Aperçus de philosophie thomiste. (COMPLET)

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Message  Louis Mer 22 Fév 2012, 12:19 pm

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

I. LA FIN DE L'HOMME (suite)
Mais quelle action ? Dans l'homme, — nous le savons, par la Physique et la Métaphysique, — il est un triple degré d'être et d'action, même dans l'ordre supérieur de la vie. Il naît, grandit, se reproduit, comme la plante. Il sent et se meut parmi les couleurs, les sons, les parfums, le chaud et le froid, le sec et l'humide, comme l'animal. Il raisonne, aussi, et il pense, comme les formes pures et l'Acte pur. De ces actions superposées dans une si savante et si admirable hiérarchie, laquelle sera pour l'homme sa perfection dernière? Toutes sont requises. Mais, s'il faut marquer une préférence, donner le pas dans l'estime, et, au besoin, dans le choix même de l'action, — laquelle des trois faudra-t-il assigner?

Je le demande, qui pourrait hésiter, s'il est homme, et s'il entend la question ?

L'homme est surtout lui-même, quand il pense!quand il fait acte de raison ! Encore est-il qu'il peut faire acte de raison, à divers titres, ou en appliquant sa faculté de penser à divers objets, sous l'aspect de diverses sciences.

Il peut vaquer à l'étude ou à la considération des êtres matériels qui l'entourent, pour connaître le seul jeu de leurs rapports accidentels ou superficiels et qui n'intéressent directement que sa vie animale, corporelle.

Il peut les étudier aussi, sous un aspect plus élevé et pour les classer selon leurs propriétés plus intimes ou plus profondes, qui ne dépasseront pourtant pas le cadre ou l'horizon d'une science purement expérimentale ; joignant, du reste, à cette étude plus scientifique, un souci très spécial d'utiliser, en vue de l'agrément de sa vie de relation avec les autres hommes, toutes les ressources qu'une connaissance plus parfaite du monde de la nature apportera au développement des arts ou de l'industrie.

Il peut, enfin…

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Message  Louis Jeu 23 Fév 2012, 6:14 am

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

I. LA FIN DE L'HOMME (suite)
…Il peut, enfin et surtout, appliquer sa raison à l'étude des êtres qui l'entourent, pour les connaître au plus profond de leur naturel pour saisir les rapports essentiels qui commandent leurs divers règnes; pour savoir les derniers pourquoi, capables de satisfaire sa raison, quand elle scrute ces divers êtres et qu'elle s'interroge elle-même sur ce qu'ils sont, sur leur origine première, sur leur destin suprême. C'est alors qu'il fait, par excellence, acte de raison ou de pensée. Cet acte est l'acte de la contemplation, au sens parfait, au sens pur et simple de ce beau mot, traduisant ce qu'il y a de plus élevé, de plus transcendant, parmi toutes les perfections de l'être humain. Il dit, en effet, son acte le plus haut, portant sur son objet le plus excellent. Et, dès lors, il faut, de toute nécessité, que cet acte soit cela même qui constitue sa fin.

Oui…



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Message  Louis Jeu 23 Fév 2012, 12:37 pm

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

I. LA FIN DE L'HOMME (suite)
Oui, vraiment, l'homme est fait pour vaquer à cet acte suprême qui est l'achèvement, le couronnement de tout lui-même, dans l'ordre de la perfection : la contemplation. Contempler, voir, des yeux de son intelligence, la raison suprême de toutes choses, se répondre à lui-même, au plus intime de sa pensée, à toutes les questions qui peuvent se poser devant le regard de sa raison, ne plus connaître de secret ou de mystère, avoir tout à nu, tout à découvert, dans la pleine lumière intellectuelle, et jouir du repos de son intelligence dans cette pleine et parfaite possession de la Vérité, son bien souverain, c'est là le tout de l'homme.

S'il n’a point ce tout, quelque bien qu'il possède, il n'est point parfait, il n'est pas à son terme, il n'a point atteint sa fin. Si, au contraire, il a ce tout, ce couronnement de lui-même, il est à son terme, il est achevé, fini dans sa perfection. Il n'a plus rien à attendre. Il a réalisé la fin de son être.

Et parce que, nous l'avons vu dans notre étude de l'ordre des choses, c'est au philosophe, au sage, qu'il appartient de scruter ainsi, dans son dernier fond, pour remonter jusqu'à sa cause suprême, tout le domaine de l'être, c'est donc dans l'acte même qui spécifie le philosophe, le sage, que consistera proprement la fin dernière ou suprême de l'être humain. C'est à cet acte qu'il devra tout ordonner dans l'économie de son agir moral.

A suivre : II. LA DISCIPLINE MORALE

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Message  Louis Ven 24 Fév 2012, 6:55 am

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

II. LA DISCIPLINE MORALE
Nous avons précisé l'objet de cette partie de la science morale qui est appelée l'Éthique : c'est, proprement, l'ordre à établir dans l'agir moral humain, à considérer l'individu humain pour lui-même.

Ce qui se présentait à nous dès l'abord, dans cette étude, c'était la question de la fin de l'individu humain dans ses actions. Pour déterminer cette fin, il n'y avait pas d'autre méthode que de considérer la nature même de l'être humain et sa place dans la hiérarchie des êtres.

Sa fin ne peut être que sa perfection ; et sa fin dernière ou suprême, qui commandera toutes les autres fins subalternes, sera nécessairement sa perfection suprême, qui achèvera ou couronnera toutes ses autres perfections.

