Maria de la Luz Camacho, martyre , 1907-1934 ( Mexique )

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Message  Roger Boivin Sam 29 Aoû 2009, 11:03 pm


Son action catholique va déborder sous une autre forme. Elle organise des fêtes où les jeunes filles se divertissent sans offenser Dieu. Elle multiplie les thés, où, loin des compagnies douteuses, on s'amuse et on parle d'autres choses que de théâtre, de fiancés, de toilettes. Quelles heures charmantes passées en compagnie de Maria de la Luz ! Tout en causant, elle enseigne à ses compagnes la broderie, la coupe, le tissage; elle les intéresse à ses chers pauvres qui ont besoin de vêtements ou à ses catéchistes qui attendent des récompenses.

Elle n'oublie jamais le jour de fête de ses compagnes. Elle s'y prend d'avance. Elle recueille un peu d'argent. Le jour venu, elle les conduit à la messe qu'elle fait dire à l'intention de celle qui est l'objet de la fête. Chacune d'elles offre sa communion. Dans l'après-midi, réunion où l'on s'amuse bien.

Toutes ses activités sont animées d'un même zèle : procurer aux jeunes filles une solide formation chrétienne.

L’œuvre du bon théâtre qui l'occupe surtout durant les dernières années de sa vie n'a pas d'autre but. Elle fonde le cercle dramatique de Sainte-Isabelle. Elle explique en ces termes le but de l’œuvre à ses collaboratrices :

« Notre cercle essayera de détourner les jeunes filles des divertissements mauvais, des cinémas, des bals et de tous les autres amusements mondains où le bon Dieu est tellement offensé. » Il faut la voir à l'oeuvre. C'est elle qui choisit les pièces, distribue les rôles, exerce les jeunes actrices. Ses parents sont parfois d'avis qu'elle ne réserve pas assez de temps pour les travaux de la maison. Puisque le temps manque, elle en crée, c'est-à-dire qu'elle le dérobe à ses nuits. Pendant les longues semaines de préparation, elle se lève deux heures plus tôt que de coutume.

Le souvenir des fêtes dramatiques organisées par Maria de la Luz est encore vivace à Coyoacan. Au témoignage des spectateurs, elles faisaient toujours salle comble.

Nous avons sous les yeux quelques programmes élaborés par elle.

Le 10 mai 1933, elle fit jouer le Martyre d'une mère pour célébrer la fête des mères chrétiennes.

Le 18 août, une autre grande séance où elle tient le premier rôle dans une pièce comique, le Juguete Comico et dans un drame en trois actes : Marie Stuart. Quelques mois plus tard, elle monte une pièce sur Jeanne d'Arc. Une séance tous les deux ou trois mois.

Elle ne se réservait pas toujours les rôles les plus importants; elle choisissait plutôt les plus tragiques. Elle les rendait à merveille. On la voyait pleurer de vraies larmes.



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Message  Roger Boivin Dim 30 Aoû 2009, 1:40 pm


Dans un drame où la femme de l'infortuné empereur Maximilien est représentée tout en larmes et comme folle de douleur, Maria de la Luz joue le rôle d'une religieuse qui, par ses soins et ses prières, essaye de calmer l'impératrice en délire.

Elle disait :

Notre Père qui êtes aux cieux
Prenez pitié de cette âme;
Et s'il faut, pour la consoler,
Prenez ma vie en échange...

En 1933, les catholiques mexicains vivaient dans une atmosphère d'héroïsme. Le sang coulait encore. La pensée du sacrifice pour la grande Cause était dans tous les esprits, et comme les pièces choisies par Maria de la Luz mettaient le plus souvent en scène quelque victime de la persécution religieuse, les allusions à la vie mexicaine sautaient aux yeux. Les noms changeaient, mais au fond c'était le drame mexicain qui se jouait sur la scène. On devine l'émotion des spectateurs.

Une fois, par exemple, Maria de la Luz joue le rôle d'une esclave chrétienne dans la pièce de Fabiola. Je conserve la copie écrite de sa main. On connaît cette émouvante étude du cardinal Wiseman sur la société chrétienne des premiers siècles. Fabiola est encore païenne et Myrian ( Maria de la Luz ) s'efforce de la convertir à la foi. Myrian est prête à sacrifier sa vie pour Fabiola. Les applications se font d'elles-mêmes : Maria de la Luz est dans son rôle d'apôtre; Fabiola, c'est la chère patrie mexicaine, qu'elle veut sauver.

Maintenant que Maria de la Luz s'est sacrifiée pour le salut de son pays, les paroles qu'elle prononçait dans la pièce prennent un sens encore plus pathétique :


J'ai un désir immense
De l'arracher à la mort...
De semer sur ce terrain fertile
La semence de la vérité et du bien.
Je veux la faire tomber
Prisonnière des filets
De l'amour de Jésus-christ...

***

Les mystères de ma vie ?...
Ils peuvent ainsi se résumer :
Ma mère bénie mourut
Et un épouvantable deuil
Enveloppa notre foyer...

***

Ah ! pour préparer et hâter
Ce que je désire tant.
C'est avec joie que je verserais
Le sang de mes veines !

***

Nos chrétiens ne t'inspirent-ils pas
Respect et bienveillance ?
Vois l'abnégation avec laquelle
Ils souffrent tant de tortures
Sans même exhaler une plainte !
...........................................
Je vois donc aussi la mort
Qui me caresse le visage...
Jésus ! si tant de délices
Peuvent s'unir à la mort,
Laisse-moi mourir maintenant;
Mais accorde-moi de voir
Mon œuvre achevée
Avant que je ne meure !

( Myrian, blessée à mort par un païen, dit à Fabiola qui s'agenouille : )

Ce sang, ce sang virginal
fut versé pour te sauver !

( Elle baptise Fabiola. )

Toutes deux ensemble,
chacune à sa manière
Nous naissons aujourd'hui
A une vie nouvelle...

