CONSEILS ET SOUVENIRS

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Message  Monique Mer 11 Jan 2012, 9:04 am

PIÉTÉ


Piété eucharistique

La sainte Messe et le Banquet eucharistique faisaient ses délices. Elle n'entreprenait rien d'important sans demander à faire offrir le saint Sacrifice à cette intention. Lorsque notre tante lui donnait de l'argent pour ses fêtes et anniversaires, au Carmel, elle sollicitait toujours la permission de faire célébrer des messes et me disait parfois tout bas :

« C'est pour mon enfant (Pranzini (1) il faut bien que je lui vienne en aide maintenant ! »
Avant sa Profession, elle disposa de sa petite bourse de jeune fille, qui se composait d'une centaine de francs, pour faire dire des messes à l'intention de notre Père vénéré, alors si malade. Elle estimait que rien ne pouvait être meilleur pour lui mériter de nombreuses grâces, que l'effusion du Sang de Jésus.

Elle eût beaucoup désiré communier tous les jours, mais la coutume ne le permettant pas, ce fut une de ses plus grandes souffrances au Carmel. Elle priait saint Joseph d'obtenir un changement dans cet usage. Le décret de Léon XIII, donnant une plus grande liberté sur ce point (1) lui sembla une réponse à ses ardentes supplications. Elle en fut toujours reconnaissante à saint Joseph, aussi lorsqu'au jardin elle passait devant sa statue, elle lui jetait des fleurs avec amour.
Elle nous prédit qu'après sa mort nous ne manquerions pas de notre « pain quotidien », ce qui se réalisa pleinement (2).

Son amour pour la sainte Eucharistie la porta à remplir avec beaucoup de ferveur l'emploi de sacristine. Sa joie était à son comble lorsqu'il restait sur la patène ou le corporal une parcelle de la sainte Hostie. Un jour que le ciboire était insuffisamment purifié, elle appela plusieurs novices pour l'accompagner à l'oratoire où elle le déposa avec une joie et un respect indicibles.

Elle me raconta son bonheur lorsqu'une fois, au moment de la Communion, la sainte Hostie étant tombée des mains du prêtre, elle tendit son scapulaire pour la recevoir : elle estimait ainsi avoir eu le même privilège que la Sainte Vierge puisqu'elle avait porté l'Entant-Jésus dans ses bras.

En préparant les Vases sacrés pour la sainte Messe, elle aimait, dit-elle, à se mirer dans le calice et la patène, il lui semblait que l'or ayant reflété son image, c'était sur elle que reposaient les divines Espèces.

Avec quelle émotion elle composa et peignit une fresque autour du tabernacle de l'Oratoire ! C'est un véritable monument d'obéissance, car elle ne connaissait pas à fond le dessin et nullement la peinture et il fallait faire ce travail, montée sur une échelle, avec un éclairage si insuffisant qu'un artiste expérimenté aurait eu du mal à le réussir. Pourtant, elle l'acheva heureusement et les petits anges qu'elle nous a laissés ont une expression à la fois enfantine et céleste.




1. Un condamné à mort dont elle avait obtenu la conversion in extremis en août 1887 (voir Ms. A, fol. 46 r°).

1. Ce décret est daté du 17 décembre 1890. Voici le passage essentiel : « En ce qui concerne la permission ou la défense d'approcher de la sainte Table, le Très Saint-Père décrète que ces permissions ou défenses regardent seulement le Confesseur ordinaire, sans que les Supérieurs aient aucune autorité pour s'ingérer dans cette chose... celui qui aurait obtenu du Confesseur l'autorisation d'une Communion plus fréquente ou même quotidienne sera tenu d'en avertir le Supérieur. » — Pratiquement, l'Aumônier du Carmel de Lisieux, M. l'abbé Youf, ne changea pas les usages établis sauf pendant la période d'influenza (décembre 1891-janvier 1892) où sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus put communier tous les jours (voir Ms. A, fol. 79 v°).

2. M. l'abbé Youf mourut quelques jours après la Sainte, et son successeur, M. l'abbé Hodierne, conformément au décret de Léon XIII, introduisit au Carmel de Lisieux l'usage de la communion quotidienne.




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Message  Monique Mer 18 Jan 2012, 1:41 pm

PIÉTÉ


Culte du Sacerdoce

Son esprit de foi lui inspirait un grand respect pour les prêtres, à cause du sacerdoce dont ils sont revêtus et dont il est impossible d'avoir une plus haute estime.Elle a exprimé à plusieurs reprises, au cours de sa vie, le regret de ne pouvoir être prêtre. Se sentant très malade, en juin 1897, elle me dit :


« Le bon Dieu va me prendre à un âge où je n'aurais pas eu le temps d'être prêtre si je l'avais pu. »
La pensée que sainte Barbe avait porté la Communion à saint Stanislas Kotska la ravissait.
« Pourquoi pas un ange, me disait-elle, pourquoi pas un prêtre, mais une vierge ! Oh ! qu'au Ciel nous verrons de merveilles ! J'ai dans l'idée que ceux qui l'auront désiré sur la terre jouiront là-haut des privilèges du sacerdoce. »


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Message  Monique Mer 18 Jan 2012, 1:51 pm

PIÉTÉ


Des fleurs pour la statue de l'Enfant-Jésus

Ma petite Thérèse fut heureuse d'être chargée d'orner la statue de l'Enfant-Jésus placée dans le cloître et en prit le plus grand soin. Elle la peignit en rose et l'entoura toujours de fleurs gaies et de petits oiseaux empaillés, au plumage chatoyant.

