L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

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L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 7:41 am



L'UNION DES ÉGLISES

ET

L'UNITÉ DE L'ÉGLISE 1



EN 1910, dans une convention générale de l'Eglise épiscopalienne tenue à Cincinnati, l'idée fut émise d'un grand congrès auquel prendrait part tout l'univers chrétien. Ce projet, confié à un comité spécial d'organisation, était en marche, lorsque la guerre éclata. L'immense conflit devait, fatalement, en retarder l'exécution. Mais les promoteurs ne se sont pas découragés : loin de là.

Une brochure 2 publiée l'an dernier par la Commission préparatoire motivait ainsi l'œuvre projetée :

La civilisation chrétienne est en danger. Au règne de la justice et de la paix préconisé par le Christ, on s'efforce de substituer le règne de la force et de la violence. Toutes les horreurs de la guerre actuelle, toutes les ruines qu'elle a semées dans le monde, toutes les victimes qu'elle a immolées, ne sont que le fruit de l'amoindrissement de l'esprit chrétien. On a besoin de retourner au Christ, si l'on veut sauver la société et la civilisation chrétienne. Et, pour atteindre ce but, il faut réunir en une seule armée toutes les forces chrétiennes, il faut rendre visible l'unité organique du corps mystique du Sauveur.


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1. Le Canada français, juin 1919.
2. De unione Ecclesiarum ac totius christianœ societatis congressu (vulgo " The World Conférence " ).

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Re: L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 7:42 am


I

[Diverses tentatives]


L'union des Eglises est un souci qui hante depuis longtemps le cerveau des hommes de bien. Rien n'est plus désolant que le spectacle du monde religieux scindé par le schisme de Photius, la Réforme de Luther et la rupture de Henri VIII, en une multitude de collectivités chrétiennes indépendantes.

De bonne heure les Pontifes romains prirent à tâche de réconcilier l'Orient et l'Occident. Les conciles de Lyon et de Florence resteront d'impérissables monuments de leur désir de paix.

N'ayant pu empêcher la séparation, on les voit, dit un auteur 3 continuer à tourner leurs regards vers l'Orient ; y envoyer leurs légats pour faire sans cesse des propositions de paix ; profiter de toutes les occasions pour renouveler leurs pressants appels à l'union, sans se laisser rebuter par les résistances ; prendre la défense des liturgies, des rites et de la discipline des Eglises orientales contre le zèle trop exclusif de certains ouvriers de l'union ; fonder et entretenir à Rome même des églises et des écoles de rite oriental ; en un mot, épuiser les efforts d'une charité qui ne se lasse jamais, parce qu'elle se renouvelle sans cesse au contact du cœur toujours aimant de Jésus.

Pour ne parler que des derniers papes, Pie IX, par son zèle et sa vigilance, put étouffer au milieu des Arméniens catholiques une tentative de schisme. Léon XIII prodigua à toutes les Eglises d'Orient, sous les formes les plus diverses, les marques de la plus constante sollicitude, s'appliquant surtout à ne pas heurter leurs légitimes susceptibilités, mais à favoriser chez elles le recrutement d'un clergé indigène et l'établissement d'institutions nationales 4 Benoît XV, il y a trois mois, dans une allocution solennelle, réitérait aux dissidents l'appel de l'Eglise mère.

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3. R. P. Michel, L'Orient et Rome, p. XI (1894).
4. Voir les deux lettres Orientalium dignitas (30 nov. 1894) et Christi nomen (24 déc. 1894).

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:02 am


Il est triste de constater que tant d'efforts, sans avoir absolument été vains, n'ont pu encore triompher de l'obstination et des préjugés de la masse schismatique. L'action catholique, auprès des adeptes du schisme, est contrecarrée, surtout de nos jours, par l'influence protestante. Les protestants trouvent en eux des alliés naturels. Leur commune hostilité contre Rome forme un terrain d'entente sur lequel l'or et les livres de l'Allemagne, de l'Angleterre et des Etats-Unis, font surgir toutes sortes d’œuvres de propagande anticatholique et même antichrétienne 5.

On évalue à près de cent millions le nombre des chrétiens des différentes Eglises orientales séparés de l'Eglise catholique 6.

Ce chiffre est encore bien au-dessous de celui des membres des sectes protestantes répandues sur presque toute la surface du globe. Le libre examen d'où est née la Réforme luthérienne et, après elle, la scission anglicane, mène logiquement à la multiplicité croissante des systèmes, à l'émiettement indéfini des doctrines.