( Un chœur invisible se fait entendre. )

Ce sont les anges de Dieu
Penchés sur notre berceau :
Ils nous appellent toutes deux :
Toi, aux saintes luttes de la terre,
Moi, au grand repos du ciel !


En récitant ces vers, Maria de la Luz y mettait un accent de sincérité qui frappait les auditeurs. Prévoyait-elle alors la mort qui l'attendait ?



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Message  Roger Boivin Dim 30 Aoû 2009, 2:25 pm


Une fois, elle eut en plein jour, en pleine rue, une sorte de vision qui la tint profondément émue pendant plusieurs jours. Elle venait de quitter la maison d'une dame de Coyoacan, chez qui elle était allée précisément repasser son rôle en compagnie de sa sœur Lupita. Elle se vit morte, baignée dans son sang, au milieu d'un grand parc et tout entourée de rouges coquelicots. Imagination ou non, la scène devait se reproduire telle quelle : elle mourra, devant l'église paroissiale, dans le grand parc où les Rouges déchargeront sur elle leurs revolvers.

Au témoignage de Mme Camacho, Maria de la Luz préparait ses rôles avec un soin extrême. « Mieux nous réussirons, disait-elle, plus on viendra nous entendre. Plus il y aura de monde, plus abondantes seront les recettes. Si jamais nos prêtres sont mis en prison, nous pourrons payer la rançon de leur délivrance. » Ses représentations faisaient ainsi d'une pierre deux coups : donner au public de Coyoacan une récréation saine et instructive, et recueillir des fonds pour soutenir les bonnes œuvres.

On l'accusa de vouloir briller : le bon Dieu lisait dans son âme les intentions très pures qui l'animaient.



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Message  Roger Boivin Dim 30 Aoû 2009, 3:15 pm


Les derniers traits

Entre temps, Maria de la Luz continuait à donner ses leçons de catéchisme aux enfants de la paroisse qu'elle réunissait chez elle. Elle aimait particulièrement cet exercice d'apostolat. Personne n'était là pour l'épier et lui reprocher de vouloir briller. Le bon Dieu voyait son travail et cela lui suffisait.

Parfois le bien à faire l'appelait au dehors. Elle y courait sans penser que son audace apostolique pourrait lui attirer des ennuis.

Durant l'été de 1934, le cinéma Espoir, de Coyoacan, mit à l'affiche un film d'une immoralité scandaleuse : la Vallée du nu. Maria de la Luz en fut indignée. « Cela ne se passera pas à Coyoacan », se dit-elle. Elle avertit son père et l'engage à organiser un boycottage en règle. Un texte est bientôt rédigé. Avec motifs à l'appui, il invite les citoyens de Coyoacan à ne pas encourager de leur présence le cinéma corrupteur qui ose présenter un tel film. L'honneur de Coyoacan est en jeu. M. Camacho fait imprimer le texte et Maria de la Luz se charge de le répandre. Le temps presse. Elle répartit la besogne entre plusieurs. Sa sœur Lupita prend son paquet d'imprimés; d'autres jeunes filles se partagent le reste avec Maria de la Luz. Le soir, les feuilles volantes avaient pénétré dans toutes les familles de la ville.

Il fallait du courage pour braver la colère du propriétaire de l'Espoir. Maria de la Luz n'avait pas trouvé facilement des jeunes filles pour l'aider. Beaucoup avaient peur et s'étaient fait tirer l'oreille . ce manque de courage l'attrista profondément. « C'est dommage, soupira-t-elle, qu'il n'y ait pas parmi nous plus de Consuelito Madrigal ! »

Consuelito Madrigal est une héroïne mexicaine dont tous les enfants du pays ont lu l'histoire. C'est une sorte de Jeanne d'Arc moderne incarnant l'âme de la résistance aux lois persécutrices.

« Consuelito Madrigal était cette femme sans égale que le sol mexicain sait encore produire... Douée de cet esprit vivace et pratique qu'on rencontre plus fréquemment de nos jours, elle portait dans l'âme, gravée comme dans un camée, les traits caractéristiques d'un christianisme pur et cultivé. Elle regardait le monde bien en face, dans l'attitude sereine d'une apôtre qui sait, croit et aime... »

L'héroïsme de Consuelito se retrouve dans Maria de la Luz. Même zèle, même élévation de sentiments. Mais Consuelito n'est qu'un personnage symbolique; Maria de la Luz est un modèle vivant. Cosuelito donne son temps et son âme à la grande cause; Maria de la Luz y ajoute son sang. L'une offre un sacrifice; l'autre un holocauste.



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Message  Roger Boivin Dim 30 Aoû 2009, 3:39 pm


Encore un trait de sa charité.

Pendant les jours d'accalmie qui suivirent les accords, les catholiques furent invités à verser leur obole pour aider à l'embellissement du sanctuaire national de Notre-Dame de Guadeloupe. Un comité central se forma pour la Colecta Guadalupana. Les membres les plus zélés et les plus habiles furent choisis comme quêteurs. Ils devaient recueillir les aumônes de porte en porte. Maria de la Luz fut désignée avec sa mère pour faire le tour de Coyoacan. voici la lettre de recommandation qu'elles devaient présenter :

« Par les présentes nous certifions que Mademoiselle Maria de la Luz Camacho, dont la signature ci-jointe servira d'identification, a été déléguée par Son Excellence Monseigneur l'Archevêque de Mexico pour recevoir les fonds dans les familles de la Colonie del Carmen de Coyoacan qui désirent contribuer aux œuvres de la Basilique. »

Mme Camacho eût préféré faire la tournée entière avec sa fille. Deux quêteuses ont plus de courage qu'une seule pour affronter des réceptions froides et parfois des refus. Les petites aventures ne manquèrent pas à Maria de la Luz, mais la Consuelito Madrigal de Coyoacan n'oublia aucune maison. Une dame protestante, entre autres, se montra indignée : « Vous demandez une aumône, à moi, protestante, pour votre Basilique ?

- Oh ! excusez-moi, alors, madame, dit Maria de la Luz. Je me suis trompée d'adresse... » et elle passe chez la voisine.

