- L'APOSTASIE DES NATIONS -

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Aller en bas

- L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Dim 10 Avr 2016, 2:38 pm



LE SENS DE L'HISTOIRE - LES DERNIERS TEMPS - Par le comte J. du PLESSIS - Tome I - 1936 -

NIHIL OBSTAT Lucionii, IIIe Kalendas, Martii MCMXXXVI, H. Lusseau, In majori seminario proffessor, censor deputatus.
IMPRIMI POTEST Andegavi, die IV martii MCMXXXVI + Josephus Episc. Andegaven.
Avec lettre de la part de S.S. le Pape Pie XI par le Cardinal Pacelli.



Je ne transcrirai qu'une trentaine de pages sur 222 pages, celles dont j'ai mis, dans la TABLE DES MATIÈRES, les titres en gras.

La voici donc d'abord, pour situer un peu :


TABLE DES MATIÈRES

LES DERNIERS TEMPS

TOME I

PREMIÈRE PARTIE

HISTOIRE ET PROPHÉTIE

CHAP. I. - Prophéties et prophètes

CHAP. II. - Le Mystère de Dieu
I. - Qu'est-ce que le Mystère de Dieu ?
II. - Ordre de son accomplissement
III. - Clarté sur les Juifs
IV. - Clarté sur les Gentils
V. - Clarté sur les douleurs

CHAP. III. - Les Derniers Temps.
I. - Leur durée ne peut pas se chiffrer
II. - Elle est longue
III. - Les Derniers Temps d'Israel et ceux du Monde

DEUXIÈME PARTIE

LES PRÉDICTIONS DU FILS DE L'HOMME

PROLOGUE. - Les Douze Signes de la Fin.
1er Signe. - La Nouvelle Alliance
IIe Signe. - Le Commencement des Douleurs Juives
IIIe Signe. - Les Douleurs Juives
IVe Signe. - L'Apostolat Universelle
Ve Signe. - l'Entrée des Nations
VIe Signe. - L'Apostasie des Nations
VIIe Signe. - Le Commencements des Douleurs Universelles

VIIIe Signe. - Les Douleurs Universelles
IXe Signe. - La Grande Oppression
Xe Signe. - Le Grand Jour de Jehovah, Suprême Angoisse du genre Humain
XIe Signe. - L'Accalmie
XIIe Signe. - Le Jour du Fils de l'Homme

ÉPILOGUE


avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Dim 10 Avr 2016, 2:52 pm



SIXIÈME SIGNE

L'APOSTASIE DES NATIONS

17. « Si toi, olivier sauvage, tu as été enté à leur place,...20. garde-toi de pensées orgueilleuses. Crainds plutôt. 21. Car si Dieu n'a pas épargné les branches naturelles, crainds qu'il ne t'épargne pas non plus. 22. Considère... sa sévérité envers ceux qui sont tombés et sa bonté pour toi si tu te maintiens dans cette bonté. Autrement, toi aussi tu sera retranché. »
Rom. XI, 17, 20-22.


« Un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais, suivant leurs convoitises, ils se donneront des tas de maîtres et, dans leur démangeaison de les entendre, ils fermeront l'oreille à la vérité pour l'ouvrir à des fables. »
II Tim. IV,3.


« Comme parmi le peuple » d'Israël « il y eut aussi des faux-prophètes, de même il y aura parmi vous de faux docteurs qui introduiront sourdement des sectes pernicieuses et qui, reniant le Seigneur qui les a rachetés, attireront sur eux une prompte ruine. »
II Petr. II, 1.


1. « Nous vous prions, mes Frères, 2. de ne pas vous laisser ébranler... ni alarmer... comme si le jour du Seigneur était imminent... 3. car auparavent l'apostasie aura lieu et l'homme du péché se sera manifesté, 4. le fils de la perdition, l'adversaire qui s'élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou honoré d'un culte, jusqu'à s'assoir dans le temple de Dieu et à se prétendre Dieu lui-même.
5. « Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses quand j'étais avec vous ? 6. Et maintenant, ce qui le retient, vous le savez, pour qu'il ne soit manifesté qu'en son temps. 7. Car le mystère du péché déjà est à l'oeuvre. Que seulement celui qui le retient soit écarté, 8. et alors se manifestera le pécheur que le Seigneur renversera par le soufle de sa bouche et réduira à l'impuissance par l'éclat de son avènement.
9. « Quant à l'avènement de cet impie, il se produit sous l'action de Satan, avec toute la puissance et les signes et les prodiges du mensonge 10. et toute la séduction de l'iniquité pour ceux qui se perdent, faute d'avoir accueilli, au lieu de tout cela, l'amour de la vérité en vue de leur propre salut. 11. C'est pourquoi Dieu leur enverra une force d'égarement pour leur faire ajouter foi au mensonge, afin qu'ils soient jugés tous ceux qui n'ont pas ajouté foi à la vérité, mais se sont complus dans l'iniquité. »
II Thess. II, 1-11.


« La terre a été profanée sous ses habitants. Ils ont transgressé la loi, violé le commandement, rompu l'alliance éternelle. »
Is. XXX, 5.




avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Dim 10 Avr 2016, 2:53 pm



L'Apostasie des nations : formule claire, mais vague. Il faut préciser. Rien ne manque aux précisions de la prophétie. Elle indique nettement trois caractères que cette apostasie doit revêtir. Elle ajoute qu'ils se manifestera l'un après l'autre à mesure qu'elle se développera. Ce sont aussi trois étapes vers ce qui doit suivre, trois phases dans la préparation de la fin.

L'Apostasie est d'abord un départ, une sortie, un éloignement progressif, - « discessio ». La Gentilité, qui est entrée dans l'Église catholique, en sort, s'en éloigne, s'en sépare de plus en plus. Des schismes ? Ce n'est pas assez : leur rupture laisse intacte la foi commune. Des hérésies ? Certainement ; mais des hérésies qui évoluent vers la négation totale.

Car l'Apostasie est, en second lieu, une chute et une réprobation pareille à celles du peuple Juif. La Gentilité « rompt avec l'alliance éternelle » et cela, comme Israël, en tant que corps de nation. « Enlevez-le ! Enlevez-le ! Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous. Nous n'avons de roi que César », élu de la plèbe et maître du monde. C'est l'État qui rejette le Christ dans le domaine des Gentils comme autrefois dans la Judée. Il se précipite ainsi vers sa propre ruine. Dieu le rejette à son tour.

L'Apostasie revête alors son troisième aspect : elle est, dans tout l'univers, « la manifestation de l'homme de péché ».

