LA THÈSE DITE DE “CASSICIACUM”

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LA PAPAUTÉ MATÉRIELLE



Par M. l’abbé Donald J. Sanborn


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Introduction de “Sacerdotium


La grande difficulté qui se présente aux catholiques qui s’opposent au Concile Vatican II et à ses réformes est celle de l’autorité papale, c’est-à-dire de quelle manière on peut justifier le refus de la “nouvelle religion” lorsqu’elle est proclamée, au moins apparemment, par l’autorité suprême.

La solution proposée par la Fraternité Saint Pie X est la suivante: les papes de Vatican II sont de vrais papes mais on ne doit pas leur obéir quand ils nous ordonnent de croire ce qui est faux ou de faire ce qui est mal. Toutefois, cette solution bien qu’elle puisse s’appliquer sans problème aux ordres du pape qui agit en tant que personne privée, implique une défection de l’Eglise s’il s’agit du magistère ordinaire universel ou des lois générales, qui sont des vérités infaillibles. En d’autres termes, un vrai pape, en vertu de l’assistance du Saint-Esprit, ne peut au nom de l’Eglise, nous enseigner des choses fausses ou nous ordonner de faire le mal.

Donc, l’unique solution qui maintienne l’indéfectibilité de l’Eglise consiste à affirmer que ces “papes” qui promulguent et diffusent la défection de la foi de Vatican II et de la “nouvelle religion” en général ne jouissent pas de l’autorité papale. Cependant, parmi tous ceux qui soutiennent cette thèse, certains affirment que ces papes sont totalement privés de la dignité pontificale, d’autres soutiennent qu’ils n’en sont privés que partiellement, c’est-à-dire formaliter (formellement) et non materialiter (matériellement).

Cette seconde thèse a été exposée pour la première fois par Mgr Guérard des Lauriers dès 1973, toutefois elle est ignorée de beaucoup et mal comprise de presque tous. Dans cette série d’articles, l’auteur explique les principes de cette thèse afin que tout le monde la comprenne plus clairement et jugent de sa valeur.

LA THÈSE DITE DE “CASSICIACUM” Mgrgurard
LA THÈSE DITE DE “CASSICIACUM” Rpgurard





PREMIÈRE PARTIE :
RECHERCHE POSITIVE SUR LA DISTINCTION ENTRE SUCCESSION FORMELLE ET SUCCESSION MATÉRIELLE



Préface

Parmi ceux qui nient que Jean-Paul II est vrai pape, nous trouvons deux blocs :
  1. le camp de ceux qui nient qu’il est pape tant materialiter (matériellement) que formaliter (formellement) ;

  2. le camp de ceux qui nient qu’il est pape formaliter (formellement) mais soutiennent qu’il est pape materialiter (matériellement).

On a déjà beaucoup écrit sur ces deux thèses. Cependant, puisque plusieurs prêtres ne comprennent pas bien la seconde – exprimée par Mgr Guérard des Lauriers – dans cette série d’articles j’expliquerai cette thèse afin que tous au moins la comprennent clairement et puissent juger de sa valeur. La principale raison pour laquelle elle est contrecarrée par le plus grand nombre, est due au fait que ceux-ci dans leur esprit ne distinguent pas matière et forme de l’autorité, ou s’ils les distinguent, la distinction n’est pas appliquée de manière correcte à la papauté. De plus, plusieurs prêtres considèrent la thèse de Mgr Guérard (que désormais nous appellerons simplement “Thèse”) comme trop abstraite, presque inintelligible et la distinction entre matière et forme de l’autorité, illégitime, une pure invention théologique imaginée artificieusement pour expliquer un sujet épineux.

Rien de tout cela n’est vrai. La distinction entre matière et forme de la papauté et de l’autorité en général est “classique” et on la trouve chez presque tous les théologiens. Implicitement on la retrouve dans la question de la succession apostolique là où il s’agit de la succession matérielle et non formelle chez les schismatiques et, d’après certains, chez les anglicans. Selon l’opinion la plus répandue, la succession apostolique peut être matérielle ou formelle. La première est la possession nue du siège, c’est-à-dire la possession du siège sans l’autorité, la seconde est la possession du siège avec l’autorité. Cette distinction entre succession matérielle et succession formelle ne pourrait pas exister s’il n’était pas possible d’avoir la possession du siège sans l’autorité. Cette distinction, qui bénéficie d’une très grande autorité auprès des théologiens, démontre comment la thèse qui établirait de manière adéquate une réelle distinction entre la possession du siège apostolique et la possession de l’autorité apostolique n’est pas une “invention abstraite” ou “illégitime” ou “artificieuse” comme beaucoup l’ont dit, mais au contraire une distinction simple et claire tirée de la philosophie thomiste et confirmée par le témoignage de nombreux théologiens de toutes les écoles.

Pour traiter ce sujet j’adopterai la méthode Suivante :
I)Dans le premier article, [que nous publions ici] je présenterai des témoignages de théologiens sur la distinction entre succession apostolique formelle et matérielle qui explicitement contiennent la distinction entre possession du siège sans la possession de l’autorité et possession du siège avec la possession de l’autorité. Ces témoignages prouvent que cette distinction n’est pas une pure invention mais est au contraire une distinction très connue, reconnue de tous, antérieure à la présente question de la vacance du siège; je montrerai en outre comment l’Eglise ne peut demeurer comme unique corps moral si la lignée matérielle légale ne continue pas sans interruption à partir de Saint Pierre lui-même.
II)Dans le second article je traiterai de manière spéculative de la philosophie de l’autorité en général, et ensuite en particulier de la matière et forme de la papauté en apportant le témoignage de certains auteurs et je démontrerai comment d’une part ne peuvent coexister dans le même sujet le fait de favoriser l’hérésie et l’autorité papale, mais d’autre part comment peut demeurer la possession légale du siège s’il n’y a pas une sentence authentique contre l’occupant hérétique du siège apostolique.
III)Dans le troisième article j’appliquerai les conclusions à Montini, Luciani et Wojtyla et je répondrai aux objections.




T
ÉMOIGNAGES DES THÉOLOGIENS

VALENTINUS ZUBIZARRETA

Theologia Dogmatico-Scholastica, I, Theologia fundamentalis. Bilbao, Ed.
Eléxpuru Hnos.,1937.

Est nécessaire non seulement [la succession apostolique] matérielle qui réside dans la pure et simple succession des pasteurs, mais aussi la succession formelle dans la mesure où chacun succède légitimement aux autres. L’ordre des évêques qui court depuis le commencement par les successions, se développe de telle manière « que ce premier évêque aura eu comme instituteur et prédécesseur un des apôtres ou des hommes apostoliques pourvu qu’il soit toujours resté avec les apôtres » (Tertullien, De Prescrip., c. 32 ; ML 2, 53). Pour cette raison les schismatiques et les intrus qui usurpèrent le siège par la force ou par la fraude interrompent la succession formelle et on dit qu’ils commencent une nouvelle série de pasteurs.



J. V. DE GROOT O.P.

Summa Apologetica de Ecclesia Catholica, Ratisbona, Institutum Librarium pridem G.J. Manz., 1906.

Afin que [la succession Apostolique] soit légitime il est nécessaire qu’il y ait une succession formelle et non seulement une succession matérielle. En effet la succession formelle se fonde sur les préceptes du Christ, la succession matérielle, la règle du Christ étant délaissée, consiste dans la pure et simple occupation du siège pastoral.

Dans la succession formelle il y a le droit et il y a la mission légitime ; si celle-ci fait défaut, il n’existe aucun pouvoir de juridiction.

La mission légitime dans l’Eglise n’est pas possible s’il n’y a pas la succession légitime (p. 184).



G. VAN NOORT

Tractatus de Ecclesia Christi.
Hilversi in Hollandia, 1932.

La première voie [pour constater qu’un évêque est légitime successeur des apôtres] est, que l’on puisse démontrer avec des documents historiques, qu’il est en connexion avec l’un des apôtres au moyen d’une série ininterrompue de prédécesseurs; il est toutefois nécessaire de démontrer en même temps que personne dans toute la série n’a jamais occupé illégitimement la place de l’immédiat prédécesseur ni n’a jamais perdu sa mission après avoir été légitimement coopté ; en effet, la succession matérielle à elle seule ne prouve rien (n° 120).

Donc, quiconque se vante de la succession apostolique mais n’est pas uni au Pontife romain peut certainement avoir le pouvoir de l’ordre, peut occuper par succession matérielle le siège fondé par un apôtre, ou au moins pourrait le faire, mais n’est pas le vrai et formel successeur des apôtres dans la charge pastorale (n° 120).

En parlant de Michel Cérulaire :
Et s’il a cessé d’être membre du collège épiscopal, il a perdu nécessairement le pouvoir apostolique qu’il possédait en tant que membre de ce collège. Donc, bien qu’il continuât à occuper le siège apostolique matériellement, il ne faisait plus partie des légitimes successeurs des apôtres (n° 140).



CARDINAL CAMILLO MAZZELLA

De Religione et Ecclesia Prælectiones Scholastico-dogmaticae, Roma 1896.

[La succession apostolique] est dite pérenne ou ininterrompue, soit materialiter, dans la mesure où ne font pas totalement défaut des personnes qui sans interruption ont pris la place des apôtres, soit formaliter, dans la mesure où ces mêmes personnes ayant succédé aux Apôtres jouissent de l’autorité transmise par les apôtres eux-mêmes en la recevant de celui qui la possède en acte et peut la communiquer (p. 559).

Le cardinal Camillo Mazzella
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E. SYLVESTER BERRY, D.D.

The Church of Christ. St. Louis B.
Herder Book Co., 1927.

La succession, comme entendue dans ce contexte, est la succession d’une personne après l’autre dans une charge officielle et elle peut être légitime ou illégitime. Les théologiens appellent la première succession formelle et la seconde succession matérielle. Un successeur matériel est une personne qui occupe la place officielle d’une autre à l’encontre des règles ou de la constitution de la société dont il s’agit. Celui-ci peut être appelé successeur en tant qu’il occupe matériellement la place, mais n’a pas l’autorité et ses actes n’ont pas de valeur officielle même dans le cas où il ignore occuper illégalement la charge.

Un successeur formel, ou légitime, non seulement succède dans la place du prédécesseur mais reçoit aussi l’autorité due pour exercer les fonctions de la charge avec force coactive dans la société. Il est évident que l’autorité ne peut être transmise que par une succession légitime; c’est pourquoi l’Eglise doit avoir une succession légitime de pasteurs, ou formelle, pour transmettre l’autorité apostolique au cours des siècles. Celui qui s’introduit dans le ministère contre les lois de l’Eglise ne reçoit absolument pas l’autorité et par conséquent ne peut transmettre aucune autorité à ses successeurs (pp. 139-140).

