L’Église, son institution, son unité.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Mar 18 Fév 2014, 1:02 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Saint Pierre (suite)

641

Au contraire, ce véritable pouvoir dont nous parlons est déclaré et affirmé dans ces paroles : Et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle 1 . — « Qu'est-ce à dire, contre elle ? Est-ce contre la pierre sur laquelle le Christ bâtit l'Eglise ? Est-ce contre l'Eglise ? La phrase reste ambiguë ; serait-ce pour signifier que la pierre et l'Eglise ne sont qu'une seule et même chose ? Oui, c'est là, je crois, la vérité : car les portes de l'enfer ne prévaudront ni contre la pierre sur laquelle le Christ bâtit l'Eglise, ni contre l'Eglise elle-même 3 . » Voici la portée de cette divine parole : L'Eglise, appuyée sur Pierre, quelle que soit la violence, quelle que soit l'habileté que déploient ses ennemis visibles et invisibles, ne pourra jamais succomber ni défaillir en quoi que ce soit. « L'Eglise étant l'édifice du Christ, lequel a sagement bâti sa maison sur la pierre 1, ne peut être soumise aux portes de l'enfer ; celles-ci peuvent prévaloir contre quiconque se trouvera en dehors de la pierre, en dehors de l'Eglise, mais elles sont impuissantes contre elle 2 . ». Si donc Dieu a confié son Eglise à Pierre, c'est pour que cet invisible soutien la conservât toujours dans toute son intégrité. Il l'a donc investi de l'autorité nécessaire ; car, pour soutenir réellement et efficacement une société humaine, le droit de commander est indispensable à celui qui la soutient.

642

Jésus a ajouté encore : Et je te donnerai les clés du royaume des cieux. Il est clair qu'il continue à parler de l'Eglise, de cette Eglise qu'il vient d'appeler sienne et qu'il a déclaré vouloir bâtir sur Pierre, comme sur son fondement. L'Eglise offre, en effet, l'image non seulement d'un édifice, mais d'un royaume ; au reste, nul n'ignore que les clés sont l'insigne ordinaire de l'autorité. Ainsi, quand Jésus promet de donner à Pierre les clefs du royaume des cieux, il promet de lui donner le pouvoir et l'autorité sur l'Eglise. « Le Fils lui a donné (à Pierre) la mission de répandre dans le monde tout entier la connaissance du Père et du Fils lui-même, et il a donné à un homme mortel toute la puissance céleste, quand il a confié les clés à Pierre, qui a étendu l'Eglise jusqu'aux extrémités du monde et qui l'a montrée plus inébranlable que le ciel 3 . »

Ce qui suit encore a le même sens : Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aussi dans le ciel 4 . Cette expression figurée : lier et délier, désigne le pouvoir d'établir des lois, et aussi celui de juger et de punir. Et Jésus-Christ affirme que ce pouvoir aura une telle étendue, une telle efficacité, que tous les décrets rendus par Pierre seront ratifiés par Dieu. Ce pouvoir est donc souverain et tout à fait indépendant, puisqu'il n'a sur la terre aucun pouvoir au-dessus de lui, et qu'il embrasse l'Eglise tout entière et tout ce qui est confié à l'Eglise.

La promesse faite à Pierre…

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2. S. MATTH. XVI, 18. — 3. ORIGÈNE, Comment. in Matth.,  t. XII, n. 11. PG 13, 1003. — 1. S. MATTH. VII, 24. — 2. ORIGÈNE, Comment, in Matth., t. XII, n. 11. PG 13, 1003-1006. — 3. S. JEAN CHRYSOSTOME, Hom. LIV, in Matth., n. 2. PG 58, 534-535. —  4. S. MATTH. XVI, 19.

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Message  Louis le Mer 19 Fév 2014, 7:44 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique


b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Saint Pierre (suite)

643

La promesse faite à Pierre a été accomplie, au temps  où Jésus-Christ Notre-Seigneur, après sa résurrection, ayant demandé par trois fois à Pierre s'il l'aimait plus que les autres, lui dit sous une forme impérative : Pais mes agneaux... pais mes brebis 1. C'est-à-dire que tous ceux qui doivent être un jour dans sa bergerie, il les remet à Pierre comme à leur vrai pasteur. « Si le Seigneur interroge, ce n'est pas qu'il doute : il ne veut pas s'instruire, mais instruire au contraire, sur le point de remonter au ciel, celui qu'il nous laissait comme le vicaire de son amour... Et parce que, seul entre tous, Pierre professe cet amour, il est mis à la tête de tous les autres... à la tête des plus parfaits, pour les gouverner, étant plus parfait lui-même 2. » Or, le devoir et le rôle du pasteur, c'est de guider le troupeau, de veiller à son salut en lui procurant des pâturages salutaires, en écartant les dangers, en démasquant les pièges, en repoussant les attaques violentes : bref, en exerçant l'autorité du gouvernement. Donc, puisque Pierre a été préposé comme pasteur au troupeau des fidèles, il a reçu le pouvoir de gouverner tous les hommes pour le salut desquels Jésus-Christ a répandu son sang. « Pourquoi a-t-il versé son sang ? Pour racheter ces brebis qu'il a confiées à Pierre et à ses successeurs 3,  »

644

Et parce qu'il est nécessaire que tous les chrétiens soient liés entre eux par la communauté d'une foi immuable, Jésus-Christ Notre-Seigneur a obtenu à Pierre, par la vertu de ses prières, que, dans l'exercice de son pouvoir, sa foi ne défaillît jamais. J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point 4 . Et il lui a ordonné, en outre, de communiquer lui-même à ses frères, toutes les fois que les circonstances le demanderaient, la lumière et l'énergie de son âme : Confirme tes frères 5. Celui donc qu'il avait désigné comme le fondement de l'Eglise, il veut qu'il soit la colonne de la foi. « Puisque de sa propre autorité il lui donnait le royaume, ne pouvait-il pas affermir sa foi, d'autant que, en l'appelant Pierre, il le désignait comme le fondement qui devait affermir l'Eglise 1 ? »

De là vient que certains noms…

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1. S. JEAN XXI, 16-17. —  2. S. AMBROISE, Exposit. in Evang. secundum Lucam, lib. X, n. 175-176. CV 32, 4, 523-24 ; PL 15. 1848. —  3. S. JEAN CHRYSOSTOME, De sacerdotio, lib. II. PG 48, 632. —  4.S. Luc XXII, 32. —  5. S. Luc XXII, 32. —   1. S. AMBROISE, De Fide, lib. IV, n. 56. PL 16, 628.

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Message  Louis le Mer 19 Fév 2014, 4:03 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Saint Pierre (suite)

645

De là vient que certains noms, qui désignent de très grandes choses et « qui appartiennent en propre à Jésus-Christ en raison de sa puissance, avaient été donnés par Jésus lui-même à Pierre par participation 2 , » afin que la communauté des titres manifestât la communauté du pouvoir. Ainsi, lui qui est la pierre principale de l'angle, sur laquelle tout l'édifice construit s'élève comme un temple sacré dans le Seigneur 3 , il a établi Pierre comme la pierre sur laquelle devait être appuyée son Eglise. « Quand Jésus lui dit : Tu es la pierre, cette parole lui conféra un beau titre de noblesse. Et pourtant il est la pierre, non pas comme le Christ est la pierre, mais comme Pierre peut être la pierre. Car le Christ est essentiellement la pierre inébranlable, et c'est par elle que Pierre est la pierre. Car Jésus, communique ses dignités sans s'appauvrir... Il est le prêtre, il fait les prêtres. . . Il est la pierre, il fait de son apôtre la pierre 4 . »

646  
 
Il est encore le roi de l'Eglise, qui possède la clé de David ; il ferme et personne ne peut ouvrir ; il ouvre et personne ne peut fermer 5  ; or, en donnant les clefs à Pierre, il le déclare le chef de la société chrétienne. Il est encore le pasteur suprême qui s'appelle lui-même le bon pasteur 6  ; or, il a établi Pierre comme pasteur de ses agneaux et de ses brebis 7 . C'est pourquoi saint Chrysostome a dit : « Il était le principal entre les Apôtres, il était comme la bouche des autres disciples et la tête du corps apostolique... Jésus lui montrant qu'il doit désormais avoir confiance, parce que toute trace de son reniement est effacée, lui confie le gouvernement de ses frères... Il lui dit : Si tu m'aimes, sois le chef de tes frères 1 . » Enfin, celui qui confirme en toute bonne œuvre et toute bonne parole 2 , c'est lui qui commande à Pierre de confirmer ses frères.

