Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

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Message  Louis Sam 03 Mar 2012, 6:46 am

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)
A la vigilance qui aura pour objet la tempérance et les vertus qui en dépendent, devra se joindre ensuite la vigilance qui aura pour objet les mouvements de la partie affective sensible et leurs manifestations dans l'ordre de la vertu de force et de ses dépendances. Bien que moins fréquentes et moins universelles ou impétueuses, ces manifestations jouent un grand rôle déjà dans la vie de l'enfant. L'enfant est, d'ordinaire, le contraire de la persévérance, de la constance. Il faudra veiller à la sauvegarde de ces vertus, à leur éclosion, à leur perfectionnement. Veiller aussi à développer les beaux germes de magnanimité et de magnificence, qui prépareront, pour plus tard, des âmes vraiment grandes, se portant comme d'elles-mêmes, à tout ce qui est grand, beau, magnifique, dans la pratique de la vertu.

Que dire du soin à préparer des âmes fortes, qu'aucun péril, aucun sacrifice, non pas même celui de la vie, si le bien commun demande ce sacrifice, ne découragera jamais ; et qui sauront, en cas de lutte extrême pour la défense de ce bien commun, tenir jusqu'au bout, faudrait-il continuer cet effort héroïque pendant des mois et des années? En toute vérité, ou serions-nous aujourd'hui, et qu'en serait-il de nous, si notre pays de France n'avait compté de ces âmes fortes par légions innombrables?

Former l'âme de l'enfant dans le sens de ces premières vertus de tempérance et de force, n'est encore qu'un acheminement, une préparation, ou si l'on le veut, un commencement, dans ce noble travail de sa formation morale et de son application à l'exercice, à la pratique de la vertu.

Une autre vertu s'impose encore…

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Message  Louis Sam 03 Mar 2012, 12:32 pm

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)
Une autre vertu s'impose encore, la plus grande, la plus noble, la plus essentielle, dans l'ordre de la vie humaine, à considérer cette vie du seul point de vue de la raison.
C'est la vertu de justice.

Il n'en est pas dont le nom soit plus universellement évoqué et proclamé parmi les êtres humains. Et c'est elle, en effet, qui rend possible d'abord et qui perfectionne ensuite, dans tous les ordres de leurs rapports entre eux, la vie de société parmi les humains. Sans la justice, aucune société humaine ne serait possible. L'homme serait à l'homme pire que la bêle sauvage la plus nuisible ; car, s'il est injuste, il a le triste privilège de mettre au service de son injustice toutes les ressources de sa raison dévoyée : peior est bestia.

Mais la justice, est-elle donc chose naturelle à l'homme et qui ne lui coûte aucun effort, ou qu'il pratiquera toujours de lui-même et comme nécessairement, si on le laisse à lui-même, — comme le prétend Rousseau ?

La justice a pour objet l'être ou le bien d'autrui, — à ne jamais léser, ou à rétablir dans son intégrité, si, de notre part, une atteinte quelconque y avait été portée indûment.

L'être et le bien d'autrui !...


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Message  Louis Dim 04 Mar 2012, 7:19 am

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)
L'être et le bien d'autrui ! Ah ! si nous n'étions pas avec lui en contact de tous les jours et de tous les instants ; ou si son bien était aussi le nôtre : rien ne serait plus facile que d'en assurer le respect et la sauvegarde. — Mais, dans ce contact de tous les jours, de tous les instants, et quand il s'agit des biens de ce monde, des biens sensibles ou temporels, dont la nature est de ne pouvoir être possédés par l'un qu'à la condition que les autres en seront exclus, ces biens, que notre vie humaine, pour son épanouissement parfait, demande en quelque sorte et exige; — comment justifier, parmi les hommes, le fait de leur distribution si inégale? comment assurer le respect de cette distribution? — Que! sens de la justice ne faudra-t-il pas, dans l'être humain, quel qu'il soit, pour que la répartition soit faite équitablement quand il faut qu'elle se fasse, et pour la maintenir, la sauvegarder quand elle existe?

Justice commutative ; justice distributive; justice légale ou générale, n'ayant en vue que le bien commun et l'intérêt général. Quel champ d'action pour la pratique de la vertu; et que ne faudra-t-il pas de vigilance ou de maîtrise en ceux qui doivent y préparer, y habituer en toutes choses l'âme de l'enfant, de l'adolescent, du jeune homme, de l'être humain?

Pourtant, ce n'est pas tout!...

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Message  Louis Dim 04 Mar 2012, 11:52 am

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)
Pourtant, ce n'est pas tout! Cette vertu de justice n'est que la justice au sens strict, qui acquitte en toute rigueur une raison de dette rigoureuse.

La perfection des rapports des hommes entre eux demande qu'on aille à acquitter ce que l'on pourrait appeler les dettes de pure honnêteté sociale. Pour être moins rigoureusement dues, elles n'en sont pas moins dignes de louange. Et ici viennent les admirables vertus de gratitude, de vérité, d'amitié, de générosité ou de libéralité, d'une importance qu'on ne saurait assez reconnaître dans la formation morale de l'individu humain.

Un autre aspect, plus important encore, est celui des dépendances de la vertu de justice, où la dette est trop grande pour qu'elle puisse être jamais acquittée. Ces autres vertus sont commandées par le respect et les égards que motive toute raison d'excellence parmi les hommes : dignité, fonction, vertu, talent, situation, fortune, naissance. Et on a la vertu d'observance, directement opposée aux sottes prétentions et aux basses jalousies du nivellement démocratique.

Le respect dû à l'autorité constituée amène le service tou¬jours si noble d'une obéissance qui sait voir Dieu en tout supérieur légitime.

