Vie de Mlle Le Ber (Table) COMPLET

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Message  Louis Lun 19 Nov 2012, 12:37 pm


LA DÉVOTION DE LA SŒUR LE BER A MARIE,
LUI INSPIRE UNE RELIGIEUSE VÉNÉRATION POUR LA SŒUR BOURGEOYS,
ET UNE AFFECTION SPÉCIALE POUR LA CONGRÉGATION.

(suite)

Anne Barroy, avait constamment vécu dans la maison des Sœurs de la Congrégation, depuis l'entrée de la Sœur Le Ber dans sa cellule. Touchée de l'esprit de ferveur qui régnait parmi elles ; et se sentant attirée à leur Institut, elle avait apparemment témoigné son désir, à sa cousine, avant que M. Le Ber fit son testament ; car il paraît que ce fut à la demande même de sa fille, qu'il fit aux Sœurs la donation, dont on vient de parler. Du moins, c'est ce que semble insinuer Anne Barroy elle-même en rappelant, dans un petit écrit, l'impression de joie, que produisit sur la Sœur Le Ber, l'ouverture qu'elle lui fit de son désir. " Elle me dit alors, rapporte-t-elle, jamais de ma vie je ne ressentis une joie plus pure, ni plus sensible, qu'au moment, où vous m'avez déclaré votre inclination, pour embrasser cet Institut ; et c'est avec plaisir et de grand cœur, que je ferai tous les frais nécessaires."

Cette joie de la Sœur Le Ber, avait pour motif, non pas seulement la satisfaction si pure, de voir une personne de sa famille se consacrer au service de DIEU ; mais surtout de la voir se donner à lui dans un Institut qui honorait la Très-Sainte Vierge, comme sa Fondatrice, sa Supérieure, sa Reine et sa Mère. Le nom seul de Congrégation de Notre-Dame , avait toujours fait les plus douces et les plus sensibles impressions sur le cœur de la Sœur Le Ber. Il l'avait attachée à cette maison, dès son bas âge, et avait été l'une des raisons, qui l'y avait attirée, pour y finir ses jours. Si elle professait pour les Sœurs de cet Institut une prédilection spéciale et singulière ; c'est qu'elle les considérait comme destinées par vocation divine, à faire revivre en elles l'esprit de la Très-Sainte Vierge ; et à montrer aux yeux des fidèles, quelque chose de son zèle apostolique et de ses vertus. Aussi disait-elle souvent à sa cousine, Anne Barroy, qui y fut en effet reçue sous le nom de Sœur Saint Charles : " Que vous êtes heureuse d'être comptée au nombre des filles de Marie ! Mais comprenez-vous bien l'excellence de votre bonheur, et toute l'étendue des obligations que cet état vous impose ? Dans quel éloignement vous devez être de toutes les maximes du siècle, et des inclinations de la chair ? Une personne qui porte les livrées de la Très-Sainte Vierge, ne doit tenir à rien. Un air dissipé, ou trop enjoué ; une propreté affectée dans les habits, et tout ce qui peut avoir quelqu'éclat, ne convient pas à une fille de Marie."

La Sœur Saint Charles, se présentant un jour devant elle pour lui rendre ses services accoutumés…

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Message  ROBERT. Lun 19 Nov 2012, 3:20 pm

Spoiler:
Louis a écrit:
M. Le Ber, son père, qui avait toujours professé pour la Congrégation, la même affection et la même estime, en avait donné une preuve bien touchante à sa mort. Quoique les Sœurs de la Congrégation n'exigeassent point de dot, de la part des postulantes qui ne pouvaient en fournir aucune : il leur avait laissé par son testament, la somme de deux milles livres, à la charge pour elles de recevoir dans leur Institut, Anne Barroy, dont on a parlé, si DIEU lui donnait cette vocation ; ou dans l'autre cas, tel sujet que Mademoiselle Le Ber, sa fille, présenterait, et que la Communauté aurait pour agréable. Il laissa aussi la somme de trois mille livres, pour servir de dot, à une autre de ses nièces, Marie, Elizabeth Lemoyne de Longueuil, dans le cas qu'elle embrassât la vie religieuse. (*)


(*) Cette généreuse prévoyance de M. Le Ber, est une preuve touchante de la délicatesse et de l'élévation de ses sentiments. Il aurait pu sans fournir aucune dot pour Anne Barroy, demander son entrée à la Congrégation, en considération des largesses nombreuses, faites par Jeanne Le Ber, sa fille, à cet Institut. Il aurait pu même réclamer pour sa protégée, le privilège que la générosité chrétienne des Sœurs, a toujours accordé aux filles pauvres : d'être reçues gratuitement, sous la condition qu'elles jouiraient de leurs droits à venir. Mais en sa qualité de parent d'Anne Barroy, M. Le Ber voulant bien lui tenir lieu de père, fournit généreusement pour elle, la dot que les familles aisées, avaient coutume de donner alors.

Par une conduite, bien différente, on a vu quelquefois des parents quoique favorisés des biens de la fortune, oser feindre des prétextes, pour refuser à leurs propres filles, l'entretien, qu'ils leur devaient de droit naturel ; et frustrer, tout à la fois, la Communauté de la dot, à laquelle elle avait les droits les plus légitimes après s'être obligée, par la profession, à les nourrir et à les entretenir, toute leur vie.

En 1718, Marie Madeleine de Chapt de Lacorne, étant entrée à la Congrégation, sous le nom de Sœur du Saint Sacrement, son père, alors chargé d'une famille nombreuse, prétendit qu'il ne pouvait donner de dot, et se contenta, d'assurer verbalement â sa fille, ses droits à venir. La Sœur de Lacorne passa ainsi quarante ans à la Congrégation. Quelques années après la mort de cette Sœur, M. le Chevalier de Lacorne, son frère, périt dans le naufrage de l'Auguste, et la Communauté des Sœurs réclama la part de la succession qui lui était justement due, dans la personne de la défunte. M. Saint Luc de Lacorne, frère du précédent, qui s'était sauvé, comme miraculeusement de ce naufrage, refusa à la Congrégation toute espèce de dédommagement ; alléguant pour ses raisons : qu'il n'existait aucun contrat écrit, qui assurât aux Sœurs leurs prétentions ; ni aucun testament en leur faveur, de la part de la défunte.

C'était après la conquête du Canada par les Anglais. L'affaire ayant été portée à la Chambre des Capitaines de Milices : ils condamnèrent la famille de Lacorne. Elle appela de leur sentence, à Son Excellence, Thomas-Gage, Gouverneur de Montréal, qui après avoir mûrement pesé et considéré toutes choses, condamna à son tour la famille de Lacorne, à donner à la Congrégation, deux mille livres, pour dot de la Sœur défunte ; et en outre, à payer les intérêts de cette somme, depuis l'année 1718, qu'il fixa à deux mille sept cent-cinquante livres; en laissant pourtant à la famille, le choix de-donner à la place des 4750 livres, la part de la succession du Chevalier de Lacorne, à laquelle la défunte, sa sœur, aurait eu droit, si elle eut encore vécu.

Ainsi, ce Militaire, quoique Protestant, et par conséquent non suspect de vouloir favoriser les Communautés religieuses, reconnut, d'après la seule équité naturelle, qu'il était de la justice rigoureuse, d'indemniser la Congrégation ; et, ce qui est plus étonnant encore : il fit comprendre à la famille de Lacorne, toute catholique qu'elle était, cette grave obligation de conscience, qui pesait sur elle, et à l'égard de laquelle elle se faisait à elle-même une si étrange illusion. [ 18 Décembre 1762, Archives Judiciaires de Montréal. ]

Ce texte prouve éloquemment, à mon sens, que toute personne qui naît catholique

n’est pas nécessairement assurée de son salut; et que toute personne qui est protestante

à la naissance, n'est pas irrémédiablement vouée à l’enfer…

.
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Message  Louis Mar 20 Nov 2012, 6:09 am


LA DÉVOTION DE LA SŒUR LE BER A MARIE,
LUI INSPIRE UNE RELIGIEUSE VÉNÉRATION POUR LA SŒUR BOURGEOYS,
ET UNE AFFECTION SPÉCIALE POUR LA CONGRÉGATION.

(suite)

La Sœur Saint Charles, se présentant un jour devant elle pour lui rendre ses services accoutumés, n'avait pas remarqué que sa robe, qui n'était encore que très peu usée, conservait quelque chose de son lustre, quoique l'étoffe en fut assez rude et grossière. La Sœur Le Ber ne manqua pas d'y faire attention, et lui conseilla de la porter à la pluie, pour en ôter le luisant:

" Une autre fois, dit-elle, ayant paru, au contraire, avec une robe extrêmement usée, je m'attendais qu'elle y trouverait à redire : car elle voulait qu'on évitât en tout les excès, parce que d'ordinaire, ils tiennent plus de l'esprit de singularité, que de la vertu véritable. Mais elle trouva ma robe tout à fait à son goût ; et en prit occasion de s'étendre sur les louanges de la pauvreté. Elle m'en fit un si grand éloge, comme d'une vertu favorite de la Très-Sainte Vierge ; que je me retirai d'auprès d'elle, le cœur tout pénétré d'un désir ardent, de pratiquer cette vertu, avec plus de perfection que je ne l'avais fait jusqu'alors."