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5. MICHEL, ouv. cit., ch. VI et VII.
6. Id., ibid., p. 33.

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:02 am


Beaucoup de protestants, soucieux de l'avenir, déplorent ces divisions. Les uns voudraient lever la barrière qui sépare les Eglises protestantes de l'Eglise catholique et romaine, et on sait que ce fut là l'un des rêves de l'illustre Leibniz. D'autres voudraient, du moins, établir une certaine liaison organique entre les communautés protestantes elles-mêmes, si nombreuses, si divergentes, et si dépourvues de ce ciment social qu'est l'autorité 7. D'autres enfin embrassent du regard tout l'horizon chrétien, et projettent une vaste association dont les cadres soient assez larges pour accueillir toutes les âmes qui croient en Jésus-Christ.

C'est ainsi qu'en 1857, sous l'influence du grand mouvement religieux d'Angleterre, une ligue de prières fut fondée dans le dessein de promouvoir l'unité de la chrétienté, et d'arriver à réunir sous un commun drapeau l'Eglise romaine, les Eglises d'Orient, et les Eglises protestantes, surtout l'Eglise anglicane 8 Dans les congrès pan-anglicans du siècle dernier et de l'aurore de ce siècle, cette question de l'union a tenu une place dominante. Elle a fait l'objet de discussions très vives, maintes fois renouvelées, et de plans conciliatoires plus ou moins nettement définis.


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7. Que de fois, par exemple, les divers organes de l'opinion protestante canadienne, synodes, journaux, revues, n'ont-ils pas exprimé ce vœu ?
8. The Catholic Encyclopedia, vol. XV, p. 149.

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Re: L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:04 am


Les catholiques, de leur côté, n'ont rien négligé pour dissiper chez les dissidents les nuages du doute, pour faire partout la lumière sur les dogmes de l'Eglise et les conditions de l'unité religieuse. Associations de prières 9, apostolat spécial, cours de controverse, débats historiques et théologiques menés avec tout le calme et tout le sérieux que requiert une cause de cette importance, tout a été mis en œuvre. Le mouvement d'Oxford, qui a ébranlé jusque dans ses bases la société anglo-protestante, et qui ne cesse d'entraîner vers Rome tant d'esprits désabusés, a montré, en particulier, deux choses : la sincérité et la droiture d'un très grand nombre de nos frères séparés, les protestants, et l'efficacité de la campagne de persuasion et de grâce organisée par les apôtres catholiques en faveur de l'union chrétienne véritable.

A la tête de cette croisade se dresse, le front nimbé de gloire, le grand Léon XIII qui, par une longue série d'actes, mais surtout par deux lettres apostoliques remarquables, l'une aux peuples et aux princes de l'univers 10 l'autre au peuple anglais 11, et par une encyclique très élaborée sur l'unité de l'Eglise 12, a posé devant le monde, en termes très clairs, la question de l'unité religieuse, les raisons pressantes, et les éléments indispensables de cette unité. Ces graves documents suivaient de très près, et commentaient en quelque sorte l'événement considérable et retentissant enregistré dans l'histoire sous le titre de " Parlement des religions," et qui eut lieu à Chicago en 1893.


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9. Parmi les plus récentes, mentionnons l'Octave de prières pour l'Unité de l'Eglise (18-25 janvier), approuvée par plusieurs évêques, et sanctionnée par Benoît XV dans un Bref apostolique du 25 février 1916.
10. Lettre Prœclara gratulaltionis (20 juin 1894).
11. Lettre Amantissimœ voluntatis (14 avril 1895).
12. Encycl. Satis cognitum (29 juin 1896).

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:05 am


Cette année-là même, une Exposition colossale attirait vers la métropole de l'Ouest des visiteurs de tous les pays. On avait eu l'idée, à cette occasion, de convoquer des délégués de toutes les Eglises chrétiennes et de toutes les confessions religieuses 13, de les mettre en contact dans une assemblée pacifique, de provoquer de leur part de fidèles exposés de doctrine, et de rechercher, par ce moyen, certaines bases de croyances communes et d'universelle fraternité. Le Congrès, réuni à la date fixée, se composait de cent-soixante-cinq membres, en majorité protestants, mais parmi lesquels figuraient des représentants du schisme oriental, du judaïsme, de l'islamisme, des religions de la Chine, du Japon et des Indes, et même quelques catholiques. La présence de ces derniers, dans un tel amalgame de personnes et de systèmes, parut étrange à plusieurs. Nous n'avons pas ici à la discuter.

