Le P. Jogues (APPENDICE)

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Message  Louis Mar 08 Avr 2014, 12:43 pm

.

Vous voici sur le fil de la table de l’appendice du volume du R.P. F. Martin, s,j. et son livre intitulé Le P. Isaac Jogues, de la compagnie de Jésus, Premier Apôtre des Iroquois. (1).

Vous n’aurez qu’à cliquer sur la lettre que vous voulez lire.

Bien à vous.


_____________________________________________

(1) Que vous pouvez trouver sur le lien suivant :  

https://messe.forumactif.org/t5514-le-p-isaac-jogues-premier-apotre-des-iroquois#104269


APPENDICE

A. GÉOGHAPHIE DU PAYS DES HURONS.

B. ETIENNE TOTIRI.

C. THERESE OÏOUHATON.

D. JOSEPH TÉONDÉCHOREN.

E. CHARLES TSONDATSAA.

F. EUSTACHE AHASISTARI.

G. LE MARTYRE DE RENÉ GOUPIL PAR LES IROQUOIS (D’après l’autographe du P. Isaac Jogues.)

H. NOVUM BELGIUM.


Dernière édition par Louis le Lun 14 Juil 2014, 12:14 pm, édité 17 fois

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Message  Louis Mar 08 Avr 2014, 12:47 pm


A


GÉOGHAPHIE DU PAYS DES HURONS.


Le pays des Hurons, de 28 à 32 kilomètres de longueur sur 40 à 6O en largeur, était compris entre le 40° et le 45° de latitude, et le 82° 30’ et le 83° de longitude ouest.

Pour compléter sa notion géographique, il faudrait indiquer la position des principaux villages : mais ils n’ont laissé aucune trace. Avec leurs cabanes en écorce et leurs remparts en pieux, les sauvages n’établissaient rien de durable. Un incendie ou les ravages du temps suffisaient pour en faire disparaître jusqu’aux moindres vestiges. Les seules ruines qu’on rencontre sont celles de deux forts bâtis par les missionnaires, l’un à Sainte-Marie, l’autre dans l'île Saint-Joseph et quelques tombeaux Hurons.

Une seule carte ancienne fait mention des villages hurons. C’est un petit cartouche à l’angle de la grande carte de l’ouvrage du P. Ducreux (Historia canadensis, 1660), Ce travail que le P. de Charlevoix paraît avoir ignoré ou peut-être dédaigné, pour adopter les cartes de Bélin, si fautives sur ce point, n’a pas échappé à un savant américain, le docteur Jared Sparks de Boston. Il en a le premier relevé le mérite. Quoique tracé sans échelle et avec des altérations de noms mal lus sans doute par le graveur, ce travail est précieux pour reconnaître les positions relatives des principaux villages. Aidé de son secours, avec les données qu’on trouve éparses dans les Relations du Canada et l’étude faite sur les lieux, nous avons essayé de déterminer la situation de quelques-uns d’entre eux.

1.  Ihonatiria ou Saint-Joseph (on trouve aussi Ihoriartiria (Relat. 1640) et Jonatari (Charlevoix),) avait remplacé Otouacha, lieu de débarquement de Champlain (ce nom a bien des variantes : Toanchen (Sagard), Toanche, Toachim et Teandeouiata (P. de Brébeuf). Les Récollets le nommèrent Saint-Nicolas, et appelèrent son port Saint-Joseph.

Il était sur une pointe au bord du grand lac huron, à 12 kilomètres de Sainte-Marie, à 16 d’Ossossané, à 27 ou 28 de Teanaustayae. On voyait de là une grande île sur le lac. Ces données semblent indiquer l'entrée ouest de la baie actuelle de Penetangueschene.

2.  Ossossané, que Champlain appelle Caragouha et le F. Sagard Tequeunonkiae a porté aussi le nom de Saint-Gabriel (Sagard.) La carte de Ducreux place cette bourgade sur la côte ouest de la presqu’île huronne, et on y voit encore un petit promontoire isolé qui satisfait à toutes les données de l’histoire.

3.Teanaustayae, Teanosteae (registre de Trois-Riv. prit le nom de Saint-Joseph (1638) quand le village d'Ionatiria fut dispersé. C’est là que périt le P. Daniel avec 700 Hurons (1648).

La carte de Ducreux et les données de l’histoire semblent indiquer pour sa position un lieu situé au nord du district actuel de Médonte, appelé Irish setlement. On y a trouvé aussi les traces d’un établissement sauvage considérable, et surtout des débris de poterie grossière.

4. Cahiague (Champlain) ou Contarea (P.de Brébeuf) fut nommé Saint-Jean-Baptiste; ce village comptait 260 cabanes, c’est-à-dire près de 2000 âmes. Il était près du grand lac Onentaron (auj. lac Simcoe) et d’un autre petit lac. C’étaient les confins du pays huron à l’est. Champlain partit de là pour aller attaquer les Iroquois dans leur pays. Sa position doit être au nord du lac Simcoe, près de la ville naissante d’Orillia.

5. Saint-Louis était en 1648 de formation récente…

A suivre.

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Message  Louis Mer 09 Avr 2014, 11:54 am

5. Saint-Louis était en 1648 de formation récente, et n’a pas de nom sauvage dans les Relations. Il n’était qu’à 4 kilomètres est de Sainte-Marie, et près de l’embouchure de la petite rivière qui se jette dans la baie voisine, aujourd’hui Hog bay. C’est dans ce village que les PP. de Brébeuf et Gabriel Lalemant furent pris par les Iroquois en 1649, mais ils subirent la mort à 4 kilomètres de là, dans le village Saint-Ignace.

6.  Il y a eu deux villages Saint-Ignace ; l’un à 8 kilomètres est de Sainte-Marie dont nous venons de parler, l’autre (en sauvage Taenhatentaron ) était près de la frontière des Iroquois, entre Teanaustayae et Cahiague. Nous sommes porté à croire qu’il était situé sur le vingtième lot de la dixième concession du district actuel de Médonte. On a trouvé là des traces nombreuses des sauvages, — calumets variés, — colliers de toute espèce, — fragments d’ustensiles et plus de 200 haches en fer d’origine française. Nous avons visité près de là un de ces grands tombeaux hurons, semblable à celui que le P. de Brébeuf a décrit en détail dans les Relations. C’est une grande fosse circulaire de cinq mètres environ de diamètre, dans laquelle ou voit encore de nombreux ossements. Quand elle fut découverte en 1844, on y trouva des chaudières, des calumets, des colliers, des restes de pelleteries, accompagnements ordinaires de ces solennelles sépultures.

A cause des Iroquois ce village fut abandonné et transféré plus près de Sainte-Marie en 1648, comme nous l’avons dit C’est celui qu’indique la carte de Ducreux dans la baie appelée aujourd’hui Sturgeon bay.