Saint Léon le Grand a donc bien raison de dire : « Du sein du monde tout entier, Pierre seul est élu pour être mis à la tête de toutes les nations appelées, de tous les Apôtres, de tous les Pères de l'Eglise ; de telle sorte que, bien qu'il y ait dans le peuple de Dieu beaucoup de pasteurs, cependant Pierre régit proprement tous ceux qui sont aussi principalement régis par le Christ 3 . » De même, saint Grégoire le Grand écrit à l'empereur Mauriste Auguste : « Pour tous ceux qui connaissent l'Evangile, il est évident que par la parole du Seigneur, le soin de toute l'Eglise a été confié au saint apôtre Pierre, chef de tous les Apôtres. . . Il a reçu les clefs du royaume du ciel, la puissance de lier et de délier lui est attribuée, et le soin et le gouvernement de toute l'Eglise lui sont confiés 4 . »

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2. S. LÉON LE GRAND, Sermo IV, cap. 2. PL 54, 150. —   3. Eph. II, 20-21. — 4.  Hom. de Pœnitentia, n. 4 in appendice opp. S. Basilii. PG 31, 1483. — 5. Apoc. III, 7. —  6. S. JEAN X, 11. —   7. CF.  S. JEAN XXI, 16-17. —  1. S. JEAN CHRYSOSTOME, Hom. LXXXVIII, in Joan., n. 1 PG 59, 478-479. —  2. II Thess. II, 16. —  3. S. LÉON LE GRAND, Sermo IV, ch. 2. PL 54, 149-150. — 4. S. GRÉGOIRE LE GRAND, Epistolarum, lib. V, cpist. xx. PL 77, 745-746.

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Message  Louis le Jeu 20 Fév 2014, 5:25 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Successeurs

647

Or, cette autorité faisant partie de la constitution et de l'organisation de l'Eglise comme son élément principal, puisqu'elle est le principe de l'unité, le fondement de la sécurité et de la durée perpétuelle, il s'ensuit qu'elle ne pouvait en aucune façon disparaître avec le bienheureux Pierre, mais qu'elle devait nécessairement passer à ses successeurs et être transmise de l'un à l'autre. « La disposition de la vérité demeure donc, et le bienheureux Pierre persévérant dans la fermeté de la pierre dont il a reçu la vertu, n'a point quitté le gouvernail de l'Eglise, mis dans sa main 5 . »

C'est pourquoi les Pontifes qui succèdent à Pierre dans l'épiscopat romain possèdent de droit divin le suprême pouvoir dans l'Eglise. « Nous définissons que le Saint-Siège apostolique et le Pontife romain possèdent la primauté sur le monde entier, et que le Pontife romain est le successeur du bienheureux Pierre, prince des Apôtres, et qu'il est le véritable vicaire de Jésus-Christ, le chef de toute l'Eglise, le Père et le docteur de tous les chrétiens, et qu'à lui, dans la personne du bienheureux Pierre, a été donné par Notre-Seigneur Jésus-Christ le plein pouvoir de paître, de régir et de gouverner l'Eglise universelle ; ainsi que cela est contenu aussi dans les actes des Conciles œcuméniques et dans les sacrés canons 1 . » Le quatrième Concile de Latran dit de même : « L'Eglise romaine... par la disposition du Seigneur, possède le principat de la puissance ordinaire sur toutes les autres Eglises, en sa qualité de mère et de maîtresse de tous les fidèles du Christ 2 . »

648

Tel était déjà auparavant le sentiment unanime de l'antiquité qui, sans la moindre hésitation, a toujours regardé et vénéré les évêques de Rome comme les successeurs légitimes du bienheureux Pierre. Qui pourrait ignorer combien nombreux, combien clairs sont sur ce point les témoignages des saints Pères ? Bien éclatant est celui de saint Irénée, qui parle ainsi de l'Eglise romaine : « C'est à cette Eglise que, en raison de sa prééminence supérieure, toute l'Eglise doit nécessairement se réunir 3 . » Saint Cyprien affirme, lui aussi, de l'Eglise romaine, qu'elle est la « racine et la mère de l'Eglise catholique, la chaire de Pierre et l'Eglise principale, d'où est née l'unité sacerdotale 4. » Il l'appelle la « chaire de Pierre », parce qu'elle est occupée par le successeur de Pierre ; « l'Eglise principale », à cause du principat conféré à Pierre et à ses légitimes successeurs, « celle d'où est née l'unité 5  », parce que, dans la société chrétienne, la cause efficiente de l'unité est l'Eglise romaine.

C'est pourquoi saint Jérôme écrit à Damase…

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5. S. LÉON LE GRAND, Sermo III, ch. 3. PL 54, 146. —   1. Concile de Florence, Denzinger n. 694. —   2. IV Concile du Latran, cap. 2. Denzinger n. 433. —   3. S. IRÉNÉE, Adversus Hæreses, lib. III, cap. 3, n. 2. PG 7, 849. —   4. S. CYPRIEN, Epist. XLVIII, ad Cornelium, n. 3. CV 3, 2, 607 ; PL 3, 710. —    5. S. CYPRIEN, Epist. LIX, ad Cornelium, n. 14. PL 3, 732.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Jeu 20 Fév 2014, 2:18 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Successeurs (suite)

649

C'est pourquoi saint Jérôme écrit à Damase en ces termes : «  Je parle au successeur  du  pêcheur et au disciple de la Croix... Je suis lié par la communion à Votre Béatitude, c'est-à-dire à la chaire de Pierre. Je sais que sur cette pierre est bâtie l'Eglise 1 . »  La méthode habituelle de saint Jérôme pour reconnaître si un homme est catholique, c'est de savoir s'il est uni à la chaire romaine de Pierre. « Si quelqu'un est uni à la chaire de Pierre, c'est mon homme 2 . »

Par une méthode analogue, saint Augustin déclare ouvertement que « dans l'Eglise romaine s'est toujours maintenu le principat de la chaire apostolique 3  », et affirme que quiconque se sépare de la foi romaine n'est point catholique. « On ne peut croire que vous gardiez la véritable foi catholique, vous qui n'enseignez pas qu'on doit garder la foi romaine 4  » De même saint Cyprien : « Etre en communion avec Corneille, c'est être en communion avec l'Eglise catholique 5. »

650

L'abbé Maxime enseigne également que la marque de la vraie foi et de la vraie communion c'est d'être soumis au Pontife romain. « Si quelqu'un veut n'être point hérétique et ne point passer pour tel, qu'il ne cherche pas à satisfaire celui-ci ou celui-là... Qu'il se hâte de satisfaire en tout le siège de Rome. Le siège de Rome satisfait, tous partout et d'une seule voix le proclameront pieux et orthodoxe. Car si l'on veut persuader ceux qui me ressemblent, c'est en vain qu'on se contenterait de parler, si l'on ne satisfait et si l'on n'implore le bienheureux Pape de la très sainte Eglise des Romains, c'est-à-dire le Siège apostolique. » Et voici, d'après lui, la cause et l'explication de ce fait. C'est que l'Eglise romaine « a reçu du Verbe de Dieu Incarné lui-même et possède, selon les saints canons et les définitions des saints Conciles, sur l'universalité des saintes Eglises de Dieu existant sur toute la surface de la terre, l'empire et l'autorité en tout et pour tout, et le pouvoir de lier et de délier.  Car lorsqu'elle lie et délie, le Verbe qui commande aux vertus célestes lie ou délie aussi dans le ciel 1  ».

