements où plane la majesté d’une croix peut être véritablement regardé comme un mémorial, plus que cela, comme un prolongement de la Voie où a passé l’amour du bon Dieu.

Or, soyez dans l’étonnement, ô cieux, et commencez votre dérangement annoncé pour la fin des temps; une œuvre scélérate s’est accomplie sur cette Voie où a passé l’Amour : des enfants dénaturés ont employé les forces de leur patrie chrétienne à mutiler la Croix, à disloquer le lit de mort sur lequel le Fils de Dieu a expiré en leur ouvrant ses bras et en leur léguant tout ce qu’il avait. Ils ont piétiné sur ce lit de mort ! Fille dénaturée de l'ancienne Rome, infâme Tullia, que cette consolation te parvienne : tu es dépassée !


1 Un crime horrible, barbare, a laissé son souvenir dans le nom donné à l'endroit de Rome qui s'appelle encore la Voie scélérate. C'est là que Tullie éperdue, poussée par les Furies, fit, dit-on, passer son char sur le cadavre de son père ; et le sang paternel jaillissant sur elle-même, elle rentra ainsi sanglante dans sa maison. (TITE LIVE, liv. I, ch. 48.)



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Message  Monique Dim 28 Avr 2024, 8:07 am

Il y a, au cinquième chapitre du prophète Isaïe, cette description, et ces malédictions, concernant certains péchés :

Malheur à vous qui vous servez de mensonges comme de cardes pour traîner une longue suite d'iniquités, et qui tires après vous le péché comme les traits emportent le chariot. Malheur à vous qui dites que le mal est bien et que le bien est mal, qui donnes aux ténèbres le nom de lumière, et à la lumière le nom de ténèbres; qui réputes pour doux ce qui est amer, et pour amer ce qui est doux 1. Oh! comme ces paroles du prophète s’appliquent d’une manière saisissante aux scènes lugubres qui se sont multipliées sur nos voies douloureuses :

Malheur à vous qui tirez après vous le péché comme les traits emportent le chariot. Le voyez-vous passer, ce chariot, ce lourd tombereau traîné par le péché d’apostasie? il vient emporter les débris de nos chères croix mutilées, il les écrase même en passant sur elles. C’est pire que le char de Tullia de Rome passant sur le corps de son père ! Malheur à vous qui dites que le mal est bien et que le bien est mal; qui réputés pour doux ce qui est amer, et pour amer ce qui est doux. Vous appelez mal l’action de se mettre à genoux devant un crucifix, et vous appelez bien la sauvagerie qui blasphème et repousse la Croix.

Cruels, qui appelez amer ce qui est doux! Vos aïeux n’ont-ils pas connu une douceur inénarrable à s’agenouiller au pied de la Croix? Pour une pauvre mère dont les bras sont chargés et dont l'esprit est enfiévré du matin au soir, n’y a-t-il pas une trêve, un apaisement, à venir confier au crucifix ses soins et ses peines? Pour une innocente jeune fille qui n’a pas de travail et que les périls assiègent, n’y a-t-il pas une consolation, une force à venir lui confier les angoisses de son avenir? Et vous appelez cela amer! Le pied de la Croix où les peines de tant de générations de travailleurs se sont dulcifiées, vous appelez cela amer. Ingrats, ce sont vos procédés qui sont amers, insupportables d’amertume : nous ne pouvons plus les supporter !


1 ISAÏE, V, 18-20.



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Message  Monique Lun 29 Avr 2024, 9:17 am

VI


Dure envers le Christ, l’apostasie tourne ensuite sa dureté contre les âmes, pour les déchristianiser. Quelles nouveautés funèbres n'invente-t-elle pas comme moyens de corruption. La corruption a toujours existé : corrompre et être corrompu, voilà le siècle, disait Tacite ; mais ce qui ne s’était pas encore vu, ce sont les proportions effroyables, vastes comme la mer, que la corruption a atteintes, et les nouveautés funèbres que l’apostasie a inventée.

Il s’est formé une ligue infernale pour empêcher les hommes de rester chrétiens et enfants de Dieu : il faut qu’ils tombent ! Quelqu’un nous disait avec tristesse et accablement : « Oh ! qu’il est difficile aujourd’hui de rester honnête homme ! » C’est vrai. Défense est faite par la secte, sous peine de manquer de travail et de moyens d’existence, de recourir à l’Eglise et aux sacrements, et de paraître chrétien. Il existe des sociétés organisées qui ont pour mission publique, avouée hautement, de détourner les âmes de Dieu; et ce qu’il y a de redoutable, c’est que des gouvernements de grandes nations sont associés à cette mission diabolique. Le Sauveur du monde et son Eglise disaient : Allez, instruisez et baptisez ; la nouvelle mission est : Allez, corrompez et débaptisez.

Et tandis qu’on favorise la corruption et la perdition, on prend les moyens de supprimer et de faire disparaître le prêtre, ministre de miséricorde et sauveur de la perdition. Aussi, voici l’épouvantable tragédie de la fin de la vie; une comparaison dont s’est servie la Bible aidera à la faire comprendre : En Orient, les citernes où l’on conserve l’eau de la pluie sont des fosses larges et profondes ; elles se terminent à leur partie supérieure par une ouverture si étroite qu’on peut la couvrir avec une pierre, tandis que leurs murailles souterraines sont escarpées et vont en s’enfuyant, en s’élargissant. Cette forme de citerne fait qu’il est absolument impossible d’en sortir sans le secours d’autrui, lorsqu’on a eu le malheur d’y tomber.

Et la Bible dit : Le mal, le péché, ressemble souvent à une citerne profonde, mais dont l’ouverture est étroite, fovea profunda, puteus angustus 1.

Eh bien, jusqu’à ce jour, lorsqu’on avait le malheur de tomber dans le mal, fosse profonde ! il y avait le prêtre, l’ami dévoué, qui accourait à votre secours et vous sauvait. Mais aujourd’hui que s’établit une farouche interdiction de recourir au ministre de miséricorde, lorsqu’on tombe, on est perdu ! O mon Dieu, que c’est terrible !


