Le bon jugement

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Lucie
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 7:07 am


Conformément aux décrets du Pape Urbain VIII, nous déclarons que nous ne cherchons pas à anticiper le jugement officiel de l’Église qui seule est en droit de décerner le titre de saint, ou de déclarer recevables et conformes à son enseignement les locutions intérieures ou messages sous toutes formes reçus par ses enfants. À l'avance nous nous soumettons filialement et sans réserve à sa décision.

Qu’est-ce que le jugement ou soupçon téméraire ?

Le jugement ou le soupçon téméraire est un péché qui consiste à mal juger ou à soupçonner de mal le prochain sans un juste motif.

Catéchisme saint Pie X.


http://www.salve-regina.com/Catechisme/Catechisme_de_St_Pie_X.htm


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Message  JCMD67 Sam 22 Mai 2010, 7:35 am

Merci pour ce rappel. Le bon jugement Icon_biggrin
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 8:07 am

CHAPITRE XXVIII
DES JUGEMENTS TÉMÉRAIRES

« Ne jugez point et vous ne serez point jugés, dit le Sauveur de nos âmes; ne condamnez point et vous ne serez point condamnés. » Non, dit le saint Apôtre, ne ne jugez pas avant le temps, jusques à ce que le Seigneur vienne, qui révélera le secret des ténèbres et manifestera les conseils des coeurs. Oh ! que les jugements téméraires sont désagréables à Dieu! Les jugements des enfants des hommes sont téméraires, parce qu’ils ne sont pas juges les uns des autres, et jugeant ils usurpent l’office de Notre-Seigneur; ils sont téméraires, parce que la principale malice du péché dépend de l’intention et conseil du coeur, qui est le secret des ténèbres pour nous; ils sont téméraires, parce qu’un chacun a assez à faire à se juger soi-même, sans entreprendre de juger son prochain. C’est chose également nécessaire pour n’être point jugés, de ne point juger les autres et de se juger soi-même; car, comme Notre-Seigneur nous défend l’un, l’Apôtre nous ordonne l’autre, disant: « Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions point jugés. » Mais, o Dieu, nous faisons tout au contraire; car ce qui nous est défendu, nous ne cessons de le faire, jugeant à tout propos le prochain; et ce qui nous est commandé, qui est de nous juger nous-mêmes, nous ne le faisons jamais.

Selon les causes des jugements téméraires, il y faut remédier. Il y a des coeurs aigres, amers et âpres de leur nature, qui rendent pareillement aigre et. amer tout ce qu’ils reçoivent, et convertissent, comme dit le Prophète, le jugement en absinthe, ne jugeant jamais du prochain qu’avec toute rigueur et âpreté : ceux-ci ont grandement besoin de tomber entre les mains d’un bon médecin spirituel, car cette amertume de coeur leur étant naturelle, elle est malaisée à vaincre; et bien qu’en soi elle ne soit pas péché, ains seulement une imperfection, elle est néanmoins dangereuse, parce qu’elle introduit et fait régner en l’âme le jugement téméraire et la médisance. Aucuns jugent témérairement non point par aigreur mais par orgueil, leur étant avis qu’à mesure qu’ils dépriment l’honneur d’autrui, ils relèvent le leur propre : esprits arrogants et présomptueux, qui s’admirent eux-mêmes et se colloquent si haut en leur propre estime, qu’ils voient tout le reste comme chose petite et basse: « Je ne suis pas comme le reste des hommes», disait ce sot Pharisien. Quelques-uns n’ont pas cet orgueil manifeste, ains seulement une certaine petite complaisance à considérer le mal d’autrui, pour savourer et faire savourer plus doucement le bien contraire, duquel ils s’estiment doués; et cette complaisance est si secrète et imperceptible, que si on n’a bonne vue on ne la peut découvrir, et ceux même qui en sont atteints ne la connaissent pas si on ne la leur montre. Les autres, pour se flatter et excuser envers eux-mêmes et pour adoucir les remords de leurs consciences, jugent fort volontiers que les autres sont vicieux du vice auquel ils se sont voues, ou de quelque autre aussi grand, leur étant avis que la multitude des criminels rend leur péché moins blâmable. Plusieurs s’adonnent au jugement téméraire, pour le seul plaisir qu’ils prennent à philosopher et deviner des moeurs et humeurs des personnes, par manière d’exercice d’esprit; que si par malheur ils rencontrent quelquefois la vérité en leurs jugements, l’audace et l’appétit de continuer s’accroît tellement en eux, que l’on a peine de les en détourner. Les autres jugent par passion, et pensent toujours bien de ce qu’ils aiment et toujours mal de ce qu’ils haïssent, sinon en un cas admirable et néanmoins véritable, auquel l’excès de l’amour provoque à faire mauvais jugement de ce qu’on aime : effet monstrueux, mais aussi provenant d’un amour impur, imparfait, troublé et malade, qui est la jalousie, laquelle, comme chacun sait, sur un simple regard, sur le moindre souris du monde condamne les personnes de perfidie et d’adultère. Enfin, la crainte, l’ambition et telles autres faiblesses d’esprit contribuent souvent beaucoup à la production du soupçon et jugement téméraire.

Mais quels remèdes ? Ceux qui boivent le suc de l’herbe ophiusa d’Ethiopie cuident partout voir des serpents et choses effroyables : ceux qui ont avalé l’orgueil, l’envie, l’ambition, la haine, ne voient rien qu’ils ne trouvent mauvais et blâmable; ceux-là pour être guéris doivent prendre du vin de palme, et j’en dis de même pour ceux-ci: buvez le plus que vous pourrez le vin sacré de la charité, elle vous affranchira de ces mauvaises humeurs qui vous font faire ces jugements tortus. La charité craint de rencontrer le mal, tant s’en faut qu’elle l’aille chercher ; et quand elle le rencontre, elle en détourne sa face et le dissimule, ains elle ferme ses yeux avant que de le voir, au premier bruit qu’elle en aperçoit, et puis croit par une sainte simplicité que ce n’était pas le mal, mais seulement l’ombre ou quelque fantôme de mal; que si par force elle reconnaît que c’est lui-même, elle s’en détourne tout incontinent et tâche d’en oublier la figure. La charité est le grand remède à tous maux, mais spécialement pour celui-ci. Toutes choses paraissent jaunes aux yeux des ictériques et qui ont la grande jaunisse; l’on dit que pour les guérir de ce mal, il leur faut faire porter de l’éclère sous la plante de leur pied. Certes, ce péché de jugement téméraire est une jaunisse spirituelle, qui fait paraître toutes choses mauvaises aux yeux de ceux qui en sont atteints; mais qui en veut guérir, il faut qu’il mette les remèdes non aux yeux, non à l’entendement, mais aux affections qui sont les pieds de l’âme: si vos affections sont douces, votre jugement sera doux ; si elles sont charitables, votre jugement le sera de même. Je vous présente trois exemples admirables.

Isaac avait dit que Rébecca était sa soeur; Abimélech vit qu’il se jouait avec elle, c’est-à-dire qu’il la caressait tendrement, et il jugea soudain que c’était sa femme : un oeil malin eût plutôt jugé qu’elle était sa garce, ou que, si elle était sa soeur, qu’il eût été un inceste; mais Abimélech suit la plus charitable opinion qu’il pouvait prendre d’un tel fait. Il faut toujours faire de même, Philothée, jugeant en faveur du prochain, autant qu’il nous sera possible; que si une action pouvait avoir cent visages, il la faut regarder en celui qui est le plus beau. Notre Dame était grosse, saint Joseph le voyait clairement; mais parce que d’autre côté il la voyait toute sainte, toute pure, toute angélique, il ne put onques croire qu’elle eût pris sa grossesse contre son devoir, si qu’il se résolvait, en la laissant, d’en laisser le jugement à Dieu: quoique l’argument fût violent pour lui faire concevoir mauvaise opinion de cette vierge, si ne voulut-il jamais l’en juger. Mais pourquoi ? parce, dit l’Esprit de Dieu, qu’il était juste : l’homme juste, quand il ne peut plus excuser ni le fait ni l’intention de celui que d’ailleurs il connaît homme de bien, encore n’en veut-il pas juger, mais ôte cela de son esprit et en laisse le jugement à Dieu. Mais le Sauveur crucifié, ne pouvant excuser du tout le péché de ceux qui le crucifiaient, au moins en amoindrit-il la malice, alléguant leur ignorance. Quand nous ne pouvons excuser le péché, rendons-le au moins digne de compassion, l’attribuant à la cause la plus supportable qu’il puisse avoir, comme à l’ignorance ou à l’infirmité. Mais ne peut-on donc jamais juger le prochain ? Non certes, jamais; c’est Dieu, Philothée, qui juge les criminels en justice. Il est vrai qu’il se sert de la voix des magistrats, pour se rendre intelligible à nos oreilles: ils sont ses truchements et interprètes, et ne doivent rien prononcer que ce qu’ils ont appris de lui comme étant ses oracles; que s’ils font autrement, suivant leurs propres passions, alors c’est vraiment eux qui jugent et qui par conséquent seront jugés, car il est défendu aux hommes, en qualité d’hommes, de juger les autres.

