Catéchisme sur le modernisme.

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Message  Louis Lun 29 Avr 2019, 6:59 am

§ IV. — Application de l'immanence.

D. — Nous venons de voir par quelle voie objective les modernistes espèrent disposer le non-croyant à la foi; n'y a-t-il pas une autre voie et n'apportent-ils pas d'autres arguments ?
R. —  « Ce n'est pas  seulement par des raisonnements objectifs que le non-croyant peut être disposé à la foi, mais encore par des arguments subjectifs. »

D. — Sur quelle doctrine philosophique les modernistes appuient-ils ces arguments subjectifs?
R. — « En cette vue, les modernistes, revenant à la doctrine de l'immanence, s'efforcent de persuader à cet homme que, en lui, dans les profondeurs mêmes de sa nature et de sa vie, se cachent l'exigence et le désir d'une religion.

D. — Est-ce seulement d'une religion quelconque qu'ils croient trouver en nous le désir et l'exigence ?
R. — « Non point d'une religion quelconque, mais de cette religion spécifique, qui est le catholicisme. »

D. — Comment par la doctrine de l'immanence prétendent-ils découvrir en nous l'exigence et le désir d'une religion surnaturelle comme la religion catholique ?
R. — Elle est « absolument postulée, disent-ils, par le plein épanouissement de la vie. »

D. — Que devons nous ici déplorer avec le Saint-Père?
R. — « Ici, Nous ne pouvons Nous empêcher de déplorer une fois encore et très vivement, qu'il se rencontre des catholiques qui, répudiant l'immanence comme doctrine, l'emploient néanmoins comme méthode d'apologétique. »

D. — Ces apologistes catholiques n'atténuent-ils pas la méthode de l'immanence et veulent-ils trouver dans l'homme autre chose qu'une certaine convenance avec l'ordre surnaturel ?
R. — Ils emploient la méthode d'immanence « avec si peu de retenue, qu'ils paraissent admettre dans la nature humaine, au regard de l'ordre surnaturel, non pas seulement une capacité et une convenance, — choses que, de tout temps, les apologistes catholiques ont eu soin de mettre en relief — mais une vraie et rigoureuse exigence. »

D. — Ces apologistes sont-ils modernistes dans toute la force du terme ?
R. — « A vrai dire, ceux des modernistes qui recourent ainsi à une exigence de la religion catholique, sont les modérés. »

D. — Des modérés ! Que peuvent donc dire de plus les autres ?
R. — « Quant aux autres, que l'on peut appeler intégralistes, ce qu'ils se font forts de montrer au non-croyant, caché au fond de son être, c'est le germe même que Jésus-Christ porta dans sa conscience, et qu'il a légué au monde. »

D. — « Si telle est, rapidement esquissée, la méthode apologétique des modernistes », que faut-il en penser?
R. — Qu'elle est « en parfaite concordance, on le voit, avec leurs doctrines. »

D. — Et ces doctrines, que valent-elles ?
R. — « Ces méthodes et doctrines sont semées d'erreurs, faites non pour édifier, mais pour détruire ; non pour susciter des catholiques, mais pour précipiter les catholiques à l'hérésie ; mortelles même à toute religion. »
A suivre : CHAPITRE SEPTIÈME. Le moderniste réformateur.

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Message  Louis Mar 30 Avr 2019, 7:12 am

CHAPITRE  SEPTIÈME

Le moderniste  réformateur.

(Note de Louis : Nous sommes en 1907)

D. — Que reste-t-il à dire pour achever de caractériser le moderniste ?
R. — « Il Nous reste â dire quelques mots du réformateur. »

D. — Ne pouvons-nous déjà deviner chez les modernistes une forte manie de réformes?
R. — « Déjà, par tout ce que Nous avons exposé jusqu'ici, on a pu se faire une idée de la manie réformatrice qui possède les modernistes. »

D. — Cette manie de réformes s'étend-elle à de nombreux objets ?
R. — « Rien, absolument rien dans le catholicisme à quoi elle (ne) s'attaque. »

D. — Quelle est la première réforme que réclament les modernistes ?
R. — « La réforme de la philosophie, surtout dans les séminaires. »

D. — Quel genre de réforme réclament-ils pour la philosophie, surtout dans les séminaires ?
R. — Ils réclament « que l'on relègue la philosophie scolastique dans l'histoire de la philosophie, parmi les systèmes périmés, et que l'on enseigne aux jeunes gens la philosophie moderne. »

D. — Pourquoi veulent-ils que l'on enseigne dans les séminaires la philosophie moderne ?
R. — Parce qu'ils la considèrent comme « la seule vraie, la seule qui convienne à nos temps. »

D. — Après cette réforme de la philosophie, quelle réforme réclament-ils encore ?
R. — « La réforme de la théologie. »

D. — Quel genre de réforme réclament-ils pour la théologie ?
R. — Ils demandent « que la théologie dite rationnelle ait pour base la philosophie moderne ; la théologie positive, pour fondement, l'histoire des dogmes. »

D. — Et pour l'histoire, quelle est leur prétention de réforme ?
R. — « Quant à l'histoire, qu'elle ne soit plus écrite ni enseignée que selon leurs méthodes et leurs principes modernes. »

D. — Quelle réforme réclament-ils pour les dogmes ?
R. — « Que les dogmes et la notion de leur évolution soient harmonisés avec la science et l'histoire. »

D. — Quelle réforme dans les catéchismes ?
R. — « Que, dans les catéchismes, on n'insère plus, en fait de dogmes, que ceux qui auront été réformés et qui seront à la portée du vulgaire. »

D. — Quelle réforme dans le culte ?

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Message  Louis Mer 01 Mai 2019, 6:43 am

Le moderniste  réformateur.

SUITE

(Note de Louis : Nous sommes en 1907)

D. — Quelle réforme dans le culte ?
R. — « En ce qui regarde le culte, que l'on diminue le nombre des dévotions extérieures, ou tout au moins qu'on en arrête l'accroissement. »

D. — Certains modernistes ne sont-ils pas indulgents pour les cérémonies du culte ?
R. — « Il est vrai de dire que certains, par un bel amour du symbolisme, se montrent assez coulants sur cette matière. »

D. — Quelles réformes plus graves les modernistes réclament-ils dans le gouvernement de l'Eglise ?
R. — « Que le gouvernement ecclésiastique soit réformé dans toutes ses branches, surtout la disciplinaire et la dogmatique. Que son esprit, que ses procédés extérieurs soient mis en harmonie avec la conscience, qui tourne à la démocratie ; qu'une part soit donc faite dans le gouvernement au clergé inférieur et même aux laïques; que l'autorité soit décentralisée. »

D. — Quelle réforme réclament-ils encore ?
R. — « Réforme des Congrégations romaines, surtout de celles du Saint-Office et de l'Index. »

D. — Quelle réforme demandent-ils dans l'exercice du pouvoir ecclésiastique sur le terrain social et politique?
R. — « Que le pouvoir ecclésiastique change de ligne de conduite sur le terrain social et politique ; se tenant en dehors des organisations politiques et sociales, qu'il s'y adapte néanmoins, pour les pénétrer de son esprit. »

D. — Et en morale ?
R. — « En morale, ils font leur le principe des américanistes, que les vertus actives doivent aller avant les passives dans l'estimation que l'on en fait, comme dans la pratique. »

D. — Que demandent-ils au clergé?
R.— « Au clergé, ils demandent de revenir à l'humilité et à la pauvreté antiques, et, quant à ses idées et son action, de les régler sur leurs principes. »

D. — S'ils veulent dans le clergé tant de vertus, ils exaltent sans doute le célibat ecclésiastique ?
R. — « Il en est enfin qui, faisant écho à leurs maîtres protestants, désirent la suppression du célibat ecclésiastique. »

D. — A la vue de toutes ces réformes réclamées par les modernistes, quelle est la question qui vient naturellement aux lèvres ?
R. — « Que reste-t-il donc sur quoi, et par application de leurs principes, ils ne demandent réforme ? »
A suivre : CHAPITRE  HUITIÈME. Critique du système moderniste. Rendez-vous de toutes les hérésies, voie à l'athéisme.

