Dom Gréa et les sacres sans mandat pontifical

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Dom Gréa et les sacres sans mandat pontifical

Message  gabrielle le Lun 29 Aoû 2011, 9:54 am

DE L'ÉGLISE
ET DE
SA DIVINE CONSTITUTION
par D. A. Gréa
DOCTEUR EN THEOLOGIE, ANCIEN VICAIRE GENERAL
1885
EXTRAITS SUR
l'action extraordinaire de l'episcopat
annotations sur la situation actuelle de B. Saglio
Éditions Saint-Rémi - 2008 -
1 Disponible aux éditions Saint-Rémi, 517 p. 30 €.

Note de gabrielle , j'ai pris ce texte dans :La Voix des Francs catholiques., juillet 20088 , no 9. Les carctères de la brochure ont été reproduits exactement


Introduction

Extrait du CHAPITRE VIII

§v
Enfin, en troisième lieu, l'épiscopat, toujours uni à son chef et portant en lui-même la vertu de ce chef et la puissance qui vient de lui, parait quelquefois seul au dehors ; et toutefois il n'est pas seul, car ce chef est avec lui et le soutient invisiblement.

Cela a lieu premièrement dans le collège lui-même.

Par la circumincession hiérarchique, le chef du collège vit et agit toujours en lui, alors même qu'il n'est pas visiblement présent.

Ce principe donne lieu à une règle ecclésiastique célèbre ; c'est qu'en l'absence du chef, le collège continue d'agir dans l'impulsion déjà reçue de lui. Il supplée ainsi cette absence extérieure, parce qu'il porte en lui sa vertu toujours intérieurement présente ; et il en couvre le défaut, agissant en cette vertu, limitant toutefois son action au dehors de telle sorte qu'il ne dépasse pas les bornes, et la réglant sur les directions déjà reçues, sur les présomptions tirées des actes déjà posés et sur les nécessités du gouvernement.

Cela ne va pas à égaler le collège à son chef et à le lui substituer, même pour un temps, dans la rigueur des termes. Le collège ne succède pas à proprement parler à son chef, et il ne prend pas sa place en son absence, mais il garde toujours le rang inférieur qui lui convient, et, même en agissant pour lui, il ne fait dans la réalité qu'exercer au dehors et dans des conditions spéciales la puissance qui lui vient du chef, qui ne lui appartient jamais au titre principal, et qui porte toujours dans le collège le caractère de communication et de dépendance.

Cette dévolution, qui se fait au collège par le défaut du chef, n'a toutefois pas lieu dans l'Église universelle, parce que le vicaire de Jésus-Christ ne saurait manquer un seul jour à son gouvernement, et que, pendant la vacance même du Saint-Siège, ainsi que nous le verrons en son lieu, d'où il suit que le corps des évêques voit toujours où est l'autorité principale et n'a jamais à la suppléer.

A peine en pourrait-on trouver quelque cause dans les temps de schisme et lorsqu'il faut terminer ces crises douloureuses. Les conciles ont alors à discerner le chef de l'Eglise d'entre les usurpateurs ; saint Bernard en appelait pour cela au témoignage du collège épiscopal, et on a même vu le concile de Constance, solennellement convoqué par le pape Grégoire XII, continuer, après son abdication et celle de Jean XXIII, à siéger et prendre les mesures qui devaient finir le grand schisme par une élection canonique incontestable.

Mais l'application de cette règle a son lieu ordinaire dans les parties du collège épiscopal et dans les circonscriptions partielles de l'Eglise. Là, celui qui, par une communication de l'autorité de saint Pierre, tient la place du chef, c'est-à-dire le patriarche ou le métropolitain, peut faire défaut, et le collège tout entier peut paraître assemblé sans lui. La voie de dévolution est alors ouverte, et les évêques, par ordre de séance, sont appelés à présider l'assemblée de leurs frères.

Mais ce n'est pas seulement lorsqu'ils sont réunis en concile que les évêques peuvent agir dans la vertu de leur chef invisiblement présent à leur action. Cela se vérifie aussi de chacun des membres de l'épiscopat, et on voit ainsi les évêques dispersés agir dans la sainte communion qui les unit à lui. « De même, » dit saint Ignace, « que Jésus-Christ est l'expression de son Père, ainsi les évêques dispersés chacun en leur lieu sont tous l'expression de Jésus-Christ.1 » Car l'épiscopat est un dans tous les membres du collège, et tout entier dans chacun des évêques ; et il ne se dégrade pas lorsqu'on le considère dans un évêque particulier.

Et cela ne doit pas s'entendre seulement du pouvoir que les évêques exercent sur le troupeau qui leur est attribué par leur titre ; car autrement ce mystère de l'épiscopat, paraissant seul au dehors et portant en lui la vertu de son chef dont il n'est jamais séparé, ne regarderait pas assez clairement l'Église universelle.

Mais les évêques, en vertu de cette union profonde et mystérieuse qui est leur ordre même et l'essence de l'épiscopat, agissent aussi, lorsqu'il convient qu'ils le fassent, au delà même de ces limites chef et à celui qui tenait à leur égard la place de Jésus-Christ.

