L’Église, son institution, son unité.

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L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Lun 03 Fév 2014, 9:01 pm

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L’Église, son institution, son unité

A. Lettre encyclique  de  Sa  Sainteté  Léon XIII
du 29 juin 1896 1


SATIS COGNITUM

1. Sujet de l’Encyclique, 600.
2. Beauté attractive de l’Eglise, 601.

I. Providence de Dieu

1. Dans l’Incarnation, 602.

2. Dans l’institution de l’Eglise, 603.

a) A la fois visible et invisible, 604-605.
b) Erreur matérialiste, et spiritualiste, 606.
c) Perpétuité des deux éléments, 607.

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

1. Son Eglise sera unique, 608.

a) Nature de cette unicité, 609.
b) Motif de cette unicité, 610-613.
c) Devoir de reconnaître cette Eglise unique, 614-615.

2. Son Eglise sera unie, 616. :

A. Dans la foi, 617.

a) Nécessité de la règle extérieure, 618-624.
b) Mission de l’Eglise: maintenir la foi, 625-629.
c) Devoir de croire en l’Eglise, 630.
d) Infrangibilité de la foi, 631-632.
e) Appel à ceux qui errent, 633.

B. Dans la hiérarchie apostolique, 634-635.

a) L’Eglise est une société parfaite, 636-637.
b) L’Eglise possède une autorité, : 638.

α) Propre : Le Christ,  639. 

β) Participée :

Saint Pierre, 640-646.
Successeurs, 647-652.
Rôle des évêques, 653-666.

Conclusion : Appel à tous les hommes, 667-668.


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1 Léon  XIII, Lettre encyclique sur l’unité de l’Eglise.  AAS  XXXVIII (1895-1896) 708-739.

( Tiré de AUX  SOURCES DE LA VIE SPIRITUELLE, p. 333-377,  par P. CATTIN  —  H. TH. CONUS, des Frères Prêcheurs, Éd. St-Paul, 1951.)

 Dès que nous publierons les articles des textes pontificaux, nous indiquerons les liens en bleu.


Dernière édition par Louis le Lun 24 Fév 2014, 5:03 pm, édité 32 fois (Raison : Déposer un lien)

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Message  Louis le Lun 03 Fév 2014, 9:04 pm



Introduction

600

Sujet de l’Encyclique

Vous savez assez quelle part considérable tient dans Nos pensées et dans Nos préoccupations le désir de ramener les égarés au bercail que gouverne le Souverain Pasteur des âmes, Jésus-Christ. Méditant sur ce sujet, il Nous est apparu qu'il serait grandement utile, par ce dessein et par cette œuvre de salut, de tracer l'image de l'Eglise, d'en dessiner pour ainsi dire les traits principaux, en mettant en relief celui qui est le plus digne d'attention : l'unité, ce caractère insigne de vérité et d'invincible puissance, que l'Auteur divin de l'Eglise a imprimé pour toujours en elle. Considérée dans sa forme et sa beauté native, l'Eglise doit avoir une action très puissante sur les âmes : il n'est pas exagéré de dire que ce spectacle peut dissiper l'ignorance, redresser les idées fausses et les préjugés, surtout chez ceux dont l'erreur ne vient point de leur propre faute. Il peut même exciter dans les hommes l'amour de l'Eglise, un amour semblable à cette charité sous l'impulsion de laquelle Jésus-Christ a choisi l'Eglise pour son épouse, en la rachetant de son sang divin. Car Jésus-Christ a aimé l'Eglise et s'est livré lui-même pour elle 1.

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1. Eph. v, 25.


Dernière édition par Louis le Mar 04 Fév 2014, 7:30 pm, édité 1 fois (Raison : corection)

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Message  Louis le Lun 03 Fév 2014, 9:10 pm

Introduction

601

Beauté attractive de l’Eglise

Si, pour revenir à cette mère très aimante, ceux qui ne la connaissent pas bien encore, ou qui ont eu le tort de la quitter, doivent acheter ce retour, tout d'abord ce ne sera point sans doute au prix de leur sang (et pourtant c'est d'un tel prix que Jésus-Christ l'a payée) ; mais s'il leur en doit coûter quelques efforts, quelques peines plus légères  à  supporter  que  celle-ci,  du  moins verront-ils clairement que ces conditions onéreuses n'ont pas été imposées aux hommes par une volonté humaine, mais par l'ordre et la volonté de Dieu : aussi, avec l'aide de la grâce céleste, ils expérimenteront facilement par eux-mêmes la vérité de cette divine parole : Mon joug est doux et mon fardeau léger 1.

C'est pourquoi, mettant Notre principale espérance dans le Père des lumières, de qui descend toute grâce excellente et tout don parfait 2, en Celui qui seul donne la croissance 3, Nous lui demandons instamment de daigner mettre en Nous la puissance de persuader.

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1. S. MATTH. XI, 30.  — 2.  S. JACQUES I, 17. — 3. Cor. III, 6.

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Message  Louis le Mar 04 Fév 2014, 6:41 pm


I. Providence de Dieu

602

Dans l’Incarnation

Dieu sans doute peut opérer, par lui-même et par sa seule vertu, tout ce qu'effectuent les êtres créés ; néanmoins, par un conseil miséricordieux de sa Providence, il a préféré, pour aider les hommes, se servir des hommes eux-mêmes. C'est par l'intermédiaire et le ministère des hommes qu'il donne habituellement à chacun, dans l'ordre purement naturel, la perfection qui lui est due : il en use de même dans l'ordre surnaturel pour leur conférer la sainteté et le salut.

Mais il est évident que nulle communication entre les hommes ne peut se faire, sinon par le moyen des choses extérieures et sensibles. C'est pour cela que le Fils de Dieu a pris la nature humaine, lui qui, étant dans la forme de Dieu... s'est anéanti lui-même, prenant la forme d'esclave, ayant été fait semblable aux hommes 4; et ainsi, tandis qu'il vivait sur la terre, il a révélé aux hommes, en conversant avec eux, sa doctrine et ses lois.

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4.Phil. II, 6-7.

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Message  Louis le Mar 04 Fév 2014, 6:43 pm

I. Providence de Dieu

603

Dans l’institution de l’Eglise

Mais comme sa mission divine devait être durable et perpétuelle, il s'est adjoint des disciples, auxquels il a fait part de sa puissance, et ayant fait descendre sut eux du haut du ciel « l'esprit de vérité », il leur a ordonné de parcourir la terre entière et de prêcher fidèlement à toutes les nations ce que lui-même avait enseigné et prescrit, afin qu'en professant sa doctrine et en obéissant à ses lois, le genre humain pût acquérir la sainteté sur la terre et, dans le ciel, l'éternel bonheur.

