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Message  gabrielle le Sam 19 Juil 2014, 8:05 am

Le 19 juillet

Saint Vincent de Paul, confesseur



Leçons des Matines avant 1960. a écrit:Vincent de Paul, français de nation, naquit à Pouy, non loin de Dax, en Aquitaine, et manifesta dès son enfance une grande charité pour les pauvres. Étant passé de la garde du troupeau paternel à la culture des lettres, il étudia la littérature à Aix, et la théologie à Toulouse et à Saragosse. Ordonné Prêtre et reçu bachelier en théologie, il tomba aux mains des Turcs qui l’emmenèrent captif en Afrique. Pendant sa captivité, il gagna son maître lui-même à Jésus-Christ ; grâce au secours de la Mère de Dieu, il put s’échapper avec lui de ces pays barbares, et prit le chemin de Rome. De retour en France, il gouverna très saintement les paroisses de Clichy et de Châtillon. Nommé par le roi grand aumônier des galères de France, il apporta dans cette fonction un zèle merveilleux pour le salut des officiers et des rameurs ; saint François de Sales le donna comme supérieur aux religieuses de la Visitation, et, pendant près de quarante ans, il remplit cette charge avec tant de prudence, qu’il justifia de tout point le jugement du saint Prélat, qui déclarait ne pas connaître de Prêtre plus digne que Vincent.

Il s’appliqua avec une ardeur infatigable jusqu’à un âge très avancé à évangéliser les pauvres, et surtout les paysans, et astreignit spécialement à cette œuvre apostolique, par un vœu perpétuel que le Saint-Siège a confirmé, et lui-même et les membres de la congrégation qu’il avait instituée, sous le titre de Prêtres séculiers de la Mission. Combien Vincent eut à cœur de favoriser la discipline ecclésiastique, on en a la preuve par les séminaires qu’il érigea pour les Clercs aspirant aux Ordres, par le soin qu’il mit à rendre fréquentes les réunions où les Prêtres conféraient entre eux sur les sciences sacrées, et à faire précéder la sainte ordination d’exercices préparatoires. Pour ces exercices et ces réunions, comme aussi pour les retraites des laïques, il voulut que les maisons de son institut s’ouvrissent facilement. De plus, afin de développer la foi et la piété, il envoya des ouvriers évangéliques, non seulement dans les provinces de la France, mais en Italie, en Pologne, en Écosse, en Irlande, et même chez les Barbares et les Indiens. Quant à lui, après avoir assisté Louis XIII à ses derniers moments, il fut appelé par la reine Anne d’Autriche, mère de Louis XIV, à faire partie d’un conseil ecclésiastique. Il apporta tout son zèle à ne laisser placer que les plus dignes à la tête des Églises et des monastères, à mettre fin aux discordes civiles, aux duels, aux erreurs naissantes, aussitôt détestées de lui que découvertes ; enfin, à ce que les jugements apostoliques fussent reçus de tous avec l’obéissance qui leur est due.

Il n’y avait aucun genre d’infortune qu’il ne secourût paternellement. Les Chrétiens gémissant sous le joug des Turcs, les enfants abandonnés, les jeunes gens indisciplinés, les jeunes filles dont la vertu était exposée, les religieuses dispersées, les femmes tombées, les hommes condamnés aux galères, les étrangers malades, les artisans invalides, les fous même et d’innombrables mendiants, furent secourus par lui, reçus et charitablement soignés dans des établissements hospitaliers qui subsistent encore. Il vint largement en aide à la Lorraine et à la Champagne, à la Picardie et à d’autres régions ravagées par la peste, la famine et la guerre. Pour rechercher et soulager les malheureux, il fonda plusieurs congrégations, entre autres celles des Dames et des Filles de la Charité, que l’on connaît et qui sont répandues partout ; il institua aussi les Filles de la Croix, de la Providence, de sainte Geneviève, pour l’éducation des jeunes filles. Au milieu de ces importantes affaires et d’autres encore il était continuellement occupé de Dieu, affable envers tous, toujours semblable à lui-même, simple, droit et humble : son éloignement pour les honneurs, les richesses, les plaisirs, ne se démentit jamais, et on l’a entendu dire que rien ne lui plaisait, si ce n’est dans le Christ Jésus, qu’il s’étudiait à imiter en toutes choses. Enfin, âgé de quatre vingt-cinq ans et usé par les mortifications, les fatigues et la vieillesse, il s’endormit paisiblement, le vingt-septième jour de septembre, l’an du salut mil six cent soixante. C’est à Paris qu’il mourut, dans la maison de Saint-Lazare, qui est la maison-mère de la congrégation de la Mission. L’éclat de ses vertus, de ses mérites et de ses miracles ont porté Clément XII à le mettre au nombre des Saints, en fixant sa Fête annuelle au dix-neuvième jour du mois de juillet. Sur les instances de plusieurs Évêques, Léon XIII a déclaré et constitué cet illustre héros de la divine charité, qui a si bien mérité de tout le genre humain, le patron spécial auprès de Dieu de toutes les associations de charité existant dans l’univers catholique et lui devant en quelque manière leur origine.
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Message  gabrielle le Dim 20 Juil 2014, 6:57 am

Le 20 juillet

Saint Jérôme Emillien,confesseur


Leçons des Matines avant 1960. a écrit:Jérôme, né à Venise de la famille patricienne des Emiliani, fut initié au métier des armes dès sa première adolescence, et préposé, en des temps très difficiles pour la république, à la défense de Castelnovo, près de Quero, dans les monts de Trévise. Ses ennemis s’emparèrent de la citadelle ; et lui-même, jeté dans une horrible prison, eut les pieds et les mains chargés de fers. Privé de tout secours humain, il eut recours à la très sainte Vierge qui exauça ses prières. Elle lui apparut, brisa ses liens et le conduisit sain et sauf en vue de Trévise, le faisant passer au milieu des ennemis qui occupaient toutes les routes. Une fois entré dans la ville, il suspendit à l’autel de la Mère de Dieu, à laquelle il s’était voué, les menottes, les entraves et les chaînes qu’il avait emportées avec lui. De retour à Venise, il se donna tout entier au service de Dieu, se dépensa d’une façon admirable pour les pauvres, et eut surtout compassion des enfants orphelins qui erraient dans la ville, dénués de tout et dans un état pitoyable. Louant des salles pour les recueillir, il les nourrissait de ses propres ressources et les formait aux mœurs chrétiennes.

A cette époque abordèrent à Venise le bienheureux Gaétan et Pierre Caraffa, qui devint plus tard Paul IV : goûtant l’esprit dont Jérôme était animé, et approuvant le nouvel institut destiné à recueillir les orphelins, ils l’amenèrent à l’hôpital des incurables, dans lequel, tout en élevant les orphelins, il devait servir les malades avec une égale charité. Sur leur conseil, il partit pour le continent voisin, et érigea des orphelinats, à Brescia d’abord, puis à Bergame et à Côme ; ce fut surtout à Bergame qu’il déploya son zèle. Outre deux orphelinats, l’un pour les garçons, l’autre pour les filles, il ouvrit un établissement pour recevoir les femmes de mauvaise vie qui se convertissaient. Enfin, dans un humble village du territoire de Bergame, à Somasque, sur les limites des possessions vénitiennes, il fonda une résidence pour lui et les siens ; il y organisa sa congrégation qui a pris, de ce lieu, le nom de Somasque. Elle s’est développée et répandue dans la suite, et, ne se bornant plus à l’éducation des orphelins et au service des églises, elle s’appliqua pour le plus grand bien de la société chrétienne, à initier les jeunes gens aux lettres et aux bonnes mœurs, dans les collèges, les académies et les séminaires. C’est pour cela que saint Pie V l’a mise au rang des Ordres religieux, et que d’autres Pontifes lui ont accordé des privilèges.

Ne pensant qu’aux orphelins à recueillir, Jérôme se dirige sur Milan et Pavie ; dans ces villes, grâce à la faveur de nobles personnages, il procure providentiellement à une multitude d’enfants, un gîte, des provisions, des vêtements et des maîtres. Revenu à Somasque, il se fait tout à tous ; aucun labeur ne le rebutait quand il prévoyait que sa peine profiterait au prochain. Il abordait les cultivateurs dispersés dans les champs, leur venait en aide au temps de la moisson, et leur expliquait les mystères de la foi. Il nettoyait les enfants atteints de maladies à la tête, les soignait patiemment, et pansait si bien les pauvres gens qui avaient des plaies dégoûtantes, qu’on l’eût dit doué de la grâce des guérisons. Ayant découvert une caverne sur la montagne dominant Somasque, il s’y retira, et là, se frappant à coups de fouet, restant à jeun des jours entiers, faisant oraison la plus grande partie de la nuit, ne prenant qu’un peu de sommeil sur la pierre nue, il pleurait ses péchés et ceux des autres. Au fond de cette grotte, une source d’eau jaillit du roc même. Une constante tradition l’attribue aux prières du Saint ; elle n’a point cessé de couler jusqu’à ce jour, et cette eau, portée en divers pays, rend la santé à beaucoup de malades. Enfin, une peste étant venue à sévir dans la vallée, Jérôme en fut atteint pendant qu’il se dévouait auprès des pestiférés et qu’il portait les cadavres sur ses épaules au lieu de la sépulture. Sa mort précieuse, qu’il avait prédite quelque temps auparavant, arriva l’an mil cinq cent trente-sept : les nombreux miracles qu’il opéra pendant sa vie et après sa mort le rendirent illustre ; Benoît XIV le béatifia et Clément XIII l’inscrivit solennellement aux fastes des Saints.

Le même jour

Sainte Marguerite, vierge et martyre

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Georges à l’armure brillante salue l’arrivée d’une émule de sa gloire. Victorieuse comme lui du dragon, Marguerite aussi est appelée la mégalomartyre [1]. La croix fut son arme ; et, comme le guerrier, la vierge consomma dans le sang son triomphe. Égale fut leur renommée dans les temps chevaleresques où bravoure et foi s’alliaient sous l’œil des Saints pour servir le Christ. Déjà au septième siècle, Albion nous montre l’extrême Occident rivalisant de piété confiante avec l’Orient, pour honorer la perle sortie des abîmes de l’infidélité où Marguerite était née. Avant le schisme lamentable où l’entraîna l’ignominie du second des Tudors, l’Ile des Saints célébrait ce jour sous le rite double de première classe, avec abstention des œuvres serviles pour les femmes seulement ; on voulait reconnaître par cette particularité la protection que celles-ci avaient coutume d’implorer de Marguerite au moment d’être mères, et qui la fit ranger parmi les Saints plus spécialement appelés au moyen âge auxiliateurs ou secourables en raison de leurs bienfaits. Ce ne fut point en effet seulement sur le sol anglais qu’on sut recourir au crédit de notre Sainte, comme le prouvent les nombreuses et illustres clientes que l’histoire nous fait voir de toutes parts portant son nom béni. Au ciel aussi, près du trône de Marguerite, la fête est grande en ce jour : nous en avons pour véridiques témoins Gertrude la Grande [2] et Françoise Romaine [3], qu’une insigne faveur de l’Époux admit, à plus d’un siècle de distance, à y assister d’ici-bas.

Les faits trop peu assurés que renfermait l’ancienne Légende du Bréviaire romain pour ce jour, engagèrent saint Pie V, au seizième siècle, à la supprimer. A son défaut, nous donnons ici une suite de Répons et d’Antiennes ainsi qu’une Oraison tirées de l’Office qui semble être celui-là même que sainte Gertrude célébrait de son temps ; car il est fait allusion à un de ces Répons, Virgo veneranda, dans la Vision que nous avons citée.

RÉPONS [4].
R/. La bienheureuse Marguerite, née d’un sang païen, * Reçut dans le Saint-Esprit la foi qu’elle se garda de souiller d’aucun vice.
V/. Elle allait de vertu en vertu, souhaitant ardemment le salut de son âme.
* Reçut dans le Saint-Esprit la foi qu’elle se garda de souiller d’aucun vice.


. R/. Ignorante du mal, admirablement pure, prévenue de la grâce du Rédempteur, * Elle paissait les brebis de sa nourrice.
. V/. Simple comme la colombe, prudente comme le serpent.
* Elle paissait les brebis de sa nourrice.

R/. Passant un jour, Olibrius, odieux à Dieu et aux hommes, jeta sur elle les yeux : * Aussitôt s’alluma sa passion.
V/. Car elle était merveilleusement belle ; son visage brillait comme une rose.
* Aussitôt s’alluma sa passion.

R/. Tout de suite il envoie ses gens s’enquérir de sa naissance, * Pour que, si elle était trouvée libre, il se l’unît comme épouse.
V/Mais Jésus-Christ, qui se l’était fiancée, en avait autrement décidé.
* Pour que, si elle était trouvée libre, il se l’unît comme épouse.

R/. Le tyran a appris que la vierge le dédaigne : * Courroucé il ordonne qu’on l’amène à son tribunal.
V/. Il espérait la fléchir comme jeune fille par menaces et terreur.
* Courroucé il ordonne qu’on l’amène à son tribunal.

R/. La vierge vénérable, demeurant ferme en sa constance, méprisa les paroles du juge : * Loin était sa pensée de la concupiscence.
V/. Joyeuse dans l’espoir de la céleste récompense, elle souffrait patiemment l’épreuve.
* Loin était sa pensée de la concupiscence.

R/. Elle soutient l’horreur des cachots, les tortures de sa chair ; * Et de nouveau la bien-aimée du Christ est enfermée dans la prison ténébreuse.
V/. Elle ne cesse d’y louer le Seigneur, d’y glorifier son Nom.
* Et de nouveau la bien-aimée du Christ est enfermée dans la prison ténébreuse.

R/. Tandis que la sainte martyre redouble ses prières, apparaît un infect dragon : * Il l’attaque, tout entière la dévore.
V/. Grâce au signe de la croix, par le milieu elle le transperce, et sort du monstre sans nul mal.
* Il l’attaque, tout entière la dévore.

Ant. Ensuite les bourreaux brûlent les membres délicats de la jeune fille ; mais elle, priant, ne sent point la flamme.

Ant. Un vase immense plein d’eau est apporté sur l’ordre du juge ; on lie la vierge et on l’y plonge.

Ant. Loué soit le Seigneur en sa puissance ! il a délié les mains de sa servante, il l’a délivrée de la mort.

Ant. En voyant ces merveilles, cinq mille sont baptisés : la colère du préfet leur fait trancher la tête ; et pour compagne on leur adjoint l’invincible martyre du Christ, bénissant le Dieu des dieux dans les siècles des siècles.

ORAISON.
Dieu qui avez amené aux cieux par la palme du martyre votre bienheureuse vierge Marguerite ; faites, nous vous en supplions, que, suivant ses exemples, nous méritions d’arriver jusqu’à vous. Par Jésus-Christ.






[1] La grande Martyre : Menées des Grecs.

[2] Legatus divinae pietatis, IV, XLV.

[3] Visio XXXVI.
[4] J. Breviarium Constantiense, Augustae Vindelicorum, MCCCCXCIX.

Sainte Marguerite se trouve dans la liste des quatorze « Saints Auxiliaires » auxquels on a recours dans les cas de détresse (+307).
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Message  gabrielle le Lun 21 Juil 2014, 6:50 am

Le 21 juillet

Sainte Praxède, vierge


Leçon des Matines avant 1960. a écrit:Au temps où l’empereur Marc-Antonin persécutait les Chrétiens, Praxède, vierge romaine, sœur de la vierge Pudentienne, assistait les fidèles de ses richesses et de ses soins, les consolait, et leur rendait tous les devoirs de la charité. Elle cachait ceux-ci dans sa maison, exhortait ceux-là à persévérer dans la foi, ensevelissait les corps des autres. Elle ne manquait en rien à ceux qui étaient enfermés dans les cachots ou traités en esclaves. Ne pouvant supporter tant de coups portés aux Chrétiens, elle demanda à Dieu de l’arracher au spectacle de si grands malheurs, si toutefois il lui était avantageux de mourir. Aussi fut-elle appelée, le douzième jour des calendes d’août, à recevoir au ciel la récompense de sa piété. Son corps fut déposé, par le Prêtre Pastor, dans le sépulcre de son père et de sa sœur Pudentienne, au cimetière de Priscille, sur la voie Salaria.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Enfin l’angélique sœur de Pudentienne obtient de l’Époux que ses liens soient brisés. L’exil était lourd à ce dernier rejeton d’une souche illustre pour la terre et pour Dieu. Des races nouvelles que ses pères n’avaient point connues, quand ils soumettaient le monde à la Ville éternelle, gouvernaient maintenant Rome et l’univers ; plus que Néron et Domitien, qui du moins ne s’inspiraient dans leurs errements que de l’instinct de la tyrannie, les césars philosophes du moment faisaient preuve de la méconnaissance la plus absolue des destinées de la cité reine. Le salut de Rome était aux mains d’une autre dynastie ; un siècle déjà s’était passé depuis que l’aïeul de Praxède, plus authentique héritier des traditions du Capitole que tous les empereurs présents ou futurs, avait incliné devant cette principauté venue d’en haut la majesté des grands souvenirs des sept collines, et salué dans Simon fils de Jean le dominateur de l’avenir. Hôte du Prince des Apôtres, Pudens transmit à sa descendance l’estime d’un titre plus glorieux que tous ceux qu’il tenait des ancêtres ; au temps de Pie Ier comme à celui de Pierre, sa maison continuait d’abriter le Vicaire de Dieu. Restée seule avec de tels souvenirs, Praxède, après la mort de sa sœur bien-aimée, avait achevé de transformer ses palais en églises où nuit et jour retentissait la divine louange, où les païens accouraient en foule au baptême ; la police impériale respectait la demeure d’une descendante des Cornelii. Délivré de la tutelle d’Antonin son père adoptif, Marc Aurèle ne devait pas connaître longtemps cette barrière : une descente eut lieu au Titre de Praxède ; nombre de chrétiens furent pris, dont le glaive abattit les têtes. La vierge connut le tourment de voir tout frapper autour d’elle, sans elle-même être atteinte.-Brisée, elle se tourna vers Dieu et demanda de mourir. Son corps fut réuni à ceux des siens dans le cimetière de son aïeule Priscille.

L’Église Mère vous est restée reconnaissante, ô Praxède ! Depuis si longtemps déjà près de l’Époux, vous continuez d’exercer sur la terre en faveur des Saints les traditions de votre noble famille. Quand, aux huitième et neuvième siècles, les Martyrs, exposés aux profanations lombardes, se levèrent de leurs tombeaux pour rentrer dans les murs de la Ville éternelle, on vit Pierre, dans la personne de Pascal Ier, chercher pour eux l’hospitalité là où lui-même l’avait trouvée au premier âge. Ce fut un grand jour que ce 20 Juillet 817 où, quittant les catacombes, deux mille trois cents de ces héros du Christ vinrent retrouver au Titre de Praxède un repos que troublaient les barbares. Quelles fleurs Rome en ce jour vous offrait, ô vierge ! Que pourrions-nous qu’associer notre hommage à celui de l’auguste phalange venant, au jour de votre fête bénie, reconnaître ainsi vos bienfaits ? Fille de Pudens et de Priscille, communiquez-nous votre amour de Pierre, votre dévouement à l’Église, votre zèle pour les Saints de Dieu militant encore ou déjà dans la gloire.