Quoi qu'il faille en penser, cette expérience hardie et pour le moins singulière ne semble pas avoir produit tous les effets espérés par ses auteurs. Et voici que sur ce même sol d'Amérique où germent tant de projets, et où abondent tant d'entreprises, vient d'éclore la pensée d'un nouveau congrès mondial, limité cette fois aux Eglises qui se partagent l'empire des consciences chrétiennes. Les motifs allégués, dans la brochure citée plus haut, en faveur de ce congrès, sont touchants, et constituent des aveux précieux.

On y déplore les maux innombrables causés par l'absence d'unité de vues et d'action chez les disciples du Christ : l'affaiblissement de l'esprit religieux, et de l'influence religieuse, aux Etats-Unis spécialement, où pas moins de cent-soixante sociétés soi-disant chrétiennes se font la guerre ; le règne néfaste de l'école neutre où le nom même du Sauveur des hommes est ignoré ; le mépris de la grande loi d'amour apportée par Notre-Seigneur au monde, et que le monde vient de fouler aux pieds avec une fureur sans bornes et dans une lutte internationale sans exemple. " Chose lamentable, s'écrient les promoteurs du congrès, nos Eglises, privées d'ascendant sur les peuples, n'ont rien fait pour éteindre cette fureur et mettre fin à ce conflit 14. "

Que faut-il donc faire ? restaurer l'influence chrétienne si tristement déchue, en rétablissant l'accord et l'union des chrétiens. C'est l'Eglise épiscopalienne, ou anglicane américaine, qui prend l'initiative de cette œuvre de paix. L'anglicanisme, par sa constitution, sa doctrine, ses rites, tient, affirme-t-on, le milieu entre les autres confessions protestantes, et le catholicisme et le schisme d'Orient. Il semble donc que l'Eglise anglicane d'Europe ou d'Amérique, soit plus en mesure que toute autre organisation religieuse, de provoquer et de favoriser un mouvement d'union.

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13. Voir les Etudes des PP. Jésuites (sept.-oct. 1894).
14. De unione Eccl., p. 4.

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:07 am


II

[Systèmes d'union proposés par les protestants]


Sur quel terrain, et d'après quels principes, cette union pourra-t-elle s'effectuer ? C'est le point difficile, la pierre d'achoppement où se brisent les plus louables efforts.

On distingue, en dehors du programme catholique, quatre systèmes auxquels peuvent se réduire les différentes opinions professées en cette matière : le système de l'action ; le système des dogmes fondamentaux ; le système de la fusion ; et celui de la fédération.

Il fut proposé, au " Parlement des Religions " de Chicago, de baser l'entente chrétienne sur une action commune où toutes les Eglises se donneraient la main, l'action biblique, l'action évangélique. " Illusion naïve, fait observer le Père Portalié 15 ! Comment s'unir pour prêcher, si on ne s'entend pas sur la doctrine à répandre ? Cette Bible que l'on portera sur toutes les plages, la donnera-t-on comme un livre divin, ou bien comme une œuvre humaine qu'il faut savoir corriger ? Et le Christ que vous prêcherez, est-il Dieu ou n'est-ce qu'un homme ? "

D'après une loi profonde de notre nature rationnelle, l'acte humain se rattache à l'intelligence par la volonté d'où il émane, et qui elle-même puise ses motifs d'agir dans l'idéal qu'elle poursuit, et règle son activité sur les maximes et les préceptes auxquels elle est soumise 16.


_____


15. Etudes, t. LXIII, p. 24.
16. Voir ce qu'a écrit, dans sa Somme, saint Thomas d'Aquin sur le rôle de l'intelligence par rapport à la volonté, et sur le rôle de la loi par rapport à l'action.

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:13 am


Cette philosophie de l'action nous fait bien voir que, s'il est possible et même facile à des hommes de croyances différentes de se grouper et de s'associer sur un terrain strictement politique et économique, l'accord ne se forme pas si aisément dès que la doctrine entre en jeu. L'action morale, l'action sociale, l'action politique elle-même sous certains aspects et en certaines questions mixtes, supposent des principes supérieurs et régulateurs de la vie, principes reconnus, immuables, et sur lesquels on ne peut transiger sans forfaiture envers Dieu et envers sa conscience. C'est donc une utopie, doublée d'une erreur grave, que de prétendre rallier toutes les forces chrétiennes sous l'étendard de l'action, autour de l'entreprise morale ou religieuse, sans tenir compte des exigences des dogmes et de la diversité des symboles.