1 Proverbes, XXIII, 27.



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Message  Monique Mar 30 Avr 2024, 5:21 am

De pauvres malades dans les hôpitaux, dont l’âme agonise sous le poids du péché comme sous la pierre de la fosse, réclament avec supplications un prêtre; mais on s’arrange de façon à ce que ce sauveur ne vienne pas, et les malheureux entrent dans l’éternité sans avoir pu remonter la fosse aux murailles escarpées et fuyantes.

Autre nouveauté funèbre :

J’aperçois de pauvres petits innocents qui sont entraînés par la haine à l’écart de la crèche de Bethléem. On respecte leur corps, mais on va tuer leur âme. Prêtez l’oreille, on leur apprend à rire de Jésus, à bafouer le Dieu qui, de sa crèche, pour conserver leur candeur, leur tend ses petits bras. La corruption cruelle et sa vante n’excepte plus les enfants. Les Innocents chez le peuple d’Israël, quand ils furent immolés par Hérode, devinrent des anges; mais les vôtres, ô pauvres mères, les vôtres, destinés à une immolation plus barbare, doivent, de par l’apostasie, devenir des démons. Lamentez-vous, ô mères, lamentez-vous plus fort que Rachel !

Il y a dans l’Ecriture, sur la malédiction, ces paroles : il a aimé la malédiction et elle viendra en lui; il a rejeté la bénédiction et elle sera éloignée de lui; il s’est revêtu de la malédiction ainsi que d’un vêtement: elle a pénétré comme l'eau au dedans de lui, et comme l’huile dans ses os 1; Or, Jusqu’à en jour, quand on commettait le, crime, on recherchait la malédiction pour soi, on repoussait la bénédiction de soi ; on acceptait la malédiction comme un vêtement particulier et personnel, on la buvait ainsi que de l’eau en solitaire, et on la sentait entrer dans ses os sans en rien dire ; Mais à présent, on recherche la malédiction pour les enfants, pour les vieillards, pour les pauvres, pour les infirmes. C’est le vêtement qu’on vient leur fournir, c’est l’eau dont il abreuve leurs entrailles, c’est l’huile avec laquelle on vient brûler leurs os ! Juste ciel, comment supportez-vous cette effroyable propagande ! Ne pas préserver les enfants de la corruption, c’est abominable ; mais les y exposer, les y enfoncer, oh ! c’est atroce !

Un tableau moderne d’un grand effet représente la scène du déluge : les eaux ont tout recouvert, les plus hautes montagnes ont disparu; seule, une cime escarpée se voit encore, une tigresse fuyant le cataclysme y a porté ses petits ; elle les défend contre les flots qui montent, et dans un effort désespéré elle élève, avec sa patte, au-dessus de sa tête un de ses petits. Sectaires aux entrailles de tigre, pires que la bête cruelle, vous n’admettez plus d’abri contre la corruption, pour les enfants !



1 Ps, CVIII



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Message  Monique Dim 05 Mai 2024, 8:31 am

VII


Faut-il s’étonner après cela que de jeunes monstres se préparent qui terroriseront la société lorsqu’ils seront devenus grands. Il y a des traits de cynisme et de cruauté qui promettent ! Dans une école de village, un enfant, assis sur un banc, est occupé à tout autre chose qu’à ses devoirs, ses doigts armés d’un canif tailladent fiévreusement un objet. Le maître s’approche et lui demande ce qu’il fait; et l’enfant, avec une joie diabolique dans le ton et le regard, répond : Je déchiquette le Galiléen. Avec son canif, il taillait ot coupait, membre par membre, un crucifix 1...

A Monceau-les-Mines, une cartouche de dynamite disposée par le crime fait voler en éclats les murs d’une chapelle où se trouve la sainte Réserve, et un jeune vaurien se vante en ces termes à un camarade : Va, quand le Bon Dieu a sauté, je ne tremblais pas. Tous les journaux racontent des meurtres d’enfants par d’autres enfants où la précocité décuple l’horreur.

En présence de ces faits monstrueux et d’autres analogues qu’il est prudent de passer sous silence, on se reporte avec tristesse et épouvante à cette apostrophe du Christ : Race de vipères !... Ce reproche sévère s’adressait à des pharisiens vieillis dans l’hypocrisie, à de vieux débauchés ; il peut maintenant s’adresser aux enfants : race de vipères ! Il y a des enfants qui sont élevés en vipères, tant ils ont déjà la haine de Dieu et des choses saintes !

Si un pareil état de choses dure encore quelques années, et si le venin de la haine continue à être inoculé à des troupes d’enfants, on se demande avec effroi ce dont ces jeunes monstres seront capables. Une scène de martyre à Imola, sous l’empereur Valérien, fournirait-elle la réponse ? « Un maître d’école, le chrétien Cassianus, fut livré, les mains liées derrière le dos, à de jeunes enfants qu'il instruisait. Ils déchirèrent son corps en le perçant avec les stylets d’acier qui leur servaient à écrire leurs devoirs sur des tablettes enduites de cire. La faiblesse même de ces enfants rendit plus cruelles, en les prolongeant, les souffrances de son martyre 1. »

Telle fut la scène d’autrefois : on se la représente aisément avec ses détails de cruauté. L’apostasie contemporaine éprouvera une joie féroce le jour où, pareillement, les écoliers serviront sa haine contre les institutions chrétiennes et, au besoin, contre les maîtres chrétiens. Que les jeunes vipères se multiplient; que le cri de ni Dieu ni maître continue à se propager; et l’on verra le retour de la scène païenne d'Imola, sous une forme ou sous une autre, avec aggravation. Le paganisme livra le maître aux écoliers ; les écoliers de demain n’attendront pas qu’on leur livre leurs maîtres pour s’en jouer et s’en débarrasser.



