Qu'est-ce qui fonde la société civile ?

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Qu'est-ce qui fonde la société civile ?

Message  thomiste le Mer 29 Mai 2013, 11:33 am

Dans ce post totalement hors sujet (le sujet di fil est: les conclaves depuis Vatican II) Banigé critique, pour des motifs qui concernent la société civile, ce paragraphe :
... gouverne légitimement celui qui a été légitimement élu par la société pour recevoir l’autorité et qui en plus n’a aucun empêchement à recevoir l’autorité. Gouverne illégitimement celui qui a pris l’autorité illégitimement, c’est-à-dire sans désignation légale ou bien même quand ayant été validement désigné il a un empêchement à recevoir l’autorité.

(2ième§)
Pourrait-il nous exposer ce qui fonde, selon les quatre causes thomistes (deux causes extrinsèques: efficiente, finale; deux causes intrinsèques: matière, formelle), la société civile?

Merci d'avance!

thomiste
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Re: Qu'est-ce qui fonde la société civile ?

Message  thomiste le Lun 10 Fév 2014, 8:51 pm

Alors, Banigé, toujours aucune explication, depuis plus de huit mois, sur ce qui fonde, selon les quatre causes thomistes (deux causes extrinsèques: efficiente, finale; deux causes intrinsèques: matière, formelle), la société civile ? Suspect Laughing 

Pourquoi, dès lors, si l'on est incapable d'exposer raisonnablement (logiquement) ce qu'est la société civile, venir critiquer ceux qui en parlent en connaissance de causes Question Exclamation Suspect clown 

Or, puisque Banigé se révèle incapable d'exposer la chose, nous allons tenter de le faire nous-même Exclamation 

Saint Thomas d’AQUIN enseigne que, pour toutes choses qui ne soit pas purement spirituelle comme les anges ou Dieu, il existe quatre causes : deux causes extrinsèques, la cause efficiente et la cause finale, et deux causes intrinsèques, la cause formelle et la cause matérielle (cette dernière ne concerne pas les purs esprits).
Aussi, pour la société, ces quatre causes sont les suivantes :

  • La cause efficiente de la société est Dieu Lui-même car c'est Lui qui a déterminé les hommes à vivre en société : nous ne l'avons pas choisi délibérément de nous-mêmes.

  • La cause finale de la société, la véritable cause finale qui n'est pas celle voulue par les révolutionnaires qui renversent tout et sont guidés par le démon, la véritable cause finale, donc, est (toute cause finale étant toujours imposée par la cause efficiente) définie par Dieu : c'est le Salut éternel des hommes. Voilà pourquoi Dieu a voulu que nous vivions en société : pour que nous puissions atteindre notre but (le ciel) plus facilement. Benedicamus Domino !

  • La cause formelle de la société dans laquelle nous vivons (avec la cause formelle et la cause matérielle nous sommes dans les causes intrinsèques et somme donc obligés de considérer la société concrètement) la cause formelle de la société, donc, est le régime de cette société : forme monarchique, aristocratique, républicaine ou – comme de nos jours, hélas ! – révolutionnaire et secrètement oligarchique, exactement, ploutocratique.

  • Et la cause matérielle est, bien sûr, le peuple qui constitue matériellement cette société dans laquelle nous vivons.

Nous pouvons remarquer que St Thomas d’AQUIN, dans son « De regno » (h t t p :// w w w .documentacatholicaomnia.eu/03d/1225-1274,_Thomas_Aquinas,_Q-20-De_Regno,_FR.pdf) page 6, inclut le gouvernement républicain parmi « Les gouvernements justes » mais démontre que le meilleur est le gouvernement monarchique. En revanche, il classe la démocratie dans les gouvernement tyranniques injustes (bas de la page 5).

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Re: Qu'est-ce qui fonde la société civile ?

Message  Benjamin le Mar 11 Fév 2014, 9:20 am


En rapport avec ce sujet, on lira avec profit l'ouvrage du R.P. Charles Maignen intitulé "La souveraineté du peuple est une hérésie" (1892), et dont voici l'introduction :

R.P. Charles Maignen, La souveraineté du peuple est une hérésie (1892) a écrit:
Ce qui divise la France en deux camps, ce n'est pas la forme du gouvernement c'est le principe de l'autorité.

Nous sommes en présence de deux doctrines : celle de l'Eglise : «Tout pouvoir vient de Dieu», et celle de la Révolution : «Tout pouvoir vient du peuple».

L'une et l'autre peuvent s'adapter aux différentes formes du pouvoir politique. La première a trouvé son application dans les républiques de Venise, de Gênes et des cantons Suisses, comme dans la monarchie française. La seconde a dominé les monarchies constitutionnelles, comme les trois républiques qui se sont succédées, en France, depuis la Révolution.

Tout n'est donc pas dit quand on s'est proclamé républicain ou monarchiste ; mieux vaudrait dire si l'on est partisan ou adversaire de la souveraineté du peuple.

Pourquoi, en pratique, la division se manifeste-t-elle plutôt, sur la forme que sur le principe de l'autorité ? Est-ce pure équivoque et malentendu ? Non.

C’est que, en réalité, si toutes les formes politiques sont conciliables avec l'une et l'autre doctrine, il en est cependant qui répondent plus complètement à l'une ou à l'autre.