C'était donc un article  de foi  chrétienne…

_________________________________________________________________________

1. S. JÉRÔME, Epist. XV, ad Damasum, n. 2.CV 54, 63;PL 22, 355. —   2. S. JÉRÔME, Epist. XVI, ad Damasum, n. 2.CV 54, 69; PL 22, 359. — 3. S. AUGUSTIN, Epist. XLIII, 7. CV 34, 90 ; PL 33, 163. — 4. S. AUGUSTIN, Sermo CXX, n. 13. — 5. S. CYPRIEN, Epist. LV, n. 1. CV 3, 2, 624 ; PL 3, 765. —  1. Abbé MAXIME, Defloratio ex Epist.  ad Petrum illustrem. PL 129, 576.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Ven 21 Fév 2014, 6:02 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Successeurs (suite)

651

C'était donc un article de foi  chrétienne, c'était un point reconnu et observé constamment, non par une nation ou par un siècle, mais par tous les siècles et par l'Orient non moins que par l'Occident, que rappelait au synode d'Ephèse, sans soulever aucune contradiction, le prêtre Philippe, légat du Pontife romain : « Il n'est douteux pour personne, et c'est une chose connue de tous les temps, que le saint et bienheureux Pierre, prince et chef des Apôtres, colonne de la foi et fondement de l'Eglise catholique, a reçu de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Sauveur et Rédempteur du genre humain, les clefs du royaume, et que le pouvoir de lier et de délier les péchés a été donné à ce même apôtre qui, jusqu'au moment présent et toujours, vit dans ses successeurs et exerce en eux son autorité 2. » Tout le monde connaît la sentence du Concile de Chalcédoine sur le même sujet : « Pierre a parlé... par la bouche de Léon 3 », sentence à laquelle la voix du troisième Concile de Constantinople répond comme un écho : « Le souverain prince des Apôtres combattait avec nous, car nous avons eu en notre faveur son imitateur et son successeur dans son siège... On ne voyait au dehors (pendant qu'on lisait la lettre du Pontife romain) que du papier et de l'encre, et c'était Pierre qui parlait par la bouche d'Agathon 4. » Dans la formule de profession de foi catholique, proposée en termes exprès par Hormisdas au commencement du VIe siècle, et souscrite par l'empereur Justinien et aussi par les patriarches Epiphane, Jean et Mennas, la même pensée est exprimée avec une grande vigueur : « Comme la sentence de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a dit : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, ne peut être négligée... ce qui a été dit est confirmé par la réalité des faits, puisque, dans le Siège apostolique, la religion catholique a toujours été conservée sans aucune tache 1. »

652

Nous ne voulons point énumérer tous les témoignages : il Nous plaît néanmoins de rappeler la formule selon laquelle Michel Paléologue a professé la foi au deuxième Concile de Lyon : « La sainte Eglise romaine possède aussi la souveraine et pleine primauté et principauté sur l'Eglise catholique universelle, et elle reconnaît, avec vérité et humilité, avoir reçu cette primauté et principauté, avec la plénitude de la puissance du Seigneur lui-même, dans la personne du bienheureux Pierre, prince ou chef des Apôtres, dont le Pontife romain est le successeur. Et, de même qu'elle est tenue de défendre, avant tous les autres, la vérité de la foi, de même, si des difficultés s'élèvent au sujet de la foi, c'est par son jugement qu'elles doivent être tranchées 2.  »

Si la puissance de Pierre et de ses successeurs…

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2. Concile d'Ephèse, Actio III. MANSI  IV, 1295. —   3. Concile de Chalcédoine, Actio II. MANSI  VI, 971. —   4. III Concile de Constantinople, Actio XVIII. MANSI  XI, 666. —   1. Post Epistolam  XXVI,  ad omnes Episc. Hispan, n. 4. MANSI VIII, 467. PL 63, 460. Denzinger n. 171. —   2. Concile de Lyon, Actio IV. Denzinger n. 466.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Ven 21 Fév 2014, 12:36 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Rôle des évêques

653

Si la puissance de Pierre et de ses successeurs est pleine et souveraine, il ne faudrait cependant pas croire qu'il n'y en a point d'autre dans l'Eglise. Celui qui a établi Pierre comme fondement de l'Eglise a aussi choisi douze de ses disciples, auxquels il a donné le nom d’Apôtres 3. De même que l'autorité de Pierre est nécessairement permanente et perpétuelle dans le Pontife romain, ainsi les évêques, en leur qualité de successeurs des Apôtres, sont les héritiers du pouvoir ordinaire des Apôtres, de telle sorte que l'ordre épiscopal fait nécessairement partie de la constitution intime de l'Eglise. Et quoique l'autorité des évêques ne soit ni pleine, ni universelle, ni souveraine, on ne doit pas cependant les regarder comme de simples vicaires des Pontifes romains, car ils possèdent une autorité qui leur est propre, et ils portent en toute vérité le nom de prélats ordinaires des peuples qu'ils gouvernent.

654

Mais comme le successeur de Pierre est unique, tandis que ceux des Apôtres sont très nombreux,  il convient d'étudier quels liens, d'après la constitution divine, unissent ces derniers au Pontife romain. Et d'abord l'union des évêques avec le successeur de Pierre est d'une nécessité évidente, qui ne peut faire le moindre doute ; car si ce lien se dénoue, le peuple chrétien lui-même n'est plus qu'une multitude qui se dissout et se désagrège, et ne peut plus, en aucune façon, former un seul corps et un seul troupeau. « Le salut de l'Eglise dépend de la dignité du souverain prêtre : si on n'attribue point à celui-ci une puissance à part et élevée au-dessus de tout autre, il y aura dans l'Eglise autant de schismes que de prêtres 1 . »

655

C'est pourquoi il faut faire ici une remarque importante. Rien n'a été conféré aux Apôtres indépendamment de Pierre ; plusieurs choses ont été conférées à Pierre isolément et indépendamment des Apôtres. Saint Jean Chrysostome, expliquant les paroles de Jésus-Christ (S. Jean, XXI, 15), se demande « pourquoi, laissant de côté les autres, le Christ s'adresse à Pierre », et il répond formellement : « C'est qu'il était le principal entre les Apôtres, comme la bouche des autres disciples et le chef du corps apostolique 2. » Lui seul, en effet, a été désigné par le Christ comme fondement de l'Eglise. C'est à lui qu'a été donné tout pouvoir de lier et de délier ; à lui seul également a été confié le pouvoir de paître le troupeau. Au contraire, tout ce que les Apôtres ont reçu, en fait de fonctions et d'autorité, ils l'ont reçu conjointement avec Pierre. « Si la divine bonté a voulu que les autres princes de l'Eglise eussent quelque chose de commun avec Pierre, ce qu'elle n'avait pas refusé aux autres, elle ne leur a jamais donné que par lui... Il a reçu seul beaucoup de choses, mais rien n'a été accordé à qui que ce soit sans sa participation 3. »

Par où l'on voit clairement que…

_________________________________________

3. S. Luc VI, 13. — 1. S. JÉRÔME, Dialog, Contra Luciferianos, n. 9. PL 23, 165. — 2. S. JEAN CHRYSOSTOME, Hom, LXXXVIII, in Joan., n. 1. PG 59, 478. — 3. S. LÉON LE GRAND, Sermo IV, cap. 2. PL 54, 150.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Sam 22 Fév 2014, 5:35 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Rôle des évêques (suite)

656

Par où l'on voit clairement que les évêques perdraient le droit et le pouvoir de gouverner s'ils se séparaient sciemment de Pierre ou de ses successeurs. Car, par cette séparation, ils s'arrachent eux-mêmes du fondement sur lequel doit reposer tout l'édifice, et ils sont ainsi mis en dehors de l'édifice lui-même; pour la même raison, ils se trouvent exclus du bercail que gouverne le Pasteur suprême et bannis du royaume dont les clefs ont été données par Dieu à Pierre seul.