Dès là qu'il s'agissait de perfection dernière et suprême, il devenait manifeste que ce n'était point dans l'ordre purement statique ou de l'être que nous devions la chercher; mais dans l'ordre dynamique ou de l'agir, de l'action : car l'action ou l'agir est une perfection qui se surajoute à l'être et le complète ou le couronne. Tout être qui est, en effet, est pour son action ; il est pour agir ; son agir est la fin de son être.

Mais, parmi les divers aspects…


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Message  Louis Ven 24 Fév 2012, 2:07 pm

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)
Mais, parmi les divers aspects, ou les diverses modalités, disons même les divers degrés, que nous savons se trouver dans l'action ou l'agir de l'être humain, nous ne pouvions assigner comme fin dernière de l'individu humain le degré infime ou l'un des degrés inférieurs de cette action ou de cet agir. Ce n'est pas dans la sphère de sa vie végétative, ni, non plus, dans sa vie sensitive, que nous devons chercher la perfection ou la fin suprême et dernière de l'individu humain. C'est dans la sphère ou le domaine de sa vie pensante, de sa vie intellectuelle, de sa vie de raison. Et, même dans cette sphère ou ce domaine, c'est dans la zone la plus élevée que nous devions monter pour trouver la fin dernière que nous cherchions : dans la zone de la philosophie ou de la sagesse. Là nous trouvions cet acte suprême qui s'appelle du nom par excellence de la contemplation : la contemplation des choses divines, ou de l'ordre des choses en dépendance de la cause divine et suprême qui est Dieu.

Réaliser cet acte selon le plus haut degré de perfection qui puisse être le sien, — voilà pour l'être humain, pour l'individu humain, sa perfection suprême, sa fin dernière, en laquelle seule il trouvera le repos, le bonheur définitif.

Oui; — mais comment réaliser cet acte ?...

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Message  Louis Sam 25 Fév 2012, 6:58 am

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II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)
Oui; — mais comment réaliser cet acte ? L'homme le porte-t-il en lui-même, du seul fait qu'il existe? ou, au contraire, est-il, dans sa nature, sinon une opposition directe et foncière, du moins des difficultés ou des obstacles qui peuvent en empêcher ou en troubler la réalisation ?

J'entends non pas seulement la réalisation idéale et parfaite, qui pourra n'être jamais que l'apanage ou le privilège d'une élite, — comme, sans doute, plusieurs pourraient en faire l'objection — ; mais même cette réalisation rudimentaire, ou initiale, et imparfaite, qui doit pouvoir convenir à tout être humain pris en particulier.

Dès là, en effet, que nous affirmons, — et nous avons vu que l'étude même de notre nature nous y contraignait, — que la fin dernière ou suprême de l'homme est dans cet acte de la sagesse sur l'ordre des choses en ce qu'il a de dernier ou de suprême et de plus profond, c'est-à-dire voyant tout l'ordre des choses en dépendance de la Cause dernière et suprême, qui est Dieu, — il faut bien, sous peine d'accuser d'insuffisance notre nature elle-même, que chaque individu humain puisse réaliser cet acte, bien que tous n'aient pas dans leur nature individuelle de le réaliser avec la même perfection.

Et nous voici en présence de la question la plus passionnante et aussi la plus actuelle dans cette science de l'Ethique abordée par nous. C'est la question de la discipline morale. Faut-il à l'être humain, comme tel, une discipline? Cette discipline, comment devons-nous la concevoir, l'ordonner?

Très intentionnellement j'ai dit que cette question était la plus passionnante et aussi la plus actuelle. Elle est, sans doute, depuis toujours; et toujours elle a été d'une importance extrême. Mais c'est elle qui se trouve à l'origine même de ce qu'on appelle les temps nouveaux, l'ère nouvelle, entendant ces mots dans leur acception laïque et au sens où l'ère nouvelle date des temps de la Révolution.

Le père de ces temps nouveaux…

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Message  Louis Sam 25 Fév 2012, 2:59 pm

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II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)
Le père de ces temps nouveaux a fait, de la question que nous abordons en ce moment, le point central, j'allais dire le tout de son étrange vie d'apôtre. Oui vraiment il n'est pas téméraire d'affirmer que Jean-Jacques Rousseau tient tout entier dans cette question de la discipline morale, ou, comme il dirait lui-même, en fixant un de ses aspects essentiels, l'éducation. Et c'est elle, cette question de l'éducation ou de la discipline à établir pour l'être humain comme tel, posée et résolue clans le sens où l'avait posée et résolue Jean-Jacques Rousseau, qui commande tout dans la société laïque du monde entier à l'heure actuelle.

Or, personne n'ignore comment cette question fut posée et résolue par l'auteur de l'Émile. Il s'en est expliqué nettement lui-même, en essayant de se justifier contre les critiques ou les condamnations dont il était l'objet. C'est donc par lui-même que nous sommes fixés de la manière la plus certaine et la plus authentique sur le sens de sa pensée. — Dans sa réponse à Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, qui avait publié un mandement contre l'Émile, à la date du 20 août 1762, il déclarait expressément :

« Le principe fondamental de toute morale, sur lequel j'ai raisonné dans tous mes écrits, et que j'ai développé dans ce dernier avec toute la clarté dont j'étais capable, est que l'homme est un être naturellement bon, aimant la justice et l'ordre ; qu'il n'y a point de perversité originelle dans le cœur humain ; et que les premiers mouvements de la nature sont toujours droits;... et j'ai fait voir comment, par l'altération successive de leur bonté originelle, les hommes deviennent enfin ce qu'ils sont ».