Les évêques, leurs successeurs, agirent comme eux et dans la même infériorité et dépendance de leur chef, dépendance rendue plus éclatante encore parce que leur vocation était moins illustre et qu'ils n'avaient plus les dons extraordinaires faits aux apôtres.

Plus tard les souverains Pontifes se sont réservé très sagement l'œuvre des missions et la fondation des églises ; et de la sorte les occasions où les évêques paraissent aussi agir seuls pour le service de l'Église universelle et avec une sorte d'autorité sur elle ne se rencontrent plus d'ordinaire.1

1 (NDE) : « La guerre que les Ariens faisaient à l'Église, assistés de toute la puissance de l'empereur Valens, qui s'était dévoué à leur secte, obligeait saint Eusèbe à veiller sans cesse, et à faire une sentinelle exacte dans le camp du Seigneur, pour empêcher les surprises et les progrès de ces ennemis. Il leur était devenu redoutable par son zèle et son courage intrépide ; mais ce zèle et ce courage étaient conduits par une sagesse admirable qui était ordinairement suivie du succès de tout ce qu'il entreprenait, aussi bien dans les troubles et les tempêtes de l'Église, que dans le calme et la tranquillité publique. Il ne se contentait pas de tenir son troupeau à couvert de toute insulte, et de maintenir la pureté de la foi parmi les peuples de sa ville et de son diocèse contre tous les efforts des hérétiques qui cherchaient à la corrompre. Comme il savait que la plupart des églises étaient destituées de pasteurs, à cause de la persécution, il parcourait la Syrie, la Phénicie et la Palestine, déguisé en soldat. En cet état, il allait porter aux catholiques les secours dont ils avaient besoin, et les fortifier contre les sollicitations des hérétiques. Il ordonnait des prêtres, des diacres et d'autres clercs aux églises qui en manquaient ; et quand il rencontrait des évêques catholiques, il se joignait à eux pour ordonner d'autres évêques. Il ne put si bien se cacher aux Ariens, qu'ils ne découvrissent à la fin la main de celui qui leur portait de si rudes coups, et qui faisait tous les jours quelque nouvelle plaie à leur secte. Ils déterminèrent l'empereur à les venger, et ils obtinrent qu'il serait chassé de son siège et de son pays, et qu'il serait envoyé en exil dans la Thrace. » Extrait des Petits Bollandistes, Mgr Guérin, vie des Saints, 7ème édition Tome VII p.181-185, disponible aux éditions Saint-Remi.

1 (NDE) Ce qui prouve que la réserve faite par les souverains Pontifes des missions et de la fondation des églises, est une institution ecclésiastique.

à suivre : CHAPITRE X
DE L'ACTION EXTRAORDINAIRE DE L'ÉPISCOPAT

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Re: Dom Gréa et les sacres sans mandat pontifical

Message  gabrielle le Lun 29 Aoû 2011, 10:02 am

CHAPITRE X
DE L'ACTION EXTRAORDINAIRE DE L'ÉPISCOPAT
§1

Le pouvoir de l'épiscopat dans le gouvernement de l'Église universelle s'exerce d'une manière ordinaire par les conciles et par le concours moins éclatant que les évêques dispersés, toujours unis dans la dépendance et sous l'impulsion de leur chef, se prêtent sans cesse pour le maintien de la foi et de la discipline.

Mais ce pouvoir de l'épiscopat a eu aussi dans l'histoire des manifestations extraordinaires qu'il importe de ramener à la même subordination et de soumettre aux mêmes lois essentielles de la hiérarchie.

Nous voulons parler ici premièrement de l'autorité déployée par les apôtres, leurs disciples, et les évêques des premiers temps, leurs successeurs, pour annoncer partout l'Évangile et établir l'Église, et secondement des actions extraordinaires par lesquelles, dans la suite, on vit des évêques ne pas hésiter à remédier aux nécessités pressantes du peuple chrétien et à relever, par l'emploi d'une puissance quasi apostolique, des églises mises en un péril extrême par les violences des infidèles et des hérétiques.1

On a abusé de ces faits pour étendre outre mesure l'autorité des évêques et leur donner une sorte de souveraineté primitive et indépendante.
Il est donc nécessaire d
e renverser ce fondement d'erreur. Nous le ferons en rappelant simplement la doctrine exposée dans notre premier livre, principalement au chapitre V, où nous avons traité des relations de dépendance essentielle qui unissent les églises particulières à l'Eglise universelle, et en ramenant ces faits aux lois déjà connues de la hiérarchie, lois qui partout et toujours établissent la complète subordination des évêques à leur chef.

Et d'abord il est bon de rappeler que l'Eglise universelle, précédant en tout les églises particulières, possède avant celles-ci et garde toujours souverainement la mission de prêcher partout l'Evangile et de sauver les âmes.

Il suit de là que la hiérarchie de l'Église universelle, qui n'est pas dépouillée de son autorité immédiate sur les âmes même par l'établissement des églises particulières, demeure seule chargée du salut des hommes lorsque celles-ci font défaut, et déploie ses puissances pour leur assurer ce bienfait.

