LA GUERRE AUX JÉSUITES

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Message  gabrielle Sam 19 Déc 2009, 6:20 pm

AU TRÈS-RÉVÉREND PÈRE BECKX
SUPÉRIEUR Général de la Compagnie de Jésus
Mon très Révérend Père,


Je suis profondément reconnaissant, et filiale ment heureux et touché, de ce que Votre Paternité ait daigné m'autoriser à lui faire la dédicace de ce modeste opuscule.

A qui mieux qu'à vous pouvais-je dédier ces pages qui rappellent l'histoire et exposent le mystère de notre vie persécutée? Qui plus que vous, en effet, sent le poids des persécutions qui, aujourd'hui comme toujours, s'attaquent aux enfants d'Ignace de Loyola? Comme saint Paul portait, dans son cœur d'apôtre, la sollicitude et ressentait les douleurs de toutes les Eglises ; ainsi vous portez, dans votre cœur de père, la sollicitude et ressentez les souffrances de notre Compagnie tout entière. Les coups redoublés qui, dans ces derniers temps, en Italie, en Sicile, en Espagne, en Suisse, en Allemagne, et ailleurs, ont frappé sur un si grand nombre de vos enfants, ont eu, — je le sais, — dans votre cœur paternel, un retentissement aussi douloureux que profond, et, parmi tous les successeurs de notre père saint Ignace, nul, peut-être plus que vous, n'a pu entendre, dans les perpétuelles angoisses d'un cœur tant de fois déchiré, l'écho de cette prophétique parole de notre saint fondateur : Vous serez toujours persécutés.

Puisse, mon Très-Révérend Père, ce petit livre trop peu digne de ce grand sujet, encourager et consoler tous les vrais enfants de l'Eglise catholique notre Mère, et en particulier, tous les vrais enfants de notre mère la Compagnie de Jésus, en leur révélant de plus en plus, à la lumière même de notre histoire, le mystère caché de cette parole de la Sainte-Ecriture, si bien faite pour consoler et encourager tous les persécutés de ce monde : « Tous ceux qui veulent vivre pieuseument en Jésus-Christ Notre-Seigneur, souffriront persécution » (II, Tim. m 12.)

Puisse, surtout, votre paternelle bénédiction, fécondée par votre prière, assurer à cette œuvre toute filiale le seul succès qu'ambitionne son humble auteur : faire mieux comprendre aux âmes prévenues ou obscurcies par le préjugé, la destinée, généralement, hélas, trop incomprise de notre petite Compagnie, appelée, par un dessein secret de la divine bonté, a réaliser dans son histoire la prière de son illustre fondateur, et surtout, à accomplir la prophétie du divin Maître lui-même : a Vous serez haïs à cause de mon nom; » (Matt. x, 22.) Daignez agréer, mon Très-Révérend Père, le pieux nommage que j'ai l'honneur et la joie de déposer à vos pieds. Permettez-moi d'y joindre celui de l'amour le plus filial, et du respect le plus profond avec lesquels je suis heureux de me dire, de Votre Paternité, le très-humble et très-obéissant fils en Notre-Seigneur.

J. Félix, s. J. Nancy, 22 novembre 1877-
LA GUERRE AUX JÉSUITES
OU
LES JÉSUITES ET LA PERSÉCUTION
PAR LE R.-P. FÉLIX
Discours prononcé le 31 août 1877 en l'église du Jésus, rue de Sèvres 35, à Paris
TROISIÈME ÉDITION
PARIS MAISON JOUBY & ROGER
A. ROGER & CHERNOVIZ, LIBRAIRES -EDITEURS
7 RUE DES GRANDS-AUGUSTiNS, 7
1878
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Message  ROBERT. Sam 19 Déc 2009, 7:59 pm

.

Merci chère amie, par ce nouveau fil, de mettre davantage d'éclairage sur la persécution (calomnies, médisances et j'en passe) faite à la Compagnie de Jésus...
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Message  gabrielle Dim 20 Déc 2009, 9:31 am

Voici qu'il a été posé comme un signe de contradiction.

Monseigneur (1),


Cette parole prophétique, que le vieillard Siméon laissait tomber sur l'Enfant de Bethléem, ne vous semble-t-il pas qu'elle aurait pu retentir, dans toute sa vérité, sur le berceau du grand homme, de l'admirable saint dont cette fête évoque aujourd'hui pour nous la glorieuse mémoire ?

Qui plus que lui, en effet, après Jésus-Christ lui-même, a rencontré dans l'humanité la contradiction, l'opposition, la guerre, la persécution ?

Cet homme, à tant de titres, digne de l'admiration et de la reconnaissance de ses semblables; cet homme qui, jeune encore, se révélait dans le monde comme le type accompli du gentilhomme, du soldat, du chevalier sans peur et sans reproche; cet homme qui, une fois entré dans la voie de la sainteté, y marcha à pas de géant, et, par des prodiges d'abnégation et de courage devint, en quelques années, grand même parmi les saints ; cet homme qui, rêvant la conquête du monde entier pour le salut des âmes et la gloire de Dieu, jeta dans la mêlée ardente des siècles nouveaux une vaste légion d'apôtres soldats, vouée tout entière et jusqu'à la mort à l'extension et à la défense du règne de Jésus-Christ; cet homme que tant de pontifes ont loué et que l'Eglise a placé sur ses autels: chose étrange ! cet homme est méconnu de cette humanité qu'il a voulu servir; et on peut bien le nommer, avec l'un de ses panégyristes, un sublime incompris.