De voir ou connaître une chose, ce n’est pas en juger; car le jugement, au moins selon la phrase de l’Ecriture, présuppose quelque petite ou grande, vraie ou apparente difficulté qu’il faille vider; c’est pourquoi elle dit que « ceux qui ne croient point sont déjà jugés », parce qu’il n’y a point de doute en leur damnation. Ce n’est donc pas mal fait de douter du prochain, non, car il n’est pas défendu de douter, ains de juger; mais il n’est pourtant pas permis ni de douter, ni de soupçonner sinon ric-à-ric tout autant que les raisons ou arguments nous contraignent de douter; autrement les doutes et soupçons sont téméraires. Si quelque oeil malin eût vu Jacob quand il baisa Rachel auprès du puits, où qu’il eût vu Rébecca accepter des bracelets et pendants d’oreille d’Eliézer, homme inconnu en ce pays-là, il eût sans doute mal pensé de ces deux exemplaires de chasteté, mais sans raison et fondement; car quand une action est de soi-même indifférente, c’est un soupçon téméraire d’en tirer une mauvaise conséquence, sinon que plusieurs circonstances donnent force à l’argument. C’est aussi un jugement téméraire de tirer conséquence d’un acte pour blâmer la personne ; mais ceci, je le dirai tantôt plus clairement.

Enfin, ceux qui ont bien soin de leur conscience, ne sont guère sujets au jugement téméraire; car comme les abeilles, voyant le brouillard ou temps nubileux, se retirent en leurs ruches à ménager le miel, aussi les cogitations des bonnes âmes ne sortent pas sur des objets embrouillés ni parmi les actions nubileuses des prochains : ains, pour en éviter la rencontre, se ramassent dedans le coeur pour y ménager les bonnes résolutions de leur amendement propre. C’est le fait d’une âme inutile, de s’amuser à l’examen de la vie d’autrui.

J’excepte ceux qui ont charge des autres, tant en la famille qu’en la république; car une bonne partie de leur conscience consiste à regarder et veiller sur celle des autres. Qu’ils fassent donc leur devoir avec amour; passé cela, qu’ils se tiennent en eux-mêmes pour ce regard.


http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/francoisdesales/viedevote/partie3.htm#_Toc523293730


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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 8:09 am

Toutes les fautes contre la charité viennent de ce qu’on ne regarde pas le prochain avec les yeux de la foi ; alors à nos yeux de chair apparaissent les défauts, les travers, les maladresses ; à notre mémoire se présentent de nombreux griefs, les blessures qu’a reçues notre amour-propre, les contradictions, les oppositions qu’a subies notre volonté. Oublions ces misères et ne voyons que les âmes, filles de Dieu, si chères à Jésus qu’Il veut s’unir étroitement à elles et pour ainsi dire s’incarner en elles, et efforçons-nous d’aimer Dieu, d’aimer Jésus dans nos frères.

72. Animés de pareils sentiments, il nous sera facile de juger favorablement le prochain : ne jugeons-nous pas toujours avec indulgence ceux que nous aimons ? Si nous ne pouvons porter un jugement bienveillant, alors abstenons-nous de juger ; nous n’en sommes pas chargés et nous n’avons pas pour porter un jugement sûr les lumières nécessaires. Il n’appartient qu’à Dieu de juger ; n’empiétons pas sur ses droits : " Qui es-tu, toi qui juges le serviteur d’autrui ? S’il se tient debout ou s’il tombe, cela regarde son maître. " (Rom., xiv, 4) Et son Maître, qui est aussi le tien, qui te jugera toi aussi, sera très sévère pour ceux qui auront ainsi jugé et condamné ses enfants. Au contraire, si les hommes s’abstiennent de juger, ce qui est leur strict devoir, ce Dieu infiniment miséricordieux les récompensera en ne les condamnant pas, ce qui pourtant serait son droit : " N’a-t-Il pas dit : " Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés " ?

Et comment pouvons-nous retenir notre jugement ? " Si une action peut avoir cent visages, dit saint François de Sales, il faut la regarder toujours par le plus beau. Si on ne peut excuser l’action, on peut excuser l’intention. Si on ne peut excuser l’intention, on peut accuser la violence de la tentation, ou se rejeter sur l’ignorance ou la surprise ou la faiblesse humaine. " (Esprit de saint François de Sales)

Surtout d’une faute passagère il ne faut pas conclure à une habitude mauvaise ; même les gens de grande vertu peuvent avoir des faiblesses, d’autant plus, comme le remarque saint Grégoire (Morale, xxiv, 15) que le Seigneur refuse parfois les moindres grâces à ceux qu’Il a comblés de plus grandes, et Il leur laisse quelques imperfections pour les maintenir dans l’humilité. Lors même que les torts du prochain sont évidents, une âme charitable s’applique à considérer les bonnes qualités qu’il possède.

Il est d’une grande utilité pour l’âme pieuse d’entretenir en elle, autant qu’il lui est possible, des sentiments d’estime pour le prochain, puisque l’on aime d’autant plus une personne qu’on apprécie davantage. Si l’on observe bien cette première loi de la charité chrétienne, il sera facile d’observer les autres lois.

" Il y a des gens, disait saint Alphonse, dont la langue ne saurait lécher sans écorcher. " (T. X, ch. xiii) et le B. Hofbauer remarquait avec raison que ce sont d’ordinaire les plus mauvais qui sont les plus prompts à juger et à critiquer : oui, les plus mauvais : eussent-ils les apparences de la piété, cette piété ne peut être que duperie ou illusion.

Cependant il est permis de parler défavorablement du prochain pour éclairer ceux qui ont charge de le reprendre et de le corriger, ou bien pour préserver du mal ceux à qui il pourrait nuire. " J’excepte, dit saint François de Sales, entre tous les ennemis déclarés de Dieu et de son Eglise, car ceux-là il faut les décrier tant qu’on peut, comme sont les sectes des hérétiques et des schismatiques et les chefs d’icelles : c’est charité de crier au loup quand il est entre les brebis, voire où qu’il soit. " (Vie dév., xvii, 29)


http://www.salve-regina.com/Spiritualite/Manuel_de_spiritualie_saudreau.htm
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 8:14 am

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§ 5. Le huitième commandement.

Que nous défend le huitième commandement : Tu ne diras pas de faux témoignage ?


Le huitième commandement : Tu ne diras pas de faux témoignage, nous défend de déposer faussement en justice. Il nous défend encore la diffamation ou médisance, la calomnie, la flatterie, le jugement et le soupçon téméraires et toute sorte de mensonge.

Qu’est-ce que la diffamation ou médisance ?


La diffamation ou médisance est un péché qui consiste à manifester sans un juste motif les péchés et les défauts d’autrui.

Qu’est-ce que la calomnie ?


La calomnie est un péché qui consiste à attribuer méchamment au prochain des fautes et des défauts qu’il n’a pas.

Qu’est-ce que la flatterie ?


La flatterie est un péché qui consiste à tromper quelqu’un en disant faussement du bien de lui ou d’un autre, dans le but d’en retirer quelque avantage.

Qu’est-ce que le jugement ou soupçon téméraire ?


Le jugement ou le soupçon téméraire est un péché qui consiste à mal juger ou à soupçonner de mal le prochain sans un juste motif.

Qu’est-ce que le mensonge ?


Le mensonge est un péché qui consiste à affirmer comme vrai ou comme faux, par des paroles ou par des actes, ce qu’on ne croit pas tel.

De combien d’espèces est le mensonge ?


Le mensonge est de trois espèces : le mensonge joyeux, le mensonge officieux et le mensonge pernicieux.

Qu’est-ce que le mensonge joyeux ?


Le mensonge joyeux est celui dans lequel on ment par pure plaisanterie et sans faire tort à personne.

Qu’est-ce que le mensonge officieux ?


Le mensonge officieux est l’affirmation d’une chose fausse pour sa propre utilité ou celle d’un autre, mais sans qu’il y ait de préjudice pour personne.

Qu’est-ce que le mensonge pernicieux ?


Le mensonge pernicieux est l’affirmation d’une chose fausse qui fait tort au prochain.

Est-il permis de mentir ?


Il n’est jamais permis de mentir ni par plaisanterie, ni pour son propre avantage ni pour celui d’autrui, car c’est une chose mauvaise par elle-même.

Quel péché est le mensonge ?


Quand le mensonge est joyeux ou officieux, c’est un péché véniel ; mais s’il est pernicieux, c’est un péché mortel si le préjudice causé est grave.

Est-il toujours nécessaire de dire tout ce qu’on pense ?


Non, cela n’est pas toujours nécessaire, surtout quand celui qui vous interroge n’a pas le droit de savoir ce qu’il demande.

Pour celui qui a péché contre le huitième commandement suffit-il qu’il s’en confesse ?


Pour celui qui a péché contre le huitième commandement, il ne suffit pas qu’il s’en confesse ; il est obligé de rétracter ce qu’il a dit de calomnieux contre le prochain, et de réparer du mieux qu’il le peut les dommages qu’il lui a causés.

Que nous ordonne le huitième commandement ?

Le huitième commandement nous ordonne de dire quand il le faut la vérité, et d’interpréter en bien, autant que nous le pouvons, les actions de notre prochain.


INTERROGATION :

Que nous défend le huitième commandement : Tu ne diras pas de faux témoignage ?
Qu’est-ce que la diffamation ou médisance ?
Qu’est-ce que la calomnie ?
Qu’est-ce que la flatterie ?
Qu’est-ce que le jugement ou soupçon téméraire ?
Qu’est-ce que le mensonge ?
De combien d’espèces est le mensonge ?
Qu’est-ce que le mensonge joyeux ?
Qu’est-ce que le mensonge officieux ?
Qu’est-ce que le mensonge pernicieux ?
Est-il permis de mentir ?
Quel péché est le mensonge ?
Est-il toujours nécessaire de dire tout ce qu’on pense ?
Pour celui qui a péché contre le huitième commandement suffit-il qu’il s’en confesse ?
Que nous ordonne le huitième commandement ?
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 8:17 am

CHAPITRE XXIX
DE LA MÉDISANCE

Le jugement téméraire produit l’inquiétude, le mépris du prochain, l’orgueil et complaisance de soi-même et cent autres effets très pernicieux, entre lesquels la médisance tient des premiers rangs, comme la vraie peste des conversations. O que n’ai je un des charbons du saint autel pour toucher les lèvres des hommes, afin que leur iniquité fût ôtée et leur péché nettoyé, à l’imitation du séraphin qui purifia la bouche d’Isaïe! Qui ôterait la médisance du monde, en ôterait une grande partie des péchés et de l’iniquité.