Dans certains cas elles [les églises Orthodoxes orientales] peuvent même avoir une succession matérielle d’évêques remontant au temps des Apôtres, mais ceci leur est inutile du moment qu’elles n’ont ni unité ni Catholicité - deux éléments de distinction fondamentaux de la vraie Eglise. Elles n’ont absolument en aucun cas une succession légitime... (pp. 184-185).



M. JUGIE

Art. “Apostolicità”” In Enciclopedia Cattolica,
Città del Vaticano 1948 Vol. I, col. 1693.

La notion donc générale et complète de l’apostolicité veut dire continuité avec l’Eglise fondée par les Apôtres par succession ininterrompue de légitimes Pasteurs (apostolicité matérielle); et identité essentielle de ministère et de régime hiérarchico-monarchique (apostolicité formelle).



SAINT ROBERT BELLARMIN S.J.

De Romano Pontifice l. 2, c. 17.

Il faut observer que dans le Pontife coexistent trois éléments : Le Pontificat lui-même (le primat précisément), qui est une certaine forme ; la personne qui est le sujet du Pontificat (ou primat) et l’union de l’un avec l’autre. De ces éléments, seul le premier, c’est-à-dire le Pontificat lui-même provient du Christ ; la personne au contraire en tant que telle procède sans doute de ses causes naturelles, mais en tant qu’élue et désignée au Pontificat elle procède des électeurs ; il leur appartient de désigner la personne ; mais l’union elle-même procède du Christ, par le moyen (ou en le présupposant) l’acte humain des électeurs… On dit donc en vérité que les électeurs créent le Pontife et sont la cause qu’un tel soit Pontife… toutefois ce ne sont pas les électeurs qui donnent l’autorité ni ne sont cause de l’autorité. De même que dans la génération des hommes l’âme est infuse seulement par Dieu et cependant, puisque le père qui engendre en disposant la matière est cause de l’union de l’âme avec le corps, on dit que c’est un homme qui engendre un autre homme mais on ne dit pas que l’homme crée l’âme de l’homme.

LA THÈSE DITE DE “CASSICIACUM” Strobertbellarmin
Saint Robert Bellarmin



RAPHAEL CERCIÀ, S.J.

Tractatus de Ecclesia Vera Christi, Neapoli Typis Caietani Migliaccio 1852.

Enfin [la succession apostolique est dite] ininterrompue tant materialiter que formaliter dans la mesure où ne font pas défaut des personnes qui sans interruption prennent la place des Apôtres et dans la mesure où ces mêmes personnes qui prennent la place des Apôtres maintiennent cette unité de foi et de communion sur lesquelles, depuis le commencement fleurissait la hiérarchie fondée sur les Apôtres. Et sur cela se fonde la notion de mission (missio) et d’appel (vocatio). En effet il y a légitime avènement (assumptio) et assignation (deputatio) à accomplir les charges apostoliques dans la mesure où quelqu’un succèdera légitimement à la place des Apôtres. Sans doute la mission et la vocation dépendent de la succession et c’est parce que quelqu’un a été fait successeur des Apôtres dans la forme prescrite par la loi, qu’il a la mission et se trouve dans l’état de vocation apostolique (p. 270).

Et en vérité l’apostolicité de l’origine exige que l’Eglise en tout temps, au moins indirectement, ait été connexe même materialiter avec les Apôtres ses fondateurs (p. 271).

Il est donc évident que dans l’Eglise la vraie succession Apostolique, et précisément ni materialiter ni formaliter, ne pourra jamais faire défaut. Si en effet l’Eglise doit toujours avoir formellement l’apostolicité de la foi et de la communion elle doit aussi toujours avoir formellement l’apostolicité de la succession. De même, comme l’Eglise doit toujours être formellement une, de la même façon elle doit être dotée formellement de la succession apostolique sans laquelle, comme nous l’avons vu, elle ne serait pas une et unique. En outre, le Christ a promis que les successeurs des Apôtres existeraient jusqu’à la fin du monde, ce qui démontre que la succession matérielle ne peut faire défaut. Puisqu’Il a aussi ajouté qu’Il accorderait son assistance à perpétuité à ses successeurs comme aux Apôtres, on conclut que même formellement la succession apostolique ne peut être ébranlée dans la vraie Eglise.

Les choses étant ainsi en matière de succession, ce que l’on doit penser de la mission apostolique est évident. Nous avons dit, justement, que la possession de la mission dépend de la possession de cette succession. Si donc l’Eglise ne peut jamais être privée de la succession considérée tant formaliter que materialiter, elle ne peut jamais non plus être dépouillée de la mission apostolique prise dans les deux sens. Si la mission persiste, perdure aussi l’attitude et l’autorité pour l’exercer (pp. 272-273).

Nous reconnaissons en effet que [les églises grecques et ruthènes] ne sont pas destituées d’une certaine apparence de succession, toutefois elle n’est que matérielle et non formelle puisque manque l’adhésion qui doit être maintenue au chef dans l’unité de foi et de gouvernement. Comme donc la succession matérielle ne sert pas aux partisans de Nestorius et d’Eutychès bien qu’elle soit plus ancienne, ainsi elle ne sert pas à l’église grecque ou ruthène. A fortiori on doit dire la même chose concernant la succession de l’église anglicane (pp. 340-341).



SERAPIUS AB IRAGUI, O.F.M. CAP.

Manuale Theologiæ Dogmaticæ, I Theologia fundamentalis. Madrid, Ed. Studium 1959.

Que dire de la succession matérielle ? La succession matérielle n’est rien d’autre qu’une suite ininterrompue d’une personne après une autre sur un siège. Et ceci peut être vérifié facilement dans les documents historiques et pour cette raison la succession matérielle est une propriété plus reconnaissable que l’Eglise elle-même. Mais la succession matérielle peut manifester la vraie Eglise seulement négativement, en d’autres termes, il n’est pas incompatible que même une église illégitime présente cette note, et de fait les églises séparées qui la possèdent ne manquent pas.



DOMENICO PALMIERI, S.J.

Tractatus de Romano Pontifice, Prati Giachetti 1891.

Par un triple fondement, l’Eglise est dite Apostolique: en raison de l’origine puisqu’elle a commencé avec les Apôtres; en raison de la doctrine, puisqu’elle professe la foi transmise par les Apôtres; en raison du ministère ou gouvernement, puisqu’elle est dirigée et conduite par ceux qui sont les successeurs des Apôtres en ligne ininterrompue. Si le troisième point est présent, il y a aussi les deux précédents: en effet, il y a certainement l’origine apostolique quand une succession de Pasteurs qui se succèdent l’un après l’autre a commencé par les Apôtres et il y a aussi la doctrine Apostolique, puisque l’infaillibilité a été promise à la série ininterrompue des successeurs des Apôtres.

En vérité, pour que ces éléments fondamentaux soient présents il est nécessaire que soit présent le troisième non seulement materialiter mais aussi formaliter ; et qu’ainsi la succession des Pasteurs soit formelle. La succession matérielle est une pure et simple série de Pasteurs ou Evêques qui se suivent de manière ininterrompue en remontant jusqu’aux Apôtres ou à l’un des Apôtres à partir desquels elle a commencé: la succession formelle est cette série qui en plus jouit de l’autorité transmise par les Apôtres à chaque successeur, qui par cette autorité sont constitués successeurs formellement. C’est donc pour cela que chacun des successeurs reçoit l’autorité provenant des Apôtres de ceux ou de celui qui a reçu la même autorité en acte et peut la communiquer aux autres; il arrive de cette manière que l’autorité demeure formellement au moyen de la succession. Les successions sont toutes les deux nécessaires, et l’une ne peut exister sans l’autre; la première cependant est plus reconnaissable, la seconde au contraire on la connaît quand on connaît la vraie Eglise.

Puisqu’ici nous traitons des caractéristiques propres de la succession, analysons-la correctement et revendiquons-la pour l’Eglise.

En vérité,
  1. la succession matérielle est nécessaire. En effet le Christ institua le ministère apostolique et voulut qu’il fût perpétuel : voici, dit-Il, je suis avec vous tous les jours, etc.… Or, il ne serait pas perpétuel si les ministres de l’Eglise n’étaient pas dans une série ininterrompue successeurs des Apôtres; ergo. Et encore: l’Eglise doit être une seule et toujours égale. Le principe de l’unité de l’Eglise est le ministère institué par le Christ; donc il est nécessaire que dans l’Eglise il y ait toujours un unique ministère : il est nécessaire donc que l’Eglise soit dirigée par ce ministère que dès le commencement le Christ confia aux Apôtres. Et cela ne peut arriver si elle n’est pas toujours dirigée par ceux qui sont issus des Apôtres en une série ininterrompue; si en effet elle est dirigée par d’autres qui ne peuvent pas être mis en relation avec les Apôtres, en substance elle est dirigée par un ministère qui commence par lui-même, et non par celui qu’institua le Christ. Dans ce cas l’autorité serait multiple et l’Eglise cesserait d’être une mais deviendrait multiple, le principe de l’unité se multipliant. C’est pourquoi il est aussi manifeste que la série des successeurs ne doit jamais être interrompue, si en effet à un certain point elle est interrompue, cesse ce ministère avec lequel l’Eglise doit être gouvernée et cesse le principe de sa vraie unité, l’Eglise elle-même cesse donc: mais si jamais un jour l’Eglise cesse, elle ne pourra plus être rétablie. En effet son principe efficient est le ministère des Apôtres qui consiste à enseigner, gouverner et sanctifier, et qui dans cette hypothèse n’existerait plus. Les ministres ne peuvent pas s’engendrer d’eux-mêmes, puisque le ministère doit être Apostolique et pour être Apostolique il doit provenir par transmission de la succession : « s’ils avaient été corrompus (les bons par la compagnie des mauvais) alors (au temps de Cyprien) l’Eglise n’existait pas. Répondez : d’où tire-t-elle son origine ici-bas ? D’où Donat tire-t-il son origine ? Où a-t-il été baptisé, où a-t-il été ordonné ? » dit Augustin aux Donatistes in de Baptismo, I. 2. c. 6.