L'estime que la Sœur Le Ber faisait des Sœurs de la Congrégation, et de l'importance de leurs travaux pour la sanctification de l'enfance, parut encore dans les mouvements qu'elle se donna, pour faire reconstruire, sur un plan plus vaste, les bâtiments: du Pensionnat et des Ecoles; et dans la fondation si utile qu'elle fit alors, comme il sera dit dans le chapitre suivant.

A suivre : Chapitre III. : PAR RESPECT POUR LA SŒUR BOURGEOYS, LA SŒUR LE BER PROCURE LA
RECONSTRUCTION DU PENSIONNAT, ET FONDE DES PLACES GRATUITES POUR DES PENSIONNAIRES.

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Message  Louis Mar 20 Nov 2012, 2:43 pm

LIVRE QUATRIEME


DÉVOTION ET CONFIANCE DE LA SŒUR LE BER ENVERS LA TRES-SAINTE VIERGE.
SON AFFECTION POUR LA CONGRÉGATION.
SA SAINTE MORT.


CHAPITRE III.


PAR RESPECT POUR LA SŒUR BOURGEOYS,
LA SŒUR LE BER PROCURE LA RECONSTRUCTION DU PENSIONNAT,
ET FONDE DES PLACES GRATUITES POUR DES PENSIONNAIRES.


La Sœur Bourgeoys, en faisant construire les bâtiments de la Congrégation, n'avait pas prévu alors le développement que bientôt cette Communauté devait prendre, et elle ne tarda pas à s'apercevoir, qu'ils étaient de beaucoup insuffisants. Aussi, entre autres recommandations, qu'elle fit à ses Sœurs, avant sa mort, insista-t-elle sur la nécessité d'ajouter, à la maison de la Congrégation, de nouveaux bâtiments, pour servir au Pensionnat et aux Ecoles de la ville. Depuis l'année 1700, que cette Sainte Fondatrice avait cessé de vivre, les Sœurs n'avaient pas été en état d'exécuter ce dessein, tant à cause des dépenses occasionnées par l'établissement de diverses Missions, que par le peu de ressources, qu'elles avaient pour se suffire à elles-mêmes, dans ce temps, où la misère, occasionnée par la guerre, désolait le pays.

La Sœur Le Ber, depuis qu'elle avait perdu son père, méditait le dessein, de se dépouiller en faveur des Sœurs de la Congrégation, de tout ce qui lui restait de patrimoine ; afin de leur fournir, par là, le moyen d'étendre le bien qu'elles faisaient, par l'éducation des jeunes personnes, et de remplir leurs fonctions avec plus de facilité. Elle n'ignorait pas la recommandation de la Sainte Fondatrice, et nourrissait dans son cœur le désir de l'effectuer, dès quelle en aurait le pouvoir. Elle ne se proposait pas seulement de procurer la construction de bâtiments assez spacieux, pour suffire au Pensionnat et aux Ecoles ; elle voulait encore fonder un certain nombre de places gratuites, pour des filles du pays, dont les familles n'auraient pas le moyen de soutenir les frais de la pension. Jusqu'alors, la crainte de n'avoir pas les fonds nécessaires à ces deux objets, lui avait fait différer l'exécution de son dessein.

Mais l'année 1713, comme si elle eût connu qu'elle touchait déjà à la fin de sa course ; après avoir recommandé son dessein à la Très-Sainte Vierge, et aussi aux Saints Anges, pour lesquels elle avait une dévotion et une confiance qui trouvent peu d'exemples: elle jugea que le moment était venu d'y contribuer, autant qu'elle en serait capable. Elle avait bien alors les fonds nécessaires, pour fonder des places gratuites ; mais ne se trouvant pas en état de fournir aux frais des bâtiments projetés, elle pressa les Sœurs et fit tant, qu'elle les détermina, enfin, à les entreprendre.

" Elle témoigna souvent beaucoup d'empressement pour faire commencer ces bâtiments," dit la Sœur Marguerite Trottier, Dépositaire, qui à l'occasion de ces constructions, avait la faculté de parler à la Sœur Le Ber : " Elle assurait que…

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Message  Louis Mer 21 Nov 2012, 6:17 am


PAR RESPECT POUR LA SŒUR BOURGEOYS,
LA SŒUR LE BER PROCURE LA RECONSTRUCTION DU PENSIONNAT,
ET FONDE DES PLACES GRATUITES POUR DES PENSIONNAIRES.

(suite)

" Elle témoigna souvent beaucoup d'empressement pour faire commencer ces bâtiments," dit la Sœur Marguerite Trottier, Dépositaire, qui à l'occasion de ces constructions, avait la faculté de parler à la Sœur Le Ber : " Elle assurait que c’était la volonté de DIEU, et que les Saints Anges nous aideraient: ajoutant même que si nous ne les commencions pas cette année, nous ne le pourrions plus, quelque besoin que nous en eussions. Sur cette déclaration, qu'elle faisait avec assurance et comme d'un ton inspiré, nous mîmes, en effet, la main à l'œuvre, quoique nous n'eussions alors, ni matériaux, ni argent."

Les fondements de ce bâtiment furent aussitôt creusés, et M. de Belmont en bénit et posa la première pierre, le 28 Mai 1713. On le dédia à Marie, sous le titre de Notre-Dame des Anges ; et l'inscription qui fut mise dans les fondements, est un touchant témoignage de la piété et de la confiance des Sœurs de la Congrégation et de celles de la Sœur Le Ber. Elle était conçue en ces termes:
"TRES-SAINTE VIERGE, REINE DES ANGES, LE REFUGE ET LE SALUT DES HOMMES, AGRÉEZ, S'IL VOUS PLAIT, QUE NOUS DEMANDIONS EN TOUTE CONFIANCE VOTRE SAINTE PROTECTION, POUR COMMENCER ET CONDUIRE A SA FIN, LE BATIMENT QUE VOTRE SERVANTE, ET NOTRE BONNE MÈRE MARGUERITE BOURGEOYS NOUS A RECOMMANDÉ DE CONSTRUIRE: DÉSIRANT DE TOUT NOTRE CŒUR, QU'IL SERVE A AUGMENTER VOTRE GLOIRE ET CELLE DE VOTRE DIVIN FILS. NE SOUFFREZ PAS, O VIERGE IMMACULEE, QUE LE PECHE MORTEL ENTRE JAMAIS DANS CETTE MAISON. ORDONNEZ, S'IL VOUS PLAIT, AUX SAINTS ANGES, DE VEILLER SI BIEN A LA CONDUITE DE TOUTES CELLES QUI L'HABITERONT, QUE VOUS Y SOYEZ TOUJOURS AIMEE ET SERVIE, COMME NOTRE DAME ET SOUVERAINE.

AINSI-SOIT-IL."

" Quelque grand que fut mon empressement, pour cet ouvrage, dit encore la Sœur Trottier, j'avais cependant une extrême répugnance à m'en voir chargée, n'ayant pas de quoi l'entreprendre. Mais je n'eus pas plutôt exposé mes craintes et mes embarras à la Sœur Le Ber, qu'ils se dissipèrent à l'instant. Elle était toujours prête à m'encourager. Elle m'assurait que tout réussirait ; qu'elle prierait les Saints Anges de faire avancer l'ouvrage, et de me fournir tous les moyens nécessaires pour l'achever. Il me semblait…


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Dernière édition par Louis le Mer 21 Nov 2012, 4:23 pm, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Message  Louis Mer 21 Nov 2012, 11:32 am


PAR RESPECT POUR LA SŒUR BOURGEOYS,
LA SŒUR LE BER PROCURE LA RECONSTRUCTION DU PENSIONNAT,
ET FONDE DES PLACES GRATUITES POUR DES PENSIONNAIRES.

(suite)
« … Il me semblait ensuite que je ressentais l'effet de ses promesses, et que je trouvais des facilités et des ressources, auxquelles je ne me serais jamais attendue. J'ajouterai même, que, quoiqu'elle m'eût permis de m'adresser à elle dans mes besoins, je ne fus jamais dans le cas d'user de cette permission, sinon avec beaucoup de réserve.

" Nous avons, en effet, tout sujet de croire, que les Saints Anges nous ont bien protégées. Les ouvriers eux-mêmes, qui étaient en très petit nombre, ont souvent été étonnés, le matin, en se remettant au travail, de voir qu'ils en eussent tant fait la veille ; et ils publiaient partout, qu'ils travaillaient le jour, et les Anges la nuit. Plusieurs personnes de la ville nous disaient aussi la même chose, avec étonnement."