Quiconque ôte injustement la bonne renommée à son prochain, outre le péché qu’il commet, il est obligé à faire la réparation, quoique diversement selon la diversité des médisances; car nul ne peut entrer au ciel avec le bien d’autrui, et entre tous les biens extérieurs la renommée est le meilleur. La médisance est une espèce de meurtre, car nous avons trois vies: la spirituelle qui gît en la grâce de Dieu, la corporelle qui gît en l’âme, et la civile qui consiste en la renommée; le péché nous ôte la première, la mort nous ôte la seconde, et la médisance nous ôte la troisième. Mais le médisant par un seul coup de sa langue, fait ordinairement trois meurtres: il tue son âme et celle de celui qui l’écoute, d’un homicide spirituel, et ôte la vie civile à celui duquel il médit; car, comme disait saint Bernard, et celui qui médit et celui qui écoute le médisant, tous deux ont le diable sur eux, mais l’un l’a en la langue et l’autre en l’oreille. David parlant des médisants «Ils ont affilé leurs langues, dit-il, comme un serpent. » Or le serpent a la langue fourchue et à deux pointes, comme dit Aristote; et telle est celle du médisant, qui d’un seul coup pique et empoisonne l’oreille de l’écoutant et la réputation de celui de qui elle parle.

Je vous conjure donc, très chère Philothée, de ne jamais médire de personne, ni directement, ni indirectement : gardez-vous d’imposer des faux crimes et péchés au prochain, ni de découvrir ceux qui sont secrets, ni d’agrandir ceux qui sont manifestes, ni d’interpréter en mal la bonne oeuvre, ni de nier le bien que vous savez être en quelqu’un, ni le dissimuler malicieusement, ni le diminuer par paroles; car, en toutes ces façons, vous offenseriez grandement Dieu, mais surtout accusant faussement et niant la vérité au préjudice du prochain; car c’est double péché, de mentir et nuire tout ensemble au prochain.

Ceux qui pour médire font des préfaces d’honneur, ou qui disent de petites gentillesses et gausseries entre deux, sont les plus fins et vénéneux médisants de tous. Je proteste, disent-ils, que je l’aime et que au reste, c’est un galant homme; mais cependant, il faut dire la vérité, il eut tort de faire une telle perfidie. C’est une fort vertueuse fille, mais elle fut surprise, et semblables petits agencements. Ne voyez-vous pas l’artifice ? Celui qui veut tirer à l’arc, tire tant qu’il peut la flèche à soi, mais ce n’est que pour la darder plus puissamment: il semble que ceux-ci retirent leur médisance à eux, mais ce n’est que pour la décocher plus fermement, afin qu’elle pénètre plus avant dedans les coeurs des écoutants. La médisance dite par forme de gausserie, est encore plus cruelle que toutes; car, comme la cigué n’est pas de soi un venin fort pressant, ains assez lent et auquel on peut aisément remédier, mais étant pris avec le vin, il est irrémédiable, ainsi la médisance qui, de soi, passerait légèrement par une oreille et sortirait par l’autre, comme l’on dit, s’arrête fermement en la cervelle des écoutants, quand elle est présentée dedans quelque mot subtil et joyeux. « Ils ont, dit David, le venin de l’aspic en leurs lèvres. » L’aspic fait sa piqûre presque imperceptible, et son venin d’abord rend une démangeaison délectable, au moyen de quoi le coeur et les entrailles se dilatent et reçoivent le poison, contre lequel par après il n’y a plus de remède.

Ne dites pas : «Un tel est un ivrogne », encore que vous l’ayez vu ivre; ni : « Il est adultère », pour l’avoir vu en ce péché; ni : « Il est inceste », pour l’avoir trouvé en ce malheur; car un seul acte ne donne pas le nom à la chose. Le soleil s’arrêta une fois en faveur de la victoire de Josué, et s’obscurcit une autre fois en faveur de celle du Sauveur; nul ne dira pourtant qu’il soit ou immobile ou obscur. Noé s’enivra une fois et Loth une autre fois, et celui-ci de plus commit un grand inceste : ils ne furent pourtant ivrognes ni l’un ni l’autre, ni le dernier ne fut pas inceste; ni saint Pierre sanguinaire pour avoir une fois répandu du sang, ni blasphémateur pour avoir une fois blasphémé. Pour prendre le nom d’un vice ou d’une vertu, il faut y avoir fait quelque progrès et habitude; c’est donc une imposture de dire qu’un homme est colère ou larron, pour l’avoir vu courroucer ou dérober une fois.

Encore qu’un homme ait été vicieux longuement, on court fortune de mentir quand on le nomme vicieux. Simon le lépreux appelait Madeleine pécheresse, parce qu’elle l’avait été naguère; il mentait néanmoins, car elle ne l’était plus, mais une très sainte pénitente; aussi Notre Seigneur prend en protection sa cause. Ce fol pharisien tenait le publicain pour grand pécheur, ou peut-être pour injuste, adultère, ravisseur; mais il se trompait grandement, car t out à l’heure même il était justifié. Hélas! puisque la bonté de Dieu est si grande, qu’un seul moment suffit pour impétrer et recevoir sa grâce, quelle assurance pouvons-nous avoir qu’un homme, qui était hier pécheur, le soit aujourd’hui? Le jour précédent ne doit pas juger le jour présent, ni le jour présent ne doit pas juger le jour précédent: il n’y a que le dernier qui les juge tous. Nous ne pouvons donc jamais dire qu’un homme soit méchant, sans danger de mentir; ce que nous pouvons dire, en cas qu’il faille parler, c’est qu’il fit un tel acte mauvais, il a mal vécu en tel temps, il fait mal maintenant; mais on ne peut tirer nulle conséquence d’hier à ce jourd’hui, ni de ce jourd’hui au jour d’hier, et moins encore au jour de demain.

Encore qu’il faille être extrêmement délicat à ne point médire du prochain, si faut-il se garder d’une extrémité en laquelle quelques-uns tombent, qui, pour éviter la médisance, louent et disent bien du vice. S’il se trouve une personne vraiment médisante, ne dites pas pour l’excuser qu’elle est libre et franche; une personne manifestement vaine, ne dites pas qu’elle est généreuse et propre; et les privautés dangereuses, ne les appelez pas simplicité ou naïvetés; ne fardez pas la désobéissance du nom de zèle, ni l’arrogance du nom de franchise, ni la lasciveté du nom d’amitié. Non, chère Philothée, il ne faut pas, pensant fuir le vice de la médisance, favoriser, flatter ou nourrir les autres, ains faut dire rondement et franchement mal du mal, et blâmer les choses blâmables: ce que faisant, nous glorifions Dieu, moyennant que ce soit avec les conditions suivantes.

Pour louablement blâmer les vices d’autrui, il faut que l’utilité ou de celui duquel on parle, ou de ceux à qui l’on parle, le requière. On récite devant des filles les privautés indiscrètes de tels et de telles qui sont manifestement périlleuses; la dissolution d’un tel ou d’une telle en paroles ou en contenance, qui sont manifestement lubriques : si je ne blâme librement ce mal et que je le veuille excuser, ces tendres âmes qui écoutent, prendront occasion de se relâcher à quelque chose pareille; leur utilité donc requiert que tout franchement je blâme ces choses-là sur le champ, sinon que je puisse réserver à faire ce bon office plus à propos, et avec moins d’intérêt de ceux de qui on parle, en une autre occasion.

Outre cela, encore faut-il qu’il m’appartienne de parler sur ce sujet, comme quand je suis des premiers de la compagnie, et que, si je ne parle, il semblera que j’approuve le vice ; que si je suis des moindres, je ne dois pas entreprendre de faire la censure. Mais surtout, il faut que je sois exactement juste en mes paroles, pour ne dire pas un seul mot de trop : par exemple, si je blâme la privauté de ce jeune homme et de cette fille, parce qu’elle est trop indiscrète et périlleuse, o Dieu, Philothée, il faut que je tienne la balance bien juste, pour ne point agrandir la chose, pas même d’un seul brin. S’il n’y a qu’une faible apparence, je ne dirai rien de cela; s’il n’y a qu’une simple imprudence, je ne dirai rien davantage; s’il n’y a ni imprudence, ni vraie apparence du mal, ains seulement que quelque esprit malicieux en puisse tirer prétexte de médisance, ou je n’en dirai rien du tout, ou je dirai cela même.

Ma langue, tandis que je parle du prochain, est en ma bouche comme un rasoir en la main du chirurgien qui veut trancher entre les nerfs et les tendons: il faut que le coup que je donnerai soit si juste, que je ne dise ni plus ni moins que ce qui en est. Et enfin, il faut surtout observer, en blâmant le vice, d’épargner le plus que vous pourrez la personne en laquelle il est.

Il est vrai que des pécheurs infâmes, publics et manifestes, on en peut parler librement, pourvu que ce soit avec esprit de charité et de compassion, et non point avec arrogance et présomption, ni pour se plaire au mal d’autrui; car, pour ce dernier, c’est le fait d’un coeur vil et abject. J’excepte entre tous, les ennemis déclarés de Dieu et de son Eglise; car ceux-là, il les faut décrier tant qu’on peut, comme sont les sectes des hérétiques et schismatiques, et les chefs d’icelles : c’est charité de crier au loup, quand il est entre les brebis, voire où qu’il soit.

