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Message  gabrielle Dim 22 Juin 2014, 8:08 am

Le 22 juin

Saint Paulin, évêque et confesseur


Leçons des Matines avant 1960 a écrit:Pontius Meropius Anicius Paulin, né l’an trois cent cinquante-trois de la Rédemption, d’une famille très distinguée de citoyens romains, à Bordeaux, en Aquitaine, fut doué d’une intelligence vive et de mœurs douces. Sous la direction d’Ausone  il brilla de la gloire de l’éloquence et de la poésie. Très noble et très riche, il entra dans la carrière des charges publiques et, à la fleur de l’âge, conquit la dignité de sénateur. Ensuite, en qualité de consul, il se rendit en Italie et, ayant obtenu la province de Campanie, il établit sa résidence à Nole . Là, touché de la lumière divine, et à cause des signes célestes qui illustraient le tombeau de saint Félix, prêtre et martyr, il commença à s’attacher avec plus d’énergie à la véritable foi chrétienne, qu’il méditait déjà dans son esprit. Il renonça donc aux faisceaux et à la hache, qui n’avait encore été souillée par aucune exécution capitale  ; retourné en Gaule, il fut ballotté par diverses épreuves et par de grands travaux sur terre et sur mer et perdit un œil ; mais guéri par le bienheureux Martin, évêque de Tours, il fut lavé dans les eaux lustrales du baptême par le bienheureux Delphin, évêque de Bordeaux.

Méprisant les richesses qu’il possédait en abondance, il vendit ses biens, en distribua le prix aux pauvres et,  quittant sa femme Therasia, changeant de patrie et brisant les liens de la chair, il se retira en Espagne, s’attachant ainsi à la pauvreté admirable du Christ, plus précieuse à ses yeux que l’univers entier. Un jour qu’à Barcelone, il assistait dévotement aux sacrés mystères, le jour solennel de la naissance du Seigneur, le peuple, transporté d’admiration, l’entoure avec tumulte et, malgré ses résistances, il fut ordonné prêtre par l’évêque Lampidius. Il retourna ensuite en Italie, fonda à Nole, où il avait été amené par le culte de saint Félix, un monastère près du tombeau de ce saint ; s’étant adjoint des compagnons, il commença une vie cénobitique. Illustre déjà par la dignité sénatoriale et la dignité consulaire, embrassant la folie de la croix, à l’admiration du monde presque entier, Paulin, revêtu d’une robe sans valeur, demeurait, au milieu des veilles et des jeûnes, la nuit et le jour, les yeux fixés dans la contemplation des choses célestes. Mais, comme son renom de sainteté croissait de plus en plus, il fut élevé à l’évêché de Nole et, dans l’accomplissement de sa charge pastorale, il laissa des exemples merveilleux de piété, de sagesse et surtout de charité.

Au cours de ces travaux, il avait composé des écrits remplis de sagesse, traitant de la religion et de la foi ; souvent aussi, se laissant aller à la versification, il avait célébré dans des poèmes les actes des saints, acquérant un renom supérieur de poète chrétien . Il s’attacha par l’amitié et par l’admiration tout ce qu’il y avait à cette époque d’hommes éminents par la sainteté et la doctrine. Beaucoup affluaient de toutes parts vers lui, comme chez le maître de la perfection chrétienne. La Campanie ayant été ravagée par les Goths , il employa à nourrir les pauvres et à racheter les prisonniers tout son avoir, ne gardant pas même pour lui les choses nécessaires à la vie. Plus tard, lorsque les Vandales ravageaient le même pays, une veuve le supplia de racheter pour elle son fils, pris par les ennemis ; comme il avait absorbé tous ses biens dans l’exercice de la charité, il se livra lui-même en esclavage pour cet enfant, et, jeté dans les fers, il fut emmené en Afrique. Enfin, gratifié de la liberté, non sans le secours visible de Dieu et revenu à Nole, le bon pasteur retrouva ses brebis chéries et là, dans sa soixante dix-huitième année, s’endormit dans le Seigneur d’une fin très tranquille. Son corps, enseveli près du tombeau de saint Félix, fut plus tard, à l’époque des Lombards, transféré à Bénévent, puis sous l’empereur Othon III, à Rome, dans la basilique de Saint-Barthélemy en l’île du Tibre. Mais le pape Pie X ordonna que les dépouilles sacrées de Paulin fussent restituées à Nole et éleva sa fête au rite double pour toute l’Église.

http://deojuvante.forumactif.org/t949-saint-paulin-eveque-et-confesseur#13300
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Message  gabrielle Lun 23 Juin 2014, 8:38 am

Le 23 juin

Vigile de la nativité de  Saint Jean-Baptiste

Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

Aux jours d’Hérode, roi de Judée, il y eut un prêtre nommé Zacharie, de la classe d’Abia ; et son épouse, d’entre les filles d’Aaron, s’appelait Élisabeth. Et le reste.

Homélie de saint Ambroise, Évêque.

La divine Écriture nous apprend qu’il ne suffit pas d’exalter les vertus de ceux qui sont dignes de louanges, mais qu’il faut encore louer leurs parents : la vertu, transmise comme un héritage de pureté sans tache, sera par là plus éclatante dans ceux que nous louerons. Quel autre but en effet a pu avoir le saint Évangéliste en ce passage, sinon d’anoblir saint Jean-Baptiste en parlant de ses parents, de ses miracles, de ses vertus, de sa mission, de son martyre ? C’est ainsi que la mère de Samuel, Anne, est glorifiée ; c’est ainsi qu’Isaac reçoit de ses parents cette illustration de la piété qu’il transmit à sa postérité. Zacharie était donc prêtre, et de plus, prêtre de la classe d’Abia, c’est-à-dire illustre entre les illustres.

« Et sa femme, est-il dit, était d’entre les filles d’Aaron » [3]. Ce n’est donc pas seulement à ses parents, mais à ses ancêtres, que remonte l’illustration de saint Jean ; ce n’était pas par les honneurs de la puissance séculière, mais par la religion qu’était vénérable la lignée de sa famille. De tels ancêtres convenaient au précurseur du Christ : il ne devait pas recevoir en naissant, mais tenir de ses pères et avoir comme un héritage, la foi à l’avènement du Seigneur pour la prêcher. « Ils étaient tous deux justes devant Dieu, est-il dit, marchant sans reproche dans les commandements et toutes les lois du Seigneur » [4]. Que répondront à cela, ceux qui cherchent des excuses pour leurs péchés et prétendent que l’homme ne peut vivre sans pécher souvent ? Ils s’appuient sur un petit verset du livre de Job : « Personne n’est exempt de tache, pas même celui qui n’a vécu qu’un jour sur terre » [5].

On peut leur demander d’abord de définir ce que veut dire : un homme sans péché ; est-ce de n’avoir jamais péché, ou d’avoir cessé de pécher ? S’ils pensent qu’être sans péché, c’est n’avoir jamais péché, j’y consens. Car « tous ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu » [6]. Mais s’ils nient que celui qui a corrigé ses anciens égarements, et qui a transformé sa vie de sorte qu’il a cessé de pécher, puisse s’abstenir de péché, je ne peux être d’accord avec eux, puisque nous lisons : « Le Seigneur a tellement aimé l’Église qu’il l’a fait paraître devant lui une Église glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais qu’il l’a faite sainte et immaculée » [7].

[3] Luc. 1, 5.

[4] Luc. 1, 6.

[5] Job. 14, 4, sec. LXX.

[6] Rom. 3, 23.

[7] Ephes. 5, 25.

http://deojuvante.forumactif.org/t950-vigile-de-la-nativite-de-saint-jean-baptiste
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Message  Roger Boivin Lun 23 Juin 2014, 9:44 am

La divine Écriture nous apprend qu’il ne suffit pas d’exalter les vertus de ceux qui sont dignes de louanges, mais qu’il faut encore louer leurs parents : la vertu, transmise comme un héritage de pureté sans tache, sera par là plus éclatante dans ceux que nous louerons.

On pourrait faire la même chose pour les ennemi de Dieu et de l'Église, mais à l'inverse, en ce qui regarde leurs vices :

Il ne suffit pas de stigmatiser les vices de ceux qui sont dignes de réprobation, mais qu'il faut encore blâmer leurs parents : le vice, transmis comme héritage de perversion, sera par là plus flétris dans ceux que nous blâmerons.
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Message  gabrielle Mar 24 Juin 2014, 8:42 am

24 juin

Fête de la nativité de Saint Jean-Baptiste.

Patron des Canadiens-Français

Sermon de saint Augustin, Évêque.

Après le très saint jour de la Nativité du Seigneur, nous ne lisons point qu’on célèbre la naissance d’aucun homme, si ce n’est uniquement celle du bienheureux Jean-Baptiste. Nous savons que pour les autres saints et élus de Dieu, on solennise le jour auquel, ayant achevé leurs travaux et triomphé du monde par une victoire complète, ils ont été comme enfantés du sein de la vie présente à l’éternité glorieuse. Ainsi, pour les autres saints, on honore le dernier jour qui a comblé leurs mérites ; et, pour saint Jean, c’est le premier jour, ce sont les commencements mêmes de sa vie qu’on célèbre évidemment pour cette raison, que le Seigneur a voulu manifester par lui son avènement, de peur, que s’il venait d’une manière subite et inattendue, les hommes ne le reconnussent point. Or saint Jean a été la figure de l’ancien Testament, l’image de la loi, précédant le Sauveur, comme la loi servit de messagère à la grâce.

Du sein maternel, Jean prophétise avant de naître, et sans avoir encore paru à la lumière, il rend déjà témoignage à la vérité ; et cela nous donne à comprendre que, personnifiant l’Esprit caché sous le voile et dans le corps de la lettre, il manifeste au monde le Rédempteur et nous annonce comme du sein de la loi, notre Seigneur ; et c’est parce que les Juifs s’étaient égarés dès le sein de leur mère, ou de la loi d’où le Christ devait sortir « ils ont erré dès le sein (de leur mère), ils ont dit des choses fausses » [25], que Jean est venu « comme témoin pour rendre témoignage à la lumière » [26].

Et dans Jean, détenu en prison et envoyant ses disciples au Christ, c’est la loi qui passe à l’Évangile. A l’instar de Jean, cette loi, captive dans la prison de l’ignorance, gisait comme au fond d’un réduit obscur, où l’aveuglement des Juifs laissait le sens spirituel enfermé dans l’obscurité de la lettre. C’est ce que l’écrivain sacré fait entendre, en disant de Jean-Baptiste : « Il était une lampe ardente » [29] ; en d’autres termes, il brûlait du feu de l’Esprit-Saint, afin qu’il montrât la lumière du salut au monde enfoncé dans la nuit de l’ignorance, et qu’au travers des ténèbres si épaisses du péché, ii découvrit au monde, à la clarté de ses rayons, le soleil de justice dans toute sa splendeur, lorsque, parlant de lui-même, il disait : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert » [30].
[25] Ps. 57, 4.
[26] Jn. 1, 7.
[29] Jn. 5, 35.
[30] Jn. 1, 23.
http://deojuvante.forumactif.org/t468-saint-jean-baptiste-nativite-24-juin

Au sujet de l'Hymne aux 2emes Vêpres

Pour que tes serviteurs puissent à pleine voix, célébrer les merveilles de tes hauts faits, bannis l’indignité de nos lèvres souillées  ô saint Jean.

Un messager venu des célestes sommets  annonce à ton père ta grandeur, ta naissance, ton nom, et le cours entier de ta vie, il expose par ordre toutes choses.

Lui doute des célestes promesses, perd le pouvoir d’articuler les sons ;  mais, en naissant, vous restaurez l’organe de sa voix éteinte.

Couché dans le secret du sein maternel, tu as senti le roi en sa couche nuptiale ;  c’est pourquoi, les parents par le mérite de leur fils, découvrirent tous deux les mystères.

Honneur au Père, et au Fils qu’il engendre, ainsi qu’à vous, puissance égale aux deux, ô Esprit éternel, Dieu unique, dans toute la suite des âges.

Ainsi soit-il.

Paul Warnefrid. VIIIe siècle. On raconte que le pieux diacre Paul Warnefrid, au moment d’entonner l’Exsúltet le samedi saint, fut soudain privé de sa voix. Invoquant alors celui dont la naissance mit fin au mutisme d’un père, il vit Jean-Baptiste exaucer sa prière et composa alors les Hymnes de cette fête. L’air primitif sur lequel on chantait l’Hymne de Vêpres, offrait cette particularité que la syllabe initiale de chaque hémistiche s’élevait d’un degré sur la précédente dans l’échelle des sons ; on obtenait, en les rapprochant, la série des notes fondamentales qui forment la base de notre gamme actuelle. Guy d’Arrezzo introduisit l’usage de donner aux notes elles-mêmes les noms de ces syllabes.
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Message  gabrielle Mer 25 Juin 2014, 8:09 am

Le 25 juin

Saint Guillaume, abbé


Leçons des Matines avant 1960 a écrit:
Né de parents nobles, à Verceil, en Piémont, Guillaume avait à peine achevé sa quatorzième année, qu’embrasé des ardeurs d’une admirable piété il entreprit de se rendre en pèlerinage à Compostelle, au célèbre sanctuaire de saint Jacques. Il fit ce voyage, vêtu d’une seule tunique, ceint d’un double cercle de fer et nu-pieds ; il y souffrit du froid et de la chaleur, de la faim et de la soif et l’accomplit au péril même de sa vie. De retour en Italie, Guillaume médita un nouveau pèlerinage au saint sépulcre du Seigneur ; mais divers obstacles très sérieux s’opposèrent à son projet, la divine Providence entravant les desseins du jeune homme, pour tourner vers des œuvres plus élevées et plus parfaites ses religieux penchants. C’est alors qu’il passa deux ans au mont Solicchio, priant assidûment, prolongeant ses veilles, couchant sur la dure, et multipliant ses jeûnes ; ayant, par le secours divin, rendu la vue à un aveugle, le bruit du miracle se répandit, aussi Guillaume, qui ne pouvait plus rester caché, songea de nouveau à se rendre à Jérusalem, et, plein de joie, se mit en route.

Mais Dieu, qui voulait de lui une vie plus utile et plus profitable pour l’Italie et d’autres contrées, lui apparut et l’avertit de renoncer à sa résolution. Gagnant donc le mont Virgilien, appelé depuis mont de la Vierge, il bâtit avec une rapidité étonnante un monastère au sommet, en dépit des difficultés que présente ce lieu inaccessible. Des compagnons laïques et religieux s’adjoignirent à lui, et Guillaume les forma à un genre de vie parfaitement en rapport avec les préceptes et les conseils de l’Évangile, tant par des lois déterminées, qu’il tira en grande partie de celles instituées par saint Benoît, que par sa parole et les exemples de sa très sainte vie.

D’autres monastères s’élevèrent dans la suite, et de jour en jour la sainteté de Guillaume brillant davantage, de tous côtés l’on vint à lui, attiré par le parfum de cette sainteté et par la renommée de ses miracles. Car, à son intercession, la parole était rendue aux muets, l’ouïe aux sourds, la vigueur aux membres desséchés, la santé à tous ceux qu’affligeaient les plus diverses et les plus irrémédiables maladies. Il changea l’eau en vin, et accomplit une multitude d’autres merveilles, entre lesquelles on ne peut taire le trait suivant : une femme perdue ayant été envoyée pour tenter sa chasteté, il se roula, sans éprouver aucun mal, sur des charbons ardents répandus sur le sol. Roger roi de Naples, ayant eu connaissance de ce fait, conçut dès lors une vénération profonde pour l’homme de Dieu. Après avoir annoncé le moment de sa mort, au roi et à d’autres personnes, Guillaume, illustre par ses vertus et ses miracles, s’endormit dans le Seigneur, l’an du salut mil cent quarante-deux.

http://deojuvante.forumactif.org/t951-saint-guillaume-abbe
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Message  gabrielle Jeu 26 Juin 2014, 8:55 am

Le 26 juin

Saints Jean et Paul, martyrs


Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Parmi les sanctuaires nombreux qui décorent la capitale de l’univers chrétien, l’Église des Saints-Jean-et-Paul est restée, depuis sa lointaine origine, un des centres principaux de la piété romaine. Du sommet du Cœlius elle domine le Colisée. On a retrouvé dans ses substructions les restes primitifs de la maison même qu’habitaient nos deux saints. Derniers des martyrs, ils achevèrent la couronne glorieuse offerte au Christ par cette Rome qu’il avait choisie pour siège de sa puissance. La lutte où leur sang fut versé consomma le triomphe dont l’heure avait sonné sous Constantin, mais qu’un retour offensif de l’enfer semblait compromettre.