Or, ce qui altère ainsi l'homme, et, de bon qu'il était naturellement ou en naissant, le fait devenir ce que nous le voyons, c'est précisément la discipline à laquelle on le soumet; c'est l'éducation qu'on lui donne; ce sont les gouvernements eux-mêmes qui font les maux auxquels on prétend remédier par eux. Il est impossible d'avoir jamais ni de bonnes lois ni des gouvernements équitables ; il faut chercher le vrai moyen de prévenir, sans gouvernements et sans lois, tous ces maux dont on se plaint.

On a voulu conclure de là que pour l'auteur de l'Émile

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Message  Louis Dim 26 Fév 2012, 6:08 am

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II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)
On a voulu conclure de là que pour l'auteur de l'Émile il fallait rejeter toute discipline morale et toute éducation, et laisser l'homme à lui-même, à lui seul. La proposition n'est vraie qu'à moitié, ou en un sens.

L'auteur de l'Émile ne rejette pas toute éducation ou toute discipline; puisque, au contraire, il a pour unique but d'en proposer une nouvelle, qui sera, d'après lui, le remède à tout mal parmi les hommes.

Ce qu'il rejette, c'est ce qu'il appelle l'éducation positive, qui était l'unique éducation donnée jusqu'à lui ; notamment l'éducation telle qu'on la donne dans les milieux de l'Église catholique.

Et ce qu'il propose, c'est ce qu'il appelle l'éducation négative, qui « ne donne pas les vertus, mais prévient les vices » ; qui « n'apprend pas la vérité, mais préserve de l'erreur » ; — qui « dispose l'enfant à tout ce qui peut le mener au vrai quand il est en état de l'entendre, et au bien quand il est en état de l'aimer » ; — sans le mettre jamais auparavant en présence d'une vérité (qui d'ailleurs est si difficile à marquer) et d'un bien (qui est toujours très relatif, puisqu'il dépend de l'épanouissement du sujet lui-même).

Nous reviendrons sur cette éducation à la Rousseau. Arrêtons-nous, pour l'heure, sur ce qu'il appelle lui-même son principe fondamental : …

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Message  ROBERT. Dim 26 Fév 2012, 10:06 am

Spoiler:
Ratzinger, l'hérétique et le moderno, parfait émule d'Émile, comme tous ces psycho-psychi et autres pseudo-neurasthénique à la Freud, Kant, Hegel, Jung, Husserl, etc..
.
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Message  Louis Dim 26 Fév 2012, 4:26 pm

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II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)
Nous reviendrons sur cette éducation à la Rousseau. Arrêtons-nous, pour l'heure, sur ce qu'il appelle lui-même son principe fondamental : — que « l'homme est un être naturellement bon, aimant la justice et l'ordre »; qu' « il n'y a point de perversité originelle dans le cœur humain » ; que « les premiers mouvements de la nature sont toujours droits ».

Ces affirmations de l'auteur de l'Émile étaient un des points — le premier et, en un sens, le plus essentiel — que l'archevêque de Paris lui reprochait et condamnait dans son livre.

Et, pour le condamner, l'archevêque en appelait au dogme catholique du péché originel.

C'était porter la question sur le terrain de la foi et de la théologie. L'archevêque en avait le droit et le devoir, puisqu’il adressait son mandement, non pas à l'auteur lui-même, mais à ses fidèles de l'Église catholique. D'ailleurs Jean-Jacques Rousseau, dans sa réponse, essaye de se justifier, même de ce point de vue, se déclarant, comme protestant, sensible à un argument de cette nature. Hâtons-nous d'ajouter qu'il se montra assez piètre théologien. Par contre, du point de vue philosophique, sa réponse était loin d'être à dédaigner; bien qu'elle ne lui donnât pas le droit de conclure dans le sens du principe formulé par lui.

Je voudrais, d'un mot, sur ce terrain même de la philosophie, où nous entendons, pour le moment, délibérément nous renfermer, montrer le point de départ de toute l'erreur qui empoisonne, depuis, le genre humain dans son concept laïque et dans sa pratique de la discipline morale ou de l'éducation, en vue du perfectionnement dernier de l'être humain.

L'explication que nous allons donner, Rousseau l'a entrevue; il l'a formulée en partie, dans cette réponse à l'archevêque de Paris; et les termes dont il use m'ont fait tressaillir, quand je les ai lus : tant ils étaient à propos et de nature à porter la pleine lumière en cette grave question d'où tout dépend pour l'homme.

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Message  Louis Lun 27 Fév 2012, 6:14 am

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II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)
L'explication que nous allons donner, Rousseau l'a entrevue; il l'a formulée en partie, dans cette réponse à l'archevêque de Paris; et les termes dont il use m'ont fait tressaillir, quand je les ai lus : tant ils étaient à propos et de nature à porter la pleine lumière en cette grave question d'où tout dépend pour l'homme.

« L'homme, déclare-t-il, n'est pas un être simple; il est composé de deux substances. Cela prouvé, l'amour de soi n'est pas une passion simple; mais elle a deux principes, savoir l'être intelligent et l'être sensitif, dont le bien-être n'est pas le même. L'appétit des sens tend à celui du corps, et l'amour de l'ordre à celui de l'âme. Ce dernier amour, développé et rendu actif, porte le nom de conscience ».

Il faut le reconnaître, ces prémisses étaient toutes de lumière. — Elles sont la traduction quasi littérale d'une réponse de saint Thomas, dans sa Somme Théologique, 1-2, q. 71, art. 2, ad 3, qui n'est, elle-même, que la mise en relief d'un point de doctrine de philosophie aristotélicienne.

