Simon le Magicien, patriarche du...

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Message  Louis Ven 01 Sep 2017, 7:02 am

XII. — Néron, persécuteur des Chrétiens. — Simon, ennemi mortel des Apôtres et de l’Église.

Le Prince des Apôtres jouissait à Rome d'une liberté entière, quoiqu'il s'appliquât avec non moins de zèle que S. Paul à affermir l'Eglise, à étendre l'empire de la foi, à combattre les superstitions, à chasser les démons, à renverser l'impiété, à faire la guerre au vice et à mettre en crédit la chasteté et la vertu. Aussi peut-on regarder comme un miracle signalé de la Providence, que, sous un Prince tel que Néron, S. Pierre pût non-seulement vivre à Rome, mais s'y trouver libre, au point qu'il lui fût permis d'en venir à un combat public et solennel avec l'Enfer, et de remporter sur lui, en présence même du tyran, une glorieuse victoire.

Néron s'adonnait avec passion à la magie. Il honorait les Magiciens et les Nécromanciens ; il les faisait venir de toutes les parties du monde auprès de sa personne. Nous apprenons de Pline 1 qu'il imaginait par ses enchantements commander à ses divinités, c'est-à-dire aux Esprits Infernaux, qu'on décorait du nom de dieux. Si pour saisir les plus secrets mystères de l'art, il fallait les chercher dans les entrailles fumantes des victimes humaines, ce n'était là pour Néron qu'un des charmes de l'étude. Les maîtres les plus habiles étaient à sa disposition. Jamais les édits les plus sévères n'avaient pu entièrement purger Rome des Chaldéens, des Astrologues et autres gens adonnés à ces arts exécrables, qui trouvaient toujours de puissants protecteurs. Lorsque l'Empereur lui-même les protégea, ils accoururent de toutes les parties de l'Univers.

Tiridate, forcé vers ce temps, par Cordubon, d'aller à Rome, pour recevoir de la main de César la couronne d'Arménie, y vint avec un grand nombre de Mages ou Magiciens, soit qu'il fût lui-même de leur profession, soit plus probablement, pour faire plaisir à l'Empereur, auquel il communiqua tous les mystères de sa secte.

Simon-le-Magicien, qui du temps de Claude s'était enfui de Rome pour éviter la présence de S. Pierre, ne pouvait laisser échapper une aussi belle occasion de faire admirer ses prestiges à Rome. Voyant que l'Empereur était favorable aux hommes de son espèce, et qu'il détestait les Chrétiens, il crut avoir enfin trouvé le moyen de se venger des Apôtres et particulièrement de S. Pierre, de s'opposer aux progrès du Christianisme, de décrier la doctrine de Jésus-Christ, et de se faire regarder lui-même comme quelque chose de supérieur à l'homme, comme la Grande Puissance Divine descendue des cieux.

Cet imposteur avait véritablement lieu de compter sur les dispositions de Néron ; car…
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1 Hist. nat., l. 30, c. 2 ; et Suteone, in Néron., c. 34.

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Message  Louis Sam 02 Sep 2017, 7:30 am

XII. — Néron, persécuteur des Chrétiens. — Simon, ennemi mortel des Apôtres et de l’Église.

(suite)

Cet imposteur avait véritablement lieu de compter sur les dispositions de Néron ; car, outre que ce Prince était infatué jusqu'à l'extravagance de l'art diabolique de la magie, il était devenu le plus grand monstre de cruauté et de vices qui ait jamais déshonoré l'espèce humaine : qualité qui pouvait s'accorder avec les pensées perverses d'un Magicien entièrement livré aux Puissances du mal. Outre les meurtres de Sénèque, son précepteur, de Burrhus, son plus dévoué comme son plus habile général, de son frère Britannicus, de sa mère Agrippine, et d'une foule d'autres, l'histoire reproche à Néron l'incendie de sa ville Capitale.