Pour reconnaître le bienfait de la vie, de l'éducation, de l'instruction, de la société humaine, se présente la vertu de piété qui réunit dans un même culte la patrie et les parents : vertu si belle qu'elle touche déjà même par son nom à la vertu divine de la religion. C'est, en effet, par la religion, que l'homme rend à Dieu, auteur de toutes choses, ce qui lui est dû en raison de son excellence et de ce que nous tenons de Lui. Par elle, l'homme atteint au plus haut sommet de sa vie morale, dans l'ordre naturel. Et, au cours de la vie présente, ce sommet constitue sa perfection dernière. C'est là, pour lui, présentement, l'acte de sagesse et de contemplation qui lui permet de réaliser sa fin en ce qu'elle a de plus excellent.

Dès lors, ne faudra-t-il pas qu'au premier moment où l'âme de l'enfant s'éveille, on lui parle de Dieu, de son père et de sa mère, de sa patrie, de ses semblables : même à ne considérer que le seul point de vue de l'éducation, sans considérer encore ce qui sera sa formation intellectuelle? Faudra-t-il attendre qu'il les découvre, par sa seule raison, alors que son égoïsme renfermé le portera à ne plus voir en eux que des ennemis, des trouble-fêtes, des gêneurs qui l'empêchent de jouir au gré de ses passions?

Le seul énoncé du programme de vie morale…


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Message  Louis Lun 05 Mar 2012, 7:14 am

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)

Le seul énoncé du programme de vie morale qui doit être celui de tout individu humain, et qu'il doit commencer à réaliser, selon le degré de perfection qui sera possible pour lui, dès le premier instant de son éveil moral, n'est-il pas la condamnation absolue du système d'éducation négative inauguré par Rousseau ?

Pense-t-on qu'il y aura toujours trop de secours pour l'enfant à l'effet de l'amener à ordonner sa vie selon que le demande la dignité royale de sa nature?

N'est-il pas manifeste que l'éducation la plus attentive et la plus prévenante ne sera jamais trop à recommander et à promouvoir, surtout de la part des parents, chargés par la nature elle-même, nous le dirons bientôt, de former, dans le sens de la perfection morale, l'âme de leur enfant?

Nous trouvons, dans la plus belle page de notre histoire, un magnifique exemple de ce que doit être, même au degré le plus infime de la hiérarchie sociale, le rôle et la méthode de la vraie éducation. Aux juges qui l'interrogeaient, Jeanne d'Arc, humble fille des champs, répondait qu'elle ne savait ni A ni B, ce qui revenait à affirmer qu'elle n'avait reçu aucune formation littéraire. Mais, dans l'ordre de l'éducation morale, elle savait quelque chose ! Et ce qu'elle savait, elle disait l'avoir appris de sa mère. C'était le Pater, l'Ave et le Credo. Il n'en avait point fallu davantage pour faire de cette enfant l'héroïne de pureté, de loyauté, de générosité, d'amour de ses semblables, de ses parents, de sa Patrie, de Dieu, qui laisse dans une sorte de stupeur toute raison humaine amenée à contempler le spectacle de sa vie.

A suivre : IV. LA CULTURE

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Message  Louis Lun 05 Mar 2012, 1:56 pm

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

IV. LA CULTURE
La formation morale de l'individu humain est ordonnée à le mettre à même de produire l'acte de sagesse ou de contemplation qui doit constituer sa fin dernière ; à tout le moins, elle a pour but d'écarter les obstacles qui empêcheraient cet acte. Mais en marquant, à grands traits, dans notre dernière étude, les cadres essentiels de cette formation morale, ou l'économie des vertus qui en sont l'objet, nous avons vu que cette économie avait pour couronnement — dans l'ordre de la philosophie — cet acte même de la sagesse. Dès son premier acte conscient, l'individu humain est tenu de le faire, sous peine de manquer à son devoir le plus sacré. Toutefois, il n'est tenu de le faire que sous la forme ou avec le degré de perfection dont il est capable dans les conditions qui sont les siennes, quand il arrive ainsi à l'éveil du sens moral.

Cet acte de la sagesse, impliquant l'hommage rendu à la Cause suprême de tout ce qui est, devra se continuer durant tout le cours de la vie de l'individu humain. Et si le mode initial, quelque imparfait qu'il soit, peut suffire quand les conditions de l'individu humain ne lui permettent pas de le réaliser d'une manière plus parfaite, l'ordre demande qu'à mesure que ces conditions de l'individu humain pourront se perfectionner, son acte de sagesse devienne aussi de plus en plus parfait. — C'est, nous aurons à le dire, par toutes les ressources de la société et de la culture, que ces conditions de l'individu humain, et, par suite, son acte de sagesse, pourront se perfectionner. Là viendra le rôle, essentiel entre tous, de la formation intellectuelle, ou des sciences et des arts, dans le perfectionnement de l'être humain.

Mais, avant de considérer ce grand sujet en lui-même…

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Message  Louis Mar 06 Mar 2012, 7:59 am

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IV. LA CULTURE (suite)
Mais, avant de considérer ce grand sujet en lui-même, une question se pose à nous, qui doit compléter ce que nous avons dit jusqu'ici et préparer ou justifier tout ce que nous aurons à dire dans la suite de notre étude morale.

Nous avons parlé de la fin dernière de l'être humain. Nous avons dit qu'elle consistait dans l'acte de sagesse. Et pour préparer ou faciliter cet acte, nous en avons appelé à toute l'économie des vertus morales, ayant du reste, elle-même, à son sommet cet acte de la sagesse que nous disons être la perfection dernière de l'individu humain.