Qu'est-ce donc cet homme là ? Un personnage extraordinaire ? Nous le croyons ; mais d'abord et jusqu'à la fin, c'est l'Homme, tout court, l'homme du péché d'origine, l'homme qui prête une oreille complaisanteà la parole tentatrice : « Vous serez comme des dieux » ; l'homme de l'« anomie », dit S. Paul, celui qui ne veut pas de loi s'il n'en est l'auteur ou le principe ; le « fils de la perdition », pour qui le salut n'existe pas parce qu'il refuse d'y croire : « Quand on est mort, tout est mort. » Pour lui, toutes les religions se valent, toutes fausses et décevantes. Il les rejette toutes. Il les combat. Il prétend les supplanter. Il se place, lui, l'Homme, au-dessus de tous les dieux. Il veut être pour toute âme et toute vie, l'unique source de la science, l'unique règle de la conscience, l'arbitre du bien et du mal, le commencement et la fin. Il s'adore et veut qu'on l'adore.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Dim 10 Avr 2016, 5:22 pm



Tels sont les trois caractères et les phases de l'Apostasie. Or, nous ne les trouvons nulle part avant le XVIe siècle. Il y a eu des hérésies ; mais elles n'ont pas fait sortir les nations : aux empereurs, aux rois ariens ou iconoclastes, des empereurs et des rois catholiques ont succédé. Il y a eu des apostasies, mais elles sont demeurées locales : si la Perse, l'Anatolie, la Syrie et la Palestine, l'Arabie, l'Égypte, la Cyrénaïque, la Numidie, la Mauritanie, étroites bandes le long des sables du Désert et de la Méditerranée, ont quitté le Christ pour Mahomet ou Oromaze, l'Islam a été tenue en échec par l'héroïsme de Byzance et de l'Espagne, sans parler de l'Abyssinie, aussi bien que par les victoires de Poitiers, de Belgrade et de Lépante. La muraille, ça et là démantelée, a brisé quand même l'assaut. Les forteresses slaves, grecques, hongroises, franques, ibériques, ont arrêté lélan du vainqueur.

Au surplus, le vainqueur ne s'adorait pas lui-même. Il n'exigeait pas d'être adoré : « Dieu seul est Dieu, et Mahomet est son prophète. » Ni l'Islam ni le Mazdéisme ni le paganisme même ne proclament l'autonomie ou « l'anomie », - c'est tout un, - de l'individu, l'inexistence du salut, la fausseté de toutes les religions, la divinité de l'homme ou du genre humain. C'est la Renaissance qui pose ces affirmations audacieuses. C'est Luther qui déchaîne le libre examen 1. C'est la Réforme et la Révolution, sa fille, qui brisent la Chrétienté, « laïcisent » les nations, rendent à César ce qui est à Dieu. C'est l'État moderne qui « s'élève contre tout ce qui est appelé Dieu jusqu'à se prétendre Dieu lui-même » en divinisant l'humanité.

-------

1. Cela a été contesté récemment (DIMIER : Histoire et causes de notre décadence, I vol., 1934), mais on n'apporte aucune preuve à l'appui de ce paradoxe que démentent les faits mis en lumière par DENIFLE (Luther und luthertum, t. II, 11, 12, 13, 17, 18, 27 à 40) et attestés, par le Concile de Trente.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Dim 10 Avr 2016, 7:46 pm


N'oublions pas que ce volume a été publié voilà exactement 80 ans, sous le pape Pie XI.


Aussi Pierre dénonce-t-il de nos jours à toute l'Église l'Apostasie jadis annoncée par Paul aux chrétiens, prématurément alarmés, de Thessalonique. « Peut-on ignorer, dit-il 1, que la société des hommes est aux prises, maintenant plus que dans les siècles passés, avec une très grave et très profonde maladie qui empire de jour en jour et la ronge jusqu'au fond et l'entraîne à sa ruine ? Cette maladie, vous la connaissez : c'est la défection vis-à-vis de Dieu ; c'est l'apostasie...
« En vérité, contre leur Créateur, « les nations s'agitent en tumulte, les peuples méditent de vains projets », au point qu'il est presque devenu banal, ce cri des ennemis de Dieu : « Retire-toi de nous ! »
« Avec quelle audace, quelle fureur, on se rue partout contre la religion et ses pratiques, on bat en brèche les enseignements de la foi révélée, on exige que l'homme soit affranchi de ses devoirs envers Dieu, on lutte opiniâtrément pour leur abolition totale ! En revanche,... l'homme lui-même, par une témérité sans égale, se met à la place de Dieu. »

Voilà le « mystère du péché » qui, dès le temps de l'Apôtre, est à 'oeuvre contre le « mystère de Dieu ». Oui, dès ce temps-là, l'iniquité par excellence, celle de Satan, la superbe qui ne veut ni Dieu ni maître, « l'anomie » ou autonomie première est en action dans le secret, au fond des âmes et parmi les chrétientés naissantes.  Elle travaille à ce que les Gentils ne soient pas « héritiers avec les Juifs et membres du même corps ». Elle veut une Église nationale et non pas universelle. Bientôt,  elle nie la Rédemption, qui rend les Gentils et les Juifs aptes à cet héritage. Elle nie l'Incarnation, qui leur donne à tous, vis-à-vis de Dieu, les mêmes droits d'enfants adoptifs. Elle nie la Trinité divine, qui rend possible l'Incarnation du Fils par l'opération du Saint-Esprit. Elle nie tout ce que niera l'homme du péché ; mais ses négations, le plus souvent, s'enveloppent d'affirmations qui les masquent, de subtilités qui les déguisent. Elle est à l'oeuvre, mais en secret et sans aboutir.

Elle égare des individus, des communautés, des églises. Elle forme secte sur secte ; mais les nations lui échappent, soit qu'elles aillent à Simon-Pierre, soit qu'« une prompte ruine » les fasse disparaître de la Caravane 2. L'homme du péché ne se laisse encore entrevoir que dans l'ombre des officines et des conciliabules, sous le voile des arguties ou des cultes étrangers. Un obstacle l'empêche d'étaler ses impiétés au grand jour ; quelqu'un, quelque chose, « le retient pour qu'il ne se manifeste qu'en son temps ».

----------

1. Pie X, Lettre encyclique « E supremi apostolatus » du 4 octobre 1903.


2. « La caravane », expression déjà employée par l'auteur dans un premier ouvrage : Le Sens de l'Histoire - La Caravane Humaine ». (Note de Roger Boivin).

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Dim 10 Avr 2016, 8:36 pm



Que d'encre ont fait couler ce quelqu'un et ce quelque chose ! Et pourtant ! S. Paul ne compose pas d'énigme. Il ne profère pas sur un trépied des oracles ténébreux. Il parle pour sauver les gens et non pour les perdre. Tout simplement, il écrit une lettre. Si nous la lisions comme il l'écrit, sans autre souci que de suivre sa pensée ?

« Ne vous alarmez pas, dit-il. La fin du monde n'est pas imminente. Avant qu'elle n'arrive, deux événements se produiront : l'apostasie et la manifestation de l'homme du péché, celui qui se fait Dieu. »

Ici, l'Apôtre s'interrompt pour rappeler aux Tessaloniciens qu'il leur a déjà dit cela lorsqu'il était parmi eux. « Et maintenant », ajoute-t-il, pour renouer le fil de son discours, « ce qui retarde la manifestation de l'homme du péché et, du même coup, la fin du monde, vous le savez. »

Ils le savent : donc, il leur a dit ; mais que leur a-t-i dit, si ce n'est, comme il vient de le redire, que l'apostasie aurait lieu d'abord ? Ce qui empêche l'apostasie empêche donc la manifestation de l'homme du péché. Il n'y a qu'un seul obstacle à ces deux événements ; et ils savent lequel.