7. Sainte-Marie n'était pas un village sauvage, mais une résidence pour les missionnaires et les Français. Sa position n’est pas douteuse. La carte de Ducreux, les détails donnés dans les Relations indiquaient suffisamment la rive droite d’une petite rivière, nommée aujourd’hui rivière Wye, à l’est du village actuel de Penetangueschene ; mais il y a plus, ses ruines existent. On retrouve aujourd’hui le fort que les missionnaires construisirent il y a plus de deux cents ans (1639), et dont nous avons relevé le plan. Les murs en pierres ont encore plus d'un mètre au-dessus du sol. Les courtines de l'est et du nord-est, et les quatre bastions sont seuls en pierres. Les deux autres courtines étaient sans doute formées par de fortes palissades. La base carrée qui est liée au bastion du sud portait probablement une tour d’où l’on pouvait facilement surveiller les approches.

Les traces et les dimensions du fossé qui entourait le fort, et qui pouvait recevoir les eaux de la rivière et les canots des voyageurs, sont encore aujourd’hui très-visibles. On distingue aussi très-bien trois espèces de petits ports, qui pouvaient être des abris ou des lieux de débarquement. Au sud une enceinte en forme de redan, défendue par un fossé et un parapet en terre, servait sans doute aux Hurons voyageurs pour dresser leurs cabanes.

En faisant fouiller le sol dans l’intérieur du fort, nous avons trouvé à soixante centimètres de profondeur des traces de l’incendie que les missionnaires allumèrent eux-mêmes en 1649, quand ils furent forcés de fuir avec leurs néophytes devant l'invasion iroquoise.

Le fort renfermait la chapelle, la maison des missionnaires et des Français, et les magasins de provisions; mais en dehors, il y avait au nord un cimetière pour les sauvages chrétiens, et un petit champ destiné à la culture.

Au sud du fort, dans le redan fortifié s’élevait la grande cabane pour les pèlerins et un hospice pour les malades. Cet hôpital, ajoute le P. Jér. Lalemant, est tellement séparé de notre demeure que non-seulement les hommes et les enfants, mais les femmes y peuvent être admises.

8. L'île Saint-Joseph (en sauvage Ahoendoe , aujourd'hui Charity Island ) est située au nord-est de la presqu’île huronne. Après avoir détruit Sainte-Marie sur la rivière Wye, les missionnaires construisirent un fort régulier sur la côte sud-ouest de l’île et lui donnèrent le nom de Sainte-Marie. Ses ruines subsistent encore au milieu de la forêt.

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Message  Louis Lun 28 Avr 2014, 1:10 pm

B
ETIENNE TOTIRI.

Étienne Totiri est une des gloires de l’Église huronne. Sa famille habitait le bourg de Saint-Joseph de Teanaustayae, et il en était le modèle.

Il fut un des compagnons de captivité du P. Jogues; mais ayant trompé la vigilance des Iroquois, il s’échappa et revint dans son pays pour y prêcher bien haut la foi. Il était pauvre, car tout ce qu’il possédait était tombé entre les mains de l’ennemi; mais il s’en préoccupait peu, et il offrit généreusement à Dieu son sacrifice.

La première nouvelle qu'Etienne apprit à son retour fut la mort de sa mère Christine Sarihia, qu’il aimait tendrement. Il s’informa si elle avait terminé sa vie en bonne chrétienne ; et ayant appris qu’elle était morte dans les meilleurs sentiments, il joignit les mains, et levant les yeux su ciel : « Mon Dieu, dit-il, qui pourrait se plaindre? Elle est heureuse; elle ne peut plus vous offenser. Pourvu que moi et mes parents nous mourions tous dans la foi, je ne puis regretter cette vie ni pour eux ni pour moi. Mes frères, ne parlons plus de ce que j'ai perdu, mais songeons aux grands biens qui nous attendent dans le ciel. Vos larmes aussi bien que les miennes se changeront en joie, et les infidèles connaîtront sur nos visages que nous avons la foi et l'espérance du Paradis dans le cœur. Entrons dans la chapelle et louons Dieu. »

Etienne était déjà chrétien quand, eu 1641, les missionnaires voulurent fonder une résidence dans son village. Il avait offert la moitié de sa cabane pour servir de chapelle, et la première messe y fut dite le 19 mars, jour de la fête de saint Joseph. Le sacrifice qu'il faisait était un honneur à ses yeux, et il lui valut bien des grâces du ciel. Il reçut surtout celle du courage dans la profession de sa foi ; elle était raisonnée et reposait sur une instruction solide. En l'absence des missionnaires, sa femme et lui faisaient le catéchisme aux catéchumènes des deux sexes, et ils s'acquittaient à merveille de cette fonction.

Cette chapelle lui attira à diverses reprises des injures et des menaces. Les païens voulaient le forcer à en sortir pour la détruire. « Je l'abandonnerai, leur disait-il, mais quand les Pères qui nous instruisent abandonneront eux-mêmes la bourgade, et ce sera pour les suivre en quelques lieux qu’ils aillent. Je suis plus attaché à eux qu’à ma patrie et à tous mes parents, car ils nous portent les paroles d’un bonheur éternel. Mon âme ne tient pas à mon corps; un moment peut les séparer, mais jamais on ne me ravira la foi, »

Les calomnies et la haine des infidèles de ce bourg semblèrent prendre en 1643 des proportions plus menaçantes…

A suivre.

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Message  Louis Mar 29 Avr 2014, 12:46 pm

Les calomnies et la haine des infidèles de ce bourg semblèrent prendre en 1643 des proportions plus menaçantes, parce qu’ils voyaient les principaux parmi eux se rapprocher du missionnaire et embrasser la prière. Les chrétiens firent une assemblée pour aviser aux moyens de conjurer l’orage. Étienne, comme un des premiers capitaines, la présidait. Chacun émettait son avis ; mais la conclusion unanime engageait à la patience et à la résignation. A la fin, Étienne Totiri résuma les débats, et tira les conclusions dans un seul mot où se révélait sa foi : « Mes frères, dit-il, puisque vous me regardez comme votre chef, voici la pensée que Dieu me suggère : Ne craignons rien que le péché. »

Voyant que les missionnaires, à cause de leur petit nombre, ne pouvaient pas continuer en 1644 à évangéliser la Nation Neutre (1) où ils avaient commencé une mission, Étienne voulut y suppléer en allant la visiter avec son frère Paul; ils montrèrent un zèle admirable et obtinrent un grand succès. Leurs chapelets suspendus à leur cou, suivant l'usage des plus fervents chrétiens, attiraient les regards, provoquaient la curiosité et donnaient lieu à l’explication de notre doctrine et à l’éloge de la prière.

Le respect humain n’avait aucune prise sur cette nature énergique; en 1646, un malheureux prisonnier iroquois passa dans son village par toutes les horreurs du supplice. L’idée qu’il allait mourir infidèle excita le zèle de Joseph. Ne pouvant préserver son corps du supplice, il voulut au moins essayer de sauver son âme et il entreprit de l’instruire. Lui seul était sans torche et sans instrument meurtrier à la main. « Ne crains rien, dit-il en s’approchant de la victime, je ne te veux que du bien. Tu vas mourir, il est vrai : si tu veux invoquer avec moi mon Dieu, le maître de la vie, celui qui nous a créés et veut nous rendre heureux, ton âme, dans l’autre monde, pourra jouir de la félicité. Ceux qui refusent de l’honorer vont avec les démons souffrir éternellement. »

Ces paroles, prononcées avec douceur et conviction, sont pour l’infortuné…

__________________________________

(1) La Nation Neutre devait son nom à sa position. Située entre les Iroquois et les Hurons, elle n'intervenait pas dans la guerre acharnée que ces deux peuples se faisaient; mais elle leur laissait le passage sur son territoire, sans leur permettre de s’y livrer bataille.
A suivre.

