Sainte Philomène, Vierge et Martyre.

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Message  Louis Dim 09 Mai 2021, 5:38 am

Bonjour à tous,

Ce qui suit sera tiré de VIE DES SAINTS, d’après Lipoman, Surius, Ribadeneira et Autres Auteurs, PAR LE R. P. FRANCOIS GIRY, religieux de l’Ordre des Minimes, [ÉDITION REVUE & AUGMENTÉE par une Société d'écrivains ecclésiastiques sous la direction de M. l'abbé P.G.] tome IV, BAR-LE-DUC, 1860, col. 561-572; suivi d’un court extrait des Petits Bollandistes, pour honorer la Chapelle de Sainte Philomène à Ars.

Dès publication sur TE DEUM, nous insérerons des liens pour faciliter la lecture.

* Découverte de son corps.
* Histoire de son martyre.
* Translation de son corps à Mugnano.
* Divers miracles opérés par son intercession.
* Chapelle de sainte Philomène à Ars.

Bonne lecture.

Bien à vous.
.
Sainte Philomène, Vierge et Martyre. Page_190

Image provenant de l'ouvrage dont le R.P. Giry a tiré son abrégé.


Dernière édition par Louis le Mer 04 Aoû 2021, 10:46 am, édité 8 fois (Raison : Orthographe, ajout de liens et de l'image.)

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Message  Louis Dim 09 Mai 2021, 5:40 am


Découverte de son corps.

LA mémoire du juste survit à tous les siècles; elle participe de mon éternité (Psal. CXI). Nous trouvons une nouvelle preuve de cette parole divine dans l'invention des reliques de notre Thaumaturge.

Depuis à peu près quinze siècles elles étaient ensevelies et ignorées du monde entier, et voilà que tout à coup elles apparaissent, couronnées d'honneur et de gloire aux yeux de l'univers, en 1802, le 25 du mois de mai, pendant les fouilles que l'on a coutume de faire à Rome chaque année dans les lieux consacrés à la sépulture des martyrs. Ces opérations souterraines se faisaient, cette année-là, dans les catacombes de Sainte-Priscille, sur la nouvelle voie Salaria. On découvrit d'abord la pierre sépulcrale, qui se fit remarquer par sa singularité. Elle était de terre cuite, et offrait aux regards plusieurs symboles mystérieux, oui faisaient allusion à la virginité et au martyre, Ils étaient coupés d'une ligne transversale, formée par une inscription, dont les premières et les dernières lettres paraissent avoir été effacées par les instruments des ouvriers, qui cherchaient a la détacher de la tombe. Elle était ainsi conçue :

(FI) LUMENA PAX TECUM FI (AT) (a).

Le savant P. Marien Paternio, jésuite, croit que les deux dernières lettres FI doivent se rattacher au premier mot de l'inscription, suivant l'ancien usage, dit-jl, qui était commun aux Chaldéens. aux Phéniciens, aux Arabes, aux Hébreux, et même aussi, aoute-t-il, on en trouve quelque trace parmi les Grecs. Le même Père fait remarquer que « dans les pierres sépulcrales mises par les chrétiens sur la tombe des martyrs, qui confessèrent le nom de Jésus-Christ dans les premières persécutions, au lieu de la formule IN PACE, généralement peu usitée, on mettait celle-ci, qui a quelque chose de plus animé et de plus vif : PAX TECUM. »

La pierre ayant été enlevée, apparurent les restes précieux de la sainte Martyre, et tout à côté, un vase de verre, extrêmement mince, moitié entier, moitié brisé, et dont les parois étaient couvertes de sang desséché. Ce sang, indice certain du genre de martyre qui termina les jours de sainte Philomène, avait été, selon l'usage de la primitive Eglise, recueilli par des chrétiens pieux, qui, lorsqu'ils ne pouvaient pas par eux-mêmes, s'adressaient quelquefois aux bourreaux de leurs frères, pour avoir, ainsi que leurs vénérables dépouilles, ce sang sacré, offert avec tant de générosité à Celui qui, sur la croix, sanctifia, par l'effusion du sien, les sacrifices, les douleurs et la mort de ses enfants.

Pendant que l'on s'occupait à détacher des différentes pièces du vase brisé…
________________________________________________________

(a) Philomène, la paix soit avec toi ! ainsi soit-il.

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Message  Louis Lun 10 Mai 2021, 7:01 am


Découverte de son corps.

SUITE

Pendant que l'on s'occupait à détacher des différentes pièces du vase brisé, le sang qui y était collé, et qu'on en réunissait avec le plus grand soin les plus petites parcelles dans une urne de cristal, les personnes qui étaient présentes, et parmi lesquelles se trouvaient des hommes de talent et d'un esprit cultivé, s'étonnent en voyant tout à coup étinceler à leurs yeux l'urne sur laquelle, depuis quelques instants, leurs regards étaient attachés. Ils s'approchent de plus près; ils considèrent à loisir ce prodigieux phénomène, et, dans les sentiments de la plus vive admiration, jointe au plus profond respect, ils bénissent le Dieu qui se glorifie dans ses Saints.

Les parcelles sacrées, en tombant du vase dans l'urne, se transformaient en divers corps précieux et brillants, et c'était une transformation permanente; les uns présentaient l'éclat et la couleur de l'or le mieux épuré ; les autres, de l'argent; d'autres, des diamants, des rubis, des émeraudes, et d'autres pierres précieuses ; en sorte qu'au lieu de la matière dont la couleur, en se dégageant du vase, était brune et obscure, on ne voyait dans le cristal que l'éclat mélangé de couleurs diverses, telles qu'elles brillent dans l'arc-en-ciel.

Cet éclat n'est qu'une ombre de la clarté céleste promise dans les livres saints au corps et à l'âme du juste (Sap. III. 7). C'est en même temps le signe et le gage de la résurrection des corps, quand les élus seront transformés en la gloire de Jésus-Christ. Ce prodige, comme nous l'avons dit, est permanent, il excite encore aujourd'hui l'admiration de ceux qui vont vénérer cette précieuse relique.

Le martyre de sainte Philomène n'est connu que par les symboles dépeints sur la pierre sépulcrale dont nous venons de parler, et par des révélations faites à diverses personnes par la même Sainte (a).

Le premier est une ancre, symbole, non-seulement de force et d'espérance, mais encore d'un genre de martyre, tel que celui auquel Trajan condamna le pape saint Clément, jeté par ses ordres dans la mer avec une ancre attachée a son cou.

