La fidélité à la GRÂCE

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Message  Monique Sam 07 Mar 2009, 6:05 pm

NOTRE DIGNITÉ D' « AUTRE CHRIST » ET LA FIDÉLITÉ A LA GRÂCE



CHAPITRE III


Aussi, que voyons-nous, tout au long de la vie de Notre-Seigneur ?
Jésus s'applique à suivre à chaque instant le moindre vouloir du Père, tel que le lui traduit le Saint-Esprit, appelé couramment par saint Paul l'Esprit du Christ.

S'agit-il, pour Notre-Seigneur, d'aller au désert ou d'en revenir ? Que dit l'Esprit du Père, le Saint-Esprit ? Ce n'est qu'après l'avoir consulté que le Christ se décide : « L'Esprit poussa Jésus au désert », note saint Marc (1) ; « Jésus, rempli de l'Esprit Saint, revint au Jourdain, et il fut poussé par l'Esprit dans le désert », observe saint Luc ; et encore : « Jésus, sous l'action puissante du Saint-Esprit, retourna en Galilée (2). »

A la synagogue de Nazareth, Jésus s'applique à lui-même les paroles d'Isaïe : « L'Esprit du Seigneur est sur moi (3). »
C'est par l'Esprit de Dieu que Jésus chasse les démons et opère ses miracles ; c'est sous l'action du même Esprit qu'il tressaille de joie et fait à son Père la prière : « Je vous bénis de ce que vous avez caché ces choses aux superbes et les avez révélées aux petits (4). »

Mais si tel est le Chef, tels devront être également les membres. L'essentiel du Christ, c'est la soumission à l'Esprit Saint pour l'honneur du Père et la restauration de ses droits ; l'essentiel pour un membre du Christ pourrait-il être autre chose qu'une identique soumission à l'Esprit Saint, qu'une entière fidélité à répondre aux désirs du Père ?

(1) Mc„ I, 12.
(2) Luc, IV. 1 : 14, 14.
(3) Luc, IV, 17, 21.
(4) Luc, X, 21.


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Message  Monique Dim 08 Mar 2009, 6:04 pm

NOTRE DIGNITÉ D' « AUTRE CHRIST » ET LA FIDÉLITÉ A LA GRÂCE



CHAPITRE III


Pour le Christ, une seule consigne : obéir pleinement au divin vouloir ; c'était la raison essentielle de sa venue. Pour le membre du Christ, une seule consigne et qui est le fond même de sa vocation « christifique » : obéir pleinement, comme le Chef divin, au vouloir du Père, suivre en tout le Saint-Esprit, le suivre évidemment en toutes les choses graves et jusqu'à concurrence du péché mortel évité ; le suivre là même où il ne s'agit point de chose grave, mais où le vouloir de Dieu est formel, et donc jusqu'à la fuite du péché véniel ; le suivre — et ceci donne une marge énorme à la générosité et il nous faudra plus loin y revenir — alors même qu'il ne s'agit pas d'ordres de Dieu, mais de simples désirs de sa part, et donc jusqu'à la fuite de toute imperfection consentie Fidélité, fidélité, fidélité.

Tel le Chef ; tel le membre s'il veut être le membre authentique du Chef authentique qui est le sien: « Ceux-là, dit saint Paul, sont les fils de Dieu qui sont conduits par l'Esprit de Dieu (1). »

De même que c'était l'Esprit qui conduisait Jésus au désert et l'en ramenait, qui l'inclinait à prier, lui donnait puissance quand il répandait ses bienfaits, c'est l'Esprit également, le Saint-Esprit, qui doit inspirer toutes nos démarches.
Nous détourner d'abord de tout péché : « Marchez selon l'Esprit et vous n'accomplirez pas les convoitises de la chair » (1) ; ou, comme le recommande l'Epître aux Romains : « Marchons, non selon la chair, mais selon l'Esprit. »
(1) Rom., VIII, 9, 14.
(1) Gal., V, 16.


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Message  Monique Lun 09 Mar 2009, 6:07 pm

NOTRE DIGNITÉ D' « AUTRE CHRIST » ET LA FIDÉLITÉ A LA GRÂCE



CHAPITRE III

C'est là un minimum, obligatoire sans doute, mais insuffisant pour qui veut reproduire et prolonger parfaitement le Christ. L'âme fidèle cherche à se conduire en tout selon l'inspiration de l'Esprit intérieur : Unctio Spiritus docebit vos, note saint Jean (2), « l'onction du Saint-Esprit vous enseignera ». Et, de fait, qui se rend attentif au dedans ne peut pas ne pas entendre les multiples sollicitations de la grâce, l'appelant au bien ou au mieux, lui découvrant les cimes et l'invitant à y monter.

Nous voilà inclinés à la prière. D'où vient l'invitation ? De l'Esprit Saint ; et s'il nous arrive de céder à sa voix, d'où vient le souffle qui, de nous, monte vers Dieu ? Du Saint-Esprit encore.

C'est lui qui prie en nous, met sur nos lèvres les mots qui conviennent et s'exprime par ces gémissements ineffables : « Abba, Pater, Père, Père! (3) »

Ce sera lui encore, le Saint-Esprit, qui nous révélera les dons de la grâce et nous éclairera sur la vie de Là-Haut (4).

(1) Gal., V, 16.
(2) I Joan., II, 20-27.
(3) Rom., VIII, 15, 26. (4 I Cor., II, 10, 12.


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Message  Monique Mar 10 Mar 2009, 6:04 pm

NOTRE DIGNITÉ D' « AUTRE CHRIST » ET LA FIDÉLITÉ A LA GRÂCE



CHAPITRE III


« Si quelqu'un a soif, expliquait Notre-Seigneur, qu'il vienne à moi ! » Mais venir à lui, qu'est-ce à dire sinon être rempli de l'Esprit Saint ? « Celui qui croit en moi, continuait le bon Maître, des fleuves de vie l'inonderont. » Et l'Evangile ajoute, pour expliquer en quoi consistent ces fleuves de vie : Hoc autem dixit de Spiritu quem accepturi eranl credentes in eum. Ces fleuves de vie n'étaient rien autre qu'une effusion de l'Esprit Saint, récompense de ceux qui voulaient bien accéder à la foi. Croire au Christ, c'est recevoir l'Esprit ; on ne peut être plus clair (1).

Pour croire, il faut déjà posséder l'Esprit ; mais une fois que l'on croit, cette possession de l'Esprit se fait invasion ; tout à l'heure ce n'était qu'un mince filet ; maintenant, un fleuve, ou mieux, des fleuves, car il y a le pluriel afin de marquer la plénitude croissante des venues divines si l'on est fidèle à vivre sa foi.

En somme, plus le disciple pourra dire comme le Maître : « Ce que le Seigneur réclame, je le fais toujours » (2), plus il sera membre Vrai, prolongement authentique du Christ. « Celui, disait encore Jésus qui s'applique en tout à accomplir la volonté du Père (telle qu'elle lui est manifestée par le Saint-Esprit), celui-là est mon père, ma mère, ma sœur et mon frère. »

(1) Ce texte sert de finale à l'Evangile du Lundi après le Dimanche de la Passion. Jean, VII, 38-39.
(2) Quae placita sunt ei, facio semper. Joan., VIII, 29.