Dernière édition par gabrielle le Ven 23 Jan 2015, 7:23 am, édité 1 fois
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Message  gabrielle le Mar 22 Juil 2014, 7:54 am

Le 22 juillet

Sainte Marie-Madeleine, pénitente

Sermon de saint Grégoire, Pape.

Marie-Madeleine, qui avait été « connue dans la ville comme pécheresse » [12], a lavé de ses larmes les taches de sa vie criminelle en aimant la vérité, et cette parole de la Vérité s’est accomplie : « Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé » [13]. Madeleine, qui auparavant était demeurée dans la froideur en péchant, était dans la suite embrasée d’ardeur dans son amour. Elle ne quittait point le sépulcre du Seigneur, alors même que les disciples s’en éloignaient. Elle chercha avec soin celui qu’elle n’avait point trouvé d’abord. Elle pleurait en le cherchant, et embrasée du feu de son amour, elle brûlait de retrouver celui qu’elle croyait enlevé ! Aussi arriva-t-il que Madeleine seule le vit alors, elle qui était restée pour le chercher ; c’est qu’en effet toute bonne œuvre a son mérite dans la persévérance.

Elle le chercha donc d’abord sans le trouver ; mais en continuant sa recherche, elle réussit enfin à le trouver. Il se fit que le retard augmenta ses désirs, et que ses désirs devenus plus vifs rencontrèrent ce qu’ils voulaient trouver. C’est ce qui fait dire à l’Épouse mystique, l’Église, parlant de cela dans le Cantique des cantiques : « Sur ma couche, pendant les nuits, j’ai cherché celui que chérit mon âme » [14]. Le bien-aimé, nous le cherchons, couchés sur notre lit, lorsque, dans le peu de repos que laisse la vie présente, le désir de voir notre Sauveur nous fait soupirer après lui. Nous le cherchons pendant la nuit ; car, si déjà notre esprit veille en pensant à lui, l’obscurité pèse encore sur notre vue.

Mais que celui qui ne trouve pas son bien-aimé se lève à la fin et fasse le tour de la ville ; c’est-à-dire, qu’il porte dans la sainte Église des élus les investigations de son esprit ; qu’il cherche par les rues et les places : c’est-à-dire qu’il observe ceux qui suivent les chemins étroits et ceux qui fréquentent les routes plus larges, pour voir s’il ne découvre pas quelques traces de Celui qu’il aime : car il y a des personnes, jusque dans la vie du siècle, qui offrent quelque chose à imiter pour la pratique de la vertu. Mais au milieu de nos recherches, nous voici rencontrés par les sentinelles de la ville : je veux dire que les saints Pères, qui veillent à la sécurité de l’Église, viennent au-devant de nos bons desseins, pour nous instruire et par leurs discours et par leurs écrits. Et c’est après les avoir un peu dépassés, que nous trouvons l’objet de notre amour. Car si notre humble Sauveur s’est fait l’égal des hommes par son humanité, il les a toujours surpassés par sa divinité.

[12] Luc. 7, 37.

[13] Luc. 7, 47.

[14] Cant. 3, 1.

Ce que la Sainte Église va nous faire lire s’applique admirablement à Marie-Madeleine, soit au moment de sa conversion, soit plus tard. Avant de venir à Jésus, elle était dans la nuit du péché, mais sort du lit de l’oisiveté spirituelle, et s’en va à travers les places publiques chercher son Sauveur, qu’elle trouve enfin chez Simon ; elle le saisit alors par la foi et l’espérance, l’étreint par la charité, et ne le laisse point aller, mais l’introduit dans la maison, dans la chambre de sa mère, c’est-à-dire en son âme, demeure de la grâce dont elle a reçu une vie nouvelle. Elle désire lui ressembler comme une sœur, lui faire goûter en quelque sorte en son âme les doux fruits qu’y aura produits la grâce, le trouver dehors, c’est-à-dire sortir d’elle-même, en se dépouillant de toutes les affections de la chair et du monde, afin d’obtenir de lui le baiser de paix. L’épouse exprime ensuite sa confiance dans le Sauveur. Par la gauche, S. Bernard entend la menace des supplices ; par la droite, la promesse du ciel. Or, l’épouse s’appuie sur la crainte, mais est dominée par l’amour. Les paroles que l’époux adresse aux filles de Jérusalem nous rappellent celles de Jésus à Marthe : Marie a choisi la meilleure part. Ainsi Madeleine s’élève du monde, vrai désert par rapport à la vertu, ne s’appuyant plus que sur le Christ, qui l’excite à mettre le divin amour comme un sceau sur ses œuvres. — Considérons maintenant ces trois Leçons sous un autre aspect. Dans la première, ne voyons-nous pas l’anxiété de Marie avant la résurrection, sa présence matinale au tombeau, son courage que ne trouble point la vue des gardes, enfin l’apparition dont elle est favorisée ? La deuxième peut nous montrer les soupirs avec lesquels Madeleine souhaite le second avènement du Christ, ainsi que la céleste Jérusalem qui est comme notre mère et où l’âme se nourrit de la divinité dans un doux repos. Elle n’a plus eu lieu de craindre d’être méprisée pour avoir dédaigné les biens périssables. Le Seigneur l’y enseigne en lui découvrant ses perfections divines et elle lui offre la coupe de la louange et de l’action de grâces, les fruits de toutes les vertus. La troisième leçon rappelle les ascensions continuelles de Madeleine et de toute âme sainte : au pied de l’arbre frugifère de la croix, l’amour puise une nouvelle ardeur. « C’est sous un arbre que notre mère, la nature humaine, a été corrompue dans la personne de nos premiers parents, et sous un autre arbre, celui de la croix, que nous avons été réparés ». (S. Jean de la Croix).

« Trois Saints, dit à Brigitte de Suède le Fils de Dieu, m’ont agréé pardessus tous les autres : Marie ma mère, Jean-Baptiste, et Marie Madeleine ».
(Revelationes S. Birgittae, Lib. IV, cap. 108.)
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Message  gabrielle le Mer 23 Juil 2014, 7:20 am

Le 23 juillet

Saint Apollinaire, évêque et martyr

Leçons des Matines avant 1960 a écrit: Apollinaire vint d’Antioche à Rome avec le prince des Apôtres, qui l’ordonna Évêque et l’envoya à Ravenne pour prêcher l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ. Comme il convertissait dans cette ville beaucoup d’âmes à la foi chrétienne, il fut arrêté par les prêtres des idoles et cruellement frappé. Par ses prières, un noble personnage nommé Boniface, muet depuis longtemps, recouvra la parole, et sa fille fut délivrée d’un esprit immonde : ces miracles soulevèrent une nouvelle sédition contre le Saint. On le battit de verges, et on le contraignit à marcher pieds nus sur des charbons ardents ; comme le feu de ces charbons ne le brûlait point, on le chassa de la ville.

Il se cacha un certain temps avec quelques Chrétiens, puis partit pour l’Émilie, où il ressuscita la fille du patricien Rufin ; ce prodige détermina toute la famille de Rufin à croire en Jésus-Christ. Le préfet, s’en étant fort irrité, manda Apollinaire et lui enjoignit de ne plus propager la foi du Christ dans la ville. Comme Apollinaire ne tenait aucun compte de ses ordres, on le tortura sur le chevalet, on répandit de l’eau bouillante sur ses plaies et on lui frappa le visage avec une pierre ; ensuite, le chargeant de chaînes, on le jeta en prison. Quatre jours après, on l’embarqua pour l’envoyer en exil ; ayant fait naufrage, il vint en Mysie ; de là, sur les rives du Danube, et puis en Thrace.

Pendant que le disciple de l’Apôtre Pierre y séjournait, le démon refusa de donner des réponses dans le temple de Sérapis. Après qu’on l’eut cherché longtemps, Apollinaire fut enfin trouvé et de nouveau contraint de prendre la mer. Étant donc revenu à Ravenne, et les mêmes prêtres des idoles recommençant à l’accuser, il fut confié à la garde d’un centurion. Celui-ci, qui honorait secrètement le Christ, favorisa son évasion pendant la nuit. La chose connue, les satellites se mirent à le poursuivre, le couvrirent de blessures et le laissèrent pour mort sur le chemin. Recueilli par des Chrétiens, il les exhorta à rester fermes dans la foi et quitta cette vie sept jours après, couronné de la gloire du martyre. Son corps fut enseveli non loin des murailles de la ville.

Le même jour.

Saint Liboire, évêque et confesseur

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Tandis que la Mère commune resplendit sous la pourpre du martyre dont l’a ornée Apollinaire, un autre noble fils couronne son front de la blanche auréole des Confesseurs Pontifes. Liboire, héritier des Julien, des Thuribe, des Pavace, anneau brillant de la série glorieuse qui rattache à Clément successeur de Pierre l’origine d’une illustre Église, se lève en la cité des Cénomans comme l’astre radieux qui dissipe les dernières nuées d’orage après la tempête ; il rend à la terre bouleversée la fécondité réparant au centuple les ruines que la tourmente avait causées.

Plus encore que la froide légalité des proconsuls et la haine farouche des vieux Druides, le fanatique prosélytisme des disciples d’Odin, envahissant l’Ouest des Gaules, avait ravagé dans nos contrées le champ du Seigneur. Défenseur de la patrie terrestre et guide des âmes à celle des cieux, Liboire rendit l’ennemi citoyen de l’une et de l’autre en le faisant chrétien. Pontife, il employa le plus pur de son zèle à développer les magnificences du culte divin qui rend à Dieu l’hommage et assainit la terre [1] ; apôtre, il reprit l’œuvre d’évangélisation des premiers messagers de la foi, chassant l’idolâtrie des positions qu’elle avait reconquises et l’expulsant des campagnes où toujours elle était restée maîtresse : Martin, dont il fut l’ami, n’eut pas d’émulé qui lui fût à ce point comparable.

Mais quels ne furent pas surtout ses triomphes d’outre-tombe, lorsque cinq siècles après la fin des travaux de sa vie mortelle, on le vit se lever du sanctuaire où il reposait en la compagnie des évêques ses frères, et, semant les miracles sur sa route, aller victorieusement forcer dans ses retranchements le paganisme saxon que Charlemagne avait vaincu sans le dompter ! La barbarie reculait de nouveau en présence de Liboire ; ses reliques saintes avaient conquis au Christ la Westphalie ; Le Mans et Paderborn scellaient, dans la vénération de leur commun apôtre, un pacte de fraternité dont mille ans n’ont point encore affaibli la puissance.
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Message  gabrielle le Jeu 24 Juil 2014, 6:31 am

Le 24 juillet

Vigile de Saint Jacques, Apôtre et martyr

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit:Je suis comme un olivier fertile dans la maison du Seigneur.

Vigile. — Les fêtes d’Apôtres sont célébrées avec grande solennité par l’Église (double de seconde classe), et soigneusement préparées (Vigile). La vigile consistait autrefois dans une assemblée nocturne. Le soir qui précédait la fête, les chrétiens se réunissaient pour passer la nuit à prier, à chanter et à entendre de pieuses lectures. La messe se célébrait vers l’aurore. La messe de la Vigile respire l’esprit de la primitive Église

Le même jour

Sainte Christine, vierge et martyre


Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit:Sainte Christine. Jour de mort : 20 juillet, vers 300. Tombeau : à Palerme en Sicile . Image : Celle d’une jeune fille, avec divers instruments de torture. Vie : Nous devons distinguer deux saintes de ce nom. La première était originaire de Bolsena ; la seconde vécut à Tyr et est honorée comme grande martyre chez les Orientaux. C’est aujourd’hui la fête commune de ces deux saintes.

Voici le texte du Martyrologe sur la sainte d’Occident. « A Bolsena, en Toscane, mort de sainte Christine, vierge et martyre. A l’âge de onze ans, elle brisa, en témoignage de sa foi, les idoles d’or et d’argent de son père et les distribua aux pauvres. Sur l’ordre de celui-ci, elle fut lacérée de coups, soumise à divers tourments et jetée avec une lourde pierre dans la mer ; mais un ange la délivra. Plus tard, sous un autre magistrat, successeur de son père, elle subit avec une admirable constance de nouveaux supplices plus terribles encore. Elle acheva enfin sa glorieuse carrière après avoir été jetée dans une fournaise ardente où elle resta cinq jours sans en être incommodée, après avoir triomphé par la force du Christ de tous les artifices, été transpercée de traits et eu la langue arrachée ». Son tombeau fut découvert en 1886. De l’examen de ses restes on peut conclure qu’elle mourut très jeune ; tout au plus avait-elle quatorze ans.

Pratique : Il se trouve encore aujourd’hui des enfants assez courageux pour dire à leur père et à leur mère ; « Voilà qui est indigne d’un foyer chrétien » ; des enfants capables de détruire sans hésitation les tableaux et les livres inconvenants qu’ils y découvrent, et d’affronter les conséquences de leur geste.
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Message  gabrielle le Ven 25 Juil 2014, 7:35 am

Le 25 juillet

Saint Jacques (le majeur), apôtre

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.  

En ce temps-là : La mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils,
l’adorant et lui demandant quelque chose. Et le reste.


Homélie de saint Jean Chrysostome.

Que personne ne se trouble, si nous disons qu’il y avait tant d’imperfection chez les Apôtres. Car le mystère de la croix n’était pas encore consommé, et la grâce du Saint-Esprit n’avait pas encore été répandue dans leurs âmes. Si vous voulez savoir qu’elle a été leur vertu, considérez ce qu’ils furent après avoir reçu la grâce du Saint-Esprit et vous les trouverez vainqueurs de toute inclination mauvaise. Leur imperfection n’est ignorée de personne aujourd’hui, afin qu’on apprécie mieux à quel point la grâce les a tout d’un coup transformés. Qu’ils n’aient rien sollicité de spirituel, et qu’ils n’aient pas même eu la pensée du royaume céleste, cela est évident. Mais examinons comment ils abordent Jésus-Christ, et lui adressent la parole. « Nous voudrions, disent-ils, que tout ce que nous vous demanderons, vous le fissiez pour nous. Mais le Christ leur répondit : Que voulez-vous ? [46] » Non qu’il l’ignorât, certes, mais pour les obliger à s’expliquer, afin de mettre à nu leur plaie et d’être ainsi à même d’y appliquer le remède.


Mais eux, rougissant de honte et confus, parce qu’ils en étaient venus à des sentiments humains, ayant pris Jésus en particulier, lui firent en secret leur demande. Ils marchèrent en effet devant les autres, comme l’insinue l’Évangéliste, à dessein de n’être pas entendus. Et c’est ainsi qu’ils exprimèrent enfin ce qu’ils voulaient. Or, ce qu’ils voulaient, le voici, je présume. Comme ils lui avaient ouï dire que ses Apôtres seraient assis sur douze trônes, ils désiraient occuper les premiers de ces trônes. Sans doute ils savaient que Jésus les avait en prédilection ; mais redoutant que Pierre ne leur fût préféré, ils eurent la hardiesse de dire : « Ordonnez que nous soyons assis, l’un à votre droite et l’autre à votre gauche » [47], ils le pressent par ce mot : ordonnez. Que va-t-il donc répondre ? Pour leur faire entendre qu’ils ne demandaient rien de spirituel, et qu’ils ne savaient pas même ce qu’ils sollicitaient, car s’ils le savaient, ils n’oseraient pas le demander, il leur fait cette réponse : « Vous ne savez pas ce que vous demandez » [48] : vous ignorez combien cette chose est grande, combien elle est admirable, et dépassant même les plus hautes Vertus des cieux.

Et Il ajouta : « Pouvez-vous boire le calice que je vais boire » [49], et être baptisé du baptême dont je suis baptisé ? Remarquez comment, tout en les entretenant de choses bien opposées, il les éloigne aussitôt de cette espérance. Vous me parlez, dit-il, d’honneur et de couronnes ; et moi, je vous parle de combats et de travaux. Ce n’est point ici le temps des récompenses, et cette gloire, qui m’appartient, n’apparaîtra pas de sitôt ; c’est à présent le temps de la persécution et des périls. Mais observez comme, par cette interrogation même, il les exhorte et les attire. Il ne leur dit point : Pouvez-vous endurer les mauvais traitements ? pouvez-vous verser votre sang ? il dit seulement : « Pouvez-vous boire le calice ? » et pour les attirer, il ajoute : « que je vais boire » afin de les mieux disposer à souffrir, par la perspective même de partager ses souffrances.

[46] Marc. 10, 35.

[47] Matth. 20, 21.

[48] Matth. 20, 22.

[49] Matth. 20, 22.

Le même jour

Saint Christophe, martyr

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Le nom de Christophe, dont la mémoire vient relever la solennité du fils du tonnerre, signifie porte-Christ. Christine rappelait hier aux chrétiens qu’ils doivent être la bonne odeur du Christ en tous lieux [5] ; Christophe nous fait souvenir que le Christ habite en effet par la foi dans nos cœurs [6]. On connaît le récit gracieux qui se rattache à son nom. Comme d’autres devaient se sanctifier plus tard sur la terre des Espagnes, en construisant les routes et les ponts destinés à faciliter l’accès du tombeau de saint Jacques aux pèlerins, Christophe, en Lycie, s’était voué pour l’amour du Christ à transporter les voyageurs sur ses fortes épaules du bord à l’autre d’un torrent redouté. « Ce que vous avez fait pour le plus petit de mes frères, c’est pour moi que vous l’avez fait, » doit dire le Seigneur au jour du jugement [7]. Or donc, une nuit qu’éveillé par la voix d’un enfant demandant à passer, Christophe s’était mis en devoir d’accomplir sa charité accoutumée, voilà qu’au milieu des flots qui s’agitent et semblent trembler, le géant qu’aucun poids n’avait jamais courbé, fléchit sous son fardeau devenu soudain plus pesant que le monde même : « Ne sois pas étonné, dit l’enfant mystérieux : tu portes Celui qui porte le monde ! » Et il disparaît, bénissant son porteur, qu’il laisse rempli de sa force divine.

Christophe fut, sous Dèce, couronné du martyre. Le secours que nos pères savaient obtenir de lui contre les orages, les démons, la peste, les accidents de toutes sortes, l’a fait ranger parmi les Saints auxiliateurs. On plaçait à ce jour dans plusieurs lieux, sous le commun auspice de saint Christophe et de saint Jacques, la bénédiction des fruits du pommier.

[5] II Cor. II, 15.

[6] Eph. III, 17.