Le second est une flèche qui, sur la tombe des martyrs de Jésus-Christ, signifie un tourment semblable à celui par lequel Dioclétien essaya de faire mourir le généreux tribun de la première cohorte, saint Sébastien.

Le troisième est une palme, placée à peu près au milieu de la pierre ; elle est le signe et comme le hérault d'une éclatante victoire remportée sur la cruauté des juges persécuteurs et sur la rage des bourreaux.

Au-dessous est une espèce de fouet, dont on se servait pour flageller les coupables, et dont les courroies, armées de plomb, ne cessaient quelquefois de sillonner et de meurtrir le corps des chrétiens innocents, qu'après les avoir privés de la vie.

Viennent ensuite deux autres flèches, disposées de manière que la première a la pointe en haut, et la seconde en sens inverse. La répétition de ce signe indiquerait-elle une répétition des mêmes tourments, et sa disposition, un miracle, tel, par exemple, que celui qui eut lieu au mont Gargano, quand un pâtre, avant lancé une flèche contre un taureau qui s'était réfugié dans la caverne, consacrée depuis au glorieux archange saint Michel, il vit ainsi que plusieurs autres personnes qui étaient là présentes, cette même flèche revenir à lui, et tomber à ses pieds.

Enfin apparaît un lys, symbole de l'innocence et de la virginité, qui, en s'unissant avec la palme et le vase ensanglanté dont nous avons déjà fait mention, proclame le double triomphe de sainte Philomène et sur la chair et sur le monde, et invite l'Eglise à l'honorer sous les titres glorieux de Martyre et de Vierge.

Quant aux trois révélations…
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(a) A ce mot de révélations, que l'on ne s'effraie pas; car il est certain que dès l'origine du monde Dieu a révélé aux hommes plusieurs choses qui n'étaient connues que de lui seul. Il l'a fait, dit saint Paul, en plusieurs endroits et de bien des manières; mais surtout dans les derniers temps par son Fils bien-aimé.

Or, ce qu'il nous a fait si souvent, qui oserait, même de nos jours, lui en contester le droit, ou lui en interdire l'exercice ?

Si c'est la petitesse de l'homme, ou son indignité que l'on cherche à faire valoir contre les révélations, notre Dieu n'est-il pas le Dieu des miséricordes infinies?... L'homme, quelque misérable qu'il soit, n'est-il pas son enfant, l'ouvrage de ses mains et de sa bonté, destiné a n'être qu'un avec lui dans l'éternité bienheureuse ? Si c'est l'inutilité de ces sortes de communications entre Dieu et l'homme  que l'on objecte, où sont les preuves que l'on en donnera !

Ainsi ne raisonnait pas le docte et grand pontife Benoît XIV, dont les paroles ont un si grand poids dans ces sortes de matières; car il pense que les révélations, si elles sont pieuses, saintes et avantageuses au salut des âmes, doivent être admises dans les procès qui se font à Rome pour la canonisation des Saints. Il ne regardait donc pas toutes les révélations comme inutiles.

Or, si après un mûr examen, si après avoir consulté des personnes doctes et versées en ces sortes de matières, si même, comme il est arrivé pour celles-ci, après les avoir soumises a l'autorité ecclésiastique, on en a obtenu la permission de les publier pour la gloire de Notre-Seigneur et pour l'édification des hommes, qui oserait dire que de telles révélations, pleines d'ailleurs de piété et de sainteté, sont inutiles et nuisibles?

Ah ! de grâce, que le fidèle n'aille pas mériter de l'Esprit Saint le reproche qu'elle fait aux impies, de blasphémer ce qu'ils ignorent !

Je ne veux point assurément que l'on imite l'imprudence de ceux qui, à cette époque-ci surtout, admettent indistinctement tout ce qu'ils entendent qualifier du nom de révélation; ce serait, j'en conviens, la plus dangereuse des folies.

Mais je dois répéter avec saint Paul, que toute révélation, non plus que toute prophétie, ne saurait être méprisée, et qu'il faut donner une pieuse croyance à celle qui, selon les règles approuvées par l'Église, et suivies par les Saints, portent les caractères de la vérité.

Telles sont les révélations dont je vais parler, et qui se trouvent parfaitement d'accord avec les hiéroglyphes tracés sur la pierre sépulcrale.


Dernière édition par Louis le Mer 12 Mai 2021, 5:44 am, édité 1 fois (Raison : Orthographe.)

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Message  Louis Mar 11 Mai 2021, 7:05 am


Découverte de son corps.

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Quant aux trois révélations qui nous font connaître l'histoire de notre Sainte, elles ont été soumises à l'autorité ecclésiastique et l'on a obtenu la permission de les publier pour la gloire de Notre-Seigneur et pour l'édification des hommes. Elles se trouvent parfaitement d'accord avec les hiéroglyphes tracés sur la pierre sépulcrale. Elles ont été faites à trois personnes différentes, dont la première est un jeune artisan très-connu par la pureté de sa conscience et sa solide piété; la seconde est un prêtre zélé, chanoine, en 1836; la troisième, enfin, est une de ces vierges consacrées à Dieu dans un cloître austère, qui était âgée d'environ trente-quatre ans, dans la même année 1836, et vivant à Naples.

Ces trois personnes ne se connaissaient pas, n'avaient jamais eu entre elles la moindre relation et habitaient des pays fort distants les uns des autres: et cependant leurs récits s'accordent pour le fonds et pour les circonstances. Nous ne raconterons que la révélation faite à la religieuse de Naples par notre Thaumaturge; je ne sais pas au juste combien de temps après l'invention de ses saintes reliques.

La sainte Martyre avait depuis longtemps donné à cette religieuse plusieurs marques sensibles d'une protection toute particulière; elle l'avait délivrée de tentations de défiance et d'impureté, par lesquelles Dieu avait voulu purifier davantage sa servante; et à l'état pénible, où ces attaques de Satan l'avaient mise, elle avait fait succéder les douceurs de la joie et de la paix. Dans les communications intimes, qui, aux pieds du crucifix, avaient lieu entre ces deux épouses du Sauveur, la Sainte lui donnait des avis pleins de sagesse, tantôt sur la direction de la communauté dont cette religieuse avait été chargée par ses supérieurs, tantôt sur sa conduite personnelle.