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Message  Monique Mer 11 Mar 2009, 6:06 pm

NOTRE DIGNITÉ D' « AUTRE CHRIST » ET LA FIDÉLITÉ A LA GRÂCE



CHAPITRE III


Il ne s'agit donc pas seulement de ne pas offenser Dieu, tâche toute négative, pour essentielle qu'elle soit ; il s'agit de donner à Dieu le maximum d'oeuvres parfaites ; de suivre, comme le Christ, l'Esprit Saint aussi loin qu'il veut nous mener, de ne pas rester à mi-chemin de ses invitations, mais de réaliser, avec toute la plénitude souhaitée, le programme offert à la conscience du moment.

Aller jusqu'au bout de soi-même et tendre dans la pratique au meilleur amour, c'est là prolonger parfaitement le Christ, ou, ce qui est même chose, suivre parfaitement le Saint-Esprit. Il ne reste qu'à mettre, en tout ce que l'on fait, cet élan, cette flamme qui animaient le Chef divin : glorifier le Père, sauver le monde.

Plus rien alors n'est de la créature dans notre vie. Le « moi » n'existe plus. C'est Dieu uniquement recherché. « Je ne vis plus. Le Christ, seul, vit en moi. » C'est la perfection du Christianisme.

Qui donc, devant ce mot sublime et redoutable de saint Paul, ne s'est point surpris à admirer le grand apôtre pour son courage, et en même temps à se trouver bien pâle devant les générosités de chaque jour ?

« Je » appelé à disparition complète. Le « moi » entièrement supprimé. Toutes nos parcelles d'être et de vie changées, comme toutes les parcelles du pain, en une créature nouvelle, — nova creatura — transformées en « Jésus-Christ ».

Il n'y a plus de « moi » en moi ; il n'y a plus que « le Christ ». Si l'on osait ce mot : tout est devenu du « Jésus-Christ ». Il n'y a plus en moi comme en lui que l'entier assujettissement par amour à tous les vouloirs du Père, tels qu'ils sont manifestés par le Saint-Esprit.
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Message  Monique Jeu 12 Mar 2009, 6:08 pm

CONDITIONS DE LA FIDÉLITÉS



CHAPITRE I


ÉCOUTER POUR PERCEVOIR

Personne n'entend les divins appels au fond de l'âme s'il ne sait pas faire silence au fond de l'âme. Se recueillir : ce qu'il y a de plus nécessaire. Hélas ! ce qu'il y a aussi de plus difficile.

Pourquoi le recueillement est-il nécessaire à l'âme si elle veut percevoir les appels divins ?

1° A CAUSE DE LA DISCRÉTION DE DIEU
Dieu a une manière d'agir toujours la même ; il aime se cacher. Ne le découvrent que les attentifs.

On s'étonne parfois que tant de gens viennent à douter de l'existence de Dieu. La Création ne prouve-t-elle pas le Créateur ? Oui, certes ; mais si la raison affirme Dieu, l'expérience n'en perçoit rien. Le Seigneur souverain se cache derrière le paravent des causes secondes ; lui qui est la cause totale, il ne veut pas être la cause unique. De son lointain quartier général, il commande tout, mais les humains ne se trouvant en contact sensible qu'avec les intermédiaires oublient le chef suprême de qui tout dépend. Chaque cause seconde serait d'une indigence absolue si Dieu ne lui donnait son pouvoir de production, mais comme c'est elle qui se trouve au premier plan, l'homme ne voit qu'elle. Il faut réfléchir pour découvrir Dieu.
Cette discrétion sublime, Dieu la met partout. Il se promène dans son œuvre en tous temps et en tous lieux ; mais il procède comme au Paradis terrestre ; il marche à pas feutrés, et il faut prêter l'oreille pour distinguer son pas faisant à peine craquer le sable, là, tout près, derrière le bosquet.
Vraie dans l'ordre naturel, combien plus vraie encore cette discrétion divine, dans l'ordre surnaturel.

Le Verbe décide de venir sur terre s'incarner. Du bruit, croyez-vous, un souci quelconque du décor, une volonté de s'imposer par un éclat, de proclamer à sa manière : « Attention ! Comprenez bien qui je suis ! » Nullement. Voici une petite Vierge de quinze ou seize ans dans une insignifiante bourgade d'un tout petit pays. Elle se nomme Marie ; elle est inconnue de tous, sauf de quelques amies de son village, Nazareth.' Un jour qu'elle prie, elle s'entend offrir de devenir la mère de Dieu. Deux mots d'acceptation : Ecce... Fiat! — Voici qu'à l'instant même le Verbe s'est fait chair.

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Message  Monique Ven 13 Mar 2009, 6:09 pm

CONDITIONS DE LA FIDÉLITÉS



CHAPITRE I


ÉCOUTER POUR PERCEVOIR


Neuf mois durant, il reste enseveli comme tout enfant des hommes dans le sein de sa mère... Il va naître. Que tout soit bien disposé pour que le plus discret huis-clos soit observé...

Il faut partir, aller se faire inscrire. Vous savez la suite ; l'abri en plein champ, la crèche de minuit. Écoutez : « Tandis que sous un ciel pur et dans le silence de la terre, la nuit était au milieu de sa course, en secret, loin du tumulte des hommes, le Verbe éternel du Père, ayant pris la nature humaine, apparut aux mortels, et dans les cieux retentit l'hymne : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. »

Remarquons les mots : « Dans le silence de la terre, la nuit, en secret, loin du tumulte. » Voilà Dieu !

Et tout au long de l'histoire évangélique, il procédera de la sorte : trente ans de vie cachée ; quand il parle, ce n'est pas pour s'annoncer, lui, mais pour annoncer le Père ; pour semer ses enseignements, il choisit de préférence les humbles bourgades et le bord des chemins ; s'il a un enseignement plus spécialement profond, il limite volontairement l'auditoire : Nicodème et la femme du puits de Jacob, le discours avant et après la Cène. Montre-t-il une fois quelque chose de sa gloire, il n'y aura que trois témoins. S'agit-il de miracles qui risquent de trop lui attirer la faveur des foules, il disparaît comme après la multiplication des pains, ou il recommande au Miraculé le silence. Il recourt à sa force de thaumaturge juste assez pour accréditer sa parole ; les apôtres feront des œuvres de plus d'éclat que les siennes.
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Message  ROBERT. Ven 13 Mar 2009, 9:35 pm

.

Remarquons les mots : « Dans le silence de la terre, la nuit, en secret, loin du tumulte. » Voilà Dieu !