Nous le savons peut-être aussi bien qu'eux. Si les hérésies, de leur temps comme au cours des quatorze siècles qui suivent, ne déchaînent pas l'apostasie, c'est qu'elles ne déchaînent pas l'individu. Elle ne le déclare pas autonome. Nul ne prétend adhérer au Christ sans adhérer à son Église, bercail visible et clos sous la houlette de son pasteur. Le mercenaire du schisme, le loup déguisé de l'hérésie, affirment seulement que cette Église n'est pas celle de Pierre, mais la leur, celle que le schismatique se contente de régir en souverain, au lieu que l'hérésiarque va jusqu'à définir arbitrairement sa foi. On se dispute la houlette, mais on n'abolit pas l'autorité dont elle demeure le signe. Le Pasteur n'est pas « écarté ».

Ainsi, même dans les bercails où le Pape de Rome n'est pas reconnu comme héritier de Simon-Pierre et vicaire de Jésus-Christ, le « quelque chose » qui empêche l'apostasie, c'est l'autorité dogmatique de l'Église qui définit ce qu'il faut croire et ce qu'il faut faire pour « entrer » et demeurer dans le troupeau du Sauveur. La règle imposée du dehors bride encore, chez l'hérétique et le schismatique, sinon chez l'hérésiarque, l'arbitraire individuel. Le nomos « retient » l'anomie ; et l'homme du nomos, le pasteur, « retient » l'homme de l'anomie.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Lun 11 Avr 2016, 9:42 am



Voilà le « quelqu'un » qui est aussi le « quelque chose », le représentant visible des « objets invisibles de la foi » : dogme, Église, Christ et Dieu ; le Pasteur du vrai bercail. Il est la Pierre fondamentale sur laquelle tout repose. Que seulement Luther « l'écarte », non pour usurper, mais pour supprimer sa place, et l'écroulement commence. La chrétienté se disloque. Les nations de l'Allemagne, de l'Helvétie, de la Bohème, des Pays-Bas, de la Scandinavie, de l'Écosse et de l'Angleterre se déclarent autonomes dans l'ordre spirituel. La France hésite quelque temps, divisée contre elle-même ; puis elle se livre à l'individualisme, au libéralisme, au naturalisme de ses libertins, encyclopédistes et philosophes, à l'omnipotence démocratique de la « Nation » selon Rousseau.

Les bacchanales qui marquent cet avènement des « droits de l'Homme » sous les espèces de l'absolutisme populaire, ont fait à juste titre époque dans l'histoire 1. C'est l'Église de l'Homme, l'État sans Dieu, qui, pour la première fois, s'installe et s'étale au plein jour. Moins de deux cents ans après que l'Apostasie a commencé, il inaugure la « manifestation de l'Homme du péché » comme rival du Christ à la tête des nations et de toute leur Caravane. Cent vingt-cinq ans plus tard, cette apostasie et cette manifestation atteignent en Russie leur plénitude et c'est, depuis lors, chez tous les peuples du monde, que se développe la propagande « contre tout ce qui est appelé Dieu ou honoré d'un culte, la lutte pour la divinité 2.

-------------

1. Nous apporterons, dans toute la suite de nos travaux un soin tout particulier à ne pas interpréter plus que de raison les prophéties par l'histoire de France. Nous savons,  - et nous croyons même avoir démontré, - qu'il ne les faut interpréter que par l'histoire de l'Église. Nous sommes donc en garde contre la tendance d'un certain nombre d'interprètes à croire trop aisément que leur temps et leur pays ont tenu beaucoup de place dans les préoccupations des prophètes. Il y a toutefois, dans l'histoire de France, quelques événements d'une importance capitale pour l'Église, la chrétienté et le monde, - tels la conversion de Clovis, les Croisades, la « captivité d'Avignon », la mission de Jeanne-d'Arc, le Philosophisme, la Révolution de 1789, la Grande Guerre de 1914, la révélation du Sacré-Coeur et le fait de Lourdes. Si les prophéties en parlent, cela n'a rien d'anormal, et tout ce que l'on peut nous demander, si nous croyons retrouver ces événements dans les prophéties canoniques, c'est de justifier notre opinion par les textes et par l'histoire de l'Église.

2. Cf. La Caravane humaine, pp. 364 et s.


avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Lun 11 Avr 2016, 9:49 am



Ainsi l'Homme du péché, que la Renaissance et la Réforme ont déchaîné dans l'ordre individuel au XVIe siècle, se manifeste depuis la fin du XVIIIe sur le plan des nations et, depuis le début du XXe, sur le plan de l'humanité tout entière.  On ne voit pas pour lui de plus vaste théâtre. Nous sommes donc entrés, selon toute apparence, il y a quelque quinze ans, dans la dernière des trois périodes antichristiques, celle que Pie X, quelque quinze ans avant la fin de la deuxième, entrevoyait comme la prochaine et virtuellement commencée :

« En vérité, disait-il, qui réfléchit à tout cela ne peut s'empêcher de craindre aussitôt que les maux annoncés pour la fin des temps, cette perversion des esprits n'en soit une sorte de prélude et, pour ainsi dire, le commencement et que le fils de perdition dont parle l'Apôtre ne se trouve déjà sur la terre, si grande est l'audace, si grande la fureur avec lesquelles on se rue partout contre la religion.
« En revanche, et c'est là au dire du même Apôtre le caractère propre de l'Antéchrist, l'homme lui-même, avec une témérité sans égale, usurpe la place du Créateur en « s'élevant au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu «. C'est à tel point que, impuissant à éteindre complètement en soi la notion de Dieu, il secoue toutefois le joug de sa majesté et se dédie à soi-même l'univers visible comme un temple où tout le monde doit l'adorer. « Il siège dans le temple de Dieu où il se montre comme s'il était Dieu. »

Vous demerez peut-être en suspens malgré tant de preuves. Vous hésitez à croire que tel soit bien le sens propre et direct de la prophétie. Il vous déplairait d'être contemporain de son accomplissement, et le temps où vous vivez ne vous semble pas, malgré tout, si coupable ni si terrible. Le mal y est compensé par tant de bien 1 !