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Message  Louis Mer 30 Avr 2014, 11:45 am

Ces paroles, prononcées avec douceur et conviction, sont pour l’infortuné comme un baume salutaire répandu sur ses souffrances.

« J’ai bien entendu dire une chose semblable aux Hurons que nous avons brûlés, dit l’Iroquois; ils se consolaient même dans les flammes, en attendant ce grand bonheur du ciel, Est-il donc vrai qu’il en soit ainsi ? »

Étienne s’empresse de l’instruire des principales vérités de la religion et trouve un cœur bien disposé pour la divine semence. L’Iroquois lui demande avec instance le baptême, et Étienne, malgré l’opposition des infidèles dont la rage tient à prolonger les tortures de leur victime jusqu’au delà des bornes du trépas, répand sur son front l’eau lustrale, et l'entend, jusqu’au dernier soupir, prononcer des paroles de consolation, d’espérance et d’amour.

Dans une autre circonstance on eut encore occasion d’admirer son amour pour la foi et la sainte énergie de son zèle. Des enfants, trop fidèles imitateurs de l’impiété de leurs pères, avaient lancé des pierres contre la croix du cimetière, qu’on venait de planter avec beaucoup de pompe, Ils l’avaient même couverte d’ordure.

A la nouvelle de cette profanation, le cœur d'Etienne s’émeut. Il veut obtenir une réparation, et pour cela il réunit l’assemblée des capitaines. Le soir venu, il monte sur le toit de sa cabane, et d’une voix tonnante il pousse le cri d’usage lorsqu’on aperçoit l’ennemi ou lorsque quelque grand dangers menace le village. Tous les guerriers accourent les armes à la main. « Tremblez, mes frères, leur dit-il, l'ennemi est dans notre bourg. On profane le cimetière des chrétiens. Dieu se vengera. Arrêtez vos enfants, autrement vous participerez à leur crime, et la punition tombera sur tous, Les corps morts sont des choses sacrées et les infidèles eux-mêmes leur portent respect. On ne toucherait pas un aviron suspendu à un tombeau. Qu’on renverse ma cabane, qu’on me frappe, qu’on me tue plutôt, mais quand on s’attaque aux choses de Dieu, je veux, tant que j’aurai un reste de vie, signaler l’énormité de ce crime, et je vous dirai que c’est une chose terrible de prendre Dieu pour ennemi. »

Ces paroles produisirent leur effet. Les parents réprimèrent l’insolence et l’impiété de leurs enfants.

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Message  Louis Dim 11 Mai 2014, 11:37 am

C
THERESE OÏOUHATON.


Thérèse Oïouhaton était fille d’un fervent chrétien, Joseph Chiouatenhoua, qui reçut le premier le baptême dans le bourg de la Conception. Il devint un véritable apôtre et le pilier de la Mission qu’il soutenait avec toute l’ardeur du zèle le plus désintéressé. Les Iroquois le massacrèrent dans son champ pendant une excursion qu’ils firent en 1640 sur le territoire huron.

Son frère Téondéchoren, qui connaissait la volonté qu’il avait d’envoyer sa fille chez les Ursulines à Québec, se chargea de l’y faire conduire quelque temps après la mort de son père.

Pendant son séjour au couvent, elle observa que les religieuses se retiraient tous les ans pendant huit jours et passaient tout ce temps en silence. Elle voulut faire comme elles ; ayant remarqué dans l’enclos du couvent un bosquet plus solitaire, elle y construisit une petite cabane de branches et y allait passer des jours entiers sans proférer une parole. La curiosité des autres petites filles sauvages finit par percer le mystère de ces absences, et découvrit sa retraite dont tout le charme fut détruit.

Lorsque ses compatriotes venaient à Québec, ils ne manquaient jamais de la visiter ainsi que ses compagnes; son plaisir était de leur servir d’interprète quand ils se rendaient près des religieuses pour qu’elles leur fissent répéter le catéchisme et leurs prières. Deux d’entre eux restés pendant un hiver entier dans la ville furent surtout l’objet de ses soins. Or l’un d’eux voulut, peu de jours avant son baptême, s’amuser un peu à ses dépens et feignit d’avoir des doutes et de l’incertitude : « J’ai, dit-il, de la peine à croire tout ce que m'enseigne la Robe-noire, et puis c’est une doctrine trop sévère, il me faudrait renoncer à tous mes goûts. »

Plus indignée encore qu’attristée, Thérèse oublie son jeune âge et lui adresse de vifs reproches : « Qui est-ce qui t’a tourné la tête? s’écrie-t-elle. A quoi penses-tu ?  ne vois-tu pas que tu peux mourir à toute heure ? Si tu mourais cette nuit, tu irais avec les démons dans l’enfer; pense à tout cela et reviens bien vite. » Le sauvage semblait persister dans son hésitation et son indifférence. L’enfant se mit à pleurer. Se sentant au bout de ses arguments, elle court à la religieuse chargée des néophytes : « Il est perdu, lui dit-elle en sanglotant, il ne veut plus croire en Dieu ni lui obéir. Si j’avais pu arracher la grille, je l’aurais battu. »

La bonne Mère essaya inutilement de lui persuader que c’était un jeu et une feinte. Il fallut toute l’autorité du P. de Brébeuf, alors à Québec, pour calmer les appréhensions de cette belle âme et la consoler.

Thérèse savait lire, écrire et parler en français ; ses compatriotes étaient émerveillés de sa science, et flattés de la voir si vertueuse. « Ces bons sauvages, dit la Mère de l’Incarnation (1), ressemblaient à des religieux, tant ils étaient fervents. » Son oncle retourna la chercher en 1642 ; il se proposait de la marier, et il espérait qu'elle ferait merveille dans son pays, tant elle était pieuse et instruite. La jeune fille voulait rester auprès de ses maîtresses auxquelles elle s’était fortement attachée, mais elle se rendit à la leçon que lui fit le P. Jogues sur l’obéissance envers les parents. Elle partit, et « nous la pourvûmes de tout ce qui était nécessaire à son mariage, par le moyen de nos amis, » écrivait la vénérable supérieure que nous avons déjà citée (2).

Thérèse fut prise par les Iroquois avec le P. Jogues…

________________________________________________

(1) Lett. 25. — (2)  Lett. 35.

A suivre.