Pour vivre heureux, vivons cachés en Dieu...
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Message  Monique Sam 14 Mar 2009, 6:27 pm

CONDITIONS DE LA FIDÉLITÉS



CHAPITRE I


ÉCOUTER POUR PERCEVOIR


Quoi de plus silencieux encore et de plus discret que la transsubstantiation et la présence eucharistique ! Quelques mots prononcés, la substance du pain n'est plus ; Jésus est là sur l'autel et jour après jour il va demeurer dans l'obscurité du tabernacle vingt-quatre heures sur vingt-quatre heures sans chercher bruyamment a attirer l'attention ! Si l'on vient le visiter, c'est bien. Personne ? il ne réclame pas ; tout se passe comme s'il n'était pas là.

Qu'y aurait-il de changé dans le quartier si le Sauveur du monde ne se trouvait pas dans l'église qui là-bas borde la rue ?
On amène un enfant dans cette église ; on va le baptiser. Qu'est-ce à dire ? La Trinité Sainte va faire son entrée dans cette petite âme. Vous entendez bien : la Trinité Sainte. Dieu, c'est tout de même quelqu'un ! — Ah ! vous croyez cela ! Qui donc y songe ?

Quand un roi, un empereur, un chef d'Etat vient dans une ville, que de fanfares et de pavois et de gens alertés ! Ici, rien.
Dans le gouvernement de son Eglise, quelle discrétion de la part du Sauveur. Dans l'Evangile, le grand personnage, c'est le Père. Une fois la Rédemption opérée, le grand personnage c'est le Saint-Esprit, nous l'avons dit : Spiritus docebit vos. Notre-Seigneur, comme Maître, échoue avec les apôtres. Après trois ans de contact, ils s'enfuient tous au moment de l'Agonie, l'un trahit, un autre renie.

Il faudra que l'Esprit-Saint descende ; alors seulement les peureux du Jardin trouveront du courage et sauront affronter le martyre. Quelle soif pour Jésus de se faire petit, d'éviter de se donner la belle part ! Durant sa vie, il s'est effacé devant le Père ; après sa mort, il s'efface devant le Saint-Esprit.

Bien mieux, l'Eglise qu'il a laissée sur terre et à qui il a confié les clefs du royaume de Dieu, il ne va la gouverner que par personne interposée. Lui, on ne le verra pas ; on n'apercevra que son Vicaire. Il sera là sans doute, par son Saint-Esprit, garantissant l'Eglise de toute erreur, donnant aux chefs qualifiés lumière et force. Mais ici encore, que de gens passeront à côté de l'Eglise de Jésus-Christ sans reconnaître Jésus-Christ ; par la faute sans doute de l'insignifiance ou de l'indignité d'un trop grand nombre de membres, mais aussi parce que le bon grain au milieu de l'ivraie ne perce pas toujours victorieusement et que le Seigneur préfère aux triomphes éclatants d'une divinité de l'Eglise s'imposant à tous, les humbles efforts d'une Eglise divine dont la divinité n'apparaît qu'aux plus réfléchis ou aux plus purs.

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Message  Monique Dim 15 Mar 2009, 6:22 pm

CONDITIONS DE LA FIDÉLITÉS



CHAPITRE I


ÉCOUTER POUR PERCEVOIR


Si telle est la manière habituelle de Dieu, n'en faut-il pas tenir compte alors qu'il s'agit par excellence d'une œuvre qui s'opère aux profondeurs de l'âme, à savoir les invitations de la grâce ?

Jésus ressuscité entrait au Cénacle sans qu'aucun bruit ne manifestât sa venue. A bien plus forte raison, quand le Saint-Esprit vient nous solliciter, il n'y a pas de héraut d'armes ou de trompettes sonores pour annoncer son arrivée. L'âme est-elle en état de grâce ? Dieu déjà se trouve au cœur de la place ; il est là qui incessamment convie à la fidélité. Mais ne comptez pas sur du fracas. Gemitus, dira saint Paul, une humble et silencieuse modulation aussi étouffée que possible. La spécialité de l'homme : le bruit. La spécialité de Dieu : le silence.

Ah ! qu'il a raison, cet auteur (1), de décrire ainsi l'action de Dieu dans nos cœurs : « Comme l'eau imprègne l'éponge doucement .et sans bruit, de même le divin Esprit pénètre sans violence l'âme prête à le recevoir. Il ne s'impose pas ; il se propose. Les visites forcées répugnent à son infinie délicatesse. Sa voix est douce, amie du recueillement et de la paix. Pour l'entendre, il faut faire silence en dedans. »
(1) Le P. Auguste Drive, quatrième Directeur général de l'Apostolat de la Prière, dans son excellent opuscule : Vers Dieu sous la conduite de Marie.

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Message  Monique Lun 16 Mar 2009, 6:17 pm

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CHAPITRE I


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2° A CAUSE DE LA SAINTE FIERTÉ DE DIEU

Dieu est discret ; ce n'est point par fausse timidité ni impuissance. Il pourrait s'imposer ; s'il ne le veut pas, c'est par délicatesse et pour laisser à notre initiative place plus large.

Mais on ne peut pas faire que le Seigneur ne soit pas un grand seigneur ; on ne peut pas faire qu'il n'ait le sentiment très aigu de sa suprême dignité. Là où il voudrait entrer ou agir, ce ne sont, supposons-le, que préoccupations folles, grincement de crécelles, agitations, tourbillons, chevaux de bois, besoin de vitesse, déplacements incessants, recherche inconsidérée des riens qui bougent ; il n'a que faire à vouloir demander audience !
Dieu ne se communique pas dans le bruit. Quand il découvre un intérieur d'âme encombré de mille choses, il ne met aucun empressement à se livrer, à venir se loger au milieu de ces mille et une inutilités. Il a son amour-propre : il n'aime pas à être mis en parallèle avec du bric-à-brac. Quelquefois, tout de même, il prend sur lui, et malgré l'inattention, s'impose à l'attention. On ne voulait pas le recevoir ; il est entré ; il parle. Mais en général il ne procède pas ainsi ; il évite une présence que trop visiblement on ne recherche pas.

Sans doute, si l'âme est en état de grâce, il réside en elle, mais ne se manifeste pas à elle; puisqu'on ne daigne pas l'apercevoir, il reste inaperçu; puisqu'on lui préfère des « ersatz », il évite, lui, le Bien suprême, de vouloir malgré tout se faire préférer. Plus l'âme est répandue dans les choses, moins il se fait insistant.

Voit-il au contraire quelqu'un se désencombrer et chercher le silence, Dieu s'approche : cela l'enchante. Il peut se manifester ; il le sait, l'âme entendra. Il ne se manifestera pas toujours ni le plus souvent de façon apparente ; mais l'âme, à coup sûr, se sentira obscurément invitée à monter.
Dans son second sermon sur la Pentecôte, Tauler, après avoir rappelé que le Cénacle symbolise d'abord la sainte Eglise, note qu'il symbolise en second lieu le baptisé fidèle en qui le Saint-Esprit habite. Mais il remarque combien est différente, d'âme à âme, l'action divine selon la puissance d'accueil manifestée ici et là.

(1) Le P. Auguste Drive, quatrième Directeur général de l'Apostolat de la Prière, dans son excellent opuscule : Vers Dieu sous la conduite de Marie.