Il a rencontré la contradiction dans toute sa vie, et il l'a rencontrée plus encore après sa mort. Tandis que l'Eglise catholique amis et maintenu sur son front l'auréole de la gloire et de la sainteté, il porte, au milieu de notre monde nouveau, une couronne d'opprobre et d'impopularité : « Mystère honteux pour « la nature humaine, » disait naguère un orateur chrétien, « que l'impopularité de « cet incomparable patriarche (1). » Or, l'impopularité attachée au nom de ce grand homme, qui s'appelle Ignace de Loyola, s'attache aussi partout et toujours à cette grande Institution qui est, dans les espaces et les siècles comme un prolongement et une extension de lui-même et qui se nomm la Compagnie de Jésus. Ignace de Loyola Compagnie de Jésus noms chers et doux de mon père et de ma mère ; noms à jamais bénis et à jamais vénérés, mais, en même temps, noms à jamais maudits et persécutés comme nul autre ne l'a été sur la terre!

Non, mes frères, non, jamais homme plus que cet homme, jamais institution plus que cette Institution, n'a réalisé la parole tombée sur le berceau du divin persécuté : «il sera un signe de contradiction.» Jamais homme n'a mieux reproduit, dans sa personne, la persécution de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; et jamais institution n'a mieux reproduit dans son histoire la persécution de notre Mère l'Eglise.

(1) Son Ex. le Nonce apostolique, Mgr Meglia.
(1) Le R. P. Caussette.
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Message  Marc-Étienne + R.I.P Dim 20 Déc 2009, 4:51 pm

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Saint Ignace de Loyola, priez pour nous.

.
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Message  ROBERT. Dim 20 Déc 2009, 5:02 pm

Marc-Étienne a écrit:
LA GUERRE AUX JÉSUITES S_igna10


Saint Ignace de Loyola, priez pour nous.

.

.

Dans ce cas-ci Marc-Étienne, votre image vaut au moins 10,000 mots !! ( pour ceux qui ne peuvent tout lire le texte de Gabrielle Wink ) cheers
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Message  gabrielle Mer 23 Déc 2009, 9:40 am

J'aurais voulu pouvoir montrer, dans un seul discours, ces deux grandes représentations; mais la matière dépasserait les limites que le temps et votre attention m'in-posent. Je considérerai donc surtout le phénomène de la persécution dans l'œuvre d'Ignace, c'est-à-dire, dans l'existence historique de la Compagnie de Jésus. Ce sera, en un sens vrai, la considérer encore en lui-même ; car, dans l'œuvre qu'il a laissée après lui, c'est lui encore, toujours lui qu'on persécute.

J'essayerai de montrer, dans la Compagnie de Jésus, autant du moins que le comporte un discours,le prodigieux phénomène de la persécution qui remplit et constitue toute son histoire : nous y verrons la représentation la plus douloureuse et, en même temps, la plus éclatante image de la persécution qui atteint, depuis bientôt deux mille ans, l'Eglise catholique elle-même.

Certes, mes frères, nous ne réclamons pas pour nous seuls l'honneur de cette destinée : représenter le Christ et l'Eglise persécutés. La persécution, tous les ordres religieux, et dans une mesure, tous les chrétiens la connaissent avec Jésus-Christ et son Eglise. Mais l'histoire est là ; elle a marqué plus spécialement notre famille religieuse du sceau de notre divin persécuté et de sa divine épouse. C'est ce caractère que-je voudrais surtout ici mettre en relief, en livrant à vos méditations un phénomène historique que l'on ne rencontre nulle part ailleurs, en dehors de l'Eglise elle-même. Toutes les familles religieuses représentent Jésus-Christ, mais elles représentent plus spécialement une face de Jésus-Christ : l'une représente mieux sa pauvreté, l'autre son austérité, une autre son humilité. Notre société a reçu la vocation de représenter davantage, dans son divin modèle, la vie persécutée.

C'est, en tout cas, le fait éclatant et public, le fait tout d'abord assez mystérieux de notre histoire. Montrer dans ses grandes lignes ce fait de notre destinée ; expliquer le mystère ou la raison secrète de ce fait, c'est le sujet et la division de ce discours. Ce que je vais dire tomberait mieux des lèvres d'un homme plus étranger que moi à l'Institut de Loyola. La Compagnie de Jésus est ma mère ; vous me pardonnerez d'en parler comme un enfant peut et doit parler d'une mère, avec un filial amour et une filiale franchise. Et parce que je considère tout ce pieux auditoire, si assidu dans ce sanctuaire, comme une sorte de prolongement de notre famille religieuse, j'oserai vous en parler avec la sainte et douce liberté de la famille. Ce n'est pas vous qui demanderiez à un fils, de taire les souffrances et de voiler les gloires de sa mère.

op cit
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Message  gabrielle Dim 27 Déc 2009, 8:34 am

Voici qu'il a été posé comme un signe de contradiction.


Cette parole prophétique, que le vieillard Siméon laissait tomber sur l'Enfant de Bethléem, ne vous semble-t-il pas qu'elle aurait pu retentir, dans toute sa vérité, sur le berceau du grand homme, de l'admirable saint dont cette fête évoque aujourd'hui pour nous la glorieuse mémoire ?

Qui plus que lui, en effet, après Jésus-Christ lui-même, a rencontré dans l'humanité la contradiction, l'opposition, la guerre, la persécution ?

Cet homme, à tant de titres, digne de l'admiration et de la reconnaissance de ses semblables; cet homme qui, jeune encore, se révélait dans le monde comme le type accompli du gentilhomme, dn soldat, du chevalier sans peur et sans reproche; cet homme qui, une fois entré dans la voie de la sainteté, y marcha à pas de géant, et, par des prodiges d'abnégation et de courage devint, en quelques années, grand même parmi les saints ; cet homme qui, rêvant la conquête du monde entier pour le salut des âmes et la gloire de Dieu, jeta dans la mêlée ardente des siècles nouveaux une vaste légion d'apôtres soldats, vouée tout entière et jusqu'à la mort à l'extension et à la défense du règne de Jésus-Christ; cet homme que tant de pontifes ont loué et que l'Eglise a placé sur ses autels: chose étrange ! cet homme est méconnu de cette humanité qu'il a voulu servir; et on peut bien le nommer, avec l'un de ses panégyristes, un sublime incompris. Il a rencontré la contradiction dans toute sa vie, et il l'a rencontrée plus encore après sa mort.