Mais alors, si nous supposons un individu humain qui produise cet acte au premier moment de son éveil moral; et nous avons dit qu'il faut que tous le produisent, dans la mesure où ils le peuvent; — si nous supposons que l'individu humain continue, durant tout le cours de sa vie, à réaliser cet acte comme ses conditions de vie le lui permettent; — et il faut que tout être humain en agisse ainsi, — dirons-nous de ces individus humains qu'ils ont atteint leur fin dernière, leur perfection suprême, leur bonheur? Ils auront, il est vrai, et, nous le supposons, à chaque instant de leur vie, en toutes choses, selon qu'ils le devaient ou qu'il leur était possible, pratiqué la vertu, réalisé, dans la perfection qui pouvait être la leur, toute cette merveilleuse économie des vertus morales que nous retracions, la dernière fois, à la lumière de la seule raison. Mais, pouvons-nous, devons-nous dire qu'ils ont atteint leur fin suprême?

Il le semblerait; et nombreux sont les moralistes qui l'affirment. Ils se donnent même comme les moralistes les plus parfaits. Ce sont les moralistes de la vertu, par opposition aux moralistes de l'intérêt, ou du plaisir, et du bonheur.

Quelle sera, ici, la réponse de la raison?...

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Message  Louis Mar 06 Mar 2012, 12:40 pm

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

IV. LA CULTURE (suite)

Si nous voulions n'écouter que son représentant le plus attitré, Aristote, la réponse de la raison ne laisserait pas que d'être malaisée. Un mot, cependant, a été dit par lui, qui peut nous mettre sur le chemin de la vraie solution, bien que cette solution n'ait pas été expressément formulée par le philosophe grec.

Aristote a dit, quelque part, que la félicité ou le bonheur était la récompense de la vertu.

Cette parole peut s'entendre dans un double sens. Elle peut signifier que l'homme vertueux trouve son bonheur dans la pratique même de la vertu; et que ce bonheur est sa récompense. Et la parole ainsi entendue a un sens très vrai. Si les moralistes de la vertu ne veulent dire que cela, leur morale est digne d'éloges. Nous la ferons nôtre entièrement. Mais la parole d'Aristote pourrait être prise en ce sens que la vertu est à elle-même toute sa récompense, toute sa félicité; et que l'homme vertueux le sera d'autant plus qu'il n'attendra rien en dehors de sa vertu.

Encore est-il que, même prise en ce sens, elle peut avoir une double signification : elle peut signifier que sur cette terre, ou dans la vie telle que nous la menons maintenant, le bonheur parfait de l'homme consiste dans la vertu; ou que, d'une façon absolue, la pratique de la vertu est la fin dernière de l'homme, sa perfection suprême et définitive.

Entendue dans ce dernier sens, qui semble bien être celui des purs parmi les moralistes de la vertu, la proposition est absolument insoutenable; elle est un défi à la saine raison. Il s'ensuivrait, en effet, que le devoir, pour l'homme, serait le dernier mot de tout; et que tout serait dit, pour lui, quand il aurait fait ce qu'il doit faire, au sens moral de ces mots. Il s'ensuivrait, dès lors, ou bien qu'en accomplissant son devoir il ne mériterait pas, ni ne démériterait en ne l'accomplissant pas; ou bien qu'il serait indifférent, en morale, que le mérite ait sa récompense et que le démérite ait son châtiment. Dans le premier cas, c'est la destruction même de la moralité de l'acte humain ; et, dans le second cas, c'est la destruction de la moralité dans l'ordre des choses ou dans l'univers, c'est-à-dire en Dieu, principe de cet univers.

Il est essentiel à l'agent moral humain de mériter ou de démériter, s'il n'a pas la somme de biens qui sont requis pour la perfection pure et simple ou absolue (et non pas seulement morale) de sa nature. Et il est essentiel à l'agent moral souverain de récompenser le mérite et de punir le démérite.

D'autre part…

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Message  Louis Mer 07 Mar 2012, 6:42 am

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IV. LA CULTURE (suite)
D'autre part, nous voyons que l'agent moral humain ne trouve pas, dans cette vie, la récompense de sa vertu, au sens que nous venons de dire. Il ne trouve pas ici le bonheur parfait ou la perfection pure et simple de sa nature : toutes sortes de misères l'accompagnent, qui ont leur couronnement dans la mort, la plus grande de toutes, puisque, à parler des biens de cette vie, elle les enlève tous avec la vie elle-même. Et l'homme non vertueux ne reçoit pas, non plus, selon ses démérites : car souvent c'est à lui que semblent aller de préférence les biens de ce monde ou de la vie présente.

Dès lors, la question très nette se pose, que la raison elle-même doit pouvoir, en un sens, résoudre : ne faut-il pas, de toute nécessité, qu'il y ait une autre vie, un autre monde, un état d'avenir de l'être humain, dans son âme et dans son corps, où l'être humain trouvera sa perfection dernière, suprême, définitive; son bonheur au sens pur et simple de ce mot?

Oui, assurément, il le faut! Même du seul point de vue de la raison, et à ne parler que dans la ligne de la fin naturelle de l'être humain, il faut que cela soit ! Si cela n'était pas, la vertu ne serait qu'un vain mot. Et nous n'aurions pas le droit de parler de morale parmi les humains. C'en serait fait de tout.

Il faut que cela soit !...