Comment donc d'un si bon principe Rousseau a-t-il pu tirer une conclusion si pernicieuse, qui devait, en effet, tout perdre?
Il en a conclu que l'homme…

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Message  Louis Lun 27 Fév 2012, 12:04 pm

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II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)

Comment donc d'un si bon principe Rousseau a-t-il pu tirer une conclusion si pernicieuse, qui devait, en effet, tout perdre?

Il en a conclu que l'homme était naturellement bon, aimant la justice et l'ordre ; — que cependant il pouvait être altéré dans cette bonté naturelle, en raison de la double substance qui était en lui; — et qu'il l'était par l'éducation ou la discipline, qui voulait lui donner trop tôt, et du dehors, la vérité et la vertu; — alors qu'il fallait, au contraire, commencer par le perfectionner dans son corps, dans ses sens, dans ses organes, et lui laisser, en quelque sorte, à lui-même, de venir à la vérité et à la vertu, auxquelles il viendrait, en effet, de lui-même, et tout naturellement à l'âge voulu, pourvu qu'on le laissât ainsi à lui-même, sans les lui imposer du dehors ou par l'éducation.

La conclusion à tirer, au contraire, saint Thomas l'avait formulée et mise en pleine lumière, expliquant, du reste, le fait douloureux, constaté par l'expérience, que malgré tous les secours de nature, d'éducation et de grâce, c'est la plus grande partie des hommes qui va au vice et non à la vertu ; d'où il semblerait que le vice est conforme à la nature et que la vertu lui est contraire, puisque partout ailleurs, dans les êtres qui nous entourent, ce qui est conforme à la nature est dans le plus grand nombre, et ce qui lui est opposé ou contraire est l'exception et a quelque chose de monstrueux.

C'est que précisément, chez nous, et chez nous seuls…

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Message  Louis Mar 28 Fév 2012, 5:46 am

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II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)
C'est que précisément, chez nous, et chez nous seuls, se trouvent comme deux natures opposées dans notre unique nature humaine : l'une, allant aux choses corporelles ; l'autre, aux choses spirituelles. Or, la première est celle qui entre tout d'abord en jeu ; l'autre ne venant en exercice que vers l'âge de 7 ans ; — et, de plus, la première demeure toujours eu contact immédiat avec les réalités sensibles dont elle a l'intuition, tandis que l'autre ne peut jamais saisir, naturellement, les êtres spirituels et surtout l'Être souverain, que par voie de raisonnement. — Comme, de par ailleurs, tous sont aisément à l'aise dans les choses du début, tandis que pour atteindre les choses de la fin il faut poursuivre son effort jusque-là, ce qui n'est le propre que des meilleurs, il s'ensuit que beaucoup, le très grand nombre même, s'arrêtent aux choses des sens.

Si donc nous voulons obtenir un moindre mal, dans cet ordre, il faudra que les meilleurs se mettent au service du grand nombre, et que, par une discipline adaptée, ils les conduisent, si possible, jusqu'au terme, qui est le repos de l'âme dans les choses spirituelles, et non dans les choses corporelles.

Cela sera vrai pour la généralité des êtres humains, même adultes. Combien plus pour l'enfant! Ici, sans exception, il faudra que l'on s'occupe de cet enfant, au physique et au moral, plus encore au moral qu'au physique, et qu'on l'entoure de toutes les sauvegardes pour l'amener à dompter ou à dominer ses sens, afin d'établir en lui la règne de la raison dans le domaine de la vérité et de la vertu.

Le plus grand service à lui rendre sera de lui faire prendre comme des commencements de bonnes habitudes morales, avant même qu'il ait l'usage de la raison ou qu'il soit lui-même un agent moral responsable; qu'on sème dans son esprit, par mode de leçons apprises, bien que non encore comprises, tous les germes de vérité qui écloront ensuite, d'eux-mêmes, en lui, à mesure que sa raison pourra en prendre conscience.

D'un mot, l'être humain, surtout à son début…

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Message  Louis Mar 28 Fév 2012, 1:04 pm

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II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)
D'un mot, l'être humain, surtout à son début, doit être enseigné et formé. Avant qu'il soit à même de comprendre, il faut qu'il soit considéré comme devant apprendre.

Et voilà tout l'abîme qui sépare le monde nouveau Rousseauien, du monde ancien humain et classique.

Aristote avait dit, en parlant de tout disciple : Il faut d'abord qu'il croie.

L'homme est un être social et disciplinable. Tout seul et livré à lui-même, il suivra ses sens, et son esprit restera comme enseveli dans la chair. Prétendre tout mieux sauvegarder, en attendant, pour lui livrer la vérité et la vertu, qu'il puisse tout comprendre et tout aimer, dans cet ordre, de lui-même, sans qu'on l'y amène positivement, par une discipline adaptée, c'est vouer le genre humain aux pires déceptions.

L'expérience est là. Si l'homme civilisé était méchant, l'homme élevé à la Rousseau a donné sa mesure, depuis la Révolution, et la donne tous les jours, dans le genre humain devenu ingouvernable.

Ainsi, en pleine clarté, nous le voyons. À la question posée, s'il faut une discipline, pour l'individu humain, dans son agir moral, en vue de sa perfection à réaliser, la réponse ne saurait être douteuse. Et non seulement il faut une discipline; cette discipline existe depuis toujours parmi les hommes.

Elle est, on peut le dire, traditionnelle dans le genre humain. Elle consiste à traiter l'individu humain, non point comme un être qui va de lui-même à ce qui est sa perfection, qu'il n'y a, pour ainsi dire, qu'à favoriser dans son épanouissement de nature : s'occupant, d'abord, et exclusivement, de son épanouissement physique; et remettant à bien plus tard, à un âge relativement avancé, tout ce qui serait d'ordre proprement moral ou intellectuel ou surtout religieux, à prendre même la religion selon qu'elle relève de la seule raison philosophique.