Au lieu de se reposer, comme c'était permis pendant l'heure du silence, de midi à une heure, l'été, elle la passait en partie à orner son petit Jésus. Mais les fleurs, au Carmel, étaient rares à cette époque. A quinze ans, prisonnière, ne plus pouvoir se promener dans les campagnes, ni cueillir un seul bouton d'or, c'était pénible pour une nature comme la sienne ! Cependant, Jésus se chargea de pourvoir sa petite fiancée.

Elle-même m'a raconté l'anecdote suivante :Le premier été qu'elle passa au Carmel, il lui arriva de se dire :

« Je ne reverrai donc plus jamais de bluets, de grandes pâquerettes, de coquelicots, ni d'avoine, ni de blé !... »
Et elle en éprouvait un vrai chagrin, lorsque la portière vint remettre à notre Mère une superbe gerbe champêtre, composée de toutes les fleurs et des épis que Thérèse avait désirés. La tourière du dehors l'avait trouvée posée sur le bord de sa fenêtre, sans explication. Ignorant la peine de Thérèse, notre Mère lui remit le bouquet pour la statue de l'Enfant-Jésus. A partir de ce moment, les fleurs des champs ne lui manquèrent jamais.



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Message  Monique Mar 31 Jan 2012, 5:38 pm

PIÉTÉ


Des roses pour le Crucifix

Elle avait beaucoup de dévotion à jeter des fleurs au grand Christ du préau et plus tard, pendant sa maladie, elle couvrait son crucifix (1) de roses, écartant avec soin les pétales fanés. Un jour que je la voyais toucher doucement la couronne d'épines et les clous de son Jésus, du bout des doigts, je lui dis : « Que faites-vous là ? » Alors, avec un petit air étonné d'être ainsi surprise, elle m'avoua :

« Je le décloue et je lui enlève sa couronne d'épines. »
Elle ne voulait pas donner aux créatures le témoignage d'amour de leur jeter des fleurs. Un jour, je lui avais mis des roses dans la main en lui demandant de les jeter à quelqu'une en signe d'affection, elle refusa.


1. Il s'agit du crucifix que chaque Carmélite porte sur elle.


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Message  Monique Mar 31 Jan 2012, 6:08 pm

PIÉTÉ


Piété mariale

La statue de la Sainte Vierge qui s'était animée pour lui sourire, lors de sa guérison miraculeuse, était sa consolation. Lorsqu'à mon entrée au Carmel on apporta cette statue, Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus se rendit à la porte conventuelle pour la recevoir et, la saisissant d'un mouvement rapide, en la serrant avec amour, l'emporta avec la même facilité qu'on soulève une plume, bien qu'elle fût très lourde (1). Les Sœurs présentes en restèrent surprises et édifiées.
Bien des fois, depuis, je l'ai vue s'agenouiller à ses pieds et la prier avec une grande ferveur. Pendant sa dernière maladie, on la plaça en face de son lit. Sans cesse, ses regards étaient tournés vers elle.



*

Thérèse aimait à distribuer des médailles de la Sainte Vierge ne doutant pas de leur efficacité. Dans le monde, elle en avait attaché sur la poitrine des deux petites filles pauvres qu'elle instruisait et elle avait persuadé une femme de journée incroyante de porter celle qu'elle lui offrait.

A sa Première Communion, elle résolut de réciter chaque jour un « Souvenez-vous » et y fut fidèle toute sa vie. Plus tard, aux Buissonnets, elle disait son chapelet quotidiennement, mais ces pratiques extérieures n'étaient qu'un pâle rayonnement de son intimité avec sa Mère chérie qu'elle appelait Maman.

Elle estimait que toutes les conversions devaient être obtenues par l'invocation de Marie et recommandait à la Sainte Vierge toutes ses intentions. Une après-midi, à trois heures, je remarquai qu'elle priait et lui demandai ce qu'elle disait :

« « Je récite un Ave Maria pour offrir mon travail à la Sainte Vierge. J'ai pris l'habitude d'agir ainsi chaque fois que je me remets à l'ouvrage. »
Elle nous faisait passer notre chapelet autour du cou, la nuit.
Notre chère petite Maîtresse était déjà bien malade quand elle composa son cantique : « Pourquoi je t'aime, ô Marie. » Elle y mit tout son cœur. Je l'entends encore me dire « qu'elle voulait, avant de mourir, exprimer, dans une poésie, tout ce qu'elle pensait sur la Sainte Vierge. »






1. Cette statue est en plâtre plein et mesure o m. 90.


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Message  Monique Mer 01 Fév 2012, 9:12 pm

CHARITÉ FRATERNELLE


En lisant le Prophète Isaïe

Sur la charité, notre sainte petite Sœur ne tarissait jamais. Elle me communiqua la lumière qu'elle avait reçue en lisant ce passage d'Isaïe (1) :
« Le jeûne que je demande consiste-t-il à faire qu'un homme afflige son âme pendant un jour, qu'il prenne le sac et la cendre? Est-ce là ce que nous appelons un jeûne et un jour agréable au Seigneur ? Le jeûne que j'approuve, n'est-ce pas plutôt celui-ci? Rompez les chaînes de l'impiété, déchargez de leurs lourds fardeaux ceux qui en sont accablés, renvoyez libres ceux qui sont opprimés et brisez tout ce qui charge les autres. Partagez votre pain avec celui qui a faim et faites entrer dans votre maison les pauvres et ceux qui ne savent pas où se retirer. Lorsque vous verrez un homme nu, revêtez-le et ne méprisez pas votre propre chair. »