  2. Mais cette succession doit être formelle. C’est elle la vraie succession afin que la seule succession matérielle ne soit pas succession seulement en apparence. Comme nous l’avons dit, l’Eglise doit toujours être dirigée avec l’autorité instituée par le Christ et avec elle seule; en effet dans l’Eglise l’autorité est surnaturelle, c’est-à-dire qu’elle ne peut venir que de Dieu et afin que l’Eglise soit dirigée à perpétuité avec cette autorité il existe une série perpétuelle de successeurs : il faut donc que les successeurs empruntent cette même autorité que reçurent les Apôtres. Mais afin que celui qui succède obtienne l’autorité, il faut qu’il la reçoive de ceux ou de celui qui obtient en acte l’autorité provenant des Apôtres et peut la transmettre ; ni il ne peut l’acquérir de lui-même parce qu’alors il ne succéderait pas, ni il ne peut l’emprunter à celui chez qui elle ne provient pas des Apôtres, parce qu’alors il ne recevrait pas l’autorité apostolique, ni il n’est suffisant que l’on dise qu’il la reçoit de celui qui l’eut un temps parce qu’on peut la perdre, et il n’est pas suffisant que l’on dise qu’il la reçoit de celui qui la possède mais ne peut la transmettre parce qu’alors en ce cas il ne recevrait rien. Ergo. Ceci est la succession formelle. Sans doute, afin que quelqu’un ait l’autorité dans l’Eglise, la mission est demandée (Rom. X, 15 ; Col. ; I Tim. V, 22, 7 ; Tim. II. 2 ; Tit. I, 5): mais il ne peut envoyer que celui qui obtient en acte l’autorité Apostolique et peut la transmettre. Donc, c’est de lui que l’on doit recevoir l’autorité ; donc, un successeur doit succéder formellement. Ceux par conséquent qui succèdent de cette manière sont les seuls qui puissent vraiment être dits successeurs des Apôtres ; puisqu’eux seuls obtiennent cette autorité que les Apôtres reçurent du Christ.
(pp. 286-288.)



PERES JESUITES PROFESSEURS DES FACULTES DE THEOLOGIE EN ESPAGNE

Sacrae Theologiae Summa, I : Theologia Fundamentalis, Madrid, La Editorial Catolica 1952.

L’apostolicité de la succession est double :
  1. matérielle : c’est la pure et simple succession d’une personne après l’autre dans une charge, sans la nécessaire permanence du même droit.

  2. formelle : c’est le remplacement d’une personne dans les droits et dans les devoirs d’une autre dans la mesure où elle se conforme à une charge déterminée, sans aucun changement du droit.
(n° 1178.)



CARD. LUDOVICUS BILLOT, S.J.

De Ecclesia Christi, Roma Università Pontificia Gregoriana 1927.

Et ici notez qu’il est question de la succession formelle, distincte de la succession purement matérielle qui est compatible avec l’absence de l’apostolicité. La succession matérielle consiste en la nue occupation du siège par une série continue d’évêques. La succession formelle au contraire ajoute l’identité permanente de la même personne publique, de sorte que malgré la multiplicité des titulaires, un changement substantiel n’interviendra jamais dans l’exercice et dans l’attribution de l’autorité (p. 262).
(Remarquons au passage combien cela est contraire à la thèse de Mgr Lefebvre selon laquelle le Pape est Pape quand il énonce une doctrine réellement catholique, tandis qu’il ne l’est plus quand il énonce quelque erreur [ ! No …] et à celle, en tout identique, des rédacteurs du site « La Question », en tout cas du nommé “sixte” [zéro ! Very Happy …] qui déclare : « je crois très certaine la démonstration suivante, qui met en lumière ce qui distingue, […], la forme de la matière, abstractivement, chez le Pape, qui est né, constitué, d’une union d’une forme de juridiction dite “accidentelle” en raison de son élévation au pontificat, forme qui lui est attribuée tant qu’il proclame la doctrine du Christ, mais qui est séparée de lui lorsqu’il s’écarte de cette doctrine » – Et qui va dire, de manière sûre, quand le Pape énonce une doctrine réellement catholique [i. e. conforme à la Tradition] et quand il énonce quelque erreur ? Nous sommes en plein “libre arbitre” c’est-à-dire en plein protestantisme ! Rolling Eyes … – Note de JP B.)




YVES DE LA BRIERE

Eglise (Question des Notes) in Dictionnaire Apologétique de la Foi Catholique.
Éd. A. D’Alès. Paris, Beauchesne 1911.

Cette «note» de la succession apostolique est diversement concevable et probante, selon qu’il s’agit d’une succession matériellement continue (sans autre indice) ou d’une succession attestée comme légitime. Dans le premier cas, la succession apostolique sera une «note» négative, permettant d’exclure toute Eglise qui ne posséderait pas, depuis les apôtres, la succession matériellement continue de ses pasteurs. Dans le second cas, la succession apostolique sera une «note» positive, permettant de reconnaître pour unique et véritable Eglise du Christ celle qui établirait le caractère légitime de la succession de ses pasteurs depuis les apôtres.

Une succession est attestée comme légitime, lorsqu’elle a lieu conformément aux règles prescrites et qu’aucun vice essentiel n’en invalide l’exercice. La chose est comprise et vérifiable parmi les hommes, de même qu’est comprise et vérifiable la régularité d’une nomination ou la validité d’un mandat officiel.

Par conséquent, dans telle Eglise locale, la succession apostolique des évêques sera matériellement continue lorsque, remontant de titulaire en titulaire du même siège, on trouve chez les apôtres l’origine de la succession. Il y aura, de la sorte, origine directement apostolique, si le siège a été fondé par les apôtres eux-mêmes. Il y aura, d’autre part, origine indirectement apostolique, si le siège n’a pas été fondé par les apôtres, mais se rattache à une succession antérieure, émanant elle-même des apôtres.

Quant au caractère de légitimité de cette succession apostolique matériellement continue, il résultera du fait que la validité de la juridiction épiscopale n’aura pas été annulée par le schisme ou l’hérésie ; c’est-à-dire par la rupture déclarée avec l’œuvre authentique de Jésus-Christ. Après semblable rupture, en effet, il ne peut évidemment pas y avoir de transmission régulière, valide, légitime, de l’autorité gouvernante, du pouvoir pastoral des apôtres: puisque, par hypothèse, on s’est notoirement exclu, séparé, de la hiérarchie apostolique on a cessé d’être un vrai «pasteur» de l’Eglise pour devenir «rebelle» à l’Eglise du Christ.

Mais où faudra-t-il chercher la preuve extérieure du caractère légitime de la succession épiscopale? Comment établir l’absence de tout schisme, de toute hérésie, bref de toute rupture qui ait invalidé la juridiction transmise? - La preuve de légitimité apparaîtra si l’on trouve, joints à la succession matériellement continue depuis les apôtres, deux caractères distinctifs qui seront étudiés plus loin : les «notes» d’unité visible et de catholicité visible. Ces deux caractères permettront d’exclure pratiquement toute hypothèse de schisme, d’hérésie, de rupture. Ils garantiront ainsi la validité, la légitimité de la succession apostolique dans le gouvernement de telle Eglise chrétienne.

Donc la «note» d’apostolicité, prise dans toute l’ampleur de sa signification, envelopperait les «notes» d’unité et de catholicité, qui attesteraient la légitimité successorale. C’est la réunion de ces trois notes qui formerait un critère juridique de la véritable Eglise, en manifestant la transmission régulière du pouvoir pastoral des apôtres.

En tant que distincte de l’unité et de la catholicité, la «note» d’apostolicité n’aura qu’une valeur négative et d’exclusion, puisqu’elle n’attestera pas, par elle-même, le caractère légitime de l’autorité transmise. Ce sera néanmoins acquérir un indice précieux, pour l’examen des titres de chaque communion chrétienne, que de vérifier si elle possède – ou ne possède pas – la succession continue depuis les apôtres dans le gouvernement de l’Eglise. (Tomus I, col. 1283 s.).



JOHANNES MAC GUINNES C.M.

Commenterai Theologici, Parisiis, P. Lethielleux, 1913.

Selon la doctrine catholique, l’Eglise est essentiellement apostolique dans le ministère dans ce sens, que par l’institution du Christ un groupe particulier ne peut pas en faire partie s’il n’est pas uni aux Apôtres par une série ininterrompue de pasteurs. Deux éléments, l’élément matériel et l’élément formel, concourent à créer cette union avec les Apôtres. L’élément matériel est la série même ininterrompue de pasteurs, l’élément formel consiste en la succession légitime. De plus, pour la succession légitime on exige que le double pouvoir par lequel les hommes deviennent pasteurs, c’est-à-dire le pouvoir d’ordre et de juridiction, soit transmis avec toutes les conditions essentielles prescrites par le Christ tant concernant les personnes qui confèrent ce pouvoir, que celles qui le reçoivent ou en ce qui concerne la manière de le conférer. Les deux éléments, matériel et formel, contiennent la définition de succession apostolique rapportée et expliquée par Cercià (sect. 3, lect. 8, p. 223) : «substitution publique, légitime, solennelle et jamais interrompue de personnes à la place des Apôtres pour gouverner et être pasteurs dans l’Eglise» (Tome I, n° 116).


Répondant à l’objection que les fidèles puissent se choisir les pasteurs, comme la société civile peut se donner un gouvernement :

Par droit naturel la société civile peut se donner un gouvernement, si elle ne l’a pas encore: dans l’Eglise, qui est une société surnaturelle constituée par la volonté de Dieu, il peut y exister seulement un ministère sacré et d’après les conditions établies par Dieu (ibid. n° 127).


Dans l’Eglise ont la juridiction pastorale seulement ceux qui l’ont obtenue de la source apostolique par une succession continue (médiate ou immédiate)
– Contre les partisans de Pusey.

Preuve I.
Dans l’Eglise ont la juridiction pastorale seulement ceux qui l’ont obtenue légitimement de la source où dès le commencement le Christ l’avait placée exclusivement ; et 1) le Christ a confié la juridiction ecclésiastique exclusivement aux Apôtres pris collectivement comme a un seul collège, et 2) de cette source personne ne peut obtenir légitimement la juridiction sinon par une succession continue (immédiate et médiate) ; ergo (ibid. n° 128).


Pour cela même une société hérétique ou schismatique est privée de l’apostolicité du ministère
– Contre les Protestants en général.

Preuve.
Pour l’apostolicité du ministère on requiert le pouvoir tant d’ordre que de juridiction : en effet personne ne peut exercer la charge de pasteur sinon sur les brebis qui lui sont attribuées et confiées conformément aux règles; or les hérétiques et les schismatiques n’ont pas la juridiction, donc n’importe quelle secte hérétique ou schismatique est privée de l’apostolicité du ministère.