1 Rapporté par l' Univers
1 Bréviaire romain




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Message  Monique Lun 06 Mai 2024, 8:19 am

VIII


L’apostasie, qui s'est emparée de l’enfance, savoure une autre volupté cruelle : elle s’assure les derniers soupirs. On fait signer à de pauvres affamés, à des pères de famille pressés par le besoin, la promesse d’éloigner la religion de leur couche mortuaire, et, quand l’heure du trépas est arrivée, le pacte s’exécute avec férocité, malgré le repentir du moribond et malgré les supplications et les sanglots des familles.

Je ne sache pas qu'on puisse inventer de dureté plus diabolique : barrer le passage à la miséricorde divine au moment de la mort. L’Evangile contient cette recommandation pressante : Ne brisez pas le roseau à demi rompu, n'éteignez pas la mèche qui fume encore. C’est sur cette recommandation céleste, comme sur une pierre angulaire, qu’avaient été bâtis les hôpitaux, où les sœurs garde-malades et les aumôniers parvenaient à force de ménagements, de prévenances et des soins délicats, à refaire les vies brisées, à rallumer les courages éteints : aussi, quand la mort passait dans les rangs, derrière elle le ciel recueillait...

Mais à présent, il y a des administrations civiles, où, de gaieté de cœur, on arrête sur le seuil la Miséricorde qui se présente; on ne laisse entrer que la mort; et alors le roseau à demi rompu est complètement cassé, et la mèche qui fumait encore est complètement éteinte : et pour l’éternité!...


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Message  Monique Mar 07 Mai 2024, 8:26 am

Si une scène d’enfer fait trembler, c’est particulièrement dans un hôpital. Un témoin oculaire nous a raconté qu’il avait vu, dans la grande salle d’un Hôtel-Dieu, quatre moribonds repousser le ministre du Seigneur qui s’approchait pour leur offrir le pardon et le ciel; et à mesure que l’un d’eux détournait la tête du prêtre, les autres francs-maçons malades qui se trouvaient dans la salle battaient des mains, applaudissaient à ces fières sorties de la vie. Le témoin, lui, sortit en frissonnant, car il avait vu une chose qui n’appartient qu’à l’enfer : l’endurcissement final encouragé par des applaudissements.

Et cela se passait dans un Hôtel-Dieu ! L’apostasie savoure la vengeance contre Dieu. Les annales du crime rapportent qu’un brigand des Abruzzes mettait le genou sur la poitrine de ses victimes, leur enfonçait lentement un poignard dans la gorge, promettant de ne pas achever si elles blasphémaient; mais, le blasphème achevé, il enfonçait rapidement le fer avec la satisfaction d’avoir précipité chaque fois une âme dans l’enfer. L’apostasie éprouve cette satisfaction.

Mais en parlant de l’apostasie, je n’ai pas mentionné une abstraction : j’ai dépeint les apostats ! Fils du diable, hypocrites, débauchés, affreusement durs pour le Christ leur bienfaiteur, acharnés à la perte des âmes, sans pitié pour les enfants, implacables devant les lits de mort, voilà les fils de ténèbres, nés de l’apostasie : puissé-je réussir à faire éviter leur exécrable compagnie !


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Message  Monique Mer 08 Mai 2024, 8:31 am

CHAPITRE III

L’INSOLENCE DU PLAN SECTAIRE

***

I. Comme quoi le terme d'insolence ne convient que trop justement à ce qui se perpètre. — II. Les peuples, par grandes masses, se rangent contre Dieu. Insolence et tyrannie du nombre. — III. Insolence du but proposé à leurs efforts : l’Humanité à mettre à la place de la Divinité, l'Homme à la place de Dieu. Signification de ce but dans la laïcisation et dans le fracas des apothéoses. — IV. Insolence dans l’exécution : les plus belles patries chrétiennes chargées de la monstrueuse substitution ; la noble France, surnommée le Carquois de Dieu retournée, comme une flèche, contre Dieu ; la noble Italie, qui doit aux Papes la plupart de ses grandeurs, retournée contre la Papauté. — V. Insolence dans le mode d'exécution : les lois, de saintes et justes qu'elles étaient, retournées contre Dieu et son Église. La savante persécution de Julien l'Apostat, reprise et perfectionnée, promet le succès. — VI. Insolence des auxiliaires du plan sectaire : faveurs prodiguées au judaïsme par l'apostasie ; vie superbe et fastueuse des juifs, méprisés hier ; leur arrogance et leur haine contre le christianisme persécuté. Cependant un partage se prépare au sein de la synagogue : juifs avec l’apostasie, israélites avec l'Église catholique. Supplication adressée à ces derniers. — VII. Insolence du terme final dissimulé : adoration de l'or, adoration de la courtisane, adoration du Pouvoir, et derrière toutes ces adorations, celle de Satan.

***

A en juger par la seule physionomie des fils de ténèbres, nés de l’apostasie, que nous avons esquissée, le plan sectaire doit être épouvantable. Mais si, à la lueur des faits qui se déroulent, et à l'examen des projets qu’on ne prend plus la peine de dissimuler, on considère ce plan en lui-même, dans son but, ses proportions et son exécution, un terme bondit, en quelque sorte, sous la plume pour le qualifier : insolence. Le plan sectaire est insolent. L’insolence, dans l’acception de ce mot, exprime deux idées : l’idée de quelque chose d’inaccoutumé, d'insolite ; et l’idée de l’excès dans l’audace.

C’est bien la double note de ce qui se perpètre : l’apostasie prépare, pour le monde, quelque chose d’insolite, d’inouï, on ne l’aura jamais vu; et son audacieuse tentative laissera bien loin derrière elle les excès des hérésies et des méchancetés passées.

