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Message  gabrielle le Lun 28 Avr 2014, 9:19 am

28 avril

Saint Paul de la Croix, confesseur

Paul de la Croix, originaire d’une noble famille de Castellazzo, près d’Alexandrie, naquit à Uvada en Ligurie. La clarté merveilleuse qui remplit la chambre de sa mère dans la nuit de sa naissance, et l’insigne bienfait de l’auguste Reine du ciel qui le retira sain et sauf, dans son enfance, d’un fleuve où il était tombé et où sa perte semblait certaine, firent connaître quel serait dans l’avenir l’éclat de sa sainteté. Dès qu’il eut l’usage de la raison, brûlant d’amour pour Jésus-Christ crucifié, il commença à s’adonner longuement à la contemplation des souffrances du Sauveur, et à soumettre sa chair innocente par des veilles, des disciplines, des jeûnes et d’autres dures pénitences, ne buvant le vendredi que du vinaigre mélangé de fiel. Enflammé du désir du martyre, il se joignit à l’armée qui s’assemblait à Venise pour combattre les Turcs ; mais ayant connu dans la prière la volonté de Dieu, il laissa aussitôt les armes, car il devait consacrer ses soins à former une milice plus excellente, qui travaillerait de toutes ses forces à défendre l’Église, et à procurer aux hommes le salut éternel. De retour dans sa patrie, il refusa une alliance très honorable et l’héritage d’un oncle qui lui étaient offerts. Il voulut entrer dans la voie étroite, et être revêtu par son Évêque d’une tunique grossière. Alors, sur l’ordre de ce Prélat, que frappaient l’éminente sainteté de sa vie et sa science des choses divines, il se mit, bien qu’il ne fût pas encore clerc, à cultiver le champ du Seigneur par la prédication de la parole de Dieu, au grand profit des âmes.


Paul se rendit à Rome, où il se pénétra de la science théologique ; le souverain Pontife Benoît XIII l’éleva au sacerdoce, dignité qu’il reçut par obéissance. Ayant obtenu du même Pontife la permission de réunir des compagnons, il se retira dans la solitude du mont Argentaro, que la bienheureuse Vierge lui avait désignée depuis longtemps déjà, lui montrant en même temps un habit de couleur noire, orné des insignes de la passion de son Fils. Ce fut en ce lieu qu’il jeta les fondements de la nouvelle congrégation, prodiguant pour elle ses travaux et ses peines. Il vit bientôt des hommes d’élite grossir ses rangs, et, avec la bénédiction divine, elle prit un grand développement ; elle fut confirmée plus d’une fois par le siège apostolique, avec les règles que le Saint avait reçues de Dieu dans la prière, et le quatrième vœu de propager le souvenir béni de la passion du Seigneur. Il institua aussi des religieuses consacrées à méditer l’excès d’amour de l’Époux divin. Parmi tous ces soins, Paul ne cessait de prêcher l’Évangile avec un zèle avide du salut des âmes ; il amena dans la voie du salut un nombre d’hommes presque incalculable, parmi lesquels plusieurs grands scélérats et des hérésiarques. La puissance de sa parole était merveilleuse, surtout lorsqu’il faisait le récit de la passion du Christ ; versant lui-même une grande abondance de larmes et arrachant aussi des pleurs aux assistants, il brisait les cœurs endurcis des pécheurs, et les portait à la pénitence.

Une vive flamme d’amour divin avait fait son foyer dans sa poitrine, au point que la partie de son vêtement la plus voisine du cœur parut souvent comme brûlée par le feu, et que deux de ses côtes se soulevèrent. Il ne pouvait arrêter ses larmes quand il offrait le saint Sacrifice ; on le voyait fréquemment en extase, parfois le corps élevé de terre et le visage rayonnant d’une lumière surnaturelle. Pendant qu’il prêchait, il arriva qu’on entendît une voix du ciel lui suggérant ses paroles, ou encore que son sermon retentissait à plusieurs milles de distance. Il brilla par le don de prophétie, le don des langues, celui de pénétration des cœurs, comme aussi par son pouvoir sur les démons, les maladies et les éléments. Tandis qu’il était l’objet de l’affection et de la vénération des souverains Pontifes eux-mêmes, il se jugeait un serviteur inutile, le plus misérable des pécheurs, digne d’être foulé aux pieds par les démons. Enfin, ayant persévéré avec une fidélité inviolable, jusqu’à une extrême vieillesse, dans son genre de vie très austère, il donna à ses disciples d’admirables avis, comme pour leur transmettre son esprit en héritage ; réconforté par les sacrements de l’Église et par une vision céleste, il passa de la terre au ciel, à Rome, l’an mil sept cent soixante-quinze, au jour qu’il avait prédit. Le souverain Pontife Pie IX l’a inscrit au nombre des Bienheureux, puis parmi les Saints, à cause des nouveaux et éclatants miracles dus à son intercession

http://deojuvante.forumactif.org/t352-saint-paul-de-la-croix-28-avril#13610
Le même jour

Saint Vital, martyr

Vital, père des saints Gervais et Protais, était militaire ; entrant un jour dans Ravenne avec le juge Paulin, il vit chanceler dans les tourments un médecin nommé Urcisin, qu’on avait conduit au supplice pour avoir confessé la foi chrétienne. Vital s’écria : « Ursicin, toi qui, en qualité de médecin, as coutume de guérir les autres, prends garde de ne pas te donner à toi-même le coup de la mort éternelle ». Fortifié par ces paroles, Urcisin subit courageusement le martyre. Mais Paulin, irrité contre Vital, ordonna de le saisir, de le tourmenter sur le chevalet, puis de le jeter dans une fosse profonde et de l’accabler sous des pierres. Cet ordre ayant été exécuté, un prêtre d’Apollon, qui avait excité Paulin contre Vital, fut aussitôt tourmenté par le démon et se mit à crier : « Vital, Martyr du Christ, tu me brûles extrêmement » ; et violemment agité par le feu qui le torturait, il se précipita dans le fleuve.

http://deojuvante.forumactif.org/t1049-saint-vital-martyr#13611


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Message  gabrielle le Mar 29 Avr 2014, 9:22 am

Le 29 avril

Saint Pierre de Vérone, martyr.

Dom Guéranger. Année liturgique a écrit:Le héros que la sainte Église députe aujourd’hui vers Jésus ressuscité, a combattu si vaillamment que le martyre a couronné jusqu’à son nom. Le peuple chrétien l’appelle saint Pierre Martyr, en sorte que son nom et sa victoire ne se séparent jamais. Immolé par un bras hérétique, il est le noble tribut que la chrétienté du XIIIe siècle offrit au Rédempteur. Jamais triomphe ne recueillit de plus solennelles acclamations. Au siècle précédent, la palme cueillie par Thomas de Cantorbéry fut saluée avec transport par les peuples qui n’aimaient rien tant alors que la liberté de l’Église ; celle de Pierre fut l’objet d’une ovation pareille. Rien ne surpasse l’enthousiasme du grand Innocent IV, dans la Bulle pour la canonisation du martyr. « La foi chrétienne appuyée sur tant de prodiges, s’écrie-t-il, brille aujourd’hui d’un éclat nouveau. Voici qu’un nouvel athlète vient par son triomphe raviver nos allégresses. Les trophées de la victoire éclatent à nos regards, le sang répandu élève sa voix, la trompette du martyre retentit, la terre arrosée d’un sang généreux fait entendre son langage, la contrée qui a produit un si noble guerrier proclame sa gloire, et jusqu’au glaive parricide qui l’a immolé acclame sa victoire. Dans sa joie, l’Église-mère entonne au Seigneur un cantique nouveau, et le peuple chrétien va trouver matière à des chants d’allégresse qui n’avaient pas retenti encore. Un fruit délicieux cueilli dans le jardin de la foi vient d’être placé sur la table du Roi éternel. Une grappe choisie dans la vigne de l’Église a rempli de son suc généreux le calice royal ; la branche dont elle a été détachée par le fer était des plus adhérentes au cep divin. L’Ordre des Prêcheurs a produit une rose vermeille dont le parfum réjouit le Roi céleste. Une pierre choisie dans l’Église militante, taillée et polie par l’épreuve, a mérité sa place dans l’édifice du ciel . »

Ainsi s’exprimait le Pontife suprême, et les peuples répondaient en célébrant avec transport le nouveau martyr. Sa fête était gardée comme les solennités antiques par la suspension des travaux, et les fidèles accouraient aux églises des Frères-Prêcheurs, portant des rameaux qu’ils présentaient pour être bénits en souvenir du triomphe de Pierre Martyr. Cet usage s’est maintenu jusqu’à nos temps dans l’Europe méridionale, et les rameaux bénits en ce jour par les Dominicains sont regardés comme une protection pour les maisons où on les conserve avec respect.

Quel motif avait donc enflammé le zèle du peuple chrétien pour la mémoire de cette victime d’un odieux attentat ? C’est que Pierre avait succombé en travaillant à la défense de la foi, et les peuples n’avaient alors rien de plus cher que la foi. Pierre avait reçu la charge de rechercher les hérétiques manichéens, qui depuis longtemps infectaient le Milanais de leurs doctrines perverses et de leurs mœurs aussi odieuses que leurs doctrines. Sa fermeté, son intégrité dans l’accomplissement d’une telle mission, le désignaient à la haine des Patarins ; et lorsqu’il tomba victime de son noble courage, un cri d’admiration et de reconnaissance s’éleva dans la chrétienté. Rien donc de plus dépourvu de vérité que les déclamations des ennemis de l’Église et de leurs imprudents fauteurs, contre les poursuites que le droit public des nations catholiques avait décrétées pour déjouer et atteindre les ennemis de la foi. Dans ces siècles, aucun tribunal ne fut jamais plus populaire que celui qui était chargé de protéger la sainte croyance, et de réprimer ceux qui avaient entrepris de l’attaquer. Que l’Ordre des Frères-Prêcheurs, chargé principalement de cette haute magistrature, jouisse donc, sans orgueil comme sans faiblesse, de l’honneur qu’il eut de l’exercer si longtemps pour le salut du peuple chrétien. Que de fois ses membres ont rencontre une mort glorieuse dans l’accomplissement de leur austère devoir ! Saint Pierre Martyr est le premier des martyrs que ce saint Ordre a fournis pour cette grande cause ; mais les fastes dominicains en produisent un grand nombre d’autres, héritiers de son dévouement et émules de sa couronne. La poursuite des hérétiques n’est plus qu’un fait de l’histoire ; mais, à nous catholiques, il n’est pas permis de la considérer autrement que ne la considère l’Église. Aujourd’hui elle nous prescrit d’honorer comme martyr un de ses saints qui a rencontré le trépas en marchant à l’encontre des loups qui menaçaient les brebis du Seigneur ; ne serions-nous pas coupables envers notre mère, si nous osions apprécier autrement qu’elle le mérite des combats qui ont valu à Pierre la couronne immortelle ? Loin donc de nos cœurs catholiques cette lâcheté qui n’ose accepter les courageux efforts que firent nos pères pour nous conserver le plus précieux des héritages ! Loin de nous cette facilité puérile à croire aux calomnies des hérétiques et des prétendus philosophes contre une institution qu’ils ne peuvent naturellement que détester ! Loin de nous cette déplorable confusion d’idées qui met sur le même pied la vérité et l’erreur, et qui, de ce que l’erreur ne saurait avoir de droits, a osé conclure que la vérité n’en a pas à réclamer !

http://deojuvante.forumactif.org/t1050-saint-pierre-de-verone-martyr#13612


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Message  gabrielle le Mer 30 Avr 2014, 9:07 am

Le 30 avril

Sainte Catherine de Sienne, vierge.

Dom Guéranger, l'Année Liturgique a écrit:Le saint Ordre des Frères-Prêcheurs, qui présentait hier une rose vermeille à Jésus ressuscité [1], lui offre aujourd’hui un lis éclatant de blancheur. Catherine de Sienne succède sur le Cycle à Pierre Martyr : touchante association qui forme l’un des plus riches épisodes du Temps pascal. Notre divin Roi a droit à tous les genres de tributs, en ces derniers moments de son séjour avec nous ; et puisque la nature terrestre n’offre en cette saison que fleurs et parfums, il est juste que le monde spirituel épanouisse à la gloire de l’auteur de la grâce ses plus nobles et ses plus odorantes productions.

Qui oserait entreprendre de raconter les mérites de Catherine, d’énumérer seulement les titres de gloire dont son nom est entouré ? Entre les épouses de Jésus elle occupe un des premiers rangs. Vierge fidèle, elle s’unit à l’Époux divin dès ses premières années. Sa vie, consacrée par un si noble vœu, s’écoula au sein de la famille, afin qu’elle fût à même de remplir les hautes missions que la divine Providence lui destinait. Mais le Seigneur, qui voulait néanmoins glorifier par elle le saint état de la Religion, lui inspira de s’unir par la profession du Tiers-Ordre à l’illustre famille du grand Patriarche des Frères-Prêcheurs. Elle en revêtit l’habit, et en pratiqua toute sa vie les saints exercices.

Dès le début de cette sublime carrière, on devine sous les allures de la servante de Dieu quelque chose de céleste, comme si un ange se fût imposé de venir habiter ici-bas, pour y mener dans un corps une vie humaine. Son essor vers Dieu est comme irrésistible, et donne l’idée de cet élan qui entraîne vers le souverain bien les âmes glorifiées, aux yeux desquelles il se montre pour jamais. En vain le poids de la chair mortelle menace d’appesantir le vol du Séraphin terrestre : l’énergie de la pénitence la mate, l’assouplit et l’allège. L’âme semble vivre seule dans ce corps transformé. L’aliment divin de l’Eucharistie suffit à le soutenir ; et l’union avec le Christ devient si complète, que ses plaies sacrées s’impriment sur les membres de la vierge, et lui donnent à goûter les cuisantes et ineffables douleurs de la Passion.

Du sein de cette vie si élevée au-dessus de l’humanité, Catherine n’est étrangère à aucun des besoins de ses frères. Son zèle est tout de feu pour leurs âmes, sa compassion tendre comme celle d’une mère pour les infirmités de leurs corps. Dieu a ouvert pour elle la source des prodiges, et Catherine les dispense à pleines mains sur les hommes. La mort et les maladies cèdent à son empire, et les miracles des anciens jours se multiplient autour d’elle.

Les communications divines ont commencé pour elle dès ses premières années, et l’extase est devenue son état presque habituel. Ses yeux ont souvent vu notre divin Ressuscité qui lui prodigue les caresses et les épreuves. Les plus hauts mystères sont descendus à sa portée, et une science qui n’a rien de la terre illumine son intelligence. Cette fille sans lettres dictera des écrits sublimes, où les vues les plus profondes sur la doctrine céleste sont exposées avec une précision et une éloquence surhumaines, avec un accent qui pénètre encore les âmes aujourd’hui.