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Message  Monique Mar 17 Mar 2009, 6:28 pm

CONDITIONS DE LA FIDÉLITÉS



CHAPITRE I


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2° A CAUSE DE LA SAINTE FIERTÉ DE DIEU

« Cette visite et cette action intérieures, tous les hommes ne les ressentent pas également. Bien que le Saint-Esprit soit en tous les braves gens, celui qui veut pouvoir prendre conscience de son opération, sentir et goûter sa présence, doit se recueillir en lui-même, s'enfermer à l'abri de toutes les choses extérieures et donner place en lui-même à l'opération du Saint-Esprit, dans le calme et le silence. C'est alors que l'homme commencera de prendre conscience du Saint-Esprit qui se manifestera en lui. Plus l'homme s'adonne, d'heure en heure, à son mouvement de recueillement, plus il prend conscience de cette manifestation intérieure et toujours croissante du Saint-Esprit qui lui a été cependant donnée complètement dès le début (1). »

Ne détournent pas de Dieu les occupations nécessaires ou vraiment utiles du devoir d'état. Le Saint-Esprit ne peut nous tenir rigueur d'avoir accompli sa volonté ; soyons donc parfaitement dans la paix si, malgré notre désir, le travail qui nous est réclamé absorbe toute notre puissance d'attention et ne nous laisse pas facilité pour penser aux choses surnaturelles.

Mais la recherche voulue de l'inutile distraction, voilà ce qui est dommageable pour l'âme. Si, hors du devoir d'état, d'ailleurs largement entendu, nous cherchons à nous répandre indûment, notre union à Dieu court un risque (2).

(1) Tauler, 2e sermon pour la Pentecôte, dans Sermons, éd. Vie Spir., II, pp. 37-38.
(2) Ce point étant particulièrement important, nous y toucherons à nouveau un peu plus loin, au chapitre : Fidélité et Sainteté.


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Message  Monique Mer 18 Mar 2009, 6:23 pm

CONDITIONS DE LA FIDÉLITÉS



CHAPITRE I


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3° A CAUSE DE LA SOUDAINETÉ DE DIEU


Il est une raison encore — entre beaucoup — pour laquelle l'âme qui aspire à la fidélité doit vivre recueillie, c'est que l'Esprit souffle non seulement où il veut, mais quand il veut. Le propre des appels intérieurs, note saint Ignace dans les Règles du Discernement des Esprits, est de se faire entendre à une âme sans prendre la peine de s'annoncer et comme sans crier gare.

A tout moment une invitation peut nous venir. A tout moment, par conséquent, il faudrait être attentif — non certes, on le dira, d'une attention anxieuse, mais d'une attention intelligente et qui s'harmonise parfaitement avec l'activité sage d'une âme tout à son devoir.

Hélas ! « la plupart des gens vivent à la fenêtre », comme le remarquait déjà Froissard. Préoccupés uniquement du vacarme et des chasses-croisés de la rue, ils n'ont pas de regard pour celui qui, silencieusenient, dans l'intérieur de la chambre, attend, le plus souvent en vain, de pouvoir entamer la conversation.

L'Imitation interroge : «. Où es-tu quand tu n'es pas présent à l'intime de ton âme ? »
Au fait?
Newman a un beau sermon : L'Attente du Christ, où il montre que seuls saisissent les passages de Dieu ceux qui se mettent à même de pouvoir capter la grâce quand elle fera irruption. Malheur à ceux qui n'attendent rien ! Bienheureux ceux qui dans le silence et la paix désirent la Pâque divine, le Passage du Seigneur, — Phase, id est transitus Domini! Bienheureux ceux qui, semblables aux Mages, vivent le regard tendu vers la nuit où tout à l'heure jaillira le point de lumière qui mène à Dieu. Eh ! quoi ? Des chasseurs se cloîtreront longtemps, dans des huttes de paille, pour surprendre les caravanes au vol lourd des oiseaux migrateurs, et nous ne prêterons, nous, aucune attention à l'Esprit Saint dont le vol silencieux de colombe apporterait à nos vies des nouvelles de la Maison du Père ?

« Je vis les yeux fixés sur Lui, écrivait Marie-Antoinette de Geuser (1) en parlant de Dieu, afin d'épier ses moindres désirs et de les réaliser aussitôt. » Que nous sommes loin, peut-être, de cette attitude ! Et pourtant ! sainte Marguerite-Marie avoue que beaucoup de lumières divines lui furent données au réfectoire pendant la lecture. L'Esprit souille où il veut, quand il veut.

Etre prêt. Etre prêt pour la minute précieuse où il vient, pour la minute précieuse où dans le silence de l'âme attentive, il dira son secret.

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Message  Monique Jeu 19 Mar 2009, 6:04 pm

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CHAPITRE I


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3° A CAUSE DE LA SOUDAINETÉ DE DIEU


Dieu n'aurait-il pas cette manière qu'on lui connaît, il resterait encore que, de notre côté, une condition essentielle s'impose. Une comparaison va tout éclairer.

Près des sanatoria de Passy, dans les Alpes, il y a un petit lac entouré de sapins dans lequel, par temps découvert, se reflète le Mont Blanc. Un jour qu'amené par mon ministère dans les parages, j'étais venu visiter quelques malades, on me dit : « Allez donc voir le Lac Vert. Il fait un beau soleil. Le spectacle vaut d'être contemplé. » Je me rends à l'endroit indiqué. Le vent avait entièrement dégagé la cime neigeuse ; je m'attendais à une merveille. Hélas ! Une petite brise sournoise se glissant à travers les sapins venait constamment rider la face de l'eau. A aucun moment je n'eus ce beau miroir immobile que l'on m'avait promis. Ce n'est pas une tempête qui m'empêcha de voir ; rien qu'une brise en apparence insignifiante.

Il en va de même pour les âmes. Dieu voudrait bien se réfléchir dans l'âme. Hélas ! Livrée à une sotte agitation, elle empêche le jeu divin. Agitation menue, sans doute, mais qui suffit à tout compromettre.

Comment comprendre, dans la pratique, le recueillement ?
On ne manquera pas d'abord de déterminer une place fixe pour un temps déterminé d'oraison : on n'arrive à la prière spontanée, habituelle, de toutes les heures, qu'en s'exerçant à la prière voulue, commandée, à un certain moment et à une certaine heure. A chacun de consulter là-dessus sa grâce particulière, les circonstances où le met son devoir d'état, les avis de son guide spirituel (1)
.

(1) Combien justes ces réflexions, dans La Conscience de soi (Grasset, p. 63), de Lavelle: « Quelle admirable chose que la méditation ! Sans l'emploi d'aucun moyen matériel, en faisant taire seulement... les sollicitations du dehors... les préoccupations individuelles qui nous retiennent et nous divertissent, par la seule disposition de l'Attention qui se prête à la lumière intérieure et écoute les voix qui naissent au dedans, on voit se lever un spectacle miraculeux ; les idées endormies s'éveillent, se dressent, s'assemblent en des chœurs, disparaissent et reparaissent... »

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Message  Monique Ven 20 Mar 2009, 6:39 pm

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CHAPITRE I


ÉCOUTER POUR PERCEVOIR



3° A CAUSE DE LA SOUDAINETÉ DE DIEU


La part d'exercices de prières étant fixée, reste à s'entraîner au recueillement habituel, à un certain silence extérieur, d'action ou de parole, au silence intérieur surtout.

