- L'APOSTASIE DES NATIONS -

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Message  Roger Boivin le Jeu 14 Avr 2016, 9:49 am



NEUVIÈME SIGNE

LA GRANDE OPPRESSION


15. « Quand donc vous verrez l'abomination de la désolation annoncée par le prophète Daniel, établie dans le lieu saint, - que celui qui lit entende ; 16. alors, que ceux qui sont dans la Judée fuient dans les montagnes. 21. Car il y aura alors une oppression telle quil n'y en pas eu de semblable depuis le commencement du monde et qu'il n'y en aura jamais. 22. Et si ces jours n'étaient abrégés, nulle chair ne serait sauvée ; mais à cause des élus, ces jours-là seront abrégés. 23. Alors, si quelqu'un vous dit : Voici le Christ ici ou ici, n'en croyez rien. 24. Car il s'élèvera de faux-Christs et de faux prophètes, et ils feront de grands signes et des prodiges, jusqu'à séduire, s'il se pouvait, les élus eux-mêmes. 25. Voilà que je vous l'ai prédit. 26. Si donc on vous dit : Le voici dans le désert, ne sortez pas ; Le voici dans la chambre secrète, n'en croyez rien. 27. Car comme l'éclair sort de l'orient et brille jusqu'au couchant, ainsi sera l'avènement du Fils de l'Homme. N'importe où le corps sera, là s'assembleront les aigles. »
Matth. XXIV, 15, 16, 21, 28. - Marc. XIII, 19 à 23.


22. « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l'Homme et vous ne le verrez pas. 23. On vous dira : Le voilà ! ou : Le voici ! N'y allez pas. 24. Car comme l'éclair brille d'un point à un autre sous le ciel, ainsi en sera-t-il du Fils de l'Homme en son jour. »
Luc. XVII, 22 à 24.


« Jérusalem sera foulée aux pieds des Nations jusquà ce que les temps des Nations soient accomplis. »
Luc. XXI, 24.


« Je vous le dis : vous ne me verrez plus désormais jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. »
Matth. XXIII, 39.


11. « Ont-ils bronché afin de tomber pour toujours ? Loin de là. Mais par leur chute, le salut est arrivé aux Gentils de manière à exciter la jalousie d'Israël. 12. Or, si leur chute a été la richesse du monde et leur amoindrissement la richesse des Gentils, que ne sera pas leur plénitude ?... 15. Si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réconciliation, sinon une résurrection d'entre les morts ?... 25. Une partie d'Israël est tombée dans l'aveuglement jusqu'à ce que la masse des Gentils soit entrée. 26. Et ainsi tout Israël sera sauvé.
Rom. XI, 11, 12, 15, 25, 26.


5. « Voici que je vous envoie Élie le Prophète, avant que ne vienne le jour de Jéhovah, grand et redoutable. 6. Il ramènera le coeur des pères vers leurs enfants et le coeur des enfants vers leurs pères, de peur que je ne vienne et ne frappe le pays de malédictions. »
Malach. IV, 5, 6.


4. « Qui pourrait se vanter d'être semblable à toi, Élie,... 10. toi qui as désigné dans de sévères oracles pour des temps à venir, comme devant apaiser la colère avant qu'elle ne s'enflamme, ramener le coeur du père vers les enfants et rétablir les tributs d'Israëll ? 11. Heureux ceux qui te verront et qui seront parés de l'amour divin. »
Eccl. XLVIII, 4, 10, 11.


« Jésus leur répondit : Élie, il est vrai, étant venu d'abord, rétablit toutes choses... Mais je vous dis qu'aussi Élie est venu... »
Marc. IX, 11, 12.


9. « En ce jour-là, je m'appliquerai à détruire tous les peuples qui viendront contre Jérusalem 10. et je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, un esprit de grâce et de prière. Et ils tourneront les yeux vers moi, qu'ils ont transpercé. Ils feront le dueil sur lui comme on fait le dueil sur un fils unique. Ils pleureront amèrement sur lui, comme on pleure sur un fils premier-né... 1. En ce jour-là, il y aura une source ouverte à la maison de David et aux habitants de Jérusalem pour laver le péché et la souillure. »
Zach. XII, 9, 10 ; XIII, 1.


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Message  Roger Boivin le Jeu 14 Avr 2016, 2:22 pm



Les douleurs ont pour épanouissement et pour terme, une oppression, - c'est le sens étymologique du mot grec, - une oppression sans précédent. La persécution atteint son paroxysme en tous genres. Elle est telle que l'Église serait détruite si cela se prolongeait ; mais l'épreuve sera abrégée. Elle prendra fin beaucoup plus tôt que ne l'eût comporté jadis le cours normal des choses. La loi d'accélération historique jouera alors dans sa plénitude 1. L'oppression sera relativement brève.

Cette oppression, l'histoire nous l'a montrée dans l'avenir : c'est celle de l'État sans Dieu, maître de la grande unité humaine sous une forme ou sous une autre. Durant que cette unité s'élabore et se parfait, l'humanité oscille entre le despotisme, le catholicisme et l'anarchie. Au terme de l'Antéchrist personnel, le despotisme bat son plein. Il s'efforce d'anéantir le catholicisme. Il rompt la continuité du sacrifice eucharitique 2. Il établit « l'abomination de la désolation dans un lieu saint ». A Rome, siège de l'Église, à Jérusalem et en Palestine, Lieux saints, il instaure l'abomination, c'est-à-dire l'idolatrie, le culte de la désolation spirituelle, celui qui substitue à l'adoration de ieu l'adoration de l'Homme, le culte de l'État et de l'Humanité.

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1. Voir La Caravane humaine, sur la loi d'accélération, pp. 46 et s. et sur les oscillations dont il va être parlé, pp. 37, 38, 371 et s.


2. Cf. nos explications sur Apoc. XI, 7 : ( sans doute est-ce plutôt Apoc. XI, 1, 2, p. 243 :  

«« 1. « Et il me fut donné un roseau pareil à une canne, en disant : « Lève-toi et sois en train de mesurer le Temple de Dieu et l'autel et ceux qui y adorent. 2. Et la cours extérieure du Temple, rejette-là dehors et ne la mesure pas, parce qu'elle a été donnée aux Nations ; et la Cité sainte, elles la fouleront aux pieds quarante-deux mois. »

Explications pp. 244-46 : « ... Les Nations, infidèles ou apostates, fouleront aux pieds la Cité sainte durant 42 mois. Il y aura de préservé que « le Temple, l'autel et ceux qui y adorent ». L'Apôtre reçoit, en effet, l'ordre de le mesurer avec un roseau pareil aux cannes des architectes parce que, lui est-il dit, tout le reste, y compris la cour extérieure du Temple, est abandonnée aux Nations.

Ce geste nous est donc présenté expressément comme prophétique. La domination des impies, les ravages de la persécution, ne dépasseront pas une certaine mesure. La Cité sainte ne leur sera pas livrée tout entière : le Temple avec tout ce qu'il renferme, - autel, prêtres et adorateurs, - ne sera ni détruit ni envahi. La promesse faite à l'Église du sixième âge sera tenue : « J'ai mis devant toi une porte ouverte que personne ne peut fermer, parce que tu as peu de force et n'a pas renié mon nom »
(Apoc. III, 8 ).

Cela nous donne à penser que la Cité sainte dont il s'agit ici n'est pas Jérusalem ni Rome, mais l'Église, la Cité de Dieu (S. Victorin ; André de Césaré ; S. Albert le Grand ; Bossuet ; Swete ; Allo.). Aussi bien, Rome n'est-elle jamais appelée « Ville sainte » dans les prophéties ; et quant à Jérusalem, non seulement elle est déjà foulée aux pieds des Nations depuis Hadrien ou tout au moins depuis l'Islam, mais son Temple n'a pas été épargné. Il est entièrement détruit depuis Titus.

Notre texte semble donc bien concerner l'Église. Que faut-il entendre par son « Temple », son « autel » et « ceux qui y adorent » ? Sa diffusion dans tout l'univers, la multiplicité de ses autels et de ses temples, ne permettent pas de prendre au sens propre les termes de la prophétie. Ils sont donc symboliques. Le Temple, dès lors, figure ce qui s'y fait : le culte, avec l'enseignement religieux et la prédication qu'il comporte. L'autel représente le sacrifice que l'on y offre et les sacrements que l'on y prépare. Les adorateurs symbolisent le sacerdoce, la vie spirituelle, la prière.

Voilà donc ce qui n'est pas livré aux Nations infidèles ou apostates ; ce que l'État, quoi qu'il fasse, ne pourra jamais supprimer ni accaparer. Dieu lui abandonne pour un peu de temps tout le reste : la « Cité sainte », c'est-à-dire toute l'organisation extérieure et temporelle de l'Église, et même « la cour extérieure du Temple » ; c'est-à-dire tout ce qui dépend du sacerdoce et se rattache directement au culte sans lui être essentiel. Ainsi l'État « foulera aux pieds », brutalisera, opprimera, écrasera l'Église, confisquera ses biens, traitrera ses prêtres en parias, entravera ou interdira son action au dehors, ses oeuvres sociales et charitables, ses écoles, ses manifestations publiques, sa participation à la vie de la Cité. En somme, une persécution comme les autres, mais plus haineuse et plus méprisante, plus violente et plus méthodique, plus courte aussi, - et mondiale.