Mais le Ciel ne veut pas que tant de merveilles demeurent ensevelies dans un coin de l’Italie. Les saints sont les soutiens de l’Église ; et si leur action est souvent mystérieuse et cachée, quelquefois aussi elle se révèle aux regards des hommes. On voit alors au grand jour les ressorts à l’aide desquels Dieu gouverne le monde. Il s’agissait, à la fin du XIVe siècle, de restituer à la ville sainte la présence du vicaire du Christ, tristement absent de son siège depuis plus de soixante ans. Une âme sainte pouvait, dans le secret de la face de Dieu, par ses mérites et ses prières, déterminer cette heureuse crise vers laquelle l’Église aspirait tout entière ; le Seigneur voulut cette fois que tout se passât au grand jour. Au nom de Rome délaissée, au nom de son Époux divin qui est aussi celui de l’Église, Catherine franchit les Alpes, et se présente au Pontife qui n’a jamais vu Rome et dont Rome ignore les traits. La Prophétesse lui intime avec respect le devoir qu’il doit remplir ; pour garantir la mission qu’elle exerce, elle lui révèle un secret dont lui seul a conscience. Grégoire XI est vaincu, et la Ville éternelle revoit enfin son pasteur et son père. Mais, à la mort du Pontife, un schisme effrayant, présage sinistre de plus grands malheurs, vient déchirer le sein de l’Église. Catherine lutte contre la tempête jusqu’à sa dernière heure ; mais la trente-troisième année de sa vie s’accomplit ; l’Époux divin ne veut pas qu’elle dépasse l’âge qu’il a consacré en sa personne ; il est temps que la vierge aille continuer dans les cieux son ministère d’intercession pour l’Église qu’elle a tant aimée, pour les âmes rachetées dans le sang de son Époux.

Notre divin Ressuscité qui l’appela aux embrassements éternels dans ces jours du Temps pascal, lui avait accordé ici-bas une faveur qui la désigne à notre vénération spéciale en ce moment Un jour, il lui apparut avec sa très sainte Mère ; et Marie-Madeleine qui annonça la Pâque aux Apôtres accompagnait respectueusement le fils et la mère. Le cœur de Catherine se fondit d’amour dans cette visite ; à la fin ses yeux s’arrêtèrent sur Madeleine, dont elle goûtait et enviait à la fois le bonheur. Jésus lui dit : « Bien-aimée, je te la donne pour mère ; adresse-toi désormais à elle en toute assurance ; je la charge spécialement de toi. » A partir de ce jour, une tendresse filiale pour l’amante du Sauveur s’empara du cœur de Catherine, et dès lors elle ne la nomma plus que sa mère.

http://deojuvante.forumactif.org/t298-sainte-catherine-de-sienne#3132


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Message  gabrielle le Jeu 01 Mai 2014, 8:22 am

le 1 mai

SAINT JOSEPH ARTISAN

ÉPOUX de la Bse VIERGE MARIE, Confesseur

Des Actes du Pape Pie XII.

L’Église, mère très attentive de tous les hommes, a multiplié les efforts pour protéger et soulager les travailleurs, instituant et favorisant leurs associations que le Pontife Suprême Pie XII a voulu depuis longtemps confier au très puissant patronage de saint Joseph. En effet, saint Joseph, du fait qu’il était le père putatif du Christ qui daigna être appelé charpentier et fils du charpentier, à cause du lien étroit qui l’unissait à Jésus, puisa abondamment cet esprit par lequel le travail est ennobli et dépassé. De manière semblable, ces associations de travailleurs doivent tendre à ce que le Christ soit toujours présent en elles, dans leurs membres et dans les familles de ceux-ci et enfin en toute réunion de travailleurs ; en effet le but premier de ces associations est de garder et de nourrir la vie chrétienne chez leurs membres, et d’étendre le règne de Dieu, surtout chez les compagnons du même atelier.


Cette sollicitude de l’Église envers la nouvelle union des ouvriers a fourni argument au Pape lorsque, saisissant l’occasion d’une assemblée de travailleurs réunie à Rome le Ier mai 1955, il s’adressa à une foule immense rassemblée sur la place Saint-Pierre et recommanda hautement la formation des travailleurs. Car celle-ci à notre époque réclame une place croissante, afin que les travailleurs, pleinement conscients de la doctrine chrétienne, évitent les erreurs qui pullulent relativement à la constitution de la société et aux problèmes économiques, qu’ils connaissent bien l’ordre moral institué par Dieu, que l’Église révèle et interprète, sur les droits et les devoirs des travailleurs, et, devenus participants à la gestion de l’entreprise, collaborent effectivement à son organisation. Car c’est le Christ qui, le premier au monde, a promulgué et transmis à son Église les principes qui demeurent immuables et très puissants pour la solution de ces problèmes.

Et pour que la dignité du travail humain, et les principes qui la fondent se gravent plus profondément dans les esprits, Pie XII institua la fête de saint Joseph travailleur, pour qu’il donne son exemple et sa protection à toutes les unions de travail. A son exemple, en effet, ceux qui exercent les professions laborieuses doivent apprendre selon quel plan et quel esprit ils doivent accomplir leur charge afin qu’en obéissant tout d’abord à l’ordre de Dieu, ils soumettent la terre et contribuent à la prospérité économique, tout en gagnant en même temps les récompenses de la vie éternelle. Et le gardien prévoyant de la Famille de Nazareth n’abandonnera pas ceux qui sont ses compagnons de métier et de travail : il les couvrira de sa protection et il enrichira leurs maisons par les richesses célestes. Très à propos, le Souverain Pontife a ordonné de célébrer cette fête le Ier mai, jour qu’ont adopté les associations de travailleurs. On peut donc en espérer que ce jour, consacré à saint Joseph travailleur, n’exaspérera plus les haines ni n’excitera les conflits désormais, mais que, revenant chaque année, il invitera tous les hommes à accomplir de plus en plus ce qui manque à la paix civile, et même qu’il stimulera les gouvernants à réaliser activement ce que réclame le bon ordre de la communauté humaine.

Début du mois de Marie.
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Message  gabrielle le Sam 03 Mai 2014, 9:40 am

Le 2 mai

Saint Athanase, évêque, confesseur et docteur


Dom Guéranger, l'Année Liturgique a écrit:Le cortège de notre divin Roi, qui s’accroît chaque jour d’une manière si brillante, se renforce aujourd’hui par l’arrivée de l’un des plus valeureux champions qui aient jamais combattu pour sa gloire. Est-il un nom plus illustre que celui d’Athanase parmi les gardiens de la Parole de vérité que Jésus a confiée à la terre ? ce nom n’exprime-t-il pas à lui seul le courage indomptable dans la garde du dépôt sacré, la fermeté du héros en face des plus terribles épreuves, la science, le génie, l’éloquence, tout ce qui peut retracer ici-bas l’idéal de la sainteté du Pasteur unie à la doctrine de l’interprète des choses divines ? Athanase a vécu pour le Fils de Dieu ; la cause du Fils de Dieu fut la même que celle d’Athanase ; qui bénissait Athanase bénissait le Verbe éternel, et celui-là maudissait le Verbe éternel qui maudissait Athanase.

Jamais notre sainte foi ne courut sur la terre un plus grand péril que dans ces tristes jours qui suivirent la paix de l’Église, et furent témoins de la plus affreuse tempête que la barque de Pierre ait jamais essuyée. Satan avait en vain espéré éteindre dans des torrents de sang la race des adorateurs de Jésus ; le glaive de Dioclétien et de Galérius s’était émoussé dans leurs mains, et la croix paraissant au ciel avait proclamé le triomphe du christianisme. Tout à coup l’Église victorieuse se sent ébranlée jusque dans ses fondements ; dans son audace l’enfer a vomi sur la terre une hérésie qui menace de dévorer en peu de jours le fruit de trois siècles de martyre. L’impie et obscur Arius ose dire que celui qui fut adoré comme le Fils de Dieu par tant de générations depuis les Apôtres, n’est qu’une créature plus parfaite que les autres. Une immense défection se déclare jusque dans les rangs de la hiérarchie sacrée ; la puissance des Césars se met au service de cette épouvantable apostasie ; et si le Seigneur lui-même n’intervient, les hommes diront bientôt sur la terre que la victoire du christianisme n’a eu d’autre résultat que de changer l’objet de l’idolâtrie, en substituant sur les autels une créature à d’autres qui avaient reçu l’encens avant elle.

Mais celui qui avait promis que les portes de l’enter ne prévaudraient jamais contre son Église, veillait à sa promesse. La foi primitive triompha ; le concile de Nicée reconnut et proclama le Fils consubstantiel au Père ; mais il fallait à l’Église un homme en qui la cause du Verbe consubstantiel fut, pour ainsi dire, incarnée, un homme assez docte pour déjouer tous les artifices de l’hérésie, assez fort pour attirer sur lui tous ses coups, sans succomber jamais. Ce fut Athanase ; quiconque adore et aime le Fils de Dieu doit aimer et glorifier Athanase. Exilé jusqu’à cinq fois de son Église d’Alexandrie, poursuivi à mort par les ariens, il vint chercher tantôt un refuge, et tantôt un lieu d’exil dans l’Occident, qui apprécia l’illustre confesseur de la divinité du Verbe. Pour prix de l’hospitalité que Rome s’honora de lui accorder, Athanase lui fit part de ses trésors. Admirateur et ami du grand Antoine, il cultivait avec une tendre affection l’élément monastique, que la grâce de l’Esprit-Saint avait fait éclore dans les déserts de son vaste patriarcat ; il porta à Rome cette précieuse semence, et les moines qu’il y amena furent les premiers que vit l’Occident. La plante céleste s’y naturalisa ; et si sa croissance fut lente d’abord, elle y fructifia dans la suite au delà de ce qu’elle avait fait en Orient.

Athanase, qui avait su exposer avec tant de clarté et de magnificence dans ses sublimes écrits le dogme fondamental du christianisme, la divinité de Jésus-Christ, a célébré le mystère de la Pâque avec une éloquente majesté dans les Lettres festales qu’il adressait chaque année aux Églises de son patriarcat d’Alexandrie. La collection de ces lettres, que l’on regardait comme perdues sans retour, et qui n’étaient connues que par quelques courts fragments, a été retrouvée presque tout entière, dans le monastère de Sainte-Marie de Scété, en Égypte. La première, qui se rapporte à l’année 329, débute par ces paroles qui expriment admirablement les sentiments que doit réveiller chez tous les chrétiens l’arrivée de la Pâque : « Venez, mes bien-aimés, dit Athanase aux fidèles soumis à son autorité pastorale, venez célébrer la fête ; l’heure présente vous y invite. En dirigeant sur nous ses divins rayons, le Soleil de justice nous annonce que l’époque de la solennité est arrivée. A cette nouvelle, faisons fête, et ne laissons pas l’allégresse s’enfuir avec le temps qui nous l’apporte, sans l’avoir goûtée. » Durant ses exils, Athanase continua d’adresser à ses peuples la Lettre pascale ; quelques années seulement en furent privées. Voici le commencement de celle par laquelle il annonçait la Pâque de l’année 338 ; elle fut envoyée de Trêves à Alexandrie. « Bien qu’éloigné de vous, mes Frères, je n’ai garde de manquer à la coutume que j’ai toujours observée à votre égard, coutume que j’ai reçue de la tradition des Pères. Je ne resterai pas dans le silence, et je ne manquerai pas de vous annoncer l’époque de la sainte Fête annuelle, et le jour auquel vous en devez célébrer la solennité. En proie aux tribulations dont vous avez sans doute entendu parler, accablé des plus graves épreuves, placé sous la surveillance des ennemis de la vérité qui épient tout ce que j’écris, afin d’en faire une matière d’accusation et d’accroître par là mes maux, je sens néanmoins que le Seigneur me donne de la force et me console dans mes angoisses. J’ose donc vous adresser la proclamation annuelle, et c’est au milieu de mes chagrins, à travers les embûches qui m’environnent, que je vous envoie des extrémités de la terre l’annonce de la Pâque qui est notre salut. Remettant mon sort entre les mains du Seigneur, j’ai voulu célébrer avec vous cette fête : la distance des lieux nous sépare, mais je ne suis pas absent de vous. Le Seigneur qui accorde les fêtes, qui est lui-même notre fête, qui nous fait don de son Esprit, nous réunit spirituellement par le lien de la concorde et de la paix. »

Qu’elle est magnifique, cette Pâque célébrée par Athanase exilé sur les bords du Rhin, en union avec son peuple qui la fêtait sur les rives du Nil ! Comme elle révèle le lien puissant de la sainte Liturgie pour unir les hommes et leur faire goûter au même moment, et en dépit des distances, les mêmes émotions saintes, pour réveiller en eux les mêmes aspirations de vertu ! Grecs ou barbares, l’Église est notre patrie commune ; mais la Liturgie est, avec la Foi, le milieu dans lequel nous ne formons tous qu’une même famille, et la Liturgie n’a rien de plus expressif dans le sens de l’unité que la célébration de la Pâque. Les malheureuses Églises de l’Orient et de l’empire russe, en s’isolant du reste du monde chrétien pour fêter à un jour qui n’est qu’à elles la Résurrection du Sauveur, montrent déjà par ce seul fait qu’elles ne font pas partie de l’unique bergerie dont il est l’unique pasteur.

Dom Guéranger, n'aurait pas imaginé ce que nous vivons de nos jours.
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Message  gabrielle le Sam 03 Mai 2014, 9:48 am

Le 3 mai

Invention de la Sainte Croix

Après l’insigne victoire que remporta sur Maxime l’empereur Constantin, auquel le signe de la Croix du Seigneur avait été manifesté, Hélène, mère de Constantin, avertie en songe, vint à Jérusalem dans le dessein d’y rechercher la Croix. Sur le Calvaire, elle fit abattre une statue de marbre représentant Vénus ; c’était pour abolir tout souvenir de la passion de Jésus-Christ, que les Gentils avaient, depuis environ cent quatre-vingts ans, placé cette statue à l’endroit même où la Croix avait été plantée. Hélène agit de même au lieu où était la crèche du Sauveur, et au lieu où il était ressuscité, ayant fait enlever du premier le simulacre d’Adonis, et du second, celui de Jupiter.

On déblaya l’endroit où devait être la Croix, et, en creusant, l’on découvrit trois croix profondément enfouies, mais le titre de la Croix du Seigneur fut trouvé à part et comme l’on ne voyait pas à laquelle des trois croix il avait été fixé, un miracle mit fin au doute. Macaire, Évêque de Jérusalem, après avoir fait adresser à Dieu des prières, fit toucher l’une après l’autre les trois croix à une femme qui était gravement malade. L’attouchement des deux premières ne lui fut d’aucun secours, mais lorsqu’on eut approché la troisième de l’infirme, cette personne fut aussitôt guérie.

Ayant ainsi retrouvé la croix, instrument de notre salut, Hélène éleva au même lieu une église, vraiment magnifique où elle laissa une partie de la Croix, enfermée dans une châsse d’argent ; elle en apporta une autre partie à son fils Constantin, et on la déposa à Rome dans l’église appelée Sainte-Croix-de-Jérusalem, construite sur l’emplacement du palais de Sertorius. Hélène remit encore à son fils les clous avec lesquels le très saint corps de Jésus-Christ avait été attaché. C’est alors que Constantin porta une loi, pour défendre qu’on fît désormais subir à quelqu’un le supplice de la croix ; et ainsi la croix qui avait été jusqu’alors pour les hommes un sujet d’opprobre et de mépris, devint un objet de vénération et de gloire.