[7] Matth. XXV, 40
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Message  gabrielle le Sam 26 Juil 2014, 8:43 am

Le 26 juillet

Sainte Anne, mère de la Très Sainte Vierge

Sermon de Saint Jean Damascène a écrit: On ouvre devant nous la chambre nuptiale de sainte Anne, où s’offrent à nos regards deux modèles à la fois : l’un de vie conjugale, dans la mère ; et l’autre, de virginité, dans la fille. La première a été récemment délivrée de l’opprobre de la stérilité ; et bientôt la seconde, par un enfantement étranger aux lois de la nature, donnera naissance au Christ, que l’opération divine aura formé et formé semblable à nous. C’est donc à bon droit que, remplie de l’Esprit de Dieu, Anne fait ainsi éclater son bonheur et son allégresse : Réjouissez-vous avec moi de ce que mes entrailles stériles ont porté le rejeton que le Seigneur m’avait promis, et de ce que mon sein nourrit, selon mes vœux, le fruit de la bénédiction d’en haut. J’ai mis de côté le deuil de la stérilité, pour revêtir les habits de fête de la fécondité. Qu’en ce jour, Anne, la rivale de Phénenna , se réjouisse avec moi, et célèbre par son exemple le nouveau et si étonnant prodige opéré en moi.

Que Sara, comblée de joie en ses vieux jours par une grossesse qui était la figure de ma fécondité tardive, s’unisse à mes transports. Que les femmes qui n’ont jamais conçu célèbrent avec moi l’admirable visite que le ciel a daigné me faire. Que toutes celles qui ont eu cette joie de là maternité disent également : Béni soit le Seigneur qui a exaucé les prières et rempli les vœux de ses servantes, et qui, rendant féconde une épouse stérile, lui a donné ce fruit incomparable d’une Vierge devenue Mère de Dieu selon la chair, une Vierge dont le sein très pur est un ciel, où celui qu’aucun lieu ne peut contenir a voulu demeurer. Mêlons nos voix aux leurs pour offrir aussi nos louanges à celle qu’on appelait stérile, et qui maintenant est mère d’une mère vierge. Disons-lui avec l’Écriture : Heureuse la maison de David dont vous êtes issue ! Heureux le sein dans lequel le Seigneur lui-même a construit son arche de sanctification , c’est-à-dire Marie, qui l’a conçu sans le concours de l’homme.

Vous êtes vraiment heureuse et trois fois heureuse, Anne, d’avoir mis au monde une fille à qui le Seigneur a donné en partage la béatitude, cette Vierge Marie, que son nom même rend singulièrement vénérable, le rejeton qui a produit la fleur de vie, Jésus-Christ ; cette Vierge dont la naissance a été glorieuse, et dont l’enfantement sera plus sublime que tout au monde. Nous vous félicitons encore, ô bienheureuse Anne, d’avoir eu le privilège de donner à la terre l’espérance de tous les cœurs, le rejeton objet des divines promesses. Oui, vous êtes bienheureuse, et bienheureux est le fruit de vos entrailles. Les âmes pieuses glorifient celle que vous avez conçue, et toute langue célèbre avec joie votre enfantement. Et certes il est digne, il est on ne peut plus juste, de louer une sainte que la bonté divine a favorisée d’un oracle , et qui nous a donné le fruit merveilleux duquel est sorti le très doux Jésus.
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Message  gabrielle le Dim 27 Juil 2014, 6:59 am

Le 27 juillet

Saint Pantaléon, martyr


Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit:Pour les médecins chrétiens.

Saint Pantaléon. — Jour de mort : 27 juillet, vers 305. Tombeau : primitivement à Constantinople, actuellement à Saint-Denis, près de Paris ; sa tête est à Lyon. On conserve dans une ampoule de verre, à Ravello, près d’Amalfi, une partie de son sang qui, de temps à autre, redevient liquide.

Sa vie : C’était un célèbre médecin de Nicomédie, tout dévoué au service de Dieu, et qui pratiquait son art gratuitement. D’après la légende, il était médecin ordinaire de l’empereur. Séduit par les plaisirs de la cour, il apostasia.

Mais le saint prêtre Hermolaus sut si bien toucher son cœur en lui rappelant les exemples de sa mère, qu’il se convertit totalement, distribua ses biens aux pauvres et se mit tout entier au service des malades les plus affligés et les plus dépourvus. « Par ordre de l’empereur Maximien, il fut arrêté à cause de sa foi, étendu sur le chevalet, et brûlé au moyen de torches ardentes. Mais il fut réconforté dans ses tourments par une apparition de Notre Seigneur. Un coup de glaive acheva son martyre » (Martyrologe).

Les médecins l’honorent comme un de leurs patrons. Il figure dans la liste des quatorze Saints qu’on invoque dans la détresse.

Pratique : Si l’Église se préoccupe avant tout du bien des âmes, elle s’intéresse aussi à notre santé corporelle ; nombre de prières liturgiques l’attestent. La liturgie réclame la participation de tout notre être au service de Dieu et, donc, celle de notre corps. La messe : c’est la quatrième du commun Lætábitur.

Les Grecs appellent saint Pantaléon « Panteleemon », nom qui lui aurait été donné par Notre Seigneur lui-même avec la promesse qu’il serait pour tous messager de la miséricorde divine.
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Message  gabrielle le Lun 28 Juil 2014, 8:05 am

Le 28 juillet
Sts Nazaire & Celse, martyrs,
Victor Ier, pape et Innocent Ier, pape


Leçons des Matines avant 1960 a écrit:Nazaire, baptisé par le Pape saint Lin, passa en Gaule et y baptisa le jeune Celse, qu’il avait pieusement instruit des préceptes chrétiens : ils allèrent ensemble à Trêves, et pendant la persécution de Néron, ils furent jetés tous les deux à la mer, mais ils en sortirent miraculeusement. Ils vinrent ensuite à Milan ; comme ils répandaient la foi du Christ, et confessaient sa divinité avec la plus grande constance, le préfet Anolinus leur fit trancher la tête ; leurs corps, ensevelis en dehors de la porte Romaine, y restèrent longtemps, mais, sur une indication céleste, saint Ambroise les découvrit, portant les traces d’un sang aussi vermeil que s’ils avaient souffert le martyre tout récemment ; ils furent transportés à Rome et renfermés dans un sépulcre honorable.

. Victor, né en Afrique, gouverna l’Église sous l’empereur Sévère. Il confirma le décret de Pie Ier, réglant que Pâques serait célébrée le dimanche ; dans le but de faire passer cette loi dans la pratique, il se tint des conciles en beaucoup de lieux ; le premier synode de Nicée décréta enfin qu’on célébrerait la fête de Pâques après la quatorzième lune, afin que les Chrétiens ne parussent pas imiter les Juifs. Le Pape Victor décida qu’on pourrait baptiser en cas de nécessité avec n’importe quelle eau, pourvu qu’elle fût naturelle. Il rejeta du sein de l’Église le corroyeur byzantin Théodote, qui prétendait que le Christ n’avait été qu’un homme, écrivit un traité sur la solennité pascale et quelques autres opuscules. En deux ordinations faites au mois de décembre, il ordonna quatre Prêtres, sept Diacres et sacra douze Évêques pour divers lieux. Ayant reçu la couronne du martyre, il fut enseveli au Vatican, le cinq des calendes d’août, après avoir siégé neuf ans, un mois et vingt-huit jours.

Innocent, d’Albano, vécut au temps de saint Augustin et de saint Jérôme. Celui-ci, écrivant à la vierge Démétriade, disait de lui : « Gardez la foi de saint Innocent, qui siège sur la chaire apostolique, et qui est le successeur et le fils spirituel d’Anastase, d’heureuse mémoire ; ne recevez pas une autre doctrine, si sage et si séduisante qu’elle paraisse. » L’écrivain Orose, comparant Innocent au juste Lot que la divine Providence a préservé, dit que ce Pape fut amené à Ravenne pour qu’il eût la vie sauve et ne vît pas la ruine du peuple romain. Après la condamnation de Pelage et de Célestius, il porta ce décret au sujet de leurs hérésies : qu’il fallait régénérer par le baptême les petits enfants, fussent-ils nés d’une mère chrétienne, afin de purifier en eux au moyen de cette régénération spirituelle, la souillure contractée par la génération naturelle. Il approuva aussi le jeûne du samedi, en mémoire de la sépulture de notre Seigneur. Il siégea quinze ans, un mois et dix jours. En quatorze ordinations au mois de décembre, il ordonna trente Prêtres, quinze diacres, et sacra cinquante-quatre Évêques pour divers lieux. Il fut enseveli dans le cimetière nommé : Ad Ursum pileatum.



Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum a écrit:Les saints Nazaire et Celse, martyrs.

Les corps des martyrs Nazaire et Celse étaient ensevelis dans un jardin hors de Milan, quand, en 395, ils furent retrouvés par saint Ambroise. On découvrit d’abord le cadavre de Nazaire, parfaitement conservé ; la tête était détachée du buste et le sang était vermeil et frais comme s’il venait d’être versé.

Après avoir déposé les restes du martyr sur une litière, saint Ambroise alla prier dans une autre partie du jardin où l’on creusa immédiatement. Le corps du petit Celse apparut ; plus tard les Actes le mirent en relation avec Nazaire et en firent même son disciple.

Le corps de saint Nazaire fut transféré par Ambroise dans la nouvelle basilique des Apôtres, appelée aussi Romaine, et Dieu l’y honora immédiatement par la délivrance instantanée d’un énergumène.

Ambroise composa, en l’honneur du saint martyr, une célèbre inscription métrique, qui fut transcrite par les anciens compilateurs de recueils d’épigraphie et que nous avons déjà citée le 12 juin, date à laquelle l’Église mentionne l’invention des saintes Reliques.

Il semble que le corps de saint Celse ait été laissé par Ambroise au lieu où il fut retrouvé ; il est certain qu’il ne fut pas transporté à la basilique Romaine. Cependant en son honneur on éleva plus tard une basilique in campo à côté de laquelle, au XIe siècle, l’archevêque Landolphe fonda aussi un monastère.

De Milan, le culte des deux martyrs se répandit vite dans tout le monde romain du Bas-Empire. Pour abriter convenablement une parcelle de leurs reliques, Constantinople, peut-être dès le temps d’Honorius et d’Arcadius, éleva un temple dédié à saint Nazaire.

Même auteur a écrit:Le pape Victor — le treizième depuis saint Pierre — est célèbre dans l’histoire ecclésiastique des trois premiers siècles par ses encycliques adressées à toutes les Églises, et dans lesquelles il convoquait des synodes pour régler la question de la date de Pâques. Même les évêques des contrées les plus éloignées de l’Asie Mineure obéirent à l’ordre papal et envoyèrent leur vote à Rome, vote qui cependant différait de l’usage romain. Il s’en fallut de peu que cela ne provoquât un schisme. Pour étendre, en effet, à tout le monde, l’unité liturgique romaine relativement au jour de la célébration de la fête de Pâques, le pape Victor voulait que les Asiatiques renonçassent à leur tradition qui remontait à saint Jean l’Évangéliste ; et comme ils avaient de la répugnance à obéir, le Pontife les menaça de les séparer de sa Communion. Irénée de Lyon s’interposa à propos comme pacificateur, et pour le moment l’affaire n’eut pas de suite.

Dans cet épisode de la vie du pape Victor, les historiens reconnaissent un acte propre de la primauté pontificale, que tous les Orientaux à cette époque tenaient pour indiscutable.

Victor était né en Afrique, ce qui explique sa nature ardente. Saint Jérôme lui attribue mediocria de religione volumina, et pour cette raison lui reconnaît le mérite d’avoir été le plus ancien auteur ecclésiastique latin.

Victor fut enseveli au Vatican près de saint Pierre, et son nom est mentionné dans le martyrologe d’Adon, qui lui attribue la gloire du martyre, dont ne dit rien le Liber Pontificalis.

idem a écrit:Saint Innocent Ier (402-417), qui prit une part si énergique à la défense de saint Jean Chrysostome persécuté, fut chargé du pontificat romain en des temps très calamiteux, alors qu’Alaric assiégeait et saccageait cette Ville éternelle qui s’était jadis assujetti le monde.

Pour sauver son peuple romain fatigué du long siège, le Pape accepta d’aller comme ambassadeur à Ravenne où résidait alors l’empereur Honorius. Par cet éloignement de la capitale, le Seigneur voulut certainement épargner au saint Pontife les horreurs du massacre ; car tandis qu’Innocent était à Ravenne, envoyé par le Sénat romain pour amener l’empereur Honorius à se mettre d’accord avec le roi des Goths, la capitale du monde fut prise et dévastée par les barbares. Orose a comparé Innocent au juste Lot que Dieu fit sortir de Sodome avant que la ville fût enveloppée d’un déluge de feu. Dans l’histoire de la liturgie, une lettre d’Innocent Ier à Decentius, évêque de Gubbio, est restée célèbre. Ce dernier l’avait interrogé sur différentes questions relatives aux diptyques, au baiser de paix et au sacrum fermentum, qu’en ce temps les évêques faisaient distribuer dans les paroisses de leurs cités épiscopales.

Saint Innocent mourut le 12 mars 417 et fut enseveli près de son prédécesseur Anastase, dans le cimetière de Pontien, ad ursum pileatum. Les itinéraires le mentionnent tous en ce lieu, d’où Serge II transporta ses reliques au Titre d’Equitius.

Dans le musée du Latran est conservée l’inscription suivante, qui mentionne Innocent Ier

TEMPORIBVS • SANCTI
INNOCENTI • EPISCOPI
PROCLINVS • ET • VRSVS • PRÆSBB
TITVLI • BYZANTI
SANCTO•MARTYRI
SEBASTIANO • EX • VOTO • FECERVNT


Dernière édition par gabrielle le Ven 23 Jan 2015, 7:24 am, édité 1 fois
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Message  gabrielle le Mar 29 Juil 2014, 8:10 am

Le 29 juillet

Sainte Marthe, vierge

Leçons des Matines avant 1960. a écrit:Marthe, issue de parents nobles et riches, est célèbre par l’hospitalité qu’elle donna au Seigneur. Après l’ascension de Jésus dans les cieux, les Juifs s’emparèrent d’elle, de son frère, de sa sœur, de Marcelle leur servante et de beaucoup d’autres Chrétiens, parmi lesquels Maximin, l’un des soixante-douze disciples, qui avait baptisé toute cette famille. Marthe fut embarquée sur un vaisseau sans voiles ni rames, et exposée à un naufrage certain sur l’immensité de la mer ; mais la main de Dieu dirigea le navire, qui les conduisit tous sains et saufs à Marseille.

Leur prédication, jointe à ce miracle, convertit à Jésus-Christ les habitants de cette ville, puis ceux d’Aix et les populations voisines. Lazare fut créé Évêque de Marseille, et Maximin, Évêque d’Aix. Madeleine, qui avait eu coutume de se tenir aux pieds du Seigneur et d’écouter sa parole, alla s’enfermer dans une vaste caverne sur une haute montagne, afin de jouir de la meilleure part qu’elle s’était réservée, à savoir la contemplation du bonheur céleste ; elle y vécut trente ans, privée de tout rapport avec les hommes, et chaque jour les Anges relevaient dans les airs pour qu’elle entendît les louanges des esprits célestes.

Pour ce qui est de Marthe, dont l’éminente sainteté de vie et la charité provoquèrent l’amour et l’admiration de tous les Marseillais, elle se retira avec quelques femmes d’une haute vertu dans un lieu solitaire ; elle y vécut de longues années avec une grande réputation de piété et de prudence. Enfin, après s’être illustrée par des miracles et avoir prédit longtemps à l’avance le jour de sa mort, elle s’en alla vers le Seigneur, le quatrième jour des calendes d’août. A Tarascon on entoure son corps d’une grande vénération.


En ce temps-là : Jésus entra dans un village, et une femme nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque. Sermo 26 de verbis Domini

Les paroles de notre Seigneur Jésus-Christ qu’on vient de lire dans l’Évangile, nous rappellent qu’il est une seule chose à laquelle nous devons tendre, au milieu des soins multiples de ce monde. Or, nous y tendons comme étrangers et non comme citoyens ; comme étant sur la route et non dans la patrie ; comme aspirants et non comme possesseurs. Tendons-y néanmoins, et tendons-y sans paresse et sans relâche, afin de pouvoir y arriver un jour. Marthe et Marie étaient deux sœurs, sœurs non seulement par la chair, mais par la religion ; toutes deux s’attachèrent au Seigneur ; toutes deux d’un commun accord, servirent le Seigneur pendant les jours de sa vie mortelle.

Marthe le reçut comme on reçoit un hôte, mais c’était néanmoins la servante qui recevait son Seigneur, une malade qui recevait son Sauveur, la créature qui recevait son Créateur. Elle le reçut pour lui donner la nourriture du corps, et pour recevoir de lui la nourriture de l’âme. Car le Seigneur a voulu prendre la forme d’esclave, et, dans cette forme d’esclave, être nourri par ses serviteurs, et cela par bonté, non par nécessité. Ce fut en effet de sa part une bonté que de se laisser nourrir. Sans doute, il avait une chair sujette à la faim et à la soif ; mais ignorez-vous que des Anges lui apportèrent à manger, quand il eut faim au désert ? Si donc il a voulu être nourri, ç’a été dans l’intérêt de quiconque le nourrissait. Et quoi d’étonnant, puisqu’il a fait ainsi du bien à une veuve, en nourrissant par elle le saint Prophète Élie, qu’il avait nourri auparavant par le ministère d’un corbeau ? Est-ce qu’il est impuissant à nourrir le Prophète, pour l’envoyer à cette veuve ? Nullement, mais il se proposait de bénir la pieuse veuve, en raison du service rendu à son serviteur.

C’est donc ainsi que le Seigneur fut reçu en qualité d’hôte ; « lui qui est venu chez lui, et les siens ne l’ont point reçu, mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir d’être faits enfants de Dieu » , adoptant des esclaves et les prenant pour enfants, rachetant des captifs et les faisant ses cohéritiers. Qu’il n’arrive cependant à aucun de vous de dire : ô bienheureux ceux qui ont eu l’honneur de recevoir le Christ dans leur propre maison ! Garde-toi de te plaindre et de murmurer de ce que tu es né à une époque où tu ne vois plus le Seigneur en sa chair. Il ne t’a point privé de cette faveur. « Chaque fois que vous l’avez fait à un de ces plus petits d’entre mes frères, dit-il, c’est à moi que vous l’avez fait ». En voilà assez sur la nourriture corporelle à offrir au Seigneur. Quant à la nourriture spirituelle qu’il nous donne, nous en dirons quelques mots à l’occasion.

Le même jour.