Ce dont elles conversaient plus souvent ensemble, c'était le prix de la virginité, les moyens dont sainte Philomène s'était servie pour la conserver toujours intacte, même au milieu des plus grands périls, et les biens immenses qui se trouvent dans la croix et dans tous les fruits qu'elle porte.

Ces grâces extraordinaires, accordées à une âme qui, pénétrée de ses misères, s'en jugeait totalement indigne, lui firent craindre l'illusion. Elle…

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Message  Louis Mer 12 Mai 2021, 6:05 am


Découverte de son corps.

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Ces grâces extraordinaires, accordées à une âme qui, pénétrée de ses misères, s'en jugeait totalement indigne, lui firent craindre l'illusion. Elle recourait à la prière et à la prudence de ceux que Dieu lui avait donnés pour guides de sa conscience : et pendant que ses sages directeurs soumettaient a un lent et judicieux examen les diverses faveurs dont le Ciel avait honoré cette religieuse, des révélations d'une autre nature lui sont faites par l'entremise de la même Sainte; elles tendaient toutes à rendre son nom plus glorieux.

La personne dont nous parlons avait dans sa cellule une petite statue de sainte Philomène, faite sur le modèle de son saint corps, tel qu'on le voit à Mugnano, et plus d'une fois toute la Communauté avait remarqué avec admiration, sur le visage de cette même statue, des altérations qui leur semblaient tenir du prodige. Ceci leur avait inspiré à toutes le pieux désir de l'exposer dans leur église, en la fêtant avec la plus grande solennité possible. La fête eut lieu, et depuis lors, la statue miraculeuse resta sur son autel. La bonne religieuse, les jours de communion, allait devant elle faire son action de grâces: et un jour qu'en son cœur il se formait un vif désir de connaître l'époque précise du martyre de la Sainte, afin, se disait-elle, que ses dévots pussent l'honorer plus particulièrement, tout à coup ses yeux se ferment sans qu'elle pût, malgré tous ses efforts, les rouvrir, et une voix pleine de douceur, qui lui paraissait venir de l'endroit où était la statue, lui adresse ces mots :

« Ma chère sœur, c'est le 10 du mois d'août que je mourus pour vivre, et que j'entrai triomphante dans le ciel, où mon divin Epoux me mit en possession de ces biens éternels, incompréhensibles à l'intelligence humaine. Aussi fût-ce pour cette raison que son admirable sagesse disposa tellement les circonstances de ma translation à Mugnano, que, malgré les plans arrêtés du prêtre qui avait obtenu mes dépouilles mortelles, j'arrivai dans cette ville, non le 5 de ce mois, comme il l'avait fixé, mais le 10; ni pour être placée à petit bruit dans l'oratoire de la maison, comme il le voulait aussi, mais dans l'église où l'on me vénère, et au milieu des cris de joie universelle, accompagnés de tant de circonstances merveilleuses, qui firent du jour de mon martyre un jour de véritable triomphe. »

Ces paroles, qui portaient avec elles des preuves de la vérité qui les avait dictées, renouvelèrent dans le cœur de la religieuse la crainte où elle avait déjà été de se voir dans l'illusion. Elle redouble ses prières, et supplie son directeur de la désabuser ; le moyen était facile. On écrit donc à Dom François lui-même, et, tout en lui recommandant le secret sur ce qui avait eu lieu, on le conjure de répondre clairement sur les circonstances de la révélation, qui avaient trait aux résolutions qu'il avait prises. Celui-ci les trouve parfaitement d'accord avec la vérité, et sa réponse, non-seulement console la religieuse affligée, mais anime encore ses directeurs à profiter, pour la gloire de Dieu et de sainte Philomène, du moyen qu'elle-même semblait leur indiquer, afin de mieux connaître les détails de sa vie et de son martyre.

Ils ordonnent donc à la même personne de faire…

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Message  Louis Jeu 13 Mai 2021, 6:38 am


Histoire de son martyre.

Ils ordonnent donc à la même personne de faire, à cette fin, les plus vives instances auprès de la Sainte; et comme l'obéissance, ainsi que disent les livres saints, est toujours victorieuse, un jour qu'elle était dans sa cellule en oraison pour obtenir cette grâce, ses yeux se fermant de nouveau malgré sa résistance, elle entend la même voix qui lui dit :

« Ma chère sœur, je suis fille d'un prince qui gouvernait un petit État dans la Grèce. Ma mère était aussi du sang royal, et comme ils se trouvaient sans enfants, l'un et l'autre, encore idolâtres, offraient continuellement à leurs faux dieux des sacrifices et des prières pour en avoir. Un médecin de Rome, nommé Publius, aujourd'hui en paradis, vivait dans le palais, et était au service de mon père. Il faisait profession du Christianisme. Voyant l'affliction de mes parents, et vivement touché de leur aveuglement, il se mit, par l'impulsion de  l'Esprit Saint, à leur parler de notre  foi et alla jusqu'à leur promettre une postérité s'ils consentaient à recevoir le baptême. La grâce, dont ces paroles étaient accompagnées, éclaira leur entendement, triompha de leur volonté; et, s'étant faits chrétiens, ils eurent le bonheur si désiré, dont Publius avait promis que leur conversion serait le gage.

« On me donna, au moment de ma naissance. le nom de LUMENA, par allusion à la lumière de la foi, dont j'avais, pour ainsi dire, été le fruit, et le jour de mon baptême on m'appela FI-LOMÈNE, ou Fille de la lumière (Filia luminis), puisque ce jour-là je naissais à la foi (a). La tendresse que me portaient mon père et ma mère était si grande, qu'ils voulaient toujours m'avoir auprès d'eux.