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Message  Louis le Mer 05 Fév 2014, 4:11 pm

I. Providence de Dieu

Dans l’institution de l’Eglise

604

a) A la fois visible et invisible

Tel est le plan d'après lequel l'Eglise a été constituée, tels sont les principes qui ont présidé à sa naissance. Si nous regardons en elle le but dernier qu'elle poursuit et les causes immédiates par lesquelles elle produit la sainteté dans les âmes, assurément l'Eglise est spirituelle; mais si nous considérons les membres dont elle se compose et les moyens mêmes par lesquels les dons spirituels arrivent jusqu'à nous, l'Eglise est extérieure et nécessairement visible. C'est par des signes qui frappaient les yeux et les oreilles que les Apôtres ont reçu la mission d'enseigner ; et cette mission, ils ne l'ont point accomplie autrement que par des paroles et des actes également sensibles. Ainsi leur voix, entrant par l'ouïe extérieure, engendrait la foi dans les âmes : La foi vient par l'audition et l'audition par la parole du Christ 1. Et la foi elle-même, c'est-à-dire l'adhésion à la première et souveraine vérité, de sa nature sans doute est renfermée dans l'esprit, mais elle doit cependant éclater au dehors par l'évidente profession qu'on en fait : car on croit de cœur pour la justice, mais on confesse de bouche pour le salut 2. De même, rien n'est plus intime à l'homme que la grâce céleste, qui produit en lui la sainteté, mais extérieurs sont les instruments ordinaires et principaux par lesquels la grâce nous est communiquée : nous voulons parler des sacrements, qui sont administrés avec des rites spéciaux, par des hommes nommément choisis pour cette fonction. Jésus-Christ a ordonné aux Apôtres et aux successeurs perpétuels des Apôtres d'instruire et de gouverner les peuples : il a ordonné aux peuples de recevoir leur doctrine et de se soumettre docilement à leur autorité. Mais ces relations mutuelles de droits et de devoirs dans la société chrétienne, non seulement n'auraient pas pu durer, mais n'auraient même pas pu s'établir sans l'intermédiaire des sens, interprètes et messagers des choses.

605

C'est pour toutes ces raisons que l'Eglise, dans les saintes Lettres, est si souvent appelée un Corps, et aussi « le Corps du Christ ». Vous êtes le Corps du Christ 3 . Parce que l'Eglise est un corps, elle est visible aux yeux ; et parce qu'elle est le Corps du Christ, elle est vivante, active, pleine de sève, soutenue qu'elle est et animée par Jésus-Christ qui la pénètre de sa vertu à peu près comme le tronc de la vigne nourrit et rend fertiles les rameaux qui lui sont unis. Dans les êtres animés, le principe vital est invisible et caché au plus profond de l'être, mais il se trahit et se manifeste par le mouvement et l'action des membres : ainsi le principe de vie surnaturelle qui anime l'Eglise apparaît à tous les yeux par les actes qu'elle produit.

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1. Rom. x, 17. — 2. Rom. x, 10. — 3. I Cor. XII, 27.

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Message  Louis le Mer 05 Fév 2014, 6:14 pm

I. Providence de Dieu

Dans l’institution de l’Eglise

606

b) Erreur matérialiste, et spiritualiste

Il s'ensuit que ceux-là sont dans une grande et pernicieuse erreur qui, façonnant l'Eglise au gré de leur fantaisie, se l'imaginent comme cachée et nullement visible ; et ceux-là aussi qui la regardent comme une institution humaine, munie d'une organisation, d'une discipline, de rites extérieurs, mais sans aucune communication permanente des dons de la grâce divine, sans rien qui atteste, par une manifestation quotidienne et évidente, la vie surnaturelle puisée en Dieu.

L'une ou l'autre de ces deux conceptions est tout aussi incompatible avec l'Eglise de Jésus-Christ que le corps seul ou l'âme seule est incapable de constituer l'homme. L'ensemble et l'union de ces deux éléments est absolument nécessaire à la véritable Eglise, à peu près comme l'intime union de l'âme et du corps est indispensable à la nature humaine. L'Eglise n'est point une sorte de cadavre : elle est le Corps du Christ, animé de sa vie surnaturelle. Le Christ lui-même, chef et modèle de l'Eglise, n'est pas entier, si on regarde en lui, soit exclusivement la nature humaine et visible, comme font les partisans de Photin et de Nestorius, soit uniquement la nature divine et invisible, comme font les Monophysites ; mais le Christ est un par l'union des deux natures, visible et invisible, et il est un dans toutes les deux ; de la même façon, son Corps mystique n'est la véritable Eglise qu'à cette condition, que ses parties visibles tirent leur force et leur vie des dons surnaturels et des autres éléments invisibles ; et c'est de cette union que résulte la nature propre des parties extérieures elles-mêmes.

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Message  Louis le Jeu 06 Fév 2014, 3:52 pm

I. Providence de Dieu

Dans l’institution de l’Eglise

607

c) Perpétuité des deux éléments

Mais comme l'Eglise est telle par la volonté et par l'ordre de Dieu, elle doit rester telle sans aucune interruption, jusqu'à la fin des temps, sans quoi elle n'aurait évidemment pas été fondée pour toujours, et la fin même à laquelle elle tend serait limitée à un certain terme dans le temps et dans l'espace : double conclusion contraire à la vérité. Il est donc certain que cette réunion d'éléments visibles et invisibles, étant, par la volonté de Dieu, dans la nature et la constitution intime de l'Eglise, doit nécessairement durer autant que durera l'Eglise elle-même.

C'est pourquoi saint Jean Chrysostome nous dit : « Ne te sépare point de l'Eglise ; rien n'est plus fort que l'Eglise. Ton espérance, c'est l'Eglise ; ton salut, c'est l'Eglise ; ton refuge, c'est l'Eglise. Elle est plus haute que le ciel et plus large que la terre. Elle ne vieillit jamais, sa vigueur est éternelle. Aussi l'Ecriture, pour nous montrer sa solidité inébranlable, l'appelle une montagne 1. » Saint Augustin ajoute : « Les infidèles croient que la religion chrétienne doit durer un certain temps dans le monde, puis disparaître. Elle durera donc autant que le soleil : tant que le soleil continuera à se lever et à se coucher, c'est-à-dire tant que durera le cours même des temps, l'Eglise de Dieu, c'est-à-dire le Corps du Christ, ne disparaîtra point du monde 2. » Et le même Père dit ailleurs : « L'Eglise chancellera si son fondement chancelle ; mais comment pourrait chanceler le Christ ? Tant que le Christ ne chancellera point, l'Eglise ne fléchira jamais jusqu'à la fin des temps. Où sont ceux qui disent : « L'Eglise a disparu du monde », puisqu'elle ne peut pas même fléchir ? 3 »

_________________________________________________________________

1. S. JEAN CHRYSOSTOME, Hom. de capto Eutropio, n. 6. PG 52, 402. — 2. S. AUGUSTIN, In Psalm. LXXI, 8. PL 36, 906. — 3. S. AUGUSTIN, Enarratio in Psal. CIII, sermo II, n. 5. PL 37, 1353.