Et reprenant chacune de ces expressions, elle me les expliquait en me disant qu'il y avait, à l'égard des âmes, une bien plus grande charité à pratiquer qu'à l'égard des corps :

« Il y a des pauvres partout, des âmes faibles, malades, opprimées... Eh bien ! prenez leurs fardeaux. Renvoyez-les libres, c'est-à-dire quand on parle devant vous de quelque défaut de vos Sœurs, n'y ajoutez jamais ...
Adroitement, car quelquefois il n'est pas à propos de contredire, mettez leurs vertus en balance, renvoyez libres ceux qui sont opprimés et brisez tout ce qui charge les autres. Partagez votre pain, c'est-à-dire donnez de oous-même, faites entrer dans votre maison, prodiguez-vous, donnez de vos biens: votre tranquillité, votre repos à ceux qui ne savent où se retirer, qui sont pauvres. »

Et, poursuivant sa citation

« Alors votre lumière éclatera comme l'aurore, vous recouvrerez bientôt votre santé, votre justice marchera devant vous. et la gloire du Seigneur vous protègera. Alors, vous invoquerez le Seigneur et il vous exaucera. Vous crierez et Il vous dira: me voici. Si vous détruisez les chaînes parmi vous, si vous cessez d'étendre la main et de dire des paroles outrageantes, si vous assistez le pauvre avec effusion, si vous consolez l'âme affligée, la lumière se lèvera pour vous dans les ténèbres et vos ténèbres deviendront comme le midi, LE SEIGNEUR VOUS DONNERA POUR TOUJOURS LE REPOS, IL REMPLIRA VOTRE AME DE SPLENDEUR; IL RANIMERA VOS OS ; VOUS DEVIENDREZ COMME UN JARDIN TOUJOURS ARROSÉ ET COMME UNE FONTAINE DONT LES EAUX NE TARISSENT JAMAIS (1).

Les lieux déserts depuis des siècles seront remplis d'édifices ; vous relèverez les fondements abandonnés pour une longue suite d'années et l'on dira de vous que vous réparez les murailles et que vous rendez les chemins sûrs. »

Elle continuait :
« Vous venez d'entendre la récompense! Si vous cessez de dire des paroles peu charitables, si vous brisez les chaînes des âmes captives par votre douceur et votre affabilité; si vous assistez les âmes pauvres et délaissées avec effusion, c'est-à-dire avec .cœur, avec amour, avec désintéressement, si vous consolez ceux qui souffrent, vous reco'uvrerez votre santé intérieure, votre âme ne languira plus. Votre justice marchera devant vous. Mais comme ces œuvres, pour être profitables, doivent demeurer cachées, comme le propre de la vertu, semblable à l'humble violette, est d'embaumer sans que les créatures sachent d'où vient ce parfum : la gloire du Seigneur vous protègera, pas votre gloire propre, mais la gloire du Seigneur ! »

« Et le Seigneur vous exaucera, Il vous donnera le repos, une lumière se lèvera pour vous dans les ténèbres et vos ténèbres deviendront pour vous comme le midi, non pas que les ténèbres disparaîtront car les épreuves ne peuvent manquer à une âme, mais vos ténèbres seront lumineuses ... et vous aurez la paix, la joie, une clarté brillera toujours pour vous-même, au milieu de la nuit intérieure. Vous deviendrez comme un jardin toujours arrosé, comme une fontaine dont les eaux ne tarissent jamais, à laquelle toutes les âmes, toutes les créatures puisent sans lui faire tort.

« Mais, ce n'est pas tout, prêtez attention à la dernière récompense : Les lieux déserts depuis des siècles seront remplis d'édifices, vous relèverez les fondements. Qu'est-ce à dire? Comment, en pratiquant la charité, l'amour du prochain, puis-je bâtir des édifices!


Cela ne se ressemble pas; n'a aucun rapport ? ... Et pourtant les anges dans le Ciel diront de vous que vous réparez les murailles et que vous rendez les chemins sûrs ... »

En disant cela, elle me regardait avec enthousiasme... « Quel mystère ! Par nos petites vertus, notre charité pratiquée dans l'ombre, nous convertissons au loin les âmes... nous aidons les missionnaires ... et même, au dernier jour, on dira peut-être que nous avons bâti des demeures matérielles à Jésus et préparé ses voies... »



1. Ch. LVIII.
1 Ce passage d'Isaïe a été appliqué par l'Eglise à la Sainte elle-même, dans l'office liturgique de sa fête: ant. du Benedictus.



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Message  Monique Jeu 02 Fév 2012, 7:25 pm

CHARITÉ FRATERNELLE


Dévouement fraternel

Les actes de charité que j'ai vu pratiquer à notre chère petite Sœur sont innombrables et variés. Elle ne laissait échapper aucune occasion.