Cette hiérarchie est celle du Pape et des évêques. C'est au Pape qu'appartient l'action souveraine et principale. Mais les évêques eux-mêmes, en tant qu'ils lui sont associés comme ministres de l'Église universelle, sont appelés à y prendre part.
Ils paraissent alors revêtus d'un pouvoir qui n'est pas borné à leurs troupeaux particuliers, et qui s'exerce dans les lieux où il n'y a point encore d'églises particulières fondées et d'évêques titulaires établis, et dans ceux où les hiérarchies locales, ayant été établies, sont atteintes dans leur existence ou frappées d'impuissance.

Ce pouvoir extraordinaire de l'cpiscopat est bien toujours et par son essence même absolument subordonné à Jésus-Christ et à son vicaire, puisque les évêques ne sont rien dans l'Eglise universelle hors de cette dépendance qui est leur ordre même.
Si nous appelons extraordinaires ces manifestations de la puissance universelle de l'épiscopat sous son chef le vicaire de Jésus-Christ, au contraire de ce qui se passe dans les conciles où l'exercice de cette puissance est ordinaire, c'est que la nécessité qui leur donne lieu n'est point un état ordinaire et régulier des [//b]choses.1

1 (NDE) Ce qui est d'institution divine c'est la soumission morale des évêques au souverain Pontife. Le mandat explicite du souverain Pontife est nécessaire pour q'un évêque puisse sacrer un autre évêque en situation normale ; en [b]situation exceptionnelle
d'impossible communication avec le souverain Pontife, et d'urgence pour le bien des âmes, il y a un mandat implicite qui autorise l'évêque à procéder au sacre. Il n'y a là pas du tout de schisme, mais volonté formelle de soumission au souverain Pontife dès qu'il sera possible de rentrer en communication avec.

1 Aujourd'hui, 1. l'invalidité du nouveau rituel des sacres depuis 1968 (voir l'étude remarquable de Rore Sanctifica, éditions Saint-Remi), avec le risque de l'extinction de l'épiscopat ; 2. l'éclipse de l'Église catholique par la fausse église conciliaire, créent une situation d'urgence absolue qui autorise le sacre d'évêque par un autre évêque : « opération de survie de l'Eglise. »


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Message  gabrielle le Lun 29 Aoû 2011, 10:06 am

L'établissement et la pleine activité des églises particulières est en effet l'état normal et habituel de la sainte Eglise catholique. Elle vit de leur existence et se réjouit de leur santé ; elle souffre de leur faiblesse et reçoit un dommage lorsqu'elles périssent ; car les églises particulières ne sont point une institution accidentelle et qui puisse jamais être suppléée d'une manière durable par l'apostolat ou l'œuvre des missions. L'apostolat n'a point d'autre objet que d'établir ces églises ; et quand elles sont formées, il cesse et fait place à leur gouvernement ordinaire.

Mais, si le défaut des églises particulières appelle l'action immédiate de l'Église universelle et peut donner ouverture à cette action extraordinaire de l'épiscopat, c'est manifestement en deux occasions :

Premièrement, lorsque les églises particulières ne sont point encore fondées, et c'est proprement l'apostolat ;

Secondement, lorsque les églises particulières sont comme renversées par la persécution, l'hérésie ou quelque grave obstacle qui anéantit entièrement et supprime l'action de leurs pasteurs ; et c'est le cas plus rare de l'intervention extraordinaire de l'épiscopat venant à leur secours.

Nous proposons ici modestement notre sentiment ; et, tout en respectant celui des auteurs qui cherchent à expliquer ces faits de l'histoire par d'autres moyens, nous pensons que la puissance de l'épiscopat, découlant sur lui de son chef et agissant dans cette dépendance, suffit à en donner pleinement la raison.

Nous pensons qu'au-dessous de la souveraine autorité de Jésus-Christ confiée pleinement à son vicaire, il n'y a jamais eu dans l'Église catholique d'autre puissance hiérarchique que celle de l'épiscopat, qui fut celle des apôtres ; et nous ne croyons pas utile de reconnaître, même à ceux-ci, une souveraineté particulière placée en dehors de la sainte hiérarchie, ainsi que nous allons l'exposer.

Premièrement, pour ce qui regarde l'établissement même des églises, les apôtres au commencement, et, après eux, leurs premiers disciples, ont agi dans la vertu de cette mission générale : « Allez, enseignez toutes les nations1 » ; cela est manifeste, puisque l'Evangile ne leur en donne point d'autre. Or cette mission regarde constamment l'épiscopat. C'est en effet proprement au collège épiscopal qu'elle a été donnée, puisque l'efficacité en devait durer jusqu'à la fin du monde, conformément à ce qui suit dans le texte sacré : « Et voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles 2 . » C'est la doctrine de saint Augustin, et elle n'a jamais été contredite.

Mais cette mission fut donnée avant toute délimitation de territoire et avant qu'aucun évêque eût un pouvoir particulier sur un peuple déterminé. Elle a précédé la fondation des églises qui devaient être attribuées dans la suite à chacun des membres du collège ; et ainsi les évêques ont reçu dans la personne des apôtres une mission véritablement et primitivement générale d'annoncer l'Evangile aux nations infidèles.