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Message  Louis le Jeu 06 Fév 2014, 3:54 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

608

1. Son Eglise sera unique

Tels sont les fondements sur lesquels doit s'appuyer celui qui cherche la vérité. L'Eglise a été fondée et constituée par Jésus-Christ Notre-Seigneur ; par conséquent, lorsque nous nous enquérons de la nature de l'Eglise, l'essentiel est de savoir ce que Jésus-Christ a voulu faire et ce qu'il a fait en réalité. C'est d'après cette règle qu'il faut traiter surtout de l'unité de l'Eglise, dont il Nous a paru  bon, dans l'intérêt commun, de toucher quelque chose dans cette Lettre.

A suivre : Oui, certes, la vraie Eglise de Jésus-Christ est une...

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Message  Louis le Jeu 06 Fév 2014, 6:45 pm

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II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

1. Son Eglise sera unique

609

a) Nature de cette unicité

Oui, certes, la vraie Eglise de Jésus-Christ est une : les témoignages évidents et multipliés des saintes Lettres ont si bien établi ce point dans tous les esprits que pas un chrétien n'oserait y contredire. Mais quand il s'agit de déterminer et d'établir la nature de cette unité, plusieurs se laissent égarer par diverses erreurs. Non seulement l'origine de l'Eglise, mais tous les traits de sa constitution appartiennent à l'ordre des choses qui procèdent d'une volonté libre : toute la question consiste donc à savoir ce qui, en réalité, a eu lieu, et il faut rechercher non pas de quelle façon l'Eglise pourrait être une, mais quelle unité a voulu lui donner son Fondateur.

Or, si nous examinons les faits, nous constaterons que Jésus-Christ n'a point conçu ni institué une Eglise formée de plusieurs communautés, semblables par certains traits généraux, mais distinctes les unes des autres et non rattachées par ces liens, qui seuls peuvent donner à l'Eglise l'individualité et l'unité dont nous faisons profession dans le symbole de la foi : « Je crois à l'Eglise... une, »

« L'Eglise est constituée dans l'unité par sa nature même : elle est une, quoique les hérésies essayent de la déchirer en plusieurs sectes. Nous disons que l'antique et catholique Eglise est une : elle a l'unité de nature, de sentiment, de principe, d'excellence... Au reste, le sommet de la perfection de l'Eglise, comme le fondement de sa construction, consiste dans l'unité : c'est par là qu'elle surpasse tout au monde, qu'elle n'a rien d'égal ni de semblable à elle 1. » Aussi bien, quand Jésus-Christ parle de cet édifice mystique, il ne mentionne qu'une seule Eglise, qu'il appelle sienne : Je bâtirai mon Eglise 2. Toute autre qu'on voudrait imaginer en dehors de celle-là, n'étant point fondée par Jésus-Christ, ne peut être la véritable Eglise de Jésus-Christ.

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1.  CLEMENT D'Alexandrie, Stromatum, lib. VII, cap. 17. CB 3, 76. PG  9, 551. — 2.   S. MATTH. XVI, 18.

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Message  Louis le Ven 07 Fév 2014, 5:03 pm


II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

1. Son Eglise sera unique

610

b) Motif de cette unicité
 
Cela est plus évident encore si l'on considère le dessein du divin Auteur de l'Eglise. Qu'a cherché, qu'a voulu Jésus-Christ Notre-Seigneur dans l'établissement et le maintien de son Eglise ? Une seule chose : transmettre à l'Eglise la continuation de la même mission, du même mandat qu'il avait reçu lui-même de son Père. C'est là ce qu'il avait décrété de faire, et c'est ce qu'il a réellement fait. Comme mon Père m'a envoyé, ainsi moi je vous envoie 1. Comme vous m'avez envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde 2. Or, il est dans la mission du Christ de racheter de la mort et de sauver ce qui avait péri 3, c'est-à-dire non pas seulement quelques nations ou quelques cités, mais l'universalité du genre humain tout entier, sans aucune distinction dans l'espace ni dans le temps. Le Fils de l'homme est venu . . . pour que le monde soit sauvé par lui 4. Car nul autre nom n'a été donné sous le ciel aux hommes par lequel nous devions être sauvés 5. La mission de l'Eglise est donc de répandre au loin parmi les hommes et d'étendre à tous les âges le salut opéré par Jésus-Christ, et tous les bienfaits qui en découlent. C'est pourquoi, d'après la volonté de son Fondateur, il est nécessaire qu'elle soit unique dans toute l'étendue du monde, dans toute la durée des temps. Pour qu'elle pût avoir une unité plus grande, il faudrait sortir des limites de la terre et imaginer un genre humain nouveau et inconnu.

611

Cette  Eglise  unique,  qui  devait  embrasser  tous  les hommes en tous temps et en tous lieux, Isaïe l'avait aperçue et désignée d'avance lorsque son regard, pénétrant l'avenir, découvrait une montagne dont le sommet, élevé au-dessus de tous les autres, était visible à tous les yeux. Cette montagne était l'image de la maison du Seigneur, c'est-à-dire de l'Eglise. Dans les derniers temps, la montagne qui est la maison du Seigneur sera préparée sur le sommet des montagnes 6. Or, cette montagne placée sur le sommet des montagnes est unique : unique est cette maison du Seigneur, vers laquelle toutes les nations doivent un jour affluer ensemble pour y trouver la règle de leur vie. Et toutes les nations  afflueront vers elle... et diront : Venez, gravissons la montagne du Seigneur, allons à la maison du Dieu de Jacob, et il nous enseignera ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers 1. Optât de Milève dit à propos de ce passage : « Il est écrit dans le prophète Isaïe : « La loi sortira de Sion, et la parole du Seigneur de Jérusalem. » Ce n'est donc pas dans la montagne matérielle de Sion qu'Isaïe aperçoit la vallée, mais dans la montagne sainte qui est l'Eglise, et qui, remplissant le monde romain tout entier, élève son sommet jusqu'au ciel... La véritable Sion spirituelle est donc l'Eglise, dans laquelle Jésus-Christ a été établi roi par Dieu le Père, et qui est dans le monde tout entier, ce qui n'est vrai que de la seule Eglise catholique 2 . » Et voici ce que dit saint Augustin : « Qu'y a-t-il de plus visible qu'une montagne ? Et cependant il y a des montagnes inconnues, celles qui sont situées dans un coin écarté du globe... Mais il n'en est pas ainsi de cette montagne, puisqu'elle remplit toute la surface de la terre, et il est écrit d'elle qu'elle a été préparée sur le sommet des montagnes 3. »