Dans toute sa force, elle durera quarante-deux mois. Ce nombre et ces mois sont-ils symboliques, comme naguère les cinq mois des scorpions ?

Il semble que non. Quarante-deux mois font mille deux cent soixante jours ; au sens figuré, autant d'années. Il n'est pas possible d'admettre que la persécution qui vient de nous être annoncée dure douze cent soixante ans et le sixième âge, par conséquent, bien d'avantage. Toute notre interprétation de l'Apocalypse et les arguments qui militent en sa faveur excluent cela et nous obligent à prendre ces quarante-deux mois au sens propre. »»



..et nos explications sur XIII, 7, 15.

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Message  Roger Boivin le Jeu 14 Avr 2016, 7:06 pm



Alors, les fidèles soupireront après une intervention divine, une seule, un de ces « jours » du Christ comme celui qui délivra l'Église de l'étreinte impériale par la conversion de Constantin ; de la brutalité des Barbares, par la conversion de Clovis. Il n'y en aura pas.

On en annoncera pourtant. Des faux-christs se présenteront, non plus « au nom de » Jésus, mais en leur propre nom ; non plus de faux docteurs, mais des faux-christs, c'est-à-dire des faux messies, des faux rédempteurs, de prétendus sauveurs qui perdent ceux qu'ils séduisent 1.

A côté d'eux surgiront de faux prophètes, des chefs de secte, comme pendant tout le temps des douleurs. Il n'est pas dit cette fois, qu'ils soient nombreux : la brièveté de la période s'y oppose. La prophétie en indique seulement la pluralité. Il y aura donc plusieurs sectes de fausse mystique. Il s'y fera de grands prodiges et des choses extraordinaires. Rien ne permet de penser que ces prodiges diffèrent de ceux que S. Paul annonce pour la manifestation de l'homme du péché et qui sont tout simplement des prodiges scientifiques. La grande oppression n'est, en effet, que la plénitude et le terme de cette manifestation ; et il existe un parallélisme évident entre les textes de l'Apôtre et celui des Évangiles à ce sujet.

De fausses religions chercheront ainsi à séduire les fidèles. Ils entendront dire : Voilà le christ ! Le voici ! Les uns lee signaleront dans le désert, les autres dans quelque officine secrète. Ces derniers mots donnent à entendre que certaines de ces sectes auront un enseignement ésotérique, comme la Franc-Maçonnerie ou la Gnose. Quant au désert, pour des Juifs comme les disciples à qui le discours de Notre-Seigneur s'adresse, il signifie l'Orient. Tout ce qui vient de l'Orient en Palestine, vient du désert. Il se pourrait donc qu'il s'agisse aussi de faux messies en Orient. Le développement du syncrétisme qui s'élabore en Asie de nos jours, joint au fait que les Hindous attendent une incarnation de Vishnou pour la fin du cycle actuel, permet de prendre au sérieux cette hypothèse, d'autant que c'est dans le sens du faux mysticisme, du faux messianisme et de l'ésotérisme que l'influence de la pensée asiatique s'exerce de nos jours en Occident.

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1. Aux lecteurs qui croiraient peu vraisemblable la venue de ces faux-messies dans le monde moderne, nous rappellerons les excès blasphématoires de la ferveur hitlérienne saluant dans le « Fuhrer » « un nouveau Christ, plus saint et plus bienfaisant que l'ancien ».

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Message  Roger Boivin le Jeu 14 Avr 2016, 8:01 pm



L'Église, dans tous les cas, aura une lutte difficile à soutenir. Il lui faudra repousser toutes ces séductions par ses propres moyens ; empêcher les fidèles de croire à ces faux-christs, d'adhérer à ces sectes, de chercher parmi elles des forme  nouvelles ou « modernes » de vérité. Cela semble indiquer que la tactique des jansénistes et des modernistes se renouvellera : entrer dans l'Église ou y rester malgré elle pour la ravager par le dedans.

Contre la Grande Oppression même, l'Église n'a pas à compter sur une intervention miraculeuse de Dieu avant d'avoir été crucifiée et mise au tombeau comme jadis son divin Fondateur. Il faut que le triomphe de la haine soit complet et semble définitif. S. Matthieu et S. Marc le suggèrent ; S. Luc le déclare en termes formels : ce n'est pas pour ce temps là qu'il faut attendre le « Jour du Christ », le dernier, celui de son second avènement, lorsqu'il « viendra juger les vivants et les morts ». Ce jour désiré de la « Parousie » brillera plus tard et d'un seul coup, de l'orient à l'occident, comme l'éclair, à l'improviste. La Grande Oppression finira d'une autre manière.

Sa fin, c'est le « Grand Jour de Dieu » que l'on ne distingue habituellement pas de cette « Parousie », parce que les prophètes se plaisent à mettre les deux événements sur le même plan et à passer de l'un à l'autre sans crier gare ; mais ils en font autant pour bien d'autres événements tout à fait distincts.  Aussi croyons-nous que l'on peut établir une distinction entre les deux « Jours » sans faire violence aux textes et que,  si ce n'est assurément pas le seul moyen de résoudre les antinomies que les textes présentent, c'est l'un des plus efficaces et des plus légitimes. Cette distinction admise, beaucoup de difficultés s'éclairent. La Parousie se produit à la fin du monde ; le « Grand Jour de Dieu », un certain temps auparavant. Il suit immédiatement la Grande Oppression 1. C'est le jour de la Grande Anarchie et de la suprême Angoisse, dixième signe de la fin. L'Accalmie le suivra et le Jugement Dernier n'aura lieu qu'après l'Accalmie.

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1. Cf. pp. 185 et s. Il est appelé Jour de Dieu, Jour de Jéhovah, Jour du Seigneur quand ce nom signifie  Jéhovah. La Parousie est appelée Jour du Christ, Jour du Fils de l'Homme, Jour du Seigneur quand ce nom désigne le Christ.
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Message  Roger Boivin le Jeu 14 Avr 2016, 10:16 pm



Voilà pourquoi, semble-t-il, dans l'Évangile selon S. Luc, le Sauveur, après avoir dit : « Vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l'Homme et vous ne le verrez point », raconte aussitôt la parabole du Juge inique.

Obsédé par une pauvre veuve qui réclame justice, cet homme déclare : « Ce n'est pas que je craigne Dieu et que je me soucie des hommes ; mais cette veuve m'importune, et je lui ferai justice afin qu'elle ne vienne plus me tourmenter sans cesse. » - « Entendez, ajoute Notre-Seigneur, ce que dit le juge inique. Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui nuit et jour et il tarderait à leur égard ? Je vous le dis, il leur fera bientôt justice 1. » Il tarde en apparence. Il semble ne pas entendre ; mais il n'en fera pas moins justice et plus promptement que jamais. La grande oppression durera peu. Les jours de l'oppresseur sont comptés. Il disparaît en plein triomphe et, sous l'irrésistible poussée du cours ordinaire des choses, son despotisme va s'affesser dans l'anarchie. L'Église sera sauvée par cela seul qu'elle aura « tenu » jusqu'aux limites du possible et que la loi historique d'accélération aura réduit à la mesure de ces limites le temps de la persécution dernière.

L'effrondrement des persécuteurs, du reste, n'est pas une conversion. L'Antéchrist disparaît, mais non pas l'Homme du Péché. Celui-là ne sera « réduit à l'impuissance » que par la parousie. Seulement, il est « renversé » : il ne domine plus le monde. Le « souffle de la bouche du Seigneur », son Verbe, la parole inspirée, infaillible, de son Vicaire, l'enseignement de son Église, l'emporte sur les fables qui faisaient depuis longtemps la force de leur Adversaire.

Ceux-là mêmes qui ne viennent pas aux pleines clartés de la foi, reconnaissent que les doctrines opposées ont été trouvées périlleuses et décevante et que, dans l'ébranlement universel, le catholicisme seul tient encore, bien qu'on ait tout fait pour le détruire. L'heure a sonné de son affranchissement et de la « résurrection » d'Israël.

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1. Luc. XVIII, 1-8.

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Message  Roger Boivin le Sam 16 Avr 2016, 10:05 am



La prophétie ne permet guère de douter qu'Élie ait un rôle dans la conversion de son peuple. Les paroles de Malachie et de l'Ecclésiastique à ce sujet sont nettes et précises. Nous ne parlons pas d'Hénoch : l'Ecclésiastique semble l'exclure en déclarant Élie incomparable ; et nulle prophétie ne le présente comme devant reparaître quelque jour. C'est seulement une conjecture fondée sur ce qu'il fut enlevé vivant au ciel comme Élie. Quant à ce dernier, la seule question qui se pose est celle-ci : Malachie et Jésus, fils de Sirach, annoncent-ils son retour personnel ou son retour spirituel, c'est-à-dire sa représentation par un personnage qui serait à la fin des derniers temps ce que fut S. Jean-Baptiste à la fin de l'Ancienne Alliance ?