Le bruit que rapporte ici la Sœur Trottier, de l'assistance que la Sœur Le Ber recevait des Saints Anges, n'était pas renfermé dans l'enceinte de la Congrégation, ni dans celle de Ville-Marie. La mère Juchereau, qui écrivait à Québec, parle aussi, elle-même, du secours qu'elle recevait de ces Esprits célestes, dans les ouvrages de broderie et autres qu'elle faisait. " N'étant aidée dans ses travaux, dit-elle, que par les Anges, avec qui elle conversait, et qui se plaisaient sans doute beaucoup avec cette angélique créature."

La confiance singulière de la Sœur Le Ber aux Saints Anges, le recours perpétuel qu'elle avait vers eux, la sainte habitude qu'elle s'était formée de converser intérieurement avec ces Esprits célestes, ne pouvaient être fondés, en effet, que sur les assistances sensibles qu'elle recevait de leur part. La Sœur Trottier rapportait même un trait assez agréable, de la simplicité et de la confiance de la Sœur Le Ber : " Un jour que son rouet à filer s'était rompu, dit-elle, elle me pria de faire venir un ouvrier qui avait coutume de racommoder nos rouets, afin qu'il remit le sien en état et qu'elle put travailler. J'oubliai d'envoyer chercher cet homme. Quelque temps après, m'étant ressouvenue de la commission qu'elle m'avait donnée : je fus la trouver pour lui faire mes excuses, en lui disant, que j'allais réparer ma faute. Elle se mit à sourire agréablement, et me dit." : L'affaire est faite : j'ai prié les Saints Anges de m'aider, et ils ont racommodé le rouet. Oh ! Quand je suis embarrassée, ils viennent à mon aide. Faites comme moi ; ayez bien de la confiance en eux, et vous viendrez à bout de tout.

Le bâtiment étant achevé, la Sœur Le Ber exécuta, enfin, …

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Message  Louis Jeu 22 Nov 2012, 5:37 am


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ET FONDE DES PLACES GRATUITES POUR DES PENSIONNAIRES.

(suite)

Le bâtiment étant achevé, la Sœur Le Ber exécuta, enfin, le dessein qu'elle avait formé, de se dépouiller de tout ; afin de mourir pauvre. Ayant donc réuni tout ce qui lui restait de bien, elle en disposa par contrat, du 9 Septembre 1714, pour fonder des places gratuites dans le Pensionnat, qu'on venait de bâtir.

" Ne croyant pas, dit-elle, dans l'acte de cette fondation, pouvoir faire du peu de bien qui lui reste, un meilleur usage, et qui contribue plus à la gloire de DIEU, que d'en appliquer le revenu, au soulagement d'un certain nombre de filles, dont les parents sont dans l'impossibilité de leur faire donner toute l'instruction et l'éducation nécessaires. Que pour l'exécution de son dessein, elle a jeté les yeux sur les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, dont la conduite édifiante, jointe aux grands fruits qu'elles ont faits, et qu'elles font encore journellement, dans l'instruction des jeunes filles, lui font espérer que ses desseins auront un heureux succès."

La somme qu'elle forma des débris de son patrimoine, s'éleva environ à 18,000 livres du Canada, faisant 13,300 livres, argent de France : somme, qui, eu égard au prix de la pension, établie alors sur le pied de 120 livres, par année, pour chaque enfant, devait produire un revenu, plus que suffisant, pour nourrir et élever, simultanément, sept jeunes pensionnaires.

Rien ne montre mieux la tendre charité de la Sœur Le Ber pour les pauvres, ni sa grande sagesse, que les règles fixées par elle, pour l'admission et l'éducation de ces enfants. D'abord, pour l'admission : elle exigea qu'on ne fit jouir de cette faveur que celles dont les parents, seraient hors d'état de fournir aux frais de la pension. Elle voulut de plus, qu'on préférât celles des paroisses, où il n'y aurait point de Mission des Sœurs de la Congrégation établie : comme étant dans un plus grand abandon que les autres. Enfin, que parmi ces dernières, on préférât toujours les orphelines pauvres, aux enfants qui avaient encore leurs parents : et parmi ces orphelines, celles qui appartiendraient à la famille Le Ber, s'il s'en trouvait quelques-unes.

Quant au genre d'éducation, voici ce qu'elle exigea. Elle savait que les Sœurs de la Congrégation, étaient redevables de leurs soins aux jeunes personnes de toutes les classes de la société, aux riches aussi bien qu'à celles de la classe pauvre. Mais jugeant bien, que toutes leurs pensionnaires, ne devaient pas recevoir la même sorte d'éducation: elle voulut que les siennes, fussent élevées à part des autres ; du moins, conformément à leur condition, et d'une manière analogue à leur avenir dans le monde. Qu'ainsi, on leur apprit, tout ce qu'une mère de famille pauvre doit savoir, pour gagner sa vie, pour faire elle-même son ménage, et soigner sa maison.

" L'intention de la fondatrice, dit-elle, est donc que…


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Message  Louis Jeu 22 Nov 2012, 1:27 pm


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ET FONDE DES PLACES GRATUITES POUR DES PENSIONNAIRES.

(suite)

"L'intention de la fondatrice, dit-elle, est donc que ces filles, nourries et entretenues dans le Pensionnat, y soient instruites de tout ce qui leur est nécessaire, pour être dans leur condition de bonnes et véritables chrétiennes. Pour cela, on leur apprendra (outre la doctrine chrétienne) à lire, à travailler aux ouvrages qui leur sont propres, à faire leur linge, leurs hardes, à les racommoder, à filer, à tricoter, et à laver leur linge. En outre, elles aideront, chaque semaine, l'une après l'autre, à la cuisine, et aussi à laver la vaisselle ; afin de leur apprendre par là le ménage, et de les entretenir dans l’humilité."

En exigeant qu'on les formât de la sorte, la Sœur Le Ber fit preuve d'une rare sagesse, et tout à la fois, d'une véritable affection pour ces enfants, qu'une éducation différente eut rendue la, plupart malheureuses, dans la suite. C'est ce que ne montra que trop, l'exemple des pensionnaires de la célèbre maison de Saint-Cyr, fondée par la munificence royale, pour de jeunes personnes de familles nobles, mais sans fortune. L'éducation brillante qu'on leur donnait, n'étant point en rapport avec leur état de pauvreté, ou de médiocrité extrême, faisait contracter à ces demoiselles qui n'avaient d'autres biens que leurs noms, des habitudes d'aisance, et des goûts de grandeur, qui ensuite contrastaient beaucoup trop avec leur état dans le monde, pour ne pas rendre leur existence triste et malheureuse.

On sait que, pour épargner à un grand nombre ce malheur, M. Languet de Gergy, curé de Saint Sulpice à Paris, avait établi sur sa paroisse, la maison, connue sous le nom de l'ENFANT JESUS, où de jeunes personnes, de familles nobles, mais déchues, étaient élevées, à peu près de la manière, que la Sœur Le Ber le prescrit ici pour ses pensionnaires. On les y exerçait à tous les détails d'une maison : à la couture, au ménage, à la cuisine, à laver, à repasser le linge, et même à faire du beurre; et l'expérience montra combien ce genre d'éducation, était propre à procurer leur bonheur. Au sortir de la maison de l'ENFANT JESUS, ces demoiselles, qui avaient des vues moins ambitieuses et des goûts plus simples, que celles qui sortaient de Saint-Cyr, s'établissaient aisément et convenablement, quoique sans fortune ; et, par là, en procurant la satisfaction de leurs familles, elles assuraient ordinairement leur bonheur temporel et leur salut. Nous faisons ici ce rapprochement, pour montrer, par cet exemple, qui eut l'approbation de tout Paris, ou plutôt de toute la France, la sagesse qui dirigea la Sœur Le Ber, dans sa fondation.

Elle y mit une autre clause…


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Message  Louis Ven 23 Nov 2012, 6:57 am


PAR RESPECT POUR LA SŒUR BOURGEOYS,
LA SŒUR LE BER PROCURE LA RECONSTRUCTION DU PENSIONNAT,
ET FONDE DES PLACES GRATUITES POUR DES PENSIONNAIRES.


(suite)
Elle y mit une autre clause : " Quant à l'écriture," dit-elle, " cet art n'étant pas nécessaire à des filles pauvres : les y appliquer, serait leur faire perdre un temps, qu'elles peuvent employer à d'autres choses plus utilement. S'il s'en trouvait néanmoins, quelques-unes qu'on jugeât capables d'être Sœurs ou Religieuses, on pourrait leur apprendre à écrire."