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Message  Louis Jeu 02 Mai 2019, 6:31 am

CHAPITRE  HUITIÈME

Critique du système moderniste.

Rendez-vous de toutes les hérésies,
voie à l'athéisme.

D. — Pourquoi a-t-on fait une si longue exposition des doctrines modernistes ?
R. — « Quelqu'un pensera peut-être que cette exposition des doctrines des modernistes Nous a retenu trop longtemps. Elle était pourtant nécessaire. »

D. — Pourquoi une exposition si longue était-elle nécessaire ?
R. — « Pour parer à leur reproche coutumier que Nous ignorons leurs vraies idées. »

D. — Pour quel autre motif encore ?
R. — « Pour montrer que leur système ne consiste pas en théories éparses et sans lien, mais bien en un corps parfaitement organisé, dont les parties sont si bien solidaires entre elles qu'on n'en peut admettre une sans les admettre toutes. »

D. — Ce double motif n'explique-t-il pas le tour didactique de l'exposition que nous avons faite du modernisme ?
R. — « C'est pour cela aussi que Nous avons dû donner à cette exposition un tour quelque peu didactique, sans avoir peur de certains vocables barbares, en usage chez eux. »

D. — Comment peut-on définir d'un mot le système moderniste ?
R. — « Maintenant, embrassant d'un seul regard tout le système, qui  pourra s'étonner que  Nous  le  définissions le rendez-vous de toutes les hérésies ? »

D. — Pourquoi définissez-vous le modernisme le rendez-vous de toutes les hérésies ?
R. — « Si quelqu'un s'était donné la tâche de recueillir tontes les erreurs qui furent jamais contre la foi, et d'en concentrer la substance et comme le suc en une seule, véritablement il n'eût pas mieux réussi. »

D. — Affirmer que les modernistes, par leurs erreurs accumulées, détruisent la religion catholique, est-ce assez dire ?
R. — « Ce n'est pas encore assez dire : ils ne ruinent pas seulement la religion catholique, mais, comme Nous l'avons déjà insinué, toute religion. »

D. — Les rationalistes doivent donc faire bon visage aux modernistes ?
R. — « Les rationalistes les applaudissent, et ils ont pour cela leurs bonnes raisons : les plus sincères, les plus francs saluent en eux leurs plus puissants auxiliaires. »

D. — Montrez-nous comment les modernistes sont les plus puissants auxiliaires des rationalistes ?

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Message  Louis Ven 03 Mai 2019, 6:50 am

Critique du système moderniste.
Rendez-vous de toutes les hérésies,
voie à l'athéisme.

SUITE

D. — Montrez-nous comment les modernistes sont les plus puissants auxiliaires des rationalistes ?
R. — Pour cela, « revenons un moment à cette doctrine pernicieuse de l'agnosticisme. »

D. — Après avoir fermé toute issue vers Dieu par l'agnosticisme, comment les modernistes prétendent-ils aller vers Dieu ?
R. — « Toute issue fermée vers Dieu du côté de l'intelligence, ils se font forts d'en ouvrir une autre du côté du sentiment et de l'action. »

D. — Cette tentative a-t-elle chance de réussir ?
R. — Non ! c'est une « tentative vaine ».

D. — Pourquoi ?
R. — « Qu'est-ce, après tout, que le sentiment, sinon une réaction de l'âme à l'action de l'intelligence ou des sens? »

D. — Puisque, pour aller à Dieu, le sentiment est guidé ou par l'intelligence ou par les sens, qu'arrive-t-il fatalement si les modernistes lui enlèvent l'intelligence comme guide ?
R. — « Otez l'intelligence, l'homme, déjà si enclin à suivre les sens, en deviendra l'esclave. »

D. — Cette tentative d'aller à Dieu par le sentiment agnostique n'est-elle pas vaine à un autre point de vue ?
R. — C'est une « vaine tentative à un autre point de vue. Toutes ces fantaisies sur le sentiment religieux n'aboliront pas le sens commun. Or, ce que dit le sens commun, c'est que l'émotion et tout ce qui captive l'âme, loin de favoriser la découverte de la vérité, l'entravent. »

D. — De quelle vérité parlez-vous quand vous dites que les émotions de l'âme en entravent la découverte?
R. — « Nous parlons, bien entendu, de la vérité en soi. »

D. — N'y a-t-il pas un simulacre de vérité dont les émotions de l'âme favorisent la découverte et que faut-il en penser ?
R. — « Quant à cette autre vérité purement subjective, issue du sentiment et de l'action, si elle peut être bonne aux jongleries de mots, elle ne sert de rien à l'homme, à qui il importe surtout de savoir si, hors de lui, il existe un Dieu entre les mains de qui il tombera un jour. »

D. — Avec l'agnosticisme comme point de départ, le sentiment religieux n'a point de base ; pour lui en donner une, à quoi ont recours les modernistes ?
R. — « Pour donner quelque assiette au sentiment, les-modernistes recourent à l'expérience. »

D. — L'expérience, qu'ajoute-t-elle au sentiment?

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Message  Louis Sam 04 Mai 2019, 7:43 am

Critique du système moderniste.
Rendez-vous de toutes les hérésies,
voie à l'athéisme.

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D. — L'expérience, qu'ajoute-t-elle au sentiment?
R. — « Absolument rien, sinon une certaine intensité, qui entraîne une conviction proportionnée de la réalité de l'objet. Or, ces deux choses ne font pas que le sentiment ne soit sentiment, ils ne lui ôtent pas son caractère qui est de décevoir, si l'intelligence ne le guide : au contraire, ce caractère, ils le confirment et l'aggravent, car plus le sentiment est intense et plus il est sentiment. »

D. — En matière de sentiment et d’expérience religieuse, ne faut-il pas beaucoup de prudence et de science ?
R. — « En matière de sentiment religieux et d'expérience religieuse, vous n'ignorez pas quelle prudence est nécessaire, quelle science aussi, qui dirige la prudence. Vous le savez de votre usage des âmes, de celles surtout où le sentiment domine. Vous le savez aussi de la lecture des ouvrages ascétiques. »

D. — Mais ces livres ascétiques sont-ils de bons guides en ces matières ?
R. — Oui, ce sont des « ouvrages que les modernistes prisent fort peu, mais qui témoignent d'une science autrement solide que la leur, d'une sagacité d'observation autrement fine et subtile. »

D. — Vous faites donc bien peu de cas des expériences religieuses modernistes ?
R. — « En vérité, n'est-ce pas une folie, ou tout au moins une souveraine imprudence, de se fier, sans nul contrôle, à des expériences comme celles que prônent les modernistes? »

D. — Comment en « posant une question en passant » peut-on argumenter ad hominem contre les modernistes et retourner contre eux la preuve qu'ils prétendent tirer de l'expérience religieuse ?
R. — En argumentant ainsi : « si ces expériences ont tant de valeur à leurs yeux, pourquoi ne la reconnaissent ils pas à celle que des milliers et des milliers de catholiques déclarent avoir sur leur compte à eux et qui les convainc qu'ils font fausse route ? Est-ce que, par hasard, ces dernières expériences seraient les seules fausses et trompeuses ? »

D. — Reprenant le fil du raisonnement, que pense la majorité des hommes de ce sentiment et de cette expérience ?
R. — « La très grande majorité des hommes tient fermement et tiendra toujours que le sentiment et l'expérience seuls, sans être éclairés et guidés de la raison, ne conduisent pas à Dieu. »

D. — Que reste-t-il donc ?

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Message  Louis Dim 05 Mai 2019, 7:10 am

Critique du système moderniste.
Rendez-vous de toutes les hérésies,
voie à l'athéisme.