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Message  Louis Mer 07 Mar 2012, 12:24 pm

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IV. LA CULTURE (suite)
Il faut que cela soit ! Mais, soit pour justifier cette conclusion souveraine ; soit pour entrevoir ce que pourrait être cet avenir; soit pour préciser et connaître, selon qu'il est possible ici-bas, l'ordre des choses qui commande tout; et, par suite, pour pouvoir établir une morale; pour que ceux qui doivent former l'enfant ou l'individu humain à son début, ou dans ses états d'imperfection, le puissent; pour qu'ils puissent être à même de perfectionner cet individu humain, à mesure qu'il se développera et qu'il devra se justifier à lui-même la règle de son agir moral; pour que l'être humain puisse vraiment agir en fonction de sa fin comme il le doit : de quelle lumière ne faudra-t-il pas que soit éclairé le genre humain? Quelle ne devra pas être la perfection de sa science, au sens le plus haut, le plus compréhensif, le plus profond et le plus étendu de ce mot?

Encore est-il qu'ici même un principe souverain commandera tout dans la recherche de la science ou de la transmission de cette science parmi les êtres humains.

Et ce principe est toujours le même, celui que nous avons fixé dès notre premier pas dans l'étude de l'agir moral humain ; — savoir que tout doit se faire, dans cet agir moral humain, en fonction de la fin dernière et suprême de l'individu humain, en fonction de cet acte de sagesse, qui nous est apparu, dès le début de notre étude, comme la fin dernière et suprême que nous disons, et dont nous venons, tout à l'heure encore, de préciser les conditions essentielles.

La science! Les sciences! Les lettres, les arts, tout ce qui constitue l'objet de la culture ou de la formation intellectuelle parmi les êtres humains, tout cela doit avoir sa raison, une raison qui le motive, qui le justifie, qui le légitime, qui l'exige, qui le règle aussi et le gouverne.

Et n'allons pas croire que de rechercher cette raison et de la faire briller devant le regard de nos intelligences soit chose superflue et vaine.

J'allais dire que rien n'est plus utile en ce moment…

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Message  Louis Jeu 08 Mar 2012, 7:04 am

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IV. LA CULTURE (suite)
J'allais dire que rien n'est plus utile en ce moment ou à notre époque et depuis cet avènement des temps nouveaux dont nous avons déjà parlé, et que d'aucuns voudraient saluer du nom même de messianiques, au sens purement laïque et profane qu'ils donnent à ce mot.

C'est qu'en effet, nous nous trouvons ici en présence d'un double excès ou d'une double erreur qui portent des fruits également pernicieux.

D'aucuns voudraient exclure du genre humain, et de la for¬mation qui doit le perfectionner, toute culture intellectuelle et artistique. D'autres, au contraire, voudraient assigner comme une fin pour elle-même, cette culture intellectuelle et artistique, de telle sorte que, sans réserve aucune et sans contrôle, devrait être tenu pour excellent et parfait, parmi les hommes, tout ce qui est un développement quelconque de leur bien-être, à quelque titre et sous quelque forme que cela soit, par mode de culture scientifique, littéraire, artistique.

Aussi bien est-ce l'excès de cette dernière affirmation qui semble avoir amené, de façon d'ailleurs déraisonnable et insensée, l'excès plus insoutenable encore de l'affirmation contraire.

Ceux d'entre nous qui ont lu le Discours de J.-J. Rousseau sur les sciences et les arts, peuvent déjà entrevoir toute la portée de la réflexion que je précise.

Assurément, l'auteur de ce Discours…

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Message  Louis Jeu 08 Mar 2012, 12:12 pm

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IV. LA CULTURE (suite)
Assurément, l'auteur de ce Discours vise à faire briller, devant ceux qui l'entendent, sa virtuosité de rhéteur. Il joue au paradoxe. Il s'applique à rendre la culture littéraire, scientifique, artistique, responsable de tous les maux de la société. Il oppose à cette culture corruptrice la vertu de l'homme inculte, laissé à sa droiture naturelle. Pour lui, toute science devient ennemie de la vertu. L'homme sera d'autant plus vertueux qu'il sera moins cultivé, moins policé par les raffinements de ce qu'on appelle la civilisation. Et à l'entendre, à le lire, on pourrait croire, en effet, qu'il rejette toute formation intellectuelle en vue de perfectionner l'individu humain.

Mais, ici, comme pour l'éducation, ce serait dénaturer sa pensée. Il veut bien une certaine formation intellectuelle; mais, comme il n'a que des vues imparfaites, ou même fausses, sur les premiers principes qui commandent l'agir moral humain, il est incapable de fixer une règle sage, qui soit de nature à conserver le bien et à le promouvoir, en rejetant ce qui, dans l'ordre de la culture, serait, en effet, un abus déplorable et nuisible.

Où donc trouver cette règle, ou plutôt ce principe qui justifiera, au plus haut point, la formation intellectuelle, dans la discipline essentielle à l'être humain, enfant ou adulte et homme fait, et qui permettra, en même temps, de séparer le juste ou l'utile et l'harmonieux, de ce qui peut devenir si facilement, en pareille matière, l'abus qui déforme ou qui ruine et qui détruit?

Le principe et la règle, mais c'est toujours la perfection de l'être humain à promouvoir ; et, parce qu'il y a, dans cet être ou individu humain, diversité de parties à perfectionner, ou diversité de degrés dans sa perfection, c'est dans la sauvegarde ou la promotion de ce qui est pour lui la perfection suprême et dernière, qu'il faudra chercher le principe qui justifiera et commandera, en le réglant, tout ce qui a trait à sa formation intellectuelle.