Il ne faut pas que nos lecteurs soient étonnés de la recommandation que fait ici la Sœur Le Ber, à l'égard de ces jeunes orphelines, destinées par la Providence à vivre du travail de leurs mains. En se montrant, par cette fondation, leur généreuse bienfaitrice, elle a fait preuve, par la recommandation même dont nous parlons ici, d'une rare intelligence pour procurer le bien général du corps politique de la société. Ce corps qui, de sa nature, a une multitude de fonctions si variées à remplir, a besoin aussi de membres propres à toutes ces fonctions diverses. Aussi voyons-nous que le Cardinal de Richelieu, qu'on ne peut pas assurément accuser de n'avoir pas procuré efficacement le bien public de la France, avait résolu de supprimer, dans ce royaume, tous les petits collèges, parce qu'il les jugeait plutôt nuisibles, qu'utiles au bien général. Il pensait que ces petits collèges, détourneraient des professions mécaniques, nécessaires au corps de la société, un certain nombre d'individus, appelés par la Providence à les remplir; et que voulant ensuite se pousser dans d'autres professions plus éclatantes, sans avoir ce qui était nécessaire pour y réussir, ils n'étaient propres qu'à altérer l'harmonie du corps de la société, et à y fomenter des divisions et des troubles.

Mais, pour en revenir à la fondation de la Sœur Le Ber, les conditions dort nous venons de parler, ayant été exposées aux Sœurs de la Congrégation, furent agrées par elles, et approuvées par M. de Belmont. Les Sœurs promirent de les observer de leur part et de n'y faire aucun changement, que du consentement de M. le Baron de Longueuil, cousin de la Fondatrice, et autorisé par elle, à cet effet. Enfin, les officières de la Communauté, M. de Longueuil et M. de Belmont, se rendirent dans le petit appartement, situé à l'entrée de la cellule de la Sœur Le Ber ; et après que le Notaire eut fait lecture de l'acte de fondation, toutes les personnes intéressées y apposèrent leur signature, le 9 Septembre 1714.

On a vu, dans le chapitre précédent, qu'en pressant les Sœurs de la Congrégation de construire les bâtiments du Pensionnat, la Sœur Le Ber leur avait déclaré :

Que si elles ne mettaient pas incontinent la main à l'œuvre, elles ne le pourraient plus dans la suite. L'événement montra qu'elle ne parlait ainsi, que parce qu'elle avait de la proximité de sa mort une connaissance certaine : car elle mourut 23 jours après qu'elle eût fait sa fondation. Il est bien probable, que si elle ne l'eût exécutée de son vivant, cette fondation n'aurait jamais eu lieu, quelque recommandation qu'elle eût pu faire, à cet égard, à M. Le Ber de Senneville, le seul de ses frères qui vécut encore, comme on pourra le conclure de la Notice sur ce dernier, placée à la fin de cette Vie.

A suivre : Chapitre IV. DERNIÈRE MALADIE DE LA SOEUR LE BER. SA SAINTE MORT. CONCOURS A SES FUNÉRAILLES.


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Message  Louis Ven 23 Nov 2012, 11:46 am

LIVRE QUATRIEME


DÉVOTION ET CONFIANCE DE LA SŒUR LÉ BER ENVERS LA TRES-SAINTE VIERGE.
SON AFFECTION POUR LA CONGRÉGATION.
SA SAINTE MORT.


CHAPITRE IV.



DERNIÈRE MALADIE DE LA SOEUR LE BER,
SA SAINTE MORT.
CONCOURS A SES FUNÉRAILLES.



Après la fondation dont on vient de parler, la dernière des œuvres de piété qu'elle eût à accomplir sur la terre, la Sœur Le Ber était un fruit mûr pour le ciel. Le genre de vie si austère qu'elle menait ; ses jeûnes au pain et à l'eau ; les instruments de pénitence dont elle chargeait son corps, déjà épuisé par ses longues veilles, ses Oraisons, et son application au travail ; les épreuves intérieures auxquelles elle était en proie ; les ardeurs de son amour pour DIEU, qui lui faisaient souffrir une sorte de martyre; martyre d'autant plus rude, que dans l'impuissance, où elle était de lui témoigner son grand amour, elle craignait de n'aimer pas assez DIEU : tous ces divers sujets de souffrance auraient dû épuiser bientôt, un tempérament aussi faible qu'était le sien.

Il y avait cependant près de vingt ans, qu'elle vivait ainsi dans sa cellule; du moins, depuis le 5 Août 1714, elle avait commencé la vingtième année de sa réclusion, sans s'être accordée à elle-même le plus léger adoucissement, lorsque peu de jours après la signature de l'acte de la fondation, pendant qu'elle était en adoration, la nuit, devant le Très-Saint Sacrement, selon sa pratique invariable, elle fut saisie par le froid, et se sentit bientôt attaquée d'une oppression de poitrine, qui se changea en fluxion et en fièvre continue. Malgré son grand courage et sa ferveur, elle se vit forcée d'interrompre ses exercices ordinaires et de garder le lit. Enfin, comme les progrès rapides du mal donnaient tout à craindre : le Confesseur de la Sœur Le Ber, commanda que dans cette circonstance elle se servit de draps et d'un matelas, ce dont elle s'était toujours abstenue, depuis qu'elle s'était renfermée dans sa cellule.

La violence de son mal, qui semblait devoir lui faire oublier tout le reste, ne diminua rien de son affection ni de sa sollicitude pour ses chères sœurs de la Congrégation. Au contraire, se rappelant alors, que dans l'acte de sa dernière fondation, elle n'avait point déclaré l'usage qu'elle désirait faire du petit mobilier renfermé dans sa cellule: elle craignit que les Sœurs de la Congrégation, à qui elle avait toujours intention de le laisser, ne fussent inquiétées à ce sujet, après sa mort. Elle fit donc appeler le Notaire, et lui dicta ses dernières volontés, déclarant " Que tous ses meubles, ustensiles, hardes, linges, et généralement tout ce qu'elle pouvait avoir tant dans sa cellule, que dans les autres lieux de la Congrégation, appartiendraient aux Sœurs, après son décès, sans qu'elles pussent être troublées ni inquiétées à ce sujet, par qui que ce fut."

Enfin se rappelant qu'elle avait promis à une jeune fille, qui était alors au Mississipi, la somme de 500 livres: elle chargea M. de Longueuil de la lui délivrer. Elle fit cette déclaration le 22 de Septembre, et la signa, quoiqu'elle fut au lit.

Après s'être ainsi dépouillée de tout ce qu'elle avait pu avoir, elle ne songea plus qu'à se disposer à son dernier passage…

A suivre.

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Message  Louis Sam 24 Nov 2012, 6:05 am


DERNIÈRE MALADIE DE LA SOEUR LE BER.
SA SAINTE MORT.
CONCOURS A SES FUNÉRAILLES.

(suite)

Après s'être ainsi dépouillée de tout ce qu'elle avait pu avoir, elle ne songea plus qu'à se disposer à son dernier passage. On vit alors, combien les mortifications extérieures qu'elle avait pratiquées toute sa vie, avec tant de ferveur, avaient jeté dans son cœur de profondes racines. Pressée par les ardeurs d'une fièvre brûlante, elle ne demanda jamais aucune sorte de breuvage, pour se soulager. Comme une victime sur l'autel, elle offrait à DIEU le sacrifice de sa vie ; recevant cependant par obéissance, tout ce que la personne qui la servait, jugeait à propos de lui présenter. Elle était alors assaillie par une toux des plus violentes ; et dans cet état, elle combattait sans cesse contre elle-même, pour s'abstenir de tousser, de peur, se disait-elle, de manquer de respect au Très-Saint Sacrement, qui n'était séparé d'elle, que par la légère cloison de sa cellule. Un jour que pendant la Sainte Messe, elle s'était laissée aller aux mouvements impérieux de sa toux qui la dominaient et l'entrainaient malgré elle : cette sainte malade ne pouvait s'en consoler; et en demandait humblement pardon à DIEU et à tous ceux de qui elle pouvait avoir été entendue.

Les Sœurs de la Congrégation, allarmées de son état, craignaient d'être privées de la consolation de la revoir avant son décès; et plusieurs obtinrent d'entrer dans sa cellule. Mais elle les vit sans leur parler, ni sans rien perdre du profond recueillement de son âme. Pour cela, elle voulut, que la personne chargée de la servir, se tînt toujours auprès de son lit, pendant ces visites ; et qu'elle répondit elle-même, le plus brièvement qu'elle le pourrait, à toutes les Sœurs qui s'informeraient de son état. Plus occupée de l'éternité, que du sujet des conversations, elle paraissait toute absorbée en DIEU ; quoique pourtant, il n'y eût rien que de serein, de doux et de gracieux dans l'expression de sa figure.

