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Message  Roger Boivin Mer 08 Avr 2020, 8:32 am


Très d'actualité comme question !

Voici la Conclusion tirée d'un volume de Mgr Dupanlou, publié en 1845 : « De la pacification religieuse : quelle est l'origine des querelles actuelles ? Quel en peut être l'issue ? »

Ça date de 175 ans, mais ça instruit. Pour qui veux le lire le tout d'un coup, voici :
https://archive.org/details/bub_gb_oeLtZnN1HsAC/page/n277/mode/2up




CONCLUSION.


QUAND ET COMMENT TOUT CELA FINIRA-T-IL ?


Il y a trois choses dont la force est grande ici-bas ; trois choses dont il ne faut jamais se moquer, parce qu’on ne sait bien ni ce qu’elles sont, ni d’où elles viennent, ni où elles vont : le Temps, le Hasard, l'Opinion.

Eh bien, le temps, le hasard, l’opinion sont pour nous, et nous apportent la liberté d’enseignement, et avec elle, toutes les légitimes libertés religieuses dont nous devrions jouir depuis cinquante années, et dont seuls, ou à peu près, nous sommes privés en France, nous autres catholiques.


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Message  Roger Boivin Mer 08 Avr 2020, 7:12 pm


I.

Le Temps.


Le TEMPS !... Un homme que plusieurs voix ont proclamé l’oracle de la politique, et dont l’autorité est demeurée grande en fait de prudence humaine, a dit : En toutes choses il faut toujours se ménager pour ALLIÉ le GRAND ENNEMI de l’homme, le Temps.

Le Temps a, pour tout modifier, des secrets que le génie lui-même ne trouve pas. Cette parole est d’un grand sens. M. de Talleyrand disait encore :

N’ayons pas la maladresse de demander au présent ce que l'avenir nous apportera sans efforts. Il ajoutait :

On n'est pas assez capable de grandes choses quand on ne sait pas attendre.

Eh bien, le temps est notre allié naturel dans la grande cause de la liberté d’enseignement et des libertés religieuses.

La force, la puissance mystérieuse, le génie du temps combattent pour nous.

J’en ai une conviction si ferme, que si d’une part les défenseurs de la liberté religieuse savent attendre, et si de l’autre on n’emploie pas contre la justice et le bon sens invincible de cette cause des moyens révolutionnaires, si on ne fait pas violence au temps, je ne doute pas qu’avant peu d’années elle ne soit triomphante ; et si ou emploie ces moyens, on jettera dans le pays une perturbation profonde, sans faire autre chose que retarder, au profit d’un monopole absurde et d’un despotisme odieux, le triomphe inévitable du bon sens et de la justice.

C’était la pensée qu’exprimait un des premiers et des plus honorables magistrats du royaume, dont le nom et l'autorité ne sembleraient pas, au premier abord, devoir être favorables à la liberté religieuse, lorsqu’il disait à un de ses nobles collègues à la Chambre des Pairs : Cette cause gagne et gagnera chaque jour nécessairement du terrain. Ce qui suffisait il y a trois ans, ne suffira plus aujourd'hui ; et ce qui suffirait aujourd'hui ne suffira plus dans trois ans.

Le temps, oui, je le répète, le temps est l’allié naturel de la grande cause de la liberté religieuse, et si l’on veut en savoir la raison, c’est que le temps est l’allié providentiel du droit, de la justice et du bon sens, et les fait triompher à la longue.

C’est le bienfait du temps et sa puissance mystérieuse, que la vérité et la raison prévalent toujours avec lui et définitivement l’emportent.

C’est aussi la gloire de l’humanité, que le mensonge et l’iniquité ne triomphent jamais sans retour auprès d’elle.

Dieu ne le permet pas, et le temps qui souffre, qui voit et qui fait quelquefois tant d’injustices, est condamné par la Providence à les réparer ici bas, même avant le jour de la grande réparation ; et il y a la justice du temps avant la justice de l’éternité.

Mais je me trouve ici jeté dans une région d’idées supérieures auxquelles ne s’élèvent peut-être pas assez souvent les hommes politiques de ce siècle : les esprits sérieux ne refuseront pas de m’y suivre.

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Message  Roger Boivin Jeu 09 Avr 2020, 8:17 pm


Pourquoi donc le temps, qui est le grand ennemi de l’homme, qui lui manque toujours, qui lui échappe, qui le trahit ; le temps qui semble être au service de l’homme, mais qui ne le sert jamais qu’en maître, en maître avare, injuste, capricieux, trompeur ; le temps qui le ronge, qui le diminue, qui le détruit, qui Je dévore ;

Comment se fait-il que ce grand ennemi de l'homme et de ses œuvres soit cependant à son service une puissance si forte, que tout homme, que toute cause, qui peut dire : J’ai le temps pour moi, est sur de triompher ; que tout homme même qui peut dire : Je ne suis pas pressé, je puis attendre, a une supériorité certaine ;

Comment se fait-il, surtout, que le temps soit l’allié naturel de l’homme dans toutes les causes justes et raisonnables, l’allié providentiel du bon droit et de la vérité ?

Je vais en dire les graves raisons :

C'est d’abord parce que le temps laisse et fait réfléchir ; parce que le temps amène la succession des idées, des intérêts et des lumières ; parce que le temps éclaire en donnant le loisir de penser, de considérer, de voir, choses que l’homme ne fait jamais assez.

Le temps est à Dieu ; mais quand Dieu donne le temps à l’homme, l’homme s’il sait en profiter peut immensément : et il y a une profonde sagesse dans ce mot : avec le temps on vient à bout de tout. Non, on ne comprend pas la vie humaine et le secret de sa puissance, quand on ignore la puissance du temps.

La plus sage des conseillères, l’expérience, est fille du temps et de la réflexion.

Et voilà pourquoi, au fond, le temps n’est l’ennemi que des causes injustes, des causes précipitées.

Les causes douteuses redoutent le temps, parce quelles redoutent la réflexion, la lumière, l’expérience.

Il y en a une seconde raison : c’est, que le temps lasse et use les mauvaises passions.

Elles sont violentes. Tout ce qui est violent ne dure pas : à la longue, elles se fatiguent, se découragent, ou, ce qui est meilleur encore, elles se corrigent.

Les bonnes passions savent attendre, et avec le temps elles se dégagent elles-mêmes de ce qu’elles peuvent avoir de trop vif et des mouvements d’un zèle emporté. Elles sentent que la vertu cesse où l’excès commence.

Le temps aussi apaise les regrets, les ressentiments, les douleurs : Tempore lentescunt curae.