------

1. Assurément ; mais il y avait encore plus de bien en Israël, grâce aux premiers chrétiens, quand sévirent les douleurs juives.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Lun 11 Avr 2016, 10:04 am



Ce sont là, dites-vous, des interprétations comme il s'en est élaboré de tout temps pour accommoder vaille que vaille aux événements, passions et opinions du jour le sens des Saintes Écritures. L'accommodation est ici particulièrement heureuse. Elle serre de près les faits et les textes sans leur faire violence. Elle évite les à peu près, les subterfuges, le littéralisme enfantin, les fantaisies et les méprises qui ont jeté le discrédit sur tant d'essais du même genre. N'élude-t-elle pas cependant les plus difficiles problêmes ? Que Satan soit en action dans le monde moderne et que la puissance du mensonge s'y déploie sans retenue, nous vous l'accordons ; mais où voyez-vous les signes et prodiges dont parle S. Paul, et le Pécheur par excellence, l'adversaire, l'impie, qu'il annonce, l'Antéchrist « que le Seigneur renversera par le souffle de sa bouche et réduira à l'impuissance par l'éclat de sa venue » ?

L'objection ne paraît pas décisive. Nul besoin, pour la résoudre, de jeter par-dessus bord, comme certains interprètes, et des meilleurs, ont cru devoir le faire, les innombrables textes des Pères, des Docteurs, des théologiens, des exégètes, qui, depuis S. Matthieu jusqu'aujourd'hui, rattachent la tradition juive formulée par Daniel et voient dans l'Antéchrist un Antiochus mondial, un chef extraordinaire, le dernier mais le plus puissant, le plus habile et, momentanément, le plus victorieux des persécuteurs.

Bien loin que cette exégèse deux fois millénaire exclue la nôtre, elle la postule et l'implique : car un despotisme individuel de cette envergure ne peut être que le fruit d'une apostasie déjà ancienne, d'une « anomie » 1 généralisée, d'une propagande antichrétienne et athéistique organisée savamment et poursuivie avec méthode pendant beaucoup plus d'années que n'en peut compter la vie d'un seul homme.

-------

1. « Anomie » : « État de désorganisation, de déstructuration d'un groupe, d'une société, dû à la disparition partielle ou totale des normes et des valeurs communes à ses membres. » (Larousse).



avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Lun 11 Avr 2016, 10:35 am



La réciproque, à vrai dire, ne s'impose pas avec tant de force. Si quelque prophète nous disait que cette apostasie, cette « anomie » et cette propagande ne s'épanouiront jamais en despotisme individuel, il n'annoncerait rien d'impossible ni même d'invraisemblable. Sa prophétie, toutefois, heurterait directement les probablités de l'histoire. Il est normal, il est constant, dans la Caravane humaine, que des mouvements pareils aboutissent tôt ou tard à des personnages dominateurs, - Alexandre, César, Charlemagne, Innocent III, Napoléon, - qui les incarnent et les orientent ou leur font atteindre leur terme 1.

L'Antéchrist viendra donc, mais « en son temps », comme dit S. Paul ; de même que la manifestation de l'Homme du Péché et l'Apostasie sont venues chacune « en son temps » une fois la préparation achevée. L'heure semble encore lointaine où l'Orient et l'Occident seront mûrs pour un seul Maître, même s'il ne doit pas les fondre en un seul empire et n'être que le grand meneur de leurs nations ameutées. On ne saurait affirmer, pourtant, qu'elle ne sonnera pas bientôt. Supposez une prédiction analogue au sujet de Napoléon : qui donc, en 1769, voire même en 1792, aurait pu croire son avènement si proche ?

Cela ne veut pas dire que l'Antéchrist apparaîtra dans une dizaine d'années. Pour ma part, je n'en croit rien. Je constate seulement que la préparation s'avance ; que la loi historique d'accélération 2 en rapprochera le terme et que l'étude des « signes, prodiges et miracles » annoncés par la prophétie donne à penser que « le temps est court ».

-----

1. L'Apocalypse, bien qu'elle ne parle pas expressément d'un Antéchrist personnel, contient au moins deux textes qui semblent inexplicables si cet Antéchrist ne doit pas venir. Cf. Apoc. XI, 7 et XIX, 20 et nos explicatins sur ce texte.

2. Cf. La Caravane humaine, pp. 45-46.



avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Lun 11 Avr 2016, 2:03 pm



Trop souvent, dès qu'on nous parle de ces choses extraordinaires, des préjugés sommaires et puérils s'emparent de notre esprit. Bon gré, mal gré, et peu ou prou, nous nous figurons l'Homme du Péché, le faux-prophète, le faux-christ et l'Antéchrist comme des sortes de magiciens et enchanteurs à la façon des Mille et Une Nuits.

Il ne faudrait pourtant pas perdre de vue le sens des mots, non plus que les lois de l'histoire et l'ordre de la Providence dans la conduite des affaires humaines. Il ne saurait être question de véritables miracles pour accréditer le mensonge : ils sont le privilège incommunicable de la vérité. Dieu s'en prévaut ; il ne permet pas, il n'a jamais permis, il ne permettra jamais à Satan de s'en prévaloir. Il ne tend pas à notre bon sens, à notre bonne foi, de semblables pièges. Jamais les suppôts du mensonge ne pourront dire sans mentir : « Allez, racontez ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent. Ceux qui auront cru en nous chasseront les démons en notre nom, parleront des langues nouvelles et, s'ils sont mordus par un serpent ou prennent quelque breuvage mortel, cela ne leur fera pas de mal. Ils imposeront les mains aux malades, et les malades seront guéris. 1 »

Aussi bien, les textes sacrés ne parlent-ils pas de miracles. Ils disent seulement que l'Homme de Péché et l'Antéchrist déploieront « en son entier la puissance du mensonge » ; qu'ils s'aideront de « signes » et de « prodiges pour faire croire au mensonge » ; qu'ils mettront en oeuvre « toute la séduction de l'iniquité ».

Séduction, prodige, signes, puissance, il s'agit là, manifestement, des moyens que le mensonge a, de tout temps, employés pour prévaloir. Rien de nouveau. On les porte seulement à leur perfection et on les utilise avec une empleur, une force, une habilité sans précédent. Ces prodiges sont des prodiges humains que l'Homme du Péché et l'Antéchrist, sous l'action de Satan, font servir à leurs desseins. Ces signes sont des faits humains, - oeuvres, événements, progrès, - qu'ils allèguent pour démontrer que le mensonge est vérité et la vérité mensonge 2.

------

1. Luc. VII, 22 ; Marc. XVI, 17, 18.

2. Le signe n'est pas comme le prodige toujours extraordinaire. Ce qui le caractérise, c'est d'être donné comme preuve ou symbole de quelque chose. Parfois, il n'a rien en soi d'anormal et il tire toute sa force probante des circonstances dans lesquelles il se produit. Ainsi, l'arc-en-ciel (Gen. IX, 12) et l'évangélisation des pauvres (Luc. VII, 22) sont des signes.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Lun 11 Avr 2016, 2:45 pm



Deux faits incontestables viennent à l'appui de cette thèse.

Le premier, c'est que les événements prédits par S. Paul appartiennent à l'histoire du genre humain. Comme la prédication du Bouddha, la diffusion du christianisme et l'expansion de l'Islam ; comme les conquêtes d'Alexandre, des Romains et des Mongols ; comme les grandes invasions du Ve siècle en Occident et l'établissement de la Chrétienté sur les ruines de l'Empire, ils y jouent un rôle capital. Ils en dominent les deux dernières phases et la précipitent vers son dénouement.