Par exemple, ses dimanches et fêtes chômées, le peu de temps qu'elle avait de libre passait à faire plaisir aux autres.
Elle composait des poésies suivant la demande des Sœurs, jamais elle n'en refusa une, de sorte qu'elle ne trouvait presque pas de loisirs pour en faire de son propre mouvement. C'est ainsi encore qu'elle ne copia jamais un seul cantique pour sa dévotion personnelle quoiqu'elle eût beaucoup désiré en avoir à sa disposition.

De même, elle se privait de relever les beaux passages de ses lectures, si bien qu'une de ses novices à qui elle avait confié ses préférences, dut prendre ce soin, à son insu.




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Message  Monique Jeu 02 Fév 2012, 7:31 pm

CHARITÉ FRATERNELLE


Laisser la meilleure place aux autres

En sortant de la récréation du soir pour aller à Complies, me disait-elle, j'avais pris l'habitude de déposer notre panier à ouvrage sur un des bancs proches de l'avant-chœur. C'était commode, et il y avait moins de danger que les araignées viennent s'y loger que lorsque je le mettais par terre. Mais je remarquai bientôt que la place était souvent prise par le panier d'une Sœur qui était passée avant moi.

« D'autres, pensai-je, trouvent aussi que c'est plus commode ? Eh bien, je leur laisserai la place, cela fait tant de plaisir quand elle est libre puisqu'ainsi on n'a pas à se baisser. »

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Message  Monique Jeu 02 Fév 2012, 7:43 pm

CHARITÉ FRATERNELLE


Sacrifice d'un petit triomphe

Une fois qu'elle voulait m'engager à pratiquer la charité, elle me raconta qu'étant jeune novice et mettant son bonheur à parer la statue de l'Enfant-Jésus du cloître, elle se priva toujours d'y mettre des fleurs odorantes, même une petite violette, parce que les parfums incommodaient une de nos Mères anciennes.

Celle-ci l'ayant vue placer une belle rose au pied de la statue l'appela, dans l'intention évidente de la lui faire retirer. A ce moment, me dit Thérèse, devinant sa méprise, j'éprouvai un vif désir de lui laisser constater son erreur, car la rose était artificielle. Mais Jésus m'avait demandé le sacrifice de ce petit triomphe. Prévenant toute réflexion, je pris la fleur et je lui dis :


« « Voyez, ma Mère, comme on imite bien la nature, aujourd'hui, ne dirait-on pas que cette fleur vient d'être cueillie dans le jardin? « Oh ! ajouta-t-elle, vous ne pouvez vous imaginer ce que cet acte de charité m'a été doux et ce qu'il m'a donné de force. »



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Message  Monique Lun 06 Fév 2012, 9:36 pm

CHARITÉ FRATERNELLE


Traiter les âmes avec délicatesse

Pendant sa maladie, elle me fit observer que Sœur Saint-Stanislas (1) prenait toujours des linges très doux,
choisis avec la plus délicate attention, afin de la soulager un peu :

« Voyez-vous, me dit-elle, il faut prendre les mêmes soins des âmes, souvent on n'y pense pas et on les blesse. Pourquoi cela ? Pourquoi donc ne pas les soulager avec la même charité, la même délicatesse
que les corps? Pourtant, certaines sont malades, beaucoup sont faibles, toutes souffrent. Quelle ten- dresse nous devrions avoir pour elles ! »



1. La première infirmière, décédée le 23 mai 19I4, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans et demi.




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Message  Monique Lun 06 Fév 2012, 9:42 pm

CHARITÉ FRATERNELLE


Petits pois et grosses fèves

Lorsqu'une Sœur était dans son tort et désagréable, elle ne se montrait que plus aimable, prévenante et
douce, afin de calmer le cœur irrité qu'elle sentait souffrir.

La bonté du sien se manifestait par une grande tendresse quand on revenait à elle après lui avoir fait de la peine. Elle m'en expliqua un jour la raison:

« Oh ! que le bon Dieu est miséricordieux pour les âmes imparfaites! J'en trouve la preuve dans la nature. Regardez les petits pois qui fondent dans la bouche, qui ne sont composés que de sucre, leur enveloppe est fort légère. Cependant ils peuvent recevoir les ardeurs du soleil et la fraîcheur de la nuit, qui ne leur sont pas ménagées. Ils sont le symbole des âmes parfaites. Les grosses fèves, au contraire, qui représentent les âmes imparfaites, ont une enveloppe toute fourrée qui les préserve bien. Il nous faut donc agir comme le bon Dieu, déployer toutes nos délicatesses et nos prévenances pour les âmes imparfaites. »




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Message  Monique Mar 07 Fév 2012, 7:49 pm

CHARITÉ FRATERNELLE


Rendre visite à Jésus et à Marie

Quand il lui semblait que je me repliais sur moi- même, elle me disait :

« Se replier sur soi-même, cela stérilise l'âme ! Il faut se hâter de courir aux œuvres de charité. »

« Parfois, précisait-elle, on est si mal chez soi, dans son intérieur, qu'il faut promptement en sortir. Le bon Dieu ne nous oblige pas à rester en notre compagnie, au contraire, Il permet souvent qu'elle nous soit désagréable afin que nous la quittions. Je ne vois pas d'autre moyen, en ce cas, que de sortir de chez soi et d'aller rendre visite à Jésus et à Marie en courant aux œuvres de charité. »




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Message  Monique Mar 07 Fév 2012, 8:02 pm

CHARITÉ FRATERNELLE


Préparer la veilleuse pour l'Enfant Jésus (1)

Je lui avais confié une peine.