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Message  Louis Lun 12 Mai 2014, 11:29 am

Thérèse fut prise par les Iroquois avec le P. Jogues. Elle fut liée avec un de ses cousins âgé de quinze ans comme elle, et emmenée avec les autres captifs. Elle fut moins maltraitée que les hommes, et échut à un jeune guerrier qui l’épousa. Tant que son oncle Joseph Téondéchoren resta auprès d’elle, il la soutint par son exemple et ses pieux discours. Après qu’il se fut évadé des mains de ses ennemis, il alla à Québec rendre compte aux Ursulines des dispositions de sa nièce : « Elle n’a pas honte de son baptême, dit-il, elle prie Dieu publiquement et se confesse au P. Jogues chaque fois qu’il vient dans son village. Je l’exhortais souvent à persévérer dans le bien et à ne pas perdre courage. Elle m’obéissait en tout, et je vous suis bien obligé, mes Mères, de l’instruction chrétienne que vous lui avez donnée. Cela n’empêche pas qu’elle ne soit fort triste d’être réduite à vivre au milieu de nos cruels ennemis. Elle a bien souffert du froid et des incommodités de l’hiver ; elle a été même très-malade, mais Dieu lui a rendu la santé. Je lui disais : prends patience, cette vie est courte, tes peines finiront et tu seras bienheureuse au ciel si tu persévères.

« Elle n’a pas de chapelet et elle se sert, pour le réciter, de ses doigts ou de petites pierres qu'elle met à terre à chaque ave Maria. Souvent elle me parlait de vous ; hélas ! disait-elle, si les vierges me voyaient en cet état, parmi ces méchants Iroquois qui ne connaissent pas Dieu, qu’elles auraient pitié de moi ! »

On a vu que le Gouverneur et les Ursulines offrirent pour sa délivrance une rançon que le P. Jogues présenta aux Agniers. Son mariage fut un obstacle à sa libération ou plutôt un prétexte pour en reculer le moment, et la trahison de ces sauvages, en rendant la paix impossible pendant plusieurs années, enleva à ses amis toute espérance d’obtenir sa liberté. Elle resta donc parmi les païens ; mais elle conserva au milieu d’eux ses croyances et sa vertu.

Le P. Le Moyne la rencontra à Onnontagué en 1654, lorsqu’il allait, lui aussi, confirmer un nouveau traité de paix entre les Iroquois et les Français….
A suivre.

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Message  Louis Mar 13 Mai 2014, 11:28 am


Le P. Le Moyne la rencontra à Onnontagué en 1654, lorsqu’il allait, lui aussi, confirmer un nouveau traité de paix entre les Iroquois et les Français. Elle accourut sur son passage. C’était le seul missionnaire qu’elle eût vu depuis le P. Jogues. Afin de mieux profiter de sa présence, elle l'attira dans la maison qu’elle habitait en dehors du village.

« Mon Dieu, écrivait ce Père dans son journal, quelle douce consolation de rencontrer tant de foi en des cœurs sauvages vivant dans la captivité sans autre secours que le ciel ! Dieu fait des apôtres partout. Cette excellente femme avait avec soi une jeune captive de quinze à seize ans, de la nation neutre, qu’elle aimait comme sa propre fille. Elle l’avait si bien instruite dans les mystères de la foi, et lui avait inspiré de tels sentiments de piété dans les prières qu’elles récitaient ensemble dans cette sainte solitude, que j’en fus tout surpris. —  Hé ! ma sœur, lui disais-je, pourquoi ne l’as-tu point baptisée, puisqu’elle croit comme toi, qu’elle est chrétienne en ses mœurs, et qu’elle veut vivre et mourir chrétienne ? — Hélas ! mon frère, me répondit cette humble captive, je ne croyais pas qu’il me fût permis de baptiser, sinon en danger de mort. Mais baptise-la maintenant  toi-même, puisque tu l’en juges digne et donne-lui mon nom. — Ce fut le premier baptême d’adulte fait à Onnontagué, et nous en sommes redevables à la piété d’une Huronne. La joie que j’en conçus enleva toutes mes fatigues passées (1) ».

La consolation que Thérèse avait éprouvée de revoir une Robe-noire et d’approcher des sacrements, fut bien plus complète quand elle eut le bonheur de voir les missionnaires s’établir en 1657, d’une manière permanente, dans les cantons iroquois. Elle dut probablement à leur présence la conservation de la vie. Son mari était dur et cruel. Il lui commande un jour d’aller à une journée de chemin chercher le gibier qu’il avait abattu. C’était au-dessus de ses forces, mais désobéir provoquait la mort. Elle court au missionnaire pour se préparer au sacrifice. Fortifiée par la grâce des sacrements et les pensées de la foi, elle revient trouver son tyran et lui dit avec calme : « Tu sais que je ne suis pas capable de faire ce que tu me demandes ; mais me voici, tue-moi, si tu veux. » Tant de courage et de sang-froid désarma le barbare, et il renonça à son ordre déraisonnable.

Thérèse Oïouhaton persévéra jusqu’à la fin dans les mêmes sentiments, et conserva dans son cœur généreux la semence sacrée qui y avait été jetée durant ses jeunes années; son âme puisa à cette source féconde sa force et la seule consolation qui adoucisse toutes les misères de cette vie.

________________________________________________

(1) Relat. de 1654.

Prochain appendice : D.

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Message  Louis Mer 14 Mai 2014, 10:22 am

D
JOSEPH TÉONDÉCHOREN.


Joseph Téondéchoren était le frère aîné de Joseph Chiouatenhoua, le premier Huron qui se fit chrétien dans le bourg de la Conception.

Après la mort de celui-ci en 1640, Téondéchoren repassa dans son esprit les conseils qu'il en avait reçus. Il réfléchit sur ce qu’il lui avait entendu dire de Dieu, de sa justice, de sa bonté, et se sentit complètement changé. Trois jours après les funérailles, il demanda le baptême. Il fut mis à l'épreuve; car le sachant adonné au jeu, aux superstitions et à l’impureté, on redoutait une rechute, et que sa résolution ne fût le résultat d’un moment d’entraînement plutôt que d’une conviction solide et durable. Sa conversion était cependant sincère, et sa persévérance leva tous les doutes. Il fut baptisé le 8 septembre 1640. Sa femme suivit de près son exemple, et reçut la même grâce à Pâques de l’année 1641, avec le nom de Catherine.

Après sa conversion, Joseph a raconté comment, pendant vingt ans, il avait servi d’instrument au démon. Ses mains et ses lèvres n’étaient pas d’abord à l’abri des atteintes du feu pour prendre les charbons enflammés et les cailloux brûlants; mais, après un songe, il fut doué de cette vertu. Il pouvait même enfoncer le bras nu dans une chaudière d’eau bouillante sans en ressentir aucun mal.

Il lui fallait de la résolution pour renoncer à toutes ses pratiques superstitieuses, et sa constance fut admirable dans les assauts qu’il eut à soutenir contre l’ennemi du salut et contre ses suppôts. Il fit plus et devint un véritable apôtre ; sa parole était de feu.