Chacun se donne liberté de juger et censurer les princes, et de médire des nations tout entières, selon la diversité des affections que l’on a en leur endroit : Philothée, ne faites pas cette faute; car outre l’offense de Dieu, elle vous pourrait susciter mille sortes de querelles.

Quand vous oyez mal dire, rendez douteuse l’accusation, si vous le pouvez faire justement ; si vous ne pouvez pas, excusez l’intention de l’accusé; que si cela ne se peut, témoignez de la compassion sur lui, écartez ce propos-là, vous ressouvenant et faisant ressouvenir la compagnie, que ceux qui ne tombent pas en faute en doivent toute la grâce à Dieu. Rappelez à soi le médisant par quelque douce manière; dites quelque autre bien de la personne offensée, si vous le savez.


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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 9:01 am

Il faut (disait l'Abbé Maxime) qu'un serviteur de Dieu ait toujours le coeur brisé de componction ; il doit s'humilier profondément à la vue de ses péchés, et les avoir sans cesse devant les yeux ; mais il doit en même temps ne penser jamais aux fautes du prochain, et ne juger personne, à moins qu'il ne soit autorisé à le faire, ou par la charité, ou par le devoir de sa charge.
[c’est charité de crier au loup, quand il est entre les brebis, voire où qu’il soit. Voir ou connaître une chose, ce n’est pas juger. St François de Sales.]

Rossvecide, liv. VI. ch. 4.

REFLEXION.

Occupé de ses propres péchés, on ne trouve pas le temps de songer à ceux des autres. Rappelons-nous donc souvent, devant le Seigneur, nos années passées, et ne cessons d'en gémir. Si mon Dieu nous a pardonné ces égarements de notre jeunesse, ne nous les pardonnons point nous-mêmes. David était assuré que son divin Maître lui avait remis son péché, et son péché était toujours devant ses yeux. Hélas ! ne suffit-il pas, selon la pensée de St. Augustin, d'avoir une seule fois outragé la vertu, pour pleurer éternellement ? Nous l'avons blessée mille et mille fois, pleurons donc au moins tout le temps qu'on nous permet de vivre.

Textes tirés de :
Reflexions chrétiennes pour tous les jours de l'année, puisés dans les Pères, dans l'histoire de l'Eglise, et dans les auteurs des livres de piété.
Haec meditare, in hic esto, ut profectus tuus manifestus sit omnibus.
Méditez ces choses, soyez-en toujours occupé, afin que votre avancement soit connu de tous.
I Tim ch. IV. v. 15.
Par un Prêtre Français du diocèse de Rennes, exilé pour la la Foi.
Avec l'Approbation des Supérieurs Ecclesiastiques.
A Winchester, de l'imprimerie ROBBINS. 1796.


La Vénérable Elisabeth Canori Mora parlant d'une âme qu'elle connaît, probablement la Bienheureuse Anne-Marie Taïgi :

Cette âme venait de prier pour les nouveaux cardinaux qui venaient d'être créés. Après un songe où elle vit ces cardinaux remplis de vices, son esprit fut rempli d'affliction pour plusieurs jours.

"Elle entendit une voix intérieure qui se lamentait de cette affreuse manière de vivre, non seulement de ces cardinaux, mais de tous ceux qui administrent la Sainte Église, en lui démontrant le déshonneur et le très grave tort que ceux-ci font à la justice divine, et Dieu voulait les punir sévèrement.

Elle concentra son esprit et se dit en elle-même : "Oh, si Dieu me donnait de voir ma pauvre âme chargée de mes propres misères, elle me paraîtrait beaucoup plus affreuse que la leur."

Ainsi, elle se croyait beaucoup plus horrible qu'eux et pleurant ses propres péchés, elle restait avec un meilleur jugement à leur égard.

La Voie, N°30, Toussaint 2005, Ego sum via, Veritas et Vita, p. 20.
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 9:02 am

St Pie X dans son encyclique Pascendi Domini Gregis :

Ces hommes-là peuvent s'étonner que Nous les rangions parmi les ennemis de l'Église. Nul ne s'en étonnera avec quelque fondement qui, mettant leurs intentions à part, dont le jugement est réservé à Dieu, voudra bien examiner leurs doctrines, et, conséquemment à celles-ci, leur manière de parler et d'agir.
Ennemis de l'Église, certes ils le sont, et à dire qu'elle n'en a pas de pires on ne s'écarte pas du vrai. Ce n'est pas du dehors, en effet, on l'a déjà noté, c'est du dedans qu'ils trament sa ruine ; le danger est aujourd'hui presque aux entrailles mêmes et aux veines de l'Église ; leurs coups sont d'autant plus sûrs qu'ils savent mieux où la frapper.

Et comme une tactique des modernistes (ainsi les appelle-t-on communément et avec beaucoup de raison), tactique en vérité fort insidieuse, est de ne jamais exposer leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais de les fragmenter en quelque sorte et de les éparpiller çà et là, ce qui prête à les faire juger ondoyants et indécis, quand leurs idées, au contraire, sont parfaitement arrêtées et consistantes, il importe ici et avant tout de présenter ces mêmes doctrines sous une seule vue, et de montrer le lien logique qui les rattache entre elles.

Dom Sarda y Salvany :
"L'avocat, qui, pouvant montrer dans l'accusateur de son client un calomniateur, garderait le silence par charité, serait à bon droit tenu pour prévaricateur. Pourquoi donc ne pas convenir qu'on ne viole nullement la charité en dévoilant les hontes de ceux qui persécutent toute innocence ?"

http://www.a-c-r-f.com/documents/Don_SARDA_y_SALVANY-Liberalisme_peche.pdf
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 9:04 am

Marie Lataste, livre deuxième.

Quand vous serez poursuivie par la médisance ou la calomnie, souffrez tout avec calme; il ne vous est pourtant pas défendu de vous défendre et de vous justifier; si vous le faites, que ce soit avec paix et tranquillité. Évitez cette profusion de paroles qui fait qu'on s’échauffe peu à peu, qu’on s’irrite et qu’on ne garde plus de bornes; car de cette manière on offense Dieu et le prochain. Si les personnes qui vous sont opposées parlent haut et parlent longtemps, ne les arrêtez pas, écoutez-les avec patience, tranquillité et modestie. Si vous parliez, vous ne seriez point entendue et votre calme vous justifiera d’ailleurs bien plus que tous vos discours. Quand ces personnes auront cessé de parler et qu'elles seront un peu calmées, dites ouvertement, simplement et sincèrement ce que vous dictera la conscience. Si elles ne veulent pas ajouter foi à vos paroles, ne vous en inquiétez point, retirez-vous en paix, souffrez avec patience leurs jugements et leurs condamnations; ne dites jamais du mal d’elles, ne rapportez à personne rien de ce qui s'est passé et attendez. Surtout n’imitez point ceux qui repoussent loin d’eux tous les torts, pour rejeter tout ou à peu près tout sur le compte d’autrui, et cela pour se flatter eux-mêmes et entretenir leur vanité. Ah! plutôt ne dites jamais que du bien des personnes qui vous ont offensée ou qui ont de l’aversion pour vous. Témoignez que vous leur pardonnez, que vous leur voulez du bien, que vous les affectionnez quand même; et ainsi, peu à peu, ces personnes reviendront à vous, et vous serez justifiée par cela même aux yeux du monde. Prenez courage, ma fille, méprisez ou souffrez patiemment les jugements des hommes. Vous ne pouvez être au goût de tout le monde. Chacun juge d’après son caprice et ses inclinations; mais ne vous y arrêtez pas plus qu’à une feuille emportée par le vent. Quand les hommes penseraient et croiraient que vous êtes digne de l’éternelle damnation, que vous importe si par votre vertu vous méritez le ciel? Et de quoi vous servirait d’être regardée comme une sainte sur la terre par les hommes, si votre conduite aux yeux de Dieu mérite l’enfer?


http://jesusmarie.free.fr/marie_lataste.html
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 9:07 am

CHAPITRE XXX
QUELQUES AUTRES AVIS TOUCHANT LE PARLER

Que votre langage soit doux, franc, sincère, rond, naïf et fidèle. Gardez-vous des duplicités, artifices et feintises; bien qu’il ne soit pas bon de dire toujours toutes sortes de vérités, si n’est-il jamais permis de contrevenir à la vérité. Accoutumez-vous à ne jamais mentir à votre escient, ni par excuse ni autrement, vous ressouvenant que Dieu est le Dieu de vérité. Si vous en dites par mégarde et vous pouvez les corriger sur le champ par quelque explication ou réparation, corrigez-les: une excuse véritable a bien plus de grâce et de force pour excuser, que le mensonge.

Bien que quelquefois on puisse discrètement et prudemment déguiser et couvrir la vérité par quelque artifice de parole, si ne faut-il pas pratiquer cela sinon en chose d’importance, quand la gloire et service de Dieu requièrent manifestement: hors de là, les artifices sont dangereux, car, comme dit la sacrée Parole, le Saint Esprit n’habite point en un esprit feint et double. II n’y a nulle si bonne et désirable finesse, que la simplicité. Les prudences mondaines et artifices charnels appartiennent aux enfants de ce siècle; mais les enfants de Dieu cheminent sans détour, et ont le coeur sans replis. «Qui chemine simplement, dit le Sage, il chemine confidemment. » Le mensonge, la duplicité, la simulation témoignent toujours un esprit faible et vil.