Pour m'encourager en me prouvant qu'elle n'était pas insensible, elle me raconta qu'étant seconde portière, il arriva, un soir, pendant le « silence (2) », qu'on lui fit préparer une veilleuse pour le dehors (3). Il fallait chercher de l'huile, des mèches, rien n'était apprêté, chacune était retirée dans sa cellule, les portes étaient barrées.

« J'eus, me confia-t-elle, un grand combat. Je murmurais intérieurement contre les personnes et les circonstances, j'en voulais aux tourières du dehors de me faire ainsi travailler pendant un temps de repos, alors qu'elles auraient si bien pu se servir elles-mêmes.

« Mais, tout à coup, la lumière se fit dans mon âme. Je me figurai que je servais la Sainte Famille, à Nazareth, que j'apprêtais cette petite veilleuse pour 'Enfant Jésus et, alors, j'y mis tant, tant d'amour que je marchais d'un pas bien léger et le cœur débordant de tendresse. Depuis, ajouta-t-elle, j'employai toujours ce moyen qui me réussit à merveille.


1.La Sainte raconta ce même trait à la Révérende Mère Agnès de Jésus le 12 juillet 1897. Voir Novissima Verba, p. 64.
2. Heure de temps libre et de repos entre Complies et Matines.
3. Pour des personnes séculières, parentes d'une religieuse de la Communauté, qui étaient exceptionnellement reçues au
Tour extérieur du Carmel.





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Message  Monique Jeu 16 Fév 2012, 7:27 pm

CHARITÉ FRATERNELLE


Soin des malades — Patience et renoncement

A l'infirmerie, où j'étais employée dès mon entrée au Carmel, il n'y avait aucune grande malade, mais des religieuses à la santé déficiente. Parmi elles s'en trouvait une affectée d'anémie cérébrale chronique et atteinte de manies qui faisaient de l'office d'infirmière un perpétuel exercice de patience. Cette malade avait pour principe « qu’il fallait faire exprès d'exercer les novices ». En conséquence, il m'arriva, me trouvant à l'autre extrémité du monastère, d'être sonnée pour m'entendre dire :

« Ma petite Sœur, je reconnais votre pas d'avec celui de votre compagne. »
Une fois, n'en pouvant plus, j'arrivai tout en larmes, près de Sœur Thérèse, qui m'accueillit avec tendresse, me consola, m'encouragea. Je la vois encore assise près de moi, sur un bahut, me serrer dans ses bras.
Cependant, il me fallait retourner sans cesse sur mon champ de bataille et souvent je me surpris à faire un grand tour pour ne pas passer sous les fenêtres de l'infirmerie, parce que, la Mère me voyant à proximité, me faisait signe de lui rendre quelque service superflu. Parfois, c'est en baissant la tête pour n'être pas vue d'elle, que j'y passais rapidement, gardant au cœur une certaine amertume.
Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus qui connaissait la situation et, au fond, m'excusait de tout son cœur, me dit dans l'une de ces circonstances :

« Il faudrait faire exprès de passer devant l'infirmerie, afin qu'on vous dérange et, quand vous êtes chargée et ne pouvez vous arrêter, répondre avec amabilité, promettant de revenir, avoir l'air contente comme si on vous rendait un service.
« La cloche de l'infirmerie devrait être pour vous une mélodie céleste. Quand on vous sonne, c'est le mieux, il faudrait le désirer... Oh ! voyez-vous, penser de belles et saintes choses, faire des livres, écrire des biographies de saints ne vaut pas un acte d'amour de Dieu, ni l'action de répondre quand la cloche de l'infirmerie sonne et que cela dérange.
« Lorsqu'on vous demande un service ou que vous remplissez un emploi auprès de malades qui ne sont pas agréables, il faut vous considérer comme une petite esclave à laquelle tout le monde a le droit de commander et qui ne songe pas à s'en plaindre, puisqu'elle est esclave.
— Oui, mais souvent, vous le savez, on m'appelle pour rien, alors je bouillonne !
— Je comprends bien que cela vous coûte, mais si vous voyiez les anges qui vous regardent dans l'arène, ils attendent la fin du combat pour vous jeter des couronnes et des fleurs comme autrefois on en jetait aux vaillants chevaliers. Puisque nous voulons être de petites martyres, à nous de gagner nos palmes ! Et ne croyez pas que ces combats soient sans valeur : « L'homme patient vaut mieux que Vhomme fort et celui qui dompte son âme vaut mieux que celui qui prend des villes (1) »
« Pour moi, si je devais vivre encore, l'office d'infirmière serait celui qui me plairait davantage. Je ne voudrais pas le solliciter, craignant que ce soit présomption, mais, si on me le donnait, je me croirais bien privilégiée. Oh ! oui, j'aurais eu du bonheur si on m'avait demandé cela ! La nature, peut-être, l'aurait trouvé coûteux, mais il me semble que j'aurais agi avec beaucoup d'amour, pensant à la parole de Notre-Seigneur : « J'étais malade et vous m'avez soulagé (1). »
Elle me recommandait beaucoup de soigner les malades avec amour, de ne pas faire cet ouvrage comme un autre, mais avec autant de soin, de délicatesse que si on rendait ce service à Dieu même.
Toutefois, après une journée de labeur, cela me semblait dur d'aller le soir, pendant l'heure du repos, ou après Matines, porter quelque soulagement aux Sœurs fatiguées. Je m'en plaignais, elle me dit :

« Maintenant, c'est vous qui portez de petites tasses à droite et à gauche, mais un jour, au Ciel, c'est Jésus « qui ira et viendra pour vous servir (1) ».