« Ce fut la raison pour laquelle ils m'emmenèrent avec eux à Rome, dans un voyage que mon père se vit contraint d'y faire, à l'occasion d'une guerre injuste, dont il se voyait menacé par l'orgueilleux Dioclétien. J'avais alors treize ans. Arrivés dans la capitale du monde, nous nous rendîmes tous les trois au palais de l'empereur, qui nous admit à son audience. Aussitôt que Dioclétien m'eut aperçue, ses regards s'attachèrent sur moi, et il parut ainsi préoccupé pendant tout le temps que mit mon père à lui développer avec chaleur ce qui pouvait servir à sa défense. Dès qu'il eut cessé de parler, l'empereur lui répondit qu'il n'eût plus à s'inquiéter, mais que, bannissant désormais toute crainte, il ne songeât plus qu'à vivre heureux. « Je mettrai, ajouta-t-il, à votre disposition toutes les forces de l'empire, et, en retour, je ne vous demande qu'une chose: c'est la main de votre fille. »

« Mon père, ébloui par un honneur auquel il était bien loin de s'attendre, accéda sur-le-champ bien volontiers à la proposition de l'empereur; et quand nous fûmes rentrés dans notre demeure, ils firent, ma mère et lui, tout ce qu'ils purent pour me faire condescendre à la volonté de Dioclétien et à la leur. « Quoi donc? leur dis-je, voulez-vous que, pour l'amour d'un homme, je manque à la promesse que j'ai faite à Jésus-Christ il y a deux ans ? Ma virginité lui appartient, je ne saurais plus en disposer. » — « Mais, me répondit mon père, vous étiez alors trop enfant pour contracter un tel engagement. » Et il joignait les plus terribles menaces à l'ordre qu'il me donnait d'accepter l'offre de Dioclétien. La grâce de mon Dieu me rendit invincible; et mon père, n'ayant pu faire agréer à ce prince les raisons qu'il lui alléguait pour se dégager de la parole donnée, il se vit obligé par son ordre à me conduire devant lui.

« J'eus à soutenir, quelques moments auparavant, un nouvel assaut de sa fureur et de sa tendresse…
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(a) Dom François observe ici qu'en donnant dans la première édition de son ouvrage cette étymologie au nom de PHILOMÈNE, il hésitait lui-même à y ajouter foi, mais qu'un mouvement intérieur le poussa toujours, malgré ses répugnances, non-seulement à l'écrire alors, mais à le répéter encore dans les éditions suivantes. Il paraissait, en effet, plus naturel de prendre la racine de ce nom dans la langue grecque, qui donne un sens différent, quoique analogue au premier: et c'est celui de BIEN-AIMÉE, comme la Sainte l'est en effet tout particulièrement.

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Message  Louis Ven 14 Mai 2021, 7:18 am


Histoire de son martyre.

SUITE

« J'eus à soutenir, quelques moments auparavant, un nouvel assaut de sa fureur et de sa tendresse. Ma mère, de concert avec lui, s'efforça de vaincre ma résolution. Caresses, menaces, tout fut employé pour me réduire. Enfin, je les vois l'un et l'autre tomber à mes genoux; et ils me disent, les larmes aux yeux : Ma fille, aie pitié de ton père, de ta mère, de ta patrie, de nos sujets. — Non, non, leur répondis-je, Dieu et la virginité que je lui ai vouée avant tout, avant vous, avant ma patrie ! Mon royaume c'est le ciel. — Mes paroles les plongèrent dans le désespoir, et ils me conduisirent devant l'empereur, qui fit aussi tout ce qui était en son pouvoir pour me gagner; mais ses promesses, ses séductions et ses menaces furent également inutiles. Il entre alors dans un violent accès de colère, et, poussé par le démon, il me fait jeter dans une des prisons de son palais, où bientôt je me vois couverte de chaînes.

« Croyant que la douleur et la honte affaibliraient le courage que m'inspirait mon divin Epoux, il venait me voir tous les jours; et alors, après m'avoir fait détacher, pour que je prisse le peu de pain et d'eau qu'il me donnait pour toute nourriture, il recommençait ses attaques, dont quelques-unes, sans la grâce de Dieu, auraient pu devenir funestes à ma virginité. Les défaites qu'il éprouvait toujours étaient pour moi le prélude à de nouveaux supplices; mais la prière me soutenait; je ne cessais de me recommander à mon Jésus et à sa très-pure Mère.

« Ma captivité durait depuis trente-sept jours, quand, au milieu d'une lumière céleste, je vois Marie, tenant son divin Fils entre ses bras. Ma fille, me dit-elle, encore trois jours de prison, et après ces quarante jours tu sortiras de cet état pénible. Une si heureuse nouvelle me faisait battre le cœur de joie; mais, comme la Reine des Anges m'eut ajouté que j'en sortirais pour soutenir, dans d'affreux tourments, un combat plus terrible encore que les précédents, je passai subitement de la joie aux plus cruelles angoisses; je crus qu'elles allaient me faire mourir.

« Courage donc, ma fille, me dit alors Marie, ignores-tu l'amour de prédilection que j'ai pour toi? Le nom que tu reçus au baptême en est le gage par la ressemblance qu'il a avec celui de mon Fils et avec le mien. Tu t'appelles Lumena, comme ton Epoux s'appelle Lumière, Etoile, Soleil, comme je suis appelée moi aussi Aurore, Etoile, Lune, dans la plénitude de son éclat, et Soleil. Ne crains pas: je t'aiderai. Maintenant la nature dont la faiblesse t'humilie revendique ses droits; au moment du combat, la grâce viendra te prêter sa force: et ton ange, qui fut aussi le mien, Gabriel, dont le nom exprime la force, viendra à ton secours, je te recommanderai spécialement à ses soins, comme ma fille bien-aimée entre les autres. Ces paroles de la Reine des vierges me rendirent le courage; et la vision disparut, en laissant ma prison remplie d'un parfum tout céleste.

» Ce qui m’avait été annoncé ne tarda point à se réaliser. Dioclétien, désespérant de me fléchir, prit la résolution de me faire tourmenter publiquement, et le premier supplice auquel il me condamna fut celui de la flagellation. Puisqu'elle n'a pas honte, dit-il, de préférer à un empereur tel que moi un malfaiteur, condamné par sa nation à une mort infâme, elle mérite que ma justice la traite comme il fut traité. Il ordonna donc que l'on me dépouillât de mes vêtements, qu'on me liât à la colonne, et, en présence d'un grand nombre de gentilshommes de sa cour, il me fit battre avec tant de violence, que mon corps tout sanglant n'offrait plus qu'une seule plaie. Le tyran s'étant aperçu que j'allais tomber en défaillance et mourir, me fit aussitôt éloigner de ses yeux et traîner de nouveau en prison, où il croyait que je rendrais le dernier soupir. Mais il fut trompé dans son attente…

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Message  Louis Sam 15 Mai 2021, 6:35 am


Histoire de son martyre.

