HISTOIRE DE SAINT FRANCOIS DE XAVIER

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Message  Monique Ven 13 Jan 2023, 8:00 am

On objectera peut-être que la relation de M. de Ribeira en constatant l'authenticité du crucifix, constate à la fois la légitimité des droits de la Compagnie de Jésus à la possession de cette sainte relique. A cela, nous n'avons rien à répondre. Il est vrai que les Jésuites ne s'en dessaisirent pas volontairement. Il est vrai que les prêtres qui les remplacèrent ne devinrent, par là même, nullement propriétaires de l'Eglise du Bon-Jésus, de la maison des Pères et des reliques qui y étaient renfermées. Il est vrai que ces mêmes prêtres se reconnaissant dépositaires seulement, laissèrent intactes à leurs successeurs l'église qu'ils avaient administrée, la maison qu'ils avaient habitée, les reliques dont la garde leur avait été confiée.

Il est vrai enfin, que ces successeurs étant exactement dans les mêmes conditions, n'étaient pas plus légitimes possesseurs que les premiers; qu'en donnant à un vice-roi le crucifix de la plus grande gloire de la Compagnie de Jésus, ils faisaient présent de ce qui ne leur appartenait pas, et que Foi peut s'étonner que ce présent, fruit d'une déplorable spoliation, ait été accepté par le comte de Sarzeilas. Nous sommes loin d'en disconvenir. Toutefois, nous pensons que le noble comte n'accepta pas sans motif le précieux objet que nul, à Goa, n'avait le droit de lui offrir. S'il l'eût refusé, il pouvait aller dans des mains moins pieuses, et, nous le demandons, quel serait son sort aujourd'hui ?

La Compagnie de Jésus, dira-t-on, ayant été solennellement rétablie en 1815, le comte de Sarzedas n'eût-il pas fait un acte de justice en lui restituant ce trésor? Nous le pensons; mais peut-être sa piété s'était-elle illusionnée sur la légitimité de cette possession. Ce qui est certain, c'est que la sainte relique est honorée, et que les frères de l'illustre apôtre des Indes, en déplorant encore la perte d'un bien si cher, pourront, si ces pages tombent sous leurs yeux, être consolés, par la pensée qu'il ne sera jamais exposé ni à l'indifférence, ni à la profanation; la piété héréditaire dans la noble famille de Ribeira-Grande, en est la Plus sûre garantie.


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Message  Monique Sam 14 Jan 2023, 7:17 am

L'église du Bon-Jésus est à peu près tout ce qui reste aujourd'hui des beaux établissements de la Compagnie de Jésus dans la vieille cité de Goa si brillante et si riche au temps où les successeurs de saint François de Xavier la maintenaient dans les sentiments de foi et de piété que ce grand apôtre lui avait inspirés. La maison professe, attenante à l'église, n'est presque plus qu'une grande ruine... Laissons parler monseigneur Canoz, de la Compagnie de Jésus, vicaire apostolique du Maduré, qui, après avoir visité tous les lieux auxquels se rattachent encore des souvenirs du grand Xavier on de ses successeurs à Goa, écrivait en décembre 1859, au très-révérend Père Bekx, général de son Ordre :

« .... Après la dispersion de la Société, elle fût (la maison professe) convertie en un séminaire dirigé par des Lazaristes. Mais elle ne tarda pas à devenir la proie des flammes, qui en ont consumé plus des deux tiers. D'un vaste cloître carré à deux étages, ayant une cour au milieu, il ne reste plus que le côté du Nord, actuellement habité et entretenu par le R. chanoine Perez, administrateur du diocèse et gardien du sanctuaire. C'est un large corridor, avec une série de petites cellules, autrefois la demeure des religieux. Ce corps de bâtiment communique avec un autre cloître plus petit, bien conservé, adossé d'un côté à l'église et de l'autre à la chapelle du saint et à la sacristie.

« Je n'ai pas voulu quitter Goa sans visiter les ruines de l'ancien collège de Sainte-Foi, déjà si célèbre du temps de saint François Xavier et dont l'église est dédiée à saint Paul, à un bon mille de l'église du Bon-Jésus. C'est là qu'on avait d'abord déposé le corps du Saint, lorsqu'on l'apporta de Malacca. Hélas ! une partie seulement de la façade de l'église est restée debout. Tout l'espace qu'occupait le collège est maintenant couvert de ruines, de ronces et de broussailles. Tout près de là, est la- chapelle où saint François Xavier faisait tous les jours le catéchisme : elle est en meilleur état. Les murailles entières subsistent; le tout avait presque disparu on menaçait ruine: on s'occupe à le réparer. Quelle solitude dans ces rues autrefois si peuplées, devenues aujourd'hui des chemins déserts et garnis seulement de vieilles murailles tombant en ruines ! C'est la triste réflexion qui nous préoccupait dans le cours de cette excursion que nous faisions à jeun, en plein soleil. On regrette beaucoup aujourd'hui d'avoir abandonné une si belle position, une contrée si fertile, sous le prétexte d'une épidémie qui ne pouvait durer et qu'on pouvait facilement prévenir ou arrêter en desséchant une plage marécageuse, formant une île au milieu de la rivière, vis-à-vis la vieille cité.

« Je montai avec le P. Gard au sommet de la tour de la cathédrale pour voir de près les belles cloches qu'on venait de mettre en branle, et en même temps pour jouir de labelle vue qu'on nous promettait delà haut. En effet, le coup d'il est magnifique et d'une variété charmante, comme je n'en avais vu nulle part dans l'Inde. A vos pieds coule un large fleuve qui serpentant dans la plaine, au milieu de rivages verdoyants, et se partageant en plusieurs branches, va se perdre derrière de lointaines collines. La vue se prolonge jusqu'aux Gattes, à travers des coteaux et des vallées couverts de cocotiers. On aperçoit, tout autour de soi, le vaste emplacement de l'ancienne cite, dont on ne voit plus que quelques églises encore debout et d'autres à moitié ruinées; des arbres ont remplacé les maisons. Si quelqu'un de ces anciens héros du Portugal, on de ces illustres gouverneurs de Goa venait à reparaître sur cette terre désolée, il ne manquerait pas de chanter les lamentations de Jérémie ou le cantique des Hébreux: Super flumina Babylonis pour exprimer sa douleur, en donnant un libre cours à ses larmes: Quomodo facta est desolata civitas plena populo, etc.



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Message  Monique Dim 15 Jan 2023, 6:55 am

« Comme nous avions témoigné le désir de visiter le Séminaire de Choraà, ancien noviciat de la Compagnie de Jésus, situé sur une colline, à deux lieues environ de distance, à l'opposé de la vieille Goa, son Excellence, ( le gouverneur) eut la bonté de nous y faire conduire dans sa propre barque, et de nous faire accompagner par des musiciens qui augmentèrent le charme de la promenade par leurs sons harmonieux. Du rivage où nous débarquâmes, nous avions un mille de distance à parcourir, au grand soleil, jusqu'au séminaire. Nous y trouvâmes le P. Laurenço, ancien élève de la Propagande, supérieur on plutôt gardien de ce vaste établissement, vacant aussi pour cause d'insalubrité : en sorte que le pauvre supérieur est là comme dans une sinécure. Il nous a très-bien reçus, et nous a conduits à travers ces vastes corridors déserts pour nous faire visiter la maison. Ce qui a particulièrement excité mon attention, c'est une chapelle intérieure, dans laquelle on conserve sous l'autel les reliques de nos cinq vénérables martyrs de Salsette, parmi lesquels se trouvait le neveu lu Père Aquaviva. »

Ainsi, le séminaire établi dans la maison professe de la Compagnie de Jésus , en est éloigné par les flammes, celui que l'on établit dans le noviciat des Jésuites est forcé de fuir devant l'épidémie, et la ville entière pour laquelle le dévouement de ces saints religieux fût sans limites, est épouvantée du fléau qui décime ses habitants, et elle se voit bientôt abandonnée comme un lieu frappé par la colère du ciel ... Dans la cité nouvelle, on lit sur la façade du palais du gouverneur une inscription portant la date de sa construction.... Cette date est peu éloignée de celle de l'expulsion des frères du saint apôtre des Indes, de l'illustre protecteur de l'orient....