Une telle conception de la discipline, telle qu'a voulu l'inaugurer Jean-Jacques Rousseau, ne répond pas aux véritables exigences de la nature humaine…

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Message  Louis Mer 29 Fév 2012, 6:10 am

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II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)
Une telle conception de la discipline, telle qu'a voulu l'inaugurer Jean-Jacques Rousseau, ne répond pas aux véritables exigences de la nature humaine.

Même sans recourir aux données de la foi touchant les ruines causées dans notre nature par le péché originel, à ne considérer cette nature qu'en elle-même et selon ses données essentielles, si nous n'avons pas à parler de perversité originelle, il demeure, comme nul ne saurait le nier, et Rousseau, nous l'avons entendu, le proclame lui-même, que la nature humaine porte en elle une dualité dont nous disons qu'elle exige, de toute nécessité, les soins les plus attentifs, les plus vigilants, les plus prévenants, pour que l'individu humain ne risque pas, à chaque instant, de tout compromettre et de tout perdre, dans l'ordre de sa perfection à acquérir ou de sa fin à atteindre, en versant dans ce qu'il y a de sensible, en lui, au préjudice de ce qu'il doit y avoir de raisonnable. En tout individu humain, mais surtout dans l'enfant, le côté ou la partie sensible tend à tout absorber à son profit; alors qu'il faut que cette partie demeure toujours subordonnée et ordonnée en fonction de la partie rationnelle. Elle n'est ainsi ordonnée que parmi les meilleurs.

Ces privilégiés, dans la mesure même où ils auront pu faire régner l'ordre en eux-mêmes, se devront et devront aux autres de veiller à ce que ceux qui vivront dans le rayonnement de leur action ne se laissent pas emporter aux entraînements de la partie sensible. Ils devront veiller sur eux, notamment au début de leur vie morale et dès leur plus tendre enfance, pour prévenir et empêcher l'usurpation des sens, pliant les sens et les habituant à céder à la raison ou à ne s'épanouir que dans le sens de la raison, sinon vue, du moins crue en ceux qui leur sont supérieurs d'âge, de condition, d'autorité.

Il en est ainsi pour les habitudes ou les commencements d'habitudes à acquérir dans l'ordre moral…


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Message  Louis Mer 29 Fév 2012, 5:46 pm

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

II. LA DISCIPLINE MORALE (suite)
Il en est ainsi pour les habitudes ou les commencements d'habitudes à acquérir dans l'ordre moral, en ce qui touche aux premières manifestations de la partie sensible.

Combien plus faudra-t-il qu'il en soit ainsi pour le premier acte de contemplation ou de sagesse, quand l'individu humain devra produire cet acte, à l'âge même où la raison s'éveille et où doit se faire l'orientation de l'être humain vers sa fin dernière, vers ce qui commandera toute sa vie ! N'est-il pas de toute évidence que jamais l'être humain ne sera trop aidé dans ce premier choix? Que penser, dès lors, de la théorie de Rousseau voulant qu'on s'abstienne de jamais prononcer, devant l'enfant, une parole ayant trait aux choses de Dieu ou pouvant évoquer une vérité quelconque se rapportant aux réalités suprasensibles? C'est là un des points auxquels il tient le plus dans l'énoncé de son éducation négative. Aussi bien est-ce un des points les plus pernicieux parmi tous les points de doctrine que nous devons au funeste sophiste. Il ne devrait rien falloir de plus pour détourner toute raison saine d'un tel système d'éducation et la fixer dans le choix de la vraie discipline morale qui fut toujours celle du genre humain.
A suivre : III. L’ÉDUCATION MORALE


Dernière édition par Louis le Jeu 01 Mar 2012, 6:46 am, édité 1 fois (Raison : corriger le chiffre romain dans le « A suivre ».)

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Message  Louis Jeu 01 Mar 2012, 6:43 am

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III. L’ÉDUCATION MORALE
L'ordre des choses qui constituent l'univers au milieu duquel nous sommes nous-mêmes et dont nous formons l'une des trois grandes parties essentielles, vu à la lumière de la saine raison, nous a dicté cette première règle de l'agir moral humain, que l'individu humain ne peut trouver sa fin dernière ou sa perfection suprême que dans l'acte de la sagesse, c'est-à-dire dans l'acte de sa raison se reposant dans la contemplation de l'ordre des choses —vu dans ses causes les plus profondes ou en dépendance de la cause première et suprême qui est Dieu.

Cet acte de sagesse, parce qu'il est la fin dernière de l'homme, commandera tout dans le domaine de son agir moral. L'acte de l'individu humain ne sera bon que dans la mesure où il s'harmonisera avec cet acte de la sagesse; s'il s'y opposait, ou s'il manquait d'harmonie avec lui, à quelque titre que ce pût être, il serait mauvais.

D'autre part, nous l'avons vu dans notre dernière conférence, cet acte de la sagesse n'est pas de soi inné dans l'individu humain. L'individu humain, quand il vient au monde, n'a rien de cet acte de la sagesse. La faculté même ou les facultés destinées à le produire, si elles existent en lui radicalement, s'y trouvent en sommeil. Elles ne s'éveilleront qu'après un laps de temps plus ou moins long, mais qui comprend d'ordinaire un nombre déterminé d'années. Jusque-là, l'individu humain ne vivra que d'une vie végétative ou sensitive. Encore est-il que cette double vie, chez lui, qui devra se continuer toujours, même quand sa raison sera sortie de son sommeil, peut influer grandement, sur la vie de la raison quand elle s'éveillera, pour faciliter ou non, à cette dernière, son acte suprême de la sagesse, qui devra, tout de suite, cependant, se produire. Car ce sera à se fixer une fin, sa fin dernière, que devra consister le premier acte conscient de la raison à son éveil.