Le temps fait vieillir, désenchante, dissipe les illusions, les préjugés, les erreurs, c’est-à-dire, tout ce qui est favorable aux mauvaises causes et défavorable aux bonnes.

Le temps rend les hommes plus humbles, plus modérés, et par suite plus vrais et meilleurs.

Aussi n’y a-t-il rien de fort, rien de durable parmi les hommes, si le temps n’y est mis.

Les grandes choses, les grandes lois, les fortes institutions, les choses d’avenir qui doivent traverser les siècles et les dominer ; ces choses dont le poète a dit : Durando saecula vincit, sont toutes filles du temps.

C’est le temps qui fait découvrir les grandes vérités, le temps qui amène les grands changements ou les consacre. En un mot, il n’y a que les choses faites par le temps et avec le temps qui demeurent (1).

Les lois immortelles sont filles du temps, comme les lois immuables sont filles de l’éternité.

En un mot, le temps est la valeur des choses : elles valent ce qu’elles ont coûté de temps.

Les lois d’exception, faites pour désintérêts ou pour des passions d’un jour, durent peu.

Je défie qu’on me montre une grande chose qui ait été faite vite.

La destruction seule est précipitée : c’est le coup de foudre ; mais la création veut toujours du temps. Dieu lui-même a délibéré et employé six jours, quand il est sorti de son éternité, pour faire l’homme et le monde dans le temps.

Le temps même a comme un sceau qui n’est qu’à lui, pour l’imprimer sur les ruines. Celles que la main des hommes a faites sont sans majesté, et n’ont jamais l’empreinte auguste des ruines du temps (2).


______


(1) Quis autem quem non moveat clarisimis monumentis testata consignataque antiquitas ?
Vetera majestas quædem et, ut sic dixerim, relligio commendat.
Ciceron.

(2) Voyez à Rome les ruines factices d’une villa célèbre. Puissance d’argent croit tout pouvoir, même imiter la puissance du temps : elle n’y a pas réussi.

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Message  Roger Boivin Ven 10 Avr 2020, 9:10 pm


Et ici j’entre dans une raison plus profonde encore : le temps est au service de l’éternité ! voilà pourquoi la justice, la vérité, tout ce qui est éternel, tout ce qui est immuable comme Dieu, trouve dans le temps un allié naturel, un allié puissant, un allié fidèle : Dieu se cache dans le temps pour faire triompher ses conseils à l’heure de sa providence.

Dieu ne fait sa grande justice que dans l’éternité ; mais il ne laisse jamais passer un trop long temps sans la faire aussi sur la terre. Il tarde souvent, mais enfin il se manifeste.

Se fier au temps et attendre, c’est donc se fier à Dieu et espérer !

Il faut donc que les défenseurs des causes saintes ne se laissent jamais entraîner à l’impatience.


Sans doute il faut savoir combattre pour la vérité et la justice ; mais il faut aussi, il faut surtout savoir attendre.

Pour quiconque veut entendre à fond les choses humaines, et les servir, il ne suffit pas de considérer le dernier coup qui les décide ; il faut les reprendre déplus haut ; et dans l’enchaînement caché de toutes les grandes choses du monde, il y a toujours ce qui les prépare de loin, puis les mouvements secrets qui les mûrissent en silence, puis les conjonctures importantes qui les font éclater. Qui a prévu de plus loin, dit Bossuet, qui s'est le plus appliqué, qui a duré le plus longtemps, qui a le plus patiemment attendu, l’emporte à la longue.

Et la raison suprême, la voici :

Dieu a fait l’homme abrégé et sa vie courte, et c’est par là surtout que c’est une vie d’épreuve.

La vie de l’homme ne suffit pas pour faire triompher la vérité et la justice. Aussi ce n’est jamais le temps présent seul qui décide leur triomphe. Le temps passé les prépare, le temps présent s’en étonne, l’avenir les accepte, et celui-là seul les fait triompher, qui préside à tous les temps et domine tous les conseils.

Ceux, qui voient le triomphe de la vérité et de la justice ne l’ont pas préparé, et ne peuvent s’en glorifier. Ceux qui l’ont préparé meurent avant de le voir, et se confient à la Providence, sûrs de leur cause, et saluant de loin son infaillible triomphe.

Et c’est par là que nous autres chrétiens nous nous séparons profondément de ceux qu’on nomme des révolutionnaires. Comme ils travaillent pour eux, ils ne savent pas attendre : ils veulent recueillir avant que le temps ait fait la maturité de la justice ; ils font violence au temps.

Nous, nous respectons la loi du temps, et nous faisons les changements à la longue. Pour eux, ils arment le temps de leurs passions, et le chargent de tempêtes.

Et voilà pourquoi les œuvres révolutionnaires sont toujours si redoutables : c’est pourquoi aussi ceux qui aiment les révolutions plus que nous, et M. Thiers lui-même, déclarent qu'il en faut faire le moins possible ; voilà pourquoi il y a parmi nous tant de révolutionnaires corrigés ; voilà pourquoi tous les efforts des citoyens honnêtes tendent à en finir avec les révolutions.

Même quand les changements sont bons et justes, la sanction du temps leur est encore nécessaire. Autrement, c’est faire mal le bien, c’est déshonorer la justice.

Les scélérats sont des hommes qui ne croient pas à la puissance et à la justice de l’éternité. Les révolutionnaires sont des hommes qui ne croient pas à la puissance et à la justice du temps : et, qu’on me permette de le dire, des hommes qui ne se donnent pas le temps d’attendre parce qu’ils ne songent qu’à eux, et que leur vie est courte.

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Message  Roger Boivin Sam 11 Avr 2020, 4:40 pm


Nous autres catholiques, nous avons toujours le temps, et c’est le secret de notre patience : patiens quia œternus ; nous ne travaillons pas pour nous, et notre vie est longue ; nous travaillons pour la vérité et la justice qui nous survivront, et qui nous feront survivre nous-mêmes et triompher avec nos fils dans le temps et avec elles dans l’éternité.

On n'est pas assez capable de grandes choses quand on ne sait pas attendre. Certes, la patience ne nous a pas manqué : et c’est là notre force devant Dieu et devant les hommes. Nous avons attendu et nous attendons encore ; et depuis 89, où la liberté d’enseignement fut proclamée avec la liberté religieuse ; sous l’empire, pendant les quinze années de la restauration, et depuis quinze années encore, nous avons patiemment attendu, et nous avons bien fait !

Ceux-là sont peu dignes de la liberté et de la justice qui en font la conquête par la violence.