Ce prince, dégoûté de la trop grande simplicité des anciens édifices de Rome, du peu de largeur et d'alignement des rues, ou bien voulant, par pur caprice et par brutalité, se donner le divertissement d'un aussi nouveau et aussi cruel spectacle ; dans l'espoir encore de s'approprier, par ce moyen, les immenses trésors et les choses précieuses qu'on viendrait à découvrir sous les décombres, prit l'étrange et barbare résolution de livrer aux flammes cette métropole de l'Univers. L'incendie dura six jours ; les ravages en furent si terribles que, des quatorze quartiers qui partageaient Rome à cette époque, quatre seulement demeurèrent intacts, trois furent totalement détruits, et, dans les sept autres, il ne resta que quelques débris de maisons brûlées. Le tyran contemplait cette horrible tragédie du haut d'une tour, et, vêtu d'un habit de théâtre, chantait un poëme qu'il avait composé sur la prise de Troie.

Mais bientôt, revenu peut-être quelque peu de sa frénésie, il commença à rougir d'une action si détestable, et fit ce qu'il put pour se laver de cette infamie, et ôter au peuple la persuasion que c'était lui l'auteur de cet affreux désastre. Comme il  ne pouvait y parvenir par aucun moyen, les Romains étant trop persuadés du contraire, il voulut en faire retomber l'odieux sur les Chrétiens. On sait que les deux historiens païens, Tacite et Suétone 1, se formaient la plus fâcheuse idée des Chrétiens ; ils les représentent comme une secte pernicieuse, digne de la haine du genre humain, enfantée d'abord en Judée par le Christ que Ponce-Pilate fit mettre à mort, répandue ensuite à Rome même, où, comme dans une commune sentine, se rassemblaient toutes les infamies de l'Univers.

Se flattant donc qu'on croirait facilement, de gens aussi détestés, toute sorte de mal, le tyran rejeta sur eux l'effroyable incendie. Il fit arrêter d'abord ceux qui faisaient une profession plus ouverte du Christianisme ; et, par leur moyen, ayant découvert une immense multitude d'autres fidèles, il les condamna tous aux plus horribles tourments. Les uns, couverts de peaux de bêtes, étaient déchirés et dévorés par des chiens ; d'autres, mis en croix ; ceux-là, enveloppés de poix ou d'autres matières combustibles, et attachés le long des rues à des pieux qui leur perçaient la gorge ; puis, le jour tombant, on y mettait le feu, afin que, se consumant insensiblement, ils servissent de flambeaux nocturnes. Pendant ce temps, Néron, habillé en cocher, célébrait dans ses jardins les jeux du cirque ; et, entouré de la plus vile populace, conduisait lui-même un char à la lueur de ces torches funestes 2.

Ce triste spectacle, auquel fait allusion Juvénal dans sa première satyre, toucha de compassion les Gentils eux-mêmes ; ils ne pouvaient voir sans peine immoler des malheureux, non point à l'utilité publique, mais au cruel divertissement d'un seul homme. Telle fut la première persécution. C'est par Néron que les Puissances de l'Enfer s'essayèrent alors à prévaloir contre l'Eglise, fondée sur Pierre.

Simon-le-Magicien, l'un des ennemis les plus acharnés de l'Eglise, ne pouvait donc manquer d'obtenir les bonnes grâces d'un tel empereur. Aussi gagna-t-il aussitôt son amitié et fut-il admis à la cour comme l'un des hommes les plus considérables de l'empire. Sous Claude, avant que S. Pierre ne vînt à Rome dévoiler ses impostures, il s'était acquis une brillante renommée…
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1 Tacit., Annal., l. 15 ; Sueton., Nero. 2 Ibid.

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Message  Louis Dim 03 Sep 2017, 7:17 am

XII. — Néron, persécuteur des Chrétiens. — Simon, ennemi mortel des Apôtres et de l’Église.

(suite)

Sous Claude, avant que S. Pierre ne vînt à Rome dévoiler ses impostures, il s'était acquis une brillante renommée ; — sous Néron, dans ces derniers temps, il parut encore plus grand aux yeux des Gentils. Ses prestiges parurent si merveilleux, qu'il passa pour un Dieu, et que par un décret de l'Empereur et du Sénat, on lui rendit publiquement des honneurs divins et qu'on lui érigea dans l'île du Tibre une statue avec cette inscription :

Simoni, Deo Sancto !
A Simon, le Dieu Saint !