L'intelligence de l'homme est ce qu'il y a de plus élevé chez lui…


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Message  Louis Ven 09 Mar 2012, 5:44 am

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IV. LA CULTURE (suite)
L'intelligence de l'homme est ce qu'il y a de plus élevé chez lui; c'est la partie la plus haute, la plus excellente de sa nature. C'est elle qui le spécifie et le distingue de tous les êtres inférieurs. Il s'ensuit que tout ce qui est ordonné à parfaire ou à perfectionner son intelligence est de soi chose bonne, chose excellente et à promouvoir souverainement, quand il s'agit de l'homme.

Encore est-il que, dans l'intelligence elle-même, il y a comme une hiérarchie de perfections possibles et devant être réalisées selon que cette hiérarchie le demande. Des perfections, même d'ordre intellectuel, qui sont possibles pour l'homme, les unes portent sur la vérité à connaître pour se reposer dans cette connaissance de la vérité; les autres, sur une certaine vérité à réaliser, si l'on peut ainsi s'exprimer, par l'homme lui-même. Et, de ce dernier chef, on a encore deux sortes de perfections : l'une, portant sur la vérité à réaliser dans l'agir moral humain ; l'autre, sur la vérité à réaliser dans l'œuvre d'art, que l'homme a la faculté de produire au dehors ou distinctement de son agir moral comme tel, d'ordre essentiellement intérieur et affectif ou volontaire.

La première de ces deux perfections intellectuelles s'appelle la prudence; et, bien que d'ordre intellectuel, elle se range cependant au nombre des vertus morales : elle en est même la partie la plus excellente, celle qui donne aux autres, dans chacun de leurs actes respectifs, la raison de vertu. Nous n'avons pas à nous occuper de cette perfection, quand nous traitons de la formation intellectuelle de l'être humain ; elle se rattache plutôt à sa formation morale, dont nous avons déjà parlé.

L'autre perfection s'appellera, dans le langage philosophique aristotélicien et thomiste, l'art. Il est destiné à jouer un rôle de toute première importance dans la formation de l'être humain. D'autre part, comme c'est une perfection subalterne dans l'ordre des perfections intellectuelles de l'être humain, c'est surtout à son sujet qu'il faudra se préoccuper de fixer des règles qui maintiennent l'art en harmonie avec les perfections supérieures qui commandent tout dans l'homme. Dans la mesure où l'art, qu'il s'agisse de l'art au sens mécanique de ce mot, ou de l'art au sens plutôt libéral et artistique, dans la mesure où il servira les perfections supérieures, intellectuelles ou morales, il sera chose louable; — dans la mesure où il les compromettrait, ce serait chose mauvaise.

Pareillement, pour la science


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Message  Louis Sam 10 Mar 2012, 6:54 am

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IV. LA CULTURE (suite)
Pareillement, pour la science, au sens plutôt expérimental, ou les sciences. Leur bonté ou leur malice sera en raison directe de leur utilité ou de leur nocivité — (mais il s'agit plutôt de leur usage, ou des savants, que des sciences elles-mêmes) — par rapport à la sagesse, ou à la philosophie.

Et c'est cette science suprême, qui devra tout commander : ce qui la facilite et la perfectionne devra être promu avec le plus grand soin parmi les hommes ; ce qui la compromettrait ou la ruinerait devra être écarté impitoyablement. La culture littéraire, artistique, scientifique de l'individu humain sera excellente dans la mesure où tout cela harmonisera sa vie en fonction d'un épanouissement plus parfait de la vie de contemplation et de sagesse. Dans cette mesure-là, on ne saurait trop promouvoir une telle culture. Bien loin d'être chose mauvaise pour son développement et sa perfection, comme semblait le supposer J.-J. Rousseau, elle contribuera, par mode d'achèvement exquis et souverainement désirable, à embellir et à rendre plus excellemment humain le côté le plus haut et le plus parfait de la vie de l'homme.
A suivre : V. LES DEGRÉS DE CULTURE

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Message  Louis Sam 10 Mar 2012, 6:55 am

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE

La formation intellectuelle de l'être humain, considérée en elle-même et selon qu'elle se distingue de la formation morale comme telle, a, dans la nature même de cet être humain, une raison souveraine qui la justifie, qui l'exige même, et qui, tout ensemble, fournit le principe ou la règle qui doit tout diriger dans cette formation intellectuelle.

L'homme, portant au sommet de son être la faculté royale de l'intelligence ou de la raison, est tenu, par-dessus tout, de pourvoir au bien de cette faculté. D'autre part, cette faculté a pour objet propre la vérité. Il s'ensuit que l'être humain, l'individu humain a pour bien suprême la vérité! C'est à connaître la vérité que consiste pour lui le souverain bien.

Mais cette connaissance de la vérité qui constitue pour l'homme le souverain bien peut se produire à des degrés ou selon des états et des modes fort divers, même à ne parler de l'être humain que selon l'ordre naturel.

Il est un mode ou un degré de connaissance de la vérité, pour l'homme…

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Message  Louis Sam 10 Mar 2012, 12:02 pm

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE (suite)
Il est un mode ou un degré de connaissance de la vérité, pour l'homme, qui, en fait, n'existe point pour lui dans son état actuel. C'est celui qui se présente avec une perfection telle, que, d'une part, il exclurait toute possibilité d'erreur et toute ignorance, impliquant, au contraire, la connaissance parfaite de toute vérité dans l'ordre naturel; et, en même temps que l'intelligence posséderait ainsi toute vérité, toutes les autres facultés qui sont dans l'homme auraient, chacune dans son ordre, la perfection qui doit lui revenir, en harmonie avec cette perfection de la faculté souveraine; le corps lui-même répondrait de tout point à cette même perfection, dans un état de vie où l'homme n'aurait plus rien à acquérir, mais n'aurait plus qu'à jouir, dans une paix inaltérable et à tout jamais, d'un bonheur que rien ne saurait ni troubler, ni interrompre, ni ruiner. C'est l'état de félicité naturelle, au sens plein et parfait et définitif de ce mot. Il est manifeste que dans cet état la perfection intellectuelle de l'être humain ou son état de culture est tout ce qu'il y a de plus excellent dans l'ordre de sa perfection naturelle.