Il était digne de nous de comprendre ainsi les besoins du temps et la marche des agitations humaines. Nous avons bien fait de ne pas nous en montrer plus irrités qu’il ne convient à ceux à qui les lumières de la foi doivent donner quelque chose de la sagesse, de la patience et de la modération de Dieu.

Nous attendons encore, parce que nous trouvons dans l’histoire de nos pères et dans les souvenirs du passé, la lumière du temps présent, les secrets de la Providence et l’espérance de l’avenir.

Le temps est pour nous : les conjonctures où nous nous trouvons sont favorables, parce qu’elles sont graves et presque terribles.

Une conclusion est nécessaire. On a longuement attendu : donc elle sera bonne. Nous n’avons pas fait violence au temps, donc le temps nous protège : notre cause est invincible, et déjà elle triomphe.

Et qu’on ne nous dise pas que nous avons paru perdre patience : cela n’était pas. On ne voulait pas seulement nous écouter, nous admettre à la discussion, à la lumière, au grand jour. C’était trop fort. Nous avons forcé nos adversaires à penser, à réfléchir, à discuter : on nous écoute aujourd’hui. Nous avons pressé la discussion : nous ne pressons pas la décision.

Nos adversaires voudraient la précipiter, faire des lois de circonstance, des lois d’exception, des lois violentes : tout pour le présent ; rien pour l’avenir, rien pour la vérité et la justice, rien de grand, rien de vrai, rien de sincère. Nous ne l’entendons pas de la sorte.

Si j’étais donc appelé à donner des avis aux législateurs de mon pays ou aux conseillers de la couronne, je leur dirais : Mettez du temps à vos délibérations, ne précipitez rien : il y aurait péril pour tous. Prenez garde ! il est ici question des plus grands intérêts de l’Église et de la patrie. Que des hommes d’État ne se livrent pas à la passion d’un jour. L’Europe vous regarde, et attend de vous quelqu’une de ces décisions qui demeurent, parce que la sagesse des peuples y reconnaît et y proclame les droits imprescriptibles de la vérité et de la justice.

Certes, l’Angleterre et ses hommes d’État viennent de nous donner un grand exemple ; sir Robert Peel s’est élevé à une hauteur où l’admiration de la postérité ne lui manquera pas.

Du reste, je suis heureux de le déclarer, je trouve aussi une vraie sagesse dans les pensées d’un homme dont j'ai déjà cité les paroles.

Nous ne serons pas trop impatients de voir terminer cette lutte pur des moyens prompts et décisifs. Croyez-moi, Messieurs, il s'agit en ceci d'un état qui se prolongera plus qu'on ne tu imaginé et abord, et les moyens prompts et décisifs, si vous vouliez les employer, aggraveraient le mal au lieu de le guérir.

Voilà ce que M. Guizot disait en 1844 ; il ajoutait :

« Avec du temps, tenez pour certain que les difficultés de cette lutte seront surmontées.

« Comme j'ai eu l’honneur de vous le dire, quelque grandes qu'elles paraissent, ELLES SONT PLUS GRANDES ENCORE QU'ELLES NE LE PARAISSENT ; au fond, de quoi s'agit-il ?

« La lutte, va plus loin que la question de la liberté d'enseignement et le projet de toi que nous discutons ; lutte dans laquelle vous ne triompherez qu’en tenant la conduite que j'ai l'honneur de vous indiquer. Pour nous, nous sommes bien décidés à ne pas nous laisser entraîner à une autre conduite ; et, soit que l'impulsion nous vienne des uns ou des autres, soit qu’on nous pousse ou qu’on nous menace, nous ne nous laisserons ni entraîner ni pousser ; nous continuerons à aimer la religion, à protéger le clergé, à soutenir ses libertés comme les nôtres, et j'ai la confiance que dans un temps qu’à Dieu seul il appartient de savoir, la lutte cessera et la réconciliation sera sincère et profonde ; mais à espérez pas quelle soit l'œuvre, d’un jour, ni qu’elle puisse être dans aucun cas le fruit de mesures violentes et précipitées. »

Et M. Thiers lui-même n’a-t-il pas rendu hommage à la puissance du temps, lorsqu’après avoir proclamé l'Église une grande, une haute, une auguste puissance, il a achevé son rapport par ces paroles : Qu’adviendra-t-il, Messieurs, de cette lutte ? rien que le triomphe, de la raison, si, vous-renfermant dans les limites du bon droit et dans votre force, vous savez ATTENDRE et persévérer.

Pour nous, nous attendrons sans nous lasser ; nous attendrons, non dans l’inaction et la mollesse, mais dans la patience, dans le courage, dans la parole, dans la prière, dans l’espérance, dans la lumière qui se fait et que nous répandons.

Mais ce n’est pas seulement le temps qui combat pour nous.

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Message  Roger Boivin Dim 12 Avr 2020, 3:59 pm


II.

Le Hasard


Cette force majeure qui domine le temps lui-même et semble exercer sur les plus grandes affaires humaines une haute suzeraineté et comme un domaine absolu ; cette force cachée qui se joue dans l’univers, qui s’attaque aux grandes comme aux petites choses ; cette force supérieure et divine, que, dans la légèreté présomptueuse et l’ignorance aveugle et tranchante de notre langage, nous nommons le hasard, cette force est aussi pour nous. Qu’est-ce à dire ? Je m’explique.

Le hasard est pour nous, et ce n’est pas peu de chose ; et ici se découvrent à moi des faits étranges que je veux étudier, et des lois singulières qui mènent ma pensée plus haut. Le hasard ! ne serait-ce pas un mot dont nous nous servirions pour exprimer, sans le bien comprendre, ce qui est en dehors et au-dessus des lois ordinaires de la Providence; ces lois moins usitées, ces lois exceptionnelles, d’autorité pleine et suprême, ces lois au-dessus de toutes les prévisions humaines ?

Il y a des lois que Dieu nous a permis de connaître, d’autres dont il s’est réservé le secret.

Les législateurs de la terre ne peuvent, ni tout prévoir, ni tout dire, et voilà pourquoi leurs codes sont nécessairement incomplets.

Le code des lois divines est incomplet lui aussi, mais uniquement parce que les hommes ne peuvent lire tout ce qu’il renferme ; et en cela les hommes de génie ne sont pas plus avancés que le vulgaire, et nous disons tous le hasard, quand nous ne savons plus que dire....

A une époque peu éloignée de nous, lorsque la politique humaine semblait être poussée à bout en Europe, et qu’on demandait à M. de Talleyrand : Comment tout cela finira-t-il ? Par hasard, répondit-il, plus sage peut-être qu’il ne pensait.