St Félix II, pape, et les Sts Simplice, Faustin et Béatrice, martyrs

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Comme l’Église, faisons mémoire des martyrs Simplicius et Faustinus, que la persécution de Dioclétien moissonna pour le ciel avec leur sœur Viatrice, nommée gracieusement Béatrice après son arrivée aux cieux. La sœur avait eu le temps d’ensevelir ses frères ; après son propre combat, elle fut placée près d’eux par la dernière des célèbres Lucines. L’heure du triomphe n’avait pas sonné encore ; et déjà pourtant, la sépulture de ce groupe illustre sous le bois même de la Dea Dia des Arvales, annonçait la victoire du Christ sur les plus antiques superstitions de la ville aux sept collines. Le saint Pontife Félix, qui tient aussi la palme en cette glorieuse compagnie, souffrit au temps des Ariens.
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Message  gabrielle le Mer 30 Juil 2014, 8:27 am

Le 30 juillet

Saints Abdon et Sennen, martyrs


Leçon des Matines avant 1960. a écrit: Sous l’empire de Dèce, Abdon et Sennen, Perses de nationalité, furent accusés d’ensevelir dans leurs propriétés les corps des Chrétiens qu’on laissait sans inhumation. L’empereur les ayant fait arrêter, on voulut qu’ils sacrifiassent aux dieux ; mais ils s’y refusèrent, proclamant d’une manière très énergique la divinité de Jésus-Christ. Ils eurent à supporter une étroite détention, et lorsque Dèce revint à Rome, il les fit marcher, chargés de chaînes, devant son char de triomphe. Entraînés à travers la ville devant les statues des dieux, ils crachèrent sur ces idoles, en signe d’exécration, ce qui leur valut d’être exposés aux ours et aux lions, mais ces bêtes féroces n’osèrent pas les toucher. Enfin après les avoir immolés par le glaive, on leur lia les pieds et on traîna leurs corps devant l’idole du soleil, mais ils furent secrètement enlevés de ce lieu, pour être ensevelis par les soins et dans la maison du Diacre Quirinus.

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit:Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice.

Saint Abdon et saint Sennen. — Jour de mort : 30 juillet, vers 250. Tombeau : à Rome, dans le cimetière de Saint-Pontien. Au VIIe siècle, leurs reliques furent déposées dans l’église supérieure. Grégoire IV transporta leurs corps, en 826, à Saint-Marc. Leur vie : Abdon et Sennen étaient Persans. Sous l’empereur Dèce, accusés d’ensevelir les corps des chrétiens abandonnés à la voirie, ils furent mis aux fers sur un ordre de ce tyran. Comme ils refusaient obstinément d’offrir l’encens aux idoles et proclamaient Jésus leur Seigneur et Dieu, on les jeta dans une étroite captivité. Plus tard, lorsque Dèce revint à Rome, on les fit paraître, chargés de chaînes, à son triomphe. Conduits de force à travers la ville devant les statues des dieux, ils crachèrent sur ces idoles ; ce qui leur valut d’être exposés aux ours et aux lions, mais ces bêtes féroces n’osèrent pas les toucher. Ils furent enfin frappés du glaive ; on leur lia alors les pieds, et on traîna leurs corps devant l’idole du soleil. Les chrétiens les emportèrent secrètement, et le diacre Quirinus les ensevelit dans sa maison, au cimetière de Saint-Pontien. On conserve encore en cet endroit une antique peinture murale qui représente les deux martyrs, en leurs costumes persans, au moment où ils reçoivent du Seigneur la couronne de la victoire.

Pratique : « Ensevelir les morts », c’est pour avoir pratiqué cette œuvre de miséricorde temporelle que saint Abdon et saint Sennen rendirent au Christ le suprême témoignage de leur sang. Ils ensevelissaient les martyrs, et, martyrs à leur tour, ils furent également ensevelis par des mains charitables. Ceci nous rappelle le respect qu’il faut avoir pour la liturgie des morts.
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Message  gabrielle le Jeu 31 Juil 2014, 8:26 am

Le 31 juillet

Saint Ignace de Loyola, confesseur

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Bien que le cycle du Temps après la Pentecôte nous ait maintes fois déjà manifesté la sollicitude avec laquelle l’Esprit divin préside à la défense de l’Église, l’enseignement resplendit aujourd’hui d’une manière nouvelle. Au XVIe siècle, un assaut formidable était livré à la cité sainte. Satan avait choisi pour chef de l’attaque un homme tombé comme lui des hauteurs du ciel. Luther, sollicité dans ses jeunes années par les grâces de choix qui font les parfaits, n’avait point su, dans un jour d’égarement, résister à l’esprit de révolte. Comme Lucifer, qui prétendit égaler Dieu, lui se posa en face du vicaire du Très-Haut sur la montagne du Testament [5] ; bientôt, roulant aussi d’abîme en abîme, il entraînait de même à sa suite la troisième partie des étoiles du ciel de la sainte Église [6]. Loi mystérieuse et terrible, que celle qui si souvent laisse à l’homme ou à l’ange déchu, dans les sphères du mal, la principauté qui devait s’exercer par eux pour le bien et l’amour ! Mais l’éternelle Sagesse n’est cependant jamais frustrée dans la divine loyauté de ce jeu sublime commencé avec le monde, et qui régit toujours les temps [7] ; c’est alors qu’à l’encontre de la liberté pervertie de l’ange ou de l’homme, elle met en œuvre cette autre loi de substitution miséricordieuse dont Michel bénéficia le premier.

La vocation d’Ignace à la sainteté suit pas à pas dans ses développements la défection luthérienne. Au printemps de l’année 1521, Luther, jetant son défi à toutes les puissances, venait à peine de quitter Worms et de gagner la Wartbourg [8], qu’Ignace, à Pampelune, était frappé du coup qui devait le retirer du monde et bientôt le conduire à Manrèse. Valeureux comme ses nobles ancêtres, il s’était senti pénétrer dès ses premiers ans de l’ardeur belliqueuse qu’on les vit montrer sur les champs de bataille de la terre des Espagnes ; mais la campagne contre le Maure a pris fin dans les jours mêmes de sa naissance [9] ; se pourrait-il qu’il n’eût, pour satisfaire ses chevaleresques instincts, que les querelles mesquines où la politique des rois va toujours plus s’abaisser ? Le seul vrai Roi resté digne de sa grande âme, se révèle à lui dans l’épreuve qui vient d’arrêter ses projets mondains ; une milice nouvelle s’offre, à son ambition ; une autre croisade commence ; et l’an 1522 voit, des monts de Catalogne à ceux de Thuringe, se développer la divine stratégie dont les Anges seuls ont encore le secret.

Admirable campagne, où l’on dirait que le ciel se contente d’observer l’enfer, lui laissant prendre les devants, ne se gardant que le droit de faire surabonder la grâce là où l’iniquité prétend abonder [10]. De même que, l’année d’auparavant, le premier appel d’Ignace avait suivi de trois semaines la rébellion consommée de Luther : à trois semaines également de distance, voici qu’en celle-ci l’enfer et le ciel produisent leurs élus sous l’armure différente qui convient aux deux camps dont ils seront chefs. Dix mois de manifestations étranges et d’ascèse diabolique ont préparé le lieutenant de Satan dans la retraite forcée qu’il nomme sa Pathmos ; et le 5 mars, en rupture de ban, le transfuge du sacerdoce et du cloître quitte la Wartbourg transformé sous la cuirasse et le casque en chevalier de fausse marque. Le 25 du même mois, dans la glorieuse nuit où le Verbe prit chair, le brillant soldat des armées du royaume catholique, le descendant des Ognès et des Loyola, vêtu d’un sac comme de l’insigne de pauvreté qui révèle ses projets nouveaux, passe en prières au Mont-Serrat sa veille des armes ; il suspend à l’autel de Marie sa vaillante épée, et de là s’en va préludant aux combats inconnus qui l’attendent dans une lutte sans merci contre lui-même.

Au drapeau du libre examen, qui partout déjà fait flotter ses plis orgueilleux, il oppose sur le sien pour unique devise : À la plus grande gloire de Dieu ! Bientôt Paris, où Calvin recrute dans le secret les futurs huguenots, le voit enrôler, pour le compte du Dieu des armées, la compagnie d’avant-poste qui doit dans sa pensée couvrir l’armée chrétienne en éclairant sa marche, porter et recevoir les premiers coups. L’Angleterre vient-elle, aux premiers mois de 1534, d’imiter dans leur défection l’Allemagne et les pays du Nord, que, le 15 août de cette année, les premiers soldats d’Ignace scellent à Montmartre avec lui l’engagement définitif qu’ils doivent renouveler solennellement plus tard à Saint-Paul-hors-les-Murs. Car c’est à Rome qu’est fixé le point de ralliement de la petite troupe, qui s’accroîtra bientôt merveilleusement, mais dont la profession spéciale sera d’être toujours prête à se porter, au moindre signe, sur tous les points où le Chef suprême de l’Église militante jugera bon d’utiliser son zèle pour la défense de la foi ou sa propagation, pour le progrès des âmes dans la doctrine et la vie chrétienne [11].

Une bouche illustre a dit en nos temps [12] que « ce qui frappe de prime abord dans l’histoire de la société de Jésus, c’est que pour elle l’âge mûr est contemporain de la première formation. Qui connaît les premiers auteurs de la compagnie, connaît la compagnie entière dans son esprit, dans son but, dans ses entreprises, dans ses procédés, dans ses méthodes. Quelle génération que celle qui préside à ses origines ! Quelle union de science et d’activité, de vie intérieure et de vie militante ! On peut dire que ce sont des hommes universels, des hommes de race gigantesque, en comparaison desquels nous ne sommes que des insectes : de genere giganteo, quibus comparati quasi locustae videbamur [13] ».

Combien plus touchante n’en apparaît pas la simplicité si pleine de charmes de ces premiers Pères de la compagnie, faisant la route qui les sépare de Rome à pied et jeûnant, épuisés, mais le cœur débordant d’allégresse et chantant à demi-voix les psaumes de David [14] ! Quand il fallut, pour répondre aux nécessités de l’heure présente, abandonner dans le nouvel institut les grandes traditions de la prière publique, il en coûta à plusieurs de ces âmes ; ce ne fut pas sans lutte que Marie, sur ce point, dut céder à Marthe : tant de siècles durant, la solennelle célébration des divins Offices avait paru l’indispensable tâche de toute famille religieuse, dont elle formait la dette sociale première, comme elle était l’aliment premier de la sainteté individuelle de ses membres !

Mais l’arrivée de temps nouveaux promenant partout la déchéance et la ruine, appelait une exception aussi insolite alors que douloureuse pour la vaillante compagnie qui dévouait son existence à l’instabilité d’alertes sans fin et de sorties perpétuelles sur les terres ennemies. Ignace le comprit ; et il sacrifia au but particulier qui s’imposait à lui l’attrait personnel qu’il ressentit jusqu’à la fin pour le chant sacré, dont les moindres notes parvenant à son oreille faisaient couler de ses yeux des larmes d’extase [15]. Après sa mort, l’Église, qui jusque-là n’avait point connu d’intérêt primant la splendeur à donner au culte de l’Époux, voulut revenir sur une dérogation qui portait une atteinte si profonde aux instincts les plus chers de son cœur d’Épouse ; on vit Paul IV la révoquer absolument ; mais saint Pie V eut beau lui-même longtemps lutter contre elle, il dut enfin la subir.

Avec les derniers siècles et leurs embûches, l’heure des milices spéciales organisées en camps volants avait sonné pour l’Église. Mais autant il devenait plus difficile chaque jour d’exiger de ces troupes méritantes, absorbées dans de continuels combats au dehors, les habitudes de ceux que protégeaient la Cité sainte et ses anciennes tours de défense : autant Ignace répudiait le contre-sens étrange qui eût voulu réformer les mœurs du peuple chrétien d’après la manière de vivre entraînée par le service de reconnaissances et de grand’garde, auquel il se sacrifiait pour tous. La troisième des dix-huit règles qu’il pose, comme couronnement des EXERCICES SPIRITUELS, pour avoir en nous les vrais sentiments de l’Église orthodoxe, est de recommander aux fidèles les chants de l’Église, les psaumes, et les différentes Heures canoniales au temps marqué pour chacune. Et, en tête de ce livre qui est bien le trésor de la Compagnie de Jésus, établissant les conditions qui permettront de retirer le plus grand fruit possible des mêmes Exercices, il détermine, dans son annotation vingtième, que celui qui le peut devra choisir, pour le temps de leur durée, une habitation d’où il lui soit facile de se rendre aux Offices de Matines [16] et des Vêpres ainsi qu’au divin Sacrifice. Que fait du reste en cela notre Saint, sinon conseiller pour la pratique des Exercices le même esprit dans lequel ils furent composés, en cette retraite bénie de Manrèse où l’assistance quotidienne à la Messe solennelle et aux Offices du soir fut pour lui la source de délices du ciel [17] ?

La victoire qui triomphe du monde est notre foi [18]. Une fois de plus vous l’avez montré, ô vous qui fûtes le grand triomphateur du siècle où le Fils de Dieu vous choisit pour relever son drapeau humilié devant l’étendard de Babel. Contre les bataillons sans cesse grossissant des révoltés, vous fûtes longtemps presque seul, laissant au Dieu des armées le soin de choisir son heure pour vous mettre aux prises avec les cohortes de Satan, comme il l’avait choisie pour vous retirer de la milice des hommes. Le monde, instruit alors de vos desseins, n’y eût vu qu’un objet de risée ; et toutefois nul certes aujourd’hui ne saurait le nier : ce fut un moment solennel pour l’histoire du monde, que celui où, pareil dans votre confiance aux plus illustres capitaines concentrant leurs armées, vous donniez ordre à vos neuf compagnons de gagner trois par trois la Ville sainte. Quels résultats durant les quinze années où cette troupe d’élite, que recrutait l’Esprit-Saint, vous eut à sa tête comme premier Général ! L’hérésie refoulée d’Italie, confondue à Trente, enrayée partout, immobilisée jusqu’en son foyer même ; d’immenses conquêtes sur des terres nouvelles, réparant les pertes subies dans notre Occident ; Sion elle-même rajeunissant sa beauté, relevée dans son peuple et ses pasteurs, assurée pour ses fils d’une éducation répondant à leurs célestes destinées : sur toute la ligne enfin où il avait imprudemment crié victoire, Satan rugissant, dompté à nouveau par ce nom de Jésus qui fait fléchir tout genou dans le ciel, sur la terre et dans les enfers [19] ! Quelle gloire pour vous, ô Ignace, eût jamais égalé celle-là dans les armées des rois de la terre ?

Du trône que vous avez conquis par tant de hauts faits, veillez sur ces fruits de vos œuvres, et montrez-vous toujours le soldat de Dieu.

[5] Isai. XIV, 13.

[6] Apoc. XII, 4.

[7] Prov. VIII, 30, 31.

[8] La diète de Worms, où eut lieu la rupture officielle de l’hérésiarque en présence des divers ordres de l’empire, vit cette rupture se consommer dans les derniers jours d’avril, et ce fut le 20 mai qu’Ignace reçut la blessure dont sa conversion fut la suite.

[9] 1491.

[10] Rom. V, 20.

[11] Litt. Pauli III, Regimini militantis Ecclesiae ; JULII III Exposcit debitum ; etc.

[12] Cardinal Pie, Homélie prononcée dans les fêtes de la béatification du B. Pierre Le Fèvre.

[13] Num. XIII, 34 : De la race des géants, auprès desquels nous paraissions que comme des sauterelles.

[14] P. Ribadeneira, Vita Ignatii Loiolae Lib. II, cap. VII.

[15] J. Rhous, in Variis virtutum historiis, Lib. III, cap. II.

[16] Nous suivons ici l’édition latine authentique publiée sous les yeux de saint Ignace après l’approbation de Paul III, et réimprimée depuis par l’autorité des Congrégations générales. Une traduction nouvelle, faite en ce siècle sur le texte espagnol, ne parle pas ici des Matines ; mais elle insiste sur l’assistance de tous les jours, autant que faire se peut, à la Messe et aux Vêpres.

[17] Acta a L. Consalvo S. J. ex ore Sancti excepta.

[18] I Johan. V, 4.

[19] Philip. II, 10.
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Message  gabrielle le Ven 01 Aoû 2014, 6:38 am

Le 1er Août

Saint Pierre aux liens.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.

En ce temps-là : Jésus vint aux environs de Césarée de Philippe, et il interrogeait ses disciples, en disant :
Que disent les hommes touchant le Fils de l’homme ?


Homélie de saint Augustin, Évêque. Sermo 29 de Sanctis, in medio

Pierre est le seul des Apôtres qui mérita d’entendre ces paroles : En vérité : « Je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » . C’est lui qui fut jugé digne d’être, pour les peuples dont se formerait la maison de Dieu, la pierre fondamentale de l’édifice, la colonne destinée à le soutenir, la clef qui ouvrait le royaume des cieux. Aussi lisons-nous dans le texte sacré : « Et ils apportaient leurs malades, pour que, du moins en passant, l’ombre de Pierre les couvrît » . Si l’ombre de son corps pouvait alors porter secours, combien plus secourable est à présent la plénitude de sa puissance ? S’il se dégageait de lui un fluide salutaire aux suppliants quand il passait sur la terre, quel surcroît d’influence il a maintenant au ciel où il demeure ! Ne soyons pas étonnés que toutes les Églises chrétiennes regardent comme étant plus précieux que l’or, le fer des chaînes dont il a été chargé.

Si l’ombre de Pierre a fait autant de bien aux malades, en passant auprès d’eux, combien plus efficace est sa chaîne à ceux qui se l’appliquent ? La fugitive apparence d’une vaine image put avoir en elle la propriété de guérir : combien plus de vertu les chaînes dont il a souffert n’ont-elles pas emprunté à ses membres, où le poids du fer les a imprimées ? Pierre avant son martyre eut tant de pouvoir pour soulager ceux qui le suppliaient : combien plus de puissance a-t-il après son triomphe ?

Heureux liens qui, de menottes et d’entraves, devaient se changer en couronne, et qui ont fait de l’Apôtre un Martyr ! Heureuses chaînes qui ont mené leur captif jusqu’à la croix du Christ, moins pour lui faire subir la mort, que pour l’immortaliser.

le même jour

Les saints Machabées, martyrs

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Tandis qu’ici-bas l’Église, inaugurant ces jours bénis, se pare de la chaîne de Pierre comme de son joyau le plus précieux, pour la troisième fois le septénaire brille au ciel. Dans l’arène sanglante, les sept Frères Machabées ont précédé les fils de Symphorose et de Félicité ; ils ont suivi la Sagesse avant qu’elle eût manifesté dans la chair ses attraits divins. La cause sacrée dont ils furent les athlètes, leur force d’âme dans les tourments, leurs sublimes réponses aux bourreaux, offrirent à tel point le type reproduit depuis par tous les Martyrs, qu’on vit les Pères, aux premiers siècles de l’Église chrétienne, revendiquer pour elle tout d’une voix ces héros de la synagogue qui n’avaient puisé leur courage que dans la foi au Christ attendu. Seuls aussi, de tous les saints personnages de l’ancienne alliance, ils trouvèrent place pour cette raison au Cycle chrétien ; tous les martyrologes, les fastes de l’Orient comme de l’Occident, attestent l’universalité de leur culte ; et telle est son antiquité que, dans la basilique Eudoxienne qui garde également à Rome leurs restes précieux, elle le dispute à l’antiquité même du culte rendu aux liens sacrés du Prince des Apôtres.