657

Ces considérations nous font comprendre le plan et le  dessein de Dieu dans la constitution de la société chrétienne. Ce plan, le voici : L'auteur divin de l'Eglise, ayant décrété de lui donner l'unité de foi, de gouvernement, de communion, a choisi Pierre et ses successeurs pour établir en eux le principe et comme le centre de l'unité. C'est pourquoi saint Cyprien écrit : « Il y a, pour arriver à la foi, une démonstration facile, qui résume la vérité. Le Seigneur s'adresse à Pierre en ces termes : Je te dis que tu es Pierre... C'est sur un seul qu'il bâtit l'Eglise. Et quoique après sa résurrection il confère à tous les Apôtres une puissance égale et leur dise : Comme mon Père m'a envoyé... ; cependant, pour mettre l'unité en pleine lumière, c'est en un seul qu'il établit, par son autorité, l'origine et le point de départ de cette même unité 1. »

Et saint Optât de Milève : « Tu sais fort bien, écrit-il, tu ne peux le nier, que c'est à Pierre le premier qu'a été conférée la chaire épiscopale dans la ville de Rome : c'est là que s'est assis le chef des Apôtres : Pierre qui, par suite, a été appelé Céphas. C'est dans cette chaire unique que tous devaient garder l'unité, afin que les autres Apôtres ne pussent se retrancher chacun isolément dans son siège, et que celui-là fût désormais schismatique et prévaricateur, qui élèverait une autre chaire contre cette chaire unique 2, »

De là vient cette sentence du même saint Cyprien, que l'hérésie et le schisme se produisent et naissent l'une et l'autre du fait qu'on refuse à la puissance suprême l'obéissance qui lui est due. « L'unique source d'où ont surgi les hérésies et d'où sont nés les schismes, c'est que l'on n'obéit point au Pontife de Dieu et que l'on ne veut pas reconnaître dans l'Eglise et en même temps un seul pontife et un seul juge qui tient la place du Christ 3. »

Nul ne peut donc avoir part à …

___________________________________________________________________________________

1. S. CYPRIEN, De Unit. Eccl., n. 4. CV 3, 1, 212. PL 4, 498. —   2. S. OPTAT de Milève, De schism. Donat., lib. II, 2. CV 26, 36. PL 11, 947. —  3. S. CYPRIEN, Epist. XII, ad Cornelium, n. 5. PL 3, 802.

Note de Louis : J'ai aéré le Nº 657 . Bien à vous.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Sam 22 Fév 2014, 11:34 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Rôle des évêques (suite)

658

Nul ne peut donc avoir part à l'autorité s'il n'est uni à Pierre, car il serait absurde de prétendre qu'un homme exclu de l'Eglise ait l'autorité dans l'Eglise. C'est à ce titre qu'Optat de Milève reprenait les donatistes : « C'est contre les portes de l'enfer que Pierre, comme nous le lisons dans l'Evangile, a reçu les clefs du salut ; Pierre, c'est-à-dire notre chef, à qui Jésus-Christ a dit : Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et les portes de l'enfer ne triompheront jamais d'elles. Comment donc osez-vous essayer de vous attribuer les clefs du royaume des cieux, vous qui combattez contre la chaire de Pierre 1 ? »

659

Mais l'ordre des évêques ne peut être regardé comme vraiment uni à Pierre, de la façon voulue par le Christ, que s'il est soumis et s'il obéit à Pierre ; sans quoi il se disperse nécessairement en une multitude où règnent la confusion et le désordre. Pour conserver l'unité de foi et de communion telle qu'il la faut, ni une primauté d'honneur ni un pouvoir de direction ne suffisent ; il faut absolument une autorité véritable et en même temps souveraine, à laquelle obéisse toute la communauté.

Qu'a voulu, en effet, le Fils de Dieu, quand il a promis les clefs du royaume des cieux au seul Pierre ? Que les clefs désignent ici la puissance suprême, l'usage biblique et le consentement unanime des Pères ne permettent point d'en douter. Et on ne peut interpréter autrement les pouvoirs qui ont été conférés, soit à Pierre séparément, soit aux Apôtres conjointement avec Pierre. Si la faculté de lier, de délier, de paître le troupeau donne aux évêques, successeurs des Apôtres, le droit de gouverner avec une autorité véritable le peuple confié à chacun d'eux, assurément cette même faculté doit produire le même effet dans celui à qui a été assigné par Dieu lui-même le rôle de paître les agneaux et les brebis.

« Pierre n'a pas seulement été établi pasteur par le Christ, mais pasteurs des pasteurs. Pierre donc paît les agneaux et il paît les brebis ; il paît les petits et il paît les mères ; il gouverne les sujets, il gouverne aussi les prélats, car dans l'Eglise, en dehors des agneaux et des brebis, il n'y a rien 1. »

De là viennent chez les anciens Pères ces expressions tout à fait à part qui désignent le bienheureux Pierre et qui le montrent évidemment comme placé au degré suprême de la dignité et du pouvoir. Ils l'appellent fréquemment « le chef de l'assemblée des disciples ; le prince des saints Apôtres ; le coryphée du chœur apostolique ; la bouche de tous les Apôtres : le chef de cette famille ; celui qui commande au monde entier ; le premier parmi les Apôtres ; la colonne de l'Eglise. »

La conclusion de tout ce qui précède…

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1. S. OPTAT de Milève, De schism.  Donatist., lib. II, n. 4-5. CV 26, 39. PL 11, 955-956. —   1. S. BRUNON de Segni, Comment, in Joan., part. III, cap. 21, n. 55.

Note de Louis : J'ai aéré le 1er paragraphe du Nº 659 . Bien à vous.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Dim 23 Fév 2014, 6:23 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Rôle des évêques (suite)

660

La conclusion de tout ce qui précède semble se trouver dans ces paroles de saint Bernard au Pape Eugène : « Qui êtes-vous ? Vous êtes le grand prêtre, le pontife souverain. Vous êtes le prince des évêques, vous êtes l'héritier des Apôtres... Vous êtes celui à qui les clés ont été données, à qui les brebis ont été confiées. D'autres que vous sont aussi portiers du ciel et pasteurs de troupeaux ; mais ce double titre est en vous d'autant plus glorieux que vous l'avez reçu en héritage dans un sens plus particulier que tous les autres. Ils ont, eux, leurs troupeaux qui leur ont été assignés ; chacun a le sien ; à vous, tous les troupeaux ensemble ont été confiés ; à vous seul, un seul troupeau, formé non pas seulement des brebis, mais aussi des pasteurs : vous êtes l'unique pasteur de tous. Vous me demandez comment je le prouve. Par la parole du Seigneur. A qui, en effet, je ne dis pas entre les évêques, mais même entre les Apôtres, ont été confiées ainsi absolument et indistinctement toutes les brebis ? Si tu m'aimes, Pierre, pais mes brebis. — Lesquelles ? les peuples de telle ou de telle cité, de telle contrée, de tel royaume ? Mes brebis, dit-il. Qui ne voit qu'il n'en désigne point quelques-unes, mais qu'il les assigne toutes à Pierre ? Nulle distinction, donc nulle exception 2. »

661

Mais ce serait s'éloigner de  la vérité et contredire ouvertement  la constitution  divine  de  l'Eglise que de prétendre que les évêques pris isolément doivent être soumis à la juridiction des Pontifes romains, tandis que tous ensemble ne le doivent point. Quelle est, en effet, toute la raison d'être et la nature du fondement ? C'est de sauvegarder l'unité et la solidité, bien plus encore de l'édifice tout entier que de chacune de ses parties. Et cela est beaucoup plus vrai dans le sujet dont Nous parlons, car Jésus-Christ Notre-Seigneur a voulu, par la solidité du fondement de son Eglise, obtenir que les portes de l'enfer ne puissent prévaloir contre elle. Or, tout le monde convient que cette promesse divine doit s'entendre de l'Eglise universelle et non de ses parties prises isolément, car celles-ci peuvent en réalité être vaincues par l'effort des enfers, et il est arrivé à plusieurs d'entre elles, prises séparément, d'être en effet vaincues.