Tandis que l'Eglise catholique amis et maintenu sur son front l'auréole de la gloire et de la sainteté, il porte, au milieu de notre monde nouveau, une couronne d'opprobre et d'impopularité : « Mystère honteux pour la nature humaine, » disait naguère un orateur chrétien, « que l'impopularité de cet incomparable patriarche (1). » Or, l'impopularité attachée au nom de ce grand homme, qui s'appelle Ignace de Loyola, s'attache aussi partout et toujours à cette grande Institution qui est, dans les espaces et les siècles comme un prolongement et une extension de lui-même et qui se nomme la Compagnie de Jésus. Ignace de Loyola Compagnie de Jésus noms chers et doux de mon père et de ma mère ; noms à jamais bénis et à jamais vénérés, mais, en même temps, noms à jamais maudits et persécutés comme nul autre ne l'a été sur la terre!

(1) Le R. P. Caussette.
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Message  gabrielle Lun 28 Déc 2009, 11:05 am

Il m'est particullèrement doux de traiter un tel sujet devant un illustre représentant du Saint-Siège ; et je ne puis ne pas dire ici tout haut, combien je me sens heureux de recevoir pour moi, pour tous mes frères et pour tout ce pieux auditoire, dans votre bénédiction, la bénédiction de cet auguste persécuté qui se nomme Pie IX.

I

Ce qu'il faut considérer surtout, dans les instituts sortis des entrailles toujours fécondes de l'Eglise catholique, c'est le fait de leur existence, c'est le phénomène de leur vie historique. L'histoire est la manifestation visible des institutions.

Donc, ce qu'il importe, tout d'abord, de constater et de mettre dans une pleine lumière, c'est, au point de vue où nous sommes, le fait historique dè la persécution qui, depuis trois siècles, s'attaque avec une opiniâtreté toujours ancienne et toujours nouvelle, aux fils de Loyola, à la Compagnie de Jésus : fait prodigieux, fait unique, — en dehors de l'Eglise, — par les proportions qu'il présente, et qui nous apparaît comme une éclatante image de la persécution de l'Eglise elle-même.

Ce fait historique se produit, en effet, avec les trois dimensions et sous les trois aspects qui l'assimilent le plus possible à la persécution même dont l'Eglise est l'objet; autant du moins qu'un fait humain peut ressembler à un fait divin, et une chose périssable à une chose immortelle.

Comme l'Eglise et avec l'Eglise, depuis la première heure de sa vie, notre petite Compagnie est attaquée toujours, attaquée partout, attaquée en tout ; et, ce triple caractère de l'agression qui nous atteint, révèle dans notre histoire une persécution trois fois universelle, c'est-à-dire catholique, comme la persécution même de l'Eglise.

Et tout d'abord, ce qui frappe dans l'histoire de notre Compagnie, comme dans l'histoire de l'Eglise, c'est la continuité dans l'attaque, c'est la permanence dans la contradiction et la persécution. Chose étonnante ! L'Eglise, l'institution la plus sainte, la plus sublime, la plus pure, la plus bienfaisante et la plus vraiment salutaire, l'Eglise catholique, toujours contredite, toujours attaquée, toujours persécutée ! Jamais rien de semblable ne s'était vu et n'avait pu se voir dans le monde. Seule, la vérité pleine peut susciter cette opiniâtreté de la haine et cette permanence de la contradiction. Il y a là un fait miraculeux, une révélation du divin, qui ne se produit nulle part ailleurs.
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Message  gabrielle Mar 29 Déc 2009, 4:21 pm

Pourquoi, et dans quel dessein, Notre-Seigneur a-t-il voulu, au moins dans une certaine mesure, associer notre Compagnie à ce douloureux privilège de notre divine Mère, l'Eglise catholique? C'est son secret, et nous n'avons pas ici à le pénétrer. Nous constatons un fait, un fait rayonnant de l'éclat de sa propre évidence, et défiant toute contestation. Ce fait, le voici, vu sous sa première face : depuis plus de trois cents ans qu'il marche dans les orages de notre monde nouveau, le bataillon d'Ignace n'a pu trouver un jour de trêve, ni une heure de repos. On dit que le créateur de cette légion militante, eut la vision prophétique de cette étrange destinée. Lorsqu'il se rendit à Rome, pour obtenir du Saint-Siège la confirmation et la consécration de son œuvre, le Sauveur lui apparut près de la ville, portant la croix sur ses épaules, et il lui dit en le regardant : « Ignace, je « te serai propice à Rome; Romæ tibi propitius ero. »

Cette vision donna au saint fondateur la double certitude qu'il surmonterait tous les obstacles que son institution allait rencontrer à Rome même, et que cette institution une fois organisée elle aussi, porterait sa croix, et que la persécution ne lui manquerait jamais. On ajoute même qu'Ignace demanda et obtint pour les siens ce singulier privilège : être attaqués et persécutés toujours.

Ainsi, pour notre Compagnie, comme pour l'Eglise, la prophétie aurait précédé l'histoire de notre destinée. Si la prophétie est authentique, rapprochée de notre histoire, elle emprunte à ce rapprochement lui-même quelque chose qui touche au miracle; car la prophétie éclaire l'histoire, l'histoire éclaire la prophétie ; et ces deux lumières, en se rencontrant, doublent leur mutuelle clarté.

Quoi qu'il en soit de la certitude de cette vision prophétique, que je ne discute pas ici ; ce qui est hors de toute contestation, c'est ce fait déjà trois fois séculaire : la Société de Loyola persécutée toujours.

Comme le Christianisme, à peine née, la persécution la saisit au berceau. Cette légion nouvelle, que son chef nomme partout : Notre petite Compagniee; cette légion petite encore, en effet, par le nombre, mais déjà grande par l'héroïsme de ses premiers soldats, excite des susceptibilités, des ombrages et bientôt des haines.