S. Justin 1, dans sa grande Apologie adressée aux Empereurs Romains, au Sénat et à tout le peuple, rappelle deux fois ce fait. « In Imperiali Urbe vestra Roma, propter magicas quas exhibuit virtutes, deus habitus est, et statua apud vos veluti deus honoratus : quæ statua in amne Tiberi inter duos pontes est erecta, Latinam hanc habens inscriptionem : Simoni Deo Sancto! ac Samaritani prope omnes, ex aliis autem nationibus perpauci, illum quasi primum deum esse confiantes, adorant quoque. »

S. Irénée 2, Tertullien 3, Eusèbe 4, S. Cyrille 5 de Jérusalem, S. Augustin 6, Théodoret 7, attestent l'érection de cette  statue et l'inscription latine.

Comme plusieurs critiques modernes ont pensé que S. Justin et les Pères avaient pris une statue de Semo Sangus ou Semo Sancus, pour une statue de Simon-le-Magicien, plusieurs savants et notamment Fleury et de Tillemont, les ont réfutés, et ont démontré que les Pères n'ont pu se tromper sur ce point.

En effet, les Païens, à qui étaient adressées les apologies de Justin et de Tertullien, les eussent sur le champ convaincus de fausseté, si le fait allégué et qui devait être si notoire, n'eût pas été vrai. L'erreur, aussitôt découverte, loin de s'accréditer avec le temps, n'eût pas trouvé accès dans l'esprit de Tertullien, de S. Augustin et de tous les Anciens, qui étaient parfaitement instruits, et des divinités païennes, du Semo Sangus des Sabins, en particulier, et de l'usage où étaient les Idolâtres de Rome et de la Grèce, de dresser des statues et d'offrir des sacrifices à ceux qui passaient pour des dieux.

C'est ainsi que S. Paul et S. Barnabé eurent beaucoup de peine à empêcher que les habitants de Lystre ne leur immolassent des victimes 1. C'est ainsi que les habitants de Troade avaient dressé plusieurs statues à Nérullin, et qu'on offrait des sacrifices à l'une de ces statues 2.

Toutefois, il y a une différence de sentiment parmi les Anciens sur l'époque de l'érection de la statue de Simon ; les uns disent qu'elle fut élevée sous Claude ; d'autres marquent que cela arriva à l'époque de Néron. Cette dernière opinion paraît plus probable, parce qu'on sait que Claude détestait les Magiciens et qu'il les chassa tous de la Capitale. Au contraire, Néron les favorisait et les recherchait de toutes parts.

S. Pierre se prépara donc à entrer en lutte avec ce redoutable adversaire…
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1 S. Justin., Apol. pro Christ. ad Antonin. pium. 2 S. Iren., hær., c. 20. — 3 Tertull., Apol., c. 13. — 4 Euseb., hist. 1. 2, c. 14. — 5 S. Cyrill., catéch. 6. — 6 S. Aug., de hær., c. 1. — 7 Théodoret, hær. fab., l..1, c. 1.1 Voir Baron, an. 44, n. 51,52, 53,54.2 Athénagore, legat, pro Christ., p. 29.

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Message  Louis Lun 04 Sep 2017, 7:05 am

XII. — Néron, persécuteur des Chrétiens. — Simon, ennemi mortel des Apôtres et de l’Église.

(suite)

S. Pierre se prépara donc à entrer en lutte avec ce redoutable adversaire, que défendaient et la Puissance Impériale et les Puissances des Enfers. Sa présence à Rome était alors bien nécessaire ; il fallait détruire les funestes effets que Simon par la Magie avait produits dans les esprits, et consoler les fidèles que la persécution avait abattus 1 et dispersés. Mais comme cet Apôtre connaissait par révélation, qu'après son triomphe sur son terrible adversaire, il irait recevoir dans le Ciel la récompense de ses travaux, il voulut auparavant donner à l'Eglise d'Orient ses derniers enseignements, et pourvut ensuite à ce que le Siège Apostolique de Rome fût occupé par un digne pontife.
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1 Métaphr., 29 juin, etc.