Au temps où dans l’espoir d’une résurrection meilleure [9], ils refusaient sous l’assaut des tourments de racheter leur vie, d’autres héros du même sang, s’inspirant d’une même foi, couraient aux armes et délivraient leur pays d’une crise terrible. Plusieurs enfants d’Israël, oublieux des traditions de leur peuple, avaient ambitionné pour lui les mœurs des nations étrangères ; et le Seigneur, pour châtiment, avait laissé peser de tout son poids sur la Judée le joug de législation profane qu’elle avait commis la faute de se laisser imposer [10]. Mais lorsque le roi d’alors, Antiochus, exploitant la trahison de quelques-uns, l’insouciance du grand nombre, prétendit par ses ordonnances éliminer la divine loi qui seule donne à l’homme autorité sur l’homme, Israël, réveillé soudain, opposa au tyran la réaction simultanée de la révolte et du martyre. Judas Machabée, en d’immortels combats, revendiquait pour Dieu la terre de son héritage [11] ; tandis que parla vertu de leur généreuse confession, les sept Frères, émules de sa gloire, sauvaient eux aussi la loi, comme dit l’Écriture, de l’asservissement des nations et des rois [12]. Bientôt demandant grâce sous la main du Seigneur Dieu sans pouvoir l’obtenir [13], Antiochus mourait dévoré des vers comme plus tard devaient aussi mourir le premier persécuteur des chrétiens et le dernier, Hérode Agrippa et Galère Maximien.

L’Esprit-Saint, qui se réservait de transmettre lui-même à la postérité les Actes du protomartyr de la loi nouvelle, n’a point fait autrement pour la passion des glorieux précurseurs d’Etienne aux siècles de l’attente. Au reste, c’était bien lui déjà qui, comme sous la loi d’amour [14], inspirait paroles aussi bien que courage aux vaillants frères, à cette mère plus admirable encore qui, devant ses sept fils livrés l’un après l’autre à d’effroyables tortures, ne trouvait pour chacun d’eux que des exhortations brûlantes à mourir. Entourée de leurs corps affreusement mutilés, elle se riait du tyran dont la fausse pitié voulait du moins qu’elle persuadât au plus jeune de sauver sa vie ; elle se penchait sur ce dernier survivant laissé encore à sa tendresse, et lui disait : « Mon fils, aie pitié de moi qui t’ai porté neuf mois dans mon sein, qui t’ai nourri trois ans de mon lait et élevé jusqu’à cet âge. Je t’en prie, mon enfant : regarde le ciel et la terre et tout ce qu’ils renferment ; comprends que tout cela, Dieu l’a fait de rien aussi bien que les hommes. Ne crains donc pas ce bourreau ; sois digne de tes frères, reçois comme eux la mort, afin que je te retrouve avec eux par la divine bonté qui doit me les rendre ». Et l’intrépide enfant courait dans son innocence au-devant des supplices ; et l’incomparable mère suivait ses fils [15].

[9] Heb. XI, 35 ; II Mach. VII, 9, 11, 14, 23.

[10] I Mach. I, 12-67.

[11] Deut. XXXII, 9.

[12] I Mach. II, 48.

[13] II Mach. IX, 13.

[14] Matth. X, 18-20.

[15] II Mach. VII.


Saint Grégoire de Nazianze se demande, au bréviaire, pourquoi les chrétiens honorent les saints de l’ancienne Loi.

« Ils méritent l’hommage de tous par le courage et la constance qu’ils ont montrés à observer les lois et les coutumes de leurs ancêtres. Puisqu’ils ont enduré le martyre avant la Passion de Jésus-Christ, que n’eussent-ils pas fait, s’ils avaient été persécuté après lui, avec l’exemple de sa mort pour notre salut ? Bien plus, une raison mystérieuse et intime, que partagent avec moi tous ceux qui aiment Dieu, me porte à croire qu’aucun de ceux qui ont souffert le martyre avant la venue du Rédempteur, n’a pu obtenir cette gloire sans la foi en Jésus-Christ ».
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Message  gabrielle le Sam 02 Aoû 2014, 7:20 am

Le 2 août

Saint Alphonse Marie, évêque, confesseur et docteur


Leçons des Matines avant 1960. a écrit:Alphonse-Marie de Liguori naquit à Naples, de parents nobles, et donna dès son bas âge des marques évidentes de sa future sainteté. Ses parents l’offrirent jeune encore à saint François de Hiéronimo, de la société de Jésus ; celui-ci, après avoir bien prié, déclara que l’enfant deviendrait nonagénaire, qu’il serait élevé à la dignité épiscopale, et qu’il ferait un bien considérable dans l’Église. Dès l’enfance, Alphonse s’éloignait des jeux et formait, par sa parole et son exemple, de nobles adolescents à la modestie chrétienne. Devenu jeune homme, il se fit inscrire dans de pieuses confréries et mit son bonheur à servir les malades dans les hôpitaux publics, à vaquer longuement à l’oraison dans les églises et à fréquenter les sacrements. A la piété il unit si bien l’étude des lettres que, à peine âgé de seize ans, il fut reçu Docteur dans l’un et l’autre droit à l’université de son pays. Pour obéir à son père, il embrassa la carrière d’avocat, mais quoiqu’il obtînt de grands succès, il l’abandonna de lui-même, après avoir reconnu les périls du barreau. Il renonça ensuite à un très brillant mariage que son père lui proposait, abdiqua son droit d’aînesse et suspendit son épée à l’autel de Notre-Dame de la Merci, pour se consacrer au divin ministère. Devenu prêtre, il s’attaqua aux vices avec tant de zèle et remplit si bien l’office d’apôtre, en se portant rapidement ça et là au secours des pécheurs, que beaucoup se convertirent. Plein de compassion pour les pauvres et les paysans en particulier, il institua la Congrégation des Prêtres du très saint Rédempteur, qui, marchant sur les traces du Rédempteur lui-même, s’emploieraient à évangéliser les pauvres dans les campagnes, les bourgs et les villages.

Pour que rien ne l’écartât de son but, il s’obligea par un vœu perpétuel à ne jamais perdre un instant. Et par suite, enflammé de zèle, il mit toute son application à gagner des âmes à Jésus-Christ et à les amener à une vie plus parfaite, soit en prêchant la parole divine, soit en écrivant des ouvrages remplis d’érudition sacrée et de piété. C’est chose vraiment merveilleuse de voir combien il a étouffé de haines et ramené de gens au droit chemin du salut dont ils s’étaient écartés. Serviteur dévoué de la Mère de Dieu, il publia un livre pour la glorifier ; et plusieurs fois, lorsqu’en prêchant il mettait plus de chaleur à ses louanges, tout l’auditoire observa que son visage resplendissait d’un éclat merveilleux projeté sur lui par la Vierge, et qu’il était ravi en extase. Il propagea admirablement le culte de la Passion du Seigneur et celui de la sainte Eucharistie, dont il était un contemplateur assidu. Pendant qu’il priait devant l’autel ou qu’il célébrait le saint Sacrifice, ce qu’il n’omit jamais, la véhémence de son amour le faisait se fondre en ardeurs séraphiques, ou l’agitait de mouvements extraordinaires, ou encore lui enlevait le sentiment des choses extérieures. Dans tout le cours de sa vie, il ne commit aucune faute mortelle, et joignit une admirable innocence à une égale pénitence. Il châtiait son corps par l’abstinence, les chaînes de fer, les cilices et de sanglantes flagellations. Entre autres dons, il reçut celui de prophétie, le double privilège de scruter les cœurs et d’être en deux endroits à la fois, ainsi que le pouvoir des miracles.

Les dignités ecclésiastiques qui lui furent offertes ne le tentèrent jamais. Toutefois l’autorité du Pape Clément XIII lui imposa la charge de gouverner l’Église de Sainte-Agathe-des-Goths. Si, devenu Évêque, il changea d’habit, il ne modifia en rien la sévérité de son genre de vie. Ce fut la même frugalité, le même zèle incomparable pour la discipline chrétienne, la même application à réprimer le vice et à détruire l’erreur, le même soin à s’acquitter des obligations pastorales. Libéral à l’égard des pauvres, il leur distribuait tous les revenus de son Église ; sa charité l’amena même à vendre, pendant une famine, le mobilier de sa maison, pour nourrir les affamés. Se faisant tout à tous, il ramena les religieuses à une forme de vie plus parfaite et prit soin de fonder un monastère de religieuses de sa congrégation. Des maladies graves et habituelles le déterminèrent à abandonner la charge de l’épiscopat : pauvre en quittant ses disciples, il revint pauvre au milieu d’eux. Enfin tout brisé qu’il était par la vieillesse, les fatigues, les longues souffrances de la goutte et d’autres maladies encore, son esprit continua d’être très lucide, et il ne cessa de parler et d’écrire sur les choses du ciel, que le jour où il expira paisiblement, âgé de quatre-vingt-dix ans aux calendes d’août, l’an mil sept cent quatre-vingt-sept, à Nocera degli Pagani, au milieu des larmes des religieux ses enfants. Ses vertus et ses miracles l’ayant illustré, le souverain Pontife Pie VII l’inscrivit aux fastes des Bienheureux ; et de nouveaux miracles ayant ajouté à sa gloire terrestre, Grégoire XVI le mit solennellement au catalogue des Saints, en la fête de la très sainte Trinité, l’an mil huit cent trente-neuf. Enfin le souverain Pontife Pie IX, de l’avis de la Sacrée Congrégation des Rites, le déclara Docteur de l’Église universelle.

Le même jour

Saint Étienne Ier , pape et martyr

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit:Saint Etienne. — Jour de mort : 2 août 257. Tombeau : à Rome, dans la Catacombe de Saint-Callixte. Son corps fut transporté, au IXe siècle, dans l’Église Sainte-Praxède. Vie : Saint Étienne 1er (254-257) fut pape au temps des empereurs Valérien et Galien. Nous savons qu’il interdit aux clercs de porter les vêtements sacrés hors des églises. Plusieurs nobles familles romaines se convertirent sous son pontificat. Saint Étienne est surtout connu dans l’histoire religieuse par la position qu’il prit dans la controverse des « rebaptisants ». « Si quelqu’un vient à vous de l’hérésie, vous ne devez rien innover de contraire à la tradition en vigueur ; vous vous contenterez de lui imposer les mains pour la pénitence » (Cyprien, Ép. 74, 1).

Pendant que la persécution s’aggravait sans cesse, Étienne convoquait son clergé, exhortait les fidèles à persévérer dans la foi, célébrait les saints mystères dans les cryptes des martyrs. Traîné par les païens au temple de Mars pour sacrifier à cette divinité, il s’y refusa résolument. Un tremblement de terre renversa alors la statue et ébranla le temple. Ce prodige mit en fuite ses persécuteurs, et il put revenir parmi les siens, au cimetière de Lucine, où il continua de leur enseigner les préceptes divins et de les fortifier en les faisant participer au sacrement du Corps du Christ.

Un jour qu’il célébrait la messe, les soldats de l’empereur survinrent de nouveau et lui tranchèrent la tête tandis qu’il se tenait sur son trône. Des clercs transportèrent son corps dans le cimetière de Callixte, de même que le siège qu’il avait arrosé de son sang » (Bréviaire).

Pratique : Assistons par la pensée à un office solennel de la primitive Église, avec, au centre, sur son trône, le pape à la fois sacrificateur et martyr. Excellent moyen pour bien comprendre la liturgie.
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Message  gabrielle le Dim 03 Aoû 2014, 6:56 am

Le 3 août

Invention de Saint Etienne, premier martyr

Bréviaire a écrit:Les corps des saints Étienne, premier Martyr, de Gamaliel, de Nicodème et d’Abibos restèrent longtemps cachés dans un lieu obscur et indigne d’eux. Sur une indication céleste donnée au Prêtre Lucien, ils furent enfin trouvés près de Jérusalem, sous l’empereur Honorius. Gamaliel apparut en songe au Prêtre Lucien, sous la figure d’un vieillard à l’aspect grave et majestueux, et lui montrant où gisaient les corps, il lui ordonna d’aller trouver Jean, Évêque de Jérusalem, et de traiter avec lui des moyens de donner une sépulture plus honorable à leurs dépouilles.

A cette information, l’Évêque de Jérusalem convoqua les Évêques et les Prêtres des villes voisines et se rendit sur les lieux. Il découvrit et fit ouvrir les sépulcres, d’où s’exhala une odeur très suave. Le bruit de cet événement s’étant répandu, une grande foule se rassembla, et beaucoup des assistants, qui étaient affligés de diverses maladies, retournèrent chez eux complètement guéris. Le corps sacré de saint Étienne fut alors déposé avec la plus grande pompe dans la sainte église de Sion, d’où on le transporta à Constantinople, sous Théodose le Jeune. Apporté à Rome, au temps du souverain Pontife Pelage Ier, il fut placé dans le sépulcre de saint Laurent, Martyr, dans l’Agro Verano.

Du livre de saint Augustin, Évêque : De la cité de Dieu.
Liber 22, cap. 8 circa medium

Lorsque l’Évêque Project apportait à Tibilis des reliques du très glorieux Martyr Étienne, il y eut un grand concours de peuple sur le passage de la châsse. C’est alors qu’une femme aveugle, ayant demandé qu’on la fît approcher de l’Évêque qui portait les restes sacrés, donna des fleurs qu’elle tenait à la main, pour les faire toucher aux reliques ; et quand on les lui eut rendues, elle se les appliqua sur les yeux, et aussitôt elle recouvra la vue. A la stupéfaction de ceux qui étaient présents, elle se mit à marcher toute joyeuse en avant du cortège, alerte et n’ayant plus besoin de guide. Une autre châsse renfermant des reliques du même Martyr était en vénération tout près d’Hippone, au bourg de Sinite ; Lucillus, Évêque de ce lieu, qui la portait solennellement, précédé et suivi de la population, fut soudainement guéri, par la vertu de ce précieux fardeau, d’une fistule dont il était incommodé depuis longtemps et qu’il était prêt à faire ouvrir par un médecin de ses amis.
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Message  gabrielle le Lun 04 Aoû 2014, 8:32 am

Le 4 août

Saint Dominique, confesseur

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Aux lieux où protégée par le Lion de Castille est assise l’heureuse Callaroga, naquit l’amant passionné de la foi chrétienne, le saint athlète, doux aux siens et dur aux ennemis. A peine créée, son âme fut remplie d’une vertu si vive que, dans sa mère encore, il prophétisa. Quand sur les fonts sacrés furent conclues entre lui et la foi les fiançailles, la répondante qui pour lui donna consentement vit en songe le fruit merveilleux qui devait sortir de lui et de sa race. Dominique il fut appelé, étant tout au Seigneur ; ô bien nommé aussi son père Félix, ô bien nommée Jeanne sa mère, si ces noms signifient ce qu’on dit [1] ! Plein de doctrine et aussi d’énergie, sous l’impulsion apostolique, il fut le torrent qui s’échappe d’une veine profonde ; plus impétueux là où plus forte était la résistance, il s’élançait déracinant les hérésies ; puis il se partagea en plusieurs ruisseaux qui arrosent le jardin catholique et ravivent ses plantes » [2].

Éloge vraiment digne des cieux, placé par Dante, au paradis, sur les lèvres du plus illustre fils du pauvre d’Assise. Dans le voyage du grand poète à travers l’empyrée, il convenait que Bonaventure exaltât le patriarche des Prêcheurs, comme, au chant précédent, Thomas d’Aquin, fils de Dominique, avait célébré le père de la famille à l’humble cordon. François et Dominique donnés pour guides au monde « afin que s’approchât du Bien-Aimé, plus confiante et plus fidèle, l’Épouse de celui qui, jetant un grand cri vers son Père, s’unit à elle dans son sang béni ! parler de l’un, c’est célébrer les deux, tant leurs œuvres allèrent à même fin ; l’un fut tout séraphique en son ardeur, l’autre parut un rayonnement de la lumière des chérubins » [3]. Sagesse du Père, vous fûtes à tous deux leur amour ; pauvreté de François, vrai trésor de l’âme, foi de Dominique, incomparable splendeur de l’exil : deux aspects d’ici-bas traduisant, pour le temps de l’épreuve et de l’ombre, votre adorable unité.

En effet, dit avec non moins de profondeur et une autorité plus grande l’immortel Pontife Grégoire IX, « la source de la Sagesse, le Verbe du Père, notre Seigneur Jésus-Christ, dont la nature est bonté, dont l’œuvre est miséricorde, n’abandonne point dans la traversée des siècles la vigne qu’il a tirée de l’Égypte ; il subvient par des signes nouveaux à l’instabilité des âmes, il adapte ses merveilles aux défaillances de l’incrédulité. Lors donc que le jour penchait déjà vers le soir et que, l’abondance du mal glaçant la charité, le rayon de la justice inclinait au couchant, le Père de famille voulut rassembler les ouvriers propres aux travaux de la onzième heure ; pour dégager sa vigne des ronces qui l’avaient envahie et en chasser la multitude funeste des petits renards qui travaillaient à la détruire [4], il suscita les bataillons des Frères Prêcheurs et Mineurs avec leurs chefs armés pour le combat » [5].

Or, dans cette expédition du Dieu des armées, Dominique fut « le coursier de sa gloire, poussant intrépide, dans le feu de la foi, le hennissement de la divine prédication » [6]. Octobre dira la très large part qu’eut au combat le compagnon que lui donna le ciel, apparaissant comme l’étendard vivant du Christ en croix, au milieu d’une société où la triple concupiscence prêtait la main à toute erreur pour battre en brèche sur tous les points le christianisme même.

Comme François, Dominique, rencontrant partout cette complicité de la cupidité avec l’hérésie qui sera désormais la principale force des faux prédicants, prescrivit aux siens la plus absolue désappropriation des biens de ce monde et se fit lui aussi mendiant pour le Christ. Le temps n’était plus où les peuples, acclamant toutes les conséquences de la divine Incarnation, constituaient à l’Homme-Dieu le plus immense domaine territorial qui fut jamais, en même temps qu’ils plaçaient son vicaire à la tête des rois. Après avoir tenté vainement d’humilier l’Épouse en soumettant le sacerdoce à l’empire, les descendants indignes des fiers chrétiens d’autrefois reprochaient à l’Église la possession de ces biens dont elle n’était que la dépositaire au nom du Seigneur ; pour la Colombe du saint Cantique, l’heure avait sonné de commencer par l’abandon du sol son mouvement de retraite vers les cieux.