Comme les missionnaires logeaient dans sa cabane, il s’efforça de les imiter en tout et de se conformer à leur manière de vivre. Il se levait à la même heure, consacrait le même temps à l’oraison et partageait leurs travaux. Ses amis encore païens ne comprenaient rien à sa manière de faire, et surtout à la vie sans reproche qu’il menait ; ils lui disaient : « Mais que t’ont fait les Robes-noires pour t’avoir changé de la sorte ? — Ils m’ont arraché, répondit-il, tout ce qui était mauvais dans mon âme. Croyez vous-même comme il faut à la prière, et vous réprouverez mieux que je ne puis vous le dire (1). »

Quand on lui rapportait quelques calomnies dont il avait été l’objet : « Attendez, disait-il, au jour du jugement, et vous verrez ce qu’il en est. Vos méchancetés me font du bien, car je les offre à Notre-Seigneur en satisfaction pour mes péchés (2). »

Un si bon chrétien était digne de faire partie du convoi du P. Jogues. Au moment de quitter son pays pour descendre à Québec, il adressa ces paroles à tous les néophytes présents : « Mes frères, me voici sur mon départ; peut-être n’aurons-nous jamais la consolation de nous revoir ici-bas. Je veux vous parler comme si j’étais au moment de mourir. Quelque malheur qui nous arrive, souvenons-nous que nous sommes chrétiens, que nos espérances sont au ciel, et que la terre ne possède rien qui soit capable de contenter une âme qui s’est donnée à Dieu. Pendant toute l’éternité nous aurons le loisir de goûter cette vérité. II suffit maintenant que la foi nous la montre. Ne perdons jamais la grâce que nous avons reçue dans le saint baptême; voilà notre trésor. Si le démon ou l’enfer tout entier s’efforce de nous le ravir, ayons plus d’ardeur pour notre salut qu’il n’en a pour notre perdition. Veillons nuit et jour sur nous-mêmes, et recourons à la prière toutes les fois que nous sentons notre cœur attaqué. Estimons le don de la foi, et aimons un Dieu qui nous a aimés le premier; que tout l’effort de notre haine se porte sur le péché. »

En terminant…

________________________________________________________

(1)Relat. de 1642. — (2) Lettre du P. Chaumonot.

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Message  Louis Jeu 15 Mai 2014, 11:48 am

En terminant, il fit mettre les personnes présentes à genoux, et prononça au nom de tous une protestation de fidélité au service de Dieu (1).

Joseph fut fait prisonnier avec deux de ses frères, son fils et sa nièce, et souffrit comme les autres captifs avec un admirable courage les tourments et les injures de ses bourreaux. II vit périr un de ses frères et son fils qui furent tués par les Iroquois. Pour se soutenir dans la captivité, il recourait à la prière et au sacrement de pénitence. Il aimait à s’entretenir souvent avec Dieu : « Je lui parlais en mon cœur, ajoutait-il, comme si nous avions été deux à converser ensemble, et ainsi je ne m’ennuyais pas. »

Sa dévotion à la sainte Vierge était très-grande ; il disait son chapelet chaque jour en comptant sur ses doigts. Il le récitait souvent avec le P. Jogues, même dans les rues d’Agnier, sans que les infidèles s’en aperçussent « Que j’aime cette prière! disait-il plus tard, je ne me lasse jamais de la réciter et d’invoquer la douce mère de mon Dieu. » C’est à cette dévotion qu’il attribua sa délivrance des mains de ses ennemis.

Deux fois Joseph alla chez les Hollandais avec ses maîtres. Un de ces hérétiques l’ayant vu faire le signe de la croix avant son repas, l’en reprit et tourna cette pratique en ridicule. Joseph l’écouta, mais inaccessible au respect humain et ferme dans sa croyance, il ne perdit pas sa coutume, et la continua sans ostentation comme sans faiblesse.

Au printemps de 1643, les Iroquois le prirent avec eux, ainsi que son frère et un autre prisonnier, et les emmenèrent à une excursion sur le Saint-Laurent. Les trois Hurons parvinrent à s'évader pendant une nuit, gagnèrent Trois-Rivières où ils trouvèrent heureusement le P. de Brébeuf, et retournèrent ensuite dans leur pays. Là Joseph eut plus d'une occasion de montrer ce que peuvent la fermeté et la résignation d’un vrai chrétien.

En arrivant dans son pays, il ne pouvait contenir sa joie et sa reconnaissance, et disait aux missionnaires : « Vraiment le Dieu que vous prêchez et en qui je crois est seul le tout-puissant et le tout-bon. Il m’a conduit et protégé depuis un an à travers mille périls, et, s’il a voulu que mon corps ait souffert, ce n’a été que pour faire sentir à mon âme qu’il y a des joies même dans les souffrances, et que rien n’est terrible à celui qui espère en lui. »

Ses discours aux idolâtres prouvent bien que l’Esprit-Saint rend éloquente même la langue des enfants. « Vous ressentez de la joie de me voir délivré des cruautés des Iroquois, disait-il à ceux qui le félicitaient, tandis que je suis triste de vous retrouver sous la captivité des démons ; et moi-même je ne me regarde pas encore comme entièrement en liberté tandis que je suis en ce monde où le péché peut me jeter dans une captivité plus malheureuse encore que celle que j’ai soufferte. Les tortures que j’ai endurées sont horribles; que sera-ce donc d’un feu éternel?...

« On m’a dit que plusieurs se sont réjouis à la nouvelle de ma captivité…

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(1) Relat. de 1644.

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Message  Louis Ven 16 Mai 2014, 2:02 pm

 « On m’a dit que plusieurs se sont réjouis à la nouvelle de ma captivité, et qu’ils s’en prenaient au Dieu que j’adore ; — qu’ils prétendaient qu’il était sous leur pouvoir ; — que la misère où il m’avait abandonné empêcherait les autres de suivre mon exemple et de servir un maître qui n’aurait pas la puissance ou la volonté de nous rendre heureux pour jamais, puisqu’il ne commençait pas dès cette vie. Mes frères, je ne sais pas les desseins de Dieu sur moi. Dans le plus fort de mes souffrances, je n’osais lui demander ni la vie ni la mort, pensant que j’étais un enfant ignorant quel est mon bien, et que lui, mon père et mon souverain maître, avait plus de sagesse pour me conduire que moi-même, et qu’il ne manquerait pas d’amour pour moi tant que je ne manquerais pas de confiance en lui.

« Me voilà délivré contre mes espérances. Je ne sais si ce n’est point vous qui en avez été la cause par l’horreur de vos blasphèmes. Je crois que Dieu a voulu se justifier dans ma personne, vous montrer qu’il ne m’avait pas délaissé, et que jamais son pouvoir ni son amour ne feront défaut à ceux qui seront à lui.

« Je ne sais pour quelle mort il me réserve; mais quelque malheur qui me puisse arriver, ne vous en prenez plus à lui; c’est assez qu’il vous ait confondus une fois avant voire mort. Votre impiété ne doit pas l’obliger à faire toujours des miracles. Si vous ne reconnaissez ni sa bonté ni son pouvoir en cette vie, ce sera au jour du jugement qu’il se justifiera pour jamais. Alors ceux qui auront le plus blasphémé contre lui seront étrangement désabusés quand ils verront les éternelles récompenses qu'il nous préparait alors même qu’il semblait nous abandonner, et qu’il n’y a plus pour les impies que des tourments et un désespoir sans fin. »

Après son retour dans son pays, Téondéchoren fit partie d’un convoi de cent guerriers qui se rendaient à Québec. Attaqués en chemin par les Iroquois, ils éprouvèrent deux graves échecs, et perdirent plusieurs des leurs avec presque tout leur bagage et leurs marchandises.