Car Notre-Seigneur l'atteste : S. Jean-Baptiste, c'est Élie, en ce sens spirituel. Or, il atteste au même instant qu'Élie reviendra et « rétablira toute chose » ou, comme dit l'Ecclésiastique, « les douze tributs d'Israël ». Cela nous reporte précisément au temps de la « réintégration » et de la « plénitude », quand « tout Israël » viendra rejoindre dans l'Église « la masse des nations ». Alors Élie apparaîtra ; mais le Seigneur oppose-t-il l'un à l'autre les deux retours du grand prophète, l'un spirituel en S. Jean-Baptiste, l'autre personnel à la fin des derniers temps ? Veut-il, au contraire, nous avertir qu'is sont tous deux spirituels : « Élie viendra... mais comme il est déjà venu » ? Nous croyons ce problème impossible à résoudre.

Retenons donc seulement qu'un Juif, apôtre des Juifs, un Élie, un Jean-Baptiste, sera l'agent extérieur de leur conversion 1. S. Paul semble bien donner à entendre que « l'émulation » en sera l'agent intérieur. Il y a donc lieu de penser que, si la Grande Oppression achève l'Apostasie, l'effrondement des oppresseurs achèvera du même coup « l'entrée des nations », la conversion des Juifs et leur rétabllissement dans la Terre-Sainte.

Le prophète Zacharie annonce que ce rétablissement donnera lieu à une guerre de coalition contre Jérusalem. Or, cela ne se peut guère concevoir que si Jérusalem, les Juifs et la Judée sont alors le bastion principal de l'Église universelle, sortie victorieuse de la grande Oppression, mais combattue encore par des nations apostates ou infidèles, par « l'homme du péché » qui tente un suprême effort pour ressaisir le pouvoir après la mort de l'Antéchrist.

Cet effort échouera ; et Zacharie, d'accord avec Notre-Seigneur en S. Matthieu et avec S. paul, dépeint admirablement le caractère de la conversion des Juifs, la profondeur ardente de leur repentir, l'élan merveilleux de leur action de grâces et de leur amour pour Jésus-Christ.

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1. S. Augustin (De Civ. Dei, XX, 19 pr.) atteste que c'est là une tradition ancienne et générale dans l'Église. Il la déclare bien fondée. S. Victorin (P. L., t. V, p. 330) applique avec raison à cette conversion le texte de Malachie sur la réconciliation des pères, - les Juifs, - avec leurs fils, - les Chrétiens : « Convertere corda patrum ad filios », dit-il, « secundum tempus vocationis Judaeos ad sequentis populi fidem revocare. »



Dans le tome II, il développe sa pensée sur plus de 12 pages.

Sur ce sujet l'auteur semble ignorer deux textes : l'un de S. Jean CHRYSOSTOME, et l'autre de la Chaîne d'Or de S. Thomas d'Aquin citant plusieurs auteurs ;  reproduits tous deux sur ce lien : http://messe.forumactif.org/t1183-le-retour-d-elie .
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Message  Roger Boivin le Sam 16 Avr 2016, 1:49 pm



DIXIÈME SIGNE

LE GRAND JOUR DE JÉHOVAH

SUPRÊME ANGOISSE DU GENRE HUMAIN


29. « Aussitôt après l'oppression de ces jours-là, le soleil sera obscurci et la lune ne donnera pas sa lumière et les étoiles tomberont du ciel et les puissances des cieux seront ébranlées. »
Matth. XXIV, 29.


25. « Il y aura des signes dans le soleil et la lune et les étoiles et sur la terre, une anxiété des nations inquiètes du retentissement de la mer céchaînée, 26. les hommes mourant de peur et d'angoisse sur ce qui arrive au monde habité, car les puissances du ciel seront ébranlées. »
Luc. XXI, 25, 26.


30. « Je ferai paraître des prodigesd dans les cieux et, sur la terre, du sang, du feu et des colonnes de fumée. 31. Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant que ne vienne le jour de Jéhovah, grand et terrible. 32. Et quiconque invoquera le nom de Jéhovah sera sauvé. Car sur la montagne de Sion et de Jérusalem, il y aura une réunion de sauvés, comme l'a dit Jéhovah ; et parmi les survivants seront ceux que Jéhovah appelle. »
Joël. II, 30 à 32.


17. « Épouvante, fosse et filet sur toi, habitant de la terre. 18. Ce lui qui fuira d'épovante, tombera dans la fosse et celui qui remontera de la fosse sera pris dans le filet. Car les cataractes d'En Haut sont ouvertes et les fondements de la terre s'ébranlent. 19. La terre se brise avec violence, la terre éclate avec fracas, la terre est secouée avec force, 20. la terretitube comme un homme ivre. Elle vacille comme un hamac. Son iniquité pèse sur elle. Elle s'écroule pour ne plus se relever. 21. En ces jours-là, Jéhovah visitera dans les hauteurs l'armée d'En Haut et, sur la terre, les rois de la terre. 22. Ils seront amenés captifs dans l'abîme, emprisonnés dans la prison. 23. La lune rougira, le soleil pâlira, car Jéhovah des Armées régnera sur la montagne de Sion et à Jérusalem ; et devant les Anciens éclatera sa gloire. »
Is. XXIV, 17 À 23.

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Message  Roger Boivin le Sam 16 Avr 2016, 2:06 pm



Il ne semble guère possible de prendre ces textes dans leur sens propre, matériel, comme prophétisant des cataclypses cosmiques. Ce n'est pas que ces cataclypses ne puissent se produirent ou paraissent incompatibles avec une prolongation de la vie humaine à la surface du globe pendant leur durée : rien n'est impossible à Dieu. Toutefois, sous cette épreuve, il faut bien reconnaître que les textes de S. Matthieu, de Joël et d'Isaïe, entendus à la lettre, impliqueraient un boulversement équivalent à la fin du monde. Or, ces trois textes et celui de S. Luc semblent impliquer aussi que cette fin doit tarder encore après les événements qu'ils annoncent.

Quant à S. Luc, il parle seulement de signes célestes et de cataclypses effrayants ; mais si l'on entend cela au sens propre, il faut convenir, avec S. Augustin, que l'on a vu en d'autres temps des phénomènes du même genre. Ces prétendus signes de la fin seraient donc tout aussi bien des signes du commencement ou du milieu, et Notre-Seigneur aurait parlé pour ne rien dire.

D'autres textes des Évangiles, de S. Pierre et de S. Paul, que nous rencontrerons plus loin ou que nous avons déjà rencontrés, s'accordent d'ailleurs pour affirmer que la fin du monde sera soudaine comme l'éclair, comme les douleurs de l'enfantement. Elle surprendra le genre humain endormi, comme les dix vierges de la parabole, en « paix et sécurité ».

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Message  Roger Boivin le Sam 16 Avr 2016, 3:05 pm



Il devient par là assez vraisemblable que nos quatre textes doivent être pris au sens figuré et symbolique 1.

Or, dans la langue des symboles employés par les prophètes, le soleil représente la divinité comme source de lumière pour les âmes, particulièrement dans le Christ 2. Il figure donc l'autorité spirituelle suprême.

La lune, emblème de ce qui change et passe 3, signifie l'autorité temporelle, reflet de la clarté divine pour éclairer la nuit humaine, la vie terrestre, extérieure, au sein de laquelle nous nous acheminons vers la vie sans ombres du ciel.

Les étoiles symbolisent des lumières spirituelles, de petits soleils, des âmes faites pour éclairer les autres âmes, des docteurs et des guides 4.

Le ciel, demeure de Dieu, figure, par suite, le monde spirituel. Les puissances des cieux sont donc les puissances spirituelles. Tomber du ciel sur la terre, c'est déchoir du spirituel au temporel, de l'esprit à la matière 5.

La terre, opposée au ciel, représente le monde temporel, domaine de l'homme 6. C'est pour cela que les tremblements de la terre symbolisent les bouleversements et révolutions de ce monde 7. Mais la terre peut aussi être opposée à la mer : elle représente alors la Terre Promise, la Palestine, et, par extension, l'Orient ou l'Asie entière en face de l'Occident méditerranéen 8.

Hors ces cas, la mer, les eaux qui s'agitent et s'écoulent à la surface de la terre et qui la fécondent, ce sont les hommes, groupés de cent façons différentes, mais surtout les nations, États ou masses populaires 9.

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1. S. Augustin le dit à propos de la chute des étoiles (De Civ. dei, XX, 24) : « Tropice sit locutus, quod est credibilius. »

2. Sic : André de Césarée (Apoc.) ; S. Augustin, in Psalm. LXXIII, 16 ; Bossuet, Apoc. sur XII, 1.

3. Sic : S. Grégoire, Moral. XXIV, 12 ; Bossuet, loc. cit. ; Corn. a Lap., Apoc. p. 237, col. 2.

4. Sic : Apoc. I, 20 ; André de Césarée (Cf. Allo, Apoc., p. 105. C. 13) ; S. Bède. P. L. , t. 93, p. 149. D ; 156. C ; 157 B. - Cpr. Jud. 13.