Il faut ajouter que le Fils de Dieu…

_______________________________________________________

1. S. JEAN XX, 21. — 2. S. JEAN XVII, 18. — 3. S. MATTH. XVIII, 11. — 4. S. JEAN III, 17. — 5. Actes IV, 12. — 6.  ISAIE   II,   2. — 1. ISAIE II, 2-3. — 2. OPTAT de Milève, De schism. Donatist., lib. III, n. 2. CV 26 (éd. C. Ziwsa, 1893) 70-71 ; PL 11, 995-997. — 3. S. AUGUSTIN, In Epist. Joan,, tract. I, n. 13. PL 35, 1988.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Sam 08 Fév 2014, 4:21 pm

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II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

1. Son Eglise sera unique

612

b) Motif de cette unicité  

Il faut ajouter que le Fils de Dieu a décrété que l'Eglise serait son propre Corps mystique, auquel il s'unirait pour en être la tête, comme dans le corps humain, qu'il a pris par l'incarnation, la tête tient aux membres par une union nécessaire et naturelle. De même donc qu'il a pris lui-même un corps mortel unique, qu'il a voué aux tourments et à la mort pour payer la rançon des hommes, de la même façon il a un Corps mystique unique, dans lequel et par le moyen duquel il fait participer les hommes à la sainteté et au salut éternel. Dieu l'a établi (le Christ) chef sur toute l'Eglise qui est son corps 4.

613

Des membres séparés et dispersés ne peuvent point se réunir à une seule et même tête pour former un seul corps. Or saint Paul nous dit :  Tous les membres du corps, quoique nombreux,  ne sont cependant qu'un seul corps :  Ainsi est le Christ 1. C'est pourquoi ce Corps mystique, nous dit-il encore, est uni et lié : Le Christ est le chef, en vertu duquel tout le corps uni et lié par toutes les jointures, qui se prêtent un mutuel secours, d'après une opération proportionnée à chaque membre, reçoit son accroissement pour être édifié dans la charité 2. Ainsi donc, si quelques membres restent séparés et éloignés des autres membres, ils ne sauraient appartenir à la même tête que le reste du corps. « Il y a, dit saint Cyprien, un seul Dieu, un seul Christ, une seule Eglise du Christ, une seule foi, un seul peuple qui, par le lien de la concorde, est établi dans l'unité solide d'un même corps. L'unité ne peut pas être scindée : un corps restant unique ne peut pas se diviser par le fractionnement de son organisme 3. » Pour mieux montrer l'unité de son Eglise, Dieu nous la présente sous l'image d'un corps inanimé, dont les membres ne peuvent vivre qu'à la condition d'être unis avec la tête et d'emprunter sans cesse à la tête elle-même leur force vitale : séparés, il faut qu'ils meurent. « Elle ne peut pas (l'Eglise) être dispersée en lambeaux par le déchirement de ses membres et de ses entrailles. Tout ce qui sera séparé du centre de la vie ne pourra plus vivre à part ni respirer 4. » Or, en quoi un cadavre ressemble-t-il à un être vivant ? Personne n'a jamais haï sa chair, mais il la nourrit et la soigne, comme le Christ l'Eglise, parce que nous sommes les membres de son corps formés de sa chair et de ses os 5.

________________________________________________________

4. Eph. I, 22-23. — 1. I Cor. XII, 12. — 2. Eph., IV, 15-16. — 3. S. CYPRIEN, De cath. Eccl. Unitate, n. 23. CV 3, 1, 231 ; PL 4, 517. — 4. Ibid. — 5. Eph. v, 29-30.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Dim 09 Fév 2014, 3:55 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

1. Son Eglise sera unique

c) Devoir de reconnaître cette Eglise unique

614

Qu'on cherche donc une autre tête pareille au Christ, qu'on cherche un autre Christ si l'on veut imaginer une autre Eglise en dehors de celle qui est son corps. « Voyez à quoi vous devez prendre garde, voyez à quoi vous devez veiller, voyez ce que vous devez craindre. Parfois on coupe un membre dans le corps humain, ou plutôt on le sépare du corps : une main, un doigt, un pied. L'âme suit-elle le membre coupé ? Quand il était dans le corps, il vivait ; coupé, il perd la vie. Ainsi l'homme, tant qu'il vit dans le corps de l'Eglise, est chrétien catholique ; séparé, il est devenu hérétique. L'âme ne suit point le membre amputé 1. »

615

L'Eglise du Christ est donc unique et, de plus, perpétuelle : quiconque se sépare d'elle s'éloigne de la volonté et de l'ordre de Jésus-Christ Notre-Seigneur ; il quitte le chemin du salut, il va à sa perte. « Quiconque se sépare de l'Eglise pour s'unir à une épouse adultère abdique aussi les promesses faites à l'Eglise. Quiconque abandonne l'Eglise du Christ ne parviendra point aux récompenses du Christ... Quiconque ne garde pas cette unité ne garde pas la loi de Dieu, il ne garde pas la foi du Père et du Fils, il ne garde pas la vie ni le salut 2. »

_______________________________________________________

1. S. AUGUSTIN, Sermo CCLXVII, n. 4. PL 38, 1231. —  2. S. CYPRIEN, De cath. Eccl. Unitate, n. 6. CV 3, 1, 214 ; PL 4, 503.

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Message  Louis le Lun 10 Fév 2014, 4:08 pm



II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

616

Mais celui qui a institué l'Eglise unique l'a aussi instituée une, c'est-à-dire de telle nature que tous ceux qui devaient être ses membres fussent unis par les liens d'une société très étroite, de façon à ne former tous ensemble qu'un seul peuple, un seul royaume, un seul corps. Soyez un seul corps et un seul esprit, comme vous avez été appelés à une seule espérance dans votre vocation 3. Aux approches de sa mort, Jésus-Christ a sanctionné et consacré sa volonté sur ce point de la façon la plus auguste, en adressant cette prière à son père : Je ne prie pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui, par leur parole, croiront en moi. . . afin qu'eux aussi ils croient une seule chose en moi… afin qu'ils soient consommés dans l'unité 4. Il a même voulu que le lien de l'unité entre ses disciples fût si intime, si parfait, qu'il imitât en quelque façon sa propre union avec son Père : Je vous demande... qu'ils soient tous une même chose, comme vous, mon Père, êtes en moi et moi en vous 5 .