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D. — Que reste-t-il donc ?
R. — « L'anéantissement de toute religion et l'athéisme.»

D. — Si la doctrine des modernistes sur l'expérience, religieuse conduit à l'athéisme, ne trouveront-ils pas dans leur doctrine sur le symbolisme de quoi conjurer ce péril?
R. — « Ce n'est certes pas la doctrine du symbolisme qui pourra le conjurer. Car si tous les éléments, dans la religion, ne sont que de purs symboles de Dieu, pourquoi le nom même de Dieu, le nom de personnalité divine ne seraient-ils pas aussi de purs symboles? Cela admis, voilà la personnalité de Dieu mise en question et la voie ouverte au panthéisme. »

D. — La doctrine moderniste sur le symbolisme est-elle la seule qui conduise au panthéisme ?
R. — « Au panthéisme? Mais cette autre doctrine de l'immanence divine y conduit tout droit. »

D. — Montrez-nous cette conséquence par un argument irréfutable ?
R. — « Car Nous demandons si elle laisse Dieu distinct de l'homme, ou non : Si distinct, en quoi diffère-t-elle de la doctrine catholique, et de quel droit rejeter la révélation extérieure ? Si non distinct, nous voilà en plein panthéisme. Or, la doctrine de l'immanence, au sens moderniste, tient et professe que tout phénomène de conscience est issu de l'homme, en tant qu'homme. La conclusion rigoureuse, c'est l'identité de l'homme et de Dieu, c'est-à-dire le panthéisme. »

D. — Cette conclusion panthéistique découle-t-elle de quelque autre doctrine des modernistes ?
R. — « La même conclusion découle de la distinction qu'ils posent entre la science et la foi. »

D. — Veuillez nous le montrer par un argument rigoureux ?
R. — « L'objet de la science, c'est la réalité du connaissable ; l'objet de la foi, au contraire, la réalité de l'inconnaissable.

Or ce qui fait l'inconnaissable, c'est sa disproportion avec l'intelligence : disproportion que rien au monde, même dans la doctrine des modernistes, ne peut faire disparaître.

Par conséquent l'inconnaissable reste et restera éternellement inconnaissable, autant au croyant qu'à l'homme de la science. La religion d'une réalité inconnaissable, voilà donc la seule possible. Et pourquoi cette réalité ne serait-elle pas l'âme universelle du monde, dont parle tel rationaliste, c'est ce que Nous ne voyons pas. »

D. — Quelle conclusion dernière avons-nous le droit de tirer ?
R. — « Voilà qui suffit et surabondamment pour montrer par combien de routes le modernisme conduit à l'anéantissement de toute religion. »

D. — Quelles sont les étapes de cette chute de l'esprit humain dans la négation de toute religion ?
R. — « Le premier pas fut fait par le protestantisme; le second est fait par le modernisme ; le prochain précipitera dans l'athéisme. »
A suivre : DEUXIÈME PARTIE.CAUSES DU MODERNISME.

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Message  Louis Lun 06 Mai 2019, 6:20 am

DEUXIÈME PARTIE.
CAUSES DU MODERNISME.

§ I. — Causes morales : curiosité et orgueil.

D. — Quelle est la cause prochaine et immédiate du modernisme ?
R. — « La cause prochaine et immédiate réside dans une perversion de l'esprit, cela ne fait pas de doute. »

D. — Cette perversité de l'esprit, cause prochaine du modernisme, d'où vient-elle à son tour, et quelles sont par conséquent les causes éloignées du modernisme ?
R. — « Les causes éloignées Nous paraissent pouvoir se réduire à deux : la curiosité et l'orgueil. »

D. — La curiosité est-elle vraiment une cause d'erreur?
R. — « La curiosité, à elle seule, si elle n'est sagement réglée, suffit à expliquer toutes les erreurs. C'est l'avis de Notre Prédécesseur, Grégoire XVI, qui écrivait : « C'est un spectacle lamentable que de voir jusqu'où vont les divagations de l'humaine raison, dès que l'on cède à l'esprit de nouveauté ; que, contrairement à l'avertissement de l'Apôtre, l'on prétend à savoir plus qu'il ne faut savoir, et que, se fiant trop à soi-même, l'on pense pouvoir chercher la vérité hors de l'Eglise, en qui elle se trouve sans l'ombre la plus  légère d'erreur (1). »

D. — Quel est le mal qui, plus que la curiosité, aveugle l'esprit et le jette dans terreur ?
R. — « Ce qui a incomparablement plus d'action sur l'âme, pour l'aveugler et la jeter dans le faux, c'est l'orgueil. »

D. — L'orgueil a-t-il vraiment envahi la doctrine des modernistes ?
R. — « L'orgueil! il est, dans la doctrine des modernistes, comme chez lui, de quelque côté qu'il s'y tourne, tout lui fournit un aliment, et il s'y étale sous toutes ses faces. »

D. — Décrivez-nous ces diverses faces de l'orgueil moderniste ?
R. — « Orgueil, assurément, cette confiance en eux qui les fait s'ériger en règle universelle. Orgueil, cette vaine gloire qui les représente à leurs propres yeux comme les seuls détenteurs de la sagesse; qui leur fait dire, hautains et enflés d'eux-mêmes : Nous ne sommes pas comme le reste des hommes ; et qui, afin qu'ils n'aient pas, en effet, de comparaison avec les autres, les pousse aux plus absurdes nouveautés. Orgueil, cet esprit d'insoumission, qui appelle une conciliation de l'autorité avec la liberté. Orgueil, cette prétention de réformer les autres, dans l'oubli d'eux-mêmes; ce manque absolu de respect à l'égard de l'autorité, sans en excepter l'autorité suprême. »

D. — Il n'y a donc pas de cause plus vraie du modernisme que l'orgueil?
R. — « Non, en vérité, nulle route qui conduise plus droit ni plus vite au modernisme que l'orgueil. »

D. — Un catholique orgueilleux, laïque ou prêtre, deviendrait-il donc fatalement moderniste ?
R. — « Qu'on nous donne un catholique laïque, qu'on nous donne un prêtre, qui ait perdu de vue le principe fondamental de la vie chrétienne, savoir, que nous devons nous renoncer nous-mêmes si nous voulons suivre Jésus-Christ, et qui n'ait pas arraché l'orgueil de son cœur : ce laïque, ce prêtre est mûr pour toutes les erreurs du modernisme. »

D. — Quel devoir s'impose en conséquence aux évêques vis-à-vis de ces prêtres orgueilleux ?
R. — « C'est pourquoi votre premier devoir est de traverser ces hommes superbes, et de les appliquer à d'infimes et obscures fonctions ; qu'ils soient mis d'autant plus bas qu'ils cherchent à monter plus haut, et que leur abaissement même leur ôte la faculté de nuire. »

D. — Les directeurs de Séminaires n'ont-ils pas aussi l'obligation d'écarter du sacerdoce les séminaristes entachés d'orgueil ?
R. — « De plus, sondez soigneusement, par vous-mêmes ou par les directeurs de vos séminaires (Note de Louis : on ne parle pas ici des Séminaires des FSSPX et al !), les jeunes clercs : ceux chez qui vous aurez constaté l'esprit d'orgueil, écartez-les sans pitié du sacerdoce. »

D. — A-t-on jusqu'à présent suffisamment rempli ce devoir d'écarter du sacerdoce les orgueilleux ?  
R. — « Plût à Dieu qu'on en eût toujours usé de la sorte, avec la vigilance et la constance voulues. »
________________________________________________

(1) Ep. Encycl. Singulari nos. 7 kal. Jul. 1834.

A suivre : § II. — Causes intellectuelles.