Lecture du saint Évangile selon saint Jean.
En ce temps-là : Il y avait parmi les pharisiens un homme appelé Nicodème, un des premiers des Juifs. Il vint la nuit auprès de Jésus, et Lui dit : Maître, nous savons que Vous êtes venu de la part de Dieu comme docteur. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque.

Nicodème était donc un de ceux qui avaient cru au nom de Jésus, à la vue des miracles et des prodiges qu’il opérait. En effet, l’Évangéliste a dit plus haut : « Lorsqu’il était à Jérusalem pendant la fête de Pâques, beaucoup crurent en son nom ». Pourquoi crurent-ils en son nom ? Saint Jean le marque par ce qui suit : « Voyant les miracles que Jésus faisait ». Et que dit-il de Nicodème ? « Il y avait un des chefs des Juifs, nommé Nicodème ; il vint la nuit à Jésus, et lui dit : Maître, nous savons que vous êtes un docteur envoyé de Dieu ». Nicodème avait donc lui-même cru en son nom. Quel motif l’avait déterminé à croire ? Nous le voyons par ces paroles qu’il ajoute : « Car personne ne pourrait faire les prodiges que vous faites, si Dieu n’était avec lui ».

Si donc Nicodème était parmi ceux qui, en grand nombre, avaient cru au nom de Jésus, considérons dans sa personne les raisons pour lesquelles Jésus ne se confiait pas à eux. Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis : si quelqu’un ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ». Jésus se confie donc à ceux qui ont pris une nouvelle naissance. Ceux-là croyaient en Jésus, et Jésus ne se confiait point à eux. Tels sont tous les catéchumènes ; déjà ils ont foi au nom du Christ, mais Jésus ne se donne point à eux.

Que votre charité y fasse attention, et elle comprendra ce que je dis. Si nous demandons à un catéchumène : Croyez-vous en Jésus-Christ ? Je crois, répond-il, et il fait sur lui-même le signe de la croix ; il porte ce signe sur le front et il ne rougit pas de la Croix de son Maître. Il croit donc en son nom. Interrogeons-le encore : Mangez-vous la chair du Fils de l’homme et buvez-vous son sang ? Il ne sait ce que nous voulons lui dire, parce que Jésus ne s’est pas encore confié à lui.

Le même jour

Sts Alexandre Ier, pape, Eventius et Théodule, martyrs et Juvénal, évêque et confesseur

Alexandre, né à Rome, gouverna l’Église sous l’empereur Adrien, et convertit au Christ une grande partie de la noblesse romaine. Il arrêta que l’oblation du sacrifice consisterait uniquement dans le pain et le vin, et que l’on mêlerait de l’eau avec le vin, à cause du sang et de l’eau qui coulèrent du côté de Jésus-Christ ; il ajouta au Canon de la Messe ces mots : Qui la veille du jour où il endura la passion. Ce Pontife décréta que l’on conserverait toujours dans l’Église de l’eau bénite mêlée de sel, et qu’il en serait fait usage dans les habitations pour chasser les démons. Il siégea dix ans, cinq mois et vingt jours, illustre par la sainteté de sa vie et ses ordonnances salutaires. Il reçut la couronne du martyre en même temps que les Prêtres Évence et Théodule, et fut inhumé sur la voie Nomentane, à trois milles de Rome, au lieu même où il avait eu la tête tranchée. Il avait ordonné en plusieurs fois, au mois de décembre, six Prêtres, deux Diacres et sacré cinq Évêques pour divers lieux. Les corps de ces Saints furent transportés dans la suite à Rome dans l’église de Sainte-Sabine. En ce même jour arriva la bienheureuse mort de saint Juvénal, Évêque de Narni, qui après avoir, par sa sainteté et sa doctrine, enfanté beaucoup de fidèles au Christ dans cette ville, et s’être rendu célèbre par des miracles, s’endormit dans la paix, et fut enseveli avec honneur dans sa ville épiscopale.


Dernière édition par gabrielle le Jeu 22 Jan 2015, 7:54 am, édité 1 fois
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Message  gabrielle le Dim 04 Mai 2014, 9:16 am

Le 4 mai

Sainte Monique, veuve


Leçons des Matines avant 1960 a écrit:
Monique, deux fois mère de saint Augustin, puisqu’elle l’enfanta pour le monde et pour le ciel, ayant perdu son mari, qu’elle avait gagné à Jésus-Christ dans sa vieillesse, sanctifia son veuvage par la continence et la pratique des œuvres de miséricorde. Dans les prières assidues qu’elle adressait à Dieu pour son fils, tombé dans la secte des Manichéens, Monique répandait des larmes abondantes. Elle le suivit même à Milan, et là elle l’exhortait fréquemment à aller voir l’Évêque Ambroise. Il le fit, et, instruit de la vérité de la foi catholique, tant par les discours publics du saint Prélat que par des entretiens particuliers, il reçut de lui le baptême.

Monique et Augustin partirent peu après pour retourner en Afrique ; mais quand ils s’arrêtèrent à Ostie, la Sainte fut prise de la fièvre. Durant sa maladie, il lui arriva un jour de tomber en défaillance. « Où étais-je ? » dit-elle, dès qu’elle reprit ses sens. Puis, regardant ceux qui l’assistaient : « Ensevelissez ici votre mère ; je vous demande seulement de vous souvenir de moi à l’autel du Seigneur ». Le neuvième jour, cette bienheureuse femme rendit son âme à Dieu. Son corps fut inhumé en l’église de Sainte-Aure, à Ostie ; dans la suite, on le transféra à Rome, sous le pontificat de Martin V ; il a été placé avec honneur dans l’église de Saint-Augustin.

Du IXe Livre des Confessions, c. 12.

Augustin, après avoir parlé de la mort de sa mère, ajoute : « Nous ne pensions pas qu’il fût juste de mener le deuil avec des sanglots et des gémissements, car sa mort n’était ni malheureuse ni entière : nous en avions pour garants sa vertu, sa foi sincère et les raisons les plus certaines. Peu à peu, ô Dieu, je rentrai dans mes premières pensées sur votre servante, et me rappelant sa sainte vie, son pieux amour pour vous, et cette tendresse prévenante qui tout à coup me manquait, je goûtai la douceur de pleurer en votre présence sur elle et pour elle. Et si quelqu’un m’accuse comme d’un péché d’avoir donné à peine une heure de larmes à ma mère, morte pour un peu de temps à mes yeux, ma mère qui m’avait pleuré tant d’années pour me faire vivre devant vous, qu’il se garde de rire, mais que plutôt, s’il est de grande charité, lui-même vous offre ses pleurs pour mes péchés, à vous, Père de tous les frères de votre Christ ».

A la Messe

Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 7, 11-16.

En ce temps-là : Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm ; et ses disciples allaient avec lui, ainsi qu’une foule nombreuse. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque.

Si la résurrection de ce jeune homme, comble de joie la veuve, sa mère, notre mère la sainte Église se réjouit aussi en voyant chaque jour des hommes ressusciter spirituellement. Le fils de la veuve était mort de la mort du corps, ceux-ci sont morts de la mort de l’âme. On pleurait visiblement la mort visible du premier, mais on ne s’occupait, on ne s’apercevait même pas de la mort invisible de ces derniers. Celui qui connaissait ces morts s’occupa d’eux, et celui-là seul les connaissait qui pouvait leur rendre la vie. En effet, si le Seigneur n’était pas venu pour ressusciter ces morts, l’Apôtre ne dirait pas : « Lève-toi, toi qui dors ; lève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera ».

Nous trouvons dans l’Évangile trois morts ressuscités visiblement par le Seigneur, mais il a ressuscité par milliers, des hommes frappés d’une mort invisible. Qui peut savoir combien de morts il a rendus visiblement à la vie ? Car tout ce qu’il a fait n’est pas écrit. « Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites, dit saint Jean ; si elles étaient écrites en détail, je ne pense pas que le monde lui-même pût contenir les livres qu’il faudrait écrire ». Beaucoup d’autres, sans doute, ont donc été ressuscités, mais ce n’est pas sans raison qu’il n’est fait mention que de trois. Notre Seigneur Jésus-Christ voulait qu’on entendît dans un sens spirituel, les miracles qu’il opérait sur les corps. Il ne faisait pas des miracles pour les miracles seulement, mais il voulait qu’en excitant l’admiration de ceux oui les voyaient, ils fussent encore pleins de vérité pour ceux qui en comprenaient le sens.

Celui qui voit des caractères dans un livre parfaitement écrit, et qui ne sait point lire, loue, il est vrai, l’habileté du copiste, en admirant la beauté des caractères, mais il en ignore la destination et le sens ; il loue ce qui frappe ses yeux, mais son esprit ne le pénètre pas. Un autre, au contraire, non content de louer l’adresse de l’écrivain, comprend le sens des caractères : non seulement il voit ce que tout le monde peut voir, mais il sait lire ces caractères ; ce que ne peut le premier qui n’a point appris à le faire. De même, ceux qui ont été les témoins oculaires des miracles de Jésus-Christ, sans saisir la signification de ces miracles et ce qu’ils font, d’une certaine manière, entendre à ceux qui comprennent, ceux-là n’ont admiré que le fait matériel du miracle ; mais d’autres, non contents d’admirer les faits extérieurs, ont compris ce qu’ils signifiaient. Nous devons être comme ceux-ci à l’école du Christ.
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Message  gabrielle le Lun 05 Mai 2014, 9:17 am

Le 5 mai

Saint Pie V, pape

Bréviaire avant 1960 a écrit: Pie, né dans une ville du Piémont nommée Bosco, de la noble famille des Ghisleri, originaire de Bologne, entra à l’âge de quatorze ans dans l’Ordre des Frères Prêcheurs. On remarquait en lui une admirable patience, une profonde humilité, une très grande austérité de vie, une application continuelle à l’oraison, et le zèle le plus ardent pour l’observance régulière et la gloire de Dieu. Il s’adonna à l’étude de la philosophie et de la théologie, et excella tellement dans ces sciences, qu’il s’acquitta avec un grand succès de la charge de les enseigner. Il fit en plusieurs lieux des conférences sacrées très fructueuses, remplit longtemps avec une force d’âme inviolable les fonctions d’inquisiteur, et préserva, au péril même de sa vie, un grand nombre de villes de l’hérésie qui s’efforçait de les envahir.

Paul IV, à qui ses vertus le rendaient cher, le promut d’abord à l’évêché de Népi et Sutri, et, deux ans après, le mit au rang des Cardinaux Prêtres de l’Église romaine. Transféré par Pie IV au siège de Mondovi, dans le Piémont, il reconnut que beaucoup d’abus s’étaient introduits dans cette Église, et fit la visite de son diocèse pour les extirper. Lorsque toutes choses furent remises en ordre, il revint à Rome, où il fut occupé des négociations les plus importantes dans l’expédition desquelles il prit toujours le parti de la justice, et déploya une liberté apostolique et une grande constance. A la mort de Pie IV, il fut élu Pape, contre l’attente générale ; mais, sauf l’extérieur, il ne changea rien à sa manière de vivre. Il eut un zèle incessant pour la propagation de la foi, une sollicitude infatigable pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique, une vigilance assidue pour l’extirpation des erreurs, une bienfaisance inépuisable pour soulager les nécessités des indigents, un courage invincible pour défendre les droits du siège apostolique.

Le sultan des Turcs, Sélim, dont les succès avaient accru l’audace, ayant réuni une flotte nombreuse près des îles Cursolaires, fut vaincu, grâce à Pie V, et plus encore au moyen des prières adressées à Dieu qu’au moyen des armes. Ce Pontife connut cette victoire par une révélation divine à l’heure même où elle fut obtenue, et il l’annonça aux personnes qui se trouvaient avec lui. Il préparait une nouvelle expédition contre les Turcs lorsqu’il tomba gravement malade ; il supporta avec une grande patience de très cruelles douleurs, et étant arrivé à l’extrémité, reçut les sacrements selon l’usage, puis rendit son âme à Dieu dans une paix profonde, l’an mil cinq cent soixante-douze, âgé de soixante-huit ans, après avoir siégé six ans, trois mois et vingt-quatre jours. Son corps est l’objet d’une grande vénération de la part des fidèles dans la basilique de Sainte Marie-Majeure. Dieu opéra de nombreux miracles en faveur de ceux qui recouraient à l’intercession de Pie V, et ces prodiges ayant été prouvés juridiquement, il a été inscrit au nombre des Saints par le Souverain Pontife Clément XI.

Dom Guéranger, l'Année Liturgique a écrit:La vie entière de Pie V a été un combat. Dans les temps agités où il fut placé au gouvernail de la sainte Église, l’erreur venait d’envahir une vaste portion de la chrétienté, et menaçait le reste. Astucieuse et souple dans les lieux où elle ne pouvait développer son audace, elle convoitait l’Italie ; son ambition sacrilège était de renverser la chaire apostolique, et d’entraîner sans retour le monde chrétien tout entier dans les ténèbres de l’hérésie. Pie défendit avec un dévouement inviolable la Péninsule menacée. Avant d’être élevé aux honneurs du pontificat suprême, il exposa souvent sa vie pour arracher les villes à la séduction. Imitateur fidèle de Pierre Martyr, on ne le vit jamais reculer en présence du danger, et partout les émissaires de l’hérésie s’enfuirent à son approche. Placé sur la chaire de saint Pierre, il sut imprimer aux novateurs une terreur salutaire, il releva le courage des souverains de l’Italie, et, par des rigueurs modérées, il vint à bout de refouler au delà des Alpes le fléau qui allait entraîner la destruction du christianisme en Europe, si les États du Midi ne lui eussent opposé une barrière invincible. Le torrent de l’hérésie s’arrêta. Depuis lors, le protestantisme, réduit à s’user sur lui-même, donne le spectacle de cette anarchie de doctrines qui eût désolé le monde entier, sans la vigilance du Pasteur qui, soutenant avec un zèle indomptable les défenseurs de la vérité dans tous les États où elle régnait encore, s’opposa comme un mur d’airain à l’envahissement de l’erreur dans les contrées où il commandait en maître.