Mais si les deux princes de la lutte mémorable qui enraya un temps le progrès de l’ennemi se rencontrèrent dans l’accueil fait par eux à la sainte pauvreté, celle-ci pourtant resta plus spécialement la souveraine aimée du patriarche d’Assise, Dominique, qui comme lui n’avait en vue que l’honneur de Dieu et le salut des âmes, reçut à cette fin en partage plus direct la science ; partage excellent [7], plus fertile que celui de la fille de Caleb [8] : moins de cinquante ans après que Dominique en eut transmis l’héritage à sa descendance, l’irrigation sagement combinée des eaux inférieures et supérieures de la raison et de la foi y amenait à plein développement l’arbre de la science théologique, aux racines puissantes, aux rameaux plus élevés que tout nuage montant de la terre, où les oiseaux de toutes les tribus qui sont sous le ciel aiment à venir se poser sans crainte et fixer le soleil.

Ce fut bien « sur la lumière », dit Dieu à sainte Catherine de Sienne, « que le père des Prêcheurs établit son principe, en en faisant son objet propre et son arme de combat ; il prit pour lui l’office du Verbe mon Fils, semant ma parole, dissipant les ténèbres, éclairant la terre ; Marie, par qui je le présentai au monde, en fit l’extirpateur des hérésies » [9]. Ainsi, nous l’avons vu, disait de son côté un demi-siècle plus tôt le poète florentin ; l’Ordre appelé à devenir le principal appui du Pontife suprême dans la poursuite des doctrines subversives devait, s’il se peut, justifier l’expression mieux encore que son patriarche : le premier des tribunaux de la sainte Église, la sainte Inquisition romaine universelle, le Saint-Office, investi en toute vérité de l’office du Verbe au glaive à deux tranchants [10]) pour convertir ou châtier, n’eut pas d’instrument plus fidèle et plus sûr.

Pas plus que la vierge de Sienne, l’illustre auteur de la Divine Comédie n’eût soupçonné qu’un temps dût venir, où le premier titre de la famille dominicaine à l’amour reconnaissant des peuples serait discuté en certaine école apologétique, et là écarté comme une insulte ou dissimulé comme une gêne. Le siècle présent met sa gloire dans un libéralisme qui a fait ses preuves en multipliant les ruines et, philosophiquement, ne repose que sur l’étrange confusion de la licence avec la liberté ; il ne fallait rien moins que cet affaissement intellectuel de nos tristes temps, pour ne plus comprendre que, dans une société où la foi est la base des institutions comme elle est le principe du salut de tous, nul crime n’égale celui d’ébranler le fondement sur lequel repose ainsi avec l’intérêt social le bien le plus précieux des particuliers. Ni l’idéal de la justice, ni davantage celui de la liberté, ne consiste à laisser à la merci du mal ou du mauvais le faible qui ne peut se garder lui-même : la chevalerie fit de cette vérité son axiome, et ce fut sa gloire ; les frères de Pierre Martyr dévouèrent leur vie à protéger contre les surprises du fort armé [11] et la contagion qui se glisse dans la nuit [12] la sécurité des enfants de Dieu : ce fut l’honneur « de la troupe sainte que Dominique conduit par un chemin où l’on profite, si l’on ne s’égare pas » [13].

Et quels plus vrais chevaliers que ces athlètes de la foi [14], prenant leur engagement sacré sous forme d’hommage lige [15], et choisissant pour Dame celle qui, puissante comme une armée [16], extermine seule les hérésies dans le monde entier [17] ? Au bouclier de la vérité [18]) au glaive de la parole [19], celle qui garde en Sion les armures des forts [20] joignait pour ses dévoués féaux le Rosaire, signe plus spécial de sa propre milice ; elle leur assignait l’habit de son choix comme étant leur vrai chef de guerre, et les oignait de ses mains pour la lutte dans la personne du Bienheureux Réginald. Elle-même encore veillait au recrutement de la sainte phalange, prélevant pour elle dans la jeunesse d’élite des universités les âmes les plus pures, les plus généreux dévouements, les plus nobles intelligences ; Paris, la capitale de la théologie, Bologne, celle de la jurisprudence et du droit, voyaient maîtres, écoliers, disciples de toute science, poursuivis et atteints par la douce souveraine au milieu d’incidents plus du ciel que de la terre.

Que de grâce dans ces origines où la sérénité virginale de Dominique semblait entourer tous ses fils ! C’était bien dans cet Ordre de la lumière qu’apparaissait la vérité de la parole évangélique : Heureux les purs de cœur, car ils verront Dieu [21]. Des yeux éclairés d’en haut apercevaient sous la figure de champs de lis les fondations des Prêcheurs ; aussi Marie, par qui nous est venue la splendeur de la lumière éternelle [22], se faisait leur céleste maîtresse et, de toute science, les conduisait à la Sagesse, amie des cœurs non souillés [23].

En la compagnie de Cécile et de Catherine, elle descendait pour bénir leur repos de la nuit, mais ne partageait avec aucune de ses nobles suivantes le soin de les couvrir de son royal manteau près du trône du Seigneur. Comment dès lors s’étonner de la limpidité suave qui après Dominique, et durant les généralats des Jourdain de Saxe, Raymond de Pegnafort, Jean le Teutonique, Humbert de Romans, continue de régner dans ces Vies des Frères et ces Vies des Sœurs dont des plumes heureuses ont transmis jusqu’à nous les récits d’une exquise fraîcheur ? Discrète leçon, en même temps que secours puissant pour les Frères : dans la famille dominicaine vouée à l’apostolat par essence, les Sœurs furent de dix ans les aînées, comme pour marquer que, dans l’Église de Dieu, l’action ne peut être féconde, si elle n’est précédée et ne demeure accompagnée de la contemplation qui lui vaut bénédiction et toute grâce.

Notre-Dame de Prouille, au pied des Pyrénées, ne fut pas seulement par ce droit de primogéniture le principe de tout l’Ordre ; c’est à son ombre protectrice que les premiers compagnons de Dominique arrêtèrent avec lui le choix de leur Règle et se partagèrent le monde, allant de là fonder Saint-Romain de Toulouse, puis Saint-Jacques de Paris, Saint-Nicolas de Bologne, Saint-Sixte et Sainte-Sabine dans la Ville éternelle. Vers la même époque, l’établissement de la Milice de Jésus-Christ plaçait sous la direction des Prêcheurs les séculiers qui, en face de l’hérésie militante, s’engageaient à défendre par tous les moyens en leur pouvoir les biens de l’Église et sa liberté ; quand les sectaires eurent posé les armes, laissant la paix au monde pour un temps, l’association ne disparut pas : elle porta le combat sur le terrain de la lutte spirituelle, et changea son nom en celui de Tiers-Ordre des Frères et Sœurs de la Pénitence de saint Dominique.

Quel cortège est celui que vous forment vos fils et vos filles sur le Cycle sacré ! Accompagné en ce mois même de Rose de Lima et d’Hyacinthe, voilà que dès longtemps vous annonçaient au ciel de la Liturgie les Raymond de Pegnafort, les Thomas d’Aquin, les Vincent Ferrier, les Pierre Martyr, les Catherine de Sienne, les Pie V, les Antonin. Enfin brille au firmament l’astre nouveau dont la splendeur écarte l’ignorance, confond l’hérésie, accroît la foi des croyants. O Dominique, votre bienheureuse mère d’ici-bas, qui vous a devancé dans les cieux, pénètre maintenant dans sa plénitude le sens fortuné de la vision mystérieuse qui jadis excitait ses craintes ; et cet autre Dominique, gloire de l’antique Silos, au tombeau duquel elle reçut la promesse de votre bénie naissance, applaudit à l’éclat décuplé dont ce beau nom qu’il vous transmit resplendira par vous dans les siècles éternels. Mais quel accueil surtout vous est fait par la Mère de toute grâce, elle qui naguère, embrassant les pieds du Seigneur irrité, se portait garante que vous ramèneriez le monde à son Sauveur ! à peine quelques années ont passé : et partout l’erreur en déroute pressent qu’une lutte à mort est engagée entre elle et les vôtres ; et l’Église du Latran, maîtresse et mère, a vu ses murs menaçant ruine raffermis pour un temps ; et les deux princes des Apôtres, qui vous avaient dit Va et prêche, applaudissent à la Parole qui de nouveau parcourt la terre et retentit sur toute plage [24].

Frappées déjà de stérilité, les nations, que l’Apocalypse assimile aux grandes eaux [25], semblaient se corrompre pour toujours ; la prostituée de Babylone, devançant l’heure, y dressait son trône : lorsqu’à l’imitation d’Élisée [26], mettant le sel de la Sagesse dans le vase neuf de l’Ordre par vous fondé, vous avez répandu dans les eaux malades ce sel divin, neutralisé les poisons de la bête de blasphème si tôt reparue, et, en dépit d’embûches qui ne cesseront plus, rendu de nouveau la terre habitable. Mais comme, une fois de plus, votre exemple nous montre que ceux-là seuls sont puissants pour Dieu sur les peuples, qui se livrent à lui sans chercher rien autre et ne donnent à autrui que de leur plénitude ! Dédaignant toute rencontre et toute science où ne se montrait pas l’éternelle Sagesse, nous disent vos historiens, ce fut d’elle uniquement que s’éprit votre adolescence [27] ; elle qui prévient ceux qui la désirent [28] vous inonda dès ces premiers ans de la lumière et des suavités anticipées de la patrie. C’était d’elle que s’écoulait sur vous la sérénité radieuse qui frappait vos contemporains et qu’aucun événement n’altéra jamais. Dans une paix des cieux, vous buviez à longs traits l’eau de ce puits sans fond qui rejaillit à la vie éternelle [29] ; mais en même temps qu’au plus intime secret de l’âme vous abreuvait ainsi son amour, une fécondité merveilleuse se déclarait dans la source divine, et ses ruisseaux devenus vôtres s’échappaient au dehors et les places publiques bénéficiaient des flots de votre surabondance [30].

[1] Dominique, qui appartient au Seigneur ; Félix, heureux ; Jeanne, grâce.

[2] Dante, la Divine Comédie, Paradis, chant XII.

[3] Dante, la Divine Comédie, Paradis, chant XI.

[4] Cant. II, 15.

[5] Bulla Fons Sapientiae, de canonizatione S. Dominici.

[6] Ibid.

[7] Psalm. XV, 5-7.

[8] Jos. XV, 16-19.

[9] Dialogue, CLVIII.

[10] Apoc. XIX, 11-16.

[11] Luc, XI, 21.

[12] Psalm. XC, 6.

[13] Dante, Paradis, chant X.

[14] Honorius III, Diploma confirmans Ordinem.

[15] Promitto obedientiam Deo et B. Mariæ. Constitutiones Fratr. Ord. Prædicat Ia distinctio, cap. XV de Professione.

[16] Cant. VI, 3,9.

[17] Ant. festorum B. M.V. in IIIo Nocturno.

[18] Psalm. XC, 5.

[19] Eph. VI, 17.

[20] Cant. IV, 4.

[21] Matth. V, 8.

[22] Sap. VII, 26.

[23] Ibid. VIII.

[24] Psalm. XVIII.

[25] Apoc. XVII.

[26] IV Reg. II, 19-22.

[27] Sap. VIII, 2.

[28] Ibid. VI, 74.

[29] Johan. IV, 14.

[30] Prov. V, 15-19.
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Message  gabrielle le Mar 05 Aoû 2014, 7:13 am

Le 5 août

Dédicace de Sainte-Marie-aux-Neiges

Leçons des Matines avant 1960. a écrit:Sous le pontificat de Libère, le patricien romain Jean et sa noble épouse, n’ayant point d’enfants pour hériter de leurs biens, vouèrent leurs possessions à la très sainte Vierge Mère de Dieu, et ils lui demandèrent instamment, par des prières multipliées, de leur faire connaître, d’une manière ou d’une autre, à quelle œuvre pie elle voulait que ces richesses fussent employées. La bienheureuse Vierge Marie écouta favorablement des supplications et des vœux si sincères et y répondit par un miracle.

Aux nones d’août, époque où les chaleurs sont très grandes à Rome, une partie du mont Esquilin fut couverte de neige pendant la nuit. Cette nuit même, tandis que Jean et son épouse dormaient, la Mère de Dieu les avertit séparément d’élever une église à l’endroit qu’ils verraient couvert de neige, et de dédier cette église sous le nom de la Vierge Marie ; c’est ainsi qu’elle voulait être instituée leur héritière. Jean rapporta la chose au Pontife Libère, qui affirma avoir eu la même vision pendant son sommeil.

En conséquence, Libère, accompagné de son clergé et de son peuple, vint, au chant des litanies, à la colline couverte de neige, et il y marqua l’emplacement de l’église, qui fut construite aux frais de Jean et de son épouse. Sixte III restaura plus tard cette église. On la désigna d’abord sous divers noms : basilique de Libère, Sainte-Marie-de-la Crèche. Mais comme il existait déjà à Rome beaucoup d’églises consacrées à la sainte Vierge, on finit par l’appeler église de Sainte-Marie-Majeure, pour que, venant s’ajouter à la nouveauté du miracle et à l’importance de la basilique, cette qualification même de majeure la mît au-dessus de toutes les autres ayant le même vocable. L’anniversaire de la dédicace de cette église, rappelant la neige qui tomba miraculeusement en ce jour, est célébré solennellement chaque année.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

En ce temps-là : En ce temps-là : Jésus parlait au milieu de la foule et une femme s’écria : « Comme elle est heureuse, la Mère qui t’a mis au monde ».

Homélie de saint Bède le Vénérable. Lib. 4, cap. 49 in Luc. 11

Cette femme fit bien voir la grandeur de sa dévotion et de sa foi. Tandis que les Scribes et les Pharisiens tentent le Seigneur et blasphèment contre lui, elle reconnaît avec tant de sincérité son incarnation, elle la proclame avec tant d’assurance qu’elle confond tout à la fois la calomnie dont les principaux d’entre les Juifs tâchaient alors de noircir le Fils de Dieu, et la perfidie des hérétiques qui devaient s’élever dans la suite des temps. De même qu’à cette époque les Juifs, blasphémant contre l’ouvrage du Saint-Esprit, niaient que Jésus-Christ fût le vrai Fils de Dieu, consubstantiel au Père ; ainsi les hérétiques devaient-ils plus tard, en niant que Marie, toujours Vierge, eût par l’opération du Saint-Esprit, fourni de sa propre chair au Fils de Dieu la matière de ses membres humains, prétendre qu’il ne faut pas le reconnaître pour le vrai fils de l’homme et de la même substance que sa mère.

Mais si la chair que le Verbe de Dieu a prise en s’incarnant, n’est pas formée de celle de la Vierge sa Mère, c’est sans motif qu’on appelle heureux le sein qui l’a porté et les mamelles qui l’ont allaité. L’Apôtre a dit : « Dieu a envoyé son Fils, formé d’une femme, soumis à la loi ». Il ne faut pas écouter ceux qui pensent qu’il faut lire : Né d’une femme, assujetti à la loi ; mais on doit lire : « Formé d’une femme », parce qu’ayant été conçu dans le sein d’une Vierge, il n’a pas tiré sa chair de rien ; mais de la chair de sa mère. Autrement il ne serait pas appelé avec vérité, fils de l’homme puisqu’il ne tirerait pas son origine de l’humanité. Élevons donc, nous aussi, la voix contre Eutychès, avec l’Église catholique, dont cette femme était la figure, élevons aussi notre esprit au-dessus de la foule, et disons au Sauveur : « Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles que vous avez sucées ». Car elle est vraiment une Mère heureuse, celle qui, selon l’expression d’un auteur, « a enfanté le Roi qui gouverne dans tous les siècles le ciel et la terre ».

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! » Le Sauveur approuve éminemment ce qu’avait dit cette femme, quand il affirme que non seulement celle qui a mérité d’engendrer corporellement le Verbe de Dieu, mais aussi tous ceux qui s’efforcent de concevoir spirituellement le même Verbe par l’audition de la foi, de l’enfanter et de le nourrir par la pratique des bonnes œuvres, soit dans leur cœur, soit en celui de leur prochain, sont véritablement heureux. Certes, la Mère de Dieu est bienheureuse d’avoir servi dans le temps, et contribué à l’incarnation du Verbe ; mais elle est encore plus heureuse d’avoir mérité, en l’aimant toujours, de le garder en elle éternellement.


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Message  gabrielle le Mer 06 Aoû 2014, 7:03 am

Le 6 août

Transfiguration de Notre-Seigneur

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.

En ce temps-là : Jésus prit Pierre, Jacques et Jean son frère, et les conduisit sur une haute montagne à l’écart
: et il fut transfiguré devant eux.

Homélie de saint Jean Chrysostome.
57 in Matth., in init.


Le Seigneur avait beaucoup parlé de périls à ses disciples, beaucoup aussi de sa passion et de sa mort : il leur avait souvent prédit qu’on les ferait mourir eux-mêmes, et leur avait enjoint bien des choses austères et difficiles. Or ces maux étaient pour la vie présente, et pour un temps déjà tout proche ; tandis qu’au contraire, ce qu’il leur annonçait d’heureux, à savoir, qu’en perdant leur vie ils sauveraient leurs âmes ; que lui-même viendrait en la gloire de son Père leur décerner des récompenses : tout cela n’était qu’en espérance et en expectative. Voulant donc affermir leur certitude au moyen de la vue, et leur montrer ce qu’est la gloire avec laquelle il doit revenir, il leur découvre et leur manifeste cette gloire, autant qu’ils sont capables de la contempler en ce monde, de manière à les empêcher, tous, et surtout Pierre, de s’attrister trop de leur mort et de celle de leur Maître.

Jésus-Christ a fait allusion, et au royaume et à la géhenne. Après donc avoir ainsi parlé de l’un et de l’autre, il permet de jeter les yeux sur le royaume, mais il ne fait point voir la géhenne, parce que cela n’eût été nécessaire qu’à l’égard des hommes très grossiers et des plus ignorants ; tandis que pour les Apôtres qui étaient vertueux et perspicaces, il suffisait de les affermir par la vue de choses meilleures. Cela convenait aussi beaucoup mieux au Seigneur lui-même. Toutefois il n’a pas absolument écarté l’autre moyen, et quelquefois il met, on peut dire, devant les yeux, l’horrible tableau de la géhenne, comme en retraçant l’histoire de Lazare, et en nous parlant du créancier qui réclame cent deniers.

Quant à vous, remarquez la philosophie de saint Matthieu, qui n’a point passé sous silence les noms des Apôtres qui lui furent préférés. Saint Jean a agi de même ; car très souvent, il raconte avec beaucoup de fidélité et de soin ce qui est spécialement à la gloire de Pierre. C’est que, dans cette communauté des Apôtres, la jalousie et la vaine gloire n’avaient aucune place. Jésus donc prit à part les premiers d’entre les Apôtres. Pourquoi n’emmena-t-il qu’eux seuls ? Apparemment parce qu’ils se distinguaient de tous les autres. Et pourquoi n’a-t-il fait cela qu’au bout de six jours et non point sur-le-champ ? Afin que les autres disciples ne fussent pas agités de sentiments humains ; c’est pourquoi il n’a pas non plus nommé ceux qu’il devait prendre avec lui.