N'est-il pas de toute évidence que, la nature de l'être humain étant celle que nous venons de dire, il faut que l'individu humain, dès son apparition parmi les hommes — et, en quelque manière, avant même sa venue, par la préparation de ceux qui doivent l'amener au monde, — se trouve entouré de précautions et de sauvegardes qui écartent de lui, le plus qu'il sera possible, tout ce qui pourrait compromettre l'épanouissement parfait de sa raison; et de sages dispositions qui facilitent, au contraire, de la manière la plus appropriée et la plus excellente, cet épanouissement parfait?

C'est toute l'économie de la discipline...


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Message  Louis Jeu 01 Mar 2012, 12:47 pm

ÉTHIQUE, ÉCONOMIQUE, POLITIQUE

III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)
C'est toute l'économie de la discipline.

Le premier aspect de cette discipline, et le plus important, sera celui de l'éducation.

Il va faire l'objet de notre présente étude.

Que devons-nous entendre par l'éducation au sens formel de ce mot? et que comprend l'éducation ainsi entendue?

L'éducation, au sens strict de ce mot, n'est pas autre chose que la formation morale de l'individu humain. Elle comprend tout ce qui est du domaine de la vertu.

Quand nous parlons de la formation morale de l'individu humain, nous la distinguons de sa formation intellectuelle, que nous considérerons plus tard. Et quand nous parlons du domaine de la vertu, au sens pur et simple, nous le distinguons aussi du domaine de la science.

Qu'est-ce donc qui appartiendra à la formation morale de l'individu humain, et qu'est-ce qui constituera le domaine de la vertu où l'éducation aura pour office de l'établir?

Parler de morale et de vertu, c'est parler de choses qui tiennent essentiellement à la partie affective de l'être humain. Et donc parler de formation morale ou d'exercice à la vertu, pour l'être humain, c'est parler de ce qui habitue l'être humain à régler tous ses mouvements affectifs et ce qui en dépend dans ses actes, même ceux d'apparence insignifiante ou secondaire, en fonction de l'acte suprême de la sagesse qui doit tout commander chez lui.

Or, dans l'individu humain…

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Message  Louis Ven 02 Mar 2012, 6:29 am

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III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)
Or, dans l'individu humain nous trouvons une double partie affective : la partie affective sensible; et la partie affective intellectuelle, qui n'est autre que la volonté. Cette dernière n'existera mise en acte ou en fonction, qu'après l'éveil de la raison dans l'individu humain. Jusque-là, il n'y a, dans l'enfant, que la partie affective sensible. Mais, dans l'enfant, cette partie affective sensible, bien qu'elle soit la seule en acte, ne doit pourtant pas être traitée comme si elle était isolée en lui. Elle doit être traitée, même dans l'enfant, en fonction de la partie affective intellectuelle, qui sommeille encore, mais qui est cependant en lui et qui fait que l'enfant, à la différence du petit animal, est une personne humaine, non un simple animal. Il ne faudra donc pas que les mouvements affectifs sensibles soient laissés à eux-mêmes, comme ils le sont dans l'animal sans raison.

Il faut que ceux à qui incombe le soin de l'éducation de l'enfant, le portent en quelque sorte dans le sein de leur raison, la formule est de saint Thomas (2-2, q. 10, a. 12), et qu'ils dirigent ses mouvements affectifs sensibles selon que ces mouvements doivent être ceux d'une personne humaine et non ceux d'un animal sans raison. Tout cela qui regarde l'ensemble des passions ou des mouvements delà partie affective sensible devra être ordonné pour assurer l'empire de la raison et faciliter son règne quand elle s'éveillera. Avec un soin jaloux, on devra surveiller les moindres manifestations d'amour, de désir, de joie, de haine, de dégoût, de tristesse; d'audace, de crainte, de désespérance, de colère; de toutes leurs ramifications ou dépendances : non pour le ruiner ou le compromettre ; mais pour le régler et l'harmoniser selon qu'il convient à la perfection de l'être humain, même à cet âge.

Et il se trouve précisément que parmi les vertus morales, il en est deux — la tempérance et la force — qui ont leur siège dans la partie affective sensible ; et dont le rôle ou l'objet est d'établir et de fixer cette harmonie entre l'appétit concupiscible ou de convoitise et l'appétit irascible, et la partie affective supérieure qu'est la volonté. L'enfant lui-même ne peut pas établir cette harmonie, puisqu'il n'a pas l'usage de sa raison ; et, à ce titre, les vertus de force et de tempérance ne peuvent pas, au sens propre, se trouver en lui ; mais ceux dont la raison veille sur lui peuvent et doivent suppléer à celle de l'enfant et habituer en quelque manière ou commencer d'habituer les facultés affectives sensibles de l'enfant à se plier à la partie affective supérieure.

II faut déposer ou cultiver les germes de vertu de tempérance et de force dans le cœur de l'enfant, pour que ces germes s'épanouissent ensuite en fruits de raison, que rien ne pourra ni gâter ni corrompre. À plus forte raison, dès que l'enfant s'éveille au sens moral, il faudra que ceux dont la raison est plus forte, dont la vie morale est plus exercée, plus affermie, en raison même de l'âge, de l'expérience, de la pratique de ces vertus, soient attentifs à ce que l'enfant, dans tous ses actes, désormais conscients, n'ait rien que de conforme à l'esprit et à la norme de ces vertus de force et de tempérance, avec toutes leurs annexes.