A suivre : XIII. — S. Pierre écrit sa seconde Épître canonique. (Extraits)

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Message  Louis Mar 05 Sep 2017, 7:33 am

XIII. — S. Pierre écrit sa seconde Épitre 2 canonique.

VERS L'AN DE J.- C. 65. (SELON D’AUTRES,  L'AN 67.)

S. Pierre, ne doutant donc point de sa mort prochaine, écrivit une seconde épître à tous les fidèles 1 en général, et aux fidèles du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de la Bithynie et de l'Asie, en particulier, pour leur rappeler encore ses instructions. Il les exhorte à joindre à leur foi la pratique de la vertu, ce qui montre qu'il combat les doctrines de Simon-le-Magicien, qui enseignait que la foi suffit sans les œuvres. Dans le deuxième chapitre, il fait un portrait affreux des faux docteurs et des Ante-Christs de son époque ; il fait connaître la corruption et les châtiments qui leur sont préparés. Dans le troisième chapitre, il engage les fidèles à persévérer dans la foi de Jésus-Christ et à vivre dans l'attente de son avènement. Il relève à la fin de cette lettre la sagesse de S. Paul, qui éclate dans ses épîtres; (S. Paul 2 venait d'arriver à Rome, pour unir ses efforts à ceux du Prince des Apôtres contre des ennemis si puissants). Les paroles de l'épître de S. Pierre, sont les derniers adieux d'un père à ses enfants, d'un pasteur à ses ouailles : ses avis embrassent tous les siècles…

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2 On ne peut douter que cette épître ne soit de S. Pierre. Car : 1° elle porte le nom de cet Apôtre dans l'inscription ; 2° elle est d'un Apôtre qui était présent à la Transfiguration de Jésus-Christ ; ce que S. Grégoire-le-Grand regarde avec raison comme une preuve capable de lever tous les doutes qu'on pourrait avoir ; 3° elle est insérée comme indubitablement authentique dans le Catalogue des Ecritures, par S. Athanase dans son Epître paschale et dans sa Synopse, t. II, p. 39, c. 437. Et ce Saint l'emploie même contre les Ariens, Orat. 2, p. 322.  Elle y a été insérée également par S. Cyrille de Jérusalem, Catéch. 4, p. 38; par le Canon du Concile de Laodicée, Concil. Labb. t. I, p. 1507 ; par le quarante-septième du troisième Concile de Carthage, en 397, Ib. t. II, p. 1177 ; par S. Grégoire de Nazianze, Carm. 34, p. 98 ; par S. Augustin, dans le Deuxième Livre de la Doctrine chrétienne, c. 8, t. III, p. 12 ; par le pape Innocent Ier, Epist. 3, c. 7, Conc. Labb., t. II, p. 1256.

Elle se trouve aussi citée par S. Cyrille de Jérusalem, Mystag. 4, p. 237 ; par S. Hilaire,  de Trinit. l. 4, p. 4, 2e c; par S. Macaire, hom. 39, p. 203 ; par S. Ambroise, de Incarnat., c. 8, p. 496, m. 297 b.; par S. Ephrem, contra impudicos, p. 98 et alibi ; par S. Jérôme, ep. 450 et adv. Jovinianum, l. 1, c. 24, 25, p. 46 ; par un ancien auteur qu'on croit être S. Jean de Jérusalem, ap. S. Chrysost., t. VI, hom. 51, p. 399; par S. Augustin,  in Ps. 76 et in Ps. 142, p. 676 et dans la Cité de Dieu, où elle est employée comme une autorité certaine, l. 2, c. 33, p. 134 ; par l'auteur du Traité de la vocation des Gentils, l. 1, c. 8,  ap. Ambr. t. IV, p. 528; et par Fauteur du Livre de singularitate clericorum, apud Cyprianum, p. 528, 2 ; par Origène, hom. 7, in Josue, t. 1, p. 298, qui l'attribue à S. Pierre sans difficultés ; par Eusèbe, l. 3, c. 51 ; Didyme, c. 3, in epist. Petr.; S. Amphiloque, apud Nazian., carm.; 125. (Voir de Tillemont. Mém. eccl. t. I, notes p. 553.); S. Hippolyte, év., de Ante christo, Rufin, Cassiodore, S. Isidore, tous les orthodoxes modernes.