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Message  Monique Lun 16 Jan 2023, 7:09 am

V


La cour de Rome, sollicitée par les souverains du Japon et par le roi de Portugal, de procéder à la canonisation de François de Xavier, examina sa cause, reconnut vingt-quatre résurrections juridiquement prouvées, et quatre-vingt-huit miracles éclatants opérés pendant la vie de l'illustre saint; une bulle du pape Paul V, en date du 25 octobre 1619, le déclara bienheureux. Il fat canonisé par Grégoire XV, le 12 mars 1622, avec toutes les cérémonies ordinaires; mais la mort de Grégoire XV retarda la publication de la bulle, qui fat donnée par Urbain VIII, son successeur, sous la date du 6 août 1623.

Cette bulle fait mention de la plus grande partie des miracles dont nous avons parlé, et elle ajoute qu'un aveugle ayant invoqué l'apôtre des Indes, Xavier lui apparut, lui dit de solliciter la guérison de son infirmité pendant neuf jours de suite, et lui promit qu'il l'obtiendrait à cette condition. L'aveugle obéit et recouvra la vue le neuvième jour. Elle cite encore un lépreux qui, s'étant servi, comme d'un liniment, de l'huile de la lampe, brûlant devant le corps du saint, sa lèpre avait disparu. Enfin, la même bulle porte que les lampes placées devant l'image du saint apôtre, à Cotate, brûlaient souvent avec de l'eau bénite, aussi bien qu'avec l'huile, et que ce miracle convertissait un grand nombre de païens. En 1670, par un décret du 14 juin, le pape Clément X fixa la fête de saint François de Xavier au 3 décembre, et ordonna, par le même décret, que son office serait du rite double pour toute l'Eglise.

Peu d'années auparavant, quelques Indiens avaient fait une précieuse découverte : ils avaient rencontré, en pleine mer, un crabe d'une espèce inconnue, portant une croix latine sur la carapace, et ayant des nageoires à ses pattes de derrière, ce qui ne s'était jamais vu jusqu'alors. Ils s'étaient saisis du merveilleux crustacé, ils s'étaient empressés de le faire connaître, et il n'y avait eu qu'une voix pour lui donner le nom de crabe de saint François de Xavier; car ces bons Indiens étaient persuadés qu'il provenait de celui dont la divine providence s'était servie pour faire rapporter au saint apôtre de l'Orient, le crucifix tombé dans la mer des Moluques. Le bruit de cette découverte se répandit au loin, et le savant Père Kircher, de la Compagnie de Jésus, dans sa China illustrata, publiée en 1667, mentionne comme toute récente, l'apparition de ce crabe dont, ajoute-il, on n'avait jamais entendu parler jusqu'alors.


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Message  Monique Mar 17 Jan 2023, 7:21 am

Plus tard, au commencement du XVIIIe siècle, un gouverneur de Pondichéry demandait à un capitaine mettant à la voile pour les Moluques, d'aller d'Amboine à Baranura, et de lui rapporter quelques crabes de ces parages, afin de les conserver en souvenir de celui qui avait rapporté le crucifix de saint François de Xavier, du fond de cette mer. Ce n'était pas pour lui-même que le gouverneur le demandait, mais pour un ami qui désirait vivement posséder ce qui lui semblait devoir être mie sorte de relique de notre saint. Le capitaine fait rechercher des crabes d'Amboine à Baranura, mais en vain; ils sont d'ordinaire si communs dans toutes les mers, que les marins de l'équipage ne peuvent s'expliquer leur complète absence sur tout le parcours qu'ils explorent avec tant d'attention.

Enfin, ils en rencontrent un, un seul, et il porte la croix sur la carapace ! C'était le premier de cette espèce, que l'on eût vu dans ces parages, et ce fut le seul qu'il fut possible de présenter au gouverneur, car, malgré toutes les recherches, l'on n'en put rencontrer d'autres, d'aucune espèce. Cet unique fut donné par le gouverneur à son ami, et transmis aux héritiers de ce dernier, il a été apporté en France, et il nous a été donné de le voir et de l'admirer. Il diffère de celui que les Indiens nomment le crabe de saint François de Xavier. Dans celui-ci, dont nous avons vit le dessin, on remarque au pied de la croix, qui semble sortir d'un piédestal, deux personnages enveloppés dans le manteau arabe; toutes les formes en sont très-bien senties : c'est un homme d'un côté, une femme de l'autre ; on devine, on sent la très-sainte Vierge et saint Jean.

Cette espèce ne se trouve qu'en pleine mer et très-rarement; lorsqu'un Indien est assez heureux pour trouver un de ces crabes, il s'en empare et le conserve avec un tendre respect; car c'est le crabe de saint François Xavier. Celui qui fut seul trouvé dans la mer des Moluques, il y a un siècle et demi, porte aussi la croix latine parfaitement formée, mais n'a point la figure des personnages à droite et à gauche. Ce qui le distingue, est la figure de trois clous en relief, au bas de la croix, et des veines blanches des deux côtés, dont la disposition sur le fond rosé, produit pour plusieurs, à première vue, l'effet des trois lettres I. H. S. formée par le fond, et non par les veines; la croix semble sortir de la lettre H et cette lettre se trouve barrée par une ligne transversale de points en relief. Comment se fait-il que ce soit le seul rencontré jusqu'à présent, portant ces caractères si remarquables ? Ne serait-on pas autorisé à penser, vit la longévité bien comme de ces crustacés, que celui-ci fuit peut-être l'instrument même du miracle, instrument providentiellement rencontré et conservé, et père de l'espèce si rare à laquelle les Indiens ont donné le nom de l'illustre apôtre de l'Orient.


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Message  Monique Mer 18 Jan 2023, 6:46 am

Depuis la mort de notre saint, le nombre des résurrections obtenues par l'invocation de ses mérites, reconnues par la cotir de Rome, jointes aux actes de la canonisation, soit avant, soit après la publication de la bulle, s'élevait, en 1715, ait chiffre énorme de vingt-sept, dont quatorze avaient été obtenues depuis peu d'années. A cette époque, en 1715, l'évêque de Malacca avait constaté huit cents miracles clans son seul diocèse. Dans cette ville de Malacca, où le grand apôtre avait opéré tant de merveilles, il ne reste d'autres souvenirs de son passage et de ses magnifiques travaux, que les ruines de sa demeure ! Près du temple des protestants, an milieu même de leur cimetière, on montre à l'étranger un amoncellement de pierres, et   on lui dit que là fut la chapelle où saint François de Xavier célébrait chaque jour les saints mystères!... Les missionnaires anglais ont obtenu ce résultat.

Les protestants ont eu moins de succès sur la côte de la Pêcherie , auprès des, Palawars, qui se font encore un titre de gloire de descendre de ceux qui furent baptisés ou évangélisés par le grand Père, François de Xavier. Les missionnaires ont reconnu que la foi s'est conservée chez eux plus pure et plus vive que chez les autres peuples indiens.

Lorsque les Hollandais se furent rendus maîtres de la côte de la Pêcherie, ils s'emparèrent des églises et les missionnaires furent obligés de se cacher dans les forêts. Là, ils continuaient à exercer leur saint ministère, et les bons Palawars se rendaient tous les dimanches auprès d'eux, assistaient au saint sacrifice, et recevaient l'instruction qui devait les fortifier contre la doctrine des hérétiques. Les vainqueurs se voyant repoussés avec perte, toutes les fois qu'ils tentaient de gagner les Indiens à leur religion, font venir à. Batavia un ministre évangélique, bien certains que les Palawars ne résisteront pas à son éloquence. Le ministre attaque un chef de caste et s'efforce de lui faire comprendre et apprécier tous les avantages de la religion protestante. Le chef des Palawars l'écoute tranquillement jusqu'au bout sans lui opposer un seul mot, et lorsque l'éloquent ministre, fatigué de parler, s'arrête et demande à son auditeur ce qu'il pense de son raisonnement, celui-ci lui répond :

« La foi que nous professons nous a été prêchée par  le grand Père François de Xavier qui faisait autant de miracles qu'il disait de paroles. Si vous voulez nous faire croire à votre doctrine, prouvez-nous qu'elle est meilleure que la sienne, en faisant beaucoup plus de miracles qu'il n’eut a fait. Il a ressuscité cinq ou six morts sur cette côte, ressuscitez-en douze. Il guérissait plusieurs de nos malades, guérissez-les tous. Quand vous aurez fait cela, nous aviserons. »

Le ministre, jugeant qu'il perdrait son temps avec de tels hommes, se rembarqua en toute hâte.