5. Sic : S. Grégoire le Grand, Moral. XXXII, 14 : « Stellas de coelo cadere est nonnullos, relicta spe coelestium,... ad ambitum gloriae saecularis inhiare » ; S. Bède, ubi supra. - Cf. nos explications sur Apoc. VIII, 10.

6. Cf. Ps. CXV, 16.

7. Cf. Allo, Apoc. p. 105. C. 12 et 155. C. 13.

8. Cf. Allo, Apoc. p. 210. A. B. C. 11 (suite de la page 209).

9. Sic S. Victorin, P. L. t. V, P. 319 ; S. Augustin, De Civ. Dei, XX, 10 ; S. T. suppl. Q. 74 a. 7 ad sec. Cf. nos explications sur Apoc. VI, 12 ET S.

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Message  Roger Boivin le Sam 16 Avr 2016, 7:43 pm



Traduits d'après ce lexique, nos textes perdent leur obscurité. Ils se soudent naturellement à ceux qui décrivent la Grande Oppression. Le cours normal des choses, que Dieu mène par sa Providence selon des lois profondes et non pas à coup de miracles, se poursuit comme de lui-même. La prophétie continue d'éclairer l'histoire sans la bouleverser ni la démentir.

Ce qui devait venir est venu : la grande oppression s'est effrondée dans la grande anarchie 1. Le pouvoir séculier, - « la lune , - rougit de honte » dans son humiliation. Il « ne donne plus sa lumière » : affaibli, annihilé, on croirait qu'il n'existe plus. C'est alors que « Jéhovah visite dans les hauteurs l'armée d'En Haut et sur la terre les rois de la terre ». L'anarchie se généralise et l'épouvante en même temps. Les fondements du monde temporel, - la terre, - sont ébranlés. Les sociétés « se brisent avec violence. Elles éclatent avec fracas. » Les nations « tremblent, anxieuses, au bruit des soulèvements populaires pareils à « la mer déchaînée ». La « grande peur », qui accompagne toutes les révolutions, est cette fois universelle. Partout les hommes sèchent « d'angoisse à la pensée de ce qui arrive ». Le monde entier « titube comme un homme ivre ». Secoué de convulsions violentes, il s'écroule sous le poids de l'iniquité qui glaça jadis la charité dans le coeur des multitudes et les enivra de haine. L'Antéchrist a péri dans son triomphe. Le monde de l'Antéchrist périt à son tour. Il ne se relèvera pas.

Où les hommes de ce temps là puisseraient-ils quelque espérance pour lutter contre leur effroi ? Le matérialisme victorieux a tout fait pour enténébrer les âmes. Il n'a que trop bien réussi. Les puissances spirituelles sont ébranlées. Beaucoup de guides spirituels ont failli à leur missions, étoiles tombées du ciel. L'Église de la Gentilité, opprimée, pourchassée sans trêve, n'est plus qu'un pâle soleil obscurci de lourdes nuées. L'Homme du Péché a voulu être son seul maître : il l'est et le voici qui cherche en vain, dans son indicible épouvante, à se rassurer contre lui-même, à se défendre, à se sauver.

Au sein de ce désarroi, cependant, une clarté brille sur l'angoisse mondiale. Éclipsée momentanément parmi les Gentils, l'Église manifeste à Jérusalem et sur la montagne de Sion, les splendeurs de sa vie spirituelle. Israël, converti du messie temporel qu'il a tant rêvé au Messie dont « le royaume n'est pas de ce monde », porte à sa perfection le catholicisme. Les Juifs redeviennent ainsi les gardiens de la lumière. « Si leur amoindrissement a été la richesse des Nations, que ne sera pas leur plénitude ? »

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1. Cf. La Caravane humaine, p. 177 et nos explications sur Apoc. VI, 12 et s. p. 168.

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Message  Roger Boivin le Dim 17 Avr 2016, 7:53 am



ONZIÈME SIGNE

L'ACCALMIE


3. « Sachez avant tout que dans les derniers temps il viendra des moqueurs pleins de railleries, vivant au gré de leurs convoitises et disant : 4. Où est la promesse de son avènement ? Car, depuis que nos pères sont morts, tout continue à subsister comme depuis le commencement de la création... 9. Non, le Seigneur ne retarde pas l'accomplissement de sa promesse ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais que tous viennent à la pénitence. »

II Petr. III, 3, 4, 9.


2. « Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient ainsi qu'un voleur la nuit. 3. Quand les hommes diront : Paix et sécurité ! alors, une ruine soudaine fondra sur eux comme la douleur sur la femme qui va enfanter. »

I Thess. V, 2, 3.



« Le Fils de l'Homme, quand il viendra, est-ce qu'il trouvera la foi sur la terre ? »
Luc. XVIII, 8.


36. « Quand à ce jour et à cette heure, personne ne sait... 37. Comme le jour de Noé, ainsi sera l'avènement du Fils de l'Homme.
« 38. De même en effet, que dans les jours avant le cataclypse on mangeait, buvait, épousait et donnait en mariage jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche 39. et on ne sut rien jusqu'à ce que vint le cataclypse qui les emporta tous, ainsi en sera-t-il de l'avènement du Fils de l'Homme...
« 48. Si le mauvais serviteur dit en son coeur : Mon maître tarde à venir, 49. et qu'il commence à battre les autres.. qu'il mange et boive avec ceux qui s'enivrent... 50. son maître viendra au jour qu'il n'attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas 51. et il le retranchera...
« 1. Alors le royaume des cieux sera pareil à dix vierges qui prirent leurs lampes et sortir à la rencontre de l'Époux... 5. Or, l'Époux se faisant attendre, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. 6. Mais au milieu de la nuit, un cri s'éleva : Voici l'Époux ! Sortez à sa rencontre ! »

Matth. XXIV, 36 À 39 ; 48 À 51 ; XXV, 1 à 6. - Cf. Luc. XVII, 26-30.

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Message  Roger Boivin le Dim 17 Avr 2016, 11:41 am



Ces textes visent le second avènement de Jésus-Christ. Difficilement conciliables avec ceux que nous venons de relire et qui concernent le « Grand Jour de Jéhovah », ils s'accordent au contraire fort bien avec ceux dont nous parlerons tout à l'heure et qui concernent la Parousie. Nous voilà donc en présence de deux groupes de textes qui s'opposent l'un à l'autre. Un des meilleurs moyens de résoudre cette antinimie nous paraît être, non pas d'étendre à toute la durée des « derniers temps » les prophéties dont nous nous occupons ici, ce qui ne semble guère possible, mais d'admettre qu'elles annoncent une accalmie entre le « Jour de Jéhovah » et le « Jour du Fils de l'homme ».

Les « moqueurs », dans la lettres de S. Pierre, ne sont pas ses contemporains. Ils viendront plus tard, et l'apôtre les fait parler en hommes dont les ancêtres immédiats, deux ou trois générations peut-être avant eux, auraient cru voir la fin du monde.

« Nos pères sont morts, diront-ils ; et depuis leur mort « qui, d'après les prophéties, devait précéder immédiatement le dernier jour, « tout va son train comme depuis le commencement de l'univers. » Ils veulent oublier, ajoute S. Pierre, que longtemps après le commencement de l'univers, le déluge a déjà clos le premier cycle de l'histoire humaine. Ils se flattent que le cycle actuel durera indéfiniment parce que son terme n'est pas venu quand il semblait devoir venir. Ils se trompemt : un cataclypsme aussi soudain que le déluge détruira tout par un embrasement universel.

Pour vous, continue l'apôtre en s'adressant à ses contemporains, ne vous mettez pas en peine de ce cataclypsme ni du retard que le Seigneur vous semble mettre à l'accomplissement de sa promesse. Qu'il la tienne demain ou dans un grand nombre de siècles, c'est tout un ; car pour lui « un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour ». Tôt ou tard, il la tiendra. Rendons-lui grâces simplement du délai qu'il nous accorde afin que nous fassions pénitence et que nous soyons sauvés.

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Message  Roger Boivin le Dim 17 Avr 2016, 1:08 pm



Le sens de ce discours ne prête guère à discussion. Les contemporains de S. Pierre croient la fin du monde imminente. Les uns s'en inquiètent ; d'autres s'étonnent de ce qu'elle tarde. Ils s'en scandalisent. L'apôtre, comme S. Paul qu'il cite 1, combat cette double erreur. Pourquoi se scandaliser de ce qui est un bienfait de la miséricorde divine ? Pourquoi s'inquiéter d'un évènement qui doit être si tardif qu'un temps viendra où, - même dans l'Église, - car les moqueurs de S. Pierre comme les vierges folles de l'Évangile appartiennent à l'Église, - on se rira volontiers des croyants qui en parlent encore ? On s'autorisera contre eux et pour vivre suivant ses convoitises, de ce que le cataclysme, tant annoncé et redouté, ne se sera pas produit alors même qu'il semblait tout proche ; et l'un en conclura qu'il est, sinon tout à fait problématique, du moins éloigné de l'infini.