SUITE

«...Mais il fut trompé dans son attente, comme je le fus dans le doux espoir que j'avais d'aller bientôt rejoindre mon Epoux; car deux anges, resplendissants de lumière, m'apparurent, et, versant un baume salutaire sur mes plaies, ils me rendirent plus vigoureuse que je ne l'étais avant le tourment. Le lendemain matin, l'empereur en fut informé; il me fait venir en sa présence, me considère avec étonnement, puis cherche à me persuader que je suis redevable de ma guérison au Jupiter qu'il adore. Il vous veut absolument, disait-il, impératrice de Rome; et, joignant à ces paroles séduisantes les promesses les plus honorables et les caresses les plus flatteuses, il s'efforçait de consommer l'œuvre d'enfer qu'il avait commencée; mais le divin Esprit, auquel j'étais redevable de ma constance, me remplit alors de tant de lumières, qu'à toutes les preuves que je donnais de la solidité de notre foi, ni Dioclétien, ni aucun de ses courtisans ne trouvèrent quoi que ce fût à répondre.

« Il entre alors de nouveau en fureur, et commande que l'on m'ensevelisse, avec une ancre au cou, dans les eaux du Tibre. L'ordre s'exécuta; mais Dieu permit qu'il ne pût réussir; car, au moment où l'on me précipitait dans le fleuve, deux anges vinrent encore à mon secours, et, après avoir coupé la corde qui m'attachait à l'ancre, tandis que celle-ci tombait au fond du Tibre, où elle est restée jusqu'à présent, ils me transportèrent doucement, à la vue d'un peuple immense, sur les bords du fleuve.

« Ce prodige opéra d'heureux effets sur un grand nombre de spectateurs, et ils se convertirent à la foi; mais Dioclétien, l'attribuant à quelque secret magique, me fit traîner à travers les rues de Rome, et ordonna ensuite que l'on décochât contre moi une grêle de traits. J'en étais toute hérissée, mon sang coulait de toutes parts; épuisée, mourante, il commande qu'on me reporte dans mon cachot. Le Ciel m'y honora d'une nouvelle grâce. J'entrai dans un doux sommeil, et je me trouvai, à mon réveil, parfaitement guérie.

« Dioclétien l'apprend. Eh bien! s'écria-t-il alors dans un accès de rage, qu'on la perce une seconde fois de dards aigus, et qu'elle meure dans ce supplice. On s'empresse de lui obéir. Les archers bandent leurs arcs, rassemblent toutes leurs forces; mais les flèches se refusent à les seconder. L'empereur était présent; il enrageait à ce spectacle, il m'appelait une magicienne; et, croyant que l'action du feu pourrait détruire l'enchantement, il ordonne que les dards soient rougis dans une fournaise, et dirigés ensuite une seconde fois contre moi. Ils le furent en effet: mais ces dards, après avoir traversé une partie de l'espace qu'ils devaient parcourir, prenaient tout à coup la direction contraire et volaient frapper ceux qui les avaient lancés. Six des archers en moururent, plusieurs d'entre eux renoncèrent au paganisme: et le peuple se mit à rendre un témoignage public à la puissance du Dieu qui m'avait protégée.

« Ces murmures et ces acclamations firent craindre au tyran quelque accident plus fâcheux encore, et il se hâta de terminer mes jours, en ordonnant que l'on me tranchât la tête. Ainsi mon âme s'envola-t-elle vers son céleste Epoux, qui, avec la couronne de la virginité et les palmes du martyre, me donna un rang distingué parmi les élus qu'il fait jouir de sa divine présence. Le jour, si heureux pour moi, de mon entrée dans la gloire, fut un vendredi; et l'heure de ma mort, la troisième après midi (c'est-à-dire la même qui vit expirer son divin Maître). »

Comme la Sainte le révéla elle-même, la translation de ses reliques à Mugnano del Cardinale, dans le diocèse de Nole, ne se fit pas sans miracles…

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Message  Louis Dim 16 Mai 2021, 5:46 am


Translation de son corps à Mugnano.

Comme la Sainte le révéla elle-même, la translation de ses reliques à Mugnano del Cardinale, dans le diocèse de Nole, ne se fit pas sans miracles. Un de ses plus grands fut de n'en point faire dans une église de Naples, pour indiquer qu'on ne devait pas la laisser dans cette ville: dès qu'on la sortit de l'église et qu'on la mit dans un simple oratoire, dans le dessein de la transporter à Mugnano, trois guérisons furent obtenues miraculeusement.

Pendant le voyage, un de ceux qui portaient le corps de Philomène, malade dès la veille du départ, fut  guéri. On s'étonna aussi de la légèreté du précieux fardeau ? Oh! comme la Sainte est légère, disaient les porteurs, elle ne pèse pas plus qu'une plume. La nuit, une colonne de lumière guida la châsse à travers d'épaisses ténèbres. Au bourg de Cimitilé, elle devint si pesante, que tous les bras furent inutiles pour la soulever ; mais, quelques habitants de Mugnano s'étant joints aux porteurs épuisés, elle reprit aussitôt sa première légèreté.

La veille de son arrivée dans cette ville, pendant qu'on sonnait les cloches en son honneur, une pluie abondante, demandée par les habitants, succéda à une longue sécheresse. Quand elle parut, et qu'on la découvrit, la foule avide se précipita autour d'elle en criant : Ciel! qu'elle est donc belle!..  quelle beauté de paradis! Mais voilà tout à coup un horrible ouragan qui se forme sans doute sous le souffle des malins esprits, il fond sur la multitude effrayée et se dirige même vers la châsse. Il est bientôt repoussé par une main invisible et va expirer sur une montagne voisine, dont quelques arbres sont déracinés.

A partir de ce jour heureux, la ville de Mugnano fut le théâtre de prodiges qu'il serait trop long de rapporter. Citons seulement ceux où l'aimable Providence semble s'être jouée pour entourer, sur la terre, sa vierge bien-aimée de quelques rayons de cette gloire dont elle jouit dans le ciel.

Les ossements de notre Martyre étaient recouverts d'un corps figuré, que la main inhabile de l'ouvrier avait fait trop petit, peu élégant et mis dans une attitude qui ne paraissait pas assez décente. Les vêtements magnifiques dont on l'orna ne purent suppléer entièrement à ces défauts.