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Message  Louis Mar 07 Mai 2019, 7:04 am

CAUSES DU MODERNISME.

§ II. — Causes intellectuelles.

D. — Après ces deux causes morales, curiosité et orgueil, quelle est la principale cause intellectuelle du modernisme ?
R. — « Que si, des causes morales, Nous venons aux intellectuelles, la première qui se présente — et la principale — c'est l'ignorance. »

D. — Ignorants! les modernistes qui se croient si savants ! cela est-il bien vrai ?
R. — « Oui, ces modernistes qui posent en docteurs de l'Eglise, qui portent aux nues la philosophie moderne et regardent de si haut la scolastique, n'ont embrassé celle-là, pris à ses apparences fallacieuses, que parce que, ignorants de celle-ci, il leur a manqué l'instrument nécessaire pour percer les confusions et dissiper les sophismes. »

D. — Cette fausse philosophie moderne, à laquelle les modernistes se sont laissé prendre, faute de connaître la scolastique, a-t-elle donc donné naissance au modernisme ?
R. — Oui, « c'est d'une alliance de la fausse philosophie avec la foi qu'est né, pétri d'erreurs, leur système. »


A suivre :§ III. — Artifices des modernistes pour propager leurs erreurs.

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Message  Louis Mer 08 Mai 2019, 7:22 am

CAUSES DU MODERNISME.

§ III. — Artifices des modernistes pour propager leurs erreurs.

D. — Les modernistes mettent-ils du zèle à propager leur pernicieux système ?
R. — « Si encore ils apportaient moins de zèle et d'activité à le propager ! Mais telle est en cela leur ardeur, telle leur opiniâtreté de travail qu'on ne peut sans tristesse les voir dépenser à ruiner l'Eglise de si belles énergies, quand elles lui eussent été si profitables, bien employées. »

D. — Dans cette active propagande pour répandre leur système, les modernistes usent-ils d'artifice ?
R. — Oui, et « leurs artifices pour abuser les esprits sont de deux sortes. »

D. — Quelles sont ces deux sortes d'artifices ?
R. — « S'efforcer d'écarter les obstacles qui les traversent ; puis, rechercher avec soin, mettre activement et patiemment en œuvre tout ce qui les peut servir. »

A suivre : 1º Moyens négatifs.

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Message  Louis Jeu 09 Mai 2019, 6:42 am

CAUSES DU MODERNISME.

§ III. — Artifices des modernistes pour propager leurs erreurs.

1º Moyens négatifs.

D. — Y a-t-il donc des choses que les modernistes considèrent comme des obstacles à écarter?
R. — « Trois choses, ils le sentent bien, leur barrent la route. »

D. — Ces trois obstacles que les modernistes s'efforcent d'écarter, quels sont-ils ?
R. — « La philosophie scolastique, l'autorité des Pères et la tradition, le magistère de l'Eglise. »

D. — A ces trois choses, les modernistes font-ils vraiment la guerre ?
R. — « A ces trois choses, ils font une guerre acharnée. »

D. — De faire la guerre à la philosophie scolastique, dites-nous les deux causes pour le moderniste ?
R. — « Ignorance ou crainte, à vrai dire l'une et l'autre. »

D. — Le dégoût et la haine de la méthode scolastique vont-ils de pair avec le modernisme ?
R. — « C'est un fait qu'avec l'amour de nouveautés, va toujours de pair la haine de la méthode scolastique; et il n'est pas d'indice plus sûr que le goût des doctrines modernistes commence à poindre dans un esprit, que d'y voir naître le dégoût de cette méthode. »

D. — A propos de leur haine pour la philosophie scolastique, quel grave avertissement pouvons-nous faire entendre aux modernistes ?
R. — « Que les modernistes et les fauteurs se souviennent de la proposition condamnée par Pie IX : « La méthode et les principes qui ont servi aux antiques auteurs scolastiques, dans la culture de la théologie, ne répondent plus aux exigences de notre temps ni au progrès des sciences (1). »

D. — En guerre, contre la philosophie scolastique, que font les modernistes contre le second obstacle, que nous avons dit être la tradition ?
R. — « La tradition, ils s'efforcent d'en fausser perfidement le caractère et d'en saper l'autorité, afin de lui ôter toute valeur. »

D. — Quelle est, dans le Concile de Nicée, la loi que de…
_________________________________________________________

(1) Syll. prop. 13.

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Message  Louis Ven 10 Mai 2019, 6:55 am

CAUSES DU MODERNISME.

§ III. — Artifices des modernistes pour
propager leurs erreurs.

1º Moyens négatifs.

SUITE

D. — Quelle est, dans le Concile de Nicée, la loi que de vrais catholiques doivent toujours sa rappeler à propos de la tradition ?
R. — « Le second Concile de Nicée fera toujours loi pour ¬les catholiques : il condamne ceux « qui osent, sur les traces des hérétiques impies, mépriser les  traditions  ecclésiastiques, inventer quelque  nouveauté.....   ou  chercher,  avec malice ou avec astuce, à renverser quoi que ce soit des légitimes traditions de l'Eglise catholique. »

D. — Encore à propos de la tradition, quelle est la loi édictée par le quatrième Concile de Constantinople ?
R. — « Fera loi de même la profession du quatrième Concile de Constantinople : « C'est pourquoi nous faisons profession de conserver et de garder les régies qui ont été léguées à la sainte Eglise catholique et apostolique, soit par les saints et très illustres Apôtres, soit par les conciles orthodoxes, généraux et particuliers, et même par chacun des Pères interprètes divins et docteurs de l'Eglise. »

D. — Le respect de la tradition n'est-il pas inscrit aussi dans la profession de foi ?
R. — « Aussi, les Papes Pie IV et Pie IX ont-ils ordonné l'insertion dans la profession de foi de la déclaration suivante : « J'admets et j'embrasse très fermement les traditions apostoliques et ecclésiastiques et toutes les autres observances et constitutions de l'Eglise. »

D. — Si peu respectueux de la tradition, comment les modernistes traitent-ils les saints Pères de l'Eglise?
R. — « Naturellement, les modernistes étendent aux saints Pères le jugement qu'ils font de la tradition. »

D. — Avec quelle audace outrecuidante parlent-ils des saints Pères ?
R. — « Avec une audace inouïe, ils les déclarent personnellement dignes de toute vénération, mais d'ailleurs d'une ignorance incroyable en matière d'histoire et de critique, et qui ne peut être excusée que par le temps où ils vécurent. »

D. — En guerre contre la philosophie scolastique et la tradition, quel est le troisième obstacle que les modernistes s'efforcent d'écarter?

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Message  Louis Sam 11 Mai 2019, 7:36 am

CAUSES DU MODERNISME.

§ III. — Artifices des modernistes pour
propager leurs erreurs.

1º Moyens négatifs.

SUITE

D. — En guerre contre la philosophie scolastique et la tradition, quel est le troisième obstacle que les modernistes s'efforcent d'écarter?
R. — « Enfin, ils s'évertuent à amoindrir le magistère ecclésiastique et à en infirmer l'autorité. »

D. — Comment procèdent-ils contre le magistère ecclésiastique ?
R. — Soit en en dénaturant sacrilègement l'origine, le caractère, les droits, soit en rééditant contre lui, le plus librement du monde, les calomnies des adversaires. »

D. — A propos de cette guerre des modernistes contre le magistère ecclésiastique, ne pouvons-nous leur appliquer de précédentes condamnations ?
R. — « Au clan moderniste s'applique ce que Notre Prédécesseur écrivait, la douleur dans l'âme: « Afin d'attirer le mépris et l'odieux sur l'Epouse mystique du Christ, en qui est la vraie lumière, les fils des ténèbres ont accoutumé de lui jeter, à la face des peuples, une calomnie perfide, et, renversant la notion et la valeur des choses et des mots, la représentent comme amie des ténèbres, fautrice d'ignorance, ennemie de la lumière, de la science, du progrès (1). »

D. — Si telle est la haine des modernistes contre l'Eglise, quelle est leur attitude au regard des catholiques qui la défendent ?
R. — « Après cela, il n'y a pas lieu de s'étonner, si les modernistes poursuivent de toute leur malveillance, de toute leur acrimonie, les catholiques qui luttent vigoureusement pour l'Eglise. »

D. — La malveillance des modernistes pour les catholiques fidèles à l'Eglise va-t-elle jusqu'à l'injure ?
R. — « Il n'est sorte d'injures qu'ils ne vomissent contre eux. »

D. — Quelle est leur injure préférée contre les catholiques fidèles ?
R. — « Celle d'ignorance et d'entêtement est la préférée. »

D. — Si le catholique qui défend l'Eglise est un savant, quelle est à son égard la tactique des modernistes ?
________________________________________________________

(1) Motu proprio : Ut mysticam. 14 Mart. 1891.