Le premier jour qu'elle avait pris le lit…


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Message  Louis Sam 24 Nov 2012, 3:41 pm


DERNIÈRE MALADIE DE LA SOEUR LE BER.
SA SAINTE MORT.
CONCOURS A SES FUNÉRAILLES.

(suite)

Le premier jour qu'elle avait pris le lit, elle n'avait pas manqué d'y réciter toutes ses prières vocales, qui étaient en grand nombre ; et de faire ses oraisons. Mais la violence du mal, lui ôtant la force d'articuler elle-même toutes ces prières : elle pria la sœur St. Charles, de les réciter tout haut auprès de son lit, aux heures marquées par son règlement. Elle les suivait ainsi d'esprit ; et, même quand elle le pouvait, elle y répondait de bouche. Pareillement, elle ne manquait pas d'envoyer cette Sœur devant le Très-Saint Sacrement, pour l'adorer en sa place, aux heures, où elle avait coutume de s'y rendre ; et lorsque, pour soulager la Sœur Saint-Charles, on la remplaçait par d'autres Sœurs, la mourante en usait de même avec celles-ci : les envoyant aussi chacune rendre ses devoirs à Notre-Seigneur au Très-Saint Sacrement, la nuit aussi bien que le jour.

L'avant-veille de sa mort, elle donna une dernière marque de son affection respectueuse, pour ses chères Sœurs de la Congrégation, et de l'entière confiance qu'elle avait en leurs saintes prières, en ordonnant par testament, que son corps fut inhumé dans leur Église. Depuis qu'elle était entrée dans sa cellule, elle avait toujours désiré de n'être pas séparée après sa mort, de celles qu'elle avait toujours, si particulièrement et si justement aimées pendant sa vie, se rappelant qu'elle devait à leur ferveur, la grâce de sa vocation. Mais n'ayant point encore déclaré son intention par un acte en forme ; et craignant qu'après son décès, ses parents n'exécutassent peut-être pas sa volonté, sur un point qu'elle avait si fort à cœur: elle fit son testament pour la constater d'une manière expresse, quoiqu'elle n'eût plus aucun bien à léguer. Voici presque dans son entier cet acte si édifiant : …



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Message  Louis Dim 25 Nov 2012, 6:23 am


DERNIÈRE MALADIE DE LA SOEUR LE BER.
SA SAINTE MORT.
CONCOURS A SES FUNÉRAILLES.

(suite)

...Voici presque dans son entier cet acte si édifiant :

" Demoiselle Jeanne Le Ber, retirée dans la maison de la Congrégation des filles de Notre-Dame, et étant au lit malade, en sa cellule... Considérant la brièveté-de cette vie, et le peu de temps qui lui reste pour achever le pèlerinage de ce bas monde ; et qu'elle a jusqu'à présent disposé, par de précédents actes, de tous les biens qu'il avait plu à DIEU de lui départir : elle a fait par les présentes, son testament et son ordonnance de dernière volonté, ainsi qu'il suit :

" Au nom du PERE, et du FILS, et du " SAINT-ESPRIT, Amen.

" Premièrement, comme chrétienne et catholique, elle recommande son âme à DIEU, tout-puissant, et le prie, par les mérites infinis de la mort et de la passion de son FILS, notre Sauveur et Rédempteur, JESUS-CHRIST, de lui pardonner ses fautes et ses péchés ; et après son trépas, de la recevoir en son Paradis avec les Bienheureux. A cette fin, elle réclame les prières et les intercessions de la Bienheureuse Vierge Marie, de Saint Michel Archange, de Saint Jean Baptiste et de Saint Jean l'évangéliste, ses patrons, et celles de tous les Saints et Saintes du paradis.

" Secondement, elle désire, veut et entend, qu'après son décès, son corps soit inhumé dans la chapelle de la Congrégation des dites filles de Notre-Dame, à côté du sépulcre de défunt M. Jacques Le Ber, écuyer, son père : en la manière et ainsi qu'il sera jugé à propos, pour la pompe funèbre, par l'exécuteur du présent testament, pour lequel elle nomme la personne de M. Charles Lemoyne, Baron de Longueuil, gouverneur de Montréal, qu'elle prie de le vouloir faire exécuter et accomplir sans en rien omettre."


Vie de Mlle Le Ber (Table) COMPLET - Page 5 Signat12

La Sœur Le Ber dicta son testament le 1er jour d'Octobre, dans l'après-midi; et quoique très abattue par la violence de la maladie, elle eut assez de force pour le signer. …

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Message  Louis Dim 25 Nov 2012, 1:26 pm


DERNIÈRE MALADIE DE LA SOEUR LE BER.
SA SAINTE MORT.
CONCOURS A SES FUNÉRAILLES.

(suite)

La Sœur Le Ber dicta son testament le 1er jour d'Octobre, dans l'après-midi; et quoique très abattue par la violence de la maladie, elle eut assez de force pour le signer. Le lendemain, ne prenant conseil que de sa ferveur, et pensant qu'elle serait en état de faire elle-même, quelqu'une de ses prières ordinaires, elle demanda ses Heures, pour réciter l'Office de la Croix. On les lui plaça dans les mains, et, comme elle était incapable de faire le moindre mouvement, on la souleva pour la faire mettre en son séant. Mais, saisie d'un éblouissement soudain, elle tomba dans une extrême faiblesse, qu'on craignit être celle de la mort: ce qui fut cause, qu'on ne différa plus de lui donner le Saint Viatique. Il lui fut porté avec toute la solennité qu'on peut mettre à cette touchante cérémonie. Les Sœurs de la Congrégation, ayant chacune un cierge allumé à la main, accompagnèrent le Très-Saint Sacrement, jusqu'à la cellule de la mourante, où quelques-unes entrèrent. C'était le 2 d'Octobre, à 4 heures après-midi, le jour même des Saints Anges Gardiens, auxquels elle avait toujours eu une dévotion si affectueuse, et une si vive confiance. On eût dit, que ces Esprits bienheureux, dont elle avait eu tant à cœur de retracer la vie et les vertus, étaient venus, par un effet de leur sainte familiarité avec elle, se joindre aux anges visibles qui la visitaient, pour être aussi eux-mêmes témoins de sa ferveur. Il serait difficile de rendre, par le discours, les sentiments que cette vierge admirable fit paraître dans ce moment solennel.

On a vu que sa religion profonde envers JESUS-CHRIST au Très-Saint Sacrement, et son amour ardent pour sa personne adorable, l'avaient attirée dans sa cellule, et l'y avaient tenue renfermée constamment. Dans ce dernier moment, à juger de ses dispositions intérieures, par ce qui parut dans l'expression de son visage; il sembla qu'elle renouvelait et réunissait dans son cœur, tous les mouvements de religion, d'amour et de confiance qu'il avait jamais pu produire, et qu'elle les offrait à son divin Époux, comme le plus parfait hommage dont elle fut capable, et le dernier effort de tout son être. Aussi, dès qu'elle eût reçu Notre-Seigneur, oubliant alors ses souffrances, et les soins que réclamait son état ; n'étant plus occupée que de son bonheur : elle fit tirer les rideaux de son lit, afin d'être dans un plus parfait recueillement, et de se livrer avec plus de liberté, à toute la ferveur de son amour. Elle passa ainsi le reste de cette journée, dans des actes d'abandon de tout elle-même, entre les mains de DIEU, à qui elle offrait avec joie et réitérait sans cesse le sacrifice de sa vie ; et aussi, dans de saints transports d'amour vers l'Époux céleste, qu'elle appelait de toute l'ardeur de ses désirs.

Sentant qu'elle s'affaiblissait toujours davantage…


Dernière édition par Louis le Lun 26 Nov 2012, 3:20 pm, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Message  Louis Lun 26 Nov 2012, 7:02 am


DERNIÈRE MALADIE DE LA SOEUR LE BER.
SA SAINTE MORT.
CONCOURS A SES FUNÉRAILLES.

(suite)

Sentant qu'elle s'affaiblissait toujours davantage, elle demanda elle-même, le Sacrement de l'Extrême-Onction, qui lui fut administré le lendemain, vers deux heures du matin. Après quoi, elle entra dans une douce et tranquille agonie, pendant laquelle on fit pour elle les prières ordinaires des agonisants. Enfin, dans les sentiments d'une joie douce et d'une paix inaltérable, qui semblaient être une participation anticipée du bonheur des Saints : elle rendit son âme à son CREATEUR, le 3 Octobre 1714, à neuf heures du matin, à l'âge de cinquante deux ans, neuf mois, moins un jour. Cette mort précieuse, fut comme un parfum du ciel qui embauma toutes les Sœurs de la Congrégation : tant elle laissa leurs cœurs pénétrés de vives et profondes impressions, du bonheur dont jouissait déjà la sainte défunte; et ce fut aussi l'effet qu'elle produisit sur les fidèles de la ville et de la campagne, dès que la nouvelle s'en fut répandue, comme nous le dirons bientôt.