Or, à quelle époque, depuis les épîtres apostoliques, les chrétiens se sont-ils crus communément à la veille de la fin du monde ? A vrai dire, il se pourrait bien qu'il faille répondre : jamais. Ni la ruine de Jérusalem, ni les grandes persécutions impériales, ni l'écroulement de l'empire, ni les invasions des Arabes et des Mongols, ni les approches de l'an mille, ni les ténèbres du Grand Schisme, ni la dislocation de la Chrétienté, ne semblent avoir fait prédominer réellement dans la masse des fidèles l'état d'esprit que combattent S. Pierre et S. Paul.

Il y eut, certes, en ce temps-là comme en beaucoup d'autres, si ce n'est même dans tous les temps, des cerveaux faibles, des imaginations débridées, des ignorants, des illuminés, voire de savants exégètes et des âmes vraiment saintes qui crurent la fin prochaine. Ils interprétaient en ce sens les prophéties canoniques ou prêtaient à des révélations particulières un portée qu'elles n'avaient pas ; mais quelque voque que ces opinions aient pu avoir, il ne paraît pas douteux qu'elles restèrent chaque fois cantonnées en peu d'espace et, en somme, parmi peu de gens dans l'ensemble de l'Église. On n'a donc jamais pu dire : « Nos pères ont cru voir la fin du monde ; ils avaient pour cela des raisons décisives ; ils sont morts, et tout va son train comme dans tous les siècles passés. »

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1. II Petr. III, 15, 16.

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Message  Roger Boivin le Dim 17 Avr 2016, 7:32 pm



En tout cas, les « moqueurs pleins de raillerie » n'ont point paru ;  car je ne pense pas que l'on allègue sérieusement les noms de Celse et de Voltaire. Ils viendront plus tard, après que « leurs pères », ayant vu l'élévation et la chute de l'Antéchrist, se seront cru à la veille de voir aussi « l'Homme du Péché réduit à l'éternelle impuissance par l'avènement glorieux du Christ 1 ».

Au surplus, comment les gens de ce temps-là pourraient-ils dire : « Paix et sécurité ! » comment pouraient-ils, après la suprême angoisse, vaquer paisiblement à leurs petites affaires, - boire, manger, se disputer, s'épouser, marier leurs fils et leurs filles, - s'il ne s'écoulait assez de temps, entre cette angoisse et le dernier jour, pour que la grande anarchie s'appaise, s'ordonne et s'organise ?

Cette accalmie est nécessaire pour que chacun se rassure ; pour que l'Église, survivant à ses persécuteurs, voie les Nations lui revenir et la tiédeur avec leur foule 2 ; pour que des hommes naissent qui feront peu de cas de l'Angoisse et des Douleurs parce qu'ils n'en auront été ni les témoins ni les victimes ; pour que ces mauvais serviteurs recommencent à s'enivrer et à battre leurs compagnons ; pour que la foi baisse et se raréfie parmi les Gentils ; pour que les dix vierges s'assoupissent et sendorment et que le « Jour du Fils de l'Homme » surprenne enfin tout le monde, « comme un voleur pendant la nuit ».

Pour tout cela, il est même indispensable qu'elle ait une assez longue durée. Laquelle ? C'est le secret du Père. Nous n'en savons rien. Nul ne le saura jamais. Aucune prophétie ne permet de s'en faire la moindre idée. Il y aura bien un présage, après le Grand Jour de Jéhovah, pour le Jour du Fils de l'Homme ; mais ce sera précisément l'impuissance des fidèles, même les plus éclairés, à saisir aucun présage 3. La nuit, le sommeil et le silence empêcheront qui que ce soit de se rendre compte que tout dort, que tout se tait, que la nuit s'avance et que la fin, par suite, est proche.

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1. S. T. Suppl. Q. 73, a. 1 ad pr. : « In pace et securitate impii se credent post mortem Antichristi ante Christi adventum, non statim videntes mundum consummari, ut prius existimabant. L'auteur admet, du reste, après S. Augustin, que cette sécurité accompagnera la persécution générale : « Unde simul aliqui timebunt, scilicet, boni et aliqui securi erunt, scilicet mali ». mais cela est contradictoire, car il admet aussi que la persécution de l'Antéchrist sera la dernière et que la disparition du persécuteur y mettra fin.

2. S. T. Suppl. Q. 74, a. 2 ad sec. : « Circa finem mundi, regnabit vitium tepiditatis ». Cf les textes que nous citerons sur Apoc. III, 14-22. Cette prédominance de l'Église semble devoir être la condition historique du rétablissement de l'ordre, de la paix, de la sécurité et même de la prospérité matérielle dans le monde après la grande anarchie. Alors, en effet, comme au VIe siècle après l'écroulement de l'empire et l'invasion des Barbares, l'Église sera la seule force sociale capable de ce rétablissement. « Les hommes seront dans l'insousciance », dit le R. P. Lagrange sur Luc. XVII, 22-37, p. 461. Cela implique que la dernière persécution est depuis longtemps passée.

3. Cf. nos explications sur Apoc. VIII, 1.

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Message  Roger Boivin le Dim 17 Avr 2016, 10:29 pm



Les prophéties annoncent, il est vrai, que ce sommeil sera court 1 ; mais comment les dormeurs se les appliqueraient-ils, ne croyant pas être endormis ? Le secret du Père est bien gardé 2.

On alléguera peut-être que le sommeil des dix vierges symbolise l'attente des croyants depuis l'Ascension du Christ ; mais ce que nous venons de constater ne disparaîtrait pas pour autant. Cette exégèse, au surplus, le texte de la parabole semble bien s'y refuser. Les noces dont il s'agit sont les noces éternelles de Jésus et de son Église, puisque l'entrée au festin par lequel on les célèbre symbolise la fin du monde. Tout le jour qui précède cette entrée est donc le vrai jour des noces, celui qui eut pour aurore la résurrection du Christ.

Or, ce n'est pas le matin ni vers midi, mais à l'approche du soir que les vierges sortent de chez elles et se réunissent dans la maison nuptiale afin dy attendre l'Époux. Il ne leur a pas dit son heure. Elles savent seulement qu'il va venir ; qu'il ne viendra pas avant la nuit et que le festin est un souper : aussi prennent-elles leurs lampes après les avoir garnies d'huile. Cinq d'entre elles s'en tiennent là, insouciantes et sans cervelle. Les cinq autres, plus occupées de l'Époux que de leur plaisir, réfléchissent qu'il peut tarder ; qu'on doit pouvoir à tout instant lui faire escorte ; que les lampes resteront peut-être allumées de longues heures et qu'il faudra les regarnir. Elles emportent donc pour cela de l'huile.

Et les voilà toutes de d'attendre. Les ténèbres sont épaisses : dehors, c'est la nuit de l'Antéchrist et la tempête dangoisse. Puis tout se calme et l'Époux n'est pas venu. On s'assoupit sans le vouloir. On s'endort. Les lampes aussi sommeillent. Leur clarté baisse, tremble, rougeoie. Les « ténèbres extérieures » semblent envahir la maison. Il est minuit. Tout à coup, la clameur s'élève : « Voici l'Époux ! il vient ! Sortez à sa rencontre. »

O fin soudaine, fin redoutable et désirée de l'Accalmie pendant laquelle, dans cet universel silence, Dieu lui-même se sera tu !

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1. Cf, nos explication sur Apoc. III, 14-22 et VIII, 1.

2. Les prophéties annoncent aussi que le dernier âge lui-même sera court. Il fait pendant au premier âge qui dura environ 77 ans ; mais il pourrait se prolonger bien d'avantage sans devenir relativement long, auprès des mille ans du règne de Jésus-Christ dans la Chrétienté et des mille autres années que Dieu laisse aux puissances antichristiques, anciennes et modernes, pour le combattre. Voir nos explications sur l'Apocalypse, notamment II, 1-7 ; III, 14-22 ; XX, 1-12 ; et ci-dessus, p. 78.

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Message  Roger Boivin le Lun 18 Avr 2016, 10:21 am



DOUZIÈME SIGNE

LE JOUR DU FILS DE L'HOMME


I) 61. « Le grand-prêtre interrogea Jésus et lui dit : Est-tu le Christ, le fils de Celui qui est béni ? 62. Jésus lui dit : Je le suis et vous verrez le Fils de l'Homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir environné des nuées du ciel. »
Marc. XIV, 61, 62.


II) 10.« Comme ils avaient leurs regards fixés vers le ciel pendant que Jésus s'éloignait, voici que deux hommes parurent auprès d'eux, vêtus de blanc 11. et disant : Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder le ciel ? Ce Jésus qui, du milieu de vous, a été enlevé au Ciel, en viendra de la même manière que vous l'avez vu y monter. »
Actes. I, 10 et 11.