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Message  Louis Dim 12 Mai 2019, 7:06 am

CAUSES DU MODERNISME.

§ III. — Artifices des modernistes pour
propager leurs erreurs.

1º Moyens négatifs.

SUITE

D. — Si le catholique qui défend l'Eglise est un savant, quelle est à son égard la tactique des modernistes ?
R. — « S'agit-il d'un adversaire que son érudition et sa vigueur d'esprit rendent redoutable,  ils chercheront à le réduire à l'impuissance, en organisant autour de lui la conspiration du silence. »

D. — Cette conduite est-elle du moins atténuée par une conduite semblable des modernistes à l'égard des leurs ?
R. — « Conduite d'autant plus blâmable que dans le même temps, sans fin ni mesure, ils accablent d'éloges qui se met de leur bord. »

D. — Quelle est en particulier leur manière d'agir à l'égard des ouvrages remplis de nouveautés?
R. — Si « un ouvrage paraît, respirant la nouveauté par tous ses pores, ils l'accueillent avec des applaudissements et des cris d'admiration. »

D. — A quelle marque reconnaissent-ils qu'un auteur est plus ou moins savant?
R. — « Plus un auteur aura apporté d'audace à battre en brèche l'antiquité, à saper la tradition et le magistère ecclésiastique, et plus il sera savant. »

D. — Si un moderniste est condamné par l'Eglise, ses pareils auront-ils encore l'audace de le soutenir ?
R. — « Enfin — et ceci est un sujet de véritable horreur pour les bons — s'il arrive que l'un d'entre eux soit frappé des condamnations de l'Eglise, les autres aussitôt de se presser autour de lui, de le combler d'éloges publics, de le vénérer presque comme un martyr de la vérité. »

D. — Comment les jeunes se laissent-ils troubler par tout ce tapage mené par les modernistes?
R. — « Les jeunes, étourdis et troublés de tout ce fracas de louanges et d'injures, finissent, par peur du qualificatif d'ignorants et par ambition du titre de savants, en même temps que sous l'aiguillon intérieur de la curiosité et de l'orgueil, par céder au courant et se jeter dans le modernisme. »

D. — Mais cette manière de gagner les jeunes au modernisme, à force de tapage et d'audace, n'appartient-elle pas déjà aux artifices de conquête annoncés plus haut?
R. — « Mais ceci appartient déjà aux artifices employés par les modernistes pour écouler leurs produits. »

A suivre : 2º Moyens positifs.

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Message  Louis Lun 13 Mai 2019, 6:51 am

CAUSES DU MODERNISME.

§ III. — Artifices des modernistes pour
propager leurs erreurs.

2º Moyens positifs.

D. — Les modernistes sont-ils zélés pour conquérir des adeptes ?
R. — « Que ne mettent-ils pas en œuvre pour se créer de nouveaux partisans ! »

D. — Quels sont leurs principaux moyens de conquête?
R. — « Ils s'emparent de chaires dans les séminaires, dans les Universités, et les transforment en chaires de pestilence. Déguisées peut-être, ils sèment leurs doctrines du haut de la chaire sacrée ; ils les professent ouvertement dans les Congrès; ils les font pénétrer et les mettent en vogue dans les institutions sociales. Sous leur propre nom, sous des pseudonymes, ils publient livres, journaux, revues. Le même multipliera ses pseudonymes, pour mieux tromper, par la multitude simulée des auteurs, le lecteur imprudent. En un mot, action, discours, écrits, il n'est rien qu'ils ne mettent en jeu, et véritablement vous les diriez saisis d'une sorte de frénésie. »

D. — Quel est le fruit de tous ces artifices modernistes ?
R. — « Le fruit de tout cela ? Notre cœur  se serre à voir tant de jeunes gens, qui étaient l'espoir de l'Eglise et à qui ils promettaient de si bons services, absolument dévoyés. »

D. — Quel autre spectacle doit exciter notre affliction du côté de certains catholiques qui ne sont pas encore tout à fait modernistes ?
R. — « Un autre spectacle encore Nous attriste : c'est que tant d'autres catholiques, n'allant certes pas aussi loin, aient pris néanmoins l'habitude, comme s'ils eussent respiré un air contaminé, de penser, parler, écrire, avec plus de liberté qu'il ne convient à des catholiques. »

D. — De ces catholiques qui se laissent contaminer par le modernisme, y en a-t-il seulement parmi les laïques ?
R. — « De ceux-ci, il en est parmi les laïques ; il en est dans les rangs du clergé. »

D. — Mais, est-il possible qu'il y en ait aussi dans les Ordres religieux ?
R. — « Ils ne font pas défaut là où on devait moins les attendre, dans les Instituts religieux. »

D. — Ces catholiques, laïques, prêtres, religieux, plus ou moins atteints de modernisme, comment traitent-ils les questions bibliques ?
R. — « S'ils traitent de questions bibliques, c'est d'après les principes modernistes. »

D. — Comment traitent-ils l'histoire ?
R. — « S'ils écrivent l'histoire, ils recherchent avec curiosité et publient au grand jour, sous couleur de dire toute la vérité, et avec une sorte de plaisir mal dissimulé, tout ce qui leur paraît faire tache dans l'histoire de l'Eglise. »

D. — Comment se comportent-ils envers les pieuses traditions populaires et les reliques vénérables ?
R. — « Dominés par de certains à priori, ils détruisent, autant qu'ils le peuvent, les pieuses traditions populaires. Ils tournent en ridicule certaines reliques, fort vénérables par leur antiquité. »

D. — Au fond, qu'est-ce qui les pousse à rompre ainsi avec les traditions anciennes?
R. — « Ils sont possédés du vain désir de faire parler d'eux: ce qui n'arriverait pas, ils le comprennent bien, s'ils disaient comme on a toujours dit jusqu'ici. »

D. — Mais ces catholiques, plus ou moins modernistes, n'ont-ils pas de bonnes intentions, en rompant avec les traditions du passé ?
R. — « Peut-être en sont-ils venus à se persuader qu'en cela ils servent Dieu et l'Eglise. »

D. — Qu'en est-il en réalité'?
R. — « En réalité, ils les offensent, moins peut-être par leurs œuvres mêmes que par l'esprit qui les anime, et par le concours qu'ils prêtent aux audaces des modernistes. »

A suivre : TROISIÈME PARTIE. REMÈDES.