Elle riait ensuite de ses bonnes surprises « qui lui donnaient de belles couleurs » !



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Message  Roger Boivin Dim 30 Aoû 2009, 4:05 pm


Parfaitement équilibrée, Maria de la Luz présentait le plus rare contraste avec la jeunesse qu'on appelle moderne. De caractère allègre, entreprenant, plein de feu, elle garde une modestie entière et une parfaite maîtrise d'elle-même. Âme passionnée, mais disciplinée. Aucune difficulté ne l'effraie; aucune déception ne l'abat. Franche et allant droit au but : on sait ce qu'elle pense et ce qu'elle aime. Elle choisit ses amies, surtout parmi les pauvres et les humbles, car, disait-elle, c'est parmi elles que se rencontrent la véritable affection, la sincérité.

Elle doit beaucoup à ses parents qui, selon les traditions de l'ancienne mode, surveillent le choix de ses amies, de ses lectures, de ses amusements. Ils pensaient que la meilleure formation est encore celle que Blanche de Castille donnait à son fils : la pureté de l'âme et l'amour du prochain.

« que feriez-vous, lui disait une dame de Coyoacan, si vous aviez à choisir entre renier votre foi pour être heureuse en ce monde ou mourir pour la garder ?

- Dieu me donnerait la grâce de lui être fidèle. Au reste, si j'avais le malheur de renier mon Dieu, j'en mourrais de peine ! »

Dieu ne lui refusa pas cette grâce suprême que toute une vie de fidélité lui avait méritée.

Son directeur résume ainsi le vie de Maria de la Luz Camacho : « Je n'hésite pas à dire qu'elle fut très vertueuse, disons le mot : une sainte. »

A vingt-sept ans, elle achève sa course vers l'idéal qu'elle s'est forgé. La fiancée est prête. L’Époux peut venir.



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Message  Roger Boivin Dim 30 Aoû 2009, 9:25 pm


Martyre


Le boucher de Tabasco


Le dixième Congrès prolétaire du Syndicat Rouge, approuvé par le ministère de l'Instruction publique de Mexico, ne laisse aucun doute sur l'orientation nouvelle de l'éducation socialiste. D'après le rapport du Congrès, « tous les fardeaux imposés à l'humanité sont fabriqués par le clergé. L'exploitation des paysans et des ouvriers se fait au nom des doctrines de l'Éternité...


« Les prêtres catholiques, les évêques, le Pape sont de dangereux reptiles. Il faut les bannir tous.

« Dieu n'existe pas. La religion est un mythe. La Bible ? une immense blague...

« Plus d'idoles. Plus de pères de famille; plus d'hommes qu'il faille respecter. Plus de patrons, Plus de Dieu.

« Les enfants doivent être entraînés à haïr Dieu et leurs parents. Emparons-nous de la conscience des enfants pour créer une nouvelle âme nationale ! »


Ce travail s'appelle d'un mot nouveau : la défanatisation des masses. Calles a lancé l'idée et amorcé la lutte. Mais il eut des collaborateurs dévoués. Tejeda dans l'État de Vera Cruz, Osornio en Queretaro, Quevedo en Chihuahua ont tout mis en œuvre pour déraciner la foi dans leurs États.

Le fils de Calles, Rodolfo, s'est aussi signalé dans l'État de Sonora. Mais la palme appartient au gouverneur de Tabasco, Thomas Garrido Canabal. C'est le pur entre les purs. Calles lui-même l'a proposé comme le modèle achevé d'un gouverneur d'État.

En fait, c'est lui qui a fait tuer Maria de la Luz Camacho. Il convient donc  de nous arrêter devant cette figure; nous verrons au surplus l'idéal que Calles se faisait d'un chef Rouge.



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Message  Roger Boivin Dim 30 Aoû 2009, 10:03 pm


Thomas Garrido Canabal appartient à une ancienne famille bourgeoise de Mexico. Son père, Pio Garrido Lacroix, possédait une luxueuse résidence dans les environs de Chapultepec. Élevé dans le luxe, il ne peut se résigner à la peine de perdre sa fortune, quand la révolution de Carranza éclate à Mexico. La vocation de prolétaire ne l'attire pas. Il part avec les siens et va se cacher au fond de la péninsule, à Mérida, dans l'État du Yucatan, emportant en son cœur la haine des révolutionnaires qui l'ont privé de ses biens. Le désir de la vengeance lui donne du courage. Une idée fixe le mène : devenir le Leader Maximus. Il s'établit dans l'État de Tabasco; violent, hardi, il monte vite au premier rang, en écrasant ses rivaux. L'odeur du sang l'exalte. Quand il se sent maître de la situation, son ambition n'a plus de borne; imitant la tactique de ceux qu'il a maudits, oubliant ceux qu'il voulait venger, il s'enrichit sans vergogne. Il massacre les riches, il exploite les ouvriers. Il prêche le communisme, et pratique le capitalisme.

Il organise des trusts qu'il appelle des Ligues. Les ouvriers ont à choisir : entrer dans une ligue ou quitter l'État de Tabasco. Haï, mais craint, il fait jurer obéissance au Leader Maximus, comme il aime s'appeler. Favori de la fortune, il échappe comme par miracle aux balles et aux embûches de ses adversaires.

Quand il part pour l'exil, il emporte avec lui $500,000 en or qu'il dépose à la banque de Costa Rica et laisse le secrétariat de l'Agriculture de Mexico avec un déficit de $100,000.

A Tabasco, il mène une vie de pacha. Il reçoit comme un prince ses amis, les révolutionnaires de Mexico. Les riches doivent payer « spontanément » les frais de ces réceptions. S'ils résistent, ils disparaissent. J'ai sous les yeux une liste de quarante-trois personnes de la bonne société de Tabasco, massacrées par les ordres du gouverneur.



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Message  Roger Boivin Dim 30 Aoû 2009, 10:20 pm


Son gouvernement doit être soviétique. Son emblème est le drapeau rouge et noir. Dieu n'existe pas. Défense même de prononcer son nom, d'honorer les saints, de garder leurs images.