Malgré la solennelle approbation du Pontife suprême, proclamant les nouveaux apôtres de forts rameurs de la barque dePierre; malgré les gigantesques conquêtes de François Xavier, qui donne à la catho licité tout un monde nouveau; malgré le rôle éminent que remplissent, au concile de Trente, d'autres frères d'Ignace; malgré une rapide et brillante floraison d'œuvres en tous genres, écloses sous le souffle ardent de la Société naissante; malgré les sympathies qui, de toutes parts, applau dissent à sa naissance et honorent son berceau : rien n'empêche la guerre d'éclater autour d'elle. Que dis-je?Ces gloires même du berceau multiplient les hostilités. Les hauts faits de ces commencements sèment les haines sur les pas de nos héros pacifiques; et l'œuvre d'Ignace, c'est-à-dire l'œuvre d'un persécuté, naît dans la persécution, pour marcher dans la persécution.
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Message  gabrielle Sam 02 Jan 2010, 10:07 am

A partir de ces temps héroïques, il est facile de suivre, dans l'histoire de la petite Compagnie, les principales étapes de sa vie persécutée, ou si vous voulez, les principales stations de sa vie crucifiée. Vous voyez, dans cette vie militante, l'agression succéder à l'agression, et quelquefois toutes ces agressions se rencontrer ensemble, pour essayer de l'accabler, de la décourager et même de l'anéantir.

Vous voyez, en première ligne, éclater l'agression ou la persécution protestante. Le protestantisme, dès l'origine, se révéla comme l'ennemi-né de la Compagnie de Jésus; et depuis, il n'a pas cessé, même un jour, de la poursuivre de ses haines irréconciliables. Pourquoi s'en étonner? La Compagnie naît en pleine explosion de la nouvelle hérésie; elle est la réaction directe contre le protestantisme; le combattre, et l'arrêter, est sa première raison d'être. Ignace fait équilibre à Luther, et son œuvre fait équilibre à la réforme.

Partout, ou peu s'en faut, en Allemagne, en Suisse, en France, en Angleterre, les conquêtes de l'hérésie reculent ou s'arrêtent devant les fils d'Ignace; et on peut dire tout haut, par la parole, ce qui brille dans l'histoire : à savoir, que ce qui est resté en Allemagne de vrai catholicisme, de ce catholicisme qui se ravive aujourd'hui dans la persécution, est dû, en grande partie, au zèle intrépide et militant des premiers soldats de la jeune Compagnie. De là, sur la tête de nos frères, une accumulation prodigieuse de rancunes, de calomnies, de haines, d'agressions de tout genre, de persécutions enfin, suscitées par le protestantisme.

Avec l'agresssion protestante, voici venir bientôt l'agression Janséniste moins armée contre nos frères, de force, de violence et de brutalité, mais plus armée de ruse, d'hypocrisie et d'habileté. La Compagnie de Jésus est l'épouvantail du Jansénisme ; et tout vrai fils d'Ignace est la bête noire de tout vrai disciple de Jansenius. C'est que, comme l'armée de Luther, l'armée de Jansenius trouve devant elle, pour la combattre et l'arrêter, le bataillon de Loyola. Aussi, contre ces adversaires qu'il rencontre partout, de la part du Jansénisme, quelle lutte acharnée, quelle guerre d'intrigues, de ruses, de mensonges et de falsifications ! Depuis le livre tristement célèbre du menteur illustre que Chateaubriand nommait bien « un calomniateur de génie, » jusqu'au plus misérable pamphlet du parti, quelle nuée de mensonges accumulés contre nous, et quelles montagnes de mépris accumulés par ces mensonges eux-mêmes !
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Message  gabrielle Dim 03 Jan 2010, 10:27 am

A ces deux agressions, une troisième allait s'unir en s'appuyant sur les deux autres, acceptées comme auxiliaires et complices; c'était l'agression anti-chrétienne, l'agression Voltairienne. L'apostat de ce Christ, qui l'avait marqué de son signe, était traitre aussi à cette compagnie, qui l'avait élevé dans son sein, et qu'il a juré d'exterminer. Le serment qu'il avait fait contre la religion de Jésus-Christ, il le fit aussi contre la société d'Ignace ; et l'abominable souhait que tirait de son cœur, contre l'Église et contre nous, ce patriarche de l'impiété moderne, je n'oserais pas le redire ici, tant le fond en est satanique et la forme révoltante!

Cet homme fatal, bientôt se nomma légion ; et cette légion de l'anti-christianisme naissant, elle aussi, rencontra, plus ou moins par tout, pour lui barrer la route, la légion d'Ignace, déjà aux prises avec les soldats de Luther et de Jansenius. Et, quand on se rappelle le mot d'ordre infernal donné aux siens par cet autre père du mensonge et de la calomnie : « Mentez, mentez hardiment; » on peut deviner, d'avance, ce que ce mauvais génie, —puisque que génie il y a, — a pu, avec tous ses complices non moins acharnés que lui-même, pour amasser contre nous dans son siècle, et transmettre à sa postérité, cet héritage de préjugés, d'erreurs, de mensonges, de calomnies, de mépris et de haines, que la Compagnie de Jésus retrouve toujours devant elle dans les générations naissantes.

Ceux qui voudront se rendre compte de ces trois agressions successives et quelquefois simultanées, du Protestantisme, du Jansénisme et du Voltairianisme, pourront déjà répondre à cette question qui se pose à notre égard devant les consciences même les plus honnêtes : pourquoi, contre les mêmes hommes, tant de haines accumulées? comment, contre des innocents, cette permanence de la persécution?

Certes, mes frères, ces trois armées un jour coalisées, et marchant contre nous comme un seul homme, c'était assez, c'était trop déjà pour nous écraser trois fois. Mais nous avions la vie dure; et, pour nous tuer tout à fait, il fallait que d'autres ennemis conspirassent avec ces ennemis. A cette triple agression il manquait, pour assurer sa victoire momentanée, l'agression de nos parlements et même de nos gouvernements.