Or, un matin, en 1814, des étrangers virent modestement assis le saint corps qui, jusque-là, était resté étendu; tous les ornements avaient suivi ce mouvement miraculeux, pour donner à la Sainte une pose plus gracieuse. Que dis-je! le visage avait perdu ses premiers traits; le menton s'était arrondi comme celui d'une jeune personne qui sommeille; les lèvres qui, auparavant, rendaient le visage difforme, s'ouvraient maintenant avec une grâce merveilleuse, qui, jointe à l'amabilité de la physionomie et au brillant coloris des joues, jadis blanchâtres, flattait agréablement les yeux ; la chevelure, auparavant cachée en grande partie, soit derrière le cou, soit au delà de l'épaule gauche, se montrait alors tout entière et flottait ça et là avec une élégante légèreté; et cependant les quatre sceaux de l'évêque de Potenza restaient parfaitement intacts, et la clef de la châsse était à Naples : le ciel avait pris soin que le miracle fût évident pour les plus incrédules.

Ce n'est pas tout: bientôt on s'aperçut que les vêtements de la Sainte tombaient en lambeaux; une main invisible en détachait chaque jour tantôt une pièce, tantôt une autre; Dieu, jaloux de la gloire extérieure du saint corps, indiquait par là qu'il fallait le revêtir avec une nouvelle magnificence. On s'en occupa sérieusement. Mais une difficulté se présenta : en prenant les mesures, on fit l'observation que la chevelure de la Sainte, parfaitement arrangée vers l'épaule droite, laissait sur la gauche quelque vide, à cause du petit nombre de cheveux de soie que l'on y avait mis, lorsqu'on la vêtit pour la première fois. Y suppléer par des cheveux de femme ne paraissait pas convenable; le temps ne permettait pas de se procurer des cheveux de soie. Dans cet embarras, la veille de la Pentecôte, au moment où l'on découvrait les saintes reliques, on vit encore les soins de la Providence, soins minutieux aux yeux de la sagesse humaine, mais admirables à ceux de la foi : de nouvelles et longues flottes de cheveux parurent du côté où se voyait auparavant ce vide, qu'on désespérait de pouvoir remplir. Ils semblaient fraîchement lavés et peignés; sur éclat et leur belle disposition répandaient une nouvelle grâce sur l'extérieur de la Sainte. On cria de même, et avec juste raison, au miracle, quand on s'aperçut différentes fois que la Sainte devenait non-seulement plus belle, mais bien plus grande qu'auparavant.

Un jour, je ne sais quoi de sévère vint tout à coup obscurcir les traits, auparavant si radieux, de notre Sainte. Les fidèles se mettent aussitôt en prière; cette prière de cœurs humbles fut exaucée: sur-le-champ le nuage se dissipe, la première sérénité reparaît; rien de plus attrayant que l'amabilité de la Vierge: la joie du ciel rayonnait sur son visage, joie causée par la conversion d'un pécheur, qui déclara, les larmes aux yeux et du ton le plus humble, qu'incrédule un instant auparavant, il avait été touché par le prodige. Son cœur, ouvert à la vérité, se répandait en actions de grâces pour la Sainte. Il la pria d'accepter une riche offrande pour l'embellissement de son autel.

Je pourrais citer une infinité de miracles semblables: on verrait non-seulement des pécheurs, mais encore…

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Message  Louis Lun 17 Mai 2021, 6:56 am


Divers miracles opérés par son intercession.

Je pourrais citer une infinité de miracles semblables: on verrait non-seulement des pécheurs, mais encore des apôtres de l'impiété changés intérieurement d'une manière si merveilleuse, qu'ils sont ensuite devenus apôtres zélés de la vertu.

Plusieurs fois il s'est opéré aussi dans les yeux de la Thaumaturge des mouvements bien extraordinaires, et c'était quand on lui demandait quelques faveurs extraordinaires. Un soir le ciel était obscurci de tant de nuages, et la pluie tombait en si grande abondance, que, malgré six grands cierges allumés, on ne voyait que bien imparfaitement les traits chéris de celle qu'on invoquait. Toutes les personnes présentes en étaient tristes, quand tout à coup un rayon de lumière jaillissant d'une grande fenêtre qui faisait face à l'Orient, vient donner sur le visage de la Sainte, et permet de le contempler à loisir.

C'était là un premier miracle, car le soleil était à l'Occident. Il fut accompagné d'un second, non moins prodigieux; car on vit en ce moment, d'une manière bien distincte, les yeux de la Vierge martyre s'ouvrir à huit reprises différentes et avec une admirable vivacité. Les habitants de Castelvetere, pendant une procession, admirèrent le même prodige sur une image de sainte Philomène. Elle ouvrit les yeux et il en sortit je ne sais quels éclairs qui pénétraient les âmes et y faisaient naître les sentiments les plus délicieux: les femmes se dépouillaient de tout ce qu'elles avaient d'ornements et les jetaient sur le brancard en signe de leur reconnaissance et de leur dévoûment à la Sainte: le reste du cortège était comme saisi d'attendrissement et de respect.

La veille de cette procession, une dame distinguée de Montemarano, qui souffrait depuis trois mois, voyant ses douleurs devenir plus aiguës, avait perdu courage et s'était écriée: Tous les remèdes me sont inutiles; il n'y a pas de Saint au paradis qui ait pitié de moi. Jésus, envoyez-moi la mort, la vie m'est devenue trop à charge ! En finissant ces mots, elle s'assoupit profondément; et alors se présente devant elle une jeune et aimable vierge, accompagnée de deux anges qui, l'envisageant d'un air sévère: Il est donc bien vrai, lui dit-elle, que tu n'as trouvé dans le ciel aucun Saint qui s'intéressât à toi! ... Puis souriant, elle ajouta : Baise cette image de la vierge et martyre sainte Philomène. et tu obtiendras la grâce que tu désires . La dame la baise avec respect, et aussitôt les deux anges applaudissant s'écrient : La grâce est faite; la grâce est faite ! Elle l'était en effet. En se réveillant, plus de mal, plus de douleur; cette dame et son mari vinrent à Castelvetere pour prendre part à la fête et remercier publiquement la Thaumaturge du bienfait qu'ils en avaient reçu.

Plusieurs fois, lorsqu'on porta les statues de la Sainte sur des brancards, les rues trop étroites semblèrent s'élargir: du moins la Sainte y passa au large comme dans une grande place. A Lucera, la dévotion envers sainte Philomène se répandit par un grand nombre de miracles. Un chanoine, près de mourir d'une maladie de poitrine, fut guéri en s'appliquant l'image de notre Sainte sur la partie malade.  

Beaucoup d'incrédules qui se moquaient de ces prodiges furent convertis par ces prodiges mêmes.