Joseph, blessé à l’épaule, put s’échapper dans les bois; mais il resta seul pendant deux ou trois jours, privé de tout secours et perdant du sang en abondance. Epuisé de forces, et croyant qu’il allait mourir, il adressa à Dieu cette prière qu'il répéta depuis aux missionnaires : « Mon Dieu, je continue à reconnaître que partout vous êtes mon Dieu, autant sur ces rochers où je me vois abandonné qu’au milieu de ma captivité, et tout mon cœur est consolé dans la seule pensée que vous êtes en tout lieu témoin de mes souffrances. Je m’étais échappé des mains de l’ennemi pour mourir auprès de mes Pères qui m’ont engendré dans la foi. Mais, mon Dieu, si vous me réservez ce plaisir pour le ciel, soyez béni pour toujours ! Je meurs aussi volontiers sur ces rochers que dans le pays des Hurons, puisque en quelque lieu que je meure, c’est vous seul qui disposez de ma vie. »

Cependant quelques-uns de ses compagnons l’ayant rejoint, furent, quoique infidèles, tellement touchés de ses paroles qu’ils eurent pitié de lui et l'emmenèrent.

Ces épreuves ne furent pas les seules que Joseph eut à supporter…

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Message  Louis Sam 17 Mai 2014, 12:04 pm

Ces épreuves ne furent pas les seules que Joseph eut à supporter, et, parmi les plus navrantes, il faut ranger la jalousie de sa seconde femme. C’étaient des reproches continuels qui dégénéraient en colère, et souvent devant le public. Au milieu d’un festin que Téondéchoren donnait un jour à ses amis, elle interpréta en mauvaise part une démarche fort innocente. Aveuglée par sa passion, elle prit ses enfants, en présence de toute l’assemblée, et les entraînant vers la porte : « Venez, leur dit-elle, allons chercher une autre demeure. Vous n’avez plus de père; ne voyez-vous pas qu’il vous désavoue puisqu’il ne me reconnaît plus pour sa femme ? » Elle quitta la cabane et s’enfonça dans les bois. Le bon Joseph resta impassible devant l’orage; mais sa douceur et sa constance finirent par triompher de ce caractère irascible et jaloux.

Citons à la gloire de ce bon chrétien le beau témoignage du P. Ch. Garnier, qui habita souvent sous son toit : « Ce bon jeune homme me fait honte, voyant comme il avance au service de Dieu, car il n’a de cœur, de pensées, de paroles que pour Dieu.

Quelquefois, le diable lui donnant quelque mauvaise pensée, il prend promptement un tison de feu et se l’applique sur le bras ou sur la main, se disant : « Pourrais-tu souffrir le feu d’enfer? etc. » Il me disait une fois : « Mon frère, que je te propose un doute que j’ai. Quelquefois ayant demeuré longtemps en prière, il me semble que Dieu prend comme possession de mon cœur, et que je n’en ai plus que pour lui : mais je crois que je fais quelquefois une faute, c’est qu’étant dans cet état-là je quitte la prière pour aller travailler ou quelquefois même pour m’aller reposer. » Il ne craint personne où il va de la gloire de Dieu. ( Lettre de 1646.)

Lorsque les Hurons furent chassés de leur pays par les Iroquois en 1649, Téondéchoren se retira avec les missionnaires dans l’île Saint-Joseph (Ahoendo), et l'année suivante il les suivit avec bon nombre de ses compatriotes pour se mettre sous la protection du fort de Québec, où il continua à édifier les Français et les sauvages par son admirable piété.

Plus de quatre mois avant sa mort, il parlait très-fréquemment de l’incertitude de la vie, comme s’il avait eu un pressentiment de son sort, et il recommandait à tous de se tenir prêts, car nous seront surpris, disait-il. Il périt en effet le 26 juin 1652, englouti dans une tempête lorsqu’il allait à Tadoussac.

Prochain appendice : CHARLES TSONDATSAA.

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Message  Louis Dim 18 Mai 2014, 12:41 pm

E


CHARLES TSONDATSAA.


Charles Tsondatsaa était le fils d'un capitaine du village d'Ossossané ; cœur sensible et esprit droit, il n'avait jamais été hostile aux missionnaires ni combattu la foi. Il reçut même les Pères jésuites dans sa maison lorsqu'on les chassait de tous côtés, et, avant d'être chrétien, il permit de baptiser ses enfants. Il continuait cependant à se livrer aux jongleries et passait pour un maître très-expert : mais il n'hésita pas à faire le sacrifice de tous les instruments qui servaient à ses sortilèges, lorsqu'il se décida à se ranger parmi les catéchumènes.

Il demandait déjà le baptême depuis un an, quand le P. de Brébeuf fut obligé de faire un voyage à Québec. Par amour et par dévouement pour lui, Charles se chargea de le conduire. Il n’ambitionnait pour récompense que de se voir admis dans l'Église de Dieu.

Pendant le voyage, sa conduite fut très-édifiante : nul plus que lui n'était appliqué et fervent à la prière ni plus empressé à écouter les instructions du missionnaire. Ses heureuses dispositions le firent remarquer dès son arrivée à Québec, et le Gouverneur voulut le voir et l’entretenir. L'estime qu’il en conçut lui fit demander qu’on ne retardât pas davantage son baptême ; il s'offrit même pour être son parrain et voulut lui donner son nom. Dans l’intérêt de la religion, il fit donner à cette cérémonie un éclat inaccoutumé. Elle eut lieu à Sillery, en présence de tous les sauvages de cette mission.

Le P. de Brébeuf servit d’interprète et posa les questions ordinaires pour obtenir du catéchumène un témoignage public de sa foi. Les réponses de Tsondatsaa, faites à haute voix et avec une ardente conviction, montrèrent le fond sincère de son âme.

Après la cérémonie, le Gouverneur embrassa le néophyte et lui fit cadeau d’une arquebuse en lui disant : « Je me réjouis de te voir chrétien. Garde fidèlement la parole que tu as donnée à Dieu. Le baptême te fournira des armes contre les ennemis invisibles; prends cette arquebuse pour repousser les ennemis visibles qui veulent exterminer ta nation. Tu exhorteras tes compatriotes à imiter ton exemple ; assure-les de ma protection. »

Le capitaine des sauvages de Sillery prit ensuite la parole : « Mon frère, lui dit-il, tous les sauvages que tu vois ici sont chrétiens. En embrassant la foi, tu deviens vraiment notre frère. Nous n’avons qu’un père qui est dans les cieux, et une mère la sainte Église. Tes amis sont nos amis, et tes ennemis nos ennemis. Puisque Onontio t'a donné une arme à feu, voici pour t’en servir. » Et il lui fit présent d’un sac à poudre.

L’émotion de Charles était si vive qu’il…

A suivre.

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Message  Louis Lun 19 Mai 2014, 11:27 am

L’émotion de Charles était si vive qu’il ne put que balbutier un remercîment et renouveler sa profession de foi ; mais tout en lui annonçait sa joie et son bonheur.