Quelques principes simples résument tout :
— Ne parler que si la parole est meilleure que le silence.
— Éviter la fièvre, l'empressement naturel. Ce qu'il y a de plus pressé, quand ça presse, c'est de ne pas se presser. Comme disait ce grand chirurgien lors d'une opération urgente : « Messieurs, allons doucement ; nous n'avons pas une minute à perdre. » Et qui ne connaît les reproches que s'adressait à lui-même dans toutes ses retraites Mgr Dupanloup : « J'ai une activité terrible... Je prendrai toujours plus de temps qu'il n'en faut pour faire quelque chose. » Au déclin de sa vie : « Je n'ai pas assez perdu mon temps, j'ai fait trop de choses, de petites choses au dépens des "grandes. » Et chaque fois, c'était le même refrain : « Ne quittons pour rien la vie intérieure. » « Toujours la vie intérieure avant tout. » N'avait-il pas un moment rêvé de se retirer à la grande Chartreuse (1) ?

Se rappeler le proverbe : « En close bouche n'entre mouche », et le mot de Lacordaire : « Le silence est, après la parole, la seconde puissance du monde. » Libre d'ailleurs de corriger et de dire, avant, et la première.

Songer surtout à l'exemple donné par le Christ : quarante jours de désert précédés par trente ans de silence ; c'est à ce prix qu'on sauve le monde. Se recueillir ; et seulement après, se dépenser. C'est « la solitude » qui nous juge. Ne soyons jamais « ce vagabond qui n'a pas de chez soi ». Et rappelons-nous toujours que « la valeur de quelqu'un se mesure à la puissance de solitude qui subsiste en lui ».

Croire au Monde invisible et s'évader le plus qu'on peut des apparences : « Je suis sûr que si d'autres s'enfonçaient comme moi dans le silence et la solitude, écrit un moderne (1), Dieu, qui est un Dieu caché, ne tarderait pas beaucoup à les abreuver aux sources qu'ils portent sans les connaître. » Il ajoute : « Je ne cherche point à combattre des tendances naturelles au profit d'une illusion spirituelle, mais à me décanter pour parvenir à ma profonde essence, à la possession de cette vérité qui ne peut paraître une illusion que pour des yeux mal exercés... Soyez béni, mon Dieu, pour ce goût grandissant que vous m'avez donné de votre Puissance invisible. »
(1) Journal intime, publié par Blanchereau, 1902, Téqui, pp. 43, 252, 261, 316. Bon à entendre également le conseil que sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, alors sous-maîtresse des novices, donnait, en commentaire du mot de l'Imitation : « Laissez ceux qui s'agitent 'agiter ; pour vous, demeurez en paix. » Voici ses recommandations à une novice : « Vous vous livrez trop à ce que vous faites, vous vous tourmentez trop de vos emplois, comme si vous en aviez seule la responsabilité. Vous occupez-vous en ce moment de ce qui se passe dans les autres Carmels, si les religieuses sont pressées ou non ? Leurs travaux vous empêchent-ils de prier, de faire oraison ? Eh ! bien, vous deviez vous exclure de même de votre besogne personnelle, y employer consciencieusement le temps prescrit, mais avec dégagement de coeur. » Vie, par le P. Petitot, p. 316. (1) René Schwob, Moi, Juif, pp. 247, 248.
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Message  Monique Sam 21 Mar 2009, 6:02 pm

CONDITIONS DE LA FIDÉLITÉS



CHAPITRE I


ÉCOUTER POUR PERCEVOIR



3° A CAUSE DE LA SOUDAINETÉ DE DIEU


Il existe, cela va de soi, deux degrés dans le recueillement : L'un, plus intense, plus officiel, aux temps où l'occupation première et prépondérante est Dieu lui-même ou les choses divines (oraison sous toutes ses formes)...

L'autre, ordinaire, aux temps où d'autres occupations occupent le champ superficiel et conscient de notre âme. Le recueillement consiste alors:

dans un contact profond avec le bon Dieu, consistant surtout dans la volonté prompte de Lui obéir sans réserve...

dans quelques étincelles plus rapprochées ou luisantes de ce feu intérieur. »
Ainsi s'exprimait, dans ses conférences privées à Neuilly, le R. P. Léonce de Grandmaison (1). Il ajoutait :
« Cela est compatible avec l'aridité bien que très facilité et rendu visible dans les moments de consolation, de présence sentie et d'exigence consciente du Maître divin. »
(1) Conférences données à l'Association St-François-Xavier, à Neuilly, t. I, Beauchesne, p. 32. Renvoyons, pour développements, à Comment toujours prier (A. de la P., Toulouse).

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Message  Monique Dim 22 Mar 2009, 6:13 pm

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CHAPITRE I


ÉCOUTER POUR PERCEVOIR



3° A CAUSE DE LA SOUDAINETÉ DE DIEU



Cette dernière réflexion s'éclaire et se corrobore si on la confronte avec l'avis d'autres directeurs d'âmes.
Voici ce que pensait un des premiers disciples du P. Lacordaire sur « la possibilité de conserver une union intime avec Dieu et une attention habituelle à sa sainte présence, au milieu des relations que l'on est obligé d'avoir avec le prochain. »

« Quoique cela ne soit pas également facile pour tous, il est cependant certain qu'une âme qui veut sérieusement s'adonner à la piété doit y tendre et faire tout ce qui est en elle pour rendre aussi continuelle que le comporte la condition de notre nature, son union avec Dieu.

« Si L'on entend par présence de Dieu l'état qui consiste à se le rendre présent par une application de l'imagination, j'avoue que la chose est presque impossible. Je ne conseillerai même pas de s'étudier à cette sorte de présence ; ce serait se fatiguer beaucoup, et perdre plus qu'on n'y gagnerait.
« La présence habituelle de Dieu qu'il faut s'efforcer d'avoir est celle qui résulte d'une douce et paisible attention du cœur, qui se tourne et s'élance continuellement vers l'objet qu'il doit souverainement aimer. Elle devient d'autant plus facile et parfaite que l'amour que l'on a pour lui est plus grand et plus pur, car elle est par dessus tout un effet de la charité. »

« Ce mode de se tenir en présence de Dieu est le meilleur ; et bien loin de nous gêner dans les occupations auxquelles nous nous livrons pour son service, il nous y rend plus attentifs, et nous les fait mieux remplir, en nous y appliquant amoureusement, dans la vue de lui plaire en tout ce que nous faisons (1). »

Écoutons une autre voix :
« Est-il possible, demandait-on au maître de la vie spirituelle qu'était le P. Ginhac (2), lorsqu'il était instructeur des jeunes prêtres jésuites accomplissant leur « troisième an de probation », est-il possible de ne pas quitter la pensée de Dieu pendant qu'on se livre à l'action » ?
Il répondit : « Oui, on le peut. D'abord implicitement, en ayant l'intention de rapporter à Dieu toutes ses actions ; mais aussi explicitement par le moyen de l'amour, et cela de deux manières : la première moins parfaite, lorsque l'amour ramène fréquemment la pensée de l'objet aimé ; la deuxième, véritablement parfaite, quand l'amour, devenu plus intense, fixe dans l'âme, d'une façon continue, le souvenir et la pensée de Celui qu'on aime, de sorte que, sans le perdre de vue, on apporte à ce qu'on fait pour lui et sous son regard divin l'attention nécessaire pour s'en acquitter dignement. Aimez donc et le problème est résolu. »
Pour la première forme d'union implicite de l'intention avec Dieu, il suffit de la grâce de Dieu dite ordinaire ; pour la seconde et sous sa double forme, mais évidemment surtout sous la dernière, la grâce commune ne suffit pas. Aimer ainsi n'est possible que si l'Amour, en nous, nous aide à aimer ainsi .