Le même jour

Saint Sixte II, pape, et les Saints Félicissime et Agapit, martyrs

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:« Xistum in cimiterio animadversum sciatis octavo iduum augustarum die. Apprenez que Sixte a été décapité dans le cimetière le huit des ides d’août » [5]. Ces paroles de saint Cyprien marquent le début d’une période glorieuse pour le Cycle et l’histoire. Du Pontife souverain à Cyprien lui-même en passant par le diacre Laurent, que d’holocaustes en quelques semaines la terre va présenter au Dieu très haut ! On dirait l’Église, en cette fête de la Transfiguration du Seigneur, impatiente de joindre son témoignage d’Épouse à celui des Prophètes, des Apôtres et de Dieu. Le Bien-Aimé, proclamé tel dans les deux [6], voit pour lui la terre attester elle aussi son amour : témoignage du sang et de tous les héroïsmes, écho sublime éveillé par la voix du Père en toutes les vallées de notre humble monde, et qui se répercutera dans les siècles !

Saluons aujourd’hui le très noble Pontife descendu le premier dans l’arène que Valérien ouvre toute grande aux combattants du Christ. Entre les vaillants chefs qui, de Pierre à Melchiade, menèrent la lutte où Rome fut vaincue et sauvée, il n’en est pas de plus illustre au titre du martyre. Saisi dans les souterrains de la gauche de l’Appienne, sur la chaire même où il présidait malgré les édits récents l’assemblée des frères, il fut après sentence du juge ramené à la crypte sacrée. Là, spectacle nouveau ! Sur cette même chaire de son enseignement, au milieu des martyrs dormant dans les tombeaux voisins leur sommeil de paix, le bon et pacifique Pontife [7] reçut le coup de la mort. Des sept diacres de l’Église romaine six mouraient avec lui [8] ; Laurent restait seul, inconsolable d’avoir cette fois manqué la palme, mais confiant dans la parole qui lui donnait rendez-vous après trois jours à l’autel des cieux.

Deux des diacres compagnons du Pontife étaient ensevelis au cimetière de Prétextat où avait eu lieu la sublime scène. Sixte et sa chaire empourprée, transportés de l’autre côté de l’Appienne à la crypte des Papes, y devenaient pour de longs siècles le principal objet de la vénération des pèlerins. Tandis que Damase, aux jours de la paix, illustrait de ses nobles inscriptions les sépultures des Saints, le cimetière tout entier de Calliste, dont la salle funéraire des Pontifes faisait partie, recevait l’appellation « de Cécile et de Sixte » ; glorieux noms que Rome inscrivait également dans les diptyques augustes du Sacrifice. Deux fois, à la date de ce jour, l’Action sacrée rassemblait les chrétiens pour célébrer, sur les deux côtés de la reine des voies qui conduisent à la Ville éternelle, les victimes triomphantes du vin des ides d’août [9].

[5] Cyprian. Epist. LXXXII.

[6] Matth. XVII, 5.

[7] Pontius Diac. De vita et passione S. Cypriani, XIV.

[8] Liber pontific. in Sixt. II.

[9] Sacramentaria Leon et Gregor.
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Message  gabrielle le Jeu 07 Aoû 2014, 8:05 am

Le 7 août

Saint Gaétan, confesseur

Leçons des Matines avant 1960. a écrit: Gaétan naquit à Vicence, de la noble famille de Thienne. Aussitôt qu’elle lui eut donné le jour, sa mère l’offrit à la sainte Vierge, Mère de Dieu. L’innocence brilla tellement en lui dès ses tendres années, que tout le monde le nommait le Saint. Après avoir obtenu à Padoue le grade de docteur dans l’un et l’autre droit, il partit pour Rome, où le Pape Jules II le mit au rang des Prélats. Ordonné Prêtre, il fut si ardemment embrasé de l’amour de Dieu que, se dérobant à la cour, il se voua tout entier à Dieu. Ayant fondé des hôpitaux à ses propres frais, il y servait lui-même les pauvres pestiférés. Le zèle qu’il ne cessa de déployer pour le salut du prochain le fit surnommer le Chasseur d’âmes.

Les mœurs du clergé étaient alors devenues moins régulières ; voulant les ramener à la forme de vie apostolique, il institua un ordre de Clercs réguliers, qui, se déchargeant de toute préoccupation quant aux biens terrestres, devaient ne posséder aucun revenu, ni demander aux fidèles de quoi subsister, mais se contenter, pour vivre, d’aumônes spontanément offertes. Ayant obtenu l’approbation de Clément VII, Gaétan, accompagné de Jean-Pierre Caraffa, Évêque de Chiéti [4] depuis souverain Pontife sous le nom de Paul IV, et de deux autres personnages d’une grande piété, émit solennellement ses vœux devant l’autel majeur de la basilique du Vatican. Lors du sac de Rome, des soldats le brutalisèrent afin de lui extorquer l’argent qu’il avait déjà placé dans les trésors célestes par la main des pauvres. Les coups, les tortures, la prison, il supporta tout avec une patience invincible. Se confiant à la seule providence de Dieu, qui ne lui fit jamais défaut, ainsi que l’attestent plusieurs prodiges, il persévéra avec une constance inébranlable dans la règle de vie qu’il avait embrassée.

L’amour du culte divin, le zèle pour entretenir la maison de Dieu, l’observance des rites sacrés, une participation plus fréquente à l’adorable Eucharistie, furent les choses qu’il s’appliqua le plus à encourager. Plus d’une fois il découvrit et confondit à néant les embûches et les erreurs de l’hérésie. Il prolongeait son oraison pendant huit heures environ, et l’accompagnait de larmes, souvent ravi en extase. Le don de prophétie l’a rendu célèbre. Étant, la nuit de Noël, près de la crèche du Seigneur, à Rome, il mérita de recevoir dans ses bras l’enfant Jésus, des mains de la Vierge Mère. Quelquefois Gaétan passait des nuits entières à châtier son corps à coups de discipline ; jamais on ne put l’amener à adoucir l’austérité de sa vie, et il témoigna souvent le désir qu’il avait de mourir couché sur la cendre et revêtu d’un cilice. Enfin la douleur qu’il ressentit de voir le peuple offenser Dieu par une sédition le fit tomber malade et, réconforté par une vision céleste, son âme passa de la terre au ciel. C’est à Naples qu’il mourut, et l’on y conserve très religieusement son corps dans l’église de Saint-Paul. Les miracles qu’il opéra pendant sa vie et après sa mort l’ont rendu glorieux, et le souverain Pontife Clément X l’a inscrit au nombre des Saints.

[4] Chieti, en latin Theate, d’où le nom de Théatins.


Le même jour
Saint Donat, évêque et martyr

Leçons des Matines avant 1960. a écrit: Donat, après que ses parents eurent été martyrisés pour la foi de Jésus-Christ, se retira fugitif, avec un moine nommé Hilarin, à Arezzo en Toscane, et devint Évêque de cette ville. Dans la persécution suscitée par Julien, le préfet Quadratien ayant commandé à l’un et à l’autre d’adorer les idoles, ils se refusèrent à commettre un crime si détestable. Par ordre et en présence de Quadratien, on frappa Hilarin à coups de bâtons, jusqu’à ce qu’il rendît l’âme. Donat fut aussi tourmenté cruellement, et eut enfin la tête tranchée. Les Chrétiens ensevelirent honorablement leurs corps près de la même ville.

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit: — « A Arezzo, en Toscane, mort de saint Donat, évêque et martyr. Entre autres miracles, d’après le témoignage de Grégoire 1er, il répara par une simple prière un calice qui avait été brisé par les païens. Sous Julien l’Apostat, il eut la tête tranchée ». (Martyrologe). Il mourut vers 363.
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Message  gabrielle le Ven 08 Aoû 2014, 8:30 am

Le 8 août

Saints Cyriaque, Large et Smaragde, martyrs

Pierre Jounel, Le Culte des Saints dans les Basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle, École Française de Rome, Palais Farnèse, 1977. a écrit:« La Depositio Martyrum de 354 et le martyrologe hiéronymien annoncent au 7e mille de la via Ostiense un groupe de six martyrs parmi lequels Cyriaque, Large et Smaragde. Or l’évangéliaire de 645, le sacramentaire grégorien, les Gélasiens du VIIIe, ainsi que tous les témoins de la liturgie locale de Rome jusqu’à la fin du XIIe, ne mentionnent que saint Cyriaque. Le fait trouve peut-être son explication dans une précision que donne le Liber Pontificalis. Celui-ci note que le pape Honorius (625-638) érigea au lieu même de leur martyre une église beato Cyriaco a solo. Or les premiers témoins de la fête de ce jour dans la liturgie papale sont à peu près contemporains de la dédicace de Saint-Cyriaque.

Selon la Passio du pape Marcel, saint Cyriaque aurait été enseveli sur la via Salaria le 16 mars et transféré ensuite sur la via Ostiense le 8 août avec les martyrs Large et Smaragde. Or Bède et tous ses successeurs inversent les dates : ils font mention des trois martyrs le 16 mars et du seul Cyriaque le 8 août. Le martyrologe de Saint-Pierre mentionne les six martyrs de la Depositio Martyrum à la fois le 16 mars et le 8 août. La double tradition se retrouve dans les livres liturgiques du Latran et du Vatican à la fin du XIIe siècle : tandis que l’antiphonaire de Saint-Pierre ne connaît que saint Cyriaque, pour lequel il a deux antiennes propres tirées de sa Passio, les documents du Latran et le calendrier du Vatican lui-même célèbrent Cyriaque, Large et Smaragde »


Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit:1. Saint Cyriaque. — Jour de mort.. 16 mars, vers 305 ( ?) Tombeau : ses restes furent ensevelis par le prêtre Jean près de la voie Salaria. Le saint pape Marcel les fit transporter dans la propriété de Lucina, proche de la voie qui conduit à Ostie. Plus tard, on les ramena à Rome, où ils furent déposés dans l’église Sainte Praxède et dans d’autres églises ; et finalement on les transféra à Neuhausen, près de Worms. Image : celle d’un diacre, un dragon à ses pieds. Vie : Nous faisons aujourd’hui mémoire de plusieurs martyrs. Voici ce qu’en dit la légende du bréviaire : « Le diacre Cyriaque, qui souffrit longtemps dans les cachots avec ses compagnons Sisinius, Large et Smaragde, accomplit de nombreux miracles. C’est ainsi qu’il délivra du démon Arthémia, fille de l’empereur Dioclétien. Envoyé à Sapor, roi des Perses, il délivra également sa fille Jobia d’un esprit mauvais, puis, après avoir baptisé le roi avec 430 de ses sujets, revint à Rome où l’empereur le fit saisir et traîner, chargé de chaînes, devant son char. Quatre jours plus tard, il fut tiré de prison, arrosé de poix bouillante et étendu sur le chevalet ; enfin on le frappa de la hache, ainsi que Large, Smaragde et vingt autres, sur la voie Salaria, auprès des jardins de Salluste ». Saint Cyriaque est l’un des « quatorze saints Auxiliaires ».
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Message  gabrielle le Sam 09 Aoû 2014, 8:21 am

Le 9 août

Saint Jean-Marie Vianney, confesseur

Leçons des Matines avant 1960. a écrit: Jean-Marie Vianney, né au bourg de Dardilly dans le diocèse de Lyon d’une famille de pieux cultivateurs, donna, dès son enfance, de nombreux indices de sainteté. Quand, âgé de huit ans il gardait les brebis, il avait coutume, tantôt d’apprendre à d’autres enfants par sa parole et son exemple à réciter le Rosaire agenouillés devant l’image de la Mère de Dieu, tantôt de confier le troupeau à sa sœur ou à quelque autre et de se rendre dans un lieu solitaire où il vaquait plus librement à l’oraison devant une statue de la sainte Vierge. Chérissant les pauvres, il faisait ses délices de les amener par groupes dans la maison de son père et de les aider en toutes manières. Il fut confié au curé du bourg d’Écully pour recevoir l’enseignement littéraire ; mais comme ses dispositions pour l’étude étaient encore peu développées, il y rencontra des difficultés presque insurmontables. Implorant le secours divin dans le jeûne et l’oraison, il se rendit en mendiant au tombeau de saint François Régis pour demander plus de facilité à s’instruire. Après avoir suivi avec effort et peine le cours de théologie, il fut trouvé suffisamment capable pour recevoir les saints ordres.

Nommé vicaire du bourg d’Écully, Jean-Marie s’appliqua de toutes ses forces sous la direction et à l’exemple de son curé, à atteindre les degrés les plus élevés de la perfection pastorale. Trois ans plus tard il fut envoyé au village d’Ars qui devait être rattaché peu de temps après au diocèse de Belley et, comme un ange venu du ciel, il renouvela la face de sa paroisse, la rendant florissante de toute négligée et abandonnée qu’elle était devenue. Assidu de nombreuses heures chaque jour au saint tribunal et à la direction des consciences, il établit l’usage fréquent de la sainte Communion, fonda de pieuses associations et inculqua d’une manière admirable aux âmes une tendre piété envers la Vierge Immaculée. Convaincu qu’un devoir du pasteur est d’expier les fautes du peuple à lui confié, il n’épargnait à cette fin ni prières, ni veilles, ni macérations et jeûnait continuellement. Comme Satan ne pouvait souffrir une si grande vertu de l’homme de Dieu, il le tourmenta d’abord par diverses vexations et le combattit ensuite ouvertement ; mais Jean-Marie souffrait patiemment les afflictions les plus pénibles.

Souvent invité par les curés voisins à venir, comme le font les missionnaires, pourvoir au salut des âmes en prêchant et en entendant les confessions, il était toujours prêt à rendre service à tous. Enflammé de zèle pour la gloire de Dieu, il réussit à établir les missions avec les exercices pieux qu’elles comportent, en plus de cent paroisses et à les assurer par des fondations. Entretemps Dieu faisait éclater le mérite de son serviteur par des miracles et des dons surnaturels. Telle fut l’origine de ce célèbre pèlerinage qui durant vingt ans fit affluer à Ars près de cent mille hommes de toute condition et de tout âge venus, non seulement de la France et de l’Europe mais même des régions les plus éloignées de l’Amérique. Épuisé moins par la vieillesse que par les labeurs, il mourut au jour qu’il avait prédit, le 4 août de l’an mil huit cent cinquante - neuf, dans le baiser du Seigneur étant âgé de soixante-treize ans. Beaucoup de miracles l’ayant signalé, il fut béatifié par Pie X et canonisé par Pie XI en l’année jubilaire mil neuf cent vingt-cinq. Le même Pape étendit sa fête à l’Église universelle.

Le même jour

Vigile de Saint Laurent, martyr

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit:La Vigile. — L’Église s’apprête à fêter dignement l’entrée dans la gloire d’un de ses plus grands héros, vrai type du martyr du Christ. Tous ceux qui s’associent véritablement à la vie de l’Église romaine connaissent fort bien ce jeune diacre ; il est le patron des catéchumènes, et, à ce titre, il nous accompagne dans l’arène du carême : dès le début (station de la Septuagésime), nous le trouvons à nos côtés.

Nous pouvons considérer son martyre sur le gril comme le symbole de la lutte contre les passions ; aussi demandons-nous tous les jours, après la sainte messe, a que Dieu daigne éteindre en nous l’ardeur de nos vices, comme le bienheureux Laurent a surmonté le feu qui le tourmentait ».

Il nous est assez difficile désormais de bien comprendre ce qu’était une vigile dans la primitive Église. Vers le soir, la veille de la fête du saint, on s’assemblait dans le sanctuaire qui enfermait ses reliques en y amenant les malades. La vigile romaine consistait surtout en leçons, en répons et en oraisons récitées par l’évêque, comme cela se pratique encore à la cérémonie du Samedi-Saint. La vue de la châsse, la lecture des Actes des Martyrs, la grande ferveur de l’assistance, tout contribuait à ranimer les restes du saint dans l’esprit des fidèles.

Vers l’aurore, ils assistaient à la célébration de la messe et partageaient l’ « agape funéraire » eucharistique, s’unissant ainsi mystiquement au Christ et au saint martyr. Si la vigile n’est plus guère qu’un souvenir, essayons néanmoins de lui rendre sa signification primitive. C’est un jour de pénitence. Que les fidèles qui se confessent assez régulièrement le fassent de préférence aux vigiles et aux Quatre-Temps. C’est aussi un jour de jeûne dans le sens large du mot, un jour donc qu’il convient de sanctifier particulièrement par la pratique de la mortification et de l’aumône. C’est enfin un jour de prière. (Il est fait mention de la vigile de saint Laurent dès le IVe siècle, dans la « vie de sainte Mélanie »).

ainsi que la mémoire

Saint Romain, martyr

Pierre Jounel, Le Culte des Saints dans les Basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle, École Française de Rome, Palais Farnèse, 1977. a écrit:« Saint Romain est un martyr de la via Tiburtina, dont les Itinéraires indiquent la tombe près de Saint-Laurent. Selon sa Passion, qui en fait un soldat converti par saint Laurent, il fut mis à mort le 9 août. Pour le Liber Pontificalis, le portier Romain mourut en compagnie de l’archidiacre Laurent avec un prêtre, un sous-diacre et un lecteur. Le martyrologe de Bède et les martyrologes du IXe siècle, ainsi que celui de Saint-Pierre, se conforment à la version donnée par la Passio et ils annoncent : sancti Romani, militis. Le culte de saint Romain est abondamment attesté à Saint-Gall dès le Xe siècle, tandis qu’il n’apparait en France qu’au XIIe siècle et qu’il se développe très peu en Italie. A Rome, avant d’entrer dans le sanctoral du Latran et dans celui du Vatican, la fête de saint Romain n’est attestée que par le sacramentaire de Saint-Tryphon, et encore son formulaire y est-il copié en marge » .
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Message  gabrielle le Dim 10 Aoû 2014, 7:40 am

Le 10 août

Saint Laurent, martyr

Sermon de saint Léon, Pape.
In Natali S. Laurentii, post init.

Alors que les puissances publiques des Gentils poursuivaient dans leur fureur l’élite des membres du Christ, et s’attaquaient de préférence à l’ordre sacerdotal, l’impie persécuteur s’enflamma contre le Diacre Laurent, préposé non seulement au sacré ministère, mais aussi à l’administration du bien de l’Église. Il se promettait une double proie par la prise d’un seul homme, et s’il le faisait traditeur du trésor sacré, il le ferait en même temps apostat de la vraie religion. Cet homme, avide de richesses et ennemi de la vérité, est armé comme de deux torches ardentes : son avarice, pour lui prendre l’or de l’Église ; son impiété, pour lui ravir le Christ. Il demande à ce gardien sans tache du sanctuaire de lui livrer les richesses de l’Église, auxquelles aspire son avidité. Le Diacre très chaste, lui montrant alors le dépôt qu’il en a fait, lui présente les troupes nombreuses des pauvres serviteurs de Dieu. Dans leur nourriture et leur vêtement, il avait comme enseveli ces richesses désormais inamissibles : d’autant mieux à l’abri de toute atteinte, que le saint emploi en avait été plus assuré.