Eh bien ! moi aussi je le dirai : c’est par hasard que nous aurons la liberté d’enseignement et la liberté religieuse : c’est par hasard qu’on nous l’a promise, c’est par hasard qu’on nous la donnera.

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Message  Roger Boivin Lun 13 Avr 2020, 6:15 pm


Oui, c’est par hasard que la liberté d’enseignement a été écrite dans la Charte.

Vous qui l’avez faite, vous ne savez ni pourquoi, ni comment vous y avez mis cette promesse. Elle y a dormi pendant quatorze années, et aujourd’hui qu’elle se réveille comme en sursaut, et réclame en sa faveur l’accomplissement sincère d’un serment royal, nul de vous ne sait dire qui en eut l’inspiration, et quelle main en a tracé, sans le comprendre, le droit imprescriptible, et la parole désormais ineffaçable.

Vous écriviez au hasard : l’inspiration venait d’ailleurs : vous teniez la plume, un plus fort que vous vous dictait Que sais-je, il n’avait peut-être permis ce violent et immense changement, il n’avait peut-être laissé, tomber trois couronnes à la fois, il ne vous avait peut-être laissé faire une charte nouvelle que pour que ce mot y fût mis ; il n’avait peut-être permis que la première Charte fût déchirée que parce que ce mot n’y était pas.

Car ce fut là peut-être une des plus grandes fautes, et, pour parler un langage plus sévère, que des bouches graves ont cru pouvoir se permettre, ce fut peut-être le grand égarement de la Restauration, et le nuage d’où est parti le coup de foudre. Et puis, quand la poussière, soulevée par l’orage d’une grande révolution, fut tombée, quand la clarté d’un jour plus paisible fut venue, quand on examina de sang-froid l’ouvrage qu’on avait fait en tumulte, on aperçut tout à coup, sans le bien entendre, ce mot écrit dans la Charte nouvelle.

On s’est demandé : Qu’est-ce que cela signifie ? Nous avons été quatorze ans sans vous le dire ; nous vous le disons aujourd’hui : Non, non, ne parlons plus de hasard, ou parlons-en seulement comme d’un nom dont nous couvrons notre ignorance. Ce qui est hasard dans nos conseils incertains, dit Bossuet, est un dessein concerté dans un conseil plus haut.

Ce n’est pas la première fois, d’ailleurs, que chose pareille arrive dans le monde. Ce qui est écrit est écrit : Quod scriptum est, scriptum est, disait autrefois le proconsul romain.

Ceux qui gouvernent le monde sont assujettis à une force majeure ; ils font toujours plus ou moins qu’ils ne pensent, et leurs conseils, dit Bossuet, ne manquent jamais d’avoir des effets imprévus, parce qu’il y a une puissance terrible qui se joue de ces grands esprits qui s’imaginent remuer tout le monde, et qui ne s’aperçoivent pas qu’il y a une raison supérieure qui se sert et se moque d'eux, comme ils se servent et se moquent des autres ; tant la parole de l’Esprit saint est vraie, que le temps et le hasard sont tout en toutes choses : tempus casumque in omnibus.

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Message  Roger Boivin Mar 14 Avr 2020, 5:33 pm


Encore un coup, je ne sais pas, et vous ignorez vous-mêmes quel est celui d’entre vous qui a tracé cette parole ; mais en méditant toutes ces choses, je me souviens qu’il y a toujours un endroit inconnu à l’homme, même dans ses propres pensées ; c’est l’endroit secret par où Dieu agit, et le ressort qu’il s’est réservé pour les desseins de sa providence.

Certes, en 89, quand on proclamait les droits de l’homme et du citoyen français, quand on déclarait la liberté des cultes et l’abolition des vœux de religion, ou ne croyait pas travailler pour la religion même, et affranchir l’Église catholique, si étrangement opprimée en France depuis deux siècles, et c’est ce qu’on a fait.

Quand on proclamait les principes d’une liberté sans bornes, et qu’au nom de cette liberté on ouvrait violemment les monastères, et qu’on permettait d’en sortir, on ne songeait pas qu’on proclamait plus solennellement que jamais la liberté de la vie religieuse, les droits sacrés de la liberté évangélique, puisque nulle puissance ne pouvait désormais empêcher un Français de se faire dominicain, jésuite ou bénédictin, dans un pays où désormais il était permis de se faire juif, protestant ou franc-maçon.

Je le pense, et je le dis sans hésiter, aux hommes de 89 et aux hommes de ce temps, qui voudraient faire peser sur nous le joug intolérable d’une absurde oppression, et qui invoquent contre nous seuls les lois sans force d’une jurisprudence anéantie ;

Je le dis sans hésiter : on trouvera peut-être cette parole hardie dans la bouche d’un prêtre, et, je veux l’ajouter, d’un prêtre qui n’est pas un révolutionnaire :

Vous avez fait la révolution de 89, sans nous et contre nous, mais pour nous ; Dieu le voulant ainsi malgré vous.

Oui, pour nous, prenez-y garde ; et certes, si elle vous a coûté cher, nous aussi nous l’avons chèrement payée : nous sommes de ceux dont le sang a le plus coulé alors ; au compte des souffrances, nous ne le cédons à personne. Mais pour avoir été un jour les victimes, nous ne devons pas l’être à jamais.

D’ailleurs, ceux qui nous ont précédés, et qui ont le plus souffert dans la lutte, n’ont pas réclamé leurs droits, et, vous connaissant, ils ont bien fait, peut-être. Vous pouviez leur répondre le mot dur des anciens Gaulois : Vœ victis ! Mais nous, vous ne pouvez nous le dire, car nous n’étions pas nés : nous avons été élevés avec vous, au milieu des institutions que vous avez faites ; nous sommes nés dans le berceau constitutionnel ; nous n’avons pas respiré en France d’autre air que celui qui vient de vous.

Non, non, l’homme s’agite, mais Dieu le mène. Ce qui est écrit, est écrit : non par la fatalité, mais par la Providence. L’homme écrit, mais Dieu dicte; et alors nulle puissance humaine ne peut effacer ce qui a été dicté : Quod scriptum est, scriptum est. La liberté religieuse, la liberté d’enseignement sont écrites dans la Charte, dans les lois, dans les institutions, dans les mœurs, on ne peut nous les refuser : ou bien, les paroles ont perdu leur vrai sens, les mots n’expriment plus les idées, la liberté est un mensonge, et le droit public des Français, la loi fondamentale est une déception, et tout ce qui s’est fait depuis cinquante années en France, un jeu brutal et sanglant, où la force a été comptée pour tout ; le droit, la justice et la vérité pour rien.