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Message  Monique Jeu 19 Jan 2023, 5:15 am

A Cotate, où les miracles de l'apôtre des Indes se continuaient en proportion de la foi et de la confiance des pèlerins, il arriva un fait bien remarquable le jour de la fête, 3 décembre de l'aimée 1699, et que nous trouvons dans une lettre du P. Martin, datée du 1er juin 1700. Ce missionnaire se trouvait à Cotate au moment de l'évènement. Tous les peuples de la côte de la Pêcherie et de celle de Travancor étaient accourus en pèlerinage à l'église de cette ville pour la fête du grand Père. Les idolâtres et les mahométans aussi bien que les chrétiens, car la dévotion à l'apôtre de l'Orient est commune dans les Indes à toutes les religions.

Un païen, dont le fils unique était menacé de perdre la vue, avait promis au grand Père, s'il guérissait son jeune enfant, de donner huit fanons, le fanon est une pièce de monnaie de la valeur de vingt-cinq centimes, à son église de Cotate. L'enfant guérit, et le père se joint à la foule des pèlerins, pour remercier le saint et lui faire son offrande. Eu sortant de l'église, avec son enfant dans ses bras, il s'aperçoit que ses yeux sont dans un état bien plus fâcheux encore qu'avant leur guérison; l'enfant n'y voyait plus! Le malheureux pore rentre dans l'Eglise, s'écrie qu'il a péché, qu'il mérite la punition que le grand Père lui inflige, car il avait promis huit fanons et il n'en a donné que cinq. Il se hâte d'ajouter les trois autres; il prend de l'huile à la lampe du saint, il en frotte les veux de l'enfant... Le mal disparaît aussitôt. La foule immense qui remplissait l'église fat témoin de ce double miracle.

Xavier est regardé par les païens comme leur divinité la plus favorable, et il est incroyable combien ils en obtiennent de grâces.



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Message  Monique Ven 20 Jan 2023, 7:06 am

Pendant le séjour du Père Martin à Cotate, il fut témoin d'un autre fait non moins extraordinaire que le précédent. Ces peuples sont dans l'usage de s'associer au nombre de cinq cents on de mille. Chacun des associés dépose tous les mois dans une bourse commune un fanon seulement. Lorsque la somme s'est élevée an chiffre convenu, on se réunit, chaque associé écrit son nom sur nu billet, les billets sont jetés dans une urne, on les ballotte,un enfant met la main dedans, retire un billet, et celui dont ce billet porte le nom reçoit la somme entière.

Un des premiers jours de décembre 1699, un païen entre dans l'église de Cotate, et dit tout haut à notre saint :

« Grand Père, je suis engagé clans deux loteries; si vous me faites gagner la première, je vous donnerai cinq fanons; je vous le promets. »

Cela fait, le païen, ravi de sa bonne pensée et bien certain de gagner puisqu'il a promis une part au grand Père, se rend à la réunion et annonce d'avance que son nom sortira... Et son nom sort en effet an milieu des cris de joie de tous les associés. L'heureux gagnant court à l'église, dépose les cinq fanons, remercie le grand-Père, et lui promet de doubler cette somme s'il le fait gagner à la seconde loterie. Il revient sur la place, annonce qu'il va être proclamé de nouveau, et son nom est encore sur le premier billet sorti de l'urne, malgré tous les moyens employés pour éviter toute supercherie !



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Message  Monique Sam 21 Jan 2023, 6:10 am

Cette église de Cotate est élevée, sur l'emplacement même de la cabane où saint François de Xavier se retirait le soir, après avoir passé la journée tout entière à prêcher, à confesser où à baptiser. La tradition du pays rapporte que les païens y ayant mis le feu une nuit, pendant qu'il y était en oraison ; la cabane fut réduite en cendres, mais le saint fut trouvé en extase, n'ayant pas la moindre brûlure; ses vêtements mêmes avaient été respectés par les flammes, et il n'apprit l'évènement qu'en voyant les traces du feu. Les chrétiens, en mémoire de ce miracle, plantèrent une croix sur le lieu où il s'était opéré; cette croix devint un pèlerinage célèbre où on obtenait tant de faveurs, qu'une église y fut élevée aussitôt après la canonisation de l'illustre apôtre. A Nécapatam, on montre une petite église que les habitants assurent être bâtie sur le lieu où il prêchait.

En 1832, le R. P. Moré allant à Calcuta, s'arrêta sur la côte de Comorin ; les Palawars à qui il dit être frère de leur grand Père François de Xavier, l'entourèrent aussitôt, et le supplièrent avec larmes de rester avec eux, lui promettant de l'aimer et de lui obéir. Le grand nom de Xavier est encore tout-puissant sur ces peuples.

Mais ce n'était pas seulement dans les Indes et dans le Japon que ce nom était invoqué avec un succès qui dépassait les espérances; dans toutes les parties du monde, il répondait par des faveurs à ceux qui imploraient sa protection.

Le Père de Arce, d'origine espagnole, professait la philosophie, depuis trente ans, au collège de Cordoue du Tucuman. Il est attaqué d'une maladie mortelle; les progrès en sont rapides ; il se résigne de grand cœur et fait le sacrifice de sa vie. Il était au plus mal, lorsque, poussé par une inspiration trop forte pour lui résister, il invoque la grande gloire de la Compagnie de Jésus, François de Xavier, et lui promet de se vouer au salut des Indiens, si la santé lui est rendue. Au même moment, le Père de Arec se trouve délivré, de toute souffrance; il était guéri contre toute espérance, et si subitement, que, reconnaissant le miracle, ses supérieurs lui permettent de quitter l'enseignement pour les missions. Il va chez les féroces Chiquitos, il y fonde une mission à laquelle il donne le nom de Saint-François-Xavier, qu'elle porte encore, et, en 1715, il trouve, au milieu de ses travaux apostoliques, la palme glorieuse du martyre.



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Message  Monique Dim 22 Jan 2023, 7:00 am

Dans un des fréquents tremblements de terre de San-Iago, capitale du Chili, le palais épiscopal fut renversé. L'évêque, don Gaspar de Villarcelo, fut enseveli sous les ruines ; mais il avait invoqué le grand apôtre des Indes orientales au moment de l'écroulement, lui promettant de faire quelque chose à sa gloire s'il le préservait de cette mort inévitable. Le pieux prélat fut retrouvé plein de vie sous les décombres; il n'avait pas reçu la moindre blessure, il n'avait pas même été contusionné ! En reconnaissance de ce miracle, il composa en latin les litanies de saint François de Xavier, dont nous donnons plus loin la traduction.

En Italie, notre saint répondait par des merveilles à toutes les prières qui lui étaient adressées.

En 1633, le Père Marcel de Mastrilli, fils du marquis de Saint-Marzan, une des plus illustres familles de Naples, était mourant par suite d'une blessure grave à la tête. Un ouvrier, travaillant dans l'église, avait laissé tomber son marteau de plus de vingt pieds de haut; le Père de Mastrilli l'avait reçu sur la tête, il avait été soigné aussitôt; mais tous les efforts de la science ayant été épuisés en vain, on avait administré le malade, qui n'attendait plus que la mort, lorsque saint François de Xavier lui apparaît et lui inspire un ardent désir d'aller au Japon pour y travailler à la gloire de Dieu et y mourir pour son nom. Il lui fait faire le vœu de partir sans retard: il pose sur la blessure de sa tète un reliquaire contenant un fragment de la croix du Sauveur, et lui fait prononcer en latin cette prière qui nous a été religieusement conservée : « O croix sacrée! et vous Sauveur adorable qui l'avez inondée de votre sang, je me consacré entièrement à vous pour toujours ! Je vous supplie de m'accorder la faveur de répandre tout mon sang pour votre saint nom ! J'implore cette grâce que l'apôtre François de Xavier n'a pu obtenir! Je renonce à ma patrie, à ma famille, à mes amis, à tout ce qui pourrait entraver on retarder mon départ pour la mission des Indes, et je me voue sans réserve au salut Êtes Indiens, en présence de mon Père saint François de Xavier. »



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Message  Monique Lun 23 Jan 2023, 7:42 am

Après ce vœu, la santé fut subitement rendue au malade; le grand apôtre lui promit la couronne du martyre, et lui dit qu'il s'emploierait près de Dieu pour tous ceux qui l'invoqueraient avec foi et confiance pendant neuf jours de suite; puis il disparut.