Tous les prêtres sont chassés. Les églises sont rasées ou converties en écoles socialistes. Les noms de saints que portaient les villages, les montagnes ou les rues sont remplacés par des noms révolutionnaires. Les croix des cimetières sont abattues; le deuil est prohibé. Par un décret du 2 juin 1934, Garrido fait démolir les sépulcres; à l'avenir, les pierres tombales seront marquées d'un simple numéro.

Détruire la foi, implanter l'athéisme, voilà le programme. La défanatisation des masses s'opère par tous les moyens. Des journaux athées se fondent et « paraissent tous les samedis, que Dieu le veuille ou non ». Chaque semaine, se tient un « samedi rouge » : danses, chansons, profanations d'objets de piété. De son imprimerie sortent des torrents de boue, des caricatures violentes contre Dieu, le Pape et les évêques. On s'amuse à singer les cérémonies du culte catholique; c'est le « clou » de chaque réunion.

Voici la formule d'un baptême socialiste :

« Au nom des principes de la Révolution et de la clameur des déshérités du monde, en vertu de mes fonctions de secrétaire général de la Confédération paysanne « Emilio Zapata »... je te baptise Lénine d'après le nom de l'apôtre du prolétariat dont les yeux étaient comme des coupes débordantes des larmes de la Crucifixion des peuples. Je te donne ce nom en mémoire de lui, pour que tu puisses le porter à travers la vie... »



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Message  Roger Boivin Dim 30 Aoû 2009, 10:47 pm


Voici la formule d'un baptême socialiste :

« Au nom des principes de  la Révolution ... »

Ça vous dit quelque chose ?

.. c'est la même Révolution que la Révolution française.

Mgr De Ségur en a écrit tout un Opuscule sur cette Révolution diabolique.

..et cette Révolution est toujours et plus que jamais à l'oeuvre encore et aujourd'hui; qu'on s'ouvre les yeux !!
( Roger ).


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Message  Roger Boivin Dim 30 Aoû 2009, 11:29 pm


Au reste, Garrido Canabal donne l'exemple. Son premier fils reçoit le nom de Lénine; le second, celui de Lucifer.

Le grand comédien qu'est Garrido se pose en émancipateur de la femme.  Il publie une loi sur le divorce; la rupture du lien matrimonial s'accomplit en un instant. Il suffit que l'un des conjoints se présente chez un juge et en fasse la demande.

Les camarades ont le droit d'avoir autant de femmes qu'ils veulent. Le Leader Maximus, pour sa part, en a simultanément cinq. J'ai leurs noms et prénoms sous les yeux.

Les disciples les plus fidèles de Garrido sont ses admiratrices. Il n'en manque pas. Voici un extrait de discours prononcé par Mlle Maria Dolores. Il donne le ton de ce qu'on entend dans les samedis rouges. Elle parle dans une église désaffectée :

« CAMARADES,

« Nous voici réunis de cœur avec notre Leader Maximus, pour commémorer l'assaut donné aux tranchées cléricales. Les églises, ces centres d'ombre et de mystère, sont maintenant ouvertes à la lumière de la vérité. Nous n'entendrons plus les chants de mansuétude et de résignation de tant de bonnes âmes qui, trompées par la foi en l'existence d'un Dieu représenté par des statues et des images, perdaient leur temps à les implorer en vain, de même qu'elles perdaient leur argent en aumônes qui passaient dans les poches des curés...

« Nous n'entendrons plus de sermons, ni le murmure des confessionnaux où la pudeur se perdait aux pieds d'un moine libidineux en échange de dix minutes d’exhortation. Nous ne verrons plus glisser dans ces salles des fantômes ensoutanés; nous ne verrons plus la silhouette d'évêques ventrus qui, le rosaire à la main, priaient dans l'ombre pour les âmes perdues, pour ces pauvres brebis dévoyées qui ne leur faisaient plus parvenir leur argent.

« Une lumière très vive nous inonde; elle nous vient du livre, de l'équerre et de l'outil qui enseignent la vérité et la science de la vie. Le livre, l'outil, voilà nos dieux, les dieux qui donnent le pain et la paix de l'âme, sans oremus et sans mea culpa, au riche comme au pauvre, à l'homme comme à la femme.

« La lumière de la raison éclaire l'école. »


C'est en effet dans les écoles que Garrido Canabal a le mieux travaillé. Depuis dix ans, les enfants n'ont dans la tête que ce qu'il y a mis : la haine de Dieu et du prêtre, l'amour de la vie animale dont ils doivent jouir sans frein.



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Message  Roger Boivin Lun 31 Aoû 2009, 1:00 pm


Les murs des écoles se couvrent de fresques obscènes où les acteurs sont toujours des prêtres et des religieuses. Des traités d'éducation nouvelle s'impriment; dans une préface, Garrido écrit, en 1933 :

« Pour les professeurs de la classe ouvrière, la foi dans les dogmes et les divinités n'existe pas...
« Les ouvriers ( de Tabasco ) ont vécu huit ans sans prêtres, sans église, sans pratiques religieuses; ils sont maintenant en pleine prospérité et en pleine culture, guidés par les seules données de la raison. Ils ont cessé de réclamer de leurs dieux la justice que les criminels égoïsme leur refusent : ils sont maintenant convaincus que leur émancipation repose sur eux-mêmes. »


Les enfants reçoivent des leçons pratiques d'athéisme. Dans une école on réunit des enfants affamés. La maîtresse leur dit : « Allons, priez, mes enfants ! Si Dieu existe, qu'il nous donne du pain. » Comme rien n'arrive, elle leur dit que leur Dieu est sourd, ils doivent insister : « Répétez encore : Si Dieu existe, qu'il nous donne du pain ! » Rien. « Alors, mes enfants, dites maintenant après moi : Si la Révolution s'occupe de nous, qu'elle nous donne du pain ! » Aussitôt une porte s'ouvre sur une table chargée de mets préparés d'avances...