L’honneur du pays ne permet pas de le croire. Non, non, on l’a dit, et il est vrai, la révolution française a commencé par la déclaration des droits de l'homme. — Elle finira par la déclaration des droits de Dieu. — Chose étrange, s’écrie M. de Lamartine, que depuis cinquante ans nous ayons donné la liberté à tout le monde, excepté à Dieu ! — Il faut finir par là. — Ah ! je l’ai déjà dit en commençant ce livre, nous savons tout commencer et rien finir ! Et ici, cependant, ce n’est plus seulement le temps ni le hasard qui sont pour nous, l’opinion nous favorise.

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Message  Roger Boivin Mer 15 Avr 2020, 8:09 pm



III.

L'Opinion


Oui, l’opinion, cette puissance mystérieuse, travaille déjà pour nous en secret, et bientôt, malgré les apparences contraires, je ne crains pas de le dire ? elle éclatera en notre faveur. L’opinion ! certes je ne connais rien de plus violent, de plus mobile, de plus redoutable ; rien de plus difficile à étudier, à définir, à fixer.

C’est le vent, sa mobilité, sa violence. Il souffle des quatre extrémités du ciel. Il charge l’horizon de nuages, ou y fait briller les pures clartés d’un beau jour. Dans les airs, c’est la tempête et la foudre ; sur la terre, l’ouragan et la mort, et puis quelquefois la sérénité et la vie.

Comme le vent entraîne tout, les feuilles des bois, la poussière des grands chemins, les flots des mers, les nuées du ciel ; l’opinion entraîne les multitudes mobiles, les esprits les plus fermes, les caractères les plus hauts... Il faut que tout, plus ou moins, plie sous cette inexplicable force. Tout, jusqu’aux votes les plus graves, devient de convention, et n’est plus de conviction (1). A peine quelque chose résiste. Il y a des moments tels, qu’il faut que tout soit plus ou moins entraîné, plus ou moins balayé. C’est un élément terrible. Quelques-uns ont pensé que c’était la colère de Dieu. C’est au moins son souffle redoutable qui gronde et qui passe, sans qu’on sache d’où il vient, ni où il va. Spiritus ubi vult spirat . ... Nescis undè veniat, aut quò vadat....

Et je comprends que les peuples et les sages eux-mêmes, aux approches de ce phénomène divin, se soient recueillis quelquefois dans le sentiment d’une terreur religieuse, et, laissant tomber leurs mains d’abattement et d’effroi, se soient dit : Laissons passer la colère et la justice du Seigneur.

Quoi qu’il en soit, les plus habiles seront à jamais impuissants à m’expliquer les erreurs et les affolements, les violences et la mobilité de l’opinion.

Les uns ont dit : c'est la reine du monde ; les autres : c'est une maîtresse d'erreur ; les autres : c'est une superbe puissance, ennemie de la raison.

C'est plus ou moins à mes yeux. Et ni je ne la salue comme une légitime souveraine, ni je ne me révolte aveuglément contre elle.

Je comprends que les conducteurs des peuples, de ces grands et tumultueux enfants, dont les passions sont si formidables et les emportements si extrêmes pour le bien ou pour le mal, ne heurtent pas l'opinion et sa puissance ; mais l'observent, l'étudient profondément, la ménagent toujours, lui cèdent même quelquefois ou la dirigent avec force et douceur.

Le pilote habile sait tourner le vent ; il fuit quelquefois sous sa violence un long temps ; puis soudain saisit l'heure favorable, se retourne, lui tend sa voile, et le force, frémissant, à le pousser lui-même au port.

D’ailleurs, le plus souvent, il suffit d’attendre ; cet élément si terrible s’apaise presque toujours sans qu’on sache pourquoi. Le vent de l’opinion tombe tout à coup ou change. Un rien, un cri, une issue nouvelle détourne son cours.

Non, non, l’opinion n’est pas faite pour régner sur Je monde : reine éphémère, il est réservé à un pouvoir supérieur de briser son sceptre d’un jour, et le véritable maître de la vie humaine, celui qui, grâce à la divine Providence, décide ici-bas les destinées du monde, c’est le bon sens.


_____


(1) Un membre de la chambre des communes d’Angleterre disait à l’un des orateurs les plus éloquents du parlement : Vos discours ont souvent changé ma conviction, mais mon vote... cela n’est pas toujours possible !

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Message  Roger Boivin Jeu 16 Avr 2020, 5:21 pm


Oui, nous l’avons déjà dit, c’est le bon sens qui triomphe à la longue et qui décidément demeure. Le génie lui-même, le génie politique comme le génie populaire, doit se soumettre au bon sens. Lorsque le génie s’égare par orgueil, c’est le bon sens qui le ramène. Les diverses époques d’un siècle peuvent être le triste jouet de la violence des opinions ; mais les siècles eux-mêmes ne demeurent et ne se soutiennent à la longue que par le bon sens.

Car il y a de ces moments suprêmes pour toutes les grandes questions sociales, où, à l’aide du temps, et comme par hasard, l'opinion devient tout à coup le bon sens, et alors elle n’est plus la tempête ; c’est la sérénité du jour. Alors arrive comme un moment de salut dans la vie des peuples. Le bon sens inspire l’opinion et la domine.

L’opinion égarée n’est que le sens dépravé de l’homme abandonné à lui-même, et s’obstinant à faire ses affaires sans Dieu, et quelquefois contre Dieu même ; puis tout à coup, quand Dieu sort de son silence, et par pitié pour nous, reprend les affaires, il inspire alors un sens nouveau, qui est le bon sens des choses, et qui devient, sans qu’on sache quelquefois pourquoi ni comment, la saine opinion et le bon sens des peuples.

Et alors sa puissance est irrésistible. Non-seulement il entraîne tout, comme l’opinion, par violence, sans persuader : mais il pénètre, il persuade invinciblement, et il n’y a pas jusqu’à ce je ne sais quoi d'inquiet qui se remue au fond du cœur des peuples, comme parle Bossuet, qui ne conspire profondément au triomphe de la vérité et du bon sens.

Eh bien ! nous sommes arrivés en France à un de ces moments suprêmes.

En 1827, 28 et 29, il y avait un mal surhumain ; Dieu s’était retiré ; impossible d’y remédier sans lui ; le ciel ne devait s’éclaircir, s’épurer que par un orage. En 89, le mal était encore plus manifestement surhumain. Les conseils des habiles ne suffisaient plus ; la condescendance et la vertu du meilleur des rois étaient inutiles. Je l’ai déjà dit : nous devions tous payer plus cher le bonheur d’être sages, et Dieu se réservait à lui-même de nous ramener tous à la sagesse par de sanglantes catastrophes, et de nous instruire hautement par les plus grandes et par les plus terribles leçons.