III) 1. « Quant aux temps et aux moments, il n'est pas besoin, Frères, de vous en écrire, 2. car vous savez très bien vous-mêmes,  que le jour du Seigneur vient ainsi qu'un voleur pendant la nuit. 3. Quand les hommes diront : paix et sécurité ! alors une ruine soudaine fondra sur eux comme la douleur sur la femme qui va enfanter et ils n'y échapperont pas. »
I Thess. V, 1 à 3.


IV) 24. « Comme l'écllair fulgurant brille d'un point à un autre sous le ciel, ainsi en sera-t-il du Fils de l'Homme en son jour... 27. Alors on verra le Fils de l'Homme venant dans une nuée avec une gande puissance et une grande gloire... 35. Ce jour viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent la face de la terre entière... »
Luc. XVII, 24 ; XXI, 27, 35.


V) « Pour ce qui est de ce jour et de cette heure, nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, mais le Père seul. »
Marc. XIII, 32.


VI) 30. « Alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l'Homme et toutes les tributs de la terre se frapperont la poitrine et elles verront le Fils de l'Homme venant sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande majesté. 31. Et il enverra ses anges avec la trompette retantissante et ils rassembleront ses élus des quatre vents, d'un bout du ciel à l'autre. »
Matth. XXIV, 30, 31.


VII) 15. Voici ce que nous vous déclarons d'après la parole du Seigneur : Nous, les vivants laissés pour l'avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis. 16. Car, au signal donné, à la voix de l'archange, au son de la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d'abord. 17. Puis nous, les vivants qui seront restés, nous serons emportés avec eux sur les nuées à la rencontre du Seigneur dans les airs ; et ainsi nous serons pour toujours avec le seigneur. »
I Thess. IV, 15-17.


VIII) 22. « Comme tous meurent en Adam, de même tous seront vivifiés dans le Christ ; 23. mais chacun en son rang : comme prémice, le Christ ; ensuite, ceux qui appartiennent au Christ, lors de son avènement. 24. Puis ce sera la fin quand il remettra le royaume à Dieu le Père, quand il aura anéanti toute principauté, toute puissance et toute force. 25. Car il faut qu'il règne « jusqu'à ce qu'il ait mis sous ses pieds tous ses ennemis. » 26. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort... 42. Semé dans la corruption, le corps ressuscite incorruptible ; 43. semé dans l'ignominie, il ressuscite glorieux ; semé dans la faiblesse, il ressuscite plein de force ; 44. semé corps animal, il ressuscite corps spirituel... 51. Voici un mystère que je vous révèle : nous ne nous endormirons pas tous, mais tous nous serons changés 52. en un instant, en un clin d'oeil, au son de la dernière trompette ; car la trompette retentira et les morts ressusciteront, incorruptibles, et nous, nous serons changés. 53. Car il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité et que ce corps mortel revête l'immortalité. »
I Cor. XV, 22-26 ; 42-44 ; 51-53.


IX) 31. « Lorsque le Fils de l'Homme viendra dans la gloire et tous ses anges avec lui, il s'assiéra sur le trône de sa gloire 32. et, toutes les nations étant rassemblées devant lui, il séparera les uns davec les autres... 34. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père ; prenez posseission du royaume qui vous a été préparé dès l'origine du monde... 41. S'adressant ensuite à ceux qui seront à sa gauche, il dira : Retirez-vous de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges... 26. Et ceux-ci s'en iront à l'éternel supplice et les autres à la vie éternelle. »
Matth. XXV, 31, 32, 34, 41, 46.


X) « Le jour du Seigneur vient comme un voleur. En ce jour, les cieux passeront avec fracas ; les éléments embrasés se dissoudront et la terre sera consumée avec tous les ouvrages qu'elle renferme... Mais nous attendrons, selon sa promesse, « de nouveaux cieux et une nouvelle terre » où la justice habite. »
II Petr. III, 10, 13.


XI) « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »
Joann. VI, 54.


XII) 28. « L'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix. » (Celle du Fils de l'Homme.) 29. « Et ils en sortiront, ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie ; ceux qui auront fait le mal, pour ue résurrection de condamnation. »
Joann. V, 28, 29.

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Message  Roger Boivin le Lun 18 Avr 2016, 2:44 pm



Nous sortons ici de l'histoire parce que nous sortons du temps. C'est aussi pour cela que la fin n'a pas de date. Le Jour du Christ, du Fils de l'Homme, celui de la Parousie, de son retour ici-bas pour son second avènement dans la gloire, ce jour-là « vient comme un voleur ». Il brille d'un seul coup tout entier, comme l'éclair. Les événements qui le définissent n'ont pas de durée. Ils ne font qu'un. Si la prophétie les énumère sous huit dénominations différentes, c'est que l'infirmité de notre esprit l'exige. Nous ne pouvons les percevoir que successifs ; mais dans le réel, ils ne le seront pas plus que les divers plans d'un même tableau, les notes d'un même accord frappées ensembles, les sept teintes du prisme dans la couleur blanche 1.

Voici donc ces huit notes, plans ou teintes dans l'ordre que la prophétie paraît leur assigner 2 :

1) Apparition du « signe du Fils de l'Homme » dans le ciel (6e texte). On entend communément par là la Croix, instrument et signe de notre rédemption et par là même de tout l'oeuvre réparatice du Verbe incarné. C'est aussi l'étendard (signum, vexilla regis) du Christ et le sugne du chrétien. Un cri suprême le salue : repentir pour les uns, fureur et déseispoir pour les autre. Tous, bon gré, mal gré, se prosternent, inconscients de leur misère, et se frappent la poitrine.

-----

1. Sic : S. T. Suppl. Q. 77, a. 4 corp.

2. S. Augustin (De Civ. Dei, XX, in fine), admet le même ordre comme probables : « Christum judicaturum », c'est-à-dire la parousie (nos 1 et 2) ; « mortuorum ressurrectionem » (nos 3, 4, 5) ; « bonorum malorumque diremptionem », c'est-à-dire le jugement général (no 6) ; « mundi conflagrationem » (no 7) : ejusque renovationem (no 8 ). D'après S. T. Suppl. Q. 74, a, 7 corp. (cf. Q. 78, a. 1) la conflagration précéderait le jugement. Les justes seraient réduits en cendres avec plus ou moins de douleur selon le degré de purification qui leur serait nécessaire, et ils ressusciteraient glorieux aussitôt.  Les textes de S. Paul (7e et 8e textes) sont en sens contraire, et S. Augustin, qui discute cette opinion sans se prononcer (De Civ. Dei, XX, 20), la tient pour conjecturale.

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Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Lun 18 Avr 2016, 3:16 pm



2) Apparition de Notre-Seigneur Jésus-Christ (1er, 2e, 4e, 6e, 9e textes). Elle se produit « de la même manière » que l'Ascension (1er texte), c'est-à-dire « sur les nuées » 1. On en a parfois conclu que la Parousie aurait lieu sur le mont des Oliviers, d'où Notre-Seigneur est monté au ciel et que c'est d'elle qu'il s'agit au dernier chapitre de Zacharie. Cette opinion pèche par la base. Le prophète Zacharie, en effet, dans le chapitre en question, ne parle pas du Christ, mais de Iahvé ; et dans le texte des Actes, il n'est aucunement question du lieu de la Parousie. Jésus apparaît dans tout l'éclat de sa gloire et accompagné de tous ses anges (3e, 6e, 7e, 9e textes).

3) Appel au genre humain. C'est un signal (7e texte), un ordre donné par les anges (6e et 7e textes), ayant à leur tête un archange (7e texte). Il s'agit très probablement saint Michel, à qui le titre d'archange est donné dans l'Écriture, et que l'Église considère comme chargé de rassembler les âmes des fidèles défunts dans la céleste lumière (offertoire de la messe ordinaire des défunts). C'est le son de la dernière trompette (8e texte), de la trompette retentissante entre toutes (6e texte), de la trompette divine (7e texte), l'appel de l'esprit à la matière pour la résurrection et le jugement. Le Seigneur en donne l'ordre dès son apparition (6e texte) et descend du ciel tandis que l'ordre s'exécute (7e texte).

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1. Si l'on veut entendre les « nuées » dans un sens symbolique, cela ne va pas sans difficulté à cause du texte des Actes. « De la même manière » (2e texte) ne peut guère se référer qu'à une nuée proprement dite. Cependant, la difficulté n'est peut-être pas insurmontable. Quand à la réponse de Notre-Seigneur au grand-prêtre (1er texte), elle contient deux choses dans S. Matthieu et S. Marc : 1- l'affirmation de son égalité avec Dieu (siéger à la droite), 2- l'annonce du second avènement « sur les nuées ». Ce deuxième point, il est vrai, ne se trouve pas dans la réponse telle que S. Luc la donne ; mais peut-on interpréter ce dernier texte indépendamment de ceux où le même Évangéliste aannonce, lui aussi, le retour « sur les nuées » (2e et 4e textes) ? Du reste, nous nous en tenons ici à l'opinion de S. Augustin et à l'affirmation du Credo : « Jésus... qui est assis à la droite de Dieu d'où il viendra juger les vivants et les morts ».