De plus, celui…

___________________________________________________

2. S. BERNARD, De consideratione, lib. II, cap. 8. PL 182, 751.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Dim 23 Fév 2014, 1:21 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité

β) Participée :

Rôle des évêques (suite)

662

De plus, celui qui a été mis à la tête du troupeau tout entier doit avoir nécessairement l'autorité, non seulement sur les brebis dispersées, mais sur tout l'ensemble des brebis réunies. Est-ce que par hasard l'ensemble des brebis gouverne et conduit le pasteur ? Les successeurs des Apôtres réunis ensemble seraient-ils le fondement sur lequel le successeur de Pierre devrait s'appuyer pour la solidité ?

Celui qui possède les clefs du royaume a évidemment droit et autorité, non seulement sur les provinces isolées, mais sur toutes à la fois ; et de même que les évêques, chacun dans son territoire, commandent avec une véritable autorité, non seulement à chaque particulier, mais à la communauté entière, de même les Pontifes romains, dont la juridiction embrasse toute la société chrétienne, ont toutes les parties de cette société, même réunies ensemble, soumises et obéissantes à leur pouvoir. Jésus-Christ Notre-Seigneur, Nous l'avons déjà assez dit, a donné à Pierre et à ses successeurs la charge d'être ses vicaires et d'exercer perpétuellement dans l'Eglise le même pouvoir qu'il a exercé lui-même durant sa vie mortelle. Or, dira-t-on que le collège des Apôtres remportait en autorité sur son Maître ?

663

Cette puissance dont Nous parlons sur le collège même des évêques, puissance que les saintes Lettres énoncent si ouvertement, l'Eglise n'a jamais cessé de la reconnaître et de l'attester. Voici, sur ce point, les déclarations des Conciles : « Nous lisons que le Pontife romain a jugé les prélats de toutes les Eglises ; mais Nous ne lisons point qu'il ait été jugé par qui que ce soit 1. » Et la raison de ce fait est indiquée, c'est que « il n'y a point d'autorité supérieure à l'autorité du Siège apostolique 2 ».

C'est pourquoi Gélase parle ainsi…

__________________________________________________________

1. IV Concile de Constantinople, Actio VII. (HADRIEN II, in Allocutions III ad Synodum Romanam an. 869). MANSI XVI, 126. — 2. NICOLAS I, Epist. LXXXVI, at Michael Imperat. « Patet profecta Sedis Apostolicæ, cuis auctoritate major non est, judicum a nemine fore retractandum, neque cuiquam de ejus liceat judicare judîcio. » PL 119, 954.


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Message  Louis le Lun 24 Fév 2014, 5:57 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Rôle des évêques (suite)

664

C'est pourquoi Gélase parle ainsi des décrets des Conciles : « De même que ce que le premier Siège n'a point approuvé n'a pu rester en vigueur, ainsi, au contraire, ce qu'il a confirmé par son jugement a été reçu par toute l'Eglise 3. » En effet, ratifier ou infirmer les sentences ou les décrets des Conciles a toujours été le propre des Pontifes romains. Léon le Grand annula les actes du conciliabule d'Ephèse ;  Damase rejeta celui de Rimini ; Adrien Ier celui de Constantinople ; et le vingt-huitième canon du Concile de Chalcédoine, parce que privé de l'approbation et de l'autorité du Siège apostolique, est resté, on le sait, sans vigueur et sans effet. C'est donc avec raison que, dans le cinquième Concile de Latran, Léon X a porté ce décret : « Il résulte manifestement, non seulement des témoignages de l'Ecriture Sainte, des paroles des Pères et des autres Pontifes romains et des décrets des saints canons, mais encore de l'aveu formel des Conciles eux-mêmes que, seul, le Pontife romain, selon le temps où il est en charge, a plein droit et pouvoir, comme ayant autorité sur tous les Conciles, pour convoquer, transférer et dissoudre les Conciles 4. » Les saintes Lettres attestent bien que les clefs du royaume des cieux ont été confiées à Pierre seul, et aussi que le pouvoir de lier et de délier a été conféré aux Apôtres conjointement avec Pierre ; mais de qui les Apôtres auraient-ils reçu le souverain pouvoir sans Pierre et contre Pierre ? aucun témoignage ne nous le dit. Assurément, ce n'est point de Jésus-Christ qu'ils l'ont reçu.

C'est pourquoi le décret du Concile du Vatican, qui a défini la nature et la portée de la primauté du Pontife romain, n'a point introduit une opinion nouvelle, mais a affirmé l'antique et constante foi de tous les siècles 1.

665

Et il ne faut pas croire que la soumission des mêmes sujets à deux autorités entraîne la confusion de l'administration. Un tel soupçon nous est interdit tout d'abord par la sagesse de Dieu, qui a elle-même conçu et établi l'organisation de ce gouvernement. De plus, il faut remarquer que ce qui troublerait l'ordre et les relations mutuelles, ce serait la coexistence, dans une société, de deux autorités du même degré, dont aucune ne serait soumise à l'autre. Mais l'autorité du Pontife romain est souveraine, universelle et pleinement indépendante : celle des évêques est limitée d'une façon précise et n'est pas pleinement indépendante. « L'inconvénient serait que deux pasteurs fussent établis avec un degré égal d'autorité sur le même troupeau. Mais que deux supérieurs, dont l'un est au-dessus de l'autre, soient établis sur les mêmes sujets, ce n'est pas un inconvénient ; et c'est de la sorte que le même peuple est gouverné immédiatement par le prêtre de la paroisse, par l'évêque et par le Pape 2. »

D'ailleurs, les Pontifes romains…

___________________________________________________________________

3.GÉLASE, Epist. XXVI, ad Episcopos Dardaniæ, n. 5. PL 59, 67. —    4. V.  Conc. du Latran, sess. XI. MANSI XXXII, 967. Denzinger, n. 740. —    1. Cf.  Concile du Vatican, sess.  IV, ch. 3.  Denzinger n.  1826. —   2. S. THOMAS,  In IV. Sent., dist. XVII,  a. 4,  ad. q. 4, ad. 3.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Lun 24 Fév 2014, 12:58 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

B. Dans la hiérarchie apostolique

b) L’Eglise possède une autorité  

β) Participée :

Rôle des évêques (suite)

666

D'ailleurs, les Pontifes romains, sachant leur devoir, veulent plus que personne la conservation de tout ce qui a été divinement institué dans l'Eglise : c'est pourquoi, de même qu'ils défendent les droits de leur propre pouvoir avec le zèle et la vigilance nécessaires, ainsi ils ont mis et mettront constamment tous leurs soins à sauvegarder l'autorité propre des évêques. Bien plus, tout ce qui est rendu aux évêques d'honneur et d'obéissance, ils le regardent comme leur étant rendu à eux-mêmes. « Mon honneur, c'est l'honneur de l'Eglise universelle. Mon honneur, c'est la pleine vigueur de l'autorité de mes frères. Je ne me sens vraiment honoré que lorsqu'on rend à chacun d'eux l'honneur qui lui est dû 1. »

Dans tout ce qui précède, Nous avons fidèlement tracé l'image et exprimé les traits de l'Eglise d'après sa divine constitution. Nous avons insisté sur son unité ; Nous avons assez montre quelle en est la nature et par quel principe son divin Auteur a voulu en assurer le maintien.

Tous ceux qui, par un insigne bienfait de Dieu, ont le bonheur d'être nés dans le sein de l'Eglise catholique et d'y vivre, entendront — Nous n'avons aucune raison d'en douter — Notre voix apostolique. Mes brebis entendent ma voix 2. Ils auront trouvé dans cette Lettre de quoi s'instruire plus pleinement et s'attacher avec un amour plus ardent, chacun à leurs propres pasteurs et, par eux, au pasteur suprême, afin de pouvoir plus sûrement demeurer dans le bercail unique et recueillir une plus grande abondance de fruits salutaires.