Preuve de la mineure.
Ce n’est que de la vraie Eglise Apostolique qu’on peut recevoir la juridiction (comme prouvé précédemment) ; or “a priori” il est impossible que l’Eglise confie les brebis à des pasteurs hérétiques ou schismatiques et “a posteriori” et dans la pratique l’Eglise a toujours eu l’habitude de déposer les évêques hérétiques ou schismatiques (ibid. n° 132).



H. HURTHER S.J.

Medulla Theologiæ Dogmaticæ, Oeniponte : Libreria Academica Wagneriana 1902.

Dans l’apostolicité du ministère on distingue un double élément: matériel, qui consiste essentiellement dans la série même des pasteurs, et formel qui consiste dans la succession légitime et proprement dite.

Il est donc nécessaire que le successeur non au moyen de la force mais d’après les lois et le rite entre dans la société en vigueur à la place du prédécesseur, et succède dans la charge et dans le rapport avec le groupe restant de pasteurs et avec l’Eglise, et que dès lors il ne se sépare pas de l’unité de l’Eglise par schisme. En effet, celui qui est l’auteur d’un schisme sera un rameau coupé et pourra commencer une nouvelle série de pasteurs qui cependant n’aura pas la continuité organique et vitale avec ses prédécesseurs. Certains groupes schismatiques d’Orient purent peut-être se glorifier d’une série matérielle de pasteurs qui remonte aux Apôtres; mais ils sont privés de l’élément formel: ainsi aura pu être admis dans cette série un pasteur qui, ne voulant pas être successeur de son prédécesseur, se sera séparé de l’unité ecclésiastique et aura commencé une nouvelle série de pasteurs (n° 237).



ÆMIL DORSCH

Institutiones Theologiæ Fundamentalis, Oeniponte 1914 Tome II.

Est dite apostolicité du ministère cette propriété de l’Eglise par laquelle les pasteurs et les docteurs qui en ce moment la gouvernent tirent leur origine des apôtres au moyen d’une série ininterrompue de successions ; c’est pourquoi cette apostolicité est aussi dite de succession.

Donc, par le moyen de cette apostolicité non seulement dans l’Eglise il y a maintenant le même ministère matériel, mais il y a aussi formellement presque les mêmes ministres qu’il y avait depuis le commencement, dans la mesure où les ministres qui exercent maintenant la charge dans l’Eglise sont le prolongement ininterrompu des Apôtres, tant que par leur disposition ils possèdent le même ministère par légitime héritage.

Division I) La première division se produit d’après un double élément que l’on peut distinguer aussi dans l’apostolicité du ministère : l’un matériel qui consiste essentiellement dans la série même de pasteurs et l’autre formel qui consiste dans la succession légitime et proprement dite. Ainsi se distinguent l’apostolicité matérielle et l’apostolicité formelle. La première consiste dans le fait que dans une église dont le premier évêque remonte aux Apôtres, les évêques ordonnés validement se sont succédés sans interruption jusqu’à l’évêque actuel, bien que depuis un temps déterminé la mission légitime leur manque. L’apostolicité formelle est celle qui à la succession matérielle, c’est-à-dire à la valide ordination ayant existé sans interruption, ajoute la légitime mission ou juridiction ininterrompue jusqu’à aujourd’hui (p. 517).

Le ministère confié au commencement par le Christ aux Apôtres est pérenne dans l’Eglise; c’est pourquoi dans l’Eglise il doit toujours y avoir des pasteurs, comme étaient les Apôtres : “voici que je suis avec vous [les apôtres prêchant] jusqu’à la consommation des siècles”. Or dans l’Eglise personne n’est pasteur sinon celui qui a été envoyé; personne n’est pasteur de la même manière que les Apôtres s’il n’a pas été envoyé avec la même mission par laquelle les Apôtres aussi ont été envoyés par le Seigneur. Et encore, cette mission que les Apôtres reçurent directement du Christ, désormais ne peut se réaliser, ou tout au moins ne se réalise pas de manière aussi immédiate, mais comme elle a été transmise par les Apôtres aux premiers successeurs, ainsi elle doit être transmise ultérieurement par les successeurs légitimes. C’est pourquoi, nécessairement toute la série des ministres au cours les siècles est ramenée aux Apôtres par une certaine généalogie spirituelle et pour cela même l’Eglise, grâce à une série jamais interrompue de pasteurs remontant jusqu’aux Apôtres, doit être considérée apostolique en fonction du ministère (p. 519 s).




R
ÉSUMÉ ET COMMENTAIRE DE LA DOCTRINE DES AUTEURS SUSMENTIONNÉS


LA THÈSE DITE DE “CASSICIACUM” Sede
La Chaire de St Pierre vacante


I)La succession apostolique doit être pérenne et continue tant materialiter que formaliter
de telle manière que l’Eglise par analogie avec un corps physique vivant ait légalement un seul corps moral (= une hiérarchie constituée légalement avec les membres qui lui sont connexes) et une seule âme morale [une autorité] tandis qu’elle traverse les siècles jusqu’à la fin du monde. Si l’un ou l’autre venait à manquer, l’Eglise manquerait. Si l’unicité corporelle venait à manquer, c’est-à-dire si les personnes n’étaient pas légalement substituées aux Apôtres, alors l’autorité qui est la mission de l’Eglise et la forme par laquelle l’Eglise est la vraie Eglise du Christ, ne pourrait pas être reçue dans la matière et la mission de l’Eglise finirait. En outre, si jamais l’Eglise, comme unique corps légal fondé par Notre-Seigneur Jésus-Christ et continué par les Apôtres jusqu’à aujourd’hui finissait, personne ne pourrait la rétablir. Dans ce cas, c’est-à-dire si elle était rétablie après la cessation de la série matérielle des pasteurs, il s’agirait d’une nouvelle église, parce que le principe de l’unité – l’identification même matérielle avec l’Eglise fondée par Jésus-Christ – ferait défaut. La cessation de la ligne matérielle est analogique à l’annihilation du corps dans un être physique, de manière que rien ne subsiste, ni même une partie de la substance qui puisse recevoir la forme. Ainsi l’identité de l’Eglise exige qu’elle maintienne une seule forme comme constitutif formel de la personnalité morale pour tous les siècles, et ceci est l’autorité même du Christ qui est transmise à tout pape qui a une élection valide et indubitable et n’oppose aucun obstacle à recevoir l’autorité. En outre, l’essence de l’Eglise exige qu’en tant que corps moral cette unique autorité soit reçue dans une matière moralement unique, c’est-à-dire dans une unique série de pasteurs constituée légalement et non interrompue. Donc, l’autorité qui gouverne l’Eglise est cette autorité possédée principalement par le Christ et par le pape de manière vicariale. Deux autorités ne sont pas possibles, seulement une unique autorité est possible, qui constitue l’Eglise seule personne morale surnaturelle qui perdure dans les siècles. Pareillement, ne sont pas possibles plusieurs corps ecclésiastiques, mais est possible seulement un unique corps à cause de la continuité légale de la série de pasteurs.

Unique corps moral
de l’Eglise + unique autorité possédée du Christ et transmise à l’élu = unique personne morale de l’Eglise Catholique

II)Il n’y a pas de mission légitime si la succession légitime fait défaut.

L’autorité apostolique ne peut être reçue que de celui qui a légitimement succédé dans la possession du siège apostolique. Les intrus, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas reçu l’élection légale, ne sont pas aptes à être de vrais successeurs des Apôtres.

III)Il n’y a pas de succession apostolique légitime si elle n’est pas formelle.

La succession matérielle, tant par élection légale que par prise de possession par la force ou en dehors de la loi, n’est pas suffisante pour qu’il y ait une succession apostolique légitime, parce que l’autorité est la forme avec laquelle quelqu’un est constitué vrai successeur des Apôtres. L’élection légale n’est pas suffisante pour que quelqu’un soit constitué et soit considéré comme vrai successeur des Apôtres formellement.

IV)Il existe une distinction réelle entre la simple occupation du siège et la possession de l’autorité; en outre ces deux réalités peuvent être séparées.

Cette distinction est le fondement même de la Thèse Materialiter-Formaliter ; précisément parce que, la désignation à recevoir l’autorité n’implique pas nécessairement la possession de l’autorité et si la personne désignée posait un quelconque obstacle à recevoir cette autorité qui naturellement convient à la désignation reçue, elle resterait dans l’état purement matériel quant à l’autorité. Dans ce cas, le sujet de la désignation ne perdrait pas la désignation elle-même à moins qu’elle ne lui fût enlevée légalement, mais en même temps il ne posséderait pas l’autorité et ne serait pas pape ou évêque du lieu “simpliciter”, mais le serait seulement “secundum quid”, c’est-à-dire par disposition. Inversement, la perte ou la nue non-possession de l’autorité n’exclut pas la désignation légale. La désignation légale à recevoir l’autorité d’une part et la possession de l’autorité de l’autre, sont deux choses réellement distinctes et séparables.

V)Le premier sujet de l’autorité de l’Eglise est le Christ Lui-même, qui la transmet à la personne qui a été légitimement élue et désignée au pontificat.

L’Eglise est toujours dirigée principalement par le Christ son chef et l’autorité dont jouit le pape est l’autorité même du Christ, une et toujours égale, qui demeure telle pour tous les siècles même si les titulaires se multiplient. L’autorité ou juridiction est unique, c’est-à-dire celle du Christ et cette unité et unicité de l’autorité est la forme même de l’Eglise qui demeure formellement une et unique personne morale pour tous les siècles.

VI)La succession formelle peut être morale sans être physique ; au contraire la succession matérielle doit être physique.