La philosophie enseigne que la monarchie est la meilleure forme de gouvernement et si l'Eglise devait se prononcer un jour sur la question de principe, sans proscrire aucune forme régulière, c'est en ce sens qu'elle le ferait.

Nous savons, d'autre part, que les partisans de la souveraineté du peuple, préfèrent la république à la monarchie, même constitutionnelle, et l'établissent ou tendent à l'établir partout.

Il est donc naturel qu'en France, pays de la logique et des conséquences extrêmes, la lutte des deux principes se manifeste par la lutte des formes politiques qui en sont, chacune pour sa part, la plus parfaite expression.

Avant tout, il faut poser nettement la question, telle qu'elle s'agite dans les esprits, afin d'avoir une pierre de touche qui permette aux vrais enfants de l'Eglise de se reconnaître, et qui fasse l'union, en séparant le bon grain d'avec l'ivraie.

Si les catholiques sont divisés, c'est parce qu'ils ne sont pas assez séparés de leurs ennemis.

Plusieurs se laissent prendre aux apparences et aux formules ; il faut mettre en lumière et en évidence l'objet fondamental du débat et montrer où est l'ennemi, si vraiment on veut le vaincre.

Le dogme révolutionnaire de la souveraineté du peuple ; voilà l'ennemi !

Tant que cette erreur dominera les esprits, il n'y aura pas, dans le monde, un seul gouvernement qui puisse rester chrétien.

La monarchie chrétienne sera impossible, faute d'un peuple qui sache obéir, et d'un roi qui ose commander.

La république chrétienne sera plus impossible encore, parce qu'il est insensé d'établir un gouvernement populaire, là ou le peuple ne connaît pas de limites à sa souveraineté.

Il faut donc que tous les efforts de l'Eglise et des catholiques tendent à ce but : proclamer la déchéance de l'homme qui a usurpé, dans la société, la place de Dieu !

L'Eglise, un jour, le fera.

Elle frappera d'anathème, le dogme fondamental de la Révolution :

«Si quelqu'un dit que la souveraineté ne vient pas de Dieu, mais du peuple et réside essentiellement dans la nation, qu'il soit anathème».

Ce sera le jour du triomphe !

Mais, en attendant, nous catholiques, parlons, et proclamons hautement, en face de la bête révolutionnaire, ivre du sang des âmes qu'elle dévore, la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, source unique et seul maître de toute souveraineté.

C'est là, je le reconnais, un programme qui serait peu goûté des électeurs, et voilà le souci qui a rendu insuffisants et inefficaces les programmes rédigés jusqu'ici par les catholiques.

Mais le programme du parti catholique, ne doit pas être un programme électoral.

L'Eglise ne peut pas établir le peuple juge de ses différends avec l'Etat.

Si nous soumettons ses droits et ses immunités au verdict du peuple souverain, nous sommes bien coupables.

Prenons part aux luttes politiques pour instruire et non pour séduire.

Apprenons au peuple que s'il veut de bons gouvernants, il faut qu'il consente à avoir des maîtres.

Rappelons lui qu'il détient contre le bon sens et la justice, les droits incessibles du pouvoir souverain, et, si nous descendons dans l'arène politique, que ce ne soit pas pour lui dire l'Ave César des gladiateurs, mais le Credo des martyrs.

Notre premier soin, dans ce travail, sera d'étudier la doctrine catholique sur la nature, l'origine et la fin de la société, ainsi que sur l'origine et la meilleure forme du pouvoir social et du gouvernement.

Nous examinerons ensuite, les principes essentiels de la doctrine révolutionnaire et les institutions politiques les plus conformes à l'application de ces doctrines.

Nous ferons à la lumière de l'enseignement catholique, la critique du régime politique de la Révolution, et nous montrerons ce qu'il contient d'incompatible avec la doctrine et l'existence même de l'Eglise.

Enfin nous nous efforcerons de tirer quelques conclusions de ce travail : conclusions théoriques pour la doctrine, conclusions pratiques pour l'action.


( source : http://www.a-c-r-f.com/documents/R_P_MAIGNEN-Souverainete_peuple_heresie.pdf )
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Re: Qu'est-ce qui fonde la société civile ?

Message  JP Bontemps le Mar 11 Fév 2014, 10:34 am

Ah ! Mais voilà, Benjamin, un post intelligent.

Bravo et merci !
En rapport, également, avec ce sujet, voyez ceci : h t t p ://foicatholique.cultureforum.net/t4640-pour-dieu-et-pour-le-roy

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Re: Qu'est-ce qui fonde la société civile ?

Message  Roger Boivin le Mar 11 Fév 2014, 10:58 am


L'ÉGLISE & L'ÉTAT ou LES DEUX PUISSANCES - leur origine, leurs rapports, leurs droits et leurs limites -
par Ferd. J. Moulart - 1887 :

https://archive.org/stream/lgliseetltatoul01moulgoog#page/n5/mode/2up


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Re: Qu'est-ce qui fonde la société civile ?

Message  Roger Boivin le Jeu 20 Fév 2014, 10:25 am


Table des matières : X. Ce que les Francs-maçons et les Juifs entendent par le mot République :

http://www.archive.org/stream/lamricanismeetl00delagoog#page/n489/mode/2up


P. 327 : X. Ce que les Francs-maçons et les Juifs entendent par le mot République :

http://www.archive.org/stream/lamricanismeetl00delagoog#page/n371/mode/2up

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