Nous plaçons ici ces preuves, afin qu'il ne reste dans l'esprit aucun doute sur l'authenticité de cette importante épître.


1 Dans S. Augustin, l. VI,  Sermo de Cataclysmo, c. 5 ; et dans S. Prosper, de promiss., 1. 4, c. 2. Cette lettre est appelée l'Epître aux Gentils, la seconde Epître de S. Pierre aux Nations ou aux Gentils. —  2 Il avait été pareillement averti de sa mort prochaine. (2  Timoth., 4).

A suivre : XVI. — S. Pierre et S. Paul convertissent la plus grande partie des Romains. — Lutte de Simon contre S. Pierre. — Son impuissance.

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Message  Louis Mer 06 Sep 2017, 7:30 am

XVI. — S. Pierre et S. Paul convertissent la plus grande partie des Romains.

Nous avons dit que S. Paul était arrivé à Rome pour y consoler les fidèles, annoncer l’Évangile, et s'opposer avec S. Pierre aux progrès du mal causé par Néron et par Simon-le-Magicien. Le nouveau peuple de Dieu, composé de la grande multitude de Chrétiens qui habitaient la Capitale du monde, avait un grand besoin d'être confirmé et fortifié par la grâce du Saint-Esprit et par la parole de Pierre et de Paul, ces deux grands Docteurs des Chrétiens, si puissants par leurs œuvres et par leur pouvoir miraculeux, si illustres dans toute l'Eglise par la sublimité de leur enseignement, par les effets de la grâce Divine qui étaient produits avec tant d'avantage et avec tant d'éclat par leur ministère. Aussi, à leur arrivée 1, la foi chrétienne, un moment comprimée, se releva-t-elle plus forte que jamais ; elle croissait et s'augmentait dans tous les cœurs.

Mais le Prince des Puissances ténébreuses ne pouvait sans envie contempler les succès des Destructeurs de son règne. Il va s'efforcer de les arrêter par tous les moyens qu'il pourra mettre en œuvre. Il excitera la haine des Juifs et la colère des Païens. Les premiers vont trouver S. Paul pour l'engager à prendre la défense du Judaïsme contre S. Pierre. Mais les deux Apôtres leur rappellent que les cérémonies de la Loi Mosaïque étaient toutes figuratives et qu'elles n'avaient pour but principal que d'annoncer la rédemption qui a été accomplie par Jésus-Christ ; que la fin de leur loi étant remplie, elle devient dès-lors inutile. « Convertissez-vous donc, ajoutaient-ils 2, et entrez maintenant dans la joie d'Abraham, votre père ; car les promesses que Dieu lui a faites, sont accomplies, selon que le chante le Prophète : Le Seigneur l'a juré, et il ne se repentira point de son serment : vous êtes Prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech. En effet, Jésus, le Messie, a été prêtre sur la croix, lorsque par l'immolation de son corps il a offert un sacrifice pour le monde entier. »

Les Gentils qui restaient attachés au culte des idoles, leurs Pontifes, ainsi que les Chefs de la Synagogue, voyant que la prédication évangélique allait mettre fin à leurs religions, réunirent alors leurs efforts, firent passer dans le peuple des paroles de murmure, blâmèrent les Apôtres auprès de Néron, et vantèrent en sa présence Simon-le-Magicien.

Ce qui pût encore irriter davantage Néron contre les Apôtres, c'était la conversion, non-seulement de la majeure partie du peuple romain, qui formait une multitude immense, mais celle encore de plusieurs proches parents de ce Prince, de plusieurs de ses concubines, de celles d'Agrippa, préfet de Rome, de militaires, de Dames et de personnages très-considérables de la Ville. Ce qui donna lieu aux Juifs et aux Idolâtres de qualifier les Apôtres de séducteurs du peuple.