Le magistrat frémit, voleur frustré dans son dessein de rapine, et, dans la haine ardente d’une religion qui a institué un tel emploi des richesses, n’ayant rien trouvé en Laurent des biens terrestres, il entreprend de lui enlever un trésor plus excellent et de lui ravir le dépôt qui était pour lui la plus sacrée des richesses. Il lui ordonne de renoncer au Christ, et il se dispose à attaquer le courage intrépide de ce cœur de Diacre par de cruels supplices. A l’impuissance des premiers, il en fait succéder de plus violents. Il commande que ces membres déchirés et ces chairs où les coups ont ouvert tant de plaies, soient placés sur un feu qui les rôtisse ; sur un gril de fer, qui lui-même a emprunté longuement au feu la vertu de brûler, changeant tour à tour la situation de ce corps que retournent les bourreaux, il veut tout ensemble augmenter la douleur des tortures et prolonger le supplice.

Tu ne peux rien, tu ne gagnes rien, sauvage cruauté. L’élément mortel se dérobe à la fin à tes tortures : Laurent monte au ciel et te laisse tes flammes impuissantes. Les flammes n’ont pu vaincre la charité du Christ : et ce feu qui brûlait au dehors a été plus faible que celui qui, au dedans, embrasait le cœur du Martyr. Tu as exercé, ô persécuteur, ta cruauté sur ce Martyr, tu lui as donné libre cours et tu as grandi la gloire de ses palmes en accumulant les supplices. Toutes tes inventions ne servent-elles pas à glorifier sa victoire, alors que les instruments de son supplice deviennent l’honneur de son triomphe ? Réjouissons-nous donc, mes frères bien-aimés, d’une joie spirituelle : et dans la mort bienheureuse de cet illustre héros, glorifions le Seigneur, qui est admirable dans ses saints, et nous donne en eux tout ensemble le secours et l’exemple : il a fait éclater sa gloire d’une extrémité à l’autre de l’univers, alors que de l’orient jusqu’à l’occident resplendissent les flambeaux du diaconat, et que Rome est autant illustrée par Laurent, que Jérusalem l’a été par Étienne.

Lecture du saint Évangile selon saint Jean.

En ce temps-là : En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque.

Le Seigneur Jésus était lui-même ce grain qui devait mourir et se multiplier : mourir victime de l’infidélité des Juifs, se multiplier par la foi des peuples. Or, exhortant déjà à suivre les traces de sa passion : « Celui, dit-il, qui aime son âme, la perdra » . Ces paroles peuvent s’entendre de deux manières. « Celui qui l’aime, la perdra », c’est-à-dire : Si tu l’aimes, perds-la. Si tu désires conserver la vie dans le Christ, ne crains pas de mourir pour le Christ. On peut les entendre également d’une autre façon : « Celui qui aime son âme, la perdra » ; ne l’aime pas, de peur que tu ne la perdes ; ne l’aime pas en cette vie, pour ne pas la perdre dans la vie éternelle.

La dernière explication que j’ai donnée semble être davantage le sens de l’Évangile. Car on y lit ensuite : « Et celui qui hait son âme en ce monde, la conserve pour la vie éternelle » . Donc, quand il est dit plus haut : « Celui qui aime son âme », il faut sous-entendre : en ce monde, celui-là la perdra assurément. Mais celui qui hait son âme en ce monde, celui-là la garde pour la vie éternelle. Grande et étonnante sentence : d’où il ressort que l’homme a pour son âme un amour qui cause sa perte, et une haine qui l’empêche de périr. Si vous l’aimez mal, vous la haïssez ; si vous la haïssez bien, vous l’aimez. Heureux ceux qui haïssent pour conserver, de crainte de perdre en aimant.

Mais veille à ce que ne s’insinue pas dans ton esprit la pensée de vouloir te tuer, en comprenant ainsi le devoir de haïr ton âme en ce monde ; de là vient que certains hommes méchants et pervers, cruels et impies, homicides d’eux-mêmes, se livrent aux flammes, se noient, se jettent dans les précipices, et périssent. Ce n’est pas là ce que le Christ a enseigné : au contraire, il a même répondu au diable qui lui suggérait de se précipiter du haut du temple : « Retire-toi, Satan, car il est écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu » . De même le Seigneur dit à Pierre, « indiquant par quelle mort il devait glorifier Dieu : Quand tu étais jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, un autre te ceindra et te conduira où tu ne voudras pas » . Paroles qui nous enseignent assez clairement que celui qui marche à la suite de Jésus-Christ doit, non point se donner la mort, mais la recevoir d’un autre.
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Message  gabrielle le Lun 11 Aoû 2014, 5:52 am

Le 11 août

Saint Tiburce et Sainte Suzanne, vierge, martyrs



Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit:1. Saint Tiburce et sainte Suzanne. — Jour de mort : le 11 août, vers 303. Tombeaux : le corps de saint Tiburce fut déposé dans le cimetière proche de la voie de Lavicum ; Grégoire IV le fit plus tard transporter à Saint-Pierre. Les reliques de sainte Suzanne sont à Rome, dans l’église qui porte son nom. Vie : Nous éprouvons toujours une profonde vénération pour les martyrs des anciens temps de l’Église. Quand bien même nous les connaissons fort peu, nous voyons toujours en eux des représentants de la « glorieuse armée des martyrs », des témoins du Christ. Le martyrologe relate : « A Rome, « entre les deux lauriers », fête de saint Tiburce, martyr. Sous le juge Fabien, durant la persécution de Dioclétien, il fut condamné à marcher nu-pieds sur des charbons ardents. Comme il confessait sa foi avec d’autant plus de constance, on le conduisit à trois milles de la ville où il eut la tête tranchée ». D’après les Actes, Tiburce était le fils du préfet Cromatius. — « A Rome, sainte Suzanne, vierge de haute naissance et nièce du pape Caïus, décapitée ; elle mérita ainsi la palme du martyre ».
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Message  gabrielle le Mar 12 Aoû 2014, 6:59 am

Le 12 août

Sainte Claire, vierge

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit:Sainte Claire. — Jour de mort : le 12 août 1253. Tombeau : son corps reposa pendant six cents ans profondément enfoui sous l’église d’Assise. En 1850, Pie IX en ayant permis l’exhumation, on le trouva parfaitement conservé (en particulier, la tête et toutes les dents). Image : une religieuse, avec un ciboire dans la main.

Vie : La vie de collaboratrice de saint François d’Assise est comme enveloppée d’un voile de tendre charité divine. L’Ordre des Clarisses, branche féminine de la famille franciscaine, lui doit l’existence. A l’exemple de saint François, dit le bréviaire, elle distribua tous ses biens aux pauvres. Fuyant le tumulte du siècle, elle se réfugia à la campagne, dans une église. Là, saint François lui coupa les cheveux et lui imposa un habit de pénitence (18 mars 1212). Puis, elle se rendit à l’église Saint-Damien, où le Seigneur lui envoya plusieurs compagnes avec lesquelles elle institua une communauté dont elle accepta le gouvernement sur les instances de saint François. Pendant quarante-deux ans sa direction fut admirable de sollicitude et de prudence ; et sa vie tout entière, un enseignement et une lumière pour ses sœurs. Elle obtint du pape Innocent IV, pour elle et pour ses compagnes, le privilège de vivre dans la pauvreté parfaite. Elle fut la très fidèle imitatrice du saint d’Assise.

Comme les Sarrasins assiégeaient Assise et s’efforçaient d’envahir son couvent, bien que malade, sainte Claire se fit transporter à la porte de la maison, tenant elle-même le vase où était renfermé le Très Saint Sacrement. « Seigneur, implora-t-elle, ne livrez pas aux bêtes sauvages les âmes qui, vous louent (Ps LXXIII). Protégez vos servantes que vous avez rachetées de votre sang précieux ! » On entendit alors une voix qui disait : « Je vous garderai toujours ! » Et, en effet, les Sarrasins prirent la fuite.

Claire d’Assise fut proclamée sainte deux ans seulement après sa mort. On connaît l’ingénieuse trouvaille de Thomas de Celano : Clara nomine, vita clarior, clarissima moribus.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:L’année même où, préalablement à tout projet de réunir des fils, saint Dominique fondait le premier établissement des Sœurs de son Ordre, le compagnon destiné du ciel au père des Prêcheurs recevait du Crucifix de Saint-Damien sa mission par ces mots : « Va, François, réparer ma maison qui tombe en ruines ». Et le nouveau patriarche inaugurait son œuvre en préparant, comme Dominique, à ses futures filles l’asile sacré où leur immolation obtiendrait toute grâce à l’Ordre puissant qu’il devait fonder. Sainte-Marie de la Portioncule, berceau des Mineurs, ne devait qu’après Saint-Damien, maison des Pauvres-Dames, occuper la pensée du séraphin d’Assise. Ainsi une deuxième fois dans ce mois [2], l’éternelle Sagesse veut-elle nous montrer que tout fruit de salut, qu’il semble provenir de la parole ou de l’action, procède premièrement de la contemplation silencieuse.

Claire fut pour François l’aide semblable à lui-même [3] dont la maternité engendra au Seigneur cette multitude d’héroïques vierges, d’illustres pénitentes, que l’Ordre séraphique compta bientôt sous toutes les latitudes, venant à lui des plus humbles conditions comme des marches du trône.

Dans la nouvelle chevalerie du Christ, la Pauvreté, que le père des Mineurs avait choisie pour Dame, était aussi la souveraine de celle que Dieu lui avait donnée pour émule et pour fille. Suivant jusqu’aux dernières extrémités l’Homme-Dieu humilié et dénué pour nous, elle-même pourtant déjà se sentait reine avec ses sœurs au royaume des cieux [4]. Dans le petit nid de son dénuement, répétait-elle avec amour, quel joyau d’épouse égalerait jamais la conformité avec le Dieu sans nul bien que la plus pauvre des mères enserra tout petit de vils langes en une crèche étroite [5] ! Aussi la vit-on défendre intrépidement, contre les plus hautes interventions, ce privilège de la pauvreté absolue dont la demande avait fait tressaillir le grand Pape Innocent III, dont la confirmation définitive, obtenue l’avant-veille de la mort de la sainte, apparut comme la récompense ambitionnée de quarante années de prières et de souffrances pour l’Église de Dieu.

La noble fille d’Assise avait justifié la prophétie qui, soixante ans plus tôt, l’annonçait à sa pieuse mère Hortulana comme devant éclairer le monde ; bien inspiré avait été le choix du nom qu’on lui donnait à sa naissance [6]. « Oh ! comme puissante fut cette clarté de la vierge, s’écrie dans la bulle de sa canonisation le Pontife suprême ! comme pénétrants furent ses rayons ! Elle se cachait au plus profond du cloître, et son éclat, transperçant tout, remplissait la maison de Dieu » [7]. De sa pauvre solitude qu’elle ne quitta jamais, le nom seul de Claire semblait porter partout la grâce avec la lumière, et fécondait au loin pour Dieu et son père saint François les cités.

Vaste comme le monde, où se multipliait l’admirable lignée de sa virginité, son cœur de mère débordait d’ineffable tendresse pour ces filles qu’elle n’avait jamais vues. A ceux qui croient que l’austérité embrassée pour Dieu dessèche l’âme, citons ces lignes de sa correspondance avec la Bienheureuse Agnès de Bohême. Fille d’Ottocare Ier, Agnès avait répudié pour la bure d’impériales fiançailles et renouvelait à Prague les merveilles de Saint-Damien : « O ma Mère et ma fille, lui disait notre sainte, si je ne vous ai pas écrit aussi souvent que l’eût désiré mon âme et la vôtre, n’en soyez point surprise : comme vous aimaient les entrailles de votre mère, ainsi je vous chéris ; mais rares sont les messagers, grands les périls des routes. Aujourd’hui que l’occasion m’en est présentée, mon allégresse est entière, et je me conjouis avec vous dans la joie du Saint-Esprit. Comme la première Agnès s’unit à l’Agneau immaculé, ainsi donc vous est-il donné, ô fortunée, de jouir de cette union, étonnement des cieux, avec Celui dont le désir ravit toute âme, dont la bonté est toute douceur, dont la vision fait les bienheureux, lui la lumière de l’éternelle lumière, le miroir sans nulle tache ! Regardez-vous dans ce miroir, ô Reine, ô Épouse ! Sans cesse, à son reflet, relevez vos charmes ; au dehors, au dedans, ornez-vous des vertus, parez comme il convient la fille et l’épouse du Roi suprême : ô bien-aimée, les yeux sur ce miroir, de quelles délices il vous sera donné de jouir en la divine grâce !... Souvenez-vous cependant de votre pauvre Mère, et sachez que pour moi j’ai gravé à jamais votre bienheureux souvenir en mon cœur » [8]. La famille franciscaine n’était pas seule à bénéficier d’une charité qui s’étendait à tous les nobles intérêts de ce monde. Assise, délivrée des lieutenants de Frédéric II et de la horde sarrasine à la solde de l’excommunié, comprenait quel rempart est une sainte pour sa patrie de la terre. Mais c’étaient surtout les princes de la sainte Église, c’était le Vicaire du Christ, que le ciel aimait à voir éprouver la puissance toute d’humilité, l’ascendant mystérieux dont il plaisait au Seigneur de douer son élue. François, le premier, ne lui avait-il pas, dans un jour de crise comme en connaissent les saints, demandé direction et lumière pour son âme séraphique ? De la part des anciens d’Israël arrivaient à la vierge, qui n’avait pas trente ans alors, des messages de cette sorte : « A sa très chère sœur en Jésus-Christ, à sa mère, Dame Claire servante du Christ, Hugolin d’Ostie, évêque indigne et pécheur. Depuis l’heure où il a fallu me priver de vos saints entretiens, m’arracher à cette joie du ciel, une telle amertume de cœur fait couler mes larmes que, si je ne trouvais aux pieds de Jésus la consolation que ne refuse jamais son amour, mon esprit en arriverait à défaillir et mon âme à se fondre. Où est la glorieuse allégresse de cette Pâque célébrée en votre compagnie et en celle des autres servantes du Christ ?... Je me savais pécheur ; mais au souvenir de la suréminence de votre vertu, ma misère m’accable, et je me crois indigne de retrouver jamais cette conversation des saints, si vos larmes et vos prières n’obtiennent grâce pour mes péchés. Je vous remets donc mon âme ; à vous je confie mon esprit, pour que vous m’en répondiez au jour du jugement. Le Seigneur Pape doit venir prochainement à Assise ; puissé-je l’accompagner et vous revoir ! Saluez ma sœur Agnès (c’était la sœur même de Claire et sa première fille en Dieu) ; saluez toutes vos sœurs dans le Christ » [9].

Le grand cardinal Hugolin, âgé de plus de quatre-vingts ans, devenait peu après Grégoire IX. Durant son pontificat de quatorze années, qui fut l’un des plus glorieux et des plus laborieux du XIIIe siècle, il ne cessa point d’intéresser Claire aux périls de l’Église et aux immenses soucis dont la charge menaçait d’écraser sa faiblesse. Car, dit l’historien contemporain de notre sainte, « il savait pertinemment ce que peut l’amour, et que l’accès du palais sacré est toujours libre aux vierges : à qui le Roi des cieux se donne lui-même, quelle demande pourrait être refusée [10] ? »

L’exil, qui après la mort de François s’était prolongé vingt-sept ans pour la sainte, devait pourtant finir enfin. Des ailes de feu, aperçues par ses filles au-dessus de sa tête et couvrant ses épaules, indiquaient qu’en elle aussi la formation séraphique était à son terme. A la nouvelle de l’imminence d’un tel départ intéressant toute l’Église, le Souverain Pontife d’alors, Innocent IV, était venu de Pérouse avec les cardinaux de sa suite. Il imposa une dernière épreuve à l’humilité de la sainte, en lui ordonnant de bénir devant lui les pains qu’on avait présentés à la bénédiction du Pontife suprême [11]) ; le ciel, ratifiant l’invitation du Pontife et l’obéissance de Claire au sujet de ces pains, fit qu’à la bénédiction de la vierge, ils parurent tous marqués d’une croix.

La prédiction que Claire ne devait pas mourir sans avoir reçu la visite du Seigneur entouré de ses disciples, était accomplie. Le Vicaire de Jésus-Christ présida les solennelles funérailles qu’Assise voulut faire à celle qui était sa seconde gloire devant les hommes et devant Dieu. Déjà on commençait les chants ordinaires pour les morts, lorsqu’Innocent voulut prescrire qu’on substituât à l’Office des défunts celui des saintes vierges ; sur l’observation cependant qu’une canonisation semblable, avant que le corps n’eût même été confié à la terre, courrait risque de sembler prématurée, le Pontife laissa reprendre les chants accoutumés. L’insertion de la vierge au catalogue des Saints ne fut au reste différée que de deux ans.

O Claire, le reflet de l’Époux dont l’Église se pare en ce monde ne vous suffit plus ; c’est directement que vous vient la lumière. La clarté du Seigneur se joue avec délices dans le cristal de votre âme si pure, accroissant l’allégresse du ciel, donnant joie en ce jour à la vallée d’exil. Céleste phare dont l’éclat est si doux, éclairez nos ténèbres. Puissions nous avec vous, par la netteté du cœur, parla droiture de la pensée, par la simplicité du regard, affermir sur nous le rayon divin qui vacille dans l’âme hésitante et s’obscurcit de nos troubles, qu’écarte ou brise la duplicité d’une vie partagée entre Dieu et la terre.

Votre vie, ô vierge, ne fut pas ainsi divisée. La très haute pauvreté, que vous eûtes pour maîtresse et pour guide, préservait votre esprit de cette fascination de la frivolité qui ternit l’éclat des vrais biens pour nous mortels [12]. Le détachement de tout ce qui passe maintenait votre œil fixé vers les éternelles réalités ; il ouvrait votre âme aux ardeurs séraphiques qui devaient achever de faire de vous l’émule de François votre père. Aussi, comme celle des Séraphins qui n’ont que pour Dieu de regards, votre action sur terre était immense ; et Saint-Damien, tandis que vous vécûtes, fut une des fermes bases sur lesquelles le monde vieilli put étayer ses ruines.

[2] Il est fait allusion ici à la fête franciscaine de la Dédicace de la Portioncule le 2 août.

[3] Gen. II, 18.

[4] Regula Damianitarum, VIII.

[5] Regula, II ;Vita S. Clarae coeva, II.

[6] Clara claris praeclara meritis, magnas in cœlo claritate glorias ac in terra splendore miraculorum sublimium, clare claret, Bulla canonizationis.

[7] Ibid.

[8] S. Clarae ad B. Agnetem, Epist. IV.

[9] Wadding, ad an. 1221.

[10] Vita S. Clarae coaeva, III.

[11] Wadding, ad an. 1253, bien que le fait soit rapporté par d’autres au pontificat de Grégoire IX.

[12] Sap. IV, 12.
gabrielle
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