En effet, un pape étant mort, alors que le siège est vacant, la continuité de la papauté ne fait pas défaut puisque l’Eglise a l’intention d’élire un nouveau pontife. Donc la succession d’un pape à l’autre est purement morale dans la mesure où persiste l’intention d’élire un pape et tant que dans les membres de l’Eglise demeure la soumission à cette autorité. La succession serait physique si, avant de mourir, un pape choisissait son successeur et lui remettait l’autorité. La succession matérielle, au contraire, doit être physique de cette manière: il faut qu’il y ait toujours des personnes légalement aptes à élire le pape. En d’autres termes, la lignée corporelle de l’Eglise, non seulement de ses membres mais encore et surtout de la hiérarchie, ne peut jamais tolérer une interruption physique. Si, par une hypothèse absurde, cette lignée était interrompue même seulement pour un court laps de temps, l’Eglise ferait défaut et ne pourrait pas être rétablie. Cette continuité du corps de l’Eglise, qui est essentiellement hiérarchique, est analogique au feu, qui une fois qu’il a été éteint reste éteint. La raison est que, les successeurs matériels légitimes faisant défaut, il n’y aurait personne qui pourrait légitimement recevoir l’autorité du Christ et gouverner l’Eglise comme son vicaire. La partie formelle de l’autorité de l’Eglise demeure dans le Christ tandis que le siège apostolique est vacant, mais la partie matérielle, c’est-à-dire la personne légitimement désignée à recevoir l’autorité ne peut demeurer s’il n’y a personne qui légitimement puisse la choisir. Dans ce cas, cette lignée matérielle ou purement légale ferait défaut et ne pourrait être rétablie que par celui qui a l’autorité, c’est-à-dire par le Christ Lui-même, qui étant donnée la divine constitution de l’Eglise, “devrait” faire un nouvel appel d’Apôtres et une nouvelle Eglise différente de celle fondée sur Saint Pierre.

LA THÈSE DITE DE “CASSICIACUM” Stpierrestpaul
(Source : Sodalitium n°46 [mai 1998], pp. 60-69 incluses. – Cliquer sur "Télécharger le Fichier")

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Message  JP B Ven 19 Nov 2010, 8:45 pm

"Hier à 14:01" (heure française : GMT + 1 H),
Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:
JP B a écrit:Pour ma part, j'ai démontré !
Ma démonstration peut s'avérer erronée et être contredite (mais des arguments fondés et non arbitrairement).
Vous, vous n'avez encore rien démontré... Sleep

Le problème mon cher Jean-Paul, c'est qu'il faudrait perpétuellement réfuter votre délire du jour ...

Mais forçons un peu votre démonstration, l'Eglise donc s'éteint avec la disparition de ses membres physiques ?
Je répète le dernier point du message précédent, en soulignant d’un trait ou/et en gras :

VI) La succession formelle peut être morale sans être physique ; au contraire la succession matérielle doit être physique.

En effet, un pape étant mort, alors que le siège est vacant, la continuité de la papauté ne fait pas défaut puisque l’Eglise a l’intention d’élire un nouveau pontife. Donc la succession d’un pape à l’autre est purement morale dans la mesure où persiste l’intention d’élire un pape et tant que dans les membres de l’Eglise demeure la soumission à cette autorité. La succession serait physique si, avant de mourir, un pape choisissait son successeur et lui remettait l’autorité. La succession matérielle, au contraire, doit être physique de cette manière: il faut qu’il y ait toujours des personnes légalement aptes à élire le pape. En d’autres termes, la lignée corporelle de l’Eglise, non seulement de ses membres mais encore et surtout de la hiérarchie, ne peut jamais tolérer une interruption physique. Si, par une hypothèse absurde, cette lignée était interrompue même seulement pour un court laps de temps, l’Eglise ferait défaut et ne pourrait pas être rétablie. Cette continuité du corps de l’Eglise, qui est essentiellement hiérarchique, est analogique au feu, qui une fois qu’il a été éteint reste éteint. La raison est que, les successeurs matériels légitimes faisant défaut, il n’y aurait personne qui pourrait légitimement recevoir l’autorité du Christ et gouverner l’Eglise comme son vicaire. La partie formelle de l’autorité de l’Eglise demeure dans le Christ tandis que le siège apostolique est vacant, mais la partie matérielle, c’est-à-dire la personne légitimement désignée à recevoir l’autorité ne peut demeurer s’il n’y a personne qui légitimement puisse la choisir. Dans ce cas, cette lignée matérielle ou purement légale ferait défaut et ne pourrait être rétablie que par celui qui a l’autorité, c’est-à-dire par le Christ Lui-même, qui étant donnée la divine constitution de l’Eglise, “devrait” faire un nouvel appel d’Apôtres et une nouvelle Eglise différente de celle fondée sur Saint Pierre.

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Message  Carolus.Magnus.Imperator. Dim 21 Nov 2010, 7:54 pm

Bonsoir cher Jean-Paul,

Vous ne répondez pas vraiment ...

L'Eglise s'éteint-elle illico presto avec la disparition de ses membres physiques ?

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Message  Gérard Lun 22 Nov 2010, 3:21 am

Y 'en a qui se foutent de la gueule du monde !

Est-ce que Te Deum doit-être la bibliothèque en ligne de la secte Guérardo-Thucisto-Dolanière- XXXXXXX(ceci nous avais échappé, mille excuses) ?

C'est pourtant ce que tu es en train d'en faire mon cher Jean Paul.

Tu ne pourrais pas mettre tes poubelles ailleurs SVP !
Gérard
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Message  JP B Lun 22 Nov 2010, 5:25 am

Déplace les tiennes d'ici, elles puent le langage ordurier : "XXXXXXXXXXX"" !

Il est vrai que tu ne sais parler qu'ainsi :

  • Le "Jeu 30 Sep 2010, 08:40" : "il ne croit qu'à ce qui lui tombe sur la gueule !"

  • Le "Jeu 30 Sep 2010, 00:07" : "il y a les gros connards des débuts de la tradition qui se trimballent avec de pleines valises de tradouilleries et de tradouillo-conneries."

  • Le "Ven 24 Sep 2010, 19:26" : "Cette accusation est franchement XXXXXXXX, car vous avez ramené la NOUVEAUTE de la thèse sans aucune autorité et vous vous félicitez de l'absence de toute autorité pour répandre votre XXXXX dans la plus parfaite immunité."

  • Sans aucun respect pour un Souverain Pontife canonisé : le "Mer 03 Nov 2010, 13:52"
    Gérard a écrit:
    [...]

    Tu veux nous parler du Cardinal Sarto !

    Note de Louis,

    Ce manque de respect envers le futur Saint Pie X, nous avait échappé. Il est maintenant rectifié et nous espérons que cela ne se produira plus


    [...]

    Je viens comme toi de faire le même faux raisonnement que tu viens de faire avec le Cardinal Sarto ! [...]


Et à part cette manière nauséabonde de s'exprimer, où se trouve l'exposition de tes éventuels arguments raisonnés ?
Nulle part, malheureux obnubilé par la passion colérique !
Rien que des affirmations gratuites et des accusations calomnieuses...

Avec juste raison, le "Sam 18 Sep 2010, 16:04,
yl a écrit:http://video.google.com/videoplay?docid=3925137859991688465#
Laughing

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Message  Gérard Lun 22 Nov 2010, 6:14 am

Les esquives, les non-dits, les faux-fuyants, les culpabilisations, les post qui ne seraient pas de toi formalitairement mais qui le seraient materialitairement, les papes pour lesquels il serait sacrilège de rappeler leur nom de famille, , les attaques ad hominem, les majuscules oubliées, les fautes d’orthographe et autres pinailleries du même genre tout y passe pour renverser ceux qui s’opposent à ta thèse !

Il faut bien que tu recours à de tels procédés pour appuyer le sérieux de ta thèse flinguée. Il faut bien que tu en caches les contradictions. Il faut bien que tu aies parfois honte de la nullité de tels délires. Tu es bien contraint de ne pas répondre à nos arguments qui ont fait exploser ta "thèsequetoulemondesetaise" depuis belle lurette.

Et bien sûr quand tu es à court, pourquoi ne pas jouer le Monsieur sérieux BC BG, écorché par des propos populaires….tu forces ton style, ce n’est pas toi !
Et puis un petit conseil, si tu veux vraiment jouer le MONSIEUR, d’un niveau supérieur alors ne vas pas chercher Coluche pour nous dire ce que tu as à dire ou pour nous faire la morale des jeux de mots qui auraient ému ton âme par trop scrupuleuse …ça fait plutôt désordre !


Gérard
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Message  Diane + R.I.P Lun 22 Nov 2010, 9:15 am

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Message  Diane + R.I.P Lun 22 Nov 2010, 9:34 am

Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:Bonsoir cher Jean-Paul,

Vous ne répondez pas vraiment ...

L'Eglise s'éteint-elle illico presto avec la disparition de ses membres physiques ?

Pourriez-vous cher JPB répondre intelligiblement à cette question de CMI !
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Message  JP B Lun 22 Nov 2010, 9:49 am

Diane a écrit:
Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:Bonsoir cher Jean-Paul,

Vous ne répondez pas vraiment ...

L'Eglise s'éteint-elle illico presto avec la disparition de ses membres physiques ?

Pourriez-vous cher JPB répondre intelligiblement à cette question de CMI !
Pour les durs de la comprenette :
En vertu de la succession matérielle, tout aussi indispensable que la succession formelle, oui, l'Église enseignante s'éteint "illico presto avec la disparition de TOUS ses membres physiques" !

Cela n'était-il donc pas clair à vos yeux ? Rolling Eyes ...


Dernière édition par JP B le Lun 22 Nov 2010, 9:53 am, édité 1 fois

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Message  Catherine Lun 22 Nov 2010, 9:51 am

NOUI!

C'est clair, maintenant, Diane!? lol!
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Message  JP B Lun 22 Nov 2010, 9:55 am

Catherine a écrit:NOUI!

C'est clair, maintenant, Diane!? lol!
? ? ? ? ? ? ?

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Message  Diane + R.I.P Lun 22 Nov 2010, 10:30 am

JP B a écrit:
Cela n'était-il donc pas clair à vos yeux ? Rolling Eyes ...

Ben non, ce n'était pas assez clair !

Merci pour votre réponse !
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Message  Diane + R.I.P Lun 22 Nov 2010, 10:34 am

JP B a écrit:
Catherine a écrit:NOUI!

C'est clair, maintenant, Diane!? lol!
? ? ? ? ? ? ?

Ben noui, ma chère Catherine ! lol!
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Message  Carolus.Magnus.Imperator. Lun 22 Nov 2010, 11:06 am

JP B a écrit:
Diane a écrit:
Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:Bonsoir cher Jean-Paul,

Vous ne répondez pas vraiment ...

L'Eglise s'éteint-elle illico presto avec la disparition de ses membres physiques ?

Pourriez-vous cher JPB répondre intelligiblement à cette question de CMI !
Pour les durs de la comprenette :
En vertu de la succession matérielle, tout aussi indispensable que la succession formelle, oui, l'Église enseignante s'éteint "illico presto avec la disparition de TOUS ses membres physiques" !

Cela n'était-il donc pas clair à vos yeux ? Rolling Eyes ...

Réponse peu étonnante de votre part ...

Mais dites-moi , cher JP, comment donc peut-on dire que l'Eglise est une personne morale ? Quelle est la nature des personnes morales ?