Mais peut-être, si nous n'y sommes point parvenus, cela vient-il de ce que nous n'avons pas assez demandé à l'Amour qu'il nous apprenne à l'aimer.

(1) Lettres du R. P. Hyacinthe Besson, o. p., publiées par E. Cartier, Poussielgue, MDCCCLXX, lett. CLXVII, pp. 431, 432.
(2) Vie, par le P. Calvet, p. 174.


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Message  Monique Lun 23 Mar 2009, 6:08 pm

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CHAPITRE II


CLAIRVOYANCE POUR DISCERNER


Le Cardinal Mercier recommandait de faire souvent cette prière : « 0 Esprit Saint, âme de mon âme, je vous adore, éclairez-moi, dites-moi ce que je dois faire, donnez-moi vos ordres ; je vous promets de me soumettre à tout ce que vous désirez de moi et d'accepter tout ce que vous permettrez qui m'arrive, faites-moi seulement connaître votre volonté. »

Pour certains, la difficulté n'est point de connaître les volontés de Dieu, mais bien plutôt de les accomplir. C'est le problème de la générosité ; nous y viendrons.
Pour un certain nombre, il y a un problème préalable et qui est justement : « Comment connaître ce que l'Esprit Saint me réclame ? »
Dieu a trois façons de nous traduire sa volonté : les commandements, les exigences du devoir d'état, les inspirations intérieures.

Dans les deux premiers cas, aucune difficulté en général, ou guère de difficulté pour discerner le vouloir divin : une règle objective existe, texte d'une consigne précise, évidence d'une exigence nette.
Il est beaucoup plus facile de se tromper lorsqu'il s'agit du troisième cas, les inspirations. C'est de ce troisième cas qu'ici nous parlerons.

L'illusion peut venir d'abord d'un certain manque d'équilibre suffisant. Beaucoup ont plus de générosité que de clairvoyance.
Pendant le martyre des Noirs de l'Ouganda, une femme, domestique dans la mission, entendant dire que la mort pour la foi est un moyen d'aller au ciel, quitte la maison des Soeurs et se dirige vers le lieu du supplice. La supérieure la rencontre et a toutes les peines du monde à l'empêcher de se jeter dans la gueule du loup. Générosité, certes ; générosité mal placée, par oubli de la vertu de prudence.

Chez d'autres, ce ne sera pas manque de prudence, mais intrusion d'une certaine vanité toujours possible, surtout s'il s'agit d'inspirations invitant à des générosités sortant de l'ordinaire.

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Message  Monique Mar 24 Mar 2009, 7:11 pm

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CHAPITRE II


CLAIRVOYANCE POUR DISCERNER


Sainte Marguerite de Cortone se fait traîner la corde au cou dans les rues de Montepulciano par une femme chargée de l'injurier. Fra Giunta Bevegnati, l'apprenant, le lui défend avec, entr'autres, ce motif « que le mépris de soi-même sert assez souvent de marchepied à l'orgueil » (1).

Là même où l'on consulte la prudence et où l'on se garde de la vanité, il arrive encore qu'on puisse errer, non qu'on se trompe peut-être sur la réalité de l'appel, mais sur sa qualité, sur sa portée exacte.

Très sagement, Suarez note : « Souvent, le Saint-Esprit donne le désir d'une chose dont cependant il ne veut pas la réalisation ; il demande à David de lui édifier un temple, à Abraham d'immoler son fils. Ce qu'il veut voir, c'est la soumission intérieure de l'âme ; l'exécution extérieure, il ne la réclame pas . »

Un trait de la vie du Curé d'Ars met cette doctrine en lumière. Un curé vient trouver l'abbé Vianey : « Je me sens appelé chez les Chartreux. — Ah ! lui répond le saint Curé, c'est parfait ; gardez cette bonne inspiration. — Alors, je dois la suivre ? — Non. Restez dans le clergé paroissial. »

L'invitation divine signifiait non pas de quitter le clergé, mais, dans son poste de prêtre paroissial, de mener la vie contemplative du chartreux.
A côté des cas difficiles, on trouve des cas fort simples, mais que le démon excelle parfois à embrouiller à plaisir.
Sous prétexte d'un bien meilleur, il suggère toutes sortes de fantaisies ; quelques minutes de réflexion posée anéantiraient le mirage. Mais non : l'imagination bat la campagne. On se figure qu'en procédant de telle ou telle manière, on réalisera des merveilles ; il est de toute évidence pour quelqu'un de sensé qu'il s'agit d'une illusion. Le prince des ténèbres s'est transformé en ange de lumière.
Des vocations parfois très sérieuses se perdent parce que l'on a vu, dans une suggestion trouble du démon, une inspiration soi-disant divine.

(1) François d'Assise avait précédé Marguerite dans cette inspiration. Ayant accepté, un jour de maladie, au dire de son historien Celano, un peu de poulet, une fois rétabli, il ordonne au frère, avant l'entrée dans Assise, de lui passer une corde au cou et de crier : « Venez voir ce glouton, qui, à votre insu, s'engraisse de volaille. » Et tous de se dire : « Malheur à nous qui passons notre vie dans la luxure et l'ivresse ! »
Dom Claude Martin, qui eut pour mère la célèbre Ursuline du Canada, la Bienheureuse Marie de l'Incarnation, enjoignit à ses moines de le fouler aux pieds et de lui reprocher ses défauts avec les paroles les plus piquantes. (Bremond, Hre Lit. du Sent, rel., t. VI, p. 203.)


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Message  Monique Mer 25 Mar 2009, 7:30 pm

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CHAPITRE II


CLAIRVOYANCE POUR DISCERNER


Le P. Barelle est Jésuite ; il se sent appelé à des mortifications que ne comporte pas la vocation où il se trouve ; il demande à quitter son ordre. Une fois dehors, il découvre à quel rêve il s'est abandonné. Inspiration, croyait-il ? Non pas, illusion.