Or ces paroles renfermaient le précepte en même temps qu'elles conféraient la puissance ; et, comme c'est en vertu de cette première mission que les apôtres allèrent semer l'Evangile dans le monde et fonder les premières églises, il parait bien qu'en cela ils agirent véritablement en évêques, et en vertu des puissances conférées à l'épiscopat et qu'on ne peut par conséquent restreindre à leurs seules personnes, puissances renfermées dans cette mission même et exprimées par elle.


1 Matth. XXVIII, 19.
2 Ibid. 20.
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Message  gabrielle le Lun 29 Aoû 2011, 10:17 am

Mais, s'ils ne sortaient point du rang et des limites de l'épiscopat par la mission apostolique, loin d'exercer une sorte de pouvoir souverain, de ne relever d'aucun supérieur ici-bas et de n'avoir à rendre compte qu'à Dieu même de leurs travaux, ils étaient, par là même et comme évêques, constitués pleinement et parfaitement dans toute la dépendance de saint Pierre, vicaire de Jésus-Christ, dépendance qui est l'essence même de l'épiscopat.1

Ils demeuraient donc toujours entièrement soumis à saint Pierre, leur chef, qui tenait la place de Jésus-Christ au milieu de l'Église naissante : ils lui devaient compte de leurs travaux ; ils lui devaient obéissance, et recevaient ses directions et son approbation, « de peur de courir en vain », dit saint Paul2. Fit, s'ils usaient au dehors d'une plus grande liberté, c'est que saint Pierre, leur frère en même temps que leur chef, les laissait agir ainsi pour le bien du monde.

Et qu'on n'objecte pas ici qu'ils avaient tous été comme lui choisis et institués par Notre-Seigneur lui-même, comme si leur dépendance en devait être diminuée ; car cela ne change rien au fond des choses. La source de leur autorité, qui est Jésus-Christ, ayant été désormais et pour toujours indivisiblement placée ici-bas dans le vicaire qu'il s'est donné, cette autorité, qui découlait originairement de Jésus-Christ, ne cessait de découler par cela même habituellement et continuellement sur eux, comme sur les autres évêques qu'ils ordonnaient, du vicaire de Jésus-Christ ; et c'est pourquoi ce vicaire, dans son unité avec celui qu'il représente, est appelé « l'origine de l'apostolat »3.

1 (NDE) Il y a bien une soumission morale des évêques au Souverain Pontife, même si dans certaines situations particulières de nécessité et d'impossible communication avec le souverain Pontife, des évêques ont procédé à des sacres sans un mandat explicite, mais un mandat implicite.

2 Gall. II, 2.

3 Origo apostolatus. S. CYPR. Epist. XLV, ad Cornel.

Per quam et apostolatus et episcopatus in Christo coepit exordium. S. INNOC. I,
Epist. II ,ad Victric,

Unam cathedram constitua, unitatis ejusdem originem ab uno incipientem sua
auctoritate disposuit... Exordium ab unitate proficiscitur. S. CYPR. de unit. Ecl...
Navigare audent ad Petri cathedram atque ad ecclesiam principalem, unde unitas
sacerdotalis orta est.
In. Epist. LV, ad Cornel.

Claves regni cælorum communicandas ceteris solus (Petrus) accepit. S. OPT. MILEV. cont. Parm. I, 7.
A quo ipse episcopatus et Iota auctoritas nominis hujus emersit. S. INNOC. I, ad conc. Carth - Arbitror omnes fratres et coepiscopos nostros nonnisi ad Petrum, id est, sui nominis et honoris auctorem, referre debere. Io. ad conc. Milev.
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Message  gabrielle le Lun 29 Aoû 2011, 10:28 am

Cela est si vrai que saint Pierre a pu, dès le commencement, instituer un nouvel apôtre au lieu du traître Judas 1 ; il a pu l'instituer seul et par sa pleine puissance, dit saint Jean Chrysostome 2, encore que, par pure condescendance, il ait appelé l'assemblée à prendre part à la désignation de sa personne ; et cet apôtre, établi par saint Pierre, ne sera en rien inférieur en autorité à ceux que Jésus-Christ a établis lui-même.

Car aussi bien, pour en revenir à une comparaison que nous avons déjà proposée, jusque dans les rangs des hiérarchies inférieures il n'v a pas de différence entre le clerc institué par l'évêque ou celui qu'institue le vicaire de l'évêque : l'institution de l'un et de l'autre est égale et les soumet également à l'évêque et au vicaire de l'évêque, comme à une seule et indivisible puissance.

Et toutefois, si nous proposons pour la seconde fois cette comparaison, nous sentons bien que les termes n'en sont point pleinement équivalents et que tout l'avantage demeure ici au vicaire de Jésus-Christ.

L'institution du vicaire épiscopal est en effet toujours précaire ; elle est purement accidentelle, pour ainsi dire ; l'église particulière n'est pas fondée sur elle ; elle n'a rien de nécessaire ; institution purement humaine, elle dépend toujours de la volonté des hommes.