Lorsque la Sœur Le Ber eût rendu le dernier soupir, les Sœurs de la Congrégation, qui avaient eu pour elle tant de respect durant sa vie, s'empressèrent de lui donner les premiers témoignages de vénération, qu'elle reçut après sa mort. D'abord, elles se mirent en devoir de la revêtir de son habit de réclusion, pour l'exposer ensuite, la face découverte dans leur église, afin de satisfaire à loisir, leur dévotion, et de donner au peuple la facilité de contenter la sienne. Mais il se trouva, que sa robe était si usée et en si mauvais état, qu'elles n'osèrent en revêtir un si saint corps ; et qu'elles prirent le parti, à ce qu'il paraît, de lui en faire à la hâte, une neuve, avec laquelle elle fut exposée. Son visage n'avait rien de ces traits, qui défigurent ordinairement les morts, et en rendent l'aspect pénible et repoussant. On y voyait briller, au contraire, la même expression de candeur, de modestie et d'innocence, qui l'avait caractérisée durant sa vie, et chacun ne pouvait se lasser de la voir, ni s'empêcher d'envier son bonheur.

Pour satisfaire la pieuse curiosité, et la dévotion des peuples, qui accouraient de toute part à un spectacle si nouveau : on fut obligé de laisser le corps pendant deux jours, ainsi exposé ; c'est-à-dire de différer l'inhumation, jusqu'au 5 d'Octobre. Toute la ville était en mouvement, pour voir et pour vénérer la dépouille mortelle d'une concitoyenne, élevée dans le centre même de cette cité, et qu'un très grand nombre n'avaient jamais vue. La haute idée de sa sainteté, et la confiance que chacun avait en ses mérites, portaient la plupart des assistants à faire toucher à ce saint corps des chapelets, et d'autres objets de dévotion.

Enfin, les circonstances de ce concours, eurent tant de retentissement dans le Canada…

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Message  Louis Lun 26 Nov 2012, 12:31 pm


DERNIÈRE MALADIE DE LA SOEUR LE BER.
SA SAINTE MORT.
CONCOURS A SES FUNÉRAILLES.

(suite)
Enfin, les circonstances de ce concours, eurent tant de retentissement dans le Canada, que la mère Juchereau, quoique renfermée dans l'Hôtel-Dieu de Québec, n'a pas laissé de le rapporter en ces termes :

" Elle fut exposée le visage découvert, pendant deux jours, dans l'Église des Sœurs de la Congrégation, pour la consolation et la dévotion de tout le Mont Réal et des environs, d'où l'on vint en foule, pour regarder et admirer le saint corps de cette Vierge. On distribua ses pauvres haillons, jusqu'à ses souliers de paille ; et tous ceux qui purent avoir quelque chose d'elle, s'estimèrent heureux, et le révérèrent comme des reliques. Plusieurs personnes, affligées de différentes maladies s'approchèrent de son cercueil, et le touchèrent avec beaucoup de respect et de foi ; et on assure depuis, qu'elles ont été guéries. Après ce grand concours, on lui fit de magnifiques obsèques ; et on lui donna toutes les marques de la plus grande vénération. Son corps fut présenté à l'Église de la paroisse, pour y faire son service ; et M. de Belmont, Supérieur du Séminaire de Montréal et Grand-Vicaire, prononça une très belle oraison funèbre à sa louange. On rapporta ensuite le corps dans l'Église de la Congrégation, où il fut inhumé auprès de celui de M. Le Ber son père," et où, le lendemain, il y eut un autre service solennel.

Par respect pour sa dépouille mortelle, qu'elles avaient le bonheur de posséder, et aussi par reconnaissance pour sa générosité envers elles, les Sœurs de la Congrégation firent placer, sur la tombe de la Sœur Le Ber, l'inscription suivante, écrite en lettres d'or:



Vie de Mlle Le Ber (Table) COMPLET - Page 5 Cy_gis11

Enfin, la confiance des fidèles aux intercessions de la Sœur Le Ber…

________________
(*) On a mis ici le nombre rond, comme on fait quelquefois ; mais en réalité, la Sœur Le Ber n'avait passé à la Congrégation que 19 ans, 1 mois. et 28 jours ; et au lieu de 52 ans, elle avait vécu 52 ans, et 9 mois, moins un jour.

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Message  Louis Mar 27 Nov 2012, 9:56 am


DERNIÈRE MALADIE DE LA SOEUR LE BER.
SA SAINTE MORT.
CONCOURS A SES FUNÉRAILLES.

(suite)

Enfin, la confiance des fidèles aux intercessions de la Sœur Le Ber, qui avait éclaté à sa mort, et donné lieu à plusieurs guérisons regardées comme miraculeuses, fut augmentée encore par d'autres grâces, et d'autres nouvelles guérisons, pareillement attribuées à ses mérites auprès de DIEU. En 1721, M. de Belmont, en dédiant à M. Maurice Le Pelletier, abbé de Saint-Aubin d'Angers, et directeur au Séminaire de Saint-Sulpice à Paris, un abrégé de la vie de la Sœur Le Ber, lui parlait ainsi du concours qui avait toujours lieu à son tombeau :

" On fait beaucoup de neuvaines et de prières secrètes au tombeau de la Sœur Le Ber, et plusieurs personnes publient les guérisons, qu'elles attribuent à son crédit, auprès de Dieu. Tout le monde lui donne le nom de sainte. "

A suivre : Chapitre V. ÉLOGE FUNÈBRE DE LA SOEUR LE BER, PRONONCÉ LE JOUR DE SES FUNÉRAILLES, 5 OCTOBRE 1714.

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Message  Louis Mar 27 Nov 2012, 3:28 pm

LIVRE QUATRIEME


DÉVOTION ET CONFIANCE DE LA SŒUR LÉ BER ENVERS LA TRES-SAINTE VIERGE.
SON AFFECTION POUR LA CONGRÉGATION.
SA SAINTE MORT.


CHAPITRE V.



ÉLOGE FUNÈBRE DE LA SOEUR LE BER,
PRONONCÉ LE JOUR DE SES FUNÉRAILLES,
5 OCTOBRE 1714.


Nous ne saurions mieux terminer cette vie, qu'en rapportant, ici, l'éloge funèbre de la Sœur Le Ber, le même dont parle la mère Juchereau, prononcé par M. de Belmont, le jour des funérailles : rien n'étant plus propre à montrer la haute opinion de sainteté, qu'elle avait laissée dans tous les esprits. Cet éloge, prononcé en présence de tous les citoyens de Ville-Marie, et à la vue du corps même de la défunte, l'objet de la vénération générale, est une confirmation publique et solennelle, du dessein de la divine providence dans la vocation de la Sœur Le Ber ; et montre, comme nous l'avons indiqué dans l'introduction de cette vie, que DIEU a voulu renouveler dans cette sainte recluse, les vertus des anciens solitaires de l'Église des premiers temps ; pour offrir à toutes les conditions, surtout aux jeunes personnes, un modèle des plus sublimes vertus. Faisant donc allusion à ce motif de la sagesse divine, dans la vocation de la Sœur Le Ber, et aux services, de plus d'une sorte, qu'elle avait rendus à sa patrie, par ses puissantes intercessions auprès de DIEU : M. de Belmont ne craint pas de la comparer à Judith, en lui appliquant les paroles suivantes, qui servent de début à son exorde, et de texte à son discours.

" Tu honoriftcentia populi nostri.
" Vous êtes l'honneur de notre peuple.

" L'illustre Vierge, pour qui nous prions aujourd'hui, Mes Sœurs, je veux dire la Vénérable Sœur Jeanne Le Ber…

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Message  Louis Mer 28 Nov 2012, 7:03 am


ÉLOGE FUNÈBRE DE LA SOEUR LE BER,
PRONONCÉ LE JOUR DE SES FUNÉRAILLES,
5 OCTOBRE 1714.

(suite)

" L'illustre Vierge, pour qui nous prions aujourd'hui, Mes Sœurs, je veux dire la Vénérable Sœur Jeanne Le Ber, a trop bien mérité de sa patrie: elle a fait trop d'honneur à cette Église, à cette Cité, pour que nous puissions nous dispenser, de donner à sa mémoire des marques éclatantes de notre estime. Par ses exemples de vertus, elle a attiré tant de grâces célestes sur les âmes ; elle a touché si efficacement tant de vierges ici présentes, qu'elle a amenées au Roi des Vierges, et qui lui sont redevables de leur vocation ; par ses prières, elle a détourné tant de fois de dessus nos têtes les fléaux de la guerre et de la peste : que nous ne pourrions, sans ingratitude, nous abstenir d'accompagner son départ de ce monde, ou plutôt, sa triomphante sortie de cet exil, des témoignages de notre admiration.