Nierez-vous frontalement ces notions ?

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Message  JP B Lun 22 Nov 2010, 12:40 pm

Par votre insistance, mon cher Francis, à vouloir ramener la question au seul aspect de la personne morale, nieriez-vous que la succession apostolique doive également être matérielle c'est-à-dire assurée par des personnes physiques ?

Pour ma part, je ne nie aucunement que l'Église, composée de personnes physiques surtout pour ce qui est matériellement de la succession apostolique, soit une personne morale, et je ne nie pas plus la nature des personnes morales ; mais l'Église est une personne morale qui doit être Apostolique pour être l'Église Catholique !
Et en ce qui vous concerne, j'ai bien l'impression que vous supprimez l'Apostolicité de l'Église Catholique...

Rassurez-moi : nieriez-vous que la succession apostolique doive également être matérielle c'est-à-dire assurée par des personnes physiques ?

JP B

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Message  gabrielle Lun 22 Nov 2010, 12:53 pm

Donc, les mecs de la secte assurent la succession apostolique.?
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Message  Carolus.Magnus.Imperator. Lun 22 Nov 2010, 12:59 pm

JP B a écrit:Par votre insistance, mon cher Francis, à vouloir ramener la question au seul aspect de la personne morale, nieriez-vous que la succession apostolique doive également être matérielle c'est-à-dire assurée par des personnes physiques ?

Non je ne nie pas, mon cher Jean-Paul.

Mais la succession apostolique, pour être légitime, ne doit-elle pas être matérielle et formelle ???

JP B a écrit:Pour ma part, je ne nie aucunement que l'Église, composée de personnes physiques surtout pour ce qui est matériellement de la succession apostolique, soit une personne morale, et je ne nie pas plus la nature des personnes morales ...

Alors, le propre des personnes morales est-il se s'éteindre avec la simple disparition physique de ses membres ??


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Message  JP B Lun 22 Nov 2010, 1:19 pm

gabrielle a écrit:Donc, les mecs de la secte assurent la succession apostolique.?
Je ne sais pas si ""les mecs de la secte" assurent la succession apostolique" mais je constate que certaine grognasse fait semblant de ne pas comprendre ce que nous avons déjà dit à ce sujet.

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Message  JP B Lun 22 Nov 2010, 1:29 pm

Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:
[...]

Alors, le propre des personnes morales est-il se s'éteindre avec la simple disparition physique de ses membres ??

Le propre de la succession apostolique matérielle est de "s'éteindre avec la simple disparition physique de [tous les] membres" de l'Église enseignante.

Comment aujourd'hui voyez-vous la succession apostolique matérielle assurée ?
Où est pour vous aujourd'hui quelque(s) membre de l'Église enseignante ?

JP B

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Message  Carolus.Magnus.Imperator. Lun 22 Nov 2010, 2:19 pm

JP B a écrit:Le propre de la succession apostolique matérielle est de "s'éteindre avec la simple disparition physique de [tous les] membres" de l'Église enseignante.

Vous refusez de répondre. Croyez-vous que le canon 102 est hérétique ? Ce canon ne prévoit-il pas l'extinction de la personne morale seulement 100 ans après la disparition physique de ses membres ??? Comment alors peut-on prétendre que l'Eglise est une personne morale (Can. 100) si elle ne survit pas à la mort de ses membres (Can. 102) ?

JP B a écrit:Comment aujourd'hui voyez-vous la succession apostolique matérielle assurée ?

Je ne sais pas.

JP B a écrit:Où est pour vous aujourd'hui quelque(s) membre de l'Église enseignante ?

L'Eglise enseignante, personne morale ou physique ???

Carolus.Magnus.Imperator.

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Message  Gérard Lun 22 Nov 2010, 2:45 pm

JP B a dit:

Comment aujourd'hui voyez-vous la succession apostolique matérielle assurée ?
Où est pour vous aujourd'hui quelque(s) membre de l'Église enseignante ?

Mais ne posez pas cette question JP B, vous ne voulez pas vous la poser. Vous avez la réponse que vous croyez dogmatique:

Pour vous en effet, la succession apostolique, c'est un contenant tout propre, les évêques conciliaires parfaitement légitimes avec un contenu pourri : une doctrine et un culte hérético-syncrétique. Et ce chancre, ce "tas de merde dans un bas de soie" (c'est l'expression qu'utilisait Napoléon pour qualifier Talleyrand) c'est l'Eglise catholique, c'est la succession apostolique de l'Eglise catholique !

Pour croire à la Thèse, il faut refuser de croire à l'unité de foi de l'Eglise catholique, il faut refuser de croire que ce qui fait appartenir quiconque à l'Eglise catholique, c'est l'appartenance à sa doctrine et à son culte. Il faut cesser de croire, cet article du catéchisme:

Qui sont ceux qui sont en dehors de l'Eglise ?
Ceux qui sont en dehors de l'Eglise sont les hérétiques les schismatiques et les excommuniés.

Pour croire à la thèse, il faut accepter que des évêques puissent se réunir en un concile infaillible pour faire une nouvelle religion et un nouveau culte dans l'Eglise catholique et que TOUT cela s'inscrive dans les forfaits de l'Eglise catholique et non pas dans une démarche hors de l'église constituant la fondation d'une secte....il n'y a jamais eu d'église conciliaire, n'est-ce pas votre propos...vous le prouveriez parce que nous ne pouvons pas vous fournir l'acte de sa fondation juridique.
Allez demander à Madoff, un des fondateurs du système bancaire américain, s'il a émis un acte juridique pour fonder son association de malfaiteurs qui a ruiné d'innombrables fortunes du monde !
Voilà toute la sublimité de l'apostolicité, laquelle vous croyez et à laquelle vous désireriez que nous nous attachions.


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Message  JP B Lun 22 Nov 2010, 3:05 pm

Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:
JP B a écrit:Le propre de la succession apostolique matérielle est de "s'éteindre avec la simple disparition physique de [tous les] membres" de l'Église enseignante.

Vous refusez de répondre. Croyez-vous que le canon 102 est hérétique ? […]

Faites-vous exprès de paraître borné ou est-ce naturel ?
Où ai-je dit que "le canon 102 est hérétique" ?


Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:
[…] Ce canon ne prévoit-il pas l'extinction de la personne morale seulement 100 ans après la disparition physique de ses membres ???

Les membres de l'Église enseignante qui assurent la succession apostolique matérielle sont-ils une "personne morale" ?


Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:
[…] Comment alors peut-on prétendre que l'Eglise est une personne morale (Can. 100) si elle ne survit pas à la mort de ses membres (Can. 102) ?

Je me refuse à parler pour l'instant de l'Église en général. (Voilà pourquoi vous trouvez que "[je refuse] de répondre".
Je m'y refuse car, par votre insistance, mon cher Francis, vous voulez ramener la question au seul aspect de la personne morale, alors que cela concerne aussi la succession apostolique qui doit également être matérielle c'est-à-dire assurée par des personnes physiques.
Or, pour cet aspect, vous avouez ne pas savoir.
Nous ne pouvons donc pas nous entendre !

Vous ne savez pas ?
Priez ! En effet : "cherchez et vous trouverez, frappez et il vous sera ouvert"
Faites, de cœur, comme St Thomas d'Aquin : quand il n'arrivait pas à résoudre une difficulté, il mettait sa tête dans le tabernacle !


Carolus.Magnus.Imperator. a écrit:
[…]
JP B a écrit:Où est pour vous aujourd'hui quelque(s) membre de l'Église enseignante ?

L'Eglise enseignante, personne morale ou physique ???
Faites-vous exprès de paraître borné ou est-ce naturel ?
Les membres de l'Église enseignante sont-ils une "personne morale" ou des personnes physiques ?

JP B

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Message  Carolus.Magnus.Imperator. Lun 22 Nov 2010, 3:36 pm

JP B a écrit:Faites-vous exprès de paraître borné ou est-ce naturel ?
Où ai-je dit que "le canon 102 est hérétique" ?

Je n'ai pas dit que vous affirmez que le canon 102 est hérétique, voilà pourquoi je vous le demande ...

Le canon 102 est-il hérétique ?


JP B a écrit:Les membres de l'Église enseignante qui assurent la succession apostolique matérielle sont-ils une "personne morale" ?

Effectivement !

R.P. Goupil, La Règle de la Foi, p.24 a écrit:

[L]es Apôtres qui ont reçu la charge et le pouvoir d'enseigner, les ont transmis à leurs légitime successeurs, qui font avec eux une même personne juridique
.


Can. 102


§ 1 Une personne morale, par sa nature, est perpétuelle, elle s’éteint par l’acte de l’autorité légitime qui la supprime, ou si, pendant l’espace de cent ans, elle a cessé d’exister.

JP B a écrit:Je me refuse à parler pour l'instant de l'Église en général. (Voilà pourquoi vous trouvez que "[je refuse] de répondre".
Je m'y refuse car, par votre insistance, mon cher Francis, vous voulez ramener la question au seul aspect de la personne morale, alors que cela concerne aussi la succession apostolique qui doit également être matérielle c'est-à-dire assurée par des personnes physiques.
Or, pour cet aspect, vous avouez ne pas savoir.
Nous ne pouvons donc pas nous entendre !

Vous refusez de parler pour l'instant parce que cela vous amènerait à concéder que la personne morale peut subsister - peut-être pas indéfiniment - même après la mort de toutes personne physiques.

JP B a écrit:Priez ! En effet : "cherchez et vous trouverez, frappez et il vous sera ouvert"
Faites, de cœur, comme St Thomas d'Aquin : quand il n'arrivait pas à résoudre une difficulté, il mettait sa tête dans le tabernacle !

Mon cher Jean-Paul, si pour vous le chercher et vous trouverez vous a donné comme résultat la thèse du Père Guérard, j'ai le malheur de vous dire que force est de constater que vous n'avez en réalité pas vraiment cherché ...


JP B a écrit:Les membres de l'Église enseignante sont-ils une "personne morale" ou des personnes physiques ?

R.P. Goupil, La Règle de la Foi, p.24 a écrit:

[L]es Apôtres qui ont reçu la charge et le pouvoir d'enseigner, les ont transmis à leurs légitime successeurs, qui font avec eux une même personne juridique
.


Can. 102


§ 1 Une personne morale, par sa nature, est perpétuelle, elle s’éteint par l’acte de l’autorité légitime qui la supprime, ou si, pendant l’espace de cent ans, elle a cessé d’exister.


Également, une personne morale peut-elle survivre même s'il lui manque un élément qui lui est essentiel ?