Saint Augustin avait dit au quatrième livre de ses Confessions, que son âme et celle de son ami n’étaient qu’une seule âme, et que cette vie lui était en horreur après le trépas de son ami, parce qu’il ne voulait pas vivre à moitié, et que aussi pour cela même il craignait à l’aventure de mourir, afin que son ami ne mourût du tout. Ces paroles lui semblèrent par après trop artificieuses et affectées, si qu’il les révoque au livre de ses Rétractations, et les appelle une ineptie. Voyez-vous, chère Philothée, combien cette sainte belle âme est douillette au sentiment de l’afféterie des paroles ? Certes, c’est un grand ornement de la vie chrétienne que la fidélité, rondeur et sincérité du langage. « J’ai dit, je prendrai garde à mes voies, pour ne point pécher en ma langue…- Eh! Seigneur, mettez des gardes à ma bouche et une porte qui ferme mes lèvres », disait David.

C’est un avis du roi saint Louis, de ne point dédire personne, sinon qu’il y eût péché ou grand dommage à consentir : c’est afin d’éviter toutes contestes et disputes. Or, quand il importe de contredire à quelqu’un, et d’opposer son opinion à celle d’un autre, il faut user de grande douceur et dextérité, sans vouloir violenter l’esprit d’autrui; car aussi bien ne gagne-t-on rien, prenant les choses âprement. Le parler peu, tant recommandé par les anciens sages, ne s’entend pas qu’il faille dire peu de paroles, mais de n’en dire pas beaucoup d’inutiles; car en matière de parler, on ne regarde pas à la quantité, mais à la qualité. Et me semble qu’il faut fuir les deux extrémités : car de faire trop l’entendu et le sévère, refusant de contribuer aux devis familiers qui se font ès conversations, il semble qu’il y ait ou manquement de confiance, ou quelque sorte de dédain; de babiller aussi et cajoler toujours, sans donner ni loisir ni commodité aux autres de parler à souhait, cela tient de l’éventé et du léger.

Saint Louis ne trouvait pas bon qu’étant en compagnie l’on parlât en secret et en conseil, et particulièrement à table, afin que l’on ne donnât soupçon, que l’on parlât des autres en mal : « Celui, disait-il, qui est à table en bonne compagnie, qui a à dire quelque chose joyeuse et plaisante, la doit dire que tout le monde l’entende; si c’est chose d’importance, on la doit taire sans en parler. »


http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/francoisdesales/viedevote/partie3.htm#_Toc523293734

10. Qu'il faut éviter les entretiens inutiles

1.Evitez autant que vous pourrez le tumulte du monde, car il y a du danger à s'entretenir des choses du siècle, même avec une intention pure.
Bientôt la vanité souille l'âme et la captive. Je voudrais plus souvent m'être tu, et ne m'être point trouvé avec les hommes.

D'où vient que nous aimions tant à parler et à converser lorsque si rarement il arrive que nous rentrions dans le silence avec une conscience qui ne soit point blessée ?

C'est que nous cherchons dans ces entretiens une consolation mutuelle et un soulagement pour notre coeur fatigué de pensées contradictoires.

Nous nous plaisons à parler, à occuper notre esprit de ce que nous aimons, de ce que nous souhaitons, de ce qui contrarie nos désirs.

2.Mais souvent, hélas ! bien vainement; car cette consolation extérieure n'est pas un médiocre obstacle à la consolation que Dieu donne intérieurement.
Il faut donc veiller et prier, afin que le temps ne se passe pas sans fruit.
S'il est permis, s'il convient de parler, parlez de ce qui peut édifier.

La mauvaise habitude et le peu de soin de notre avancement nous empêchent d'observer notre langue.

Cependant de pieuses conférences sur les choses spirituelles, entre des personnes unies selon Dieu et animées d'un même esprit, servent beaucoup au progrès dans la perfection.


http://jesusmarie.free.fr/imitation_de_jesus_christ_livre_1.html
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 9:11 am

Imitation de Jésus-Christ :

14. Eviter les jugements téméraires, et ne se point rechercher soi-même

1.Tournez les yeux sur vous-même, et gardez-vous de juger les actions des autres.
En jugeant les autres, l'homme se fatigue vainement; il se trompe le plus souvent, et
commet beaucoup de fautes; mais en s'examinant et se jugeant lui-même, il travaille
toujours avec fruit.

D'ordinaire nous jugeons les choses selon l'inclination de notre coeur, car
l'amour-propre altère aisément en nous la droiture du jugement.
Si nous n'avions jamais en vue que Dieu seul, nous serions moins troublés quand on
résiste à notre sentiment.

2.Mais souvent il y a quelque chose hors de nous, ou de caché en nous, qui nous entraîne.
Plusieurs se recherchent secrètement eux-mêmes dans ce qu'ils font, et ils l'ignorent.
Ils semblent affermis dans la paix lorsque tout va selon leurs désirs; mais éprouvent-ils
des contradictions, aussitôt ils s'émeuvent et tombent dans la tristesse.
La diversité des opinions produit souvent des discussions entre les citoyens, et même
entre les religieux et les personnes dévotes.

3.On quitte difficilement une vieille habitude, et nul ne se laisse volontiers conduire
au-delà de ce qu'il voit.

Si vous vous appuyez sur votre esprit et sur votre pénétration plus que sur la
soumission dont Jésus-Christ nous a donné l'exemple, vous serez très peu et très tard
éclairé sur la vie spirituelle: car Dieu veut que nous lui soyons parfaitement soumis, et
que nous nous élevions au-dessus de toute raison par un ardent amour.


http://jesusmarie.free.fr/imitation_de_jesus_christ_livre_1.html
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 9:16 am

15. Des oeuvres de charité

1.Pour nulle chose au monde ni pour l'amour d'aucun homme, on ne doit faire le
moindre mal;

on peut quelquefois cependant, pour rendre un service dans le besoin,
différer une bonne oeuvre ou lui en substituer une meilleure; car alors le bien n'est pas
détruit mais il se change en un plus grand.
Aucune oeuvre extérieure ne sert sans la charité; mais tout ce qui est fait par la charité,
quelque petit ou quelque vil qu'il soit, produit des fruits abondants.
Car Dieu regarde moins à l'action qu'au motif qui fait agir.

2.Celui-là fait beaucoup qui aime beaucoup.
Celui-là fait beaucoup, qui fait bien ce qu'il fait, et il fait bien lorsqu'il subordonne sa
volonté à l'utilité publique.

Ce qu'on prend pour la charité souvent n'est que la convoitise; car il est rare que
l'inclination, la volonté propre, l'espoir de la récompense ou la vue de quelque avantage
particulier n'influe pas sur nos actions.

3.Celui qui possède la charité véritable et parfaite ne se recherche en rien; mais son
unique désir est que la gloire de Dieu s'opère en toutes choses.

Il ne porte envie à personne, parce qu'il ne souhaite aucune faveur particulière, ne met
point sa joie en lui-même, et que, dédaignant tous les autres biens, il ne cherche qu'en
Dieu son bonheur.

Il n'attribue jamais aucun bien à la créature; il les rapporte tous à Dieu, de qui ils
découlent comme de leur source, et dans la jouissance duquel tous les saints se
reposent à jamais comme dans leur fin dernière.

Oh ! qui aurait une étincelle de la vraie charité, que toutes les choses de la terre lui
paraîtraient vaines !

16. Qu'il faut supporter les défauts d'autrui

1.Ce que l'homme ne peut corriger en soi ou dans les autres, il doit le supporter avec
patience, jusqu'à ce que Dieu en ordonne autrement.
Songez qu'il est peut-être mieux qu'il en soit ainsi, pour vous éprouver dans la
patience, sans laquelle nos mérites sont peu de chose.
Vous devez cependant prier Dieu de vous aider à vaincre ces obstacles, ou à les
supporter avec douceur.

2.Si quelqu'un, averti une ou deux fois, ne se rend point, ne contestez point avec lui; mais
confiez tout à Dieu, qui sait tirer le bien du mal, afin que sa volonté s'accomplisse et
qu'il soit glorifié dans tous ses serviteurs.

Appliquez-vous à supporter patiemment les défauts et les infirmités des autres, quelles
qu'ils soient, parce qu'il y a aussi bien des choses en vous que les autres ont à
supporter.

Si vous ne pouvez vous rendre tel que vous voudriez, comment pourrez-vous faire que
les autres soient selon votre gré ?

Nous aimons que les autres soient exempts de défauts, et nous ne corrigeons point les
nôtres.

3.Nous voulons qu'on reprenne les autres sévèrement, et nous ne voulons pas être repris
nous-mêmes.

Nous sommes choqués qu'on leur laisse une trop grande liberté, et nous ne voulons pas
qu'on nous refuse rien.

Nous voulons qu'on les retienne par des règlements, et nous ne souffrons pas qu'on
nous contraigne en la moindre chose.

Par-là on voit clairement combien il est rare que nous usions de la même mesure pour
nous et pour les autres.
Si tous étaient parfaits, qu'aurions-nous de leur part à souffrir pour Dieu ?

4.Or Dieu l'a ainsi ordonné afin que nous apprenions à porter le fardeau les uns des
autres, car chacun a son fardeau; personne n'est sans défauts, nul ne se suffit à
soi-même; nul n'est assez sage pour se conduire seul; mais il faut nous supporter, nous
consoler, nous aider, nous instruire, nous avertir mutuellement.

C'est dans l'adversité qu'on voit le mieux ce que chacun a de vertus.
Car les occasions ne rendent pas l'homme fragile, mais elles montrent ce qu'il est.

http://jesusmarie.free.fr/imitation_de_jesus_christ_livre_1.html
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 9:23 am


Bible Glaire :
Evangile saint Matthieu, Chapitre 7, versets 15 à 20.

15. Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des vêtements de brebis, tandis qu'au-dedans ce sont des loups ravissants :
16. Vous les connaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des ronces ?
17. Ainsi, tout arbre bon ne peut produire de mauvais fruits, mais tout mauvais arbre produit de mauvais fruits.
18. Un arbre bon ne peut produire de mauvais fruits, ni un arbre mauvais produire de bons fruits.
19. Tout arbre qui ne produit point de bon fruit sera coupé et jeté au feu.
20. Vous les conaîtrez donc à leurs fruits.

Commentaire :
15. Les Hébreux comprenaient par prophètes non seulement ceux qui prédisaient l'avenir, mais en général aussi quiconque se donnait pour inspiré, ou qui se mêlait d'interpréter l'Ecriture et d'enseigner. Et, sous le nom de faux-prophètes, les Pères ont compris ici tous les faux docteurs juifs ou chrétiens.

Exemple par Léon XIII, Humanum genus :

Et plût à Dieu que tous, jugeant l'arbre par ses fruits, sussent reconnaître le germe et le principe des maux qui nous accablent, des dangers qui nous menacent. Nous avons affaire à un ennemi rusé et fécond en artifices.

Si grandes, en effet, que puissent être parmi les hommes l'astucieuse habileté de la dissimulation et l'habitude du mensonge, il est impossible qu'une cause, quelle qu'elle soit, ne se trahisse pas par les effets qu'elle produit : un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, et un mauvais n'en peut pas porter de bons.
Or, les fruits produits par la secte maçonnique sont pernicieux et les plus amers. Voici, en effet, ce qui résulte de ce que Nous avons précédemment indiqué et cette conclusion Nous livre le dernier mot de ses desseins. Il s'agit pour les francs-maçons, et tous leurs efforts tendent à ce but, il s'agit de détruire de fond en comble toute la discipline religieuse et sociale qui est née des institutions chrétiennes et de lui en substituer une nouvelle façonnée à leurs idées et dont les principes fondamentaux et les lois sont empruntées au naturalisme.

Or, le premier principe des naturalistes, c'est qu'en toutes choses, la nature ou la raison humaine doit être maîtresse et souveraine. Cela posé, il s'agit des devoirs envers Dieu, ou bien ils en font peu de cas, ou ils en altère l'essence par des opinions vagues et des sentiments erronés. Ils nient que Dieu soit l'auteur d'aucune révélation. Pour eux, en dehors de ce que peut comprendre la raison humaine, il n'y a ni dogme religieux, ni vérité, ni maître en la parole de qui, au nom de son mandat officiel d'enseignement, on doive avoir foi. Or, comme la mission tout à fait propre et spéciale de l'Église catholique consiste à recevoir dans leur plénitude et à garder dans une pureté incorruptible, les doctrines révélées de Dieu, aussi bien que l'autorité établie pour les enseigner avec les autres secours donnés du ciel en vue de sauver les hommes, c'est contre elle que les adversaires déploient le plus d'acharnement et dirigent leurs plus violentes attaques.
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 9:26 am

« Il n’y a qu’un seul législateur et un seul juge qui puisse condamner et absoudre »(Jac. IV, 12)
----------------------------------------------------------------------------------------
St François de Sales :

Mais ne peut-on donc jamais juger le prochain ? Non certes, jamais; c’est Dieu, Philothée, qui juge les criminels en justice. Il est vrai qu’il se sert de la voix des magistrats, pour se rendre intelligible à nos oreilles: ils sont ses truchements et interprètes, et ne doivent rien prononcer que ce qu’ils ont appris de lui comme étant ses oracles; que s’ils font autrement, suivant leurs propres passions, alors c’est vraiment eux qui jugent et qui par conséquent seront jugés, car il est défendu aux hommes, en qualité d’hommes, de juger les autres.


http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/francoisdesales/viedevote/partie3.htm#_Toc523293730

Diuturnum illud, Léon XIII.

Or, il n’est pas un homme qui est en soi ou de soi ce qu’il faut pour enchaîner par un lien de conscience le libre vouloir de ses semblables. Dieu seul en tant que créateur et législateur universel, possède une telle puissance ; ceux qui l’exercent ont besoin de la recevoir de Lui et de l’exercer en son nom. « Il n’y a qu’un seul législateur et un seul juge qui puisse condamner et absoudre » (Jac. IV, 12) Ceci est vrai de toutes les formes du pouvoir. Pour ce qui est de l’autorité sacerdotale, il est si évident qu’elle vient de Dieu que, chez tous les peuples, ceux qui en sont investis sont appelés les ministres de Dieu et traités comme tels. De même dans la famille, la puissance paternelle porte l’empreinte et comme la vivante image de l’autorité qui est en ce Dieu « de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, empreinte son nom ». (Ad Ephés. III,15) Et par-là les pouvoirs les plus divers se rapprochent dans une merveilleuse ressemblance : partout où l’on retrouve un commandement, une autorité quelconque, c’est à la même source, en Dieu, seul artisan et seul maître du monde, qu’il en faut chercher le principe.
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 9:32 am


Peut-on juger un Pape ?
Innocent III :

« Si moi-même je n’avais pas une foi solide, comment pourrais-je affermir les autres dans la foi? Et c’est là une des parties principales de mes fonctions, car le Seigneur n’a pas dit à saint Pierre: «J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne chancelle pas», et: «Si tu te convertissais un jour, fortifie alors les tes frères ». Il pria, et il fut exaucé dans tout à cause de son obéissance. La foi du Saint-Siège ne chancela donc jamais dans les temps de troubles mais elle demeura toujours ferme et inébranlable, afin que le privilège de saint Pierre demeurât inviolable. Mais précisément pour cette raison j’ai surtout besoin de la foi, parce que je ne relève pour toutes les autres fautes que du tribunal de Dieu; pour les fautes contre la foi, au contraire, je puis être jugé par l’Église. J’ai la foi et une foi constante, parce qu’elle est apostolique » (Innocent III : principal discours au peuple après son sacre; traduction française in: J.B.J. Champagnac: Philippe Auguste et son siècle, Paris 1847 p. 264).


http://www.virgo-maria.org/mystere-iniquite/documents/chapters/documents_published/doc1/node7.html

"... LE PAPE EN DEVENANT HÉRÉTIQUE CESSE, IPSO FACTO, D'ETRE PAPE, ET PAR CONSÉQUENT, CE N'EST PAS COMME TEL QU'IL EST JUGÉ. DANS LE CAS OU LE PAPE DEVIENDRAIT HÉRÉTIQUE" écrit saint Antonin, archevêque de Florence, "IL SE TROUVERAIT, PAR CE SEUL FAIT ET SANS AUTRE SENTENCE, SÉPARÉ DE L'ÉGLISE. EN EFFET, UNE TETE SÉPARÉE D'UN CORPS NE PEUT, AUSSI LONGTEMPS QU'ELLE EN RESTE SÉPARÉE, ETRE LA TETE DE CE MEME CORPS DONT ELLE S'EST RETRANCHÉE. DONC UN PAPE, QUI AURAIT ÉTÉ SÉPARÉ DE L'ÉGLISE PAR L'HÉRÉSIE, CESSERAIT PAR CELA MEME D'ETRE LA TETE DE L'ÉGLISE; IL NE POURRAIT ETRE HÉRÉTIQUE ET RESTER PAPE, PARCE QU'ÉTANT HORS DE L'ÉGLISE, IL NE PEUT POSSÉDER LES CLÉS DE L'ÉGLISE."


Source : Histoires des Conciles, Vol. I, traité théologique, chap. III, pp. 42-43, Actes et histoire du Concile Oecuménique de Rome, 1er du Vatican (1869).

http://membres.multimania.fr/misterlou/5.html#appelnote5
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Message  gabrielle Sam 22 Mai 2010, 11:04 am

Un dossier qui mérite d'êrre lu et relu avec beaucoup d'attention.

Le jugement est sans doute la faute la plus facile à commettre... on s'aveugle tellement vite sur nos intentions..

Nous sommes champions pour déguiser les jugements téméraires en actes de charité...

La phrase classique

"il est un bon chrétien MAIS.... blabla..."

Merci Lucie..
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Message  Diane + R.I.P Sam 22 Mai 2010, 11:16 am

Un bon dossier !

Merci Lucie !
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 11:22 am

A notre époque de liberté d'errer de l'esprit (comme chez les fous) le bon jugement est une faculté primordiale si on veut garder le bon sens, une bonne objectivité, une raison droite, une conscience bien éduquée et une intelligence qui ne soit pas cassée. Very Happy
Lucie
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Message  Diane + R.I.P Sam 22 Mai 2010, 11:27 am

Lucie a écrit:A notre époque de liberté d'errer de l'esprit (comme chez les fous) le bon jugement est une faculté primordiale si on veut garder le bon sens, une bonne objectivité, une raison droite, une conscience bien éduquée et une intelligence qui ne soit pas cassée. Very Happy

Je suis bien d'accord avec vous Le bon jugement 956204 !
Diane + R.I.P
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 12:16 pm

Formation du jugement.

Il ne sert à rien d'enrichir ses connaissances si on n'apprend pas à bien juger, c'est-à-dire juger juste.

Le jugement est la maîtresse pièce de la pensée. C'est à sa formation que doit aboutir toute la culture intellectuelle. Apprendre à bien juger, c'est apprendre à bien voir les choses, à discerner le vrai du faux, les choses principales des choses accessoires, ce qui est nécessaire de ce qui est utile, ce qui est permis de ce qui est défendu.
La personne qui réussit à se former un jugement éclairé et droit, un bon sens qui s'étend aux principaux domaines de la vie, un jugement personnel basé sur l'observation et la réflexion, deviendra dans son milieu un centre de rayonnement et d'influence, une personne sur laquelle on aimera s'appuyer. Elle rayonnera davantage encore si elle a la sagesse de juger non seulement d'après les vues trop courtes du bon sens terre à terre, mais d'après la vue totale de la foi. Les intérêts de Dieu et des âmes doivent être toujours présents à l'esprit du chrétien, s'il veut se former un jugement pleinement éclairé et pleinement humain.