La plupart de nos frères séparés le comprennent. Et voilà pourquoi plusieurs d'entre eux proposent aux Eglises de s'entendre sur quelques vérités qu'ils estiment tout à la fois fondamentales et suffisantes. D'après les auteurs du programme anglican rédigé à Lambeth en 1888, ce minimum doctrinal consisterait dans les quatre chefs suivants : l'Ecriture comme règle de foi ; les deux symboles des Apôtres et de Nicée ; les deux sacrements de Baptême et d'Eucharistie ; et l'Episcopat.


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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:52 am


Par ces formules favorables à certains dogmes et exclusives d'autres matières de foi, on ramène une vieille distinction déjà posée par les docteurs protestants, en particulier par Jurieu, auquel Bossuet répondit avec tant de vigueur 17. Dans le sens que nos adversaires lui donnent, cette distinction est pleine d'équivoques, inconnue de l'antiquité chrétienne et de la tradition ecclésiastique, étrangère aux enseignements de la Bible, restrictive de la parole de Dieu. Les protestants la font pour élargir les portes de l'Eglise et y admettre indistinctement toutes les sectes. L'Eglise romaine aussi la fait, mais non " pour retenir dans son sein ceux qui, en recevant ces points principaux, nieraient les autres, qu'elle a reconnus pour expressément révélés. Au contraire, dès qu'on rejette quelqu'un de ces articles, quel qu'il soit, elle croit qu'on renverse le fondement, et qu'on ébranle, autant qu'il est en soi, la pierre sur laquelle la foi du fidèle est appuyée 18. "

Autre chose, d'ailleurs, est le dogme, autre chose la discipline. Et si la doctrine révélée par Jésus-Christ, et promulguée par son Eglise, forme un tout solide, et un bloc infrangible 19, il n'en est pas de même de l'ensemble des lois et des règles positives imposées aux fidèles, selon les temps et les lieux, pour le gouvernement de leur vie. Les Papes ont eu bien soin de rassurer là-dessus les Orientaux, en leur proposant l'union avec Rome. " Il n'est rien, leur déclarait Léon XIII 20 qui soit de nature à vous faire craindre, comme conséquence de ce retour, une diminution quelconque de vos droits, des privilèges de vos patriarcats, des rites et des coutumes de vos Eglises respectives. Il a toujours été dans les traditions du Siège apostolique, et il sera toujours dans ses intentions d'user envers chaque peuple d'un grand esprit de condescendance, et d'avoir égard, dans une large mesure, à ses origines et à ses coutumes."


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17. Avertissements aux protestants sur les lettres du ministre Jurieu (VIe avert.).
18. Bossuet, ibid., n. LXVI.
19. S. Thomas, Som. théol., II-II, q. V, art 3. — Voir, dans Etudes et Appréciations. Fragments apologétiques, notre étude contre l'intégralisme.
20. Lettre Prœclara gratulationis.

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:55 am


Le troisième système mentionné comme méthode d'union interconfessionnelle, est la fusion. Beaucoup d'esprits, en certains pays, méditent le fusionnement des races, pour arriver au fusionnement des croyances. Et rien ne sert mieux leur dessein que l'éther subtil du doute, de l'agnosticisme, du concessionisme, qui pénètre et volatilise tous les dogmes.

Un fort courant libéral traverse le protestantisme moderne, et l'entraîne vers le vague des doctrines rationalistes. Le rationalisme est le creuset où l'on espère que les diverses confessions religieuses, hostiles jusqu'ici les unes aux autres, vont se mêler, s'adapter, se confondre, subir un travail puissant d'évolution, et prendre enfin une forme rajeunie qui convienne à tous les croyants.

C'est cette œuvre qu'accomplit, comme par une loi fatale, la libre pensée protestante, dont l'effort radical s'accuse de plus en plus. C'est cette œuvre aussi qu'ont tentée, du côté catholique, les docteurs audacieux du modernisme, on sait avec quels succès d'abord, puis avec quelle humiliante déconvenue.

La fusion, la transformation des doctrines rêvée par les nouveaux prophètes, serait la destruction même du christianisme. Nous ne faisons que répéter le jugement sévère, mais juste, porté par Pie X : "Si quelqu'un, a écrit ce Pontife clairvoyant 21, s'était donné la tâche de recueillir toutes les erreurs qui furent jamais contre la foi et d'en concentrer la substance et comme le suc en une seule, véritablement il n'eût pas mieux réussi. Ce n'est pas encore assez dire : les modernistes ne ruinent pas seulement la religion catholique, mais toute religion."