Le récit de la Genèse, que l’assyriologie contemporaine justifie si complètement, dit qu’au début de l’histoire du monde, dans cette époque restée obscure où les hommes étaient forts et vivaient longtemps, il y avait des géants : des géants étaient sur la terre en ce temps-là 1, c’est-à-dire, d’après l’interprétation du texte hébreu, des hommes qui, outre une stature au-dessus de la stature commune, étaient violents, audacieux, et se distinguaient par leurs crimes. Un autre livre sacré, l’Ecclésiastique , ajoute d’eux : Les anciens géants ont été détruits à cause de la confiance qu'ils avaient dans leurs propres forces. Dieu les a eus en exécration à cause de leur insolence 2. Il ne faut plus se faire illusion, la consommation des siècles aura ses géants, comme les a eus la genèse : géants du mal ! La stature physique des fils de ténèbres, nés de l’apostasie, n’a rien, sans doute, que de très médiocre : ce sont mémo des hommes dégénérés, rapetissé. Mais les moyens formidables dont- ils disposent donnent à leur puissance des dimensions sans bornes, et l’insolence de leur plan renferme un défi que le ciel n’a jamais entendu. Sondons cette insolence, comme on fait d’un abîme. Un prophète d’Israël disait des anciens géants, à propos de leur pays : C’est là qu'ont été ces géants si célèbres, qui étaient dès le commencement, ces géants d'une si haute taille, qui savaient la guerre. Voyons si ceux de l’apostasie n’entendent pas aussi, et que trop savamment, l’épouvantable guerre contre Dieu.


1 Genèse, VI.
2 Ecclésiastique, XVI, 3-9.




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Message  Monique Ven 10 Mai 2024, 9:14 am

On appelle cet état de choses la démocratie.

La démocratie est-elle donc mauvaise en soi, et ses racines plongent-elles dans les enfers? Pas le moins du monde. Elle est bonne comme la monarchie, bonne comme l’aristocratie, elle complète les trois éléments d’un Etat, savoir : le monarque, la noblesse, le peuple. Seulement, bien loin d’être elle-même une souveraineté, elle doit se subordonner avec humilité, reconnaissance et amour, à deux souverainetés qui lui procurent son organisation, sa force, sa beauté, son bonheur, et qui sont :

La souveraineté de Dieu, de qui elle relève, comme toute créature, comme la monarchie et l’aristocratie ; La souveraineté d’un chef, élu avec poids, nombre et mesure, quel que soit, du reste, son nom (président, prince, consul), à la sagesse et au génie duquel elle confie ses destinées pendant qu’elle se livre à ses rudes labeurs absorbants, et avec qui elle respecte le pacte gouvernemental, conclu ensemble.

Cette subordination, hélas ! ne s’est pas accomplie, à la date fameuse de l’avènement de la démocratie : 1789. Le peuple, alors, s’est affranchi de Dieu, et s’est affranchi de tout chef; à l'instigation de perfides rhéteurs, il a proclamé sa propre souveraineté.

Cette indépendance, impie vis-à-vis de Dieu, imprudente dans le rejet d’un chef légitime ou choisi avec sagesse, n’a amené, à la démocratie égarée et téméraire, que des désastres. Sa souveraineté ne traîne après elle que des calamités ; elles crèvent les yeux, et aussi, le cœur !


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Message  Monique Sam 11 Mai 2024, 9:16 am

Première calamité : les Droits de l’homme, décalogue et évangile de la démocratie, ne font que faire verser des larmes à l’homme; jamais, en effet, la personnalité humaine n’a été plus méprisée, plus asservie, plus écrasée, plus malheureuse !

Deuxième calamité : la souveraineté du peuple n’a pas empêché le pouvoir de tomber dans les mains d'exploiteurs qui, tour à tour, ont trompé cruellement le peuple en le flattant. « Dans une démocratie gouvernée chrétiennement, le pouvoir s’élève vers les hauteurs lumineuses et s’exerce par l’aristocratie de l’intelligence et du mérite; dans les démocraties livrées à des athées, l’autorité s’abaisse, de degrés en degrés, jusqu’aux sombres marécages où les miasmes empoisonnés fermentent ; le pouvoir finit par tomber entre les mains de scélérats bêtes et méchants 1. » Un peuple qui se passe de Dieu dit aux chefs ambulants qui se succèdent : C'est l'abomination qui vous a choisis 2, et ces chefs sont forcés d’être abominables.

Troisième calamité : au début de son avènement, la démocratie voulait borner son impiété à se passer de Dieu. Elle ne s’est pas arrêtée là, elle ne pouvait pas s’y arrêter. Des meneurs, les chefs de la secte, lui ont dit : Va contre Dieu! Le passage de sans Dieu à contre Dieu a été franchi, et l’heure présente n’est-elle pas au spectacle de grandes masses de peuples qui sont en marche contre le ciel? Le temps des géants est revenu !


1 Journal l' Univers.
2 Abominatio est qui elegit vos. Isaïe, XLI, 24.




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Message  Monique Dim 12 Mai 2024, 8:34 am

Il en résulte cette première insolence du plan sectaire, d’autant plus excessive qu’elle s’aide de la plus impitoyable tyrannie : l'insolence et la tyrannie du nombre. Une feuille catholique la décrit en ces termes expressifs :

« Le nombre est sourd. Nulle raison ne le touche, il s’est fixé à cette triomphante résolution de n’entendre rien, de se fermer à toute vérité, à toute parole heurtant la passion ou l’erreur qui lui est chère. « Le nombre défie la raison, défie l’évidence, défie l’éloquence. Pour se garantir des pénétrations du vrai, il a sa surdité voulue. Il se fait de cette invulnérabilité sui generis un sujet d’orgueil. « Ne pas comprendre, c’est sa revanche à lui, sa représailles de l’infériorité où l’ont tenu les ci-devant classes dirigeantes.