Dans l'ordre de la tempérance et des vertus…

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Message  Louis Ven 02 Mar 2012, 1:16 pm

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III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)
Dans l'ordre de la tempérance et des vertus qui se rattachent à elle, viendra d'abord la formation de l'enfant, de l'adolescent, du jeune homme, de l'être humain comme tel, en ce qui touche à ces mouvements affectifs sensibles se manifestant dans les mouvements, les gestes, les paroles, la voix, la tenue, l'attitude, le maintien. Et l'expérience apprend combien toutes ces manifestations ont à être surveillées dans l'enfant, pour les modeler selon que la raison le demande, même à cet âge, et à mesure que l'enfant, petit garçon ou petite fille, se développe ensuite et grandit.

La surveillance et l'ordination des mouvements affectifs dans ces premières manifestations n'est pourtant qu'un commencement dans cette grande œuvre de l'éducation et de la formation morale. Elle s'impose à un titre nouveau, quand il s'agit de manifestations plus importantes encore : tels, par exemple, dans l'enfant, les mouvements de colère et la tendance immédiate à frapper, à se venger, à dominer en tout. Quels soins ne faudra-t-il pas pour l'initier à la clémence, à la mansuétude, à la douceur, à l'humilité !

Mais, nous l'avons dit, ces vertus ne sont encore que des approches, par rapport à la tempérance. La tempérance elle-même portera directement sur la modération, conformément à ce que la raison exige, des mouvements affectifs sensibles qui ont pour objet les plaisirs intéressant plus particulièrement le sens du toucher dans les actes nécessaires à la conservation de la vie corporelle. Ces plaisirs sont ceux de la table et du mariage. L'attrait aux choses de la table ne sera pas le même dans l'enfant et l'être humain vivant de sa pleine vie humaine. Mais, sous forme de gourmandise, et même d'avidité indue, quelle pente irrésistible et universelle ne constaterait-on pas dans l'enfant lui-même ! Quant aux choses du mariage, à mesure que l'enfant grandira, comme il faudra veiller sur les premières manifestations des mouvements affectifs et de tout ce qui s'y rattache !

A la vigilance qui aura pour objet la tempérance et les vertus qui en dépendent, devra se joindre…

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Message  Louis Sam 03 Mar 2012, 6:46 am

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III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)
A la vigilance qui aura pour objet la tempérance et les vertus qui en dépendent, devra se joindre ensuite la vigilance qui aura pour objet les mouvements de la partie affective sensible et leurs manifestations dans l'ordre de la vertu de force et de ses dépendances. Bien que moins fréquentes et moins universelles ou impétueuses, ces manifestations jouent un grand rôle déjà dans la vie de l'enfant. L'enfant est, d'ordinaire, le contraire de la persévérance, de la constance. Il faudra veiller à la sauvegarde de ces vertus, à leur éclosion, à leur perfectionnement. Veiller aussi à développer les beaux germes de magnanimité et de magnificence, qui prépareront, pour plus tard, des âmes vraiment grandes, se portant comme d'elles-mêmes, à tout ce qui est grand, beau, magnifique, dans la pratique de la vertu.

Que dire du soin à préparer des âmes fortes, qu'aucun péril, aucun sacrifice, non pas même celui de la vie, si le bien commun demande ce sacrifice, ne découragera jamais ; et qui sauront, en cas de lutte extrême pour la défense de ce bien commun, tenir jusqu'au bout, faudrait-il continuer cet effort héroïque pendant des mois et des années? En toute vérité, ou serions-nous aujourd'hui, et qu'en serait-il de nous, si notre pays de France n'avait compté de ces âmes fortes par légions innombrables?

Former l'âme de l'enfant dans le sens de ces premières vertus de tempérance et de force, n'est encore qu'un acheminement, une préparation, ou si l'on le veut, un commencement, dans ce noble travail de sa formation morale et de son application à l'exercice, à la pratique de la vertu.

Une autre vertu s'impose encore…

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Message  Louis Sam 03 Mar 2012, 12:32 pm

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III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)
Une autre vertu s'impose encore, la plus grande, la plus noble, la plus essentielle, dans l'ordre de la vie humaine, à considérer cette vie du seul point de vue de la raison.
C'est la vertu de justice.

Il n'en est pas dont le nom soit plus universellement évoqué et proclamé parmi les êtres humains. Et c'est elle, en effet, qui rend possible d'abord et qui perfectionne ensuite, dans tous les ordres de leurs rapports entre eux, la vie de société parmi les humains. Sans la justice, aucune société humaine ne serait possible. L'homme serait à l'homme pire que la bêle sauvage la plus nuisible ; car, s'il est injuste, il a le triste privilège de mettre au service de son injustice toutes les ressources de sa raison dévoyée : peior est bestia.

Mais la justice, est-elle donc chose naturelle à l'homme et qui ne lui coûte aucun effort, ou qu'il pratiquera toujours de lui-même et comme nécessairement, si on le laisse à lui-même, — comme le prétend Rousseau ?

La justice a pour objet l'être ou le bien d'autrui, — à ne jamais léser, ou à rétablir dans son intégrité, si, de notre part, une atteinte quelconque y avait été portée indûment.

L'être et le bien d'autrui !...