Seul, le vicaire de Jésus-Christ possède son titre par l'institution divine, qui est éternelle et sans repentance ; et cette institution est encore l'institution principale dans l'Église, le fondement sur lequel repose tout l'édifice et sur lequel il s'élève sans cesse « pour monter jusqu'aux cieux 3 ; elle est permanente, comme l'Église elle-même qu'elle doit soutenir, et c'est pourquoi elle est par excellence l'institution ordinaire ; c'est pourquoi le souverain Pontife, encore qu'il soit vraiment et purement un vicaire et le vicaire de Jésus-Christ, est, dans toute la plénitude et en toute manière de l'entendre, « l'ordinaire 1 de l'Église universelle ».



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Message  gabrielle le Lun 29 Aoû 2011, 10:44 am

Au reste, les apôtres soumis à saint Pierre, qui tenait à leurs yeux la place de Jésus-Christ, n'étaient point exposés au péril de se soustraire à cette dépendance. Car, comme ils étaient confirmés dans la grâce et la sainteté par un privilège personnel, ils étaient aussi singulièrement confirmés dans sa communion, qui est inséparable de la sainteté et qui emporte essentiellement cette dépendance.

Et, si l'on veut rechercher pourquoi ils agissaient avec plus d'empire que ne le font les évêques leurs successeurs, encore qu'il suffise de savoir, ainsi que nous l'avons dit plus haut, qu'ils avaient pour cela le consentement de leur chef, on en peut donner plusieurs raisons manifestes et considérables.

En premier lieu, il fallait que le pouvoir des apôtres s'exerçât avec toute cette étendue aux premiers jours de l'Église, à cause des nécessités de l'Evangile.

En second lieu, aucune restriction n'y était apportée jusque-là, la terre était à conquérir. Les apôtres y avaient tous les droits des premiers occupants, en même temps qu'ils avaient besoin de toute la liberté d'y fonder la religion. Dans les terres qu'ils parcouraient et que parcouraient leurs premiers disciples, il n'y avait encore aucune église établie, aucune juridiction particulière, et la juridiction de l'Église universelle s'exerçait seule par leur ministère. Ils agissaient non comme pasteurs particuliers, mais uniquement comme ministres de l'Église universelle.

En troisième lieu, cette liberté était sans péril, et ils en usaient avec toute sécurité, parce qu'elle était garantie contre les écarts et les abus par l'assistance divine et les dons personnels de sainteté et d'inspiration qui leur étaient faits.

Enfin, on peut encore dire que cette grande latitude et ce plein exercice de la puissance avait encore cet avantage d'honorer dans l'Église devant les peuples et aux yeux des siècles à venir leur singulière vocation et les grâces spéciales que Jésus-Christ y avait attachées.

C'étaient bien toutefois les puissances mêmes de l'épiscopat qui, relevées par ces dons singuliers, se déclaraient avec tant d'éclat et de plénitude. Et c'est pourquoi les apôtres, qui ne pouvaient transmettre les dons personnels, ont pu communiquer ces pouvoirs aux premiers évêques leurs disciples, aux hommes apostoliques nommés dans l'Écriture saint Marc, saint Tite, saint Timothée, et tant d'autres ensuite, et les envoyer prêcher aux nations infidèles.

Les premiers successeurs des apôtres héritèrent de cette mission. « Les disciples de ces grands hommes, dit Eusèbe, ajoutèrent de nouveaux édifices spirituels aux églises que les apôtres avaient fondées, et, étendant toujours plus la prédication de l'Évangile, ils répandirent dans tout l'univers les semences du royaume des cieux. Car beaucoup des disciples de ce temps-là, embrasés par le Verbe divin de l'amour de la vraie sagesse, après avoir distribué leurs biens aux pauvres, quittaient leur patrie, et, exerçant la charge d'évangélistes, allaient annoncer le Christ à ceux qui n'avaient pas encore entendu la parole de la foi et leur confier le dépôt des livres des saints évangiles. Puis, après avoir jeté les fondements de la foi dans des contrées éloignées et barbares, ils y établissaient d'autres pasteurs, en leur confiant le soin de ces jeunes plantations ; et, se contentant d'avoir fait cet établissement, ils se hâtaient d'aller à d'autres nations et à d'autres régions, assistés de la grâce et de la puissance divine. Nous ne pouvons aucunement rappeler ici tous les noms de ceux qui, dans ces premiers temps de la succession apostolique, furent évêques ou évangélistes dans toutes les églises de l'univers1. »

Ainsi avec l'épiscopat se transmettait la mission d'étendre l'Evangile et de fonder les églises. C'était un fait commun au berceau de la religion ; et, bien que l'établissement des églises dans tout l'univers en rendit peu à peu les occasions plus rares, Pépiscopat ne cessa point d'user longtemps encore, dans la suite, de cette liberté. C'est ainsi qu'on vit des évêques exilés profiter de leur exil pour prêcher l'Évangile aux barbares.2


Le reste à suivre le plus vite possible
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Message  gabrielle le Lun 29 Aoû 2011, 11:00 am

Il est bien vrai toutefois que, dès les premiers temps, à côté de ces entreprises des hommes apostoliques fondées sur la commune puissance de l'épiscopat, puissance émanée dans son fond de saint Pierre et soumise entièrement à sa souveraineté, apparurent dans la fondation des églises les délégations expresses conférées par le souverain Pontife.