Un autre ennemi, profitant des divisions religieuses de l’Occident, s’élançait en ces mêmes jours sur l’Europe, et l’Italie n’allait être que sa première proie. Sortie du Bosphore, la flotte ottomane se dirigeait avec fureur sur la chrétienté ; et c’en était fait, si l’énergique Pontife n’eût veillé pour le salut de tous. Il sonne l’alarme, il appelle aux armes les princes chrétiens. L’Empire et la France, déchirés par les factions que l’hérésie a fait naître dans leur sein, entendent l’appel, mais ils restent immobiles ; l’Espagne seule, avec Venise et la petite flotte papale, répondent aux instances du Pontife, et bientôt la croix et le croissant se trouvent en présence dans le golfe de Lépante. Les prières de Pie V décidèrent la victoire en faveur des chrétiens, dont les forces étaient de beaucoup inférieures à celles des Turcs. Nous retrouverons ce grand souvenir sur le Cycle, en octobre, à la fête de Notre-Dame du Rosaire. Mais il faut rappeler aujourd’hui la prédiction que fit le saint Pape, sur le soir de la grande journée du 7 octobre 1571. Depuis six heures du matin jusqu’aux approches de la nuit, la lutte durait entre la flotte chrétienne et la flotte musulmane. Tout à coup le Pontife, poussé par un mouvement divin, regarda fixement le ciel ; il se tint en silence durant quelques instants, puis se tournant vers les personnes qui étaient présentes : « Rendons grâces à Dieu, leur dit-il ; la victoire est aux chrétiens. » Bientôt la nouvelle arriva à Rome ; et dans toute la chrétienté on ne tarda pas à savoir qu’un Pape avait encore une fois sauvé l’Europe. La défaite de Lépante porta à la puissance ottomane un coup dont elle ne s’est jamais relevée ; l’ère de sa décadence date de cette journée fameuse.

Les travaux de saint Pie V pour la régénération des mœurs chrétiennes, l’établissement de la discipline du concile de Trente, et la publication du Bréviaire et du Missel réformés, ont fait de son pontificat de six années l’une des époques les plus fécondes dans l’histoire de l’Église. Plus d’une fois les protestants se sont inclinés d’admiration en présence de ce vigoureux adversaire de leur prétendue réforme. « Je m’étonne, disait Bacon, que L’Église Romaine n’ait pas encore canonisé ce grand homme. » Pie V ne fut, en effet, placé au nombre des Saints qu’environ cent trente ans après sa mort : tant est grande l’impartialité de l’Église Romaine, lors même qu’il s’agit de décerner les honneurs de l’apothéose à ses chefs les plus respectés.

La gloire des miracles couronna dès ce monde le vertueux Pontife : nous rappellerons ici deux de ses prodiges les plus populaires. Traversant un jour, avec l’ambassadeur de Pologne, la place du Vatican, qui s’étend sur le sol où fut autrefois le cirque de Néron, il se sent saisi d’enthousiasme pour la gloire et le courage des martyrs qui souffrirent en ce lieu dans la première persécution. Il se baisse, et prend dans sa main une poignée de poussière dans ce champ du martyre, foulé par tant de générations de fidèles depuis la paix de Constantin. Il verse cette poussière dans un linge que lui présente l’ambassadeur ; mais lorsque celui-ci, rentré chez lui, ouvre le linge, il le trouve tout imprégné d’un sang vermeil que l’on eût dit avoir été versé à l’heure même : la poussière avait disparu. La foi du Pontife avait évoqué le sang des martyrs, et ce sang généreux reparaissait à son appel pour attester, en face de l’hérésie, que l’Église Romaine, au XVIe siècle, était toujours celle pour laquelle ces héros avaient donné leur vie sous Néron.

La perfidie des hérétiques tenta plus d’une fois de mettre fin à une vie qui laissait sans espoir de succès leurs projets pour l’envahissement de l’Italie. Par un stratagème aussi lâche que sacrilège, secondés par une odieuse trahison, ils enduisirent d’un poison subtil les pieds du crucifix que le saint Pontife avait dans son oratoire, et sur lequel il collait souvent ses lèvres. Pie V, dans la ferveur de sa prière, se prépare à donner cette marque d’amour au Sauveur des hommes sur son image sacrée ; mais tout à coup, ô prodige ! Les pieds du crucifix se détachent de la croix, et semblent fuir les baisers respectueux du vieillard. Pie V comprit alors que la malice de ses ennemis avait voulu transformer pour lui en instrument de mort jusqu’au bois qui nous a rendu la vie.

Un dernier trait encouragera les fidèles, par l’exemple du grand Pontife, à cultiver la sainte Liturgie dans le temps de l’année où nous sommes. Au lit de la mort, jetant un dernier regard sur l’Église de la terre qu’il allait quitter pour celle du ciel, et voulant implorer une dernière fois la divine bonté en faveur du troupeau qu’il laissait exposé à tant de périls, il récita d’une voix presque éteinte cette strophe des Hymnes du Temps pascal : « Créateur des hommes, daignez, en ces jours remplis des allégresses de la Pâque, préserver votre peuple des assauts de la mort. » Ayant achevé ces paroles sacrées, il s’endormit paisiblement dans le Seigneur.
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Message  gabrielle le Mar 06 Mai 2014, 8:49 am

Le 6 mai

Saint Jean, apôtre et évangéliste
Devant la Porte Latine

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 20, 20-23.

En ce temps-là : la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils et se prosterna pour lui faire une demande. Et le reste

Homélie de saint Jérôme, Prêtre.

Où la mère des fils de Zébédée puise-t-elle une pareille idée du royaume de Jésus-Christ, pour demander en faveur de ses enfants la gloire du triomphe, quand le Seigneur déclare que « le Fils de l’homme sera livré au prince des prêtres et aux Scribes, qu’ils le condamneront à mort, et qu’ils le livreront aux Gentils pour être moqué, et flagellé, et crucifié » ; quand il révèle à ses disciples épouvantés l’ignominie de sa passion ? C’est, je pense, parce que le Seigneur ajoute : « Et le troisième jour, il ressuscitera ». Cette femme imagine alors qu’il commencera à régner aussitôt après sa résurrection, que les prédictions concernant le second avènement vont s’accomplir dans le premier, et avec un empressement tout féminin, oubliant l’avenir, elle veut s’assurer du présent.

C’est la mère qui fait la demande, c’est aux enfants que le Seigneur répond ; car il comprend que la mère n’a demandé qu’à l’instigation des enfants. « Pouvez-vous boire le calice que je vais boire » ? Dans les divines Écritures, le mot calice a le sens de passion, selon cette parole : « Mon Père, s’il est possible, que ce calice passe loin de moi », et d’après celle-ci du Psalmiste : « Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens qu’il m’a faits ? Je prendrai le calice du salut, et j’invoquerai le nom du Seigneur ». Et il indique aussitôt après quel est ce calice : « Précieuse en présence du Seigneur, est la mort de ses saints ».

On se demande comment les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, ont bu le calice du martyre. L’Apôtre saint Jacques seul ayant eu, au rapport de l’Écriture, la tête tranchée par Hérode, et saint Jean ayant quitté cette vie par une mort naturelle. Mais si nous lisons l’histoire ecclésiastique, nous trouverons que saint Jean lui aussi a rendu témoignage au Christ, qu’il a été pour cela plongé dans une chaudière d’huile bouillante, que ce vaillant athlète du Christ en sortit pour recevoir la couronne, et fut aussitôt après relégué dans l’île de Pathmos ; et nous en conclurons que ni le courage ni la volonté ne lui manquèrent pour le martyre, et qu’il a bu lui aussi le calice de la souffrance que les trois enfants ont bu dans la fournaise ardente, bien que le persécuteur n’ait point répandu leur sang.
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Message  gabrielle le Mer 07 Mai 2014, 9:06 am

Le 7 mai

Saint Stanislas, évêque et martyr

Leçons des Matines avant 1960 a écrit: Stanislas était polonais, il naquit à Cracovie de parents nobles et pieux qui l’obtinrent de Dieu par leurs prières après une stérilité de trente années. Il donna dès son enfance des indices de sa sainteté future. Dans son adolescence, il s’appliqua avec ardeur aux études libérales et fit de grands progrès dans la science des saints Canons et de la théologie. Ses parents étant morts, il distribua aux pauvres son patrimoine, qui était considérable ; il désirait embrasser la vie monastique, mais la providence de Dieu voulut que Lampert, Évêque de Cracovie, le fît chanoine et prédicateur de son Église ; et plus tard, il succéda, quoique malgré lui, à ce Prélat. Dans l’accomplissement des devoirs de sa charge, il se distingua par l’éclat de toutes les vertus pastorales, et particulièrement par sa grande charité envers les pauvres.

Boleslas était alors roi de Pologne, Stanislas tomba dans la disgrâce de ce prince pour l’avoir repris publiquement de son libertinage, qui était connu de tous. C’est pourquoi le roi suscita des calomniateurs qui, dans une assemblée solennelle du royaume, appelèrent Stanislas en justice devant lui, comme possesseur illégitime d’une terre qu’il avait achetée au nom de son Église. Comme l’Évêque ne pouvait prouver son innocence par les pièces nécessaires, et que les témoins craignaient de dire la vérité, il s’engagea à faire comparaître, trois jours après, devant les juges, celui qui lui avait vendu la propriété : cet homme, appelé Pierre, était mort depuis trois ans. On accepte avec risée la proposition : l’homme de Dieu passe ces trois jours entiers dans le jeûne et la prière ; et au jour marqué, après avoir offert le sacrifice de la Messe, il ordonne à Pierre de sortir du tombeau. Le mort est aussitôt rendu à la vie, il suit l’Évêque au tribunal royal, et là, en présence du roi et de l’assemblée frappés de stupeur, il dépose avoir vendu la terre dont il s’agissait, et en avoir reçu le prix convenu des mains de l’Évêque. Après avoir rendu ce témoignage, il s’endormit de nouveau dans le Seigneur.

Mais Boleslas ne profitant pas des fréquents avertissements de Stanislas, ce Prélat le sépare enfin de la communion des fidèles. Dans la fureur de son ressentiment, le prince envoie des soldats à l’église pour égorger le saint Évêque : trois fois ils tentent de consommer le crime, trois fois ils sont repoussés par une force divine et invisible. Enfin le roi impie frappe de sa propre main le Prêtre du Seigneur, au moment où il offrait à l’autel l’hostie immaculée. Son corps mis en pièces et jeté dans la campagne, fut défendu miraculeusement par des aigles contre les bêtes sauvages. La nuit venue, les chanoines de Cracovie recueillirent, à la faveur d’une lumière céleste, ses membres dispersés, et ils les déposèrent suivant leur place naturelle : on les vit aussitôt se réunir les uns aux autres, si bien qu’il ne parut plus aucune trace de blessure. Dieu manifesta encore la sainteté de son serviteur par beaucoup de miracles qui suivirent sa mort et décidèrent le souverain Pontife Innocent IV à le mettre au nombre des Saints.
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Message  gabrielle le Jeu 08 Mai 2014, 9:34 am

Le 8 mai

Apparition de Saint Michel archange

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 18, 1-10.

En ce temps-là : les disciples vinrent un jour poser à Jésus cette question : « Selon vous, qui est le plus grand dans le royaume des cieux ? ». Et le reste.

Homélie de saint Hilaire, Évêque.


Le Seigneur nous enseigne que nous ne pouvons entrer au royaume des cieux, si nous ne reprenons la nature des enfants, c’est-à-dire, si nous ne détruisons en nous, par la simplicité de l’enfance, les vices qui s’attachent à nos corps et à nos âmes. Sous le nom d’enfants, il nous fait entendre tous ceux qui croient en lui par la foi à sa parole. Les enfants, en effet, obéissent à leur père, aiment leur mère, ne savent désirer le mal du prochain, ne se soucient point des richesses ; ils ne s’enflent point d’orgueil, ils ne haïssent point, ils ne mentent point, ils croient aux paroles qui leur sont dites, et ce qu’ils entendent, ils le tiennent pour véritable. Revenons donc à la simplicité des enfants, et dans cet état, portons en nous l’image de l’humilité du Seigneur.

« Malheur à ce monde à cause des scandales. » L’humilité de la passion est un scandale pour le monde. L’ignorance humaine est, en effet, surtout arrêtée en cela qu’elle n’a pas voulu reconnaître le Seigneur d’éternelle gloire, sous les ignominies de la croix. Et qu’y a-t-il de plus périlleux pour le monde que de n’avoir pas reçu le Christ ? Il dit être vraiment nécessaire qu’il survienne des scandales, parce que pour la réalisation du mystère qui allait nous rendre la vie éternelle, l’humiliation de la passion devait être complète en lui.

« Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits qui croient en moi » Il impose, à ceux-là surtout qui vraiment ont cru au Seigneur, les liens très étroits de l’amour mutuel. Les Anges des petits enfants voient Dieu tous les jours ; car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Ainsi le Fils de l’homme sauve ; les Anges voient Dieu ; les Anges des petits président aux prières des fidèles. Que les Anges président ainsi, c’est une doctrine absolument certaine. Les Anges offrent donc tous les jours à Dieu les prières des enfants que le Christ a sauvés et il y a grand péril à mépriser celui dont les désirs et les demandes sont portés avec tant d’honneur jusqu’au trône du Dieu éternel et invisible, par le ministère des Anges qui forment sa cour.
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Message  gabrielle le Ven 09 Mai 2014, 7:41 am

Le 9 mai

Saint Grégoire de Nazianze, évêque, confesseur et docteur.

Leçons des Matines avant 1960 a écrit:Grégoire, noble Cappadocien, qui fut surnommé le Théologien à cause de sa science profonde des lettres divines, naquit à Nazianze, dans la Cappadoce. Instruit à Athènes dans toutes sortes de sciences, en même temps que saint Basile le Grand, il s’appliqua ensuite à l’étude de l’Écriture sainte. Les deux amis s’y exercèrent durant quelques années dans un monastère, ayant pour méthode d’interpréter les livres sacrés, non selon les lumières de leur esprit propre, mais selon le raisonnement et l’autorité des anciens. Tandis qu’ils florissaient par leur science et la sainteté de leur vie, ils furent appelés à la charge de prêcher la vérité évangélique, et enfantèrent à Jésus-Christ un grand nombre d’âmes.

Grégoire, étant retourné chez lui, fut d’abord créé Évêque de Sasime ; il administra ensuite l’Église de Nazianze. Appelé plus tard à Constantinople pour en gouverner l’Église, il purgea cette ville des hérésies dont elle était infectée, et la ramena à la foi catholique ; mais son zèle, qui aurait dû lui concilier la profonde affection de tous, lui attira l’envie d’un grand nombre. Un grave dissentiment s’étant élevé à son sujet entre les Évêques, il renonça spontanément à l’épiscopat, s’appliquant ces paroles d’un Prophète : « Si c’est à cause de moi que cette tempête s’est élevée, jetez-moi dans la mer, afin que vous cessiez d’être agités par l’orage ». Grégoire revint donc à Nazianze, et ayant fait donner le gouvernement de cette Église à Eulalius, il se livra tout entier à la contemplation des choses divines et à la composition d’ouvrages théologiques.