De retour chez les Hurons, Charles prouva bien que l’Église huronne comptait un vaillant champion de plus, invita aussitôt les capitaines et les anciens à un festin solennel pour publier sa conversion, et il leur parla ainsi : « Vous voyez un homme qui depuis qu’il vous a quittés est devenu chrétien, et avec tant de résolution qu’il est décidé à mourir mille fois plutôt que de renoncer à sa religion. Mes biens, ma vie et mon courage sont à vous, pourvu que vous n’exigiez rien de moi qui soit contre Dieu. Je ne sais pas grand-chose ; mais je m’offre d’enseigner tous ceux qui auront quelque désir de m’imiter. »

Jamais il ne dévia de cette ligne de conduite.

Lorsqu’il parlait de ce qu’il avait vu à Québec, il ne tarissait pas. Trois choses surtout l'avaient ravi : le respect et l’obéissance des Français pour le Gouverneur ; la piété et le dévouement des religieuses; la dévotion et la charité des nouveaux chrétiens de Sillery.

Les épreuves par lesquelles il passa donnèrent un nouvel éclat à sa vertu. Car il fut exposé souvent aux sarcasmes et aux persécutions de ses parents et de ses voisins. Aussitôt après son baptême, la maladie et la mort frappèrent ce qu’il avait de plus cher. Ses parents païens attribuaient ces malheurs à son changement et voulaient en faire un argument contre sa foi, mais en vain.

Charles Tsondatsaa faisait partie, comme on l'a vu, de la troupe qui accompagnait le P. Jogues, et tomba comme lui au pouvoir des Iroquois.

Il eut le bonheur de s’échapper de leurs mains; mais il avait perdu tout ce qu’il possédait. Lorsqu’il fut rentré dans son pays, il disait à ses compatriotes : « Jamais je ne suis revenu aussi riche d’aucun voyage. Dieu m’a tout ravi en un moment pour m’apprendre que les biens terrestres ne sont rien et que ce n’est qu’au ciel que sont les vraies espérances. La foi seule procure les véritables joies. Quand, après avoir échappé à la mort, je me suis trouvé à Trois-Rivières au milieu des Algonquins, des Montagnais et des Français dont j’ignorais le langage, ils m’ont consolé tout en parlant une langue inconnue. L’un pleurait en me regardant avec compassion ; l’autre levait la main en me montrant le ciel. Je les comprenais sans les entendre je sentais une main invisible qui raffermissait mon esprit et me faisait trouver du bonheur dans toutes mes pertes. »

Charles fut toujours le modèle et le soutien de l'Église naissante des Hurons.

Un jour qu’il revenait très-fatigué d’un long voyage…

A suivre.

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Message  Louis Mar 20 Mai 2014, 2:35 pm

Un jour qu’il revenait très-fatigué d’un long voyage, il trouva toute sa cabane en émoi. La cause de ce chagrin était la maladie très-grave de sa petite nièce âgée de cinq ans. « Vous pleurez d’avance sa mort, dit-il, et moi, ce qui m’attriste le plus c’est qu’elle n’est pas baptisée. » Il sort aussitôt et court chez les principaux chrétiens pour trouver quelqu’un qui sache la formule du sacrement. Il rencontre enfin le bon Joseph Téondéchoren et l’amène avec lui. L’enfant reçut le baptême. Charles s’adressa alors à tous ceux qui étaient présents : « Maintenant, consolons-nous, son âme est en sûreté ; elle s'envolera au ciel et priera Dieu pour nous. Pour moi, je me tiens heureux d’avoir déjà quatre enfants dans le Paradis ; je les invoque avec consolation. »
Ainsi, dans toutes les occasions, cet excellent néophyte cherchait à répandre autour de lui la foi qu’il avait dans le cœur et l’espérance qui soutenait son âme.

Dans toutes leurs tentatives pour entraîner Charles dans ses égarements passés, ses anciens amis ne pouvaient rien gagner, et il leur répondait toujours qu’il craignait moins le feu que le péché. Ils résolurent de s’en assurer, et, sous les apparences d’un acte de charité, ils poussèrent la séduction jusqu’à la cruauté.

A la fin d’un jour de fatigue, ils l’invitèrent à un bain de vapeur (1), remède très en usage chez ces peuples. Une cabane est préparée, et recouverte d’écorces et de plusieurs peaux épaisses pour empêcher toute évaporation. Une petite ouverture est ménagée en dessous pour y introduire des cailloux brûlants sur lesquels on fait tomber quelques gouttes d’eau dont les vapeurs embrasent bientôt l'étroite enceinte. Sans soupçonner leurs perfides desseins, Charles entre dans la cabane, et on commence à réchauffer.

La chaleur ne tarda pas â devenir excessive et un vrai tourment. Le patient crie que la chaleur est assez forte pour le remède, et que si elle augmente, il va étouffer.

L’auteur de cette ruse infernale lui dit alors que pour satisfaire à un rêve de la nuit précédente, il faut qu’il prononce trois paroles en faveur de son démon familier, afin de détourner un malheur qui le menace. « Rends-moi ce service d’ami, ajoute-t-il, et je te délivrerai. »

Voyant qu’on veut lui arracher par la force ce qu’on ne peut pas obtenir de lui par entraînement, Charles répond courageusement :

« Camarade, le feu de l’enfer est plus chaud que celui-ci. Pour éviter l’un, je serais fou de me jeter dans l’autre. Tu peux me faire mourir si tu veux; mais tu n’obtiendras pas de moi une parole impie. Je n’ai pas de langue pour commettre un péché. »

On le conjure de ne pas persévérer dans son refus et de ne pas être cruel envers un ami. « Et après tout, lui disait-on, la contrainte où tu es sera ton excuse auprès des Robes-noires. Tu sais bien d’ailleurs qu’ils ont des remèdes contre tous les péchés; et puis, si tu l’aimes mieux, nous te jurons un inviolable secret ; ils n’en sauront rien.

« — Mes amis, répondait le héros chrétien, je ne crains  pas les hommes, ni mes compatriotes, ni les Français, ni les Iroquois, mais je crains Dieu, dont l’œil voit le fond des consciences. L’espérance du pardon est bonne pour s’exciter au repentir, mais non pour s’exciter à l’offense. »

Cependant la chaleur allait toujours croissant : « Mes amis, leur cria Charles, l’air me manque, non le courage ; je ne respire plus, mais sachez bien que je ne céderai pas. »

Sa voix expirante révélait sa faiblesse et annonçait sa fin prochaine.

Le principal auteur de cette cruauté, se voyant vaincu, devint furieux, et vomit mille blasphèmes contre la foi et les chrétiens. Mais ses complices ne voulant pas pousser plus loin l’épreuve, blâmèrent enfin son obstination et le forcèrent à cesser ce jeu infernal.

Quand ils découvrirent la cabane, Charles était presque sans vie. Il revint cependant à lui, et pour toute vengeance il jeta sur son bourreau un regard plein de douceur en lui disant : « Tu m’as tué, mais tu ne m’as pas fait pécher. » (Relat. de 1644).