« Le nombre est sourd ou fait le sourd. N’est-ce pas épouvantable? Aussi ce qui domine ou éclaire est comme s’il n’était pas; ce qui était dessus est mis dessous. Rien qu’à faire celui qui n’entend pas, le nombre supprime de fait à peu près tous les genres de supériorité, supériorité dans la compétence, dans les doctrines, autorité des grands exemples; le nombre, quand il veut, met ces luminaires sous le boisseau, et en étouffe la flamme. « Disons vite que le nombre n’est pas, il s’en faut, le; principal coupable. Les ravages qu'il commet ne lui sont qu’en partie imputables. Des malfaiteurs publics travaillent le peuple, le trompent sans pudeur, lui soufflent les haines insensées. Pour désigner la soi-disant opinion du pays, on se sert volontiers d’un mot : le torrent de la volonté nationale.

« Le torrent, agent dévastateur, ne peut être que le peuple spécial de l'émeute et du scrutin radical, le peuple préparé par les meneurs révolutionnaires, grisé par eux de l’alcool de sa prétendue souveraineté1. »

Combien justes et saisissantes sont ces réflexions ! Que de fois, durant ces vingt dernières années, ne se sont-elles pas vérifiées dans les actes de brutalité d’une majorité impie? Ici, c’était un conseil municipal qui rayait le terme Dieu de tous les livres de classe ; là c’était une Chambre législative qui accompagnait de hurlements ses votes contre les institutions catholiques. Une locution célèbre est née de cette tyrannie insolente du nombre : La mort sans phrases; les institutions catholiques n’ont pas à parler, elles n’ont qu’à mourir !


1 Journal l' Univers. — M. de Tocqueville, nonobstant ses affections pour la démocratie, a reculé épouvanté devant la vision du despotisme de la majorité. « C'est, dit-il, une nouvelle physionomie de la servitude. Il y a là, je ne saurais trop le redire, de quoi faire réfléchir profondément ceux qui voient dans la liberté de l'intelligence une chose sainte et qui ne haïssent point seulement le despote, mais le despotisme. Pour moi, quand je sens la main du pouvoir qui s'appesantit sur mon front, il m'importe peu de savoir qui m'opprime, et je ne suis pas mieux dispose à passer ma tête dans le joug, parce qu'un million de bras me le présentent. » Tocqueville, Démocratie en Amérique, t. III, p. 20.



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Message  Monique Lun 13 Mai 2024, 7:24 am

III


Sans Dieu, puis contre Dieu, telles sont donc les étapes que la secte fait parcourir à la démocratie : mais dans quel but? que poursuit le plan sectaire?

Ce but : Substituer à la Divinité, l'Humanité ; à Dieu, l'homme. Dieu n’est plus, l’homme le remplace !

N’est-ce pas l’insolence de l'usurpation ? L’usurpation, en effet, forme le fond de la malice humaine, depuis le péché. Le paganisme antique avec ses mille dieux aux formes humaines a été l’accaparement, l’absorption, de la divinité dans l'humanité; mais l’audace moderne tente une entreprise plus nettement usurpatrice : la supplantation directe de Dieu par l'homme. Plus de détours : Dieu est de trop ; l’Homme-Dieu est de trop; l'Eglise de Dieu est de trop; ce que l’homme veut, c’est lui-même; c’est lui seul. La Divinité ayant été balayée, apparaîtra l’Humanité!

Dans un âpre désert de l’Orient, au milieu d’un buisson qui brûlait sans se consumer, l’Eternel avait révélé son nom au pâtre qui fut Moïse : « Je suis Celui qui suis; tu diras aux enfants d’Israël que Celui qui est t’envoie vers eux. » O terre de l'Orient, murmure le plan sectaire, tu prétends avoir entendu cela ; Arabie, pays de l’encens, tu as envoyé cette révélation, avec tes parfums, dans toutes les directions de la terre; mais l’Occident, lui, comme un robuste travailleur en pleine possession de lui-même, avec ses bras noircis par le travail, avec les flots de fumée de ses chars de feu, l’Occident apporte au monde une autre révélation que voici : Dieu n’est pas, mais l’homme est; il est à lui-même son Dieu, et c’est à lui de se créer sa félicité.

Quelque incroyable et monstrueuse que soit cette tentative d’usurpation, elle est cependant en train de s’accomplir; trois grands courants de supplantation le prouvent surabondamment : N’y a-t-il pas d’abord le transport sacrilège sur le peuple souverain, des attributs de la Divinité?

« Suivant le blasphème révolutionnaire, le peuple est Dieu ; on lui en reconnaît les incommunicables attributs : l’infaillibilité, l’inviolabilité, l'impeccabilité, l’indiscutabilité... « Dès lors pas de discussion, pas de contradiction ; les pouvoirs émanés du peuple ne souffrent pas de telles familiarités. Prohibition de toute liberté d’examen, c’est bien un culte cela, un abominable et sacrilège culte qui veut s’imposer par la force. « La souveraineté populaire n’est bornée sur aucun point et dans aucune direction ; elle est sans limite, sans devoir, sans foi ni loi. Une telle souveraineté n’a qu’un nom qui la caractérise : elle est l’omnipuissance du mal1. » Que nous sommes loin des belles doctrines traditionnelles qui plaçaient le trône de Dieu au-dessus des sociétés et disaient qu’il est le suprême arbitre des destinées ! Dieu est détrôné : le suprême arbitre est le peuple souverain.


1 Journal l'Univers, Ph. Serret.



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Message  Monique Mar 14 Mai 2024, 7:46 am

De cette supplantation insolente, n’y a-t-il pas une autre preuve dans la laïcisation? En effet, outre les spoliations iniques qui sont la suite de cette mesure, à quoi vise-t-on en laïcisant? que déclare-t-on ouvertement? On déclare qu’on veut substituer à Dieu, à l’Homme-Dieu, à l’Église de Dieu, un état de choses purement humanitaire ; En laïcisant les écoles, substituer à l’éducation chrétienne, une éducation humanitaire ; En laïcisant les hôpitaux, substituer à la divine Charité, des soins humanitaires ;

En laïcisant les funérailles, substituer à la mort chrétienne, une mort humanitaire ; En laïcisant toutes choses, substituer à la civilisation chrétienne, une civilisation humanitaire. Nous sommes assez grands pour gouverner nos affaires ! s’écrient superbement les législateurs de la nouvelle Humanité; les vieux siècles de superstition avaient introduit dans nos affaires la main de Dieu; nous, nous ne reconnaissons que les bras de l'homme!...