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Message  Roger Boivin le Lun 18 Avr 2016, 5:32 pm



4) Résurrection des morts. Elle précède la transformation des vivants (7e texte) ; mais toutes deux se produisent « en un instant, en un clin d'oeil, au son de la trompette divine » (8e texte). Les élus ressuscitent (6e et 7e textes) ; mais les damnés aussi (9e texte et 12e).

Les millénaristes ont cru à deux résurrections successives : la première pour les justes seuls, reprenant leurs corps pour régner ici-bas avec le Christ pendant mille ans ; la seconde pour tout le genre humain au dernier jour du monde, lorsque, sur le seuil de l'éternité, dans la conflagration de l'univers, Dieu jugera pour jamais les vivants et les morts. Cette opinion dérivait de quelques vérités et de quelques erreurs.

Vérités : Le Christ reviendra « de la même manière » qu'il est monté au ciel. Il doit régner ici-bas avec ses saints. Tous ses ennemis doivent être mis sous ses pieds, et c'est alors seulement que, ayant achevé par la destruction totale du péché et de la mort, l'oeuvre de réparation pour laquelle il est venu en ce monde, il remettra le royaume, enfin parfait, à son Père pour l'éternité et procédera au jugement général (8e texte) 1.

Erreurs : Le Christ, étant remonté aux cieux sans établir son règne et ne l'ayant pas établi depuis lors, ne l'établira donc qu'à son second avènement. Alors se produira la résurrection des justes, dont les Écritures parlent si souvent sans faire mention de celle des pécheurs. C'est la « première résurrection » annoncée dans l'Apocalypse comme inogurant pour mille ans le règne terrestre de Jésus et de ses saints. S. Jean déclare expressément que les autres morts en sont exclus. Une fois les mille ans écoulés, Satan sera déchaîné. Il soulèvera le genre humain, Gog et Magog, contre Dieu ; mais il sera vaincu pour toujours. Alors seulement aura lieu la résurrection générale suivie du jugement dernier.

Ces erreurs tiennent à la méconnaissance de faits incontestables. Le Christ a fondé son royaume avant son Ascension : c'est l'Église. Ce royaume, où il n'a pas cessé d'être présent dans l'Eucharistie et par son Vicaire, s'est ensuite développé constamment. L'Église a régné sur les nations, non seulement dans l'ordre spirituel, mais dans l'ordre temporel et politique (Chrétienté). La Chrétienté a duré mille ans, quel que soit le point de départ qu'on lui assigne 2. Après quoi l'apostasie des nations et leur soulèvement satanique ont commencé. L'État s'est laïcisé, puis l'homme s'est fait Dieu. Le règne du Christ ici-bas n'est donc pas dans l'avenir, mais dans le passé.

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1. C'est ce règne final dans un royaume parfait que vise la seconde demande du pater et non pas un millérium ou règne terrestre quelconque. L'Église l'a toujours entendu ainsi.

2. Voir Apoc. XX, avec nos explications sur ce texte, et Caravane humaine, pp. 181 et s., 217 et 218.

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Message  Roger Boivin le Lun 18 Avr 2016, 7:40 pm



La doctrine des deux résurrections, sur laquelle repose tout le millénarisme, repose elle-même sur l'interprétation des chapitres XIX et  XX de l'Apocalypse qui se heurte à des difficultés telles qu'il n'est aucunement possible de l'admettre. Quant aux termes des Écritures qui parlent tantôt de résurrection d'entre les morts [..] 1, tantôt de résurrection des morts [..] on ne saurait en faire état. Lorsque les textes, en effet, parlent de résurrection d'entre les morts, ou bien ils visent des résurrections individuelles, réelles, ou supposées, ou spirituelles : Jésus, Jean-Baptiste, Lazare, le pécheur qui se converti ; ou bien ils ne parlent que de l'état et de la récompense des justes après la résurrection 2, ce qui oblige le rédacteur à marquer qu'il ne s'agit pas des morts en général, mais seulement de ceux qui, devant échapper à la « seconde mort », celle qui plonge « le corps et l'âme dans la géhenne de feu » 3, sont nécessairement tirés de la masse des morts [..] dans laquelle les autres demeurent éternellement, soit en âme seulement après leur mort terrestre, soit en corps et en âme après le jugement dernier.

Il est vrai que le millénarisme a été professé par quelques-uns des plus illustres Pères de l'Église : S. Justin, Papias, S. Irénée, Tertullien, Lactance, S. Ambroisse ; mais beaucoup d'autres, non moins illustres et aussi anciens, - Clément d'Alexandrie, Clément de Rome, Hermas, S. Cyprien, Origène, - l'ignorent ou le rejettent. S. Augustin et S. Jérôme le combattent, et aucun des Pères, aucun des interprètes sérieux de l'Apocalypse ne l'a plus admis depuis lors. Par contre, dès le temps des Apôtres, l'hérétique Cérinthe le professe.

On allègue que S. Justin, Papias, S. Irénée ont dû prendre leurs idées dans l'enseignement de S. Jean transmis notamment par S. Polycarpe. Rien n'est moins démontré. Il paraît plus que probable, au contraire, que si S. Jean enveloppait de tant d'obscurité les révélations de l'Apocalypse, ce n'était pas pour les expliquer en clair à ses disciples. Le millénarisme semble plutôt d'origine juive et judéo-chrétienne 4.

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1. Les parenthèses, [..], c'est pour remplacer les lettres, qui semblent être du grec, que je ne puis reproduire ici. (note de Roger Boivin)

2. Marc. XII, 25 ; Luc. XIV, 14 ; XX, 35, 36 ; Actes IV, 2 ; Philipp. III, 11.

3. Luc. XII, 5 ; Apoc. XX, 14.

4. Le millénarisme a été repris tout récemment, sous sa forme ancienne, par Mme Charles (« Celui qui revient » préf. de dom Cabrol, Paris, 1936), alors que A. Chauffard, dernier représentant de l'école pseudo-historique du XIXe siècle (L'Apocalypse, 2 vol. Paris, 1888, 1892 ; La Révélation de S. Jean, 1894), éludait la difficulté des deux résurrections en plaçant le milléranisme dans l'avenir qui nous sépare de l'Antéchrist. Mme C. entend « le dernier jour » comme comprenant tout le temps qui, d'après elle, doit s'écouler entre la Parousie et la fin du monde suivie du jugement dernier. Ce serait, dit-elle, le temps du « règne millénaire » et de « la vie du siècle futur », inscrite comme dogme de foi dans le symbole de Nicée et distincte d'un second règne, celui « qui n'aura pas de fin ». Mais : a) ni le concile de Nicée ni personne depuis lors dans l'Église catholique n'a jamais entendu cette expression « la vie du siècle futur » que comme synonyme de « la vie éternelle » inscrite dans le symbole des Apôtres ; or, nul n'a le droit d'introduire dans une formule de foi un sens que ni ses auteurs ni l'Église ne lui ont jamais donné ; b) il n'est pas moins arbitraire d'introduire un temps plus ou moins long entre la Parousie et le Jugement dernier, alors que l'Écriture et l'Église (texte 9 ; texte ci-après a) à h) et ci-dessus, p. 194, texte cité) présentent la Parousie comme ayant pour unique objet le Jugement dernier.

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Message  Roger Boivin le Lun 18 Avr 2016, 11:04 pm



A supposer, d'ailleurs, qu'il n'ait jamais été condamné par l'Église, ni explicitement, - ce qui paraît établit, - ni implicitement, avec les hérésies qui l'ont adopté ou qui en dérivent, - ce qui est plus douteux, - il n'en résulterait pas qu'il fût soutenable. Or, il a contre lui :

a) Le Symbole des Apôtres et le Symbole de Nicée, où, parmi les articles de foi est inscrit celui qui déclare que le Christ, assis depuis son Ascension à la droite du Père, en reviendra, - inde, - pour juger les vivants et les morts. Aucune mention d'un autre retour. Le Symbole de Nicée semble même affirmer, par les mots « iterum venturus est », que celui-là sera le premier et le seul retour après l'Ascension.

b) Le Psaume CX, où il est écrit : « Jéhovah a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite jusqu'à ce que j'aie fait de vos ennemis un escabeau pour vos pieds. » D'après S. Paul, le dernier de ces ennemis, c'est la mort (8e texte) et, aussitôt après sa destruction, Jésus remettra le royaume à son Père et la fin du monde arrivera. La mort, en effet, ne sera détruite qu'au jugement dernier, lorsque le péché, qui est la mort de l'âme et la cause de la mort du corps, sera enseveli « dans l'étang de feu », comme parle S. Jean, avec tous les pécheurs impénitents. C'est donc alors seulement que Jésus quittera « la droite du Père » pour poser le pied sur le dernier ennemi et le détruire en prononçant la sentence évangélique : « Allez, maudits, au feu éternel. »

c) Les paroles par lesquelles Notre-Seigneur (12e texte) montre la résurrection des élus et celle des damnés se produisant à la même heure.