Il écrivit beaucoup, et en prose, et en vers, avec une piété et une éloquence admirables ; il a mérité cet éloge, au jugement d’hommes doctes et saints, que l’on ne trouve dans ses écrits rien qui ne soit conforme aux règles de la vraie piété et de la foi catholique, rien qui puisse être contesté raisonnablement. Il fut le ferme et zélé défenseur de la consubstantialité du Fils. De même qu’il n’était inférieur à personne pour la sainteté de sa vie, il surpassait tous les autres par la gravité de son style. Occupé à la lecture, l’étude et fa composition, il vécut dans la solitude de la campagne à la manière d’un moine ; enfin, accablé de vieillesse, il passa à ta vie bienheureuse du ciel, sous l’empire de Théodose.
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Message  gabrielle le Sam 10 Mai 2014, 9:18 am

Le 10 mai
Saint Antonin, évêque et confesseur


Leçons des Matines avant 1960 a écrit:Antonin, né à Florence de parents honnêtes, donna dès son enfance des indices remarquables de sa sainteté future. Entré dans l’Ordre des Frères Prêcheurs à l’âge de seize ans, il commença dès lors à briller de l’éclat des plus hautes vertus. Il déclara une guerre perpétuelle à l’oisiveté : après un court sommeil, il était le premier à l’Office des Matines ; l’Office terminé, il employait le reste de la nuit à la prière ou à la lecture et à la composition de ses ouvrages ; et si quelquefois un sommeil importun venait surprendre ses membres fatigués, il appuyait un moment sa tête contre le mur, puis s’arrachant à l’assoupissement, il reprenait ses saintes veilles avec plus d’ardeur.

Très sévère observateur de la discipline régulière, il ne mangea jamais de chair, si ce n’est lorsqu’il fut gravement malade. Il couchait sur la terre ou sur des planches nues ; il portait constamment le cilice, et souvent il y ajoutait une ceinture de fer sur sa chair ; il garda toujours la chasteté la plus entière. Sa prudence parut tellement dans les conseils qu’il donnait, que tous lui décernaient avec éloge le nom d’Antonin des conseils. L’humilité brilla en lui d’un tel éclat que, remplissant les charges de supérieur local et même de provincial, il se livrait avec empressement aux plus bas emplois du monastère. Promu à l’archevêché de Florence par Eugène IV, il donna, mais non sans regret, son acquiescement, dans la crainte des peines spirituelles dont le Pontife le menaçait s’il n’acceptait l’Épiscopat.

Il est difficile de dire à quel point il excella dans la charge pastorale par sa prudence, sa piété, sa chanté, sa mansuétude et son zèle sacerdotal. Chose admirable, la puissance de son intelligence fut telle qu’il apprit à fond presque toutes les sciences sans le secours d’aucun maître. Enfin après beaucoup de travaux après avoir publié un grand nombre d’écrits remarquables par la doctrine qu’ils renferment, ayant reçu les sacrements d’Eucharistie et d’Extrême-onction, et embrassé l’image du crucifix, il vit venir sa mort avec joie, le six des nones de mai, l’an mil quatre cent cinquante-neuf. Illustre par ses miracles pendant sa vie et après a mort, Antonin fut inscrit au nombre des Saints par Adrien VI, l’an du Seigneur mil cinq cent vingt-trois.

Le même jour
Saints Gordien et Epimaque, martyrs

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Deux nouveaux martyrs montent de la terre en ce jour, et vont se perdre dans les splendeurs de l’auréole du vainqueur de la mort. C’est Rome encore qui les députe pour porter son hommage. Un magistrat, poursuivant d’office les chrétiens sous Julien l’Apostat, a rencontré la vraie foi ; aussitôt, descendant de son siège de juge, il est allé s’asseoir avec joie sur le banc des accusés. Bientôt ce néophyte a été appelé à verser son sang après tant d’autres martyrs. Gordien termine, avec les deux illustres frères Jean et Paul que nous fêterons au mois de juin, la période des persécutions païennes dans l’Occident. Sa sépulture dans les cryptes de la Voie Latine réveille le souvenir d’un autre martyr, fils de l’Église d’Alexandrie, dont les ossements à demi consumés par le bûcher étaient venus longtemps auparavant, à travers les mers, chercher un asile sous les arceaux hospitaliers de Rome souterraine. Épimaque a vu arriver aujourd’hui ce frère qui vient partager son repos glorieux, et leurs deux noms sont unis pour jamais. Leurs combats ne se sont livrés ni sur le même champ de bataille, ni à la même époque ; mais tous deux ont lutté vaillamment pour la même cause, et tous deux ont remporté la même victoire. Ils dorment maintenant ensevelis dans leur triomphe ; mais le divin Ressuscité leur garde un fidèle souvenir. Encore un peu de temps, et il accomplira sur eux cette parole solennelle qu’il a dite : « Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra . »

Dormez votre sommeil, saints martyrs ! « Attendez encore un peu de temps, jusqu’à ce que le nombre de vos frères soit complet . » Chaque siècle vous a donné de glorieux compagnons ; mais le monde penche vers son déclin, et ses derniers jours doivent être marqués par une abondante moisson de palmes et de couronnes. Quand le règne de l’homme de péché sera inauguré, et que la dernière tempête battra le vaisseau de la sainte Église, montrez-vous aux regards des fidèles comme deux astres protecteurs, en retour des hommages annuels qui vous sont rendus en ce jour. Daignez aussi prier pour nous qui avons été appelés à vivre en ces temps où le soleil pâlit, et où l’on semble entendre déjà dans le lointain les premiers bruits de la tempête qui doit ravager le monde et être le prélude de sa fin. Fortifiez nos cœurs, ô saints martyrs ! et quelle que soit la destinée que le Seigneur a préparée pour nous, obtenez que nous soyons fidèles à celui, qui veut être pour nous, comme il l’a été pour vous, « la Résurrection et la Vie . »
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Message  gabrielle le Mar 13 Mai 2014, 9:24 am

Le 11 mai

Saint Philippe et Saint Jacques, Apôtres

Philippe, né à Bethsaïde, est l’un des douze Apôtres appelés d’abord par le Christ notre Seigneur. Il apprit à Nathanaël que le Messie promis dans la loi était venu, et le conduisit au Seigneur. Les faits montrent clairement avec quelle familiarité le Christ accueillait Philippe ; des Gentils désirant voir le Sauveur s’adressèrent à cet Apôtre, et le Seigneur, voulant nourrir dans le désert une multitude de personnes, lui parla ainsi : « Où achèterons-nous des pains, pour que ceux-ci mangent » ? Philippe, après avoir reçu le Saint-Esprit, se rendit dans la Scythie, qui lui était échue en partage, pour y prêcher l’Évangile, et il convertit cette nation presque tout entière à la foi chrétienne. Enfin, étant venu à Hiérapolis en Phrygie, il fut attaché à la croix pour le nom du Christ, et accablé à coups de pierres, le jour des calendes de mai. Les Chrétiens ensevelirent son corps dans le même lieu, mais il a été ensuite transporté à Rome et déposé, avec celui du bienheureux Apôtre Jacques, dans la basilique des douze Apôtres.

Jacques, frère du Seigneur, surnommé le Juste, s’abstint dès son jeune âge, de vin, de cervoise, et de chair ; il ne coupa jamais ses cheveux et n’usa ni de parfums, ni de bains. Il n’était permis qu’à lui seul d’entrer dans le Saint des saints ; il portait des vêtements de lin, et était si assidu à la prière que ses genoux étaient devenus aussi durs que la peau d’un chameau. Après l’ascension du Christ, les Apôtres le créèrent Évêque de Jérusalem ; et c’est à lui que Pierre envoya un messager annoncer qu’un Ange l’avait délivré de prison. Une controverse s’étant élevée au concile de Jérusalem, au sujet de la loi et de la circoncision, Jacques fut de l’avis de Pierre, et fit aux frères un discours dans lequel il prouva la vocation des Gentils, et dit qu’il fallait écrire aux frères absents de ne pas imposer aux Gentils le joug de la loi mosaïque. C’est de lui que parle l’Apôtre, quand il écrit aux Galates : « Je ne vis aucun Apôtre, si ce n’est Jacques, le frère du Seigneur ».

Telle était la sainteté de sa vie, que les hommes souhaitaient à l’envi de toucher le bord de ses vêtements. Étant parvenu à l’âge de quatre-vingt-seize ans, ayant gouverné très saintement l’Église de Jérusalem pendant trente années, comme il annonçait avec courage et fermeté le Christ, Fils de Dieu, il fut d’abord assailli à coups de pierres, et ensuite mené à l’endroit le plus élevé du temple, d’où on le précipita. Gisant à demi mort, les jambes brisées, il levait les mains au ciel, et priait Dieu pour le salut de ses bourreaux, en disant : « Pardonnez-leur, Seigneur, car ils ne savent ce qu’ils font ». Pendant qu’il faisait cette prière, on lui brisa la tête d’un coup de fouloir, et il rendit son âme à Dieu en la septième année de Néron. Il fut enseveli près du temple, au lieu même où il avait été précipité. Il a écrit une lettre qui est une des sept Épîtres catholiques.
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Message  gabrielle le Mar 13 Mai 2014, 10:00 am

Le 12 mai

Sts NÉRÉE, ACHILLE et DOMITILLE Vierge et PANCRACE

Martyrs

Dom Guéranger, l'Année Liturgique a écrit:Le chœur des Vierges martyres n’avait pas encore offert à Jésus triomphant ses couronnes de roses mêlées de lis. Il le fait aujourd’hui en députant vers l’Époux divin la noble et gracieuse Flavia Domitilla, la plus belle fleur que le glaive du martyre moissonna dans le champ fertile de l’Église de Rome au premier siècle de notre foi. C’est sous la persécution de Domitien, dans les jours où Jean l’Évangéliste était plongé dans l’huile bouillante devant la Porte Latine, que Flavia Domitilla eut la gloire de souffrir l’exil suivi plus tard de la mort pour la cause du Rédempteur des hommes qu’elle avait choisi pour époux. Issue du sang impérial, nièce de Flavius Clémens, qui unit aux faisceaux consulaires la couronne du martyre, elle fait partie de ce groupe de chrétiens que l’on aperçoit à la cour de Domitien, et qui nous révèle avec quelle rapidité la religion des humbles et des pauvres s’était élancée jusqu’aux plus hauts sommets de la société romaine. Peu d’années auparavant, saint Paul avait adressé aux chrétiens de la ville de Philippes les salutations des chrétiens du palais de Néron [1]. De nos jours, non loin des murs de Rome, sur la Voie Ardéatine, on visite encore le magnifique cimetière souterrain que Flavia Domitilla fit creuser dans son Praedium, et dans lequel furent ensevelis les deux martyrs Nérée et Achillée, que l’Église réunit aujourd’hui dans un même culte à la noble vierge qui leur fut redevable de sa couronne.

Nérée et Achillée, officiers de la maison de Domitilla [2], lui révélèrent un jour le prix de la virginité ; et tout aussitôt la jeune fille, disant pour jamais adieu aux joies de ce monde, n’aspira plus qu’à l’honneur de devenir l’épouse de Jésus-Christ. Elle reçut le voile des vierges consacrées par les mains du pape saint Clément ; Nérée et Achillée avaient reçu le baptême des mains de saint Pierre lui-même. Quels souvenirs en ce jour dédié à de telles mémoires !

La vierge et les autres martyrs reposèrent durant plusieurs siècles dans la basilique appelée Fasciola, sur la Voie Appienne ; mais nous avons encore une Homélie que saint Grégoire le Grand prononça dans l’église souterraine qui s’éleva d’abord sur leur tombe même au siècle du triomphe. Le saint Pontife insista dans ce discours sur la fragilité des biens de ce monde, et fit appel au souvenir des héros qui reposaient sous l’autel autour duquel les fidèles de Rome se trouvaient rassemblés. « Ces saints, dit-il, au tombeau desquels nous sommes réunis en ce moment, ont dédaigné ce monde dans sa fleur, ils l’ont foulé aux pieds. Ils avaient devant eux une vie longue, une santé assurée, une fortune opulente, l’espérance d’une famille en laquelle ils auraient perpétué leur nom ; ces jouissances, ils étaient à même de les goûter longtemps dans la tranquillité et la paix ; mais le monde eut beau fleurir à leurs yeux, il était déjà fané dans leur cœur [3]. »

Plus tard, la basilique Fasciola étant presque tombée en ruine par suite des désastres de Rome, les corps des trois saints furent transférés, au XIIIe siècle, dans l’Église Saint-Adrien, au Forum. Ils y restèrent jusqu’aux dernières années du XVIe siècle, où le grand Baronius ayant été élevé aux honneurs de la pourpre romaine, et pourvu du Titre des saints Nérée et Achillée, songea à restaurer la basilique confiée désormais à sa garde. Par sa munificence, les nefs se relevèrent, l’histoire des trois martyrs y fut peinte sur les murailles ; la chaire de marbre sur laquelle on raconte que saint Grégoire avait prononcé son Homélie fut rétablie dans cette église, et l’Homélie elle-même gravée tout entière sur le dossier ; enfin la Confession, décorée de mosaïques et de marbres précieux, attendit le moment où elle allait recevoir les dépouilles sacrées dont elle était veuve depuis trois siècles.

Baronius avait compris qu’il était temps de terminer le trop long exil des saints martyrs, à l’honneur desquels il se sentait obligé de veiller désormais ; et il prépara tout un triomphe pour leur retour à leur antique demeure. Rome chrétienne excelle à unir dans ses pompes les souvenirs de l’antiquité classique avec les sentiments qu’inspire la religion du Christ. Une solennelle procession conduisit d’abord au Capitole le char sur lequel reposaient à l’ombre d’un dais somptueux les corps sacrés des trois martyrs. Deux inscriptions parallèles frappèrent les regards, au moment où le cortège arrivait au sommet du clivus Capitolinus. Sur l’une on lisait : « A sainte Flavia Domitilla, vierge romaine et martyre, le Capitole, purifié du culte funeste des démons, et restauré plus dignement qu’il ne le fut par Flavius Vespasien et par Donatien Augustes, parents de la vierge chrétienne. » L’autre portait ces paroles : « Le Sénat et le peuple romain à sainte Flavia Domitilla, vierge romaine et martyre, qui, en se laissant consumer dans un incendie pour la foi du Christ, a plus apporté de gloire à Rome que ses parents Flavius Vespasien et Domitien Augustes, lorsqu’ils restaurèrent à leurs frais le Capitole deux fois incendié. »

On reposa un moment les châsses des martyrs sur un autel élevé près de la statue équestre de Marc-Aurèle, et après qu’ils eurent reçu l’hommage, ils furent replacés sur le char, et on descendit l’autre revers du Capitole. La procession ne tarda pas à rencontrer l’arc de triomphe de Septime-Sévère, II portait ces deux inscriptions : « Aux saints martyrs Flavia Domitilla, Nérée et Achillée, excellents citoyens, le Sénat et le peuple de Rome, pour avoir illustré le nom romain par leur glorieuse mort, et acquis par leur sang la paix à la république romaine. » « A Flavia Domitilla, à Nérée et Achillée, invincibles martyrs de Jésus-Christ, le Sénat elle peuple romain, pour avoir glorifié la Ville par le noble témoignage qu’ils ont rendu à la foi chrétienne. »

En suivant la Voie Sacrée, le cortège se trouva bientôt en face de l’arc de triomphe de Titus, monument de la victoire de Dieu sur la nation déicide. On y lisait, d’un côté, cette inscription : « Cet arc triomphal, décerné et érigé autrefois à Titus Flavius Vespasien Auguste, pour avoir ramené la Judée révoltée sous le joug du peuple romain, le Sénat et le peuple romain le décernent et le consacrent d’une manière plus heureuse à la nièce du même Titus, Flavia Domitilla, pour avoir, par son trépas, accru et propage la religion chrétienne. »