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Message  Roger Boivin Lun 31 Aoû 2009, 1:18 pm


On met dans la main des enfants des pics et des pelles et on les fait travailler à la démolition des églises, ces foyers d'obscurantisme ! Garrido Canabal veut que ces leçons passent à l'histoire. Il a soin de faire photographier les scènes qu'il reproduit ensuite dans ses revues. Rien n'est plus triste que le spectacle de ces pauvres enfants soumis à telle école d'athéisme. On les voit célébrant ce qu'ils appellent Semaine Sainte : des jeunes gens, portant une croix, reproduisent la cérémonie des trois chutes de la montée au Calvaire; les enfants défanatisés se tordent de rire. Voici la statue du général Obrégon, le révolutionnaire martyr, coulée avec les bronzes des cloches d'églises. Là, c'est un groupe de jeunes filles, portant chacune une croix de bois qu'elles vont poser sur le bûcher. Une photo nous montre un grand Christ en croix; c'est la scène du Calvaire. Au pied, une Madeleine effrontée, la cigarette à la bouche. au bas Garrido Canabal ajoute son commentaire : « Voilà l'évolution de l'esprit des travailleurs ! »

Tel est Garrido Canabal. On a vu dans l'histoire des fous puissants qui ont paru un instant à la surface du monde et se sont signalés par de telles turpitudes. La crise passée, ils rentraient dans l'ombre, parce que personne n'osait prendre la responsabilité de les approuver.

Calles a déclaré que Garrico Canabal était la fine fleur de la Révolution, le modèle achevé d'un Gouvernement d'État. Cardenas eût été prêt à lui céder la place comme candidat à la présidence; il lui donna même son vote.

L'État de Tabasco réalisait l'idéal qu'il fallait faire connaître à tout le pays. Quand, le 1er décembre 1934, Cardenas annonça la formation de son premier cabinet, Garrido Canabal, appelé à Mexico, y figurait comme ministre de l'Agriculture.



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Message  gabrielle Lun 31 Aoû 2009, 5:57 pm

On met dans la main des enfants des pics et des pelles et on les fait travailler à la démolition des églises, ces foyers d'obscurantisme ! Garrido Canabal veut que ces leçons passent à l'histoire. Il a soin de faire photographier les scènes qu'il reproduit ensuite dans ses revues. Rien n'est plus triste que le spectacle de ces pauvres enfants soumis à telle école d'athéisme. On les voit célébrant ce qu'ils appellent Semaine Sainte : des jeunes gens, portant une croix, reproduisent la cérémonie des trois chutes de la montée au Calvaire; les enfants défanatisés se tordent de rire. Voici la statue du général Obrégon, le révolutionnaire martyr, coulée avec les bronzes des cloches d'églises. Là, c'est un groupe de jeunes filles, portant chacune une croix de bois qu'elles vont poser sur le bûcher. Une photo nous montre un grand Christ en croix; c'est la scène du Calvaire. Au pied, une Madelaine effrontée, la cigarette à la bouche. au bas Garrido Canabal ajoute son commentaire : « Voilà l'évolution de l'esprit des travailleurs !

Tout simplement hallucinant, nous ne nous imaginions pas ici , avant l'apostasie générale ce qu'était ces blasphèmes que les grands et puissants de ce monde placent dans la bouche des enfants.

L'Écriture dit; des tous petits à la mamelle je me suis préparé une louange... ( à peu près)

C'est terrible de corrompre ceux qui ne demandaient qu'à aimer le Bon Dieu Sad Sad
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Message  Roger Boivin Lun 31 Aoû 2009, 7:51 pm

gabrielle a écrit:

C'est terrible de corrompre ceux qui ne demandaient qu'à aimer le Bon Dieu  Sad  Sad

Et aujourd'hui universellement, quand on ne les tue pas dans le ventre de leur mère, on les corrompt dès le plus bas âge.


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Message  Roger Boivin Lun 31 Aoû 2009, 9:25 pm


Vers l'holocauste


L
e gouvernement de Calles avait préparé la capitale à la venue de Garrido et de sa horde.

Depuis le milieu de l'été 1934, la lutte antireligieuse rappelle les plus mauvais jours de 1927-1928. Les catholiques sont partout menacés. A Coyoacan, la police est aux ordres d'un parent de Garrido Canabal, Homero Margalli, originaire de Tabasco. Cynique et sectaire, il veut implanter dans la ville, dont il est le préfet municipal, les méthodes de Tabasco. Tous les dimanches, dans le salon de Cabildos du palais de Cortéz, il tient des meetings, des « heures anticatholiques » où l'on ridiculise la religion et l'on insulte les fidèles. Depuis l'arrivée du Chef à Mexico, il a toutes les audaces. Le palais municipal devient un centre où les Chemises Rouges sont chez elles. Les samedis rouges s'organisent. Homero Margalli ne se cache pas pour dire qu'il faut en finir avec ces fanatiques de Coyoacan. Le persécuté, c'est lui, homero Margalli ! La population ne cesse d'insulter ses Rouges; il ne peut même pas avoir la paix, durant ses meetings : les cloches de l'Église couvrent la voix des orateurs ! Une fois il fait dire au curé d'arrêter la sonnerie. Au reste, l'église est un foyer d'obscurantisme : il faut la détruire !

On devine l'inquiétude des paroissiens de Coyoacan. Les œuvres de l'Action catholique en souffrent. Maria de la Luz doit réduire ses activités apostoliques. A partir de septembre, ses catéchismes à domicile sont suspendus. Un raid de la police eût amené la confiscation de la maison et exposé les catéchistes à toutes les violences.  La chose s'était vue à Mexico même. Le 28 octobre de cette année 1934, la police de Tacubaya pénètre un soir dans la maison privée de Mme Maria Solana de Ituarte, où quatre jeunes filles sont réunies. Leur zèle pour l'Action catholique est connu. Les agents leur intiment l'ordre de les suivre. Pas d'explication ! Elles sortent et personne ne peut savoir où on les a conduites.