Saint Pierre et les premiers papes ont envoyé de véritables légats parmi les nations infidèles. Saint Pierre délégua les premiers évêques d'Espagne ; saint Clément ou saint Pierre lui-même donna mission expresse aux premiers évêques des Gaules 1.

Mais ces délégations explicites, quelque fréquentes qu'on les suppose, ne suffisent pas à expliquer naturellement et sans rien forcer tous les faits de l'histoire. Beaucoup d'hommes apostoliques n'y purent avoir recours, et il faut revenir pour eux à la simple puissance épiscopale.

Dans la suite, les exemples en devinrent toujours plus rares.

A mesure que la fondation des églises particulières, succédant à la conquête évangélique, appliqua cette puissance à des troupeaux particuliers, elle restreignait par là même le champ de cette activité plus générale qui regarde les peuples à conquérir et qui doit cesser avec l'établissement des hiérarchies locales.

Il n'y a rien d'ailleurs dans cette explication des faits primitifs qui puisse troubler l'ordre ; car en cela comme en tout le reste la puissance épiscopale est, par essence, entièrement subordonnée, dans son exercice comme dans sa source, au chef de l'Église, seul centre et principe, seul régulateur souverain et indépendant de tout pouvoir légitime dans l'Eglise. Dans la plénitude de sa souveraineté, il a pu dans les premiers temps laisser à cette puissance toute cette latitude comme il a pu la restreindre ensuite et la lier à son gré.1



1 (NDE): Dans la situation actuelle d'absence de souverain Pontife légitime, l'utilisation de cette liberté épiscopale soumise implicitement au prochain Pape légitime, ne fait donc pas de difficulté.
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Re: Dom Gréa et les sacres sans mandat pontifical

Message  gabrielle le Lun 29 Aoû 2011, 11:07 am

Les premiers évêques, en succédant à la puissance apostolique pour étendre la religion et prêcher l'Évangile, lui demeuraient donc entièrement soumis dans ce ministère ; et, afin qu'aucune incertitude ne vint obscurcir cette dépendance, elle a été mise dans tout son jour par les restrictions qu'avec le temps les souverains Pontifes ont mises à l'exercice de la prédication épiscopale dans l'œuvre des missions, retirant à eux-mêmes et se réservant universellement la charge d'annoncer l'Évangile aux infidèles.

Peu à peu, en effet, les exemples d'évêques prêchant aux infidèles par la simple autorité de l'épiscopat et comme ministres de l'Eglise universelle devinrent plus rares, à mesure qu'il fut plus facile de recevoir expressément du chef de l'Eglise des pouvoirs et des directions. Peu à peu les prédicateurs de l'Évangile furent communément, sous les titres de nonces, de légats, de vicaires ou de missionnaires apostoliques, revêtus de la qualité d'envoyés du souverain Pontife, qualité qui avait déjà paru dès le temps de saint Pierre, jusqu'à ce qu'enfin le Saint-Siège se réservât en temps ordinaire toute l'œuvre des missions, pour le bien même de l'apostolat, et afin de rendre l'action des missionnaires plus efficace et mieux ordonnée.
Par cette réserve, qui est depuis longtemps le droit constant et général de l'apostolat chez les infidèles, le vicaire de Jésus-Christ a désormais lié généralement dans son exercice le pouvoir des évêques pour la propagation de l'Évangile, encore que ce pouvoir demeure, dans son fond, la propriété habituelle du collège épiscopal ; et l'effet de cette réserve ne saurait être suspendu que par la volonté expresse du souverain Pontife, ou, dans l'impossibilité de le consulter, par des circonstances et des nécessités extraordinaires qui emporteraient la présomption certaine de son consentement 2


2 (NDE) : voilà bien exprimée la vertu d'épikie (partie subjective de la justice [cf. saint Thomas, Somme Théologique, II-II, Q. CXX])

Citons un autre théologien qui exprime la même chose que Don Gréa :

«Voulons nous dire pour cela que jamais, dans les temps de trouble et de persécution, l'Évêque ne puisse étendre sa sollicitude sur un troupeau abandonné sans défense à la fureur des loups ravisseurs ?

Nullement. Nous savons que l'histoire rapporte, en le louant, l'exemple de saint Eusèbe, évêque de Samosate, qui, pendant la persécution arienne, parcourait les Eglises pour les pourvoir de prêtres et de pasteurs fidèles. Mais pour louer ce trait et d'autres du même genre, il n'est pas nécessaire de remonter à une prétendue concession [de juridiction universelle] qui n'exista jamais. Il suffit de dire qu'en vertu de la charité qui unit tous les membres de l'Église, les Évêques se doivent une mutuelle assistance, pour laquelle ils peuvent à bon droit présumer le consentement du Pontife romain, dans les cas de nécessité imprévue.