d) La définition du Quatrième Concile de Latran posant comme dogme de foi que tous les hommes ressusciteront à la fin du monde et reprendront leur propre corps. Or, si l'on admet deux résurrections, une des justes pour régner ici-bas avec le Christ avant la fin du monde, et une des damnés pour le jugement général à la fin du monde, il faut admettre, ou bien que tous les hommes ne ressuciteront pas à la fin du monde, mais seulement les damnés, ce qui va contre la définition du concile et contre le texte que nous venons de citer ; ou bien que les justes mourront une seconde fois à la fin du « règne » ou pendant son cours, ce qui va contre le texte de S. Paul sur l'idendité entre la résurrection du Christ et celle des justes. « Le Christ, ressuscité d'entre les morts, ne meurt plus, la mort n'aura plus de pouvoir sur lui », ni par conséquent sur ceux qui auront eu part à sa résurrection.

e) Le texte de l'Apocalypse (XXI, 1-4, 9, 10) où S. Jean déclare formellement que la Cité de Dieu, la « Ville sainte », la « Jérusalem nouvelle » ne descend du ciel qu'après la fin du monde, quand « le premier ciel et la première terre ont disparu ». C'est alors, ajoute-t-il, que se célèbrent les noces de l'Agneau (v. 2 à 9). Or, dans l'Évangile et dans l'Apocalypse, le règne de Dieu, les noces de l'Époux et la Parousie ne font qu'un 1.

f) Le texte de l'Apocalypse (XI, 15) où le règne de Dieu et de son Christ « sur le monde » est identifié expressément avec leur règne éternel.

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1. Apoc. XX, 6-9 ; Matth. xxv, 1-12 (parabole des dix Vierges).

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Message  Roger Boivin le Mar 19 Avr 2016, 8:07 am



g) La parole de Notre-Seigneur disant à ses Apôtres (Jeann. XIV, 3) : « Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père (le ciel)... Je vais vous y préparer une place et lorsque je vous aurai préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi afin que là où je suis vous soyez aussi. » or, Jésus, au moment où il dit cela, s'en va vers son Père qui est dans le ciel ; et tout le contexte montre qu'il parle de la vie éternelle. En tant qu'il parle aussi de son retour pour son second avènement et non pas seulement de la bienheureuse mort de ceux qui l'écoutent, ses paroles ont le même sens que celles de S. Paul : « Quand le Christ, votre vie, apparaîtra, vous apparaîtrez, vous aussi, avec lui dans la gloire. » (Coloss. II, 4). Le retour, l'apparition, la manifestation du Christ à la fin des temps, sa Parousie et la résurrection qui l'accompagne, marquent pour les justes, non pas le début d'un règne terrestre et temporel, d'un millénium, mais leur entrée dans le règne éternel, « dans la gloire », après le jugement dernier. Dans toute l'Écriture, comme dans toute le tradition théologique et liturgique, l'expression « dans la gloire » désigne le ciel, la vie éternelle : « In gloria Dei patris ».

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Message  Roger Boivin le Mar 19 Avr 2016, 8:42 am



h) Le texte même de l'Apocalypse sur lequel le millénarisme prétend se fonder. Quel sont, en effet, selon ce texte (Apoc. XX, 4), les « prêtres de Dieu et du Christ » qui régneront avec lui pendant mille ans après avoir eu part à la « première résurrection « ? Ce sont des âmes, « âmes de ceux qui ont été frappés de la hache à cause du témoignage de Jésus », des âmes que cette ache a séparées de leurs corps. S. Jean ne dit pas qu'elles les reprennent. Il dit qu'elles « vécurent », tandis que « les autres morts ne vécurent pas ». Cette expression : « les autres morts », indique nettement que ceux qui « vécurent » étaient aussi des morts. Ce sont les morts « bienheureux et saints », ceux que l'Église tient pour tels et qui forment l'Église triomphante. C'est elle qui vit et règne ici-bas avec Jésus-Christ dans l'Église militante et par elle, avant la résurrection. C'est pourquoi S. jean joint aux martyrs « ceux qui n'ont pas adoré la Bête ni son image ». Au surplus, nulle part chez lui, les mots « vivre, avoir la vie » ne désignent la « résurrection de la chair ». Ils forment même antithèse avec elle dans le discours eucharistique de Jésus : « Celui qui ne mange pas ma chair... n'a pas la vie », - bien qu'il ne soit pas mort corporellement ; - mais « celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle » dès maintenant, pendant sa vie terrestre, « et moi, je les ressuciterai au dernier jour ». On a donc la vie avant cette résurrection finale, et « la première résurrection » qui consiste à avoir la vie, n'est pas une « résurrection de la chair ».

Qu'est-elle ? Nous aborderons cette question en étudiant l'Apocalypse ; mais dès à présent il apparaît que, pour ce qui concerne la terre, c'est une résurrection spirituelle, analogue à « l'immortalité » et à « l'autorité » des grands hommes après leur mort, mais plus réelle et pareille à celle du Christ depuis son Ascension.

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Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Mar 19 Avr 2016, 7:41 pm



5) Transfiguration des vivants. Ils ne meurent pas, mais ils sont changés (8e texte). Leurs corps deviennent immortels et incorruptibles comme ceux des ressucités, pour le châtiment ou la récompense ; et les élus, tous ensembles, ravis à travers l'espace, volent à la rencontre de l'Époux (7e texte).

6) Jugement général. Neuvième texte.

7) Conflagration universelle. Au premier abord, S. Pierre (10e texte) paraît annoncer l'embrasement de toute la Création, terre et cieux ; mais,  comme le font justement observer S. Augustin et le continuateur de S. Thomas 1, l'Apôtre a déclaré auparavant que « les cieux et la terre ayant d'abord péri par l'eau,... sont réservés au feu pour le jour du jugement ». D'où il résulte que, dans les deux textes, l'Apôtre ne parle que des cieux aériens ou terrestres, les seuls que le déluge ait affectés et qui soient destinés, comme la terre, à l'embrasement final. Le texte de S. Pierre évoque nettement du reste un arrêt du mouvement terrestre, rotation et translation 2.

8 ) Rénovation universelle. (10e texte). L'univers terrestre actuel a complètement disparu. Il n'en reste que les élus et les damnés et les éléments primordiaux de la planète rendus à leur état originel par la conflagration générale. Un autre cycle commence ; mais pour le genre humain, ce n'est pas un cycle, c'est l'éternité. Il y a des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habite, la « terre des vivants », les cieux des élus, le séjour éternel de l'humanité regénéré « avec Jésus-Christ ». Le mal n'est plus, ni la douleur. Le Jour du Fils de l'Homme reste éternellement sans ombre, « et son règne n'aura pas de fin ». Amen !

-----

1. De Civ. Dei, XX, 24, circa pr. - S. T. Suppl. Q. 74, a. 4 asd sec.

2. D'après S. T. Suppl. Q. 74 a. 4 corp., le mouvement des corps célestes cesserait au même instant. Or, il ne pourrait cesser d'une façon aussi soudaine sans que l'embrasement de toute la Création s'ensuivit. C'est ce qui rend douteuse cette opinion.

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Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Dim 27 Mai 2018, 5:44 pm

Exposé historique, du TEMPS APRÈS LA PENTECÔTE, tiré du Missel Dom Gaspar Lefebvre :

Louis a écrit:.
V. — TEMPS APRÈS LA PENTECÔTE

(suite)

Exposé historique.


Depuis les fêtes de la Pentecôte où elle prit naissance, l'Église reproduit au cours des siècles toute la vie du Christ, dont elle est le corps mystique.

Jésus, dès son enfance, est persécuté et doit fuir en Égypte, tandis qu'on massacre les Saints Innocents. L'Église, durant quatre siècles, subit les plus violentes persécutions et doit se cacher dans les catacombes ou dans le désert.

— Jésus adolescent se retire à Nazareth et passe les plus longues années de sa vie dans le recueillement et la prière. Et l'Église, à partir de Constantin, connaît une longue ère de paix. Partout surgissent des cathédrales et des abbayes, où résonne la louange divine et où évêques et abbés, prêtres et religieux s'opposent, par l'étude et un zèle infatigable, a l'envahissement de l'hérésie.

— Jésus, le divin missionnaire envoyé par le Père dans les régions lointaines de cette terre, commence à trente ans sa vie d'apostolat. Et l'Église, à partir du XVIe siècle, doit résister aux assauts du paganisme renaissant, et répandre dans les parties du globe récemment découvertes l'Evangile du Christ. De son sein fécond surgissent sans cesse des milices nouvelles et de nombreuses légions de missionnaires qu'elle envoie pour annoncer la bonne nouvelle par le monde entier.

— Enfin Jésus termine sa vie par le sacrifice du Golgotha, bientôt suivi du triomphe de sa résurrection. Et l'Église, à la fin des temps, comme son divin Chef sur la croix, paraîtra vaincue, mais, comme lui, ce sera aussi elle qui remportera la victoire. « Le corps du Christ qui est l'Église, dit S. Augustin, à l'instar du corps humain, fut d'abord jeune, et voilà qu'à la fin du monde il aura une apparence de caducité » (Sur le ps. 26).


http://messe.forumactif.org/t6550-temps-apres-la-pentecote-expose#117485
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