Ils excitèrent encore contre eux l'animosité de Simon, qui était alors tellement en faveur auprès de Néron, que ce Prince était persuadé que, par le moyen de cet homme, il remporterait des victoires dans les batailles, subjuguerait les nations, et parviendrait au sommet de la prospérité.

Le magicien, déjà armé de toute…
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1 Excerpta ex Hegesippo,  l. 3,  c. 2,  de Excidio Hierosol ; Hist. apost., l. 1, c. 16 : Bolland., 29 junii, p. 427.2 De Actibus Petri et Pauli, a Marcello, Petri discipulo.


Dernière édition par Louis le Jeu 07 Sep 2017, 7:26 am, édité 2 fois (Raison : Titre modifié.)

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Message  Louis Jeu 07 Sep 2017, 7:18 am

XVI. — Lutte de Simon contre S. Pierre.

Le magicien, déjà armé de toute l'énergie que lui donnait le désir de se venger, assuré ensuite de la protection d'un puissant empereur, muni, en outre, de toutes les forces des Anges de ténèbres, engagea avec confiance une lutte contre S. Pierre. Il recommença ses enchantements ; il faisait mouvoir des statues, courir un serpent d'airain ; il passait au travers des bûchers, sans se brûler ; il prenait son vol dans les airs ; il paraissait changer les pierres en pains ; il délivrait ceux qui étaient liés de chaînes; en un mot, il cherchait à imiter tous les vrais miracles, qu'on admirait dans l'histoire de Jésus-Christ et dans celle de ses Apôtres ; mais tout ce qu'il opérait par l'art magique et avec le secours des démons, ce n'était que des prestiges, c'est-à-dire des prodiges apparents, simulés et faux.

Or, S. Pierre fit tomber la confiance que ces prodiges trompeurs avaient gagnée à Simon, car il opéra lui-même par la vertu et la puissance de Dieu, plusieurs miracles véritables, dit Lactance 1, qui firent embrasser la justice à un grand nombre de personnes, dans les cœurs desquels il éleva au Seigneur un Temple stable et indestructible. Il prêchait la parole de vérité, qui détrompait les esprits; il guérissait les malades par une seule parole; il faisait une prière, et les aveugles voyaient la lumière ; il commandait, et les démons prenaient la fuite, et des morts ressuscitèrent 1.

Simon-le-Magicien, frappé lui-même…
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1 Lactant., De persecut., c. 2, p.3. — 1 Marcell., p. 636.

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Message  Louis Ven 08 Sep 2017, 7:30 am

XVI. — Son impuissance.

Simon-le-Magicien, frappé lui-même, comme tout le peuple, de l'éclat et de la vérité des miracles de S. Pierre, demeura quelque temps comme vaincu et comme accablé de sa confusion. Mais voyant qu'on l'abandonnait de toutes parts et qu'on le maudissait comme un imposteur, digne d'exécration, il s'enhardit de nouveau, et osa se vanter, qu'il pouvait ressusciter les morts.

Or, il arriva 2 dans ce même temps qu'un jeune homme de la haute noblesse, et même de la parenté de César, vint à mourir. La foule des parents du défunt se réunit, et, comme ils avaient plusieurs fois entendu parler de ces hommes extraordinaires à qui l'on attribuait la puissance de rendre les morts à la vie, ils se demandèrent si l'on ne pourrait pas trouver quelque homme de cette sorte, qui pût ressusciter le mort.

On parla de Pierre, comme d'un homme très-célèbre par ses œuvres prodigieuses ; mais les Gentils idolâtres n'avaient pas une foi ferme en son pouvoir. Néanmoins, l'affliction de la famille exigeait qu'on cherchât un remède : on alla trouver Pierre. D'autres assistants furent d'avis qu'on appelât également Simon, en sorte que l'un et l'autre furent présents.

Alors S. Pierre dit aux parents du défunt :

—  Que Simon, qui se glorifie de sa puissance miraculeuse, entreprenne le premier, si la chose lui est possible, de ressusciter le mort. S'il ne le peut, je ne doute point que Jésus-Christ n'assiste le défunt.