Le Père de Mastrilli se lève aussitôt après cette vision, dans les meilleures conditions de santé; il dit la messe le lendemain et produit un étonnement général. Toute la ville de Naples savait que, la veille, on n'attendait plus que son dernier soupir, et tout le monde voyait ou apprenait qu'il était parfaitement guéri. Le pape Urbain VIII et Philippe IV, roi d'Espagne, voulurent le voir et entendre de sa bouche le récit de ce miracle; il se rendit à leur désir ; puis, il s'embarqua pour Goa, et après avoir fait présent au grand Xavier dun magnifique tombeau, en reconnaissance de la faveur qu'il en avait reçue, il partit, avec l'agrément de ses supérieurs, pour aller faire la conquête de la couronne qui lui avait été promise. Arrivé au Japon, il écrit à son père:

« J'espère que saint François de Xavier achèvera son œuvre; par un miracle il m'a rendu la vie, par un miracle il m'a conduit aux Philippines, par un miracle il m'a ouvert l'entrée de ce Japon tant désiré; j'espère que par un miracle je me verrai un jour au milieu des bourreaux. » Il eut en effet le bonheur d'être martyrisé au Japon, le 17 octobre 1637.

La guérison si prompte du Père de Mastrilli, les circonstances merveilleuses qui l'avaient précédée et suivie, eurent d'autant plus de retentissement, que la famille de Saint-Marzan occupait un rang plus élevé dans la noblesse napolitaine. La neuvaine à saint François de Xavier devient en peu de temps une dévotion populaire si vive, si ardente, qu'en 1652, les Calabrais firent publier un volume considérable des grâces extraordinaires qu'ils avaient obtenues par l'intercession de l'apôtre des Indes. Ce volume contient cent-quarante-deux relations de faits miraculeux dus à sa protection.



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Message  Monique Mar 24 Jan 2023, 7:15 am

Le Père Portier, de la Compagnie de Jésus, missionnaire en Grèce, souffrait depuis longtemps d'une jambe dont la science ne pouvait même plus soulager les violentes douleurs. Il se déclare une plaie, la carie attaque les os, les chirurgiens annoncent au malade qu'il faut en venir à l'amputation; mais ses supérieurs désirent que cette cruelle opération soit faite en France, et lui ordonnent de se rendre à Paris, dans l'espoir que l'habileté reconnue des opérateurs français lui rendra l'amputation moins douloureuse, et que les suites en seront mieux soignées. Le Père Portier s'embarque à Constantinople, en 1690. A peine embarqué, il sent une si forte inspiration de prier saint François de Xavier de le guérir, qu'il lui promet de faire en son honneur la dévotion des dix vendredis (1), et il la commence dans la même semaine. Dès le troisième vendredi, les douleurs cessent; les parties des os que la gangrène avait atteints se détachent et tombent. Le malade, voulant aider le saint dans son œuvre merveilleuse, imagine de mettre sur cette plaie, si bien en voie de guérison, un appareil de sa façon, qui, selon lui, devait bientôt achever le miracle commencé. Mais saint François de Xavier ne voulait. pas de moyens humains, il n'avait nul besoin d'être aidé, et il le prouva aussitôt au bon Père, en lui rendant, immédiatement, toutes les douleurs dont il avait si cruellement souffert pendant plus de deux ans. Le Père Portier, suffisamment averti, retira les ingrédients dont le saint témoignait pouvoir se passer; les souffrances cessèrent de nouveau, et peu de jours après, la plaie était fermée, la jambe était parfaitement guérie, il ne restait qu'une cicatrice, comme souvenir de l'œuvre divine obtenue par l'intercession et les mérites de l'apôtre de l'Orient.

A la fin du siècle dernier, Rome, la ville éternelle, avait eu la douleur de voir la Compagnie de Jésus, toujours poursuivie par la haine du vice et de l'impiété, dépouillée, incarcérée, dispersée, enfin supprimée.... L'enfer voulait l'enlever à la terre. Les Romains n'invoquaient pas avec moins de confiance les grands saints que l'illustre société de saint Ignace de Loyola avait donnés au ciel.


1 Cette dévotion consiste dans la récitation de dix Pater, Ave et Gloria Patri en l'honneur des dix années de l'apostolat de saint François de Xavier dans les Indes; cet exercice doit être renouvelé dix vendredis de suite.



A suivre...
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Message  Monique Mer 25 Jan 2023, 6:54 am

En 1788, Annonciade Quartieroni voyait son enfant près de mourir, des suites de la petite vérole. Gaspard avait deux ans seulement, il était l'unique joie, l'unique espérance de ses parents. Annonciade appelle à son secours l'apôtre de l'Orient; elle lui (lit sa douleur de mère et met son petit Gaspard sous sa protection spéciale. Au même instant, elle voit l'enfant revenir à la santé : saint François de Xavier lui prouvait que cet enfant était devenu sien.

Antoine de Buffalo et Annonciade Quartieroni sa femme durent rappeler souvent à leur fils le miracle qui l'avait rendu à la vie; ils durent lui inspirer une tendre reconnaissance envers son saint protecteur, car dès l'âge de cinq à six ans, le petit Gaspard aimait à se recueillir et à prier dans l'église du Gesu, devant l'autel de saint François de Xavier. Plus tard, élevé au sacerdoce, brûlant de zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, il fonda plusieurs établissements de piété on de charité, entre autres les Frères d'Elite de saint François Xavier ou Ristretta et la Congrégation du Précieux-Sang. Cette congrégation, le chanoine Buffalo voulut la placer sous le patronage de notre saint, en mémoire du sang miraculeux répandu chaque vendredi de l'année 1552 par le crucifix de l'oratoire du château de Xavier. Entre les pratiques de piété recommandées par les statuts, le fondateur indique la neuvaine au saint protecteur de la Congrégation du Précieux-Sang, saint François de Xavier.

A Bologne, où notre saint, alors au début de son apostolat, s'était acquis tant de confiance et tant d'amour, son souvenir se conservait vivant dans tous les cœurs et à la sollicitation des habitants, la chambre qu'il avait autrefois habitée dans le presbytère de la paroisse de Santa-Lucia, fut transformée en une chapelle où le peuple accourait avec empressement pour demander à son apôtre chéri les grâces désirées, avec le plus d'ardeur. Bientôt l'église de Santa-Lucia fat donnée à la Compagnie de Jésus, ainsi que le presbytère qui y était attenant; et, plus tard, lorsqu'on l'abattit pour en construire une nouvelle sur de plus vastes proportions, le presbytère fuit détruit pour lui donner son emplacement, mais la chapelle de saint François de Xavier fut conservée parfaitement intacte et se trouva comprise dans l'enceinte de la nouvelle église. Par suite des persécutions qui ont si souvent honoré la sainte, Compagnie de Jésus, cette chapelle fut ravie tout à coup à la tendre dévotion du peuple. On la dédia à la Circoncision, mais on ne put faire oublier aux Bolonais que là avait demeuré le grand Xavier, l'illustre apôtre que leurs pères se faisaient une si grande gloire d'avoir connu, et qui avait manifesté par de nombreux prodiges le souvenir qu'il conservait au ciel pour la ville où il fut si tendrement vénéré.


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Message  Monique Jeu 26 Jan 2023, 6:44 am

La dévotion à notre saint s'étendit en Allemagne; comme partout elle y obtint des merveilles, et, vers la fin du siècle dernier, on publiait à Oberbourg un volume considérable des faveurs signalées qu'il avait répandues sur la haute et basse Styrie.