1. Prov., XVI, 32.
1.Mt., XXV, 37.
1.Lc., XII, 37.





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Message  Monique Lun 20 Fév 2012, 5:54 pm

CHARITÉ FRATERNELLE
Sagesse humaine
« Vous dites : je veux être bonne avec celles qui sont bonnes, douce avec celles qui sont douces. Et dès que quelqu'un vous contrarie, vous voilà hors de vous-même : vous agissez en cela comme les païens dont il est parlé dans l'Evangile. Au contraire : Faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour ceux qui vous persécutent (2). Etre bon avec ceux qui nous font du bien, c'est de la sagesse humaine, rien pour Dieu. »



2. Mt., V, 44 ; Lc, VI, 27.



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Message  Monique Lun 20 Fév 2012, 6:15 pm

CHARITÉ FRATERNELLE




« Quand vous serez au moment de la mort... »

Je voulais toujours que les détails de ma vie s'emboîtent comme un jeu de patience. Gare à qui les dérangeait ! Si une circonstance imprévue venait briser cette combinaison et brouiller l'arrangement, je paraissais mécontente. Un jour, dans la dernière maladie de ma chère petite Sœur, j'avais compté sur une après-midi pour finir un travail et j'avais été appelée inopinément au parloir. Je lui dis : « Oh ! que je regrette d'avoir été dérangée, j'aurais terminé mon ouvrage !... » Elle me regarda :
« Quand vous serez au moment de la mort, que vous désirerez avoir été dérangée ! »



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Message  Monique Lun 20 Fév 2012, 6:29 pm

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Consacrer du temps à être dérangée


Je tenais beaucoup à faire tranquillement ma retraite du mois et c'était un vrai problème de choisir un dimanche où ne se dressât aucune embûche, à cause de mon emploi ou de toute autre raison. Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus me dit :
« Vous allez donc en retraite pour avoir plus de temps libre, pour votre satisfaction ? Moi, j'y vais par fidélité, pour donner davantage au bon Dieu... Si j'ai beaucoup à écrire ce jour-là, afin d'avoir un cœur dégagé, je me mets dans la disposition d'esprit d'être dérangée, je me dis : « Telle heure libre, je la consacre au dérangement, je le veux, je compte dessus et si je suis tranquille, j'en remercierai le bon Dieu comme d'une grâce sur laquelle je ne comptais pas. Aussi, je suis toujours heureuse. »
En effet, je remarquai qu'étant sacristine, et son ouvrage personnel étant achevé, elle faisait exprès, les jours chômés, de passer devant la sacristie afin qu'on l'appelle. Elle se mettait sur le passage de sa première d'emploi, afin que celle-ci puisse lui demander un service, ce qui ne manquait pas. Sachant, qu'au fond cela lui coûtait beaucoup, je lui faisais signe de ne pas aller par là, je lui en procurais le moyen, mais c'était en vain.



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Message  Monique Mar 21 Fév 2012, 8:29 pm

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Sacrifice, joie et pur amour

Dans les derniers mois d'exil de mon angélique petite Sœur, il m'arrivait, pour rester plus longtemps à la soigner, de tarder à me rendre à la récréation et de ne pas mettre le même zèle à servir les autres malades, atteintes beaucoup moins gravement. Elle me dit :
« A votre place, même quand vous n'y êtes pas strictement obligée, je ferais tout mon possible pour aller aux récréations et pour servir les autres infirmes. Je m'ingénierais à faire mille sacrifices, à me priver en toute rencontre pour vous obtenir des grâces. Il ne faut jamais se rechercher soi-même en quoi que ce soit, car « dès qu'on commence à se rechercher, à l'instant on cesse d'aimer (1) ». A la fin de ma vie religieuse, j'ai mené l'existence la plus heureuse que l'on puisse voir, parce que je ne me recherchais jamais.»

Quand on se renonce, on a sa récompense sur la terre. Vous me demandez souvent le moyen d'arriver au pur amour, c'est de vous oublier vous-même et de ne vous rechercher en rien. »



1. Imitation, L. III, ch. V, 7.



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Message  Monique Mar 21 Fév 2012, 8:38 pm

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Ange de paix

J'avais versé quelques larmes pour faire croire à une Sœur que j'étais très contrariée. Pourtant, il n'y avait aucune attache à la chose que je regrettais. J'avais aussi, le même jour, soutenu mes droits vis-à-vis d'une autre Sœur et défendu la justice ; je voulais, de plus, lui prouver qu'elle avait tort. Ma Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus me dit :
« C'est vrai, dans le fond, il n'y a pas eu de trouble, la paix n'a pas été atteinte, mais le duvet de la petite pêche est froissé... Soutenir vos droits, vouloir la justice n'est pas un grand tort vis-à-vis du prochain, mais pour vous, quel dommage !
— Oh ! puisque la pêche est meurtrie, que faire ?
— Un regard d'amour vers Jésus et la connaissance de sa propre misère répare tout. Chercher son droit, c'est agir au détriment de son âme, et vouloir instruire les autres, même sans vous mettre dans votre tort, c'est vous dépouiller à contre-temps. De plus, ce n'est pas de bonne guerre, puisque vous n'êtes pas chargée de leur conduite. Il ne faut pas que vous soyez Juge de paix — il n'y a que le bon Dieu qui ait ce droit — votre mission, à vous, c'est d'être un Ange de paix! »