Supposons qu'une subite invasion de l'ennemi menace les jours d'un ou plusieurs Vicaires apostoliques de quelque vaste chrétienté de l'Orient. Il nous paraît évident que les Vicaires apostoliques dont les jours sont ainsi menacés, peuvent et doivent sacrer bien vite au moins un Évêque, afin de pourvoir efficacement à la conservation de cette chrétienté.
Mais de quel droit agiront-ils ? Sera-ce en vertu de la juridiction universelle conférée pour les cas extrêmes ? Non. Ils s'appuieront uniquement [b]sur le consentement présumé du Pontife romain, dont en hommes sages ils interprètent les intentions. »

R. P. H Montrouzier s.j., Origine de la juridiction épiscopale, dans Revue des sciences ecclésiastiques, 1871, 5ème article p. 397; également dans Sodalitium n° 44 p. 13).
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Re: Dom Gréa et les sacres sans mandat pontifical

Message  gabrielle le Lun 29 Aoû 2011, 11:15 am

Et quant au droit qui lui appartient de lier à son gré l'exercice de tous 1es nouvoirs des membres de la hiérarchie sans la blesser dans son essence et sans toucher au fond même de ses pouvoirs, nous nous ornerons à rappeler la doctrine que nous avons exposée dans notre premier livre.

Mais ce n'est pas seulement dans l'établissement de l'Église que le pouvoir proprement apostolique et universel des évêques, pouvoir toujours subordonné dans son fond et son exercice au vicaire de Jésus-Christ, s'est déclaré. Il est un second ordre de ces manifestations plus rare et plus extraordinaire encore.

Au sein même des peuples chrétiens on a vu quelquefois, dans des nécessités pressantes, des évêques, toujours dépendants en cela comme en toutes choses du souverain Pontife et agissant dans la vertu de sa communion, c'est-à-dire, recevant de lui tout leur pouvoir, user de cette puissance pour le salut des peuples.

Par suite de calamités supérieures à toutes les prévisions des lois, et de violences auxquelles on ne pouvait remédier par les voies communes1, l'action des pasteurs locaux a pu faire entièrement défaut ; on se trouvait ainsi ramené aux conditions où l'apostolat s'était exercé pour l'établissement des églises et alors que les ministères locaux n'étaient point encore constitués. Car, ainsi que nous l'avons dit déjà, on conçoit qu'en l'absence des pasteurs particuliers, ce qu'il y a d'universel dans les pouvoirs de la hiérarchie demeure seul, et que l'Église universelle, par les puissances générales de sa hiérarchie et de l'épiscopat, tienne, pour ainsi dire, la place des églises particulières, et vienne immédiatement au secours des âmes.

On vit ainsi au IVe siècle saint Eusèbe de Samosate parcourir les églises d'Orient dévastées par les ariens et leur ordonner des pasteurs orthodoxes sans avoir sur elles de juridiction spéciale.2

Ce sont là des actions vraiment extraordinaires, comme les circonstances qui en ont été l'occasion.

Aussi ces manifestations du pouvoir universel de l'épiscopat, s'exerçant dans des lieux où les hiérarchies locales ont été établies et n'ont pas entièrement péri, ont toujours été très rares.

Le plus souvent, dans ces cas extrêmes, les souverains Pontifes ont pu subvenir eux-mêmes aux nécessités des peuples par l'envoi de légats ou d'administrateurs apostoliques ; et comme, dans la plénitude de leur puissance principale et souveraine, ils se sont réservé avec le temps l'œuvre des missions, ainsi se sont-ils appliqués à secourir par cette même autorité toujours immédiate les églises languissantes.

Si donc l'histoire nous montre des évêques remplissant d'eux mêmes cet office de « médecins 3 » des églises défaillantes, elle nous raconte en même temps les conjonctures impérieuses qui leur ont dicté cette conduite. Il a fallu, pour la rendre légitime, des nécessités telles que l'existence même de la religion qui fût engagée, que le ministère des pasteurs particuliers fût entièrement anéanti ou rendu impuissant, et qu'on ne pût espérer aucun recours possible au Saint-Siège.1

1 (NDE), ce qui est bien le cas aujourd'hui.
2 Cum multas ecclesias pastoribus carere didicisset, militari habita indutus et tiara capiti imposita, Syriam, Phoeniciam et Palestinam peragravit, presbyteros ordinans et diaconos, aliosque suffïcieiis ordines ecclesiasticos ; quod si quando doctrina consentientes episcopos invenisset, etiam pontifces carenribus ecclesias praeficiebat. Theod. Hist. eccl I. IV, c. 12. Cf. I. V c. 4.
3 Brev. Rom. in S. Euseb. Vercell.
1 (NDE) : au combien la situation actuelle avec le risque d'extinction de la transmission valide du sacerdoce, rentre dans ce cadre de situation exceptionnelle. Le nier serait de la mauvaise foi.
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gabrielle

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Re: Dom Gréa et les sacres sans mandat pontifical

Message  gabrielle le Lun 29 Aoû 2011, 12:32 pm

Dans des cas aussi extrêmes, le pouvoir apostolique qui a paru au commencement pour établir l'Évangile reparaissait comme pour l'établir de nouveau : car c'est donner équivalemment une nouvelle naissance aux églises que de les préserver d'une ruine totale et d'être leur sauveur.