De cette supplantation insolente, n’y a-t-il pas une troisième preuve indéniable dans ce scandale qui dure : l’église de la patronne de Paris, sainte Geneviève, enlevée au Dieu vivant et adjugée au fracas des apothéoses. La Majesté du Dieu vivant remplissait ce temple; on lui a signifié un matin : Va-t-on, car voici de grands morts de la race humaine qui viennent prendre ta place. Le journalisme a décrit ainsi qu’il suit l’insolence de ces apothéoses :


Paris, 28 mai 1885

II se prépare l'apothéose païenne d'un homme, par une ville redevenue elle-même l'émule profane de Rome et d'Athènes.

La mort de Victor Hugo est l'unique objet qui occupe aujourd'hui la France et le monde. Je suis frappé de l'entraînement universel qui précipite les esprits autour de ce cercueil : c'est un délire. On va faire, dans Paris, ce qui ne s’est jamais vu. Les funérailles d'un poète prendront des proportions que l'histoire d’aucun peuple n‘a encore constatées : ni roi, ni libérateur, ni grand homme d'aucune sorte, n'auront connu pareille apothéose.

« Il serait puéril de le contester, de semblables honneurs ne sont rendus qu'à une personnalité souveraine. Cela ne suffit pas; il faut ajouter que cette personnalité souveraine est la réduction de tout un peuple, disons mieux, de toute une époque, à un moment donné de l'histoire de l'humanité.

« Si la France s’émeut, si toutes les nations s’émeuvent comme la France, parce que V. Hugo vient de mourir, concluez que V. Hugo était la lyre vibrante de toutes ces âmes agitées, la voix où notre temps se sentait passer avec éclat, dans tout le transport de ce qui le passionne le plus. L’œuvre colossale de V. Hugo restera l’expression la plus vraie et la plus palpitante du XIXe siècle. Que vaut cette oeuvre, que vaut cette expression, que vaut ce XIXe siècle? L’avenir le dira.


« On le traînera au Panthéon, d’où l’on a chassé l’image de Jésus-Christ. On le divinisera. « Révolutionnaire jusqu’aux moelles, parce qu’il était orgueilleux jusqu’aux moelles, il reçoit aujourd’hui, du siècle qu’il à formé, l’apothéose qui met le comble à sa funeste influence son indécente gloire. »


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Message  Monique Jeu 16 Mai 2024, 9:35 am

Paris, 31 mai 1835.

Ce matin je suis allé jusqu’aux Champs-Elysés. J’ai jeté un coup d’œil sur l’Arc de Triomphe, à l’ombre duquel se dresse le gigantesque et cependant gracieux catafalque où repose, de puis minuit, le cercueil du poète acclamé. L’effet d’ensemble est grandiose. Le groupe de Falguières est voilé : le quadrige n’apparaît qu’à travers une gaze noire qui donne au monument un caractère solennel de deuil national. De longues oriflammes pendent jusqu’à terre. Je n’apercevais pas les fantastiques lueurs des lampadaires énormes qui forment ceinture à cet Aie triomphal, devenu un triomphal tombeau.

Mais le soleil couvant de ses rayons adoucis l’avenue verdoyante des Champs-Elysées ; cette foule montant comme une marée irrésistible de ilots humains et venant battre, comme un écueil, le trophée de notre gloire militaire servant d’abri à notre gloire littéraire : ces ligues d’argent, dessinées par les broderies sur les tentures du catafalque, coupant le fond sombre des draperies funèbres et brillant comme des éclairs fixés : tout cela mêlé au bruit immense des voitures, aux rumeurs confuses de la multitude et aux émotions que j’éprouvais malgré moi, a laissé dans mon imagination l’un de ces incomparables tableaux qu’on n’oublie jamais.

« Mais l’éclat poétique et la portée historique de l’événement extraordinaire qui se passe aujourd’hui sous mes yeux ne me dissimulent ni les vices et les fautes du héros, ni la tristesse des conséquences de son apothéose.

« Non, le triomphe posthume qu’on lui fait ne me cache rien des laideurs de son âme, de la béate et criminelle indulgence pour le mal qui forme aujourd’hui le fond de l’oraison funèbre de Y. Hugo. Mais ses funérailles sont significatives autant que grandioses, et je le dis : Victor Hugo est un monde ; le juger en bloc est un contre-sens. L’analyse seule peut en venir à bout. Or, les masses ne connaissent pas l'analyse et procèdent par synthèse. « Christ laïque, politique incorruptible, » voilà les deux médailles que le Petit Journal a suspendues, depuis dix jours, à la boutonnière de ses 600 mille lecteurs. »


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Message  Monique Sam 25 Mai 2024, 9:06 am

2 juin 1885.

La journée d’hier restera mémorable. Jamais Paris n’avait assisté à un spectacle aussi extraordinaire. J’ai pu juger de l'éclat de ces obsèques inouïes grâce à de puissantes jumelles que j ’ai tenues braquées, pendant deux heures, sur l’immense et radieux cortège qui descendait, comme un fleuve, l'avenue des Champs Elysées. Quel luxueux déploiement d'oriflammes et de couronnes !

Quelles bannières, quels bouquets de fleurs, quels emblèmes tour à tour grandioses et gracieux ! Cette apothéose païenne relègue loin derrière elle ce que les Anciens nous racontent des Panathénées ou des triomphes militaires de César au Capitole. Il faut renoncer à décrire la pompe éblouissante, rendue plus radieuse encore par les rayons du plus beau soleil. Aussi quels reflets jetaient de toutes parts les casques étincelants de nos cuirassiers et de nos dragons, les hampes dorées des drapeaux, les vives couleurs des immortelles, des violettes, des lierres, des palmes frémissantes, que des groupes de tout costume et de toute stature, depuis les enfants des bataillons scolaires jusqu’aux viriles délégations des sociétés d’harmonies ou de l’école Saint-Cyr, portaient triomphalement sur leurs épaules, comme dans nos processions catholiques on porte les images des Saints ou leurs précieux reliquaires !