Avoir un jugement juste, droit, est important pour la vie pratique, mais aussi pour la conduite de la vie morale. La conscience, en effet, n'est pas autre chose qu'un jugement que l'on prononce sur la valeur morale de ses actions. Il importe donc d'éliminer les causes d'erreur, tout ce qui peut rendre un jugement faux.



Or, un jugement peut être faux :
1) PAR DEFAUT D'OBJECTIVITE : manque de réflexion ; - on ne confronte pas ses idées avec la réalité ; - on ne sait pas observer...

2)PAR DEFAUT D'INFORMATION : on ne sait pas assez pour bien juger...

3) PAR MANQUE DE REFLEXION : précipitation ou généralisation hâtive. Exemple : étendre à tous les membres d'une société ce qui n'appartient qu'à quelques individus ; parce qu'un commerçant a trompé sur le poids de la marchandise vendue par lui, on déclare que tous les commerçants sont des gens malhonnêtes (généralisation hâtive).

4) PAR MANQUE D'IMPARTIALITE : on se laisse influencer par ses sentiments, qui prennent le pas sur la raison... excès d'imagination ou de sensibilité ; on prend ses désirs pour des réalités...

5) PAR CONFORMISME SOCIAL OU FORMALISME : manque de personnalité ou respect humain ; - on répète ce que l'on entend dire autour de soi; - on accepte les jugements tout faits de l'entourage ; - on fait comme tout le monde parce que c'est la mode.

A la base de tout, il faut du bon sens ; un esprit faux ne peut pas bien juger. Rien ne peut remplacer le bon sens. On a dit que "le bon sens est la chose la mieux partagée" ; quiconque jouit de l'usage de la raison n'en ait jamais complètement dépourvu. Mais sous l'influence des passions désordonnées ou sous l'influence de causes extérieures (milieux défavorable), le bon sens peut s'altérer. par contre, on peut le développer par la réflexion et l'observation, en apprenant à raisonner, par la docilité du jugement, en se soumettant volontiers aux avis de plus savants et de plus judicieux que soi-même.

- Il Y A DIFFERENTES FORMES D'INTELLIGENCE, et cela influe sur le jugement. On distingue :

a) les intelligences théoriques, propres aux études élevées, aux sciences théoriques et parfois peu adaptées à la vie pratique et
-les intelligences pratiques, toutes tournées à l'action et aux problèmes de la vie ;

b) les intelligences intuitives, qui jugent rapidement, en devinant plutôt qu'en raisonnant et
- les intelligences raisonneuses, qui ont besoin de réfléchir, de raisonner longuement pour comprendre et juger ;

c) les intelligences synthétiques, qui s'attachent de préférence aux vues d'ensemble, et
- les intelligences analytiques qui s'attachent de préférence aux détails, et manqueraient assez facilement de vue d'ensemble.

Les femmes ont en général une intelligence plutôt intuitive et analytique ; elles jugent en devinant plutôt qu'en raisonnant et, la plupart du temps, en s'attachant à des détails.
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 1:30 pm

J'ajouterai qu'il faudrait avoir le juste milieu de toutes ces intelligences pour avoir un bon jugement. Puisque nous en avons besoin à notre époque d'insensés, et souvent privés de directeurs, nous sommes en droit de le demander par la prière au Saint-Esprit, qui palliera à nos déficiences naturelles par ses lumières, tout en se laissant conduire par les autres.

Le peu de jugement n'est pas un péché en soi, s'il est naturel, mais s'il peut causer de sérieux dommages à l'âme, comme à notre époque où l'insensé a pignon sur rue et où l'âme peut difficilement se faire diriger par autrui, demander l'aide du Bon Dieu devient nécessaire à notre époque pour avoir un jugement solide.
--------------

« La discrétion est une vertu morale qui règle le don de la science ou de la connaissance. C'est le contraire de la curiosité.
« Il y a des sciences qui sont utiles, d’autres dangereuses et d’autres coupables; d’autres qui ne peuvent servir de rien, et qui par conséquent sont inutiles.
« La discrétion apprend à connaître celles qui sont utiles et à repousser les autres comme mauvaises ou entraînant au mal. Elle apprend aussi à réprimer le désir trop grand des sciences même utiles, parce que la science enfle le cœur et engendre l’orgueil.
« La discrétion apprend à connaître les choses utiles et porte à les étudier, à cause de l’avantage qui ressort de l’étude tant pour soi que pour autrui. Or, la première science, la première connaissance nécessaire, c'est la science de Dieu, la connaissance de la religion, la science et la connaissance du salut. Après celle-là viennent les sciences secondaires qui facilitent le moyen de perfectionner la science du salut, comme la lecture et l’écriture, par lesquelles on apprend par soi-même et on retient ce que l’on a appris en le gravant sur le papier pour le graver ensuite dans le cœur.
« La discrétion apprend à repousser les sciences inutiles pour le bien, parce que ces sciences peuvent très facilement entraîner au mal; elle apprend à repousser les sciences dangereuses, la science du mal, parce que l'homme qui connaît le mal peut l’opérer très facilement.
« La discrétion apprend à réprimer le désir qu'on a de connaître ce qui regarde autrui, elle porte aussi à ne point communiquer ce qu'on a appris quand il y a des motifs suffisants pour ne point faire ces communications.
« Demandez à Dieu la discrétion, ma fille, et vous croîtrez comme votre Sauveur en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu; vous apprendrez à connaître Dieu de plus en plus, de plus en plus à vous attacher à lui et à n’aimer que lui.

http://jesusmarie.free.fr/marie_lataste_livre_9.html
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Message  Lucie Sam 22 Mai 2010, 1:36 pm

Voici un texte du Père Berthier, et celui aussi de ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui témoignent de la direction du Directeur des directeurs. Notre Chef invisible supplée à l'absence de Chef visible sur terre, c'est une consolante vérité, pourvu que nous ayons confiance en Lui.

Notre-Seigneur à Soeur Bénigna :

Tout le secret de la perfection est dans ces deux mots : se défier et se confier. Se défier de soi toujours, et puis, ne pas s’arrêter là, mais s’élever aussitôt à la confiance en Dieu ; car si je suis bon pour tous, je suis très bon pour ceux qui se confient en moi… Sais-tu quelles âmes profitent le plus de ma bonté ?... Celles qui se confient davantage… Les âmes confiantes sont les voleuses de mes grâces… Le plaisir que je goûte dans l’âme confiante est indicible…

La seule petite prière : "Je me confie en vous " me ravit le Cœur, parce qu’en cette toute petite prière sont compris la confiance, la foi, l’amour et l’humilité…

http://voiemystique.free.fr/beninga_consolata_vade_mecum_1.htm

Père Berthier : Quand une âme qui a le goût de piété manque de guides, j'entends de directeurs éclairés qui prennent tâche de bien la conduire, Dieu supplée à ce défaut, soit par des lumières intérieures, soit par la lecture des saints livres. Il suffit alors d'être dans la disposition d'écouter celui qu'il lui plaira d'envoyer. Il faut exposer ses besoins à Dieu, et ne pas craindre qu'il en vienne jusqu'à ne nous pas connaître, comme Israël le craignait dans sa captivité. Dieu connut à Babylone Ezechiel, Daniel, les Enfants de la Fournaise, Suzanne, Zacharie, Aggée, et tous ceux qui lui demeurèrent fidèles. Il n'abandonne jamais ses serviteurs : c'est même dans la tribulation et dans la disette de tous les appuis humains qu'il se rend présent d'une manière plus favorable et plus lumineuse.

J'écris ceci, ô mon Dieu, contre moi-même, parce que je suis plein de défiances et de troubles. J'ai dans mon coeur toutes les plaintes de ces Israélites captifs ; mais je reconnais mieux que la plupart d'entre eux, que je devrais prendre d'autres sentiments. Je ne puis cependant me les donner moi-même, et c'est de vous que je l'es attends ; sentiments de résignation, de confiance, de mépris de moi-même, de pénitence pour tous les égarements de ma vie.
Le P. Berthier, sur le Ps. LXXIII.

REFLEXION.

On a grand tort de se plaindre amèrement quand on manque de guides éclairés dans les voies du salut. Si ce murmure n'est pas toujours injuste, presque toujours il nous suppose coupables, parce que nous n'aurons pas choisi parce que nous n'aurons pas choisi le dépositaire de notre confiance selon les vues du ciel, mais d'après nos goûts, nos caprices. Méritons-nous alors que l'homme de Dieu nous parle au coeur : ou plutôt ne nous exposons nous pas à rencontrer l'ange des ténèbres à la place de l'ange de lumières ? Un aveugle peut se charger d'en conduire un autre, et la chute est alors inévitable, et pour le guide ignorant, et pour l'aveugle qu'il conduit. Dieu a prévu le danger, et sa bonté y a pourvu. A défaut de directeur éclairé, lui-même se propose de nous en servir, nouveau motif de reconnaissance, et tout à la fois de confiance en sa divine providence.
Textes tirés de :
Reflexions chrétiennes pour tous les jours de l'année, puisés dans les Pères, dans l'histoire de l'Eglise, et dans les auteurs des livres de piété.
Haec meditare, in hic esto, ut profectus tuus manifestus sit omnibus.
Méditez ces choses, soyez-en toujours occupé, afin que votre avancement soit connu de tous.
I Tim ch. IV. v. 15.
Par un Prêtre Français du diocèse de Rennes, exilé pour la la Foi.
Avec l'Approbation des Supérieurs Ecclesiastiques.
A Winchester, de l'imprimerie ROBBINS. 1796.
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Message  ROBERT. Sam 22 Mai 2010, 2:11 pm

.