Eh bien, aujourd’hui les temps sont meilleurs ; et malgré une agitation violente qui n’est manifestement excitée qu’à la surface, au fond les préventions ne tiennent pas ; les calomnies ne sont crues qu’à moitié ; le peuple, malgré tout ce qu’on fait pour l’émouvoir, ne s’émeut pas ; le bon sens résiste avec plus de force qu’on ne s’y attendait, malgré les habiletés et les fureurs contraires ; il proteste invinciblement, et cela parmi tes hommes les plus éclairés, jusque dans les plus humbles régions, où la foule, sans bien s’en rendre compte, ni sortir de son indifférence, sent toutefois qu’il y a trop de stupidité et de mensonge dans tout ce qu’on lui dit, et que les erreurs dont on veut la nourrir sont pour elle une pâture trop grossière.

Et dans les hauteurs de la société, malgré les colères d’une impiété sans pudeur, malgré l’ardeur des menaces contre l’Église, les hommes vraiment politiques sentent bien qu’il y a là des droits auxquels il n’est pas sage de toucher, qu’il y a là des périls pour tous.

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Message  Roger Boivin Ven 17 Avr 2020, 3:45 pm


Quoi qu’il en soit, la liberté religieuse, la liberté d’enseignement, sont devenues, même pour ceux qui les combattent, des vérités de bon sens.

Elles n’ont été le vœu et la promesse de la Charte que parce qu’elles étaient avant tout le vœu et la promesse du bon sens.

C’est le vœu, c’est le cri du bon sens, qu’un père de famille a le droit et le devoir d’élever et le faire élever son fils selon sa conscience.

C’est le cri du bon sens, que la liberté d’enseignement est pour tous une conséquence nécessaire, essentielle, de la liberté religieuse.

C’est encore le cri du bon sens, que la libre concurrence et la généreuse émulation des esprits est favorable aux progrès des lettres et des sciences.

C’est le cri du bon sens français, que le dernier des monopoles à instituer eh France est le monopole de l’enseignement, le monopole de l’esprit, le monopole des intelligences.

Enfin, c’est le cri du bon sens, mais c’est aussi le cri de la bonne foi, que, quand vous accomplirez votre promesse, et quand vous donnerez la liberté d’enseignement, et la libre concurrence ; le concurrent ne peut pas être jugé par son rival, et, dans les tribunaux littéraires comme partout, nul ne peut être k la fois juge et partie.

Aussi, voyez les progrès que le bon sens a fait faire à cette question depuis trois années qu’elle est soulevée : les pères de famille sont pour nous ; tous les hommes graves et désintéressés sont pour nous.

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Message  Roger Boivin Sam 18 Avr 2020, 7:52 pm


Nos adversaires eux-mêmes sont pour nous. Entendez celui qu’on accuse d’avoir invité les jeunes professeurs de l’Université à assister aux funérailles d’un grand culte, et qui leur avait enseigné, de concert avec l’infortuné Jouffroy, que les dogmes s’en vont : il vient de professer hautement à la Chambre des Députés qu’il n’y a point de morale sans religion, ni de religion sans dogmes.

Un des hommes politiques les plus éminents de cette époque déclarait naguère formellement au P. de Ravignan, que la société laïque ne suffit pas à l'éducation des âmes, qu'il lui faut la société spirituelle.

Et quand on est venu récemment proposer à la Chambre des Députés d’instituer des professeurs laïques de morale, le bon sens public a poussé un cri, et les rires de l’assemblée ont fait justice d’une absurde proposition.

Qu’on se rappelle ici les innombrables citations dont j’ai rempli ce livre : j’ose le dire, il n’y a qu’une voix : notre cause est triomphante dans la pensée humaine : les passions seules et les intérêts matériels d’une corporation puissante retardent au dehors son triomphe : il n’y a pas de mal : les épreuves nous sont bonnes ; les fortes causes s’enracinent plus profondément dans les orages.

Quant aux pères de famille, je sais bien que l’Université essaye de nous contester leur faveur, et nous cite les nombreux élèves qui se pressent dans ses collèges ; mais le bon sens répond que les faits universitaires prouveront quelque chose quand les pères de famille seront libres de choisir.

Et j’ajoute que l’Université elle-même sait si bien que les pères de famille sont favorables à la liberté d’enseignement et mécontents d’elle, qu’on la met au défi d’en courir les chances, et de laisser les pères de famille juger et choisir entre elle et nous.... Non, non ; il y a un changement profond dans l’opinion sur tout ceci.... Il n’y a personne aujourd’hui qui ne dise, les uns avec regret, les autres avec joie, tous avec étonnement : Nous ne croyions pas que cette cause fût si forte.

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Message  Roger Boivin Dim 19 Avr 2020, 6:31 pm


Mais savez-vous ce qui a changé l’opinion ? Savez-vous ce qui a préparé malgré vous le triomphe du bon sens ? deux choses :

D’abord la mauvaise éducation de la jeunesse depuis quarante années :

Puis, le désenchantement universel de toutes les théories qui, depuis bientôt un siècle, après avoir tout fait pour éloigner l’esprit humain de la religion, y ramènent aujourd’hui de guerre lasse par la force des choses, par la puissance providentielle du temps, du hasard et de l'opinion.

La mauvaise éducation de la jeunesse !

Comptez-vous pour rien le fait douloureux qui s’est révélé en France pour toutes les familles ? certes les aveux solennels que j'ai cités déjà le proclament assez haut. On a senti de toutes parts que l’éducation était profondément absente de l’instruction publique. Les familles, qui savent bien qu’elles ne peuvent faire elles-mêmes l’éducation de leurs enfants pendant les dix années qu’ils passent au collège, et que si l'éducation ne se fait pas pendant ce temps, elle ne se fera jamais, ont été consternées d’entendre un ministre venir faire au Roi la déclaration fameuse que j’ai rapportée déjà, qu’à cet égard, les efforts mêmes les plus éclairés et les plus soutenus n'ont qu'une puissance bornée dans les collèges : que l'éducation ne s’y fait pas.

Aussi, qu’a-t-on vu ? de quoi gémit-on de toutes parts ? quelle est la plainte universelle, douloureuse, incessante ?

On a vu des enfants sans respect et sans mœurs.

On a vu des enfants sans religion et sans foi : ni catholiques, ni protestants, ni juifs.