Un de ces hommes, dont la famille, pleine de confiance en notre Sainte, vénérait son image dans un petit oratoire, répétait souvent que croire à de pareilles niaiseries, c'était l'indice d'un petit esprit. Un jour il lui sembla en dormant se trouver dans l'église: il y voit la sainte Martyre environnée d'un grand nombre de personnes. Toutes lui demandaient quelque faveur et toutes s'en retournaient pleinement satisfaites. Désirant, lui aussi, voir se réaliser une chose qu'il avait fort à cœur, il s'approche et lui adresse sa prière.

«Loin d'ici, loin d'ici, lui répond aussitôt la Vierge courroucée! N'êtes-vous plus cet homme qui n'ajoute aucune foi aux prodiges que j'opère ? Quoi ! vous osez me demander des grâces!....»

Ces paroles, prononcées d'un ton sévère, firent la plus vive impression sur son cœur, et il se réveilla. Ce n'était plus le même homme. Il jugea, dès ce moment, d'une toute autre manière; il ne cessait de pleurer son erreur, et par la tendresse de sa dévotion envers la Thaumaturge, il en obtint beaucoup de faveurs.

Il arriva souvent que l'huile qui brûlait dans les lampes de sainte Philomène se multiplia miraculeusement. Il en fut de même pour…

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Message  Louis Mar 18 Mai 2021, 6:53 am


Divers miracles opérés par son intercession.

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Il arriva souvent que l'huile qui brûlait dans les lampes de sainte Philomène se multiplia miraculeusement. Il en fut de même pour les images qui reproduisaient ses traits et pour les livres qui racontaient son histoire et ses miracles.

On ne peut s'empêcher de voir que notre Sainte, à l'exemple de son divin Epoux, a une prédilection particulière pour les petits enfants. Une pauvre mère lui avait recommandé le sien et il était mort malgré ses prières. La douleur, au lieu d'éteindre sa foi, la rallume. Elle court à l'image de la Sainte, suspendue à un mur, l'enlève, et, la jetant sur le cadavre, objet de sa douleur, elle demande à grands cris, et avec des torrents de larmes, que ce fils chéri lui soit rendu. Au même instant le petit mort se lève comme s'il sortait de son sommeil: il se jette en bas du lit; et les yeux qui déjà pleuraient sur lui le voient non-seulement ressuscité, mais sans le plus léger symptôme de maladie.

Ce qui arriva à Monteforte n'est pas moins merveilleux. La fille de Lelio Gesualdo et d'Antonia Valentino, pour lors âgée de onze mois, s'échappe des bras qui la portaient et tombe dans la rue; la hauteur était de vingt-quatre palmes ; il fallait que la chute fût bien rapide; car l'enfant, donnant de la tête en passant contre un tuyau fait en briques, en détacha plusieurs éclats: de là, elle retombait sur les cailloux du pavé, quand sa mère, présente à cette déplorable scène, s'écrie du haut de la maison : « Ma bonne sainte Philomène, cette enfant est à vous si vous me la sauvez! » Le père de la petite Fortunata, qui se trouvait au même instant dans la rue, poussait dans son effroi le même cri; et, accourant vers l'enfant qui était étendue par terre, il la saisit, la considère, ne voit en elle aucune blessure, aucune contusion; il n'y avait sur tout le corps de la petite fille d'autre indice de sa chute que la fracture d'un ornement d'argent qu'elle avait autour du cou.

Notre Sainte se déclare surtout la mère des petites filles qui portent son nom...

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Message  Louis Mer 19 Mai 2021, 5:59 am


Divers miracles opérés par son intercession.

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Notre Sainte se déclare surtout la mère des petites filles qui portent son nom.

En 1830, la petite Philomène Tedesco s'étant crevé un œil avec des ciseaux, le mal fut jugé incurable par les médecins. Mais l'enfant guérit tout à coup en se lavant avec de l'huile prise dans la lampe de la Sainte; tout le monde remarqua même qu'il y avait dans cet œil quelque chose de plus vif et de plus brillant que dans l'autre.

Une pauvre femme, appelée Thérèse Bovini, s'était recommandée à la Sainte, et lui avait exposé qu'elle n'avait pas le moindre haillon pour couvrir l'enfant qu'elle allait mettre au monde, L’enfant voit le jour avant que la prière fût exaucée, on ne sait avec quoi le couvrir, enfin on cherche dans une caisse où la mère dit que l'on devra trouver quelque chose d'usé et d'à moitié déchiré. Quel fut l'étonnement de la personne qui l'ouvrit, en voyant un petit trousseau où rien ne manquait ni pour la propreté, ni pour l'arrangement, ni même pour l'élégance! Il en sortait une odeur si suave, que l’air en fut embaumé. Elle prend ce trésor, elle le baise; la mère, au comble de la joie, en fait autant, et ne sait comment témoigner sa gratitude à sa céleste bienfaitrice. L'enfant, ainsi richement emmaillotée, est portée aux fonts baptismaux; la nouvelle du miracle se répand; et l'on vient de tous côtés voir, baiser les langes merveilleux, et respirer le céleste parfum qu'ils exhalent.

La Sainte ne s'en tint pas là.

La nuit d'après, Thérèse est réveillée par les vagissements de la petite créature. A la lueur de la pauvre lampe qui éclairait l'appartement, elle cherche des yeux l'enfant, qui ne se trouve plus à l'endroit où elle l'avait mise. Incertaine, timide, elle se retourne d'un autre côté, et elle voit, ô prodige ! une jeune personne vêtue de blanc, et d'une beauté toute céleste. Ses bras soutenaient la petite fille; et de ses mains elle la caressait amoureusement.

Quelle consolation pour la pauvre mère ! Saisie de respect, de joie, de confusion et de reconnaissance, elle ne put que s'écrier : Ah ! sainte Philomène ! Et sainte Philomène se levant alors de dessus la chaise où elle était assise, donne un baiser à l'enfant, la remet à sa place et disparait. Thérèse, pendant plusieurs jours, en fut dans une espèce d'extase.

Mais le miracle, sans contredit, le plus grand de tous ceux que le Seigneur a opérés en faveur de la sainte Martyre, c'est…

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Message  Louis Jeu 20 Mai 2021, 5:36 am


Divers miracles opérés par son intercession.