Or, si les véritables miracles interviennent de temps à autre, rarement d'ailleurs, dans l'histoire pour en orienter la marche selon les vues de la Providence divine 1, jamais les jongleries, prestiges, impostures et autres « singeries » du Diable n'y occupent pareille place. Satan lui-même laisse cela à ses suppôts de second ordre, chargés de pousser à la roue. Ses conducteurs de char, les chefs de ses armées, investis de missions plus importantes, usent, sous son inspiration, de procédés plus subtils. On ne voit pas que Frédéric II de Hohenstauffen, Julien l'Apostat, Dioclétien, Néron, Antiochus Épiphane, types historiques du suprême Adversaire, aient sérieusement entrepris d'anéantir l'Église ou la Synagogue à coups de faux miracles. Les séductions, signes et prodiges de l'Homme du Péché et de l'Antéchrist ne sauraient être d'une autre nature que les leurs : non pas faux, mais véritablement et nullement miraculeux.

Cela s'impose, du reste, pour ceux de l'Homme du Péché, par une autre raison encore. Les faux miracles, - et c'est le second fait capital, - sont nécessairement des actes personnels. On pourrait donc concevoir que l'Antéchrist en opère, mais non pas l'Homme du Péché qui lui prépare de tous côtés des peuples pour son empire, mais qui ne possède avant lui aucune personnalité individuelle ni collective. Lui seul achèvera de fondre et d'organiser en un même corps, - secte, parti, coalition ou État maître du monde, - la multitude, jusqu'alors plus ou moins éparse et diverse, des « antéchrists » dont parle S. Jean 2, hommes de toutes classes et de toutes sortes qui adhèrent au péché initial, au mensonge de Satan, comme au seul dogme qui vaille et, dès lors, « ne supportent plus la saine doctrine, mais, suivant leurs convoitises » sous prétexte d'obéir à leur raison, « se donnent des tas de maîtres, refusent d'entendre la vérité et se convertissent à des fables ». D'ici là, cette multitude n'a pas de représentants qui puissent faire en son nom des faux miracles ; mais elle peut bien exploiter au profit de ses erreurs des signes et prodiges véritables.


-----


1. Exemple : l'exode des Douze Tributs, la résurrection du Christ, la conversion de S. Paul, celle de Constantin, celle de Clovis, la mission de Jeanne-d'Arc.

2. I Joann. II, 18.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Lun 11 Avr 2016, 3:26 pm



Elle ne s'en fait pas faute, et ils ne lui manquent guère. Il est même remarquable que les ouvriers de l'Apostasie, du XVIe au XVIIIe siècle, se réclament principalement de la raison, de la philosophie, de la liberté et de la nature, tandis que la « manifestation de l'Homme du Péché » au XIXe et XXe s'opère sous les auspices de la Science, qui peut seule lui offrir des « signes » et des « prodiges ».

Domestiquer le feu du ciel ; transporter à toute allure d'énormes charges à des distances énormes ; créer, pour tous les travaux humains, quelles que soient la force et la délicatesse et a précision qu'ils exigent, des esclaves de flammes et d'acier infatigables, sûrs et dociles ; arracher aux entrailles de la terre comme aux profondeurs du ciel et aux abîmes de l'infiniment petit les secret du temps, de l'espace et de la matière ; pénétrer les mystères de la vie et la maîtriser jusque dans ses sources ; voler comme les oiseaux ; voir au travers des corps opaques ; animer des images mortes, les faire parler et chanter ; converser, à voix ordinaire, d'un bout de l'univers à l'autre, entendre des discours et des concerts, bientôt assister à des spectacles dans les pays les plus lointains sans sortitr de sa maison : voilà des « prodiges » et des « signes » authentiques. Dans le plan de la Providence, ils sont faits pour attester aux yeux de l'homme la bonté, la puissance et la sagesse divine en même temps que pour accomplir l'ordre premier du Créateur : « Croissez, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là à votre empire. » « Sous l'action de Satan », l'homme les tourne à sa propre gloire. Il s'en sert pour attester, vis-à-vis de Dieu, son indépendance, satisfaire ses convoitises, assurer au péché de la chair et de l'esprit l'empire universel.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Lun 11 Avr 2016, 7:53 pm



Il ne paraît pas, d'ailleurs, que la science puisse allonger indéfiniment encore la liste de ces signes et de ces prodiges, les seuls que l'Homme du Péché puisse faire servir à sa manifestation. Le temps approche peut-être où la puissance du mensonge et la séduction de l'iniquité atteindront leur plénitude et cette manifestation avec elles. Alors, l'Antéchrist personnel se manifestera à son tour. Comment ? Quelle sera la durée de sa puissance ? L'histoire le laisse pressentir 1, et l'Apocalypse nous le dira. S. Paul déclare seulement qu'il s'aidera, lui aussi, des prodiges de la science afin de se faire adorer ; mais que « le Seigneur le renversera par le souffle de sa bouche et le réduira à l'impuissance par l'éclat de son avènement ».

Il se sert pour cela de termes consacrés, clairs et précis. Cet avènement du Christ, cette « parousie » comme il l'appelle, marque la fin du monde. Ce « souffle de la bouche », c'est la parole inspirée par l'Esprit-Saint, la définition qui priclame et impose la vérité, l'anathème qui sanctionne cette définition, soit que le Christ les prononce lui-même, soit qu'il les fasse prononcer par son Vicaire en ce monde 2. Or, s'il est possible que cette parole soit prononcée au moment de la parousie, il est certain que, à ce moment là, l'Antéchrist personnel aura disparu depuis plus ou moins longtemps. Tout le monde est d'accord là-dessus. On ne saurait donc voir dans le fait que la prédication est double un simple artifice littéraire, emphase orientale ou parallélisme hébraïque, pour insister sur un seul et même événement à venir. Elle en annonce bien deux, distincts et séparés par un intervalle de temps notable. L'Homme du Péché sera d'abord « renversé » par la parole de Jésus : son règne dès lors aura pris fin, mais il conservera quelque force. Il essaiera de reconquérir le pouvoir. Il ralliera encore quelques partisans. Plus tard seulement, à la fin du monde, il sera définitivement « réduit à l'impuissance » par l'avènement glorieux du Christ.

Il est peu croyable qu'il s'agisse là de l'Antéchrist personnel. Aucun de ses types historiques, aucun des grands persécuteurs n'a jamais été « renversé » par une simple parole, définition ou anathème. La Providence use de tout autres moyens, et le chapitre que l'on pourra écrire en ce temps-là pour achever le « De morte persecutorum » ne sera sans doute pas, sur ce point, différent des autres.