Donc, un jour, ceux-ci donnant la main au Protestantisme, au Jansénisme et au Voltairianisme, firent contre nous le serment qu'Annibal avait fait contre Rome. Pour complaire à la haine de Luther, de Jansenius et de Voltaire, on jura d'exterminer la petite légion qui avait grandi dans la lutte, et, en ce temps-là, était devenue une armée de vingt-quatre mille soldats, répandus dans le monde entier. Un immense cri d'extermination retentit alors d'un bout de l'univers à l'autre, et surtout en Europe : A bas les fils de Loyola! « Pour sauver la société, il faut que la Compagnie de Jésus périsse. »
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Message  gabrielle Mar 05 Jan 2010, 9:00 am

En d'autres termes, pour sauver du naufrage le vaisseau de l'Etat déjà battu par le flot montant des tempêtes sociales il fallait que nous fussions jetés à la mer.

Des politiques vinrent, qui posèrent en axiome ce cri des haines et des impiétés rugissantes; et des ambassadeurs des rois très-chrétiens et très-catholiques, furent vus se donnant la main, pour mener à consommation ce souhait des impiétés et des haines conjurées. Les rois même, dont nous avions le plus défendu la puissance et connu les bienfaits, eux aussi, cédant au vent qui passait alors sur leurs trônes, se liguèrent et conspirèrent contre nous, pour obtenir que le Souverain Pontificat lui-même donnât le coup de la mort à cette armée de dévoués, organisée pour le défendre. Et un jour, obsédé jusqu'à une violence morale par les agents obstinés de cette quadruple conspiration, un pontife, protecteur-né de cette famille religieuse, est amené à la sacrifier, et à laisser jeter aux flots menaçants ces 24,000 rameurs de la barque de Pierre. Et bientôt, l'infortuné pontife, bourrelé de remords, et vengeant par un regret tardif le coup porté à ses propres défenseurs, fut entendu s'écriant dans une désolation suprême : « On m'y a forcé; je l'ai fait malgré moi... Compulsus feci! Compulsus feci!

L'histoire a raconté, et nous sommes heureux de nous faire ici un faible écho de sa voix véridique : ce coup du Père, atteignant à la fois 24,000 de nos frères, n'arracha de la poitrine même d'un seul, aucun murmure contre cette immense immolation. L'obéissance, cette loi souveraine de la compagnie, lui fit accepter, sans révolte et sans colère, même la mort : mort momentanée, mort violente et vraiment exceptionnelle, que Dieu sans doute n'avait permise, que pour donner un jour à l'Institut, par la gloire de sa résurrection, une ressemblance de plus avec le divin Persécuté. Quoi qu'il en soit, cette mort, destinée à arrêter la tempête sociale, grondant déjà dans le lointain, la précipita, au lieu de l'arrêter.
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Message  gabrielle Mer 06 Jan 2010, 10:08 am

La Révolution, débarrassée d'un adversaire qui lui faisait obstacle, accéléra sa marche sur la pente où la France glissait vers l'abîme. L'orage bientôt éclata ; et, dans quel nuage se coucha le siècle de Voltaire, l'histoire l'a écrit partout, avec du sang, sur des ruines immenses.

Et, quand la tourmente eut passé sur notre monde ravagé, la Compagnie immolée par Clément XIV, en 1773, rappelée de sa tombe par la voix de Pie VII, en 1814, reparut, comme son Christ, dans l'auréole des ressuscités.

Mais le mauvais génie qui avait demandé sa mort, la poursuivit après sa résurrection; et en deçà comme au-delà de cette tombe, d'où elle venait de sortir, pour reprendre sa vie militante, elle retrouva devant elle les mêmes ennemis, surtout la grande ennemie du Christ et de son Eglise, la Révolution, la Révolution qui se nomme communisme, qui se nomme socialisme, qui se nomme radicalisme, et qui, aujourd'hui, comme il y a cent ans, crie partout : Arrière les fils de Loyola ! Moi, la Révolution, je le proclame devant le monde entier, ils n'ont droit qu'à l'exil, à la spoliation et à la mort ; partout, toujours, je les poursuivrai, persequar; et, si je le puis, quand j'aurai dans ma main la puissance et le glaive, je les briserai, confringam eos; et ils ne subsisteront plus, et non poterunt stare.

Vous en conviendrez, mes frères, voilà dans notre histoire un fait déjà bien étonnant : être attaqués et persécutés toujours.

Mais l'étonnement redouble, lorsqu'on vient à considérer, que cette institution persécutée toujours, est, en même temps, persécutée partout. Comme il se rencontre à tous les points de la durée, il se rencontre aussi à tous les points de l'espace, des préjugés pour nous atteindre, des haines pour nous poursuivre, des glaives pour nous frapper.

Cette seconde face de notre histoire n'a pas moins lieu de nous étonner que la première ; nous y marchons d'étonnement en étonnement; et rien ici, si ce n'est l'Eglise elle-même, ne paraît déroger davantage aux lois ordinaires, que suit la persécution contre les hommes et les choses. Règle générale, les mêmes raisons d'attaquer les hommes ou les choses ne se rencontrent pas également partout. Comme les haines agressives et les fureurs persécutrices sont transitoires, elles sont locales; comme leur flamme ne brûle pas toujours, elle ne brûle pas partout. Toutes les nations ne se prennent pas, d'habitude, contre les mêmes hommes et les mêmes choses, des mêmes haines, des mêmes préjugés, des mêmes défiances. Souvent, ce qu'un peuple méprise, un autre l'honore; ce qui est persécuté à l'Orient, est applaudi à l'Occident. Et à moins de personnifier en soi tout ce que l'humanité abhorre, à moins d'être dans le monde humain quelque chose de monstrueux on ne soulève pas contre soi l'universalité de la répulsion de la haine et de la persécution.
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Message  Régis Mer 06 Jan 2010, 11:20 am

Gabrielle cite :

"Mais le mauvais génie qui avait demandé sa mort [Celle de la Compagnie de Jésus], la poursuivit après sa résurrection"

" Le Mauvais Génie" C'est dire que ce serait sous l'inspiration du Diable que Clément XIII a condamné à mort la Compagnie de Jésus !