Aucune attaque ne fut plus odieuse à l’Église, que celle du César apostat qu’elle avait nourri. Néron et Dioclétien, violemment et dans toute la franchise de leur haine, avaient déclaré au Dieu fait homme la guerre du glaive et des supplices ; et, sans récrimination, les chrétiens étaient morts par milliers, sachant que le témoignage ainsi réclamé d’eux était dans l’ordre, non moins que ne l’avait été, devant Ponce Pilate et sur la croix, celui de leur Chef [14]. Avec l’astucieuse habileté des traîtres et le dédain affecté du faux philosophe, Julien se promit d’étouffer le christianisme dans les réseaux d’une oppression savamment progressive, et respectueuse du sang humain : écarter les chrétiens des charges publiques, les renvoyer des chaires où ils enseignaient la jeunesse, c’était tout ce que prétendait l’apostat. Mais le sang qu’il eût voulu éviter de répandre, devait couler quand même sur ses mains hypocrites ; car l’effusion du sang peut seule, selon le plan divin, dénouer les situations extrêmes, et jamais plus grand péril n’avait menacé l’Église : elle qu’on avait vue garder sa royale liberté devant les bourreaux, on la voulait esclave, en attendant qu’elle disparût d’elle-même dans l’impuissance et l’avilissement. Aussi les évêques d’alors trouvèrent-ils à l’adresse de l’apostat, dans leur âme indignée, des accents que leurs prédécesseurs avaient épargnés aux princes dont la violence avait inondé de sang chrétien tout l’empire. On rendit au tyran mépris pour mépris ; et le dédain, dont les témoignages arrivaient de toutes parts au fat couronné, finit par lui arracher son masque de fausse modération : Julien n’était plus qu’un vulgaire persécuteur, le sang coulait, l’Église était sauvée.

Ainsi nous est expliquée la reconnaissance que cette noble Épouse du Fils de Dieu n’a point cessé de manifester, depuis lors, aux glorieux martyrs que nous célébrons : parmi les chrétiens généreux dont l’indignation amena le dénouement de la terrible crise, il n’en est point de plus illustres. Julien eût été fier de les compter parmi ses familiers ; il les sollicitait dans ce sens, nous dit la Légende, et on ne voit pas qu’il y mît pour condition de renoncer à Jésus-Christ. N’auraient-ils donc pu, dira-t-on, se rendre au désir impérial, sans blesser leur conscience ? Trop de raideur devait fatalement indisposer le prince ; tandis que l’écouter, c’était l’adoucir, l’amener, peut-être, à relâcher quelque chose de ces malheureuses entraves administratives que son gouvernement prévenu imposait à l’Église. Et, qui sait ? La conversion possible de cette âme, le retour de tant d’égarés qui l’avaient suivie dans sa chute, tout cela ne méritait-il pas, tout cela n’imposait-il pas quelque ménagement ? Eh ! oui : ce raisonnement eût paru à plusieurs d’une sage politique ; cette préoccupation du salut de l’apostat n’eût rien eu, sans doute, que d’inspiré par le zèle de l’Église et des âmes ; et, véritablement, le casuiste le plus outré n’aurait pu faire un crime à Jean et à Paul, d’habiter une cour où l’on ne leur demandait rien de contraire aux préceptes divins. Telle ne fut point pourtant la résolution des deux frères ; à la voie des ménagements, ils préférèrent celle de la franche expression de leurs sentiments qui mit en fureur le tyran et causa leur mort. L’Église jugea qu’ils n’avaient point tort ; et il est, en conséquence, peu probable que la première de ces voies les eût conduits au même degré de sainteté devant Dieu.

Les noms de Jean et de Paul, inscrits au diptyque sacré, montrent bien leur crédit près de la grande Victime, qui ne s’offre jamais au Dieu trois fois saint sans associer leur souvenir à celui de son immolation. L’enthousiasme excité par la noble attitude des deux vaillants témoins du Seigneur, a prolongé jusqu’à nous ses échos dans les Antiennes et Répons propres à la fête. Autrefois précédée d’une Vigile avec jeûne, cette fête remonte au lendemain même du martyre des deux frères, ainsi que le sanctuaire qui s’éleva sur leur tombe. Par un privilège unique, exalté au Sacramentaire Léonien, tandis que les autres martyrs dormaient leur sommeil en dehors des murs de la ville sainte, Jean et Paul reposaient dans Rome même, dont la conquête définitive était acquise au Dieu des armées grâce à leurs combats. Un an jour pour jour après leur trépas victorieux [15], Julien mourait, lançant au ciel son cri de rage : « Tu as vaincu, Galiléen ! »

De la cité reine de l’univers, leur renommée, passant les monts, brilla aussitôt d’un éclat presque égal en notre terre des Gaules. Au retour des luttes que lui aussi avait soutenues pour la divinité du Fils de Dieu, Hilaire de Poitiers propagea leur culte. A peine cinq années s’étaient écoulées depuis leur martyre, que le grand évêque s’en allait au Seigneur ; mais il avait eu le temps de consacrer sous leur nom l’église où ses mains pieuses avaient déposé la douce Abra et celle qu’elle avait eue pour mère, en attendant que lui-même vînt, entre elles deux, attendre la résurrection. C’est de cette Église des Saints-Jean-et-Paul, devenue bientôt après Saint-Hilaire-le-Grand, que Clovis, à la veille de la bataille de Vouillé, vit sortir et se diriger vers lui la mystérieuse lumière, présage du triomphe qui devait chasser l’arianisme des Gaules et fonder l’unité monarchique. Les saints martyrs continuèrent de montrer, dans la suite, l’intérêt qu’ils prenaient à l’avancement du royaume de Dieu par les Francs ; lorsque l’issue de la seconde croisade abreuvait d’amertume saint Bernard qui l’avait prêchée, ils apparurent ici-bas pour relever son courage, et lui manifester par quels secrets le Roi des cieux avait tiré sa gloire d’événements où les hommes ne voyaient que désastres et fautes [16].

Nous donnons à la suite Antiennes et Répons propres dont il est parlé plus haut, et qui se trouvent quant à l’ensemble, avec quelques variantes, dans les plus anciens Responsoriaux et Antiphonaires parvenus jusqu’à nous. Le personnage mentionné dans l’une de ces Antiennes, sous le nom de Gallicanus, est un consulaire qui fut amené par les deux frères à la foi et à la sainteté ; sa mémoire était célébrée hier même au Martyrologe (voir le texte de l’Office plus haut)

Un double triomphe éclate au ciel et renvoie une double joie à la terre, en ce jour où votre sang répandu proclama la victoire du Fils de Dieu. C’est par le martyre de ses fidèles, en effet, que le Christ triomphe. L’effusion de son propre sang marqua la défaite du prince du monde ; le sang de ses membres mystiques garde toujours, et possède seul, la vertu d’établir son règne. La lutte ne fut jamais un mal pour l’Église militante ; la noble Épouse du Dieu des armées se complaît dans les combats ; car elle sait que l’Époux est venu apporter sur terre, non la paix, mais le glaive [17]. Aussi, jusqu’à la fin des siècles, proposera-t-elle en exemple à ses fils votre chevaleresque courage, et la franchise qui ne vous permit pas de dissimuler votre mépris au tyran apostat, de songer même aux considérations par lesquelles peut-être, en l’écoutant d’abord, votre conscience se fût tenue sauve. Malheur aux temps où le mirage décevant d’une paix trompeuse égare les intelligences ; où, parce que le péché proprement dit ne se dresse pas devant elle, l’âme chrétienne abaisse la noblesse de son baptême à des compromis que répudierait l’honneur même d’un monde redevenu païen ! Illustres frères, écartez des enfants de l’Église l’erreur fatale qui les porterait à méconnaître ainsi les traditions dont ils ont reçu l’héritage ; maintenez la race des fils de Dieu à la hauteur de sentiments que réclament leur céleste origine, le trône qui les attend, le sang divin dont ils s’abreuvent chaque jour ; loin d’eux toute bassesse, et cette vulgarité qui attirerait, contre leur Père qui est aux cieux, le blasphème des habitants de la cité maudite ! Nos temps ont vu s’élever une persécution qui rappelle en tout celle où vous avez remporté la couronne : le programme de Julien est remis en honneur ; si les émules de l’apostat ne l’égalent point en intelligence, ils le dépassent dans sa haine et son hypocrisie. Mais Dieu ne fait pas plus défaut à l’Église maintenant qu’autrefois ; obtenez que de notre part la résistance soit la même qu’en vos jours, et le triomphe aussi sera le même.

Jean et Paul, vous nous rappelez par vos noms et l’Ami de l’Époux dont l’Octave poursuit son cours, et ce Paul de la Croix qui fit revivre au dernier siècle l’héroïsme de la sainteté dans votre maison du Cœlius. Unissez votre protection puissante à celle que le Précurseur étend sur l’Église mère et maîtresse, devenue, en raison de sa primauté, le but premier des attaques de l’ennemi ; soutenez la milice nouvelle que les besoins des derniers temps ont suscitée près de votre tombe, et qui garde dans une commune vénération vos restes sacrés et le corps de son glorieux fondateur. Vous souvenant enfin du pouvoir que vous reconnaît l’Église d’ouvrir et de fermer les portes du ciel, pour répandre ou arrêter la pluie sur les biens de la terre : bénissez les moissons prêtes à mûrir ; soyez propices aux moissonneurs, allégez leurs pénibles travaux ; gardez du feu du ciel l’homme et ses possessions, la demeure qui l’abrite, les animaux qui le servent. Ingrate, oublieuse, trop souvent criminelle, l’humanité n’aurait droit qu’à votre colère ; montrez-vous les fils de Celui dont le soleil se lève pour les méchants comme pour les bons, et qui fait pleuvoir également sur les justes et les pécheurs [18].

[13] Ps. 149, 5.

[14] I Tim. VI, 13.

[15] 26 juin 363.

[16] Bern. Ep. 386, al. 333, Joannis Casae-Marii ad Bern.

[17] Matth. X, 34.

[18] Matth. V, 45.

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Message  gabrielle Sam 28 Juin 2014, 8:34 am

Le 28 juin

Saint Irénée, évêque et martyr

Leçons des Matines avant 1960 a écrit:Irénée, né dans l’Asie proconsulaire non loin de la ville de Smyrne se mit dès son enfance sous la conduite de saint Polycarpe, disciple de saint Jean l’Évangéliste et Évêque de cette Église de Smyrne. Grâce à la direction de cet excellent maître, ses progrès dans la connaissance et la pratique de la religion chrétienne furent remarquables. Quand Polycarpe lui eut été enlevé pour le ciel par un glorieux martyre, Irénée, bien qu’admirablement instruit des saintes Écritures, brûlait cependant encore du plus ardent désir d’étudier au lieu même où elles avaient été confiées à leur garde, les traditions que d’autres pouvaient avoir reçues quant à l’enseignement et aux institutions apostoliques. Il put rencontrer plusieurs disciples des Apôtres ; ce qu’il apprit d’eux, il le grava dans sa mémoire, et il devait dans la suite opposer fort à propos ce qu’il en avait recueilli, aux hérésies qu’il voyait s’étendre chaque jour davantage non sans grand péril pour le peuple chrétien, et qu’il se proposait de combattre avec soin et abondance de preuves. S’étant rendu dans les Gaules, Irénée fut ordonné prêtre de l’Église de Lyon par l’Évêque Pothin. Il remplit les devoirs de son ministère avec tant d’assiduité pour la prédication et tant de science qu’au témoignage de saints Martyrs qui combattirent courageusement pour la vraie religion sous l’empereur Marc-Aurèle, il se montra le zélateur du testament du Christ.

Comme les Confesseurs de la foi eux-mêmes et le clergé de Lyon étaient au plus haut point préoccupés de la paix des Églises d’Asie que troublait la faction des Montanistes, ils s’adressèrent à Irénée qu’ils proclamaient être l’homme le plus capable d’obtenir gain de cause, et le choisirent avec grande unanimité pour aller prier le Pape Éleuthère de condamner les nouveaux sectaires par l’autorité du Siège apostolique et de supprimer ainsi la cause des discordes. Déjà l’Évêque Pothin était mort martyr, Irénée lui ayant succédé s’acquitta de la charge épiscopale avec tant de succès, par sa sagesse, sa prière et son exemple, qu’en peu de temps il vit non seulement tous les habitants de Lyon, mais ceux de beaucoup d’autres cités gauloises, rejeter l’erreur et la superstition et s’inscrire dans la milice chrétienne. Tandis qu’il se livrait à ces labeurs apostoliques une discussion s’était élevée au sujet du jour auquel il convenait de célébrer la fête de Pâques et, le Pontife romain Victor voyant les Évêques d’Asie se séparer presque tous de leurs frères dans l’épiscopat quant au jour de cette célébration, les traitait avec rigueur ou menaçait de les excommunier. Irénée, ami de la paix, intervint respectueusement auprès du Pape et, faisant valoir l’exemple des Pontifes précédents, il l’amena à ne pas souffrir que tant d’Églises se séparassent de l’unité catholique à propos d’un rite qu’elles affirmaient avoir reçu par tradition.

Irénée composa de nombreux ouvrages qu’ont cité Eusèbe de Césarée et saint Jérôme ; mais dont une grande partie a disparu par le malheur des temps. On a encore de lui cinq livres contre les hérésies, écrits vers l’année cent quatre vingt, quand Éleuthère régissait encore la chrétienté. Dans le troisième de ces livres, l’homme de Dieu, instruit par ceux qu’il déclare avoir ouï l’enseignement direct des Apôtres, dit au sujet de l’Église romaine et de sa succession de Pontifes, que son témoignage est le plus grand et le plus éclatant parce qu’elle a la garde fidèle perpétuelle et très sûre de la tradition divine. Aussi, ajoute-t-il, est-il nécessaire qu’avec cette Église, en raison de sa puissante primauté, s’accorde toute Église, c’est-à-dire les fidèles de tous les lieux. En même temps que d’innombrables chrétiens qui lui devaient le bonheur d’être parvenus à la vraie foi, Irénée obtint enfin la couronne du martyre et partit pour le ciel l’an du salut deux cent deux, alors que Septime Sévère avait ordonné de vouer à la torture et à la mort tous ceux qui voudraient persévérer avec constance dans la pratique de la religion chrétienne. Le Souverain Pontife Benoît XV a ordonné d’étendre la fête de saint Irénée à l’Église universelle. »

http://deojuvante.forumactif.org/t919-saint-irenee#13310
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Message  gabrielle Sam 28 Juin 2014, 10:02 am

Le 28 juin

Vigile des Saints Apôtres Pierre et Paul

Lecture du saint Évangile selon saint Jean.

En ce temps-là : Jésus dit à Simon Pierre. : Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque.

A son triple reniement, Pierre oppose une triple confession, voulant que sa langue n’obéisse pas moins à l’amour qu’elle n’a obéi à la crainte, et que la mort entrevue de loin ne semble pas lui avoir donné plus de voix que la présence de la Vie. Renier le Pasteur a été l’effet de la crainte : que l’office de l’amour soit de paître le troupeau du Seigneur ! Ceux qui paissent les brebis du Christ avec la disposition de vouloir qu’elles soient à eux et non au Christ, sont convaincus de s’aimer eux-mêmes et de ne point aimer Jésus-Christ, avides qu’ils sont d’honneurs, de domination, de richesses, et vides de cette charité qui fait obéir, soulager, plaire à Dieu.

L’Apôtre gémit d’en voir certains chercher leur intérêt et non celui du Christ Jésus. La voix du Christ nous met avec insistance en garde contre eux. Que signifie, en effet : "Si tu m’aimes, pais mes brebis" sinon "si tu m’aimes, fais bien attention à ne pas te faire paître toi-même" ! Ce sont mes brebis, fais-les paître, comme miennes, et non comme tiennes. Cherche en elles ma gloire et non la tienne, mon domaine et non le tien, mon gain et non le tien. De peur que tu ne t’associes à ceux qui surviennent dans des temps difficiles, qui sont des égoïstes et ont tous les défauts liés à cette racine du mal".

Le Seigneur dit à bon droit à Pierre : "M’aimes-tu ?" Il répond : "Oui" ! Jésus lui dit alors : "Pais mes agneaux," et cela deux et trois fois. Là nous est prouvée l’identité de l’amour et de la dilection. Car, la dernière fois, le Seigneur ne dit pas : "As-tu pour moi de la dilection ?" mais : "m’aimes-tu ?" Aimons-le donc lui, et non pas nous ! et, en faisant paître ses brebis, recherchons ses intérêts et non les nôtres. Je ne sais par quel inexplicable moyen on peut s’aimer (soi et non Dieu) sans s’aimer ; ou aimer Dieu (non pas soi) et s’aimer pourtant ! En effet, qui ne peut pas vivre de soi-même, meurt en s’aimant lui-même. Il ne s’aime donc pas, celui qui s’aime de manière à fuir la vie !
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Message  gabrielle Dim 29 Juin 2014, 7:33 am

Le 29 juin

Saint Pierre et Saint Paul, apôtres

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu.

En ce temps-là : Jésus vint aux environs de Césarée de Philippe, et il interrogeait ses disciples, disant : Quel est celui que les hommes disent être le Fils de l’homme ? Et le reste.


Homélie de saint Jérôme, Prêtre.