Il est dans l'ordre que les tyrans ourdissent de leurs propres mains l'ébranlement de leur empire et souvent leur propre mort ; mais quelle confirmation cet ébranlement et cette mort apportent à la Parole et de quelle puissance la Parole dispose alors pour rassembler les égarés et les fuyards, dissiper les illusions et séductions du mensonge, donner aux signes et prodiges leur sens véritable et « renverser » ainsi la domination de l'Homme du Péché !

C'est la fin de cette domination que S. Paul, en l'annonçant, attribut à la parole ; et c'est la fin du Péché par sa séparation totale et par la réduction de l'Homme du Péché à l'éternelle impuissance de l'enfer, qu'il attribue, en l'annonçant, à la « parousie » du Seigneur.

-----

1. Cf, La Caravane humaine, pp. 371-389.

2. La bouche du Christ symbolise ceux qui ont qualité pour parler en son nom : l'Église enseignante, le Pape. Par suite,  la bouche du Dragon, dans l'Apocalypse, symbolisera ceux qui parlent pour le Dragon, sous son inspiration ; et la bouche de la Bête, ceux qui parlent au nom et sous l'inspiration de la Bête. Cf. nos explications sur l'Apoc. I, 16 ; XII, 15 ; XIII, 5 ; XVI, 13.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Lun 11 Avr 2016, 9:57 pm



SEPTIÈME SIGNE

LE COMMENCEMENT DES DOULEURS UNIVERSELLES


« Beaucoup viendront en mon nom, disant : Je suis le Christ. - C'est moi. - Et : Le temps est proche. - Et ils en tromperont beaucoup. »
Matth.  XXIV, 5 ; Luc. XXI, 8 ; Marc. XIII, 6.


« Et quand vous entendrez parler de guerres et de séditions, ne soyez pas terrifiés : car il faut que cela vienne d'abord ; mais ce n'est pas sitôt la fin. »
Luc. XXI, 9 ; Matth. XXIV, 6 ; Marc. XIII, 7.


8. « On se lèvera nation contre nation et royaume contre royaume ; et il y aua de grands tremblements de terre en divers lieux et des famines et des pestes et des apparitions effrayantes et de grands signes dans le ciel. Tout cela, c'est le commencement des douleurs. »
Matth. XXIV, 7, 8 ; Luc. XXI, 10, 11 ; Marc. XIII, 8.


avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Mar 12 Avr 2016, 5:47 pm



Voici le moment de transposer le commencement des douleurs juives et de le mettre à l'échelle de l'univers.

Pour la première fois dans l'histoire, le premier signe de la fin indiqué par Notre-Seigneur se réalise pleinement. De faux-christs surgissent en grand nombre. Ils ne disent pas : « Je suis le Christ. c'est moi. Et : Le temps est proche », en parlant, comme ceux de la Judée, en leur propre nom et pour usurper la place de Jésus. Ils le disent, au nom de Jésus lui-même, comme Jésus l'a annoncé. Ils prétendent être sa véritable Église, l'Église évangélique, primitive, destinée à réformer de vieilles et longues erreurs parce que le temps de Jésus est proche et que la Prostituée romaine a séduit les nations 1.

Cela nous situe au début du XVIe siècle, au commencement de l'Apostasie, au temps où l'on « se donne un tas de maîtres » : philosophes, lettrés, savants, vers lesquels se précipitent les gens de la Renaissance et de la Réforme ; au temps où la saine doctrine, - la théologie romaine, - jusqu'alors souveraine, cesse de l'être et même d'être supportée. On se prend à ne plus vouloir l'entendre et à lui préférer des fables.

Cette fois, vraiment, il y a beaucoup de faux-christs : plus de deux cents « confessions » ou « dénominations » diverses, des Huss et Wiclef à nos jours ; et ils trompent un grand nombre d'hommes ; vingt-sept pour cent des chrétiens, chiffre probable pour le XVIe siècle comme pour aujourd'hui 2. Voilà ce qui marque le premier commencement des douleurs universelles, la première étape sur le chemin des grands malheurs.

Ce temps-là inaugure aussi le crescendo des grandes guerres et des grands désordres, bien propres à terrifier les successeurs du collège apostolique dès qu'ils en entendent parler. Guerres et menaces de guerre, révolutions politiques et sociales, les trois siècles d'après Luther en sont seulement ; mais « ce n'est pas sitôt lla fin ». C'est seulement la dislocation de la Chrétienté. La grande crise même qui clôt le XVIIIe siècle ne marque pas autre chose que le passage du protestantisme à l'apostasie complète, de la philosophie déiste à la science matérialiste, de l'État sans maître spirituel à l'État sans Dieu.


------

1. Voir La Caravane humaine, pp. 209 et s.

2. 165 millions de protestants contre 482 millions de catholiques et de schismatiques.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Mar 12 Avr 2016, 7:24 pm



Et voici la deuxième étape, celle qui prélude aux douleurs universelles. « Nation contre nation, royaume contre royaume, les impérialismes se déchaînent avec le militarisme qui s'ensuit. Chaque peuple veut s'organiser en État, chaque État prédominer et s'agrandir. De tous côtés surgissent des unités nationales. On n'entend parler que du « principe des nationalités », du « droit de l'État à ses frontières naturelles », du « droit des peuples à disposer deux-mêmes », sans oublier la « lutte des classes ». Les effets suivent de près : paix armée, menaces de guerre, guerres et révolutions de toutes parts jusqu'à la grande guerre des nations et à la Révolution marxiste, armée jusqu'aux dents pour révolutionner le genre humain.

Rien ne paraît manquer à la réalisation de la prophétie sur le plan de la Chrétienté universelle, sauf deux points que nous avons trouvés littéralement accomplis sur le plan du Judaïsme 1. Où sont, en effet, les grands fléaux de la nature, pestes, famines, tremblements de terre en divers lieux ? Où sont les apparitions effrayantes et les grands signes dans le ciel ?

Il faut observer tout d'abord que les fléaux en question, s'il s'agissait d'eux, n'auraient aucune valeur comme présage mondial de la fin du monde. Des tremblements de terre, des famines, des pestes, il y en a toujours quelque part. Ce « signe du temps » serait un signe de tous les temps 2. De deux choses l'une, par conséquent : ou bien, dans la prophétie évangélique, il ne se rapporte qu'aux douleurs juives ; ou bien il le faut entendre au sens figuré. Les temblements de terre seraient alors le symbole des bouleversements intérieurs des nations ; les famines représenteraient la disette spirituelle qui ronge les incroyants ; les pestes correspondraient aux contagions de l'iniquité qui infecte tue les âmes. L'Évangile annoncerait ainsi l'Apostasie et la Manifestation de l'Homme du Péché, en sa première phase, comme signe du « commencement des douleurs ».