Ce long défilé a duré de midi moins le quart à cinq heures et demie du soir. Deux choses m’ont surtout frappé : le groupe brillant des généraux à cheval, et les chars éblouissants qui suivaient — contraste voulu — le corbillard des pauvres contenant le cercueil de Victor Hugo. Rien de plus majestueux et de plus poétique que cet entassement harmonieux de couronnes, surmontées de faisceaux tricolores, et traînés par six chevaux en grand gala. V. Hugo n’a jamais pu rêver de tableau plus splendide, et l'antithèse qui était sa figure de rhétorique par excellence y recevait sa suprême consécration dans le rapprochement que le regard faisait malgré lui entre cette bière nue, d’aspect indigent, et la somptueuse magnificence qui lui servait pour ainsi dire de royale et incomparable escorte. On assistait non pas aux funérailles d un poète, mais, semblait-il, aux funérailles de la poésie même, autour de laquelle ondoyait tout un peuple en deuil.

« Le monde a changé de figure. La France moderne n’a plus rien de l’ancienne France. V. Hugo et Voltaire nous ont pétri des traits nouveaux : notre masque gardera longtemps l’indélébile empreinte de leurs doigts de géants.

« Il y a là de quoi faire réfléchir. »


Oui, certes, il y a de quoi faire réfléchir. Les tendances de l'homme à supplanter Dieu et à se déifier prennent de jour en jour, d’heure en heure, des formes et des dimensions qui font peur.


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Dernière édition par Monique le Dim 26 Mai 2024, 10:59 am, édité 1 fois
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Message  Monique Dim 26 Mai 2024, 11:08 am

IV


L’insolence du plan sectaire est loin d’être épuisée. Expulser Dieu, déifier l'homme, voilà donc le but à atteindre. Mais qui sera chargé de conduire officiellement l’entreprise, et d’y entraîner le reste du genre humain ?

« Les deux nations les plus catholiques », répond avec une joie maligne le plan sectaire. « La France et l’Italie ont amené autrefois le monde à Dieu, au Christ et à l’Église ; la France et l’Italie conduiront maintenant la guerre du monde contre Dieu, contre son Christ, et l’Église. »

Dans la conception de ce gigantesque contraste, quelle insolence n’y a-t-il pas ? L’ennemi acharné du genre humain, Satan, a pu seul concevoir et inspirer une pareille antithèse. Son orgueil ne savourerait-il pas la plus basse jouissance, si jamais il pouvait s’adresser ainsi à la France : « Toi, la fille aînée de l’Église !

Non, tu es la mienne à présent ! »


Un pape illustre, saint Grégoire le Grand, a dit de la France : elle est le carquois de Dieu. Cette idée du carquois de Dieu est belle et fière. Elle vient de la Bible. Isaïe, voulant caractériser la mission du Christ ou encore celle d’un Elie ou d’un Jean-Baptiste, les fait parler de la sorte : Dieu m'a mis en réserve comme une flèche choisie, il m'a tenu caché dans son carquois1. En effet, lorsque l’Eternel, en arbalétrier des grands combats, a lancé dans le monde son Christ ou des hommes intrépides et surs comme Elie et Jean-Baptiste, il a, immanquablement et inévitablement, touché le but arrêté dans ses desseins. Eh bien, à ce rôle d’honneur a été associée la France : elle est devenue le carquois de Dieu !

Y a-t-il dans les commencements de l’Église une hérésie grandissante à arrêter dans sa marche, à clouer à terre ? une flèche part du carquois de Dieu, c’est la France : Clovis transperce et finit dans les plaines de Vouillé l’hérésie arienne.

Y a-t-il le cimeterre musulman à confondre dans son éclair par un éclair plus vif et plus prompt ? une flèche part du carquois de Dieu, c’est la France ; Charles Martel écrase sous les murs de Poitiers l’invasion musulmane.

Y a-t-il l’indépendance du chef de l’Église à garantir, un Pape est-il en péril ? le sifflement de la flèche
qui part se fait entendre au-dessus des Alpes, c’est la France ! et le Pape qui, à sa gauche, avait déjà Constantin, voit à sa droite se placer Charlemagne.

Y a-t-il une injustice commise quelque part, s’élève-t-il le soupir d’un innocent opprimé, fût—il soupiré au bout du monde ? une oreille l’entend et une flèche part, c’est la France, et des bras se tendent pour remercier la libératrice.


1 ISAIE, XLIX.



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Message  Monique Lun 27 Mai 2024, 9:33 am

La France était donc, dans un sens très vrai, le carquois d’honneur et de réserve flottant aux côtés du Tout-Puissant. Mais voici, depuis la Révolution, un retournement lugubre, semblable au retournement d’une flèche qui reviendrait contre celui qui l’aurait lancée :

Y a-t-il la base même du foyer domestique à ébranler par le divorce ? ce trait aigu atteint le cœur de Dieu, et l’on dit qu’il vient de France !

Y a-t-il le crucifix à arracher, à faire tomber des murailles ? ce trait aigu part, et l’on dit qu’il vient de
France !

Y a-t-il l'innocence des enfants à compromettre dans sa fleur ? Y a-t-il la sœur de charité à éloigner du lit des malades dans les hôpitaux ? Ces doux traits aigus partent, et l'on dit qu’ils viennent de France !

Y a t-il le dernier soupir, le dernier regard du moribond à détourner du ciel et de la miséricorde ? Ce
trait aigu part, et l’on dit qu’il vient de France !