On a senti les incroyables déceptions même de l’enseignement universitaire. On a vu des enfants qui faisaient leurs classes et ne faisaient pas leurs leur études. On a vu des enfants qui ne parlaient de leur collège que comme d’une prison, de leurs maîtres que comme de leurs ennemis, de leurs aumôniers même les plus dévoués, que comme d’étrangers qu’ils connaissaient à peine, qui sont condamnés à ne leur apparaître qu’officiellement et à de rares intervalles, qui ne leur font aucun mal, et ne peuvent parvenir à leur faire aucun bien.

On a vu, on a senti cela : on l’a vu et on l’a senti dans toute la France, on l'a supporté longtemps, et, quoi qu’il arrive, j’affirme que le moment n’est pas éloigné où on ne le supportera plus, parce que cela est insupportable.

Et cependant, n’avait-on pas fait des efforts immenses pour substituer l’ordre humain matériel le plus parfait à l’ordre spirituel et divin dont on ne voulait plus ?.... Que de chefs-d’œuvre inutiles ! que de plans incomparables et absurdes ! que de systèmes ! que de dépense de génie, je l’accorde, pour lutter contre la nature immuable des choses !

Pour lutter contre l’autorité paternelle, autorité immuable et sacrée, invincible et triomphante il la longue. Pour lutter contre Dieu et contre l’enfant qui est son ouvrage, et qui ne peut pas être élevé sans lui; oui, vous avez lutté contre Dieu ; mais, je ne crains pas de le dire, vous avez lutté contre une force plus invincible encore que la sienne : c’est la force de cet enfant. Je vous étonne, peut-être ; mais cet enfant, savez-vous qui il est ? Savez-vous ce qui fait sa force ? Ce n’est pas seulement une aimable créature, dont la candeur, la simplicité naïve, l’innocence, gagnent l’affection. Ce n’est pas seulement cet âge dont l’inexpérience, les faiblesses, les périls et jusqu’aux défauts, intéressent le cœur, alarment la tendresse et réclament de l’indifférence elle-même une sollicitude et des soins paternels !

Cet enfant, c’est l’espérance de la société et de la famille !

C’est la bénédiction de Dieu et le dépôt du ciel !

C’est le genre humain qui renaît, la patrie qui se perpétue , et comme le renouvellement de l’humanité dans sa fleur ; c’est la joie du passé, le trésor du présent et la force de l’avenir. Eh bien ! c’est cet enfant qui vous a vaincus, ou plutôt Dieu par lui.

Dieu semble vous laisser faire : vous abusez, et il ne se montre pas : le châtiment divin ne vient pas immédiatement ; mais l’enfant est moins patient que Dieu : il ne vous laisse pas faire

Vous ne pouvez pas l’élever mal impunément pour vous : il faut qu’il fasse goûter à ses instituteurs les premiers fruits, et c’est justice, les fruits amers de l’éducation coupable qu’il a reçue d’eux.

Je me suis trompé en disant que le châtiment divin ne vient pas immédiatement : c’est là le châtiment... Per quae peccat quis, per hæc et torquetur.

Vous avez donc eu beau faire : les enfants vous ont vaincus, et vous épouvantent aujourd’hui ; rien ne vous inquiète plus que les générations qui s’élèvent ; vous les avez élevés sans Dieu, et vous êtes justement effrayés de ce qu’ils deviennent : grande leçon, loi sévère de la Providence ! c’est par les désordres, par l’agitation turbulente des générations naissantes, que Dieu réclame enfin ses droits méconnus sur l’éducation de la jeunesse.

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Message  Roger Boivin Lun 20 Avr 2020, 6:00 pm


J’ai dit : le désenchantement universel de toutes les théories.

Vous avez beau faire, votre politique elle-même ne vous satisfait pas pleinement : vous ne triomphez pas au fond de vos âmes ; nous en savons assez pour affirmer que vous y éprouvez d’étranges lassitudes ; et cela se conçoit ; les hommes les plus graves, de l’esprit le plus élevé et le plus puissant, sont profondément embarrassés.

La philosophie, comme la politique et la science ne leur ont donné que des mécomptes.

Des théories les plus brillantes et qui promettaient toutes les splendeurs et toutes les félicités de l’avenir, le bon sens pratique des hommes capables, hommes d’État ou hommes d’affaires, n’a presque jamais rien pu ni su réaliser jusqu’à ce jour.

C’est un grand bien : la Providence l’a fait, et Dieu, en triomphant de toutes les craintes des gens de bien comme des méchants et en se jouant des plus sages pensées, nous fait tous plus humbles malgré nous, et par conséquent plus vrais et meilleurs, en nous montrant que nos prévoyances sont courtes, nos craintes trompeuses, nos espérances vaines.

Il nous rapproche peu à peu de la vérité par le bon sens et la bonne foi que donnent la sagesse de l’expérience et le sérieux des mécomptes.

A ce moment, où je semble accuser mon pays et mon siècle de subir les plus graves et les plus douloureuses déceptions, je sens le besoin de ne citer ici que de grands noms, et des autorités irrécusables, qui suffisent à représenter ce qu’il y a de plus élevé, de plus certain dans l’opinion publique. Certes, s’il y eut jamais des appréciations profondes, des observations philosophiques sur une époque, ce sont celles de M. Royer-Collard. Il s’écriait :

« Le mal est grand, je le sais, je le déplore avec vous... Oui, le mal est grand, il est infini ; loin de moi de triompher à le décrire. Mais est-il d’hier ?... Enhardi par l’âge, je dirai ce que je pense, ce que j’ai vu.

« Il y a une grande école d’immoralité ouverte depuis cinquante 9us, dont les enseignements... retentissent aujourd’hui dans le monde entier. Cette école, ce sont les événements qui se sont accomplis presque sans relâche sous nos yeux.

« Le respect est éteint, dit-on ? rien ne m’afflige, ne m’attriste davantage ; car je n’estime rien plus que le respect ; mais qu’a-t-on respecté depuis cinquante ans ? Les croyances sont détruites ! mais elles se sont détruites, elles se sont battues en ruine les unes les autres. Cette épreuve est trop forte pour l’humanité, elle y succombe. Est-ce à dire que tout soit perdu ? Non, Messieurs, tout n’est pas perdu ; Dieu n’a pas retiré sa main. Le remède que vous cherchez est là, et n’est que là. »

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Message  Roger Boivin Mar 21 Avr 2020, 3:42 pm


Veut-on d’autres paroles ?

On s’étonne de l'agitation profonde, du malaise immense qui travaillent les nations et les individus, les États et les âmes ! Pour moi, Je m’étonne que le malaise ne soit pas plus grand, l'agitation plus violente, l'explosion plus soudaine.