Cet état, nous l'avons dit, n'est point l'état actuel de l'être humain. Mais la seule raison nous dit qu'à tout le moins cet état sera un jour celui de l'être ou de l'individu humain. C'est même cet état que la saine raison proclame la fin dernière de l'individu humain, sa perfection suprême, son bonheur, sa félicité. C'est pour cet état qu'il est fait — à tout le moins ; et c'est en vue de l'acquisition de cet état que l'individu humain, agissant comme tel ou comme agent moral responsable, doit faire tout ce qu'il fait. S'il agit de façon à compromettre ou à ruiner cet état, il agit mal moralement; s'il agit de façon à l'assurer, il agit bien.

Encore est-il qu'il peut agir de façon à l'assurer, de deux manières : l'une, vague, confuse, sans se rendre bien compte de la réalité de cet état et de ce qu'il implique; ou d'une manière de plus en plus consciente de cet état. La première manière peut suffire à l'individu humain au début de sa vie consciente ou de sa vie morale; mais, pour faciliter son action morale, même sous cette forme initiale, surtout pour perfectionner cette action et la rendre chaque jour plus consciente, — il faut que l'intelligence humaine, au moins dans la personne de quelques-uns de ses représentants destinés à perfectionner les autres, se trouve, même dans l'état actuel, avec un degré de perfection ou de culture qui réponde à une telle fin.

De là…

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Message  Louis Dim 11 Mar 2012, 6:16 am

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE (suite)
De là une raison souveraine de promotion de culture ou de perfection pour l'intelligence humaine, même dans l'état actuel, qui doit primer, en dignité, en excellence, en estime, de la part de tous, toute autre perfection parmi les hommes.

Cette culture ne pourra pas être la même pour tous les individus humains. Tous n'auront pas les mêmes aptitudes, ou les mêmes dispositions, ou les mêmes goûts, ou les mêmes facilités, pour se perfectionner également dans cet ordre. Comme l'individu humain n'est pas fait pour vivre isolé, qu'aucun n'est à même de se suffire pleinement à lui seul, puisqu'à son début il n'a rien et que s'il était seul il cesserait de vivre à peine venu à la vie, — c'est par la variété même de leurs aptitudes, de leurs goûts, de leurs fonctions, de leur état de vie, de leurs dispositions et de leur culture, qu'ils coopéreront tous, à mesure de leur perfectionnement individuel, au perfectionnement de chacun.

De là une variété en quelque sorte infinie dans la culture des individus humains. Si la formation morale, dans ses lignes essentielles, doit être la même pour tous, la formation de culture doit au contraire se diversifier selon chaque individu, ou, à tout le moins, selon des catégories très multiples.

— Tels êtres humains vaqueront toute leur vie aux travaux purement mécaniques ou manuels; et, dans l'ordre même de ces travaux manuels ou mécaniques, les variétés et les diversités se multiplieront à l'indéfini.

— Tels autres vaqueront plus spécialement aux travaux de l'esprit. Mais, ici encore, quelle variété, quelle diversité! Les uns consumeront leur vie dans la recherche purement scientifique; les autres appliqueront toutes les ressources de leur esprit à utiliser, pour le bien-être matériel de la vie, les découvertes de la science. D'autres, plus attirés du côté des formes et des conditions extérieures de la vie de société parmi les hommes, se sentiront portés à tout ce qui peut accroître et parfaire l'agrément do cette vie de société. De là le culte intensif des beaux arts, des belles lettres.

— Enfin, il s’en…

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Message  Louis Dim 11 Mar 2012, 12:15 pm

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE (suite)
— Enfin, il s'en trouvera que captivera l'étude de la sagesse, c'est-à-dire de la plus haute et de la plus parfaite de toutes les sciences.

Lors donc qu'il est question de culture ou formation qui n'est pas strictement ou proprement morale, mais d'ordre plutôt intellectuel, ou manuel, ou littéraire, ou artistique, pour l'être humain, s'il est vrai que cette culture est chose essentielle dans l'ordre pur et simple de l'individu humain, il est vrai aussi que la nature de l'être humain pris dans sa généralité ou son universalité demande qu'on ne réalise point cette culture d'une façon uniforme ou identique pour tous les êtres humains, mais qu'au contraire elle se diversifie ou se gradue en quelque sorte à l'infini.

Mais, quand il s'agira, en pratique, de travailler à la culture ou à la formation de tel être humain en particulier, — et c'est de cela qu'il s'agira, chaque fois qu'il faudra s'appliquer à réaliser cette culture, — où trouver la norme directrice; la règle sûre, le critérium infaillible qui permettra de vaquer à cette culture comme il convient ?

Nous verrons prochainement à qui il peut incomber de veiller à cette culture. Pour le moment, nous essayons de formuler le principe ou la règle d'or qui devra diriger tous ceux, quels qu'ils soient, qui auront à s'en occuper.