Ne vous dégonflez pas, cher Jean-Paul, on ne fait que commencer à s'amuser ...

Carolus.Magnus.Imperator.

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Message  JP B Lun 22 Nov 2010, 3:56 pm





VEUILLEZ ÉCRIRE NORMALEMENT : JE N'ARRIVE PAS A LIRE
!



JP B

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Message  JP B Lun 22 Nov 2010, 3:58 pm

Quelle est l'autorité du guignol qui vient de décréter que TOUS les membres de l'Église officielle seraient "en dehors de l'Eglise sont les hérétiques les schismatiques et les excommuniés" ?
Voir ce message de 15h15 :
Spoiler:



Qu’est la “secte conciliaire” ?
_______________________



PRÉSENTATION et choix de l’argumentation actuelle
 :

Pour ne pas entraîner le lecteur dans un exposé trop long et, partant, fastidieux, nous nous contenterons pour l’instant – la vacance du Siège Apostolique étant un fait établi – de ne traiter que des objections émises par des sédévacantistes complets (par opposition au sédévacantisme formel mais non matériel caractérisant ladite thèse), sédévacantistes complets parfois appelés “simpliciter” (« simplement », par opposition à la distinction “materialiter – formaliter” de ladite thèse) ou encore “totaliter” (« totalement »). Nous examinerons en particulier et en premier cette objection qui consiste à dire que la thèse de Cassiciacum, selon ces sédévacantistes complets, considérerait que « la secte conciliaire est l’Église Catholique », sous le prétexte que ceux qui la tiennent refusent de considérer les modernistes siégeant à Rome comme formellement hérétiques.

Aussi, c’est exactement à cette objection précise qu’il sera répondu là.


ARGUMENTATION proprement dite
 :

Il est flagrant désormais que Benoît XVI et tous ceux qui le suivent disent des hérésies ou cautionnent de façon inacceptable des hérésies.

Il s’agit ici directement d'hérésies, puisque manifestement il y a hérésies, mais sans s’arrêter sur les erreurs moins graves contre la Foi, ni sur les scandales en paroles, en actions ou/et par omissions.
Nous ne parlons bien que des seules hérésies en tant que telles.

Il ne suffit pas, pour être formellement hérétique, de proférer des hérésies : le fait de dire une hérésie n’est pas forcément toujours un péché. Certes, le fait de dire une hérésie est la matière du péché d'hérésie, mais à cette matière, il manque encore la forme (c'est la distinction acceptée par les théologiens catholiques au moins depuis saint Thomas d'Aquin, et encore davantage depuis le Concile de Trente et cela correspond à la notion bien connue de “péché matériel” et de “péché formel”) il manque encore la forme, donc, pour que ce “péché matériel” soit réellement un péché, ou “péché formel”.
La forme du péché en général réside dans la volonté.
Et la forme du péché d'hérésie en particulier réside dans la volonté actuelle d'aller contre l'autorité infaillible de Dieu. C’est ce qu’on appelle « la pertinacité ».

Cela dit, Puisque l'Église est une société visible, composée d'hommes et de femmes, obéissant à des règles conformes à l'obtention de sa fin qui est le salut des âmes, cette pertinacité doit être constatée par l'autorité visible et infaillible de l'Église (qui représente sur terre l'autorité infaillible de Dieu) pour être imposée sans erreur aux yeux de tous.

Ainsi, pour récapituler là où nous en sommes, nous dirons que :
  1. une chose est de dire des hérésies ;

  2. une autre d'être hérétique formel devant Dieu ;

  3. une autre encore d'être canoniquement hérétique formel devant l'Église.

Quelques exemples concrets feront, espérons-le, bien comprendre tout cela :
  • Ainsi, en faisant par exemple le catéchisme à des enfants, si nous leur enseignons par mégarde une hérésie, cela ne fait pas pour autant de nous des hérétiques, et heureusement !

  • Cependant, si nous maintenons notre position en ayant bien réfléchi, longuement, aux conséquences, en ayant pleinement conscience du fait que notre position est contraire à la foi, etc., alors, il pourra se trouver un moment où nous commettrons réellement le péché formel d'hérésie en allant CONSCIEMMENT contre l'autorité infaillible de Dieu.

  • Et pourtant, jusque là, notre péché reste caché !

    Mais si, maintenant, nous commençons à le dire autour de nous, les gens vont être scandalisés et vont se demander si nous sommes formellement hérétiques ! Or, le moyen ordinaire pour eux sera de suivre le jugement de l'autorité de l'Église.
    C’est pourquoi si nous maintenons notre avis contre une autorité représentant canoniquement l'Église et exigeant de nous rétractation, alors nous devenons hérétique formel public !
    Plus personne n'est alors en droit de douter de notre pertinacité.

Appliquons ces règles aux modernistes, en particulier à ceux qui devraient constituer la hiérarchie de l'Église, en jouissant du pouvoir de juridiction : ceux que dans l'Église en ordre on appelle le Pape, les cardinaux, les évêques dirigeant les diocèses (et dans une moindre mesure les curés dirigeant les paroisses) :
  1. Disent-ils des hérésies ?
    Oui !

  2. Sont-ils hérétiques devant Dieu ?
    C'est très possible, voire probable. Nous pouvons avoir notre opinion là-dessus (et encore, avec prudence…) mais même si nous en sommes convaincus nous n'avons aucun moyen de l'imposer aux autres membres de l'Église, parce que nous n'avons aucun pouvoir de juridiction, c'est à dire aucun pouvoir de parler canoniquement au nom de l'Église.

  3. L'Église a-t-elle constaté leur pertinacité par des monitions faites par des personnes autorisés (c'est à dire ayant juridiction) ?
    HELAS NON ! et c'est justement le tragique de la situation ; c'est justement ce qui nous manque pour les déclarer canoniquement hérétiques et les remplacer par d'autres personnes, notamment en élisant un Pape.
    Le tragique de la situation n'est pas tant que nous n'ayons plus de Pape mais que tous les évêques ayant juridiction dans le monde aient suivi [/i]» quelqu’un qui n’était pas formellement Pape. C’est cela, précisément, qui est incroyable. Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer auraient pu faire des monitions à Paul VI… Mais ils ne l'ont pas fait.




CONCLUSION
 :

En conclusion, nous dirons avec l’“Istituto Mater Boni Consilii” dont nous pensons qu’aucun Prêtre ne contredira cette conclusion, ceci :
    Nous sommes obligés

  1. de considérer que Paul VI et ses successeurs disent des hérésies ;

  2. de considérer également qu’ils sont très probablement hérétiques formels devant Dieu ;


    Mais,

  3. Nous sommes également obligés de considérer qu'il manque une décision de l'Église faisant autorité pour affirmer qu'ils sont canoniquement hérétiques formels.

  4. En l'absence, donc, d'une telle prise de position canonique publique, personne n'est en droit, aux yeux de droit canon c'est à dire du droit de l'Église catholique, d'affirmer qu'ils sont en-dehors de l'Église catholique.


    En conséquence, bien que scandaleux et à combattre, ils font canoniquement partie de l'Église catholique tout comme chacun de nous (bien qu'il soit probable qu'ils sont formellement en-dehors à cause de leur hérésie formelle, mais, de cela, Dieu seul le sait)


Ainsi, notamment, le terme “d'église conciliaire” que nous utilisons tous pour plus de clarté, n'a pas d'existence juridique. Il n'y a qu'une seule Église, l'Église catholique : on est dedans ou on est dehors. Mais on peut être dehors réellement et que seul Dieu le sache, tant en semblant être dedans aux yeux des lois de la société visible qu'est l'Église.


Un autre exemple, espérons-le, le fera comprendre :

Quel est la situation devant Dieu et devant l'Église de deux époux ayant échangé les consentements à l'Église sans vouloir en réalité se marier mais l'ayant caché au prêtre ?
Devant Dieu ils sont adultères, scandaleux et méritent l'enfer ; devant l'Église ils sont de bons époux qui font leur devoir et gagnent des mérites et sont un exemple pour les autres !
Il faudra attendre que l'Église soit informée de leur mensonge sacrilège et les déclare non-mariés pour que cela soit imposable à tous.


Nota Bene 1
 :
Le fait que le scandale des modernistes dure depuis 50 ans et soit on-ne-peut-plus public n'y change rien : les théologiens enseignent clairement que la pertinacité n'a rien à voir avec la durée ou avec l'évidence pour les autres de l'erreur du coupable. La pertinacité est dans la volonté du coupable, pas dans celle de ceux qui le jugent.


Nota Bene 2
 :
Pour constater leur pertinacité, même sans l'autorité de l'Église, il pourrait suffire que Paul VI, Benoît XVI and Co disent publiquement qu'ils sont hérétiques pertinaces ou qu'ils sont en-dehors de l'Église (qu’ils ne font plus partie de l'Église Catholique, qu’ils rejettent celle-ci, etc., qu’ils fassent, en un mot, toute espèce de déclaration aussi catégorique que celles-ci)… mais ils ne l'ont jamais dit justement, bien au contraire hélas !


Nota Bene 3
 :
Terminons par cette anecdote éloquente qui est arrivée il y a deux ans à un Prêtre de l’“Istituto Mater Boni Consilii”.
Une fidèle d’une chapelle desservie par ce Prêtre lui dit un jour en parlant de la Thèse de Cassiciacum : « Monsieur l'abbé, vous dites des hérésies ! Donc vous êtes hérétiques, donc vous n'êtes plus dans l'Église catholique ! »
La même personne est venue lui dire deux semaines plus tard, alors qu’il n'avait rien changé à ses positions (nous tenons l’histoire de l’abbé en question lui-même et plusieurs peuvent en témoigner…) : « Monsieur l'abbé, j'ai changé d'avis et je crois maintenant que vous êtes dans l'Église catholique. »
« Ce genre d'affirmation hallucinante [expose notre abbé après cette mésaventure] est monnaie courante parmi les sédévacantistes et cette anecdote fait encore davantage comprendre combien il est illusoire de penser que des personnes privées dans l'Église puissent décider qui est dans l'Église ou qui n’y est pas. Cela vaut même pour des prêtres ou des évêques : on ne peut parler au nom de l'Église, canoniquement parlant, que si l'on est revêtu du pouvoir ordinaire de juridiction, c'est à dire du pouvoir devant le Christ de paître en son nom une partie de son troupeau.
« Or, la juridiction ordinaire venant du Pape et uniquement du Pape, puisque nous sommes privés d'autorité pontificale et puisque tous ceux qui avaient juridiction l'ont formellement perdu en suivant Jean XXIII, Paul VI, etc. Benoît XVI dans leurs erreurs publiques, il n'y a plus sur terre à l'heure actuelle de pouvoir formel ordinaire de juridiction.
« C'est là tout notre malheur. »


Nota Bene 4
 :
Remarquons bien d'ailleurs que la Thèse de Cassiciacum ne parle que du pouvoir de juridiction.
De ce point de vue, en effet, ces modernistes forment une hiérarchie matérielle, canoniquement toujours membre hélas de l'Église, mais qui peut permettre heureusement que les choses repartent de l'intérieur de l'Église quant au pouvoir de juridiction (pour garantir que c'est canoniquement la même Église qui reparte). En revanche, ce sont les seuls traditionalistes qui auront gardé les Sacrements purs de toute référence aux modernistes au pouvoir, et non pas les modernistes, qui assureront la continuité (ou succession apostolique) quant au pouvoir d'ordre comme, du reste, pour le témoignage de la foi.