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Message  Roger Boivin Lun 31 Aoû 2009, 10:02 pm


L'effronterie des malfaiteurs tout-puissants croît de jour en jour. En septembre, le Bloc révolutionnaire propose à la Chambre d'écarter tous les catholiques des fonctions publiques. Une Ligue Nationale se forme pour combattre le catholicisme et défanatiser les masses. Le 10 octobre, l'éducation socialiste obligatoire dans les écoles est approuvée par la Chambre à l'unanimité. Le lendemain, le barreau mexicain s'élève contre le projet; à l'assemblée de protestation, l'avocat Toribio Esquival Obrégon raconte qu'en plein Mexico un Inspecteur  de la secrétairerie de l'Instruction publique est entré dans une école.  Il s'adresse aux enfants en leur montrant un crucifix :

« Qui est-ce ? » Les élèves répondent : « C'est l'image de Notre-Seigneur !
- De Notre-Seigneur ? » reprend l'Inspecteur. Il jette le crucifix par terre, le foule aux pieds, le frappe. Aux enfants stupéfaits, il dit ; « Cela, un Dieu ? Voyez ce que je viens d'en faire de votre Dieu, et il ne m'a rien fait ! »

Le 12 octobre, la police et les pompiers dispersent vingt mille catholiques réunis pour protester; plus de cent femmes et enfants sont blessés. Le 15, Lombardo Toledano, qui deviendra plus tard le confident et le bras droit de Cardenas, expose ses projets de réforme de la famille; il exalte le divorce et réclame l'émancipation absolue de la femme.

Le 2 novembre, le Sénat demande que deux prêtres seulement soient autorisés à exercer le ministère pour tout le district fédéral. Le 6, des révolutionnaires de Tamaulipas font irruption dans la Chambre des Députés et exigent simplement que tous les curés et les évêques soient massacrés. Tabasco a donné l'exemple. Il faut le suivre !

Tabasco, un modèle ? La Palabra, un journal indépendant maintenant supprimé, en donne des nouvelles dans son numéro du 11 novembre 1934. C'est un véritable enfer ! Le peuple n'en peut plus. Garrido est maudit de tous; des enfants de quatorze ans sont embrigadés dans une armée de « Jeunes révolutionnaires d'Avant-Garde » pour veiller à sa vie menacée.



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Message  Roger Boivin Mar 01 Sep 2009, 9:53 pm


Cardenas tire son ami d'embarras en le faisant venir à Mexico. Avec Garrido l'enfer de Tabasco envahit la capital.

Le nouvel Attila fait son entrée triomphale à Mexico, escorté de jeunes gens formés par lui-même et à son image. C'est une véritable armée, bien disciplinée. L'uniforme les distingue des autres soldats : béret rouge et noir, chemise rouge, culotte noire. Leur drapeau, rouge et noir, est promené dans les rues de la ville à conquérir.

Les Rouges-Noirs se mettent aussitôt à l’œuvre.

Garrido trouve que Mexico est bien en retard ! Il faut rattraper le temps perdu. Il inonde la ville de sa littérature de Tabasco : livres, pamphlets, cartes postales, affiches de toutes dimensions font savoir aux habitants arriérés de la capitale que Dieu n'existe plus. C'est dans les bureaux du ministère de l'Agriculture que la propagande est la plus soignée. Sur les murs, on lit des textes comme celui-ci :
« La croyance en Dieu a été la cause de l'esclavage des peuples. »

Tous les employés, hommes et femmes, doivent porter la Chemise rouge.

Il faut déniaiser ces scrupuleux : des images du Christ et de la Vierge sont étalées sur le parquet; pour entrer dans leurs bureaux les employés doivent les fouler aux pieds.

Et cent horreurs pareilles.



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Message  Roger Boivin Mar 01 Sep 2009, 10:24 pm


Le 3 décembre, deux jours après l'installation de Garrido au ministère de l'Agriculture, Mlle Eloisa Azcuaga, secrétaire particulière du ministre, réunit les employés et leur signifie que les choses vont changer. Quiconque veut garder son emploi doit d'abord acheter les ouvrages de défanatisation; il doit assister aussi à toutes les conférences anticatholiques.

Le 4, un employé du ministère annonce que les employés de quinze à trente ans doivent, tous les mercredis, à huit heures du soir, se présenter à la Loge maçonique située au numéro 2  de la rue de Tacuda. Le lendemain, la camarade Azcuaga lit sa première conférence. En résumé, elle affirme que Dieu n'existe pas et s'efforce de tourner en ridicule la communion et les cérémonies du culte catholique. L'auditoire se transporte ensuite à la Loge; tout le monde est invité à s'initier à la maçonnerie. Gare à celui qui refuse de s'unir « pour démolir à jamais les têtes fanatiques » !

Le jeudi 6 décembre, les employés du ministère sont invités à la représentation d'un film défanatiseur. Les excuses ne sont pas admises. Le film est une leçon de choses : il fait voir comment, en Tabasco, on brûle les images saintes et on détruit une église. La soirée s'achève par une démonstration sensationnelle : la camarade de la Fuente présente à ses auditeurs une grande image de Notre-Dame de Guadeloupe : « Camarades, dit-elle, cette Vierge n'a jamais fait de miracles. Vous allez en avoir la preuve. » Elle se fait apporter une allumette et fait brûler l'image. La foule doit applaudir.

Les actes de vandalisme éclatent de tous côtés. Le matin du 19 décembre, sur la route de Cuernavaca, une statue célèbre de Notre-Dame de Guadeloupe est arrachée de son socle et réduite en miettes. Les journaux attribuent le sacrilège à des inconnus, mais tout le monde sait que c'est le fait des Rouges-Noirs de Garrido. Sûrs de l'impunité, ils poursuivent leur campagne de défanatisation.