Mais, hors de ces conditions, et tant que la hiérarchie légitime des églises particulières est debout, il y aurait manifestement abus et usurpation dans l'acte d'un évêque portant la faucille dans la moisson de son frère et renversant les bornes des juridictions locales posées par les Pères.

Ainsi, en premier lieu, ce pouvoir universel de l'épiscopat, bien qu'habituel dans son fond, est extraordinaire dans son exercice sur les églises particulières, et n'a pas lieu lorsque l'ordre de ces églises n'est pas détruit. En second lieu, il faut encore, pour que l'exercice en soit légitime, que le recours au souverain Pontife soit impossible, et qu'il ne puisse y avoir de doute sur la valeur de la présomption par laquelle l'épiscopat, fort du consentement tacite de son chef rendu certain par la nécessité, s'appuie sur son autorité toujours présente et agissante en lui.

Mais, il faut bien le reconnaître, ces conditions ne se vérifièrent pas toujours avec leur rigueur nécessaire dans les divers faits rapportés par l'histoire des premiers siècles ; et l'on n'est point obligé à les justifier tous sur ce fondement. Il y eut en cela des abus et des usurpations.2

Si la conduite de saint Eusèbe que nous avons citée plus haut a été louée sans restriction, qui pourrait excuser l'immixtion des évêques d'Alexandrie dans les affaires de Constantinople et de l'Orient, ou l'action de saint Epiphane célébrant une ordination à Constantinople 1 ?

Le Saint-Siège, qui, en ces circonstances, a quelquefois usé de condescendance dans le jugement des personnes, a toujours maintenu les principes et réprouvé ces entreprises.

Aussi peu à peu ces excès sont devenus de plus en plus rares, et ils ont été plus sévèrement réprimés à mesure que les circonstances les rendaient moins excusables. On ne saurait plus aujourd'hui leur accorder d'indulgence.

L'Église, en effet, grâce à Dieu, est assez bien établie désormais dans le monde, et les relations qui unissent les membres au chef sont assez assurées, pour qu'il n'y ait plus d'occasion à cette action extraordinaire de l'épiscopat. La voix du vicaire de Jésus-Christ se fait entendre jusqu'aux extrémités de la terre 2. Tous le peuvent interroger, toutes les églises peuvent recourir à lui dans leurs besoins.3

Aussi, comme il s'est réservé l'œuvre des missions, il s'est incontestablement et très justement, depuis longtemps, entièrement réservé la charge de subvenir aux nécessités extraordinaires des églises particulières et au défaut des pasteurs et des hiérarchies locales. Il porte, avec une charité vigilante, le poids des langueurs et des faiblesses de tous les membres souffrants du corps dont il est le chef. « Quels sont les malades dont il ne ressente l'infirmité par une tendre compassion ? Quels sont les scandales qui n'allument son zèle. 4» Il suffit seul à affermir tous ses frères ; et si l'avenir réserve à l'Église des épreuves qui la réduisent aux difficultés des premiers siècles, si les périls des derniers temps doivent aller jusqu'à cet excès, cette même voix de saint Pierre se fera encore entendre dans cette extrémité, et, quand elle appellera les évêques aux derniers combats, elle déliera, s'il le faut, d'entre les puissances de l'épiscopat celles qui devront être déliées pour le salut des peuples.

Il résulte de tout cet exposé que l'épiscopat a hérité dans toute sa plénitude de la juridiction ordinaire et transmissible donnée aux apôtres dans l'Église universelle, juridiction essentiellement et pleinement dépendante du vicaire de Jésus-Christ, et que, dans la rigueur et toute l'étendue des termes, les évêques sont les successeurs des apôtres.





2 (NDE) : Il ne s'agit pas en effet dans la situation actuelle de procéder à des sacres en masse et sans discernement.
3 Rursum tibi eadem scribimus... fieri non posse ut, nisi congruum judicium subsequatur super his quœ per ludibriumgesta sunt..., a Joannis communions discedamus.S. INNOC. I, Epist. V, ad Theoph, in negotio S. Joan. Chrys. Cf. BARON, an. 403. n. 1-33 ; an. 404, n. 7-9.
1 Addunt alii illic ab Epiphanio ordinatum fuisse quomdam diaconum : quod non licebat in diœcesi non sua facere. Ibid. an. 402, n. 9.
2 Ps. XVIII, 5.
3 Dom Gréa ne pouvait prévoir l'éclipse de l'Église que nous vivons et la privation dans laquelle nous sommes d'un vrai et légitime Pape.
4 II Cor. XI, 29.

Extrait de la Voix des Francs., pages 8 à 27

FIN
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Re: Dom Gréa et les sacres sans mandat pontifical

Message  Roger Boivin le Lun 24 Avr 2017, 8:39 am

SACRE ÉPISCOPAL PENDANT LA VACANCE DU SIÈGE PONTIFICAL EST-IL PERMIS ?


http://messe.forumactif.org/t7888-sacre-episcopal-pendant-la-vacance-du-siege-pontifical-est-il-permis
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