Au château de Xavier, les miracles étaient innombrables. On avait fait une chapelle de la chambre dans laquelle il était né, et les pèlerins s'y portaient en foule. La Navarre le choisit -pour patron, et, aujourd'hui encore, tous les Navarrais donnent an baptême le nom de Xavier à leurs enfants, et les pèlerinages sont toujours nombreux à cette chapelle, livrée au publie par les descendants de la famille de notre saint. Tous ont conservé, avec un religieux respect, ce noble manoir, illustré par de si glorieux souvenirs. Le château de Xavier est encore ce qu'il était en 1524, alors que don Francisco s'en éloignait pour toujours... La chapelle de la noble famille est restée ce qu'elle était, au temps où l'heureuse et triste mère du grand apôtre de l'Orient allait y puiser la force de remercier Dieu de tant de souffrance et de bonheur. Le crucifix miraculeux est encore à la place où don Francisco le laissa; le sang merveilleux, coagulé depuis le jour où l'apôtre des Indes monta au ciel, se voit encore maintenant. A la fin du dix-septième siècle, quelques pèlerins avant osé en enlever des parcelles, l'évêque de Pampelune, averti de cette pieuse témérité, menaça d'excommunication quiconque oserait la renouveler. Depuis longtemps, le publie n'a plus l'entrée de cette chapelle; il faut une autorisation particulière pour être admis à contempler le précieux crucifix.

En 1744, sur l'ordre du roi Jean IV, l'archevêque de Goa et le marquis de Castel Nuovo, vice-roi des Indes, accompagnés de tous les grands dignitaires, firent la visite des restes de saint François de Xavier, et constatèrent, avec toutes les formalités requises, la parfaite conservation de son corps. Le pape Benoit XIV, voyant les miracles sans nombre qu'on obtenait chaque jour par ses mérites, le déclara protecteur de l'Orient, par un bref du 24 février 1747.


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Message  Monique Ven 27 Jan 2023, 7:34 am

En 1782, le Père Cicala, de la Congrégation des Lazaristes, assista à l'exposition des reliques du grand apôtre, les 10, 11 et 12 février. Il écrivait que le concours du peuple avait été si considérable cette année-là, qu'il dépassait tout ce qu'on avait vu depuis trente ans, de son empressement à venir visiter le saint tombeau. On y était accouru de toutes les parties des Indes. Le cercueil, de huit pieds de longueur de deux pieds de hauteur et fermé par trois serrures, fat ouvert en présence de l'évêque de Cochin, administrateur du diocèse de Goa, de tout le clergé, de tous les Ordres religieux, du vice-roi et de tous les grands dignitaires et magistrats. Le corps du saint était entièrement recouvert d'un voile d'étoffe de soie qu'on enleva, et tous les assistants parent contempler ce qui restait du grand apôtre de l'Orient. Il était revêtu des habits sacerdotaux; sa chasuble, présent de la reine de Portugal, (1) et brodée de sa main, était de la plus grande fraîcheur. Le corps n'avait pas le moindre indice de corruption; mais il n'avait plus les apparences de vie qu'il avait conservées durant plus d'un siècle. « La peau, écrivait le P. Cicala, la peau, et la chair qui est desséchée, est totalement unie avec les os; on voit un beau blanc sur la face; il ne lui manque que le bras droit qui est à Rome, et deux doigts du pied droit, ainsi que les intestins. Les pieds surtout se sont conservés dans la plus grande beauté.(2)

En 1859, le roi de Portugal, don Pedro V, ordonnait une nouvelle identification de l'état du saint corps. L'un des médecins appelés, juge cet ordre téméraire, car il y a plus de trois siècles que ces restes précieux sont dans le tombeau. Il se trompait; le procès-verbal que nous reproduisons ici en fait foi.


1 Il est d'usage que les reines de Portugal brodent de leurs propres mains la chasuble de laquelle est revêtu le corps du saint. Tous les vingt ans on fait l'ouverture de la châsse et on change la chasuble; la vieille est envoyée à la cotir, qui en fait ses générosités à qui elle juge, à propos. (Note de M. Perrin, citée par M. Crétineau-Joly, dans l'Histoire de la Compagnie de Jésus.)

2 Le P. Cicala ajoute: « Il est à observer que le saint était de stature très-basse. » Le 4 décembre 1859, Monseigneur Catioz, vicaire apostolique du Maduré, accompagné des BR. PP. Gard et Charmillot, demandait, en présence du saint corps, à l'un des trois médecins appelés à l'ouverture du tombeau, la raison d'un tel raccourcissement. Le docteur l'expliqua par l'absence de plusieurs cartilages, enlevés sans doute, ainsi que les intestins, pour en faire des reliques.




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HISTOIRE DE SAINT FRANCOIS DE XAVIER - Page 15 Empty Re: HISTOIRE DE SAINT FRANCOIS DE XAVIER

Message  Monique Sam 28 Jan 2023, 5:52 am

PROCÈS VERBAL DE L'OUVERTURE DU TOMBEAU DE SAINT FRANÇOIS DE XAVIER
Le 12 octobre 1859.


L'an mil huit cent cinquante-neuf de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le 12 octobre, à neuf heures du matin, dans l'église du lion-Jésus, ancienne maison professe des prêtres de la Compagnie, située dans l'antique ville de Goa, oit se trouvent le tombeau et le corps de saint François-Xavier, ont comparu le très-illustre et excellentissime seigneur vicomte de Torres-Novas, gouverneur-général de l'état de l'Inde ; le gouverneur de l'archevêché de Goa, la cour de justice, la Chambre municipale de l'arrondissement des îles et les autres corporations, autorités et chefs des administrations de cet Etat, soussignés, lesquels avaient été invités pour assister à l'ouverture dudit tombeau, dans le but de connaître l'état oit se trouve le corps du même saint, en vertu de l'autorisation concédée par Sa Majesté, par un décret du ministère de la marine et d'outre-mer, n° 100 du 11 septembre de l'année indiquée et transcrit ci-dessous.

Et aussitôt avec les clefs qui existaient dans la secrétairerie du gouvernement général, et qui out été présentées dans cet acte, on a ouvert le coffre ont est le corps du saint, et on l'a trouvé revêtu d'habillements sacerdotaux; puis, les médecins composant la commission sanitaire le médecin en chef Edouardo de Freitas et Almeida, le chirurgien en chef Jozé Antonio d'Oliveira et le chirurgien de ter classe Antonio Jozé da Gama, ayant procédé à l'examen du corps, ont trouvé le crâne revêtu, sur le côté droit, du cuir chevelu respectif, où se voient encore quelques rares cheveux, et complètement découvert du côté gauche. La face tout entière est revêtue d'une peau sèche et obscure avec une ouverture du côté droit communiquant avec le creux maxillaire du même côté, et qui paraît correspondre à l'endroit de la contusion dont parle le procès-verbal dressé le 1er janvier 1782; des dents visibles, il ne manque qu'une des incisives inférieures, les deux vieilles existent.

Le bras droit manque, la main gauche est complète, y compris les ongles, ainsi qu'il est dit dans le procès-verbal de 1782; l'abdomen est couvert d'une peau sèche et tant soit peu obscure; le ventre ne contient pas les intestins; les pieds sont couverts d'une peau également sèche et obscure, laissant apercevoir la saillie des tendons; il manque an pied droit le quatrième et le cinquième doigt; mais, pourtant, il existe encore de l'un d'eux des restes de peau et des phalanges dans un état très-spongieux; conformément à cette vue, il a été décidé que le corps et les reliques du même saint sont dans un état tel, qu'ils peuvent être exposés à la vénération publique, afin d'exciter et d'augmenter la dévotion des peuples; et de tout ce qui a été dit, moi, Christorauo Sebastiano de Xavier, grand officier de la secrétairerie du gouvernement général de cet Etat, ai rédigé ce procès-verbal, au bas duquel ont signé toutes les corporations et autorités ci-dessus mentionnées. Et moi, Joaquim Heliodoro da Cunha Rivera, secrétaire du gouvernement général, l'ai fait écrire, Vicomte de Torres Novas. Le gouverneur de l'archevêché, Gaetano Peres, etc .... suivent 57 signatures.


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Message  Monique Dim 29 Jan 2023, 7:11 am

Ajoutons ici la description du tombeau de notre saint donnée au journal l'Univers par son correspondant de Lisbonne ;

« La grandeur du couvent du Bon-Jésus et la somptuosité de l'église méritent de fixer l'attention. C'est dans cette église que repose aujourd'hui le corps de l'apôtre de l'Inde, saint François-Xavier, fondateur de la Compagnie de Jésus à Goa, déposé dans un cercueil de cuivre doré et parfaitement ciselé. Ce cercueil est placé dans nu superbe mausolée de marbre noir d'Italie, appuyé sur trois autels qui occupent les trois faces du mausolée, où sont sculptées sur le marbre, en bas-relief, et avec beaucoup d'art, les actions principales de la vie de ce saint apôtre. Ce monument, riche et précieux, mérite d'être admiré dans tous ses détails. C'est dans cette église que venaient autrefois prendre possession du pouvoir les anciens vice-rois et les capitaines-généraux, les gouverneurs-généraux actuels continuent cet usage, en pratiquant les mêmes formalités. La sacristie est en tout proportionnée à la magnificence de ce temple, et l'on y rencontre une belle collection de peintures et de tableaux.