Cette règle, mais elle ressort de cela même que nous venons de préciser…

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Message  Louis Lun 12 Mar 2012, 6:59 am

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE (suite)
Cette règle, mais elle ressort de cela même que nous venons de préciser. Puisque la culture doit être diverse en raison de la diversité des besoins ou de la diversité des aptitudes et des goûts, parmi les hommes destinés à vivre en société et s'aider mutuellement les uns les autres pour atteindre, chacun, la plus grande somme de perfection dont il est capable, il faudra donc qu'au moment d'entreprendre la culture d'un être humain quelconque, on se préoccupe, avant tout, de ses conditions ou de ses possibilités de vie, si l'on peut ainsi s'exprimer — du point de vue individuel, familial ou social; — et puis, de ses aptitudes, de ses goûts, de ses aspirations.

L'harmonie de ces conditions et de ces dispositions constituera cela même que nous appellerons d'un nom souvent usité, mais non toujours parfaitement compris, et qui est cependant d'une vérité absolue — la vocation !

La vocation! voilà le secret de tout dans la grande question de la formation parfaite de l'individu humain….


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Message  Louis Lun 12 Mar 2012, 12:44 pm

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE (suite)
La vocation! voilà le secret de tout dans la grande question de la formation parfaite de l'individu humain.

Tout être humain a sa vocation, sa vocation à lui, personnelle, individuelle. Si lui-même et, avant lui, tous ceux à qui il peut incomber de s'occuper de lui pour l'amener à sa perfection, savent découvrir cette vocation, s'ils savent y correspondre, s'ils la font aboutir selon qu'il convient, la perfection de chaque être humain en particulier, et, par suite, la perfection de tous les êtres humains dans leur ensemble sera idéale, aussi complète qu'il est possible d'y aspirer.

Au contraire, si l'on se trompe sur la vocation d'un être humain, si on l'engage sur une voie qui n'est point la sienne, — outre que sa vie à lui sera une vie tronquée, heurtée, troublée, malheureuse à des degrés divers, selon la nature et l'étendue de l'erreur, la vie même des autres, de tous dans le genre humain, par une répercussion plus ou moins lointaine et profonde, s'en ressentira; et c'est par là qu'il faudra expliquer ensuite tant de malaises, de misères, de désordres, de ruines de toutes sortes, dans les familles et dans les cités.

Quand nous parlons de vocation, pour chaque être humain, de vocation à découvrir, à reconnaître, à favoriser ou à suivre, c'est bien d'une vraie vocation qu'il s'agit; c'est-à-dire d'un appel, d'un appel de Dieu ou de la Providence.

Même dans l'ordre naturel et du seul point de vue de la raison…

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Message  Louis Mar 13 Mar 2012, 6:07 am

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE (suite)
Même dans l'ordre naturel et du seul point de vue de la raison, en stricte philosophie, sans qu'il soit besoin d'en appeler à une révélation d'ordre surnaturel, nous devons confesser que l'Auteur de toutes choses, parce qu'il est l'Auteur de toutes choses, et un Auteur agissant par son intelligence et sa volonté libre, — a établi de toute éternité le plan de l'œuvre qu'il devait réaliser au dehors. Il n'est pas un seul être, ni une modalité d'être quelconque, existant dans cette œuvre, qui n'ait été ainsi prévue, préordonnée de toute éternité par Dieu. Combien plus faudra-t-il dire qu'il en est ainsi de tout être humain, en lui-même et dans le cours de sa vie ! C'est par la distribution de ces rôles divers que doit être assuré l'ordre de l'ensemble. — De là ces diversités de conditions et de goûts et d'aptitudes semées par la Providence comme autant de germes pour amener le bien ou la perfection du genre humain.

Pour connaître ce dessein de la Providence, il n'est pas d'autre moyen, — dans le cours normal ou naturel des choses, — que d'étudier les natures elles-mêmes des divers êtres avec toutes les modalités qui les affectent. C'est en les étudiant et en les découvrant, selon que la raison humaine s'exerçant avec prudence pourra le faire, que l'on reconnaîtra la vocation de chaque individu. Une fois cette vocation reconnue, il faudra s'y conformer.

Toutes les vocations — nous dirions, maintenant, toutes les professions — que la vertu approuve doivent être louées, encouragées, favorisées, chacune à sa place. Chacune d'elles, nous l'avons dit, a son utilité, sa nécessité même, en un sens; et aussi sa grandeur, sa beauté, sa noblesse. Elles sont voulues de Dieu. Et c'est dans la mesure où chaque être humain réalise la sienne, telle que Dieu l'a voulue, que le genre humain tout entier aboutit à la perfection qui doit briller en lui.

La vie de chaque être humain devant se dérouler…

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Message  Louis Mar 13 Mar 2012, 1:07 pm

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE (suite)
La vie de chaque être humain devant se dérouler dans sa ligne et sa sphère propre, qui sera individuellement distincte de celle de tout autre être humain, — il faudra donc que la culture de chaque être humain se présente avec ses modalités propres et en quelque sorte individuelles. Dès le début, nous l'avons dit, il faudra que tous ceux à qui incombe le soin de cette culture et aussi, à mesure où il aura sa part de correspondance et d'action dans cette culture, l'individu lui-même, se préoccupent d'observer les conditions ou les circonstances et les dispositions ou aptitudes qui commandent ces modalités, afin que l'individu humain s'engage et se perfectionne dans la voie qui est bien la sienne.

On le voit, nous faisons la part très grande à l'individualisme. En un sens, ce sont les conditions de l'individu et son parfait développement, nous dirions son rendement idéal comme perfection de lui-même, qui commandent tout dans l'ordre de l'agir moral humain. C'est pour aboutir à cela que nous exigerons, du point de vue de la raison, toutes les conditions familiales ou sociales et politiques que nous aurons à étudier maintenant.