Mais, en fixant Nos regards…

____________________________________________________________

1. S. GREGOIRE LE GRAND, Epistolarum,  lib. VIII, Epist. XXX, ad Eulogium. PL 77, 933. —   2. S. JEAN X, 27.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Lun 24 Fév 2014, 4:58 pm


Conclusion : Appel à tous les hommes

667

Mais, en fixant Nos regards sur l'auteur et le consommateur de la foi, sur Jésus 3, dont Nous tenons la place et dont Nous exerçons la puissance, tout faible que Nous sommes pour le poids de cette dignité et de cette charge, Nous sentons sa charité enflammer Notre âme, et ces paroles que Jésus-Christ disait de lui-même, Nous Nous les approprions, non sans raison : J'ai d'autres brebis qui ne sont point de ce bercail ; il faut que je les amène, et elles entendront ma voix 4. Qu'ils ne refusent donc point de Nous écouter et de se montrer dociles à Notre amour paternel tous ceux qui détestent l'impiété aujourd'hui si répandue, qui reconnaissent Jésus-Christ, qui le confessent Fils de Dieu et Sauveur du genre humain, mais qui, pourtant, vivent errants et éloignés de son Epouse. Ceux qui prennent le Christ, il faut qu'ils le prennent tout entier. « Le Christ tout entier, c'est une tête et un corps : la tête, c'est le Fils unique de Dieu ; le corps, c'est son Eglise : c'est l'époux et l'épouse, deux en une seule chair. Tous ceux qui ont, à l'égard de la tête, un sentiment différent de celui des Ecritures Saintes ont beau se trouver dans tous les lieux où est établie l'Eglise, ils ne sont point dans l'Eglise. Et de même tous ceux qui pensent comme l'Ecriture Sainte au sujet de la tête, mais qui ne vivent point en communion avec l'unité de l'Eglise, ils ne sont point dans l'Eglise 1. »

Et c'est aussi avec une égale ardeur que Notre cœur s'élance vers ceux que le souffle contagieux de l'impiété n'a point encore entièrement empoisonnés et qui ont au moins le désir d'avoir pour père le Dieu véritable, créateur de la terre et du ciel. Qu'ils réfléchissent et qu'ils comprennent bien qu'ils ne peuvent en aucune façon être au nombre des enfants de Dieu, s'ils n'en viennent à reconnaître pour frère Jésus-Christ et pour mère l'Eglise.

668

C'est donc à tous que Nous adressons, avec un grand amour, ces paroles que Nous empruntons à saint Augustin : « Aimons le Seigneur notre Dieu, aimons son Eglise : lui comme un père, elle comme une mère. Que personne ne dise : Oui, je vais encore aux idoles ; je consulte les possédés et les sorciers, mais cependant je ne quitte pas l'Eglise de Dieu : je suis catholique. Vous restez attachés à la mère, mais vous offensez le père. Un autre dit pareillement : A Dieu ne plaise ; je ne consulte point les sorciers, je n'interroge point les possédés, je ne pratique point de divinations sacrilèges, je ne vais point adorer les démons, je ne sers point des dieux de pierre, mais je suis du parti de Donat. Que vous sert de ne point offenser le père, qui vengera, lui, la mère que vous offensez ? Que vous sert de confesser le Seigneur, d'honorer Dieu, de le louer, de reconnaître son Fils, de proclamer qu'il est assis à la droite du Père, si vous blasphémez son Eglise ? Si vous aviez un protecteur auquel vous rendiez tous les jours vos devoirs, et si vous veniez à outrager son épouse par une accusation grave, oseriez-vous encore entrer dans la maison de cet homme ? Tenez-vous donc, mes bien-aimés, tenez-vous tous unanimement attachés à Dieu votre père et à votre mère l'Eglise 1. »

Avec une grande confiance dans la miséricorde de Dieu, qui peut toucher très puissamment les cœurs des hommes et forcer les volontés, même rebelles, à venir à lui, Nous recommandons très instamment à sa bonté tous ceux qu'a visés Notre parole. Et comme gage des dons célestes et en témoignage de Notre bienveillance, Nous vous accordons avec grand amour dans le Seigneur, à vous, Vénérables Frères, à votre clergé et à votre peuple, la Bénédiction Apostolique.

Donné à St-Pierre de Rome, le vingt-neuvième jour de juin de l'an 1896, de notre Pontificat le dix-neuvième.


LÉON XIII, PAPE.

___________________________________________________________

3. Hébr. XII, 2. —   4. S. JEAN X, 16. —   1. S. AUGUSTIN, De Unitate Ecclesiæ contra Donatistas, cap. IV, n. 7. CV (ep. ad catholicos) 52, 238, PL 43, 395. —   1.S. AUGUSTIN, Enarratio in. Ps. LXXXVIII, sermon II, n. 14. PL 37, 1140.


A suivre : B. Mortalium Animos de S. S. Pie XI.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Lun 24 Fév 2014, 5:36 pm

.

L’Église, son institution, son unité

B. Lettre encyclique  de  Sa  Sainteté  Pie XI
du 6 janvier 1928 1


MORTALIUM  ANIMOS

Introduction

Aspiration des hommes vers l’unité, 669.

Fausse orientation : syncrétisme, 670-672.

But de l’Encyclique, 673.

1. La doctrine chrétienne sur l’unité de l’Église, 674-676

2. Position et argument de l’erreur syncrétiste, 677-678.

3. Conséquences :

a) L’Église trahirait sa mission, 679-680.
b) Pas de charité sans vérité, 681.
c) Diversité d’opinions dans le syncrétisme, 682-683.
d) Immutabilité du dogme catholique, 684-685.
e) Rome, seul foyer d’unité, 686-687.


Conclusion : Appel à l’unité, 688-689.
____________________________________________________



1 Pie XI, Lettre encyclique sur les moyens de réaliser la véritable unité de la religion. AAS  XX (1928) 5-16.

( Tiré de AUX  SOURCES DE LA VIE SPIRITUELLE, p. 378-390,  par P. CATTIN  —  H. TH. CONUS, des Frères Prêcheurs, Éd. St-Paul, 1951.)


Dernière édition par Louis le Sam 01 Mar 2014, 6:21 pm, édité 14 fois (Raison : Déposer un lien et présentation.)

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Lun 24 Fév 2014, 5:40 pm

Introduction

669

Aspiration des hommes vers l’unité

Jamais peut-être dans le passé, les âmes n'ont éprouvé aussi vivement qu'elles le semblent à notre époque le désir de fortifier et d'étendre pour le bien commun de la société humaine les relations fraternelles que noue étroitement entre elles la communauté d'origine et de nature.

En effet, les nations ne jouissent pas encore pleinement des bienfaits de la paix ; çà et là les discordes anciennes et de nouvelles divisions provoquent des séditions et des luttes intestines ; de multiples controverses, qui mettent en cause la tranquillité et la prospérité des peuples, ne peuvent recevoir de solution sans l'action commune et les efforts des chefs d'Etat ou de ceux qui dirigent ou administrent les intérêts de la Cité ; aussi comprend-on aisément, d'autant plus que tous connaissent l'unité du genre humain, les vœux d'un grand nombre, de voir, au nom de cette fraternité universelle, les diverses nations conclure une union de plus en plus étroite.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Mar 25 Fév 2014, 6:23 am

Introduction

Fausse orientation : syncrétisme

670

Au sujet de la religion fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ, quelques esprits s'efforcent d'introduire une semblable manière d'agir. Ils savent qu'il est rare de trouver des hommes dénués de tout sens religieux ; aussi, semblent-ils nourrir l'espoir d'amener sans grande difficulté les nations, divisées sur la vérité de la religion, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de la vie spirituelle. C'est pourquoi ils tiennent des congrès, des assemblées, des conférences ; ils y attirent des auditeurs en assez grand nombre, et ils invitent à leurs discussions indifféremment les infidèles de toute espèce, les fidèles, ceux qui ont misérablement abandonné le Christ comme ceux qui nient avec obstination la divinité de sa nature et de sa mission.