De l’autre côté de l’arc de triomphe étaient ces paroles : « A Flavia Domitilla, vierge romaine et martyre, nièce de Titus Flavius Vespasien Auguste, le Sénat et le peuple romain, parce qu’elle a, par l’effusion de son sang et le sacrifice de sa vie pour la foi, rendu hommage à la mort du Christ avec plus de gloire que n’en a acquis le même Titus, lorsque, pour venger cette mort, il a renversé Jérusalem par « l’inspiration divine. »

On laissa sur la gauche le Colisée, dont l’arène avait été le théâtre des combats de tant de martyrs, et l’on passa sous l'arc de triomphe de Constantin, monument qui parle si haut de la victoire du christianisme dans Rome et dans l’empire, et qui répète encore le nom de la famille Flavia, à laquelle appartenait le premier empereur chrétien. Voici les deux inscriptions dont était décoré l’arc triomphal : « A Flavia Domitilla, à Nérée et Achillée, le Sénat et le peuple romain. Sur cette Voie Sacrée où plusieurs empereurs romains, augustes, ont obtenu les honneurs du triomphe pour avoir soumis à l’empire du peuple romain diverses provinces, ces martyrs triomphent aujourd’hui avec d’autant plus de gloire, qu’ils ont vaincu par la supériorité de leur courage les triomphateurs eux-mêmes. » « A Flavia Domitilla, le Sénat et le peuple romain. Si douze empereurs ses parents augustes ont illustré par leurs hauts faits la famille Flavia et Rome elle-même, la vierge, en sacrifiant pour le Christ les honneurs et la vie, a répandu sur l’une et sur l’autre un lustre plus éclatant encore. »

On prit ensuite la Voie Appienne, et on arriva enfin à la basilique. Sur le seuil, Baronius, accompagné d’un grand nombre de cardinaux, accueillit avec un profond respect les trois martyrs, et les conduisit vers l’autel, où la Confession les reçut, pendant que le chœur chantait cette Antienne du Pontifical : « Entrez, saints de Dieu ; votre demeure a été préparée ici par le Seigneur ; le peuple fidèle a suivi joyeusement votre marche ; il vous demande de prier pour lui la majesté du Seigneur. Alléluia ! »

Quel sublime triomphe, ô saints martyrs, Rome vous avait prépare, après tant de siècles écoulés depuis votre glorieux trépas ! Qu’il est vrai de dire que rien ici-bas n’est comparable à la gloire des saints ! Où sont maintenant les Flaviens, ces douze empereurs de votre sang, ô Domitilla ? Qui s’inquiète de leurs cendres ? Qui conserve même leur souvenir ? L’un d’eux fut appelé « les délices du genre humain » ; et le peuple ignore jusqu’à son nom ! Un autre, le dernier de tous, eut la gloire d’être choisi pour proclamer la victoire de la croix sur le monde romain ; Rome chrétienne garde sa mémoire avec honneur et reconnaissance ; mais le culte religieux n’est pas pour lui ; c’est à vous, ô Domitilla, que Rome le réserve, à vous et aux deux martyrs dont le nom est en ce jour associé au vôtre.

Qui ne sentirait la puissance du mystère de la résurrection de notre divin Chef dans l’amour et l’enthousiasme qu’inspirent à tout ce peuple la vue et la possession de vos saintes reliques, ô martyrs du Dieu vivant ? Quinze siècles avaient passe sur vos membres refroidis, et les fidèles les saluent avec transport, comme s’ils les sentaient encore pleins de vie. C’est que le peuple chrétien sait que Jésus, « le premier-né d’entre les morts », est déjà ressuscité, et que vous devez un jour ressusciter glorieux comme lui. Il salue par avance cette immortalité qui doit être le partage de vos corps immolés à la gloire du Rédempteur ; il contemple déjà par la foi l’éclat dont vous brillerez un jour ; il proclame la dignité de l’homme racheté, pour qui la mort n’est plus que le passage à la vie véritable, et le tombeau un sillon qui reçoit le grain pour le rendre plus riche et plus beau.

« Heureux, dit la prophétie, ceux qui auront lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau [4] ! » Mais plus heureux encore, nous dit la sainte Église, ceux qui, après avoir été purifiés, ont mêlé leur propre sang à celui de la victime divine ! car « ils ont accompli dans leur chair ce qui manquait aux souffrances du Christ [5] ». C’est pour cela qu’ils sont puissants par leur intercession, et nous devons nous adresser à eux avec amour et confiance. Nérée, Achillée, Domitilla, soyez-nous propices. Faites-nous aspirer à Jésus ressuscité ; conservez en nous la vie qu’il nous a communiquée ; détachez-nous des charmes du présent ; disposez-nous à les fouler aux pieds, s’il est à craindre qu’ils ne nous séduisent. Rendez-nous forts contre tous nos ennemis, prompts à la défense de la foi, ardents à la conquête de ce royaume que nous devons a ravir par la violence [6] ». Soyez aussi les défenseurs de cette Église Romaine qui, chaque année, renouvelle en ce jour votre culte avec tant de ferveur. Nérée et Achillée, vous fûtes la fille de Clément, son successeur....

[1] Philipp. IV, 22.

[2] Les Actes de ces deux saints, rédigés plus tard, et dont on a conservé les paroles dans l’Office d’aujourd’hui, les désignent comme attachés au service de Flavia Domitilla en qualité d’eunuques. C’est une méprise de l’écrivain, suffisamment réfutée par les paroles mêmes de saint Grégoire que nous citons plus bas.

[3] Homil. XXVIII in Évang.

[4] Apoc. VII, 14.

[5] Col. I, 24.

[6] Matth. XI, 12.

Dom Guéranger, l'Année Liturgique a écrit:Un quatrième martyr vient s’adjoindre à ceux que nous avons déjà fêtés. C’est de Rome aussi qu’il monte pour aller partager la gloire du vainqueur de la mort. Les précédents furent moissonnés dans les premiers temps de notre foi ; celui-ci a combattu dans la grande persécution de Dioclétien, au moment où le paganisme livrait à l’Église le dernier assaut dans lequel il devait succomber lui-même. Notre jeune héros ne comptait pas au delà de quatorze ans ; mais il n’en a pas moins cueilli la palme, et il orne à son tour la couronne de notre divin Ressuscité. Une basilique décorée d’un Titre cardinalice s’est élevée dès les premiers siècles sur le cimetière où fut déposé son corps.

La grâce divine qui vous appelait à la couronne du martyre alla vous chercher jusqu’au fond de la Phrygie, ô Pancrace, pour vous conduire dans la capitale de l’empire, au centre de tous les vices et de toutes les erreurs du paganisme. Votre nom, confondu avec tant d’autres plus éclatants ou plus obscurs, ne semblait pas devoir laisser de trace dans la mémoire des hommes ; à quatorze ans, votre carrière était déjà terminée. Aujourd’hui cependant, votre nom est prononcé par toute la terre avec l’accent de la vénération ; il retentit à l’autel dans les prières qui accompagnent le Sacrifice de l’Agneau. D’où vous vient, ô jeune martyr, cette célébrité qui durera autant que le monde ? C’est qu’il était juste qu’ayant été associé à la mort sanglante de notre Christ, la gloire de son immortalité rejaillît jusque sur vous. Gloire soit donc à lui qui honore ainsi ses compagnons d’armes ! et gloire à vous, ô martyr, qui avez mérité une telle couronne ! En retour de nos hommages, daignez, ô Pancrace, jeter un regard de protection sur nous. Parlez de nous à Jésus votre chef et le nôtre. Dans cette vallée d’exil, nous chantons l’Alléluia pour sa résurrection qui nous a remplis d’espérances ; obtenez qu’un jour nous répétions avec vous au ciel ce même Alléluia, devenu éternel, et qui alors signifiera non plus l’espérance, mais la possession.
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Message  gabrielle le Mar 13 Mai 2014, 10:07 am

Le 13 mai

Saint Robert Bellarmin, évêque, confesseur et docteur

Leçons des Matines avant 1960 a écrit: Robert, né à Montepulciano et de la noble famille des Bellarmin, avait pour mère la très pieuse Cynthia Cervin, sœur du pape Marcel II. Dès son plus jeune âge, il a brillé par sa piété exemplaire et ses chastes mœurs, désirant ardemment une seule chose, plaire à Dieu seul et gagner des âmes au Christ. Il a fréquenté le collège de la Compagnie de Jésus dans sa ville natale où il a été vivement félicité pour son intelligence et sa modestie. À l’âge de dix-huit ans il entra dans la même Société à Rome, et il a été un modèle de toutes les vertus religieuses. Après avoir traversé le cours de philosophie au Collège romain, il est envoyé d’abord à Florence, puis à Monreale, plus tard, à Padoue pour y enseigner la théologie sacrée, et ensuite à Louvain, où, alors qu’il n’était pas encore prêtre, il s’est habilement acquitté de la charge de prédicateur. Après son ordination, à Louvain, il a enseigné la théologie avec un tel succès qu’il a ramené beaucoup d’hérétiques à l’unité de l’Église, et il était considéré en Europe comme le plus brillant théologien ; Saint-Charles, évêque de Milan, et d’autres encore lui demandaient expressément ses avis.

Rappelé à Rome à la volonté du Pape Grégoire XIII, il a enseigné la science de la théologie de controverse au Collège romain, et là, comme directeur spirituel, il a guidé le jeune angélique Louis de Gonzague sur les chemins de la sainteté. Il a gouverné le Collège romain, puis la province napolitaine de la Compagnie de Jésus en conformité avec l’esprit de saint Ignace. Encore une fois convoqué à Rome, il fut employé par Clément VIII dans les affaires les plus importantes de l’Église, avec le plus grand avantage pour l’État chrétien, puis contre sa volonté et en dépit de son opposition, il fut admis au nombre des cardinaux, parce que le Pontife déclara publiquement qu’il n’avait pas son égal parmi les théologiens dans l’Église de Dieu à l’époque. Il fut consacré évêque par le même Pape, et administra l’archidiocèse de Capoue d’une manière très sainte pendant trois ans : après avoir démissionné de cette charge, il a vécu à Rome jusqu’à sa mort, en tant que conseiller le plus impartial et fidèle au Pontife Suprême. Il écrivit beaucoup, et d’une manière admirable. Son principal mérite réside dans sa victoire complète dans la lutte contre les nouvelles erreurs, au cours de laquelle il se distingua comme un vengeur acharné de la tradition catholique et les droits du Siège romain. Il a obtenu cette victoire en suivant saint Thomas comme son guide et son maître, par une considération prudente des besoins de son temps, par son enseignement irréfragable, et par une richesse très abondante de témoignages bien choisis à partir des écrits sacrés puisés à la source riche des Pères de l’Église. Il est éminemment reconnu pour de très nombreuses œuvres courtes pour favoriser la piété, et en particulier pour ce Catéchisme d’or, qu’il ne manquait jamais d’expliquer à la jeunesse et aux ignorants à la fois à Capoue et à Rome, bien que préoccupé par d’autres affaires très importantes. Un cardinal contemporain a déclaré que Robert a été envoyé par Dieu pour l’instruction des catholiques, pour la gouverne du bien, et pour la confusion des hérétiques, saint François de Sales le considéraient comme une source d’apprentissage, le Souverain Pontife Benoît XIV l’appelait le marteau des hérétiques, et Benoît XV proclama en lui le modèle des promoteurs et des défenseurs de la religion catholique.

Il était le plus zélé dans la vie religieuse et il a continué dans son mode de vie après avoir été admis parmi les cardinaux. Il ne voulait pas la richesse au-delà de ce qui était nécessaire, il était satisfait d’un ménage moyen, même dans ses dépenses et ses vêtements. Il ne chercha pas à enrichir sa propre famille, et il ne pouvait guère être amené à soulager leur pauvreté, même occasionnellement. Il avait peu de sentiment de lui-même, et était d’une simplicité merveilleuse d’âme. Il avait un amour extraordinaire pour la Mère de Dieu, il a passé de nombreuses heures par jour dans la prière. Il mangeait en très petite quantité et jeûnait trois fois par semaine. Austère avec lui-même, il a brûlé avec la charité envers le prochain, et il était souvent appelé le père des pauvres. Il espérait sincèrement qu’il n’avait pas taché son innocence baptismale à la moindre faute. A près de quatre-vingts ans, il tomba dans sa dernière maladie à Saint-André sur la colline du Quirinal, et en elle il montra son habituelle vertu rayonnante. Le Pape Grégoire XV et de nombreux cardinaux lui ont rendu visite sur son lit de mort, déplorant la perte d’un grand pilier de l’Église. Il s’endormit dans le Seigneur en l’an 1621, le jour des sacrés stigmates de saint François, dont il avait contribué à ce que la mémoire en soit célébrée partout. La ville entière pleura sa mort, et à l’unanimité le déclara un Saint. Le Souverain Pontife Pie XI a inscrit son nom, d’abord, dans livre des Bienheureux, puis dans celui des Saints, et peu après, par un décret de la Sacrée Congrégation des Rites, il le déclara Docteur de l’Église universelle. Son corps est honoré avec une vénération pieuse à Rome en l’église Saint-Ignace, près du tombeau de saint Louis de Gonzague, comme il l’avait souhaité.