« Derrière le tombeau en se rendant de la sacristie au couvent on voit un tableau représentant saint François-Xavier. C'est, dit-on, son véritable portrait, tiré peu de temps après sa mort. Près de la porte de ce temple majestueux, on lit l'inscription suivante.

« Sépulture de D. Jeronymo Mascarenhas, capitaine de Cochin et d'Ormuz, qui a élevé cette église à ses frais; et, par reconnaissance, la Compagnie de Jésus lui a consacré ce lien. »


Sur une colonne d'entrée de la porte principale, on lit:

« Reverendissimus et illustrissimus D. Alexis Menesius, archiepiscopus Goanensis, Indiae primas, Anno Domini MDCVI. d. ma. » (Annales maritimes et coloniales. Année 1843, p. 214.)


Il avait été annoncé que l'exposition du saint corps serait publique depuis le 2 décembre jour de la mort du grand apôtre des Indes, jusqu'au 11 janvier 1860 Mais déjà on comptait plus de trente mille étrangers accourus à Goa avant le jour de la vérification juridique de la sainte relique. « Les rues désertes de la ville de Goa, dit le Jornal do commercio, rédigé dans un esprit peu catholique d'ordinaire, ont vu défiler une foule de peuples appartenant à toutes les sectes et à toutes les religions. La rivière était couverte d'embarcations, et le temple majestueux du Bon-Jésus, où est enterré le saint, était rempli de personnes distinguées accourues à cet acte solennel. Un autre acte semblable, et qui avait excité peut-être moins d'enthousiasme avait eu lieu, il y a plus de 77 ans, le 1er janvier 1782 ; mais peu de personnes y avaient assisté. » Monseigneur Canoz, de la Compagnie de Jésus, évêque de Tamase et vicaire apostolique du Maduré, invité à faire partie des pèlerins auxquels le gouverneur de Bombay avait offert son steamer pour se rendre à l'exposition solennelle du saint corps, va nous donner l'intéressante description de cette cérémonie, et nous dire le bonheur qu'il goûta près du tombeau vénéré de notre illustre saint. Nions trouvons ces détails dans la lettre qu'il écrivit an révérend Père Bekx supérieur général de la Compagnie de Jésus; elle porte la date du 10 décembre 1859.


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Message  Monique Lun 30 Jan 2023, 7:20 am

L'église du Bon-Jésus attenante à l'ancienne maison professe de la Compagnie, et bâtie par don Pedro de Mascarenhas, en 1592, n'a, dit-il «qu'une seule nef très-large, et deux bras de croix; au fond desquels se trouvent d'un côté l'autel de saint François Xavier, et de l'autre celui de saint François de Borgia. Le grand autel est à saint Ignace ....

« Derrière la chapelle de saint François Xavier, s'élève le fameux monument érigé à la mémoire de l'apôtre des Indes par le grand-duc de Toscane en 1653, et qu'on aperçoit à travers une large grille en bronze doré et artistement travaillée. On regrette qu'il soit enfermé dans un espace étroit et obscur, qui ne permet pas de l'apprécier comme il le mérite. Il est composé de marbre blanc laissant aux quatre côtés de la base nu large espace, libre pour un autel. La seconde partie du monument, placée sur cette base, est ornée dans le milieu de bas-reliefs en bronze; ils représentent, d'un côté, le Saint baptisant de pauvres infidèles, de l'autre côté prêchant les vérités du salut, et, sur une troisième face, mourant, abandonné dans File de Sancian, à la vue de la Mine. Enfin la troisième partie, qui diminue graduellement de largeur en s'élevant, est surmontée par une magnifique châsse d'argent, contenant le corps du Saint et ornée de petites colonnes entre lesquelles sont enchâssés des vitraux. On avait déjà descendu cette châsse pour la placer sur une estrade élevée an milieu du transept de l'église, et couverte d'un tapis vert; mais la caisse, garnie d'une riche étoffe, qui renferme le saint corps, en avait été retirée et déposée sur une des tables de marbre du monument, où il était permis aux fidèles de le vénérer. Un jour, après avoir dit la sainte messe à l'autel opposé, je vins me prosterner devant cette caisse que j'embrassai avec effusion de Cœur; et, jusqu'à l'arrivée de la foule des pieux pèlerins, je prolongeai avec délices mon action de grâces, méditant sur les vertus et les mérites du Saint que le même corps de Jésus-Christ, que je venais de recevoir, avait sanctifié d'une manière si prodigieuse.

« Enfin, le grand jour de la fête de saint François Xavier était venu et annoncé solennellement par le son majestueux des cloches de la cathédrale et de toutes les églises de la cité, ainsi que par les décharges de l'artillerie. Les troupes réunies à cette occasion défilaient, musique en tête, devant la façade de l'église du Bon-Jésus, et allaient s'échelonner sur la route par laquelle devait arriver le gouverneur. Les chanoines de la cathédrale et le clergé étaient déjà rendus à la chapelle du monument, attendant Son Excellence. Aussitôt qu'il fut arrivé, à dix heures précises, commença la procession, qui, traversant le large corridor du cloître entra dans l'église. La caisse était portée par six chanoines en chape de drap d'argent, sous un baldaquin, et suivie du gouverneur, de son état-major et de tous les officiers civils et militaires de la colonie, convoqués à cette belle cérémonie. On s'arrêta en présence de la barrière du sanctuaire, pour ouvrir la caisse et en enlever la partie supérieure. Alors le corps du saint, mis à découvert, fut glissé dans l'intérieur de la châsse, et bientôt après commença une messe solennelle en musique, qui fut interrompue par le panégyrique de l'apôtre des Indes.


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Message  Monique Mar 31 Jan 2023, 7:54 am

« L'administrateur du diocèse nous avait préparé une place dans la tribune, d'où nous pouvions contempler à notre aise la procession religieuse. Pour le sermon, impossible d'entendre une seule Parole, à cause de notre éloignement et du bruit de la foule, qui allait et venait, se pressant près de' la tombe sacrée, sans faire attention au prédicateur qu'elle ne pouvait comprendre ......

« La messe finie, un des officiers de service vint me chercher ainsi que mes deux compagnons, le P. Gard et le P. Charmillot, arrivés la veille de Belgaum, pour nous introduire dans le sanctuaire au moment où on allait procéder au baisement des pieds du saint. Je m'arrêtai en présence de la châsse, pénétré de dévotion, laissant volontiers passer devant moi tous les chanoines et les clercs en fonctions. Je ne saurais vous exprimer, mon T. R. Père, l'émotion et le sentiment de joie, de bonheur que j'éprouvai en collant mes lèvres sur ces pieds sacrés qui ont parcouru tant de régions lointaines, et foulé si souvent cette terre de l'Inde, pour annoncer à tant de peuples divers, plongés dans les ténèbres de l'idolâtrie, la bonne nouvelle de la paix et du salut : Quam speciosi pedes evangelizantium pacem, evangelizantium bona ! Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui évangélisent la paix, qui évangélisent les biens !


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Message  Monique Mer 01 Fév 2023, 7:32 am

« Que Dieu est admirable dans ses saints, et comme il se plaît à les glorifier, même ici-bas, eux qui n'ont travaillé que pour sa gloire ! Je me considérais comme député avec mes deux compagnons, au nom de toute la Société, à une si touchante cérémonie, et je priais, avec toute la ferveur dont j'étais capable, pour l'Eglise et son chef dans les graves conjonctures où il se trouve actuellement; pour toute la compagnie et pour celui qui la gouverne; et pour les missions de l'Inde et de la Chine, unissant dans mon Cœur Maduré et Bombay, demandant pour tous nos missionnaires l'esprit apostolique de saint François Xavier, et, pour les peuples infidèles, des grâces de conversion.