OH OH ! C'est pas bien cela ! vous mériteriez d'être censurée Gabrielle !

Moi qui était presqu'à croire que vous aviez prouvé la pleine cohérence entre les principes et les actes des papes ! Vous faites machine arrière ! Vous citez des auteurs douteux !

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Message  gabrielle Mer 06 Jan 2010, 4:28 pm

Régis a écrit:Gabrielle cite :

"Mais le mauvais génie qui avait demandé sa mort [Celle de la Compagnie de Jésus], la poursuivit après sa résurrection"

" Le Mauvais Génie" C'est dire que ce serait sous l'inspiration du Diable que Clément XIII a condamné à mort la Compagnie de Jésus !

OH OH ! C'est pas bien cela ! vous mériteriez d'être censurée Gabrielle !

Moi qui était presqu'à croire que vous aviez prouvé la pleine cohérence entre les principes et les actes des papes ! Vous faites machine arrière ! Vous citez des auteurs douteux !

héhéhé! vous cherchez à me prendre en défaut, Régis ! LA GUERRE AUX JÉSUITES 626628

Je ne fais que citer le R.P. Félix de la Compagnie.

Je me suis dit, un membre de cette Ordre illustre devrait faire une analyse juste de son Ordre.

Ce n'est pas Clément XIII mais Clément XIV dont vous parlez.


Et un jour, obsédé jusqu'à une violence morale par les agents obstinés de cette quadruple conspiration, un pontife, protecteur-né de cette famille religieuse, est amené à la sacrifier, et à laisser jeter aux flots menaçants ces 24,000 rameurs de la barque de Pierre. Et bientôt, l'infortuné pontife, bourrelé de remords, et vengeant par un regret tardif le coup porté à ses propres défenseurs, fut entendu s'écriant dans une désolation suprême : « On m'y a forcé; je l'ai fait malgré moi... Compulsus feci! Compulsus feci!

Je cherche toujours à approfondir ce que je ne connais pas. Ce Père donne à entendre clairement que Clément XIV agit sous les pressions des forces du mal, et qu'il connut une grande amertume de ce geste, qui fit faire un pas de géant à la Révolution.

Je crois, que dans ce domaine, il faut faire très attention et rester très respectueux face au Pontife.

Je crois que le Père Félix, en bon Jésuite et en bon historien rencontre des critères sérieux de crédibilité.

L'Église est vraiment divine, des passages de sa vie, comme celui-là, le démontre de façon merveilleuse.
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Message  gabrielle Jeu 07 Jan 2010, 8:51 am

Or, nous voudrions en vain voiler cette seconde face de notre histoire : comme nous sommes repoussés, haïs et persécutés toujours, nous sommes, depuis trois siècles, repoussés, haïs et persécutés partout ; oui, partout, dans tous les pays, où nous avons dressé les pavillons de notre vie militante, nous avons été repoussés, haïs, persécutés, non pas de tous, remarquez-le bien, mais d'une fraction des générations vivantes. Par là éclate aux regards de tous, dans notre petite Compagnie, un second trait de ressemblance avec cette divine persécutée qui se nomme l'Eglise Catholique.

L'Eglise, en effet, a, si je le puis dire, cette catholicité de plus : la catholicité ou l'universalité de la persécution. Partout où cette immortelle voyageuse met le pied et lève son drapeau, elle se suscite des ennemis, des persécuteurs, des bourreaux ; et l'universalité de son martyre n'est ni moins miraculeuse ni moins divine que sa perpétuité.

Et ici encore, autant que l'humain peut imiter le divin, l'histoire de notre Mère la Compagnie de Jésus, imite l'histoire de notre Mère l'Eglise catholique. Ce qui est passé et ce qui est présent, ce qui est lointain et ce qui est proche, tout rend le même témoignage.

Ce qui est passé et ce qui est lointain, ah! comment pourrais-je le dire? et comment, en quelques mots, vous découvrir ces vastes horizons où notre Compagnie brille de la gloire douloureuse et parfois sanglante des persécutés ?

Parcourez, d'un vol rapide, toutes les contrées de la terre où nos frères ont paru, pour élever l'enfance, exercer le ministère, porter la parole de l'apostolat ou le sang du martyre : Quels rivages ne retentissent des malédictions de leurs ennemis?Quelle contrée ne les a vus attaqué?, insultés, proscrits, expulsés? Quels chemins, illustres ou obscurs, n'ont gardé la trace de leurs pieds fugitifs? Quel climat, quel ciel âpre ou clément ne les a vus emportés de toutes les patries, à travers tous les exils? Quelle nation, et pour ainsi dire, quelle cité ne garde un monument qui parle et dit jusqu'en son silence : c'est ici qu'ils priaient; c'est ici qu'ils parlaient; c'est ici qu'ils cultivaient nos âmes et formaient nos enfants, lorsqu'on les a chassés. Et, combien qui disent avec la voix funèbre des tombeaux : c'est ici qu'ils sont morts; c'est ici qu'on les a tués ; voici la trace de leur sang !.

Ces régions, ces peuples, ces cités qui les ont vu persécuter, exiler, proscrire, massacrer quelquefois, qui pourrait les énumérer seulement? Leurs noms déborderaient par-delà les limites de ce discours. Ah ! si j'avais le temps de vous faire un abrégé de cette prodigieuse histoire; vous nous verriez chassés de continents en continents de royaumes en royaumes de républiques en républiques de provinces en provinces et même de cités en cités emportés tour à tour à l'Orient et à l'Occident au midi et au septentrion balayés enfin comme la poussière des chemins par tous les vents de la persécution et comme elle, poussés par les souffles capricieux de l'ouragan, allant
retomber sur n'importe quel rivage de la terre!
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Message  gabrielle Jeu 07 Jan 2010, 11:05 am

Selon l'adage juridique, la présomption est en faveur du pape et pour établir qu'il a eu tort, il faut prouver apodictiquement qu'il s'est trompé

Mgr A. Battandier, Annuaire pontifical catholique 1921. p. 72
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Message  Catherine Jeu 07 Jan 2010, 2:01 pm

gabrielle a écrit:
Je crois, que dans ce domaine, il faut faire très attention et rester très respectueux face au Pontife.

EXACTEMENT! C'est vraiment très important!

Régis, c'est ce qui vous manque le plus. Vous n'hésitez pas à traiter tel ou tel pape de c..... Shocked comprenez donc que cette attitude pour le moins peu catholique ne peut que rebuter les âmes et faire du tort à la vraie religion.

On dirait aussi que vous faites constamment l'amalgame entre infaillibilité et impeccabilité.

Tout le monde ici reconnait que le pape n'est pas impeccable, qu'il peut pécher, qu'il peut aller en enfer, et même qu'il peut faire un choix pour l'Eglise qui n'est pas forcément le meilleur.
Par exemple: le Concordat de 1801 était-il le meilleur choix pour l'Eglise? C'est possible que non, (quoique moi je n’affirme rien du tout) mais le Pape en a fait ainsi, tout catholique doit se soumettre et ravaler ses propres prétentions, et surtout, toujours garder le respect envers le Souverain Pontife. Citations très belles:

http://deojuvante.forumactif.org/citations-diverses-f2/citations-amour-de-la-sainte-eglise-t267.htm

En revanche personne ici (mis à part vous) n'accepte de dire: le pape peut (et l'a effectivement fait) ordonner et permettre dans des documents officiels pour toute l'Eglise, un péché, et un péché des plus graves qui soient, le sacrilège.

Quant à votre petite remarque sur "Roma locuta, causa finita", ( https://messe.forumactif.org/un-brin-de-causerie-f11/bonne-annee-t1349.htm#24468 ) faites attention, cette citation est tout de même du grand Saint Augustin!
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Message  Régis Jeu 07 Jan 2010, 4:02 pm

Gabrielle a dit en citant Monseigneur Battandier :

Selon l'adage juridique, la présomption est en faveur du pape et pour établir qu'il a eu tort, il faut prouver apodictiquement qu'il s'est trompé.
Mgr A. Battandier, Annuaire pontifical catholique 1921. p. 72

Je pense que Monseigneur Battandier n'avait rien à dire ce jour-là. En effet, dire qu'il est nécéssaire de "prouver apodictiquement" c'est simplement dire avec un mot à racine grecque qu'il est nécesssaire de " prouver en donnant la preuve" à moins qu'il ait voulu dire que pour tous les autres lorsqu'ils ont tort, il n'est pas besoin de le prouver en donnant la preuve !

Ce qui ne veut pas dire que ce Monseigneur est un c.. selon le petit jeu de Catherine qui voudrait que toutes les critiques que j'ai faites ici sur Te Deum n'aient comme intention de prendre les personnes les plus éminentes pour des imbéciles...ce en quoi je serais parfaitement condamnable et le plus odieux qui soit.
Catherine pendant que tu y es, tu fais comme Sandrine avec Gérard, tu demandes sur le champs mon exclusion...ce seras plus clair !

Mais revenons à des choses plus intéressantes, Revenons à Monseigneur Battandier qui nous dit un autre jour... où il était sans doute plus inspiré... que le dernier des paysans peut bien donner sa petite leçon au plus grand des ministres. Je pense que l'intention de Mgr Battandier dans cette histoire était de faire comprendre que dans un sens ni dans l'autre, on peut se permettre de mépriser autrui :

Monsiegneur Battandier, savant vivarois, qui longtemps vécut à Rome racontait :

« Un cardinal achevait son repas, un repas fin, arrosé d’un vin vénérable, parfait. Survient son vieux fermier avec un sac d’écus : il le fait familièrement introduire dans sa salle à manger et, content de ce que lui apporte Pieteo, lui verse un plein verre de l’excellent vin qui restait sur la table. Le vieux paysan le hume, en boit une gorgée et se tait. Le prélat lui pose des questions diverses. Il y répond, serrant son verre dans sa main sèche, buvant à petits coups, puis repose le verre vide sur la table. Un peu vexé dans son amour propre, le cardinal va prendre le vin de l’office, un vin médiocre, et lui en sert une ample rasade. Et le Paysan de se répandre en compliments sur ce vin nouveau : Ah, Eminence, quel vin ! Quel vin Emminence… »
Il n’en finissait pas d’éloges quand le Cardinal excédé, l’apostrophe : « espèce d’animal, tu vantes ce vin ? Et l’autre alors ?
« Emminence, l’autre se vantait tout seul, mais celui-ci a bien besoin qu’on le vante pour passer »
Tiré du livre de Charles Forot, « Odeurs de forêt et fumets de table »

En tous cas, je félicite le Père Jésuite pour avoir su dire, bien mieux diplomatiquement que moi, ce qu'il pensait de la dissolution des Jésuites en trouvant comme bouc émissaire le "mauvais génie", seul responsable de tous les malheurs. Il a su mieux que moi mettre son poing dans sa poche !

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Message  Eric Jeu 07 Jan 2010, 4:36 pm

gabrielle a écrit:Selon l'adage juridique, la présomption est en faveur du pape et pour établir qu'il a eu tort, il faut prouver apodictiquement qu'il s'est trompé

Mgr A. Battandier, Annuaire pontifical catholique 1921. p. 72
Oui ... il faut prouver incontestablement qu'il s'est trompé ... Wink
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Message  Sandrine Jeu 07 Jan 2010, 4:40 pm

Catherine pendant que tu y es, tu fais comme Sandrine avec Gérard, tu demandes sur le champs mon exclusion...ce seras plus clair !