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Message  Louis Mar 14 Mai 2019, 7:26 am

TROISIÈME PARTIE

REMÈDES

D. — Qu'a fait Léon XIII contre les erreurs des modernistes ?
R. — « A tant et de si graves erreurs, à leurs envahissements publics et occultes, Notre Prédécesseur, Léon XIII, d'heureuse mémoire, chercha fortement à s'opposer, surtout en matière biblique, et par des paroles et par des actes. »

D. — Les modernistes furent-ils mis en déroute par ces paroles et par ces actes ?
R. — « Mais ce ne sont pas armes, nous l'avons dit, dont les modernistes s'effraient facilement. Avec des airs affectés de soumission et de respect, les paroles, ils les plièrent à leur sentiment, les actes, ils les rapportèrent à tout autre qu'à eux-mêmes. Et le mal est allé s'aggravant de jour en jour. »

D. — Quelle détermination a dû prendre le Saint-Père Pie X?
R. — Il nous dit : « C'est pourquoi Nous sommes venu à la détermination de prendre sans autre retard des mesures plus efficaces. »

D. — En quels termes fait-il appel aux évêques, aux pasteurs d'âmes, aux éducateurs et aux supérieurs majeurs des Instituts religieux ? (Note de Louis : pas ceux d’aujourd’hui !, issus de V2.)
R. — « Nous vous prions et vous conjurons de ne pas souffrir que l'on puisse trouver le moins du monde à redire, en une matière si grave, à votre vigilance, à votre zèle, à votre fermeté. Et ce que Nous vous demandons et que Nous  attendons de vous, Nous le demandons aussi et l'attendons de tous les autres pasteurs d'âmes, de tous les éducateurs et professeurs de la jeunesse cléricale, et tout spécialement des supérieurs majeurs des Instituts religieux. »

A suivre : § I. — Règles relatives aux études.

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Message  Louis Mer 15 Mai 2019, 7:52 am

REMÈDES

§ I. — Règles relatives aux études.

D. — Quel est l'ordre du saint Pontife au sujet de la philosophie ?
R. — Il nous dit : « Premièrement, en ce qui regarde les études, Nous voulons et ordonnons que la philosophie scolastique soit mise a la base des sciences sacrées. »

D. — Que nous dit Pie X à la suite de Léon XIII comme réserve à sa prescription ?
R. — « Il va sans dire que s'il se rencontre quelque chose chez les docteurs  scolastiques  que  l'on puisse regarder comme excès de subtilité, ou qui ne cadre pas avec les découvertes des temps postérieurs, ou qui n'ait enfin aucune espèce de probabilité, il est bien loin de Notre esprit de vouloir  le proposer à l'imitation des générations présentes (1). »

D. — Quelle est la philosophie scolastique prescrite dans les séminaires et les Instituts religieux? (Note de Louis: on ne parle pas ici des FSSPX et de ceux du même acabit !)
R. — « Et quand Nous prescrivons la philosophie scolastique, ce que Nous entendons surtout par là, — ceci est capital — c'est la philosophie que Nous a léguée le Docteur Angélique : Nous déclarons donc que tout ce qui a été édicté à ce sujet par Notre Prédécesseur reste pleinement en vigueur, et, en tant que de besoin, Nous l'édictons à nouveau et le confirmons, et ordonnons qu'il soit par tous rigoureusement observé. Que, dans les séminaires où on aurait pu le mettre en oubli, les évêques en imposent et en exigent l'observance : prescriptions qui s'adressent aussi aux Supérieurs des Instituts religieux. »

D. — Y aurait-il un grand préjudice à s'écarter de saint Thomas ?
_________________________________________________________

(1) Léon XIII. Enc. Æterni Patris..

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Message  Louis Jeu 16 Mai 2019, 7:36 am

REMÈDES

§ I. — Règles relatives aux études.

SUITE
D. — Y aurait-il un grand préjudice à s'écarter de saint Thomas ?
R. — « Que les professeurs sachent bien que s'écarter de saint Thomas, surtout clans les questions métaphysiques, ne va pas sans détriment grave. »

D. — En quels termes Pie X recommande-il l'étude de la théologie ?
R. — « Sur cette base philosophique, que l'on élève solidement l'édifice théologique. — Autant que vous le pourrez, stimulez à l'étude de la théologie, de façon que les clercs en emportent, au sortir du séminaire, une estime profonde et un ardent amour et que toute leur vie ils en fassent leurs délices. Car « nul n'ignore que, parmi cette grande multitude de sciences, et si diverses, qui s'offrent à l'esprit avide de vérité, la première place revient de droit à la théologie, tellement que c'était une maxime de l'antique sagesse que le devoir des autres sciences, comme des arts, est de lui être assujetties et soumises à la manière des servantes (1). »

D. — Le Souverain Pontife ne loue-t-il pas cependant les théologiens qui enseignent la théologie positive ?
R. — « Ajoutons que ceux-là, entre autres, Nous paraissent dignes de louanges qui, pleinement respectueux de la tradition, des saints Pères, du magistère ecclésiastique, mesurés dans leurs jugements, et se guidant sur les normes catholiques (ce qui ne se voit pas chez tous) ont pris à tâche de faire plus de lumière dans la théologie positive en y projetant celle de l'histoire, — de la vraie. »

D. — Que faut-il éviter en traitant de la théologie positive?
R. — « Evidemment, il faut donner plus d'importance que par le passé à la théologie positive, mais sans le moindre détriment pour la théologie scolastique; et ceux-là sont à réprimander, comme faisant les affaires des modernistes, qui exaltent de telle façon la théologie positive, qu'ils ont tout l'air de dénigrer en même temps la scolastique. »

D. — Sur quelle loi doit-on régler l'étude des sciences naturelles ?
R. — « Quant aux études profanes, il suffira de rappeler ce qu'en a dit fort sagement Notre Prédécesseur : « Appliquez-vous avec ardeur à l'étude des sciences naturelles : les géniales découvertes, les applications hardies et utiles faites de nos jours sur ce terrain, qui provoquent à juste titre les applaudissements des contemporains, seront aussi à la « postérité un sujet d'admiration et de louanges (1). » Mais les études sacrées n'en doivent pas souffrir. Sur quoi le même Pape donne tout aussitôt le grave avertissement que voici : « Si l'on recherche avec soin la cause de ces erreurs, on la trouvera surtout en ceci, que plus s'est accrue l'ardeur pour les sciences naturelles, plus les hautes sciences, les sciences sévères sont allées déclinant : il en est qui languissent dans l'oubli ; certaines autres sont traitées faiblement et à la légère, et, ce qui est indigne, déchues de leur antique splendeur, on les infecte encore de doctrines perverses et d'opinions dont la monstruosité épouvante (2). »  Sur cette loi, Nous ordonnons que l'on règle dans les séminaires l'étude des sciences naturelles. »
_____________________________________________________

(1) Léon XIII, Litt. ap. In magna, 10 dec. 1888. — (1) Alloc. 7 mars 1880. — (2)  Loc. cit.


A suivre: § II. — Choix des directeurs et professeurs des Séminaires et des Instituts catholiques.

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Message  Louis Ven 17 Mai 2019, 7:19 am

REMÈDES

§ II. — Choix des directeurs et professeurs des Séminaires et des Instituts catholiques.


(note de Louis: on est loin des séminaires et instituts de la FSSPX, et autres...)

D. — Avec quelle prudence et d'après quelles règles: faut-il choisir les professeurs pour les séminaires et les Universités catholiques ?
R. — « On devra avoir ces prescriptions, et celles de Notre Prédécesseur et les Nôtres, sous les yeux chaque fois que l'on traitera du choix des directeurs et professeurs pour les séminaires et les Universités catholiques. — Qui d'une manière ou d'une autre se montre imbu de modernisme, sera exclu sans merci de la charge de directeur ou de professeur; l'occupant déjà, il en sera retiré ; de même qui favorise le modernisme soit en vantant les modernistes ou en excusant leur conduite coupable, soit en critiquant la scolastique, les saints Pères, le magistère de l'Eglise, soit en refusant obéissance à l'autorité ecclésiastique, quel qu'en soit le dépositaire ; de même qui, en histoire, en archéologie, en exégèse biblique trahit l'amour de la nouveauté, de même enfin qui néglige les sciences sacrées ou parait leur préférer les profanes. — Dans toute cette question des études, vous n'apporterez jamais trop de vigilance ni de constance, surtout dans le choix des professeurs : car, d'ordinaire, c'est sur le modèle des maîtres que se forment les élèves. Forts de la conscience de votre devoir, agissez en tout ceci prudemment, mais fortement. »

A suivre : § III. — Règles relatives aux étudiants.