671

Les catholiques ne peuvent en aucune manière approuver ces tentatives basées sur la fausse théorie que toutes les religions sont plus ou moins bonnes ou louables, en ce sens qu'elles manifestent et signifient toutes également, encore que d'une manière diverse, le sentiment naturel, inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. Or, les partisans de cette théorie sont dans la plus profonde erreur ; bien plus, en rejetant la vraie religion et en en faussant la juste notion, ils versent graduellement dans le naturalisme et l'athéisme ; il est donc clair que c'est s'éloigner de la religion divinement révélée que de s'unir aux tenants de ces doctrines et à leurs tentatives.

Une fausse apparence du bien séduit aisément certains esprits…

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Mar 25 Fév 2014, 12:35 pm

Introduction

Fausse orientation : syncrétisme (suite)

672

Une fausse apparence du bien séduit aisément certains esprits touchant l'unité à établir entre tous les chrétiens. N'est-il pas juste, répète-t-on, n'est-ce pas même un devoir pour tous ceux qui invoquent le nom du Christ que de s'abstenir de mutuels reproches et de s'unir enfin par les liens d'une charité réciproque ? Qui donc oserait se dire aimé du Christ s'il ne met pas tous ses efforts à exécuter le vœu du Christ suppliant le Père que ses disciples soient un ? 1 Et le Christ n'a-t-il pas voulu marquer ses disciples de ce caractère qui les distinguerait de tous les autres : qu'ils s'aimeraient entre eux. Tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, à ce signe que vous pratiquerez la charité mutuelle 2. Puissent tous les chrétiens, ajoute-t-on, être « un » ! Cette unité leur donnerait beaucoup plus de force pour combattre la peste de l'impiété qui s'insinue et se répand de plus en plus, et qui tente de ruiner l'Evangile.

Tels sont les arguments que présentent et amplifient les « panchrétiens ». Ces panchrétiens ne sont pas un tout petit groupe, ils ont formé des organisations complètes et fondé des sociétés répandues au loin et le plus souvent dirigées par des acatholiques, quelles que soient leurs divisions sur la doctrine de la foi. Leur entreprise est menée avec une telle activité qu'elle entraîne l'adhésion de personnes de tout ordre et qu'elle séduit vivement même de nombreux catholiques par l'espoir de constituer une union qui parait s'adapter aux vœux de la sainte Mère l'Eglise, laquelle ne désire certes rien tant que de rappeler et de ramener à son giron ses enfants égarés. Mais, sous le charme et la séduction de ces discours, se cache une très grave erreur qui ruine totalement les fondements de la foi catholique.

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1. S. JEAN XVII, 21. — 2. S. JEAN XIII 35.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Mer 26 Fév 2014, 6:37 am

But de l’Encyclique

673

La conscience de Notre charge apostolique Nous avertit de ne pas laisser circonvenir par de dangereuses illusions le troupeau du Seigneur et de faire appel, Vénérables Frères, à votre zèle pour écarter un tel danger : Nous avons confiance que par votre parole et par vos écrits vous pourrez plus facilement atteindre chacun votre peuple et lui faire comprendre les principes et les raisons que Nous allons exposer ; les catholiques y trouveront une règle de pensée et de conduite dans toutes les entreprises ayant pour but de réunir de quelque manière que ce soit, en un seul corps, tous ceux qui se réclament du nom chrétien.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Mer 26 Fév 2014, 6:40 am

1. La doctrine chrétienne sur l’unité de l’Église

674

Dieu, Auteur de l'Univers, nous a créés pour le connaître et le servir ; notre Créateur a donc plein droit à notre obéissance. Dieu pouvait, certes, n'imposer à l'homme comme règle de conduite que la loi naturelle qu'il a inscrite dans son cœur en le créant, et en régler les développements par sa providence ordinaire ; mais Dieu préféra porter des préceptes à observer et, au cours des âges, c'est-à-dire depuis les débuts de l'humanité jusqu'à la venue et la prédication du Christ Jésus, il enseigna lui-même aux hommes les devoirs qu'un être raisonnable doit remplir à l'égard du Créateur : Dieu qui, à diverses reprises et en plusieurs manières, parla jadis à nos pères par les prophètes, nous a finalement parlé en ces jours-ci par son Fils 1.

675

Il en ressort qu'il ne peut exister de vraie religion en dehors de celle qui s'appuie sur la Révélation divine : cette Révélation a été commencée dès l'origine du monde, elle a été continuée sous la Loi ancienne, et Jésus-Christ l'a achevée sous la Loi nouvelle. Mais si Dieu a parlé — et l'histoire porte témoignage en faveur de cette parole —, il n'est personne qui ne voie que le devoir de l'homme, c'est de croire sans réserve à Dieu, qui révèle la vérité, et d'obéir absolument à Dieu qui lui commande ; pour que nous remplissions ce double devoir en vue de la gloire de Dieu et de notre salut, le Fils unique de Dieu a établi sur terre son Eglise. Ceux qui se disent chrétiens, Nous pensons qu'ils ne peuvent pas ne pas croire qu'une Eglise et une Eglise unique ait été instituée par le Christ ; si l'on insiste et si l'on demande quelle doit être, d'après la volonté de son Fondateur, cette Eglise, les réponses ne sont pas unanimes. Un assez grand nombre, par exemple, nient que l'Eglise doive être une société visible, en ce sens du moins qu'elle doive apparaître comme une société de fidèles unanimes à professer une seule et même doctrine, sous un magistère et un gouvernement unique ; pour eux, ils ne considèrent l'Eglise visible comme rien d'autre que comme une association composée de diverses communautés de chrétiens, bien que ses partisans adhèrent à des doctrines diverses et contradictoires.

Or, en vérité le Christ…

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Hébr., I, 1.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Mer 26 Fév 2014, 1:50 pm

1. La doctrine chrétienne sur l’unité de l’Église (suite)

676

Or, en vérité, le Christ Seigneur a établi son Eglise comme une  société parfaite,  extérieure de  sa nature et visible, laquelle continuerait dans l'avenir l'œuvre de salut du genre humain, sous la direction d'un seul chef 1 ; par le magistère de la prédication orale 2, par l'administration des sacrements, sources de la grâce céleste 3 ; c'est pourquoi, dans les paraboles, il la déclara semblable à un royaume 4, à une maison 5, à un bercail 6 et à un troupeau 7. Cette Eglise, si admirablement établie, ne pouvait pas finir et s'éteindre à la mort de son Fondateur et des apôtres qui en furent les premiers propagateurs, car il lui avait été ordonné de conduire au salut éternel tous les hommes,      sans aucune distinction de temps ou de lieux : Allez donc et enseignez toutes les nations 8.  
                                                     
Dans  l'accomplissement perpétuel de  cette charge, est-ce que l'Eglise pouvait manquer de force et d'efficacité, quand le Christ lui accorde lui-même son assistance continuelle, en vertu de cette promesse solennelle : Voici que je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles 9 ?  L'Eglise doit donc nécessairement subsister non seulement aujourd'hui et en tout temps, mais subsister absolument la même qu'aux temps  apostoliques, à moins qu'on ne veuille dire  —  ce qui ne se peut pas — que le Christ-Seigneur a failli à son dessein ou s'est trompé quand il affirma que les portes de l'enfer ne prévaudraient jamais contre elle 10.

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1. Cf. S. MATTH. XVI, 18-19 ; S. Luc XXII, 32 ; S. JEAN XXI, 15-17. — 2. Cf. S. MARC, XVI, 15. — 3. Cf. S. JEAN III, 5 ; VI, 48-59  ; XX, 22-23 ; S. MATTH. XVIII, 18-22. — 4. Cf. S. MATTH. XIII. — 5. Cf. S. MATTH. XVI,   18. — 6.Cf. S. JEAN X, 16. — 7. Cf. S. JEAN XXI, 15-17. — 8.S. MATTH. XXVIII,  19. — 9. S. MATTH. XXVIII,  20. —10. Cf. S. MATTH. XVI,  18.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Jeu 27 Fév 2014, 5:53 am

2. Position et argument de l’erreur syncrétiste

677

Voici que se présente l'occasion de démasquer et de réfuter la fausse théorie dont semble dépendre toute cette question et s'inspirer l'activité si diverse des acatholiques en faveur de la confédération des églises chrétiennes.