« Mon esprit, livré à une foule de réflexions pieuses, ne pouvait s'arracher de ce lien béni. Je n'étais point satisfait de ce premier acte de vénération; j'y revins le soir, j'y revins le lendemain. Mais pour contenter plus à mon aise ma dévotion et une religieuse curiosité, je désirais être admis à une visite privée; j'en avais déjà parlé au chanoine Pereira, vicaire général, chargé de présider le dimanche à la vénération des saintes reliques. J'en parlai encore à l'administrateur, puis an secrétaire du gouverneur, et je réussis. Il se trouva qu'on avait oublié d'insérer sous la caisse une planche à rebords et garnie de petites roulettes, qui devait faciliter le mouvement journalier de la caisse avant et après le baisement des pieds.

Le milieu du jour fut fixé pour cette opération, et j'y fus invité avec mes compagnons. Vous pouvez penser si nous fûmes fidèles ait rendez-vous. J'aidai moi-même à soulever le précieux fardeau qui fuit déposé sur l'estrade en avant de la châsse, de manière à nous laisser tout le loisir de contempler le corps saint. Il est couvert d'une riche chasuble, brodée en or et garnie de perles, présent d'une reine de Portugal en 1699, lorsque saint François Xavier fut déclaré défenseur des Indes. Mais ce n'était pas là ce qui attirait notre attention ; nous étions occupés à faire tomber des objets de piété, images, médailles et chapelets à ses pieds sacrés.

A cette occasion, un des assistants me remit nu ruban rose, mesure de la longueur du corps, que j'envoie à Votre Paternité. J'aidai de nouveau à remettre la caisse dans la châsse; et c'est alors surtout que, m'agenouillant près de cette tète vénérable, je tue mis à contempler seul ce visage d'apôtre, qui semblait prêcher encore toutes les vertus apostoliques dont il a laissé au monde de si beaux exemples, et surtout cette maxime salutaire qui, tombée de la bouche d'Ignace, avait fait sur lui une, impression si  profonde et si durable, exercé une si merveilleuse influence sur sa conversion et son dévouement entier au service de Dieu; cette maxime qu'il inculquait à tous, spécialement aux heureux du monde et aux princes de la terre , qui en avaient un plus grand besoin : « Quid prodest homini si mundum universum lucretur, animae vero suae  detrimentum patiatur ? »
Que sert à l'homme de gagner l'univers, s'il vient à perdre son âme ?


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Message  Monique Jeu 02 Fév 2023, 7:00 am

On reconnaît encore les traits de cette figure de héros, que trois siècles n'ont pu effacer. La peau qui couvre le visage est un peu basanée; la bouche entr'ouverte laisse apercevoir les dents; vous distinguez les lèvres, le nez, les tempes; on dirait voir épars sur le crâne des cheveux grisâtres, comme incrustés dans la peau; la tête est un peu soulevée, appuyée sur un coussin. Le bras gauche, couvert par les manches d'une aube précieuse étendue sur la chasuble, laisse à découvert la main tout entière, dont les doigts restent suspendus et un peu séparés les uns des autres. On sait que le bras droit fut coupé en 1616 par ordre du P. général Aquaviva et transporté à Rome, où il est exposé au Jésus, à l'autel de saint François de Xavier. Depuis cette amputation, faite dans une grande salle de la maison professe, le corps du saint a perdu cette fraîcheur et cette souplesse qu'il avait retenues jusque-là. Les pieds ont conservé toute leur forme et tous les doigts, excepté les deux petits du pied droit qui ont été enlevés; on distingue même les ongles. J'entre dans ces mêmes détails, parce que je suis persuadé qu'ils feront plaisir à Votre Paternité et à ceux des nôtres qui les liront et qui sans doute envieront mon bonheur d'avoir vu de mes yeux ces restes miraculeusement conservés, qui nous prêchent si fortement, la pénitence et la mortification, en nous faisant voir déjà sur la terre la gloire de ces membres crucifiés pour le service de Dieu...

Un fragment du bras droit, nous l'avons dit, avait été accordé au collège que la Compagnie de Jésus avait établi à Macao ; mais sous l'influence on plutôt sous la domination anglaise, le collège des Jésuites fut transformé en caserne, l'église seule fut conservée. En 1834, une imprudence des soldats mit le feu à la caserne, les secours furent mal dirigés, l'incendie dévora les bâtiments, gagna l'église et ne laissa que des ruines... Nous nous trompons : au milieu de cette grande et déplorable destruction, un miracle frappant fut constaté : quatre statues seulement avaient été respectées par les flammes; quatre statues seulement étaient restées debout, et toutes les quatre parfaitement intactes : c'étaient celles de saint Ignace de Loyola, de saint François de Xavier, de saint François de Borgia et de saint Louis de Gonzague.

De nombreuses reliques des martyrs du Japon disparurent dans ce désastre... Celle de saint François de Xavier fut seule sauvée !


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Message  Monique Ven 03 Fév 2023, 8:44 am

Nous pourrions citer des faits plus récents encore, attestant que la puissance des mérites de l'illustre apôtre dont il nous a été si doux d'écrire l'admirable vie est bien loin d'être affaiblie; mais nous nous bornerons à affirmer qu'on ne l'invoque pas en vain. En Belgique, il s'est formé une association pour la conversion des pécheurs, sous le patronage et l'invocation de saint François de Xavier, et cette association obtient de nombreux miracles de conversion.

Qui ne sait le bien qui s'opère dans une association d'un autre genre, fondée à Paris, pour les ouvriers, sous le même patronage et la même invocation? Et qui ne sait les progrès merveilleux et toujours croissants de celle de la Propagation de la Foi également placée sous sa protection? Un moyen sûr de toucher le cœur du grand apôtre de l'Orient est de prier pour la conversion des infidèles; qu'on veuille bien adopter dans ce but la récitation quotidienne de la prière que Dieu lui inspira, et qu'on lui demande tout ce qu'on désirera. Nous ajoutons que les pages qu'on vient de lire ont été inspirées par le sentiment de la plus profonde, de la plus vive, de la plus douce reconnaissance.

Gloire à Dieu ! Gloire à saint François de Xavier!


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Message  Monique Sam 04 Fév 2023, 7:04 am

P. S. Au moment de faire mettre sous presse, on nous signale un article de la Revue des Deux-Mondes, numéro du 15 décembre 1856, intitulé Les Anglais et l'Inde, et signé par un écrivain protestant, d'où il résulterait que Saint-François de Xavier n'a fait rien d'important pour le bien des Indiens. Nous n'avons pas lu cet article,et ne chercherons pas à le lire. Pour nous éclairer sur le magnifique apostolat du grand Xavier, il nous suffit du témoignage des écrivains catholiques, il nous suffit surtout et avant tout de celui de l'Eglise. Au reste, nous reproduirons, pour ceux de nos lecteurs qui auraient connaissance de l'article dont on nous a parlé, quelques citations que nous avons trouvées dans le P. Bouhours, et que nous avions négligé de rapporter, en raison de l'étendue de cet ouvrage. A la fin de la Vie de saint François de Xavier, le P. Bouhours nous fait connaître ait passage de Baldeus, écrivain protestant, et que l'évêque de Castorie cite dans sa lettre pastorale adressée aux catholiques des Provinces-Unies (1).