Mais, d'autre part, et en vue même de son propre bien à lui, l'individu humain ne peut et ne doit se considérer, dans l'économie de sa formation, surtout de sa formation intellectuelle, qu'en fonction du tout dont il n'est qu'une partie — famille, cité, nation, genre humain. C'est en vue du meilleur rendement possible pour la totalité — où, du reste, il aura, lui-même, sa part d'autant plus grande, que le tout sera lui-même meilleur — que nous demandons et que nous voulons, au nom même de la raison, qu'il réalise, dans sa vraie ligne à lui et dans sa sphère propre, individuelle, toute la somme de bien et de perfection qui peut et doit être la sienne.

Or, pour qu'il en soit ainsi…

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Message  Louis Mer 14 Mar 2012, 5:58 am

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE (suite)
Or, pour qu'il en soit ainsi, il faudra qu'en même temps qu'on se préoccupera, pour chaque être humain, du côté individuel et personnel et tout à fait propre des dispositions ou des aptitudes et des possibilités de rendement en fait de perfection, — on ait soin de donner à chaque être humain ce que nous appellerons le degré ou le caractère de formation générale en harmonie avec le déploiement de la perfection propre et individuelle. — Il y a une culture générale que chaque être humain, du seul fait qu'il est un être humain, doit avoir, quelle que soit sa modalité propre, quand il sera strictement lui-même. Et parce que, dans le genre humain, il y a encore diverses zones où s'épanouissent, avec le caractère propre à chacune de ces zones, les modalités propres des individus se mouvant dans ces zones, de là comme divers degrés de culture générale qui se distingueront parmi les hommes.

C'est ainsi qu'on aura une formation ou culture d'ordre général, dans la sphère de ce que nous appellerons, selon l'usage convenu, l'enseignement primaire. Ce sont les premiers éléments de formation et de culture, que tout être humain devra normalement recevoir.

— Au-dessus de cette zone, se spécifiant et se limitant du même coup, on aura une autre zone, d'ordre général, elle aussi, et d'autant plus importante qu'elle commandera et alimentera la première. C'est la zone de formation ou de culture, qui sera celle de l'enseignement secondaire. Ce que nous avons déjà dit nous permet de conclure qu'il y aurait une égale erreur ou un égal péril dans l'ordre du bien qui est celui du genre humain, soit à vouloir que tous les êtres humains reçoivent cette culture, soit à prétendre que nul ne doit l'avoir et que la première suffît.

— Mais, pareillement, pour que cette zone soit ce qu'elle doit être, il faut qu'elle-même soit commandée et alimentée par une zone plus haute, d'où partiront, comme de leur première source, tous les principes de formation et de culture. C'est la zone de l'enseignement supérieur.

Qui pourrait ne pas reconnaître la hiérarchie et l'harmonie de cette formation et de cette culture?...

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Message  Louis Mer 14 Mar 2012, 2:32 pm

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE (suite)
Qui pourrait ne pas reconnaître la hiérarchie et l'harmonie de cette formation et de cette culture? — Si chaque être humain avait la culture générale de la zone qui correspond à sa faculté, à ses dispositions, à ses aptitudes et à ses goûts; et si, ensuite, dans sa règle propre et individuelle, il donnait tout le plein de perfection dont il est capable et qui le ferait être exactement lui-même selon le sens de la Providence, selon sa vocation, quelle splendeur!

On peut mesurer, à cette simple évocation, l'erreur aujourd'hui si répandue qui voudrait assigner, pour tous les individus humains, un même degré de formation et de culture. Une sorte de nivellement, qui ne serait d'ailleurs point toujours par en haut, mais plutôt par en bas, puisque aussi bien ce qui excelle ou est éminent se trouve, par définition, émerger au-dessus de l'ordinaire, ferait que nul être humain ne devrait s'élever au-dessus des autres par le degré de sa perfection intellectuelle, ou littéraire, ou scientifique, ou artistique, comme si, dans le genre humain, tous les individus qui le composent étaient appelés, par cela même qui constitue leur personnalité ou leur nature individuelle, aux mêmes fonctions, au même genre de vie, au même déploiement d'activité. Il n'est point, on peut le dire, d'erreur théorique et pratique, qui soit plus anti-humaine. Elle est, appelée de son vrai nom, la méconnaissance ou la négation du genre humain.

Du reste, elle est à elle-même sa propre réfutation, car du jour où elle présiderait à la formation de l'être humain, ou bien il ne se trouverait plus un être humain pour vaquer aux travaux manuels indispensables à la vie du corps, ou bien il ne s'en trouverait plus aucun pour vaquer aux travaux de l'esprit, sans lesquels la vie humaine se distinguerait à peine de la vie purement animale.

Combien plus était dans le vrai…


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Message  Louis Jeu 15 Mar 2012, 7:10 am

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V. LES DEGRÉS DE CULTURE (suite)
Combien plus était dans le vrai ce merveilleux génie qui savait découvrir dans la hiérarchie des fonctions parmi les hommes le dernier mot de la sagesse divine en ce qui est du bien de l'être humain, et qui ne craignait point d'affirmer que tout, dans cette hiérarchie, est ordonné au plein et parfait épanouissement de la vie de contemplation, à seule fin que celle-ci, préparée et favorisée par toutes les autres fonctions du corps social, déverse ensuite sur tous les autres le trop-plein de sagesse dont elle déborde.

Contemplata aliis tradere! Cette formule de Thomas d'Aquin résume, à elle seule, même dans l'ordre de la seule raison naturelle, toute l'économie de la culture.
A suivre : VI. LA FAMILLE

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