Pardonnez-moi cet avalanche de messages, mais mon PC est très malade...
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Message  gabrielle le Mer 14 Mai 2014, 6:54 am

Le 14 mai

Saint Boniface, martyr



Leçon des Matines avant 1960 a écrit:Boniface, citoyen romain, avait eu des rapports illicites avec une noble dame, nommée Aglaé ; il fut saisi d’une telle douleur de cette faute que pour en faire pénitence, il se consacra à rechercher et à ensevelir les corps des Martyrs. Ayant quitté ses compagnons de voyage, et voyant que dans la ville de Tarse, on mettait à la torture et on tourmentait de diverses manières beaucoup de Chrétiens à cause de leur foi, il baisa leurs liens et les exhorta avec véhémence à supporter courageusement jusqu’au bout des supplices dont la douleur passagère serait suivie d’un repos éternel. Il fut arrêté, et on déchira son corps avec des ongles de fer ; on lui enfonça aussi des roseaux pointus sous les ongles des mains, et on lui versa du plomb fondu dans la bouche. Au milieu de ces tourments on ne lui entendait dire que ces paroles : « Je vous rends grâces, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu ». On jeta ensuite Boniface la tête en bas dans une chaudière de poix bouillante, mais il en fut retiré sain et sauf ; alors le juge transporté de colère, ordonna de lui trancher la tête. Au même moment il se fit un grand tremblement de terre, et ce prodige convertit beaucoup d’infidèles à la foi du Seigneur Jésus-Christ. Le jour suivant, ses compagnons qui le cherchaient, ayant appris qu’il avait souffert le martyre, rachetèrent son corps pour cinq cents pièces d’argent, et, l’ayant embaumé et enveloppé de linceuls, ils le firent transporter à Rome. Aglaé, qui, elle aussi, s’était vouée à la pénitence et aux œuvres de piété, ayant connu par un Ange ce qui s’était passé, alla au-devant des saintes reliques, et bâtit une église sous le nom de Boniface. Le corps du Martyr fut enseveli aux nones de juin ; son âme était partie pour le ciel, la veille des ides de mai, à Tarse, en Cilicie, sous les empereurs Dioclétien et Maximien.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:L’Apôtre des Gentils, expliquant le mystère de la Pâque, nous apprend que le baptême est le tombeau de nos péchés, d’où nos âmes s’élancent, glorieuses et rayonnantes de vie, à la suite du Rédempteur. La foi catholique nous enseigne que celui qui donne sa vie pour Jésus-Christ ou pour son Église, lave dans son propre sang toutes les taches de son âme, et ressuscite à la vie éternelle : obtenant ainsi une seconde fois le privilège du baptisé, bien qu’il ait déjà été marqué du sceau unique et ineffaçable de la régénération. Or voici qu’aujourd’hui un pécheur purifié par le martyre, baptisé de nouveau dans son sang, est admis à partager la gloire des compagnons de Jésus ressuscité. Boniface a scandalisé Rome par une vie coupable ; tout à coup il a entendu l’appel de la grâce divine, et sans regarder derrière lui, il est allé se placer au premier rang des athlètes du Christ, n’aspirant qu’à effacer sous l’effort des tourments les souillures que les voluptés de la chair lui avaient fait contracter. Transformé par la souffrance, il brille en ce jour, aux yeux de la chrétienté, d’un éclat non pareil, et vient ajouter au diadème de notre divin triomphateur une pierre précieuse d’un reflet tout nouveau.

Votre retour, ô Boniface, causa aux Esprits célestes une joie supérieure à celle qu’ils ressentaient de la fidélité de quatre-vingt-dix-neuf justes ; mais cette allégresse que leur inspirait votre conversion s’accrut encore, lorsqu’ils virent que ce n’était pas seulement un pénitent, mais un martyr, que le ciel acquérait en vous. Recevez les félicitations de la sainte Église, qui se glorifie de vos victoires. Rome conserve encore votre dépouille sacrée dans le sanctuaire qui s’élève, au mont Aventin, sur l’emplacement de la demeure de celle qui fut la complice de vos égarements et l’émule de votre pénitence. L’un et l’autre vous attestez la puissance des miséricordes de notre divin Ressuscité, qui vous a rappelés de la mort de l’âme à la vie de la grâce. Saint martyr, prenez pitié des pécheurs que la Pâque n’a pas ramenés aux pieds du Rédempteur. L’Alléluia a retenti, et leur sommeil de péché n’en a pas été troublé. Priez, ô saint martyr, priez pour leur réveil. Les heures sont comptées ; et qui sait s’il sera donné à ces morts volontaires de voir se lever une autre Pâque ? Nous espérons cependant encore en la miséricorde divine, qui a donné sa mesure en faisant de vous et d’Aglaé deux vases d’élection. Nous prions donc avec vous, ô Boniface, pour la résurrection de nos frères ; nous nous faisons de l’espérance une armure, dans cette lutte pacifique contre la divine justice qui aime souvent à être vaincue par la prière. Aidez nos vœux de votre suffrage, et plusieurs de ceux qui sont morts revivront, et ils réjouiront comme vous les saints Anges par leur retour.
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Message  gabrielle le Jeu 15 Mai 2014, 9:06 am

Le 15 mai

Saint Jean- Baptiste de la Salle, confesseur.

Leçons des Matines avant 1960 a écrit:Jean-Baptiste de la Salle, né à Reims d’une famille illustre, fit pressentir dès son enfance, par sa manière d’être et ses actes, qu’il serait appelé à prendre le Seigneur pour son partage et paré un jour de l’auréole de sainteté. Tandis qu’adolescent il s’instruisait des lettres et de la philosophie à l’académie de Reims, il se rendit cher à tous par les vertus de son âme, la douceur de son naturel et la vivacité de son esprit ; mais lui, néanmoins, fuyait la société de ses semblables pour s’occuper plus facilement de Dieu dans la solitude. Enrôlé déjà dans la milice cléricale, il fut inscrit parmi les chanoines de Reims, en la seizième année de son âge ; puis il se rendit à Paris pour étudier la théologie à la Sorbonne et fut reçu au séminaire des Sulpiciens. Mais la mort de ses parents l’obligea bientôt à regagner la maison paternelle où il prit soin de l’éducation de ses frères, sans interrompre l’étude des sciences sacrées qu’il poursuivit avec le plus grand succès, comme la suite le prouva.

Jean-Baptiste fut enfin revêtu du sacerdoce, et continua toute sa vie de célébrer les sacrés mystères, qu’il offrit pour la première fois sur l’autel avec la foi la plus vive et toute l’ardeur de son âme. Enflammé de zèle pour le salut des âmes, il se dépensa tout entier pour leur plus grand bien. Ayant été chargé de la direction des Sœurs de l’Enfant-Jésus, instituées pour l’éducation des enfants, non seulement il les gouverna avec la plus grande prudence mais encore il les préserva de la ruine. De plus, il consacra dès lors ses soins à instruire de la religion et à former aux bonnes mœurs les enfants du peuple. Dieu l’avait suscité à cette fin de procurer des écoles aux enfants, et surtout aux enfants pauvres, d’une manière efficace et permanente, par rétablissement en son Église d’une nouvelle famille de religieux. Cette mission, qui lui était confiée par la divine Providence, il l’accomplit heureusement, malgré de nombreuses contradictions et de grandes épreuves, en fondant la congrégation des Frères qu’il nomma « Des Écoles Chrétiennes ».

Il prit d’abord chez lui les hommes qu’il s’était adjoints pour une œuvre si importante et si ardue, et, quand il les eut établis dans une résidence mieux appropriée à leur état, il leur inculqua son excellente discipline, au moyen de lois sagement instituées, que Benoît XIII a depuis confirmées. Par humilité et amour de la pauvreté, il renonça à son canonicat et distribua tous ses biens aux pauvres ; bien plus, Il abandonna même plus tard, volontairement, après avoir souvent en vain tenté de le faire, le gouvernement de l’institut qu’il avait fondé. Sans renoncer pourtant en rien à sa sollicitude pour les Frères, et pour les écoles ouvertes déjà par ses soins en bien des lieux, il commença à s’appliquer de toutes ses forces à la pensée de Dieu. Sévissant assidûment contre lui-même par des jeûnes, des flagellations et d’autres austérités, il passait les nuits en prière. Tel fut son genre de vie jusqu’à ce que, remarquable en toutes les vertus, spécialement par son obéissance, son zèle pour l’accomplissement de la volonté divine, son amour et son dévouement envers le siège apostolique, chargé de mérites, il s’endormit dans le Seigneur, âgé de soixante-huit ans et muni des Sacrements selon l’usage. Le Souverain Pontife Léon XIII inséra son nom au catalogue des Bienheureux, puis, quand l’éclat de nouveaux miracles l’eut illustré, il lui décerna les honneurs de la canonisation l’année jubilaire dix-neuf cent.
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Message  Roger Boivin le Jeu 15 Mai 2014, 9:50 am


Canonicat : Autrefois bénéfice d'un chanoine dans une église cathédrale ou collégiale. (Dict. Quillet - Grolier)
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Message  gabrielle le Jeu 15 Mai 2014, 11:40 am

roger a écrit:
Canonicat : Autrefois bénéfice d'un chanoine dans une église cathédrale ou collégiale. (Dict. Quillet - Grolier)

Mercito! Wink 
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Message  gabrielle le Ven 16 Mai 2014, 7:10 am

Le 16 mai

Saint Ubald, évêque et confesseur

Leçons des Matines avant 1960 a écrit:Ubald, né d’une famille noble, à Gubbio, en Ombrie fut, dès ses plus tendres années, élevé avec grand soin dans la piété et les lettres. Au cours de sa jeunesse, on le pressa plusieurs fois d’embrasser l’état du mariage, mais jamais il n’abandonna sa résolution de garder la virginité. Ordonné Prêtre, il distribua son patrimoine aux pauvres et aux Églises, et étant entré chez les Chanoines réguliers de l’Ordre de Saint-Augustin, il établit cet institut dans sa patrie, et y vécut quelque temps de la manière la plus sainte. La réputation de sa sainteté s’étant répandue, il fut préposé malgré lui par le Souverain Pontife Honorius II au gouvernement de l’Église de Gubbio, et reçut la consécration épiscopale.

Ayant donc pris possession de son Église, il ne changea rien à sa manière de vivre accoutumée, mais il commença à se distinguer d’autant plus en tout genre de vertus, qu’il procurait très efficacement le salut des autres par la parole et l’exemple, s’étant fait de cœur le modèle de son troupeau. Sobre dans sa nourriture, sans recherche dans ses vêtements, n’ayant pour couche qu’un lit dur et très pauvre, il portait constamment en son corps la mortification de la croix, tandis qu’il nourrissait chaque jour son esprit par une application incessante à la prière. C’est ainsi qu’il parvint à cette admirable mansuétude, qui lui fit non seulement supporter avec égalité d’âme les plus graves injures et les mépris, mais encore prodiguer avec l’admirable tendresse de la charité une entière bienveillance à ses persécuteurs.

Deux ans avant de sortir de cette vie, Ubald, affligé de longues maladies, fut purifié comme l’or dans la fournaise, par les plus cruelles souffrances ; cependant il ne cessait de rendre grâces à Dieu. Le saint jour de la Pentecôte étant arrivé, il s’endormit dans la paix, après avoir gouverné de nombreuses années avec le plus grand mérite l’Église confiée à ses soins, et être devenu illustre par ses saintes œuvres et par ses miracles. Le Pape Célestin III a mis Ubald au nombre des Saints. Son pouvoir éclate particulièrement pour mettre en fuite les esprits immondes. Son corps, demeuré sans corruption après tant de siècles, est l’objet d’une grande vénération de la part des fidèles dans sa patrie que plus d’une fois il a délivrée de périls imminents.
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Message  gabrielle le Sam 17 Mai 2014, 9:10 am

Le 17 mai

Saint Pascal Baylon, Confesseur

Leçons des Matines avant 1960 a écrit:Pascal Baylon, né de parents pauvres et pieux dans le bourg de Torre-Hermosa, au diocèse de Siguenza en Aragon, donna dès ses plus tendres années de nombreux indices de sa sainteté future. Son âme était portée au bien et remplie d’attraits pour les choses célestes ; il passa son enfance et son adolescence à garder les troupeaux ; il aimait particulièrement ce genre de vie, parce qu’il le trouvait propre et favorable à la pratique de l’humilité et surtout à la conservation de l’innocence. Sobre dans sa nourriture, assidu à la prière, il avait une telle autorité et possédait à un si haut degré la confiance de ses compagnons, comme de tous ceux qui l’entouraient, qu’il accommodait leurs différends, corrigeait leurs fautes, éclairait leur ignorance et stimulait leur indolence, en sorte qu’ils l’honoraient et l’aimaient comme leur père et leur maître, et que la plupart d’entre eux avaient même déjà coutume de l’appeler le bienheureux.

Cette fleur des vallées, qui avait grandi si heureusement dans la terre déserte et aride du siècle, exhala autour d’elle un admirable parfum de sainteté, dès qu’elle fut plantée dans la maison du Seigneur. Pascal ayant donc embrassé un genre de vie plus sévère, et étant entré dans l’Ordre des Frères Mineurs déchaussés de la stricte observance, s’élança comme un géant pour parcourir sa carrière. Se livrant tout entier au culte du Seigneur, il songeait jour et nuit aux moyens de se rendre de plus en plus conforme à son divin Maître. Aussi bientôt les plus anciens religieux se proposèrent d’imiter Pascal, le considérant comme un modèle de la perfection séraphique. Mais lui, placé dans l’humble rang des Frères destinés à servir, s’estimant le rebut de tous, recevait avec la plus grande joie les tâches les plus pénibles et les plus abjectes de la maison, comme si elles lui eussent été spécialement dues, et faisait paraître dans leur accomplissement autant d’humilité que de patience. Il affligea sa chair par une mortification continuelle, aussi longtemps qu’elle tenta de se révolter contre l’esprit, et la réduisit ainsi en servitude. Par une incessante abnégation de lui-même, il augmentait de jour en jour la ferveur de son âme.

Pascal s’était mis, dès son enfance, sous la protection de la Vierge Mère de Dieu ; il l’honorait comme sa mère par des hommages quotidiens, et l’invoquait avec une confiance filiale. Il serait difficile de dire quelle était l’ardeur et la tendresse de sa dévotion envers le très saint Sacrement de l’Eucharistie ; il sembla même, après sa mort, qu’elle persévérait encore dans son corps privé de vie : étendu dans son cercueil, il ouvrit et ferma les yeux deux fois au moment de l’élévation de la sainte Hostie, à la grande admiration de tous ceux qui étaient présents. Ayant professé publiquement et ouvertement, devant les hérétiques, la croyance à la présence réelle, il eut à souffrir beaucoup de mauvais traitements ; on le chercha même à bien des reprises pour le faire mourir, mais la providence de Dieu l’arracha aux mains des impies. Dans l’oraison il était souvent privé du sentiment des choses extérieures, et il languissait dans une extase d’amour. On pense que ce fut en ces moments que cet homme simple et illettré puisa la science céleste qui le rendit capable de répondre sur les mystères les plus obscurs de la foi, et d’écrire même quelques ouvrages. Enfin Pascal, plein de mérites, s’en alla heureusement au Seigneur, à l’heure même qu’il avait prédite, l’an du salut mil cinq cent quatre-vingt douze, le seize des calendes de juin, le jour de la Fête de la Pentecôte, jour auquel il était né : il était âgé de cinquante-deux ans. Célèbre par les vertus dont nous avons parlé et par d’autres encore, illustre par ses miracles aussi bien pendant sa vie qu’après sa mort. Pascal fut déclaré Bienheureux par le Souverain Pontife Paul V, et Alexandre VIII l’a inscrit au catalogue des Saints. Enfin Léon XIII l’a déclaré et constitué le céleste Patron des Congrès eucharistiques et de toutes les Associations du Saint Sacrement, instituées jusqu’ici ou devant l’être à l’avenir.
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Message  gabrielle le Dim 18 Mai 2014, 8:28 am

Le 18 mai

Saint Venant, martyr

Leçons à Matines avant 1960 a écrit: Venant, de Camérino, avait quinze ans, lorsqu’il fut dénoncé comme chrétien à Antiochus alors gouverneur de la ville pour l’empereur Dèce. Il se présenta lui-même aux portes de la ville à ce magistrat, qui, après l’avoir tenté longuement par des promesses et des menaces, ordonna de le battre de verges et de le charger de chaînes. Un Ange délie miraculeusement ses liens ; il est alors brûlé avec des torches ardentes, puis suspendu, la tête en bas, au-dessus d’un feu allumé sous lui. Sa constance dans les tourments frappe d’admiration le greffier Anastase, et quand il le voit, une seconde fois délié par l’Ange, marcher, vêtu de blanc, au dessus de la fumée, il croit en Jésus-Christ, et se fait baptiser avec sa famille par le bienheureux Prêtre Porphyre, en compagnie duquel il remporte, peu de temps après, la palme du martyre.