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Message  Monique Mar 06 Mar 2012, 9:05 pm

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Juger favorablement

Elle me disait fréquemment qu'on doit toujours juger les autres avec charité car, très souvent, ce qui paraît négligence à nos yeux est héroïsme aux yeux de Dieu.
Une personne fatiguée, qui a la migraine ou qui souffre dans son âme, fait plus, en accomplissant la moitié de sa besogne, qu'une autre, saine de corps et d'esprit qui la fait tout entière. Notre jugement doit donc être, en toute occasion, favorable au prochain. On doit toujours penser le bien, toujours excuser. Et si aucun motif ne semble valable, il y aurait encore la ressource de se dire : « Telle personne a tort apparemment, mais elle ne s'en rend pas compte et si je jouis d'un meilleur jugement, raison de plus pour avoir pitié d'elle et pour m'humilier d'être sévère à son égard. »

Elle me faisait aussi remarquer, qu'ordinairement, le bon Dieu permet que nous passions par les mêmes faiblesses qui nous ont déplu chez les autres : oublis, négligences involontaires, fatigues... alors, c'est tout naturellement que nous excusons les fautes dans lesquelles nous sommes tombées.

Instruite par un guide si clairvoyant, j'ai vu moi-même par expérience que des Sœurs que j'avais cru imparfaites n'étaient pas en défaut. Une œuvre accomplie par obéissance, une action plus utile les avaient empêchées, aux yeux des autres, de faire leur devoir et elles supportaient en silence cette humiliation.







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Message  Monique Mar 06 Mar 2012, 9:09 pm

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Enseignement tiré des petites poires sans apparence

Se promenant au jardin pendant la récréation, elle me dit en me montrant un arbre fruitier :

« Regardez ces poires très laides en apparence, elles sont l'image des Sœurs qui vous déplaisent. A l'automne, quand on vous donnera ces fruits débarrassés des corps étrangers qui les défigurent, vous les mangerez avec plaisir, sans vous douter que vous les aviez méprisés. De même au dernier jour, vous serez dans l'étonnement de voir vos Sœurs délivrées de toutes leurs imperfections et qui vous paraîtront de grandes saintes.





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Message  Monique Mar 06 Mar 2012, 9:29 pm

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Prier pour les Prêtres

Ce qui l'attirait au Carmel, c'était le sacrifice pour l'Eglise, pour les prêtres... elle voulait que sa vie soit consacrée à la sanctification des ministres du Seigneur. Elle disait que « prier pour les prêtres, c'était faire le commerce en gros, puisque, par la tête, elle atteignait les membres ».Ce désir de la sanctification des prêtres et, par eux, de la conversion des pécheurs, fut vraiment le mobile de sa vie. Elle nous apprit, au noviciat, une prière pour eux, assez longue, dont elle ignorait l'auteur (1). Presque toutes les lettres qu'elle m'écrivait, lorsque j'étais dans le monde, témoignent de cet attrait qui nous était commun (2).




1. Une sainte âme : Thérèse Durnerin.
2. Sœur Geneviève ne s'étend pas davantage sur le devoir de Prier pour les Prêtres sujet fertile en souvenirs — la Sainte lui ayant exprimé toutes ses pensées, sur ce point, dans les Lettres déjà publiées, comme elle le dit plus haut.




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Message  Monique Mar 06 Mar 2012, 9:50 pm

ZÈLE DES ÂMES



En juin 1896, je la photographiai pour donner son portrait à notre Mère Prieure (Mère Marie de Gonzague) que nous fêtions le 21 juin. Elle voulut être prise tenant à la main un rouleau sur lequel elle avait écrit ces paroles de notre Mère sainte Thérèse :
« Je donnerais mille vies pour sauver une seule âme (1). »


*********

Lors de notre voyage de Rome, elle n'avait encore que quatorze ans, ayant parcouru quelques pages d'Annales de Religieuses Missionnaires, elle interrompit bientôt sa lecture et me dit :
« Je ne veux pas en lire plus ; j'ai déjà un désir si violent d'être missionnaire, que serait-ce si je l'avivais encore par le tableau de cet apostolat ? Je veux être Carmélite. »
Elle m'expliqua ensuite le pourquoi de cette détermination : « C'était pour souffrir davantage dans la monotonie d'une vie austère et, par là, sauver plus d'âmes. »


*********


Elle a raconté dans l'histoire de sa vie la ténacité de ses prières pour le malheureux assassin Pranzini, son émotion quand elle se vit exaucée par le subit retour à Dieu du condamné, au pied de l'échafaud.
C'est à moi qu'elle avait remis, en rougissant, la pièce de monnaie destinée à faire célébrer une messe pour cette conversion. Sa timidité l'empêchait de la demander elle-même à son confesseur.
Elle ne m'avait point dévoilé l'intention de cette messe et fut bien soulagée lorsque je lui dis que je l'avais devinée. Après, elle partagea avec moi ses craintes et ses espoirs.