C’est avec justesse que le Sauveur demande : « Quel est celui que les hommes disent être le Fils de l’homme ? » Ceux qui ne voient en lui rien de plus que le Fils de l’homme, sont en effet des hommes ; mais ceux qui reconnaissent sa divinité, sont appelés des dieux et non pas des hommes. « Les disciples répondirent : Les uns (disent que c’est) Jean-Baptiste ; d’autres, Élie » . Je m’étonne que certains interprètes se demandent la cause de ces erreurs, et cherchent à établir, par de longues discussions, pourquoi les uns ont pensé que notre Seigneur Jésus-Christ était Jean-Baptiste, les autres Élie, d’autres Jérémie ou quelqu’un des Prophètes, puisqu’ils ont pu se tromper en le prenant pour Élie et Jérémie, tout comme Hérode se trompa en le prenant pour Jean-Baptiste, quand il disait : « Ce Jean, à qui j’ai fait trancher la tête, est ressuscité d’entre les morts, et c’est pour cela que des miracles s’opèrent par lui » .

« Et vous, qui dites-vous que je suis  ? » Lecteur intelligent, fais attention, d’après la suite et le texte du discours, que les Apôtres ne sont point du tout appelés des hommes, mais des dieux ; car c’est après avoir dit : « Quel est celui que les hommes disent être le Fils de l’homme  ? » qu’il ajouta ceci : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Pendant que les autres, parce qu’ils sont des hommes, pensent de moi des choses tout humaines, vous qui êtes des dieux, qui croyez-vous que je suis ? Pierre, au nom de tous les Apôtres, fait cette profession de foi : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant » . Il dit Dieu vivant, à la différence de ces dieux qui passent pour des dieux, mais qui sont morts.

« Jésus, répondant, lui dit : Tu es heureux, Simon Bar-Jona » . Il paie de retour le témoignage que l’Apôtre a rendu de lui. Pierre avait dit : « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant » . La confession de la vérité fut récompensée. « Tu es heureux, Simon Bar-Jona » . Pourquoi ? « Car ce n’est ni la chair ni le sang qui t’ont révélé ceci, mais mon Père ». Ce que la chair et le sang n’ont pu révéler, la grâce du Saint-Esprit l’a révélé. C’est donc par suite de sa profession de foi, qu’il reçoit un nom où se trouve exprimée la révélation du Saint-Esprit, et qu’il mérite même d’être appelé fils de cet Esprit ; car Bar-Jona se traduit dans notre langue par fils de la colombe.
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Message  gabrielle Lun 30 Juin 2014, 7:53 am

Le 30 juin

Commémoraison de Saint Paul.

Du livre de saint Augustin, Évêque : De la grâce et du libre arbitre.


Que l’Apôtre Paul ait reçu sans aucun mérite, et malgré de nombreux démérites, la grâce du Dieu qui rend le bien pour le mal, nous en avons la certitude. Voyons comment il parle, un peu avant sa passion, en écrivant à Timothée. « Pour moi, dit-il, me voici à la veille d’être immolé, et l’heure de ma dissolution approche. J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » . Ces choses qui assurément lui sont des mérites, il les mentionne d’abord, pour en venir bientôt à la couronne qu’il espère obtenir en récompense de ses mérites, lui qui, malgré ses démérites, a obtenu la grâce. Aussi remarquez bien ce qu’il ajoute : « Il me reste la couronne de justice que le Seigneur, juste juge, doit me rendre en ce jour » . A qui ce juste juge rendrait-il la couronne, si le Père miséricordieux n’avait point donné sa grâce ? Et comment serait-ce une couronne de justice, si la grâce qui justifie le pécheur n’avait point précédé ? Comment pourrait-il y avoir des mérites à récompenser, si des grâces gratuites n’avaient pas été données auparavant ?

Considérant donc en l’Apôtre Paul ses mérites eux-mêmes, auxquels le juste juge rendra la couronne, voyons s’ils lui appartiennent comme étant de lui, c’est-à-dire, comme se les étant acquis de lui-même, ou bien s’il faut y reconnaître les dons de Dieu : « J’ai combattu le bon combat, dit-il, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » . Remarquons d’abord que ces bonnes œuvres seraient nulles, si de bonnes pensées ne les avaient précédées. II faut donc examiner ce qu’il dit des pensées elles-mêmes. Or voici comment il parle, en écrivant aux Corinthiens : « Non que nous soyons capables par nous-mêmes de produire, comme de nous, une seule pensée ; mais notre capacité vient de Dieu »  Après cela, entrons dans le détail.

« J’ai combattu le bon combat » . Je demande par quelle force il a combattu. Est-ce par une force qu’il aurait eue de lui-même, ou par une force reçue d’en haut ? Mais loin de nous la pensée qu’un tel docteur ait ignoré la loi de Dieu, parlant ainsi dans le Deutéronome : « Ne dis pas dans ton cœur : C’est ma force et la puissance de mon bras qui m’a rendu capable de cette grande œuvre ; mais souviens-toi du Seigneur ton Dieu, parce que c’est lui qui te fortifie pour bien faire » . Mais que sert-il de bien combattre, si le combat n’est point suivi de la victoire ? Et qui rend victorieux, si ce n’est celui dont l’Apôtre dit lui-même : « Grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ »

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Message  gabrielle Mar 01 Juil 2014, 9:25 am

Le 1er juillet
FÊTE DU TRÈS PRÉCIEUX SANG DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

Sermon de saint Jean Chrysostome.

Veux-tu  apprendre la vertu du sang du Christ ? Remontons à ce qui l’a figuré et rappelons-nous sa première image, en puisant aux récits de l’Écriture ancienne. C’était en Égypte, Dieu menaçait les Égyptiens d’une dixième plaie, il avait résolu de faire périr leurs premiers-nés, parce qu’ils retenaient son peuple premier-né. Mais afin que le peuple juif qu’il aimait ne risquât pas d’être frappé avec eux (car ils habitaient tous un même pays), le Seigneur lui indiqua un remède qui devait servir au discernement des Israélites et des Gentils. C’est un exemple admirable et propre à vous faire véritablement connaître la vertu du sang de Jésus-Christ. Les effets de la colère divine étaient attendus, et le messager de la mort allait de maison en maison. Que fait donc Moïse ? « Tuez, dit-il, un agneau d’un an, et de son sang, marquez vos portes » [23]. Que dis-tu, Moïse ? Le sang d’un agneau peut-il donc préserver l’homme doué de raison ? Certainement, nous répond-il ; non parce que c’est du sang, mais parce que le sang du Seigneur y est représenté.

Comme les statues des rois, inertes et muettes, protègent d’ordinaire les hommes doués d’une âme et de raison qui se réfugient près d’elles, non parce qu’elles sont d’airain, mais parce qu’elles sont l’image du prince ; ainsi ce sang privé de raison délivra des hommes ayant une âme, non parce que c’était du sang, mais parce qu’il annonçait pour l’avenir le sang du Christ. Et alors l’Ange destructeur, en voyant les portes teintes, passa plus loin et n’osa pas entrer. Si donc aujourd’hui, au lieu de voir des portes teintes du sang d’un agneau figuratif, l’ennemi voit les lèvres des fidèles, portes des temples de Jésus-Christ, reluire du sang de l’Agneau véritable, cet ennemi s’éloignera bien plus. Car si l’Ange se retira devant la figure, à combien plus forte raison l’ennemi sera-t-il saisi de frayeur s’il aperçoit la réalité elle-même ? Voulez-vous sonder encore une autre vertu de ce sang ? Je le veux bien. Voyez d’où il s’est d’abord répandu, et de quelle source il est sorti. C’est de la croix même qu’il commença à couler ; le côté du Seigneur fut sa source. Car, est-il dit, Jésus étant mort et encore suspendu à la croix, un soldat s’approche, lui frappe le côté avec sa lance, et il en sort de l’eau et du sang : l’une, symbole du baptême ; l’autre, du Sacrement. C’est pourquoi l’Évangile ne dit pas : Il en sortit du sang et de l’eau, mais de l’eau d’abord, et puis du sang ; parce que nous sommes d’abord lavés dans l’eau baptismale, et consacrés ensuite par le très saint Mystère [26]. Un soldat ouvre le côté, il fait une ouverture dans la muraille du temple saint. Et moi j’ai trouvé un trésor précieux, et je me félicite de découvrir de grandes richesses.

Ainsi a-t-il été fait de cet Agneau. Les Juifs ont tué l’Agneau, et moi j’ai connu le fruit du Sacrement. Du côté coulèrent le sang et l’eau. Je ne veux pas, mon auditeur, passer si rapidement sur les secrets d’un si grand mystère, car il me reste encore à vous dire des choses mystiques et profondes. J’ai dit que cette eau et ce sang étaient le symbole du baptême et des Mystères. D’eux, en effet, a été fondée l’Église, par la régénération du bain et la rénovation du Saint-Esprit : je dis par le baptême et les Mystères, qui paraissent être sortis du côté. De son côté donc le Christ a édifié l’Église, comme du côté d’Adam fut tirée Ève, son épouse. Saint Paul atteste aussi cette origine, lorsqu’il dit : « Nous sommes les membres de son corps, formés de ses os » , faisant allusion au côté du Christ. Oui, ainsi que Dieu fit la femme du côté d’Adam, de même le Christ nous donna de son côté l’eau et le sang, destinés à l’Église comme éléments réparateurs. –

A l’occasion du dix-neuvième centenaire de la rédemption du genre humain, le pape Pie XI a promulgué un jubilé solennel pour commémorer un bienfait si ineffable. Voulant multiplier les grâces du précieux sang par lequel nous avons été rachetés dans le sang du Christ, l’agneau sans tache, et recommander plus intensément son souvenir aux fidèles, le Souverain Pontife a élevé au rang de première classe la fête du Précieux Sang de notre Seigneur Jésus Christ, que l’Église célèbre tous les ans . (1)


Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : "Tout est consommé", et inclinant la tête il rendit l’esprit. Et le reste.
Homélie de saint Augustin, Évêque.

L’Évangéliste s’est servi d’une expression choisie à dessein, il ne dit pas : Il frappa son côté, ou : Il le blessa, ou, toute autre chose, mais : « Il ouvrit », pour nous apprendre qu’elle fut en quelque sorte ouverte au Calvaire, la porte de la vie d’où sont sortis les sacrements de l’Église, sans lesquels on ne peut avoir d’accès à la vie qui est la seule véritable vie. Ce sang qui a été répandu, a été versé pour la rémission des péchés ; cette eau vient se mêler pour nous au breuvage du salut ; elle est à la fois un bain qui purifie et une boisson rafraîchissante. Nous voyons une figure de ce mystère dans l’ordre donné à Noé d’ouvrir, sur un côté de l’arche, une porte par où pussent entrer les animaux qui devaient échapper au déluge et qui représentaient l’Église. C’est en vue de ce même mystère que la première femme a été faite d’une des côtes d’Adam pendant son sommeil, et qu’elle fut appelée vie et mère des vivants. Elle était la figure d’un grand bien, avant le grand mal de la prévarication. Nous voyons ici le second Adam s’endormir sur la croix, après avoir incliné la tête, pour qu’une épouse lui fût formée par ce sang et cette eau qui coulèrent de son côté pendant son sommeil. O mort qui devient pour les morts un principe de résurrection et de vie ! Quoi de plus pur que ce sang ? Quoi de plus salutaire que cette blessure ?

Les hommes servaient le démon et étaient ses esclaves, mais ils ont été rachetés de la captivité. Car ils ont pu se vendre, mais non se racheter. Le Rédempteur est venu et il a donné la rançon ; il a répandu son sang et il a racheté le monde entier. Vous demandez ce qu’il a acheté ? Voyez ce qu’il a donné et vous verrez ce qu’il a acheté. Le sang de Jésus-Christ est le prix. Que vaut-il, si ce n’est l’univers entier ? Que vaut-il, si ce n’est toutes les nations ? Ils sont très ingrats et n’apprécient pas son prix, ou sont démesurément superbes, ceux qui disent qu’il valait si peu qu’il n’a acheté que les Africains, ou qu’ils sont eux-mêmes si grands, que tout le prix leur a été consacré. Qu’ils ne s’élèvent pas, qu’ils ne s’enorgueillissent pas. Il a donné pour tous, tout ce qu’il a donné.

Il eut, lui, du sang au prix duquel il pouvait nous sauver ; et c’est pour ceci qu’il l’a pris ; afin que ce sang fût celui qu’il répandrait pour notre rédemption. Le sang du Seigneur, si vous le voulez, il est donné pour vous ; si vous ne voulez pas qu’il en soit ainsi, il n’est pas donné pour vous. Car vous dites peut-être : Mon Dieu eut du sang qui pouvait me sauver ; mais maintenant qu’il a souffert déjà, il l’a donné tout entier. Que lui en est-il resté, qu’il pût encore donner pour moi ? Mais voici ce qui est grand : c’est qu’il l’a donné une fois et qu’en même temps, il l’a donné pour tous. Le sang du Christ est le salut pour qui l’accepte et le supplice pour qui le refuse. Pourquoi donc hésitez-vous, vous qui ne voulez pas mourir et ne voulez-vous pas plutôt être délivré d’une seconde mort ? Et vous en êtes délivré si vous voulez porter votre croix et suivre le Seigneur ; car il a porté, lui, la sienne, et a cherché un serviteur.

1 Historique de la fête rajouté en 1934.
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Message  gabrielle Mer 02 Juil 2014, 7:59 am

Le  2 juillet

La Visitation


Lecture du saint Évangile selon saint Luc.

En ce temps-là : Marie partit et s’en alla en hâte vers la montagne, en une ville de Juda. Et elle entra dans la maison de Zacharie, et salua Élisabeth. Et le reste.

Homélie de saint Ambroise, Évêque

Remarquons-le : la supériorité vient à l’infériorité pour lui être utile ; Marie se rend vers Élisabeth, le Christ va trouver Jean. C’est aussi pour sanctifier le baptême de Jean, que le Seigneur ira plus tard à ce baptême. Remarquons en outre que les bienfaits de la divine présence ne tardent pas à se manifester. Distinguez bien tout, et notez la signification propre de chacun des termes. Ce fut Élisabeth qui, la première, entendit la voix, suivant l’ordre de la nature ; mais Jean fut le premier à recevoir la grâce, d’après l’économie du mystère. Élisabeth s’est ressentie de l’approche de Marie, et Jean, de l’approche du Seigneur. Élisabeth et Marie s’entretiennent de la grâce ; les deux enfants la produisent en elles : mystérieux et premier office d’une piété filiale qui s’annonce par les biens procurés à leurs mères ; un double miracle fait qu’elles prophétisent l’une et l’autre sous l’inspiration de leurs enfants. Jean tressaillit. Élisabeth fut remplie de l’Esprit-Saint ; la mère n’est pas remplie avant son fils, mais le fils a été rempli d’abord, et ensuite il remplit sa mère.

« Et d’où me vient-il que la Mère de mon Seigneur me visite ?  » Ce qui veut dire : Quel grand bien c’est pour moi, que la Mère de mon Seigneur me visite ! J’aperçois le miracle, je m’explique le mystère : celle qui est appelée ici la Mère du Seigneur a conçu le Verbe, elle est remplie de la divinité. « Or, Marie demeura trois mois avec Élisabeth, et s’en retourna dans sa maison » . L’Évangéliste a bien raison de nous présenter la sainte Vierge accomplissant un devoir de charité et observant, dans la durée de son séjour, un nombre consacré.

En effet, elle ne resta pas tout ce temps auprès d’Élisabeth uniquement pour jouir de son intimité : ce fut encore au profit d’un si grand Prophète. Car s’il y eut de prime abord un effet de grâce si prodigieux, qu’à la salutation de Marie, Jean tressaillit dans le sein de sa mère, et que celle-ci fut remplie de l’Esprit-Saint, combien, pensons-nous, que dans toute la durée de la visite, la présence de Marie y ait surajouté ? C’est ainsi que le Précurseur reçut l’onction du Saint-Esprit et fut exercé dans le sein de sa mère, comme un athlète vaillant. C’est ainsi que sa vigueur était préparée en vue des plus rudes combats.

http://deojuvante.forumactif.org/t659-la-visitation#8939


le même jour

Sts Processus et Martinien, martyrs



Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:En ce jour où Satan voit pour la première fois reculer son infernale milice devant l’arche sainte, deux combattants de l’armée des élus font cortège à leur Reine. Députés vers Marie par Pierre lui-même en son Octave glorieuse, ils ont dû cet honneur à la foi qui leur fit reconnaître dans le condamné de Néron le chef du peuple de Dieu.

Le prince des Apôtres attendait son martyre au fond de la prison Mamertine, lorsque la miséricorde divine amena près de lui deux soldats romains, ceux-là mêmes dont les noms sont devenus inséparables du sien dans la mémoire de l’Église. L’un se nommait Processus, et l’autre Martinien. Ils furent frappés de la dignité de ce vieillard confié à leur garde pour quelques heures, et qui ne devait remonter à la lumière que pour périr sur un gibet. Pierre leur parla de la vie éternelle et du Fils de Dieu qui a aimé les hommes jusqu’à donner son sang pour leur rachat. Processus et Martinien reçurent d’un cœur docile cet enseignement inattendu, ils l’acceptèrent avec une foi simple, et demandèrent la grâce de la régénération. Mais l’eau manquait dans le cachot, et Pierre dut faire appel au pouvoir de commander à la nature que le Rédempteur avait confié à ses Apôtres, en les envoyant dans le monde. A la parole du vieillard, une fontaine jaillit du sol, et les deux soldats furent baptisés dans l’eau miraculeuse. La piété chrétienne vénère encore aujourd’hui cette fontaine, qui ne diminue ni ne déborde jamais. Processus et Martinien ne tardèrent pas à payer de leur vie l’honneur qu’ils avaient reçu d’être initiés à la foi chrétienne par le prince des Apôtres, et ils sont honorés entre les martyrs [1].

Leur culte remonte aussi haut que celui de Pierre même. A l’âge de la paix, une basilique s’éleva sur leur tombe. Saint Grégoire y prononça, en la solennité anniversaire de leurs combats, la trente-deuxième de ses Homélies sur l’Évangile ; le grand Pape rend témoignage aux miracles qui s’opéraient dans ce lieu sacré, et il célèbre en particulier le pouvoir que les deux saints martyrs ont de protéger leurs dévots clients au jour des justices du Seigneur [2]. Plus tard, saint Paschal Ier enrichit de leurs corps la basilique du prince des Apôtres. Ils occupent aujourd’hui la place d’honneur dans le bras gauche de la croix latine formée par l’immense édifice, et donnent leur nom à tout ce côté du transept où le concile du Vatican a tenu ses sessions immortelles ; il convenait que l’auguste assemblée poursuivît ses travaux sous le patronage des deux vaillants soldats, gardiens de Pierre et sa conquête aux jours de sa glorieuse confession. N’oublions point ces illustres protecteurs de l’Église. La fête de la Visitation, d’institution plus récente que la leur, ne l’a cependant point amoindrie ; si maintenant leur gloire se perd, pour ainsi dire, en celle de Notre-Dame, leur puissance n’a pu que s’accroître à ce rapprochement avec la douce souveraine de la terre et des deux.

[1] Sainte Cécile et la société romaine aux deux premiers siècles.

[2] In Ev. Hom. XXXII, 7-9.

http://deojuvante.forumactif.org/t953-sts-processus-et-martinien-martyrs#13313
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Message  gabrielle Jeu 03 Juil 2014, 7:50 am

Le 3 juillet

Saint Léon II, pape et confesseur

Leçons des Matines avant 1960 a écrit:Le souverain Pontife Léon II, Sicilien d’origine, était versé dans la science des saintes Écritures et des lettres profanes ; il possédait à fond les deux langues grecque et latine. Non moins habile dans le chant sacré, il perfectionna les mélodies des Psaumes et des Hymnes de l’Église. Il approuva et traduisit en latin les actes du sixième concile, tenu à Constantinople sous la présidence des légats du Siège apostolique, en présence de l’empereur Constantin, des deux Patriarches de Constantinople et d’Antioche, et de soixante-dix Évêques.

Dans ce concile furent condamnés Cyrus, Sergius et Pyrrhus, qui enseignaient qu’il n’y avait dans le Christ qu’une seule volonté et opération. Léon II brisa l’orgueil des Évêques de Ravenne, qui, forts de l’appui des exarques, n’obéissaient plus au Siège apostolique. C’est pourquoi il décréta que l’élection du clergé de Ravenne serait nulle, si elle n’était approuvée par l’autorité du Pontife romain.

Il fut vraiment le père des pauvres, car il ne soulageait pas seulement de son argent, mais de ses soins, de ses fatigues, de ses conseils, la misère et le délaissement des nécessiteux, des veuves et des orphelins. Son exemple et sa parole portaient tout le monde à une pieuse et sainte vie. Il s’endormit dans le Seigneur au onzième mois de son pontificat, le cinq des nones de juillet, l’année six cent quatre-vingt-trois, et fut enseveli dans la basilique de Saint-Pierre. Dans une ordination au mois de juin, il ordonna neuf Prêtres, trois Diacres et sacra vingt-trois Évêques pour divers lieux.

http://deojuvante.forumactif.org/t954-saint-leon-ii#13314
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Message  gabrielle Sam 05 Juil 2014, 8:01 am

Le 5 juillet

Saint Antoine-Marie Zaccaria, confesseur


Leçons des Matines avant 1960 a écrit: Antoine-Marie Zaccaria, né de famille noble à Crémone dans le Milanais fit pressentir dès son enfance sa sainteté future. On vit en effet briller en lui de bonne heure les indices de vertus éminentes, de piété envers Dieu et la bienheureuse Vierge, d’une remarquable charité, surtout à l’égard des pauvres dont il soulagea plus d’une fois la misère, même en se dépouillant pour eux de ses riches vêtements. Après avoir fait ses humanités dans son pays natal, puis sa philosophie à Pavie, il se livra à l’étude de la médecine à Padoue ; et comme il se distinguait entre tous ses condisciples par l’intégrité de sa vie, il les surpassait facilement aussi par la pénétration de son esprit. Ayant conquis ses grades et regagné la maison paternelle, il y comprit, sur un avertissement de Dieu, qu’il était appelé à guérir les maladies des âmes, plutôt que celles des corps, et s’appliqua aussitôt avec le plus grand soin à l’acquisition des sciences sacrées, sans cesser néanmoins de visiter les malades, de donner l’instruction religieuse aux enfants, de réunir des jeunes gens pour cultiver en eux la piété et d’exhorter aussi les personnes avancées en âge à réformer leurs mœurs. Ordonné prêtre, il parut, dit-on, aux yeux du peuple émerveillé, entouré d’une lumière céleste et d’une couronne d’anges, la première fois qu’il offrit le saint Sacrifice. A partir de cette époque, il se mit à pourvoir, avec un zèle plus ardent encore, au salut des âmes et à combattre de toutes ses forces la dépravation des mœurs. Accueillant avec une tendresse paternelle les étrangers, les pauvres et les affligés, il les relevait et les consolait si bien par ses douces paroles et ses secours, que sa maison était regardée comme le refuge des malheureux et qu’il mérita d’être appelé par ses concitoyens le père et l’ange de la patrie.

Pensant que les intérêts chrétiens seraient servis avec plus de fruit s’il s’adjoignait des compagnons pour travailler avec lui à la vigne du Seigneur, il communiqua, dans la ville de Milan, son dessein à Barthélémy Ferrari et à Jacques Morigia, personnages d’une haute noblesse et d’une grande sainteté, et il jeta avec eux les fondements de l’Ordre des Clercs réguliers, qu’il nomma Clercs réguliers de saint Paul, à cause de son amour pour l’Apôtre des Gentils. Cette Société, approuvée par le souverain Pontife Clément VII et confirmée par Paul III, se répandit bientôt dans divers pays. Une Congrégation de saintes Religieuses, les Angéliques, eut également Antoine Marie pour fondateur et père. Lui, cependant, était si désireux de demeurer dans l’humilité et la dépendance, que jamais il ne voulut en aucune manière être à la tête de son Ordre. Si grande fut sa patience, qu’il essuya avec confiance et courage les tempêtes les plus terribles suscitées contre les siens ; si grande sa charité, que jamais il ne cessa d’enflammer d’amour de Dieu les cœurs des religieux par ses pieuses exhortations, de rappeler les prêtres à la vie apostolique, de fonder des associations de pères de famille pour les amener à une vie meilleure. Bien plus, cette charité le poussa quelquefois à parcourir avec les siens les rues et les places publiques, en faisant porter devant lui la croix, pour ramener dans la voie du salut, par la chaleur et la véhémence de ses exhortations, les âmes commençant à s’égarer ou déjà perverties.

Il faut rappeler encore qu’Antoine-Marie Zaccaria, brûlant d’amour pour Jésus crucifié, s’efforça de faire honorer par tous le mystère de la Croix, en réunissant à cet effet, chaque vendredi, vers le soir, le peuple fidèle, au son de la cloche. Le très saint nom du Christ revient à chaque instant dans ses écrits, comme il était toujours sur ses lèvres ; vrai disciple de saint Paul, il reproduisait en lui-même les tourments du Sauveur. Un attrait d’amour tout spécial le portrait vers la sainte Eucharistie ; on dit qu’il rétablit l’habitude de recevoir fréquemment la sainte communion et introduisit celle de faire des triduums d’adoration publique en l’honneur du Saint Sacrement, exposé sur un trône élevé. Il pratiqua avec un tel soin la chasteté et la modestie, qu’il donna même un témoignage de son amour pour la pudeur après sa mort, son corps inanimé paraissant pour cela reprendre la vie. A ces vertus vinrent s’ajouter des faveurs célestes, les extases, le don des larmes, la connaissance des événements futurs, le don de scruter les cœurs, une grande puissance contre l’ennemi du genre humain. Enfin, après avoir accompli partout de grands travaux, il tomba gravement malade à Quastallo, où il avait été appelé pour rétablir la paix. Ramené à Crémone, au milieu des larmes des siens et des embrassements de sa très pieuse mère, à laquelle il annonça qu’elle mourrait très prochainement, consolé par la vision céleste des Apôtres et prophétisant le progrès de son Ordre, il mourut très saintement à l’âge de trente-six ans, le troisième jour des nones de juillet de l’an mil cinq cent trente-neuf. Sa renommée d’éminente sainteté et ses nombreux miracles amenèrent aussitôt le peuple chrétien à honorer d’un culte particulier ce grand serviteur de Dieu ; et ce culte, le souverain Pontife Léon XIII l’a ratifié et confirmé, en inscrivant solennellement Antoine-Marie Zaccaria dans les fastes des Saints, le jour de la fête de l’Ascension de notre Seigneur, de l’année mil huit cent quatre-vingt-dix-sept. »

http://deojuvante.forumactif.org/t920-saint-antoine-marie-zaccaria#13230
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Message  gabrielle Lun 07 Juil 2014, 8:05 am

Le 7 juillet

Saints Cyrille et Méthode, évêques et confesseurs

Leçons des Matines avant 1960 a écrit:De l’Encyclique du Pape Léon XIII

Cyrille et Méthode étaient frères. Nés à Thessalonique de très nobles parents, ils se rendirent de bonne heure à Constantinople pour étudier les arts libéraux dans cette capitale de l’Orient. L’un et l’autre firent de grands progrès en peu de temps ; Cyrille surtout acquit dans les sciences une telle réputation, qu’on lui décernait, par une considération singulière, le surnom de philosophe. Méthode commença à mener la vie monastique. De son côté, Cyrille s’attira tant d’estime, que l’impératrice Théodora, sur le conseil du Patriarche Ignace, lui confia la mission d’initier au christianisme les Khazares, qui habitaient au delà de la Chersonèse. Instruits par sa parole et touchés par la grâce de Dieu, ces peuples, délivrés d’une foule de superstitions, s’attachèrent bientôt à Jésus-Christ. Lorsque la nouvelle communauté de chrétiens fut parfaitement constituée, Cyrille se hâta de revenir à Constantinople pour se retirer au monastère de Polychrone, où Méthode se trouvait déjà. Mais pendant ce temps, la renommée faisait connaître à Ratislas, prince de Moravie, les succès obtenus au delà de la Chersonèse, et ce prince demanda quelques ouvriers évangéliques à Michel III, empereur de Constantinople. Cyrille et Méthode furent destinés à cette mission, et ce fut avec une grande joie qu’on les accueillit à leur arrivée en Moravie. Ils entreprirent avec tant d’énergie et d’activité de faire pénétrer dans les esprits les enseignements chrétiens, que bientôt la nation entière se donna volontiers à Jésus-Christ. Pour arriver à ce résultat, la connaissance de la langue slave, que Cyrille avait acquise auparavant, lui fut d’un grand secours ; comme aussi les saintes lettres de l’Ancien et du Nouveau Testament, qu’il traduisit dans l’idiome propre à ce peuple. Cyrille et Méthode sont en effet les inventeurs des caractères de la langue slave, et c’est à juste titre qu’on regarde ces deux Saints comme les auteurs de cette langue.

Le bruit de ces grandes actions se répandit promptement jusqu’à Rome, et le Pape saint Nicolas 1er ordonna aux deux illustres frères de se rendre en cette ville. Ils prirent le chemin de Rome, portant avec eux les reliques du Pape saint Clément 1er, que Cyrille avait découvertes en Chersonèse. A cette nouvelle, Adrien II, qui avait remplacé Nicolas récemment décédé, alla au-devant d’eux en grande pompe, accompagné du clergé et du peuple. Cyrille et Méthode rendirent compte au souverain Pontife, en présence du clergé, de la charge apostolique qu’ils avaient remplie si saintement et si laborieusement. Comme ils étaient accusés par des envieux de s’être servis de la langue slave dans l’accomplissement des saints Mystères, ils apportèrent pour se défendre des raisons si décisives et si lumineuses, qu’ils eurent l’approbation et les félicitations du Pape et de l’assistance. Tous deux s’étant alors engagés sous serment à persévérer dans la foi du bienheureux Pierre et des Pontifes romains, ils furent consacrés Évêques par Adrien. Mais la divine Providence avait décidé que Cyrille, plus mûr par la vertu que par l’âge, terminerait à Rome le cours de sa vie. Le corps du défunt, enlevé de sa demeure au milieu des témoignages d’un deuil public, fut déposé dans le tombeau qu’Adrien s’était fait construire à lui-même, puis transporté à la basilique de saint Clément et enseveli près des reliques de ce saint Pape. En portant ce corps à travers la Ville, au chant solennel des Psaumes, avec une pompe qui ressemblait plus à un triomphe qu’à des funérailles, le peuple romain sembla avoir décerné à cet homme très saint les prémices des honneurs célestes. Méthode, retourné en Moravie et s’y faisant de cœur le modèle du troupeau, s’appliqua de jour en jour avec plus de zèle à servir les intérêts catholiques. Bien plus, il affermit dans la foi chrétienne les Pannoniens, les Bulgares et les Dalmates, et travailla beaucoup à convertir les populations de Carinthie au culte du seul vrai Dieu.

Accusé, auprès de Jean VIII, successeur d’Adrien, d’avoir altéré la foi et changé les coutumes établies, il fut appelé à Rome pour se justifier devant le Pape, les Évêques et quelques membres du clergé romain. Méthode démontra facilement, et sa fidélité à conserver la foi catholique, et son zèle à l’enseigner aux autres ; quant à l’emploi de la langue slave dans les rites sacrés, il fit voir qu’il avait agi légitimement, pour de sérieux motifs et avec la permission du Pape Adrien, et que d’ailleurs rien dans les Écritures ne s’y opposait. C’est pourquoi le Pontife romain prit alors le parti de Méthode et ordonna de reconnaître son pouvoir archiépiscopal et sa délégation chez les Slaves ; il publia même une lettre à cet effet. De retour en Moravie, Méthode continua de remplir de plus en plus soigneusement la charge qui lui était confiée) et souffrit même l’exil de bon cœur à ce sujet. Il amena le prince des Bohèmes et son épouse à la foi, et répandit de tous côtés dans cette nation le nom chrétien. Ayant porté la lumière de l’Évangile en Pologne, et établi à Léopol un siège épiscopal, il pénétra, au rapport de quelques historiens, dans la Moscovie proprement dite, et fonda l’évêché de Kiev ; enfin il revint en Moravie parmi les siens, et là, sentant approcher la fin de sa carrière, il désigna lui-même son successeur. Ayant exhorté le clergé et le peuple à la vertu, par de suprêmes recommandations, il termina en grande paix cette vie qui avait été pour lui le chemin du ciel. La Moravie entoura ses funérailles des mêmes honneurs que Rome avait rendus à Cyrille. Le souverain Pontife Léon XIII a ordonné que leur Fête, depuis longtemps solennisée parmi les peuples slaves, serait célébrée annuellement dans l’Église universelle avec un Office et une Messe propres.

http://deojuvante.forumactif.org/t955-saints-cyrille-et-methode-eveques-et-confesseurs#13316
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Message  gabrielle Mar 08 Juil 2014, 6:52 am

Le 8 juillet

Sainte Elisabeth du Portugal


Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Après Marguerite d’Écosse et Clotilde de France, une autre souveraine éclaire de ses rayons le Cycle sacré. Sur la limite extrême qui sépare au midi la chrétienté de l’infidélité musulmane, l’Esprit-Saint veut affermir par elle dans la paix les conquêtes du Christ, et préparer d’autres victoires. Élisabeth est son nom : nom béni, qui, à l’heure où elle vient au monde, embaume depuis un demi-siècle déjà la terre de ses parfums ; présage que la nouvellement née, séduite par les roses qui s’échappent du manteau de sa tante de Thuringe, va faire éclore en Ibérie les mêmes fleurs du ciel.

Hérédité mystérieuse des saints ! En l’année même où notre Élisabeth naissait loin du berceau où la première avait ravi les cieux à son lever si doux et pacifié la terre, une autre nièce de celle-ci, la Bienheureuse Marguerite, partie de Hongrie, quittait la vallée d’exil. Vouée à Dieu dès le sein de sa mère pour le salut des siens au milieu de désastres sans nom, elle avait rempli les espérances qui de si bonne heure étaient venues reposer sur sa tête ; les Mongols refoulés d’Occident, les loups chassés à leur suite de l’antique Pannonie redevenue quelque temps un désert, la civilisation fleurissant à nouveau sur les bords du Danube et de la Theiss : tant de bienfaits furent les fruits des vingt-huit années de prière et d’innocence que Marguerite passa ici-bas, attendant l’heure où elle transmit à la sainte que nous fêtons présentement la mission de continuer sous d’autres cieux l’œuvre de ses devancières.

Il était temps que le Seigneur dirigeât sur l’Espagne un rayon de sa grâce. Le treizième siècle finissait, laissant le monde à la dislocation et à la ruine. Las de combattre pour le Christ et bannissant l’Église de leurs conseils, les rois se retranchaient dans un isolement égoïste, où le conflit des ambitions tendait chaque jour à remplacer l’aspiration commune de ce grand corps qui avait été la chrétienté. Désastreuse pour tout l’Occident, pareille tendance l’était plus encore en face du Maure, dans cette noble contrée où la croisade avait multiplié les royaumes en autant de postes avancés contre l’ennemi séculaire. L’unité de vues, sacrifiant tout à l’achèvement de la délivrance, pouvait seule, dans ces conditions, maintenir les successeurs de Pelage à la hauteur des illustres souvenirs qui les avaient précédés. Malheureusement il s’en fallut que ces princes, presque tous héros sur les champs de bataille, trouvassent toujours la force d’âme suffisante pour mettre au-dessus de mesquines rivalités le rôle sacré que leur confiait la Providence. Vainement alors le Pontife romain s’efforçait de ramener les esprits au sentiment des intérêts de la patrie et du nom chrétien ; les tristes passions de l’homme déchu étouffaient sa voix en des cœurs magnanimes par tant d’autres côtés, et le Croissant applaudissait aux luttes intestines qui retardaient sa défaite. Navarre, Castille, Aragon, Portugal, sans cesse aux prises, voyaient dans chaque royaume le fils armé contre le père, le frère disputant au frère par lambeaux l’héritage des aïeux.

Qui rappellerait l’Espagne aux traditions, encore récentes, grâce à Dieu, de son Ferdinand III ? Qui grouperait de nouveau les volontés discordantes en un faisceau terrible au Sarrasin et glorieux au Christ ? Jacques Ier d’Aragon, le digne émule de saint Ferdinand dans la valeur et la victoire, avait épousé Yolande, fille d’André de Hongrie ; le culte de la sainte duchesse de Thuringe, dont il était devenu le beau-frère, fleurit dès lors au delà des Pyrénées ; le nom d’Élisabeth, transformé le plus souvent en celui d’Isabelle, devint comme un joyau de famille dont aimèrent à s’orner les princesses des Espagnes. La première qui le porta fut la fille de Jacques et d’Yolande, mariée à Philippe III de France, successeur de notre saint Louis ; la seconde fut la petite-fille du même Jacques Ier, l’objet des hommages de l’Église en ce jour, et dont le vieux roi, par un pressentiment prophétique, aimait à dire qu’elle l’emporterait sur toutes les femmes sorties du sang d’Aragon.

Héritière des vertus comme du nom de la chère sainte Élisabeth, elle devait mériter en effet d’être appelée mère de la paix et de la patrie. Au prix d’héroïques renoncements et par la vertu toute-puissante de la prière, elle apaisa les lamentables dissensions des princes. Impuissante un jour à empêcher la rupture de la paix, on la vit se jeter sous une grêle de traits entre deux armées aux prises, et faire tomber des mains des soldats leurs armes fratricides. Ainsi prépara-t-elle, sans avoir la consolation de le voir de ses yeux, le retour à la grande lutte qui ne devait prendre fin qu’au siècle suivant, sous les auspices d’une autre Isabelle, digne d’être sa descendante et de joindre à son nom le beau titre de Catholique. Quatre ans après la mort de notre sainte, la victoire de Salado, remportée sur six cent mille infidèles par les guerriers confédérés de l’Espagne entière, montrait déjà au monde ce qu’une femme avait pu, malgré les circonstances les plus contraires, pour ramener son pays aux nobles journées de l’immortelle croisade qui fait sa gloire à jamais.

Urbain VIII, qui inscrivit Élisabeth au nombre des Saints, a composé en son honneur un Office propre entier.  

http://deojuvante.forumactif.org/t545-sainte-elisabeth-du-portugal
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Message  gabrielle Jeu 10 Juil 2014, 8:12 am

Le 10 juillet

Les 7 Frères et les Stes Rufine et Seconde, martyrs

Leçons des Matines avant 1960. a écrit: A Rome, pendant la persécution de Marc-Aurèle Antonin, sept frères, fils de sainte Félicité, furent mis à l’épreuve par le préfet Publius, qui eut recours à la flatterie, puis à d’effrayantes menaces pour les amener à renoncer au Christ, et à vénérer les faux dieux ; mais les Martyrs persévérèrent dans la profession de la vraie foi, grâce à leur propre courage et aux exhortations de leur mère, et subirent la mort de différentes façons. On déchira Janvier à coups de fouets garnis de plomb ; Félix et Philippe succombèrent à la bastonnade ; Silvain fut précipité d’un lieu très élevé ; Alexandre, Vital et Martial eurent la tête tranchée. Quatre mois après, leur mère obtint la même palme du martyre. Pour eux, ils rendirent leur âme au Seigneur le six des ides de juillet.

Les deux sœurs, Rufine et Seconde, vierges romaines, avaient été fiancées par leurs parents, l’une à Armentarius et l’autre à Vénirus. Elles refusèrent ces alliances pour garder la virginité qu’elles avaient vouée à Jésus-Christ, et furent arrêtées sous le règne de Valérien et de Gallien. Le préfet Junius ne pouvant leur faire abandonner leur résolution ni par les promesses ni par la crainte des châtiments, donna l’ordre que Rufine, la première, fût bat tue de verges ; pendant qu’on la frappait, Seconde interpella ainsi le juge : « Pourquoi réserver tout l’honneur à ma sœur, et à moi l’ignominie ? Commande que nous soyons frappées en même temps, puisque nous confessons également la divinité du Christ. » Irrité de ces paroles, le juge les fit jeter dans un cachot ténébreux et fétide : la prison s’étant aussitôt remplie d’une vive lumière et d’une suave odeur, on les renferma dans un bain d’eau bouillante d’où elles sortirent saines et sauves ; alors on leur attacha une pierre au cou et on les jeta dans le Tibre ; mais un Ange les délivra de ce nouveau péril. Enfin on leur trancha la tête en dehors de la Ville, au dixième mille sur la voie Aurélia. Leurs corps ensevelis par la matrone Plautilla dans l’une de ses terres, furent transférés plus tard dans la Ville, et déposés dans la basilique Constantinienne, près le baptistère.

Sermon de saint Augustin, Évêque. Sermo 110 de diversis.

Mes frères, un grand spectacle a été offert aux yeux de notre foi. Notre oreille a entendu et notre âme a contemplé une mère qui, par des sentiments bien opposés aux vœux ordinaires de la nature, souhaite voir ses fils mourir avant elle. Tous les hommes veulent, en quittant ce monde, précéder leurs enfants, et non les suivre. Mais elle, elle a formé le souhait de mourir la dernière. C’est qu’elle ne perdait pas ses fils, elle ne faisait que les envoyer en avant, considérant, non point quelle vie finissait, mais quelle vie commençait pour eux. Car ils cessaient de vivre ici-bas, où ils devaient mourir un jour ou l’autre, et ils commençaient de vivre pour ne jamais cesser de vivre. Pour elle, c’est peu d’assister à leur mort : nous l’avons admirée les exhortant à mourir ; plus féconde en vertus qu’en enfants, en les voyant au combat, elle-même combattait avec eux tous ; en les voyant remporter la victoire, elle-même en eux tous était victorieuse.

http://deojuvante.forumactif.org/t956-les-7-freres-et-les-stes-rufine-et-seconde-martyrs#13319
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Message  gabrielle Ven 11 Juil 2014, 9:06 am

Le 11 juillet

Saint Pie Ier , Pape et martyr


Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Un saint Pape du second siècle, le premier de cette série de Pontifes que le nom de Pie a illustrés jusqu’à nos jours, projette sur nous sa douce et sereine lumière. Malgré la situation toujours précaire de la société chrétienne, en face d’édits de persécution que les meilleurs des princes païens n’abrogèrent jamais, il mit à profit la paix relative que valait à l’Église la modération personnelle d’Antonin le Pieux, pour affermir les assises de la tour mystérieuse élevée par le Pasteur céleste à la gloire du Seigneur Dieu [1]. Exerçant ses droits de suprême hiérarque, il établit que, nonobstant la pratique contraire suivie encore en divers lieux, la fête de Pâques serait désormais célébrée au dimanche par toutes les Églises. Bientôt la glorieuse mémoire de Victor, successeur de Pie à la fin de ce siècle, viendra nous rappeler l’importance de la mesure qu’il crut ainsi devoir prendre et le retentissement qu’elle eut dans l’Église entière.

L’ancienne Légende de saint Pie Ier, modifiée récemment, rappelait le décret attribué dans le Corps du droit à notre Pontife [2], touchant celui dont la négligence aurait laissé tomber quelque chose du Sang du Seigneur. Ces prescriptions traduisent bien le respect profond que le saint Pape voulait voir témoigner au Mystère de l’autel : la pénitence, y est-il ordonné, sera de quarante jours, si l’effusion du Sang précieux a lieu jusqu’à terre ; où que ce soit qu’il tombe, on devra le recueillir avec les lèvres s’il se peut, brûler la poussière et déposer la cendre en un lieu non profane.

Glorieux Pontife, nous nous souvenons de ces paroles écrites sous vos yeux, et qu’on dirait le commentaire du décret porté sous votre nom au sujet des Mystères sacrés : « C’est qu’en effet, » proclamait dès le milieu du second siècle à la face du monde Justin le Philosophe, « nous ne recevons pas comme un pain commun, comme un breuvage commun, cet aliment nommé chez nous Eucharistie ; mais de même que, fait chair par la parole de Dieu, Jésus-Christ notre Sauveur a eu et chair et sang pour notre salut, de même il nous a été appris que l’aliment fait Eucharistie par la prière formée de sa propre parole est et la chair et le sang de ce Jésus fait chair » [3]. A cette doctrine, aux mesures qu’elle justifie si amplement, d’autres témoins autorisés faisaient écho, sur la fin du même siècle, en des termes qu’on croirait eux aussi empruntés à la lettre même des prescriptions qui vous sont attribuées : « Nous souffrons anxieusement, si quoi que ce soit du calice ou du pain même qui est nôtre vient à tomber à terre, » disait Tertullien [4] ; et Origène en appelait aux habitués des Mystères divins pour dire « quels soins, quelle vénération, entouraient les dons sacrés de peur que ne s’en échappât la moindre parcelle, ce qui, provenu de négligence, eût été regardé comme un crime » [5]. Et maintenant l’hérésie, pauvre de science comme de foi, prétend de nos jours que l’Église a dévié des antiques traditions, en exagérant ses hommages au Sacrement divin ! Faites en effet, ô Pie, que nous revenions aux dispositions de nos pères : non dans leur foi, qui est toujours la nôtre ; mais dans la vénération et l’amour qu’ils puisaient en cette foi pour le calice enivrant [6], trésor de la terre. Puisse l’Agneau réunir dans la célébration d’une même Pâque, selon vos volontés, tous ceux qu’honore le nom de chrétiens !

1] Herm. Past.

[2] Cap. Si per negligentiam, 27. Dist. II de Consecratione.

[3] Apolog. I, 66.

[4] De corona, III.

[5] In Ex. Homil. XIII.

[6] Psalm. XXII, 5.

La secte qui ose prétende, avec sa parodie de messe et la distribution de la communion, par n'importe quel quidam et de n'importe quelle manière, que c'est un retour au source! Hypocrite.
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Message  gabrielle Sam 12 Juil 2014, 5:59 am

Le 12 juillet

Saint Jean Gualbert, abbé


Leçons des Matines avant 1960. a écrit: Jean Gualbert, né à Florence de parents nobles, obéissait à son père en suivant la carrière militaire, lorsque Hugues, son unique frère, fut tué par un de ses parents. Le vendredi saint, Jean, tout armé et escorté de soldats, rencontra le meurtrier, seul et sans armes, dans un lieu où ni l’un ni l’autre ne pouvaient s’éviter ; il lui fit grâce de la vie par respect pour la sainte croix, que l’homicide suppliant représentait en étendant les bras au moment où il allait subir la mort. Après avoir traité son ennemi en frère, Jean entra pour prier dans l’église voisine de San-Miniato, et pendant qu’il adorait l’image du Christ en croix, il la vit incliner la tête vers lui. Troublé par ce fait surnaturel, il quitta malgré son père, la carrière des armes, coupa sa chevelure de ses propres mains et revêtit l’habit monastique. Il se distingua bientôt en piété et en vertus religieuses, au point de servir à beaucoup d’autres d’exemple et de règle de perfection ; aussi l’Abbé du Monastère étant mort, fut-il choisi à l’unanimité comme supérieur. Mais aimant mieux obéir que commander, et réservé par la volonté divine pour de plus grandes choses, le serviteur de Dieu alla trouver Romuald, qui vivait au désert de Camaldoli, et apprit de lui une prédiction venue du ciel relative à son institut : c’est alors qu’il fonda son ordre, sous la règle de saint Benoît, dans la vallée de Vallombreuse.

Dans la suite, sa renommée de sainteté lui amena beaucoup de disciples. Il s’appliqua soigneusement et de concert avec ceux qui s’étaient associés à lui, à extirper les faux principes de l’hérésie et de la simonie ainsi qu’à propager la foi apostolique ; c’est pourquoi lui et les siens rencontrèrent des difficultés sans nombre. Pour le perdre, lui et ses disciples, ses adversaires envahirent soudain pendant la nuit le monastère de Saint-Salvien, incendièrent l’église, démolirent les bâtiments et blessèrent mortellement tous les moines, mais l’homme de Dieu rendit ceux-ci à la santé sur-le-champ, par un seul signe de croix. Il arriva aussi qu’un de ses religieux, du nom de Pierre, passa miraculeusement sans en éprouver aucune atteinte, au milieu d’un feu très étendu et très ardent ; Jean obtint ainsi pour lui-même et pour ses frères la tranquillité tant souhaitée. Il parvint en conséquence à bannir de l’Étrurie le fléau de la simonie et à ramener la foi à sa première intégrité dans toute l’Italie.

Il jeta les premiers fondements de nombreux monastères, et affermit par de saintes lois ces mêmes fondations et d’autres, dont il avait restauré les édifices et la régulière observance. Pour nourrir les pauvres, il vendit le mobilier sacré ; pour châtier les méchants, il trouva les éléments dociles ; pour réprimer les démons, la croix lui servit de glaive. Accablé par les abstinences, les veilles, les jeûnes, les prières, les mortifications de la chair et la vieillesse, Jean répétait souvent au cours de sa maladie ces paroles de David : « Mon âme a eu soif du Dieu fort et vivant : quand viendrai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ? » Sur le point de mourir, il convoqua ses disciples, les exhorta à l’union fraternelle, et fit écrire sur un billet, avec lequel il voulut qu’on l’ensevelît, les paroles suivantes : « Moi, Jean, je crois et je professe la foi que les saints Apôtres ont prêchée et que les saints Pères ont confirmée en quatre conciles. » Enfin, après avoir été honoré pendant trois jours de la présence des Anges, il s’en alla vers le Seigneur, âgé de soixante-dix-huit ans, l’an du salut mil soixante-treize, le quatre des ides de juillet. C’était à Passignano, où il est honoré avec la plus grande vénération. De nombreux miracles l’ayant illustré, Célestin III l’a mis au nombre des Saints.

http://deojuvante.forumactif.org/t957-saint-jean-gualbert-abbe

Mémoire de

Saint Nabor et Saint Félix, martyrs



Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique a écrit:Les saints Nabor et Félix. — « A Milan, la mort des saints martyrs Nabor et Félix qui souffrirent au cours de la persécution de Maximien. Les saints étaient deux soldats chrétiens qui servaient dans les légions de l’empereur Maximien Hercule ; accusés de professer la foi des chrétiens, ils furent traduits devant les juges à Milan, et décapités à Lodi (Italie), en 303 ou 304. Les restes des saints martyrs furent déposés à Milan » (Martyrologe). Au XIIe siècle, lorsque l’empereur Frédéric Barberousse eut conquis Milan, il donna les corps des saints Nabor et Félix à l’archevêque de Cologne, Reinald. Celui-ci les fit aussitôt transporter à Cologne avec les corps des trois saints rois mages. Ils y sont encore conservés dans une magnifique chapelle de la cathédrale.

S. Ambrosii Exposit. in Luc. Lib. VII, 178 ; P. L., XV, col. 1836 : ‘Nos martyrs sont des grains de sénevé : Félix, Nabor et Victor. Ils avaient le parfum de la Foi mais ils étaient cachés. Vint la persécution, ils posèrent les armes et baissèrent leur cou devant le glaive qui les frappa, pour répandre dans le monde entier la grâce de leur martyre’.


http://deojuvante.forumactif.org/t958-saint-nabor-et-saint-felixmartyrs
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Message  gabrielle Dim 13 Juil 2014, 6:53 am

Le 13 juillet

Saint Anaclet, pape et martyr

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Le nom d’Anaclet nous apporte comme un dernier écho de la solennité du 29 juin. Linus, Clément, Cletus, successeurs immédiats de Pierre, avaient reçu de lui la consécration des Pontifes ; Anaclet eut cette gloire moindre, et cependant inestimable, d’être fait prêtre par le vicaire de l’Homme-Dieu. Tandis que les autres Pontifes martyrs qui viendront après lui ne verront pas généralement s’élever leurs fêtes au delà du rite simple, il doit le degré relativement supérieur de la sienne au privilège qui nous montre ainsi en lui le dernier des Papes honorés de l’imposition des mains du prince des Apôtres. Ce fut aussi durant le pontificat d’Anaclet que la Ville éternelle vit porter au comble ses illustrations par l’arrivée du disciple bien-aimé dans ses murs, où il venait dégager la promesse qu’il avait faite au Seigneur de prendre part un jour à son calice [1]. « Heureuse Église, s’écrie Tertullien, dans le sein de laquelle les Apôtres ont versé toute leur doctrine avec leur sang ; où Pierre a imité la Passion du Seigneur par la croix, où Paul a reçu comme Jean-Baptiste la couronne par le glaive, d’où Jean l’apôtre, sorti sain et sauf de l’huile bouillante, a été relégué dans une île » [2].

Par la vertu toute-puissante de l’Esprit de la Pentecôte, les progrès de la foi répondent dans Rome aux largesses du Seigneur. Peu à peu la Babylone ivre du sang des martyrs [3] va se trouver supplantée par la cité sainte. Déjà toutes les classes de la société comptent leurs représentants dans ce peuple né d’hier, qui a les promesses de l’avenir. Près de la chaudière embrasée où le prophète de Pathmos fait hommage du tribut de sa glorieuse confession à la nouvelle Jérusalem, deux consuls, deux représentants à la fois de l’ancien patriciat et de la noblesse plus récente issue des césars, Acilius Glabrio et Flavius Clemens se donnent la main sous le glaive du martyre. A l’exemple d’Anaclet ornant lui-même le tombeau du prince des Apôtres et pourvoyant à la sépulture des Pontifes, d’illustres familles ouvrent et développent sur toutes les voies aboutissant à la ville impériale les galeries des cimetières souterrains ; là déjà reposent nombreux les athlètes du Christ, victorieux dans leur sang ; et près d’eux, accompagnés de l’ancre du salut, dorment dans la paix les plus beaux noms de la terre.

Glorieux Pontife, votre mémoire se rattache de si près à celle de Pierre, qu’aux yeux de plusieurs vous seriez, sous un nom un peu différent, l’un des trois augustes personnages élevés par le prince des Apôtres au rang suprême de la hiérarchie. Pour vous distinguer de Clétus, qui parut en avril au Cycle sacré, il nous suffit pourtant et de cette autorité de la sainte Liturgie vous consacrant une fête spéciale, et du témoignage constant de Rome même qui sait mieux que personne à coup sûr les noms et l’histoire de ses Pontifes. Heureux êtes-vous de vous perdre ainsi dans les fondations sur lesquelles reposent jusqu’à nos temps et pour jamais la force et la beauté de l’Église ! Faites-nous aimer la place qui est nôtre dans l’édifice sacré. Recevez l’hommage reconnaissant de toutes les pierres vivantes appelées à composer le temple éternel, et qui s’appuieront sur vous dans les siècles sans fin.

[1] Matth. XX, 22.

[2] De praescript. XXXVI.

[3] Apoc. XVII, 6.

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Message  gabrielle Lun 14 Juil 2014, 7:43 am

Le 14 juillet

Saint Bonaventure, évêque, confesseur et docteur

Leçons des Matines avant 1960. a écrit: Bonaventure, né à Bagnorea, en Étrurie, fut arraché, dans son enfance à une maladie mortelle, par les prières du bienheureux François, à l’ordre duquel sa mère avait fait vœu de le consacrer s’il se rétablissait. Aussi, parvenu à l’adolescence, résolut-il d’entrer dans l’ordre des Frères Mineurs ; il y parvint, sous la direction d’Alexandre de Hales, à un tel degré de science que, sept ans plus tard, après avoir remporté à Paris les palmes de « Maître », il expliqua publiquement avec le plus grand succès les livres des Sentences, que, dans la suite, il illustra aussi de commentaires célèbres. Mais ce ne fut pas seulement par la profondeur de sa science, ce fut encore par la pureté de ses mœurs, l’innocence de sa vie, son humilité, sa douceur, son mépris des choses terrestres et son désir des biens célestes, qu’il excella merveilleusement : bien digne, en vérité, d’être considéré comme un modèle de perfection et d’être appelé saint par le bienheureux Thomas d’Aquin, son ami intime. En effet, celui-ci le trouvant à écrire la vie de saint François : « Laissons, dit-il, un saint travailler pour un saint. »

Embrasé du feu de l’amour divin, il était porté par un sentiment tout particulier de piété à honorer la passion de notre Seigneur Jésus-Christ, qui faisait l’objet constant de sa méditation, et la Vierge Mère de Dieu, à laquelle il s’était consacré tout entier ; et cette même dévotion, il s’appliqua de toutes ses forces à l’exciter en d’autres par ses paroles et ses exemples, puis à la développer par des ouvrages et des opuscules. De sa piété provenaient la suavité de ses rapports avec le prochain, la grâce qui s’attachait à sa parole, et cette charité débordante par laquelle il s’attachait étroitement tous les cœurs. Ces vertus firent, qu’à peine âgé de trente-cinq ans, on l’élut à Rome, du commun consentement de tous, ministre général de l’Ordre, et pendant vingt-deux ans, Bonaventure s’acquitta de cette fonction avec une admirable prudence et une grande réputation de sainteté. Il prit plusieurs mesures utiles à la discipline régulière et au développement de son Ordre, qu’il défendit avec succès, en même temps que les autres Ordres mendiants, contre les calomnies de leurs détracteurs.

Mandé au concile de Lyon par le bienheureux Grégoire X, et créé cardinal-évêque d’Albano, le saint déploya, dans les affaires ardues du concile, une remarquable activité. Par ses soins, les discordes schismatiques furent apaisées et les dogmes de l’Église triomphèrent. C’est au milieu même de ces labeurs, la cinquante-troisième année de son âge, l’an du salut douze cent soixante-quatorze, que la mort l’atteignit, causant de profonds et unanimes regrets. La présence de tout le concile et celle du Pontife Romain lui-même, rehaussa ses funérailles. De nombreux et éclatants miracles l’ayant rendu célèbre, Bonaventure fut mis au nombre des saints par Sixte IV. Il a écrit beaucoup d’ouvrages, où son ardente piété, jointe à une érudition profonde, émeut le lecteur tout en l’instruisant. Aussi Sixte-Quint lui a-t-il décerné à bon droit le nom de Docteur Séraphique.

http://deojuvante.forumactif.org/t701-saint-bonaventure#9698
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Message  gabrielle Mar 15 Juil 2014, 7:34 am

Le 15 juillet

Saint Henri, empereur et confesseur


Leçons des Matines avant 1960. a écrit:Henri, surnommé le Pieux, duc de Bavière, puis roi de Germanie, et enfin empereur des Romains, ne se contenta point des bornes étroites d’une domination temporelle. Aussi pour obtenir la couronne de l’immortalité, se montra-t-il le serviteur dévoué du Roi Éternel. Une -fois maître de l’empire, il mit son application et ses soins à étendre la religion, réparant avec beaucoup de magnificence les églises détruites par les infidèles et les enrichissant de largesses et de propriétés considérables, érigeant lui-même des monastères et d’autres établissements religieux, ou augmentant leurs revenus. L’évêché de Bamberg, fondé avec ses ressources patrimoniales, fut rendu par lui tributaire de Saint-Pierre et du Pontife romain. Benoît VIII étant fugitif, il le recueillit et le rétablit sur son Siège. C’est de ce Pape qu’il avait reçu la couronne impériale.

Retenu au Mont-Cassin par une grave maladie, il en fut guéri d’une manière toute miraculeuse, grâce à l’intercession de saint Benoît. Il publia une charte importante spécifiant de grandes libéralités en faveur de l’Église romaine, entreprit pour la défendre une guerre contre les Grecs, et recouvra la Pouille, qu’ils avaient longtemps possédée. Ayant coutume de ne rien entreprendre sans avoir prié, il vit plus d’une fois l’Ange du Seigneur et les saints combattre aux premières lignes, pour sa cause. Avec le secours divin, il triompha des nations barbares plus par les prières que par les armes. La Pannonie était encore infidèle ; il sut l’amener à la foi de Jésus-Christ, en donnant sa sœur comme épouse au roi Etienne, qui demanda le baptême. Exemple rare : il unit l’état de virginité à l’état du mariage et sur le point de mourir, il remit sainte Cunégonde, son épouse, entre les mains de ses proches, dans son intégrité virginale.

Enfin après avoir disposé avec la plus grande prudence tout ce qui se rapportait à l’honneur et à l’utilité de l’empire, laissé ça et là, en Gaule, en Italie et en Germanie, des marques éclatantes de sa religieuse munificence, répandu au loin la plus suave odeur d’une vertu héroïque, et consommé les labeurs de cette vie, il fut appelé par le Seigneur à la récompense du royaume céleste, l’an du salut mil vingt-quatre. Sa sainteté l’a rendu plus célèbre que le sceptre qu’il a porté. Son corps fut déposé à Bamberg, dans l’église des saints Apôtres Pierre et Paul. Dieu le glorifia bientôt après par de nombreux miracles opérés auprès de son tombeau ; ces prodiges ayant été canoniquement prouvés, Eugène III l’a inscrit au catalogue des Saints.

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Message  gabrielle Mer 16 Juil 2014, 8:19 am

Le 16 juillet

Notre-Dame du Mont Carmel


Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Couronné de puissance et de grâce, le Carmel élève sa tête parfumée au-dessus des flots qui baignent le rivage de la terre où se sont accomplis les mystères du salut. Les montagnes de Galilée descendant du Nord, celles de Judée venant du Midi, se joignent en Samarie sur la chaîne assez courte qui tire de lui son nom : elles semblent ainsi faire converger vers lui tous leurs grands souvenirs ; et l’on dirait que par la situation dominante de son promontoire au centre même du littoral sacré, il a pour mission d’annoncer au loin sur la mer d’Occident l’Orient divin qui s’est levé du sein des ténèbres [7].

« Au jour de mon amour, je t’ai introduite de l’Égypte en la terre du Carmel » [8], dit le Seigneur à la fille de Sion, comme si ce seul nom résumait à ses yeux tous les biens de la terre des promesses ; et quand les crimes du peuple élu menacent d’amener la ruine sur la Judée : « J’ai vu le Carmel désert, s’écrie le Prophète, et toutes ses villes détruites au souffle de la fureur de Dieu » [9]. Mais voici qu’au sein de la gentilité une Sion plus aimée succède à la première ; huit siècles à l’avance, Isaïe la reconnaît à la gloire du Liban devenue sienne, à la beauté du Carmel et de Saron qui lui est donnée [10] ; et dans le Cantique sacré les suivantes de l’Épouse, célébrant pour l’Époux celle qui sans retour a ravi son cœur, chantent que « sa tête est comme le Carmel, et sa chevelure comme les fils précieux de la pourpre du roi tressés avec soin dans les eaux colorantes » [11].

La pêche des coquillages fournissant la royale couleur était, en effet, abondante au cap Carmel. Près de là également, et affleurant les pentes de la noble montagne, coulait le Cison, fameux par la victoire de Deborah sur les Chananéens dont il avait roulé les cadavres [12], en attendant que Madian succombât à son tour dans la même plaine où Sisara avait senti la puissance de celle qu’on appelait la Mère en Israël [13]. Présage redoutable pour le funeste serpent de l’Éden : contre Madian Gédéon aussi n’avait marché qu’au nom de la femme terrible comme une armée rangée en bataille [14], et dont le signe avait été pour lui la douce toison rafraîchie par la céleste rosée dans la sécheresse de la terre entière [15]. Et comme si cette plaine glorieuse d’Esdrelon, qui vient mourir au pied du Carmel, ne devait offrir aux horizons de ses divers sommets, aux échos de ses multiples vallées, que les prophétiques figures et les titres variés de la triomphatrice annoncée dès le premier jour du monde : non loin d’Esdrelon quelques défilés conduisent à Béthulie, terreur des Assyriens, qu’illustra Judith, la joie d’Israël et l’honneur de son peuple [16] ; tandis que dans les hauteurs du septentrion se cache Nazareth, blanche cité, fleur de la Galilée [17]. Quand son amour se jouait dans l’affermissement des collines et des monts [18], l’éternelle Sagesse avait en effet choisi le Carmel pour être, aux siècles des figures, l’apanage anticipé de la fille d’Ève qui briserait la tête de l’ancien ennemi. Aussi lorsque le dernier des longs millénaires de l’attente eut commencé de dérouler ses interminables anneaux, quand l’aspiration des nations [19] devenue plus instante obtint du Seigneur l’épanouissement de l’esprit prophétique dont cette époque parut marquée, ce fut au sommet de la montagne prédestinée qu’on vit le père des Prophètes venir dresser sa tente et observer l’horizon.

Les triomphes de David, les gloires de Salomon n’étaient plus ; le sceptre de Juda, brisé par le schisme des dix tribus, menaçait prématurément d’échapper à ses mains ; Baal régnait en Israël. Image de l’aridité des âmes, une sécheresse persistante épuisait partout les sources de la vie. Hommes et animaux près de leurs citernes vides attendaient la mort, lorsque Élie de Thesbé, convoquant tout le peuple sur le Carmel et l’arrachant à ses docteurs de mensonge, rassembla en lui les vœux de cette foule qui représentait le genre humain. Prosterné au faîte du mont le front dans la poussière, raconte l’Écriture même, il dit à son serviteur : « Va, et vois du côté de la mer ». Lui donc étant allé, et ayant regardé, revint dire : « Il n’y a rien ». Élie lui dit : « Retourne ». Et jusqu’à sept fois il fut fait ainsi. Or à la septième fois, voici qu’un petit nuage comme le pied d’un homme s’élevait de la mer [20].

Nuée bénie, sortie de l’amertume des flots et toute de douceur, elle monte, docile au moindre souffle venu du ciel, légère et humble au-dessus du lourd et immense océan ; elle tempère les feux qui brûlaient la terre, enferme en soi le soleil, et rend au monde agonisant la vie, la grâce et la fécondité. Déjà l’envoyé promis, le Fils de l’homme marque en elle son empreinte, et cette empreinte rappelle par sa forme au serpent maudit le talon qui doit l’écraser. Le Prophète, en qui se personnifie l’humanité, sent à cette vue la main de Dieu renouveler sa jeunesse [21] ; sous la bienheureuse pluie qui déjà inonde les vallées, il s’élance au-devant du char portant le roi d’Israël [22]. Il traverse en courant la grande plaine d’Esdrelon, et le terme de sa course est Jezrahel, la ville au nom plein de mystère ; car c’est là, dit Osée, que les enfants d’Israël et de Juda retrouveront un seul chef au grand jour des fils de Dieu [23] qui verra les noces éternelles du Seigneur avec un peuple nouveau [24]. Mais le mystère continue de s’affirmer dans sa divine ampleur. Bientôt Sunam, cité voisine de Jezrahel et patrie de l’Épouse [25], nous montre la Mère dont l’enfant était mort, traverser dans un sens opposé à celui d’Élie la plaine qu’il avait parcourue triomphant sous l’impulsion de l’Esprit-Saint, et derechef monter au Carmel pour implorer la résurrection de ce fils qui là encore nous figurait tous [26].

Déjà cependant le char de feu avait enlevé Élie de cette terre ; aux derniers jours, avant de goûter la mort, il reparaîtra, pour joindre en compagnie d’Hénoch le témoignage des Patriarches et des Prophètes à celui de l’Église, touchant l’Époux né de celle que signifiait la nuée [27]. En attendant, son disciple Élisée, investi du manteau et de l’esprit du père sur les bords du Jourdain, avait aussitôt pris lui-même possession de l’auguste montagne [28] devenue comme la principauté, le titre domanial des enfants des Prophètes, depuis que la Reine des Prophètes s’y était manifestée.

Désormais le Carmel fut sacré pour tous ceux dont les espérances de l’humanité tenaient le regard au-dessus de la terre. Gentils aussi bien que descendants d’Israël, philosophes [29] et princes [30], y vinrent en pèlerins adorer le Dieu sans idole et méditer sur les destinées du monde. Les âmes d’élite de l’Église de l’attente, qui jusque-là erraient déjà nombreuses par les montagnes et dans les solitudes [31], aimèrent à choisir leur lieu de prière et de repos dans les mille grottes que leur ouvraient ses flancs ; car les antiques traditions y remplissaient plus qu’ailleurs de leur majesté le silence des forêts, et la Vierge qui devait enfanter s’y annonçait à ses parfums. Le culte de la douce souveraine de la terre et des cieux fut véritablement à tout jamais fondé dès lors ; et la tribu de ses dévots clients, les ascètes du Carmel, pouvait s’appliquer la parole qui fut dite par Dieu plus tard aux pieux descendants de Réchab : « Il ne manquera point d’homme de cette race pour se tenir devant moi tous les jours » [32].

Lorsqu’enfin les réalités succédèrent aux figures, lorsque le ciel eut répandu sa rosée et que le Juste fut sorti de la nuée [33], bientôt on le vit, son œuvre achevée, remonter vers le Père ; mais il laissait au monde la divine Mère, et il envoyait l’Esprit-Saint à l’Église : et le moindre triomphe de cet Esprit d’amour, qui parlait par les Prophètes autrefois [34], n’était point de révéler Marie aux nouveau-nés de la glorieuse Pentecôte. « Quel ne fut pas, disions-nous alors, le bonheur de ceux des néophytes auxquels il fut donné, en cette heureuse journée, d’approcher d’une si auguste reine, de la Vierge-Mère, à qui il avait été donné de porter dans ses chastes flancs celui qui était l’espérance d’Israël ! Ils contemplèrent les traits de la nouvelle Ève, ils entendirent sa voix, ils éprouvèrent le sentiment filial qu’elle inspire à tous les disciples de Jésus. Dans une autre saison, la sainte Liturgie nous parlera de ces hommes fortunés. Or c’est aujourd’hui que cette annonce est réalisée. Dans les Leçons de la fête, l’Église tout à l’heure nous dira qu’entre tous, les disciples d’Élie et d’Élisée, devenus chrétiens à la première prédication des Apôtres, sentirent croître leur vénération pour la Vierge bénie dont il leur fut loisible de recueillir les paroles si suaves, de goûter l’ineffable intimité. Plus que jamais affectionnés à la montagne où, moins fortunés qu’eux pourtant, leurs pères avaient vécu d’espérance, ils y construisirent, au lieu même d’où Élie avait vu la nuée monter de la mer, un oratoire qui fut dédié dès lors à la très pure Vierge, et leur valut le nom de Frères de la bienheureuse Marie du Mont-Carmel [35].

Au douzième siècle, à la suite de l’établissement du royaume latin de Jérusalem, beaucoup de pèlerins d’Europe venanaugmenter le nombre des solitaires de la sainte montagne, il parut bon de donner à leur vie, jusque-là plus érémitique que conventuelle, une forme mieux en rapport avec les habitudes des Occidentaux ; ce fut alors que le légat Aimeric Malafaida, patriarche d’Antioche, les réunit en communauté sous l’autorité de saint Berthold qui, le premier, reçut à cette occasion le titre de Prieur général. Le Bienheureux Albert, patriarche de Jérusalem et également légat apostolique, acheva dans les premières années du siècle suivant l’œuvre d’Aimeric, en donnant une Règle fixe à l’Ordre qui commença de se répandre en Chypre, en Sicile et dans les pays d’au delà de la mer, favorisé par les princes et les chevaliers revenus de Terre Sainte. Bientôt même, Dieu abandonnant les chrétiens d’Orient au châtiment mérité par leurs fautes, les représailles des Sarrasins victorieux devinrent telles en ce siècle de malheur pour la Palestine, qu’une assemblée plénière, tenue au Carmel sous Alain le Breton, décréta l’émigration totale, ne laissant à la garde du berceau de l’Ordre que quelques affamés du martyre. L’année même où elle se consommait (1245), Simon Stock fut élu général dans le premier Chapitre d’Occident, réuni à Aylesford en Angleterre.

Simon était désigné à ce choix par les luttes heureuses qu’ilavait précédemment soutenues pour la reconnaissance de l’Ordre, que nombre de prélats, s’appuyant des récentes décisions du concile de Latran, rejetaient comme nouveau en Europe. Notre-Dame même avait alors pris en mains la cause des Frères, et obtenu d’Honorius III le décret de confirmation qui fut l’origine première de la fête de ce jour. Or, ce n’était là ni le commencement, ni la fin des faveurs de la très douce Vierge pour la famille qui si longtemps avait vécu comme à l’ombre de la nuée mystérieuse, obscure comme elle dans son humilité, sans autre lien ni prétention que l’imitation de ses œuvres cachées et la commune contemplation de sa gloire. Elle-même avait voulu sa sortie du milieu d’un peuple infidèle, comme avant la fin de ce même siècle treizième, elle donnera ordre à ses Anges de transporter en terre catholique sa bénie maison de Nazareth. Que les hommes d’alors, que les historiens de nos temps à vue toujours si courte en aient eu ou non la pensée : les deux translations s’appelaient, comme elles se complètent et s’expliquent mutuellement, comme l’une et l’autre vont être pour notre Europe le point de départ des plus insignes faveurs du ciel.

Dans la nuit du 15 au 16 juillet de l’année 1251, la gracieuse souveraine du Carmel confirmait à ses fils par un signe extérieur le droit de cité qu’elle leur avait obtenu en ces régions nouvelles où les amenait leur exode ; maîtresse et mère de tout l’Ordre religieux, elle leur conférait de ses augustes mains le scapulaire, vêtement distinctif jusque-là de la plus grande et de la plus ancienne des familles religieuses de l’Occident. Saint Simon Stock qui recevait de la Mère de Dieu cet insigne, ennobli encore par le contact de ses doigts sacrés, l’entendait en même temps lui dire : « Quiconque mourra dans cet habit, ne souffrira point les flammes éternelles ».

Mais ce n’était point seulement contre le feu sans fin de l’abîme, que devait s’exercer en faveur de ceux qui porteraient le pieux habit la toute-puissance suppliante de la divine Mère. En 1316, lorsque de toutes les âmes saintes s’élevaient au ciel d’ardentes prières pour obtenir à l’Église la cessation du veuvage désastreux et prolongé qui avait suivi la mort de Clément V, la Reine des Saints se montrait à Jacques d’Euze que le monde allait saluer bientôt du nom de Jean XXII ; elle lui annonçait sa prochaine élévation au pontificat suprême, et en même temps lui recommandait de publier le privilège d’une prompte délivrance du purgatoire qu’elle avait obtenu de son Fils divin pour ses enfants du Carmel. « Moi leur Mère, je descendrai par grâce vers eux le samedi qui suivra leur mort, et tous ceux que je trouverai dans le purgatoire je les délivrerai et les emmènerai à la montagne de l’éternelle vie ». Ce sont les propres paroles de Notre-Dame, citées par Jean XXII dans la bulle où il en rend témoignage, et qui fut dite sabbatine en raison du jour désigné par la glorieuse libératrice comme celui où s’exercerait le miséricordieux privilège.

Nous n’ignorons point les tentatives faites dans le but d’ébranler l’authenticité de ces concessions du ciel ; mais le temps, qui nous est si étroitement mesuré, ne nous permet pas de suivre dans leurs détails infinis ces luttes stériles. L’attaque du principal des adversaires, le trop renommé Launoy, fut condamnée par le Siège apostolique ; et après comme avant ces contradictions, les Pontifes romains confirmèrent maintes fois de leur autorité suprême, autant qu’il en pouvait être besoin, la substance et la lettre même des précieuses promesses. On trouvera dans les ouvrages spéciaux l’énumération des nombreuses indulgences par lesquelles ils voulurent enrichir toujours plus la famille du Carmel, et faire écho de cette terre à la faveur dont elle jouit au ciel.

La munificence de Marie, la pieuse gratitude de ses fils pour l’hospitalité que leur donnait l’Occident, l’autorité enfin des successeurs de Pierre, rendirent bientôt ces richesses spirituelles accessibles au peuple entier des chrétiens, par l’institution de la Confrérie du saint Scapulaire qui fait entrer ses membres en participation des mérites et privilèges de tout l’Ordre des Carmes. Qui dira les grâces, souvent merveilleuses, obtenues par l’humble vêtement ? Qui pourrait compter aujourd’hui les fidèles enrôlés dans la milice sainte ? Lorsque Benoît XIII, au XVIIIe siècle, étendit la fête du 16 juillet à l’Église entière, il ne fit pour ainsi dire que consacrer officiellement l’universalité de fait que le culte de la Reine du Carmel avait conquise presque partout dès lors.

Reine du Carmel, agréez les vœux de l’Église de la terre qui aujourd’hui vous dédie ses chants. Quand le monde gémissait dans l’angoisse d’une attente sans fin, vous étiez déjà son espoir. Bien impuissant encore à pénétrer vos grandeurs, il aimait pourtant, sous ce règne des figures, à vous parer des plus nobles symboles ; la reconnaissance anticipée aidait en lui l’admiration à vous former comme une auréole surhumaine de toutes les notions de beauté, de force et de grâce que lui suggérait la vue des sites les plus enchanteurs, des plaines en rieurs, des cimes boisées, des vallées fertiles, de ce Carmel principalement dont le nom signifie plantation du Seigneur. Sur son sommet, nos pères, qui savaient que la Sagesse a son trône dans la nue [36], hâtèrent de leurs désirs ardents l’arrivée du signe sauveur [37] ; c’est là qu’à leurs prières fut enfin donné ce que l’Écriture nomme la science parfaite, ce qu’elle désigne comme la connaissance des grandes routes des nuées [38]. Et quand Celui qui fait son char [39] et son palais [40] de l’obscurité de la nue, se fut dans un avenir moins éloigné manifesté par elle à l’œil exercé du père des Prophètes, on vit les plus saints personnages de l’humanité se réunir en troupe d’élite dans les solitudes de la montagne bénie, comme autrefois Israël au désert, pour observer les moindres mouvements de la nuée mystérieuse [41], recevoir d’elle leur unique direction dans les sentiers de cette vie, leur seule lumière dans la longue nuit de l’attente [42].

O Marie, qui dès lors présidiez ainsi aux veilles des armées du Seigneur, qui jamais ne leur fîtes un seul jour défaut [43] : depuis qu’en toute vérité Dieu est par vous descendu [44], ce n’est plus seulement le pays de Judée, mais toute la terre, que vous couvrez comme une nuée répandant l’abondance et les bénédictions [45]. Vos antiques clients, les fils des Prophètes, en firent l’heureuse expérience, lorsque, la terre des promesses devenue infidèle, ils durent songer un jour à transplanter sous d’autres cieux leurs coutumes et leurs traditions ; ils constatèrent alors que jusqu’en notre extrême Occident la nuée du Carmel avait versé sa rosée fécondante, que partout aussi sa protection leur restait acquise. Cette fête, ô Mère divine, est l’authentique monument de leur reconnaissance, accrue encore par les bienfaits nouveaux dont votre munificence accompagna cet autre exode des derniers restes d’Israël. Et nous les fils de la vieille Europe, c’est à bon droit que nous faisons écho à l’expression de leur pieuse allégresse ; car depuis que leurs tentes se sont posées autour des collines où sur Pierre est bâtie la nouvelle Sion, la nuée s’est épanchée de toutes parts en pluies plus que jamais précieuses [46], refoulant à l’abîme les flammes éternelles, éteignant les feux du séjour de l’expiation.

En même temps donc que nous joignons pour vous notre reconnaissance à la leur, daignez, Mère de la divine grâce, acquitter envers eux la dette de notre gratitude. Protégez-les toujours. Gardez-les dans nos temps malheureux où les sévices du Sarrasin sont dépassés, en résultats de mort, par l’hypocrisie calculée des modernes persécuteurs. Que non seulement la vieille tige garde la vie dans ses racines profondes, mais que ses vénérables rameaux saluent sans cesse l’accession de nouvelles branches portant comme leurs aînées, ô Marie, les fleurs et les fruits qui vous plaisent. Maintenez au cœur des fils l’esprit de retraite et de divine contemplation qui fut celui de leurs pères à l’ombre de la nue ; faites que leurs sœurs aussi restent fidèles aux traditions de tant de nobles devancières, sous tous les cieux où l’Esprit les a multipliées pour en même temps conjurer l’orage et attirer les bénédictions qui descendent de la nuée mystérieuse. Puissent les austères parfums de la sainte montagne continuer d’assainir autour d’elle l’air que tant de miasmes corrompent ; puisse le Carmel offrir toujours à l’Époux le type des beautés qu’il aime à trouver en sa bien-aimée !

Lui reste-t-il au moins un fils, à cette tendre Mère.

[6] Is. 35, 2.

[7] Luc. I, 78-79.

[8] Jerem. II, 2-7.

[9] Ibid. IV, 26.

[10] Isai. XXXV, 2.

[11] Cant. VII, 5.

[12] Judic. V, 21.

[13] Ibid. 7.

[14] Cant. VI, 3, 9.

[15] Judic. VII, 36-40.

[16] Judith, XV, 10.

[17] Hieron. Epist. XLVI, Paulae et Eustochii ad Marcellam.

[18] Prov. VIII, 22-31.

[19] Gen. XLIX, 10.

[20] III Reg. XVIII.

[21] Psalm. CII, 5.

[22] III Reg. XVIII, 46.

[23] Ose. I, 11.

[24] Ibid. 11, 14-24.

[25] Cant. VI, 12 ; III Reg. 1, 3.

[26] IV Reg. IV, 8-37.

[27] Apoc. XI, 7.

[28] IV Reg. II, 25.

[29] Jamblic. Vita Pythagor. III.

[30] Tacit. Hist. II, LXXVIII.

[31] Heb. XI, 38.

[32] Jerem. XXXV, 19.

[33] Isai. XLV, 8.

[34] Symbol. Constantinop.

[35] Lectiones IIi Nocturni.

[36] Eccli. XXIV, 7.

[37] Ibid. XLIII, 24.

[38] Job. XXXVII, 16.

[39] Psalm. CIII, 3.

[40] III Reg. VIII, 12.

[41] Num. IX, 15-23.

[42] Psalm. CIV, 39.

[43] Exod. XIII, 22.

[44] Ibid. XXXIV, 5.

[45] Eccli. XXIV, 6.

[46] Ézech. XXXIV, 26.

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Message  gabrielle Ven 18 Juil 2014, 6:54 am

Le 17 juillet

Saint Alexis, confesseur


Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:S’il n’est commandé à personne de suivre les Saints jusqu’aux extrémités où les conduit l’héroïsme de leurs vertus, ils n’en demeurent pas moins, du haut de ces inaccessibles sommets, les guides de ceux qui marchent par les sentiers moins laborieux de la plaine. Comme l’aigle en présence de l’astre du jour, ils ont fixé de leur regard puissant le Soleil de justice ; et s’enivrant de ses divines splendeurs, ils ont vers lui dirigé leur vol bien au delà de la région des nuages sous lesquels nos faibles yeux se réjouissent de pouvoir tempérer la lumière. Mais, si différent que puisse être son éclat pour eux et pour nous, celle-ci ne change pas de nature, à la condition d’être pour nous comme pour eux de provenance authentique. Quand la débilité de notre vue nous expose à prendre de fausses lueurs pour la vérité, considérons ces amis de Dieu ; si le courage nous fait défaut pour les imiter en tout dans l’usage de la liberté que les préceptes nous laissent, conformons du moins pleinement notre manière de voir à leurs appréciations : leur vue est plus sûre, car elle porte plus loin ; et leur sainteté n’est autre chose que la rectitude avec laquelle ils suivent sans vaciller, jusqu’à son foyer même, le céleste rayon dont nous ne pouvons soutenir qu’un reflet amoindri. Que surtout les feux follets de ce monde de ténèbres [2] ne nous égarent pas au point de prétendre contrôler à leur vain éclat les actes des Saints : l’oiseau de nuit préférera-t-il son jugement à celui de l’aigle touchant la lumière ?

Descendant du ciel très pur de la sainte Liturgie jusqu’aux plus humbles conditions de la vie chrétienne, la lumière qui conduit Alexis par les sommets du plus haut détachement se traduit pour tous dans cette conclusion que formule l’Apôtre : « Quiconque prend femme ne pèche pas, ni non plus la vierge qu’il épouse ; ceux-là pourtant connaîtront les tribulations de la chair, et je voudrais vous les épargner. Voici donc ce que je dis, mes Frères : le temps est court ; en conséquence, que ceux qui ont des épouses soient comme n’en ayant pas, et ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, et ceux qui se réjouissent comme ne se réjouissant pas, et ceux qui achètent comme ne possédant pas, et ceux qui usent de ce monde comme n’en usant point ; car la figure de ce monde passe » [3].

Elle ne passe point si vite cependant cette face changeante du monde et de son histoire, que le Seigneur ne se réserve toujours de montrer en sa courte durée que ses paroles à lui ne passent jamais [4]. Cinq siècles après la mort glorieuse d’Alexis, le Dieu éternel pour qui les distances ne sont rien dans l’espace et les temps, lui rendait au centuple la postérité à laquelle il avait renoncé pour son amour. Le monastère qui sur l’Aventin garde encore son nom joint à celui du martyr Boniface, était devenu le patrimoine commun de l’Orient et de l’Occident dans la Ville éternelle ; les deux grandes familles monastiques de Basile et de Benoît unissaient leurs rameaux sous le toit d’Alexis ; et la semence féconde cueillie à son tombeau par l’évêque-moine saint Adalbert engendrait à la foi les nations du Nord.

Homme de Dieu, c’est le nom que vous donna le ciel, ô Alexis, celui sous lequel l’Orient vous distingue, et que Rome même a consacré par le choix de l’Épître accompagnant aujourd’hui l’oblation du grand Sacrifice [5] ; nous y voyons en effet l’Apôtre appliquer ce beau titre à son disciple Timothée, en lui recommandant les vertus que vous avez si éminemment pratiquées. Titre sublime, qui nous montre la noblesse des cieux à la portée des habitants de la terre ! Vous l’avez préféré aux plus beaux que le monde puisse offrir. Il vous les présentait avec le cortège de tous les bonheurs permis par Dieu à ceux qui se contentent de ne pas l’offenser. Mais votre âme, plus grande que le monde, dédaigna ses présents d’un jour. Au milieu de l’éclat des fêtes nuptiales, vous entendîtes ces harmonies qui dégoûtent de la terre, que, deux siècles plus tôt, la noble Cécile écoutait elle aussi dans un autre palais de la cité reine. Celui qui voilant sa divinité quitta les joies de la céleste Jérusalem et n’eut pas même où reposer sa tête [6] se révélait à votre cœur si pur [7] ; et, en même temps que son amour, entraient en vous les sentiments qu’avait Jésus-Christ [8]. Usant de la liberté qui vous restait encore d’opter entre la vie parfaite et la consommation d’une union de ce monde, vous résolûtes de n’être plus qu’étranger et pèlerin sur la terre [9], pour mériter de posséder dans la patrie l’éternelle Sagesse [10]. O voies admirables ! ô mystérieuse direction de cette Sagesse du Père pour tous ceux qu’a conquis son amour [11] ! On vit la Reine des Anges applaudir à ce spectacle digne d’eux [12], et révéler aux hommes sous le ciel d’Orient le nom illustre que leur cachaient en vous les livrées de la sainte pauvreté. Ramené par une fuite nouvelle après dix-sept ans dans la patrie de votre naissance, vous sûtes y demeurer par la vaillance de votre foi comme dans une terre étrangère [13]. Sous cet escalier de la maison paternelle aujourd’hui l’objet d’une vénération attendrie, en butte aux avanies de vos propres esclaves, mendiant inconnu pour le père, la mère, l’épouse qui vous pleuraient toujours, vous attendîtes dix-sept autres années, sans vous trahir jamais, votre passage à la céleste et seule vraie patrie [14]. Aussi Dieu s’honora-t-il lui-même d’être appelé votre Dieu [15], lorsque, au moment de votre mort précieuse, une voix puissante retentit dans Rome, ordonnant à tous de chercher l’Homme de Dieu.

Souvenez-vous, Alexis, que la voix ajouta au sujet de cet Homme de Dieu qui était vous-même : « Il priera pour Rome, et sera exaucé ». Priez donc pour l’illustre cité qui vous donna le jour, qui vous dut son salut sous le choc des barbares, et vous entoure maintenant de plus d’honneurs a coup sûr qu’elle n’eût fait, si vous vous étiez borné à continuer dans ses murs les traditions de vos nobles aïeux ; l’enfer se vante de l’avoir arrachée pour jamais à la puissance des successeurs de Pierre et d’Innocent : priez, et que le ciel vous exauce à nouveau contre les modernes successeurs d’Alaric. Puisse le peuple chrétien, à la lumière de vos actes sublimes, s’élever toujours plus au-dessus de la terre ; conduisez-nous sûrement par l’étroit sentier [16] à la maison du Père qui est aux cieux.

[2] Eph VI, 12.

[3] I Cor. VII, 28-31.

[4] Matth. XXIV, 33.

[5] 1 Tim, VI, 11.

[6] Matth. VIII, 20.

[7] Ibid. V, 8.

[8] Philip. II, 5.

[9] Heb. XI, 13.

[10] Prov. IV, 7.

[11] Rom. XI, 33.

[12] I Cor. IV, 9.

[13] Heb. XI. 9.

[14] Ibid. 16.

[15] Ibid.

[16] Matth. VII, 14.

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Message  gabrielle Ven 18 Juil 2014, 7:04 am

Le 18 juillet

Saint Camille de Lellis, confesseur


Leçons des Matines avant 1960. a écrit: Camille naquit à Bucchianico au diocèse de Chieti, de la noble famille des Lellis et d’une mère sexagénaire qui, tandis qu’elle le portait encore dans son sein, crut voir, durant son sommeil, qu’elle avait donné le jour à un petit enfant, muni du signe de la croix sur la poitrine et précédant une troupe d’enfants qui portaient le même signe. Camille ayant embrassé dans son adolescence la carrière militaire, se laissa pendant quelque temps gagner par les vices du siècle. Mais dans sa vingt-cinquième année, il fut soudain éclairé d’une telle lumière surnaturelle et saisi d’une si profonde douleur d’avoir offensé Dieu, qu’ayant versé des larmes abondantes, il prit la ferme résolution d’effacer sans retard les souillures de sa vie passée et de revêtir l’homme nouveau. Le jour même où ceci arriva, c’est-à-dire en la fête de la Purification de la très sainte Vierge, il s’empressa d’aller trouver les Frères Mineurs, appelés Capucins, et les pria très instamment de l’admettre parmi eux. On lui accorda ce qu’il désirait, une première fois, puis une deuxième, mais un horrible ulcère, dont il avait autrefois souffert à la jambe, s’étant ouvert de nouveau, Camille, humblement soumis à la divine Providence qui le réservait pour de plus grandes choses, et vainqueur de lui-même, quitta deux fois l’habit de cet Ordre, qu’à deux reprises il avait sollicité et reçu.

Il partit pour Rome et fut admis dans l’hôpital dit des incurables, dont on lui confia l’administration, à cause de sa vertu éprouvée. Il s’acquitta de cette charge avec la plus grande intégrité et une sollicitude vraiment paternelle. Se regardant comme le serviteur de tous les malades, il avait coutume de préparer leurs lits, de nettoyer les salles, de panser les ulcères, de secourir les mourants à l’heure du suprême combat, par de pieuses prières et des exhortations, et il donna dans ces fonctions, des exemples d’admirable patience, de force invincible et d’héroïque charité. Mais ayant compris que la connaissance des lettres l’aiderait beaucoup à atteindre son but unique qui était de venir en aide aux âmes des agonisants, il ne rougit pas, à l’âge de trente-deux ans, de se mêler aux enfants pour étudier les premiers éléments de la grammaire. Initié dans la suite au sacerdoce, il jeta, de concert avec quelques amis associés à lui pour cette œuvre, les fondements de la congrégation des Clercs réguliers consacrés au service des infirmes ; et cela, malgré l’opposition et les efforts irrités de l’ennemi du genre humain. Miraculeusement encouragé par une voix céleste partant d’une image du Christ en croix, qui, par un prodige admirable, tendait vers lui ses mains détachées du bois, Camille obtint du Siège apostolique l’approbation de son Ordre, où, par un quatrième vœu très méritoire, les religieux s’engagent à assister les malades, même atteints de la peste. Il parut que cet institut était singulièrement agréable à Dieu et profitable au salut des âmes ; car saint Philippe de Néri, confesseur de Camille, attesta avoir assez souvent vu les Anges suggérer des paroles aux disciples de ce dernier, lorsqu’ils portaient secours aux mourants.

Attaché par des liens si étroits au service des malades, et s’y dévouant jour et nuit jusqu’à son dernier soupir, Camille déploya un zèle admirable à veiller à tous leurs besoins, sans se laisser rebuter par aucune fatigue, sans s’alarmer du péril que courait sa vie. Il se faisait tout à tous et embrassait les fonctions les plus basses d’un cœur joyeux et résolu, avec la plus humble condescendance ; le plus souvent il les remplissait à genoux, considérant Jésus-Christ lui-même dans la personne des infirmes. Afin de se trouver prêt à secourir toutes les misères, il abandonna de lui-même le gouvernement général de son Ordre et renonça aux délices célestes dont il était inondé dans la contemplation. Son amour paternel à l’égard des pauvres éclata surtout pendant que les habitants de Rome eurent à souffrir d’une maladie contagieuse, puis d’une extrême famine, et aussi lorsqu’une peste affreuse ravagea Nole en Campanie. Enfin il brûlait d’une si grande charité pour Dieu et pour le prochain, qu’il mérita d’être appelé un ange et d’être secouru par des Anges au milieu des dangers divers courus dans ses voyages. Il était doué du don de prophétie et de guérison, et découvrait les secrets des cœurs grâce à ses prières, tantôt les vivres se multipliaient, tantôt l’eau se changeait en vin. Épuisé par les veilles, les jeûnes, les fatigues continuelles, et semblant ne plus avoir que la peau et les os, il supporta courageusement cinq maladies longues et fâcheuses, qu’il appelait des miséricordes du Seigneur. A l’âge de soixante cinq ans, au moment où il prononçait les noms si suaves de Jésus et de Marie, et ces paroles : « Que le visage du Christ Jésus t’apparaisse doux et joyeux » il s’endormit dans le Seigneur, muni des sacrements de l’Église, à Rome, à l’heure qu’il avait prédite, la veille des ides de juillet, l’an du salut mil six cent quatorze. De nombreux miracles l’ont rendu illustre, et Benoît XIV l’a inscrit solennellement dans les (?)fastes des Saints. Léon XIII, se rendant au vœu des saints Évêques de l’Univers catholique, après avoir consulté la Congrégation des rites, l’a déclaré le céleste Patron de tous les hospitaliers et des malades du monde entier, et il a ordonné que l’on invoquât son nom dans les Litanies des agonisants.

http://deojuvante.forumactif.org/t962-saint-camille-de-lellis-confesseur#13327

Le même jour

Ste Symphorose et ses Fils, Martyrs

Dom Guéranger, l’Année Liturgique a écrit:Pour la deuxième fois le septénaire brille au Cycle en juillet, illuminant les cieux, fécondant la terre. Plus heureuse que Félicité, Symphorose précède dans l’arène les sept fils qu’elle offre au Seigneur. Du trône où déjà il règne, couronné le premier du diadème des martyrs, Gétulius, l’ancien tribun, le père de cette illustre famille, applaudit aux combats où sa race puise une noblesse plus grande que celle du vieux patriciat, où Rome conquiert une éternité plus vraie que celle qu’avaient rêvée pour elle ses héros et ses poètes. Nature à la fois corrompue et brillante, sceptique et superstitieuse, le césar Hadrien, qui dans la circonstance présidait en personne à la défaite des divinités de l’empire, était bien l’image d’une société déséquilibrée que le christianisme pouvait seul redresser par la fermeté de ses dogmes et l’héroïsme de ses martyrs. Le prince du monde [1], dont la rage toujours maladroite avait obtenu du fantasque empereur une sentence à laquelle en d’autres temps il se fût refusé, sentit bientôt la vérité de la fière réplique que le césar s’était attirée en menaçant d’immoler la femme forte à ses dieux : « Tes dieux, avait dit Symphorose, ne peuvent me recevoir en sacrifice ; mais si tu me fais consumer par les flammes moi et mes fils pour le nom du Christ mon Dieu, c’est alors que je brûlerai bien plus ardemment encore tes démons ». L’exécution de la mère et des fils fut en effet le signal d’une grande paix, dont l’Église profita pour étendre considérablement le règne du Seigneur Jésus, seul empire éternel [2]. Jérusalem, trompée par un dernier faux messie, venait de perdre jusqu’à son nom ; mais l’Église recueillait toutes les gloires de la Synagogue qui avait autrefois produit la mère des Machabées.

Le Dieu pour qui mille ans sont comme un jour [3], et qui harmonise les temps sur son Verbe éternel [4], réservait d’autres gloires à ce 18 juillet où le sang du témoignage avait si grandement ennobli la terre. C’est à pareil jour qu’en l’année 1870, le concile œcuménique du Vatican, présidé par l’immortel Pie IX, définissait dans sa Constitution Pastor cet émus la pleine, suprême et immédiate puissance du Pontife romain sur toutes les Églises, et prononçait aussi l’anathème contre quiconque ne reconnaîtrait pas l’infaillibilité personnelle du même Pontife romain parlant ex cathedra, c’est-à-dire définissant la doctrine comme Pasteur universel en ce qui touche la foi ou les mœurs. Il est à remarquer qu’en ces mêmes jours, au dimanche du milieu de juillet, les Grecs célèbrent la commune mémoire des six premiers conciles généraux de Nicée, Constantinople, Éphèse, Chalcédoine, deuxième et troisième de Constantinople. Nous sommes donc, à cette période du Cycle, en pleines fêtes de lumière ; ici encore le soleil matériel, qui plus que jamais déploie ses splendeurs, n’est que l’image du vrai soleil des âmes. Mais ne l’oublions point : ici-bas c’est surtout le martyre, acte suprême de la foi, qui mérite et produit la lumière. Et de même que, dans ce monde immense des astres qui nous entourent, l’espace ajouté aux espaces n’empêche point le rayon parti des limites extrêmes d’arriver à notre œil au moment précis voulu par l’éternelle Sagesse : ainsi, dans l’ordre des réalités supérieures de la grâce, le choc qui produit la lumière a son écho, prévu en Dieu, par delà les siècles accumulés, pour faire briller cette bienheureuse lumière à l’heure dite. Ne doutons pas que la Sagesse qui, du trône de son éternité, se joue en notre humble terre [5] avec le poids, la mesure et les nombres [6], ne rapproche intimement dans les divines données de son jeu sublime les deux 18 juillet de l’année 136 et de l’année 1870. Enfants de lumière [7] exilés pour un temps au pays des ténèbres, estimons à leur prix les rayons qui viennent jusqu’à nous des collines éternelles : ils sont la grâce excellente que l’apôtre Jacques, frère du Seigneur, nous montre descendant du grand Dieu qu’il appelle, en tant que source de tout don parfait, le Père des lumières [8] ; ils sont le prix du sang que nos pères ont versé pour défendre, et dégager toujours plus dans son ampleur divine, la parole confiée par le Verbe à l’Église.

Épouse, sœur et mère des Martyrs, Symphorose, vos désirs sont comblés : suivie de vos sept enfants, vous rejoignez à la cour du Roi éternel Gétulius votre époux et son frère Amantius, vaillants soldats des armées impériales, plus valeureux athlètes du Christ. Oh ! ce n’est donc point ici que trouve place l’oracle du Seigneur : L’homme aura pour ennemis ceux de sa maison [9] ! C’est qu’ici, en effet, ne s’applique point non plus la sentence : Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est point digne de moi ; et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi, n’est point digne de moi [10]. Bien au contraire, c’est l’amour du Christ roi qui domine, à ce foyer béni, tous les autres amours : or, loin de les éteindre, il décuple leur force en les dotant de sa propre énergie ; loin d’avoir à séparer l’homme de son père et l’enfant de sa mère [11], il consacre divinement la famille et serre ses liens pour l’éternité.

Quelle noblesse, ô héros, vous conférez à la terre ! C’est en de tels jours, que notre race relève sa tête longtemps courbée, et porte un regard plus assuré vers les deux ; après des combats comme les vôtres, l’homme ne saurait plus être méprisé des Anges. Accompagnant vos âmes, quel parfum d’holocauste est monté jusqu’au trône de Dieu ! Quelle effusion de grâce en est descendue ! Du sillon lumineux tracé par votre martyre ont jailli dans nos temps d’incomparables splendeurs. Aussi est-ce avec une reconnaissante allégresse que nous saluons la réapparition providentielle, au lendemain des grandes assises tenues au Vatican, de la tombe primitive qui reçut vos dépouilles sacrées à cet autre lendemain qui suivit pour vous le triomphe. Soldats du Christ, gardez en nous vos bienfaits ; rendez à trop de chrétiens, qui l’avaient oublié, la persuasion que la foi est le premier des biens pour le juste [12].

[1] Johan. XIV, 30.

[2] Dan. II, 44.

[3] Psalm. LXXXIX, 4.

[4] Heb. XI, 3.

[5] Prov. VIII, 31.

[6] Sap. XI, 21.

[7] Eph. V, 8.

[8] Jac. I, 17.

[9] Matth. X, 36.

[10] Ibid. 37.

[11] Ibid. 35.

[12] Rom. 1, 17.

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