Ramené devant le gouverneur, et inutilement sollicité d’abandonner la foi du Christ, Venant est jeté en prison. Le gouverneur envoie un héraut, nommé Attale, qui vient dire à Venant que lui aussi a été chrétien, mais qu’il a renoncé à ce titre, parce qu’il a reconnu la vaine illusion d’une foi en raison de laquelle les Chrétiens se privent des biens présents, dans l’espérance chimérique de biens futurs. Le noble athlète du Christ, qui connaît les ruses de notre perfide ennemi, repousse loin de lui ce ministre du démon. On le ramène donc devant le gouverneur : on lui casse toutes les dents et on lui brise les mâchoires, et, ainsi mutilé on le jette sur un fumier. Mais un Ange vient encore le délivrer. On le fait comparaître de nouveau devant le juge, et celui-ci, à la voix de Venant qui parlait toujours tombe de son siège en s’écriant : « Le Dieu de Venant est le vrai Dieu ; renversez les nôtres ».

A cette nouvelle, le gouverneur fit aussitôt exposer Venant aux lions ; mais contrairement à leur férocité habituelle, ces animaux se jetèrent à ses pieds. Pendant ce temps, le jeune homme enseignait au peuple la foi du Christ ; aussi fut-il éloigné et remis en prison. Le lendemain, Porphyre ayant raconté au gouverneur une vision qu’il avait eue pendant la nuit, et dans laquelle il avait vu Venant resplendissant de lumière baptiser le peuple, tandis qu’un brouillard épais couvrait le gouverneur, celui-ci, transporté de colère, donna l’ordre de lui trancher immédiatement la tête ; il commanda ensuite de traîner Venant jusqu’au soir par des lieux couverts d’épines et de chardons. On le laissa à demi-mort, mais dès le lendemain matin, il se présentait de nouveau devant le gouverneur, qui le fit aussitôt précipiter du haut d’un rocher. Arraché encore par miracle à cette mort, Venant fut traîné jusqu’à un mille de la ville par les plus rudes sentiers ; là les soldats ayant soif, Venant s’agenouilla sur une pierre qui se trouvait à proximité, dans une dépression du sol ; ayant tracé sur elle le signe de la croix, il en jaillit de l’eau. Il laissa sur cette pierre l’empreinte de ses genoux, ainsi qu’on peut le voir encore dans son église où elle est conservée. Touchés de ce miracle, plusieurs soldats crurent en Jésus-Christ. Le gouverneur leur fit trancher la tête ainsi qu’à Venant, sur les lieux mêmes. Aussitôt il y eut un orage et un tremblement de terre tels que le gouverneur prit la fuite ; mais il ne put se dérober à la justice divine, et il périt peu de jours après d’une mort très honteuse. Pendant ce temps, les Chrétiens ensevelirent à une place d’honneur le Martyr et ses compagnons, et leurs corps ont conservés jusqu’à ce jour, à Camérino, dans l’Église dédiée à Saint Venant.
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Message  gabrielle le Lun 19 Mai 2014, 9:33 am

Le 19 mai

Saint Pierre Célestin, pape et confesseur

Leçon des Matines avant 1960 a écrit:
Pierre, nommé Célestin, du nom qu’il prit lorsqu’il fut élu Pape, naquit de parents honnêtes et catholiques à Isernia dans les Abruzzes. A peine adolescent, il se retira dans le désert pour garantir son âme des séductions du monde. Là, il se nourrissait l’esprit de contemplation, réduisait son corps en servitude, et portait sur lui une chaîne de fer. Il institua, d’après la règle de saint Benoît, la congrégation connue depuis sous le nom de Célestins. Il ne devait pas demeurer caché, et c’est de sa solitude, qu’à son insu et malgré son éloignement, il fut appelé à occuper la chaire de saint Pierre. L’Église romaine avait été longtemps sans pasteur : il fut placé à sa tête, comme on place la lumière sur le chandelier ; tout le monde en fut non moins étonné que ravi. Élevé à la dignité sublime du pontificat, Pierre sentit que la multitude des affaires lui permettait à peine de vaquer à ses méditations, et il renonça volontairement aux honneurs et aux charges. Ayant repris son ancien genre de vie, il s’endormit dans le Seigneur. Sa belle mort fut rendue plus glorieuse encore par l’apparition d’une croix lumineuse que l’on vit briller dans les airs devant la porte de sa retraite. Pendant sa vie et après sa mort il fit d’éclatants miracles : ils furent examinés suivant les règles, et Clément V l’inscrivit au nombre des Saints, onze ans après sa mort.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:A côté de Léon, l’insigne Docteur, Jésus ressuscité appelle en ce jour l’humble Pierre Célestin, Pontife suprême comme Léon, mais à peine assis sur la chaire apostolique, qu’il en est descendu pour retourner au désert. Entre tant de héros dont est formée la chaîne des Pontifes romains, il devait s’en rencontrer à qui fût donnée la charge de représenter plus spécialement la noble vertu d’humilité ; et c’est à Pierre Célestin que la grâce divine a dévolu cet honneur. Arraché au repos de sa solitude pour être élevé sur le trône de saint Pierre et tenir dans ses mains tremblantes les formidables clefs qui ouvrent et ferment le ciel, le saint ermite a regardé autour de lui ; il a considéré les besoins de l’immense troupeau du Christ, et sondé ensuite sa propre faiblesse. Oppressé sous le fardeau d’une responsabilité qui embrasse la race humaine tout entière, il s’est jugé incapable de supporter plus longtemps un tel poids ; il a déposé la tiare, et imploré la faveur de se cacher de nouveau à tous les regards humains dans sa chère sollicitude. Ainsi le Christ, son Maître, avait d’abord enfoui sa gloire dans une obscurité de trente années, et plus tard sous le nuage sanglant de sa Passion et sous les ombres du sépulcre. Les splendeurs de la divine Pâque ont tout à coup dissipé ces ténèbres, et le vainqueur de la mort s’est révélé dans tout son éclat. Mais il veut que ses membres aient part à son triomphe, et que la gloire dont ils brilleront éternellement soit, comme la sienne, en proportion de leur empressement à s’humilier dans les jours de cette vie mortelle. Quelle langue pourrait décrire l’auréole qui entoure le front de Pierre Célestin, en retour de cette obscurité au sein de laquelle il a cherché l’oubli des hommes avec plus d’ardeur que d’autres ne recherchent leur estime et leur admiration ? Grand sur le trône pontifical, plus grand au désert, sa grandeur dans les cieux dépasse toutes nos pensées.

Vous avez obtenu l’objet de votre ambition, ô Célestin ! Il vous a été accordé de descendre les degrés du trône apostolique, et de rentrer dans le calme de cette vie cachée qui avait si longtemps fait toutes vos délices. Jouissez des charmes de l’obscurité que vous aviez tant aimée ; elle vous est rendue avec tous les trésors de la contemplation, dans le secret de la face de Dieu. Mais cette obscurité n’aura qu’un temps, et quand l’heure sera venue, la Croix que vous avez préférée à tout se dressera lumineuse à la porte de votre cellule, vous invitant à prendre part au triomphe pascal de celui qui est descendu du ciel pour nous apprendre que quiconque s’abaisse sera élevé. Votre nom, ô Célestin, brillera jusqu’au dernier jour du monde sur la liste des Pontifes romains ; vous êtes l’un des anneaux de cette chaîne qui rattache la sainte Église à Jésus son fondateur et son époux ; mais une plus grande gloire vous est réservée, celle de faire cortège à ce divin Christ ressuscité. La sainte Église, qui un moment s’est inclinée devant vous pendant que vous teniez les clefs de Pierre, vous rend depuis des siècles et vous rendra jusqu’au dernier jour l’hommage de son culte, parce qu’elle reconnaît en vous un des élus de Dieu, un des princes de la céleste cour. Et nous aussi, ô Célestin ! nous sommes appelés à monter là où vous êtes, à contempler éternellement comme vous le plus beau des enfants des hommes, le vainqueur de la mort et de l’enfer. Mais une seule voie peut nous y conduire : celle que vous avez vous-même suivie, la voie de l’humilité. Fortifiez en nous cette vertu, ô Célestin ! et allumez-en le désir dans nos cœurs. Substituez le mépris de nous-mêmes à l’estime que nous avons trop souvent le malheur d’en faire. Rendez-nous indifférents à toute gloire mondaine, fermes et joyeux dans les abaissements, afin qu’ayant « bu l’eau du torrent », comme notre Maître divin, nous puissions un jour, comme lui et avec vous, « relever notre tête  » et entourer éternellement le trône de notre commun libérateur.

Sainte Pudentienne, vierge

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Un touchant souvenir du premier âge de l’Église Romaine se rattache à ce jour. Une vierge chrétienne, la noble Pudentienne, l’a illustré par son trépas. Fille d’un riche Romain nommé Pudens, de la famille de ce premier Pudens que mentionne saint Paul dans la deuxième Épître à Timothée [1] elle eut le bonheur, ainsi que sa sœur Praxède, d’être initiée dès le berceau à la foi chrétienne, et toutes deux consacrèrent à Jésus-Christ leur virginité. A la mort de leur père, les deux sœurs distribuèrent aux pauvres leur opulent héritage, et consacrèrent leur vie tout entière aux bonnes œuvres. L’Église était à la veille de la persécution d’Antonin. Pudentienne, à peine âgée de seize ans, mais déjà mûre pour le ciel, prit son vol vers l’Époux divin au fort de la tempête. Sa sœur lui survécut assez longtemps ; nous la retrouverons sur le Cycle de la sainte Église au 21 juillet.

La maison de Pudentienne, déjà consacrée, du temps de son aïeul, par le séjour de saint Pierre, fut mise par la vierge elle-même à la disposition du saint pape Pie Ier, et les divins Mystères y furent célébrés. Depuis lors elle est regardée comme l’un des plus augustes sanctuaires de Rome, et dans le cours du Carême la Station nous y a appelés le Mardi de la troisième semaine.

Pudentienne est une tendre fleur que l’Église Romaine offre aujourd’hui au divin Ressuscité. Les siècles n’ont point épuisé son parfum ; et, pure comme son nom, sa mémoire demeurera chère aux enfants de l’Église jusqu’au dernier jour du monde.

Semblable à la colombe de l’Arche, qui ne trouva pas où poser son pied sur le sol encore empreint de la colère de Dieu, vous avez pris votre vol, ô Pudentienne ! et vous êtes venue vous réfugier dans le sein de Jésus votre Pasteur et votre Époux. Ainsi, au dernier jour du monde, les âmes des élus, revêtues de leurs corps glorieux, imiteront le vol de l’aigle, et se rendront autour de Jésus avec la rapidité que le roi des airs met à fondre sur sa proie . Ces âmes fuiront la terre profanée, de même que vous avez fui les abominations de Rome païenne qui s’enivrait du sang des martyrs . Nous saluons votre départ, ô vierge, dans un sentiment d’espérance pour nous-mêmes ; nous saluons votre arrivée près de l’Époux, dans le désir de nous y rencontrer un jour avec vous. Détachez-nous de tout ce qui passe ; faites-nous aimer de plus en plus cette vie nouvelle que la Pâque a répandue en nous ; faites, par vos prières, que nous n’ayons plus d’attrait pour cette autre vie inférieure qui n’est pas celle de Jésus ressuscité. Fille de la sainte Église de Rome, intercédez aussi pour votre mère. Aux jours de Léon XIII elle souffre comme aux jours de Pie Ier. Après avoir régné longtemps sur les nations chrétiennes, elle est abandonnée et désavouée aujourd’hui par des peuples qui lui doivent tout, et qui tournent contre elle ses propres bienfaits. Soyez-lui en aide, ô Pudentienne ! et subvenez à votre auguste mère.

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Message  gabrielle le Mar 20 Mai 2014, 9:14 am

Le 20 mai

Saint Bernardin de Sienne,confesseur

Leçons des Matines avant 1960 a écrit:Bernardin Albizesca, issu d’une noble famille de Sienne, donna dès son enfance des marques éclatantes de sainteté. Il reçut de ses pieux parents une éducation très soignée ; négligeant les amusements puérils, on le vit, dès ses premières études de grammaire s’adonner aux œuvres pies, au jeûne, à la prière, et particulièrement au culte de la très sainte Vierge. Sa charité envers les pauvres était admirable. Plus tard, afin de mieux pratiquer encore toutes ces vertus, il voulut être inscrit au nombre des serviteurs de Dieu de Notre-Dame de la Scala de Sienne, d’où sont sortis plusieurs personnages illustres par leur sainteté. C’est là que le soin des malades, durant une peste qui sévissait cruellement dans la ville, lui donna l’occasion de mortifier son corps et d’exercer une charité vraiment incroyable. Entre autres vertus, il garda inviolablement la chasteté, malgré les dangers auxquels l’exposait la rare beauté de ses traits ; à tel point que les plus licencieux n’auraient osé prononcer le moindre mot malsonnant en sa présence.

Après l’épreuve d’une grave maladie, endurée pendant quatre mois avec la plus entière résignation, il conçut enfin le projet d’embrasser la vie religieuse. Pour s’y acheminer, il loua une petite maison à l’extrémité de la ville ; il vécut là inconnu, menant la vie la plus austère, et priant Dieu continuellement de lui faire connaître le parti qu’il devait prendre. Ce fut donc d’après l’inspiration divine qu’il choisit l’Ordre de saint François, où il excella en humilité, en patience et en toutes les vertus religieuses. Le supérieur du couvent le remarqua, et comme il le savait déjà arrivé à un haut degré de connaissance des textes sacrés, il lui imposa le devoir de prêcher. Bernardin accepta humblement ce ministère, bien qu’il s’y reconnût peu apte en raison de la faiblesse et de l’enrouement de sa voix. Il implora le secours de Dieu, et il fut, non sans miracle, délivré de cet obstacle à son zèle.

Il y avait à cette époque un débordement de crimes en Italie, et de sanglantes factions y foulaient aux pieds toutes les lois divines et humaines. Bernardin parcourut les villes et les villages au nom de Jésus, qu’il avait toujours à la bouche et dans le cœur, et rétablit presque entièrement la piété et les bonnes mœurs qui avaient disparu. Sa réputation fit que plusieurs villes considérables le demandèrent au Pape en qualité d’Évêque ; mais il refusa constamment cette charge avec une humilité invincible. Enfin cet homme de Dieu, après de grands travaux, de nombreux et éclatants miracles, et après avoir laissé des écrits pleins de science et de piété, termina une vie de soixante-six années par une mort de prédestiné, à Aquila, ville de l’Abruzze. De nouveaux miracles le rendirent célèbre, et six ans après sa mort, le Pape Nicolas V le mit au nombre des Saints.
gabrielle
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