____________________________________________

3. Eph. IV, 4. —  4. S. JEAN XVII, 20-21-23. —  5. S. JEAN XVII, 21.

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Message  Louis le Lun 10 Fév 2014, 4:10 pm

.
II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi,

617

Or,  une  concorde  si grande  et  si absolue  entre les hommes doit avoir pour fondement nécessaire l'entente et l'union des intelligences ; d'où suivra naturellement l'harmonie  des  volontés  et  l'accord  dans  les  actions.   C'est pourquoi, selon son plan divin, Jésus a voulu que l'unité de foi existât dans son Eglise : car la foi est le premier de tous les liens qui unissent l'homme à Dieu et c'est à elle que nous devons le nom de fidèles. Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême 1, c'est-à-dire de même qu'ils n'ont qu'un seul Seigneur et qu'un seul baptême, ainsi tous les chrétiens, dans le monde entier, ne doivent avoir qu'une seule foi. C'est pourquoi l'apôtre saint Paul ne prie pas seulement les chrétiens d'avoir tous les mêmes sentiments et de fuir le désaccord des opinions, mais il les en conjure par les motifs les plus sacrés : Je vous conjure mes frères, par le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de n'avoir tous qu'un même langage et de ne pas souffrir de schismes parmi vous ; mais d'être tous parfaitement unis dans le même esprit et dans les mêmes sentiments 2. Ces paroles, assurément, n'ont pas besoin d'explication : elles sont assez éloquentes par elles-mêmes.

__________________________________________________

1. Eph. IV, 5. —  2. I Cor. I, 10.

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Message  Louis le Mar 11 Fév 2014, 6:23 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi,

a) Nécessité d’une règle extérieure

618

D'ailleurs, ceux qui font profession de christianisme reconnaissent d'ordinaire que la foi doit être une. Le point le plus important et absolument indispensable, celui où beaucoup tombent dans l'erreur, c'est de discerner de quelle nature, de quelle espèce est cette unité. Or, ici, comme nous l'avons fait plus haut dans une question semblable, il ne faut point juger par opinion ou par conjecture, mais d'après la science des faits : il faut rechercher et constater quelle est l'unité de foi que Jésus-Christ a imposée à son Eglise.

La doctrine céleste de Jésus-Christ, quoiqu'elle soit en grande partie consignée dans les livres inspirés de Dieu, si elle eût été livrée aux pensées des hommes, ne pouvait par elle-même unir les esprits. En effet, il devait aisément arriver qu'elle tombât sous le coup d'interprétations variées et différentes entre elles, et cela non seulement à cause de sa profondeur et de ses mystères, mais aussi à cause de la diversité des esprits des hommes et du trouble qui devait naître du jeu et de la lutte des passions contraires. Des différences d'interprétation naît nécessairement là diversité des sentiments : de là des controverses, des dissensions, des querelles, telles qu'on en a vu éclater dans l'Eglise dès l'époque la plus rapprochée de son origine. Voici ce qu'écrit saint Irénée en parlant des hérétiques : « Ils confessent les Ecritures, mais ils en pervertissent l'interprétation 1 . » Et saint Augustin : « L'origine des hérésies et de ces dogmes pervers qui prennent les âmes au piège et les précipitent dans l'abîme, vient uniquement de ce que les Écritures, qui sont bonnes, sont comprises d'une façon qui n'est pas bonne 2 . »

Pour unir les esprits…

_______________________________________________________________

1. S. IRENEE, Adversus hæereses, lib. III, cap. 12, n. 12. PG 7, 906.  —  2. S. AUGUSTIN, In Evang. Joan., tract. XVIII, cap. 5, n. 1, PL 35, 1536.

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Message  Louis le Mar 11 Fév 2014, 4:12 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi,

a) Nécessité d’une règle extérieure (suite)

619

Pour unir les esprits, pour créer et conserver l'accord des sentiments, il fallait donc nécessairement, malgré l'existence des Ecritures divines, un autre principe. La sagesse divine l'exige ; car Dieu n'a pu vouloir l'unité de la foi sans pourvoir d'une façon convenable à la conservation de cette unité, et les saintes Lettres elles-mêmes indiquent clairement qu'il l'a fait, comme nous le dirons tout à l'heure. Certes, l'infinie puissance de Dieu n'est ni liée ni astreinte par aucun moyen, et toute créature lui obéit comme un instrument docile. Il faut donc rechercher, entre tous les moyens qui étaient au pouvoir de Jésus-Christ, quel est ce principe extérieur d'unité dans la foi qu'il a voulu établir. Pour cela, il faut remonter par la pensée aux premières origines du christianisme. Les faits que nous allons rappeler sont attestés par les saintes Lettres et connus de tous. Jésus-Christ prouve, par la vertu de ses miracles, sa divinité et sa mission divine ; il s'emploie à parler au peuple pour l'instruire des choses du ciel et il exige absolument qu'on ajoute une foi entière à son enseignement ; il l'exige sous la sanction de récompenses ou de peines éternelles : Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas 3. Si je n’eusse point fait parmi eux des œuvres qu'aucun autre n'a faîtes, ils n'auraient point de péché 4. Mais si je fais de telles œuvres et si vous ne voulez pas me croire moi-même, croyez à mes œuvres 5. Tout ce qu'il ordonne, il l'ordonne avec la même autorité ; dans l'assentiment d'esprit qu'il exige, il n'excepte rien, il ne distingue rien. Ceux donc qui écoutaient Jésus, s'ils voulaient arriver au salut, avaient le devoir, non seulement d'accepter en général toute sa doctrine, mais de donner un plein assentiment de l'âme à chacune des choses qu'il enseignait. Refuser, en effet, de croire, ne fût-ce qu'en un seul point, à Dieu qui parle, est contraire à la raison.

620

Sur le point de retourner au ciel, il envoie ses Apôtres, en les revêtant de la même puissance avec laquelle son Père l'a envoyé lui-même, et il leur ordonne de répandre et de semer partout sa doctrine. Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, et enseignez toutes les nations... leur enseignant à observer tout ce que je vous ai ordonné 1. Seront sauvés tous ceux qui obéiront aux Apôtres ; ceux qui n'obéiront pas périront. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui ne croira point sera condamné 2 . Et comme il convient souverainement à la Providence divine de ne point charger quelqu'un d'une mission, surtout si elle est importante et d'une haute valeur, sans lui donner en même temps de quoi s'en acquitter comme il faut, Jésus-Christ promet d'envoyer à ses disciples l'Esprit de vérité, qui demeurera en eux éternellement. Si je m'en vais, je vous l'enverrai (le Paraclet)... et quand cet Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité 3. Et je prierai mon Père, et il vous donnera un autre paraclet, pour qu'il demeure toujours avec vous : ce sera l'Esprit de vérité...4 C'est lui qui rendra témoignage de moi ; et vous aussi vous rendrez témoignage 5.