" D'ailleurs, Messieurs, la vie toute extraordinaire de cette célèbre recluse, va donner à notre Ville un avantage, qui égalera ces derniers temps, aux premiers âges de l'Eglise ; et élèvera ce Nouveau-Monde de l'Amérique, par dessus l'ancien. Oui, je ne crains pas de le dire : à peine trouvera-t-on dans l'étendue de la Chrétienté de l'ancien monde, une fille qui ait eu le courage de renouveler, comme elle l'a fait, la vie sublime des anciens Anachorètes. Notre siècle est trop déchu pour offrir de tels exemples. Il faut remonter jusqu'à l'antiquité la plus reculée, pour trouver, surtout dans une fille, cette pratique parfaite de la vie érémitique.

" Passons sous silence, pour un moment, ses autres vertus, et arrêtons-nous à sa solitude sacrée, qui fait son caractère. Et, pour la comparer à celle des solitaires les plus remarquables, ne considérons pas, dans notre admirable Vierge, cette innocence parfaite ; cette blancheur immaculée ; cette dévotion si connue par ses œuvres, si inconnue dans la sublimité de sa contemplation ; cette charité si généreuse pour les pauvres. Oublions son amour pour la pauvreté, son humilité et ses autres vertus : sa solitude seule, peut la faire passer pour le prodige de notre temps, pour le phénix de son siècle, pour celle, enfin, à qui sans miracle, personne ne succédera.

" La vie solitaire a toujours passé, pour le plus haut degré de la sagesse chrétienne…

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Message  Louis Mer 28 Nov 2012, 2:33 pm


ÉLOGE FUNÈBRE DE LA SOEUR LE BER,
PRONONCÉ LE JOUR DE SES FUNÉRAILLES,
5 OCTOBRE 1714.

(suite)

" La vie solitaire a toujours passé, pour le plus haut degré de la sagesse chrétienne, et pour le triomphe de la grâce le plus illustre, parce que naturellement l'homme est fait pour vivre en société. Lisez les anciens écrivains de la Vie des Pères du désert : vous y verrez, que les uns comparent les Anachorètes à des Anges sublimes, qui sont continuellement devant le trône de DIEU ; les autres à Enoch et Elie, qui vivent dans une région éthérée, affranchis des nécessités de cette vie, et dans une perpétuelle contemplation ; d'autres, enfin, les ont comparés à ces astres du firmament, si éloignés et si élevés au-dessus de nous, que nous ne les connaissons que par leurs influences.

" Telle est donc la vie, que notre illustre Anachorète, a entrepris de renouveler.

" Mais, pour montrer plus clairement encore l'excellence de la sienne : comparons-la avec celle des Anachorètes anciens. Pénétrons dans l'épaisseur de leurs forêts, dans la solitude de leurs déserts : demandons-leur la cause de leur retraite. Ce sont des pénitents, autrefois grands pécheurs, qui viennent immoler à la justice divine, les restes d'une vie criminelle. Au lieu que notre heureuse Anachorète, n'apporta dans sa prison qu'un cœur innocent, un cœur vierge, encore revêtu de toute la blancheur, qu'il reçut dans les eaux du baptême. A la suite de l'agneau, elle entra dans ce jardin fermé, sa chère solitude : sans avoir jamais souillé la robe blanche, qu'elle avait lavée dans son sang divin. Elle apporta dans sa cellule, la couronne de l'innocence, tissue des lys éclatants de la virginité : lys jamais fanés, jamais flétris, ni par les ardeurs du siècle, ni par celles des passions. L'histoire nous montre peu de jeunes personnes vivant dans les solitudes : et si nous y voyons des Madeleine, des Marie d'Egypte : c'étaient des pécheresses. Ici, nous rencontrons une imitatrice de Madeleine, amante de JESUS : mais non de Madeleine pécheresse ; de Madeleine attachée aux pieds du SAUVEUR : mais non de Madeleine livrée à la dissipation du monde, de Madeleine courant les rues de la cité. Enfin, ce que l'antiquité a vu rarement, dans les hommes, aussi bien que dans les femmes : nous trouvons ici réunie la mortification avec l'innocence, la force avec la délicatesse d'un frêle tempérament.

" Mais passons à nos solitaires modernes, et comparons leur manière de vivre avec celle de notre illustre Anachorète…

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Message  Louis Jeu 29 Nov 2012, 6:22 am


ÉLOGE FUNÈBRE DE LA SOEUR LE BER,
PRONONCÉ LE JOUR DE SES FUNÉRAILLES,
5 OCTOBRE 1714.

(suite)

" Mais passons à nos solitaires modernes, et comparons leur manière de vivre avec celle de notre illustre Anachorète. Les Chartreux, les Trappistes, vivent, il est vrai, dans la solitude ; mais ils en sortent quelquefois, et prennent, dans l'exercice de la promenade ou dans celui du travail de la campagne, un agréable délassement ; ils se voyent tous les jours au chœur de leur Eglise. Et celle-ci, s'est renfermée, pour toute sa vie, dans un étroit espace, de dix ou douze pieds, où elle n'a rien voulu voir, pas même le ciel. L'histoire rapporte, le trait de ferveur d'un Solitaire, qui s'était enchaîné dans un fort petit espace ; mais outre que son Evêque le fit déchaîner, ce Solitaire pouvait voir le ciel ; et notre admirable Anachorète n'a voulu voir que les quatre murs de sa petite cellule : toujours ces mêmes murs, sans se lasser jamais. Oh ! qu'une telle persévérance est héroïque, pour la faiblesse humaine ! Qu'elle serait intolérable à une âme, qui n'aurait pas, comme celle-ci, la vue toujours fixée sur l'Eternité ! C'est que cette admirable Solitaire, dans l'attente de voir un jour JESUS-CHRIST, avait fermé les yeux à tout le reste, comme il est dit de Saint Jean-Baptiste, son patron et son modèle, et ne désira jamais que de voir JESUS-CHRIST seul.

" Les plus austères Solitaires parlent de DIEU aux hommes : mais vous, ô belle âme ! vous avez mis un frein à votre langue ; et vous vous en êtes comme interdit l'usage. Si vous en avez usé, ce n'a été, en quelque sorte, que pour vous humilier avec JESUS enfant, dans votre maison paternelle. Car, après ce premier âge, votre vie a été toute consacrée au silence ; elle a été une imitation de celle de Marie, qui conférait intérieurement avec DIEU ; et vos vingt dernières années, n'ont été qu'une expression de la mort et de la sépulture de JESUS-CHRIST. Ce silence perpétuel est, sans contredit, le caractère d'une femme forte, s'il en fut jamais. Où la trouverons-nous, se demandait le Sage ? Il faut, répond-il, la chercher au loin. Notre Cité, Messieurs, a produit ce trésor si précieux et si rare. Oui, la Vie seule de notre Anachorète a été un miracle continuel ; et ce miracle était réservé à notre Eglise naissante, et pour nos jours uniquement ; à moins que par un second miracle, elle ne suscitât une héritière pour lui succéder, Mais, hélas ! quelle apparence, de voir renaître un phénix, de ses cendres sacrées !

" Serait-il possible, pourtant, que cette vie incomparable, fût si élevée au-dessus de la portée de ce siècle, pour que nous ne puissions en retirer d'autre fruit, qu'une stérile admiration ? Non, non..

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Message  Louis Jeu 29 Nov 2012, 12:31 pm


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PRONONCÉ LE JOUR DE SES FUNÉRAILLES,
5 OCTOBRE 1714.

(suite)

" Serait-il possible, pourtant, que cette vie incomparable, fût si élevée au-dessus de la portée de ce siècle, pour que nous ne puissions en retirer d'autre fruit, qu'une stérile admiration ? Non, non : quelque soin qu'ait pris notre Solitaire, de vivre cachée, inconnue, morte au monde; de s'ensevelir toute vivante, pour se dérober à nos regards : elle n'a pu empêcher ses vertus de répandre l'éclat de leurs rayons, et de percer les ombres, dans lesquelles, elle s'était enveloppée. Pénétrons donc après sa mort, dans ces murs, confidents de sa sainte vie. Nous y découvrirons les vestiges des vertus les plus imitables, à tous les états : les remèdes et la victoire de tous les vices : sa dévotion au Très-Saint Sacrement : sa religion et son zèle pour la décoration des autels : son imitation fidèle de la vie de la Très-Sainte Vierge, renfermée dans le Temple, et dans le Saint des Saints : sa dévotion aux Saints Anges, et l'imitation de leur vie céleste, dans sa continuelle Oraison. Que n'y verrons-nous pas ? Quel amour pour la pauvreté, et pour les pauvres ; quelle humilité : quelle simplicité ! Pour; en être instruits, adressons-nous à JESUS lui-même dans le Très-Saint Sacrement, à la Très-Sainte Vierge, aux Saints Anges : car son humilité nous a dérobé la connaissance de toutes ces vertus.