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Message  Louis Sam 18 Mai 2019, 6:52 am

REMÈDES

§ III. — Règles relatives aux étudiants.

D. — Avec quelle vigilance faut-il choisir les candidats au sacerdoce ?
R. — « Il faut procéder avec même vigilance et sévérité à l'examen et au choix des candidats aux saints Ordres. Loin, bien loin du sacerdoce l'esprit de nouveauté. Dieu hait les superbes et les opiniâtres. »

D. — A quelle nouvelle condition, pour qu'il soit valable, doit-on conférer le doctorat en théologie et en droit canon ?
R. — « Que le doctorat en théologie et en droit canonique ne soit plus conféré désormais à quiconque n'aura pas suivi le cours régulier de philosophie scolastique : conféré, qu'il soit tenu pour nul et de nulle valeur. »

D. — Quelles prescriptions faites en Italie aux clercs réguliers et séculiers sont désormais étendues à toutes les nations ?
R. — « Les prescriptions faites par la Sacrée Congrégation des évêques et réguliers, dans un décret de 1896, aux clercs séculiers et réguliers d'Italie, concernant la fréquentation des Universités, Nous en décrétons l'extension désormais à toutes les nations. »

D. — Quelle prohibition ajoute le Souverain Pontife ?
R. — « Défense est faite aux clercs et aux prêtres qui ont  pris quelque inscription dans une Université ou Institut catholique de suivre, pour les matières qui y sont professées, les cours des Universités civiles. Si cela a été permis quelque part, Nous l'interdisons pour l'avenir. »

D. — Que doivent faire les évêques qui président à la direction de ces Universités et de ces Instituts ?
R. — « Que les évêques qui président à la direction de ces Universités et Instituts veillent à ce que les prescriptions que Nous venons d'édicter y soient fidèlement observées. »

A suivre : § IV. — Règles concernant la lecture des mauvais livres.

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Message  Louis Dim 19 Mai 2019, 5:47 am

REMÈDES

§ IV. — Règles concernant la lecture des mauvais livres.

D. — Quel est le devoir des évêques en ce qui regarde les écrits entachés de modernisme ?
R. — « Il est encore du devoir des évêques, en ce qui regarde les écrits entachés de modernisme et propagateurs de modernisme, d'en empêcher la publication, et, publiés, d'en entraver la lecture. »

Note de Louis : se rappeler que nous sommes, ici, en 1907 et pas dans les temps mauvais où nous sommes (S. Paul : Eph. 5,16)  

D. — Quel est leur devoir, à ce sujet, dans les séminaires et les Universités ?
R. — « Que tous les livres, journaux, revues de cette nature ne soient pas laissés aux mains des élèves dans les séminaires ou dans les Universités : ils ne sont pas, en effet, moins pernicieux que les écrits contre les bonnes mœurs, ils le sont même davantage, car ils empoisonnent la vie chrétienne dans sa source. »

D. — Doit-on prendre les mêmes mesures vis-à-vis des ouvrages écrits par des catholiques imbus de philosophie moderne et peu sûrs en théologie ?
R. — « Il n'y a pas à juger autrement certains ouvrages publiés par des catholiques, hommes dont on ne peut suspecter l'esprit, mais qui, dépourvus de connaissances théologiques et imbus de philosophie moderne, s'évertuent à concilier celle-ci avec la foi, et à l'utiliser, comme ils disent, au profit de la foi. Lus de confiance, à cause du nom et du bon renom des auteurs, ils ont pour effet, et c'est ce qui les rend plus dangereux, de faire glisser lentement vers le modernisme. »

D. — Les évêques sont-ils obligés de condamner publiquement et solennellement les écrits pernicieux qui pénètrent dans leurs diocèses ?
R. — « Généralement, et c'est ici le point capital, faites tout au monde pour bannir de votre diocèse tout livre pernicieux, recourant pour cela, s'il en est besoin, à l'interdiction solennelle. Le Saint-Siège ne néglige rien pour faire disparaître les écrits de cette nature: mais le nombre en est tel aujourd'hui que les censurer tous est au-dessus de ses forces. La conséquence, c'est que le remède vient quelquefois trop tard, alors que le mal a déjà fait ses ravages. Nous voulons donc que les évêques, méprisant toute crainte humaine, foulant aux pieds toute prudence de la chair, sans égard aux criailleries des méchants, suavement, sans doute, mais fortement, prennent en ceci leur part de responsabilité, se souvenant des prescriptions de Léon XIII, dans lu Constitution apostolique Officiorum : Que « les Ordinaires, même comme délégués du Siège Apostolique, s'efforcent de proscrire les livres mauvais publiés ou répandus dans leurs diocèses, et de les arracher des mains des fidèles. » C'est un droit qui est conféré dans ces paroles, mais aussi un devoir qui est imposé. Et que nul ne pense avoir satisfait aux obligations de sa charge s'il Nous a déféré un ou deux ouvrages et laissé les autres, en grand nombre, se répandre et circuler. »

D. — Les évêques peuvent-ils, doivent-ils même condamner parfois des ouvrages revêtus d'imprimatur ?..

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Message  Louis Lun 20 Mai 2019, 5:51 am

REMÈDES

§ IV. — Règles concernant la lecture des mauvais livres.

SUITE

D. — Les évêques peuvent-ils, doivent-ils même condamner parfois des ouvrages revêtus d'imprimatur ?
R. — « Ne vous laissez pas arrêter au fait que l'auteur a pu obtenir d'ailleurs l'Imprimatur : cet Imprimatur peut être apocryphe, ou il a pu être accordé sur examen inattentif, ou encore par trop de bienveillance ou de confiance à l'égard de l'auteur, ce qui arrive peut-être quelquefois dans les Ordres religieux. Puis, le même aliment ne convient pas à tous : de même, un livre inoffensif dans un endroit peut, au contraire, à raison des circonstances, être fort nuisible dans un autre. Si donc l'évêque, après avoir pris l'avis d'hommes prudents, juge nécessaire de censurer dans son diocèse quelque livre de ce genre, qu'il le fasse, Nous lui en donnons très volontiers la faculté, Nous lui en imposons même l'obligation. La chose, naturellement, doit se faire avec prudence, en restreignant la prohibition, si cela suffit, au clergé. »

D. — Quand la restriction est faite au clergé seul, est-ce que les libraires catholiques peuvent continuer de vendre l'ouvrage prohibé ?
R. — « Cette restriction, en tout cas, les libraires ne la prendront jamais pour eux ; c'est leur devoir de retirer purement et simplement de la vente les ouvrages condamnés par l'évêque. »

D. — Quels sont les devoirs des évêques à l'égard des libraires catholiques ?
R. — « Et, puisqu'il est question des libraires, que les évêques veillent à ce que l'amour du lucre ne les entraîne pas à trafiquer de produits délétères. Il est de fait qu'en certains de leurs catalogues, s'étalent, accompagnés de réclames alléchantes, bon nombre d'ouvrages modernistes. Que, s'ils refusent obéissance, les évêques n'hésiteront pas, après monition, à les priver du titre de libraires catholiques ; de même, et à plus forte raison, du titre de libraires épiscopaux, s'ils en ont été gratifiés. Quant aux libraires pontificaux, ils les déféreront au Saint-Siège. A tous, Nous rappelons l'article XXVI de la Constitution Officiorum : « Ceux qui ont obtenu la faculté de lire et retenir les livres prohibés n'ont pas pour cela le droit de lire et de retenir les livres ou journaux quels qu'ils soient, interdits par l'Ordinaire, à moins que, dans l'Indult apostolique, la faculté ne leur ait été accordée expressément de lire et de retenir les livres condamnés par n'importe quelle autorité. »


A suivre : § V. — Institution des censeurs diocésains.