Par suite…

_______________________________________________________

3. S. JEAN X, 37. —  4. S.  JEAN XV, 24. — 5. S. JEAN X, 38. — 1. S. MATTH. XXVIII,  18-19-20. — 2. S. MARC XVI, 16. — 3. S. JEAN XVI, 7-13. — 4. S. JEAN XIV, 16-17. — 5. S. JEAN XV? 26-27.

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Message  Louis le Mer 12 Fév 2014, 7:01 am

.II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi,

a) Nécessité d’une règle extérieure (suite)

621

Par suite, il ordonne d'accepter religieusement et d'observer saintement la doctrine des Apôtres comme la sienne propre. Qui vous écoute, m'écoute ; qui vous méprise, me méprise 6. Les Apôtres sont donc envoyés par Jésus-Christ de la même façon que lui-même est envoyé par son Père : Comme mon Père m'a envoyé, ainsi moi je vous envoie 7. Par conséquent, de même que les Apôtres et les disciples étaient obligés de se soumettre à la parole du Christ, la même foi devait être pareillement accordée à la parole des Apôtres par tous ceux que les Apôtres instruisaient en vertu de leur mandat divin. Il n'était donc pas plus permis de répudier un seul précepte de la doctrine des Apôtres que de rejeter quoi que ce fût de la doctrine de Jésus-Christ lui-même.

Assurément, la parole des Apôtres, après la descente du Saint-Esprit en eux, a retenti jusqu'aux lieux les plus éloignés. Partout où ils posent le pied, ils se présentent comme les envoyés de Jésus lui-même. C'est par lui (Jésus-Christ) que nous avons reçu la grâce et l'apostolat pour faire obéir à la foi toutes les nations en son nom 1. Et partout, sur leurs pas, Dieu fait éclater la divinité de leur mission par des prodiges. Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux et confirmant leur parole par les miracles qui l'accompagnaient 2. De quelle parole s'agit-il ? De celle, évidemment, qui embrasse tout ce qu'ils avaient eux-mêmes appris de leur maître : car ils attestent publiquement et au grand jour qu'il leur est impossible de taire quoi que ce soit de tout ce qu'ils ont vu et entendu.

622

Mais nous l'avons dit ailleurs, la mission des Apôtres  n'était point de nature à pouvoir périr avec la personne même des Apôtres, ou disparaître avec le temps, car c'était une mission publique et instituée pour le salut du genre humain. Jésus-Christ, en effet, a ordonné aux Apôtres de prêcher l'Evangile à toute créature 3 et de porter son nom devant les peuples et les rois 4 et de lui servir de témoins jusqu'aux extrémités de la terre 5. Et, dans l'accomplissement de cette grande mission, il a promis d'être avec eux, et cela non pas pour quelques années ou quelques périodes d'années, mais pour tous les temps, jusqu'à la consommation du siècle 6. Sur quoi saint Jérôme écrit : « Celui qui promet d'être avec ses disciples jusqu'à la consommation du siècle montre par là, et que ses disciples vivront toujours, et que lui-même ne cessera jamais d'être avec les croyants 1. »  Comment tout cela eût-il pu se réaliser dans les seuls Apôtres, que leur condition d'hommes assujettissait à la loi suprême de la mort ? La Providence divine avait donc réglé que le magistère institué par Jésus-Christ ne serait point restreint aux limites de la vie même des Apôtres, mais qu'il durerait toujours. De fait, nous voyons qu'il s'est transmis et qu'il a passé comme de main en main dans la suite des temps.

« Les Apôtres, en effet…

_____________________________________________________

6. S. Luc x, 16. — 7. S. JEAN XX, 21. — 1. Rom. I, 5.  —  2. S. MARC XVI, 20. — 3.S. MARC XVI, 15. — 4. Actes IX, 15. — 5. Actes I, 8.  — 6. S. MATTH,  XXVIII, 20. — 1. S. JEROME, In Matth. IV, 28. PL 26, 218.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Mer 12 Fév 2014, 4:47 pm


II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi,

a) Nécessité d’une règle extérieure (suite)

623

Les Apôtres, en effet, consacrèrent des évêques et désignèrent nominativement ceux qui devaient être leurs successeurs immédiats dans le ministère de la parole 2. Mais ce n'est pas tout : ils ordonnèrent encore à leurs successeurs de choisir eux-mêmes des hommes propres à cette fonction, de les revêtir de la même autorité et de leur confier à leur tour la charge et la mission d'enseigner. Toi donc, ô mon fils, fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus-Christ : et ce que tu as entendu de moi devant un grand nombre de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient eux-mêmes capables d'en instruire les autres 3. Il est donc vrai que comme Jésus-Christ a été envoyé par Dieu, et les Apôtres par Jésus-Christ, ainsi les évêques et tous ceux qui ont succédé aux Apôtres, ont été envoyés par les Apôtres. « Les Apôtres nous ont prêché l'Evangile, envoyés par Notre-Seigneur Jésus-Christ, et Jésus-Christ a été envoyé par Dieu. La mission du Christ est donc de Dieu, celle des Apôtres est du Christ, et toutes les deux ont été instituées selon l'ordre par la volonté de Dieu... Les Apôtres prêchaient donc l'Evangile à travers les nations et les villes ; et après avoir éprouvé, selon l'esprit de Dieu, ceux qui étaient les prémices de ces chrétientés, ils établirent des évêques et des diacres pour gouverner ceux qui croiraient dans la suite... Ils instituèrent ceux que nous venons de dire et plus tard ils prirent des dispositions pour que, ceux-là venant à mourir, d'autres hommes éprouvés leur succédassent dans leur ministère 4. »

624

Il  est donc  nécessaire que d'une façon  permanente subsiste, d'une part, la mission constante et immuable d'enseigner tout ce que Jésus-Christ a enseigné lui-même ; d'autre part, l'obligation constante et immuable d'accepter et de professer toute la doctrine ainsi enseignée. C'est ce que saint Cyprien exprime excellemment en ces termes : « Lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans son Evangile, déclare que ceux qui ne sont pas avec lui sont ses ennemis : Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui ne recueille pas avec moi disperse 1, il ne désigne pas une hérésie en particulier, mais il dénonce comme ses adversaires tous ceux qui ne sont pas entièrement avec lui et qui, ne recueillant pas avec lui, mettent la dispersion dans son troupeau 2. »

_____________________________________________________________

2. Actes xx, 24. — 3. Tim. II, 1-2. — 4. S. CLÉMENT de Rome  Epist. I,  ad Cor., cap. 42-44. PG 1, 291-298. —1. S. Luc XI, 23.— 2. S. CYPRIEN, Epistola ad Magnum, 1. CV (ep. 69) 3, PL 3, 1158. 2, 749-750.