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Message  Roger Boivin Mar 01 Sep 2009, 10:34 pm


Que peuvent faire les catholiques ? Il ne leur reste qu'une arme : la prière. Le 28 décembre, des milliers de petits enfants vont en pèlerinage avec leurs mères à la grande Basilique de Notre-Dame de Guadeloupe; chacun porte, avec sa prière, une gerbe de fleurs. Des montagnes de roses s'accumulent au pied de l'autel. Les mères, au bout de leurs bras tendus, présentent à Notre-Dame leurs bébés : tant d'innocence arrêtera peut-être la colère du ciel !

Ce jour-là Maria de la Luz assistait à une réunion intime dans une bonne famille de Coyoacan. Avant de rentrer à la maison, elle dit à ses amies : » nous ferions bien de nous embrasser pour la nouvelle année... Qui sait si nous nous reverrons ! »



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Message  Roger Boivin Mer 02 Sep 2009, 10:19 pm



La messe rouge


H
omero Margalli a donné rendez-vous à sa troupe de défanatisateurs pour le 30 décembre. C'est un dimanche. A dix heures, l'église sera rempli d'enfants; c'est le moment choisi pour la brûler.

Dès avant neuf heures, soixante jeunes gens, de quinze à dix-huit ans, portant l'uniforme rouge-noir, arrivent au palais municipal. Margalli les attend; les revolvers sont prêts; un pour chacun, avec dix cartouches. Leur enthousiasme est chauffé à blanc depuis longtemps; pour leur donner du courage, il leur fait boire six bouteilles de cognac. Le mot d'ordre est donné : au cri de « Vive la Révolution », ils se lanceront à l'attaque. Ils n'ont d'ailleurs rien à craindre. C'est Garrido qui commande à Mexico, et il les protégera. Les précautions sont prises. Ils pourront opérer à leur aise : la police a reçu l'ordre de ne pas bouger. La besogne finie, ils pourront venir se réfugier au palais municipal. Les portes seront ouvertes pour les recevoir.

Le palais municipal est juste en face de l'église; le grand parc du Centenario les sépare. Il est neuf heures. Les Chemises Rouges gagnent le centre du parc, où, à une trentaine de mètres de l'église, s'élève une grande croix, appelée croix de la Mission. Ils suspendent aux bras de la croix le drapeau rouge et noir et sur le socle ils installent le portrait du citoyen Margalli. Les orateurs montent sur le socle. Les discours commencent. le thème en est connu. Des injures au Pape, à l'Église, aux évêques et aux prêtres. Des blasphèmes. Tout le répertoire y passe. Le cognac rend éloquent.

Les curieux s'arrêtent un moment. La scène est plutôt ridicule. Quelques personnes pourtant commencent à s'inquiéter et vont alerter les fidèles.

Un orateur de quinze ans lance des phrases particulièrement violentes. Ses menaces trahissent le but de la réunion. Il s'écrie : « Le mouvement libérateur de Tabasco doit tuer tous les « tondus » ( moines ); il doit détruire la religion, en brûlant les images saintes et les églises... Nous comptons sur l'appui du gouvernement; il voit notre mouvement avec beaucoup de sympathie, il est prêt à nous seconder. Le Président de la République ne pourra nous arrêter. Car à Mexico, celui qui commande, c'est Garrido! »

Ces mots rapportés textuellement par un auditeur font bientôt le tour de la paroisse de Coyoacan. Les Rouges vont brûler l'église !



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Message  Roger Boivin Jeu 03 Sep 2009, 9:15 pm


Maria de la Luz était chez elle. L'église est menacée; sa résolution est prise. Elle sait que deux cents petits enfants, ses anciens élèves de catéchisme, sont à l'église. Il faut aller les défendre. Bien que souffrante, elle dit à sa soeur Lupita de se préparer à l'accompagner. Maria de la Luz pressent que c'est sa dernière sortie et qu'elle va à la rencontre de l'Époux. Elle met ses plus beaux habits : une robe de soie verte dont le collet est orné de satin blanc.

En la voyant, sa sœur lui dit, étonnée :

« Pourquoi te parer ainsi ?

- Quand c'est le Christ-Roi qu'il faut défendre, répond Maria de la Luz, ne convient-il pas de mettre sa plus belle robe ? »

Elles partent.

L'église est à dix minutes de distance. Elles suivent la belle avenue de Mexico qui débouche sur la rue  du Cinquantenaire. Les cris des orateurs Rouge-Noirs retentissent encore au milieu du parc qu'elles longent pour atteindre l'église. Du groupe des énergumènes un Rouge-Noir se détache et s'avance vers les deux jeunes filles. Il sait ce qui se prépare. Il les arrête :

» Ne vous vantez pas trop d'être catholiques; ce matin, vous allez voir des choses terribles !

- Nous n'avons pas peur du tout, répond Maria de la Luz en s'éloignant du côté de l'église. Nous sommes disposées à mourir pour le Christ-Roi, s'il le faut. Nous en serions très contentes ! »

Dans la sacristie, le curé Rafael Medina se préparait à célébrer la messe. On vint lui dire qu'un meeting de Chemises Rouges avait lieu devant l'église et qu'on craint quelque incident. Le bruit courut même que des bombes étaient déposées dans l'église. L'énervement exagère sans doute le danger, pense le curé. Il revêt les ornements sacerdotaux et commence la messe. De l'intérieur de l'église on entend les vociférations des Rouges. La voix du prêtre, calme et forte, tranquillise les fidèles. Introibo ad altare Dei... Quare tristis es, anima mea, et quare conturbas me ? ...



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Message  Roger Boivin Jeu 03 Sep 2009, 9:43 pm


Maria de la Luz est restée à la porte de l'église. Elle se disait : « S'ils veulent entrer, ils devront me passer sur le corps. » Face aux Rouges, elle attend, tranquille. Sa soeur Lupita se tient près d'elle; quelques autres jeunes filles sont un peu plus à l'écart. Un mendiant, paralytique, est assis près du seuil de la porte où passent les fidèles, des gens du peuple pour la plupart.