Nous avons là la raison qui a fait écrire cette phrase dans la note n° 5 (col. 2) en page 10 du dernier numéro (N° 63) de la revue Sodalitium :
M. l’abbé Francesco RICOSSA a écrit:[…] Le fait est que, du moins juridiquement, l’Église conciliaire [ou “la secte conciliaire”] n’existe pas, et les modernistes qui occupent [materialiter] les Sièges épiscopaux, y compris le Premier Siège, se trouvent encore, du moins juridiquement et au for externe, « dans le sein même et au cœur de l’Église » selon la célèbre expression de l’encyclique Pascendi. […]



Discussion
 :

Il faut toutefois remarquer que, à ce qui précède, il peut être fait deux objections :
  1. Au for externe et public, il peut arriver que l'on puisse présumer la pertinacité du sujet incriminé, sans avoir besoin de monitions.
    Ainsi, si Josef RATZINGER demain venait à affirmer publiquement que le pape n’est jamais infaillible ou bien que la T.S. Vierge Marie n’a pas été préservée du péché originel ou encore que son âme ne soit pas montée avec son corps immaculé au ciel, bien franchement, nous n’aurions pas besoin des monitions pour affirmer que nous avons affaire à un hérétique public et manifeste, qui a cessé d’appartenir extérieurement à l’Église, et qu’en conséquence il ne saurait être la matière (analogiquement parlant) désignée au Souverain Pontificat.
    Mais le fait est que nous n’en sommes pas là (contrairement du reste à ce qu'affirment les plus durs que les durs de durs). Pourquoi ? Parce que Josef RATZINGER ne profère pas publiquement des hérésies au sens “canonique” du mot, c’est-à-dire des propositions directement et explicitement contraires à des définitions du Magistère infaillible de l’Église (surtout si ces propositions sont déjà condamnées telles quelles par ledit Magistère comme directement contraires à la Divine Révélation).

  2. Comment donc, si l’on ne peut pas faire état de l’hérésie publique et manifeste de Josef RATZINGER (au sens de l’hérésie-péché), peut-on cependant faire état de ce que le même Josef RATZINGER n’est pas pape, du moins formaliter ?
    En réalité cette objection, sous forme de question, ne tient pas :
    Le fait que Josef RATZINGER ne soit pas formellement pape est constatable par tout membre de l’Église Catholique, même si celle-ci n’a pas encore hiérarchiquement pris acte de la chose (en ce sens également Josef RATZINGER est toujours l’occupant légal – mais non formel – du Siège Apostolique). La chose est constatable, parce qu’il maintient, prétendument en tant que l'Autorité, ce que l'Autorité Apostolique divinement assistée ne peut ni promulguer ni maintenir, savoir : Vatican II (liberté religieuse, œcuménisme, collégialité, etc.) et ladite “nouvelle messe”, et lesdits “nouveaux rites” qui l’accompagnent.
    Il est donc constatable, et de fait constaté par une petite partie du troupeau, que Josef RATZINGER n’est pas formellement pape.
    Mais malheureusement la chose n'est pas constatée par ceux qui ont pouvoir sur l’élection : les cardinaux et (extraordinairement) les évêques.
    Pour ce qui est de l’hérésie-péché au for externe et public de Josef RATZINGER il en va tout autrement. Non seulement elle n’est pas constatée par ceux qui ont pouvoir sur l’élection, mais dans l’état actuel des choses elle n’est pas réellement constatable par les membres de l’Eglise enseignée. En effet, pour ce faire il faudrait, de la part du sujet incriminé, une hérésie au sens “canonique” du terme. Cf. le 1° ci-dessus.

Cela dit, « Une des conséquences déplorables […] de la crise d’autorité actuelle (dans l’Église catholique, et aussi en dehors d’elle) est la dispersion du troupeau dont le pasteur a été frappé, ce pour quoi chaque brebis du troupeau s’érige en maître dans l’Église de Dieu, sans même en avoir reçu la mission, l’autorité et souvent la capacité. Comme aux temps de la réforme luthérienne, le dernier ignorant disserte sur les dogmes dont il ignore tout, interprète l’Écriture, se fait théologien, veut enseigner au prêtre la liturgie, ne croit pas à l’infaillibilité du Pape, mais à la sienne propre… » (Abbé Francesco RICOSSA, dernier Sodalitium (N° 63) pp. 36-37. – Souligné par nos soins.)

C’est ainsi que l’on voit ne serait-ce qu’en France :
  • une revue anticléricale qui se prétend pourtant catholique (pour mieux tromper son monde ? …) s’en prendre à tous les Papes depuis Sa sainteté Pie VII sous le prétexte que non seulement ils ne se seraient pas suffisamment, d’après un certain “Auteur Loufoque”, opposés à la Révolution, mais qu’en plus ils en auraient été les meilleurs promoteurs ! ;

  • un site internet, “Varia Méphistophélique”, sous un nom bien plus digne et immérité pour le dit site, et sous la couverture d’un excellent Prêtre, répandre n’importe quelle attaque calomnieuse et violente à outrance contre des Prêtres par ailleurs fort honorables ;

  • de simples Prêtres et même, ce qui est pire, de simples laïcs, se permettre de juger de leur propre “autorité” la pensée de n’importe qui en général et du Révérend Père GUÉRARD DES LAURIERS en particulier, de discuter d’une « suppléance de juridiction » sans savoir ce que cela recouvre, de juger de l’intention de ceux qui adhèrent à ladite thèse de Cassiciacum et de décider du haut de sa propre “autorité”, donc (“autorité” infaillible, sans doute), que cette thèse est périmée ! Shocked Rolling Eyes ... ;

  • un simple “Laïc-Hérisson Rouspéteur” s’en prendre à tous les Prêtres qu’il côtoie plus ou moins longtemps : ainsi s’en est-il pris aux Abbés BELMONT et RICOSSA pour une question qui lui est personnelle tandis qu’ils refusaient de l’approuver ; et successivement aux Abbés PALADINO, GROSSIN et MARCHISET qui le soutinrent pourtant durant un certain temps dans ses actions ; etc., etc. …


C’est pourquoi, en page 63-64 du dernier numéro (63) de Sodalitium,
M. L’abbé Francesco RICOSSA a écrit:[…] Le débat n’est pas entre partisans et négateurs des infiltrations maçonniques dans l’Église (et contre l’Église) mais entre ceux qui combattent la franc-maçonnerie avec des études sérieuses et solides, et ceux qui au contraire manquent totalement de sérieux dans leurs écrits (en propageant carrément les “prophéties” de Nostradamus ou de soi-disant “prophètes” protestants), comme aussi entre ceux qui combattent la Maçonnerie pour défendre l’Église, et ceux qui disent combattre la Maçonnerie pour salir l’Église. L’intervention de Sodalitium sur Une consécration épiscopale valide est-elle nécessaire pour être Pape a également suscité la réaction du même site internet, nouvelle réédition du Canard enchaîné et de la “presse people” (c’est-à-dire l’anticléricalisme mélangé à l’esprit de scandale), et encore c’est pour ces publications que la comparaison est offensante… Mais, dans ces différentes interventions, on ne trouve aucun nouvel argument capable de changer les conclusions auxquelles est arrivée – jusqu’à preuve du contraire – notre revue. Dans l’attente éventuelles nouvelles contributions que nous sommes toujours disposés à examiner, nous signalons seulement et stigmatisons la tentative – en l’absence d’arguments pertinents – d’opposer Sodalitium à la mémoire de Mgr Guérard des Lauriers ; tentative vraiment honteuse et hypocrite, puisqu’elle vient de la part de personnes qui – en combattant âprement la Thèse de Cassiciacum – démontrent combien en réalité ce sont eux qui s’opposent à la mémoire du grand théologien dominicain. […]
(Sodalitium n° 63, pp. 63-64 ; téléchargeable par http://www.sodalitium.eu/index.php?ind=downloads&op=entry_view&iden=196 – cliquer sur "Télécharger le fichier".)
Ce qui est intéressant de souligner dans tout cela, c’est le fait qu’en prétextant se montrer plus durs que les durs de durs, nos excités sédévacantistes simpliciter et totaliter plus intransigeants que les intransigeants de chez Intransigeant, c’est-à-dire simplement simplistes et totalement totalitaires, s’attaquent en réalité à la position la plus raisonnable qui puisse être en ce moment et à la pratique habituelle de notre Mère la Sainte Église Catholique.
En cela, ils se montrent les plus adroits complices des ennemis déclarés de la Sainte Église Catholique, jouant le rôle de repoussoir vers les positions autres que sédévacantistes équilibrées (vers la FSSPX, par exemple) à l’égard de tous les indécis sur la question si controversée du Pape qui se pose inévitablement de nos jours.
C’est ce qui s’appelle jouer le rôle de la mâchoire dure de la paire de tenaille, dans la manœuvre du même nom, les ralliés et autre FSSPX jouant celui de la mâchoire douce, pour attirer finalement tout le monde dans le modernisme ambiant ! …

Comment, en effet, interpréter autrement le fait que ces messieurs qui voudraient apparaître plus durs que les durs de durs se réfèrent, par exemple, à la sacramentalité de l’épiscopat, comme le font les modernistes conciliaires à Rome, pour faire valoir la validité de la charge d’un évêché en général et de l’Évêché suprême en particulier ?
Comme si ce n’était pas le caractère juridictionnel qui donnât l’Autorité dans l’Église ! …

Bernard L. Madoff "se serait […] servi de sa notoriété pour monter un fonds d’investissement spéculatif géré de manière très discrète par une société parallèle qu’il avait créée." ("Wikipédia")

JP B

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