-----

1. Ci-dessus, pp. 101, 102.

2. On conçoit des pestes et des famines d'une telle empleur qu'elles seraient mondiales. Par exemple, la grande crise de chômage qui sévit à peu près partout depuis quelques années [on est dans les années 1930, ici] pourrait à la rigueur être appelée une famine universelle ; mais il n'en va pas ainsi des tremblements de terre.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Mar 12 Avr 2016, 8:25 pm



On peut se demander, il est vrai, pourquoi la prophétie, formulée en termes clairs pour ce qui concerne les bruits de guerre et de désordres, puis le soulèvement des nations et des royaumes les uns contre les autres, s'envelopperait de symboles pour annoncer le débordement d'incrédulité, la corruption des intelligences et des moeurs, le déchaînement progressif et par endroits de la Révolution universelle ? Mais ne serait-ce pas simplement qu'elle vise à distinguer deux périodes de l'histoire ? Il est à remarquer, en effet, que les termes clairs conviennent plus spécialement à l'apostasie et les symboles à la manisfestation de l'Homme du Péché durant sa première phase 1.

Quant aux « grands signes dans le ciel » et aux « apparitions effrayantes », on n'en peut guère prendre la prédiction au sens figuré. Elle doit s'entendre au sens propre. Or, tandis que nous l'avons vue s'accomplir en ce sens là de 33 à 66 dans la Judée, le commencement des douleurs universelles a pris fin, selon toute apparence, depuis quelques temps, sans qu'aucun prodige de ce genre se soit produit nulle part.

Il semble donc que la prophétie vise uniquement, en ce point, le commencement des douleurs juives.


-----

1. Cf. p. 136. Cette première phase est la deuxième des trois périodes antichristiques prédites par S. Paul et qui sont : 1- L'Apostasie des nations ; 2- la manifestation de l'Homme du Péché sur le plan national par l'avènement de l'État sans religion ou « laïc » ; 3- la manifestation de l'Homme du Péché sur le plan mondial par la domination universelle de l'État athée et antichrétien incarné finalement dans l'Antéchrist.


- - -
avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Mer 13 Avr 2016, 8:53 am


Je crois que je vais continuer.


HUITIÈME SIGNE

LES DOULEURS UNIVERSELLES


9. « Alors on vous livrera aux tortures et l'on vous fera mourir ; et vous serez en haine à tous à cause de mon nom. 10. Alors aaussi, beaucoup failliront. Ils se trahiront et se haïront les uns les autres. 11.  Il s'élèvera beaucoup de faux prophètes qui en séduiront un grand nombre 12. et, à cause du progrès croissant de l'iniquité, la charité d'un grand nombre se refroidire. »

Matth.XXIV,9 À 12 ; Marc. XIII, 12, 13 ; Luc. XXI, 16, 17.


1. « Dans les derniers jours, il viendra des temps difficiles. 2. Les hommes seront épris d'eux-mêmes et de l'argent, menteurs, orgueilleux, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, impies, 3. durs de coeur, infidèles à la parole donnée, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, 4. traitres, amis des voluptés plus que de Dieu, 5. ayant une apparence de piété, mais repoussant toute piété réelle. »
II Tim. III, 1 à 5.


« Cet évangile du royaume sera prêché dans le monde entier en témoignage pour toutes les nations ; et alors viendra la fin. »

Matth. XXIV, 14.


avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Mer 13 Avr 2016, 7:22 pm



Voici le temps dont la Grande Guerre des Nations et la Révolution matérialiste marquent les débuts et attestent les origines ; la dernière des trois périodes antichristiques ; la seconde phase de la manifestation de l'Homme du Péché, celle qui a lieu sur le plan mondial et qui doit trouver son plein épanouissement dans le despotisme universel de l'Antéchrist, neuvième signe de la fin.

Trois traits la caractérisent :

Pour l'Église, la plénitude et l'achèvement de son témoignage au milieu des Nations ; nous avons déjà vu comment 1.

Pour les chrétiens, le « refroidissement de la charité chez un grand nombre à cause du progrès croissant de l'iniquité ». Ceux-là se laissent gagner par les contagions du monde et séduir par les faux prophètes, docteurs et mystiques de contrebande, qui succèdent alors aux faux-christs du commencement des douleurs. Chrétiens de nom, ils sont « amis des voluptés plus que de Dieu ». S'ils continuent de pratiquer, c'est machinalement et par habitude. S'ils ont les dehors de la piété, ils trompent ou se trompent, car leur âme, au fond, est impie. Éprise d'elle-même et ne voulant pour guide que sa fantaisie, elle « honore Dieu des lèvres, mais son coeur est loin de lui ». Sa piété n'est que celle des spirites, des théosophes, des illuminés, des occultistes ou des sectes et milices hostiles à l'Église de Jésus-Christ : méthodistes, adventistes, salutistes, Young Men Christian Association, Christian Science et les autres, dont les adeptes se chiffrent par plusieurs centaines de millions à la surface du globe, sans oublier parmi les Francs-maçons ceux qui brûlent encore leur encens au Grand Architecte de l'univers.

Même errements pour la piété envers les hommes. On a gardé cet héritage des sièclles chrétiens, mais on l'a modernisé. C'est une piété scientifique, une charité administrative. On apprend aux malheureux à rougir de l'autre, celle qui vient vers eux du coeur pour l'amour de Dieu. On abonde en théories humanitaires ; mais sous cette belle apparence, trop souvent, le culte du moi se cache, la cupidité se satisffait. On monnaye les calamités publiques. Les dilapidations qui ont immortalisé les proconsuls et les publicains de Rome n'étaient que jeux d'enfants en comparaison de celles qui sont passées en coutume dans la politique et la finance, au point que l'on n'y prend plus garde.

-----

1. Pp. 40 à 48 :  IV. Clarté sur les Gentils ; et pp. 113 à 118 : QUATRIÈME SIGNE.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  ROBERT. le Mer 13 Avr 2016, 7:33 pm

Roger Boivin a écrit:Je crois que je vais continuer.

Continuez cher ami, continuez, c'est très instructif. Nous sommes suspendus à votre clavier. Wink
avatar
ROBERT.

Nombre de messages : 33490
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Mer 13 Avr 2016, 8:25 pm



Pour les Nations, enfin, celles que l'Apostasie a corrompues 1 tandis qu'elles imposaient leur civilisation à l'univers, et celles qui ont subi cette contagion et ce joug  au sein de l'erreur païenne ou mahométane, c'est le débordement de la haine, résultat et châtiment des excès auxquels se porte naturellement l'Homme du Péché dès qu'il peut se manifester sans « retenue ».

De tous les côtés, la haine flambe : haines de races, nées des excès du mercantilisme et du matérialisme ; haines des classes, nées des excès du capitalisme et du machinisme ; haine de l'Orient contre l'Occident ; et, entre les deux, le nouvel empire de la haine qui s'acharne ouvertement, par une propagande tenace, savante, méthodique et plus efficace que ne le fut jamais celles des sociétés secrètes, à attiser toutes ces haines dans toutes les contrées du globe et à soulever le monde entier contre l'Église, contre le Christ, « contre tout ce qui est appelé Dieu et honoré d'un culte » 2.