Oooohh ! J'ai fait ça moi ? pirat

Probablement à cause d'attaques gratuites envers des Souverains Pontifes ... Wink

Que voulez-vous, je suis Papiste, c'est plus fort que moi !

Catherine a écrit:
EXACTEMENT! C'est vraiment très important!

Régis, c'est ce qui vous manque le plus. Vous n'hésitez pas à traiter tel ou tel pape de c..... Shocked comprenez donc que cette attitude pour le moins peu catholique ne peut que rebuter les âmes et faire du tort à la vraie religion.

On dirait aussi que vous faites constamment l'amalgame entre infaillibilité et impeccabilité.

Tout le monde ici reconnait que le pape n'est pas impeccable, qu'il peut pécher, qu'il peut aller en enfer, et même qu'il peut faire un choix pour l'Eglise qui n'est pas forcément le meilleur.
Par exemple: le Concordat de 1801 était-il le meilleur choix pour l'Eglise? C'est possible que non, (quoique moi je n’affirme rien du tout) mais le Pape en a fait ainsi, tout catholique doit se soumettre et ravaler ses propres prétentions, et surtout, toujours garder le respect envers le Souverain Pontife. Citations très belles:

http://deojuvante.forumactif.org/citations-diverses-f2/citations-amour-de-la-sainte-eglise-t267.htm

En revanche personne ici (mis à part vous) n'accepte de dire: le pape peut (et l'a effectivement fait) ordonner et permettre dans des documents officiels pour toute l'Eglise, un péché, et un péché des plus graves qui soient, le sacrilège.

Quant à votre petite remarque sur "Roma locuta, causa finita", ( https://messe.forumactif.org/un-brin-de-causerie-f11/bonne-annee-t1349.htm#24468 ) faites attention, cette citation est tout de même du grand Saint Augustin!

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Message  Eric Jeu 07 Jan 2010, 4:52 pm

Catherine a écrit :
... et même qu'il (le Pape) peut faire un choix pour l'Église qui n'est pas forcément le meilleur.
Shocked
... c'est à dire ?
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Message  gabrielle Jeu 07 Jan 2010, 5:11 pm

Voici le passage de "La règle de la Foi" du Pèe Goupil page 37

Nous ne prétendons pourtant pas que la loi ecclésiastique, bonne généralement, ne puisse avoir des inconvénients particuliers; mais nous disons que par elle le bien commun est procuré, et qu'elle offre toujours plus d'avantages que d'inconvénients. Nous ne disons pas que la loi ecclésiastique soit en chaque cas la meilleure ni la plus opportune, et c'est pourquoi il est permis d'en poursuivre respectueusement la modification ou même l'abrogation; mais nous disons que, telle quelle, elle est utile au bien des âmes...

En raison de cela, des Pontifes ont abroger des lois de leur prédécesseurs.

Pie VII a changer la loi de Clément XIV parce qu'il a trouver que cette loi n'était pas la meilleure, sans cela une loi parfaite qui y toucherait
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Message  Régis Jeu 07 Jan 2010, 5:38 pm

Eric a écrit :

Catherine a écrit :
... et même qu'il (le Pape) peut faire un choix pour l'Église qui n'est pas forcément le meilleur.

Ce à quoi répond Eric :

... c'est à dire ?

Catherine CENSUREE par les siens...pour avoir laissé supposer que le pape n'était pas infaillible en tout.

Cependant, elle ne s'est jamais permise de dire qu’un pape avait eu tort sur un point précis ou sur un autre !

On aura tout vu !

On a vu que Clément XIV avait dissout les jésuites sous la pression des Bourbons. Sachant que son prédecesseur, Clément XIII s’est obstinément refusé à agir sous cette pression, comment ce genre de pression peut-il justifier Clément XIV ?

Exemple d’agissement sous la pression.

C’est sous la pression des juifs convertis que Saint Pierre s’est dispensé de manger avec les gentils convertis ! Et ce fut la raison de l’interventions musclé de St Paul qui l’accuse de ne pas marché selon le chemin de l’Evangile.

C’est aussi « sous la pression du Saint Père » que Marcel fonde l’Eglise conciliaire comme il croit s’en justifier !

« Moi-même, j’ai signé beaucoup de schémas du Concile, mais je dirais sous la pression morale du Saint Père. Si le Saint Père signe moralement je suis obligé de signer. Mais c’est un peu à contrecœur . »

Il me semble que vous n’aimez pas les papes quand ils sont libres, quand ils agissent librement…c’est à dire par rapport aux principes auxquels ils croient. Vous préférez les papes lorqu'ils ont agi sous la pression des hommes.

BIZARRE ! Vraiment BIZARRE !

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Message  Eric Jeu 07 Jan 2010, 5:40 pm

gabrielle a écrit:Voici le passage de "La règle de la Foi" du Pèe Goupil page 37

Nous ne prétendons pourtant pas que la loi ecclésiastique, bonne généralement, ne puisse avoir des inconvénients particuliers; mais nous disons que par elle le bien commun est procuré, et qu'elle offre toujours plus d'avantages que d'inconvénients. Nous ne disons pas que la loi ecclésiastique soit en chaque cas la meilleure ni la plus opportune, et c'est pourquoi il est permis d'en poursuivre respectueusement la modification ou même l'abrogation; mais nous disons que, telle quelle, elle est utile au bien des âmes...

En raison de cela, des Pontifes ont abroger des lois de leur prédécesseurs.

Pie VII a changer la loi de Clément XIV parce qu'il a trouver que cette loi n'était pas la meilleure, sans cela une loi parfaite qui y toucherait
Bonsoir Gabrielle,
Le texte du père Goupil, posté ci-dessus, est-il une "réponse" à l'inquiétude (soumise à Catherine) qui précède ?
Aussi, quel rapport avec le sujet qui nous occupe ?
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