Voilà un retournement lugubre et bien étrange. Doit-on en déduire que le carquois de Dieu est devenu le carquois du diable ? Blasphème serait une pareille déduction ! De même qu’autrefois l’arche d’alliance était tombée au pouvoir des Philistins sans rien perdre de sa sainteté, la France tombée au pouvoir des sectaires conserve l’espérance de reprendre et de continuer sa mission d’honneur. Léon XIII la soutient d cette espérance : ne la nomme-t-il pas la très noble nation de
France, nobilissima gens Galliarum?


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Message  Monique Mar 28 Mai 2024, 8:17 am

Vous me faites servir à vos iniquités, dit-elle à ses oppresseurs, et je déteste l’iniquité...
Néanmoins, quelle insolente satisfaction pour Satan d’avoir réussi à faire inscrire au plan sectaire : On
visera Dieu, de la terre de France !

« Vous me faites servir à vos iniquités, et je déteste l’iniquité, » peut dire également la noble Italie.
Des bouches d’or et des plumes savantes et émues ont célébré l’Italie, mais nulle éloquence ne nous a semblé plus émouvante que les accents arrachés à un cœur d’ange et de femme, au moment où la Révolution inaugurait dans la péninsule son œuvre de défiguration :

« Et maintenant, après tant de douleurs, ma passion pour ce pays ont toujours la même, ou plutôt plus forte, car à présent je sais pourquoi je l’aime, je sais quelle est la source d’où ce délicieux parfum se répand sur l’Italie.

« Oh! oui, j’aime et j’aimerai toujours ce pays, dont le peuple croit à une patrie éternelle, à des amis invisibles auxquels il parle dans ses joies et dans ses peines ; ce pays dont presque chaque ville voit son Dieu réellement présent, exposé continuellement aux yeux d’une foule qui adore ! J’aime ce pays qui a connu toutes les gloires et qui les a toutes rapportées à Dieu ; ce pays dont les habitants ont su atteindre la perfection du beau en toutes choses, et qui cependant connaissent moins que d’autres l’ambition et la fatuité.

« J’aime ce pays, où les âmes et les fleurs répandent plus de parfum qu’ailleurs ; ce pays, qui vit naître saint François d’Assise et l’autre doux François, et tant d’autres saints et saintes au cœur brûlant ; ce pays, où toutes les fêtes sont religieuses, où l’on rencontre sur son chemin l’habit que portèrent saint Benoît, saint Dominique, saint François, saint Ignace et d’autres dont le nom est écrit avec les leurs au livre de vie ; ce pays, où tant de vies humbles et obscures s’achèvent au fond des villages, comme au fond des cloîtres, par une sainte mort. J’aime ce pays qui renferme la ville où règne le représentant de Jésus-Christ, la Ville Sainte, où tant de vertus se sont pratiquées de tous temps et où est venue
se fortifier celle de tous les grands bienfaiteurs de l’humanité.

« Oh ! j'aime ce pays où le blé et la vigne semblent se presser de croître pour servir au plus sacré des mystères ; ce pays si doux à l'âme, si enchanteur aux yeux, qu’il me semble qu’en mourant on pourrait se dire :
« Je vais voir bien mieux que l’Italie1 ! »


C’est cependant ce pays auquel on s’efforce de persuader que sans la présence du Chef de l’Eglise sur son sol et dans son histoire, il atteindrait les plus hautes destinées dans l’aréopage des nations. L’Italie chrétienne ne le croira jamais. Tant que Venise ne sera pas morte avec le lion de Saint-Marc, tant que Gènes élèvera au-dessus des flots ses palais de m arbres, tant que Florence couvrira l’Arno des splendeurs de son génie, on ne pourra croire que la Rome des Papes fut une
cause de décadence, de servitude et d’opprobre. Il y a des accusations qui se répondent à elles-mêmes, et des injustices qui sont l’honneur des grandes choses.

Néanmoins, là encore, quelle insolente satisfaction pour le père du mensonge d’avoir fait inscrire au plan
sectaire : On persuadera à l’Italie de se débarrasser de la Papauté !


1 Le Correspondant, juin 1866, p. 311.



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Message  Monique Mer 29 Mai 2024, 1:40 pm

V


« C’est par des lois correctes, continue le plan sectaire, que Dieu, le Christ, le Pape, l’Église, les sacrements, les croix, doivent vider le terrain. Que celui quia fait la Loi ancienne et la Loi nouvelle, le Décalogue et l’Évangile, déloge à son tour, au nom de la Loi ! »

Ce mode d’exécution est d’une insolence qui n’a pas de nom. Faire servir les deux plus belles patries chrétiennes à l’expulsion de Dieu, du Christ et des choses saintes, est déjà une audace inouïe ; mais y employer correctement la Loi, c’est le comble !

En effet, voici le plus formidable péril des temps modernes ; de courtes et lumineuses sentences de Bossuet sur les lois, rapprochées de ce qui se passe, aideront à le faire comprendre 1.

Première sentence : La loi est réputée avoir une origine divine. C’est pourquoi, ajoute Bossuet, tous les peuples ont voulu donner à leurs lois une origine divine, et ceux qui ne l'ont pas eue ont feint de l’avoir. C’est ainsi que les lois deviennent sacrées et inviolables. Mais à présent que Dieu est chassé, l’origine des lois est la volonté nationale, c’est-à dire la volonté d’une multitude dirigée par des chefs sectaires que l'abomination a choisis.

Deuxième sentence : L'intérêt et la passion corrompent les hommes, mais la loi est sans intérêt et sans passion. A présent, au contraire, la passion est dans les lois; la haine y transpire contre le catholicisme ; le vil intérêt également les anime, c’est pour dépouiller les catholiques qu’on les fait.

Troisième sentence : La loi est sans tache et sans corruption. A présent, au contraire, les lois sont pleines de taches ; elles favorisent la corruption.

Et d’autre part, cependant, ces lois démoliront entrelacées à des restes de christianisme, par exemple, le Concordat et ses articles organiques.


1 Bossuet, Politique tirée de l’Écriture Sainte, liv Ier, art. IV.



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