Un jeune homme qui porte l'uniforme rouge-noir s'approche du groupe des jeunes filles. Il est de Coyoacan. Maria de la Luz le reconnaît, c'est un de ses anciens qu'elle a préparé à la communion. Le remords le fait parler. Il sait ce qu'il va se passer et il veut sauver son ancienne catéchiste :

« Mademoiselle, je vous en supplie, ne restez pas ici. Ne restez pas ici. On va brûler l'église !... »

Maria de la Luz ne bouge pas...

Au Sanctus, les cloches se mettent à sonner. Les blasphèmes et les hurlements des Rouges ne connaissent plus de bornes. « Mort aux curés ! Vive la Révolution ! Maudite église ! A bas l'église ! »

Les fidèles, agenouillés, tremblent de peur. Ils croient que c'est le signal; les Rouges vont entrer ! Une voix d'homme crie dans l'église :

« Que ceux qui ont du courage viennent à la porte ! »

Une vingtaines de personnes se massèrent devant l'église : des ouvriers, des jeunes filles et quelques mères héroïques qui tiennent leurs enfants par la main.

Mlle Carmen B., la présidente de l’œuvre des catéchistes de la paroisse, rejoint Maria de la Luz, qui se tient au premier rang, face aux Rouges menaçants. Quelqu'un dit à Lupita :

« Voyez donc comme votre sœur est pâle. Elle a peur !

- Ah ! je ne sais vraiment pas, reprend Maria de la Luz, qui pourrait ne pas avoir peur en ce moment ! »



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Message  Roger Boivin Jeu 03 Sep 2009, 10:17 pm


Le célébrant se rend compte du danger. Il a entendu la voix de l'homme et le remous de la foule. Il craint une profanation. sans achever les prières du Canon de la messe, il consomme les Saintes Espèces. Une porte latérale donne sur le cloître de l'ancien couvent du XVIe siècle; les mamans et les catéchistes y mettent les enfants en sûreté.

Au dehors, règne une grande excitation. Les Rouges hésitent à entrer. Il faudrait marcher sur le corps de ces femmes et de ces enfants. Exaspérés, ils recommencent leurs blasphèmes. Chaque fois qu'ils vocifèrent : « Maudit soit le Christ-Roi ! Maudite soit la Vierge de Guadeloupe ! » Maria de la Luz réplique d'une voix forte : « Vive le Christ-Roi ! Vive Notre-Dame de Guadeloupe ! » Le commandant, le propre neveu de Garrido Canabal, debout sur le socle de la croix de Mission, ne sait quel parti prendre. Ce n'est pas le scrupule qui l'arrête, mais la peur.

Les blasphèmes reprennent. Maria de la Luz crie toujours : « Vive le Christ-roi ! » Son exemple entraîne les autres.

Un catholique encourage sa femme :

« Crie, crie, toi aussi, comme la jeune fille : Vive le Christ- Roi ! »



A Rome, les préteurs engageaient ainsi avec les premiers chrétiens ce duel à mort :

« Reniez le Christ et adorez les idoles !

- J'adore le Christ, le seul Dieu vivant !

- Je vous ferai châtier !

- Vos tourments m'effraieraient, si le Christ ne souffrait pas avec moi ! »



Ici, la scène change, mais c'est le même drame. Les Rouges, juges et bourreaux, s'écrient :

« Maudissez le Christ !

- Vive le Christ-Roi ! » répond Maria de la Luz.

Les revolvers sont pointés sur elle. Elle a peur, mais le Christ est avec elle. Le commandant, furieux, sent qu'il ne pourra pas s'approcher de l'église. Il change de tactique. Le carnage sera plus beau. Il se tourne vers sa troupe et crie :

« Vive la Révolution ! »

C'était le signe convenu.

« Vive le Christ .. »



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Message  Roger Boivin Jeu 03 Sep 2009, 10:26 pm


Maria de la Luz n'a pas le temps d'achever; une balle l'a frappée en pleine poitrine. Carmen B., présente à la scène, m'a juré avoir entendu le dernier mot.

Pendant que les balles pleuvent sur les catholiques sans défense, Maria de la Luz s'affaisse dans les bras de sa soeur. La panique est effroyable. On cherche un abri; on court vers la porte de l'église trop étroite. On passe sur le corps de Maria de la luz étendue dans son sang. Carmen B. tombe par terre évanouie.

Quand elle reprend ses sens, elle se trouve face à la poitrine de Maria de la Luz. Le sang coulait abondamment de la blessure. Elle vit alors, comme en un rêve, les trois couleurs du drapeau mexicain : vert, blanc et rouge... Le col blanc, le sang sur la robe verte !

Dans le parc. le drapeau sacrilège rouge-noir recouvrait la croix; sur le seuil de son église, la jeune martyre mourait enveloppée dans les couleurs du vrai Mexique catholique. Les Rouges avaient vidé leurs revolvers. Ils avaient tiré plus de six cents balles. Plusieurs blessés gisaient dans une marre de sang. Quatre hommes étaient frappés à mort; un négociant de la ville de Coyoacan, deux petits ouvriers, et le vieux paralytique. Quelques petits enfants moururent aussi; mais les mères, pour éviter l'odieuse cérémonie de l'autopsie, emportèrent chez elles, en cachette, le corps de leurs enfants martyrs.

Au pays Rouge, cela s'appelle une leçon de défanatisation.

Leur besogne achevée, les Rouges-Noirs n'osent plus attaquer l'église; ils se retirent vers le centre du parc. Ils n'ont plus de cartouches, mais, réunis en cercle, ils gardent leurs pistolets braqués sur la foule qui, revenue de sa stupeur, s'avance vers eux, menaçante. Ils prennent la fuite. Les bureaux du palais municipal sont à deux pas. Margalli les y attend. Les portes se referment derrière eux.

devant l'église, on ramasse les blessés.

Maria de la Luz, inconsciente, respire encore. On la porte dans l'église. Un prêtre lui donne l'Extrême-Onction. Pendant que l'huile sainte signe son front, le sang de son cœur coule sans cesse de la blessure.

L'église est sauvée; l'ennemi est en fuite. Mais le prix de la victoire tombe goutte à goutte sur les dalles.


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