" Nous savons, que, dans la disposition de son logement, elle avait voulu que le chevet de son lit, fût le plus près qu'il se pourrait du Très-Saint Sacrement ; et il n'en était en effet distant, que de quatre pouces. En sorte, que, toutes les nuits, elle jouissait du privilège, accordé au Disciple bien aimé, qui, la nuit de la passion, reposa sur la poitrine du SAUVEUR. Sans doute ce divin Maître, la tenant ainsi sur son cœur, ne manquait pas de lui dire, comme il a dit à Jacob : Cette terre, où tu reposes, sera un jour ta possession. Ici, Messieurs, donnons un libre cours à notre imagination : jamais elle ne pourra atteindre la vérité et la douceur de ce commerce sacré. Dites-nous, dites-nous, divin JESUS, caché dans le Très-Saint Sacrement, ce qui s'est passé entre Vous et votre épouse. Divin SAUVEUR, ne lui disiez-vous pas, à travers cette mince cloison, qui vous séparait d'elle, ces paroles du cantique : Ouvrez-moi, ma sœur, mon épouse, ouvrez-moi ? Combien de fois, se réveillant de son…

A suivre.

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Message  Louis Ven 30 Nov 2012, 7:43 am


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PRONONCÉ LE JOUR DE SES FUNÉRAILLES,
5 OCTOBRE 1714.

(suite)

" …Dites-nous, dites-nous, divin JESUS, caché dans le Très-Saint Sacrement, ce qui s'est passé entre Vous et votre épouse. Divin SAUVEUR, ne lui disiez-vous pas, à travers cette mince cloison, qui vous séparait d'elle, ces paroles du cantique : Ouvrez-moi, ma sœur, mon épouse, ouvrez-moi ? Combien de fois, se réveillant de son sommeil, ne s'est-elle pas dit à elle-même : Le voilà qui regarde à travers les treillis, derrière la muraille : je dors, mais mon cœur veille. O le saint, ô le doux pourparler ! Amour créé, feignis-tu jamais rien de semblable en douceur ? Mais n'est-ce pas ravaler ces vérités, que de faire ici une pareille comparaison ? Anges saints, n'est-ce pas ce dont vous avez été les heureux témoins ? N'est-ce pas ce qui a excité en vous une sainte jalousie? Et pourtant, que fais-je autre chose, par ces rapprochements de l'Écriture ; qu'affaiblir, ce qui sera révélé un jour avec éclat?

" Mais parlons de ce qui est indubitablement connu. Elle se levait toutes les nuits, comme on le pratique dans l'ordre de Saint François, et dans les instituts les plus austères, et faisait une heure d'oraison, à genoux, au pied de l'autel de l'Église qu'elle a fait bâtir. Dans le silence de la nuit: alors que tous les autres hommes étaient ensevelis dans le sommeil, et qu'ils restaient muets aux louanges divines : cette Vierge incomparable, comme une avocate dévouée, priait pour toute l'Eglise : comme une sentinelle vigilante, elle était debout pour sa patrie : suppléant ainsi à l'impuissance de ses concitoyens. Le froid si rude du Canada, qui assiégeait cruellement son corps, naturellement faible et délicat, étrangement desséché et amaigri par les pénitences, ne l'a jamais dispensée de cet exercice de charité et de religion, pendant vingt ans. Et c'est cette mortification, ô JESUS époux de sang ! qu'il vous a plu employer comme l'instrument du martyre de votre épouse. C'est dans son oraison de la nuit, qu'elle a reçu comme le coup de la mort. Vous avez vous-même immolé cette victime de louange aux pieds de vos autels. Pendant vingt ans, elle a brûlé devant votre tabernacle, comme une lampe ardente et brillante ; et vous-même avez éteint sur la terre cette lampe de son cœur: mais, c'est pour la rallumer dans le ciel, et la faire briller comme un astre, qui éclairât cette Église.

" C'est ici, qu'il faudrait rapporter les cruautés amoureuses qu'elle exerçait sur sa chair virginale…

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Message  Louis Ven 30 Nov 2012, 11:26 am


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5 OCTOBRE 1714.

(suite)
" C'est ici, qu'il faudrait rapporter les cruautés amoureuses qu'elle exerçait sur sa chair virginale. Mais qui nous révélera ces secrets ? Les murs de sa cellule, qui seuls en ont été témoins, ne peuvent nous les apprendre. Vous, ô Vierge sainte, modèle de toutes les saintes âmes, sans exception : puisqu'on ne peut être de ce nombre, qu'on ne soit conforme à l'image parfaite de JESUS-CHRIST, qui est vous-même : dites-nous, dites-nous, jusqu'où est allée la ressemblance, que la sœur Jeanne Le Ber, a eue avec vous. Pendant douze ans, vous avez été recluse dans le Temple, dans le Saint des Saints, privilège accordé à vous seule. Notre admirable recluse a passé les vingt dernières années de sa vie, dans une habitation faite sur le modèle de la chambre, que vous habitiez dans votre sainte maison de Lorette, appelée aujourd'hui la Sainte Camine, et s'est trouvée ainsi dans le voisinage immédiat de JESUS, le véritable Saint des Saints. C'est là, ô Vierge sainte, que votre fidèle disciple s'occupait, comme vous, à confectionner des robes et des vêtements à JESUS : je veux dire, des linges destinés à son corps adorable ; et des ornements pour parer ses autels. C'est là, à votre école, et sous vos yeux, ô aimable Maîtresse ! que cette Vierge votre novice, se fit une main si savante en broderie, que les beaux ouvrages, qu'elle nous a laissés, en ornements sacrés, charment également et les yeux et les cœurs. Ce sont vos enseignements, ô Vierge sainte ! qui lui ont appris à répandre sur les ornements, l'or et l'argent avec tant de goût, et des fleurs plus belles que celles de la nature ; à inspirer enfin, la dévotion et le zèle à tous ceux qui aiment la beauté de la maison de DIEU.

" Et vous, Esprits célestes, Anges saints, qui ne vîtes presque ni matière, ni chair dans cet ange de la terre : vous qui ne trouviez en elle, que des inclinations toutes semblables aux vôtres; et qui, à cause de cette similitude, l'honoriez de votre amitié, de votre assiduité, de votre familiarité ; dites-nous, quel trésor elle a acquis dans son saint commerce avec vous ? Le don d'Oraison sublime, cette divine sagesse, qui donne à l'âme, le goût, l'expérience et la conviction de cette vérité capitale, savoir :

Que DIEU est le grand tout ; que quiconque le possède a tout; et que, qui ne l'a pas, ne possède rien.

Qu'après DIEU, il n'y a rien de réel que les biens spirituels, le salut, l'Eternité.

Que rien ne nous est précieux, que notre âme, cette substance intelligente, immortelle, qui a DIEU pour père, et ne vient point de la chair.

Qu'enfin, rien n'obscurcit, n'avilit, ne dégrade autant l'âme, et ne l'afflige tant à la fin, que l'amour des plaisirs, des honneurs et des richesses, dont le propre est de la remplir d'idées, d'impressions, de goûts, de penchants, qui la corrompent dans la vie et la désolent à la mort.

" Voilà le fruit qu'elle a retiré de ses Oraisons ; je veux dire, de sa communication, et de son céleste commerce avec les Anges.

" Elle a donné de grands biens et est morte pauvre; ou plutôt, elle a transporté ses biens dans le ciel…


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Message  Louis Sam 01 Déc 2012, 7:00 am


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PRONONCÉ LE JOUR DE SES FUNÉRAILLES,
5 OCTOBRE 1714.

(suite)

"Elle a donné de grands biens et est morte pauvre; ou plutôt, elle a transporté ses biens dans le ciel. Quel autel n'a-t-elle pas orné ? Quelle paroisse n'a-t-elle pas enrichie de l'ouvrage de ses mains? Quelle assiduité au travail! Quel amour de la pauvreté ! Elle n'était chaussée que de souliers de paille, et n'était vêtue que de haillons, qu'on n'a pas jugés dignes de revêtir une morte. De là, cette profonde humilité, qui fit de la plus riche fille du Canada, la plus pauvre du monde ; et qui nous dérobe le pouvoir d'en dire davantage ; quand même, le peu d'espace qui s'est écoulé entre sa mort et le jour de son éloge funèbre, nous en eût donné le temps. O humilité qui a caché sous le boisseau tant de vertus sublimes ! O silence héroïque, qui a couvert et comme éteint, pour nous, tant de beaux sentiments ! que tu es digne de servir de modèle aux prédicateurs eux-mêmes, en qui, au dire de Saint Bernard, la vaine gloire, le respect humain, le désir de l'approbation et de l'applaudissement, sont comme la teigne de la sainteté.

"Mais vous, filles et femmes de Ville-Marie, sera-t-il dit…

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