Le zèle des âmes avait commencé à dévorer son cœur quand, dans son adolescence, l'image d'une main sanglante de Jésus crucifié lui avait révélé sa vocation de corédemptrice avec le Sauveur.



*********


Au Carmel, ce zèle ne cessa de s'accroître et se manifestait en toute rencontre. Je l'ai vue, après le départ d'un ouvrier éloigné de Dieu, qui devait revenir dans la journée travailler au monastère, cacher furtivement une médaille de saint Benoît sous la doublure de sa veste de travail.


*********

Dans un moment de cruelles souffrances, alors que la tuberculose gagnait en entier l'organisme et que nous implorions le Ciel avec larmes, elle disait :
« Je demande au bon Dieu que toutes les prières faites pour moi ne servent pas à alléger mes souffrances mais à sauver les pécheurs. »
Et je l'entends encore affirmer :
« Non, je n'aurais jamais cru qu'on pouvait tant souffrir... jamais, jamais ! » « Je ne puis m'expliquer cela que par les désirs ardents que j'ai eus de sauver des âmes. »
Ce fut l'une de ses dernières paroles.




1. Château intérieur, VIe Demeures, ch. vi ; Vie, 1.1, ch. xxxil, p. 115 ; Fondations, t. I, ch. i, p. 22 (édition R. P. Grégoire).


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Message  Monique Mar 06 Mar 2012, 9:57 pm

ZÈLE DES ÂMES


Après sa mort

Bien des fois et sous des formes très variées, elle promit de « faire tomber une pluie de roses » et exprima son désir et son assurance de faire du bien après sa mort en priant pour l'Eglise, en continuant sa mission de choix auprès des prêtres. Je l'entendis surtout expliquer, décrire quel serait ce bien, par quel moyen elle appellerait les âmes à Dieu en leur enseignant sa voie de confiance et de total abandon.
Répondant à l'une de ses réflexions, je lui disais : « Alors, vous croyez que vous sauverez plus d'âmes au Ciel ? »


— Oui, je le crois, me répondit-elle, la preuve c'est que le bon Dieu me laisse mourir, alors que je désire tant lui sauver des âmes... »





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Message  Monique Mar 13 Mar 2012, 12:33 pm

FIDÉLITÉ À LA RÈGLE




La fidélité de ma chère petite Sœur pour l'observance fut à la mesure de son estime pour nos saintes Règles et Constitutions :
« Nous sommes trop heureuses, disait-elle, de n'avoir qu'à pratiquer ce que nos saints Réformateurs ont dû instituer avec tant de peine. »

Aussi, elle ne pouvait supporter que nous trouvions à redire à ce qui était prescrit.

Elle nous assurait:
« qu'en Communauté chacune devrait essayer de se suffire à elle-même et de faire en sorte de ne pas demander de service sans grande nécessité ».


Pour garder un juste milieu, quand on croit pouvoir se dispenser de quelque ouvrage commun ou solliciter une exception à la Règle, elle conseillait de se dire intérieurement : — Si chacune faisait la même chose ? —
« La réponse serait, ajoutait-elle, qu'il en résulterait un grand désordre, car chacune trouverait de bonnes raisons et toujours assez d'occupations de son choix ou dans son emploi pour se soustraire aux obligations communes. »


Manquer le moins possible aux heures de Communauté : Office divin, oraison, récréation, tel était son enseignement.
« Il y en a, disait-elle, qui, sous prétexte de dévouement au travail, abrègent ces heures dont l'emploi est spécifié dans la Règle, cela, c'est voler le temps du bon Dieu ! »



Elle nous donnait elle-même l'exemple et quittait son travail au premier son de la cloche, sans prendre le temps d'achever un mot commencé ou de faire un point de plus. Lorsqu'elle était sonneuse, je la voyais se déranger à la fin des récréations un demi-quart d'heure avant le temps réglementaire, comme il était prescrit alors dans nos « Usages ». Elle s'en allait au milieu même de la conversation la plus intéressante. De façon continue, cette conduite est très mortifiante.

Afin de ne pas manquer Matines ou d'autres heures où la Communauté est réunie, elle pratiquait des actes de vertu bien méritoires.

N'étant encore que postulante ou novice, si elle se sentait malade, elle ne le disait pas à moins d'avoir reçu l'ordre exprès de le dévoiler, car elle ne prenait, en toute occasion, de secours et de soulagement que ce qu'on lui proposait, sans aucune avance de sa part. Au contraire, elle montrait plus de courage quand elle souffrait, afin de déguiser son malaise.

Plusieurs fois, elle alla au chœur, pour la récitation de l'Office divin, avec un tel mal d'estomac qu'elle ne croyait pas pouvoir garder son repas, sans défaillir, mais elle rassemblait toute son énergie, en se disant :
« Si je tombe, on va bien le voir (1) ! »

Cette petite phrase, qu'elle se répétait souvent, l'aida beaucoup, me confia-t-elle, surtout au début de sa vie religieuse.

Une fois que la fin d'un exercice était sonnée et que je ne me dérangeais pas assez vite, elle me dit :

« Allez à votre petit devoir, non à votre petit amour,.. »





1. Elle empruntait cette parole à l'anecdote, qui lui était familière, d'un soldat qui exposait sa vie pour s'emparer d'un drapeau.



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