C'est faire injure à Dieu, à Jésus-Christ, à l'Eglise, à ses Conciles les plus augustes, à ses Pères les plus éclairés, à ses théologiens les plus éminents, que de jeter pêle-mêle, dans le moule d'un symbole rénové, l'hérésie, l'orthodoxie et le schisme, et de prétendre fondre ensemble des thèses qui se contredisent, et des croyances qui se repoussent.

On ne traite pas les choses de la foi par des procédés de laboratoire et des formules de chimie.


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21. Encycl. Pascendi dominici gregis, 8 sept. 1907.

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:57 am


Les promoteurs du congrès pan-chrétien, dont nous étudions le projet, visent, semble-t-il, autre chose. C'est plutôt une fédération des Eglises qu'ils proposent.

Au parlement des religions de Chicago, le Dr Schaff avait déjà émis cette idée : "Il crut trouver, nous dit le P. Portalié 22 dans le système fédératif des Etats-Unis, le secret pour réunir les diverses Eglises. Chacune conservera, s'il lui plaît ainsi, son nom, son organisation, ses rites, et jusqu'à ses formules dogmatiques ; mais une association les englobera toutes dans une vaste unité, comme la République américaine embrasse sans les confondre les divers Etats. "

C'est l'idée fédérative qui nous paraît l'âme du programme esquissé par les initiateurs de la nouvelle convention des Eglises. Ce programme formule les conditions suivantes 23 comme éléments essentiels d'un accord :

1o Unité de foi, et unité de vie religieuse et surnaturelle répandue dans tous les membres du corps chrétien.
2o Mais cette unité doit s'entendre de telle sorte qu'elle ne soit pas incompatible avec la variété des cultes et la diversité des régimes, et qu'elle comprenne, dans ses cadres très souples, tous les aspects sous lesquels se manifeste la foi et l'espérance chrétienne.
3o Elle devra donc ne pas être simplement le fait d'une époque ou d'une génération, mais couvrir de son réseau tous les âges et accueillir dans son sein toutes les richesses, passées, présentes et futures, de doctrine et de vie, dont le christianisme a été et peut être la source.


Le plan, on le voit, est très vaste. Et à l'ombre du principe d'unité qui y est affirmé, les interprétations les plus diverses du dogme et de la morale sont admises, toutes les expériences de la conscience chrétienne peuvent se donner libre cours, tous les cultes et toutes les organisations gardent leur autonomie. C'est une juxtaposition des différentes sociétés religieuses, une alliance des écoles confessionnelles, une confédération des Eglises. La guerre, par les rapprochements dont elle a fourni l'occasion, par les promiscuités auxquelles elle a donné lieu, a dissipé bien des malentendus et déterminé bien des sympathies entre des esprits et des groupements rivaux. L'heure semble donc propice pour essayer d'unir en une seule et grandiose association tout l'univers chrétien.


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22. Etudes, t. cit., p. 26.
23. De union. Eccl, p. 31.

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:58 am


Tel est le rêve caressé par des hommes très sincères qui veulent la paix des âmes, l'accord et le concours de toutes les bonnes volontés, et qui implorent, à cette fin, dans des prières émues et dignes de prendre place sur des lèvres catholiques, la grâce et la miséricorde de Dieu.

Nous rendons hommage à des intentions si droites, à un zèle de si haute charité. Et c'est, nous le disons franchement, avec un très vif regret que nous jugeons le mode d'union ci-dessus indiqué plus spécieux que juste, et que nous le déclarons, en ce qui regarde l'Eglise romaine, absolument irréalisable.

Comment concevoir une fédération d'Eglises si distantes de toutes manières ; si disparates par le culte, si divisées par la doctrine et par la hiérarchie ; qui ont rempli l'histoire du bruit de leurs luttes, des échos de leurs discussions sur les vérités essentielles au salut ; dont l'une, l'Eglise catholique, se montre si jalouse de son indépendance vis-à-vis des gouvernements civils, lorsque presque toutes les autres se plient au joug de l'Etat ? Quel serait le code juridique reconnu, et indiscutable, de cette association factice ? Sur quelle règle de foi serait-il établi ? Accepterait-on l'autorité et la suprématie de l'Evêque de Rome dont les titres sont sacrés, et dont les prérogatives sont inaliénables ? Se soumettrait-on à ses décisions, à son magistère infaillible ?