Votre dossier sur LE BON JUGEMENT, nous rappelle des notions à voir ou revoir: jugement téméraire, jugement au for interne, au for externe,

etc. Merci Lucie
ROBERT.
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Message  Lucie Lun 24 Mai 2010, 8:41 am

S. Ambr. Notre-Seigneur condamne ensuite le jugement téméraire, et vous défend de vous rendre les juges des autres, alors que votre conscience vous accuse vous-même : " Ne jugez point. "

— S. Chrys. (Ch. des Pèr. gr.) Ne jugez pas ceux qui sont placés au-dessus de vous ; disciples, ne jugez pas vos maîtres ; pécheurs, ne jugez pas ceux qui sont innocents ; contentez-vous, sans leur faire de reproches, de les avertir et de les corriger avec charité. Gardez-vous aussi de juger dans les choses incertaines et douteuses qui n’ont pas le caractère du mal, où qui ne sont ni graves ni défendues.

— S. Cyr. Notre-Seigneur veut réprimer ici cette détestable passion qui domine nos âmes, et qui est le principe et l’origine de nos superbes mépris. On en voit, en effet, un grand nombre qui, au lieu de s’observer eux-mêmes, et de vivre selon les prescriptions de la loi de Dieu, ne s’occupent qu’à examiner la conduite des autres ; et dès qu’ils y surprennent quelques faiblesses, oubliant leurs propres passions, ils en font le sujet de leurs conversations malignes.

— S. Chrys. (lettre à Démét.) A peine trouverez-vous un seul homme (père de famille ou vivant dans le cloître), qui soit exempt de ce défaut ; cependant, ce sont là autant de tentations dangereuses du démon ; car celui qui juge sévèrement les fautes d’autrui, n’obtiendra jamais le pardon de ses propres fautes : " Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés. " En effet, celui qui est doux et miséricordieux pour les autres, a beaucoup moins à craindre pour ses péchés ; mais celui qui est dur et sévère pour ses frères, ajoute à ses propres crimes.

— S. Grég. de Nysse. Ne vous hâtez donc pas de juger rigoureusement vos serviteurs, si vous ne voulez être traités de même ; car par ce jugement sévère vous vous attirez une condamnation plus rigoureuse : " Ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. " Notre-Seigneur ne défend donc pas le jugement accompagné de clémence et suivi du pardon.

— Bède. Le Sauveur résume ensuite, dans une courte sentence, tous les commandements qu’il avait faits sur les rapports que nous devons avoir avec nos ennemis : " Pardonnez, et il vous sera pardonné, " etc. C’est-à-dire qu’il nous ordonne de pardonner les injures, et de répandre des bienfaits sur nos ennemis, si nous voulons obtenir le pardon de nos péchés, et la vie éternelle pour récompense.

Catena aurea ,Compilation, réalisée par saint Thomas d'Aquin, de commentaires des Pères de l'église sur l'évangile ,(Traduction édition Vivès, 1856, Paris).
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Message  Lucie Ven 28 Mai 2010, 6:31 am

Provenant de : http://www.salve-regina.com/Catechisme/Le_dogme_boulanger.htm

Le violet indique une autre édition.


Dogme (du grec « dogma » décision, décret). Ce mot a souvent, dans l'Ancien Testament et le Nouveau, la signification de lois ou décrets. Ainsi sont appelés les décrets portés par les Apôtres au concile de Jérusalem (Actes, XVI, 4).

C'est seulement au IVè' siècle que plusieurs auteurs commencent à réserver le nom de dogme aux seules vérités qui sont l'objet de la foi.
Dans la langue théologique actuelle, le mot « dogme » signifie : ou 1 °. un article de foi, ou 2°. l'ensemble des dogmes. Dans ce dernier sens, le « dogme catholique » comprend toutes les vérités révélées par Dieu et définies par l'Église comme articles de foi.

16. I. Le Dogme. Définition. Objet. Corollaire.



10 Définition. Un dogme est une vérité révélée par Dieu et proposée par l'Église à notre croyance. Il ressort de cette définition que deux conditions sont requises pour constituer un dogme. Il faut : a) que la vérité soit révélée par Dieu ou garantie par l'autorité divine ; et b) qu'elle soit proposée par l'Église à notre croyance, soit par voie de définition solennelle, soit par voie d'enseignement ordinaire et universel.

Les vérités ainsi proposées sont dites de foi catholique (V. N° 281).



20 Objet. Si l'on considère la nature de la vérité définie par l'Église, le dogme a un triple objet : Il comprend : ~ ~ a) des vérités inaccessibles à la raison : tels sont les mystères que l'intelligence ne peut ni découvrir ni comprendre ; b) des vérités accessibles à la raison, : par exemple, l'existence de Dieu, la vie future, que la raison humaine peut connaître par elle-même mais que Dieu a révélées, soit dans le but d'en donner une intelligence plus nette, soit parce que, autrement, elles n'auraient été connues que d'un petit nombre3 c) des faits historiques, comme par exemple la plupart des faits que les prophètes ont prédits touchant le Messie et qui se sont réalisés à la venue de Notre-Seigneur.


20 Objet. Si l'on considère la nature de la vérité définie par l'Église, le dogme a un triple objet : Il comprend : ~ ~ a) des vérités que l'intelligence ne peut ni découvrir ni comprendre ; par exemple, les mystères proprement dits (N° 23) ; b) des vérités que l'intelligence ne peut découvrir mais qu'elle peut comprendre quand elles lui sont révélés ; par ex : les mystères improprement dits (N°23) ; et c) des vérités telles que l'existence de Dieu, la Providence, la vie future, que la raison humaine peut découvrir par elle-même (1) mais que Dieu a révélées, soit dans le but d'en donner une intelligence plus nette, soit parce que, autrement, elles n'auraient été connues que d'un petit nombre (2).


(1) Il faut remarquer que les vérités accessibles à la raison ne deviennent des vérités de foi que lorsque nous les croyons, non en vertu de l'intelligence que nous pouvons en obtenir par la raison, mais à cause de l'autorité de Dieu qui les a révélées.

(2) A ce triple objet du dogme on peut ajouter les faits historiques, tels que les évènements prédits par les prophètes touchant le Messie et qui se sont réalisés en Notre-Seigneur.


31 Corollaire. VÉRITÉS QUI NE SONT PAS DES DOGMES. Il ne faut donc pas ranger parmi les dogmes, à cause de l'absence d'une des conditions requises : a) les vérités dont la révélation parait certaine mais qui n'ont pas été définies par l'Église : par exemple, l'Assomption de la Sainte Vierge4

4 L'abbé Boulenger écrit avant la définition du dogme de l'Assomption par Pie XII en 1950. (N.d.l.r.)

; b) les vérités non révélées et cependant enseignées par l'Église, parce qu'elle les juge utiles à l'explication ou à la défense des vérités révélées : tels sont les conclusions théologiques et les faits dogmatiques. Une conclusion théologique est une proposition déduite de deux autres dont l'une est une vérité révélée et l'autre une vérité connue par la raison. Par exemple, si je dis, d'un côté que « Dieu rendra à chacun selon ses oeuvres »(Rom., II, 6) (vérité révélée) et, de l'autre que Dieu ne peut récompenser ou punir l'homme que s'il lui a donné la liberté de bien ou de mal faire (vérité de raison), je puis conclure que l'homme est libre. L'existence de la liberté humaine est ainsi une conclusion théologique. Notons que certaines conclusions théologiques sont contenues implicitement dans le dépôt de la

3 Il faut remarquer que les vérités accessibles à la raison ne deviennent des vérités de foi que lorsque nous les croyons, non en vertu de l'intelligence que nous pouvons en obtenir par la raison, mais à cause de l'autorité de Dieu qui les a révélées.

Révélation et ont pu, de ce fait, être définies par l'Église comme articles de foi : tel est précisément le cas de la liberté humaine qui fut définie par le concile de Trente, sess. VI, can. 5. Il faut entendre par « fait dogmatique » tout fait qui, sans être révélé, est en connexion si étroite avec le dogme révélé que le nier, c'est du même coup ébranler les fondements du dogme lui-même. Dire, par exemple, que tel concile oecuménique est légitime, que tel pape a été régulièrement élu, que telle version de la Sainte-Écriture (v. g. la Vulgate) est substantiellement conforme au texte original, que telle doctrine hérétique est contenue dans tel livres : voilà autant de faits dogmatiques. Bien que les conclusions théologiques et les faits dogmatiques s'imposent à notre croyance comme garantis par l'enseignement infaillible de l'Église, ces vérités ne sont pas des dogmes.

5 Quand l'Eglise décide qu'une proposition hérétique se trouve formulée dans un ouvrage, elle juge l'écrit dans son sens naturel et non dans le sens que peut lui attribuer son auteur.
c ) Il faut encore bien moins regarder comme des dogmes les systèmes philosophiques destinés à les formuler et à les expliquer, de même que les expressions : essence, personne, nature, substance, accident, matière, forme, employés pour exposer les mystères de la Sainte Trinité, de l'Eucharistie et la nature des Sacrements. L'Église ne donne à ces systèmes et à ces mots qu'une simple préférence ; elle les considère seulement comme la meilleure façon de traduire les dogmes.


http://etudespontificales.doremiblog.com/citations-diverses-c267899
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