« Si la religion de Xavier s'accordait avec la nôtre, dit Baldeus, dans son Histoire des Indes, nous devrions l'estimer et l'honorer comme un autre saint Paul. Toutefois, nonobstant cette différence de religion, son zèle, sa vigilance et la sainteté de ses mœurs doivent exciter tous les gens de bien à ne point faire l’œuvre de Dieu négligemment, car les dons que Xavier avait reçus pour exercer la charge de ministre et d'ambassadeur de Jésus-Christ étaient si éminents, que mon esprit n'est pas capable de les exprimer. Si je considère la patience et la douceur avec lesquelles il a présenté aux grands et aux petits les eaux saintes et vives de l'Evangile, si je regarde le courage avec lequel il a souffert les injures et les affronts, je suis contraint de m'écrier avec l'Apôtre : Qui est capable, comme lui, de ces choses merveilleuses ? »


1 Cette lettre pastorale est placée en tête du Traité de la lecture de l'Ecriture sainte.


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Message  Monique Dim 05 Fév 2023, 7:44 am

Baldeus termine son éloge par cette parole remarquable, qu'il adresse à Xavier :

« Plût à Dieu, qu'ayant été ce que vous avez été, vous fassiez, ou eussiez été des nôtres !»

d'expériences dévotes, l'enthousiasme sentimental de nos bazars de religion, l'enthousiasme rhéteur des tréteaux où notre charité pérore, l'enthousiasme écrivassier de nos ascètes bien rentés; mais en quoi tous ces enthousiasmes ressemblent-ils à la ferveur intime, au frémissement divin, à la foi pleine de transports, apanage de François Xavier? »


Un ministre anglican, Richard HaIkwit, dans son Recueil de voyages, s'exprime ainsi :

« Sancian est une île sur les confins de la Chine, près le port de Canton, et célèbre par la mort de François de Xavier, ce digne ouvrier évangélique, ce divin maître des Indiens en ce qui concerne la religion, qui, après de grands. travaux et des peines infinies, souffertes avec patience et avec joie, mourut dans une cabane sur une montagne déserte, le 2 décembre de  l'année 1552, dépourvu de toutes les choses de ce a monde, mais comblé de toutes sortes de bénédictions spirituelles, ayant fait connaître Jésus-Christ à plusieurs milliers de ces peuples orientaux. Les histoires des Indes sont remplies des excellentes vertus et des œuvres miraculeuses de ce saint personnage.

Un autre protestant, Tavernier, dit, en parlant de l'île de Sancian:

« Saint François de Xavier finit en ce lieu sa mission avec sa vie, après avoir établi la foi chrétienne, avec a un succès admirable, dans tous les lieux où il avait passé, non-seulement par son zèle, mais aussi par l'exemple de sa sainteté. Il n'a jamais été dans l'empire chinois, mais il est bien probable que le christianisme qu'il établit dans l'île de Niphon s'étendit dans les pays voisins et se multiplia par les soins de ce saint homme, qu'on petit nommer à juste titre le saint Paul et le véritable apôtre des Indes. »

Nous recommandons ces auteurs protestants à celui qui a signé, dans la Revue des Deux-Mondes. Les Anglais et l'Inde, s'il est vrai qu'il ait jugé si différemment l'illustre apôtre de l'Orient.


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Message  Monique Hier à 6:36 am

TRADUCTION DE LA LETTRE QU'ÉCRIVIT L'INTERPRÈTE CHINOIS QUI ALLAIT AVEC SAINT FRANÇOIS DE XAVIER A LA CHINE, ET QUI SE TROUVA PRÈS DE LUI A SA MORT (1).



MON TRÈS-CHER PÈRE,


Puisque vous désirez savoir les circonstances de l'heureuse mort du Père Maistre François que l'assistant dans sa maladie, je veux vous donner cette consolation. Vous savez les ennuis et les travaux qui l'accueillirent dans Malaca; toute cette persécution ne l’empêcha pas d'effectuer son dessein. Nous partîmes nous deux de Malaca, et le vent nous fut si favorable, que dans peu de jours nous arrivismes à la hauteur de la cote de Chine, et néanmoins notre patron ne savait si nous avions passé le port où nous devions aller, ou s'il était encore devant nous. Le Père Maistre François le voyant ainsi chanceler lui dit que nous l'avions déjà passé, ce qui se trouva vrai. En même temps nous retournons sur nos pas et entrons dans le port de Sanciam avec bien de la joie. Les Portugais qui étaient dans ce lieu saint su que le Père Maistre François était arrivé, le vinrent tous recevoir et chacun à l'envi le voulaient loger parce que tous l'aimaient. Enfin Jorge Alvarez son intime ami fut le plus heureux; il le logea, et tous l'accompagnèrent pendant deux mois ou environ.

Le Père Maistre François n'eut pas plutôt descendu du bateau qu'il pria les Portugais de lui faire une petite église de paille pour y dire la messe et y enseigner la doctrine chrétienne aux enfants et aux esclaves, lesquels, bien qu'ils fussent en petit nombre, il enseigna néanmoins selon sa coutume avec un zèle et une charité incomparables. Il s'occupait aussi aux confessions de plusieurs personnes, et le temps qui lui restait il le donnait à demander l’aumône pour les pauvres et à converser avec les marchands chinois auxquels il ne parlait pas de la foi, mais de leurs entretiens ordinaires pour s'insinuer et s'y familiariser; il répondait à leurs demandes qui pour l'ordinaire étaient question de philosophie, comme de quoi était composé le monde, et il y satisfaisait si bien qu'ils se retiraient disant : Le Père François est homme de grande science et de grande vertu.

En même temps, un homme si dévot et affectionné au Père Maistre François qu'il ne perdait pas un jour sa messe, tomba malade, et dans cet état, comme ses serviteurs le portaient dans son vaisseau, ainsi qu'il l'avait désiré, le Père leur dit : Vous portez aujourd'hui dans son vaisseau Diogo de Sousavos, ainsi se nommait-il, et dans trois jours vous le rapporterez mort à terre pour l'enterrer. Ce qui arriva, et le Père sortit de son petit ermitage avec son surplis pour le recevoir et ensevelir comme il faisait à tous ceux qui moururent dans cette Ile tout le temps qu'il y fut, mais tous ses soins et toutes ses pensées étaient d'entrer dans la Chine pour y prêcher Jésus-Christ.

Il traita plusieurs fois de cette grande affaire avec les marchands chinois qui lui disaient que l'entrée de ce royaume leur paressait impossible, parce que le roi l'avait défendue à tous les étrangers, et châtiait rigoureusement ceux qui leur donnaient entrée. D'autres lui disaient que sa sainte vie leur semblait rendre cette entreprise-plus facile, enfin presque tous en jugeaient l'exécution impossible et très funeste. Mais toutes ces difficultés n'ébranlaient pas sa confiance. Lui qui avait un cœur plein et animé de grandes espérances en la bonté de Notre-Seigneur qui le voulait dans la Chine, il résolut, s'il ne pouvait passer de Sanciam à la Chine, d'aller au royaume de Siam pour passer de là dans ce grand royaume avec les ambassadeurs du roi de Siam, qui y sont envoyés tous les ans. Dans cette résolution, il fut attaqué d'une fièvre qui au commencement était petite, elle ne empêchait pas de dire la messe tous les jours; il se purgea par le conseil des Portugais ses amis, et se porta mieux.

Aussi lorsqu'il reprend ses exercices ordinaires de catéchisme et converse avec les Chinois, l'un desquels lui promit de le prendre et moi dans son vaisseau, et de nous exposer de nuit à la cote de Canton; car le Père n'en demandait pas plus, sans que personne en su rien, pour n'être pas mis à mort selon les ordonnances du roi. Le Père lui devait donner pour récompense du poivre que les Chinois estiment beaucoup, homme de cent cinquante séraphins, qui est une moyenne qui vaut trente sols et demi de France. Cela ainsi arrêté, le Père fut trouver le capitaine général des Portugais pour lui demander la licence de partir. Il la lui accorda, mais il le pria d'en différer l'exécution jusqu'à ce que les vaisseaux portugais qui étaient dans la Chine en fussent partis pour retourner à Malaca, de peur que les mandarins le voyant n'en prissent occasion de maltraiter tous les Portugais et confisquer leurs vaisseaux....

1 Cette relation que nous devons à l'obligeance du R. P. de Motézon diffère en quelques points de celle des historiens de note saint, et c'est là sans doute le motif qui l'a fait rester inédite jusqu'à ce jour. Mais si l'on veut bien se rappeler que le fidèle Antonio avait assez peu de mémoire pour avoir oublié sa langue maternelle pendant les quelques années qu'il passa dans les Indes, on comprendra qu'il ait fait une telle confusion de jours et d'heures au sujet d'évènements accomplis depuis plus de cinq ans; car l'ordre de faire les informations ne fut expédié d'Europe qu'en 1556, et n'arriva dans les Indes que l'année suivante. On doit calculer aussi que la différence de latitude produit une différence relative entre le calendrier des Portugais des Indes et celui des Portugais d'Europe, à plus forte raison à une distance comme celle de Sancian. Les Portugais firent leur rapport pour Rome et Lisbonne en tenant compte de cette différence qu'ils avaient l'habitude de calculer; mais le naïf Antonio fit le sien avec ses souvenirs seulement.


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