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 8:58 am


Le programme épiscopalien pèche par sa base même. Il abandonne le vrai en soi où s'appuie et se fonde la conception traditionnelle des doctrines et la juste notion du droit et de la morale, pour s'en remettre " aux divers aspects de la foi et de l'expérience tels qu'ils se sont révélés à travers les siècles chrétiens." C'est négliger ce qui est pour s'attacher à ce qui paraît. C'est substituer l'opinion au dogme, le système subjectiviste à la sûre et franche méthode de l'objectivité. Croit-on vraiment possible de concilier et de mettre d'accord deux règles de la croyance et de la conduite si divergentes dans leurs principes et si opposées dans leurs résultats ?

Jamais l'Eglise catholique ne s'écartera du roc solide où Dieu l'a assise, et où elle s'est maintenue pendant dix-neuf siècles, pour entrer dans une alliance construite sur le sable.

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 9:04 am


III

[Unique solution]


L'union chrétienne, les catholiques, certes, la désirent. Ils en sentent le besoin impérieux. Ils en perçoivent les avantages supérieurs. Ils l'appellent de toute l'ardeur de leurs prières et de toute l'énergie de leurs âmes. Mais ils la veulent telle que le Christ lui-même l'a conçue, et ils la recherchent par le seul moyen qui peut la créer : l'unité de l'Eglise.

Nul Pape n'a prononcé plus souvent des paroles de paix, n'a tendu aux Eglises dissidentes des bras plus accueillants, que l'immortel Léon XIII.

Voyons en quels termes, et à quelles conditions, ce grand Pontife prêche l'union :

Sous l'empire, non pas de quelque motif humain, mais de la charité divine et du zèle du salut commun, Nous vous demandons, écrit-il en s'adressant aux schismatiques d'Orient 24, le rapprochement et l'union. Nous entendons une union parfaite et sans réserve ; car telle ne saurait être aucunement celle qui n'impliquerait pas autre chose qu'une certaine communauté de dogmes et un certain échange de charité fraternelle. L'union véritable entre les chrétiens est celle qu'a voulue et instituée Jésus-Christ, et qui consiste dans l'unité de foi et l'unité de gouvernement.


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24. Lettre Prœclara gratulationis.

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Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 9:05 am


Relevons dans ce passage trois choses qui nous marquent avec précision les trois facteurs essentiels de l'union chrétienne véritable : l'unité substantielle de l'Eglise, excluant toute autre organisation religieuse indépendante ; l'unité de foi, comportant la profession des mêmes dogmes ; l'unité de gouvernement, basée sur la primauté juridictionnelle du Pontife romain.

Le langage dont Notre-Seigneur se sert, dans l'établissement de la religion chrétienne, montre jusqu'à l'évidence qu'il n'a voulu fonder qu'une seule Eglise pour tous les temps et pour tous les peuples. Il lui donne un seul fondement qui est Pierre, et il l'appelle son Eglise 25. Il veut y réunir tous les croyants comme "en un seul bercail, sous la houlette d'un seul Pasteur 26 " Il persuade de cette vérité ses apôtres qui, à leur tour, ne parlent de la société religieuse que comme d'une association unique formée mystiquement d'après le plus saint modèle, le corps sacré de Jésus-Christ 27.

Cette comparaison même, si haute et si juste, nous fait voir quels liens étroits rattachent entre eux les divers éléments dont l'Eglise se compose. Ces liens consistent dans un même symbole imposé à tous les esprits, et un même gouvernement établi sur toutes les volontés.


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25. Matth., XVI, 18.
26. JOAN., X, 16.
27. Cor., XII, 13 ; etc.

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Re: L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 9:07 am


De la façon la plus expresse, les Ecritures prescrivent l'unité de la croyance 28. Elles profèrent l'anathème contre ceux qui rompent, par un orgueil sacrilège, cet accord 29. Notre foi ne peut pas être un amalgame de théories contradictoires. Née des enseignements du Verbe fait chair, il faut qu'elle reflète le plus fidèlement possible, et comme dans un miroir, la parfaite cohésion et l'indestructible unité de la pensée même de Dieu. Comment en arriver là ? Non pas, sûrement, par le libre examen qui tire d'une même parole et d'un même texte d'irréconciliables divergences de vues, mais par un magistère vivant et authentique où se prolonge et se perpétue la mission doctrinale de Jésus-Christ 30 Rejeter une seule vérité proposée par ce magistère, conformément à la doctrine des Pères et au sentiment commun des Docteurs, c'est se mettre en marge de la vraie foi et en dehors de la vraie Eglise 31.