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Message  Louis Mar 21 Mai 2019, 6:16 am

REMÈDES

§ V. — Institution des censeurs diocésains.

D. — Quel est le devoir des évêques au sujet des publications ?
R. — « Il ne suffit pas d'empêcher la lecture et la vente des mauvais livres, il faut encore en entraver la publication. Que les évêques donc usent de la plus grande sévérité en accordant la permission de publier. »

D. — Les évêques doivent-ils instituer des censeurs d'office ?
R. — « Comme le nombre est grand, d'après la Constitution Officiorum, des ouvrages qui ne peuvent paraître sans la permission de l'Ordinaire ; et comme d'autre part l'évêque ne les peut tous reviser par lui-même, dans certains diocèses on a institué, pour procéder à cette revision, des censeurs d'office. Nous louons très fort cette institution, et non seulement Nous engageons à l'étendre à tous les diocèses, mais Nous en faisons un précepte strict. Qu'il y ait donc, dans toutes les curies épiscopales, des censeurs d'office chargés de l'examen des ouvrages à publier : ils seront choisis parmi les prêtres du clergé, tant séculier que régulier, recommandables par leur âge, leur science, leur prudence, et qui, en matière de doctrine à approuver ou à blâmer, se tiennent dans le juste milieu. »

D. — Quel sera le rôle des censeurs ?
R. — « A eux sera déféré l'examen de tous les écrits qui, d'après les articles XLI et XLII de la Constitution mentionnée, ne peuvent être édités sans permission. Le censeur donnera son avis par écrit. Si cet avis est favorable, l'évêque délivrera le permis de publication par ce mot Imprimatur, mais qui sera précédé de la formule Nihil obstat, avec, au-dessous, le nom du censeur. »

D. — Devra-t-on instituer des censeurs dans la curie romaine ?
R. — « Dans la curie romaine, aussi bien que dans les autres, des censeurs seront institués. Leur nomination sera faite, d'entente avec le cardinal vicaire et avec l'approbation du Souverain Pontife, par le Maître du Sacré Palais. A celui-ci, il appartiendra de désigner le censeur pour la revision de chaque ouvrage. Le permis de publication sera encore délivré par lui, ainsi que par le cardinal vicaire ou son vice-gérant, et il sera précédé, comme ci-dessus, de la formule d'approbation du censeur, suivie de son nom. »

D. — Pourra-t-on quelquefois supprimer la mention du censeur ?
R. — « Seulement dans des cas exceptionnels et fort rares, pour des raisons dont l'appréciation est laissée à la prudence de l'évêque, la mention du censeur pourra être omise. »

D. — Quelle précaution doit-on prendre pour protéger le censeur ?
R. — « Le nom du censeur sera tenu secret aux auteurs, et ne leur sera révélé qu'après avis favorable : de peur qu'il ne soit molesté et durant le travail de révision, et par la suite, s'il a refusé son approbation. »

D. — A quelle condition un censeur pourra-t-il être choisi parmi les religieux d'un Institut ?
R. — « Nul censeur ne sera pris dans un Institut religieux, sans qu'on ait au préalable consulté secrètement le provincial, ou, s'il s'agit de Rome, le supérieur général : celui-ci, provincial ou supérieur général, devra attester en conscience la vertu, la science, l'intégrité doctrinale du candidat. »

D. — Quelles approbations doivent avoir les ouvrages publiés par des religieux ?
R. — « Nous avertissons les supérieurs religieux du grave devoir qui leur incombe de veiller à ce qu'aucun ouvrage ne soit publié sans leur autorisation et celle de l'Ordinaire. »

D. — Le censeur peut-il s'appuyer sur son titre pour défendre des opinions personnelles ?
R, — « Nous déclarons enfin que le titre de censeur ne pourra jamais être invoqué pour appuyer les opinions personnelles de celui qui en aura été revêtu et sera, à cet égard, de nulle valeur. »

suivre :§ VI. — Participation du clergé à la direction ou rédaction des journaux.

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Message  Louis Mer 22 Mai 2019, 6:44 am

REMÈDES

§ VI. — Participation du clergé à la direction ou rédaction des journaux.

D. — Les membres du clergé séculier et régulier peuvent-ils diriger des revues ou des journaux sans l'autorisation des Ordinaires ?
R. — « Ceci dit en général, Nous ordonnons en particulier l'observation de l'article XL1I de la Constitution Officiorum, dont voici la teneur : « Défense aux membres du clergé tant séculier que régulier de prendre la direction de journaux ou de revues sans la permission des Ordinaires. » Que s'ils viennent à abuser de cette permission, elle leur sera retirée, après monition. »

D. — Quels sont les devoirs des évêques à l'égard des correspondants ou collaborateurs de revues et de journaux ?
R. — « En ce qui regarde les prêtres correspondants ou collaborateurs — pour employer les mots courants — comme il n'est pas rare qu'ils glissent dans les journaux ou revues des articles entachés de modernisme, il appartient aux évêques de les surveiller, et, s'ils les prennent en faute, de les avertir d'abord, puis de leur interdire toute espèce de collaboration ou correspondance. »

D. — Quel est le devoir des supérieurs des religieux et, en cas de négligence, des évêques ?
R. — « Même injonction est faite aux supérieurs religieux : en cas de négligence de leur part, les évêques agiront comme délégués du Souverain Pontife. »

D. — Faut-il assigner un censeur à chaque revue et à chaque journal? Quel sera son droit et celui de l'évêque ?
R. — « Qu'à chaque journal et revue, il soit assigné, autant que faire se pourra, un censeur dont ce sera le devoir de parcourir en temps opportun, chaque numéro publié, et s'il y rencontre quelque idée dangereuse, d'en imposer au plus tôt la rétractation. Ce même droit appartiendra à l'évêque, lors même que l'avis du censeur aurait été favorable. »

A suivre : § VII. — Des Congrès sacerdotaux.

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Message  Louis Jeu 23 Mai 2019, 5:32 am

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§ VII. — Des Congrès sacerdotaux.

D. — Quelles sont les règles imposées aux prêtres pour organiser un Congrès sacerdotal ou pour y participer?

R. — « Nous avons déjà parlé des Congrès et assemblées publiques comme d'un champ propice aux modernistes pour y semer et y faire prévaloir leurs idées.

— Que désormais les évêques ne permettent plus, ou que très rarement, des Congrès sacerdotaux. Que s'il leur arrive d'en permettre, que ce soit toujours sous cette loi, qu'on n'y traitera point de question relevant du Saint-Siège ou des évêques, que l'on n'y émettra aucune proposition ni aucun vœu usurpant sur l'autorité ecclésiastique, que l'on n'y proférera aucune parole qui sente le modernisme, ou le presbytérianisme, ou le laïcisme.

— A ces sortes de Congrès qui ne pourront se tenir que sur autorisation écrite, accordée en temps opportun, et particulière pour chaque cas, les prêtres des diocèses étrangers ne pourront intervenir sans une permission pareillement écrite de leur Ordinaire.

— Nul prêtre, au surplus, ne doit perdre de vue la grave recommandation de Léon XIII : « Que l'autorité de leurs pasteurs soit sacrée aux prêtres, qu'ils tiennent pour certain que le ministère sacerdotal, s'il n'est exercé sous la conduite des évêques, ne peut être ni saint, ni fructueux, ni recommandable (1). »
_______________________________________________________________

(1)Lettre Enc. « Nobillissima  Gallorum », 10 febr. 1884.


A suivre: § VIII. — Institution dans chaque diocèse d'un Conseil de vigilance doctrinale.

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