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Message  Louis Dim 04 Mar 2012, 7:19 am

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L'être et le bien d'autrui ! Ah ! si nous n'étions pas avec lui en contact de tous les jours et de tous les instants ; ou si son bien était aussi le nôtre : rien ne serait plus facile que d'en assurer le respect et la sauvegarde. — Mais, dans ce contact de tous les jours, de tous les instants, et quand il s'agit des biens de ce monde, des biens sensibles ou temporels, dont la nature est de ne pouvoir être possédés par l'un qu'à la condition que les autres en seront exclus, ces biens, que notre vie humaine, pour son épanouissement parfait, demande en quelque sorte et exige; — comment justifier, parmi les hommes, le fait de leur distribution si inégale? comment assurer le respect de cette distribution? — Que! sens de la justice ne faudra-t-il pas, dans l'être humain, quel qu'il soit, pour que la répartition soit faite équitablement quand il faut qu'elle se fasse, et pour la maintenir, la sauvegarder quand elle existe?

Justice commutative ; justice distributive; justice légale ou générale, n'ayant en vue que le bien commun et l'intérêt général. Quel champ d'action pour la pratique de la vertu; et que ne faudra-t-il pas de vigilance ou de maîtrise en ceux qui doivent y préparer, y habituer en toutes choses l'âme de l'enfant, de l'adolescent, du jeune homme, de l'être humain?

Pourtant, ce n'est pas tout!...

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Message  Louis Dim 04 Mar 2012, 11:52 am

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III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)
Pourtant, ce n'est pas tout! Cette vertu de justice n'est que la justice au sens strict, qui acquitte en toute rigueur une raison de dette rigoureuse.

La perfection des rapports des hommes entre eux demande qu'on aille à acquitter ce que l'on pourrait appeler les dettes de pure honnêteté sociale. Pour être moins rigoureusement dues, elles n'en sont pas moins dignes de louange. Et ici viennent les admirables vertus de gratitude, de vérité, d'amitié, de générosité ou de libéralité, d'une importance qu'on ne saurait assez reconnaître dans la formation morale de l'individu humain.

Un autre aspect, plus important encore, est celui des dépendances de la vertu de justice, où la dette est trop grande pour qu'elle puisse être jamais acquittée. Ces autres vertus sont commandées par le respect et les égards que motive toute raison d'excellence parmi les hommes : dignité, fonction, vertu, talent, situation, fortune, naissance. Et on a la vertu d'observance, directement opposée aux sottes prétentions et aux basses jalousies du nivellement démocratique.

Le respect dû à l'autorité constituée amène le service tou¬jours si noble d'une obéissance qui sait voir Dieu en tout supérieur légitime.

Pour reconnaître le bienfait de la vie, de l'éducation, de l'instruction, de la société humaine, se présente la vertu de piété qui réunit dans un même culte la patrie et les parents : vertu si belle qu'elle touche déjà même par son nom à la vertu divine de la religion. C'est, en effet, par la religion, que l'homme rend à Dieu, auteur de toutes choses, ce qui lui est dû en raison de son excellence et de ce que nous tenons de Lui. Par elle, l'homme atteint au plus haut sommet de sa vie morale, dans l'ordre naturel. Et, au cours de la vie présente, ce sommet constitue sa perfection dernière. C'est là, pour lui, présentement, l'acte de sagesse et de contemplation qui lui permet de réaliser sa fin en ce qu'elle a de plus excellent.

Dès lors, ne faudra-t-il pas qu'au premier moment où l'âme de l'enfant s'éveille, on lui parle de Dieu, de son père et de sa mère, de sa patrie, de ses semblables : même à ne considérer que le seul point de vue de l'éducation, sans considérer encore ce qui sera sa formation intellectuelle? Faudra-t-il attendre qu'il les découvre, par sa seule raison, alors que son égoïsme renfermé le portera à ne plus voir en eux que des ennemis, des trouble-fêtes, des gêneurs qui l'empêchent de jouir au gré de ses passions?

Le seul énoncé du programme de vie morale…


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Message  Louis Lun 05 Mar 2012, 7:14 am

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III. L’ÉDUCATION MORALE (suite)

Le seul énoncé du programme de vie morale qui doit être celui de tout individu humain, et qu'il doit commencer à réaliser, selon le degré de perfection qui sera possible pour lui, dès le premier instant de son éveil moral, n'est-il pas la condamnation absolue du système d'éducation négative inauguré par Rousseau ?

Pense-t-on qu'il y aura toujours trop de secours pour l'enfant à l'effet de l'amener à ordonner sa vie selon que le demande la dignité royale de sa nature?

N'est-il pas manifeste que l'éducation la plus attentive et la plus prévenante ne sera jamais trop à recommander et à promouvoir, surtout de la part des parents, chargés par la nature elle-même, nous le dirons bientôt, de former, dans le sens de la perfection morale, l'âme de leur enfant?

Nous trouvons, dans la plus belle page de notre histoire, un magnifique exemple de ce que doit être, même au degré le plus infime de la hiérarchie sociale, le rôle et la méthode de la vraie éducation. Aux juges qui l'interrogeaient, Jeanne d'Arc, humble fille des champs, répondait qu'elle ne savait ni A ni B, ce qui revenait à affirmer qu'elle n'avait reçu aucune formation littéraire. Mais, dans l'ordre de l'éducation morale, elle savait quelque chose ! Et ce qu'elle savait, elle disait l'avoir appris de sa mère. C'était le Pater, l'Ave et le Credo. Il n'en avait point fallu davantage pour faire de cette enfant l'héroïne de pureté, de loyauté, de générosité, d'amour de ses semblables, de ses parents, de sa Patrie, de Dieu, qui laisse dans une sorte de stupeur toute raison humaine amenée à contempler le spectacle de sa vie.

A suivre : IV. LA CULTURE

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