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Message  Louis le Jeu 13 Fév 2014, 6:26 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi

b) Mission de l’Eglise: maintenir la foi

625

Pénétrée à fond de ses principes et soucieuse de son devoir, l'Eglise n'a jamais rien eu de plus à cœur, rien poursuivi avec plus d'effort que de conserver de la façon la plus parfaite l'intégrité de la foi. C'est pourquoi elle a regardé comme des rebelles déclarés, et chassé loin d'elle tous ceux qui ne pensaient pas comme elle, sur n'importe quel point de sa doctrine. Les Ariens, les Montanistes, les Novatiens, les Quartodécimans, les Eutychiens n'avaient assurément pas abandonné la doctrine catholique tout entière, mais seulement telle ou telle partie : et pourtant qui ne sait qu'ils ont été déclarés hérétiques et rejetés du sein de l'Eglise ? Et un jugement semblable a condamné tous les fauteurs de doctrines erronées qui ont apparu dans la suite aux différentes époques de l'histoire. « Rien ne saurait être plus dangereux que ces hérétiques qui, conservant en tout le reste l'intégrité de la doctrine, par un seul mot comme par une seule goutte de venin, corrompent la pureté et la simplicité de la foi que nous avons reçue de la tradition dominicale, puis apostolique 3. »

626

Telle a été toujours la coutume de l'Eglise, appuyée par le jugement unanime des saints Pères, lesquels ont toujours regardé comme exclu de la communion catholique et hors de l'Eglise quiconque se sépare le moins du monde de la doctrine enseignée par le magistère authentique. Epiphane, Augustin, Théodoret ont mentionné chacun un grand nombre des hérésies de leur temps. Saint Augustin remarque que d'autres espèces d'hérésies peuvent se développer et que, si quelqu'un adhère à une seule d'entre elles, par le fait même il se sépare de l'unité catholique. « De ce que quelqu'un, dit-il, ne croit point ces erreurs (à savoir les hérésies qu'il vient d'énumérer), il ne s'ensuit pas qu'il doive se croire et se dire chrétien catholique. Car il peut y avoir, il peut surgir d'autres hérésies qui ne soient pas mentionnées dans cet ouvrage, et quiconque embrasserait l'une d'entre elles, cesserait d'être chrétien catholique 1. »

Ce moyen, institué par Dieu…

_______________________________________________________

3. L'auteur du  Tractatus de Fide Orthodoxa contra Artanos, c.  1. PL 17, 552. — 1. S. AUGUSTIN, De Haeresibus, n. 88. PL 42, 50.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Jeu 13 Fév 2014, 4:10 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi

b) Mission de l’Eglise: maintenir la foi (suite)

627

Ce moyen, institué par Dieu pour conserver l'unité de foi dont nous parlons, est exposé avec insistance par saint Paul dans son épître aux Ephésiens ; il les exhorte d'abord à conserver avec grand soin l'harmonie des cœurs : Appliquez-vous à conserver l'unité d'esprit par le lien de la paix 2 , et comme les cœurs ne peuvent être pleinement unis par la charité si les esprits ne sont point d'accord dans la foi, il veut qu'il n'y ait chez tous qu'une même foi. Un seul Seigneur, une seule foi 3 . Et il veut une unité si parfaite, qu'elle exclue tout danger d'erreur : afin que nous ne soyons plus comme de petits enfants qui flottent, ni emportés ça et là à tout vent de doctrine, par la méchanceté des hommes, par l'astuce qui entraîne dans le piège de l’erreur 4. Et il enseigne que cette règle doit être observée, non point pour un temps, mais jusqu’à ce que nous parvenions tous à l'unité de la foi, à la mesure de l'âge de la plénitude du Christ 5 . Mais où Jésus-Christ a-t-il mis le principe qui doit établir cette unité et le secours qui doit la conserver ? Le voici : Il a établi les uns apôtres... d'autres pasteurs et docteurs, pour la perfection des saints, pour l'œuvre du ministère, pour l'édification du corps du Christ 6 .

628

Aussi c'est cette même règle que, depuis l'antiquité la plus reculée, les Pères et les Docteurs ont toujours suivie et unanimement défendue. Ecoutez Origène : « Toutes les fois que les hérétiques nous montrent les Ecritures canoniques, auxquelles tout chrétien donne son assentiment et sa foi, ils semblent dire : C'est chez nous qu'est la parole de vérité. Mais nous ne devons point les croire, ni nous écarter de la primitive tradition ecclésiastique, ni croire autre chose que ce que les Eglises de Dieu nous ont enseigné par la tradition successive 1. »

Ecoutez saint Irénée : « La véritable sagesse est la doctrine des Apôtres... qui est arrivée jusqu'à nous par la succession des évêques... en nous transmettant la connaissance très complète des Ecritures, conservées sans altération 2. »

Voici ce que dit Tertullien…

_________________________________________________________________________

2.Eph.. IV, 3. — 3.Eph. IV, 5. — 4. Eph. IV, 14. — 5.Eph. IV, 13. — 6.Eph. IV, 11-12. — 1. ORIGÈNE, Series veteris interpretationis commentariorum in Matth., n. 46. PG 13, 1667. — 2. S. IRÉNÉE, Adversus Hæreses, lib. IV, cap. 33, n. 8. PG 7, 1077.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Ven 14 Fév 2014, 5:55 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi

b) Mission de l’Eglise: maintenir la foi (suite)

629

Voici ce que dit Tertullien : « Il est constant que toute doctrine conforme à celle des Eglises apostoliques, mères et sources primitives de la foi, doit être déclarée vraie, puisqu'elle garde sans aucun doute ce que les Eglises ont reçu des Apôtres, les Apôtres du Christ, le Christ de Dieu. . . Nous sommes en communion avec les Eglises apostoliques ; nul n'a une doctrine différente : c'est là le témoignage de la vérité 3. »

Et saint Hilaire : « Le Christ, se tenant dans la barque pour enseigner, nous fait entendre que ceux qui sont hors de l'Eglise ne peuvent avoir aucune intelligence de la parole divine. Car la barque représente l'Eglise, dans laquelle seule le Verbe de vie réside et se fait entendre, et ceux qui sont en dehors et qui restent là, stériles et inutiles comme le sable du rivage, ne peuvent point le comprendre 4. »

Rufin loue saint Grégoire de Nazianze et saint Basile de ce « qu'ils s'adonnaient uniquement à l'étude des livres de l'Ecriture Sainte et de ce qu'ils n'avaient point la présomption d'en demander l'intelligence à leurs propres pensées, mais de ce qu'ils la cherchaient dans les écrits et l'autorité des anciens qui, eux-mêmes, ainsi qu'il était constant, avaient reçu de la succession apostolique  la règle de leur interprétation 1 ».