Dans les premières années du collège de Lorette, sous le rectorat du P. Olivier Manare, un professeur d'Humanités qui n'avait pas trop de tout son temps pour préparer son cours, crut entendre un jour un ange lui reprocher de s'adonner à l'étude des auteurs profanes, alors qu'il y avait tant de profit à étudier saint Paul, par exemple. Tombant dans le panneau, le Père se mit à négliger la préparation de ses classes pour se livrer à l'étude de saint Paul. Inspiration ? Non pas: illusion. Berné sur d'autres points encore, le Père se laissait aller peu après à abandonner son Institut.

Le P. Passaglia, professeur de théologie à Louvain vers 1848 et à qui serait dû le texte de la bulle sur l'Immaculée-Conception, se croyait appelé, pour vaquer à ses travaux, au sacrifice de son oraison, malgré sa règle et les conseils de ses supérieurs. Inspiration ? Non pas: illusion. Le pauvre théologien abandonna son Ordre et même durant quelque temps la soutane ; il reconnut au terme de sa vie son erreur.

Supposons chez tous l'entière bonne foi ; qu'a-t-il manqué ? La clairvoyance. Et quel est l'Institut, même parmi ceux qui forment le mieux leurs sujets, où de loin en loin les supérieurs majeurs n'ont pas à se heurter à des cas d'illusions, aussi nets et aussi douloureux ?

Quelles règles adopter pour distinguer si vraiment c'est Dieu qui parle, si c'est jeu de l'imagination ou de l'amour-propre, si Satan ne s'est pas transformé en ange de lumière ?

Le Maître intérieur peut, ou bien donner la lumière sur une chose nouvelle, soit jamais perçue jusque-là, soit jusqu'alors mal connue et seulement confusément, ou bien, sans apporter une connaissance nouvelle, il peut rendre plus exigeant un attrait déjà ressenti ou plus savoureuse une vérité déjà possédée.

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Message  Monique Jeu 26 Mar 2009, 6:26 pm

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CHAPITRE II


CLAIRVOYANCE POUR DISCERNER


Première question à se poser : Ce qui m'est demandé (que je m'imagine m'être demandé), est-il conforme à la prudence, au bon sens, au devoir d'état ?

Tel novice se croit invité par Dieu à se lever durant la nuit pour écrire les belles pensées qui lui viennent. On a beau lui dire qu'il n'a pas l'étoffe d'un Pascal, que le monde n'a pas besoin de ses suggestions, que son devoir, la nuit, est de dormir, pour, le lendemain, être valide, ne pas somnoler à l'oraison ou à la conférence du Maître des Novices. Il n'écoute rien et sacrifie son sommeil. Ce qui devait arriver arrive. Tête cassée, obligation de rentrer dans le monde.

Si l'on a été bien instruit des choses divines; si, en plus du bon sens que rien ne remplace et du judicieux équilibre, on a une connaissance assez avertie de ce que réclame, en toute circonstance, une spiritualité sage ; si, par des lectures de piété intelligemment faites, progressivement poursuivies, l'on a acquis ce tact et cette faculté de discernement qui fait reconnaître l'erreur sous le masque de la vérité, découvrir l'exagération sous les apparences de la générosité, le manque d'à-propos sous couleur d'audace apostolique, l'on possède un riche trésor. Et voilà pourquoi il est si important de recevoir ou de se donner une formation spirituelle puisée aux meilleures sources, près d'auteurs ou de maîtres dont la doctrine est forte et sûre.

Un théologien qui sait son dogme découvrira du premier coup, dans l'énoncé d'une doctrine, s'il y a un piège ou une erreur ; l'homme habitué à déguster le vin percevra du premier coup, à la moindre gorgée ou simplement au bouquet, si ce qu'on lui présente est piquette, mélange, ou bon crû ; celui dont le goût est sûr saura d'emblée, dans un livre, une pièce, une audition, reconnaître le détail inopportun, la note qui sonne mal.

Ainsi dans les matières d'ascèse ou de mystique, à parler du moins des cas ordinaires, une personne judicieusement formée saura déceler ce qui n'est pas de Dieu, ce qu'il vaut mieux ne pas retenir et que proscrit la sagesse.

Quelqu'un est professeur ; il réussit bien, enseigne avec brio, compétence ; il est aimé de ses élèves. L'idée lui vient que sa vertu chère devrait être l'humilité et puisque l'humilité se développe par l'humiliation, il se rendra ridicule en classe, jouera le bégaiement, l'insuffisance. Que réclame le bon sens, qu'exige le devoir d'état ? Foin de semblables humiliations ! La consigne est de rester à la hauteur, non par vanité, mais par conscience et par apostolat. Une autre façon de déceler dans l'inspiration, vraie ou prétendue, l'illusion s'il s'en trouve, est de la confronter avec la doctrine des maîtres de la vie spirituelle.

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Message  Monique Ven 27 Mar 2009, 6:18 pm

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CHAPITRE II


CLAIRVOYANCE POUR DISCERNER


Il reste un dernier moyen, celui qui trompe le moins, de découvrir si l'inspiration en cause vient vraiment de Dieu ou s'il s'y mêle des éléments troubles venant de l'imagination ou du démon, — c'est la soumission au jugement de l'obéissance.
Toutes les âmes à générosité éclairée ainsi que tous les maîtres spirituels sont d'accord là-dessus.

S'interrogeant sur les dangers que peut courir une âme en s'abandonnant à ce qu'elle croit l'inspiration de Dieu, le P. Surin écrit : . « Le témoignage que l'Esprit de Dieu rend aux âmes pures est toujours conforme à la lumière de la foi ; il les porte à obéir et leur en fait une obligation. Cette lumière n'est jamais plus abondante que lorsque ceux qui la reçoivent sont sous la direction des autres. Us reconnaissent la nécessité d'obéir, et ils en font leurs délices, parce qu'ils sont humbles. L'Esprit Saint ne les éclairerait pas, ne les consolerait pas, s'ils n'avaient pas embrassé avec une vraie humilité la voie de la mortification et de l'abnégation (1). »

« Allez fonder à Madrid », disait la voix mystérieuse à Thérèse d'Avila. — « Non, à Séville », expliquait le P. Gratien auquel la sainte avait promis de s'en référer. Elle s'en fut à Séville : « Je ne peux, observe-t-elle, me tromper en obéissant à mes supérieurs, mais bien en jugeant moi-même de la vérité de mes révélations (2). »

Marie, insensible aux contacts et aux appels, se lève aussitôt dès que l'on prononce le mot obéissance (1).

« Mon Dieu, écrit Lucie-Christine à la date du 29 septembre 1883 (2); pardonnez ce que va dire votre petite créature... S'il arrivait, par sagesse et prudence, en voyant ma misère et l'extrême fragilité de mon esprit, qu'on me dît de résister à vos faveurs, je vous résisterais tout de suite, mon Dieu, car je dois être obéissante en toutes choses et jusqu'à la suprême limite ; je tâcherais de fermer les yeux et de boucher les oreilles de mon âme pour ne pas vous voir ni vous entendre, j'étoufferais mon cœur pour l'empêcher de vous sentir. »

(1) Questions sur l'Amour de Dieu, ch.» IV.
(2) « Dieu aime mieux en vous le moindre degré d'obéissance, dira saint Jean de la Croix, que tout service que vous pouvez lui rendre. » (Max., 256.)
(1) Vie, par Mgr Bougaud, ch. VI, pp. 153-154.
(2) Journal, publié par le P. Poulain, 2e éd., 1912, p. 168. Lucie-Christine était une personne appelée à vivre dans le monde et qui fut gratifiée par Dieu de lumières précieuses.