Simon, que les Gentils idolâtres regardaient comme la Souveraine Puissance, mit cette condition que, s'il ressuscitait le défunt, Pierre serait mis à mort pour avoir attaqué audacieusement et outragé une Telle Puissance. Si, au contraire, Simon n'obtenait aucun résultat, et que Pierre rendît le mort à la vie, il consentait à subir la sentence qu'il avait rendue contre l'Apôtre.

Les conditions ainsi posées, S. Pierre demeura en paix. Quant à Simon, il se mit aussitôt à l'œuvre, il s'approcha du lit funèbre où était couché le défunt, il commença ses enchantements et murmura secrètement des paroles mystérieuses. Dans ce moment, il sembla aux assistants que la tête du mort remuait. Aussitôt les Païens firent entendre de grands cris de joie :

—  Il est déjà rendu à la vie, disaient-ils, il parle déjà avec Simon !

En même temps une indignation générale commença à éclater contre S. Pierre…
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2 Ce fait est rapporté dans S. Hégésippe, Ibid., ut supra ; item, in Apost. hist., l. 1, c. 16; ap. Bolland., 29 junii ; ap. Sanctorium archiep. Urbin., in vita B. Petri. c. 4, n. 63, 64, 65 ; ap. Marcell., p. 640 ; (bos actus Florentinus edidit ad Martyrologium vetus, p. 105); apud Xaverium, Hist. S. Petri ; ap. Nicephorum, l. 11, c. 27, Hist eccles.; apud Cedrenum ; apud Jacobum, archiepisc. Genuensem ; etc.

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Message  Louis Sam 09 Sep 2017, 7:15 am

XVI.— S. Pierre ressuscite un mort.

En même temps une indignation générale commença à éclater contre S. Pierre, de ce qu'il avait osé se comparer à une si Grande Puissance. S. Pierre demanda alors un moment de silence et dit :

—  Si le mort est rendu à la vie, qu'il parle; s'il est ressuscité, qu'il se lève, qu'il marche et qu'il converse avec nous. Pour moi, je vous apprendrai que le mouvement de tête qu'a semblé faire le défunt, n'a été qu'apparent, fantastique, mais nullement réel. Enfin, ajouta-t-il, que le magicien s'éloigne du lit, et les prestiges du démon seront pleinement dévoilés. On écarte donc du lit Simon-le-Magicien, et le défunt demeure immobile sans laisser aucun espoir qu'il revienne à la vie.

Alors S. Pierre reste éloigné du mort, se met en prières pendant quelque temps, puis dit à haute et intelligible voix :

—  Jeune homme, je vous le commande, levez-vous; Notre-Seigneur Jésus-Christ vous rend à la vie et à la santé.

À l'instant même, le jeune homme se leva, parla et se mit à marcher, et S. Pierre le rendit plein de vie à sa mère. Cette femme voulut récompenser le B. Pierre, et le pria de ne pas abandonner son fils.

—  Demeurez en paix, lui dit l'Apôtre après avoir refusé ses présents, ne craignez point pour votre fils, car il a avec lui son gardien 1.

Dans ce moment, le peuple voulait lapider Simon-le-Magicien, mais S. Pierre leur dit :

—  Il est assez puni, en voyant qu'il a été surpassé, et en reconnaissant que son art est impuissant. Qu'il vive, et qu'il voie, malgré lui, le royaume de Jésus-Christ s'accroître et se dilater ! Vivat et Regnum Christi crescere videat, vel invitus !
______________________________________________________________

1 S. Hégésippe ne parle pas de cette récompense ; il dit seulement que Pierre fut prié de ne pas s'éloigner du jeune homme qu'il venait de ressusciter.

Note de Louis :

Pour la suite et la fin de ce récit voir la table des matières, Livre Quatrième, aux Nos XVII et XVIII.

Bien à vous.

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Bienheureux l'homme qui souffre patiemment la tentation, parce qu'après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que Dieu a promise à ceux qui l'aiment. S. Jacques I : 12.
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