L'unité de l'Eglise est donc telle, qu'elle suppose, pour maintenir les intelligences dans une même foi, une autorité enseignante souveraine, à laquelle tous les fidèles soient tenus d'obéir, et dont les sentences soient sans appel : c'est la condamnation de l'hérésie.


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28. Eph., IV, 5 ; Phil., II, 2 ; Rom., XII, 16.
29. Gal, I, 7-8 ; Tit., III, 10.
30. Matth. , XXVIII, 19-20.
31. Léon XIII, lettre Satis cognitum.

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Re: L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 9:08 am


Elle suppose encore, pour réaliser l'œuvre plénière du Sauveur, un pouvoir hiérarchique fortement constitué, lequel rayonne sur toutes les sphères de l'activité religieuse, et contrôle l'administration des sacrements, le fonctionnement des rites, la direction des consciences, les missions évangéliques, toute l'action politique et sociale où les intérêts religieux sont en jeu. Ce pouvoir, quel est-il ? celui que le Fondateur de l'Eglise a créé, où il se survit admirablement à lui-même, et où sa personne divine, désormais invisible, est représentée auprès des hommes par un dépositaire visible de sa puissance et un exécuteur fidèle de ses volontés. Dans ce système, toute l'organisation gouvernementale est couronnée par l'autorité nécessaire de celui à qui il a été dit : "Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle." C'est la condamnation du schisme 32 et l'affirmation péremptoire, non seulement de la primauté d'honneur, mais de la suprématie effective et universelle de l'Evêque de Rome, successeur légitime du Prince des Apôtres.


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32. Id, ibid.

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Re: L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 9:13 am


L'union chrétienne voulue et reconnue de Dieu, ne peut donc s'effectuer hors du giron de l'Eglise romaine, à l'encontre des sentiments du chef de cette Eglise, et sans une soumission pleine et entière à sa juridiction.

Ce n'est pas là une doctrine forgée à dessein. Elle résulte des textes les plus clairs de l'Evangile, des témoignages les plus formels de la tradition, textes et témoignages lumineusement commentés, à l'adresse du peuple anglais, par le grand Pape théologien 33. Bien avant Henri VIII, Luther et Photius, les Pères, par exemple, déclaraient que " c'est à l'Eglise romaine, à cause de sa prééminence, que toute l'Eglise doit nécessairement se réunir " (saint Irénée) ; qu'elle est " la chaire de Pierre et l'Eglise principale d'où est née l'unité sacerdotale " (saint Cyprien) ; que " dans cette Eglise s'est toujours maintenu le principat de la Chaire apostolique " (saint Augustin) 34 L'illustre docteur du moyen âge en qui se refléta, d'une façon si admirable, la pure pensée de l'antiquité chrétienne, saint Thomas d'Aquin, nous a laissé une page magistrale où l'unité de foi et l'unité de gouvernement, dans l'Eglise du Christ, sont victorieusement revendiquées. Voici ce passage tiré du traité de la foi 35.

Il est nécessaire de donner une nouvelle édition du Symbole, afin d'arrêter les erreurs qui s'élèvent. Cette publication du Symbole appartiendra donc à l'autorité de celui qui a le droit de déterminer finalement les choses qui sont de foi, en sorte qu'elles soient tenues d'une foi inébranlable par tous. Or, ceci est du ressort du Souverain Pontife, auquel sont renvoyées les questions majeures et les plus difficiles de l'Eglise, ainsi qu'il est dit dans les Décrets (dist. XVII, can. 5). C'est aussi pour cela que le Seigneur (en saint Luc, XXII, 32) dit à Pierre, investi du Souverain Pontificat : J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, lorsque tu seras converti, confirme tes frères. — La raison de cela, c'est qu'il doit y avoir une seule foi pour toute l'Eglise, selon cette parole (1 Cor., I, 10) : Dites tous la même chose, et qu'il n'y ait point de divisions parmi vous. Or, cette unité ne pourrait se conserver si, lorsqu'une question s'élève au sujet de la foi, elle n'était pas décidée par celui qui préside à toute l'Eglise, et dont la sentence pourra être tenue fermement par tous. Voilà pourquoi à la seule autorité du Souverain Pontife appartient la nouvelle édition du Symbole, ainsi que toutes les autres choses, qui regardent l'Eglise toute entière, comme de réunir un concile général et ce qui est du même genre.