_______________________________________________________________

3. TERTULLIEN, De Præscrip., cap. XXI.  PL 2, 33. — 4. S. HILAIRE, Comment, in Matth., XIII, n. 1. PL 9, 993. — 1. RUFIN, Hist. Eccl., lib, II, cap. 9. CB Eusebius, 2 (1. XI, c. 9) 1014. PL 21, 518.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Ven 14 Fév 2014, 4:30 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi

c) Devoir de croire en l’Eglise

630

II est donc évident, d'après tout ce qui vient d'être dit, que Jésus-Christ a institué dans l'Eglise « un magistère vivant, authentique et, de plus, perpétuel 2 », qu'il a investi de sa propre autorité, revêtu de l'esprit de vérité, confirmé par des miracles, et il a voulu et très sévèrement ordonné que les enseignements doctrinaux de ce magistère fussent reçus comme les siens propres.

Toutes les fois donc que la parole de ce magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l'ensemble de la doctrine divinement révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai ; car si cela pouvait en quelque manière être faux, il s'ensuivrait, ce qui est évidemment absurde, que Dieu lui-même serait l'auteur de l'erreur des hommes. « Seigneur, si nous sommes dans l'erreur, c'est vous-même qui nous avez trompés 3. » Tout motif de doute étant ainsi écarté, peut-il être permis à qui que ce soit de repousser quelqu'une de ces vérités, sans se précipiter ouvertement dans l'hérésie, sans se séparer de l'Eglise et sans répudier en bloc toute la doctrine chrétienne ?

___________________________________________________________

2. RICHARD DE ST-VICTOR, De Trin.., lib. I, cap. 2. PL 196, 891. — 3. Concile du Vatican, sess, III, ch. 3. Denzinger n.  1789.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Sam 15 Fév 2014, 5:57 am

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi

d) Infrangibilité de la foi,

631

Car telle est la nature de la foi que rien n'est plus impossible que de croire ceci et de rejeter cela. L'Eglise professe, en effet, que la foi est « une vertu surnaturelle par laquelle, sous l'inspiration et avec le secours de la grâce de Dieu, nous croyons que ce qui nous a été révélé par lui est véritable : nous le croyons, non point à cause de la vérité intrinsèque des choses vue dans la lumière naturelle de notre raison, mais à cause de l'autorité de Dieu lui-même qui nous révèle ces vérités et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper ». Si donc il y a un point qui ait été évidemment révélé par Dieu et que nous refusions de le croire, nous ne croyons absolument rien de la foi divine. Car le jugement que porte saint Jacques au sujet des fautes dans l'ordre  moral, il faut l'appliquer aux erreurs de pensée dans l'ordre de la foi. Quiconque se rend coupable en un seul point devient transgresseur de tous 1 . Cela est même beaucoup plus vrai des erreurs de la pensée. Ce n'est pas, en effet, au sens le plus propre qu'on peut appeler transgresseur de toute la loi celui qui a commis une faute morale ; car s'il peut sembler avoir méprisé la majesté de Dieu, auteur de toute loi, ce mépris n'apparaît que par une sorte d'interprétation de la volonté du pécheur. Au contraire, celui qui, même sur un seul point, refuse son assentiment aux vérités divinement révélées, très réellement abdique tout à fait la foi, puisqu'il refuse de se soumettre à Dieu en tant qu'il est la souveraine vérité et le motif propre de foi. « En beaucoup de points ils sont avec moi, en quelques-uns seulement ils ne sont pas avec moi ; mais à cause de ces quelques points dans lesquels ils se séparent de moi, il ne leur sert de rien d'être avec moi en tout le reste 2. »

632

Rien n'est plus juste : car ceux qui ne prennent de la doctrine chrétienne que ce qu'ils veulent s'appuient sur leur propre jugement et non sur la foi ; et, refusant de réduire en servitude toute intelligence sous l'obéissance du Christ 3, ils obéissent en réalité à eux-mêmes plutôt qu'à Dieu. « Vous qui, dans l'Evangile, croyez ce qui vous plaît et refusez de croire ce qui vous déplaît, vous croyez à vous-mêmes beaucoup plus qu'à l'Evangile 4 . » Les Pères du Concile du Vatican n'ont donc rien édicté de nouveau, mais ils n'ont fait que se conformer à l'institution divine, à l'antique et constante doctrine de l'Eglise et à la nature même de la foi, quand ils ont formulé ce décret : « On doit croire, de foi divine et catholique, toutes les vérités qui sont contenues dans la parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition et que l'Eglise, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel, propose comme divinement révélée 5. »

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1. S. JACQUES   II,   10. — 2. S. AUGUSTIN, In Psal. LIV, n. 19. PL 36, 641. — 3. II Cor. x, 5. — 4. S. AUGUSTIN,  Contra Faustum Manichaeum, lib. XVII, cap.  3. CV 25, 1, 486 ; PL 42, 342. — 5. Concile du Vatican, sess, III, ch. 3. Denzinger n.  1792.

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Re: L’Église, son institution, son unité.

Message  Louis le Sam 15 Fév 2014, 12:40 pm

II. Intention du Christ, fondateur de l’Eglise

2. Son Eglise sera unie

A. Dans la foi

e) Appel à ceux qui errent

633

Pour conclure, puisqu'il est évident que Dieu veut absolument dans son Eglise l'unité de foi, puisqu'il a été démontré de quelle nature il a voulu que fût cette unité et par quel principe il a décrété d'en assurer la conservation, qu'il Nous soit permis de Nous adresser à tous ceux qui n'ont point résolu de fermer l'oreille à la vérité et de leur dire avec saint Augustin : « Puisque nous voyons là un si grand secours de Dieu, tant de profit et d'utilité, hésiterons-nous à nous jeter dans le sein de cette Eglise, qui, de l'aveu du genre humain tout entier, tient du siège apostolique, et a gardé, par la succession de ses évêques, l'autorité suprême, en dépit des clameurs des hérétiques qui l'assiègent et qui ont été condamnés soit par le jugement du peuple, soit par les solennelles décisions des Conciles, soit par la majesté des miracles ? Ne pas vouloir lui donner la première place c'est assurément le fait ou d'une souveraine impiété ou d'une arrogance désespérée. Et si toute science, même la plus humble et la plus facile, exige, pour être acquise, le secours d'un docteur ou d'un maître, peut-on imaginer un plus téméraire orgueil, lorsqu’il s'agit des livres des divins mystères, que de refuser d'en recevoir la connaissance de la bouche de leurs interprètes et, sans les connaître, de vouloir les condamner 1 ?

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1. S. AUGUSTIN, De utilitate credendi, cap. XVII, n. 35. CV 25, 1, 45-46 ; PL 42, 91.


Dernière édition par Louis le Dim 16 Fév 2014, 6:23 am, édité 1 fois

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