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Mais le miracle, sans contredit, le plus grand de tous ceux que le Seigneur a opérés en faveur de la sainte Martyre, c'est l'étonnante rapidité avec laquelle s'est répandu son culte. Semblable à la lumière qui, en quelques instants, franchit l'espace immense qu'il y a du ciel à la terre, le nom de sainte Philomène, depuis surtout la sueur miraculeuse (et bien constatée) que l'on vit, en 1823, sur une de ses statues, érigée dans l'église de Mugnano, est parvenu, en peu d’années, jusqu'aux extrémités de la terre; les livres qui parlent de ses miracles, les images où elle est dépeinte, ont été portés par de zélés missionnaires dans la Chine, dans le Japon et dans plusieurs établissements catholiques de l'Amérique et de l'Asie.

En Europe, son culte va s'étendant chaque jour davantage, non-seulement dans les campagnes et les bourgades, mais encore dans les cités les plus illustres et les plus populeuses. Les grands et les petits, les pasteurs, ainsi que leurs ouailles, s'unissent pour l'honorer. A leur tête l'on voit des cardinaux, des archevêques, des évêques, des chefs d'ordres religieux et des ecclésiastiques, recommandables par leurs dignités, leur savoir et leurs vertus.

Du haut de la chaire chrétienne, les orateurs les plus éloquents publient sa gloire; et tous les fidèles qui la connaissent, dans le royaume de Naples surtout, et dans les pays voisins, où ils se comptent par millions, lui donnent d'une commune voix le nom de THAUMATURGE.

La France a une grande dévotion pour notre sainte Thaumaturge: on trouve sa statue ou son image dans beaucoup de nos églises; et, après les médailles de l'immaculée Mère de Dieu, il en est peu que les fidèles recherchent avec plus d'empressement que celles de sainte Philomène.

L'ouvrage dont nous avons tiré cet abrégé n'est pas moins répandu, c'est la Vie et les Miracles de sainte Philomène, vierge et martyre, surnommée la Thaumaturge du XIXe siècle, traduit de l'italien par M. J. F. B., de la Compagnie de Jésus.

A suivre : Petits Bollandistes; ARS, la chapelle de Sainte Philomène.

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Message  Louis Ven 21 Mai 2021, 6:43 am

Petits Bollandistes, tome IX, p. 451-452 a écrit:

Chapelle à ARS.

On voit à Ars, dans la chapelle de Sainte-Philomène, qui possède une parcelle considérables de ses os, les plus belles scènes de la vie de la Sainte, reproduites sur les huit parois de la délicieuse coupole de cette chapelle. Sur le premier tableau, l'empereur Dioclétien, assis sur son trône, offre une couronne d'or à Philomène, et lui annonce que, ravi de ses grâces, il l'a choisie pour l'élever au rang d'impératrice. La Sainte demeure indifférente à des avances si flatteuses, et repousse avec dédain le brillant diadème. Elle déclare qu'elle n'aura jamais d'autre époux que Jésus-Christ le roi immortel des siècles.

Dans le deuxième tableau, Dioclétien, furieux d'éprouver un refus auquel il était loin de s'attendre, appelle des archers et leur ordonne de percer cette fille ingrate avec des flèches enflammées. Ici la scène devient vivante: Philomène apparaît attachée à un poteau, sa physionomie est calme, on dirait presque saintement fière; toute son attitude respire le courage poussé jusqu'à l'héroïsme. Les traits partent, laissant après eux une longue traînée lumineuse. Mais chose étonnante ! ces dards retournent sur eux-mêmes et vont percer les bourreaux qu'ils renversent expirant aux pieds de la jeune Vierge. Philomène, à la vue du miracle, se recueille et rend grâces à son Dieu.

Dans le troisième tableau, Dioclétien déconcerté à la nouvelle du prodige, fait enfermer l'héroïne dans un sombre cachot. On la voit dans une attitude contemplative, au sein de ces ténèbres. On dirait un athlète, qui se repose paisiblement après un glorieux et pénible combat.

Dans le quatrième tableau, la scène représente le fleuve du Tibre. Un vaisseau porte Philomène jusqu'au milieu des flots. Là, les satellites du tyran, attachant une ancre pesante au cou de l'innocente victime, la précipitent au fond des eaux. Mais trois anges veillent au salut de l'héroïque vierge. L'un d'entre eux brise la chaîne de l'ancre et porte doucement la Sainte sur le rivage. Les deux autres s'élancent sur la barque et la submergent avec tous ceux qui la montent. L'expression de bonheur peinte sur le visage de Philomène miraculeusement délivrée, et le désespoir des bourreaux qui sombrent, forment un heureux contraste.

Le cinquième tableau figure la décapitation de la Sainte. Elle courbe la tête avec un empressement mêlé de joie, on voit qu'il lui tarde d'arriver au terme de ses combats.

Le sixième tableau représente le convoi funèbre qui porte le corps de la Sainte, si glorieusement mutilé. La scène se passe au milieu des ténèbres, c'est pendant la nuit que le touchant cortège se dirige vers les catacombes. Deux groupes de vierges accompagnent la Vierge martyre; l'une d'entre elles porte avec respect la fiole sacrée qui contient le sang de la nouvelle héroïne. La douleur et le recueillement se peignent sur tous les fronts.

Le septième tableau représente les catacombes. Un sculpteur, en costume antique, grave sur la pierre, derrière laquelle repose le corps de la Sainte, ce nom de Philomène, qui devait demeurer seize siècles enseveli dans l'ombre, et devenir ensuite si célèbre. Un gardien des catacombes tient à la main une lampe de terre qui jette quelques pâles lueurs sur cette scène silencieuse.

Le huitième tableau représente le ciel. C'est l'apothéose de la jeune Sainte. Dioclétien croit avoir écrasé la jeune Vierge sous le poids de sa puissante colère. Ne pouvant parvenir à vaincre sa vertu, il l'a brisé sous la hache de son licteur! Et voilà qu'au moment où il semble triompher, l'héroïne entre dans la gloire et prend possession d'un trône immortel. Là, elle contemple face à face le Dieu qu'elle a préféré à toutes les gloires de la terre, et les Esprits bienheureux, ravis des triomphes de son amour, jettent à ses pieds des lis, des palmes, des couronnes.

On voit encore dans la chapelle d'Ars un bas-relief qui représente la jeune martyre au moment où elle est recueillie et déposée par les anges sur le bord du Tibre. Le corps virginal, d'une souplesse et d'une flexibilité admirable, semble se transfigurer sous le regard, au contact des mains angéliques qui le soulèvent. L'ornementation qui l'accompagne est d'un goût exquis et d'une poésie charmante: c'est une bordure de lis et de colombes.

FIN.

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