Charles vécut encore assez longtemps, et continua à édifier les chrétiens et les païens eux-mêmes. Il eut la consolation de voir plus d’un de ses persécuteurs embrasser comme lui la loi de l’Évangile.


________________________________________________________________

(1) On retrouve ces bains de vapeur sous la même forme chez plusieurs peuples de l'antiquité. Hérodote mentionne les Scythes, et Strabon les Lacédémoniens et les Lusitaniens.

Prochain appendice : EUSTACHE AHASISTARI.

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Message  Louis Mer 21 Mai 2014, 11:29 am

F

EUSTACHE AHASISTARI.


A cause de ses antécédents et de son caractère, Ahasistari était regardé par tous ses concitoyens comme leur capitaine. Il était, en effet, dit le P. Ch. Garnier, le premier guerrier du pays. Il mérite d’être connu. « La vie de cet homme, écrivait le P. Jér. Lalemant, n’est qu’une suite de combats, et depuis son enfance ses pensées n’ont été qu’à la guerre : aussi est-ce par là que Dieu l’a fait chrétien.

Il était du village de Teanaustayae ou Saint-Joseph. Avant de se soumettre au joug de la foi, il avait été pendant longtemps sollicité intérieurement par le Seigneur. Il l'admirait sans le bien connaître encore. Souvent même il invoquait, mais en secret, le Dieu des chrétiens. Un attachement aveugle à ses ridicules superstitions le retenait toujours. Il paraissait si invétéré, que même après sa conversion les missionnaires doutèrent pendant quelque temps de sa sincérité. Pendant trois ans ils le tinrent à l’épreuve, sans vouloir céder à ses vives instances pour recevoir le baptême.

On voyait cependant grandir chaque jour son zèle pour la foi et son désir du baptême. Pendant l’hiver de 1641, il y eut en lui un redoublement de ferveur. On aurait dit qu’il avait comme un pressentiment de ce qui allait bientôt lui arriver.

Pour donner une plus haute idée de la foi, les missionnaires avaient introduit l’usage d'admettre quelques sauvages au baptême le jour des grandes fêtes. On les réunissait dans la chapelle de Sainte-Marie pour faire la cérémonie avec toute la solennité possible.

A l’approche de Pâques, Ahasistari se sentit intérieurement pressé de faire une nouvelle démarche pour obtenir l’objet de ses désirs. Il se rend à Sainte-Marie pour plaider lui-même sa cause auprès du Supérieur de la mission.

« J’ai la foi au fond de mon cœur, lui disait-il avec une admirable franchise et une sainte ardeur, et mes actions vous l’ont bien prouvé pendant cet hiver. Dans peu de jours je pars pour la guerre. Si je meurs dans la mêlée, où ira mon âme, sans le baptême ? Si vous voyiez dans mon cœur aussi clair que le Maître de la vie, je serais déjà chrétien, et la crainte des flammes de l’enfer ne me suivrait pas au moment où je vais braver la mort. Je ne puis pas me baptiser moi-même ; je ne puis que vous déclarer sincèrement mon désir. Après cela, si mon âme brûle dans les enfers, vous en serez cause ; mais quelque chose que vous fassiez, je prierai toujours Dieu puisque je le connais, et peut-être qu’il me fera miséricorde; car vous enseignez qu’il est meilleur que vous.

« — Mais comment te sont venues, reprit le missionnaire, les premières pensées de la foi? …

A suivre.

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Message  Louis Jeu 22 Mai 2014, 11:38 am

« — Mais comment te sont venues, reprit le missionnaire, les premières pensées de la foi?

« —Avant même que vous fussiez dans le pays, dit le Huron, j’avais échappé à mille périls dans lesquels mes compagnons tombaient sous mes yeux. Je  voyais bien que ce n’était pas à moi que je devais de m’être tiré de ces dangers. Il me venait en pensée que quelque génie plus puissant qui m’était inconnu, était venu à mon secours. J’avais la conviction que nos croyances n’étaient que des sottises, mais je n’en savais pas davantage. Aussitôt que j’ai entendu parler du Dieu que vous prêchez, et de ce que Jésus-Christ a fait sur la terre, je l’ai reconnu pour celui qui m’a conservé, et j’ai pris la résolution de l’honorer toute ma vie. Quand je vais en guerre, je me recommande à lui et le soir et le matin. C’est à lui que je dois toutes mes victoires. C’est en lui que je crois, et je vous demande le baptême afin qu’après ma mort il ait  pitié de moi »

Une déclaration aussi franche et aussi énergique émut les missionnaires jusqu’aux larmes. Il n’était pas possible de mettre de nouveaux retards à de si ardents désirs.

Le samedi saint, la chapelle de Sainte-Marie avait revêtu ses habits de fêtes. Les chrétiens étaient accourus en grand nombre. Ahasistari et plusieurs de ses compatriotes recevaient ensemble le caractère des enfants de l’Église. On lui donna le nom d’Eustache.

L’année suivante, quand notre nouveau chrétien apprit la périlleuse mission confiée au P. Jogues, il fut des premiers à s'offrir pour lui tenir compagnie, prêt à le défendre en cas d’attaque, et à mourir avec lui. Ses vœux furent exaucés.

A suivre bientôt (Appendice G) : Le martyre de René Goupil.

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Message  Louis Dim 08 Juin 2014, 12:37 pm

G

LE MARTYRE DE RENÉ GOUPIL PAR LES IROQUOIS

(D’après l’autographe du P. Isaac Jogues.)


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Le P. Jogues (APPENDICE) Rena_g10
Le P. Jogues (APPENDICE) Rena_g11
A suivre.

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Message  Louis Lun 09 Juin 2014, 12:16 pm

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Le P. Jogues (APPENDICE) Rena_g12
Le P. Jogues (APPENDICE) Rena_g13

A suivre.

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Message  Louis Mar 10 Juin 2014, 12:15 pm

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Le P. Jogues (APPENDICE) Rena_g14
Le P. Jogues (APPENDICE) Rena_g16

A suivre.

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Message  Louis Mer 11 Juin 2014, 11:24 am

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Le P. Jogues (APPENDICE) Rena_g17
Le P. Jogues (APPENDICE) Rena_g18

A suivre.

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Message  Louis Jeu 12 Juin 2014, 11:45 am

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Le P. Jogues (APPENDICE) Rena_g19  
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(1) Les Hollandais.

A suivre plus tard : appendice H. NOVUM BELGIUM.

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Message  Louis Ven 11 Juil 2014, 5:09 pm

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H

NOVUM BELGIUM.


Nous donnons ici en entier la curieuse description de Manhatte et de la colonie hollandaise, que le P. Jogues a écrite lui-même en 1646. Nous suivons l’autographe que M. John Gilmary Shea de New-York a donné en 1862 en fac simile , avec une traduction anglaise et des notes très-précieuses dont nous avons profité.



Le P. Jogues (APPENDICE) Append12

Le P. Jogues (APPENDICE) Append13

A suivre.

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Message  Louis Sam 12 Juil 2014, 11:48 am


Le P. Jogues (APPENDICE) Append14

Le P. Jogues (APPENDICE) Append15

A suivre.

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