La religion ! la religion ! c’est la vie de l'humanité, en tous lieux, sauf quelques jours de crises terribles et de décadences honteuses. La religion, pour contenir ou combler l'ambition humaine ; la religion, pour nous soutenir ou nous apaiser dans nos douleurs, celles de notre condition, ou celles de notre âme ! Que la politique, la politique la plus juste, la plus forte, ne se flatte pas d'accomplir sans la religion une telle œuvre. Plus le mouvement social sera vif et étendu, moins la politique suffira à diriger l'humanité ébranlée. Il y faut une puissance plus haute que les puissances de la terre, des perspectives plus longues que celles de la vie. Il y faut Dieu et l'éternité.


Celui qui prononça ces paroles est aujourd’hui ministre des affaires étrangères.

Quel découragement ne trahissaient pas ces autres paroles : « Un sentiment triste qui s’est rencontré plus d'une fois dans ces dernières années, qui tient à bien des causes, c’est une inexprimable lassitude de la vie publique. » Celui qui écrivait ces lignes est en ce moment ministre de l'instruction publique, et je doute que le fardeau des affaires lui paraisse aujourd’hui plus léger.

Qui peut avoir oublié les graves paroles prononcées par M. le comte Molé, avec toute l’autorité qui s’attache à son nom, à sa longue expérience, à ses hautes lumières : A force d'esprit, de débauche d'esprit, de caprice ou d'excès dans les doctrines, la société elle-même, la civilisation eût péri, si elle n'était impérissable...

L'esprit humain, après avoir décrit sa parabole, est arrivé promptement à cette extrémité des choses humaines, ou se terminent tous les enthousiasmes et où la profondeur du mécompte amène parfois une salutaire réaction.


Il y a peu d’années M. Saint-Marc Girardin s’écriait :

Je vois la jeunesse cherchant, au milieu des désordres du siècle, où se prendre et se retenir, et demandant aux croyances de leurs pères si elles ont un peu de vie et île salut à leur donner.

Oui, c'est le plus profond de mes vœux, et si quelque espérance m’anime, et si au milieu de toutes les paroles de désespoir que j'entends parfois retentir dans la société, il y a quelque chose qui me soutienne encore, c'est que je ne puis pas penser que ta religion puisse longtemps manquer à la société actuelle. Ou vous périrez, Messieurs, sachez-le bien ! ou la religion viendra encore visiter votre société.

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Message  Roger Boivin Mer 22 Avr 2020, 2:32 pm


Un homme, dont je redis le nom sans amertume, M. Michelet, écrivait il n’y a pas longtemps ce qu’on va lire :

« Faisons les fiers tant que nous voudrons, philosophes et raisonneurs que nous sommes aujourd’hui. Mais, qui de nous, parmi les agitations du mouvement moderne, ou dans les captivités volontaires de l’étude, dans ses âpres et solitaires poursuites, qui de nous entend sans émotion le bruit de ces belles fêtes chrétiennes, la voix touchante des cloches, et comme leur doux reproche maternel (1) ?... qui ne voit, sans les envier, ces fidèles qui sortent à flots de l’église, qui reviennent de la table divine rajeunis et renouvelés ?.... L’esprit reste ferme, mais l’âme est bien triste.... Le croyant de l’avenir, qui n’en tient pas moins de cœur au passé, pose alors la plume et ferme le livre ; il ne peut s’empêcher de dire : Ah ! que ne suis-je avec, eux, un des leurs, et le plus simple, le moindre de ces enfants ! »

Je pourrais ici citer d’autres noms, d’autres paroles : c’est assez. Je prononcerai ici toutefois encore un nom, celui de M. Thiers. Sans doute M. Thiers ne gémit pas : le gémissement n’est pas dans sa nature ; mais qu’on relise ses pages sur le concordat, elles suffisent à révéler le fond de ses pensées. On ne me persuadera jamais qu'il les ait écrites au hasard : il a voulu marquer là son avenir politique.

Et déjà il avait dit : Si j'avais dans mes mains le bienfait de la foi, je les ouvrirais sur mon pays. Pour ma part, j'aime cent fois mieux une nation croyante qu’une nation incrédule. Une nation croyante est mieux inspirée quand il s’agit des œuvres de l’esprit, plus héroïque même quand il s’agit de défendre sa grandeur.

Et M. Thiers, en prononçant ces paroles, ne craignait pas de dire que, sans vouloir flatter les idées du moment, il cédait lui-même au mouvement religieux qui entraîne tout aujourd’hui.

Oui, quoi qu’on dise et quoiqu'on fasse à l’encontre, il y a une révolution religieuse ; elle se fait, elle est invincible ; tous la subissent de loin ou de près ; nul n’échappe à cette influence irrésistible. Ne vous en irritez pas ! ce n’est pas la victoire de l’homme, ce n’est pas nous qui l'emportons sur vous ; c’est la victoire de Dieu, c’est le temps, le hasard, le bon sens qui l’emportent. On peut, sans rougir, céder à de telles puissances.

Et certes, nous leur avons bien cédé nous-mêmes les premiers !

Nous acceptons, nous invoquons les principes et les libertés proclamées en 89.

Et dans cette discussion même, ne voyez-vous pas, ne sentez-vous pas qu’il se passe entre vous et nous quelque chose d’extraordinaire et de profondément digne d’attention ? Moi, homme du sanctuaire, je parle un langage libéral, et vous, homme de la révolution, vous parlez un langage religieux !

Je parle votre langue, et vous entendez la mienne ; j’invoque vos principes, et vous rendez hommage aux nôtres !

Vos amis, en vous écoutant, sourient et doutent. Moi j’aime mieux dire que vous êtes sincère ; je souris, et je ne doute pas.

Vous voyez de plus haut et plus loin qu’eux.

Et quant à nous, pourquoi ne croiriez-vous pas à notre sincérité ? Quand deux ou trois révolutions passent sur nos tètes, pensez-vous donc que devant Dieu et les bras croisés sur notre poitrine nous ne nous prenions pas à réfléchir ?

Faisons donc tous enfin quelque chose de grand, de digne, de vrai : essayons donc enfin de nous estimer, de nous croire les uns les autres !

Et le grand ouvrage de la pacification religieuse ne tardera pas à s’accomplir.

Je veux qu’une si précieuse espérance mette fin à toutes ces réflexions :

Heureuses les discussions, même les plus vives, qui peuvent al tendre pour arbitres et pour juges le bon sens des hommes et la justice de Dieu !


_____


(1) Histoire de France, t. V, page 245.


_______

FIN


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