Les artisans de cette entreprise ne cessent de citer à l'infini la parole du Christ : Que tous soient un... Il n'y aura plus qu'un troupeau et qu'un pasteur 1, et ils représentent ce texte comme un souhait et un vœu du Christ Jésus qui n'auraient pas encore eu leur effet. Ils pensent que l'unité de la foi et de gouvernement, caractéristique de la véritable et unique Eglise du Christ, n'a presque jamais existé dans le passé et n'existe pas aujourd'hui ; ils estiment que cette unité peut être souhaitée et que peut-être l'entente commune des volontés l'établira un jour, mais qu'il faut encore la tenir pour un rêve. Ils ajoutent que l'Eglise, en elle-même et de sa nature, est divisée en parties, c'est-à-dire qu'elle est constituée de très nombreuses Eglises ou communautés particulières encore divisées, qui ont quelques points de doctrine communs et se séparent sur le reste ; ils affirment que toutes jouissent des mêmes droits, que l'Eglise ne fut une et unique tout au plus que de l'époque apostolique jusqu'aux premiers Conciles œcuméniques. Il faut donc, disent-ils, négliger et écarter les controverses même les plus anciennes et les diversités de doctrine qui divisèrent jusqu'à ce jour le christianisme, et, au moyen des autres vérités doctrinales, constituer et proposer une certaine règle de foi commune ; dans la profession de cette foi, tous sentiront qu'ils sont frères, plutôt qu'ils ne le sauront ; puis, les multiples églises ou communautés une fois réunies dans une fédération générale, il sera possible de lutter avec force et succès contre les progrès de l'impiété.

C'est là, Vénérables Frères, l'opinion commune…

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1. S. JEAN XVII, 21 ;  X, 16.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Jeu 27 Fév 2014, 12:21 pm


2. Position et argument de l’erreur syncrétiste (suite)

678

C'est là, Vénérables Frères, l'opinion commune. Il y en a cependant qui déclarent et concèdent que le protestantisme a rejeté trop inconsidérément certains dogmes de foi et diverses manifestations du culte extérieur, pourtant agréables et utiles, tandis que l'Eglise romaine les conserve encore. Ils se hâtent d'ailleurs d'ajouter que l'Eglise romaine a eu, elle aussi, le tort de corrompre la religion primitive en adoptant et en proposant de croire certaines doctrines non seulement étrangères, mais contraires à l'Evangile : ils nomment en premier lieu la doctrine sur la Primauté de juridiction qui est attribuée à Pierre et à ses successeurs sur le siège de Rome. Dans ce nombre, il en est assez peu, il est vrai, qui concèdent au Pontife romain, soit une primauté d'honneur, soit un certain pouvoir ou une certaine juridiction, bien qu'ils la fassent dériver non du droit divin, mais en une certaine manière du consentement des fidèles ; d'autres en arrivent à offrir au Souverain Pontife lui-même la présidence de ces Congrès qu'on pourrait appeler bariolés. S'il est d'ailleurs facile de trouver de nombreux acatholiques, prêchant à pleine bouche la communion fraternelle dans le Christ Jésus, on n'en trouverait pas qui aient la pensée de se soumettre et d'obéir aux enseignements et aux ordres du Vicaire de Jésus-Christ. Entre-temps ils affirment qu'ils traiteront volontiers avec l'Eglise romaine, mais sur le même pied, c'est-à-dire d'égal à égal ; mais s'ils pouvaient traiter, il n'est pas douteux qu'ils ne le fassent avec la pensée de conclure une sorte de pacte les autorisant à ne pas abandonner les opinions qui, précisément, les maintiennent dans l'erreur, hors du seul troupeau du Christ.

Telle est la situation…

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Ven 28 Fév 2014, 5:44 am

3. Conséquences :

a) L’Église trahirait sa mission

679

Telle est la situation. Il est donc clair que le Siège apostolique ne peut à aucun prix prendre part à leurs Congrès, et qu'il n'est permis à aucun prix aux catholiques d'adhérer à de semblables entreprises ou d'y contribuer ; s'ils le faisaient, ils accorderaient de l'autorité à une fausse religion chrétienne, tout à fait étrangère à l'unique Eglise du Christ. Est-ce que Nous souffrirons — ce qui serait absolument injuste — d'ouvrir des tractations aux dépens de la vérité et de la vérité divinement révélée ? Car il s'agit de défendre la vérité révélée. Jésus-Christ a envoyé les Apôtres dans l'univers pour instruire de la vérité évangélique toutes les nations et, pour les garder de toute erreur, il a voulu que l'Esprit Saint leur enseignât auparavant toute vérité 1. Est-ce que cette doctrine des Apôtres a complètement disparu de cette Eglise dont Dieu lui-même est le chef et le gardien, ou bien a-t-elle jamais été falsifiée ? Si notre Rédempteur a déclaré nettement que son Evangile n'est pas seulement destiné aux temps apostoliques, mais à tous les âges, est-ce que l'objet de la foi a pu, au cours des temps, devenir si obscur ou si incertain qu'il faille tolérer aujourd'hui même les opinions contraires ? Si cela était vrai, il faudrait dire que la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, que la présence perpétuelle de ce même Esprit dans l'Eglise et que la prédication même de Jésus-Christ ont perdu depuis plusieurs siècles toute leur efficacité et toute leur utilité, affirmation qui serait un blasphème.

680

Le Fils unique de Dieu n'a pas seulement prescrit à ses envoyés d'enseigner toutes les nations, il a imposé à tous les hommes le devoir d'ajouter foi aux vérités qui leur seraient annoncées par les témoins préordonnés par Dieu 1, et il sanctionna cet ordre en ajoutant : Celui qui croira et aura été baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné 2. Or, ce double précepte du Christ — celui d'enseigner et celui de croire, en vue de la possession du salut éternel — ne peut s'observer et même se comprendre que si l'Eglise expose intégralement et publiquement la doctrine évangélique et si, dans, cet exposé, elle est à l'abri de tout péril d'erreur. Aussi, est-ce encore s'éloigner de la vérité que de penser que le dépôt de la vérité existe sur terre, mais qu'il faut de si durs labeurs, de si longues années d'études et de discussions pour le trouver et y atteindre, que la vie de l'homme y suffirait à peine ; comme si le Dieu très bon avait parlé par les prophètes et par son Fils unique, pour apprendre à un petit nombre d'hommes seulement, et mûris par l'âge, les vérités révélées, et non pour donner une doctrine de foi et de morale qui dirigerait l'homme pendant tout le cours de sa vie mortelle.

Ces « panchrétiens » qui…

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1. S. JEAN XVI, 13. — 1. Actes X, 41. — 2. S. MARC XVI, 16.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Ven 28 Fév 2014, 12:41 pm

3. Conséquences :

b) Pas de charité sans vérité

681

Ces « panchrétiens » qui s'efforcent de fédérer les Eglises semblent poursuivre le très noble dessein de promouvoir la charité entre tous les chrétiens ; mais comment la charité pourrait-elle tourner au détriment de la foi ? Personne n'ignore que saint Jean lui-même, l'apôtre de la charité, que l'on a vu dévoiler dans son Evangile les secrets du Cœur sacré de Jésus et qui avait coutume de toujours inculquer dans  l'esprit des siens le précepte nouveau, aimez-vous les uns les autres 1 a interdit absolument tout rapport avec ceux qui ne professent pas la doctrine du Christ, entière et pure : Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas 2. C'est pourquoi, comme la charité a pour fondement une foi intègre et sincère, l'unité de foi est le lien principal qui doit unir les disciples du Christ.

Comment peut-on donc concevoir un Pacte chrétien dont…

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1. S. JEAN, I Epître, III, 23. — 2. S. JEAN, II Epître, 10.

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