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33. Léon XIII, ibid.
34. Ibid. — Voir Dom Guéranger, De la monarchie pontificale.
35. Som. théol. II-II, Q. I, art. 10 (trad. Pègues). — Cf. C. G. l. IV, ch. LXXVI.

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Re: L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 9:15 am


Il est donc absolument illusoire de vouloir réunir les Eglises chrétiennes sans leur imposer une croyance commune officiellement définie, et sans les soumettre à la suprême juridiction du Chef de l'Eglise romaine en qui s'incarne l'autorité spirituelle de Jésus-Christ. Tel est le sentiment de nos maîtres dans la foi.

Cette attitude tracée par les Papes, et par les docteurs chrétiens, doit être partout la nôtre ; elle doit être celle de tous les catholiques fiers de leur nom, et conscients de leur devoir.

Les catholiques éprouvent, pour leurs fières d'autres croyances, une profonde sympathie. Ils les voient avec chagrin se débattre dans l'incertitude et l'incohérence de systèmes aussi mobiles que l'esprit et le cœur de l'homme. Ils constatent d'un œil réjoui les efforts qu'ils font pour sortir de ce chaos. Ils veulent bien les aider de leurs conseils. Ils leur tendent fraternellement la main, non pour se laisser entraîner eux-mêmes hors de la voie droite, mais pour y ramener les âmes sincères et les intelligences avides de certitude et d'unité.

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Re: L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 9:17 am


Les tentatives faites en différents congrès, pour rapprocher les Eglises et souder les religions par un ciment quelconque, n'ont pas été encourageantes. De celui de ces congrès qui frappa davantage l'opinion, on a dit que '' loin de réaliser ses promesses et de coaliser les forces religieuses contre l'impiété, il a trahi non seulement le Christ, mais l'idée même de Dieu. Or, sans Dieu, on a beau faire sonner très haut les mots de fraternité, d'amour des peuples, on marche droit à la barbarie : les derniers événements d'Europe et d'Amérique ne le montrent que trop 36. " Ces paroles écrites il y a un quart de siècle ne sont-elles pas infiniment plus vraies aujourd'hui ?

Nous voulons croire que le " Congrès mondial " organisé par la commission épiscopalienne d'Amérique sera plus heureux, qu'il obtiendra de meilleurs résultats. On en lira les travaux avec tout l'intérêt que mérite une œuvre de ce genre. Et cette conférence n'eût-elle d'autre effet que de mieux faire toucher du doigt l'immense désarroi où s'agitent les sectes protestantes, de mieux montrer les avantages de l'union chrétienne et le rôle primordial d'un pouvoir supérieur et incontesté qui en pose les bases et en coordonne les efforts, l'entreprise n'aura pas été stérile 37.

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36. Portalié, Etudes, t. cit., p. 212.
37. Le Saint-office (2 juil. 1919) a cru devoir rappeler une décision rendue par la même S. Cong. le 16 sept. 1864, et déclarer que l'on doit regarder comme prohibée toute participation des catholiques à tous congrès ou assemblées convoqués par des non catholiques et destinés à promouvoir l'union de toutes les Eglises chrétiennes.


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Re: L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  Roger Boivin le Mar 02 Jan 2018, 9:19 am


SOURCE :


ÉTUDES ET APPRÉCIATIONS NOUVEAU MÉLANGE CANADIEN - Par Mgr L.-A. PAQUET de l'Université Laval 1919 - pp. 257-280 :

https://archive.org/stream/etudesetapprecia00paqu#page/256/mode/2up


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Re: L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  Roger Boivin le Mer 03 Jan 2018, 5:33 pm


Laissons, sur ce sujet, la parole à Mgr Delassus maintenant :

Du 7e au 13e chapitre :

https://archive.org/stream/lamricanismeet00dela#page/100/mode/2up


Spoiler:


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Re: L'UNION DES ÉGLISES ET L'UNITÉ DE L'ÉGLISE - Mgr Paquet - 1919.

Message  ROBERT. le Mer 03 Jan 2018, 6:24 pm

Roger Boivin a écrit:
Laissons, sur ce sujet, la parole à Mgr Delassus maintenant :

Spoiler:

Merci Roger.  Mgr Delassus, une sommité en la matière.
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