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Message  Monique Sam 28 Mar 2009, 6:30 pm

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CHAPITRE II


CLAIRVOYANCE POUR DISCERNER


Marie-Antoinette de Geuser écrit qu'entre l'inspiration intérieure et ce que lui notifiait « son Jésus-Christ extérieur », autrement dit le guide de son âme, il n'y avait pas d'hésitation à avoir : il convenait de sacrifier sans crainte l'inspiration du dedans si l'obéissance ne la sanctionnait pas.
Fût-on la personne la plus éclairée qui soit au monde, il conviendra, en plus d'un cas, de ne pas s'en tenir à son jugement propre, mais de s'en remettre à l'obéissance ou tout au moins au contrôle d'autrui.

« Quand tout ce qu'il y a d'esprit et de bon sens répandu dans tous les hommes serait ramassé en un, écrit le P. Louis Lallemant, celui-ci ne saurait juger en telle et telle rencontre ce qui nous est meilleur et ce qui est dans l'ordre de la Providence à notre égard. »

On a souvent besoin d'un autre que soi. Sans doute, mettre en jeu tout d'abord sa perspicacité avant de consulter autrui, et cela pour garder toute sa maîtrise et l'habitude légitime de décider par soi tout ce que l'on peut régler par soi ; mais cela fait, et l'initiative étant sauve, réclamer le jugement d'autrui est sagesse.

Nous venons de citer le P. Louis Lallemant. N'y a-t-il pas un danger, s'interroge-t-il, dé tomber dans une sorte de protestantisme, à prôner ainsi la direction intérieure du Saint-Esprit ?

Nullement, répond-il. Car il ne s'agit pas, comme le prétend le calvinisme, de tout soumettre à l'Esprit intérieur. Celui-ci est lui-même soumis à la foi et à l'autorité de l'Eglise, et ne doit tendre qu'à perfectionner l'exercice de la foi et des autres vertus; Si l'on n'admet que l'autorité extérieure, la religion n'est plus la religion « en esprit et en vérité », elle devient pur formalisme. Si l'on n'admet que l'esprit intérieur, alors on tombe dans une sorte de calvinisme. Le catholicisme se garde de ces deux excès : il admet l'autorité extérieure et la lumière intérieure. Aussi bien n'est-ce pas le propre du Saint-Esprit de se manifester sous les deux formes unies dans une parfaite synthèse, et par son action visible et par ses invitations invisibles. Là où il y aurait conflit, c'est l'autorité du magistère qui doit emporter l'assentiment.

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Message  Monique Lun 30 Mar 2009, 1:12 pm

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CHAPITRE II


CLAIRVOYANCE POUR DISCERNER


Ainsi le devoir de fidélité aux inspirations là où il s'accompagne du désir de toujours avoir recours à la sagesse d'autrui, à la vertu d'obéissance, à l'autorité de l'Eglise, ne présente aucune sorte de danger, en même temps qu'il apporte aux âmes le stimulant le plus précieux.
Il se peut qu'un supérieur, insuffisamment éclairé, croie devoir s'opposer à ce que réclame l'inspiration. En général, il n'y aura qu'à s'en tenir là. Si la voix intérieure persiste et que par ailleurs une sainteté suffisante de vie semble accréditer l'authenticité de l'appel, il n'est pas défendu, après avoir prié et réfléchi, d'en appeler à un autre supérieur mieux qualifié, à condition de lui dire ce qu'a répondu le premier et quelles ont été les raisons de son refus.

L'auteur d'un utile volume : Pour faciliter la direction, le P. Duffner, fait allusion à un autre cas où les règles ordinaires de la prudence peuvent paraître oubliées par des âmes dont par ailleurs la vie manifeste une conduite spéciale du Saint-Esprit sur elles. Nous faisons allusion aux soins de santé. Répétons-le : il faut que les exigences particulières de l'Esprit divin aient été dûment contrôlées par le Directeur. Celui-ci pourra, dans cette hypothèse, — et seulement dans cette hypothèse — laisser suivre l'inspiration, « dussent ses exigences aller à l'encontre des indications positives de la prudence rationnelle et même surnaturelle ordinaire ».

Car pour tous, partout et toujours, ajoute le Père, « c'est la volonté de Dieu clairement connue, qui doit être la règle suprême de tous nos actes,de toute notre vie. N'en avoir pas cure, ne serait-ce pas attentatoire aux souverains droits de Dieu sur ses créatures en même temps que très préjudiciable aux âmes, puisque; en certains cas, ce serait les empêcher de pratiquer l'héroïsme, état-supérieur de vertu auquel elles peuvent être par vocation destinées ? »

A l'appui de son affirmation, l'auteur appelle en témoignage l'autorité du P. Ch. de Smet, ancien président des Bollandistes de Bruxelles et auteur du précieux livre : Notre vie surnaturelle (1) : « Les inspirations divines peuvent ne pas être d'accord avec les règles ordinaires de la prudence même surnaturelle et, dans les plans de Dieu, il peut souvent résulter un grand bien de ce que la prudence ordinaire doit regarder comme un mal. C'est ce que remarquent de bons théologiens à propos du sacrifice d'Abraham, de la mort de Samson, du martyre de sainte Apolline. »

Assurément seuls sont juges, dans des cas de ce genre, ceux qui savent conduire les âmes.
Nous ne parlons pas ici pour les directeurs, — ils connaissent l'étendue et la gravité de leurs devoirs et la qualité des permissions qu'ils peuvent accorder ; — nous parlons pour les fidèles.

Redisons, à leur adresse, que toute leur conduite se résume en ces quelques aphorismes :
Craindre l'étrange ;
Aimer le contrôle ;
Écarter ce qui met à côté de la prudence ou du devoir d'état.
(1) T. II, p. 11.

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Message  Monique Lun 30 Mar 2009, 7:37 pm

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CHAPITRE III


GÉNÉROSITÉ POUR OBÉIR


L'âme, par hypothèse, vit recueillie ; aussi est-elle apte à entendre Dieu qui incessamment nous invite — gratia Dei urget nos. Par ailleurs, habile à discerner ce qui vraiment vient de Dieu, elle ne se méprend pas sur la qualité ou l'étendue des sollicitations divines.
Que lui souhaiter de plus ? — L'énergie suffisante pour exécuter ce que Dieu réclame. « Chaque moment vient à nous chargé d'un ordre de Dieu et il va s'enfoncer dans l'éternité pour demeurer à jamais ce que nous l'avons fait », nous dit saint François de Sales.

On est décidé, par hypothèse, à tout donner. La nature; qui n'y trouve pas son compte, va mettre sur notre route un triple obstacle :
— la tentation du délai,
— les dérobades secrètes du vouloir,
— la manie des reprises.

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