Nous ne voyons d'ailleurs que les premières rougeurs de cet infernal incendie. Les jours de la persécution sanglante ne sont pas finis en Russie, au Mexique, en Chine, en Espagne. Ils ne sont pas commencés ailleurs, mais ils s'y préparent. Depuis 1917, nous vivons les « temps difficiles » dont parlait S. Paul ; et si leur terme, au bout de si peu d'années, reste encore lointain, leurs hommes mènent le bal tels que l'Apôtre les dépeint : égoïstes, durs de coeur, cupides, orgueilleux, cruels, menteurs, blasphémateurs, calomniateurs, rebelles à leurs parents, infidèles à leur parole, quelque soit le contrat ou le traité qu'elle garantisse.

-----

1. Il a été démontré sur TE DEUM, quelque part je ne sais où, qu'il ne reste aucun pays, en ce XXIe siècle, qui soit resté officiellement catholique. Je dois rappeler encore que ce livre a été publié en 1936. (note de Roger Boivin)

2. Voir La Caravane humaine, pp. 364 et s. et la Lettre pontificale de Sa Sainteté Pie XI au cardinal Pompili le 2 février 1930 (« Ci commoveano »), ainsi que les documents publiés ou cités dans la Documentation catholique des 5 et 19 avril 1930 sur la persécution religieuse en Russie ; et les articles de Mgr d'Herbigny dans la Revue des Deux Mondes des 1er et 15 février 1933.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Mer 13 Avr 2016, 10:15 pm



Voilà justement les moeurs nouvelles et l'esprit plus ou moins caché de certaines révolutions dictatoriales. Le cynisme prolétarien des bolchevicks et bexbojniks monte seulement en cocarde ce que l'hypocrisie bourgeoise dissimule au fond de ses poches ou sous le plastron empesé de théories philosophiques, politiques,  économiques et sociales, toujours « scientifiques », mais que l'on envoie à la lessive et au reppassage dès qu'elles ne cadrent plus avec les intérêts, les convoitises et les circonstances du jour.

On dira peut-être quuil y eut dans tous les temps des hommes de cet espèce ; qu'ils ne sont pas plus nombreux de nos jours qu'à certains autres moments ; que S. Paul, en d'autres endroits, et S. Jude 1 nous présentent les païens de leur époque à peu près sous les mêmes couleurs. Je ne le conteste pas ; mais que prouve ce dernier argument, sinon que les « temps difficiles » prophétisés par S. Paul, suivent et courronnent la renaissance du paganisme ? Ils en sont le terme et le fruit comme les temps corrompus où prêchèrent les apôtres étaient le terme et le fruit du paganismme antique à la veille de disparaître.

Quant aux autres objections, il suffit, pour concevoir quelques doutes sur leur valeur, de prendre garde à trois faits caractéristiques : le premier, que la civilisation moderne est une civilisation de masses, la première depuis toujours. Tel est son caractère propre. Ses moeurs, son esprit, sont ceux du « grand nombre », et c'est dans les multitudes qu'elle refroidit la charité en faisant progresser l'iniquité.

Le deuxième, que les gens décrits par S. Paul, déjà très puissants partout, montent à l'assaut du pouvoir dans tous les grands États du monde où ils ne l'ont  pas encore conquis. Ils tiennent en main les clés de l'avenir.

Le troisième, que, pour la première fois depuis le déluge, ils ne se contentent pas de « boire l'iniquité comme l'eau », mais prétendent qu'elle est sainte, l'érigent en doctrine sociale, la font enseigner dans les écoles publiques, la donnent pour base à leurs lois et ne veulent plus d'autre religion que la sienne.

On ne voit donc pas que la prophétie se soit jamais réalisée pleinement, ni qu'elle puisse jamais se réaliser d'une façon plus complète qu'elle ne semble devoir le faire dans le cours du XXe siècle.

-----

1. Jud., 8-16 ; Rom. I, 24-32.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Mer 13 Avr 2016, 10:37 pm



Ainsi les douleurs universelles jaillissent de la dépravation universelle et du fond des sociétés plutôt que de l'entre-choc des États. Des guerres les accompagneront sans doute, des « guerres d'enfer » comme on les a si bien nommées. La prophétie n'en dit rien. Il ne semble donc pas qu'elles doivent être générales ou, du moins, avoir l'ampleur, la durée et la portée de celle qui termina, de 1914 à 1918, le « commencement des douleurs ».

On ne peut rien concevoir d'ailleurs, qui soit pour la Gentillité apostate ce que l'invasion de la Judée et la ruine de Jérusalem furent pour les Juifs. La Grande Oppression mondiale n'a rien de commun avec le siège d'une ville, et l'on ne saurait trouver, dans l'écrasement du Peuple déicide par Titus, excédé de ses fureurs, une figure de la crucifixion de l'Église par l'Antéchrist.

Ce n'est pas de ce côté qu'il convient de chercher, pour cette crucifixion, des analogies révélatrices. Regardons plutôt vers la Passion du Sauveur. L'Église, corps mystique du Christ, s'en va, par les mêmes chemins que Lui, vers sa destinée, la meilleure : vers l'agonie, la trahison et les abandons du Jardin ; les fouets et les moqueries du Prétoire ; l'écartèlement, la nudité, la soif ardente et l'affreux délaissement du Golgotha ; mais aussi vers la Résurrection triomphale et l'Ascension dans la gloire.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: - L'APOSTASIE DES NATIONS -

Message  Roger Boivin le Jeu 14 Avr 2016, 8:48 am



Nous allons voir sa Passion en considérant le neuvième signe. Quand sera-ce ? Rien ne permet de le savoir. Aura-t-elle, au début de cette Semaine sainte, son jour des Rameaux ? Entre les douleurs univeselles, quelques instants appaisées, et la grande oppression, les Nations lui feront-elles un royal cortège en l'acclamant de leur hosanna avant de hurler contre elle le tolle de l'Antéchrist ? Il se pourrait. Le monde a si grand besoin de ce qu'elle seule peut donner ! Comment ne le lui demanderait-il pas quelque jour ? Mais il se lasse si vite de ce qui est simple, paisible, innocent, réel : comment ne serait-il pas bientôt déçu, prêt à écouter de nouveau le Tentateur et à suivre l'Adversaire ?

Toute l'histoire n'est que flux et reflux, action et réaction. La roue tourne. Ce qui monte, descendra ; ce qui descend, remontera. Si la prophétie n'en dit rien, c'est peut-être qu'il n'y a pas lieu de prophétiser des choses si faciles à prévoir. Dieu se réserve peut-être aussi pour intervenir dans nos affaires et brider ses ennemis, des « jours » qu'il veut garder secrets jusqu'à leur venue. De bons esprits ont espéré que l'Église verrait, avant que l'Antéchrist ne paraisse, un de ces jours-là. De saintes âmes l'ont prédit selon des révélations intimes. Elles ont cru que ces révélations venaient de Dieu. Il se pourrait ; mais il n'y a rien dans l'Évangile ni dans les Actes ni dans les Épitres qui confirme ces révélations et cette espérance.

avatar
Roger Boivin

Nombre de messages : 11174
Date d'inscription : 15/02/2009

Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum