LIVRE TROISIÈME. DE LA CÈNE À L'ASCENSION. NUL DÉSACCORD ENTRE LES 4 ÉVANGÉLISTES. (Par Saint Augustin)

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Message  ROBERT. Lun 30 Jan 2012, 7:16 pm

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LIVRE TROISIÈME. DE LA CÈNE À L’ASCENSION.

NUL DÉSACCORD ENTRE LES QUATRE ÉVANGÉLISTES,


Par Saint Augustin.



CHAPITRE VII. JUGEMENT DU MATIN. — JÉRÉMIE CITÉ AU LIEU DE ZACHARIE.


31. Pour expliquer pourquoi l'Esprit-Saint a permis, ou plutôt a prescrit de substituer le nom de Jérémie à celui de Zacharie, il y a une autre raison; je la développerai avec plus de soin ailleurs, car je sens le besoin de terminer ce livre. Nous lisons dans Jérémie qu'il acheta le champ du fils de son frère et lui en donna l'argent. Il ne s'agit pas ici, sans doute, du prix dont il est parlé dans Zacharie, c'est-à-dire de trente pièces d'argent; mais ce dernier prophète ne parle pas davantage de l'achat du champ, en sorte que c'est uniquement l'Évangéliste qui, interprétant la prophétie a réuni et l'achat du champ et les trente pièces de monnaie qui furent le prix de la trahison du Sauveur. Nous trouvons ici l'accomplissement d'une double prophétie, celle de Jérémie parlant de l'achat du champ, et celle de Zacharie parlant des trente pièces d'argent. Si donc, après, avoir lu l'Évangile et y avoir rencontré le nom de Jérémie, on est tenté de lire la prophétie elle-même, on n'y trouvera aucune mention des trente pièces d'argent, mais bien de l'achat du champ; le lecteur n'aura plus qu'à réunir ces différents passages et à en chercher l'accomplissement dans la personne du Sauveur.


Qu'on n'oublie pas toutefois qu'on ne doit pas s'attendre à lire soit dans Zacharie, soit dans Jérémie ces paroles qui terminent le passage de saint Matthieu: "Celui qui a été mis à prix par les enfants d'Israël, et ils en ont acheté le champ d'un potier, ainsi que le Seigneur me fa fait entendre." Nous devons donc voir, dans ces paroles, une interprétation élégante et mystique de la prophétie, interprétation inspirée divinement et appliquant à Jésus-Christ le prix dont parle le prophète. En lisant Jérémie nous voyons que le prix d'achat du champ doit être jeté dans un vase de terre (1); ici le prix de la trahison du Sauveur sert à acheter le champ d'un potier, lequel champ est destiné à la sépulture des étrangers; image du repos réservé à ceux qui, dans le voyage de cette vie, auront été ensevelis en Jésus-Christ par le baptême. Aussi le Seigneur fait-il entendre à Jérémie que l'achat de ce champ désignait le séjour qu'on ferait, même après la délivrance, sur la terre étrangère. Tels sont les points de vue que je tenais à esquisser pour inviter à examiner plus attentivement ces témoignages prophétiques en les rapprochant l'un de l’autre et en les comparant au récit évangélique. — Voilà ce qu'a dit saint Matthieu du traître Judas.

1 Jérém. XXXII, 9-44.



Œuvres Complètes de Saint Augustin, Traduites pour la première fois en français, sous la direction de M. Raulx, Tome Vème, Commentaires sur l'Écriture, Bar-le-Duc, L. Guérins & Cie éditeurs, 1867. p. 114-256. Les deux premiers livres ont été traduits par M. l'abbé TASSIN, les deux derniers par M. l'Abbé BURLERAUX.


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Message  ROBERT. Mar 31 Jan 2012, 9:26 am

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Par Saint Augustin.




CHAPITRE VIII. JÉSUS DEVANT PILATE.


32. Voici la suite du récit évangélique: "Jésus s'arrêta devant le préteur qui l'interrogea en ces termes : Es-tu le Roi des J.uifs ? Jésus lui répondit: Tu le dis. Et étant accusé par les princes des prêtres et les anciens du peuple, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit: N'entends-tu pas de combien de choses on t'accuse ? Mais il ne fit aucune réponse à ce qu'il put lui dire, en sorte que le gouverneur en était tout étonné. Ce dernier avait coutume, au jour de la fête, de remettre au peuple celui des prisonniers qu'ils voulaient. Or, il y en avait alors un fameux, nommé Barabbas. Comme ils étaient donc tous assemblés, Pilate leur dit: Lequel voulez-vous que je vous délivre, de Barabbas, ou de Jésus qui est appelé le Christ ? Car il savait bien que c'était par envie qu'ils l'avaient livré. Or, pendant qu'il était assis sur son tribunal, sa femme toi envoya dire: Qu'il n'y ait rien entre toi et ce juste, car j'ai été aujourd'hui étrangement tourmentée en songe à son sujet. Mais les princes des prêtres et les anciens persuadèrent au peuple de demander Barabbas et de faire mourir Jésus. Alors le gouverneur reprenant la parole, leur dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous délivre ? Mais ils répondirent : Barabbas. Pilate répartit: Que ferai-je donc de Jésus, qui est appelé le Christ ? Ils répondirent tous: Qu'il soit crucifié. Le gouverneur leur répliqua: Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils se mirent à crier encore plus fort: Qu'il soit crucifié. Pilate voyant qu'il ne gagnait rien et que le tumulte croissait de plus en plus, se fit apporter de l'eau, et se lavant les mains devant le peuple, il leur dit : Je suis innocent du sang de ce juste, c'est votre affaire. Et tout le peuple de répondre: Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants. Alors il leur délivra Barabbas, et ayant fait flageller Jésus, il le leur abandonna pour être crucifié." C'est ainsi que saint Matthieu raconte la conduite de Pilate à l'égard du Seigneur (1).


1 Matt. XXVII, 11-26.



Œuvres Complètes de Saint Augustin, Traduites pour la première fois en français, sous la direction de M. Raulx, Tome Vème, Commentaires sur l'Écriture, Bar-le-Duc, L. Guérins & Cie éditeurs, 1867. p. 114-256. Les deux premiers livres ont été traduits par M. l'abbé TASSIN, les deux derniers par M. l'Abbé BURLERAUX.


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Message  ROBERT. Mar 31 Jan 2012, 4:51 pm



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CHAPITRE VIII. JÉSUS DEVANT PILATE.


33. Saint Marc rapporte les mêmes événements et à peu près dans les mêmes termes. Quant aux paroles adressées par Pilate à la multitude demandant la délivrance d'un prisonnier, les voici telles que saint Marc les rapporte : "Pilate leur répondit : Voulez-vous que je délivre le Roi des J.uifs ? " Saint Matthieu avait dit: "La foule s'étant rassemblée, Pilate leur dit: Lequel voulez-vous que je vous délivre, de Barabbas ou de Jésus qui est appelé le Christ ?"

On ne voit pas ici qu'il y ait eu une demande formulée par le peuple pour obtenir la délivrance d'un prisonnier, mais ce n'est pas une difficulté; seulement on peut se demander lequel de saint Matthieu ou de saint Marc rapporte exactement les paroles de Pilate. Il semble en effet que ces mots: "Qui voulez-vous que je vous délivre, de Barabbas on de Jésus qui est appelé le Christ ?" soient bien différents de ceux-ci: "Voulez-vous que je vous délivre le Roi des J.uifs ?" Mais cette différence n'est qu'apparente.


En effet, tous les rois étaient appelés Christs ou oints, et quelle que soit l'expression, il est clair que Pilate leur demanda s'ils voulaient qu'on leur remit le Roi des J.uifs ou le Christ. Qu'importe que saint Marc ait tu le nom de Barabbas ! Il lui suffisait de raconter ce qui concernait le Seigneur. Du reste on voit suffisamment, dans leur réponse, que le choix leur avait été proposé entre Barabbas et Jésus: "Les pontifes, dit saint Marc, soulevèrent la foule dans le but d'obtenir la délivrance de Barabbas; " il ajoute: "Pilate leur répondit: Que voulez-vous donc que je fasse du roi des J.uifs ?" Ceci prouve évidemment que saint Marc, en parlant du Roi des J.uifs, exprimait la même pensée que saint Matthieu en disant: "Le Christ."


C'était seulement chez les J.uifs que les rois étaient nommés Christs; et en effet, dans le même passage, saint Matthieu ajoute: "Pilate leur dit: Que ferai-je donc de Jésus qui est appelé le Christ ? " Mais voici la suite de saint Marc: "Ils s'écrièrent de nouveau: Crucifie-le." Saint Matthieu avait dit: "Tous s'écrient: Qu'il soit crucifié." Saint Marc: "Or Pilate leur disait: Quel mal a-t-il donc fait ? Mais ils criaient encore plus fort: Crucifie-le." Saint Matthieu ne parle pas de cette insistance; il ajoute seulement: " Pilate voyant qu'il n'obtenait rien et que le tumulte allait toujours croissant." Il ajoute aussi que Pilate se lava les mains en présence du peuple afin d'attester qu'il était innocent du sang du juste.


Ce fait n'est rapporté ni par saint Marc ni par aucun autre évangéliste; mais on voit que dans la pensée de saint Matthieu, Pilate n'en agit ainsi que dans le but d'obtenir plus facilement la délivrance de Jésus. On trouve la même idée dans ces paroles de saint Marc: "Quel mal a-t-il donc fait ? " Enfin le même évangéliste conclut: "Pilate voulant satisfaire le peuple, leur remit Barabbas; et après avoir fait flageller Jésus il le leur abandonna pour le crucifier."C'est ainsi que Saint Marc rapporte ce qui se passa au prétoire (1).

1 Marc, XV, 2-15.



Œuvres Complètes de Saint Augustin, Traduites pour la première fois en français, sous la direction de M. Raulx, Tome Vème, Commentaires sur l'Écriture, Bar-le-Duc, L. Guérins & Cie éditeurs, 1867. p. 114-256. Les deux premiers livres ont été traduits par M. l'abbé TASSIN, les deux derniers par M. l'Abbé BURLERAUX.


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Message  ROBERT. Mer 01 Fév 2012, 11:02 am

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CHAPITRE VIII. JÉSUS DEVANT PILATE.



34. Voici le récit des mêmes événements en saint Luc: "Ils se mirent donc à l'accuser en disant: Nous l'avons trouvé soulevant le peuple, défendant de payer le tribut à César et disant qu'il est le Christ-Roi." Les deux premiers évangélistes s'étaient contentés de dire, en général, que les J.uifs accusaient le Sauveur ; saint Luc va plus loin, il précise les chefs d'accusation portés contre lui. Puis, taisant cette demande de Pilate: "Ne réponds-tu rien ? ne vois-tu pas toutes les accusations formulées contre toi ? " il ajoute avec les autres évangélistes: Pilate lui demanda: Es-tu le Roi des poldève ? Et Jésus lui répondit: Tu le dis."


Saint Matthieu et saint Marc relatent cette réponse, avant de parler du silence gardé par Jésus en face de ses accusateurs. Mais la vérité n'a pas à souffrir de ce que saint Luc raconte les faits dans tel ou tel ordre, ou de ce que l'un tait ce que l'autre rapporte. Saint Luc continue ainsi: "Pilate dit aux princes des prêtres et à la foule: Je ne trouve aucun sujet de condamnation dans cet homme. Et les autres de s'indigner plus fort en disant: Il soulève le peuple par les enseignements qu'il répand dans toute la Judée, en commençant par la Galilée. A ce mot de Galilée, Pilate demanda s'il était Galiléen; et dès qu'il sut qu'il était de la dépendance d'Hérode, il le lui renvoya, car Hérode était lui-même, dans ces jours, à Jérusalem. Hérode fut très content de voir Jésus; car il y avait longtemps qu'il désirait le rencontrer et qu'il espérait lui voir faire quelque miracle. Il lui adressa donc une foule de que: fions ; mais Jésus ne lui fit aucune réponse. Cependant les princes des prêtres et les scribes étaient là qui l'accusaient avec une grande opiniâtreté. Hérode le méprisa, imité en cela par toute son armée, le traita avec moquerie, le revêtit d'une robe blanche et le renvoya à Pilate. Et dès ce moment Hérode et Pilate devinrent amis, car avant cela ils étaient ennemis." Ce renvoi de Pilate à Hérode ne nous est rapporté que par saint Luc, qui insère pourtant dans ce récit des traits analogues à ce que rapportent ailleurs les autres évangélistes; car ceux-ci n'ont voulu nous raconter que ce qui s'est passé au tribunal de Pilate jusqu’à la condamnation.



Après cette digression du renvoi à Hérode, saint Luc reprend le récit de ce qui s'est passé an tribunal de Pilate et continue ainsi: "Pilate ayant donc convoqué les princes de prêtre, les magistrats et le peuple, leur dit: Vous m'avez présenté cet homme comme pervertissant le peuple; je l'ai interrogé moi-même en votre présence, et dans tout ce que vous alléguez contre lui je ne trouve pas de quoi le mettre eu cause." On voit que saint Luc ne parle pas de la question posée au Seigneur par Pilate pour lui demander ce qu'il avait à répondre. Saint Luc continue: "Ni Hérode non plus, car je vous ai renvoyés à lui et on n'a rien pu produire qui fût de nature à faire condamner cet homme à mort. Je vais donc le faire flageller et je le renverrai. Or, il était obligé de délivrer, le jour de la fête, un prisonnier. La foule s'écria comme un seul homme: Fais mourir celui-ci et remets-nous Barabbas, qui avait été jeté en prison comme coupable d'avoir excité une sédition dans la ville, et commis homicide. Pilate leur parla de nouveau, voulant renvoyer Jésus. Mais ils s'écriaient: Crucifie, crucifie-le. Il leur parla une troisième fois et leur dit : Quel mal a-t-il donc fait ? Car je ne trouve en lui aucune cause de mort; je le châtierai donc et le mettrai en liberté. Mais la foule redoublait ses cris, demandant qu'il fût crucifié, et leurs clameurs s'élevaient toujours davantage."


Saint Matthieu a résumé en quelques mots les efforts tentés par Hérode pour délivrer Jésus: "Pilate, dit-il, voyant qu'il ne gagnait rien, et que le tumulte allait toujours croissant." Ces paroles supposent en effet que Pilate fit de violents efforts pour obtenir cette délivrance ; seulement l'écrivain sacré ne nous dit pas le nombre de fois qu'il renouvela ses tentatives. Saint Luc achève ainsi le récit de ce qui s'est passé chez Pilate: "Celui-ci, dit-il, consentit à ce qui lui était demandé. Il leur remit celui qui avait été jeté en prison, pour crime de sédition et de meurtre, et il abandonna Jésus à leur volonté (1)."


1 Luc, XXIII, 2-25¬




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Message  ROBERT. Mer 01 Fév 2012, 8:14 pm

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CHAPITRE VIII. JÉSUS DEVANT PILATE.


35. Voyons maintenant comment saint Jean raconte cette même scène du prétoire: "Ils n'entrèrent pas au prétoire, de crainte de se souiller et afin de pouvoir manger la Pâque Pilate s'avança donc vers eux et leur dit: Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? Ils lui répondirent: Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions point livré."


N'y-a-t-il pas ici une contradiction entre saint Jean et saint Luc ? Car ce dernier spécifie les principaux chefs d'accusation, dans les paroles suivantes: "Ils se mirent donc à l'accuser en disant: Nous l'avons surpris soulevant le peuple, défendant de payer le tribut à César et disant qu'il est le Christ-Roi." Saint Jean, dans les paroles que nous avons citées, semble nous faire croire que les J.uifs ont refusé d'articuler le crime et qu'à cette question: "Quelle accusation apportez-vous contre cet homme," ils se sont contentés de répondre: "Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré." C'était lui dire clairement qu'il devait s'en remettre absolument à leur autorité, ne plus s'occuper de chercher ce dont ils l'accusaient et se contenter pour le croire coupable de savoir qu'il avait mérité de lui être livré par eux.


Concluons de là que le récit de saint Jean est vrai, aussi bien que celui de saint Luc. Il y eut en effet un long échange de questions et de réponses, parmi lesquelles chaque évangéliste fit son choix et se contenta de ce qui lui parut suffisant. Saint Jean lui-même cite plus loin certains chefs d'accusation, comme nous le verrons en son lieu et place. Il continue: "Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes et jugez le selon votre loi. Les J.uifs lui répondirent: Nous n'avons pas le droit de condamner à mort, afin que s’accomplisse la parole par laquelle Jésus avait annoncé, de quelle mort il devait être frappé. Pilate rentra donc de nouveau dans le prétoire, appela Jésus et lui dit: Es-tu le Roi des J.uifs ? Jésus lui répondit: Dis-tu cela de toi-même, ou d'autres te l'ont-ils dit de moi ? " Ceci ne paraît pas conforme à cette réponse citée par les autres écrivains: "Jésus répondit: Tu le dis." Mais attendons la suite. Car saint Jean montre plutôt que ce qu'il rapporte maintenant, a été omis par les autres auteurs, et prononcé réellement par le Sauveur.


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Message  ROBERT. Jeu 02 Fév 2012, 4:22 pm

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CHAPITRE VIII. JÉSUS DEVANT PILATE.


35. (suite) Écoutons ce qui suit: "Pilate répondit Est-ce que je suis J.uif ? Ton peuple et les prêtres t'ont livré entre mes mains, qu'as-tu fait ? Jésus répondit: Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes ministres combattraient pour m'empêcher de tomber entre les mains des J.uifs; mais mon royaume n'est par d'ici. Tu es donc roi ? reprit Pilate. Jésus lui répondit: Tu le dis, Je suis roi." Ces dernières paroles nous amènent au récit déjà fait par les autres évangélistes, qui nous les ont rapportées. Saint Jean continue et met pur les lèvres du Sauveur ces mots que les autres ont passés sous silence: "Voici pourquoi je suis venu dans le monde, c'est pour rendre témoignage à la vérité; quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. Pilate lui répondit : QU'EST-CE QUE LA VÉRITÉ ?Et après avoir dit ces mots, il sortit de nouveau vers les J.uifs et leur dit: Je ne trouve rien en cet homme qui puisse le faire mettre en cause. Or, c'est pour vous une coutume que je vous délivre un prisonnier à la fête de Pâque: voulez-vous que je vous remette le Roi des J.uifs ? Tous crièrent de nouveau: Non pas lui, mais Barabbas; or Barabbas était un scélérat. Pilate se saisit donc de Jésus, et le fit flageller. Et les soldats, tressant une couronne d'épines, la lui mirent sur la tète, le couvrirent d'un vêtement de pourpre, et s'approchant, ils lui disaient: Salut, Roi des J.uifs, et ils le souffletaient. Pilate sortit de nouveau et dit aux J.uifs: Voici que je vous le présente de nouveau afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime. Jésus parut donc, portant la couronne d'épines et le vêtement de pourpre, et Pilate dit aux J.uifs: Voilà l'homme. A cette vue les pontifes et les ministres criaient: Crucifie, crucifie-le. Pilate leur répondit: Prenez le vous-mêmes et le crucifiez; car pour moi je ne le trouve coupable d'aucun crime. Les J.uifs répliquèrent: Nous avons une loi; et selon cette loi il doit mourir, parce qu'il s'est fait le Fils de Dieu."


Ceci se rapporte à cette accusation énumérée par saint Luc: "Nous l'avons surpris soulevant notre nation;" il aurait pu ajouter: "parce qu'il s'est fait le Fils de Dieu." Saint Jean continue : "En entendant ces paroles Pilate eut peur; il rentra aussitôt dans le prétoire et dit à Jésus: D'où es-tu ? Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit: Tu ne me parle pas ? Ignores-tu que j'ai le pouvoir de te crucifier comme aussi le pouvoir de te renvoyer ? Jésus lui répondit: Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. Voilà pourquoi celui qui m'a livré à toi, a commis un plus grand péché. Depuis ce moment Pilate cherchait à le renvoyer. Mais les J.uifs criaient: Si tu le renvoies, tu n'es pas l'ami de César; car quiconque se donne pour roi, se met en opposition avec César."


On peut rapprocher de ces paroles, les paroles suivantes de saint Luc: "Nous l'avons surpris soulevant notre nation, empêchant de payer le tribut à César et disant qu'il est le Christ-Roi." C'est ainsi que se trouve résolue la question posée précédemment, à l'occasion de ces paroles: "S'il n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré;" car on voulait en conclure que dans l'Evangile de saint Jean, les J.uifs ne formulaient aucun crime contre le Sauveur. Saint Jean continue: "Pilate ayant entendu ces discours, fit sortir Jésus et s'assit sur son tribunal, dans le lieu appelé Lithostrotos, en hébreu Gabbata. Or, on était à la veille de Pâque, vers la sixième heure; et Pilate dit aux J.uifs: Voici votre Roi. Ils s'écrièrent: Enlève, enlève-le, crucifie-le. Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi ? Les prêtres répondirent: Nous n'avons pas d'autre roi que César. Alors Pilate le leur livra pour le crucifier" Voilà, d'après saint Jean, ce qui se passa au tribunal de Pilate (1).


1 Jean, XVIII, 28; XIX, 16.


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CHAPITRE IX. JÉSUS JOUET DE LA SOLDATESQUE.


36. Il nous reste à parcourir les témoignages des quatre évangélistes, relatifs à la passion même du Sauveur. Saint Matthieu commence ainsi: "Alors les soldats du gouverneur ayant emmené Jésus dans le prétoire, rassemblèrent autour de lui toute la cohorte, et après lui avoir ôté ses vêtements, ils le couvrirent d'un manteau d'écarlate. Et entrelaçant une couronne d'épines, ils la lui mirent sur la tête, avec un roseau dans la main droite, et fléchissant le genou devant lui, ils le raillaient en disant: Salut, Roi des J.uifs (2)." Saint Marc raconte ainsi le même fait et au même endroit de sa narration: "Les soldats le conduisirent dans la cour intérieure du prétoire; là ils convoquent toute la cohorte; puis ils le revêtent de pourpre, lui mettent sur la tête une couronne d'épines, tressée par eux, et se mettent à le saluer: Salut, roi des J.uifs; et ils lui frappaient la tête avec un roseau, et ils le couvraient de mépris, et ployant le genou ils l'adoraient (3)." Ce que saint Matthieu appelle un manteau d'écarlate, saint Marc l'appelle un vêtement de pourpre. A la place de la pourpre royale, on se servit par dérision de ce vêtement d'écarlate; la pourpre a en effet le rouge de l'écarlate. Il peut se faire aussi que saint Marc ait entendu désigner la pourpre, attachée au manteau d'écarlate. Saint Luc n'a pas parlé de cette circonstance.



Saint Jean, avant de rapporter la sentence de Pilate livrant le Sauveur au supplice de la croix, raconte le même fait en ces termes: "Pilate se saisit donc de Jésus et le fit flageller. Les soldats, après avoir fait une couronne d'épines, la lui mirent sur la tête, le couvrirent d'un manteau de pourpre et s'approchaient de lui en disant: Salut, roi des J.uifs, et ils le souffletaient (1)." Il suit delà que saint Matthieu et saint Marc racontent cet événement sous forme de récapitulation, et non pour marquer qu'il eut lieu après la sentence de crucifiement, portée par Pilate. Aussi saint Jean annonce clairement que ce fut chez Pilate que le Sauveur subit cette honteuse humiliation, et les autres évangélistes ne font que rappeler ce qui s'était fait. On doit aussi rapporter à cela ce qu'ajoute saint Matthieu: "Et le couvrant de crachats, ils prirent un roseau et lui en frappaient la tête ; et après qu'ils l'eurent tourné en dérision, ils le dépouillèrent de son manteau, le couvrirent de ses propres vêtements et le conduisirent au lieu où il devait être crucifié." Ce dépouillement du manteau que devaient remplacer ses vêtements, n'eut lieu qu'à la fin de cette scène, quand on allait le conduire au supplice. Saint Marc rapporte le même fait en ces termes: "Et après qu'ils l'eurent tourné en dérision, ils le dépouillèrent de la pourpre et le couvrirent de ses vêtements."


1 Jean, XVIII, 28; XIX, 16
2 Matt XXVII, 27-31.
3 Marc, XV, 16- 20.
1 Jean, XIX, 1-3




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CHAPITRE X. JÉSUS AIDÉ À PORTER SA CROIX.


37. Nous lisons en saint Matthieu: "Pendant qu'ils le conduisaient, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, et le mirent en réquisition pour porter la croix de Jésus (2)." En saint Marc: "Et ils le conduisent, pour le crucifier. Et voyant passer un certain Simon de Cyrène, venant de sa villa, et père d'Alexandre et de Rufus, ils le mirent en réquisition pour porter la croix de Jésus (3)." En saint Luc: "Pendant qu'ils le conduisaient, ils se saisirent d'un certain Simon de Cyrène, qui revenait de sa villa et le chargèrent de la croix pour la porter après Jésus (4)." Voici le récit de saint Jean: "Ils prirent donc Jésus et l'emmenèrent ; ainsi chargé de sa croix il se dirigea vers le lieu du Calvaire, en hébreu Golgotha; c'est là qu'ils le crucifièrent (5)."



Ces paroles nous font conclure que Jésus portait lui- même sa croix quand il se dirigea vers cette montagne. Ce fut seulement en chemin que l'on mit en réquisition ce Simon, dont le nom nous est cité par trois évangélistes, et qu'on le chargea de porter la croix jusqu'au lieu désigné. C'est ainsi que tout se concilie parfaitement; Jésus porta d'abord seul sa croix, comme le rapporte saint Jean; puis il fut aidé par Simon de Cyrène, comme nous le racontent les autres évangélistes.



2 Matt. XXVII, 32.
3 Marc. XV, 20-21.
4 Luc, XXIII, 26.
5 Jean, XIX,16-18.



Œuvres Complètes de Saint Augustin, Traduites pour la première fois en français, sous la direction de M. Raulx, Tome Vème, Commentaires sur l'Écriture, Bar-le-Duc, L. Guérins & Cie éditeurs, 1867. p. 114-256. Les deux premiers livres ont été traduits par M. l'abbé TASSIN, les deux derniers par M. l'Abbé BURLERAUX.


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Message  ROBERT. Ven 03 Fév 2012, 3:49 pm

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CHAPITRE XI. DU BREUVAGE DONNÉ A JÉSUS.


38. Saint Matthieu continue: "Ils arrivèrent à un lieu appelé Golgotha, c'est-à-dire le Calvaire." Il n'y a aucune différence dans la désignation de ce lieu; nous lisons ensuite: "Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel. Mais quand il en eut goûté, il ne voulut point en boire (1)." D'après saint Marc: "Ils lui donnaient à boire du vin mêlé de myrrhe et il n'en voulut point (2)."


Le texte de saint Matthieu a la même signification; car le mot fiel désigne ici quelque chose de très amer, et cette amertume est le caractère du vin mêlé de myrrhe. Il peut se faire cependant que le fiel et la myrrhe aient été mêlés pour rendre le vin très amer. Ce mot de saint Marc: "Il n'en le voulut pas," doit s'entendre dans ce sens que Jésus refusa de le boire. Il goûta néanmoins, selon le témoignage de saint Matthieu; mais il ne voulut point le prendre. Saint Marc sans nous dire qu'il ait goûté, affirme seulement qu'il ne voulut point le recevoir.

1 Matt. XXVII, 33-34.
2 Marc, XV, 23.



Œuvres Complètes de Saint Augustin, Traduites pour la première fois en français, sous la direction de M. Raulx, Tome Vème, Commentaires sur l'Écriture, Bar-le-Duc, L. Guérins & Cie éditeurs, 1867. p. 114-256. Les deux premiers livres ont été traduits par M. l'abbé TASSIN, les deux derniers par M. l'Abbé BURLERAUX.


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Message  ROBERT. Sam 04 Fév 2012, 11:24 am

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CHAPITRE XII. DU PARTAGE DES VÊTEMENTS.


39. "Or," dit saint Matthieu, "après qu'ils l'eurent crucifié, ils partagèrent ses vêtements au moyen du sort, et s'étant assis, ils le gardaient (3)". "Et le crucifiant," dit saint Marc, "ils partagèrent ses vêtements et firent la part à chacun au moyen du sort (4)." — "Ils partagèrent ses vêtements," dit saint Luc, "et les tirèrent au sort, et le peuple les regardait (5)"


Ce fait ne nous est raconté que brièvement par ces trois évangélistes; saint Jean est plus explicite: "Après, dit-il, qu'ils l'eurent crucifié, les soldats prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chacun d'eux. Ils prirent aussi la tunique; mais comme elle était sans couture et d'un seul tissu du haut en bas, ils se dirent entre eux: Ne la divisons pas, mais tirons au sort à qui de nous l'aura. C'est ainsi que s'accomplit la parole de l'Écriture: Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré ma robe au sort (1)."


3 Matt. XXVII, 36,36.
4 Marc, XV, 24.
5 Luc, XXIII, 34, 35.
1 Jean, XIX, 23, 24.



Œuvres Complètes de Saint Augustin, Traduites pour la première fois en français, sous la direction de M. Raulx, Tome Vème, Commentaires sur l'Écriture, Bar-le-Duc, L. Guérins & Cie éditeurs, 1867. p. 114-256. Les deux premiers livres ont été traduits par M. l'abbé TASSIN, les deux derniers par M. l'Abbé BURLERAUX.


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Message  ROBERT. Sam 04 Fév 2012, 4:09 pm

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CHAPITRE XIII. DE L'HEURE DE LA PASSION.


40. "Ils mirent aussi sur sa tête, dit saint Matthieu, la cause écrite de sa condamnation: Celui-ci est Jésus, le roi des J.uifs (2)." Saint Marc, immédiatement après avoir parlé du partage des vêtements, ajoute: "Or, on était à la troisième heure et ils le crucifièrent (3)." A moins de s'exposer à une grave erreur, on doit étudier ce texte avec une attention sérieuse. En effet, certains auteurs veulent que ce soit à la troisième heure que Jésus ait été crucifié; et comme les ténèbres se répandirent sur la terre depuis la sixième jusqu'à la neuvième, trois heures se seraient écoulées depuis le crucifiement jusqu'à la diffusion des ténèbres. On pourrait, à la rigueur, adopter cette opinion, si saint Jean ne disait formellement qu'à la sixième heure Pilate s'assit sur son tribunal, dans le lieu appelé Lithostrotos , en hébreu Gabbatha .



Voici ses paroles: "Or, on était à la veille de Pâque, vers la sixième heure, et Pilate dit aux J.uifs: Voilà votre roi. Et les J.uifs s'écriaient: Enlève, enlève-le, crucifie-le. Pilate leur dit : Que je crucifie votre roi ? Les pontifes répondirent: Nous n'avons pas d'autre roi que César. Alors il le leur livra pour le crucifier (4)". Si donc c'est à la sixième heure que Pilate, assis sur son tribunal, livra Jésus-Christ aux J.uifs pour le crucifier, comment le Sauveur a-t-il pu être crucifié à la troisième heure, comme l'ont pensé quelques auteurs, en s'appuyant sur un texte mal compris de l'évangéliste saint Marc ?


2 Matt. XXVII, 37.
3 Marc, XV, 25.
4 Jean, XIX, 13-16.




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Message  ROBERT. Dim 05 Fév 2012, 11:39 am

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CHAPITRE XIII. DE L'HEURE DE LA PASSION.


41. Voyons d'abord à quelle heure le crucifiement a pu avoir lieu; ensuite nous dirons pourquoi saint Marc le met à la troisième heure. Il était environ la sixième heure, quand Pilate assis sur son tribunal prononça la sentence. On dit qu'il était environ la sixième heure, c’est-à-dire que la cinquième était passée et la sixième seulement commencée. Jamais les écrivains sacrés ne diraient cinq heures et un quart, cinq heures et trois quarts, cinq heures et demie; ces expressions ou autres semblables sont contraires au style de l'Écriture, qui prend toujours la partie pour le tout, spécialement quand il s'agit des divisons du temps.


C'est ainsi qu'en saint Luc nous lisons que le Sauveur gravit la montagne environ huit jours après (1), tandis que saint Matthieu et saint Marc nous disent que ce fut six jours après (2). Remarquons ensuite que saint Jean atténue, autant que possible, son expression: car il ne dit pas: à la sixième heure, mais: "Vers la sixième heure." S'il n'eût pas mis cette restriction et qu'il se fût contenté de dire: A la sixième heure, nous pourrions conclure, d'après le langage ordinaire de l'Ecriture, qu'il a pris le tout pour la partie, en sorte que ce fût après la cinquième heure écoulée et la sixième commencée qu'eut lieu le crucifiement du Seigneur et qu'aussitôt la sixième heure achevée, quand Jésus fut suspendu à la croix; les ténèbres dont parlent saint Matthieu saint Marc et saint Luc, couvrirent la face de la terre (3).


1 Luc, IX, 28.
2 Matt. XVII, 1 ; Marc, IX, I.
3 Matt. XXVII, 45; Marc, XV, 33; Luc, XXIII, 44.




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Message  ROBERT. Dim 05 Fév 2012, 3:41 pm

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CHAPITRE XIII. DE L'HEURE DE LA PASSION.



42. Examinons maintenant pourquoi saint Marc, après avoir raconté le partage des vêtements par la voie du sort, ajoute: "C'était la troisième heure et il le crucifièrent." Il venait déjà de dire: "Et ceux qui le crucifiaient partagèrent ses vêtements (4)." Les autres évangélistes remarquent également que ce fut après le crucifiement que les bourreaux se partagèrent les vêtements. Si donc saint Marc eût voulu préciser l'heure où tout cela se passait, il se serait contenté de dire: "Or il était alors la troisième heure." Pourquoi ajoute-t-il: "Et ils le crucifièrent ?" Ne voulait-il pas, par une sorte de récapitulation, alors surtout que l'on savait fort bien, dans toute l'Eglise, à quelle heure Jésus avait été suspendu à la croix, dissiper d'avance jusqu'à l'ombre même de toute erreur et réfuter jusqu'aux plus faibles apparences du mensonge ?


A savoir que ce ne furent pas les J.uifs, mais les soldats qui en réalité suspendirent Jésus-Christ à la croix, comme l'atteste saint Jean; mais il a voulu prouver que les véritables bourreaux furent plutôt ceux qui demandèrent à grands cris la mort et le crucifiement, que ceux qui par les devoirs de leur état préfèrent leur ministère à cette œuvre coupable. Ce fut donc à la troisième heure que les J.uifs demandèrent le crucifiement, et dès ce moment ce crime était moralement accompli; d'autant plus qu'ils ne voulaient pas paraître tremper eux-mêmes dans cette affaire, et que ce fut dans le but de se justifier de toute apparence de complicité qu'ils remirent le Sauveur entre les mains de Pilate.


Saint Jean est formel à ce sujet; voici ses paroles: "Quelle accusation présentez-vous contre cet homme ? Ils répondirent: Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré. Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes et jugez-le selon votre loi. Les J.uifs répliquèrent: il ne nous est permis d'ôter la vie à une personne (1)." Le crime qu'ils ne voulaient pas paraître avoir commis eux-mêmes, saint Marc nous dit qu'ils l'avaient commis dès la troisième heure; et, en effet, c'est justice de dire que le véritable meurtrier du Sauveur ce fut la langue des J.uifs et non la main des soldats.


4 Marc, XV, 24.
1 Jean, XVIII, 29-31.




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Message  ROBERT. Lun 06 Fév 2012, 10:16 am

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CHAPITRE XIII. DE L'HEURE DE LA PASSION.



43. Maintenant dira-t-on que ce ne fut pas à la troisième heure que les J.uifs commencèrent à vociférer leur cri de mort ? Ce serait pousser la haine contre l'Évangile jusqu'à la folie, à moins qu'on puisse découvrir une autre solution. Car on n'est pas en mesure de prouver qu'il n'était pas alors la troisième heure; d'où il suit qu'il est plus sage de croire à la parole véridique d'un évangéliste qu'aux interprétations contentieuses des hommes.


Comment me prouver, dis-tu, qu'on était à la troisième heure ? Je réponds: c'est parce que je crois à la parole des évangélistes; si tu y crois aussi, montre-moi qu'il a pu se faire que le Sauveur fut crucifié à la sixième et à la troisième heure. Quant à la sixième, saint Jean ne nous laisse pas l'ombre d'un doute à ce sujet; quant à la troisième, elle est fixée par saint Marc. Si tu acceptes ces deux témoignages, montre-moi comment ils peuvent être vrais l'un et l'autre, et alors je me renferme dans un heureux silence.


CE QUE J'AIME, EN EFFET, CE N'EST PAS MON OPINION, MAIS LA VÉRACITÉ DE L'ÉVANGILE. Je souhaite, du reste, que l'on trouve plusieurs solutions à cette question; mais, jusqu'à ce qu'elles soient découvertes, sache te contenter avec moi de celle que je te présente. A défaut d'autres, elle suffit abondamment; nous choisirons quand nous en aurons trouvé plusieurs, seulement ne conclus pas qu'aucun des quatre évangélistes puisse être convaincu de mensonge, ou même d'erreur; il jouit d'une autorité trop sainte et trop élevée.


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Message  ROBERT. Mar 07 Fév 2012, 9:41 am

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44. Mais, dira-t-on encore, ma conviction n'est pas suffisamment établie; au sujet de cette troisième heure, en effet saint Marc nous dit bien: "Pilate répondant leur dit: Que voulez-vous donc que je fasse au roi des J.uifs ? Ils s'écrièrent de nouveau: Crucifie-le;" mais après ces paroles l'évangéliste ne met et ne suppose aucun intervalle dans sa narration, et immédiatement il arrive à la condamnation prononcée par Pilate; "à la sixième heure," dit saint Jean.


Avant de poser cette objection, on ne doit pas oublier que les évangélistes ont omis beaucoup de détails intermédiaires qui ont dû se produire pendant que Pilate cherchait, par tous les moyens possibles, à soustraire Jésus à la fureur des J.uifs. Écoutons saint Matthieu: "Pilate leur dit: Que ferai-je donc de Jésus, qui est appelé le Christ ? Tous de se récrier: Qu'il soit crucifié." Il était alors, selon nous, la troisième heure. Il continue: "Pilate voyant qu'il n'obtenait rien, et qu'au contraire le tumulte allait toujours croissant." Il est bien facile d'admettre que pendant ces efforts tentés par Pilate pour délivrer le Sauveur et pendant le tumulte soulevé par l'insistance des J.uifs, il se passa un intervalle d'environ deux heures, et que la sixième était commencée avant que Pilate eût livré le Seigneur, et que les ténèbres se fussent répandues sur la terre. Quant à ce fait raconté par saint Matthieu: "Pilate était assis sur son tribunal et voici que sa femme lui envoie dire: Ne te mêle pas des affaires de ce juste, car aujourd'hui, en songe, j'ai été violemment tourmentée à son sujet (1)," il est certain que lorsque ceci se passa, Pilate était pour la seconde fois assis sur son tribunal; mais saint Matthieu se rappelant ce qu'il avait dit de l'épouse de Pilate, mêla cet événement à son texte, afin de montrer pourquoi le gouverneur s'obstinait à ne point livrer Jésus entre les mains des J.uifs.


1 Matt. XXVII, 22, 23, 24-29.



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Message  ROBERT. Mar 07 Fév 2012, 3:47 pm

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CHAPITRE XIII. DE L'HEURE DE LA PASSION.



45. Saint Luc, après ces paroles de Pilate: "Je le corrigerai et le délivrerai," ajoute que la foule tout entière s'écria: "Fais-le disparaître et remets-nous Barabbas." Mais peut-être que jusque-là ils n'avaient pas encore dit: "Crucifie-le." D'après le même écrivain sacré: "Pilate leur parla de nouveau dans le but de délivrer Jésus; mais ils criaient: Crucifie, crucifie- le." C'était à la troisième heure. Enfin ajoute encore saint Luc: "Pilate leur parla une troisième fois et leur dit: Quel mal a-t-il donc fait ? Je ne trouve en lui aucun crime qui mérite la mort; je le corrigerai donc et le renverrai. Mais alors ils poussaient des cris plus effroyables, demandant qu'il fût crucifié, et leurs vociférations augmentaient (1)."


Cela suffit pour nous donner une idée de la grandeur du tumulte. Combien de temps s'écoula-t-il ensuite avant ces mots répétés pour la troisième fois: "Quel mal a-t-il donc fait ?" On peut le supposer aussi long que le demande la découverte de la vérité. Enfin ces instances à grands cris, ces vociférations toujours croissantes, quel motif leur donner, si ce n'est la résolution où ils voyaient Pilate de ne pas leur livrer le Sauveur ? Puisque telle était la disposition de Pilate, il est évident qu'il ne dut pas céder si promptement et que deux heures, et peut-être plus, se passèrent dans ces hésitations.


1 Luc, XXIII, 16-23.




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Message  ROBERT. Mer 08 Fév 2012, 7:30 pm

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CHAPITRE XIII. DE L'HEURE DE LA PASSION.



46. Interroge encore saint Jean et vois à quelles hésitations Pilate se trouvait en proie et quelle répulsion il éprouvait pour le honteux ministère qu'on voulait lui faire remplir. Quoiqu'il ne dise pas tout ce qui a dû se dire et se passer, pendant deux heures et le commencement de la sixième, cet évangéliste est beaucoup plus explicite que les autres. Ainsi Jésus nous est montré victime de la flagellation, revêtu d'un manteau dérisoire, le jouet de railleries et de moqueries infâmes, (je pense que Pilate ne permit toutes ces indignités que pour calmer la fureur des J.uifs et soustraire Jésus à la mort.) Après ces détails, saint Jean continue: " Pilate sortit de nouveau et dit aux J.uifs: Voici que je vous l'amène, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime. Jésus sortit donc portant la couronne d'épines et le vêtement de pourpre. Et Pilate leur dit: Voilà l'homme;" il espérait que son aspect ignominieux calmerait leur fureur. L'Evangile continue: "En le voyant, les pontifes et les ministres s'écrièrent: Crucifie, crucifie-le." Nous avons dit qu'il était alors la troisième heure. Remarquez ce qui suit: "Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes et le crucifiez; car pour moi je ne le trouve coupable d'aucun crime. Les J.uifs lui répondirent: Nous avons une loi, et selon cette loi il doit mourir, parce qu'il s'est fait le Fils de Dieu. En entendant cette parole, Pilate fut saisit d'une crainte plus violente; rentrant donc de nouveau dans le prétoire il dit à Jésus: Tu ne me réponds pas ? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te crucifier, comme aussi de te délivrer ? Jésus lui répondit: Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. Voilà pourquoi celui qui m'a livré entre tes mains est coupable d'un plus grand crime. Et Pilate n'en chercha que davantage l'occasion de le délivrer." Puisque telle était la disposition de Pilate, combien de temps, pensons-nous, ne dut pas se passer dans un échange de propositions de la part de Pilate et de refus de la part des J.uifs, jusqu'à ce qu'enfin le gouverneur fut vaincu par leurs protestations et crut devoir céder ?


Nous lisons ensuite: "Les J.uifs s'écriaient: Si tu le renvoies, tu n’es pas l'ami de César, car quiconque se fait roi est l'ennemi de César. En entendant ces paroles, Pilate fit sortir Jésus, et s'assit sur son tribunal, dans un lieu appelé Lithostrotos , en hébreu Gabbatha . On était à la veille de Pâque, vers la sixième heure."


Ainsi, depuis le moment où pour la première fois les J.uifs crièrent: "Crucifie-le," jusqu'à celui où Pilate s'assit sur son tribunal, deux heures se passèrent, en hésitation de la part de Pilate, et en tumulte de la part des J.uifs ; la cinquième heure était écoulée et la sixième commencée. "Pilate dit donc aux J.uifs: Voici votre roi. Ils s'écriaient: Enlève-le crucifie-le." Et cependant Pilate jusque là assez insensible à la crainte de la calomnie persistait dans son refus. En effet, c'est alors qu'il reçut le message de sa femme.


Saint Matthieu a anticipé sur le moment précis de ce fait, qui ne nous est raconté que par lui et qu'il a glissé dans sa narration à l'endroit qui lui a paru le plus convenable. Faisant donc un dernier effort, Pilate dit aux J.uifs: "Que je crucifie votre roi ? Les pontifes répondirent: Nous n'avons d'autre roi que César. C'est alors qu'il le leur livra pour le crucifier (1)." Pendant que Jésus monte au calvaire, pendant qu'il est crucifié avec les deux larrons, que ses vêtements sont partagés, que sa robe est tirée au sort, et qu'il est couvert d'ignominies, car les ignominies se mêlaient à ses autres souffrances, la sixième heure se passa, et les ténèbres, dont parlent saint Matthieu, saint Marc et saint Luc, se répandirent sur toute la terre.


1 Jean, XIX, 4-16.






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CHAPITRE XIII. DE L'HEURE DE LA PASSION.


47. Arrière donc toute obstination impie; croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ a été crucifié à la troisième heure par la langue des J.uifs et à la sixième par la main des soldats. En effet, grâce au tumulte de la foule et aux hésitations cruelles de Pilate, deux heures et plus s'écoulèrent depuis le premier cri: "Crucifie-le." Saint Marc, qui se distingue par une extrême concision, a voulu en quelques mots nous faire connaître la volonté de Pilate et ses efforts pour délivrer le Sauveur. Après avoir dit: "Ils crièrent de nouveau: Crucifie-le;" quand ils avaient déjà crié pour qu'on leur remit Barrabas, il ajoute: "Pilate leur disait: Quel mal a-t-il donc fait (1) ?"


Ces quelques paroles résument tout ce qui s'est fait. Et pour nous faire mieux comprendre sa pensée, au lieu de la formule: Pilate leur dit, il s'exprime ainsi: "Pilate leur disait: Quel mal a-t-il donc fait? " Ces mots: Pilate leur dit, laisseraient croire qu'il ne parla qu'une fois, tandis que ceux-ci: "Il leur disait," pour peu qu'on veuille les comprendre, nous laissent voir que cet échange de paroles a duré jusqu'au commencement de la sixième heure.


Rappelons-nous donc la brièveté du récit de saint Marc, en comparaison de celui de saint Matthieu; la brièveté du récit de saint Matthieu, en comparaison de celui de saint Luc, et enfin la brièveté du récit de saint Luc, en comparaison de celui de saint Jean, quand surtout chacun de ces évangélistes raconte des circonstances que les autres passent sous silence. Et le récit même de saint Jean, qu'il est concis en comparaison de ce qui s'est passé et du temps qu'il a fallu à ces événements pour se dérouler! A moins donc de faire preuve de folie ou d'aveuglement, il faut admettre que deux heures et plus ont pu s'écouler pendant cet intervalle.


1 Marc, XV, 13, 14.



Œuvres Complètes de Saint Augustin, Traduites pour la première fois en français, sous la direction de M. Raulx, Tome Vème, Commentaires sur l'Écriture, Bar-le-Duc, L. Guérins & Cie éditeurs, 1867. p. 114-256. Les deux premiers livres ont été traduits par M. l'abbé TASSIN, les deux derniers par M. l'Abbé BURLERAUX.


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Message  ROBERT. Ven 10 Fév 2012, 10:52 am

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CHAPITRE XIII. DE L'HEURE DE LA PASSION.


48. Prétendre que saint Marc aurait pu, s'il en était ainsi, assurer qu'il était trois heures quand il était trois heures et que les J.uifs demandaient à grands cris le crucifiement, et rapporter que le Sauveur fut crucifié par eux dans ce moment-là même, n'est-ce pas imposer trop orgueilleusement des lois aux historiens de la vérité ?


Pourquoi ne pas dire que si on racontait soi-même ces événements, tous les autres devraient les raconter dans le même ordre et de la même manière ? Celui qui en serait là, daignera du moins soumettre sa manière de voir à celle de saint Marc, qui a cru devoir placer chaque fait à la place qui lui était désignée par l'inspiration divine. Le souvenir des écrivains sacrés n'est-il pas soumis à l’impulsion de Celui qui, d'après le témoignage de l'Ecriture, gouverne à son gré l'Océan ? La mémoire, en effet, est une faculté qui flotte de pensées en pensées, et il n'est au pouvoir de personne d'en rappeler les souvenirs comme et quand il le veut. Si donc il est vrai de dire que ces écrivains, aussi saints que véridiques, se sont entièrement abandonnés dans le récit de leurs souvenirs, à l'action toute puissante de DIEU, POUR QUI LE HASARD N'EST RIEN; est-ce à un homme encore exilé et si éloigné du regard de Dieu, de soutenir que tel fait devait être placé dans tel ordre, quand on ignore pourquoi Dieu a voulu le placer dans tel autre ? "Si," dit saint Paul, "notre Evangile est voilé, il ne l'est que pour ceux qui périssent." Après ces mots: "Pour les uns nous sommes une odeur de vie pour la vie, et pour les autres une odeur de mort pour la mort," il ajoute aussitôt: "Mais qui est capable de le comprendre (1)?" c’est-à-dire: qui est capable de comprendre avec quelle justice tout cela s'opère ? Le Seigneur exprime la même pensée: "JE SUIS VENU AFIN QUE CEUX QUI NE VOIENT PAS, VOIENT, ET QUE CEUX QUI VOIENT, DEVIENNENT AVEUGLES " (2) ?


Telle est, en effet, la profondeur des richesses de la science et de la sagesse divines, que le Tout-Puissant tire d'une seule et même masse des vases d'honneur et des vases d'ignominie; et puis n'a-t-il pas été dit à la chair et au sang: "O homme qui es-tu pour oser répondre à Dieu (3)? " Qui donc en ce point comme en tout autre connaît la pensée de Dieu; qui a été son conseiller (4), quand il dirigeait le cœur et les souvenirs des évangélistes, quand il les couronnait, au faite de l'Eglise, d'une autorité si sublime, que ce qui peut paraître en eux contradictoire, fait tomber les uns dans l'aveuglement, et les livre justement aux horreurs de la concupiscence du cœur et du sens réprouvé (5); et détermine les autres à réformer leur manière de voir, comme le vent de la justice mystérieuse du Tout-Puissant ? Aussi un prophète dit-il au Seigneur: "Vos pensées sont devenues trop profondes; l'homme imprudent ne les connaîtra pas et l'insensé n'y pourra rien comprendre (6)."


1 II Cor. IV ; II,16.
2 Jean, IX, 39.
3 Rom. IX, 21-20.
4 Rom. XI, 33, 34.
5 Rom. I, 21-28.
6 Ps. XCI, 6, 7.




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Message  ROBERT. Ven 10 Fév 2012, 4:43 pm

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CHAPITRE XIII. DE L'HEURE DE LA PASSION.



49. Ceux qui liront ces lignes tracées par moi, avec l'aide du Tout-Puissant, et dont j'ai reconnu l'à-propos en cet endroit, je les prie de les rappeler à leur souvenir dans toutes les difficultés de ce genre, afin de m'en épargner la répétition. Si donc on étudie ce passage de l’évangile, sans aucun parti pris d'impiété, on comprendra facilement qu'en y mentionnant la troisième heure, saint Marc a voulu qu'on se souvint de l'heure précise à laquelle les J.uifs ont crucifié le Sauveur, eux qui voulaient rejeter la honte de ce crime sur les Romains, sur leurs princes ou sur leurs soldats.

Nous lisons: "Ils le crucifièrent, partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort pour savoir à qui ils appartiendraient" De qui est-il question dans cet endroit ? N'est-ce pas des soldats, comme saint Jean le déclare formellement ? Afin donc de faire retomber, non pas sur les soldats, mais sur les J.uifs, la pensée d'un si grand crime, saint Marc écrit ces paroles: "Il était la troisième heure et ils le crucifièrent." Comment ne pas voir alors que les auteurs véritables du crucifiement, ce sont ceux qui l'ont réclamé à la troisième heure par leurs vociférations multipliées et non les soldats qui n'ont accompli le crime qu'à la sixième heure.



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Message  ROBERT. Sam 11 Fév 2012, 4:09 pm

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CHAPITRE XIII. DE L'HEURE DE LA PASSION.





50. Dans ces paroles de saint Jean: "On était à la veille de Pâque, à la sixième heure," quelques auteurs ont voulu voir la troisième heure, celle à laquelle Pilate s'assit sur son tribunal. Dans cette opinion le crucifiement aurait eu lieu à l'expiration de la troisième heure; trois heures se seraient écoulées pendant que Jésus était suspendu à la croix, après quoi il rendit le dernier soupir; de cette manière ce ne serait qu'à partir de l'heure de sa mort, ou la sixième heure, jusqu'à la neuvième, que les ténèbres couvrirent toute la face de la terre.


Voici comment ils appuient leur système. Ce jour qui était suivi du sabbat était la veille de la Pâque des J.uifs, parce que les Azymes commençaient à ce sabbat. Or, la Pâque véritable, non pas celle des J.uifs, mais des chrétiens, celle qui s'accomplissait dans la passion du Sauveur, avait déjà commencé sa préparation ou sa vigile, à partir de la neuvième heure de la nuit, puisque c'est à partir de ce moment que les J.uifs se sont préparés à immoler le Sauveur. Et en effet, le mot parasceve, que nous traduisons par la veille, signifie préparation. Dès lors, à partir de la neuvième heure de la nuit jusqu'au crucifiement, on arrive à la sixième heure de la préparation selon saint Jean, et à la troisième heure du jour selon saint Marc. Il suit de là que la troisième heure dont parle saint Marc, sous forme de récapitulation, ne fut pas celle où les J.uifs crièrent: "Crucifie, crucifie-le; " il appelle troisième heure celle où Jésus fut attaché à la croix.



Quel fidèle n'adopterait pas cette solution, si quelque chose nous faisait clairement comprendre que c'est à la neuvième heure de la nuit que commença la préparation de notre Pâque, c'est-à-dire la préparation de la mort de Jésus-Christ ? Dirons-nous que cette préparation commença au moment où Jésus fut garrotté par les J.uifs ? Mais on n'était alors qu'à la première partie de la nuit ? Est-ce quand le Sauveur fut conduit à la maison de Caïphe, où il rendit témoignage en présence du prince des prêtres ?



Mais le coq n'avait pas encore chanté, et c'est au moment où il chantait que Pierre renia son Maître ? Est-ce quand Jésus fut traduit devant Pilate ? Nous savons par l'Ecriture que cette tradition ne se fit que le matin. Il ne nous reste donc plus qu'à voir le commencement de la préparation de la Pâque ou de la mort de Jésus-Christ, dans ce cri lancé par les princes des prêtres : "Il est digne de mort." Cette exclamation se trouve à la fois en saint Marc et en saint Matthieu (1); ce qu'ils racontent du reniement de saint Pierre n'est qu'une récapitulation de ce qui avait été fait auparavant. En effet rien n'empêche de conclure qu'il pouvait être la neuvième heure de la nuit, quand les J.uifs, comme je l'ai dit, demandèrent la mort du Sauveur; depuis ce moment jusqu'à celui où Pilate s'assit sur son tribunal, il s'écoula environ six heures, non pas du jour mais de la préparation à l'immolation du Sauveur ou à la véritable Pâque; cette sixième heure, qui correspondait à la troisième heure du jour, était écoulée quand le Sauveur fut suspendu à la croix.



Quelle que soit donc l'opinion qu'on embrasse, soit cette dernière, soit celle qui voit dans la troisième heure de saint Marc l'heure à laquelle les J.uifs demandèrent le crucifiement de Jésus-Christ, et méritèrent ainsi d'être regardés comme les véritables auteurs du crime, plutôt que les soldats qui l'exécutèrent de leurs propres mains; comme nous l'avons vu, ce fut plutôt le Centurion qui s'approcha du Sauveur, que les amis qu'il avait envoyés à sa rencontre (2); il nous semble avoir résolu suffisamment cette question de l'heure de la passion, question qui soulève l'arrogance des raisonneurs orgueilleux et trouble l'ignorance des faibles.



1 Matt. XXVI, 66; Marc, XIV, 64.

2 Voir ci-dessus.
liv. II, ch. 20.




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Message  ROBERT. Sam 11 Fév 2012, 9:05 pm

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CHAPITRE XIV. DES DEUX LARRONS CRUCIFIÉS AVEC JÉSUS.



51. Saint Matthieu continue: "Alors furent crucifiés avec lui deux larrons, l'un à droite, l'autre à gauche (1)." Saint Marc et saint Luc rapportent le même fait (2). Saint Jean ne laisse aucun doute sur ce point, quoiqu'il ne donne pas aux crucifiés le nom de voleurs; voici ses paroles: "Et avec lui deux autres, l'un d'un côté et l'autre de l'autre, et Jésus au milieu (3)." On ne pourrait voir de contradiction que si saint Jean désignait comme innocents ceux que les autres évangélistes flétrissent du nom de voleurs.




1 Matt. XXVII, 38.
2 Marc, XV, 27; Luc, XXIII, 33.
3 Jean, XIX, 18.




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CHAPITRE XV. BLASPHÈMES VOMIS CONTRE JÉSUS EN CROIX.



52. Saint Matthieu raconte: "Les passants le blasphémaient et disaient en branlant la tête: Toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même; si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix." Saint Marc s'exprime à peu près dans les mêmes termes. Saint Matthieu continue: "En même temps les princes des prêtres, les scribes et les anciens du peuple raillaient, se disant entre eux: Il a sauvé les autres et il ne peut se sauver lui-même. S'il est le roi d'Israël, qu'il descende de la croix et nous croirons en lui. Il met sa confiance en Dieu; s'il le veut, que Dieu le délivre maintenant, lui qui a dit: Je suis le Fils de Dieu (4)." Saint Marc et saint Luc, sans employer les mêmes termes expriment la même idée, l'un omettant ce que l'autre rapporte (5). Quant aux princes des prêtres qui insultèrent Jésus crucifié, nous les trouvons signalés dans ces deux évangélistes, quoique d'une manière différente. Saint Marc ne parle pas des anciens; saint Luc parle en général des princes, sans désigner les princes des prêtres en particulier; d'un seul mot il stigmatise aussi tous les principaux de la nation, prêtres, scribes et anciens du peuple.



4 Matt. XXVII, 39-43.
5 Marc, XV, 29-32; Luc, XXIII, 35-37.




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Message  ROBERT. Dim 12 Fév 2012, 3:47 pm

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CHAPITRE XVI. BLASPHÈMES DES LARRONS.


53. Nous lisons en saint Matthieu: "Les larrons eux-mêmes, qui étaient crucifiés avec lui, le couvraient d'invectives (6)." Cette circonstance est aussi rapportée par saint Marc, quoique dans des termes un peu différents. La narration de saint Luc présenterait quelque opposition, si l'on oubliait une manière de parler assez fréquente.



"L'un des deux voleurs, attachés comme lui à la croix, dit saint Luc, lui adressait ces blasphèmes: Si tu es le Christ, sauve-toi, et nous aussi. Mais l'autre se mit à réprimander son complice et à lui dire: Ni toi, non plus, tu n'as donc aucune crainte de Dieu, toi qui subis la même condamnation. Et encore pour nous c'est justice, car nous n'avons que ce que nous avons mérité; pour lui, il n'a fait aucun mal. Et il disait à Jésus: Seigneur, souvenez-vous de moi, lorsque vous serez entré dans votre royaume. Jésus lui répondit: En vérité, je te le dis, tu seras aujourd'hui avec moi dans le paradis (1)." Saint Matthieu avait dit: "Les voleurs qui étaient crucifiés avec lui, le blasphémaient;" saint Marc: "Et ceux qui étaient crucifiés avec lui, lui adressaient des injures;" comment donc se peut-il que saint Luc nous dise qu'un seul des deux le blasphémait et que l'autre garda le silence et crut en lui ? Ne devons-nous pas croire que saint Matthieu et saint Marc, dans le but d'abréger le récit, emploient le pluriel pour le singulier? Nous trouvons également, dans l'épître aux Hébreux, cette forme plurielle: "Ils fermèrent la gueule des lions," quand il n'est question que de Daniel; nous y lisons également: "Ils ont été sciés (2), " quand il ne s'agit que d'Isaïe. Les paroles mises au pluriel par le psalmiste: "Les rois de la terre se sont levés et les princes se sont réunis," etc, se retrouvent au pluriel dans les Actes des Apôtres, quand l'idée exigeait le singulier; car les rois y désignent Hérode, Pilate est désigné par le mot princes (3).



Au lieu donc de calomnier l'Evangile, que les païens se rappellent comment leurs auteurs ont fait parler les Phèdre, les Médée et les Clytemnestre, qui auraient du s'exprimer au singulier. Quoi de plus ordinaire, par exemple, que d'entendre dire à quelqu'un: Les paysans m'insultent, quand il n'y en a qu'un pour l'insulter ? Saint Luc serait assurément en contradiction avec les autres en disant qu'un seul voleur lança des blasphèmes, si des paroles des autres auteurs on était forcé de conclure que tous deux blasphémèrent Jésus. Mais il faut remarquer que dans l'un il n'est question que des voleurs, et dans l'autre, de ceux qui étaient crucifiés avec lui, sans addition du mot: "Tous deux." Sans doute cette formule aurait suffi dans le cas où tous deux auraient réellement blasphémé; mais l'usage a permis aussi d'employer la forme plurielle quoiqu'un seul ait commis ce crime.



6 Matt. XXVII, 44.
1 Luc, XXIII. 39-43.
2 Héb. XI, 33-37.
3 Ps. II, 2; Act. IV, 26, 27.





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Message  ROBERT. Lun 13 Fév 2012, 10:11 am

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CHAPITRE XVII. DU BREUVAGE OFFERT À JÉSUS.


54. Saint Matthieu continue: "Or depuis la sixième heure jusqu'à la neuvième, toute la terre fut couverte de ténèbres (1)." Ce fait nous est également attesté par les deux autres évangélistes (2). Saint Luc explique même la cause de ces ténèbres, c'est-à-dire que le soleil s'obscurcit. Saint Matthieu ajoute: "Vers la neuvième heure Jésus poussa un grand cri en disant: Eli, Eli, lamina, sabactani; ce qui veut dire: Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'avez-vous abandonné ? Quelques-uns de ceux qui étaient là présents, entendant ces paroles, disaient: Voilà qu'il appelle Elie." Saint Marc n'emploie pas exactement les mêmes mots, mais il exprime exactement la même pensée. Saint Matthieu reprend: "Et l'un deux accourant, trempa une éponge dans du vinaigre, la fixa au bout d'un roseau et lui offrait à boire."



Saint Marc s'exprime ainsi: L'un d'entre eux accourant, remplit une éponge de vinaigre, la fixa sur un jonc et lui offrait à boire en disant: Attendons et voyons si Elie viendra le délivrer." Ce n'est pas sur les lèvres de celui qui présentait l'éponge que saint Matthieu met ces paroles, mais sur les lèvres des assistants: "Et les autres disaient: laisse, voyons si Elie viendra le délivrer;" de là nous pouvons conclure que tous ont tenu ce langage.



Saint Luc avant de raconter les insultes du voleur rapporte cette circonstance du vinaigre: "Ils se raillaient de lui, dit-il, et les soldats s'approchant lui offrirent du vinaigre en disant: Si tu es le roi des J.uifs, sauve-toi toi-même (3)."Il voulait ainsi exprimer ce qui avait été dit et fait par les soldats. Peu importe du reste qu'il n'ait pas spécifié que ce vinaigre ne lui fut offert que par un seul soldat; nous avons vu plus haut que la coutume permettait d'employer le pluriel pour le singulier. Saint Jean parle aussi du vinaigre: "Ensuite Jésus sachant que tout le reste était accompli, et voulant accomplir l'Ecriture s'écria: J'ai soif. Et il y avait là un vase plein de vinaigre; aussitôt ils en remplirent une éponge qu'ils fixèrent autour d'une tige d'hysope et l'approchèrent de sa bouche (1)."



Saint Jean rapporte de Jésus cette parole: "J'ai soif", et parle d'un vase rempli de vinaigre; si les autres ont gardé le silence sur ces détails, il n'y a pas là de quoi nous étonner.



1 Matt. XXVII, 45-49.
2 Marc, XV, 33-36; Luc, XXIII, 44-46.
3 Luc, XXIII, 36.
1 Jean, XIX, 28-29.




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